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Mardi 27 janvier 2 27 /01 /Jan 07:10

« [Le Pacs est une] loi absolument désastreuse, qui torpille la famille (...) »
« Qu'en ayant fait un certain choix de vie – car l'homosexualité est un choix –, on ait les mêmes avantages que ceux qui font un choix de vie qui manifestement est davantage facteur de stabilité et de développement pour la société, ce n'est pas normal, ce n'est pas juste (...) »
« [Le mariage est] une institution qui consolide le tissu social, qui est fondé sur l'idée que le lien entre les demandes d'un couple doit être le plus continu possible, et qui sert essentiellement à ce que des enfants naissent et soient élevés au sein du couple. »

À propos des maires qui célèbrent des cérémonies de Pacs en mairie : « Ce qui me scandalise profondément, c'est que des maires ont l'inconscience, l'irresponsabilité de mettre sur le même plan un acte fondateur du lien social et de la cellule de base de notre société, de notre République et un accord entre deux personnes qui trouvent juste leur intérêt. » Réponse de Christian Vanneste, député UMP, à la question "Pacs et mariage font-ils bon ménage ?", Le Journal du Dimanche, 26 janvier 2009. Lire l'article.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 27 janvier 2 27 /01 /Jan 07:04

« Pour les hétérosexuels qui ne veulent pas se marier, cela permet d'avoir une vie en commun légalisée. Et les personnes du même sexe qui le souhaitent peuvent vivre ensemble dans un cadre sécurisé sans avoir à se cacher. C'est une bonne formule qui sort les homosexuels d'une forme de clandestinité insupportable. » Réponse de François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon, à la question "Pacs et mariage font-ils bon ménage ?", Le Journal du Dimanche, 26 janvier 2009. Lire l'article.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 26 janvier 1 26 /01 /Jan 13:12



CHANGER DE REGARD


Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 




« La vraie découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à changer de regard. »

Marcel Proust

 

Parfois on dit d’une personne qu’« elle a de l’imagination ». S’ils devaient me définir, je pense que c’est ce que ma famille et mes amis diraient de moi. Elle a de l’imagination. Déjà quand je n’avais que quelques années, entre 5 et 6 ans, notre médecin de famille avait fait la remarque à ma mère, alors que je jouais toute seule dans un coin du cabinet pendant qu’il auscultait mon petit frère, que je devais avoir une vie interne très riche. Il ne se doutait pas à l’époque de la justesse de son propos. Je crois d’ailleurs que c’est un peu mon problème. Pourquoi donc vivre dans la réalité ? Dans cette réalité ?

J’ai été élevée dans un monde où les Princes réveillaient les Princesses endormies d’un chaste baiser, où les vaillants petits tailleurs terrassaient les géants et où les méchantes et cruelles marâtres ne pouvaient rien contre la pureté et la gentillesse de leurs belles-filles. Ma mère adorait les contes, elle nous en racontait tous les soirs sur le canapé du salon. C’était notre moment privilégié. Depuis, j’ai toujours gardé cette habitude de me raconter une histoire avant de m’endormir.

Quand j’étais enfant, j’adorais tout particulièrement quand on prenait la voiture pour aller voir mes grands-mères. Une heure de route pour l’une, deux heures pour l’autre. L’occasion de rêver, bercée par le ronronnement du moteur, et de m’évader dans un autre monde avant de sombrer dans un profond sommeil. Même si je m’endormais souvent un quart d’heure à peine après le départ, j’avais tout de même le temps de voir ce panneau de signalisation.

 

 

J’étais petite… J’étais rêveuse… Je ne savais pas lire.

Je ne voyais pas sur ce panneau une voiture qui dérape. Non. Il m’aura fallu attendre d’avoir 18 ans et le permis pour la voir enfin cette voiture qui dérape.

Sur ce panneau j’ai vu et je vois encore, parfois, un homme de profil avec un très gros nez, un cou gracile et un chapeau sur la tête. Ce chapeau si étrange qu’il me rappelait les Russes que l’on voyait à la télévision. Je n’ai jamais demandé la signification de ce panneau. Je n’ai jamais demandé non plus ce qu’il représentait. Mes petits frères se sont chargés de le faire à ma place. Mais ce dont j’étais certaine, c’est que je ne voyais pas la voiture qui dérape. Non. J’avais beau la chercher du regard, scruter et fouiller au plus profond du dessin, je ne la voyais pas. Même en me concentrant longtemps, cela me paraissait impossible.

 

 

Quelques années plus tard, j’ai su lire mais ce panneau est resté un Russe, de profil, avec un gros nez.

Je savais que j’aurais dû voir une voiture. Je savais que je ne voyais pas « normalement », pas comme il fallait. Peu m’importait, ce panneau était le mien, il restait à moi. Il restait mon secret. Je connaissais sa signification réelle et je la comprenais, mais mon regard s’obstinait à me montrer autre chose.

J’ai fait la conduite accompagnée. J’ai eu le code à 16 ans toujours sans voir cette fameuse voiture qui dérape. J’avais mon bonhomme de profil à qui je souriais parfois. Il était là. C’était juste lui et moi.

À 18 ans, j’ignore ce qui s’est passé, j’ignore d’où c’est venu… Le permis, le bac, l’entrée dans la vie adulte, je ne sais pas. Toujours est-il qu’un jour je conduisais seule et mon Russe a disparu. À sa place j’ai vu la voiture qui dérape. J’ai été surprise parce qu’en fait elle avait toujours été là finalement, même si je ne la voyais pas vraiment. Mais mon Russe, mon Russe au gros nez, moi je l’aimais. Je voulais le retrouver. Pendant deux ans, j’ai alterné entre les deux visions que j’avais de ce panneau.

Aujourd’hui, je vois la voiture qui dérape. Mais quand je me concentre, mon bonhomme de profil au gros nez et au cou gracile réapparaît. Et je lui souris alors, comme le faisait l’enfant que j’étais il y a quelques années…

 

Isabelle B. Price (03 Janvier 2009)


Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Dimanche 25 janvier 7 25 /01 /Jan 11:47

Visuel : (c) GayClic

Les Snyder (alias la Famille Foldingue) presque au grand complet, c'est rare... Notez la présence de 3 "super couples" du monde des soap-opéras : Lily & Holden, Jack & Carly (actuellement séparés), Luke & Noah (idem)... Pour Lucinda & Brian, j'ai comme l'impression qu'ils ne sont pas prêts d'obtenir le statut de "super couple".
Amusant. Sur cette page de fan, dans "Vidéos", 4 clips d'auditions de Jake Silbermann ("Jake auditions as..."). On est très loin de Noah...
http://www.youtube.com/user/NoahandNukefan
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 24 janvier 6 24 /01 /Jan 12:19

Visuel : (c) GayClic

Celui où l'on apprend qu'Olli est Clark Kent : il a le temps de rouler une pelle à Coco, de plier des serviettes chez Schneider et même peut-être de rendre visite à Olivia à l'hôpital mais quand il retrouve ses colocs ils en sont toujours au petit déj (entre autres activités...). Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 23 janvier 5 23 /01 /Jan 19:02

« Je le dis de manière naturelle. J'ai un compagnon et je suis heureux avec lui. Comme je suis heureux, je ne vois pas pourquoi il faudrait que je cache mon homosexualité », Roger Karoutchi, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, in L'Optimum et l'AFP, puis sur TF1, vendredi 23 janvier 2009. Il est le premier ministre de l'histoire politique française à faire son coming-out.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 22 janvier 4 22 /01 /Jan 10:48



(5.02)


(c) D. R.


À l’heure où je rédige ces lignes, je souffre de divers bobos (ou de « bobos d’hiver ») qui me rendent la vie inconfortable. J’ai le souvenir d’avoir connu semblables symptômes l’an dernier, après le retour de mes premières vacances hors Caribouland. Bref, j’ai l’impression désagréable de me désagréger, ou si vous préférez, de tomber en morceaux. Rendez-vous est pris avec une doctoresse pour le contrôle technique de mon corps. On va checker la carrosserie, vérifier le niveau d’huile, le moteur, le carburateur et tout le toutim. Ça ira mieux après, enfin j’espère… Sinon, cette saison sera la plus courte de l’histoire de la série.

