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Mercredi 11 février 3 11 /02 /Fév 05:47


Fiche technique :
Avec Bruce Davison, Stephen Caffrey, Patri
ck Cassidy, Brian Cousins, John Dossett, Mark Lamos, Campbell Scott, Mary-Louise Parker, Welker White, Michael Piontech et Tanya Berezin. Réalisé par Norman René. Scénario : Craig Lucas.

Durée : 110 mn. Disponible en VO, VOST et VF.




Résumé :
Chronique sur l'amitié, la tendresse et tout le courage qu'on parvient à trouver en soi lorsqu'on croise le malheur sur sa route... Celui évoqué dans ce film porte le nom de sida.



L'avis de Jean Yves :
Chronique des années sida dans la bourgeoisie intello blanche de la côte Est des États-Unis. Fidèle, sensible, concrète. Un compagnon de longue date retrace, sur huit années, la vie d'un petit groupe d'homosexuels frappés de plein fouet par le sida. Tragédies personnelles, drame collectif... Ce film est le témoignage vivant de toute une génération et l'histoire d'un apprentissage politique : comment des hommes deviennent actifs, volontaires, productifs. Comment la maladie, source de souffrance, de malheur, est devenue aussi un moteur, une exigence.
L'action se passe à Los Angeles, entre 1981 et 1989. Les protagonistes ? Des garçons de vingt à quarante ans, très « comme il faut », très « middle class » : un job, une vie aisée, limpide, réglée. Tout commence avec cet article du New York Times qui, dans son édition du 3 juillet 1981, évoque l'apparition d'un « cancer rare chez quarante et un homosexuels ». À partir de ce jour-là, l'existence de ce petit groupe de personnages bascule.

Un compagnon… retrace, sur ces huit années, la vie de ce microcosme amical et amoureux frappé de plein fouet par le sida. Le film profile, sous la trame de la fiction, le documentaire de ces années : le passage gradué de la déroute à la prise de conscience, de la panique à la mobilisation, de l'énigme (1981) à la mise au point des premiers traitements efficaces (1987), en passant par l'isolation du virus (1983) et la mise en place des tests de dépistage (1984).
Les personnages incarnent des psychologies en même temps qu'ils illustrent l'évolution d'une communauté par rapport à la montée de l'épidémie. Sans didactisme, sans schématisme, ce film apporte un témoignage vivant sur cette période, et construit une fiction vraisemblable, attrayante, avec des personnages qui ne sont pas seulement des archétypes. Avoir su doser habilement l'aspect humain (la diversité des attitudes, le bouleversement des existences, le réseau des sentiments, etc.) et le regard historique est sans doute la meilleure réussite de Un compagnon



Ce film bouleverse les certitudes trop faciles sur les gays, sur leurs modes de vie, sur leur rapport à la maladie : ici, pas d'érotisme hard, pas de frénésie noctambule, de sexualité hystérique. Le cliché du « groupe à risque » est sérieusement ébranlé.
Les thèmes de l'identité homosexuelle par rapport à la famille, du sida face aux parents ou aux proches, sont totalement écartés. En faisant ce choix, le réalisateur s’est démarqué de l'approche habituelle de l'homosexualité, qui focalise souvent les relations sur la recherche d'une reconnaissance vis-à-vis des « straights ». Moyen original de montrer des adultes, des jeunes gens qui s'assument – tant bien que mal – (il y a un personnage de comédien qui a peur pour sa carrière), en tout cas intégrés à la société et qui, tout à coup, se trouvent confrontés à un drame personnel et à une tragédie collective.
Un film optimiste, en somme.
Que penser de la scène finale qui rassemble tous ces « compagnons de longue date », morts et vivants, dans des retrouvailles oniriques ? Norman René a-t-il voulu montrer une résurrection ? Ou simplement célébrer le courage d'une communauté ?

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 10 février 2 10 /02 /Fév 13:36

 


Un rêve évanoui

WoaB

 

Pour la troisième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j’ai traversé toute l'Europe pour aller débusquer et ramener vers notre blog : WoaB. WoaB tient un blog intitulé "Without a Brain" (d'où le pseudo, non ?). WoaB, au lieu de dire "Bonjour" tous les matins, glapit un truc comme "Hejsan". Hé oui, WoaB vit en Suède à Stockholm où il prononce de drôles de mots que seuls les suédois essayent de faire croire au reste du monde qu'ils veulent vraiment dire quelque chose. Mais nous savons tous que ce n'est pas vrai. WoaB est jeune (24 ans), WoaB est beau, WoaB est gay, WoaB pense... Et s'il était hétérosexuel ?

 

Une amie, quand je lui ai posé la question, m'a répondu directement : «  Mais tu ne l'es pas ! »

Douce et amère vérité.

Je ne sais si les hétérosexuels se posent aussi la question, mais étant homosexuel dans un monde hétérosexuel, j'ai été amené à imaginer ce que ma vie aurait été si j'avais été différent.

L'homosexualité, comme l'hétérosexualité d'ailleurs, n'est pas un choix (bon d'accord, hormis si vous êtes bisexuel et que vous décidez un de ces quatre matins d'être fidèle). M'enfin, ceci est un cas à part.

D'ailleurs, pour être honnête avec vous, si j'avais pu choisir je serais hétérosexuel. Bien évidemment, je vais devoir nuancer de suite mes propos. Être hétérosexuel dans une société hétérosexuelle, c'est être dans la norme, en bref c'est partir du bon côté de la rivière. Malheureusement, la majorité des hétérosexuels que je connais sont vraiment paumés ; c'est un constat accablant quand on sait que ce sont eux qui fourniront la nouvelle génération. Là, je pourrais partir dans une théorie nostradamusienne et vous faire flipper quant à la fin du monde qui décidément n'est pas si loin, mais non, nous ne sommes pas réunis pour parler de cela.


Je tends à penser que si j'étais hétérosexuel je serais un homme formidable ! Si si... sincèrement, je le pense ! Imaginez mon empathie naturelle, mon aisance avec les femmes, ma créativité naturelle (??)… Je serais le roi du monde ! Une sorte de Margaret Thatcher sans double menton à une réunion du G8. Mon seul souci, c'est que je ne peux m'empêcher de penser que si j’étais hétérosexuel, en fait je ne serais pas moi-même. D'ailleurs, si je tente de me remettre dans le contexte familial et social desquels je suis issu, je serais un vrai petit dictateur imbu de sa personne, ce qui au final me rapproche quand même de mon rêve thatchérien. Pour en revenir à nos moutons, je serais un petit dictateur en puissance (non pas que je ne le sois pas tout en étant homosexuel, mais je pense que je le suis à un moindre degré), une espèce de relation de cause à effet. Je crois aussi très sincèrement que je gagnerais beaucoup à être hétérosexuel, tout d'abord parce que je pense que les femmes sont plus faciles à séduire que les hommes, ensuite (et rien que pour ça je serais hétérosexuel à me damner) on peut faire un enfant quand même plus facilement… et vu le nombre d'enfants qui naissent de tous les côtés, c'est dire si les hétéros connaissent les préservatifs ou la contraception… Mais plus que tout, je crois que je vivrais sûrement ma vie plus pleinement, sans essayer de ne pas être trop émotif, sans prendre garde à ne pas faire ci, ne pas faire ça... Ne vous méprenez pas, je suis conscient que j'idéalise beaucoup mon hypothétique hétérosexualité et bien sûr tous les hétérosexuels ne sont pas des « rocs ». Les hétérosexuels ont aussi des problèmes... Oui mais les homos ont les mêmes… en plus de celui de leur homosexualité !



Je sais aussi que si j'étais hétérosexuel, je n'aurais sûrement pas toutes mes amies ; ça, je vous le dis de but en blanc, ça serait un vrai drame. Je ne crois pas en l'amitié entre deux hétérosexuels de sexes opposés, donc forcément si j'étais hétérosexuel la majorité de mes amies seraient des amis. Une super soirée consisterait à aller draguer de la pauvre donzelle au musée… Palpitant !

En fait, plus j'y pense plus je me trouve coincé entre deux stéréotypes hétérosexuels : l'hétérosexuel de base made in Beaufland ou l'homo de base made in Queenland… Dans les deux cas, rien de bien prometteur. Plus j'y pense (et vous pouvez relire et compter combien de fois j'ai écris que je « pensais » dans cet article), plus je me dis qu'en fait je pense ce que je pense parce que je suis ce que je suis… Houlala, je me fais même peur maintenant... Mais c'est ça aussi de donner des idées de sujet à la con à des gays...

 

WoaB

(Site : http://withoutabrain.hautetfort.com/, MySpace : http://www.myspace.com/gourmandise)

 

 

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Mardi 10 février 2 10 /02 /Fév 12:00

 


Il était une fois moi

Zanzi

 

Pour la deuxième livraison de cette nouvelle série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j’ai remobilisé pour un come back (en one shot ?) la star démissionnaire de notre blog : Zanzi. Faut-il encore le présenter ? Zanzi a écrit 99 épisodes (soit 4 saisons) de la rubrique la plus célèbre de la blogosphère : Zanzi and the City. De commentateur de ce blog, Zanzi est devenu un excellent collaborateur avant d'entrer dans le cercle très fermé de mes amis (et ce mot, je ne le galvaude jamais). Ce petit chou cultivé et humaniste a vécu les aléas de sa carrière quasi ministérielle et réside désormais à Moncton au Caribouland (patrie de la Dion qui rime avec...). C'est en tant qu'ami que je le menace de tous les maux s'il ne revient pas sur sa décision de ne pas entamer une cinquième saison de sa saga bloguesque...

