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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 13:54
« Bien sûr Tintin est gay. Demandez à Milou  », « (Tintin) tente de faire le black-out sur ses origines familiales, ce qui est l'un des grands fantasmes des jeunes homosexuels  », «  (...) à part la Castafiore, diva attirée par les gays, la seule femme apparaissant dans la vie de Tintin est Peggy Alcazar, véritable virago portant bigoudis  », Matthew Parris, ancien député du Parti conservateur anglais, 60 ans, écrivain, journaliste et grand défenseur des droits des homosexuels en Grande-Bretagne, article du Times.

« Voilà bien une extrapolation illégitime ! Récupérer Tintin du côté homosexuel, c'est quelque part une belle vengeance pour un homosexuel. Seulement voilà, dans les aventures de Tintin la dimension sexuelle est totalement absente. Tintin est une créature dont le sexe n'est jamais défini. Attention à ne pas se lancer dans une lecture gay de l'œuvre d'Hergé. Je le rappelle, l'homosexualité, c'est le choix d'une pratique sexuelle explicite. Il n'est jamais question de cela dans les albums. Hergé, comme tous les créateurs, crée avec ce qu'il n'est pas, c'est-à-dire son enfance. Dans Tintin, en réalité, tous les personnages sont des enfants. » Serge Tisseron, écrivain, psychiatre et tintinophile, janvier 2009.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 11:42


Fiche technique :

Avec Elias Andreato (le père), Leonardo MiggiorinMiggiorin (le fils), Denise WeinbergWeinberg (la mère). Scénario et réalisation : Júlio Maria Pessoa. Prise de vues : Tula Hatagima. Montage : Marcio Miranda Perez. Son : André Uesato.

Durée : 17 mn. Disponible en VO ou VOST anglais.



Résumé :

Une famille moyenne dans une banlieue de São Paulo : la mère, le père, le fils et un bébé prennent le petit déjeuner. Plus tard, nous retrouvons la mère et le fils. Ils attendent le père qui rentre toujours ivre à la maison, tard dans la soirée. La mère va se coucher avant le retour de son mari. Le père revient titubant. Il essaye de rentrer dans la chambre du fils mais elle est fermée à clef... Un chien aboie...



L'avis de Bernard Alapetite :

Souvent les films gays sont ce que j'appellerais des film loukoum, un peu trop sucré. Pour continuer à filer la métaphore culinaire, je dirais qu'Au nom du père est un film piment dont la brûlure se fera longtemps sentir chez son spectateur. Le film n’hésite pas à s’attaquer aux tabous les plus sacrés de la famille.



Un véritable choc qui amène le spectateur au bord du gouffre de la plus profonde perversité. Longtemps après avoir vu ce film, je suis certain qu’il hantera encore tous ses spectateurs tant il est dérangeant et nous force à nous interroger sur les motivations profondes des personnages. Un film bouleversant qui ne se soucie pas du politiquement correct et qui pourtant évite l’écueil du voyeurisme.



Le cynisme du scénario fait penser à certains courts-métrages d’Alfred Hitchcock et aux nouvelles les plus noires de Roald Dahl.

Pour son deuxième court-métrage, Julio Maria Pessoa montre un remarquable talent de cadreur. Un grand soin est également apporté aux couleurs ; quant à l'interprétation elle est impeccable.



Il est très difficile de parler de ce petit bijou sans le déflorer, je vous en ai dit et montré déjà beaucoup mais rassurez-vous, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.

Lorsque vous aurez vu le film, je vous conseille de le revoir une seconde fois et de vous interroger sur les attitudes des personnages, en particulier sur celles de la mère...



Julio Pessoa a fait des études de cinéma à l’Université de São Paulo. Em Nome do Pai est son deuxième court-métrage. Il a été récompensé en 2002 par le prix Kodak du « meilleur film brésilien de fin d’études », d’un prix au Festival mexicain du cinéma en 2003 et d’un prix au « Golden Chest » de Bulgarie.



Son premier court métrage, Prohibidu's, a été tourné en 1999. Julio Pessoa a également écrit les scénarios de deux longs métrages qui n’ont pas encore été tournés (Ilha ra tim bum, un film pour enfants, et Alice).

Em Nome do Pai est un petit chef-d’œuvre de cinéma vénéneux qui déjoue toutes les attentes.

Nota: un grand merci à Alain M. qui m'a fait découvrir ce film.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 09:59
b


Fiche technique :
Avec Vincent Cassel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Marielle, Caspar Salmon, Sabine Destailleur, Sandrine Le Berre, Alain Gandy, Luciana Castellucci, Angelo Aybar et Maggy Dussauchoy. Réalisation : Olivier Schatzky. Scénario : Éve Deboise et Olivier Schatzky, d’après la nouvelle d’Henry James. Directeur de la photographie : Carlo Varini. Ingénieur du son : Dominique Levert. Musique : Romano Musumarra. Décorateur: Jacques Bufnoir. Monteur : Jean-François Naudon.
Durée : 92 mn. Disponible en VF.


L' élève


Résumé :
À la fin du XIXe siècle, un jeune instituteur de 25 ans, Julien (Vincent Cassel) est engagé par un couple d’aristocrates (Caroline Cellier et Jean-Pierre Marielle), vivant dans une grande propriété du midi de la France, pour veiller à l’éducation de leur fils, Morgan (Caspar Salmon). Le garçon est à la fois surdoué, tourmenté et farouche. Il dort la nuit les yeux ouverts. Parfois il chante d’une belle voix claire, la nuit, sur le toit de la grande maison. Morgan déclare n’avoir pas d’amis car les enfants de son âge ne l’aiment pas. Julien découvre, au fil des jours, la réalité totalement factice du train de vie de ses employeurs. Ils sont complètement ruinés et ils ne peuvent lui payer ses gages. Ils ne lui versent que de minables acomptes. Morgan n’est pas dupe de cette situation que Julien essaye pourtant de lui cacher pour ne pas lui avouer (?) le sentiment qu’il éprouve pour lui. Le garçon sent que si Julien ne cherche pas une autre place, c’est qu’il est déjà lié à lui par une indéfectible amitié et qu’il est prêt à le suivre au gré du nomadisme de ses parents, qui bientôt ne peuvent plus cacher leur dèche, due au gaspillage effréné du père, j’m’en-foutiste hédoniste. Julien en vient tout de même à dire son fait au père et à la mère, les qualifiant d’aventuriers fabulateurs et de snobs abjects. En rien déstabilisés, ses interlocuteurs lui dénient tout droit à leur réclamer son dû car il devrait s’estimer payé par le simple privilège de côtoyer chaque jour un tel enfant ! Le père a machiavéliquement compris qu’il tient Julien par le sentiment qu’il éprouve pour Morgan. C’est même eux qui, peu après, viennent solliciter Julien pour qu’il leur prête de l’argent. Leur intention réelle est de transférer sur Julien toute responsabilité envers Morgan que l’on amène chez le médecin alors qu’il est présenté comme menacé par une maladie fatale.
Quelque temps après Noël alors qu’ils sont à Cracovie, dans la résidence prêtée par une amie du couple, la comtesse Jesenska, Julien reçoit par télégramme la proposition d’un emploi à Lyon. Il accepte et part. Un jour, il reçoit un courrier de la mère, lui reprochant d’avoir abandonné Morgan qui est au plus mal. Julien se rend aussitôt à Paris où il retrouve la famille échouée dans un misérable galetas. Il emporte dans ses bras le garçon inconscient...



L’avis de Bernard Alapetite :
L’Élève est, après Fortune express, en 1991, le deuxième film d’Olivier Schatzky. Il a été auparavant scénariste pour le réalisateur Pierre Jolivet : Le Complexe du kangourou, Force majeure et pour Diane Kurys, Un Homme amoureux.
L’Élève est une adaptation assez fidèle d’une longue nouvelle d’Henry James, The Pupil. Ce film donne l’étrange impression d’être incomplet, des séquences entières semblent avoir été oubliées au montage. Sa structure lacunaire en fait un parfait véhicule à fantasmes car les scènes tournées sont convaincantes, du moins les intimistes car les reconstitutions historiques deviennent une France et une Pologne hors du temps que l’on peut situer certes à la fin du XIXe siècle, bien qu’elles ne contiennent aucune connotation politique ou sociale.
Les parties en extérieur, malgré la nombreuse figuration et le cinémascope, font néanmoins un peu fauchées et rappellent fâcheusement le plus mauvais style « Buttes-Chaumont ». Cette fresque intimiste est tournée principalement en plans-séquences.