— Et revoilà la Drama Queen ! allez-vous dire. Peut-être bien. Dîtes-vous seulement, et souvenez-vous en si toutefois vous avez connu ce sentiment, qu’être seul pour affronter la vie et, éventuellement, la mort, n’est pas chose facile. C’est peut-être plus facile d’affronter la mort tout seul, car on meurt toujours seul, même si pour cette occasion unique on est entouré. Exception faite des kamikazes qui se font exploser sur les marchés de Bagdad, enfin vous me comprenez. Mais la vie…

Zanzi, anachorète hypocondriaque et grognon. Je reconnais que ce n’est pas très vendeur. Qui pourrait bien vouloir d’un tel spécimen ? Et avec, de surcroît, la garantie limitée. On est en période de crise. Si je ne suis pas bon pour la casse, j’offrirais une prime à tout nouveau conducteur qui voudrait bien m’essayer. Cependant, je reconnais qu’il vaudrait mieux un fringant trentenaire déjà expérimenté pour me conduire sur le droit chemin. Expérimenté mais un peu accidenté, lui aussi. Ainsi nous pourrions soigner mutuellement nos blessures…

 


Si l’on part du principe que mes maux sont essentiellement d’origine psychique, il faut que je les exprime avec des mots. À défaut de confesser mes turpitudes et mes tourments à un docteur de l’âme, je vais les confier à mon public. Zanzi and the City sera donc mon divan. Bon, j’entends déjà des soupirs et quelques récriminations. Prétendrez-vous ne pas aimer que je vous entrouvre les portes de mon intimité, une fenêtre sur mon jardin secret ? Mais vous aimez aussi les savons, n’est-ce pas ? Et les crooners ! Il y en aura. Et puis peut-être aussi que je vais aimer autre chose, ou quelqu’un… Dans la nuit indolente, trop blasé et déçu, j’attends l’inattendu qui saura me surprendre.

Ma vie aussi peut changer. Après tout, aujourd’hui n’était-il pas le jour de l’investiture du président Obama ? Je ne pense pas qu’il changera le monde, mais il est la preuve que les choses changent. Douloureuse gestation, (trop) lente mutation, mais au bout, il y a quelque chose de nouveau. Peut-être toi, peut-être nous. Comme il m’apparaîtrait singulier d’employer un jour la première personne du pluriel ! Mais ce serait un délice doux comme le miel.

Une saison pour guérir de tout ce qui me fait mal, ou une saison en enfer ? Rimbaud, sors de mon corps ! Je n’ai plus dix-sept ans mais je ne suis toujours pas sérieux. Or il faudrait que je me décide à devenir un adulte responsable. Monsieur le Juge, je plaide coupable. S’il vous plaît, accordez-moi une remise de peine et la force de ne plus céder à mes vilains défauts. Brève plaidoirie, début de thérapie. Dehors, la nuit tombe ainsi que la neige. Demain, semble-t-il, il devrait faire beau.

 

Zanzi, le 20 janvier 2009.



Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Lundi 19 janvier 1 19 /01 /Jan 02:25


Fiche technique :
Avec Sergueï Tsyss, Youlia Svejakova, Igor Dmitriev, Tatiana Samoilova, Boris Nevzorov, Alexandre Berda, Lambit Ulfsak, Ivan Schelbanov et Tatiana Scheliga. Réalisateur : Igor Minaiev. Scénario : Igor Minaiev & Olga Milkhaïlova. Image : Vladimir Pankov. Montage : Svetlana Ivanova. Musique : Vadim Cher. Décors : Serguei Khotimsky & Oksana Medved.
Durée : 140 mn. Actuellement en salles en VOST.



Résumé :
URSS, fin des années 80 (?). Un couple de vieux artistes soviétiques est assiégé dans sa datcha par une meute de journalistes. Ils ne comprennent pas pourquoi. Il s'agit de Constantin Dalmatov (Sergueï Tsyss), réalisateur de films à succès sous Staline, et de sa femme, Lidia Poliakova (Youlia Svejakova), qui était aussi l'actrice principale de ses œuvres. Pris de panique, croyant que l'on vient les arrêter, ils commencent alors à brûler les photos de leur passé glorieux... De la fumée des images détruites ressurgissent les souvenirs... Au début des années 30, Konstantin Dalmatov, jeune réalisateur, revient en URSS après un séjour aux États-Unis avec son amant, le célèbre cinéaste Alexandre Mansourov. Leur liaison est découverte par les autorités qui obligent Dalmatov à collaborer. En échange, celui-ci obtient le droit et les moyens de tourner les comédies musicales dont il rêve. Après la mort mystérieuse de son compagnon, Dalmatov épouse Lidia Polyakova (dont le modèle est probablement Lioubov Orlova), pour dissimuler son homosexualité. Ce mariage de façade leur permet de construire ensemble leur succès, au point de devenir un couple mythique de la « Hollywood rouge ». Dalmatov fabrique des comédies musicales faisant l’apologie du régime, du métro... avec toujours en vedette Lidia. Malgré la terreur qui s’abat sur le milieu artistique, le couple bénéficie de nombreux privilèges de la part de l’État soviétique, car le premier film de Dalmatov plaît à Staline. L'un et l’autre sombrent alors dans un désespoir qui les mènera à des dérives et des expériences malheureuses. Mais ces épreuves vont aussi les rapprocher, au point de créer une véritable intimité...



L’avis de Bernard Alapetite :
D’emblée, il faut dire (malgré les très nombreuses réserves que j’ai à son égard) que Loin de Sunset Boulevard est un film passionnant. Mais son titre est cruel pour lui, le film fait référence à Sunset Boulevard, mais Igor Minaiev – à la vision de ce film qui est le seul que j’ai vu de ce réalisateur – est loin d’avoir le talent de Billy Wilder.
Loin de Sunset Boulevard s’inspire de la vie du réalisateur soviétique Grigori Aleksandrov, ici Constantin Dalmatov, qui commença sa carrière comme acteur dans les films d’Eisenstein (dans ce film c’est Mansourov), dont Le Cuirassé Potemkine et puis il devint son assistant et monteur. Mais il était aussi l’amant du grand cinéaste. Igor Minaiev s’explique sur son choix scénaristique : « Le problème était le suivant : si on fait des personnages complètement inventés, ce ne sera pas crédible. Quant à faire un film biographique, je ne le voulais pas. »



Pourtant, le spectateur un peu averti de l’histoire du cinéma – dès qu’il entend la radio annoncer le retour après un long séjour en Amérique du célèbre réalisateur Mansourov, accompagné de son assistant Konstantin Dalmatov – comprend immédiatement que Mansourov est Eisenstein ; que Dalmatov est Grigori Aleksandrov (1903-1983), auteur de comédies qu'adorait Staline (Les Joyeux Garçons, Volga Volga), comédies suffisamment réussies pour avoir traversé le temps. Les deux hommes sont effectivement rentrés en URSS en 1932 (c’est cette date qu’il faut prendre comme début de la fiction si l’on veut bien comprendre l’intrigue, mais malheureusement elle n’est pas donnée par le cinéaste), après un séjour de plus de deux ans aux États Unis et au Mexique. Mais aussitôt le réalisateur brouille habilement les pistes ; il montre des différences avec les faits réels, comme par exemple l’âge de Mansourov (le double au moins de celui d’Eisenstein, trente-quatre ans, à l’époque de son retour). Ensuite, en le faisant mourir peu après son arrivée à Moscou, soi-disant en 1933, alors qu’Eisenstein n’est mort qu’en 1948, et il n’avait alors que cinquante ans ! Ce flou chronologique est une fausse habileté du réalisateur car si elle lui permet plus de souplesse, comme d’éluder la guerre de 39-45, elle jette un trouble constant chez le spectateur qui a parfois le sentiment de se trouver dans un monde parallèle faisant perdre de la force critique au film.



