LES TOILES ROSES

Dans l'ombre de
JANN HALEXANDER

Jann Halexander est un chanteur franco-gabonais. Il est également pianiste, acteur et producteur. Le chanteur Jann Halexander naît le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon, Afrique centrale). Ancien étudiant en géographie à Angers, dans le Maine-et-Loire, il prend un pseudonyme que lui inspire la personnalité de l'artiste sud-africaine Jane Alexander, dont les sculptures représentent des êtres hybrides. Il est issu d'un couple mixte — père gabonais, mère française — ce qui se fait ressentir au travers de ses créations. Pour découvrir son univers, Jann a accepté de rejoindre l'équipe du blog Les Toiles Roses avec cette chronique qui vous transportera loin dans l'imaginaire fécond et délicieux de ce grand artiste.

09. La variété, la chanson, nos quotidiens
et Sylvain Yardin, un marseillais dans le brouillard...


Je disais il y a quelques temps qu'on est toujours l'inconnu(e) de quelqu'un. Oui mais alors dans ce cas, on est toujours le connu de quelqu'un d'autre. Ce qui fait qu'un artiste est connu : le bouche-à-oreille, la presse papier, la presse Internet, le buzz, plus rarement la télévision, les festivals... Lorsqu'on a une production soutenue, malgré les obstacles multiples rencontrés – et l'argent n'en est qu'un parmi d'autres –, on peut donner le sentiment aux gens que « tout va bien ». Et parmi celles et ceux qui croient que tout va bien pour moi, il y a des artistes débutants qui me sollicitent régulièrement pour me demander de leur produire un concert, un disque, voire donner des conseils.

 

 

Je tiens, c'est un fait. Le temps passe vite et cela fait six ans que je chante. À quel prix... Aznavour l'a encore dit il y a quelques jours : « Il n'y a pas de secret, le plus dur reste toujours à accomplir : tenir. » Continuer de dire j'existe. Un travail titanesque pour parfois bien peu de résultats. Et il faut garder un peu d'humilité, même si je n'aime pas cela. Il faut accepter quand il n'y a pas le choix de travailler ailleurs que dans la chansonnette ou dans des petits films vus par si peu de gens. Je crée, chante, joue, filme, donne des concerts, tout cela par passion, soyons clairs. Et parce que je sais que j'apporte quelque chose de l'ordre de l'évasion, du divertissement, du rêve dans la vie de nombreuses personnes. Le jour où il ne se passera plus rien, évidemment j'arrêterai. Comme dit le journaliste Luc Melmont, c'est le public qui fait l'artiste. Je suis d'accord. Tout va bien ? Je ne sais pas. Mais toujours est-il que je suis sollicité. De même il m'arrive parfois de solliciter des gens, donc en soi cela ne me choque pas. Je me sens toujours obligé de répondre à celles et ceux qui m'écrivent qu'ils se trompent, que je ne peux hélas pas faire grand chose pour les aider.

 

 


C'est pourquoi j'admire la détermination du marseillais Sylvain Yardin. Il souhaitait travailler avec moi. Je lui ai demandé :

— Pourquoi ?

— Parce que j'aime ton univers et que ce serait intéressant.

— Mais tu sais, je ne peux rien promettre et je n'ai pas le bras long.

— Ce n'est pas un problème, je ne chante pas pour vendre des millions d'albums et je ne cherche pas de maison de disque.



Il est bon de rappeler que tous les artistes n'ont pas les mêmes attentes de l'Art et du rapport avec le public. Sylvain Yardin, jeune homme beau, torturé, homosexuel, est parolier ; vit depuis longtemps dans la cité phocéenne qui l'a façonné. Je connais bien Marseille, j'y ai même chanté, mais je n'aime pas trop cette ville. Sylvain non plus, mais cette cité lui colle à la peau, transpire en lui. Passionné de variété et de chanson, il suivait mon parcours depuis pas mal de temps, parlant à droite à gauche de mon travail. Il avait écrit un texte sur l'enfance maltraitée, « L'Idylle Atroce », que j'avais mis en musique et interprété pour mon album Le Marginal. Un ami chanteur, Aurélien Merle, qui avait d'ailleurs fait la prise de son, avait reconnu ne pas trop aimer cette chanson qu'il trouvait insoutenable.

 


Les textes de Sylvain Yardin sont impudiques, et c'est ce qui m'attire sans aucun doute. Ce qui m'attire aussi, c'est la Variété. J'aime Poulenc, je l'ai déjà dit, j'aime Anne Sylvestre, William Sheller, Jean-Pierre Réginal mais grosso modo j'aime beaucoup de choses et la Variété aussi, y compris la plus bancale, la plus kitsch. Ça peut aller de Mireille Mathieu à Michel Sardou. Et participer à l'élaboration d'un disque de variété avec Sylvain Yardin me motivait.


 

Le premier jour d'enregistrement a eu lieu sur Angers, en présence de Jeff, mon attaché de presse, qui a décidé de prendre en main la production du disque Marseille dans le brouillard. La bruine était au rendez-vous. Un premier jour est toujours stressant mais tout s'est rapidement mis en place, Sylvain très pro, comme si l'entente entre nous et l'ingénieur son était une évidence. Le second jour, beaucoup plus long, a porté ses fruits.



Ma voix et mes opinions ne pèsent pas grand chose, je crois. Ce n'est pas très grave, cela rend la parole d'autant plus libre. Marseille dans le brouillard sortira officiellement le 16 décembre... Notez bien...

 

Marseille dans le brouillard

Texte : Sylvain Yardin

Musique : Jann Halexander

2009

 

J’ai donné sans savoir

J'ai perdu tant de confiance

J’ai combattu sans y croire

Et pris de la distance

Réfugié dans cette ville

Que j’ai choisi par défaut

Me suis mis en exil

J’ai caressé les maux

 

Le soleil s’est couché

Et le vent a dissipé

Des passages de mon passé

Sous un ciel noir étoilé

J’ai écrit sur pages froissées

Les notes d’une histoire glacée

Appris à me battre, aimer

Sans être mis de côté

Marseille est dans le brouillard

Les lumières ont éclairé mes pas

Vers un chemin tracé d’espoir

C’est ici que commence mon histoire

Une histoire vécue au hasard

Guidé par les routes du soir

J’ai gardé dans ma mémoire

Marseille dans le brouillard

 

Le soleil s’est couché

Et le vent a dissipé

Des passages de mon passé

Sous un ciel noir étoilé

J’ai écrit sur pages froissées

Les notes d’une histoire glacée

Appris à me battre, aimer

Enfin exister

Le soleil s’est levé

Mon histoire a commencé

Je garde en mémoire Marseille

Dans le brouillard

 

Retrouvez Sylvain Yardin :

http://sylvain-yardin.skyrock.com/

http://www.sylvain-yardin.fr

www.myspace.com/sylvainyardinofficiel

 

TO BE CONTINUED...

 

Lire le précédent billet

Pour en savoir plus sur Jann :

Son site officiel

Son blog officiel

Son MySpace

 

Les photographies sont © Jeff Bonnenfant. Le texte est © Jann Halexander. Tous droits réservés.

Mar 27 oct 2009 Aucun commentaire