 

Il était une fois moi. Un petit garçon pas comme les autres. Prématuré d’un mois, je ressemblais à une petite bouteille. J’étais fragile mais bien vif. Premier né de mes parents, je fis la fierté de mon père qui donnait un nouvel héritier à une dynastie autrefois flamboyante et en manque de descendant mâle. Vingt mois plus tard, avec la naissance de mon petit frère, il fit coup double. Mais revenons-en à moi.

Comment évoquer le propos de ce billet hors série sans parler de ce petit bonhomme très spécial. Précoce, pas seulement parce que je suis venu au monde juste à temps pour être Verseau du troisième décan et non du signe des Poissons ainsi qu’il était prévu que je fusse. Précoce, j’ai marché très vite, parlé très vite, appris à lire très vite. Il faudrait interroger ma mère pour savoir à quelle vitesse stupéfiante j’ai réalisé tous ces progrès que certains enfants mettent des années à accomplir et, pour le dernier d’entre eux, n’y parviennent toujours pas à la veille d’entrer en sixième de collège.

Rêveur je fus, rêveur je reste. Je m’évadais dans les livres, avec la prescience que, déjà, ils pouvaient m’apporter un petit plus merveilleux que je ne trouvais pas dans la vie réelle. Avec le recul, je réalise que j’ai eu une enfance heureuse, protégée, insouciante. Mes plus anciens souvenirs remontent à l’année de mes deux ans. Ce sont des flashes. J’étais un enfant rieur, enjoué, très sociable, la coqueluche de tout le monde.

Je suis entré à l’école l’âge de quatre ans et demi, c’est-à-dire quand je l’ai voulu. D’ailleurs, j’estime qu’il est inepte que les parents mettent leurs gamins en maternelle-garderie-crèche dès l’âge de deux ans. Et vas-y que je me débarrasse du baigneur. A l’école, j’ai eu ma première petite copine à l’âge de six ans. Elle s’appelait Nathalie. Avec mon meilleur ami David et une autre copine de classe, Carine, on jouait aux papas et mamans. Classique jeu d’enfants qui s’amusent à imiter les grandes personnes. Mais plus encore, j’adorais jouer aux billes.

Vers neuf ans, je suis tombé amoureux d’Odile, la fille de la maîtresse d’école de la classe de CE2. Ciao Nathalie ! Nathalie était une petite blonde toute frêle, Odile était une brune un peu plus grande, avec des nattes à la Laura Ingalls, et un tempérament prononcé, sans être toutefois du genre garçon manqué comme l’était Marion. Cette idylle platonique d’enfants pré pubères a duré jusqu’au CM2.

En sixième, je suis entré dans un collège privé autrefois tenu par les Frères des Écoles Chrétiennes. Il en restait encore, quoique ces derniers s’étaient défroqués une quinzaine d’années auparavant dans le tourbillon révolutionnaire post-Vatican II et les hérésies modernistes de Paul VI. Ce collège, ou plutôt cet ensemble scolaire qui formait du primaire à la terminale, était une énorme bâtisse qui contrastait avec le côté intimiste et convivial de ma petite école de quartier. Mes débuts furent difficiles, car ma sensibilité d’artiste et de littéraire s’est heurtée de plein fouet à l’hostilité du professeur titulaire qui, pour mon malheur, remplissait également les fonctions de professeur de mathématiques et de sciences physiques, mes bêtes noires. C’est ainsi que mon enfance prit brutalement fin à l’âge de 11 ans et demi et que je fis ma première dépression.

Je me souviens qu’en 6e-5e j’avais le béguin pour une fille qui s’appelait Florence, une blonde aux cheveux bouclés qui me faisait penser à Grace Kelly. En 4e, ce fut une certaine Stéphanie qui portait un nom polonais qu’il m’est impossible de retranscrire ici. Ou bien était-ce en 3e, je ne sais plus, je n’avais qu’une envie : fuir cet enfer de collège qui, à l’époque des maths omnipotentes, n’offrait aucune filière littéraire dans sa section de lycée.

C’est ainsi que pour la seconde dite de détermination, j’ai changé d’établissement, toujours dans le privé. Ainsi le voulait ma catholique maman qui pensait que l’enseignement public serait désastreux. Je ne lui donne pas tort, en tout cas pour ce qui est de notre coin de pays. En seconde, je suis tombé amoureux de Sylvie. Cette passion a duré jusqu’en terminale. Les sentiments n’étaient pas réciproques car elle me voyait comme son meilleur ami et de mon côté, j’étais l’épaule sur laquelle elle pouvait se reposer et répandre ses larmes après chaque désastre sentimental. Elle avait alors, autant que moi par la suite, un cœur d’artichaut. Sylvie m’a beaucoup marqué et c’est la seule fille qui revienne, épisodiquement, hanter mes rêves la nuit.

Entre-temps, en 3e, j’avais commencé à regarder les garçons et je me souviens avoir éprouvé un trouble intéressant lorsque, dans le train de nuit qui emmenait toute la classe en séjour d’une semaine dans la banlieue madrilène, j’observais discrètement le beau Richard dont je pouvais voir, à la faveur d’un caleçon trop large, les testicules alors qu’il grimpait à l’échelle sur la couchette supérieure. C’est ainsi qu’au lycée, tout en étant réellement épris de l’inoubliable Sylvie, je ne pouvais m’empêcher d’épier prudemment les corps et les formes de mes camarades de classe dans les vestiaires, et de mettre à contribution ma rétine périphérique dans les urinoirs.

En première année d’université, l’ambivalence qui m’animait a éclaté au grand jour à l’intérieur de moi-même lorsque je suis tombé amoureux de Valérian, tout en développant une amitié amoureuse avec la belle Carole et en m’inscrivant au cours de japonais pour les beaux yeux d’une autre blonde qui, elle aussi, était un ersatz de Grace Kelly et à qui j’ai tenté de faire la cour, bien vite interrompu lorsque j’ai su qu’elle n’était pas libre. Par la suite, j’appris qu’elle avait épousé le garçon avec lequel elle sortait alors. Cela me semble remonter à des siècles et j’ignore s’ils ont divorcé depuis.

Le même schéma s’est reproduit deux ans plus tard avec des sentiments déchirés entre Axel et Valérie. Axel ayant été décevant et Valérie ayant abandonné les cours, l’année suivante j’ai reporté mes désirs sur une nouvelle Odile, qui me faisait penser à Elizabeth Taylor dans sa splendeur cléopâtresque avec un petit quelque chose de son personnage dans Soudain l’été dernier.

De retour à l’université après cet intermède de deux ans dans une école de communication, j’ai flashé sur une deuxième Valérie, qui était un mélange de Greta Garbo et de Susan Sullivan (voir les génériques de Falcon Crest). Mais c’était un fantasme lointain, je ne lui ai jamais parlé tandis que trois autres jeunes filles virevoltaient dans mon sillage comme de bonnes copines avec lesquelles j’ai tenté, sans succès, de contrecarrer les progrès de mon attirance pour les garçons. Depuis cette époque, plus une seule n’a réellement compté. Je n’inclus pas Shannen Doherty qui me faisait un petit quelque chose à l’époque des premières saisons de Beverly Hills, encore que j’avais un crush phénoménal pour son frère à l’écran, le beau Jason Priestley.

Nous sommes en octobre 2008. L’eau a coulé sous les ponts d’autant plus que les glaces polaires fondent à toute allure. J’ai voulu vous exposer ce long prologue avant d’en venir au sujet principal qui n’est pas si évident que cela car, l’intituler « si j’étais » ne va pas de soi. Quand Daniel clame que je suis un hétéro refoulé (ou plus vraisemblablement, contrarié, il n’a pas tort). Mais bon, je vais jouer le jeu et dire que je suis 100 % homo mais il faudra tenir compte de ce qui précède pour que la grille de lecture soit complète.

Cher Daniel, si j’étais hétérosexuel, je sortirais avec des filles charismatiques d’une beauté à couper le souffle. J’aurais voulu être un sémillant trentenaire dans les années cinquante, pour avoir la chance de vivre des histoires d’amour avec Marilyn Monroe, Ava Gardner, Grace Kelly, et leurs consœurs. Depuis ma plus tendre enfance, je suis attiré par le cinéma hollywoodien de la grande époque et les stars me font rêver ; davantage celles de l’âge d’or que les « people » contemporaines. Elles avaient le glamour.

Si j’étais hétérosexuel, je ressemblerais à Artie Shaw, qui avait le cœur comme son nom. Il s’est marié de nombreuses fois, dont avec Lana Turner. Sans doute serais-je un play-boy bourreau des cœurs, tel un Porfirio Rubirosa, un collectionneur des plus belles créatures féminines qui soient. Je ne serais probablement pas le genre que furent James Stewart et Paul Newman, deux hommes exemplaires fidèles à leur épouse pendant plus de quatre décennies.