Dalmatov s’est transformé en metteur en scène « officiel » du cinéma stalinien alors que Mansurov a été quasiment détruit par le régime... Minaiev met très bien en exergue la schizophrénie des personnages contraints constamment de jouer un rôle, et pas seulement sur scène, celui du patriote heureux gonflé d’optimisme alors qu’en réalité ils sont désespérés et crèvent de peur. Le réalisateur donne une juste idée du quotidien des artistes car pour s’assurer le contrôle du cinéma, on voit bien que le pouvoir ne recule devant aucun moyen : pression, chantage, délation, surveillance de la vie privée, biens luxueux qu’on peut retirer à tout moment. Voilà un film très instructif sur l’Union Soviétique de l’époque stalinienne. Il aborde plusieurs sujets (trop?) : le cinéma de ce temps-là, la censure, l’homosexualité (sur l’homosexualité en URSS, il faut voir absolument La Folle de Brejnev de Frédéric Mitterrand [à propos si quelqu’un en a une copie qu’il pense à moi...]), l’alcoolisme... mais malheureusement pas toujours avec légèreté.



L’ambition du film est de nous faire vivre l’emprise du stalinisme de l’intérieur ; il donne une image, certes partielle, mais tout à fait réelle de ce qu’était le cinéma soviétique dans les années trente avec la remise en cause des avant-gardistes et la naissance du « réalisme socialiste » avec la mise en place d’une censure omniprésente et la destruction du Pré de Béjine, avec le désir du pouvoir de créer un Hollywood soviétique mais en même temps de contrôler l’élaboration de chaque film depuis l’écriture du scénario jusqu’à la fin du montage. Époque qui, malgré la censure et grâce au talent et à l’obstination de dizaines de Dalmatov, a vu néanmoins la réalisation de grands films. Malheureusement, il n’y parvient pas complètement, tout du moins pour un spectateur français. Paradoxalement, il n’est pas assez didactique pour cela. Et puis son héros est trop veule pour être le grand cinéaste qui nous est présenté, tout du moins on voudrait le croire…



Le film manque de rythme, les séquences sont trop longues ou trop courtes mais n’ont que rarement le bon tempo ; pourtant, on ne s’ennuie jamais dans ce film fleuve. Les acteurs (mis à part les deux rôles principaux ; Sergueï Tsyss est remarquable) jouent beaucoup trop gros, trop théâtre pour le dernier rang. Les artistes, à la fin de leur vie vus au début et à la fin du film, sont interprétés par Igor Dmitriev et Tatiana Samoïlova, célèbres acteurs en Russie.
La musique, trop présente, surligne et souligne lourdement les actions. Certaines scènes sont peu crédibles, comme la scène de l’avortement clandestin où Lidia mord une serviette de ses lèvres carminées (pour l’empêcher de crier) chez une faiseuse d’anges dont le voisin est à l’écoute pour la dénoncer. On retrouve Lidia, le soir même, dans son appartement saoule mais en forme, vêtue de sa petite culotte de soie blanche et sa robe rose immaculée ! Si on a un peu de peine à voir les extraits des comédies musicales tournée par Constantin Dalmatov et à comprendre comment ce dernier acquiert une telle notoriété (mais sans doute n’ai-je pas les mêmes goûts que Staline !), ils sont remarquablement insérés dans le déroulement du film et procurent d’utiles respirations. Par contre, le réalisateur ne parvient pas à tenir deux de ses partis pris formels : celui de la voix off de Dalmatov, commentant les évènements qui n’arrivent qu’au milieu du film, et l’insert d’images d’époque ou censées être d’époque que l’on ne voit qu’au début. Ce qui aurait été pourtant une bonne idée donnant la possibilité de situer le film chronologiquement. En effet, nous savons juste que cette histoire se passe sous Staline mais rien de plus, aucune date précise ne nous est donnée.
Seuls les deux personnages principaux sont fouillés mais curieusement pas leur relation ; les personnages secondaires sont tracés à gros traits. Encore un film dont l’ambition scénaristique peine à tenir dans la durée d’un film standard.



Le générique est très réussi mais intrigant. Il nous montre un pianiste qui s’amuse avec un tout petit homme, un marin, dansant sur le piano au son d’une mélodie entraînante. Le pianiste est-il une représentation de Staline ? Le marin est-il une icône gay ou un clin d’œil au Cuirassé Potemkine ?
Les chorégraphies (dirigées par Elena Bogdanovitch) sont intéressantes et les costumes très réussis, je n’ai trouvé aucun anachronisme dans les décors qui font très vrais, que ce soit un plateau de cinéma ou un appartement moscovite d’un membre de la nomenklatura ou d’une avorteuse. Ceci dit, ma connaissance visuelle de ces lieux et de cette période est des plus réduites… mais on y croit.
Le film s’inscrit dans la lignée de beaux films sur le cinéma, souvent curieusement mal aimés comme Laissez-passer de Tavernier ou Le Dernier nabab d’Elia Kazan, et plus particulièrement de ceux qui revisitent le passé du cinéma à travers des personnages mythiques que l’on retrouve : bien sûr Sunset Boulevard mais aussi les deux chefs-d’œuvre du cinéma asiatique que sont Center Stage de Stanley Kwan et l’animé de Satoshi Kon, Millennium Actress.
Igor Minaiev, né russe en 1954 à Kharkov, est aujourd'hui français. Déterminé depuis toujours à évoluer dans le monde artistique, il entre à l'Institut national du théâtre et des arts à Kiev, puis commence sa carrière à Odessa, à l'époque de la Perestroïka. Cette période de sa vie est d'ailleurs représentée dans deux de ses longs métrages : Mars Froid et Rez-de-chaussée, deux sélections à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. À la fin des années 1980, le cinéaste s'installe en France, où il travaille et signe trois films : L'Inondation avec Isabelle Huppert ; Les Clairières de lune, produit par Joël Farge et Loin de Sunset Boulevard. À côté de sa carrière de cinéaste, Igor Minaiev monte des spectacles, dont Les Nuits florentines d'après Tsvetaeva et enseigne à la Femis.



Serguei Tsyss est né en 1972 à Zapoliarny (Russie). De 1994 à 1999, il fait ses études à l’Ecole du MKHAT (atelier d’Oleg Tabakov) et à l’Académie Chtchoukine (atelier de Vladimir Ivanov), pour ensuite intégrer la troupe de « L’union des comédiens de la Taganka ». Il a joué dans les spectacles La Mouette (rôle de Treplev), L’Afghan (rôle du combattant), Colonel Oiseau (rôle du psychiatre).
Serguei Tsyss mène également une importante carrière musicale : il est auteur et interprète de ses compositions, qui lui ont valu plusieurs récompenses aux festivals de la chanson d’auteur russe, dont le prix du célèbre Concours de Vladimir Vyssotski. Le rôle de Constantin Dalmatov marque ses débuts au cinéma. Il est aussi son premier succès cinématographique pour lequel l’acteur a obtenu le Prix d’interprétation masculine au prestigieux festival du cinéma russe « Kinoshok », à Anapa.
On peut mesurer, sans pourtant tomber dans un optimisme béat, en regardant un tel film, le gouffre qui sépare la Russie de Poutine de l’URSS de Staline. Il reste néanmoins que Minaiev avoue avoir eu du mal à effectuer son casting, du fait de l'homosexualité de son personnage principal. Si l’homosexualité masculine, clairement énoncée, est au centre du film, elle n’est pourtant représentée à l’écran que par une tendre accolade entre Dalmatov et son maître, ainsi qu’un baiser fougueux de Dalmatov avec n funeste amant de passage. D’ailleurs, le générique de fin est là pour tempérer les enthousiasmes. Il exerce sa propre censure lorsque apparaît la phrase rituelle : « Toute ressemblance avec des personnages réels est purement fortuite ». Il n’est pas certain que ce soit uniquement de l’humour noir...
Il faut voir ce film qui vous instruira, comme peu d'autres y parviennent.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 18 janvier 7 18 /01 /Jan 11:35

