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Paul Etheredge-Ouzts interviewé par Frédéric Mignard

Interview reproduite avec l’autorisation de l’auteur et du site A voir/A lire

Les miracles d’Internet... Il est désormais facile de s’entretenir avec des cinéastes de derrière notre écran d’ordinateur, sans même avoir à traverser l’Atlantique quand il s’agit de réalisateurs américains... Paul Etheredge-Ouzts s’est prêté au jeu de l’interview virtuelle pour nous parler d’Hellbent, une petite production horrifique indépendante dont nous ne sommes pas forcément fan mais qui a le mérite de détonner dans le genre du slasher en proposant des personnages et une intrigue 100 % gay. On connaissait les scream queens, des donzelles déshabillées hurlant à la vue d’un couteau de pacotille, voici maintenant les gym queens, des messieurs bodybuildés en proie aux mêmes affres de la vie. Enfer et damnation ? Le cinéaste a répondu à nos réserves avec une bonne volonté et une bonne foi qui le rendent éminemment sympathique.

Tout d’abord, est-ce qu’Hellbent a été tourné pour les salles de cinéma ?

Tout à fait. Il a été produit dès le départ dans l’espoir d’être distribué en salles.

Pourquoi ne pas avoir réaliser un film d’horreur conventionnel en incluant juste un ou deux personnages homosexuels ?

Mes producteurs et moi avons toujours été conscients qu’il existe un marché pour le cinéma horrifique gay. Hellbent n’a pas coûté bien cher et son budget publicitaire était minuscule. Nous avons donc exploité tous les atouts que nous avions en mains pour faire exister notre film dans cette niche. Attirer l’attention constitue la moitié du travail pour une production indépendante en quête d’un public.
L’aspect homosexuel du film n’est pas purement mercantile. Je voulais reprendre l’intrigue d’un slasher des années 70 en changeant de point de vue, et en le peuplant de jeunes gens sympathiques et bien dans leur tête qui se trouvent être gays. Tout à fait le type de personnages que l’on voit peu au cinéma, tous genres confondus.

Mais n’est-ce pas difficile de tourner un tel film à notre époque alors que l’Amérique traverse une vague de puritanisme ?

Non, nous n’avons pas vraiment rencontré de problèmes. Vous savez, une portion seulement de l’Amérique est puritaine. Mais c’est celle qui sait se faire entendre.

Pensez-vous que le public d’un film comme Hellbent est entièrement gay ou que le film peut espérer trouver un public plus large ?

Il est presque impossible de déterminer à l’avance qui constituera le public d’un tel film. Une fois qu’Hellbent sera dans les salles, de nombreux professionnels scruteront l’audience pour vérifier qui le film attire. Je pense que si le film parvient à trouver un public gay et s’il parvient à attirer les fans de films d’horreur, le bouche-à-oreille devrait alors générer un buzz favorable auprès d’un public plus large.
Pour ma part, j’ai écrit Hellbent pour qu’il soit accessible au plus grand nombre. Je ne pense pas qu’il faille être gay pour vouloir que les protagonistes s’en sortent sains et saufs.

Quelle relation entretient le public gay avec le cinéma d’horreur et la violence en général ?

Certains intellectuels pensent que la plupart, si ce n’est tous les films d’horreurs, traitent de l’homosexualité et de la peur viscérale qu’éprouve notre société pour "l’autre". Comme je ne suis pas vraiment un expert, je préfère recommander à tous ceux qui s’intéressent au sujet de jeter un coup d’œil au livre de Harry M. Benshoff, Monsters in the closet : homosexuality and the horror film.

Quelles sont vos références dans le genre ?

Pour Hellbent, j’ai été particulièrement influencé par "l’âge d’or" du film d’horreur, c’est-à-dire les années 70. A cette époque, les standards reposaient sur un savant mélange de violence extrême, de gore, mais aussi d’esprit ! Et puis les personnages étaient forts. Je considère Black Christmas de Bob Clark et Halloween de John Carpenter comme deux des meilleures productions de cette époque. Et puis il y a Massacre à la tronçonneuse que je trouve toujours plus délirant à chaque vision. Sinon mes autres références sont Black Orpheus, Black Narcissus, Invaders from Mars et le cinéma de Kenneth Anger.

Vous savez, je ne suis pas totalement convaincu par les qualités d’Hellbent en tant que film d’horreur. Vous tendez à le noyer dans le second degré alors que beaucoup de spectateurs attendent un film plus sérieux et plus effrayant...