Pourtant, si j’avais la chance de rencontrer la perfection faite femme, aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur, intelligente, smart et sexy, avec un petit grain de folie car il en faut pour être capable de me suivre dans mes aventures, alors il va de soi que je n’aurais d’yeux que pour elle. Je la comblerais de présents magnifiques. J’adorerais me montrer à son bras. Tel un maharadjah, je lui offrirais des bijoux hors de prix, des tenues époustouflantes qui mettraient en valeur sa beauté renversante. Contrairement à Joe DiMaggio, qui a bêtement ruiné son mariage avec Marilyn Monroe à cause de sa jalousie de macho italien qui n’a pas supporté la popularité de sa femme et qui entrait dans des colères monstres après s’être trouvé chaque fois au mauvais endroit au mauvais moment (1. le tournage de la séquence de la chanson « Heat Wave » dans La Joyeuse Parade et 2. le tournage de la bouche de métro dans Sept Ans de Réflexion), je serais fier d’être l’heureux élu d’une femme exceptionnelle que je protègerais tel un chevalier des romans courtois du Moyen-Âge.

Si j’étais hétérosexuel, j’essaierais de rejeter Brad Pitt dans les bras de Jennifer Aniston afin de lui succéder auprès d’Angelina Jolie. Ou alors, je séduirais Britney Spears dans l’espoir de la sortir de son cycle infernal. Peu m’importerait alors que ces femmes aient déjà des enfants, je jouerais avec bonheur les pater familias avec la progéniture d’autrui qui deviendrait la mienne.

Si j’étais hétérosexuel, j’épouserais Charlotte Casiraghi. J’enfermerais Andréa et Pierre dans un monastère, le crâne tondu comme à l’époque des Mérovingiens, détrônerais Albert le Bègue et m’emparerais de Monaco avec l’assentiment de Caroline. Par un curieux tour du destin, mes enfants auraient pour arrière-grand-mère une actrice mythique qui me faisait rêver.

Mais, si j’étais hétérosexuel sans être une célébrité connue et reconnue, je serais un quidam qui finirait sous les ponts, parce qu’au bout du compte, je divorcerais, devrais payer une pension alimentaire à mon ex-femme et subvenir aux besoins de nos enfants et, échaudé par cette expérience traumatisante, trouverais de furtifs réconforts dans des saunas parmi des hommes nus qui ne me demanderaient rien de plus que de partager un moment de plaisir volé à un quotidien déprimant de solitude.

Au bout du compte, que l’on soit homosexuel, hétérosexuel ou bisexuel, ce n’est pas évident d’être un homme et de tracer sa route sur les chemins de la vie, que l’on soit seul ou accompagné.

Pour conclure, je vais oser une variation sur le même thème. Et tiens, si j’étais un arbre ?

Si j’étais un arbre, je serais un chêne, et donc je glanderais comme tout bon fonctionnaire que d’ailleurs je suis. Mais hêtre ou ne pas être, telle est la question… Aurais-je jamais la bonne réponse ?

 

Zanzi

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Lundi 9 février 1 09 /02 /Fév 00:59



(5.03)


(c) D. R.


Le titre est trompeur : je ne vais pas parler d’éjaculation. Dans ma profession (c’est-à-dire, nonce apostolique du chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran) il est d’usage, dès la deuxième année de la mission à la nonciature, de songer au lieu qui nous accueillera au terme de la troisième. C’est ainsi que, sous ma robe de bure, je suis d’ores et déjà amené à me projeter dans un avenir encore lointain et pour le moins incertain.

Récemment, j’ai dressé la liste des nonces qui sont susceptibles de changer de paroisse en 2010, et parmi ceux-ci, j’ai noté les diocèses les plus intéressants… financièrement. Eh oui, confiteor deo omnipotenti, j’en suis venu à considérer que si ma profession m’impose le vœu de célibat, en revanche je ne suis pas soumis à celui de pauvreté, au contraire ! En conclusion, pour avoir fait (plus ou moins) le deuil d’une vie privée riche d’amour et épanouissante, suis-je tenté de céder à l’appel du lucre.

À cet égard, être nonce en terre d’islam est particulièrement juteux. L’obligation de cacher soigneusement mon goupillon ne va pas sans certaines compensations. J’envisage donc de demander la nonciature dans plusieurs pays où le croissant n’est pas synonyme de petit déjeuner français. Entre autre, le Sultanat d’Oman, pays natal de mon cher Kamil. Hélas ! je viens de découvrir que les livres et « cassettes vidéo » (sic ! ils ne connaissent pas encore le dvd ?) sont soumis à la censure. Dans ce cas de figure, ce qui m’inquiète n’est pas tant l’approvisionnement sur place en nourritures spirituelles, que la perspective affreuse que ma bibliothèque et ma dévédéthèque soient scrutées à la loupe par les douaniers censeurs en dépit de l’immunité de mes biens.

D’autre part, je viens d’apprendre que le nonce à Montréal, qui aurait dû rentrer à la Basilique-mère cette année, a obtenu une prolongation d’un an. S’ouvre donc une nouvelle fenêtre d’opportunité à laquelle je ne m’attendais pas. Certes, à Montréal, j’aurais plus de chapelles à visiter et de fonts baptismaux à inspecter, ainsi qu’un nombre élevé de pécheresses à absoudre avec miséricorde. Mais je crains aussi d’être trop absorbé par les tâches purement administratives pour me délecter de la joie de rassembler sous mon aile les brebis égarées.

Nouveau choix, nouveau dilemme. J’ai beau me projeter, je ne vois pas où j’atterris. L’Afrique et le Moyen-Orient sont tentants. Le produit de la dîme y est plus rentable, mais si cela équivaut à sacrifier ma quête du graal, cela en vaut-il réellement la peine ?

Je n’ai plus qu’à me laisser porter par le courant, au fil de l’eau. À Terre-Neuve, j’ai découvert une côte sauvage et majestueuse. La nature, dans sa splendeur immaculée sous le manteau de l’hiver, m’a procuré les bienfaits d’un matin calme. Je me suis promené sous la tempête de neige et me suis surpris à aimer cela. Et si je touchais au port quelque part entre l’Est et l’Ouest ? A mari usque ad mare.

 

Zanzi, le 6 février 2009.



Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Dimanche 8 février 7 08 /02 /Fév 00:44

Visuel : (c) GayClic

Lucinda va-t-elle passer à la casserole avant Luke ? Les paris sont ouverts...
A ce propos, Carolyn est jouée par l'épouse du producteur exécutif Christopher Goutman (aperçu dans ATWT Academy). M'étonnerait pas qu'elle ait eu le rôle en couchant, tiens...

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 8 février 7 08 /02 /Fév 00:42

Visuel : (c) GayClic

Bon d'accord... Noah n'est pas dans cet épisode, et le schmilblick n'avance pas beaucoup. Heureusement, il y a Casey, assez drôle dans le genre ahuri...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 7 février 6 07 /02 /Fév 09:37

Visuel : (c) GayClic

Celui où un lapinou en pain d'épices (donc au gingembre ;) nous souhaite un joyeux Noël. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 6 février 5 06 /02 /Fév 09:21



Quand le mâle persiste

Audrey Françaix

 

Pour inaugurer cette nouvelle série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j’ai convié sur notre blog ma belle-sœur littéraire (private joke [Note de Daniel C. Hall]) : Audrey Françaix. Audrey est née en 1980 dans le Nord de la France. Avide de fantastique depuis sa plus tendre enfance, elle a développé un goût prononcé pour l'écriture. Peintre, poétesse, mais avant tout romancière, Audrey a à son actif plusieurs romans pour enfants dont Le Cercle des Elfes et Halloween : le Club des Monstres. Elle fonde en 2004, les Editions Octobre en collaboration avec Pierre Grimbert pour avoir une plus grande liberté d'expression. Depuis elle a fait publié toujours chez Octobre, la Trilogie de la Chair, qui se veut être de l'erotic fantasy française. Alors un conseil, si après avoir dévoré ce billet vous ne vous précipitez pas sur ses romans, c’est à désespérer…



Si j’étais homosexuelle, j’en profiterais premièrement pour être un homme. Ce serait plus simple. Car si j’étais un homme, je serais forcément homosexuel, pour les raisons qui suivent…

J’aurais trop souvent la trique pour me faire curé, à moins d’invoquer la veuve poignet, celle qui finit par rendre les soutanosaures sourds aux « marches nuptiales » et « prières des époux ».

Entre Père Pignole, souvent dans l’isoloir, et Père Dophile qui n’enfonce pas que des paroles d’évangile dans les orifices des marmousets, je choisirais d’être Père Spicace. Je préférerais bander pendu au bout de ma cravate plutôt que matant le cul de ma grognasse dans son jean délavé. De toute façon, il serait pas question pour moi de me convertir au masochisme en me maquant avec la première greluche venue : je ferais mon « coming-out » dès le berceau ! Au moins, je serais pas tenté de tâter de la mégère avant de connaître le véritable Amour, avec un grand A comme Androgame ou Amateur de rosette. Je me laisserais pas le temps de jouer les guignols de naphtaline dans la maison du Seigneur pour officialiser mon martyre avec ma future divorcée. Oh que non !