Visuel : (c) GayClic

Ça ne vous rappelle pas un certain N. qui prétendait avoir fait une blague à ce cher L. ? Espérons que ça ne va pas évoluer de la même façon...
Vous voulez déjeuner avec Van & Jake ?
C'est possible. Participez aux enchères sur :
https://auction01.charitybuzz.com/secure/viewItemDetail.do?auction_item_id=84205&source=email_120108
Les fonds seront intégralement reversés à la True Colors Online Charity de Cyndi Lauper, qui soutient l'égalité des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 18 janvier 7 18 /01 /Jan 11:30

Visuel : (c) GayClic

Oui, y a un kiss dans cet épisode !
Mais j'ai pas dit entre qui et qui...
PROJECT HOLIDAY SPIRIT
Les fans américains de Luke & Noah organisent une collecte pour la lutte contre le sida, en hommage à Van Hansis et à Jake Silbemann.
http://support.broadwaycares.org/site/TR/PersonalOnlineFundraising/GeneralDonation?team_id=3000&pg=team&fr_id=1060
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 17 janvier 6 17 /01 /Jan 11:13

Visuel : (c) GayClic

Celui où l'on a un bisou... Poisson de janvier ! (Comment ? Ça n'existe pas ?) Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 16 janvier 5 16 /01 /Jan 11:48

Mon premier « Gai Pied »



Photographie officielle (c) Michel Valdrighi




par Laurent Gloaguen, capitaine du blog 
Embruns.net

 


[Pour débuter cette série dédiée aux meilleurs posts consacrés à l'homosexualité dans tous ses états, je suis heureux de vous proposer cet émouvant billet de Laurent (un des rares blogueurs que je lis chaque jour et que j'apprécie au plus haut point, même quand il m'agace avec génie !) qui va éveiller beaucoup de souvenirs chez chacun d'entre nous. Je voudrais le remercier sincèrement pour l'autorisation de reproduire cette tranche de vie, publiée à l'origine sur son blog le 5 janvier 2005, ainsi que l'accord de reprise de sa photo officielle. Longue vie et bonheur à notre Capitaine préféré ! (Note de Daniel C. Hall)]



C’était une grise et humide journée de février 1983, j’avais alors dix-sept ans. Cela faisait déjà quelques mois que j’en avais l’idée, mais je n’avais pas encore franchi le pas. Adolescent timide, je ne m’imaginais pas affronter le regard du marchand de journaux, ou, pire encore, essuyer un humiliant refus de vente “c’est interdit aux mineurs”. Les kiosques à journaux des années 80 ne ressemblaient pas encore à l’annexe d’un “sex-shop”, comme souvent aujourd’hui, et ce genre de littérature était généralement bien dissimulé des regards, il fallait connaître…

L’objet de mon désir était donc le seul journal gay de l’époque (hors quelques rares et coûteux magazines érotiques du style Jean-Paul ou Off). J’en avais entendu parler sur la toute nouvelle radio homosexuelle récemment autorisée d’émettre (1er octobre 1982), Fréquence Gaie, que j’écoutais en cachette le samedi soir. Ce journal un peu mythique, militant, qui avait recueilli le dernier entretien de Jean-Paul Sartre en 1980, et encore des textes de Michel Foucault, c’était le Gai Pied.

Il était hors de question que j’aille acheter mon premier Gai Pied au kiosque du boulevard Malesherbes, en bas de chez moi, presque en face du lycée. Les journaux L’Aurore, La Croix et Minute, placés bien en évidence, étaient des indices d’hostilité patente. En plus, c’était à côté du Café des Ambassades fréquenté par nombre d’élèves et de profs. Il m’était également impossible d’aller au marchand de la rue Jouffroy qui me connaissait bien pour une bonne décennie d’achats de Pif Gadget et d’images Panini.

C’était devenu une évidence, il fallait que je change de quartier, un endroit où personne de ma connaissance ne risquait de me croiser. Pratiquement, changer de ville… Ce fut donc Rive Gauche. J’ai dû mettre plusieurs semaines à repérer le bon kiosque, pas trop achalandé, pas trop discret sur l’affichage de la presse un peu légère.

Je trouvai mon bonheur au coin de la rue Saint-Jacques et du boulevard Saint-Germain, un kiosque tenu par un asiatique, juste en face d’une agence de voyages plutôt tranquille. Et, j’avais sans doute le sentiment que je risquais moins d’être moralement jugé, voire offensé, par un asiatique. C’était l’idéal.

Dois-je dire que j’ai dû mobiliser tout mon courage, que je sentais mes jambes molles ? Une condition également importante à mes yeux était qu’il n’y ait pas d’autre client, cela aurait risqué de me paralyser de stress — “Vous avez, heu, vous avez… vous avez le Journal de Mickey ?”. J’attendis donc en guet sur le trottoir d’en face. Il fallait trouver le moment idoine, aucun piéton aux alentours du kiosque, en parfaite synchronisation avec les feux tricolores, que ma trajectoire soit parfaite, sans hésitation, minutée avec précision.

Par anticipation, mes mains étaient trempées de sueur, je respirai un grand coup, aucun chaland potentiel à l’horizon, je traversai le boulevard d’un pas assuré, négociai un virage impeccable et me présentai, sûr de moi en apparence, dans la lumière vive du kiosque. “Vous avez le Gai Pied Hebdo ?”. Et l’asiatique impassible de commencer à fourrager un temps qui me paru infini, pour enfin extraire le périodique si longuement espéré. Je me sentis me décomposer intérieurement. “C’est 9 francs”. Je tendis mes 10 francs, ramassai ma pièce de 1, soufflai un merci, me retournai tout en glissant fébrilement le magazine sous mon blouson de cuir, sur la poitrine chaude et palpitante, et filai vivement, le cœur battant la chamade et l’esprit incroyablement soulagé, le visage heureux et battu par la bruine froide.

J’avais réussi. Le défi était relevé. Je brûlai alors de feuilleter mon nouveau trésor. Dans un café ? Jamais de la vie. Je remontai la rue Monge, le premier endroit qui me parut favorable fut les arènes de Lutèce, forcément désertes par ce temps. À l’abri d’une voûte quasi bimillénaire, je sortis mon trophée, et, émerveillé, je sentais qu’une nouvelle vie s’ouvrait à moi, un nouveau monde avec ses codes, ses repères, ses adresses. J’étais désormais un adulte.

Aujourd’hui, j’ai ouvert un vieux carton depuis longtemps oublié au fond d’un placard, et j’y ai retrouvé mon premier Gai Pied. Ça m’a fait comme un pincement. Et tout ce que je viens d’écrire m’est revenu comme si c’était hier.

Voici donc la couverture du Gai Pied Hebdo n° 56 de la semaine du 12 au 18 février 1983 :



J’y découvrais des signatures qui allait me devenir habituelles comme Frank Arnal, Hippolyte Romain, Renaud Camus, Pablo Rouy, Patrick Scemama, Roland Surzur, Tony Duvert, Jean Le Bitoux, Hugo Marsan, Dominique Fernandez, Daniel Guérin, Jean-Luc Hennig, Geneviève Pastre, Guy Hocquenghem, Gabriel Matzneff, Yves Navarre…

Les textes étaient généralement de plumes sûres et aguerries, il y avait des relecteurs, quantité de références culturelles étaient convoquées à tout bout de champ. Le Gai-Pied de cette époque face au Têtu d’aujourd’hui, c’est un peu le Monde Diplomatique comparé à Elle.

L’éditorial de ce numéro 56 :


De la décentralisation des pouvoirs.