La sensibilité de la direction d'acteurs joue surtout, dans une merveilleuse harmonie, avec la rencontre des regards. L'incomparable intensité de celui de Caspar Salmon, aux yeux bleus transparents, habite l’écran. Il est bouleversant quand naît un sourire fugitif entre ses lèvres serrées. Découvert dans Le Voleur d’enfants de Christian de Chalonge, il était déjà prodigieux dans Le Roi des aulnes où il était presque la seule raison de voir le film. Malheureusement depuis L’Élève, il ne nous a pas donné de nouvelles cinématographiques. Jean-Pierre Marielle est truculent dans le rôle du père, cet égoïste suicidaire. Vincent Cassel joue une partition tout en subtilité à laquelle il nous a peu habitué.
Malgré ses défauts, il n’en reste pas moins que le film demeure gravé dans la mémoire du spectateur, surtout grâce à la poignante dernière séquence, lorsque Julien serre et emporte dans ses bras Morgan dont on ne saura pas si, il est mort ou vivant. Il est stupéfiant qu’aucun critique, à la sortie de L’Élève, ne se soit aperçu que cette histoire est avant tout une histoire d’amour-passion entre un homme et un garçon de treize ans.

Pour plus d’information :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 8 janvier 4 08 /01 /Jan 00:28



Extrait de l'émission Fans de séries diffusée par SérieClub le 19/12/2008
Par Outplay - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 6 janvier 2 06 /01 /Jan 16:15



MON 11 OCTOBRE
OU LA JOURNÉE DU COMING-OUT


Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 



Depuis que je m’implique un peu plus dans la vie LGBT (excusez mais je ne savais comment expliquer cela), j’ai découvert que le 11 octobre était une journée particulière pour tout homosexuel qui se respecte. Vous ne connaissez pas ? Non, ce n’est pas que vous ne vous respectez pas, c’est simplement que ce n’est pas la date la plus connue qui soit. Eh bien pour vous faire partager ma culture homosexuelle, sachez que le 11 Octobre est la « Journée du Coming-Out ».

Oui, parfaitement, depuis 1988 date à laquelle 500 000 manifestants se sont réunis pour une marche à Washington, cette journée est devenue particulière. Bien évidemment ce sont les Américains qui sont une nouvelle fois à l’origine de ce fait historique et il aura fallu attendre 1991 pour que le tout traverse l’Atlantique et arrive en Europe, en Suisse pour être plus précise.

Peu importe en fait. L’important c’est que cette date existe, point barre.

Et je me suis donc interrogée sur le pourquoi de l’importance d’une telle date.

Ben oui, c’est légitime. Autant je comprends parfaitement que nous ayons une journée contre l’homophobie, une journée contre le racisme, une journée pour la paix dans la monde… Mais je me suis demandée en quoi le coming-out était suffisamment important pour avoir droit à une journée rien que pour lui.

Sortir cette question du coming-out de son contexte pour essayer de comprendre en quoi ça n’était pas important m’a semblé une excellente idée. Non, c’est vrai, est-ce que les noirs ont une journée spéciale où ils annoncent au monde entier et aux personnes qui les entourent qu’ils sont noirs ? Non. Et puis ensuite je me suis rappelée de cette journée de la Femme et du pourquoi elle existe, à savoir une revendication de l’égalité, des droits, des chances et de tout le reste.

Voir la journée du coming-out de ce point de vue-là aurait donc un sens. Revendiquer une égalité dans le droit d’être différent mais pareil.Et en même temps parler du coming-out en niant toute la peur qu’il entraîne de la part de celui qui s’apprête à le faire est la pire des idioties. La plupart des écrits que j’ai lus, la plupart des témoignages que j’ai récoltés parlent de coming-out difficiles, de rejets, de cris, d’ignorance et d’incompréhension. Quand le moment est donc arrivé pour moi de faire le mien, il y a quelques années, tout m’est apparu dur et insurmontable.

Et pourtant, rien ne s’est passé comme dans les livres ou les émissions télé. Peut-être parce que j’ignorais qu’il existait une journée spéciale pour ça ou peut-être parce que je ne m’étais pas préparée ou peut-être parce que ma famille, elle, l’était.

J’ai dit à ma mère que j’étais homosexuelle un beau jour d’été, alors que j’habitais encore chez mes parents et que je n’avais pas terminé mes études d’infirmières. Je ne l’avais pas prévu. Je m’étais promis d’attendre d’être diplômée au cas où, comme je l’avais si souvent découvert grâce à mes lectures secrètes sur Internet on « me jette dehors ». Et puis je sais pas, le bronzage aidant, l’eau du ruisseau me berçant, les oiseaux chantonnant, mes barrières se sont petit à petit abaissées. Alors que la conversation glissait calmement sur tous les secrets qui étouffent ma très grande famille, ma mère m’a expliqué que mon père et elle ne nous avaient jamais menti ou caché des choses. Effectivement, ils nous ont toujours parlé, avec des termes simples, adaptés à notre âge, mais ils ne nous ont pas caché la mort de mes grands-pères ni la maladie de ma tante ni les raisons de la brouille avec le frère aîné… J’avais donc toutes les raisons du monde de croire ma mère. Et là ça devient moins précis, je ne sais plus comment elle a posé la question mais je me rappelle que ça ressemblait à quelque chose du genre « Et toi, tu as des secrets ? Tu as peur de nous parler de certaines choses ? » Un truc comme ça.

J’ai senti d’un coup revenir cette énorme boule dans mon ventre, la même qui encore aujourd’hui m’empêche de rembarrer gentiment mes collègues de travail qui ne cessent de me dire que je suis Catherinette. J’ai flippé et comme je ne sais pas mentir, j’ai tenté de le faire sans grand succès. Ma mère avait beau être enduite de crème solaire, en maillot de bain, affublée de ses lunettes et les yeux fermés sur sa chaise longue je pense que mon malaise était tellement perceptible que la ville voisine à dû le ressentir.

Enfin bref, d’un coup je me suis jetée à l’eau et je lui ai dit que j’étais homosexuelle. J’ai pas dit lesbienne ni gay, je lui ai dit « Je suis homosexuelle. » Elle m’a demandé depuis quand je le savais et j’ai dit deux ans environ et là j’ai senti la blessure d’une mère. La vraie blessure. Pas celle dont parlent les documentaires de Jean-Luc Delarue, non, celle réelle d’une mère qui vous a donné la vie, qui vous a choyée et aimée et qui réalise que vous avez eu peur d’elle pendant deux ans.

Elle s’est redressée sur sa chaise longue et elle m’a regardé droit dans les yeux en me disant « Mais pourquoi tu ne l’as pas dit avant ? » Ben… heu… c'est-à-dire… t’as vu le dernier Ça se discute ?... enfin tu comprends… J’ai pensé tout ça, j’ai pensé à tous ces fichus témoignages et j’ai dû murmurer un petit « Je sais pas. » Et la réponse s’est faite sentencieuse et reste elle, gravée dans ma mémoire parce que la plupart de mes insécurités ont disparu avec elle ce jour-là « Si tu penses que ta sexualité va changer quoi que ce soit à ce que tu es ! Tu es ma fille, tu es une fille exceptionnelle et je ne dis pas ça parce que je suis ta mère. Je t’aime telle que tu es ! » Je crois qu’il y a eu des compliments au milieu sur le combien je suis exceptionnelle mais ils ne sont pas restés.