Parce que les bonnes femmes, y faut se les farcir. Et si c’était qu’au sens propre du mot, ça irait encore…

Pour un homme, le cauchemar commence généralement avec sa génitrice. Cette dernière ne souhaite que le bonheur de son fils, tout en comptant bien le diriger ad vitam aeternam. La fibre maternelle a vite fait de se transformer en chiendent vorace. Môman dégomme une à une les belles-filles potentielles, car les femelles ont souvent du mal à se blairer... même qu’entre elles, elles se blairent witches. Quand une nouvelle bru arrive, môman sort toutes les photos des anciennes soupirantes de son biquet. Car la mère possède une sorte d’album sanctuaire qu’elle peut profaner à tout moment pour en extraire une putréfaction cadavérique destinée à décomposer les prochaines unions de son fils. Et cette technique très subtile se transmet souvent de mère en fille. Ça devient un véritable fléau : l’invasion des profanatrices de sépultures ! Mais un beau jour, le célibat fait paniquer le fiston, alors il enfile l’anneau à la dernière venue, sans même la présenter à môman.

Quand on est un mec, il suffit d’écouter ses potes se plaindre de leurs mouquères jalouses, possessives et castratrices, pour jurer fidélité à l’homosexualité. Selon les branques, les maritornes sont de vraies poules caqueteuses qui finissent par vous transformer en chapon !

Elles ont la passion des sitcoms, des Voici, de la télé-réalité et des commérages entre filles… Elles font de vous des pros de la logorrhée bandante à force de vous contraindre à mater les défilés de mode ou de Miss à leurs côtés dans le canapé, et sous leur surveillance bien sûr. Car elles ne supportent pas que vous ne partagiez pas leurs goûts. « On doit tout faire ensemble ! beuglent-elles. Tu es moi, et je… ne suis pas toi. » Mais à cet instant, vous comprenez « Tuez-moi » : et une envie de « femmicide » vous poursuivra jusqu’à la fin de votre vie ! Vie que vous continuerez malgré tout de partager avec votre bourrelle. Les hommes hétéro seraient-ils maso ?

Bobonne parviendra même à vous rendre responsable des vergetures qui sillonneront son ventre gélatineux à cause des trois gosses braillards et invivables, portraits crachés de leur père, que vous lui aurez parachutés dans le bide. Et vous ne compterez plus sur la lingerie sexy pour trouver encore un brin de plaisir dans la vie maritale, puisque bobonne la sortait uniquement quand elle avait envie d’être engrossée… Il paraît que plus l’homme est excité, plus sa came regorge d’héritiers !

Si bien que, sans même vous en rendre compte, vous finirez en porte-couilles obèse, alcoolique, qui passera ses week-ends à picoler dans une cabane de chasse avec ses copains plombistes.

La semaine, vous en aurez plein le dos des collègues de bureau, et vous attendrez le soir pour vider des kro en jouant aux jeux vidéo. Mais votre femme, tel un pilier de bistro, vous soutiendra. Elle vous aidera à vous foutre en l’air en envisageant de prendre « un nouveau départ ». Et vas-y que je t’engraisse avec des surgelés, mon amour, que je t’offre une rame de cigarettes pour la Saint Valentin, un nouveau fusil à Noël – y’a tellement d’accidents de chasse – en attendant que ça vienne. Ça, ce truc qui lui a toujours manqué, qui ressemble au bonheur, mais qu’elle ne dégotera jamais parce que, au fond, elle n’a rien d’autre à glander qu’à l’espérer éternellement !

Alors, sincèrement, si j’étais homosexuel, oui, je serais un mec. Car, de toute évidence, j’aime les hommes. Ceux que rien ne peut détourner de leurs passions et de leurs rêves, pas même une femme.

 

Audrey Françaix

(afrancaix@ed-octobre.com, blog : http://festindohmelle.canalblog.com/, site : http://www.ed-octobre.com)


Couverture "la Chair et l'Acier"Couverture "la Chair et l'Ambre"Couverture "la Chair et le Soufre" 

Par Audrey Françaix - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 07:54
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Fiche technique :
Avec Edie Falco, Scott William Winters, Robert Clohessy, Kristin Rohde, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Rita Moreno, Tom Mardirosian, Christopher Meloni, Chuck Zito, Michael Wright, David Zayas, J.K. Simmons, Zeljko Ivanek, Terry Kinney, Eammon Walker, Lee Tergessen, Dean Winters… Réalisateurs : Adam Bernstein, Alex Zakrzewski, Jean de Segonzac… Scéanario : Tom Fontana, James Thorpe, Sean Whitesell…, sur une idée originale de Tom Fontana et Ethlie Ann Vare. Créateur : Tom Fontana.
Saison 1 : huit épisodes de 50 mn. Disponibles en VO, VOST et VF.


Résumé :

Emerald city. Quartier expérimental de la prison créé par le visionnaire Tim McManus qui souhaite améliorer les conditions de vie des détenus. Mais dans cet univers clos et étouffant se recrée une société terrifiante où dominent la haine, la violence, la peur, la mort. Où tout espoir est vain, où la rédemption est impossible. « Oz est l'endroit où je vis. Oz est l'endroit où je vais mourir, où la plupart d'entre nous vont mourir. Ce que nous sommes importe peu. Ce que nous allons devenir ne compte pas »explique le narrateur depuis sa cage en verre. Bienvenue dans l'antichambre de l'enfer.

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L’avis de
Mérovingien02 :
Avant le triomphe de Six Feet Under et des Sopranos, HBO s'était déjà démarquée de la concurrence en matière de série télé en produisant Oz, véritable tremblement de terre dans le paysage audiovisuel car conçue avec une liberté de ton jusqu'alors inédite. Une évocation sans concession du milieu carcéral, avec un langage ordurier, une violence exacerbée et de la nudité frontale, le tout au service d'un propos pour le moins subversif. Un véritable travail d'auteur né de l'imagination de Tom Fontana, scénariste tellement investi dans sa création qu'il est allé jusqu'à se faire tatouer le nom de son œuvre, réemployant ensuite les images de cet acte dans le générique d'ouverture.
À la manière d'un conte ou d'un récit mythologique (la prison d'Oswald est comparée au détour d'une réplique au Mont de l'Olympe), le spectateur est invité à pénétrer dans un univers singulier par un narrateur à la fois omniscient et faisant partie intégrante de l'action. Enfermé dans une cellule carrée en verre, le personnage d'Augustus, un ancien junkie en fauteuil roulant, surplombe les décors et s'adresse directement à la caméra pour nous signaler la thématique de chaque épisode, en résumer la morale (ou son absence) en guise de conclusion ou pour présenter le passif de chacun des détenus. Des apparitions oniriques et cyniques qui renforcent l'implication émotionnelle car tutoyant directement le public, comme pour lui tendre le miroir de sa propre vie et questionner les fondements mêmes de ses idéaux. Oz n'est donc pas un divertissement sans conséquence comme le récent Prison Break. En s'y aventurant, il faut accepter d'être malmené et de ne pas en ressortir indemne. Ainsi, le parcours de Tobias Beecher résumera à lui seul l'effondrement psychologique du spectateur puisque c'est avec lui que nous découvrirons la vie du pénitencier au cours du premier épisode rythmé par l'affichage des horaires répétitifs et aliénants.
Contrairement à la majorité des prisonniers, Tobias n'est pas un meurtrier ou un psychopathe mais simplement un avocat qui aura commis accidentellement la mort d'une jeune fille en prenant le volant de sa voiture après avoir bu un verre de trop. Il est de loin le référent le plus attachant puisque issu d'un quotidien familier et dont la vie a basculé après un drame qui aurait pu survenir à n'importe qui. Rapidement, il est la victime de Vernon Schilliger, un néonazi qui le réduit au rang d'objet soumis, le violant fréquemment, l'obligeant à se travestir pour l'humilier ou le forçant à lécher ses chaussures. Ces séquences dérangeantes ne feront que placer un peu plus le public face à sa morale, lui faisant ressentir une véritable haine pour le dominant avant que le basculement de Tobias vers la démence (il ira jusqu'à déféquer sur le visage de son bourreau) et la question du Pardon ne vienne le mettre en face de l'horrible vérité : l'être humain n'est qu'un animal sauvage prêt à retourner à des instincts primitifs dès que des situations extrêmes se présentent à lui.
Car la prison d'Ozwald n'est pas le genre d'environnement où il fait bon traîner. Bien que sa fonction première est de remettre les coupables sur le droit chemin, elle ne fait que les repousser dans leurs derniers retranchements car omettant tout simplement qu'il est impossible d'avoir une vie normale quand on est enfermé et entouré de violeurs, dealers ou cannibales. Le monde extérieur n'existe pas, seule la télévision servant de fenêtre ouverte (alors que les seules infos diffusées seront celles évoquant la situation catastrophique à Oz). Même les visions du passé en flash-back revêtent un aspect surréaliste, baignant dans des filtres bleus ou orangés comme si tout n'était qu'un mauvais souvenir ou un mauvais rêve. On pourra aussi évoquer cette discussion au parloir dans le premier épisode où un détenu parle avec sa femme alors qu'une glace vient scinder l'image en deux comme si le couple ne partageaient plus le même espace.
Véritable tombeau où l'on est condamné à mourir à petit feu sans aucune résurrection possible (voir dans l'épisode 2 le fondu enchaîné passant d'un cadavre brûlé au personnage de Nino Schilbetta, qui finira lui aussi assassiné), le département de Haute Sécurité d'Emerald City contamine jusqu'aux plus respectables des membres de l'équipe chargée du bien-être des détenus. Ainsi, au détour d'un épisode centré sur Dieu, un prêtre verra ses convictions les plus nobles être mises à rude épreuve lorsqu'un malade mental ayant dévoré ses parents acceptera de se convertir au catholicisme dans le simple but de pouvoir manger « le corps du Christ ». De même, quand se posera l'épineuse question de la peine de mort, il lui sera bien difficile de conserver une opposition aussi claire quand il se retrouvera face à un être particulièrement abject. Le Mal affecte le cœur de chacun comme un poison et les rapports amoureux, véritables pulsions de vie, se retrouvent dominés par le sentiment de mort. Ainsi, à deux reprises dans la saison, une scène de sexe sera montée en parallèle avec un acte de violence (des policiers cognant contre une porte, une mort par injection), comme si chaque nouveau né comportait déjà en lui les plus vils instincts. On notera d'ailleurs qu'un des détenus perdra son bébé juste après la naissance, renforçant le pessimisme du tableau décrit par Tom Fontana.

