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Mardi 24 février 2 24 /02 /Fév 00:06



De l'importance des cadres dans la vie en société. Ou quelque chose comme ça.

Justine Niogret

 

Pour la sixième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j’ai le plaisir de vous présenter une des nouvelles passeuses de textes étranges de notre beau pays, un coup de cœur : Justine Niogret. J'ai découvert la prose de Justine il y a quelques mois et son tyle et son imaginaire m'ont électrisé. Je l'ai donc publiée dans ma revue immédiatement. Elle me fait penser à un Ray Bradbury féminin et pervers, à une Poppy Z. Brite moins tourmentée, bref je suis tombé sous son charme vénéneux. Et comme le montre son blog, Justine est drôle, fraîche, un peu barrée et surtout enthousiaste. C'est pour cela qu'elle a dit oui de suite pour tenter cet exercice. C'est aussi pour cela que je l'adore. Comme vous vous laisserez griser par son premier recueil de nouvelles (cliquez sur la couverture en fin de billet)...

 


Si j’étais homo, ça ne changerait rien.

Voilà, je saute direct à la conclusion, à défaut de mon voisin.

Parce que si j’étais homo, je serais toujours et encore moi.

Mais qu’est-ce qui serait différent ? Parce qu’il faut bien que quelque chose diffère, sinon c’est pas du jeu… Alors je dirais le regard des autres, sans doute.

Parce que c’est ça ce qu’ils (ce qu’on, soyons honnêtes, nous avons tous nos racismes) jugent : les autres. La différence. Sortir du cadre, de leur cadre. Ne pas être la jeune fille trop frêle pour porter ses paquets, ne pas être le frétillant jeune homme qui aime faire porter son propre paquet par les sus-dites jeunes filles, soyons classe, les enfants sont couchés.

J’ai toujours été dans le monde d’entre les cadres, dans l’entredeux, à défaut de l’entrefesson. Trop virile de caractère pour être une « vraie » fille, trop assurée pour ne pas être, comme on me l’a si joliment fait remarquer, gouine.

Et curieusement, trop féminine aussi ; trop femme physiquement pour ne pas être une conne, trop grande gueule pour ne pas être, au fond, stupide, trop indifférente pour ne pas être jalouse en secret, trop passionnée pour ne pas être, honte suprême, mal baisée.

Toujours et encore cette même brochette de conneries depuis que je suis née, une fille qui crie est une chieuse, un garçon qui couine a du caractère, vous connaissez le refrain aussi bien que moi, tous en chœur ad nauseam.

Je me souviens de la honte de certains garçons après que je les ai massacrés à la console devant leurs potes. Je me souviens du rire vite étouffé du garagiste quand j’ai acheté une ligne d’échappement pour ma moto et que j’ai refusé ses services parce que « non merci, je saurai l’installer toute seule. » Je me souviens du papier de l’agence immobilière quand j’ai acheté ma maison, ma maison à moi. Monsieur. Monsieur Justine Niogret, tout simplement parce que quand on achète une maison, on ne peut être que Monsieur. Je me souviens de la réflexion d’un Monsieur, justement, après la lecture publique d’un de mes textes : « Vous écrivez comme un homme. » Ben tiens. Je n’ose imaginer la tête du crayon.

Alors voilà, conclusion, comme promis plus haut, ça ne changerait rien.

Parce que pour ceux qui vivent, qui existent, qui se réjouissent du monde et qui me font la grâce d’être mes amis, ça ne changerait rien.

Et pour les autres, ceux qui poussent en pot, ceux qui ferment très fort les yeux pour ne rien voir et qui me font la joie quotidienne de ne pas me fréquenter, ça ne ferait qu’une insulte de plus. De gouine à pédé, la différence ne serait pas notable. 



Mais.

Si j’étais homosexuelle, je voudrais être un garçon.

Parce que quelque chose me dit qu’avec, en gros, les couilles de mon caractère, ma façon d’être passerait mieux. Et puis je n’y peux rien, les corps de femme ne sont pas mon truc. J’aime les hommes, le genre de garçon qui ont de jolies hanches fermes qu’on peut tenir dans deux mains, des joues mal rasées et des yeux de petits ange salaud à qui on a envie de casser la gueule. J’aime les cheveux en brosse et la courbe, là, entre l’oreille et la pointe de l’épaule, touchante à pleurer quand elle est nue.

Je serais James Hetfield pour avoir sa tête de monstre méchant, le droit d’être laid, poilu, barbu, de me cuiter autant que j’ai envie. Je me trimballerais en salopette de redneck immonde, je ferais de la musculation jusqu’à en avoir des vergetures et je me ferais tellement pousser les pattes qu’on se demanderait si j’ai encore des joues en dessous. Je serais tout ce qu’on m’a interdit d’être parce que je suis née avec une zizette au lieu du matériel adéquat. Oh, et j’aurais un chien, un chien aussi con et laid que moi.

Et au niveau fesse (puisqu’on est aussi là pour parler matos), je me taperais des mecs sans doute mieux dans leurs pompes et leur calbute que l’hétéro moyen. Un peu plus curieux, un peu plus tenaces, un peu plus dégourdis et un peu moins timides. Plus joueurs. Des mecs qui se sont rendu compte que leur corps n’avait pas qu’un seul point où appuyer pour lancer les feux d’artifice, et que toute exploration n’allait pas leur faire tomber les oreilles. Ceux-là, comme le remarque ce distingué Gentleman dans Robocop, j’en prendrais pour un dollar. Voire plus.

D’un autre côté… Moi, avec mon minet au bras, végétarien, artiste et gentil avec les animaux, même avec une gitane maïs pourrie entre les dents, on finirait bien par me traiter de gonzesse, je le devine.

 

Justine Niogret

(blog : http://www.justineniogret.com/, MySpace : http://www.myspace.com/justineniogret)



 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Lundi 23 février 1 23 /02 /Fév 00:25

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Lundi 23 février 1 23 /02 /Fév 00:06



ET SI...
 L'UN DE MES FRÈRES ÉTAIT GAY ?


Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 

Visuel (c) GayClic.com


Le chef propose parfois des idées un peu tordues et celle-là en est une. Il l’a baptisée « billet d’humour d’anticipation ». Et je vous le demande, comment sait-il que ce sera drôle alors que moi-même j’ignore si au final ça le sera ? Le côté anticipation, je me demande encore si c’était pour me faire comprendre quelque chose ?

Après cette introduction des plus intéressantes, je ne me suis pas dit : ô grand Dieu non, si l’un de mes frères était gay, je serais hétéro et le monde serait différent ! Non, je ne me suis même pas dit ça. Incroyable. Je me suis posée la question différemment.

Et si un jour l’un de mes frères me présentait un garçon comme un petit ami ?

Alors déjà pour ceux qui ne le savent pas, j’ai deux petits frères. Vincent a 23 ans et Thierry 19 ans.

Vincent est un beau gosse qui, avec son sourire ravageur, arrive à avoir toutes les filles du monde. C’est bien simple, Vince c’est le mec idéal. Les filles l’ont très bien compris et il n’a jamais été célibataire plus de 6 mois depuis le lycée. C’est même mieux, c’est le gendre idéal. Les pères de ses copines l’adorent tout le temps et limite ils engueulent leur fille lors des ruptures. Vincent il vous séduit d’un sourire, il vous offre des fleurs et des nounours, il vous fait des gâteaux au chocolat ou des crêpes. En clair, ce mec est un ange. Sa force, mais aussi sa faiblesse, c’est qu’il l’ignore. Il se prend pour Clark Kent alors qu’il a tout de Superman.