On a parlé ensuite un long moment, c’est la seule fois où on a parlé ouvertement de ce que je ressentais. Pas qu’aujourd’hui je ne le puisse plus, non, simplement qu’aujourd’hui je n’en ressens pas le besoin. Et puis ma mère a dit « Bon maintenant faut que tu le dises à ton père parce que je n’ai aucun secret pour lui. » Put*** de secrets de famille, quand vous vous y mettez !

Pour un coming-out improvisé, ça s’annonçait bien. Je l’ai dit à mon père dans l’après-midi, après le repas, pendant qu’il tentait de faire sa sieste dans le jardin. Je me suis approchée discrètement et j’ai demandé « Papa, tu dors, je peux te parler ? » Il a grogné un truc inaudible et j’ai pris ça pour un oui. J’ai tenté un demi-milliard d’approches pendant environ dix minutes. Enfin ce qui m’a semblé dix minutes. À chaque fois que j’essayais d’aborder le sujet de manière détournée visant à ce qu’il rebondisse dessus pour que je lui dise, mon père ne répondait pas. De guerre lasse, j’ai été directe comme je peux parfois l’être. « Papa, j’ai dit un truc à maman et elle m’a dit de le dire parce qu’elle a pas de secret pour toi. » réponse de mon père « Hum hum. » « Je suis homosexuelle. » Il n’a même pas ouvert un œil. Il n’a même pas tressailli et pourtant je peux vous dire qu’à ce moment-là mon cerveau enregistrait tout. Il n’a pas eu un mouvement et laconique il a dit « Je m’en doutais. » J’ai attend une suite, vainement. Quand il s’est mis à ronfler, je suis partie. Pas de rejet, pas de cris, pas de jugement. Partie dans ma lancée je l’ai dit à mes frangins.

Alors je sais que ce genre de coming-out n’est pas représentatif mais j’aime à dire en rigolant que quand je l’ai dit à ma mère, j’ai cru qu’elle allait me coller une gifle pour avoir ne serait-ce qu’imaginé que ça allait changer quoi que ce soit à l’amour qu’elle me portait. Ça n’a rien changé non plus à ma relation avec mon père. Il est toujours aussi peu causant mais c’est quand même lui qui a récupéré au travail dans un magazine qui traînait un dossier complet sur le Dinah Shore Week-End et me l’a offert pour m’aider dans mes recherches pour mon site. C’est également mon père qui m’a dit quelles couleurs choisir pour le même site et qui m’a suggéré de mettre des images parce que « les gens ils aiment les images ».

C’est mes frères qui m’ont dit que je devais mettre ce petit site en ligne. C’est eux qui m’ont parlé de cette idée de forum. C’est encore eux qui me réparent les bugs qui ne manquent pas.

Je l’ai dit à quelques membres de ma famille, ceux qui l’ignorent c’est parce que je ne les vois pas ou que je ne leur parle pas ou que l’occasion ne s’est pas présentée. Je ne cache pas les livres ou les dvds chez moi et pourtant, techniquement, je ne suis pas « out ».

Je ne suis pas « out » parce que je n’ai rien dit à mon travail où je veux être considérée avant tout comme une infirmière dont on se souvient parce qu’elle a fait les gestes qu’il faut au moment où il le faut et non pas parce qu’elle est lesbienne. Je veux être reconnue pour mes compétences et non pas pour mes préférences sexuelles. Je veux que mon travail reste le milieu professionnel où j’évolue et que ma vie privée reste le lieu où je suis vraiment moi. Et pourtant, on ne peut pas vraiment dissocier les deux. Je ne suis qu’une seule et même personne à chaque fois.

En clair rien n’est jamais aussi simple et facile que ce que l’on voit ou écrit. Une seule journée ne pourra jamais résoudre l’importance et la complexité du fait de parler à une personne que vous connaissez ou non de ce que vous faites dans votre chambre à coucher et accessoirement dans le reste des pièces si vous avez un grand appartement. Donc, une journée en l’honneur du coming-out, ça sert à quoi en fait ?

Petite liste non exhaustive du pourquoi il est intéressant de faire son coming-out au moins en famille :

— Parce que vous pouvez ainsi débattre pendant des heures sur le pourquoi du comment Charlize Theron est plus votre genre qu’Angelina Jolie, même si vous ne diriez pas non à cette dernière.

— Parce que vous aurez le droit de montrer à votre petit frère le dernier clip des Pussycat Dolls en vous offusquant de l’image hyper sexualisée de la femme, tout en matant à mort.

— Parce que vous pourrez enfin répondre à la question : « Et toujours pas de fiancé ? » Réponse : « Non, de toute manière ça sert à rien de se fiancer tant qu’on n’a pas le droit de se marier. »

— Pour pouvoir balancer enfin à ceux qui vous diront : « Je m’en serais jamais douté ! » un : « Ah bon, pourtant j’ai tout du stéréotype, les cheveux courts, les pantalons, le tatouage, je jouais aux voitures et je détestais les Barbies™ étant enfant. Et tu t’es jamais posé de questions ? »

— Parce qu’à la question : « Qu’est-ce que tu as contre les hommes ? » vous répondrez en toute gentillesse et discrétion : « Rien mais je n’en veux aucun dans mon lit. »

— Parce que comme ça votre frangin n’arrêtera pas de vous demander quand vous comptez enfin lui présenter une fille et que vous pourrez lui fermer son caquet en lui répondant : « Quand toi tu auras décidé d’en changer moins vite que l’éclair pour j’arrive enfin à retenir leur prénom avant qu’elles disparaissent. »

— Parce que vous pourrez mater avec vos deux frères, l’air de rien, les fesses de la même nana en moto et apprécier comme jamais les deux roues.

— Pour pouvoir étaler votre culture gay et expliquer à votre petit frère de 18 ans que Freddy Mercury était gay et que « We Are The Champions » s’adresse aux homos. Rien que la tête qu’il fera à ce moment-là vous amènera à apprécier cette sous-culture à un point phénoménal.

— Pour pouvoir faire comme Amélie Mauresmo et remercier la personne qui vous offre le calendrier des Dieux du Stade et rétorquer que vous allez enfin pouvoir faire un cadeau à votre boss sur Les Toiles Roses.


Isabelle B. Price (2008)

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Mardi 6 janvier 2 06 /01 /Jan 00:16


Gisèle Halimi, rapporteur, et Robert Badinter, ministre de la Justice, défendent la proposition de loi abrogeant le 2e alinéa de l'article 331 du code pénal, à l'Assemblée nationale, le 20 décembre 1981 (enregistrement sonore).

L'article suivant est extrait du blog de notre ami
Jean Yves :


Madame la présidente, mesdames, messieurs les députés,


La proposition de loi qui vous est soumise est de celles auxquelles le Gouvernement s’associe pleinement [...] Une évidence s'impose : pendant cent cinquante ans, comme l’a rappelé Mme le rapporteur, de 1791 à 1942, la loi pénale française a refusé la répression de l’homosexualité en tant que telle, c’est-à-dire entre personnes consentantes, y compris si l’une d’elles ou les deux étaient des mineurs de plus de quinze ans. [...]

Les années 1791 à 1942 ne sont pourtant pas, historiquement, ce qu’on peut appeler une période de libertinage ou de laxisme dans les mœurs ; c'est l'époque du triomphe de la morale bourgeoise, avec ce qu’elle comportait de valeurs et de rigueur au moins proclamées dans le domaine des mœurs. Croit-on vraiment que si les champions de l’ordre moral si exigeants du XIXe siècle – qu’ils s’appellent Odilon Barrot, Mole ou le duc de Broglie - avaient considéré que la sauvegarde des mineurs contre ce qu’ils appelaient le « désordre des mœurs » passait par la répression pénale de l’homosexualité, ils n’auraient pas saisi les assemblées parlementaires, alors composées en majeure partie de notables, de projets de textes répressifs identiques à l’article 331, deuxième alinéa ? Rendons-leur à cet égard, témoignage ; si Oscar Wilde a été condamné par la justice anglaise pour avoir séduit Lord Douglas, nous savons que Verlaine ne pouvait être poursuivi par la justice française pour avoir séduit Rimbaud, âgé de dix-sept ans, à moins d’ailleurs, que la séduction ne fût en sens contraire. Tous les rapports de police de l’époque témoignent que la liaison était notoire Alors, interrogeons-nous ! La justice anglaise s’est-elle trouvée grandie d’avoir détruit moralement et physiquement Oscar Wilde ? Et l'homosexualité chez les jeunes gens de l’aristocratie anglaise s’est-elle trouvée réduite par ces pratiques répressives ? À lire les mémoires de l’époque, il est permis d’en douter.

