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Un voyage à l’intérieur de l’identité israélienne

Avec Eytan Fox, au sujet de son film Tu marcheras sur l’eau
 

Extrait de L’Arche n° 562, février 2005 - Reproduit sur Les Toiles Roses avec l'autorisation de la revue
Numéro spécimen sur demande à info@arche-mag.com


Depuis son premier long métrage, Le chant de la sirène (Shirat Hassiréna), une comédie romantique dont l’action se déroule pendant la première guerre du Golfe, Eytan Fox - homosexuel déclaré et fils de rabbin conservative - n’a jamais cesser de questionner l’identité israélienne. Il est connu en France depuis son film de fin d’études, un court métrage intitulé La perm diffusé sur Arte en 1998, sur un jeune homosexuel israélien, officier dans une unité combattante.
Dans son dernier film, Tu marcheras sur l’eau, vendu à quarante pays (c’est une première pour un film israélien), il décrit l’identité israélienne dans sa relation avec l’histoire de la Shoah, d’une part, et avec l’homosexualité, d’autre part.
Seconde génération de rescapés de la Shoah, Eyal est un agent du Mossad (on le voit en action au début du film à Istanbul). C’est un représentant type de l’Israélien fermé, cynique et même intolérant. Alors que sa femme vient de se suicider, il est amené à espionner un petit-fils de criminel nazi, Axel, homo vivant à Berlin, qui débarque en Israël pour rendre visite à sa sœur vivant au kibboutz.
La rencontre entre ces trois personnages que tout oppose est le point de départ d’une histoire à suspens, avec enquêtes secrètes et poursuite implacable jusqu’en Allemagne, qui nous mène finalement dans un voyage à l’intérieur de l’identité israélienne.

Alors que vous permettez aux Allemands d’enterrer leur passé nazi, vous jugez sévèrement votre personnage principal dans son identité israélienne. Pourquoi ce film aujourd’hui ?

Il y a différents niveaux. Le premier est mon travail sur la masculinité en général et la masculinité israélienne en particulier, un sujet qui me préoccupe dans tous mes films. En tant qu’homme et citoyen de ce pays, ayant deux frères et un père, j’essaie de comprendre comment cet homme israélien est devenu ce qu’il est. Quels sont ses problèmes ? Doit-il et (ou) peut-il changer ? Dans quelle mesure, en tant que cinéaste, puis-je proposer un chemin ou une direction qui le préserve des traquenards et, éventuellement, l’aider à changer ?
C’est ce que j’ai essayé de proposer dans la série télé Florentine sur « la nouvelle masculinité israélienne ». Réalisée en 1997, elle relatait la période Rabin. Dans une scène, on voyait un des personnages principaux révéler son homosexualité à ses parents et à sa famille alors qu’ils sont en train de suivre la transmissraélienne s’est reconnue en elle.
Dans Tu marcheras sur l’eau, je m’adresse plus aux gens de ma génération en essayant de faire ressentir cette impression dans laquelle j’ai grandi : être Israélien, c’est quelque chose de très spécifique. Il y avait un seul choix, vers lequel nous étions tous dirigés. À 18 ans, c’est l’armée, et il nous fallait nous engager dans les paras ou faire partie des unités combattantes les plus dangereuses. Qu’on le veuille ou non, on ne pouvait s’en dispenser (des jeunes se sont d’ailleurs suicidés pour cette raison). Aujourd’hui, heureusement, on sait reconnaître et accepter ceux qui ne sont pas faits pour l’armée et on les aide à trouver d’autres solutions.
J’essaie de comprendre la formule « homme israélien » en regardant en arrière, quand nos parents et grands-parents sont arrivés ici venant de la Shoah. Un peuple battu, affaibli et meurtri, dont la plus grande partie a été exterminée « comme des moutons ». Ils ont eu raison de se dire : ici nous créerons un nouveau peuple d’hommes forts, des combattants, des Israéliens qui ne laisseront jamais une telle horreur arriver. Des choses magnifiques ont été réalisées : un État pour le peuple juif, et un monde dans lequel je peux vivre libre et créer. Mais ces hommes ont payé, et nous aussi après eux, un prix énorme qui nous a obligés à renoncer à tout un éventail de sentiments, de sensations et d’options de vie afin de ne pas faillir à cette mission de défense, de protection et de combats incessants.