Imaginer Vincent gay alors qu’il a eu plus de copines que moi c’était mission impossible et c’est pour ça que je me suis forcée pour essayer d’écrire quelque chose d’intéressant.

Mais avant, parlons de Thierry. Thierry c’est mon Titou, c’est mon petit frère. Alors que je faisais des bêtises avec la complicité de Vincent quand on était enfant, je garde gravé en moi un sentiment de protection vis-à-vis de Thierry que je ne peux expliquer. Peut-être parce qu’il avait peur de ce poster de clown dans la salle de jeux et que j’avais été le dire à mes parents, peut-être parce qu’à l’époque où il est né j’étais plus grande. Je l’ignore. Thierry c’est le mec cool par excellence. Il a tout du jeune actuel, classe, libre, sûr de lui. Thierry il arriverait au bras de son amie Marie ou de son ami Guillaume et me dirait « Je sors avec elle ou lui », ça me ferait le même effet : « Mais, il est où mon petit frère ? » Thierry, il a tout du bisexuel d’aujourd’hui. La coupe de cheveux qui s’adapte à l’époque (long ou court, au choix), le sourire à tomber, l’assurance tranquille. En plus ma mère est fan de Guillaume. Elle trouve ce garçon « trop adorable et gentil ». En bref, Thierry pourrait être gay ou bi, je ne serais même pas choquée.

La question est donc : pourquoi serais-je choquée si Vincent était gay ou bi ?

Ben oui, c’est une bonne question. Pourquoi mon esprit accepterait sans le moindre problème que l’un de mes frères me présente un mec et n’accepterait pas cela de l’autre ?

Déjà d’un point de vue visuel dans mon esprit, Thierry avec un mec, visuellement, ça passe mieux. Isa ! On ne parle pas déco là, on est sérieux !

Alors j’ai essayé d’imaginer sérieusement ma réaction si Vincent arrivait au bras d’un homme… Ben c’était pas gagné… Alors là pour le coup, j’ai honte de dire que je suis une très mauvaise grande sœur et que je souhaite à Vincent de ne jamais vivre ça.

1°/ Réaction humoristique à défaut de mieux, tellement le choc est rude : « Cool, maman aura au moins la chance d’avoir un gendre. Elle va être ravie. »

2°/ « Ne les imagine pas au lit, ne les imagine pas au lit, Isa, retiens-toi… Trop tard… » Et pourtant l’idée ne m’a jamais effleurée quand il était hétéro, même chose avec Thierry. Je sais, j’ai honte, vraiment j’ai honte, mais j’ai pas pu m’en empêcher.

3°/ « Enchantée, Isabelle, la frangine lesbienne. Ça va faire beaucoup d’homos pour une seule famille, non ? Vous en pensez quoi ? » Ben oui, faut savoir si on veut que je devienne hétéro pour contrebalancer.

4°/ « J’ai le droit de poser une question indiscrète ? Qui a dragué qui ? » Là c’est juste pour essayer de comprendre ! C’est pas du mauvais esprit.

Je reconnais que je ne sais pas expliquer pourquoi je n’imagine pas Vincent gay alors que je peux tout à fait imaginer Thierry bisexuel. Une attitude peut-être, une méconnaissance de ce qu’il est, un refus de le voir tel qu’il pourrait être et une envie qu’il continue à ressembler à cette image que j’ai de lui ?

Je n’ai pas vraiment de réponse ou alors ce sont des morceaux de réponses. Le fait est que même si l’on veut aimer ses deux frères de la même manière, on ne le peut pas. Je partage des choses avec Vincent que je ne partage pas avec Thierry et je partage des choses avec Thierry que je ne partage pas avec Vincent. L’image que j’ai de mes frères est en fait très personnelle. J’ai une image rêvée peut-être, faussée certainement et idéalisée assurément.

Vincent, je l’ai toujours imaginé comme le plus stable et le plus fort de nous trois. Un roc un peu comme mon père mais en plus feignant. Vincent, c’est le genre de garçon qui a une patience d’ange et que je n’ai que très rarement vu en colère. C’est un homme qui prend beaucoup sur lui, peut-être trop. Quand je m’imagine nos vies dans 10 ans, je vois Vince avec une femme, trois enfants, un congé paternité à chaque fois, un boulot à son compte qui lui permet d’avoir un emploi du temps assoupli et je le vois en papa poule. Quand je vois Thierry, je vois un voyageur dans l’âme, un curieux de tout qui pourrait parcourir le monde en long en large et en travers. Je le vois plus instable, plus avide de découverte.

Mais ceci n’est qu’une création de mon imagination. Mes frères sont avant tout des hommes et contrairement à ce que ce pronom possessif laisse supposer, ils ne m’appartiennent pas. En tant que grande sœur, la seule chose que je sais avoir le droit de faire, c’est de les soutenir quel que soit leur parcours et leurs choix de vie.

Alors si un jour l’un de mes frères venait en me présentant un homme, ma première réaction serait certainement d’embrasser cet homme en lui souhaitant la bienvenue. Puis je me tournerais vers mon frère avec un grand sourire en lui donnant un petit coup derrière la tête, comme Gibbs a l’habitude de le faire à Dinozzo, l’air de rien, simplement pour le traiter de cachottier et pour lui montrer que ce n’est pas ce qui m’importe.

Ce qui m’importe par-dessus tout c’est qu’ils soient heureux, mes frères…

 

Isabelle B. Price (01 Février 2009)




Note de Daniel C. Hall (alias Le Boss) : Quelle belle déclaration d'amour que celle-ci ! Et je précise que Vincent et Thierry, les frères en question, ont tous les deux lu ce billet et donné leur accord pour publication. Merci à eux et je me permets de les embrasser (ainsi que notre sœur que l'on se partage).

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Dimanche 22 février 7 22 /02 /Fév 11:41

Visuel : (c) GayClic

Enfin un peu de couleur à Oakdale... Depuis le départ d'Amira, les habitants d'Oakdale semblaient en grande majorités des WASP très très pâles... Obama est passé par là, et voici un épisode spécial "diversité". Hélas, Noah est toujours absent, mais il revient bientôt...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 22 février 7 22 /02 /Fév 11:37

Visuel : (c) GayClic

Enfin un peu de couleur à Oakdale... Depuis le départ d'Amira, les habitants d'Oakdale semblaient en grande majorités des WASP très très pâles... Obama est passé par là, et voici un épisode spécial "diversité". Hélas, Noah est toujours absent, mais il revient bientôt...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 21 février 6 21 /02 /Fév 10:07
Par Liskander - Publié dans : WEBSERIES DIVERSES
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Samedi 21 février 6 21 /02 /Fév 10:03

Visuel : (c) GayClic

Celui où on Olli et Christian nous la jouent Brokeback Mountain.
Merci infiniment à Jami pour la transcription des dialogues allemands et pour son coup de main pour la traduction.
Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 20 février 5 20 /02 /Fév 09:41
Derrière les masques :


LA FUREUR DE VIVRE (1955) de Nicholas Ray
ou la rÉbellion du dÉsir

 

Un film analysé et décrypté par
Marc-Jean Filaire

Enseignant en Lettres modernes à l’université de Nîmes

 

 

Fiche technique :
Avec James Dean, Natalie Wood, Sal Mineo, Jim Backus, Ann Doran, Corey Allen, William Hopper, Rochelle Hudson, Dennis Hopper, Edward Platt, Steffi Sidney, Marietta Canty, Virginia Brissac, Ian Wolfe, Frank Mazzola, Robert Foulk, Jack Simmons, Tom Bernard, Nick Adams, Jack Grinnage et Clifford Morris. Réalisation : Nicholas Ray. Scénario : Irving Shulman et Stewart Stern, sur une idée originale de Nicholas Ray. Directeur de la photographie : Ernest Haller. Compositeur : Leonard Rosenman.
Durée : 106 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


 


Rebelle sans raison ?



