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Fiche technique :

Avec Lambert Wilson, Pilar Lopez de Avala, Pascal Elbé, Anne Brochet, Andrée Damant, Florence Darel, Marc Duret, Liliane Cebrian, Luis Jaime Cortez et Catherine Erhardy. Réalisation : Vincent Garenq. Scénario : Vincent Garenq. Directeur de la photographie : Jean-Claude Larrieu. Compositeur : Laurent Levesque et Loïk Dury.

Durée : 93 mn. Disponible en VF.


 


Résumé :

Ils filent le parfait amour... Enfin, presque : Emmanuel veut un enfant et pas Philippe...

Pourtant, Emmanuel décide un jour de franchir le pas, au prix de perdre Philippe... Mais comment avoir un enfant quand on est homo ?



L’avis de Frédéric Mignard :

Une comédie de mœurs sur l’homoparentalité, un brin didactique et télévisuelle, qui n’en demeure pas moins charmante et bien écrite.

Dans Comme les autres, Vincent Garenq aborde frontalement le thème très télévisuel – qui sent bon le talk-show et le téléfilm populaire – de l’homoparentalité et s’inspire ainsi de sa vie. Non, pas de sa  vie d’homo – le cinéaste est hétéro, marié, père de famille –, mais de celle de l’un de ses meilleurs potes, gay, et de ses tribulations pour parvenir à adopter un enfant.



Alors que la France se montre d’une frilosité surprenante envers le droit des homosexuels au mariage et à l’adoption, le réalisateur se pose des questions légitimes sur le besoin de paternité des gays (il est surtout question d’hommes dans le film) tout en veillant soigneusement à ne pas tomber dans le stéréotype rance qui avait fait de Pédale dure, sur une thématique similaire, l’un des pamphlets les plus homophobes jamais issu de sa propre communauté !



Plutôt favorable à l’adoption d’enfants par des couples du même sexe, le réalisateur tombe cependant dans le piège du film prétexte, 100 % revendicateur et didactique, dans lequel tout semble bon pour plaider sa cause. Celle-ci devient forcément acceptable au vu du caractère sympathique de la comédie (dialogues finement écrits, souvent enlevés, répliques mordantes) et des protagonistes principaux ou secondaires. La palme du charisme revient évidemment au pédiatre (!) quadragénaire incarné par Lambert Wilson, la figure centrale du récit qui se désespère de ne pas être père. Un poil égoïste, au début, le personnage, évolutif, devient le parangon du bon père potentiel, tour à tour charmant, drôle, gnangnan... Un mec sain d’esprit qui regorge d’amour (et d’euros), paré, mieux que quiconque, à élever un enfant. Le spectateur, pris en otage, ne peut dès lors que difficilement refuser de le suivre dans sa quête. C’est un brin agaçant.



 

Seul ou avec son concubin, plus réticent, joué par le formidable Pascal Elbé ; envisageant des lesbiennes comme mamans ou le recours à une mère porteuse (la délicieuse Pilar Lopez de Ayala)... Toutes les possibilités sont passées au crible, puisqu’on lui a refusé officiellement l’adoption d’un enfant en raison de son inclinaison sexuelle. Et, alors que les tracas conjugaux se greffent aux difficultés pour devenir papa et que le cœur des femmes satellites vacille, la drôlerie des situations alterne avec l’émotion, de manière très appuyée parfois. La corde sensible vibre, accentuant un peu plus l’impression de rapt des sentiments.



Comme les autres repose donc sur des procédés un peu faciles, légèrement déplaisants quand ils empêchent le spectateur de se poser les vraies questions au cœur de l’homoparentalité, réduite ici au seul bonheur du papa. Mais ne soyons pas trop ingrat, derrière ses airs de téléfilm pédago, cette comédie de mœurs légère n’en demeure pas moins un petit plaisir d’écriture et d’interprétation et puis, même avec ses maladresses, elle a tout de même le mérite de vouloir faire bouger les choses en relançant les débats. N’est-ce pas là l’essentiel ?



L’avis de Voisin Blogueur :

Manu (Lambert Wilson) et Philippe (Pascal Elbé) forment un couple homo et bobo en pleine crise. Pédiatre de métier, Manu ne peut plus passer sur son désir d’enfant et face au refus catégorique de son compagnon, la séparation semble inévitable. À nouveau célibataire, Manu revoit Fina (Pilar Lopez de Ayala), une jeune sans papier rencontrée par hasard.



Il lui propose un mariage blanc et dans la foulée, si elle le veut bien, d’être la mère porteuse de cet enfant tant attendu. D’abord en colère, cette fille perdue va progressivement se lier d’amitié avec notre homo tristounet. Et quelques semaines plus tard, mariage et bébé sont au programme. Mais, comme on le sait, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et Fina va progressivement se découvrir des sentiments pour son nouvel ami gay...



Surfant sur un thème de société (l’adoption chez les homos, toujours interdite en France), Comme les autres s’apparente à un téléfilm de luxe bourré de bonnes intentions. Difficile de ne pas s’y casser les dents. De ce point de vue, Vincent Garenq ne s’en sort pas trop mal en évitant les clichés et en proposant un ton tragi-comique bien vu et assurant un divertissement de qualité. En effet, son film se regarde avec beaucoup de plaisir, donne dans le drame sans tomber dans un surplus de pathos et s’avère aéré et bienveillant. En couple d’homos séparés, Lambert Wilson et Pascal Elbé nous gratifient de leur charme naturel et livrent une prestation honorable.



Mais ce qui gêne un peu dans cette fiction très calibrée, c’est qu’en fait le couple gay n’est pas vraiment traité « comme les autres ». Quand Manu s’égare le temps d’une nuit avec Fina, nous avons droit à une scène de jambes en l’air. Mais quand il s’agit de lui et Philippe, il ne faut pas s’attendre à plus qu’un chaste baiser. Manque de courage des acteurs ? Censure obligée pour une diffusion sans problèmes en prime time dans deux ans ? Ce travers est difficilement excusable et marque un flagrant manque de courage. Ce détail (qui a son importance) dépassé, Comme les autres se révèle être une comédie dramatique entre le cinéma français populaire de qualité et la comédie dramatique (voir les séries) made in USA. Des bons sentiments qui marchent, des décors bobos qui font rêver, un casting charmant… Prévisible mais efficace.

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