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Bien que la galerie de salopards ne soit guère rassurante, il conviendra de saluer le remarquable travail d'écriture capable de rendre sympathique la pire des crapules. Qu'il s'agisse d'un détour humoristique (un dentiste n'osant pas mettre ses doigts dans la bouche d'un cannibale), d'une séquence émotionnellement chargée (un prisonnier lacérant son visage au cutter pour traduire tout son mal-être) ou de l'utilisation d'un langage universel (la sous intrigue du violoniste), tout est mis en œuvre pour offrir une vision globale de l'être humain, loin du manichéisme primaire. Car dans le fond, tous ces condamnés à des peines diverses ne sont jamais que le reflet sauvage de la décadence de l'Humanité toute entière. En effet, bien qu'ils soient tous déconnectés du monde extérieur, chacun marque son appartenance à un clan, seul moyen d'exister pour ne pas finir écraser par les plus forts. Blacks, latinos, mafia sicilienne, gays, musulmans... Autant de mini communautés en proie à de constantes luttes de pouvoir et ne pouvant s'empêcher de se mener la guerre, souvent par racisme. Oz se présente donc comme une parabole particulièrement pertinente de nos sociétés modernes, les décors de la série ressemblant presque à un laboratoire au milieu duquel les matons peuvent observer les animaux dans leur cage en verre, comme cet insecte dans un bocal aperçu en début de saison.
Ce n'est donc pas simplement à une critique des conditions de vie en milieu carcéral à laquelle le créateur de la série nous convie mais bien à une étude sociologique de notre époque, en abordant des thèmes aussi vastes que le rôle actif de la drogue dans l'économie (et les rapports de force que cela implique, les plus puissants la revendent à ceux qui la consomment pour oublier leur misère), la place essentielle de la femme dans un environnement dominé par les hommes ou encore les guerres de religions. On y trouve même un sous-texte sur l'émancipation des noirs via un troublant parallèle entre Malcom X et le charismatique Kareem Said, personnage ayant lui aussi changé de nom, refusant de prendre des médicaments en dépit de la maladie qui le ronge et profitant de la prison pour se cultiver. Ce renvoi explicite à celui qui fut le porte-parole de Nation of Islam oriente la série vers une réflexion sur l'inaccessibilité du rêve américain, Malcom X étant un symbole de l'intégration des noirs capables de réussir autrement que par la musique ou le sport, symbole mis à mal par l'arrivée d'un basketteur à la carrière brisée.
Véritable tragédie grecque en milieu pénitencier, la première saison de Oz s'achève fort logiquement sur l'implosion qui guette chaque société tiraillée entre ses luttes de pouvoir et l'assouvissement des besoins égoïstes. Une dégénérescence menant à la rébellion, un effondrement du système en place et duquel ne pourra naître qu'un nouvel ordre pas bien différent et toujours dirigé par le gouverneur Devlin, véritable Zeus tout puissant interdisant aux hommes de s'élever au-delà de leur condition pour les maintenir dans leur brutalité crasse. L'Homme restera à jamais un loup pour l'Homme.
Pour plus d’informations :
Par Mérovingien02 - Publié dans : TV : La Lucarne Rose
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Mardi 3 février 2 03 /02 /Fév 00:14




LES LESBIENNES NE REGARDENT-ELLES
QUE DES FILMS LESBIENS ?


Une chronique d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 

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Le chef m’envoie de temps en temps des idées pour mes billets. Des fois c’est très débile et ça donne lieu à des délires de Lachida Pati, et des fois c’est plus intéressant et ça nécessite un minimum de réflexion de ma part. Oui, je l’avoue, parfois, je réfléchis. Je savais qu’après ce genre de révélation, j’allais baisser dans votre estime mais à ce point-là ! Revenez ! Revenez !

Dernièrement il m’a donc écrit, je reprends texto et je lui laisse tout le mérite de l’article qui va suivre : « Pourquoi les lesbiennes ne regardent que des films lesbiens et les pédés des films de pédés ? Y a-t-il deux mondes différents ? »

Je lui donne tout le bénéfice de cet article pour la simple et bonne raison que je ne connais pas la réponse à cette fichue question ! Et pourtant je vous assure que j’y ai réfléchi, j’ai vraiment réfléchi pendant longtemps, très longtemps.

Le problème, c’est que je pense que je ne suis pas la personne la plus qualifiée pour répondre à cette question parce que j’ai des goûts en matière de cinéma et de séries télévisées très éclectiques. C'est-à-dire que je peux regarder Le Seigneur des Anneaux un jour, Augustin Roi du Kung-Fu le lendemain et Monster le jour suivant. Côté séries télévisées je suis pire encore, Dr House peut succéder à X-Files, qui vient juste derrière Friends. Je n’ai pas vraiment de ligne de conduite que je suis sans en démordre quand il est question de films ou de séries. Enfin si, ma principale règle est : « Méfie-toi des séries françaises, c’est de la daube ! » Je n’ai pas encore trouvé l’exception qui confirme la règle et pourtant je m’oblige à regarder, parfois, Plus belle la vie et dernièrement ma torture du samedi après-midi La Vie devant nous. Pardon, je suis méchante, en séries françaises on a eu des petits bijoux quand même : PJ, Police District (tellement géniale cette série, je ne comprends pas que M6 ne la rediffuse pas), Avocats et Associés, Les Bleus. Si je le reconnais, quelques fois, on fait des choses pas mal.

Tout ça pour en revenir à mon idée de départ, je regarde un peu de tout et ce que je regarde dépend en grande partie de mon état d’esprit. Si je suis de bonne humeur, je peux m’attaquer à un manga déprimant comme Le Tombeau des lucioles (que je ne regarderai plus jamais de ma vie) ou un documentaire comme Freeheld qui vous fait pleurer toutes les larmes de votre corps. Si je suis d’humeur triste, je préférerais une comédie comme It’s in the Water, ou pire des femmes sexy et une absence totale de scénario comme dans Coyote Ugly. J’ai mes jours, bon sang il faut te motiver Isa ! Travaille un peu !, et donc là c’est entraînement de Mulan et Rocky au top de sa forme… La liste est encore très longue mais je pense que vous avez compris.

Le fait est que des films gays, j’avoue, j’en regarde. Je dirais même plus, au risque de passer pour une folle et d’être incomprise, j’aime bien. Afin de nuancer quelque peu mon propos, je tiens tout de même à dire que quand mon équipe a appris que j’écrivais mes articles avec comme musique d’ambiance les Worlds Apart, les Backstreet Boys et East 17, certaines se sont persuadées que j’étais une hétéro refoulée. Mais je n’y peux rien si à 14 ans, j’adorais ces groupes. Vous imaginez, s’ils avaient eu une seule et unique fille au sein de leur groupe, le public qu’ils auraient pu toucher ?  Moi, en chemise rouge ouverte sur un super soutien-gorge de sport noir en contraste avec ma peau claire chantant « Baila », mes amis, on aurait été riches et célèbres en un claquement de doigts. Oui bon, d’accord. Avant il m’aurait fallu apprendre à chanter juste… et à danser aussi accessoirement. Mais quand même, zut, on aurait tout déchiré. Je nous voyais déjà…

Je n’ai donc absolument rien contre les hommes. Je le précise, au cas où. Enfin, c’est juste que je ne les veux pas dans mon lit quoi.


http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/0/3/3760080040309.jpg

Au vu du très grand nombre de sites lesbiens en français, j’avoue que tous les jours je ne regarde systématiquement que Afterellen, Les Toiles Roses, GayClic et Univers-L (le dernier, c’est pour être certaine de ne rien avoir oublié). Même pas un Top 5, juste un Top 4. Je sais, c’est lamentable. Mais bon vous remarquerez, lecteur au regard aiguisé, que 2 sont lesbiens et 2 sont gays.