Le milieu socio-culturel dans lequel évoluent les adolescents du film La Fureur de vivre se caractérise par le confort matériel et l’aisance financière, et au premier abord, aucun indice ne laisse supposer qu’il peut être le lieu d’une crise générationnelle ; rien de ce qui peut sembler un fondement social aux problèmes des « jeunes », tels que nous les appréhendons en ce début de troisième millénaire en France ou aux E.U.A., n’apparaît dans le film. Pourtant, en commençant dans un commissariat, à la brigade des mineurs, par l’audition des trois personnages principaux, qui ne se connaissent pas encore, La Fureur de vivre pose comme donnée première au récit un état de dépression généralisée à toute la classe d’âge adolescente. D’ailleurs, la première scène du film n’est plus celle du projet initial : un homme aux bras chargés de cadeaux se faisait agressé par une bande de jeunes gens en mal de sensations fortes. Ainsi, l’histoire ne se limite pas à la rencontre aléatoire de Jim, Plato et Judy, incertains de l’avenir, elle accède à une dimension plus universelle en représentant le malaise de la première génération à ne pas avoir été véritablement impliquée dans les conflits guerriers internationaux, laquelle génération doit vivre la crise de l’adolescence en s’opposant à l’optimisme économique et en refusant les valeurs consuméristes de la nouvelle middle-class dominante.

 

 

On est en droit de se demander en quoi les homosexuels sont impliqués dans ce bouleversement conjoncturel et pourquoi ce film est devenu une référence culturelle gay. Premièrement, la bisexualité latente du rebelle joué par James Dean est évidente ; deuxièmement, la notion de rébellion propre à certaines classes sociales des années 50 est en train de devenir une seconde nature pour bien des homosexuels encore obligés d’entretenir deux vies parallèles pour échapper à l’humiliation publique. Les adolescents de 1955 sont les trentenaires de Stonewall et, malgré le code Hays, déjà se fait sentir la volonté d’affirmer une visibilité, qui pointe déjà sous la bisexualité apparente d’un Jimbo. Une douzaine d’années avant les révolutions sociales qui ont ébranlé les pays occidentaux, les prémices idéologiques sont déjà en germe : les jeunes veulent pouvoir rompre avec les carcans contraignants de la superficialité sociale où se complaisent leurs parents et pouvoir affirmer l’autonomie de leur(s) désir(s) : à la fin de La Fureur de vivre, alors que le corps de Plato vient d’être emporté, Jimbo est heureux de présenter Judy à ses parents et d’affirmer ainsi son détachement de la cellule familiale.

 

 

Ainsi, au même titre que l’hétérosexualité, la crypto-homosexualité revendique son existence en refusant les modèles sociaux hétéronormés, dont l’impuissance à proposer des repères solides est répétée à l’envi dans le film : plusieurs fois Jimbo exige de son père qu’il s’oppose plus fermement à son épouse et plus symboliquement qu’il se mette debout ; quant à lui, il ne veut pas être une « poule mouillée » et, selon Buzz, il faut qu’il prouve qu’il est un homme. Au-delà d’une évidente misogynie, c’est un ordre solide que les adolescents exigent de leurs parents, qui, à force de sauver les apparences de l’ordre, ont perdu tout contact avec un ordre plus profond et constitutif d’une identité stable. Ni tout à fait enfants – Judy veut que son père l’embrasse encore comme auparavant – ni tout à fait adultes – tous reviennent toujours à la maison après avoir claqué la porte, ces adolescents sont égarés dans le monde et perdus dans le labyrinthe de leurs incertitudes sociales et personnelles.



Le rebelle, une victime ?


N’y a-t-il pas contradiction à considérer le rebelle comme une victime ? Être rebelle consiste, par définition, à se positionner délibérément en marge d’une société dont les codes de fonctionnement sont rejetés et ce par une attitude explicite qui se manifeste dans le comportement, mais aussi, pour l’époque qui nous concerne, dans les choix vestimentaires. À l’aide de quelques attributs mythiques, James Dean incarne, au même titre que Marlon Brandon, Montgomery Clift ou Paul Newman, la posture rebelle d’après-guerre : le tee-shirt, les jeans, les « bottines de cuir épais et à double semelle » sont complétés par l’incontournable blouson bomber. Le blouson rouge de Jimbo est d’ailleurs devenu un emblème de l’insolence revendicative des teen-agers de classes moyennes et populaires. Cependant, cet état de rébellion n’est pas sans ambiguïté et l’attitude des trois personnages principaux n’est pas monolithique : entre celle qu’ils affichent en public et celle qu’ils révèlent dans l’intimité de la confidence, l’écart se construit comme une inversion. À la vaillance apparente de Jimbo ou de Judy en présence de la bande répond l’inquiétude et les larmes dans le cadre familial ; quant à Plato, s’il a tout du sissy boy, « du garçon à sa maman, en adoration devant James Dean » (Bertrand Philbert, L’Homosexualité à l’écran, éditions Henri Veyrier, 1984), dans les moments de panique il devient d’autant plus effrayant qu’il est armé d’un pistolet. Chaque membre du trio se définit par sa dualité et le conflit intérieur qui en découle : dans une scène coupée, Plato parlait même à ses amis de sa double personnalité et de son travail de psychothérapie.

 

 

Moins héroïques qu’ils ne le revendiquent, les trois adolescents sont rebelles malgré eux, obligés de s’arcbouter contre le monde que leur impose leurs parents, dans le seul but de ne pas s’effondrer de désespoir, emportés par un goût de la mort que leurs dangereux défis sollicitent plus souvent qu’à leur tour ; Buzz, le premier petit ami de Judy, y laisse d’ailleurs sa vie. Ainsi, la victimisation du rebelle garantit une place toute désignée au personnage homosexuel, puisque la tradition cinématographique du début du XXe siècle a façonné une image bien cadrée et bien repérable du gay souffrant de sa « perversion ». De ce côté-là, La Fureur de vivre n’innove qu’à demi et tombe dans la facilité de faire mourir le personnage le plus clairement homophile. Certes, il reste l’envoûtant Jim, mais sa relation amoureuse ne peut, en 1955, que s’accomplir dans les bras d’une femme. On se surprend à imaginer le scénario dans lequel Judy serait la détentrice de l’arme et Plato épargné par la police...

 


Face à l’oppression idéologique d’une société représentée dans le film par les parents, soit absents comme ceux de Plato, soit distants comme ceux de Judy, soit contradictoires comme ceux de Jim, le teen-ager n’a d’autre issue que la fuite dans la rébellion, ultime espace où il espère s’épanouir. L’attitude rebelle peut alors être lue comme une métaphore de l’homosexualité : elle se développe proportionnellement à la violence uniformisatrice que l’on inflige à un être qui ne se reconnaît pas dans des schémas conventionnels. La fuite perpétuelle des parents de Jimbo donne une image assez claire de ces couples qui refusent la singularité de leur enfant lorsqu’il est homosexuel et qui espèrent toujours retrouver le droit chemin. Comme bien des gays confrontés à l’orgueil parental qui aspire à soigner l’enfant de sa maladie, Jimbo et ses amis accèdent à la conscience de l’absurdité du monde et de la superficialité de la société.



