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Mercredi 1 avril 3 01 /04 /Avr 09:50

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Par Daniel C. Hall
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Mardi 31 mars 2 31 /03 /Mars 15:25


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

Perreau Bruno, Homosexualité : Dix clés pour comprendre, Vingt textes à découvrir, J'ai lu – Librio, 96 p.

Pour deux euros à investir gaiement, un Libriomo en dix chapitres et vingt textes fait le tour d'une question aussi vaste… ou en aborde les principaux aspects.

Pari réussi par Bruno Perreau qui réalise un balayage assez étonnant de ce que Ménie Grégoire avait dans une mémorable émission de radio baptisé « le douloureux problème de l'homosexualité » !!! (1)

Sans prétendre à l'exhaustivité, ce livret lance des idées sur les pistes de l'identité, de l'histoire, de la santé, de la famille, de l'école, de l'homophobie, des droits...

Chaque chapitre est illustré de textes d'auteurs aussi variés que Sartre, Genet, Foucault, Freud ou... Himmler.

L'ensemble est complété par une bibliographie de base et des sites internet de référence.

Une somme claire, accessible, vivante : INCONTOURNABLE.

(1) RTL, 10 mars 1971 version ciné dans http://www.lestoilesroses.net/article-13567665.htm



Delorme Olivier, Le Château du silence, H&O, 2003, 256 p.

En mars 2009, au moment où cette recension est écrite, qui a conscience qu'un mur comparable à celui de Berlin s'élève encore en Europe, divisant en deux l'île de Chypre ? Un article du quotidien Le Monde vient de rappeler cette situation (1).

Histoire, actualité et littérature se télescopent dans un roman d'un historien qui mêle avec force ses connaissances, son engagement et un style qui tient en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne.

C'est un silence étourdissant qu'Olivier Delorme rompt ici : celui qui entoure la disparition de centaines de Chypriotes grecs lors des divers combats qui ont marqué la scission de l'île.

Silence et cris de désespoir alternent au long d'un récit exceptionnel par ses angles d'attaque et la force de cette plume qui entraîne le lecteur dans les profondeurs avant de le hisser sur des sommets.

Le journaliste-narrateur est tellement imprégné de la cause de l'un de ces disparus qu'il va voir se fondre deux personnalités en lui. Cette fusion, qui n'est pas un dédoublement de personnalité, va ouvrir la porte à des révélations humaines et philosophiques : orientation sexuelle, interrogations gnostiques, expériences artistiques.

Il est impossible de ne pas se fabriquer des images de ce château tirées de Midnight Express, mais là, dans cette « gare » on n'entend que des hurlements et aucun train ne s'arrête.

Contrairement à ses autres romans, Delorme offre ici peu de clins d'œil au lecteur, très peu de connivence intellectuelle sous forme de clés en lien avec l'actualité, c'est une TOTALE EMPATHIE à la mesure de la fusion journaliste/disparu qui est possible dans cet incroyable Château...

On est ici en présence d'une œuvre inclassable par sa force et sa singularité.

(1) Le Monde, 6 mars 2009 : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/03/06/la-recherche-des-disparus-de-1974-rapproche-les-chypriotes-turcs-et-grecs_1164452_3214.html



Peyrefitte Roger, Wilhelm von Gloeden, Éditions Textes Gais, 2008, 93 p. plus un cahier de 55 pages de photographies.

Dans la mémoire visuelle de certains d'entre nous sont enfouis des clichés en noir et blanc où des éphèbes posent nus dans des poses inspirées de l'antiquité, alanguis sur des rochers ou langoureusement appuyés sur les colonnes de temples.

Roger Peyrefitte, cinq ans après la publication des Amitiés particulières, a rédigé une biographie de l'auteur de ces photographies, le peintre allemand Wilhelm von Gloeden. Les Éditions Textes Gais les rééditent aujourd'hui dans une belle présentation complétée par une intéressante préface d'Alexandre de Villliers, exécuteur testamentaire de R. Peyrefitte, et surtout par un cahier de 55 photos sur un papier mat convenant parfaitement à ces chairs adolescentes.

Le sauveteur des plaques photographiques s'est fait le narrateur d'une « autobiographie » du baron von Gloeden (1856-1931). Le peintre allemand a débarqué en Sicile où il a eu un véritable coup de foudre pour la région de Taormine où il s'installe. Abandonnant les pinceaux pour une technique nouvelle, il obtient sans peine de jeunes Taor-minets qu'ils posent pour lui nus dans des poses qui ne sont jamais pornographiques. Ses clichés sont vendus par correspondance mais de vrais amateurs de « raisins verts » de l'élite européenne politique, culturelle ou… religieuse font le voyage de Taormine pour choisir les images… ou les modèles. On perçoit depuis Taormine les échos d'une Europe où Magnus Hirchfeld et Marc-André Raffalovitch essaient de donner un cadre intellectuel et une reconnaissance juridique à ce que l'on commence à peine à nommer « homosexualité ».