En réalité, ces législateurs du XIXe siècle savaient fort bien - je n'ose pas dire par expérience séculaire - que jamais la répression pénale n’a eu à l'égard de l’homosexualité, la moindre efficacité. Nul d’ailleurs ne le savait mieux que notre éminent prédécesseur, l’archichancelier de l’Empire, M. Cambacérès l’un des auteurs du Code pénal, bien connu au Palais-Royal sous le sobriquet de « Tante Urlurette ». [...]

L’Assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l’arbitraire, l’intolérance, le fanatisme ou le racisme a constamment pratiqué la chasse à l’homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatible les principes d’un grand pays de liberté comme le nôtre. Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres citoyens dans tant de domaines.

La discrimination, la flétrissure qu’implique à leur égard l’existence d’une infraction particulière d’homosexualité les atteint - nous atteint tous - à travers une loi qui exprime l’idéologie, la pesanteur d'une époque odieuse de notre histoire. Le moment est venu, pour l’Assemblée, d’en finir avec ces discriminations comme avec toutes les autres qui subsistent encore dans notre société, car elles sont indignes de la France.

Robert Badinter - Garde des Sceaux du gouvernement Mauroy


■ Extrait de Homosexualité, Bruno Perreau, Editions J’ai lu, Librio, 2005, ISBN : 2290341363, pages 62-63


Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Lundi 5 janvier 1 05 /01 /Jan 10:25

Visuel : (c) GayClic

C'est reparti pour un tour... Et encore, ce n'est rien avant la tempête qui se prépare.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 3 janvier 6 03 /01 /Jan 10:48

Visuel : (c) GayClic

Celui où Olli coche la case "DJ". Alors... "Ancien flic russe", c'est fait. "Coach de fitness", c'est fait. "DJ", c'est fait. Qu'est-ce qui reste encore ? Site de la série.



Par Hari3669
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Jeudi 1 janvier 4 01 /01 /Jan 11:33
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Jeudi 1 janvier 4 01 /01 /Jan 11:21

Visuel : (c) GayClic

Et ça chauffe entre Luke et Noah. Rien de sexuel, hélas...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Jeudi 1 janvier 4 01 /01 /Jan 11:17

Visuel : (c) GayClic

Luke, Noah, Casey, Alison, Brian, Lucinda... Ils feraient tous mieux de s'envoyer en l'air un bon coup, ça les calmerait.
Préparez-vous pour la 2e partie : ça chauffe entre Luke et Noah. Rien de sexuel, hélas...

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Mercredi 31 décembre 3 31 /12 /Déc 02:13





Non, ce n'est pas Miss France 1982 ! Mais c'est un tube coloré qui nous vient des nos îles lointaines. Noël, ce n'est pas seulement de la neige, c'est aussi des palmiers, des cocotiers, une plage de sable blond. Je vais y songer pour l'année prochaine !  (Zanzi)
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mercredi 31 décembre 3 31 /12 /Déc 00:32


Fiche technique :

Avec Ohad Knoller, Yousef Sweid, Daniela Wircer, Alon Friedmann, Miki Kam , Shredi Jabarin, Lior Ashkenazi, Zion Barouch, Oded Leopold, Dorin Munir, Zohar Liba, Yael Zafrir, Noa Barkai, Yotam Ishay et Avital Barak. Réalisation : Eytan Fox. Scénario : Amir Feingold & Gal Uchovsky. Images : Yaron Sharf. Montage : Yosef Grunfeld & Yaniv Raiz. Production : Amir Feingold. Musique : Ivri Lider.
Durée : 115 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :

Un Roméo et Juliette moderne au pays de la kipa et du keffieh où Juliette s’appelle Ashraf (Yousef Sweid), un beau mec qui veut entraîner dans la mort son Roméo-Noam (Ohad Knoller) encore plus beau mec, par désespoir politique.



L’avis de
Bernard Alapetite :
The Bubble est un film politique. Un film politique à l’américaine dans lequel on nous intime de nous identifier à l’un des personnages, surtout au personnage principal du jeune juif que l’on découvre dès la première image remplissant ses obligations militaires sur un barrage entre Israël et la Cisjordanie. Nous avons là, j’insiste, un film politique, genre en plein renouveau ces dernières année (Lord of War, Syriana, Good night and good luck...) qui suit le modèle américain dans lequel l’intimité, la psychologie, la vie sexuelle et professionnelle des personnages se mêlent à l’actualité, presque toujours dramatique. C’est ce mariage de l’Histoire avec de petites histoires qui nous émeut. On peut mesurer la différence entre le modèle du film politique américain, aujourd’hui quasiment hégémonique, avec l’archétype du film politique italien, mondialement reconnu dans les années 60 et 70 qu’est L’affaire Matei grâce à la rétrospective parisienne de l’œuvre de Francesco Rossi et surtout de sa ressortie en DVD. Un cinéma qui met en avant les faits, les rapports des personnages avec la rue et non leur vie privée. Dans le premier type, il y a symbiose entre le privé et le public, c’est ce que nous voyons, tous les jours, en une de nos gazettes ; dans la seconde, il y a une séparation nette entre le privé et le public, cinéma d’un autre temps que l’on peut regretter... The Bubble appartient au premier genre : est-ce surprenant venant d’un pays autant dépendant des américains ?

 

  


Il est amusant de constater qu’un cinéaste aussi éloigné des critères du cinéma américain, tel qu’Eric Rohmer ne fait pas autre chose dans ses deux derniers films historiques, L’Anglaise et le duc et Triple agent. Cette remarque m’amène à une autre considération : quand et comment un film historique cesse de l’être pour devenir un film politique ? Je vous laisse répondre à cette question...
Dans une interview, Ethan Fox déclarait qu’il voulait être l’Almodovar israélien. Disons qu’il est sur la bonne voie mais qu’il a encore du travail pour y parvenir. Comme l’Espagnol, il a visiblement un don pour les castings justes et un grand talent pour la direction des acteurs. Dans The Bubble, ils sont tous formidables. Comme Almodovar, il possède un vrai courage dans le choix de ses sujets et leur traitement. Ni l’armée, ni la gauche israélienne, ni les palestiniens sont traités avec ménagement. Comme son modèle, il est aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie et dans ce dernier registre certaines scènes, bien amenées, sont hilarantes, mais l’on passe vite du rire aux larmes. Il sait aussi très bien capter l’atmosphère du petit monde de Tel Aviv dans lequel vivent ses protagonistes grâce notamment à une judicieuse utilisation des décors. Enfin dernier point commun entre les deux artistes, l’excellence et l’originalité de la musique qui dynamise The Bubble de bout en bout. La belle musique originale du film émane d'une rock star israélienne montante : Ivry Lider.

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Il rend bien compte, assez subtilement aussi, du sentiment qui existe aujourd’hui chez les Israéliens que seule est possible une politique d’apartheid (je ne trouve pas d’autre mot malheureusement, celui-ci est démonétisé par la pratique faite de cette philosophie politique en Afrique du sud) au sens du développement juxtaposé excluant toute mixité, idée qui a largement gagné même la gauche israélienne (les travaillistes).
Mais on voit bien que c’est dans la construction de son scénario que le réalisateur a voulu imiter le plus le maître madrilène, avec son histoire où tous les personnages se rencontrent, se connaissent, tissent des liens complexes qui ne peuvent qu’amener au dénouement dramatique. Mais contrairement à Almodovar, chez qui cette construction est arachnéenne et à peine perceptible au premier visionnage, chez Eytan Fox le maillage scénaristique est fait de grosses cordes qui freinent l’empathie que l’on peut éprouver pour ses créatures.