James Dean, une icône gay ?


James Dean n’est pas le seul acteur dont les studios américains ont tenté d’effacer la réalité homosexuelle afin de mieux faire correspondre les acteurs à l’image qu’ils souhaitaient voir exhibée. De nos jours, le statut de rebelle pourrait se satisfaire d’une homosexualité, elle ne ferait qu’étayer le refus revendiqué d’une hétéronorme ; dans les années 50, une telle revendication était inenvisageable et risquait de saborder une carrière. dans le cas de James Dean, sa mort prématurée a figé l’image mythique d’un jeune séducteur, laquelle a été entretenue en état le plus longtemps possible. Il a fallu plusieurs décennies pour que le public découvre l’humain derrière le mythe et tout particulièrement le bisexuel derrière l’image du tombeur d’adolescentes. Aujourd'hui, La Fureur de vivre retrouve une saveur que seuls les homosexuels des fifties, en quête de tout indice susceptible de le les rassurer sur leur part cachée d’eux-mêmes, ont peut-être perçu à la sortie du film : Jean-Loup Bourget appelle « indifférenciation sexuelle » la sensualité primale du James Dean rebelle, capable de séduire les hommes autant que les femmes lorsqu’il allume de manière désinvolte une cigarette qu’il ne fume, tête penchée, qu’à moitié. L’effet est garanti : dans le film, une femme et deux hommes sont séduits. En effet, on ne peut nier que Buzz aussi est victime de l’attractivité du jeune homme au blouson rouge ; sa mort violente – signe du destin pour un homosexuel ? – en serait presque une preuve, tout comme le hasard fait entendre à la radio une chanson dédicacée par un certain Buzz à un certain Jim.

 

 

Ainsi rendu à ses pairs, James Dean redevient un rebelle mythifié, non plus en tant que rebelle mais en tant que bisexuel mythique assumant sous le masque de l’acteur le caractère hors norme d’une sexualité qui n’a longtemps trouvé que l’allusion ou le clin d’œil pour exister au cinéma. Réussir à incarner avec autant de désinvolture et de simplicité, notamment dans la scène ludique du trio, ce qui est encore, dans le discours officiel, considéré comme une maladie psychique fait du jeune acteur un vrai rebelle, d’autant plus subversif qu’il n’a pas l’air de l’être. L’« amitié particulière » trouve ici une de ses plus séduisantes et innovantes interprétations.

M.-J. F.

 


Par Marc-Jean Filaire - Publié dans : ANALYSES : HOMOLLYWOOD
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Lundi 16 février 1 16 /02 /Fév 16:43

 

Chères lectrices, chers lecteurs du blog "Les Toiles Roses",
Honte à vous ! Hier, vous avez oublié de souhaiter un joyeux anniversaire à notre star Zanzi... Un joyeux zanziversaire, quoi... Mais comme je suis un dictateur bon et juste, je lui ai souhaité de votre part ! Quel bon patron suis-je ! Et comme Zanzi frôle la cinquan... euh... la quaran... bref, comme Zanzi a un an de plus, il a décidé d'exhiber son sublime minois mutin et coquin, son corps sculptural échappé des héros de la mythologie et son organe vigoureux mais néanmoins splendide... Bref, voici un petit message pour vous tous... Sachez qu'au Canada, on arrive à tuer un caribou en moins de deux minutes en lui faisant écouter cette vidéo :-)
Laissez vos messages, déclarations d'amour, insultes et autres dons dans les commentaires ou sur l'email privé du blog, je transmettrai à notre ami très cher... trop cher !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Lundi 16 février 1 16 /02 /Fév 16:28

 

http://www.couragecampaign.org/page/content/dontdivorce

 

L'infâme procureur Ken Starr a présenté un relevé de conclusions – sur la base de la campagne « Oui à la proposition 8 » -- afin d'annuler les 18.000 mariages célébrés en Californie entre personnes de même sexe entre les mois de mai et novembre 2008.
Il est temps de mettre un visage sur les honteux procédés légaux de Ken Starr, de mettre un visage sur 18.000 couples menacés d'un divorce forcé, de mettre un visage sur l'égalité des droits au mariage, parce que, que vous soyez homosexuel ou hétérosexuel, VOUS êtes le visage du Mouvement pour l'Egalité devant le Mariage.
Le principe des photos de couples avec : « s'il vous plaît, ne nous divorcez pas », « s'il vous plaît ne divorcez pas mes mamans », « s'il vous plaît ne divorcez pas mes amies, Dawn et Audrey » (c'est un exemple), « s'il vous plaît ne divorcez pas les californiens », ou ce que vous voulez après les mots « s'il vous plaît ne divorcez pas … » et envoyez-la à :
pleasedontdivorce@couragecampaign.org
Nous voulons partager ce beau projet avec le plus de monde possible. S'il vous plaît, parlez à vos amis de ce diaporama en cliquant sur cette page
(pour info, Kennett Starr est le procureur qui a tenté de faire tomber Clinton à cause de la pipe de Monica Lewinsky...) Traduction : Zanzi

Par Zanzi - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 16 février 1 16 /02 /Fév 10:26



The Same Guy In Reverse

(ou Le Même à l'envers)

BBJane (a.k.a. Pascal Françaix)

 

Pour la cinquième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, je vous propose un véritable coming-out littéraire en exclusivité, celui de BBJane, de son vrai nom Pascal Françaix (oui, oui, sa sœur a ouvert cette série de billets). Pascal est, pour moi, l'une des plus grandes plumes du fantastique moderne français. La preuve, dans ma vraie vie je l'ai publié et c'est un honneur. Si ce genre de littérature vous titille le cervelet, précipitez-vous sur ses livres (en neuf ou d'occasion pour les indisponibles) ; si vous ne pouvez pas les acheter, volez-les ! J'ai rencontré et bossé avec Pascal avant nos coming-out réciproques. Depuis, il est mon pacsé littéraire. Nous travaillons sur un énorme projet de fantastique gay, nous vous en parlerons sur ce blog bientôt. Et puis il y a BBJane et son blog incroyable : original, barré, cultivé, barge et indispensable. Franchement, et en lisant la suite vous serez convaincu(e)s, mon pacsounet est génial !

 

Si j’étais hétéro, faudrait déjà que je m’emploie à sortir du placard homo où ma nature profonde croupit depuis des lustres. Vous imaginez pas combien c’est délicat ! les inimitiés qu’on se crée ! les gémonies qu’on vous décoche ! la tronche que vous tirent les copines !..

S’affirmer, c’est toujours trahir. Pour être aimé, restons semblable. À ce qu’on fut ; à ce qu’ « on » croit. Fluctuons pas d’un pouce, revirons pas d’un poil. Si c’est se contredire que d’être, soyons soi qu’avec des pincettes.

Le placard gay, mes biens chères sœurs, il est verrouillé triple tour. Il se défonce pas d’une pichenette. Faut posséder le fort boutoir, maousse et contondant. Quant on a fait péter la lourde, on est pas quitte pour autant. On est suivi par l’ombre rose… la nostalgie du confinement… et puis par la fureur rancuneuse et braillarde des ex co-recluses qui digèrent pas votre escampette…

« Faux derge ! » qu’elles vous gueulent au cul ! « Judasse !.. Lâcheuse !.. Court-au-con !.. »

Vous devenez l’affreux jojo ! Plus question après ça de fouler le même trottoir – on peut toujours courir quand on a pris les clous !.. On est banni des vieilles plates-bandes…

N’importe !.. La bonne air qu’on respire enfin !..