Avec malice et à mots à peine plus couverts que ses modèles, Peyrefitte se glisse dans la peau de von Gloeden pour nous faire partager les jours heureux et les tracas d'un esthète précurseur, ses certitudes personnelles et son combat contre les clichés d'une morale dont il essaie de repousser les frontières comme on élargit l'angle d'une photo.

Pour en savoir plus :

Superbe album-photos de Von Gloeden :

http://vongloedengayhistory.free.fr/index.html

Von Gloeden : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_von_Gloeden

Liens sur Roger Peyreffitte : http://www.rogerpeyrefitte.com/liens.html



Cardon Patrick, Discours littéraires et scientifiques fin-de-siècle : La discussion sur les homosexualités dans la revue Archives d'anthropologie criminelle du Dr Lacassagne (1886-1914) autour de Marc-André Raffalovitch, Orizons, coll. Homosexualités, 316 p.

Têtu devrait vous en parler en avril… Les Toiles Roses le font en mars !!!

Imaginons qu'un penseur contemporain mette au même rang la littérature, les revues médicales et les rapports de police pour élaborer une pensée cohérente sur un fait de société. C'est ce que fit Marc André Raffalovitch (1864-1934) avec Emile Zola, Oscar Wilde et d'autres pour construire des modèles de sexualités dans la « Revue d'anthropologie criminelle » du Docteur Lacassagne.

Dans un ouvrage au style à la fois universitaire et militant, Patrick Cardon dresse le tableau passionnant d'une réflexion « fin de siècle » où le vocabulaire manque encore pour qualifier l' « innommable », l'attirance pour des personnes de son propre sexe. Cette étude minutieuse, fruit de plus de vingt ans de travail, reflète les débats et le vécu d'une Europe où entre Londres, Paris et Berlin, tandis que des espaces de libertés s'ouvrent aux « invertis », philosophes, médecins et criminologues s'affrontent par revues interposées pour définir l'unisexualité qui deviendra bientôt homosexualité. Alors que le Dr Freud et sa « psychoanalyse » n'ont pas encore envahi le champ de la réflexion sur les comportements sexuels, Magnus Hirschfeld, Marc-André Raffalovitch et d'autres intellectuels dont des écrivains ouvrent un débat aux résonances assez étonnement contemporaines pour ceux qui ont été entendu parler du pacs, du mariage gay ou d'homoparentalité.

On va ainsi croiser Emile Zola et même... Dorian Gray, dont l'inspirateur, John Gray fut le compagnon de Raffalovich : les amateurs de "romanesque" apprendront ainsi que quand John Gray fut nommé prêtre à Édimbourg, Raffalovitch qui finit par entrer dans l'ordre des Dominicains sous le nom de Sébastien participa non seulement aux frais de construction de la nouvelle église dont le bien-aimé Gray devait être le curé, mais il habitait à côté de celle-ci pour rester dans son voisinage. Ils restèrent ensemble jusqu'à leur mort, qui survint pour tous deux en 1934, et ils furent enterrés l'un à côté de l'autre.

Un étonnant voyage intellectuel où la littérature revêt une place inhabituelle.

Pour en savoir plus :

Article de Patrick Cardon sur M.-A. Raffalovitch dans Gai Pied du 12 octobre 1989 :

http://semgai.free.fr/contenu/textes/cardon_Raffalovitch.html

Fiches biographiques de

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_André_Raffalovich

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Lacassagne

http://fr.wikipedia.org/wiki/Magnus_Hirschfeld

Le site Gay Kitsch Camp :

http://www.gaykitschcamp.com/



Tin Louis-Georges, L'Invention de la culture hétérosexuelle, Éditions Autrement coll. Mutations, 2008, 201 p.

Tout simplement révolutionnaire... Un homme, une femme : quoi de plus naturel ?

Pas partout, pas tout le temps, et sous des formes ô combien diverses !

Un universitaire brillant et audacieux pose une question qui devrait ouvrir de vastes débats : quand et comment la notion d'"hétérosexualité" est-elle apparue, comment s'est-elle imposée au point de devenir un modèle incontesté, incontestable, le socle de la "normalité" pour tant de sociétés ?

Louis-Georges Tin analyse sous cet angle des textes médiévaux dont il ressort que l'époque charnière est le passage de la féodalité à l'esprit chevaleresque au XIIe siècle en Europe.

Il dissèque les résistances sociales, religieuses et médicales à la naissance de l'hétérosexualité et avec le même brio qui lui a permis de tracer un portait vivant et contrasté de l'homosexualité aux débuts du XIXe siècle dans son Dictionnaire de l'homophobie, il trace les contours de l'émergence d'un modèle totalitaire. 

