LES TOILES ROSES
Fiche technique :
Avec Pierre Chatagny, Natacha Koutchoumov et Rui Pedro Alves. Réalisé par Lionel Baier. Scénario de Lionel Baier. Directeur de la photographie : Séverine Barde et Lionel Baier.
Durée : 94 mn. Disponible en dvd.
Résumé :
Entre le travail dans une usine de chocolat la journée et le sexe consommé à la chaîne le soir, la vie de Loïc est réglée comme du papier à musique. Mais un jour, il fera quelque chose d'exceptionnel, "de nouveau". Le jeune homme ne sait pas encore quoi, mais économise déjà sur la nourriture en se coupant l'appétit à coup de cachet contre le mal d'estomac.
Il y a Marie également, l'amie d'enfance, celle chez qui Loïc va dormir après avoir été rodé sur internet, puis dans les rues de la ville. Celle dont Loïc est peut-être amoureux.
Mais tout cela va changer, parce que Loïc va faire des rencontres : le type étrange du Mac Donald d'abord, mais surtout Rui, le footballeur star de l'équipe régionale. Le jeune homme va changer, parce que Marie le forcera à aller plus haut. Parce que Loïc n'est pas un garçon stupide...
L'avis de Matoo :
Il est toujours un peu délicat d’évoquer des films tellement étiquetés gay. On peut se retrouver à y voir des choses bien uniquement parce que l’homosexualité y est présente. Or, la pédésexualité n’est pas la pierre philosophale du cinéma. La plupart du temps, je considère que si un même film transposé dans un univers hétéro est nul, alors ce n’est pas en en faisant un film pédé qu’on le transmute en chef d’œuvre. Dans ce cas précis, on est dans un film où le personnage central est bien un homo, mais dont son orientation sexuelle n’est qu’un trait supplémentaire à un caractère singulier et à une histoire plus globale.
Je n’ai pas trouvé que le film était une réussite complète, mais il commence plutôt mal, et s’améliore petit à petit en découvrant quelques pépites qui méritent qu’on s’y attarde. On peut rapidement passer sur les scènes qui justifient que ce soit un film « homo », c’est-à-dire les scènes de plan cul un peu trashy, le joli corps et la belle gueule du héros, les séances de tchat’ sur les réseaux, les rencontres impromptues, etc. Alors, on évolue dans l’univers de Loïc, qui est un jeune garçon paumé, qui bosse dans une usine de chocolat, et dont les loisirs tournent autour de ses plans cul, et de son amie Marie avec qui il entretient une relation ambiguë. Le héros porte bien le titre du film puisqu’il justifie à plusieurs reprises quelques faiblesses culturelles qui ont bien fait rire la majorité de la salle (il ne sait pas qui est Hitler ou ce qu’est l’Impressionnisme).
Il ne sait vraiment pas quoi faire de sa vie. Il prend des photos avec son mobile, et c’est à peu près la seule activité intellectuelle ou artistique qu’il développe. Avec son amie, il est vraiment space. Il lui raconte ses plans avec moult détails pour la choquer ou la dégoûter, en même temps qu’il lui voue un amour étrange, avec beaucoup de jalousie et de possessivité.
Dans le film, l’intrigue se nourrit de trois événements majeurs. Il rencontre un type et démarre une sorte de relation amicale étrange. On ne voit le mec qu’en caméra subjective qui regarde Loïc et qui discute avec, presque sous la forme d’un documentaire. Le mec cherche à s’intéresser à Loïc, ce qui trouble énormément ce dernier, puisque cela ne fait pas du tout partie du processus de rencontre habituel (de la baise chirurgicale et anonyme), et remet en question ses credo en la matière. Ensuite, il se prend d’une passion singulière et obsessionnelle pour un joueur de foot, une « star » locale du ballon rond qui s’appelle Rui Pedro Alves qu’il suit et photographie. Loïc fantasme simplement sur ce mec, son job, son statut, sa popularité, sa famille, son physique… Enfin, un truc un peu plus étrange (et maladroit en terme de narration) est le suicide de Marie qui bouleverse complètement Loïc.
Donc le film prend un peu plus de substance à mesure que le personnage évolue et se découvre. Mais ça ne va pas bien loin, et ce n’est pas non plus superbement joué.
L'avis de ExCalin :
Poussé par de bonnes critiques, je suis allé voir Garçon stupide ; et comme à chaque fois que je vais voir un de ces films gays un peu sombres dont le Festival Gay et Lesbien de Paris semble raffoler (il était au programme du festival 2004), je rentre déçu.
La vie de Loïc est réglée : travail à la chaîne en journée, baise sur Lausanne le soir avec des garçons rencontrés sur Internet. Il dort chez une amie, Marie, à qui il raconte tout ; elle ne veut pas tout entendre, mais joue le rôle de la mère. Malgré le titre, Loïc n’est pas stupide ; mais il manque (cruellement) d’éducation et n’arrive pas à exprimer, voire même concevoir, des sentiments. Ses plans cul ne sont pas plus que ça : de la baise. Mais le jour où l’une de ses rencontres d’un soir mentionne l’existence du désir, Loïc est déconcerté. Plus tard, lorsque Marie rencontre quelqu’un, il devient jaloux.
Tous ces éléments sont prometteurs, les acteurs sont bons, mais la mayonnaise ne prend pas. Loïc est naïf et attachant, mais l’histoire trop tirée par les cheveux. Quand il tombe amoureux d’un footballeur dont il a vu la photo dans un magazine, on se dit que son évolution va un peu trop vite. Et la fin, trop « chabadabada » pour reprendre l’expression employée Télérama, ne convainc pas.
Un bel essai, mais pas transformé.
Pour plus d’informations :
Sam 4 nov 2006
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