Ah ! l’Hétéroxygène !.. Épuré de tout miasme ! Ample et revigorant !.. La griserie que l’on s’empoumonne !.. Ça vous tourne un peu la caboche après la claustration, mais à la longue, ça vous requinque !.. C’est pas l’air vicié du Marais ! Ça vous ravive le teint sans fard !..

 

Si j’étais hétéro, après mon backing-in, je balancerais dare-dare tout mon gay-frusquin aux orties… Pas de tri ! Tout ou rien !... Boy George au dépotoir, et Almond, et Britten !... Je te les vire d’autor de mes étagères à CD !… Vade retro Killie ! Antony ! Jobriath !

Je conserve ma vieille Eartha ?.. un ou deux Judy, pour le fun ?..

Que non ! On pinaille pas ! On bazarde tout comme ça vient !

Dans ma vidéothèque aussi, à tour de biscotos je largue ! Morrissey, Paso, Milligan… Mes Bette Davis, mes Crawford… et tous mes « fantastiques » (on vous l’avait pas dit ? le genre est infesté de queers …)

Mes livres ? Parlons-en pas !.. J’ai de quoi remplir trois décharges !..

J’envoie valser, je garde rien ! Photos, bibelots, lithos ! Tout aux gogues et on tire la chasse !.. Faut surtout pas s’encombrer d’art, ça vous féminise le gingin… c’est du ferment à déconfiote…



Photo (c) Son chéri d'à lui. Photo prise au Hameau de la Reine (Authentique !)


Si j’étais hétéro, j’aurais ma mère à dos. La pauvre a jamais pu encadrer les belles-filles, les piffer même de loin. C’est comme qui dirait intrinsèque à sa constitution. Ça lui blêmit les sangs dès qu’elle en flaire une en maraude. Elle ferait quand même un effort, au début, je présume… Un tout petit, pour me complaire… montrer qu’elle se braque pas d’emblée – ça durerait le temps des colchiques, je me fais pas d’illuses…

C’est tellement plus mignon d’avoir un fils en rab ! C’est dans leurs fibres, aux mères… incrusté dans la moelle… À corps à cris, ça veut du fils ! C’est la dévorante appétence ! Jamais trop de rejetons mâles ! Et puis un gendre, l’avantage : c’est pas de la concurrence... Qu’une brue, méfiance ! Ça diffère de grue que d’une lettre ! C’est roué, comme créature ! Ça vous culbute d’un piédestal en deux coups de reins et trois coups de langue…

 


Si j’étais hétéro, j’en pincerais que pour les lesbiennes. Elles seraient mes proies d’élection, pour le défi qu’elles représentent. Tomber une brouteuse, mes cocos, c’est pas donné au premier gusse ! C’est valorisant, comme exploit ! Faut être le mec plus ultra… outillé spécifique… pas seulement du falzar, aussi du ciboulot… avoir un charme dépotant, à transplanter le Fuji en plein cœur de l’Auvergne…

Les nanas hétéros, c’est pas le même tintouin. Ça s’emballe en un tournemain, suffit de savoir if’. Le vieux couplet fait encore bien l’affaire : un coin de lune, un semis d’étoiles… un bouquet de fleurs bleues vaporisé d’eau de rose… un revenu moelleux et stable… la garantie de l’exclusive… la promesse aussi du marmot !.. et du maire ! ça c’est la cerise !.. vous serez leur Seigneur si vous leur miroitez l’Anneau !..

Ah, non ! C’est trop cafard… et surtout trop facile... Lever ça, autant lever rien… Je préfère aller braconner chez les tribus goudous…

 

Si j’étais hétéro, je le serais comme une enclume, pour paraphraser qui-sait-bien.

Sorti de ma gouinolâtrie, je serais archi-homophobe.

J’aurais lu Freud et ses séides, je saurais bien qu’on naît tous bis, qu’on devient si ou ça par frousse rétractile devant l’étendue des possibles… Mais je saurais aussi que, quoi qu’on dise et baise, on est moutons de ses options sitôt qu’on les a prises. On est tous réacs et claniques, au sein de nos fières différences comme de la norme hégémonique…

C’est la société qui l’induit… c’est la merde… c’est l’homme…

D’être instruit de ces choses et d’en être si déconfit me rendrait encore plus prosélyte de la connerie.

Je vous l’ai déjà dit : je vomis le juste milieu, les demi-mesures, l’à-peu-presque.

Je serais anti-gay, raciste, misogyne. Inégalitaire au possible. Ami des génocides.

Je donnerais mon avis sur tout, et ce serait le seul qui vaille.

Et comme le Monde court à sa perte à force de se reproduire, je reproduirais mon pareil à couilles rabattues. Une naissance pour chaque coup tiré !.. – au fait : je serais Catholique – benoîtement intégriste.



Si j’étais hétéro, je perdrais mes cheveux et porterais la barbe. Peu soucieux de littérature, j’écrirais sans relâche, des trucs calibrés pour thuner. Je publierais chez Gallimard des romans Harlequin sur des époux qui se séparent et des divorcés qui se remarient. Mes héros seraient cancéreux, psychiatres ou urgentistes. Et vers la cinquantaine, précocement sénile et résolument chauve, je me risquerais à décrire la liaison pornographique d’un auteur vieillissant et d’une illettrée pré-pubère. La bave aux lèvres et les mains moites, je craindrais le scandale mais n’obtiendrais que le Goncourt. Dans les salons du livre, je ferais du gringue aux minettes, et je dédicacerais les strings de leurs mamans.

 

Si j’étais hétéro – je réalise d’un coup – j’aurais quelques années de moins.

Ça serait bien beau, rajeunir…

Mais je picolerais deux fois plus, ce qui fait que j’irais pas loin.

Suicidaire patenté, malheureux comme les pierres, je serais peut-être plus là pour affirmer que je suis gay

 

Au fond, si j’étais hétéro, je serais le même – inversé.

Boy George m’a soufflé la formule (matez la référence !)

It’s the same thing in reverse

Nothing better, nothing worse

 

Bon, assez palabré… D’ailleurs, je me répète… J’ai noirci trois cents pages, jadis, sur le sujet – et ce fut publié, assure mon éditeur. Heureusement qu’il est là pour m’ôter le doute du pied, parce que si je comptais sur les lecteurs !.. Cahiers-décharge, ça s’appelle. Profitez de la pub : elle est jamais passée nulle part, et sera pas rediffusée…


BBJane (a.k.a.) Pascal Françaix


         



Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Lundi 16 février 1 16 /02 /Fév 09:38



Si je devenais hétérosexuel...

Jean-Yves

 

Pour la quatrième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j’ai convié Jean-Yves. Jean-Yves tient le blog "Culture & questions qui font débats", un espace personnel et culturel que je lis depuis trois ans et demi chaque jour. L'homme est discret, mais il répond systématiquement présent lorsque je le sollicite. Jean-Yves est un des piliers historiques de Les Toiles Roses et avoue qu'il pensait faire mieux mais qu'il a bloqué sur le sujet, en effet il est "un gay heureux de l'être". C'est tout le mal qu'on lui souhaite...

 

Si je devenais hétérosexuel (J’ai transformé la proposition « Si j’étais hétérosexuel… » en « Si je devenais hétérosexuel… »)

Quel serait mon look, mes manières, mes rôles, mes représentations, mes attentes, mes désirs, mes problèmes ? Serais-je sûr d’appartenir à une grande famille, celle que Roland Barthes appelait déjà la grande famille des hommes ?