Les Toiles Roses, parce que j’ai une passion pour les articles que met le chef en ligne. J’ai adoré la série « Si j’étais homo ou hétéro », je découvre de nombreuses choses et puis il y a les articles de Zanzi. J’aime beaucoup également le ton de GayClic, leurs traductions et leur « Sexy Sunday » (je voulais faire la même chose avec des femmes sur mon site, mais personne n’a vu le potentiel novateur de ce copiage). Afterellen, car vous savez que c’est la Bible en matière de représentation lesbienne, c’est tout. Et enfin Univers-L parce que des fois je fais plusieurs choses en même temps et que j’oublie d’envoyer les nouvelles images sur le site.

Mais revenons-en aux films et séries. Rien que pour vous embêter, je vais commencer par les séries télévisées. Questions séries, j’avoue, pour moi la présence d’un personnage homosexuel n’est pas forcément une raison de visionnage. Quoi que maintenant que je passe la moitié de mon temps libre à retaper mon appartement et l’autre moitié à travailler sur le site, j’ai élagué pas mal les à-côtés marrants et sympas. Donc question séries télévisées, j’ai vu Queer as Folk (UK), j’ai regardé le pilote US mais je n’ai pas encore pris le temps voir le reste de la série. J’ai totalement adoré Six Feet Under et Alan Ball est devenu mon héros. Savez-vous d’ailleurs que cet homme est gay dans la réalité ? J’ai ri devant Metrosexuality et suivi avec passion la mini-série Les Chroniques de San Francisco. Plus récemment, je me suis découverte une passion pour Ollie et Christian de Verbotene Liebe qui m’ont tenue éveillée jusqu’à 3 heures du matin quand j’ai dévoré leurs aventures sous-titrées anglais. Les gentils Luke et Noah m’amusent parce qu’ils ont mis des plombes à consommer et parce que l’acteur qui joue Noah ne sourit presque jamais. Il est toujours triste comme les pierres.

Question série donc, je crois que j’en ai vu pas mal qui sont centrées sur des couples d’hommes. Certaines m’ont plu, d’autres m’ont déplu, mais comme la plupart des choses que je regarde. Mon rêve serait de trouver le temps de voir en entier Brothers & Sisters qui sonne comme une chronique familiale superbe et très actuelle. Ben quoi ?

Côté films maintenant. J’avoue que c’est encore pire. Déjà, je suis fan du réalisateur Bryan Singer. Ça commence mal. X-Men 1 et 2, Superman Returns, le pilote de Dr House. Cet homme est un génie, un modèle, le genre de mec que je veux bien interviewer demain et pour lequel j’accepterais tout à fait de partir à l’autre bout du monde pour le rencontrer. Il y a peu d’hommes pour qui je ferais une chose pareille… Joss Whedon fait partie du lot, Brad Pitt aussi (au cas où sa femme Angie passerait par là accidentellement…) et il y en a quelques autres mais chut, c’est un secret.

Côté films donc. Je me suis marrée devant Almost Normal, j’ai apprécié de voir mon Superman par excellence, Dean Cain, en gay dans Le Club des Cœurs Brisés et je suis restée en admiration devant Le Secret de Brokeback Mountain comme un grand nombre de personnes. Et puis il y a ces petits bijoux qui marquent une cinématographie et qui vous laisse un souvenir très agréable. Ces pépites que vous ne pouvez pas partager avec grand monde parce qu’elles sont étiquetées gays !

En premierlieu, Summer Storm qui m’a laissé un excellent souvenir, même s’il ne s’agit pas du film du siècle. Ce que j’ai aimé, c’est la manière dont l’adolescence a été dépeinte par le réalisateur et co-scénariste, Marco Kreuzpaintner. Il n’y a pas de pathos, il n’y a pas de larmes pour attendrir le public et l’amener à apprécier les héros. Non, il montre une tranche de vie adolescente avec toute l’universalité et l’individualisme de cette période de la vie. Bref, j’en garde un bon souvenir.

Plus marquant encore, le film Young Soul Rebels fait partie de ces longs-métrages gays que j’aimerais voir plus souvent. Vous parler de l’image, de la bande son, de l’histoire serait beaucoup trop long pour ce petit billet qui commence à s’éterniser. Par contre je suis restée en adoration devant ce film.

Dernièrement, j’ai d’ailleurs vu Shelter dont j’avais trouvé la bande annonce très alléchante. J’ai également adoré (ben quoi, je ne vais pas non plus vous parler des films gays que j’ai détesté !). J’ai beaucoup apprécié la psychologie des personnages et ce poids des responsabilités et de la famille. J’ai aussi eu une petite passion pour cette scène d’amour quand le héros s’agite dans son atelier avant de prendre sa décision et de rejoindre le mec qui l’obsède...


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Par contre je le reconnais, des films comme Young Soul Rebels ou Shelter, ce n’est pas bon du tout pour mon site Internet. Pas du tout. Parce que je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi on n’a pas de films lesbiens de ce genre et ensuite parce que je ne peux que désespérer que la cinématographie lesbienne soit si pauvre, peu connue et reconnue par rapport à la cinématographie gay. En clair, je veux un Shelter lesbien. Je peux l’écrire si vous voulez. Je veux bien faire un effort. Le problème, c’est que je suis persuadée qu’on ne trouvera jamais les fonds…

Je regarde donc des films gays comme des films lesbiens comme des films hétéros. C’est la même chose pour les séries télévisées et les livres. Je ne pense pas être la seule et unique homosexuelle à faire cela. Je pense que c’est significatif d’une certaine ouverture sur le monde et d’un désir d’identification. Parce que je peux m’identifier à la fois à des hommes et à des femmes, à la fois à des homos et à des hétéros. Je suis persuadée que ce n’est pas en se contentant d’un seul et unique point de vue que l’on peut réellement se construire. Je connais des hommes hétéros qui regardent des films lesbiens parce qu’ils apprécient les histoires d’amour et la manière dont la relation est dépeinte avec douceur et sans position de force. Par contre je me demande si, avec la qualité du cinéma gay et la richesse des représentations qu’il possède, beaucoup d’homosexuels peuvent dire qu’ils regardent des films lesbiens ? Il y a différentes notions qui entrent en ligne de compte. Les notions de quantité et de qualité, d’identification, d’éducation, d’ouverture d’esprit….

Ma conclusion pourrait donc être que finalement les gays ne regardent pas que des films gays comme les lesbiennes ne se contentent pas que de films lesbiens et que certains hétéros apprécient des films homos. Elle est utile cette conclusion ? Il sert à quelque chose cet article ?

Voilà chef, je voulais donc te dire que si tu veux une réponse à ta question, il faudrait la poser à une autre personne. Un homme peut-être. Non parce que le film culte de Céline Avnet qui s’occupe des vidéos sur Univers-L c’est Torch Song Trilogy, parce que c’est Michelle Paris qui m’a prêté Shelter et que j’ai regardé Un Amour à taire avec mes parents…

Je sais, je sais, je suis irrécupérable.

 

PS : si un riche gay ne sait comment dépenser son argent de manière utile et apprécie mes chroniques, je serais ravie de découvrir les aventures du détective Donald Strachey. Optimale a fait un très joli lot rien que pour moi parce que j’adorais Chad Allen dans Docteur Quinn, Femme Médecin… Bref, ce n’est pas parce que Noël est déjà passé que… http://www.optimale.fr/osc/pack-d%C3%83%C2%A9tective-p-296.html

 

Isabelle B. Price (25 Janvier 2009)

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Mardi 3 février 2 03 /02 /Fév 00:08
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Dimanche 1 février 7 01 /02 /Fév 11:56

Visuel : (c) GayClic

Part 2
Ouf, Noah est de retour... Et Brian.

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 1 février 7 01 /02 /Fév 11:52

Visuel : (c) GayClic

Si le ranch de mamie Gâteau (Emma) sembla pouvoir contenir toute la famille Snyder, époux, épouses, maîtresses et amants compris, la maison de Lily n'a pas l'air mal non plus, puisqu'elle semble insinuer qu'on y est plus à l'aise que dans une suite du Lakeview, l'hôtel de luxe d'Oakdale... Sinon, j'aime beaucoup la réplique finale de mamie Gâteuse (Lucinda). Pour les Noah-lovers, pas de panique, il est mis au parfum dans la part 2.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 31 janvier 6 31 /01 /Jan 11:06

Visuel : (c) GayClic

Celui où Christian préfère la saucisse d'Olli à la cuisine de Coco. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 30 janvier 5 30 /01 /Jan 14:07



RIKKI BEADLE-BLAIR
Entretien avec le créateur de la série désormais culte Metrosexuality.

 

par Tof de CiteGay


 


C'est par un beau soir d'Hiver que j'ai rendez-vous avec Rikki Beaddle-Blair, le créateur et acteur de Metrosexuality, la série qui explose tous les tabous... Dans ce café du Marais, qui diffuse la vidéo de la série sur un téléviseur, l'ambiance est très conviviale. Pendant que je prépare mes questions, l'interprète Catherine (que je remercie pour son aide) m'explique que Rikki est une vraie nature, drôle et généreux, tout comme à l'écran... Rikki finit par arriver, tout sourire, et s'installe, prêt à répondre à mes questions...