Y avait-il vraiment d’autres choix ?

Je ne discute pas de savoir s’il y avait ou pas d’autres options. Je parle du lourd tribut payé pour atteindre ce but collectif. Aujourd’hui on peut dire qu’il y a d’autres possibilités, alors qu’avant la guerre du Kippour nous avons combattu pour notre survie. En même temps, nous avons créé une sorte de « complexe de la survie » qui était nécessaire et consistait à refouler nos sentiments pour aller de l’avant. Les gens de mon âge, de 35 à 45 ans, en paient encore le prix.
Dans le film, Lior Ashkénazi interprète magnifiquement le rôle d’Eyal, un prototype d’Israélien ayant fait ce parcours. Ses parents sont passés par la Shoah, lui est devenu agent du Mossad. Je le mets devant sa réalité en lui disant : « O.K., tu t’es fait avoir, toi tu ne le sais pas encore et tu n’en es pas conscient, mais ta femme le sait. La preuve, elle en est morte. » La question est de savoir si l’homme israélien tel qu’il est représenté par Eyal va continuer à souffrir et à faire souffrir. Ce sont d’abord les femmes et les enfants, mais aussi les hommes eux-mêmes, qui en souffrent le plus.

Eyal apprend à connaître des jeunes Allemands qui n’ont pas forcément hérité des travers inion en direct des funérailles de Rabin. Pour cette génération, le monde s’est écroulé avec l’assassinat de Rabin. Tous les tabous sont tombés, chacun faisant ce qui semble bon pour lui sans tenir compte de rien. La grande popularité en Israël de cette série (sur trois saisons, de 1997 à 2000) est la preuve que la jeune génération ishumains de leurs parents. On assiste alors à son apprentissage « pour devenir un homme meilleur » et à sa transformation en vrai père de famille. C’est un parcours un peu rapide, non ?

À l’origine, cette histoire m’a été racontée par mon psy, qui s’était occupé d’un agent du Mossad dont le parcours est encore plus extraordinaire. En rentrant d’une mission de quelques jours, il trouve sa femme pendue et une lettre explicative le mettant en cause (vivre à ses côtés la rendait complètement folle, car elle avait un mur devant elle). Bref, le bonhomme décide de se soigner. Il quitte le Mossad et s’inscrit à la fac, au département d’art et littérature, où il rencontre un jeune étudiant avec lequel il vit une histoire d’amour incroyable. Au bout de six mois, il fait la connaissance de la sœur de ce dernier, en tombe amoureux. Ils se marient et fondent une famille.
Je pense sincèrement que pour devenir meilleur dans sa relation avec les femmes, l’homme doit se confronter avec son autre lui-même pour essayer de comprendre ce qu’il est et comment il fonctionne. Je ne veux pas dire qu’il doit passer par une expérience homosexuelle. Après avoir vu mon film, certains l’ont critiqué comme « un film missionnaire » qui plaide pour la cause homosexuelle. Ils ont tort et ne sont pas très intelligents. Je ne pense pas que les hétérosexuels doivent devenir homos. Pour moi, Eyal est un homme dont le destin est de vivre avec une femme en créant une famille et des enfants.

Il y a une quinzaine d’années, il était très difficile en Israël, voire impossible, de traiter de l’homosexualité au cinéma. En revanche, aujourd’hui il est plus difficile de proposer des films sur la Shoah malgré son importance dans notre vie...

La Shoah est présente dans nos vies mais nous ne voulons pas vraiment nous en occuper. Nous en sommes las et ça nous dérange. Ce n’est pas en feignant de l’ignorer que les problèmes seront résolus. J’ai donc insisté dans mon film sur son influence quotidienne dans nos relations avec nos parents et grands-parents, avec Israël, l’armée, notre identité, le judaïsme, nos relations avec les Palestiniens, les Territoires, l’Intifada, les attentats suicides. En acceptant de mettre en relation notre passé, prétendument archaïque et peu pertinent, et notre actualité, on se rend compte combien la Shoah est profondément ancrée dans notre âme.