Après de multiples péripéties, Fréquence Gaie a enfin obtenu sa dérogation. Non sans mal, il a fallu l’obstination de toutes les composantes de la communauté homosexuelle : individus, groupes, personnalités, mais aussi le soutien sans faille des auditeurs qui ont adressé des centaines de télégrammes à madame Cotta, ont manifesté dans les rues de Paris et écrit à leur député. Preuve qu’une liberté s’arrache et se défend en ne comptant que sur ses propres forces. On peut méditer sur le maigre soutien des autres radios libres, sans parler de l’indifférence absolue des média ignorant jusqu’à la manifestation du 22 janvier dernier.
Un autre enseignement est à tirer : à court terme, nous devons nous méfier de la décentralisation des pouvoirs. N’oublions pas qu’aux États-Unis, certains États condamnent encore la sodomie alors que d’autres financent les associations homosexuelles. Nous risquons de connaître ce type de situation avec l’avènement des nouveaux conseils régionaux. Bien sûr, ils n’auront pas le droit de légiférer sur les mœurs, mais gageons que certains d’entre eux feront tout pour gratifier leur électoral familialiste.
Depuis longtemps le pouvoir municipal lui-même contrôle la bonne moralité de la commune. Sait-on qu’un maire a le droit d’interdire un film s’il estime qu’il met en danger le bon ordre de la cité ? Les déclarations de Paul Quilès à Paris, de Michel Noir et Gérard Collomb à Lyon nous rassurent. C’est nouveau et encourageant. Des candidats de grands partis reconnaissent qu’on peut être homosexuel et citoyen. Mais accepteront-ils de faire connaître leur position ailleurs que dans Gai Pied ? Un proche avenir nous le dira.

Frank Arnal.


Et un sommaire alléchant :



Paul Quilès, candidat aux municipales de 83, disait : « Je citerai […] une réflexion de Jean-Louis Bory : “C’est l’égoïsme, la bêtise et la haine qui créent les ghettos”. Les homosexuels y sont enfermés depuis longtemps. Rude vie pour ceux qui, en butte aux brimades, aux railleries, à la haine, n’ont pas la chance de s’appeler Peyrefitte ou Cocteau. » Il dénonce aussi la chasse aux homosexuels organisée par l’administration Chirac et estime qu’il est normal de réfléchir à la reconnaissance du concubinage homosexuel. Michel Noir, candidat RPR à Lyon se défendait : “Faut pas nous prendre pour des tarés sur le plan de la morale”, et son adversaire, le socialiste Gérard Collomb : “Personnellement, je suis pas homosexuel, et c’est quelque chose que je conçois mal. Mais tous les régimes de persécution ont été des régimes anti-homosexuels, quelque soit la forme de dictature. La liberté forme un tout.”

J’apprenais que l’évêque d’Angers, Mgr Jean Orchampt, comprenait la souffrance des homosexuels. Un saint homme, assurément. On parlait aussi beaucoup de l’affaire du Coral, c’était bien avant Outreau, qui s’en souvient aujourd’hui… C’était assez obscur pour moi, cela faisait “Règlement de compte à OK Coral”. On parlait encore de “tricks”, sexualité furtive et débridée. Le journaliste, envoyé spécial à Romorantin, visitait les pissotières de la grande halle, nous gratifiait d’une photo des dits-lieux ornés d’un graffiti : “Mitterand vieille salope avec les juifs assassins”. Que faire d’autre à Romorantin quand on est pédé en 1983 sinon se suicider ? On ne parlait pas trop de poppers, mais plutôt d’encens liquide.

Des publicités m’ouvraient de nouveaux horizons :



D’autres étaient nettement plus explicites :



(Pour les petits jeunes, il faut savoir aussi que le quartier gay du Marais n’existait pas à l’époque, c’était principalement rue Saint-Anne que tout se passait : prostitution, quelque bars et surtout la discothèque-restaurant sélect “Le Sept”, héritière du “Pimm’s”, de Fabrice Emaer, où l’on croisait Diana Ross, Mick Jagger, Eartha Kitt, Andy Warhol, Yves Saint Laurent, Alain Pacadis, Karl Lagerfeld, Frédéric Mitterand, dont je devins rapidement un habitué. Mais, je vous raconterai tout ça un autre jour… si le cœur m’en dit.)

Et les fameuses petites annonces, moteur financier du journal, et qui lui avaient parfois fait frôler l’interdiction de diffusion, m’ouvraient de nouvelles aventures…



Et quand je découvre aujourd’hui les croix au crayon à papier sur certaines annonces, je frémis… Comme “JH est à la recherche d’un lycéen, jeune, beau et masculin de 15/17 ans pour amitié sincère et sorties : RDV tous les dimanches à 15 heures, métro Trocadéro, sortie avenue d’Eylau, quinze jours après parution. Signe de reconnaissance : le Quotidien de Paris.”

Après, le Gai Pied et moi, ce fut une longue aventure. Dans le numéro double 178/179 du 13 juillet 1985, j’avais alors 19 ans, apparaissait la signature d’un jeune photographe forcément talentueux et prometteur…



C’était donc dans un vieux carton retrouvé un dimanche. Après bien des aléas et avanies, le Gai Pied est mort en 1992.



P.S. Et, en 1985, je ressemblais à ça.

Par Laurent Gloaguen
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Jeudi 15 janvier 4 15 /01 /Jan 00:00



Fiche technique :
Avec Matthew Modine, Michael Wright, Mitchell Lichtenstein, David Alan Grier, Guy Boyd et George Dzundza. Réalisé par Robert Altman. Scénario de David Rabe. Directeur de la photographie : Pierre Mignot.
Durée : 118 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

L'avis de Jean Yves :
Réunir de force des hommes ou plutôt des « enfants », venus d'horizons divers suffit à provoquer un drame dans n'importe quelle intrigue. C'est l'histoire de Billy, Roger et Richie... tous différents, contraints de vivre comme s'ils étaient semblables.
L'état de guerre, quand de jeunes hommes partent pour des pays étrangers, pour se livrer à des « actes étranges » qui ne leur sont pas naturels, peut devenir le temps du courage et même celui du rire... Mais, quand la guerre est imminente, le courage n'est pas de mise et ce n'est certainement plus le moment de rire.
Quand Carlyle, l'intrus, fait irruption dans leur monde, il déclare que ce n'est pas le sien. Il finira par prouver que ce n'est un monde pour aucun d'entre eux. Les deux sergents de carrière, Cokes et Rooney, ayant déjà maintes fois vécu ce même discours, ne font que démontrer l'inanité de tous leurs efforts.

Streamers, c'est l'histoire d'hommes plongés dans cette situation. D'hommes qui ne savent pas quand il convient d'être courageux... ou de ne pas rire.
Streamers, intraduisible en français, veut dire littéralement : « flotter au vent » ; on le dit d'un parachute qui ne s'ouvre pas et dont le soldat est condamné à mourir au sol.
Ce film nous rappelle que nous sommes tous des « Streamers » car un jour ou l'autre notre parachute finit par ne plus s'ouvrir, nous sommes tous destinés à mourir. Et consciemment ou non, la manière dont nous réagissons à cette idée détermine notre personnalité, notre façon de vivre, ce qui nous fait peur, ce qui nous attire, les raisons pour lesquelles, parfois, nous changeons d'aptitude ou d'optique.
Ce qui nous incite à ne pas trébucher sur les obstacles que rencontrent les personnages de ce film ce sont les jugements individuels, les tricheries, les mensonges... tout ce qui fait l'écheveau des petites trahisons. Et ces petites trahisons se mêlent jusqu'à constituer le tissu des multiples incompréhensions qui déboucheront sur la violence. Ce qui nous conduit, un jour ou l'autre, pour vous comme pour moi, inévitablement au fait que le parachute ne s'ouvrira pas.

Streamers se déroule à huis clos, dans le dortoir d'une caserne. Quatre appelés attendent le signal de départ pour aller combattre sur le front au Vietnam. En gardant toujours ce même décor, la chambrée et ces lits superposés, Robert Altman, cernent ses personnages et leurs expressions.
L'atmosphère est lourde dans le dortoir. Dès le début du film, un des soldats, dans l'attente d'un destin incontournable, va craquer et tenter de mettre fin à ses jours. Richie (Mitchell Lichtenstein) est plus enclin aux plaisirs intellectuels qu'aux joies du sport, pour se défouler. Soigné, propret, prenant soin de son corps et de son apparence physique, il est disponible pour ses voisins de chambrée, il les écoute mais ne se livre pas pour autant. Très vite, sa quiétude est troublée par les visites persistantes de Carlyle (Michael White).
« Tu as déjà parlé à des pédés ?