(Rikki Beadle-Blair, à gauche, et Tof, sur un petit nuage, à droite) - Photo © D.R.


Tof : Bonjour Rikki et merci de me recevoir... Avant de commencer, as-tu coupé ton portable ?

(Rikki vérifie et sourit à ma plaisanterie, clin d'œil à la série, qui est régulièrement ponctuée par les sonneries de téléphone des personnages, mais nous en reparlerons plus tard...)

Tof : Hé, hé, it was a joke ! Voyons, peux-tu me dire ce que tu faisais avant Metrosexuality ?

Rikki Beadle-Blair : (Rires) Tu veux la vérité... ? Ou quelque chose de plus romantique ? J'étais comme Jean Genet... en prison ! Non plus sérieusement, j'ai plusieurs casquettes. Je suis comédien, danseur, chanteur, compositeur, réalisateur... Je suis aussi l'auteur de scénarii, comme par exemple celui de Stonewall, un film que j'ai écrit vers 1985, et qui retrace la fameuse rébellion des homosexuels en Angleterre, à l'origine de la Gay Pride...

Tof : Pourquoi as-tu créé Metrosexuality ?

Rikki Beadle-Blair : En fait c'est mon métier, puisque j'écris principalement pour des films, radios, ou même des petits films pour la télévision. Il se trouve que je dirige également une compagnie de théâtre avec mes amis. Et on peut dire que Metrosexuality a été écrit pour ces amis avant tout...

Tof : Sont-ils tous gays ?

Rikki Beadle-Blair : Non, et d'ailleurs gays ou straights, bisexuels, transsexuels, on s'en fout... Tous mes amis sont différents et éclectiques !

Tof : En fait, tu as voulu montrer qu'il pouvait y avoir une vraie vie de famille entre des personnes très différentes. Chaque personnage est complémentaire et chacun peut apporter quelque chose d'intéressant...

Rikki Beadle-Blair : Oui tout à fait, mes amis sont gays, straights, noirs, blancs, juifs, catholiques, chinois. Ils forment tous une famille réellement cohérente et solidaire. Dans Metrosexuality, les personnages jouent souvent le rôle qu'ils ont dans la vie ... L'actrice qui joue ma sœur est aussi ma vraie sœur...

Tof : Les situations sont-elles autobiographiques ou c'est un total produit de ton imagination ?

Rikki Beadle-Blair : Fifty-fifty ! C'est comme une salade... Un peu de réel, un peu d'imagination. Certaines choses me sont arrivées. Certaines autres sont des évènements que l’on m'a raconté. Il y aussi des trucs que j'ai vu ou que j'ai rêvé. Mais les rêves peuvent aussi révéler la réalité, n'est-ce pas ? Les rêves sont réellement importants pour moi. Par moments, je me suis amusé à détourner la réalité pour en faire de la fiction et du fantasme...

Tof : On dirait que tu as pensé la série comme une comédie musicale... D'ailleurs elle aurait très bien pu faire l'objet d'une adaptation en ce sens...

Rikki Beadle-Blair : (sourire) Tu aimes la musique toi... ! Oui, si tu veux. En fait Metrosexuality est plein de choses à la fois : une comédie musicale, une comédie dramatique, un défilé de mode, un show photos…

Tof : Une Bédé ?

Rikki Beadle-Blair : Oui définitivement ! Quand j'étais enfant, j'en ai beaucoup lu. Je voulais être Superman, pour mettre des habits moulants par exemple (Rires)

Tof : D'ailleurs, le rythme de la série est très rapide... Tu as sans doute été pas mal influencé par une culture clip-vidéo ?

Rikki Beadle-Blair : Oui, le clip-vidéo est le langage visuel d'aujourd'hui, par excellence ! Par ailleurs ma vie est vraiment rapide et très active : toujours en train de faire quelque chose . Je vis ma vie comme une vidéo, sauf que j'appuie constamment sur le bouton « Avance Rapide » !

Tof : Et c'est toi qui a composé les chansons de la série...

Rikki Beadle-Blair : Tu les aimes ? (Rikki sort un cd de son sac) La B.O. est sortie en mars 2003, en voici une copie !

Sur la jaquette, je reconnais mon personnage préféré parmi les comédiens (blond évidemment !)

Tof : Whaou Bambi ! It's my « chouchou » you Know ?

Rikki Beadle-Blair : (Gros éclat de Rire) Oui, tout le monde l'aime beaucoup . Il chante Free To Be Lonely avec moi sur le CD !

Tof : Il y a un truc qui m'a frappé dans la série, ce sont les représentations « extrêmes » des parents. Tu montres aussi bien des parents très peace and love et presque envahissants avec leur fils Bambi, que des parents qui n'acceptent pas forcément l'homosexualité de leur fils. Où te situes-tu là-dedans ?

Rikki Beadle-Blair : C'était pour montrer que tous les enfants sont embarrassés par leurs parents. Ils ne sont jamais contents d'eux, ce qui représente une certaine gêne, voire une honte.

Tof : L'inverse est vrai aussi, par exemple lorsque les parents veulent imposer un avenir à leurs enfants...

Rikki Beadle-Blair : Les familles, aussi libérales soient-elles, ont toujours déjà un avenir prédéterminé pour leurs enfants. Oui, tous les parents font ça, et pas seulement les parents homophobes. Ils essaient toujours de contrôler leurs enfants. J'ai voulu montrer deux teenagers gays, avec des styles de vie très différents, car dans tous les shows télévisés, il y a un seul jeune gay, ce qui donne une représentation trop réductrice de l'adolescent gay... Dans Metrosexuality, j'ai voulu montrer deux amis avec une vie très différente et des parents assez opposés. De cette façon, les jeunes gays qui verront la série, sauront qu'il n'y a pas une seule façon de vivre sa sexualité. Moi j'aime l'idée de la diversité !

Tof : Tu abordes le thème de la prévention de manière assez originale. D'abord parce qu'elle est décrite au sein d'un couple lesbien, et puis tout simplement parce que le moyen utilisé est une digue dentaire, qui peut être utilisée qu'on soit hétéro, bi, gay, lesbienne ou transgenre…

Rikki Beadle-Blair : C'était important pour moi de montrer que tout le monde est concerné par la prévention, et d'une manière amusante si possible ! Cela peut tout à fait être abordé de manière relax !

Tof : Le thème général de la série, c'est le droit à la liberté. Mais pourtant les personnages me semblent prisonniers de leur mode de vie. Cela se voit aussi bien au niveau de leurs vêtements - ce sont de véritables fashion victims - que dans l'utilisation forcenée des téléphones portables.

Rikki Beadle-Blair : Oui, il y a sûrement une contradiction. Mais pour moi, le mobile est plus une liberté qu'une contrainte. Il ne t'empêche pas de vivre, car tu peux parler en même temps que tu fais autre chose, aider un ami qui galère à des kilomètres par exemple...

Tof : Dis-moi, en faisant un parallèle avec les Chroniques de San Francisco, ton rôle c'est Madame Madrigal ? Tu aides tout le monde comme si c'était une mission !

Rikki Beadle-Blair : (Rikki éclate de rire) C'est exactement ça ! Mais je suis un peu comme ça dans la vie aussi...

Tof : Y aura-t-il une suite à Metrosexuality ?

Rikki Beadle-Blair : Je ne sais pas, mais je vais faire d'autres films. J'en prépare un actuellement et ton « chouchou », Bambi, en sera la star. Mais ce sera très différent : un autre style de coupe de cheveux, d'autres vêtements, bref une histoire très éloignée de Metrosexuality. On y retrouvera aussi d'autres acteurs de la série...

Tof : Une question pour conclure. Le message que tu voudrais que les internautes de CitéGay et de Les Toiles Roses retiennent en voyant Metrosexuality, ce serait quoi ?

Rikki Beadle-Blair : (silence d'une minute) Love Is Everything ! Le plus important c'est l'Amour !

Tof : Merci beaucoup pour cet entretien très agréable Rikki... Et à Bientôt !

Rikki Beaddle-Blair : Si tu me fais une bise, je ferai la même chose de ta part à Bambi !

Allez hop, on en fait trois, ça ne mange pas de pain ! Décidément, Rikki aura vraiment été charmant jusqu'au bout, et je sais que je regarderai désormais Metrosexuality avec encore plus de plaisir. J'espère que vous aurez été aussi sensibles que moi à ce personnage si attachant ...
Pour écrire à Rikki :
rikkibb@aol.com
Il adore recevoir vos réactions... même si il ne comprend pas le français.

Un grand merci à toi Tof pour ta gentillesse et je te prends au mot pour la prochaine interview de Kim Wilde. Bises (Note de Daniel).