En ce qui concerne l’aspect formel, contrairement à Almodovar, mais aussi par exemple à Rossi que j’évoquais précédemment, si sa réalisation est propre (même si parfois dans des scènes de foule il manque visiblement de figurants), il ne possède pas encore une véritable signature dans l’image. Le plus gros défaut du film est peut-être son montage un peu mou. En écourtant chaque scène, presque chaque plan, il aurait pu sans modifier la durée de son film se donner plus de temps pour développer ses personnages secondaires que l’on aurait aimé mieux connaître.

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Il faut féliciter Eytan Fox d’enfin nous proposer un film gay, c’est aussi un film gay, dans lequel les personnages ne sont pas déconnectés du réel et le quotidien en Israël : c’est la guerre et les attentats sont fomentés par les palestiniens extrémistes. Enfin dans le cinéma gay un cinéaste qui lève les yeux de sa bite et pas seulement pour mater celle des autres ! Voilà un film où l’on ne s’encule pas dans une bulle, c’est le paradoxe voulu du titre « bubble » en bon français « bulle ». La bulle en question est Tel Aviv où est possible une liberté de mœurs inimaginable dans le reste du pays. Ethan Fox s’explique sur son titre: « The Bubble est le surnom que les israéliens donnent à Tel Aviv. Il y a une connotation péjorative dans cette expression. Comme Gal et moi, les personnages du film vivent rue Shenkin, dans le quartier branché et alternatif d’Israël. Beaucoup de gens se sont volontairement coupés des réalités sociales et politiques du pays. Leur attitude est souvent jugée comme superficielle et irresponsable. Naturellement, ce n’est pas ce que nous pensons. Cette “bulle” est selon nous un mécanisme de survie. Beaucoup des forces créatrices d’Israël sont concentrées dans ce quartier devenu aujourd’hui une pépinière d’artistes. On y trouve également de nombreux cafés, des boutiques branchées. De nombreux Israéliens, notamment les plus jeunes, rêvent de venir vivre ici. »
Le cinéaste reste fidèle à la thématique de son précédent film Tu marcheras sur l'eau, qui était déjà la difficulté de se mettre à la place de l’autre, en espèce celui de jeunes Allemands dont la famille avait participé à la Solution Finale. Il existe d’ailleurs un trait d’union entre The Bubble et Tu marcheras sur l’eau, personnalisé par Lior Ashkenazi, l’acteur de Tu marcheras sur l'eau, joue un déporté homosexuel à Auschwitz dans la pièce de théâtre que Noam et Ashraf vont voir. Il est à noter que cette pièce, on reconnaît Bent, est appelée inexplicablement Les tordus ! Il me semble qu’il existe un problème dans la traduction du sous-titrage qui, en plus, ne trouve pas utile de traduire les paroles des chansons que l’on entend alors que ces paroles font parfois office de chœur par rapport aux dialogues des personnages. Quant à Ohad Knoller, il fait la liaison avec Yossi et Yagger puisqu’il jouait Yossi.

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Il est dommage que le réalisateur n’ait pas osé un happy end, car paradoxalement le happy end qui a disparu du cinéma de qualité est aujourd’hui un acte de courage artistique alors que dans le cinéma classique des années 50 et 60, c’était un poncif. Le choix de cette fin très lourdement mélodramatique est aussi peu judicieux qu’en contradiction avec la psychologie de Noam et d’Ashraf.
Eytan Fox, avec Raphaël Nadajari ou Dalia Hager et Vidi Bilu, montre que la relève d’Amos Gitaï existe dans le cinéma israélien.

The Bubble
par son émotion et son intelligence agrandit considérablement le champ du cinéma gay.


L’avis de Chori :
Les juifs seraient-ils plus cool envers l'homosexualité que ne le sont les arabes ? Il semblerait bien, se dit-on en sortant du film d'Eytan Fox. Noam, Yali et Lulu, non non ce ne sont pas les trois petits cochons, ni les neveux de Donald, ce sont juste trois jeunes coloc' qui vivent à Tel Aviv (la Bubble du titre) : deux mecs gays,  (l'un, Yali, plutôt sensible extraverti (pour ne pas dire follasse) et le second, Noam, plutôt look hétéro flexible/je cache bien mon jeu) et Lulu, une superbe demoiselle hétérote et vendeuse dans une parfumerie, tous trois aux amours un peu... instables, compliquées (mais n'est-ce pas le propre de la jeunesse ?).
Surtout à partir du moment où Noam ramène à la maison le tout mimi Ashraf, palestinien rencontré au début du film à un check point (où Noam patrouillait en treillis, sous les ordres d'un gradé aussi borné qu'imbécile – pléonasme ? – et qu'on retrouvera d'ailleurs par la suite, toujours autant l'un que l'autre), et que la cohabitation va devoir s'organiser en conséquence : Ashraf est en situation irrégulière, c'est un clandestin, il faut l'aider, et Yali va donc l'embaucher comme serveur dans son café. Mais, comme les scénaristes bossent, le destin veille... (comme on dit.)

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La narration est a priori, disons... (j'ose le mot, hihihi !) hétérogène (le réalisateur s'en explique d'ailleurs à propos des différents formats employés (vidéo, super8, hd, etc.) mais ce n'est pas vraiment de la forme dont je veux ici parler), on a par instants (et surtout au début) le sentiment de mater une sitcom pour djeunz, intelligente, dirons-nous, en suivant le quotidien de nos 3 + 1 héros (auxquels il faudrait rajouter l'amant de Yali, le premier amant de Lulu, par qui la cata arrive, le deuxième amant de Lulu...) dont les préoccupations, faut-il le préciser, tournent beaucoup autour des histoires de cœur et de cul, et donc, a priori encore une fois, futiles peut-être mais vitales sûrement. La violence, la guerre, les attentats, la cohabitation, tout ça est, au début du moins plutôt loin des préoccupations de nos jeunes amis, assourdi et en toile de fond pourrait-on croire.


Car la suite de l'histoire ne va ménager ni les uns ni les autres : fuite, rupture, passage et repassage de frontière, portable qu'on laisse sonner, coming out, pressions familiales, mensonges, provocations, tout va être mis en place pour, si j'ose dire, le bouquet final. Oui, car la bulle va – plop ! – exploser, et les choses vont se gâter, progressivement, remettant à nos jeunes amis les deux pieds dans le réel, et parfois même le nez dedans, jusqu'à cette fin certes stupéfiante, mais, à mon goût, plutôt malcommode et à double tranchant (on n'est plus très loin de Roméo et Juliette, auxquels je n'ai pas pu m'empêcher, tout du long, de penser : un juif et un arabe, les familles ennemies, les Capulet de Tel Aviv et les Montaigut de Naplouse...) Leur amour contrarié sert de fil blanc (attention, je n'ai pas dit que c'était cousu de !) à cette histoire, où heureusement, les amours des deux autres (celles de Yali et celles de Lulu) – moins dramatiques mais pas moins embrouillées ! – viennent heureusement jouer en contrepoint pour diluer un peu le pathos.

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Je ne sais pas comment on dit bobo en israélien, mais, je pense que les ceusses qui, par exemple, avaient attribué ce qualificatif à disons... Les Chansons d'amour pourraient sans doute le dégainer à nouveau à propos de celui-ci : Noam est disquaire, il est question de Michel Foucault, de théâtre (une scène de Bent permet de retrouver cet acteur délicieux dont je ne retrouve pas le nom, déjà présent dans Tu marcheras sur l'eau et que j'avais beaucoup aimé aussi dans les films de Koshashvili Mariage tardif et Cadeau du ciel) de rave contre la violence, de magazine culturel, on cite Jules et Jim... Je précise tout de même que, personnellement ça ne me dérange absolument pas : au contraire, même (je crains d'en être aussi un peu quand même, quoique sans pépètes : un bobo pauvre, comment ça s'appelle ? un pov'bobo ???)