J’ai eu beaucoup de mal à accoucher du script, car je n’arrivais pas à me décider sur le ton. La première ébauche était un peu trop cérébrale (voire prétentieuse) et proposait un conflit de perspectives apolliniennes et dionysiennes incarnées respectivement par le héros et le tueur. Le script comprenait de nombreuses séquences psychédéliques. Un vrai film d’étudiant.
Le deuxième jet était incroyablement violent, sans aucun humour et finalement assez abject. Le film s’achevait sur une scène où le héros et le tueur s’entredévoraient les parties génitales. Cela préfigurait un peu la scène choc d’Hannibal. Une histoire vraiment très moche. Je n’imaginais pas un public voulant voir un truc pareil.
Puis, finalement, j’ai trouvé ce que je recherchais vraiment : un petite dose de sang, une petite dose de sexe et un peu d’humour. Au final Hellbent est un divertissement enlevé, rythmé aux sons punk ro
ck. Il n’a aucune autre prétention.

Photographie (c) DR


Parlons un peu des personnages. Ce sont tous des canons ! Pourquoi ne pas avoir choisi un casting plus proche de la réalité. Vos belles gueules font en effet un peu clichés et tendent de ce fait à rabaisser le niveau de votre long métrage.

On peut prendre Hellbent comme l’archétype du slasher auquel on aurait rajouté des personnages homosexuels. Si je m’étais risqué à m’écarter encore plus des formules du genre, j’aurais pu perdre tout l’aspect nostalgique de mon film. Or je voulais rendre hommage aux standards des années 70 et 80.
J’ai effectivement exploité les stéréotypes de ce genre de film, à savoir le mauvais garçon, l’obsédé sexuel et le vierge de service, mais en faisant en sorte de leur ajouter du relief, et de les rendre essentiels à l’intrigue. J’étais conscient qu’Hellbent devait proposer des personnages homosexuels possédant une certaine profondeur et de l’humanité. Je ne voulais pas qu’ils soient juste de la chair fraîche, bonne à trucider. Le public jusqu’au bout peut espérer qu’ils vont s’en sortir, ce qui nourrit le suspense.
Les jeunes gens d’Hellbent sont des gars positifs, bien dans leur tête. Leur sexualité n’est pas ce qui les définit, c’est juste une caractéristique de plus. Les protagonistes de mon film n’en sont plus à se demander si c’est bien d’être gay. Ce sont des mecs normaux, normaux mais beaux (après tout on est là pour s’évader également).

Vous auriez peut-être pu développer votre scénario et parler un peu plus du tueur dont on ignore tout. Nous ne savons même pas si c’est un être humain ou tout simplement une créature infernale. C’est frustrant...

Les peurs des individus sont tellement variées et spécifiques à la fois. J’ai justement essayé de garder cela en tête afin de laisser le public imaginer ce que bon lui semblait. Si j’avais donné au tueur un motif, la moitié du public me l’aurait immédiatement reproché. De même si je l’avais fait parler, certains n’auraient pas trouvé sa voix effrayante. En fait, chaque détail que j’ajoutais au tueur le rendait moins menaçant. Le mieux était donc de le définir le moins possible.
Je tiens à rajouter que contrairement à de nombreux films de ce genre, Hellbent ne cherche pas à établir un lien entre la mort et le sexe. Mes personnages ne sont pas punis à cause de leur sexualité. Je ne tiens pas à perpétuer un tel message. J’ai fait en sorte que mon film soit clair à ce sujet, les crimes qui y sont commis ne sont pas homophobes.

En ajoutant quelques meurtres vous auriez peut-être pu mieux rythmer votre film. De même, on pourrait vous reprocher de donner plus dans le carnaval gay que dans l’atmosphère horrifique...

Bien que je sois un grand amateur de films d’épouvante, j’avoue ne pas trop apprécier les scènes gores gratuites et sadiques qui ponctuent souvent ce cinéma. Je préfère la terreur psychologique, les thrillers ou les films de monstres plutôt que les boucheries cinématographiques. Le film que j’ai écrit devait d’abord me correspondre. Même si Hellbent est un slasher, je lui ai inculqué une dose d’espérance et d’humanité plutôt inhabituelle pour le genre.

Enfin, quelle est votre sentiment sur la violence croissante du cinéma américain alors que la MPAA est toujours aussi rétive en matière de sexualité à l’écran ?

Que puis-je dire ? Parfois l’Amérique est un pays arriéré.

 

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