Par TOF & Daniel C. Hall - Publié dans : TV : La Lucarne Rose
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Vendredi 30 janvier 5 30 /01 /Jan 12:48

« Je prendrai le jour venu les positions que je souhaite (...) Ça ne veut pas dire que je n'ai pas d'avis [ni que j'ai] des positions rétrogrades sur le sujet (...) Je m'exprimerai quand je l'estimerai politiquement nécessaire (...) C'est à moi de décider politiquement sur quel thème je m'engage, sur quel thème je réponds et sur quel thème je fais un vrai combat. Mais je ne suis pas un militant communautariste. Ma seule communauté, c'est la France » Roger Karoutchi, à propos du mariage gay, interview sur i-Télé, 28 janvier 2009.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 29 janvier 4 29 /01 /Jan 16:32
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Mercredi 28 janvier 3 28 /01 /Jan 07:47
    


Fiche technique :

Avec Ben Silverstone, Brad Gorton, Charlotte Brittain, Stacy A. Hart, Kate McEnery, Patrick Nielson, Tim Harris, James D White, Jacquetta May, David Lumsden, Morgan Jones, Louise J. Taylor et David Elliot. Réalisé par Simon Shore. Scénario de Patrick Wilde, d’après sa pièce de théâtre. Directeur de la photographie : Alan Almond. Monteur : Barrie Vince. Compositeur : John Lunn.
Durée : 110 mn. Disponible en en VO et VOST.



Résumé :
Steven (Ben Silverstone, déjà aperçu dans Leçon de la vie et dans le Lolita de David Lyne où il interprétait Humbert jeune), 17 ans, est un collégien typiquement british de la classe moyenne comme les autres. Tout dans l’univers de Steven est moyen : l’école, le boulot du père (commerçant moyen), la ville même où se déroule l’action (Basingstoke, ville neuve en plein Essex, qui rappelle plus les banlieues résidentielles américaines qu’une traditionnelle bourgade anglaise). Mais Steven a une originalité: il est homosexuel. Il vit assez bien son homosexualité en allant draguer dans les parcs. Seule sa meilleure amie est au courant de sa vie sexuelle et lui sert à la fois de couverture et de confidente consolatrice. Tout allait presque bien jusqu’au jour où il rencontre, ô surprise, dans les WC publics où il trouve ses partenaires de passage, John (Brad Gorton), le champion sportif de son collège, un plaboy tombeur de filles qui se révèle être un gay honteux. Steven tombe amoureux de John et John de Steven. Mais si Steven veut vivre leur passion au grand jour, John exige la clandestinité et leur liaison secrète sera une épreuve pour Steven, épreuve dont il sortira renforcé, en paix avec lui-même après avoir annoncé à tous sa différence, mais néanmoins meurtri. Le passage de l’adolescent gay à l’homme homosexuel aura été pour le moins douloureux...

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L’avis de
Bernard Alapetite :
Le film commence par une très bonne idée : la fausse piste, le premier amour n’est pas celui que l’on croit. Il dénonce d’emblée l’hypocrisie des mecs qui se cachent derrière leur copinesou leur femme pour sauver leur réputation. L’intervention de la police nous rappelle certaines lois anglaises homophobes (et les craintes qui y sont associées). Autre belle idée, le texte anonyme écrit par Steven et qui donne son nom au film (Get Real). Texte en opposition avec la dissertation bien appliquée et impersonnelle qui fait l’admiration de son lycée. Cette reconnaissance publique envers un garçon qu’il n’est pas en réalité déclenche le début d’une révolte contre l’hypocrisie générale et l’obligation de toujours feindre le rôle du fils et de l’élève irréprochables. Mais peut-être que la plus belle trouvaille du film, qui est sans doute un héritage directe de la pièce, est de faire décrire la scène la plus érotique du film au lieu de la montrer. Par ailleurs, on peut trouver la représentation du sexe à l’écran trop sage même si l’on comprend pourquoi : ne pas effaroucher pour que le message de tolérance soit accessible au plus grand nombre.



Comme un garçon est un film assez riche pour réveiller le souvenir de bien des films. Il possède la même tonalité roborative que Beautiful Thing auquel il fait beaucoup (trop ?) penser, bien que situé dans un milieu social très différent : la classe moyenne, curieusement peu explorée par le cinéma anglais actuel qui aurait tendance à nous faire croire que le royaume n’est peuplé que de chômeurs alcooliques. Néanmoins la parenté avec Beautiful Thing est très claire. Même volonté de dédramatiser, de positiver, d’aider à l’identification des spectateurs. Il y a là un côté militant manifeste qui n’est jamais appuyé sauf peut-être dans la scène du coming-out public du joli Steven qui, très efficace, joue sur l’émotion et renforce l’empathie que l’on a avec le garçon. Si sa prestation nous va droit au cœur c’est qu’elle s’adresse à tous ceux qui ont souffert dans leur adolescence (c’est-à-dire à peu près tout le monde) de ne pas se sentir au bon endroit au bon moment. La difficulté d’être homosexuel est ainsi mise au niveau du plus grand nombre : il s’agit d’être bien dans sa peau. Le titre original, bien meilleur que le ridicule titre français,Get Real veut dire: être soi-même, authentique. Telle est la morale de cette histoire.

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Le film est aussi un peu le positif du film hollandais To play or to die qui a le même point de départ : un garçon timide est amoureux du beau macho de sa classe. Simon Shore sait au bon moment faire intervenir l’humour pour alléger le ton du film. Les dialogues particulièrement spirituels revendiquent leur statut d’adaptation théâtrale. Le tour de force est que c’est complètement réussi. Ils sont à la fois très écrits et fluides. L’exact contraire de ceux de Grande école, autre film gay adapté d’une pièce mais dont l’empesé des dialogues rend inaudible les propos. Par son coté lisse et compétent, bluffant pour un premier film, il est également caractéristique d’un mouvement de mise en scène éminemment judicieux, dont Quatre mariages et un enterrement a symbolisé l’apogée. Sans jamais oublier l’humour avec légèreté Comme un garçon aborde des sujets aussi sérieux que scabreux comme le regard que l’on porte sur soi, le regard que l’on a sur les autres, le courage d’être ce que l’on est, la solitude, l’incommunicabilité et... les glory hole. On se dit qu’il est tout de même bien dommage que le scénario n’évite pas le poncif de la bonne copine confidente, caricature de la fille à pédé évidemment grosse et moche.

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Si le film pâtit d’une mise en scène un peu molle surtout dans son deuxième tiers, il bénéficie en revanche d’un dialogue toujours juste et d’une interprétation remarquable, jusque dans les plus petits rôles, qualité qui est l’apanage du cinéma britannique. Plus rare dans ce cinéma, l’image lumineuse du film sert ici au mieux les acteurs.
Le délicieux Silverstone happe les regards dès son apparition à l’écran. Sans jamais avoir suivi un quelconque cours de comédie (lors du tournage, il était étudiant en littérature anglaise à Cambridge) et se déclarant hétérosexuel (quel crève-cœur !), ce fils de bonne famille investit son personnage avec une décontraction naturelle, captant sa complexité avec un professionnalisme évident. On ne peut qu’être d’accord avec Pierre Murat qui écrivait dans Télérama lors de la sortie en salle : « La plus grande qualité du film est l’interprétation. Ben Silverstone est drôle quand il faut, émouvant dans les passages les plus convenus. Sa présence et son intensité lui font éviter tous les pièges. Il est remarquable. » Depuis, Ben Silverstone, tout comme Brad Gorton, ne sont apparus que furtivement à la télévision anglaise. Simon Shore qui vient de la télévision, a, en 2004, tourné Things to do before you’re 30, puis en 2005 You don’t have to say you love me. Ces deux films ont également pour scénariste Patrick Wilde.

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Ce film, comme Beautiful Thing, est tiré d’une pièce à succés What’s wrong with angry ? de Patrick Wilde, écrite dans les années 70. Ce qui explique le ton quelque peu décalé du film dans lequel jamais n’apparaissent les mots sida et préservatif. Mais loin d’être un inconvénient, cette intemporalité en renforce le propos. Même si le film a modernisé la pièce, il ne se veut pas naturaliste mais romantique, ce qui est bien trop rare dans le cinéma gay et fort agréable pour une fois.
Peu de films décrivent avec une telle justesse le trouble de se découvrir tel que l’on est et tels que sont les autres, un grand moment d’émotion à faire partager.
Comme un garçon a été primé au Festival du cinéma britannique à Dinard en 1999 où il a reçu le prix du public et celui du jury ; il a obtenu aussi le prix du public au festival d’Edimbourg.
Chers professeurs, il existe un dossier pédagogique adapté aux élèves de 6ème permettant de présenter l’homosexualité à vos élèves, voir: www.grignoux.be/dossiers/126


Comme un gaçon
est édité par la firme néerlandaise Homescreen en VO avec des sous-titres français. Malheureusement, il n’y a que peu de bonus, seulement la bande annonce du film. L’habillage du DVD est d’une pauvreté affligeante et les sous-titres français sont truffés de fautes d’orthographe.
Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 27 janvier 2 27 /01 /Jan 08:53
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 27 janvier 2 27 /01 /Jan 07:17

« Si je devais être honnête, il y avait une voix homophobe au fond de moi, qui m’a déconseillée de le faire. Mais il y a aussi de la peur. Je me disais qu’est ce que les gens vont penser (...) D’autre part,  je me disais que j’allais embrasser Ewan [McGregor]. Mais, au final, c’est une histoire d’êtres humains, si impérieux, si intéressants et si différents. Je ne regrette pas de l’avoir fait. » Jim Carrey, présentant son film Yes Man dans le cadre du festival de Sundance (janvier 2009).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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