Serais-je le type qui surgit là où s’invente le besoin de mystère que les femmes éprouvent à leur égard ?

En devenant hétéro, je ne voudrais pas être considéré comme un homme qui viendrait d’être créé sur le champ, comme un objet magique, surgi sans aucune trace de l’histoire qui l’a produit.

L’image de l’homme bon chic, bon genre, celle du gagneur qui doit sa supériorité à l’emprise de son corps et de son esprit sur le monde ne pourrait être la mienne. Pas plus ressembler à l’image du « beauf » (celui que chantait Renaud), faisant marcher ses enfants et sa femme à la baguette.

J’essaierais surtout de me penser comme dépendant de l’un et de l’autre sexe. De ne pas poser mon existence hétérosexuelle comme la « normalité ».

In fine, je ne souhaiterais pas m’imaginer seul capable de penser l’hétérosexualité. Voilà, ce serait ma seule véritable affirmation.


Jean-Yves


Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Dimanche 15 février 7 15 /02 /Fév 00:06

Visuel : (c) GayClic

Luke, voici une idée de cadeau de Noël qui ferait plaisir à Brian : une cravate. Juste un détail, il ne sait pas bien faire le noeud...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 15 février 7 15 /02 /Fév 00:03

Visuel : (c) GayClic

Strip-tease pour tous les goûts. Et Brian comme vous ne l'avez jamais vu...
Sans doute l'un des plus beaux clips que j'ai vus sur Luke & Noah, signé ShizumasLover :
http://fr.youtube.com/watch?v=7DVZXVG3Vbw
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 14 février 6 14 /02 /Fév 01:56
Par Liskander - Publié dans : WEBSERIES DIVERSES
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Samedi 14 février 6 14 /02 /Fév 01:52

Visuel : (c) GayClic

Celui où Coco hallucine, dans tous les sens du terme.
Remarque 1 : Leonhard est le mari de Jana, qui est la meilleure amie de Coco et aussi la sœur de Nico, l'ex de Christian (n'oublions pas qu'il s'agit quand même d'un soap). Sarah a trompé Gregor avec Leonhard mais il n'est pas encore au courant.
Remarque 2 : Le "Feuerzangenbowle" est une potion diabolique à base de vin rouge qui tient à la fois du vin chaud et du punch, au-dessus duquel on fait flamber un pain de sucre imbibé de rhum. Un lien pour les curieux :
http://de.wikipedia.org/wiki/Feuerzangenbowle
Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 13 février 5 13 /02 /Fév 16:01

« Je pense que si nous rendons les gens plus heureux, même s'il s'agit d'une minorité, nous serons tous plus heureux (…) Vu que certains pays ont déjà franchi ce pas, je ne vois aucune raison pour que nous ne le fassions pas ici. (…) Lorsqu'on met fin à une discrimination, c'est toute la société qui est meilleure, pas seulement ceux font l'objet de cette discrimination. (…) Je ne ressens aucune fierté vis-à-vis de la façon dont les sociétés européenne et nord-américaine ont traité les homosexuels pendant des décennies ». José Socrates, Premier ministre et secrétaire général du Parti socialiste (PS) portugais, à propos du mariage homosexuel (s’il est réelu à l’automne prochain :-).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 12 février 4 12 /02 /Fév 10:30


Fiche technique :

Avec Vincent Price, Joseph Cotten, Virginia North, Peter Jeffrey, Terry-Thomas, Hugh Griffith, John Cater. Réalisation : Robert Fuest. Scénario : James Whiton, William Goldstein, Robert Fuest. Musique : Basil Kirchin. Directeur de la photographie : Norman Warwick. Décors : Bernard Reeves.
Durée : 94 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :

1929. Une série de crimes, inspirés par les dix plaies d'Egypte, ensanglante le milieu médical londonien. Au cours d'une enquête piétinante, la police découvre que leur auteur est le Dr. Anton PHIBES, un ancien organiste défiguré lors d'un accident de voiture. Il commet ces meurtres afin de se venger des neufs chirurgiens ayant échoué à sauver la vie de sa femme.
L'avis de BBJane :
Pourquoi L'Abominable Dr. Phibes est-il l'un des films préférés des cinéphiles homosexuels ? Deux réponses sont généralement avancées : pour son caractère hautement camp ; pour la présence de Vincent rice, icône gaie (on peut d'ailleurs estimer que ces deux raisons n'en font qu'une, Price étant l'un des comédiens les plus camps de tous les temps.)
C'est vrai, mais il y a autre chose.

Dans son incontournable essai Monster in the closet, homosexuality and the horror film, Harry M. Benshoff nous éclaire sur le véritable secret du Dr. Phibes : il est l'un des premiers héros d'un genre cinématographique nouveau dans les années 70 : "l'homosexploitation". L'article qui suit s'appuie en partie, dans son approche théorique, sur les écrits de Benshoff, et dresse un rapide historique du film et de sa postérit
é.

Le terme "homosexploitation" apparaît comme une variante des mots "sexploitation" (ensemble de films de séries B à Z, dont l'argument commercial et le principal ressort scénaristique sont le sexe) et "blaxploitation" (films dont les castings sont majoritairement composés d'afro-américains, et qui décrivent leur revanche contre un pouvoir blanc oppressif et raciste.)

L'homosexploitation (ou gayxploitation) reprendrait, selon Harry M. Benshoff, l'idée de vengeance/revanche, cette fois accomplie par un héros homosexuel (ou une héroïne lesbienne), et dirigée contre les agents de l'hétérocentrisme. À l'aube des années 70, les minorités sexuelles et raciales prirent conscience de certaines similitudes dans les discrimations dont elles étaient l'objet, et, partant, dans les combats qu'elles avaient à mener. La naissance parallèle de la blaxploitation et de la gayxploitation témoigne de cet esprit de coalition.
Mais contrairement à la première, où la minorité à laquelle le "vengeur" appartient est immédiatement identifiable (du fait de sa couleur de peau), la seconde restera longtemps voilée – et ne trouvera d'ailleurs son nom qu'une trentaine d'années plus tard. Mettre en scène un vengeur explicitement gay était encore trop risqué dans les années 70, et l'on ne pouvait guère douter de l'insuccès commercial d'un film qui s'y serait essayé – il semble que les Noirs étaient alors plus bankables que les homos, et que leur effet repoussoir était moindre sur les spectateurs et les producteurs.
La gayxploitation fait appel à l'identification du public queer de manière dissimulée, en recourant à des codes vieux comme les frères Lumière, mais en lui offrant cependant un plaisir cathartique autant qu'esthétique (les films en ressortant jouent énormément sur un décorum typiquement gay, "follement extravagant" et camp.)
Pourtant, elle apparut à visage découvert dans ses tout premiers spécimens : les films de vampires lesbiens (The Vampire lovers de Roy Ward Baker - 1970 -, Les Sévices de Dracula / Twins of evil de John Hough - 1972 -, et autres libres adaptations du roman "Carmilla" de Sheridan Le Fanu.) C'est que le lesbianisme a toujours été source de fantasmes et d'excitation pour le public hétéro mâle ; la vision d'étreintes féminines n'avait donc rien de bien perturbant. L'homosexualité masculine était autrement problématique.
Elle trouva son héros/héraut en la personne du comédien Vincent Price, dans 3 films fondateurs : L'Abominable Dr. Phibes, sa suite (Le Retour de l'abominable Dr. Phibes / Dr. Phibes rises again de Robert Fuest - 1971) et Théâtre de sang (Theatre of blood de Douglas Hickox- 1972). Autant d'œuvres queers demandant un déchiffrement de leurs codes pour être reconnues comme telles.


