LES TOILES ROSES
(4.02)
Voici un peu plus de deux mois que je suis parti sur les pas de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain. Deux mois durant lesquels je suis passé de l’été à l’été indien, de l’été indien à l’automne et, ces jours-ci, de l’automne à l’hiver naissant. Les premiers frimas arrivent, Jack Frost pointe le bout de son nez.
Je me sens si petit dans ce pays. Ici, tout est grand. L’ami Juju dirait que tout est surdimensionné. Et c’est vrai. Le Français qui commande un café « régulier » (c’est-à-dire, normal) au Canada, a la surprise de se voir servir l’équivalent d’un double-double en France. Ma modeste demeure est surdimensionnée : 3 chambres, deux salles de bain et demie, une cuisine, une salle à manger, un salon, une véranda, un sous-sol aménagé, le tout pour environ 225 m2, soit huit fois la surface de mon appartement parisien. Je précise que je n’habite pas la plus grande maison du quartier, ni de la ville.
Ma maison à Caribouland
Parlons-en, de la ville. L’idée m’est venue de calculer la distance domicile-travail à pieds. Résultat des courses (ou plutôt de la marche) : 1h30 et une ampoule. J’ai commencé à me poser
des questions, sachant que je mettais 45 minutes pour effectuer le trajet Châtelet-Place de Clichy dans les mêmes conditions. Le résultat est sans appel : avec ses 62 000 habitants, Moncton est plus vaste que Paris intra-muros ! Superficie de Paris : 105 km2 ; superficie de Moncton : 141,15 km2. Mais il
y a mieux encore. La paroisse voisine, qui a pour nom Village de Memramcook (comme il ne compte que 4 800 habitants environ, ce patelin est considéré
comme un village), est encore plus grande : 185,71 km2 !!!
Le Canada est un vaste pays traversé d’Est en Ouest par quatre méridiens. Quand, à l’Est, il est midi chez moi, il est 8h du matin à Vancouver, sur la côte ouest… Une heure de décalage horaire me sépare de Montréal. Dans la pratique, 900 km et 10 heures de route. Il est plus court de se rendre (en avion) de Montréal à Mexico, que de Montréal à Vancouver ! Que la France est petite en comparaison. Mais la mère patrie offre une telle variété de paysages… Il ne faut pas que j’y songe, sinon la nostalgie va m’étreindre et le mal du pays me prendre à la gorge.
Revenons à des considérations plus amusantes. Le pays est immense, mais nettement moins peuplé que les
petits pays de la vieille Europe. Vous comprendrez pourquoi, depuis mon arrivée, je souffre de disette, de malnutrition, de famine… sexuelle ! Je n’ai rien à me mettre sous la dent !!!
En réalité, le marché est abondant à Montréal et à Vancouver, mais là où je suis, il n’y a que les restes. Et ce sont des paysannes !!! Sans blague, c’est presque le Far-West, Walnut Grove,
La Petite Maison dans la Prairie, la preuve !!!
La maison Ingalls
Imagine-t-on Zanzi courir le jupon à carreaux dans les prés et en lisière de la grande forêt ! Que nenni ! Depuis fin août, je ne suis qu’un branleur, et c’est pour cela que mes billets
tardent à être publiés. Bon, d’accord… il y a aussi la grève des scénaristes de Hollywood qui me cause de l’embarras, depuis quelques jours je dois me trouver un nouveau nègre (avec une belle…
plume !).
Il faut aussi que je vous parle de la forêt. Quel fabuleux spectacle de voir la nature se parer d’un manteau
multicolore et flamboyant. À défaut des feux de l’amour, j’ai admiré les feux de l’automne. J’habite près d’une forêt enchantée. Elle regorge
d’animaux. Les pauvres bêtes commettent parfois des imprudences qui leur coûtent la vie. À Caribouland, ce ne sont pas des hérissons qui jonchent le bord des routes, mais des ratons-laveurs, des
castors… j’ai même vu un renard mort en allant à Halifax. Quelquefois, c’est l’automobiliste qui meurt aussi. L’orignal (élan du Canada) est une grosse bête qui a pour mauvaise habitude, surtout
l’été, de s’aventurer la nuit en plein milieu de la route. Au Nouveau-Brunswick, on enregistre chaque année plus de 250 collisions entre des véhicules et des orignaux. Sous l’impact, l’orignal
tombe souvent sur le toit et le pare-brise du véhicule. Un grand mâle peut peser de 450 kg et mesurer plus de deux mètres. Imaginez-vous percuter une vache dans la campagne normande, c’est
pareil. Ça fait des dégâts…
La forêt enchantée
Il y a dix jours, un jeune orignal s’est échappé de la forêt enchantée et a traversé mon jardin. Il s’est promené dans le quartier, jusqu’à ce que la police le neutralise. Mais attention : à
Caribouland, nous ne sommes pas aux États-Unis. On ne tire pas à vue sur un élan qui se promène dans un quartier résidentiel. Non, il faut respecter un protocole :
- trouver un vétérinaire
- obtenir de ce vétérinaire une ordonnance pour seringue hypodermique
- acheter la seringue dans un drugstore
- la confier au vétérinaire qui sera chargé d’endormir la bestiole…
Pauvre caribourignal ! Il n’a pas survécu à son équipée sauvage dans mon joli pâté de maisons. La seringue l’a endormi pour toujours. Le coroner qui a pratiqué l’autopsie a déclaré qu’il serait mort d’une rupture d’anévrisme. L’affaire a fait la une de la presse locale (toujours en mal d’événement sensationnel) le lendemain matin.
Entre-temps, je suis retourné à la contemplation des écureuils qui se promènent dans mes arbres. J’ai l’impression d’être dans une cartoon motion de Walt Disney.
j'ai beau être beau, et j'ai beau être riche, je ne peux pas acheter des minutes de plaisir car il n'y a pas un seul escort dans les environs. Faudrait que j'aille au minimum à Montréal...
Et pour le reste, comme dit la chanson : "Money can't buy me love".
Bises.
Zanzi
Bisous à tout le monde !
Daniel
en attendant retrouve des nouvelles de notre belle planete fashion & arty sur mon weblog.
Yann
Tu oublies un peu vite toutes les fois où toi-même tu n'as pas répondu à mes messages émesséniques sur gmail.
Et puis t'en fais quoi de mon nouveau billet, hein ? Je te l'ai envoyé avec un gentil message et rien... no news. Et que dire du texto que je t'ai envoyé de mon cellulaire caribouladais pour prendre de tes nouvelles ? enculééééééééééééé comme dirait Charlène Lopez ! ça compte pas peut-être ?
Tu ne vas pas me virer, je vais démissionneeeeeeeeeeeeeeeer !
Bein ça me semble bien tout ça pour mes vacances reposantes à venir. Tu me rappelleras de ne pas rester plus d'une semaine ! J'aurais peur de me tirer une balle !
DCH> Eho ! Calme ta joie ! Tu parles pas comme ça à mon GF ! Je sais que tu crises de perdre THE chroniqueur (et ni cros-niqueurs ni gros-niqueur, c'est sûr qu'à Moncton...) !
GF/Zanzi> D-E-M-I-S-S-I-O-N-N-E ! Attends, je te le dis directement sur gmail ET sur msn ! :p