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Décidément, cet Eytan Fox mérite qu'on garde un œil sur lui (pff… dire que j'avais enregistré Yossi et Jagger, son premier, et que je n'arrive pas à le retrouver !), même si ce n'est pas complètement complètement émerveillant, c'est quand même suffisamment bien foutu pour que non seulement on ne s'ennuie pas, mais qu'on soit constamment tenu en haleine devant cette histoire à strates multiples, qui dépasse bien vite le simple cadre de la comédie romantique de djeunz...
Et il y a, de plus, dans le film deux chansons jolies oui très jolies (clin d'œil pour Emma si elle me lit) : une version pour le moins... originale de The man I love, et une autre, lo-fi, de Song to the siren de Tim Buckley, et qui, toutes les deux , midinons, midinons, m'ont collé la chair de poule et les larmes z'aux z'yeux. Hmmm, oui, exquis comme les beignets de patates douces qu'on sert chez Yali...

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L’avis de Matoo :
J’attendais, comme beaucoup de gens, le prochain film d’Eytan fox qui nous avait déjà fait vibrer avec Yossi et Jagger, et bien plus encore avec Tu marcheras sur l’eau. Le défi était donc de réussir à faire aussi bien, ou sinon de continuer à évoluer. Eh bien, j’ai été à la fois charmé par ce film, et en même temps un petit peu décontenancé par certains choix de l’auteur.
Cette fois c’est une histoire d’amour (homo) impossible qui se joue entre un israélien Noam (Ohad Knoller, qui était déjà dans Yossi et Jagger), et un palestinien de Naplouse Ashraf (Yousef Sweid, lui était dans Tu marcheras sur l’eau). Impossible pour des raisons sociales et familiales, mais surtout politiques, dans un pays où les tensions sont telles qu’on les connaît. Noam revient tout juste de sa conscription, et il retrouve ses deux colocs : son pote homo Yali et leur amie (bien FAP) Lulu. Ces deux derniers font de leur mieux pour que l’histoire d’amour entre les deux garçons se concrétise, malgré les vicissitudes. Ils sont contre la guerre et les occupations de territoires, et ils vivent dans un Tel Aviv où les jeunes essaient de se soustraire à cette politique qui les empoisonne.

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Il s’agit d’un film très fort, et qui va jusqu’au paroxysme de la passion amoureuse. Plus encore que Capulet et Montaigu, les deux héros sont opposés dans leurs destinées. Entre un Noam israélien qui revient de l’armée où il a vu ce qui se passait aux postes-frontières, et Ashraf dont la sœur se marrie avec un activiste palestinien, et qui doit lui-même épouser la cousine de ce dernier. Eytan fox a vraiment choisi de mettre en scène une histoire à l’intrigue tellement allégorique qu’il vaut mieux considérer le film comme une « fable » ou un « conte ». Sinon on peut rapidement craindre un manque de crédibilité qui gâche le plaisir. La fin qui est très « particulière » ne m’a pas tant dérangé (mais bouleversé oui !), dès lors que c’est d’une fable qu’il s’agit.
Cette histoire d’amour pleine de passion, de sincérité et qui plaira à toutes les midinettes du monde, est rondement menée, et c’est une des grandes réussites du film. Une putain de superbe histoire d’amour ! Avec en plus beaucoup d’humour, de fantaisies (Lorsque Lulu et Noam se rendent à Naplouse déguisés en journalistes français, c’est l’apothéose !), de tendresse, il délivre aussi un propos politique toujours très balancé. Il s’agit de constater les problèmes qui rendent la situation explosive des deux côtés de la frontière, avec des exactions qui se répondent, et des communautés qui se radicalisent.

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J’ai beaucoup aimé la manière dont Tel Aviv était filmée, et même personnifiée. La ville a une vraie importance, et joue un rôle à part dans ce film. Cela m’a particulièrement plu et touché, car j’y étais il y a quelques mois, et que j’ai retrouvé une ambiance, des rues, des couleurs et des sons. Et c’est vrai que Tel Aviv est un endroit unique en Israël, et Yali qui n’en sort jamais symbolise bien cet univers clos si particulier. Tel Aviv apparaît comme le lieu de tous les possibles, de la jeunesse et de la fête, mais régulièrement la simple réalité est un cruel rappel à l’ordre.
Le film se regarde bien et a beaucoup de qualités, mais ce qui est par contre troublant c’est lorsqu’on le resitue dans la filmographie d’Eytan Fox. En effet, il devrait se placer entre les deux que j’ai cités, plutôt qu’être son dernier opus. Il a l’air d’être moins abouti et moins mature que Tu marcheras sur l’eau, tant au niveau de la réalisation que du scénario ou des dialogues. Et pourtant je devine bien que politiquement justement, c’est un film qui est encore plus marqué et marquant que le précédent.
Malgré quelques défauts (le moment où Ashraf « s’offre » à Noam me paraît vraiment ridicule… c’est dommage car ça a pas mal gâché mon impression de base), il s’agit d’un film qui a bien des mérites, et qui parle et montre l’homosexualité sans métaphore ou pincette. Quant à la fin, il vaut mieux en parler en « live », il y a trop à en dire (tout, son contraire, et n’importe quoi) donc j’en disserterais avec des potes.
Pour plus d'informations :

 
Par Bernard Alapetite, Chori & Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 30 décembre 2 30 /12 /Déc 12:30



Fiche technique :
Avec Ricardo Meneses, Beatriz Torcato, Alexandre Melo, Andre Barbosa et Eurico Vieira. Réalisation : Joao Pedro Rodrigues. Scénario : Alexandre Melo, José Neves et Joao Pedro Rodrigues. Image : Rui Poças. Montage : Paulo Rebelo et Joao Pedro Rodrigues.

Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.
 



Résumé :
Sergio est un bel et jeune éboueur qui travaille la nuit dans une Lisbonne désertée propice aux rencontres sexuelles que Sergio recherche avec avidité. Lors d'une de ses tournées nocturnes, il doit vider une vieille maison de ses meubles. Là, il aperçoit ce qui semble être l'idéal de son désir sous la forme d'un jeune motard briquant sa moto.


Sergio n'aura plus de cesse que d'épier l'objet de sa convoitise. Il fétichise bientôt tout ce que touche son motard : sa moto bien sûr, un de ses vieux slips, l'eau de la piscine dans laquelle le garçon a nagé, jusqu'à la paroi de la douche où il s'est rincé (ce qui nous vaut une scène d'une grande invention sexuelle puisque Sergio jouit du seul fait de lécher cette paroi !).


L'avis de
Bernard Alapetite :

O Fantasma est le premier film de son très francophile réalisateur, né en 1966 à Lisbonne où il a suivi des études de cinéma.

Le titre est très astucieux et donne une bonne idée des desseins du réalisateur. « Fantasma » veut dire en portugais, à la fois, selon le contexte, « fantasme » et « fantôme ». Le récit n'est nourri que des fantasmes du jeune et beau héros. Ils lui permettent de s'échapper de son triste quotidien au point de se transformer progressivement en une sorte d'âme damnée des ordures, condamnée à hanter les décharges publiques.


Les lieux ne sont pas des endroits du réel, seulement des propositions où peuvent se développer les rêveries lubriques du jeune homme. Le temps n'est pas plus soumis au vérisme. Il est tantôt compressé, tantôt dilaté.

Dans la première partie du film, de loin la plus intéressante, dans laquelle Sergio fait une fixation sur le jeune motard, on pense beaucoup à Les Rebelle du Dieu Néon de Tsai Ming-Liang. On retrouve dans le film portugais la même atmosphère nocturne que dans celui du taiwanais. O Fantasma ne se déroule quasiment que la nuit. On y retrouve aussi le même mutisme. Il y a très peu de dialogues dans O Fantasma. Autres points communs entre les deux œuvres : la même omniprésence de l'onanisme et le même voyeurisme.