Le Justicier queer et sa victime : Vincent PRICE et Terry-THOMAS

Dans le film qui nous intéresse, le héros queer entreprend sa geste meurtrière afin de venger la mort de son épouse, "tuée", selon lui, par des chirurgiens qui échouèrent à lui sauver la vie après un accident de voiture. Ce mobile constitue une sorte de garantie de l'hétérosexualité du personnage. Le scénario ne nous en fournira pas d'autre, et l'on peut noter qu'elle a pour effet immédiat d'évacuer d'office l'élément féminin, en tant que partenaire sexuel éventuel du héros.
Le culte exclusif et démesuré de la défunte épouse interdit au veuf de nouer une liaison amoureuse avec une autre femme. Cette parade fut régulièrement employée dans la littérature et le cinéma gothiques queers (le comédien Vincent Price n'a guère eu que des épouses mortes dans ses films d'épouvante), et offre au personnage l'opportunité de « s'engager dans des exploits homoérotiques sado-masochistes » (dixit Benshoff) (On pourrait appliquer cette réflexion au corpus de films gothiques-urbains que constituent, par exemple, la série des "Justiciers" bronsoniens, et autres "vigilante movies".)
Le Dr. Phibes sublime une impossible hétérosexualité lors de longues discussions d'un romantisme exacerbé avec le portrait de sa chère disparue. Ceci fait, il peut se livrer en toute quiétude – et avec une délectation non dissimulée – à la chasse au mâle.
Une jeune et séduisante assistante, Vulnavia (Virginia North), l'épaule dans son action. Inutile de préciser que leurs rapports sont strictement platoniques, et régis par une mise en scène interdisant entre eux tout élan de spontanéité – leurs déplacements et leur gestuelle sont réglés comme des sortes de tableaux vivants, dans lesquels aucun d'eux n'esquisse un mouvement de travers. (Ils ne s'embrassent que sur l'affiche du film, dont le slogan parodie outrageusement celui du grand succès lacrymo-hétéro de l'époque : Love Story (Arthur Hiller - 1970) – ce qui désamorce quelque peu l'effet du baiser... Le film se revendique queer jusque dans son affiche.)
À l'occasion, Vulnavia fait office de rabatteuse, attirant par sa beauté les victimes masculines qu'elle abandonne ensuite aux bons soins de son maître (voir la scène de séduction de l'érotomane Dr. Longstreet.) Il est intéressant de noter que, dans la première version du scénario, Vulnavia était censée être une automate, comme les membres de "L'Orchestre Mécanique" de Phibes. Ce rare élément féminin du film n'était donc pas de chair, et Phibes la détruisait d'ailleurs après usage, dans les dernières séquences !...

La Rabatteuse (Virginia NORTH)

Queer, le Dr. Phibes l'est dans tous les sens du terme (dont la définition originelle est "bizarre", "hors du commun") : à la fois mort et vivant (il est censé avoir péri dans un accident de voiture, et il déclare à son adversaire, le Dr Vesalius : « Vous ne pouvez pas me tuer ; je suis déjà mort ! »), humain et androïde (son visage est fait de chair synthétique ; sa voix est émise artificiellement à travers un phonographe).
Sa garde-robe est composée de tenues défiant les critères vestimentaires de "genre" – à l'exception du costume qu'il porte lors de la scène de danse avec Vulnavia, il n'arbore que de larges tuniques convenant aussi bien aux deux sexes.
Ses neufs victimes sont autant de figures représentatives de la société patriarcale et sexiste. La respectabilité de leur statut social est clairement établie : toutes appartiennent au corps médical. En s'en prenant à elles, c'est à un système normatif garant d'une idéologie répressive que s'attaque le monstre queer Phibes. (Notons qu'il n'est pas docteur en médecine, mais en théologie, en droit, et en musicologie.)
Sous couvert de venger sa femme, il règle son lot de contentieux avec les suppôts de l'ordre établi, vieux adversaires de la queeritude. Ainsi, la psychiatrie, qui causa tant de tort aux homosexuels, se voit châtiée en la personne du Dr. Hargreaves (Alex Scott), "réducteur de têtes" dont la tête sera textuellement réduite par un masque broyeur. Il en va de même du sexisme libidinal (le Dr. Lonstreet (Terry-Thomas,) grand amateur de films érotiques qu'il visionne en cachette après le départ de sa gouvernante), et de l'arrogance de classe (toutes les victimes sont imbues de leur rang).


La Transparence des Sexes

En calquant l'élaboration de ses meurtres sur les 10 plaies d'Egypte – fléaux lancés par Dieu à Pharaon pour le punir de maintenir le peuple Hébreu en esclavage – Phibes s'identifie au Créateur ; un Créateur queer punissant les esclavagistes de la pensée, les garants de la morale straight.
Seul le Dr Vesalius (Joseph Cotten) apparaît sous un jour sympathique, et il est à noter que Phibes n'attentera pas à sa vie mais à celle de son jeune fils. Le rapport de Phibes à Vesalius est d'ordre conflictuel-affectif, et reste emprunt d'une sorte de respect (il est la seule victime à qui il daignera parler). Il en fait sa dernière proie, comme s'il tenait à le garder pour "la bonne bouche", et s'il expose son fils à la mort, il se désintéresse totalement du résultat de son plan : il gagne le cercueil de son épouse avant la fin de l'opération pratiquée par Vesalius sur son enfant et destinée à sauver ce dernier, comme si son but était désormais atteint.
Ce rituel macabre autour d'un "premier né" qu'il s'agit de rendre à la vie (ou de faire naître une seconde fois) éclaire d'un jour nouveau la relation Phibes/Vesalius, et les aspirations secrètes du premier. Alors qu'il aurait pu tuer l'enfant, il le met en "situation de mort", et laisse le père procéder à la résurrection : il crée ainsi un lien particulier avec son adversaire, marquant symboliquement la formation d'un couple queer, et sa non moins métaphorique procréation.
La série de crimes commis par Phibes, au-delà du motif de la vengeance, semble n'avoir eu pour ultime finalité que de susciter sa rencontre avec le chef de l'équipe chirurgicale qu'il tient pour responsable de la mort de sa femme – et qui, par-là même, fut le principal artisan de son identité queer.
Ajoutons qu'aucune des victimes n'a de vie de couple apparente (même Vesalius qui, bien que père, est dépourvu d'épouse. L'a-t-elle quitté ? Est-elle morte ? – ce qui achèverait d'en faire le pendant straight de Phibes – La question n'est jamais soulevée...) Résolument, le film se veut une histoire d'hommes, et cette absence totale de la femme en tant que conjointe ou amante contribue beaucoup à sa coloration homophile.


Vesalius (Joseph COTTEN) et Phibes (Vincent PRICE) : Docteurs en Queeritude

L'esthétique camp de L'Abominable Dr. Phibes est bien entendu le signe le plus apparent de son orientation queer. Dans ses célèbres Notes on Camp (1964), Susan SONTAG observait que si le camp n'est pas une sensibilité et un goût exclusivement homosexuels, les gays en constituent l'audience la plus large et la mieux articulée. (Le camp, en schématisant, traduit un amour immodéré pour l'artifice, l'exagération, la "performance", et aspire à l'effacement de la notion de "genre" ; d'ordre esthétique et comportemental, il peut aussi bien s'appliquer à un objet qu'à une personne.) En réalisant son film, dont aucune image, aucun plan n'échappe au camp, Robert Fuest ne pouvait ignorer quel public y réagirait avec le plus d'enthousiasme.