– Il y en a qui sont OK, mais d'autres, ce sont de vraies salopes.
– Je ne suis qu'un sale con de nègre.
»
Il insiste pourtant, Richie ne dit mot. Il les provoque, fait la folle.
« Tu chies dans la colle, mais tu es mignon aussi. Arrête de faire la folle. »
Le soir, ils se racontent, précisent leurs origines, leurs envies et leurs dégoûts.
« Je n'ai même pas de job, et ils vont m'envoyer me faire tuer. On sera peut-être des héros. »
Très vite, la sexualité redevient le sujet de discussion primordial. Billy (Matthew Bodine) est obsédé par les silences de Richie.
« Dis-moi. T'en es pas vraiment un pédé. Tu as peut-être eu des mauvaises fréquentations. Tu t'es laissé entraîner. »
Carlyle et Richie se rapprochent, ils se sentent, se comprennent, la sensualité mêlée au désir. Et pourtant, ils doivent se préparer à se battre, à mourir peut-être. C'est beaucoup trop pour les deux autres qui supportent de plus en plus mal cette promiscuité. La violence gronde.
Je crois que ce film traite plus de l'homophobie que de l'homosexualité. Il confronte des éléments différents dans notre société à l'intérieur d'un vase clos, sous pression, comme dans une cocotte-minute. Aucune possibilité pour les personnages de se dérober à cette tension. Richie est un personnage plus à l'aise avec lui-même, n'ayant pas besoin de se remettre en question. Billy est très peu sûr de lui, quant à Roger, il a délibérément pris le parti de vivre une situation sans conflit. Carlyle est certainement le personnage le plus honnête dans cette situation.
Hormis les quatre protagonistes, Robert Altman a intégré deux rôles muets, lourds de significations : le dormeur, qui sous ses couvertures, assistera en voyeur aux échanges en tous genres de ses colocataires et la seule femme du film, que l'on aperçoit par deux fois, derrière les vitres de la chambre, prenant en photos les bidasses.

Streamers est certainement l'étude de caractère la plus honnête et la plus vraie que j'ai vue. Il montre d'emblée la personnalité entière et multiple des personnages, si bien que ce réalisme devient souvent insoutenable car épuré jusqu'à l'extrême. Altman est un très grand cinéaste, il n'y a aucun doute.

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 13 janvier 2 13 /01 /Jan 12:50
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Lundi 12 janvier 1 12 /01 /Jan 11:09



(5.01)


Mai 1997


J’adore les chiens. N’ayant jamais eu de cheval, je dirai que le chien est le meilleur ami de l’homme. Mon premier chien était une chienne. J’avais 4 ans. Elle s’appelait Diane, comme la déesse de la chasse. C’était une chienne abandonnée que mes parents avaient recueillie par l’entremise de la belle-famille de mon oncle Denis. Diane a eu des chiots. Qu’ils étaient beaux ! Il y avait un frisé qui était mon préféré. Mes parents les ont donnés. Et puis un jour Diane est partie. Elle a fait une fugue et n’est jamais revenue. Ma mère pense que c’est la séparation d’avec ses petits qui a dû lui causer du chagrin. À 10 ans j’ai eu un ratier qui était né dans la maison d’une camarade d’école habitant le même quartier. Je l’ai appelé Fado, parce que j’avais aimé ce nom donné à un petit cochon adopté par Donald Duck dans une histoire du Journal de Mickey. Fado est mort un mois et demi avant son quatorzième anniversaire. Il m’a connu enfant, adolescent puis jeune adulte. Trois semaines après je suis parti au service militaire. À mon retour la maison comptait un nouveau pensionnaire : un labrador d’une beauté fabuleuse adopté par mon frère. Il l’appela Jarod. Mais aussi beau qu’il était, Jarod avait des origines douteuses. Il se révéla violent et un jour me mordit méchamment à la main gauche. Nous nous en sommes séparés en le confiant à une fondation pour animaux. Je ne voulais pas rester sur un échec. Bluffé par la beauté des rottweilers, je décidai d’adopter un chien de cette race. C’est ainsi que Nicia est entrée dans ma vie et dans celle de ma famille.


Mai 1997


Nicia est née le 12 avril 1997. À l’heure où j’écris ces lignes (le 9 janvier 2009), et contre toute attente, elle est toujours de ce monde. La propriétaire de la chienne qui l’a mise au monde m’avait dit : « l’espérance de vie d’un rott est de 10 ans ». Depuis près de deux ans nous avons donc du bonus. Et même deux ans et demi (cf. infra).

Je la revois encore, si petite, de la taille qu’a sa tête d’adulte, lorsqu’elle est entrée dans la pièce pour le test de la réceptivité. Sur 9 chiots (un dixième étant mort à la naissance), il restait deux femelles à adopter. J’ai fait le test avec les deux, et pris celle qui a répondu à mes appels. C’était toi, ma petite belle. J’avais décidé de t’appeler Phénicia, car je croyais que pour les prénoms des chiens de race nous étions dans l’année des P. Faux, c’était l’année des N. Alors j’ai ajouté Naomi devant Phénicia. Naomi Phénicia, la classe, c’est ton nom complet. Et finalement ton diminutif, Nicia, commence par un N. Mes parents t’appellent Nini. Tu es mon bébé chien.


Mai 1997


De la portée, je crois, tu étais la plus petite. Pas très grande pour ta race, finalement, un peu comme ton maître qui culmine à un mètre 67 (Daniel la grosse blagueuse dirait « 1m22 les bras levés »). Mais costaude, robuste, et très belle. Tu m’as guéri de Jarod. Ces rottweilers qu’on dit abusivement méchants, sont les meilleurs chiens du monde. Tu n’as cessé de le prouver en presque douze années. Jamais nous n’avons vu, nous ta famille, de chienne plus douce et plus gentille. Tu es un ange. Dès l’âge tendre, nous t’avons promenée dans le monde, à des fêtes de famille. Des enfants sachant à peine marcher t’approchaient sans crainte et déjà tu étais la bonne petite mère qui adorait les bambins.


1997


Détail amusant, les gens alors te prenaient pour un beauceron. « Oh qu’il est beau votre chien, c’est un bas-rouge ? ». Et lorsque je répondais que tu étais un rottweiler, je voyais leur expression changer. Ils avaient peur. Les sots ! Sots comme le maire de l’époque, cette idiote qui prit un arrêté municipal absurde réglementant de façon très stricte la promenade des gros chiens, t’assimilant de facto à un pitbull. Savez-vous ce que j’ai fait ? J’ai envoyé un communiqué de presse aux deux quotidiens locaux pour dénoncer cette connerie. Et un journaliste m’a contacté ensuite pour faire un reportage de fond sur le sujet. Résultat, âgée de 5 mois à peine, ma Nicia était déjà une star qui faisait la une de Nord-Eclair et était l’héroïne d’un article publié en pages régionales !


Été 2000


Tu n’avais qu’un an et demi lorsque j’ai dû te laisser à la garde de mes parents, pour descendre à Paris où un travail m’attendait. Je revenais une semaine sur deux. Finalement, je n’étais pas si loin. Juste un père un peu absent… Toujours tu m’as fait la fête quand je revenais, et c’était moi qui recevais tes faveurs. Maman venait me chercher à la gare et elle t’emmenait avec elle. Tu attendais dans la voiture et quand tu me voyais arriver, tu bondissais de joie. Nous t’avons appris à différencier ta patte droite de ta patte gauche. Tu as toujours eu une intelligence exceptionnelle.