Il faut regretter que Joao Pedro Rodrigues ne soit pas resté sur l'obsession de Sergio pour son motard et ait bifurqué dans la deuxième partie du film sur une métamorphose presque kafkaïenne, Sergio étant "customisé" par une combinaison de latex noir avec cagoule qui évoque à la fois les Batman de Tim Burton et surtout l'Irma Vep d'Assayas. Être que les Cahiers du cinéma, qui ont parfois beaucoup d'imagination, qualifie de cafard gracile. Cette chose dès l'instant qu'elle est affublée de cette peau caoutchouteuse ne semble plus s'intéresser au sexe mais seulement aux ordures dont il se nourrirait (?). Le spectateur, s'il ne possède pas la même fascination que Sergio pour les monticules de détritus, s'ennuie ferme. Sergio glisse de plus en plus vers l'animalité jusqu'à marquer son territoire...


Mais le film ne se contente pas, si l'on peut dire, de ces deux pistes. C'est aussi un catalogue des fantasmes gays du coté S.M., un peu comme Pink Narcissus pour les fantasmes kitsch. Ces fantasmes sont plus ceux des débuts des années 80 que ceux de l'an 2000. Il n'y a aucune allusion au SIDA.


O Fantasma
a généré une prose aussi délirante que réjouissante. Sa première partie n'est guère autre chose qu'un porno qui serait proprement filmé, quant à la seconde moitié son ennui abyssal m'a empêché de penser... Mais il n'est tout de même pas trop compliqué de comprendre que le cinéaste fait un parallèle entre deux activités souvent nocturnes et qu'encore beaucoup jugent sales : le sexe (d'autant que les pratiques décrites sont homosexuelles) et le ramassage des ordures. Sous des dehors libérés, on peut voir ce film comme une transcription moderne du puritanisme.


Lors de sa conférence de presse à Venise, où le film fut présenté en compétition, ce qui suscita quelques remous, Joao Pedro Rodrigues expliqua que son personnage était en butte au rejet d'un autre qu'on aperçoit de loin en loin (j'ai pourtant scruté suite à cette déclaration et je n'ai rien vu !). Peut-être, mais c'est en délaissant peu à peu toute psychologie et tout réalisme que le cinéaste perd ses spectateurs.


Rodrigues filme frontalement le désir brut. O Fantasma ne cache rien des beaux garçons qui le traversent, ni du héros qui se masturbe régulièrement durant tout le film, ni de ses amant dont un que l'on voit se laver soigneusement le sexe après usage, pas plus qu'une mise en bouche d'une minute, ce qui est beaucoup plus long que ce qu'autorisait le Code Hayes, jadis, pour de chastes baisers...


Pour plus d’informations :


Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 30 décembre 2 30 /12 /Déc 11:59





Une jolie chanson... Que trouverais-je demain dans mes chaussons ? Et retrouverais-je un jour, en moi, le petit garçon ?  (Zanzi)
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mardi 30 décembre 2 30 /12 /Déc 11:47

« Tellement de familles ayant un enfant homosexuel, bisexuel ou transsexuel, en particulier les familles de garçons homosexuels, pensent qu'en étant dures avec ce jeune et en lui disant à quel point son style de vie (...) est insatisfaisant pour la famille, ça lui passera. »

« Les personnes peuvent n'être toujours pas à l'aise avec l'orientation sexuelle de leur enfant, mais si elles acceptent davantage et font du mieux qu'elles peuvent, cela fera beaucoup de bien au jeune. Pour moi, c'est un message important. » Sten Vermund, pédiatre à l'université Vanderbilt (Tennessee).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 30 décembre 2 30 /12 /Déc 11:39

« Comprenons-nous bien. Défendre les droits des homosexuels ne constitue ni une promotion de l'homosexualité, ni une attaque contre l'union naturelle entre homme et femme. C'est plutôt une reconnaissance que les humains sont créés différemment et que cette différence doit être acceptée et respectée. » Pierre Allard, Le Droit.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 29 décembre 1 29 /12 /Déc 14:05





Parce que la fête ne sera pas au rendez-vous pour tout le monde, parce que certains lendemains de réveillon sont difficiles (gueule de bois, foie encombré et cadeaux qui ne plaisent pas), cette petite vidéo invite à réfléchir sur la vraie signification de Noël. Dans "consommation", il y a "con" et "sommation". Sommes-nous donc sommés d'être cons ? (Zanzi)
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Lundi 29 décembre 1 29 /12 /Déc 00:19


Fiche technique :
Avec Ohad Knoller, Yehuda Levi, Assi Cohen, Aya Koren, Hani Furstenberg, Sharon Regiano, Yuval Semo, Yaniv Moyal, Hanan Savyon et Erez Kahana. Réalisé par Eytan Fox. Scénario : Avner Bernheimer. Directeur de la photographie : Yaron Scharf. Compositeur : Ivri Leder.
Durée : 71 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Basé sur une histoire vraie, Yossi et Jagger dépeint la liaison amoureuse de deux officiers israéliens dans une base militaire à la frontière Israélo-Libanaise. Ils sont soldats, ils sont amoureux l’un de l’autre, et ils essayent de trouver leur propre place dans un système opprimant et rigide, qui les envoie pour défendre une cause dans laquelle ils ne croient pas nécessairement.
Yossi et Jagger dépeint la vie de jeunes Israéliens aujourd'hui. Le film présente un ensemble de jeunes hommes et femmes qui sont supposés, dans cette période de leurs vies, danser, étudier et aimer. Au lieu de cela, en raison du service obligatoire d'armée et de la situation compliquée dans la région. Ils doivent consacrer leurs plus belles années à leur pays, pour être des soldats, pour tués et être tués.Ce film raconte l'histoire de ces jeunes gens essayant de survivre dans un monde impossible.

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L’avis de Arnaud Gallay :
Havatzelet, une station d’observation perdue quelque part dans les neiges de Haute Galilée, à la frontière syrienne ou libanaise. Engagé dans le Tsahal – l’armée israélienne – Yossi, le jeune commandant bourru, batifole secrètement avec Lior, son second. Quant aux autres soldats, lorsqu’ils ne sont pas en faction, ils bouffent des Flips (« la nourriture des héros »), improvisent une techno party dans le dortoir, s’initient à la confection de sushis au corned beef, et, bien sûr, flirtent – car oui, il y a aussi deux meufs à Havatzelet. L’une s’envoie de mauvaise grâce le colonel, tandis que l’autre attend un prince charmant qu’elle imagine sous les traits de Lior. Tout est là pour un marivaudage en vert-de-gris, tant la guerre et la mort sont lointaines... sauf qu’une « embuscade » se prépare. Bientôt tout s’obscurcit, les scènes légères et décalées font place à une atmosphère étrange et tendue.

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Un des aspects les plus remarquables de Yossi et Jagger est de dépeindre des rapports amoureux (et sexuels) empreints de contrainte, exacerbés ou frustrés par la discipline militaire. Depuis son premier long-métrage, After en 1990, où un soldat en permission tombait sur son supérieur en pleine action... dans un parc public, c’est visiblement un sujet qui tourmente Eytan Fox. « Toute l’expérience militaire vient pour nous à un âge critique, explique-t-il. En sortant du service, j’ai tout de suite voulu en faire un film. Rétrospectivement, je réalise que c’était une forme de défoulement, le pur produit des frustrations qui m’ont été imposées dans l’armée comme dans la société. »
Fox poursuit : « Entre temps, Israël a changé. Moi-même, en tant qu’homme et en tant que réalisateur, je me suis autorisé à être plus romantique. Je me permets maintenant de parler de relations où l’amour et le long terme sont en jeu. »
Pour autant, Yossi et Jagger ne joue ni sur la guimauve, ni sur le contraste entre un pur amour et l’hostilité ambiante : « Ce n’est pas vraiment un film qui dénonce l’homophobie dans la mesure où personne ne voit, ou ne veut voir l’homosexualité: ni l’armée, ni la famille. Si homophobie il y a, elle est intériorisée: ainsi Yossi est sûr que l’on ne peut pas être à la fois un gai et un bon officier – un vrai homme en somme. »
Réalisé pour la télévision, Yossi et Jagger a remporté en Israël un succès considérable, sur petit, puis sur grand écran. Fox admet que cet accueil avait initialement un lien avec la présence dans la distribution de l’idole des adolescentes, le sexy – et très straight – Yehuda Levi (Lior).