Le Triomphe du Camp

La maison de Phibes, temple dédié au culte de l'Art Nouveau et du rococo, est le domaine rêvé par tout camper (amateur de camp), une demeure dont chaque pièce est une scène sur laquelle l'habitant peut s'abandonner à la griserie d'une représentation perpétuelle.
L'imposant orgue rose, l'orchestre d'automates aux masques figés, la vaste salle de bal, les majestueux escaliers semblant n'avoir été élevés que pour qu'une reine les descende : chacun de ces éléments répond à un besoin de spectacularisation, et invite à prendre la pose – ce dont Phibes et Vulnavia ne se privent pas. (Un personnage secondaire qualifie cette dernière de "fashionable" – terme familier du vocabulaire camp, que l'on pourrait traduire par "ultra-sophistiquée" ou "à la pointe de la mode".)
Le générique d'ouverture nous montre Phibes jouant de l'orgue avec force gestes emphatiques, à la manière du pianiste Liberace (le pape du camp, s'il en fut), et constitue la meilleure introduction possible au personnage – et au film – dont elle annonce et résume la tonalité en quelques plans. Grandiloquence, affectation, et autodérision, sont les maîtres-mots de cette œuvre où le fantastique se veut une expression du fantasque.
Quant au générique de fin, nul ne s'étonnera qu'il se déroule sur l'un des plus célèbres hymnes gays : la chanson "Over the rainbow".
Mais c'est peut-être dans cette anecdote de tournage que l'on trouvera le trait le plus camp du personnage de Phibes : lorsque celui-ci révèle son visage défiguré, le maquillage porté par Vincent Price consistait en un masque enfilable en quelques secondes ; mais lorsque le comédien apparaît à visage découvert, des heures de grimage étaient nécessaires pour donner à sa peau l'aspect "non naturel" d'une face "recomposée" suite à un accident !
Dans ce savoureux détail, c'est l'esprit même du camp qui s'exprime : le naturel nécessite beaucoup d'artifice – ou, pour citer Oscar WILDE : « Être naturel est une pose tellement difficile à tenir ».



Photo de tournage : Robert FUEST (g.) et Vincent PRICE (d.)

La petite histoire :
Dans une interview qu'il accorda au magazine Rolling Stone, Anton LaVey (1930-1997), le fondateur de l'Église de Satan, déclara avoir participé à l'élaboration du film en tant que "consultant". On ne sait quel crédit il convient d'accorder à ces propos, mais il semble acquis que Phibes doit son prénom à LaVEey lequel était, selon certaines sources, en relation amicale avec Robert Fuest.
Ce dernier avait auparavant réalisé une adaptation assez académique des Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights
- 1970), et surtout plusieurs épisodes de la série Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers - 1962/1969) dont le climat d'autodérision et les nombreux éléments queers imprègnent indéniablement le film (certains critiques ont d'ailleurs vu en Phibes une sorte de "super-vilain" échappé de la série.)

Anton LaVey

Le script originel fut écrit par deux joueurs de tennis professionnels (??), James Whiton et William Godstein puis remanié de façon conséquente par Fuest, à qui l'on doit le contexte des années 20 (au départ, l'action était censée être contemporaine) et les éléments humoristiques.
Le succès du film généra une séquelle de qualité (Le Retour de l'abominable Dr. Phibes - Dr. Phibes rises again
de Robert Fuest - 1972), toujours aussi camp, mais marquée par un humour cartoonesque d'esprit plus américain que britannique. L'univers du Dr. Phibes y perd une bonne partie de son cachet, et l'esprit queer s'en trouve légèrement amoindri.
Jusqu'au milieu des années 80, un troisième opus fut régulièrement annoncé dans la presse spécialisée, tour à tour intitulé The Brides of Dr. Phibes, The Seven fates of Dr. Phibes ou Dr. Phibes in the Holly Land. Aucun de ces projets n'aboutit jamais.
Mais la structure scénaristique du film (une série de crimes "thématiques" et excentriques perpétrés par un paria) a largement été réutilisée depuis – à l'identique et toujours avec Price dans Théâtre de sang (Theatre of blood de Douglas Hickox - 1973), puis dans certains slashers des années 80, jusqu'à retrouver une seconde jeunesse plus récemment dans des films comme Se7en (David Fincher - 1995) ou Saw (James Wan - 2004).
Il est vrai que Phibes devait beaucoup lui-même à un illustre prédécesseur : le classique Noblesse oblige (Kind hearts and coronets de Robert Hamer - 1949), dans lequel Dennis... Price trucidait avec beaucoup d'inventivité les membres de sa famille à héritage.

Références :
La plupart des informations de cet article relatives au tournage du film, proviennent de deux ouvrages indispensables pour tout fan de Vincent PRICE : le très documenté et richement illustré : The Complete films of Vincent PRICE de Lucy CHASE WILLIAMS (Citadel Press - 1995), et Vincent PRICE, the Art of Fear de Denis MEIKLE (Reynolds & Hearn - 2003), qui s'intéresse exclusivement, mais exhaustivement, à la filmographie "fantastique" du comédien.

Par BBJane - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 12 février 4 12 /02 /Fév 10:00



Fiche technique :

Avec Rebecca Potok, Michel Godin, Yvan Varco, Colette Duval, Marc De Jonge, Daniel Derval, Etienne Draber, Chantal Ladesou, Jean-Marie Vauclin, Karim Allaoui, Eddy Jabès, Maitena Galli et Gilbert Servien. Réalisation : Robert Thomas. Scénario : Robert Thomas. Compositeur : Romuald.

Durée : 82 mn. Disponible en VF.



Résumé :

Un jeune brésilien arrive à Paris pour découvrir que son frère est devenu travesti au Bois de Boulogne. Il décide de tout faire pour le soustraire des griffes de ses "protecteurs".



L’avis de Jean Yves :

Une parodie de la vie de ces belles de nuit, bien à l'image de son auteur, Robert Thomas, qui se veut être un amuseur.

Les mésaventures d'un jeune Brésilien, José (Michel Godin), élève danseur, débarquant à Paris pour y rejoindre son frère Antonio (Rebecca Potok), devenu Antonia, travesti vivant de ses charmes la nuit, qui par peur de lui avouer la vérité, le fuit.



Au hasard de rencontres, ce séduisant et naïf José retrouve inopinément Antonia, au Bois de Boulogne. Le mystère dévoilé, il décide de le tirer de cette mauvaise passe et de tout tenter pour gagner les deux billets d'avion du retour à Rio.

Enclin à connaître le Paris by night, José, pour s'en sortir, plonge lui aussi dans cette faune, le conduisant d'un cabaret sordide où il se produit en travesti à des soirées très spéciales chez Madame Solange.



Déçu de ses expériences, José livre des spiritueux en attendant de décrocher le contrat fatidique lui permettant de retrouver le droit chemin.

Cette histoire très simpliste est d'une monstruosité rare. Ce film ne repose que sur le sordide, la dénonciation et le voyeurisme le plus abject. Le plus regrettable est la participation de véritables transsexuels, au mieux de leurs formes, se prostituant devant la caméra lubrique…

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 11 février 3 11 /02 /Fév 17:01
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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