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Le billet apériodique de  Didier Roth-Bettoni

 

 

Ne pas confondre...

 



Tiens, la revoilà, la vieille polémique vie privée/vie publique, tellement éculée qu’on la croyait morte et enterrée. Eh non. il m’a suffi, avant les vacances, d’évoquer dans ce billet l’homosexualité enfin avérée de Françoise Sagan telle que le récent film de Diane Kurys la montre, pour la faire resurgir, sur ce blog (le 29 juin 2008) et sur Les Toiles Roses (hier), sous la plume toujours alertement polémique de Bernard Alapetite. « Vie privée ! », s’écrie-t-il quand j’exprime ma satisfaction de voir enfin levé le tabou sur les véritables penchants sentimentaux et sexuels de la romancière, et le plaisir de la voir enfin intégrée à notre mémoire collective. Vie privée, vraiment ? Hypocrisie plutôt, tant plein d’autres éléments de la soi-disant vie privée de Sagan s’étalaient sur la place publique : son éphémère mariage avec Guy Schoeller, ses soucis avec son fils, ses histoires de drogue, ses problèmes avec le fisc, et on en passe. Dans ce capharnaüm permanent qu’était la vie de Sagan, seules ses histoires d’amour avec des femmes (et pas des passades hein, pas des coups d’un soir : des histoires au long cours, 5, 10, 15 ans, fondamentales dans son existence !) restaient discrètes, secrètes, inavouables. Vie privée, cher Bernard, cette façon de ne pas dire pour Sagan, de ne pas en parler pour les journalistes et biographes ? Allons donc. Un mensonge public plutôt, dont le sens est clair : une manière de maintenir sur l’homosexualité le vieux manteau d’opprobre public dont on l’a si longtemps vêtue.

Ne pas évoquer l’homosexualité de Sagan, c’est ne pas parler en classes de la liaison Rimbaud-Verlaine alors qu’on évoque les maîtresses de Baudelaire, c’est passer sous silence les penchants d’Alexandre le Grand tout en célébrant les noces de Napoléon, c’est ricaner des mignons d’Henri III et saluer les maîtresses de Louis XIV, c’est maintenir la hiérarchie entre les sexualités : celle, honorable et enviable des hétéros célèbres, et celle, honteuse et délétère, des homosexuels. À l’heure où l’enjeu de l’éducation dans la lutte contre l’homophobie et dans la reconnaissance de l’homosexualité est enfin à l’ordre du jour (et donc la question des modèles pour les plus jeunes d’entre nous), se réfugier derrière le paravent défraîchi de la « vie privée » n’est tout bonnement plus possible.

Pour autant, il est important de ne pas confondre. Cette exigence, ce besoin de vérité et de transparence a forcément des limites, et la vie privée n’est pas une notion obsolète : elle n’est simplement pas nichée là où d’aucuns voudraient la voir. Savoir que Sagan préférait les femmes, ou que Marlon Brando était bisexuel et avait, simultanément, des aventures innombrables avec toutes les stars et starlettes féminines d’Hollywood et d’ailleurs (ce qu’on savait), et avec autant d’hommes (ce qu’on ignorait), ne peut relever de cette question tant ce serait reconnaître qu’il y a deux poids-deux mesures dans la façon dont on juge ces liaisons. À l’inverse, tout savoir de la sexualité débridée du sublime interprète d’Un tramway nommé Désir (la taille de sa bite, les positions qu’il prenait avec ses divers partenaires, son habitude de se faire tailler des pipes par des hommes qu’il admirait ou dont il espérait un service, ses commentaires sur les performances de ses amant(e)s…) tout cela dont se repaît un livre insensé qu’un éditeur français inconséquent vient de mettre sur le marché (1), n’est évidemment pas du même acabit et relève en droite ligne de cette bonne vieille vie privée.



Compilation de ragots, de témoignages de seconde main, ramassis hallucinant d’anecdotes dignes de la pire presse trash, Marlon Brando, les derniers secrets ne ressemble à rien de connu dans l’édition française, « ouvrage » tellement extravagant dans sa manière d’étaler sans retenue aux yeux du monde les turpitudes et déviances de Brando & Co, qu’il sidère et rend accro. Je me suis ainsi surpris cet été à ne pas décrocher de ces 700 pages de mauvais goût, et à en lire à tous ceux que je croisais des passages tant je n’en revenais pas que ce type de livres existe, saisi dans ce paradoxe qui veut qu’on puisse en même temps se délecter d’Arte et se précipiter sur Closer sur la table du salon d’une copine coiffeuse pour savoir qui couche avec qui. Ici, à chaque page, sa « révélation » peu reluisante sur le monde des étoiles : Joan Crawford avait une « haleine de poivrasse » ; Brando couchait en parallèle avec James Dean et la fiancée de celui-ci, Pier Angeli ; à Paris, Marlon avait deux amants (Daniel Gélin et Christian Marquand) et participait à des trios sexuels avec Roger Vadim et des jeunes femmes ; Hedy Lamarr, la belle actrice de Samson et Dalila, avait le plus grand nombre d’orgasmes parmi les stars hollywoodiennes, alors que Veronika Lake était une partouzeuse émérite ; Marlene Dietrich faisait une fellation à ceux qu’elle admirait dès la première rencontre… Marilyn Monroe, Monty Clift, Rita Moreno, Shelley Winters, Laurence Olivier, Tallulah Bankhead, Mae West, Burt Lancaster, Edith Piaf, etc., ont droit eux aussi à leur lot de détails sordides. C’est cette accumulation qui fascine ici, cette façon de regarder en fraude derrière le décor et les photos papier-glacé. On sait qu’on flirte avec le néant, avec l’indigne, mais on se laisse glisser, un peu dégoûté, dans cette pataugeoire.

Qu’y a-t-il de vrai dans ce défouloir ? Quelle est la part de fantasmes de l’auteur, d’aigreur des uns et des autres de ceux qu’il a interrogés, d’accommodements avec les faits ? Impossible de le savoir et ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est qu’un tel livre franchissant toutes les barrières de la vie privée dans ce quelle a de vraiment privé (pas le fait que Brando ait été bi, mais qui faisait quoi avec qui ?) puisse être édité. L’auteur et l’éditeur savent bien qu’il y a un problème, et pas un petit, avec leur bouquin, puisqu’ils l’arrêtent quasiment au début des années 60, là où les éventuels partenaires de tous sexes de Brando, encore vivants, auraient pu, si leur nom avait été cité, attaquer en justice.

Que faut-il retenir de tout cela, sinon qu’il y a une forme de malhonnêteté intellectuelle à faire l’amalgame, sous le même terme de « vie privée », entre la sexualité d’un personnage public et sa vie sexuelle intime.

 

(1) Dawn Porter, Marlon Brando, les derniers secrets, Nouveau Monde Editions.

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