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Mais le succès a révélé un engouement plus profond. « Au départ, le film est inspiré d’une histoire véridique de l’un de mes amis pendant le conflit libanais. Or, j’ai réalisé qu’avec les circonstances actuelles, une relation intime se créait entre le film et un public très large. A ma grande surprise, j’ai vu que beaucoup allaient voir le film en groupe ou en famille, et restaient dans la salle après la fin du générique pour discuter. En fait, je crois que les gens ont vraiment besoin d’une manière d’exprimer leur émotion, et de mettre à plat la confusion et le trouble qui les habitent en cette période. Et de réaliser, je l’espère, que nous sommes en train de perdre la partie au profit de la guerre. »
À l’inverse, certains critiques israéliens ont reproché à Yossi et Jagger d’avoir adapté un mythe militariste et patriotique aux gays. La controverse agace prodigieusement le réalisateur : « C’est si loin de la manière dont Yossi et Jagger a été perçu ! En plus, l’histoire est tout sauf héroïque : il n’y a pas de combat, pas d’ennemi... La plupart des personnages se foutent de l’armée, de la patrie et du sionisme. Tout ce qu’on voit, c’est l’absurdité de leur situation. » Il ajoute : « J’ai tenté de parler de l’acceptation de soi et des autres à travers ce qui pour moi est le plus profond et le plus intime en tant qu’Israélien, antimilitariste de gauche, et aussi en tant que gay. Au bout du compte, je crois pouvoir faire bouger les choses en choquant, en émouvant, et en trouvant de vrais sujets. À ce titre, je reste persuadé qu’avant de pouvoir résoudre leurs relations de voisinage, les Israéliens doivent se regarder dans une glace, et commencer à s’occuper d’eux-mêmes. Ils sont incapables de faire la paix parce qu’ils sont tellement terrorisés, tellement à côté de leurs pompes... Il n’empêche, c’est à nous de faire le pas, parce que dans cette histoire nous sommes les agresseurs – ou peut-être des pères indignes. »

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Son format ramassé rapproche Yossi et Jagger d’une fable sur « les conséquences tragiques de vivre dans le non-dit ». Du coup, le film paraîtra sans doute un peu trop lisse et linéaire à certains. Et c’est vrai, l’émotion y tourne à vide par moments.
Mais toute prévisible qu’elle soit, l’histoire tient la route, soutenue par un humour omniprésent, allant du potache absurde à l’ironie sombre du dénouement. Par ailleurs, les personnages demeurent formidablement crédibles et attachants ; on les voit céder aux règles militaires, à leurs propres préjugés, et au fond, à leur incapacité à communiquer. Ainsi le romantisme de Yossi et Jagger n’est pas gratuit ; il propose de montrer une communauté détruite non pas tant par la guerre que par la peur: celle de sortir du rang pour dire non à la contrainte et non au silence.

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L'avis de
Matoo :
J’avais vraiment beaucoup aimé Tu marcheras sur l’eau du même réalisateur israélien, Eytan Fox, et le sujet m’a tout de suite donné envie de voir ce film-là, pourtant antérieur. Il ne passe qu’au cinéma le « Quartier Latin », mais je crois qu’il a même été diffusé sur Arte. Ce film très court (un peu plus d’une heure) et à la réalisation un peu artisanale, raconte l’histoire d’amour entre deux soldats. L’un, Yossi, est un militaire de carrière et commandant de ce qu’on peut prendre pour un poste frontière. L’autre, Jagger, est un appelé qui aura bientôt terminé son service.
On découvre rapidement l’accointance particulière entre les deux héros, et le réalisateur ne se penche pas du tout sur la genèse de leur idylle. Les deux personnages représentent deux types très différents d’hommes et d’homosexuels. On sent Yossi particulièrement « straight-acting » et opportuniste, alors que Jagger est manifestement un homo qui s’assume.

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Le film se déroule dans un endroit reculé en pleine montagne et dans la neige. Il n’y a qu’un groupe de soldats (dont Yossi est le chef) pour garder la place, et partir de temps en temps en manœuvres. La relation entre les deux protagonistes principaux est discrète mais leur intimité et complicité se remarquent, jusqu’à susciter quelques réactions. Jagger est un très beau mec, et son indifférence aux jolies filles du groupe le rend quelque peu suspect. On suit la vie au quotidien de ces soldats, appelés pour la plupart, et dont le service militaire est à la fois long et dangereux, puisqu’ils peuvent être mis en péril dans des combats réels.
J’ai été sous le charme de ce film car, comme une midinette, l’histoire m’a vraiment plu. Et du coup les maladresses, et de réalisation et de scénario, ont plus été perçues comme les charmantes hésitations et gaucheries d’un premier film que comme des bévues impardonnables. La manière dont il a figuré la relation entre les deux hommes, et les ébauches de personnalités, m’ont énormément touché. L’amour, le désir et la complicité sont véhiculés avec une force et une simplicité remarquables.
Cela reste un film court et qui aurait mérité qu’on s’attarde un peu plus sur les personnages (principaux et secondaires) et qu’on étoffe un peu les diverses intrigues. Mais il possède un charme et des atouts indéniables. Il faut que j’ajoute que le charme des deux héros n’est pas non plus étranger à mes émois…
Pour l’anecdote, l’armée israélienne n’a pas soutenu le film, mais pas parce qu’il s’agissait d’une relation homosexuelle entre deux militaires. Non, simplement car une relation entre deux soldats de grades différents est inconcevable. Mouaaaarf !
À noter aussi que le coup de la « Playstation hongroise » est assez irrésistible.

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L'avis d’Alex :

Quelques années avant le magnifique Tu marcheras sur l'eau qu'il est criminel de ne pas avoir vu, Eytan Fox avait réalisé ce petit film que l'on peut enfin voir à Paris au cinéma Quartier Latin (le film est aussi disponible en DVD).

Yossi et Jagger
traite de l'histoire d'amour entre deux hommes de l'armée israélienne dans un poste frontière. Tout comme dans Tu marcheras sur l'eau, Eytan Fox mêle une histoire d'individus à l'histoire des peuples, de la fraternité ou de l'amour qui naît dans un contexte de guerre ou de haine. Évidemment Yossi... n'est pas aussi abouti que Tu marcheras... (que je n'hésite pas à qualifier de chef d'œuvre). Le film possède de nombreuses faiblesses (réalisation pas toujours maîtrisée, scénario hyper classique, musique et chansons un peu trop présentes) mais qui font aussi le charme des premières oeuvres.

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Ces défauts ne doivent cependant pas retirer au film ce qui fait sa valeur. En voulant parler d'une histoire d'homosexualité au sein de l'armée israélienne, Eytan Fox s'est attaqué à un tabou. Ce qui est admirable, c'est que le film peut paraître dérangeant pour certains mais qu'il n'est jamais provocant. Loin de tout désir de polémique, Eytan Fox recherche l'émotion brute. Ce que l'on lit sur le visage des personnages c'est la frustration, le désir, la recherche d'amour et l'envie de paix qui font surgir la lumière et la chaleur dans l'univers glacial du poste frontière. À tout cela se greffe une petite parabole sur la vanité des hommes et de leurs actions et sur l'absurdité des guerres (à aucun moment on ne voit ni ne devine l'ennemi – les soldats se battent contre rien). Comme dans Tu marcheras... ce propos n'est pas martelé à grand renfort de violons mais tient plus de la constatation désabusée. Et au delà de tout, si le film parvient à nous faire verser quelques larmes, c'est bien à cause de cette histoire d'amour « comme dans les films hollywoodiens » et du dernier sourire de Yossi qui sait qu'il a été le seul à connaître et aimer Jagger.

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Pour plus d’informations :

Par Arnaud Gallay, Matoo & Alex - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 28 décembre 7 28 /12 /Déc 11:22

Visuel : (c) GayClic

Luke rêvait de se faire remplir l'urne, mais hélas, c'est Casey qui a pris ça au pied de la lettre alors que Noah n'a pas saisi le sous-entendu. Quant à Alison, elle aimerait bien jouer au docteur, mais c'est pas le moment...
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Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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