Propos recueillis par GAD ABITTAN

« Les jeunes Allemands ne veulent pas trop entendre parler de la Shoah »

Eytan Fox n’a jamais eu la vie facile avec les maisons de production. Les sujets de ses films ont prêté à controverse, notamment dans la mesure où ils touchaient à l’homosexualité. Il est vrai que la démarche d’Eytan Fox et de son scénariste et compagnon, Gal Uchowski, était a priori plutôt dérangeante. « Nous avons commencé à travailler sur Tu marcheras sur l’eau en 1999. Le Fonds israélien du film [l’équivalent israélien du CNC, qui attribue des avances financières aux films] a rejeté notre film à deux reprises. Ils ne comprenaient pas notre message ; ils avaient du mal à accepter la manière dont nous mélangions des thèmes comme le mythe viril israélien, la Shoah et nos rapports avec les Palestiniens. Ce n’est qu’avec le succès commercial de notre film Yossi et Jagger, surtout aux États-Unis, en Italie et en Suisse, que nous avons pu trouver des financements. »

Avec les co-producteurs allemands, le dialogue n’était pas facile non plus. « Ce qui les gênait était le lien établi dans le film entre la nouvelle Allemagne et le nazisme : nous présentons une famille allemande actuelle qui continue de défendre le grand-père nazi. Les jeunes Allemands ne veulent pas trop entendre parler de la Shoah parce qu’ils se sentent libres de toute culpabilité. Ils ne s’intéressent qu’aux clips diffusés sur la chaîne MTV, à Britney Spears et aux boîtes de nuit de Berlin. Les jeunes Israéliens veulent, eux aussi, vivre dans un monde d’internet et de SMS. Mais ce n’est pas ainsi qu’on résout les problèmes. Il faut y faire face. »

En revanche, les partenaires allemands ont beaucoup aimé le personnage secondaire du jeune Palestinien qui accuse les Israéliens d’être devenus, parce qu’ils s’identifient aux souffrances des Juifs dans la Shoah, insensibles à leur propre brutalité envers les Palestiniens. « Je m’identifie avec cette déclaration », dit Eytan Fox. Pourquoi, alors, l’avoir mise dans la bouche d’un Palestinien ? « Peut-être parce que ce personnage du film est pauvre et mal habillé. »

Le rôle du vieux nazi est joué par un Juif allemand. « C’est un comédien, aujourd’hui âgé de 91 ans, qui a pu quitter l’Allemagne à temps. Il a joué à Hollywood, mais sans y faire vraiment carrière. Il est revenu en Allemagne en 1964, et a repris son activité. Il est assez connu dans le pays. Après chacune de ses prises, l’équipe allemande du tournage l’applaudissait. »

Lior Ashkénazi, qui joue le rôle du « macho » israélien, dit que dans la vie il est très différent de son personnage. « Nous vivons dans une société très dure, très fermée, et travaillée par des craintes existentielles qui sont profondément juives. Mais les choses sont en train de changer. Ma génération est beaucoup plus ouverte. » Il a cependant un point commun avec son personnage : il déteste les danses folkloriques israéliennes, à l’exemple de celle qui est au centre d’une des dernières scènes. « Eytan Fox voulait que j’y prenne part, et j’ai refusé. Alors, en plein tournage, il a envoyé la comédienne qui jouait le rôle de la bonne pour qu’elle me fasse entrer dans le cercle. Je l’ai fait à contrecœur, et ce qu’on voit dans le film est ma réaction spontanée. »

Les scènes du film qui se déroulent à Berlin ont été tournées en 2003. « C’était ma première visite en Allemagne, dit Lior Ashkénazi. J’ai été frappé de découvrir que la génération actuelle des Allemands ressemble à notre propre génération : les parents ne parlent pas du passé, et il faut payer beaucoup d’argent à des psychologues pour prendre en compte l’héritage familial. » Il ne s’est pas heurté à des manifestations de xénophobie (« et pourtant, j’ai tout fait pour les provoquer »). La scène où il affronte des jeunes néo-nazis dans un couloir de métro à Berlin a été la plus difficile pour lui. « Je n’arrivais pas à prononcer correctement les injures en allemand. »

Igal Avidan (Berlin)

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