2001


Aujourd’hui tu es au soir de ta vie et je ne sais pas si je te reverrai un jour. Déjà lorsque je suis parti au Canada j’étais déchiré car je me disais que peut-être je ne te reverrais plus. Et depuis ce départ, je t’ai revue quatre fois. La dernière fois, il y a trois semaines, fut émouvante. Je n’ai plus reconnu ma mignonne. Autrefois si musclée et puissante, tu n’avais plus que la peau sur les os. Ainsi la vieillesse et la maladie impriment leur marque sur les êtres vivants. Je t’ai prise dans mes bras, doucement, en ayant peur de te casser. Tu m’as semblée si fragile. Samedi 20 décembre, tu as vomi quelque chose de très mauvais à voir, et Maman m’a dit que peut-être nous devrions appeler le vétérinaire au début de la semaine suivante. Et, alors que j’étais au téléphone avec Daniel, j’avais la voix étranglée. Il peut en témoigner. Et je t’ai fait plein de bisous, comme il me l’a dit. Et puis tu as repris du poil de la bête. Et tu es toujours là, un cas à part, vraiment unique. Le vétérinaire a renoncé à comprendre quoi que ce soit à ton cas. Maman te soigne bien et avec dévouement, c’est peut-être son régime spécial qui te tient, ainsi que l’amour qui t’entoure.


2001


Nicia a subi trois grosses opérations au cours de sa vie. La première fois, une blessure de sportif, et même de footballeur : rupture des ligaments croisés. Victime de son côté fonceur. Je peux fermer les yeux et revoir les sprints qu’elle poussait dans le jardin, lorsqu’elle était jeune. C’était impressionnant. La deuxième fois, vers 7 ou 8 ans, c’était pour lui retirer les ovaires, sur les conseils du vétérinaire. À mon grand regret, nous ne t’avons jamais laissée devenir mère. Peut-être que cela aurait abrégé tes jours ? Je n’en sais rien et ne le saurai jamais. Et la dernière fois… nous avons tous cru que tu étais perdue. C’était en juin 2006, tu avais 9 ans. Tu es montée dans ma chambre comme à chaque fois que je dormais à la maison, pour faire un câlin et me donner des lèches. Et comme à chaque fois, je t’ai caressée et c’est alors que j’ai découvert cette mauvaise excroissance sur l’un de des tétons. Tu as eu ce qui est un cancer du sein pour les femmes. C’était une tumeur agressive et il a fallu t’opérer très vite. Le docteur nous a dit que s’il y avait des métastases il ne pourrait te soigner car, pour les chiens, la « chimio » se fait au moyen de piqûres, et tes veines sont fragiles, elles éclatent sous les aiguilles. C’était il y a deux ans et demi. Tu es une survivante à bien des titres. Sans cela tu n’aurais pas connu Eva, et je pense que la présence de cette enfant qui me ressemble tellement doit être pour toi une source de joie et un stimulant.

Avant de repartir, je t’ai encore dit que je t’aimais. Mais tu le sais. Quand je viens te caresser le soir sur ton sofa, tu ronronnes comme un chat. Une chienne qui ronronne, oh ma toutoune tu es vraiment exceptionnelle ! Tu ne m’as jamais déçu. De nous deux je suis le seul qui soit décevant. J’espère que tu m’as pardonné toutes mes absences. Je le crois. Ça m’aide à vivre. J’écris ce billet pour dire au monde entier que je t’aime, ma Nicia, à tout jamais mon bébé chien.



Décembre 2008



Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Dimanche 11 janvier 7 11 /01 /Jan 09:22

Visuel : (c) GayClic

Sous le signe du zodiaque. Cancer (Lucinda), Vierge (Luke), Balance (Noah)... et Scorpion (?).
Depuis le dernier épisode, Lucinda et Brian m'ont informé qu'ils s'étaient rapprochés et mis d'accord pour se tutoyer. Voilà... ;-)

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 11 janvier 7 11 /01 /Jan 09:18

Visuel : (c) GayClic

Sous le signe du zodiaque. Cancer (Lucinda), Vierge (Luke), Balance (Noah)... et Scorpion (?).
Depuis le dernier épisode, Lucinda et Brian m'ont informé qu'ils s'étaient rapprochés et mis d'accord pour se tutoyer. Voilà... ;-)

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 10 janvier 6 10 /01 /Jan 10:52

Visuel : (c) GayClic

Celui où l'on raconte des histoires de prison. Pas celles que vous croyez : ce n'est pas Oz non plus, il ne faut pas exagérer. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 17:04



SUIS-JE LA MÈRE DE L'ENFANT
DE LACHIDA PATI ?


Un délire d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 



Hier, au travail, une anesthésiste qui rentrait de vacances a déclaré qu’elle venait d’apprendre que notre bien-aimée Ministre de la Justice venait d’accoucher. J’ai ri en répliquant qu’elle avait quand même un peu de retard. Ben oui, notre vénérable Garde des Sceaux a tout même donné naissance à une petite Zohra vendredi 2 janvier. Pour ceux qui auraient manqué cet incroyable événement, tout s’est très bien passé. Rachida Dati a subi une césarienne mais s’est très bien remise. Trop au goût des féministes qui s’insurgent du retour à l’Élysée, cinq jours seulement après ce splendide saut dans la maternité à l’âge de 43 ans, de notre ministre adorée.

Alors que de nombreuses rumeurs et spéculations n’ont cessé de courir tout au long de la grossesse de Rachida Dati quant à l’identité du père, le secret est aujourd’hui encore très bien gardé. Tout le monde continue de s’interroger, sans succès. « Mais qui est donc le papa ? » reprennent en chœur les plus grands quotidiens. Une question qui permet à notre superbe déesse au sourire éblouissant de rester en très bonne place dans les magazines people.

Et si je faisais comme certains ? Et si je vous racontais une histoire ? Une histoire de Princesse ?

 

Je précise que le récit qui suit est une œuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que purement fortuite.

 

Il était une fois, une petite fille venue au monde dans un grand et beau pays qui adore se vanter d’avoir inventé les Droits de l’Homme. Appelons ce pays Trance et cette petite fille Lachida. Lachida naît donc dans une famille unie. Un père maçon d’origine marocaine, une mère algérienne élevant ses douze enfants avec optimisme et foi. Elle grandit en rêvant de côtoyer ces héros qu’elle voit à la télévision et dans les magazines. Obligée de travailler très jeune, elle commence à 14 ans par faire du porte-à-porte pour vendre des produits cosmétiques. Elle anime également un centre aéré et travaille même dans une grande surface. Puis, alors qu’elle a 16 ans, elle devient aide-soignante dans une clinique privée pour financer ses études. Finalement, à l’âge de 21 ans, se présente l’occasion pour Lachida de réaliser ses rêves. Alors en faculté d’économie à Pijon, elle apprend que l’ambassade d’Algérie donne une réception à la capitale de Trance, Varis.

Lachida s’y rend donc et, grâce à son sourire étourdissant, sa force de caractère et sa volonté, elle parvient à convaincre de ses capacités. Elle obtient un poste de comptable dans une grande entreprise tout en continuant, en parallèle, ses études.

Et la voilà, à seulement 41 ans, devenue Ministre de la Justice de Trance. Une sacrée performance, une sacrée revanche.

Une carrière professionnelle qui décolle mais une vie privée qui reste secrète. Travailleuse acharnée, Lachida a tout sacrifié pour atteindre cette place, tout, même l’amour. Elle se dit que sa vie est comblée maintenant qu’elle apparaît en première page des journaux. Dans le jacuzzi de son petit appartement de fonction, alors qu’elle sirote un verre de vin blanc, elle regrette juste de n’avoir personne avec qui partager sa réussite.

Mais un jour, dans les couloirs de l’Élysée, Lachida, qui va être en retard pour les vœux du Président, le grand Ricolas Zarkosy, percute de plein fouet la belle-sœur de ce dernier. Alors que Lachida tente de s’excuser tout en rechaussant son escarpin qu’elle vient de perdre (il n’est pas aisé de courir dans les couloirs de l’Élysée en talons), Lachida lève soudain les yeux sur l’obstacle vivant qu’elle vient de heurter. Son regard est à cet instant captivé par la beauté de cette blonde aux yeux bleus rieurs qui n’avait aucune envie de se soumettre à cette obligation annuelle. Le sourire qu’ébauche la jeune femme subjugue la Garde des Sceaux qui, l’espace d’un instant, oublie qu’elle est très en retard.

Heureusement, Valérie la rappelle gentiment à l’ordre en déclarant : « Nous ne pouvons pas arriver toutes les deux en retard, ce serait du plus mauvais effet. Courrez encore un peu, j’ai l’habitude d’être le vilain petit canard. » Des paroles qui touchent Lachida plus qu’elle ne veut bien le reconnaître. Elle, née et élevée en Trance, mais que l’on dit malgré tout étrangère alors qu’elle n’a connu que ce pays. Elle qui se sent trançaise quand tout le monde voudrait qu’elle se sente algérienne ou marocaine. Elle qui s’est toujours battue pour ne plus être écartelée entre ces trois cultures qui se côtoient difficilement en elle. Bref, elle est touchée notre Ministre de la Justice.

Le discours présidentiel semble interminable à Lachida. Elle passe vingt minutes à chercher Valérie du regard tout en ayant l’air de ne pas s’ennuyer. Mais la foule étant on ne peut plus dense et la bienséance lui interdisant de bouger, notre Garde des Sceaux se voit dans l’obligation d’attendre le cocktail donné quelques heures plus tard pour enfin retrouver l’éblouissante blonde qui a touché son cœur.

Toutes les deux se retrouvent devant le plat de petits-fours au saumon fumé et échangent une blague lamentable sur les fruits de mer. Elles comprennent alors, à ce premier fou rire et à ce second échange, qu’elles sont en train de tomber amoureuses. Évidemment, il leur faut quelques mois pour se l’avouer. Jusqu’à présent, elles n’ont connu que des hommes et n’ont entendu parler du coup de foudre que dans les romans à l’eau de rose qu’elles nient avoir jamais lu. La peur, la famille, la presse, sont autant de freins qui les effrayent encore plus, mais une entrevue dans un ascenseur va tout bouleverser…

En ce mercredi pluvieux de mai, le Président de la République de Trance a décidé d’annoncer la grossesse de sa jeune épouse. Le mercredi a été choisi car c’est le jour de la famille et tout le monde a été convié à la conférence de presse. Bien entendu, Valérie se doit d’être présente en arrière-plan, le sourire aux lèvres, la joie irradiant sur son visage. Le fait qu’elle puisse avoir un tournage au fin fond de l’Auvergne pour son nouveau film ne dérange personne.

Comme à son habitude, Valérie arrive en retard. Elle descend de sa voiture juste devant les marches de l’Élysée et est surprise par une pluie battante qui la laisse trempée en quelques secondes. Seulement elle s’en moque. Elle a d’autres soucis. Elle a des problèmes avec son chef-monteur et les derniers rushes qu’elle a pu visionner de son film ne la satisfont pas. C’est donc l’esprit ailleurs qu’elle s’engouffre en courant dans l’ascenseur de l’Élysée pour rejoindre les toilettes où elle a prévu de se changer en moins de dix minutes avant de rejoindre la salle de conférence. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’était de se retrouver face à Lachida dans ce même ascenseur. Lachida, superbe dans son tailleur Yves-Saint-Faurent, et visiblement très absorbée par un imposant dossier.

Lachida lève les yeux de ses papiers à l’entrée de Valérie dans l’ascenseur. Elle a le souffle coupé en découvrant la jeune femme les cheveux humides, en bataille, certaines mèches collées au visage. Valérie appuie sur le bouton du troisième étage tout en laissant échapper un timide bonjour. Lachida, elle, est tellement surprise qu’elle en laisse tomber son dossier qui s’éparpille à leurs pieds. Les deux jeunes femmes se baissent alors pour ramasser les documents quand leurs mains se frôlent en tentant d’attraper la même feuille. Elles lèvent simultanément les yeux et se regardent avec une intensité qui fait vibrer l’air dans la cage d’acier. Lachida ne peut se retenir et approche doucement sa main pour s’emparer d’une mèche blonde collée sur le visage de Valérie. Elle la dépose lentement derrière son oreille tout en lui caressant la joue.

La tension sexuelle est à son paroxysme. Perdue et bouleversée par toutes les sensations qui naissent dans son corps, Valérie déclare d’une voix enrouée et chargée de désir :

« Il ne faut pas. J’ai regardé Hospital Central et Terapia d'Urgenza et à chaque fois, au moment où elles s’embrassent, les portes de l’ascenseur s’ouvrent et quelqu’un les découvre dans cette position compromettante.

— Qui te dit que j’allais t’embrasser ? » rétorque Lachida qui a laissé échapper cette question pour se protéger de ce qu’elle ressent.

Valérie sourit. Elle vient de trouver aussi fort qu’elle, question répartie et sang froid. Heureuse de pouvoir jouer, elle laisse échapper un simple : « Si tu ne l’avais pas fait dans les trois secondes ayant suivi ton geste, c’est moi qui l’aurait fait. » Impressionnée par autant d’assurance et ce flirt flagrant, Lachida se relève, se tourne vers le bouton d’arrêt d’urgence, appuie dessus et invite Valérie à se relever en lui tendant la main…

L’arrêt de l’ascenseur ne dure que quelques minutes, le réseau de dépannage de l’Élysée étant des plus efficaces, mais si vous cherchez bien sur les photographies officielles, vous découvrirez que ni Lachida ni Valérie n’apparaissent au discours d’annonce de la grossesse présidentielle. Elles étaient bien trop occupées dans le bureau de la Garde des Sceaux…

En cliché de lesbiennes, elles s’installeront ensemble un mois après leur premier baiser et voudront un enfant quelques six mois plus tard. Consciente que le temps joue contre elle, Lachida décide de porter le premier. Pour ce qui est de la quête du géniteur, c’est une autre histoire.

Là il se fait tard, il est l’heure d’aller se coucher maintenant. Maman ne va pas tarder à rentrer du boulot. Elle travaille sur un nouveau projet de loi et sera très fatiguée. Mais oui, elle viendra te faire un bisou en arrivant, ma grande, comme d’habitude …

 

Isabelle B. Price (09 Janvier 2009)

 

Dans le prochain épisode : la quête du géniteur !

 

Note de Daniel C. Hall alias « The Big Boss » de Les Toiles Roses : 1) Ce titre m’appartient ! Je l’avais proposé à Isa dans un email privé et résultat, elle le pique et même pas un merci à son esclavagiste préféré ! Franchement, les lesbiennes ne sont pas reconnaissantes pour un rond ! 2) Nicolas, c’est elle la responsable ! Je suis innocent, mon Président ! Bon, j’ai pas voté pour toi car ce jour-là j’avais une très capitale compét’ de dominos avec Cécilia, ton ex, mais je suis prêt à te filer ses coordonnées pour que tu la fasses arrêter par les services secrets. Mais tu sais, les lesbiennes c’est pas des gens comme nous. Demande à Christine Boutin. 3) Je m’excuse pour le délire d’Isabelle auprès de tous les lecteurs, mais je crois qu’elle est en période de chaleur. Vous savez bien, les femelles c’est des choses pas normales, hein ! C'est pour ça qu'on ne s'en sert pas, hein les mecs ??? 4) Gros bisous Isa, je me suis bien marré ! Et pis j’aime les lesbiennes, tu le sais. La preuve, j’ai tous les disques de Julio Iglesias, le plus célèbre lesbien du monde.

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 14:09

« (Je n’ai) jamais vu un footballeur homosexuel dans le football en quarante ans (de carrière) », « Je pense plutôt que certains ont des tendances, mais de là à ce qu'il les manifeste... Je pense que de toute façon, ce serait difficile, vu comment sont les footballeurs, qu'un joueur homo puisse vivre sa profession de manière naturelle ». Marcello Lippi, sélectionneur de l'équipe nationale de football de l'Italie, interviewé pour l'émission Internet KlausCondicio, janvier 2009.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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