Ce modèle a réussi à aveugler les historiens et historiens de la littérature qui ont, en toute bonne foi, écarté les thèmes de l'"homosociabilité" de leurs présentations des textes médiévaux. Lagarde et Michard leur ont emboîté le pas et ont formé des générations de lecteurs à ce moule dominant.

Les lecteurs de ces commentaires qui auront, en une lecture assez époustouflante, acquis (ou contesté !) les schémas proposés par L-G Tin auront du mal à ne pas confronter leurs livres aux grilles proposées ici.

Décapant, érudit, accessible et très excitant : on aimerait que des bibiophiles amoureux et connaisseurs de la littérature "ancienne" confrontent leurs repères aux nouveaux outils ébauchés dans cette étude.

Les instruments d'analyse proposés peuvent évidemment, avec la même force, s'imposer au lecteur de tous les romans contemporains !

Pour en savoir plus :

Interview télé de L-G Tin : pourquoi l'hétérosexualité ?

http://www.dailymotion.com/mychannel/telerama/video/x738o0_linvention-de-la-culture-heterosexu_news

Interview radio :

http://cdn3.libsyn.com/studio6/homomicro_podcast_114.m4a?nvb=20090313132342&nva=20090314133342&t=054c3d68b2b819f4b6e8e



Stabenrath Bruno de, Cavalcade, Pocket, Paris, 2003 – 404 p.

Poisson-Chat est le narrateur à qui la vie sourit : son métier d'artiste, son physique « avantageux » (ce fut l'un des bogoss de … L'Hôtel de la plage !), son charme et son assurance lui donnent des joies infinies qu'il savoure avec délectation. En tête de ses occupations se trouvent les femmes dont il est un grand consommateur et les plaisirs du sexe sont ceux qui le font le plus vibrer, avec des partenaires multiples et variées.

Un accident de voiture le rend tétraplégique... Et c'est une nouvelle vie qui va se construire. La famille et les amis sont là, les copines aussi : tout un réseau de soutien se crée, dans la douleur, la fraternité et l'espérance, autour de cet aquarium bizarre qu'est la chambre d'hôpital de Poisson-Chat.

Tout va très vite : cette autobiographie prend des allures de roman d'aventures et pourtant le lecteur qui a fréquenté les hôpitaux et centres de rééducation fonctionnelle, tous ceux qui ont confié leur vie aux médecins, leurs membres aux kinésithérapeutes, passé des heures et des heures sur les tables de Bobath, reconnaîtront l'authenticité du vécu ici rapporté.

Quel est le principal sujet de préoccupation des patients ? Leur sexualité, qui alimente tant de conversations et de blagues plus ou moins douteuses en salle de rééducation. Poisson-Chat aime le sexe et ne s'en cache pas : il fait partager au lecteur ses angoisses, ses doutes, ses espoirs, ses exploits aussi... Quitte à passer pour un « obsédé » auprès d'un public non averti !

C'est l'un de charmes de ce livre : un hétérosexuel fin, drôle et qui assume sans machisme son goût pour les plaisirs du sexe avec les femmes… qu'un gay aurait certainement traité différemment… ou alors son livre, s'il avait trouvé un éditeur, n'aurait jamais connu un tel succès (dont une adaptation au cinéma !).

En fait, c'est un témoignage d'une pudeur qui pourra paraître excessive : Poisson-Chat fait pipi mais jamais caca, Poisson-Chat fait son deuil très (trop ?) rapidement ou de façon très évasive : est-ce pour ne pas faire fuir le lecteur valide qu'il est si discret sur les blessures de l'âme, celles qui sont les plus longues et les plus difficiles à cicatriser ?

Cavalcade est un objet littéraire inclassable, à la fois roman et témoignage, impossible à refermer une fois ouvert, source de réflexions d'une infinie sagesse, d'un optimisme... désespérant !

Pour en savoir plus :

Interview de Bruno de Stabenrath : http://www.psychologies.com/article.cfm/article/1537/Bruno-de-Stabenrath-Meme-paralyse-je-peux-les-aimer.htm

 

Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.

TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mardi 31 mars 2 31 /03 /Mars 14:37




À quoi pensait la fée ?

Boby

 

Pour la douzième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, je suis fier de vous présenter Boby. Boby a 63 ans, père de trois jeunes adultes et veuf depuis peu. Boby est aussi homosexuel. Son blog, intime, pudique, bouleversant, est un rayon de soleil pour beaucoup de gays dont la vie ne fut pas si facile. Vivre caché, mais avec l'amour de ses proches (officiels ou officieux), Boby nous donne une grande leçon. Une leçon d'amour. Quand je l'ai contacté (en tant que lecteur), il m'a avoué ne pas être un grand amateur de chaînes de billets dans la blogosphère. Après lecture des épisodes précédents, il a écrit le texte qui suit très rapidement. Et franchement, ce texte est important. Émouvant, fort, terrible mais surtout important. Et quelle plume derrière ces mots ! La plume d'un aigle royal au cœur de canari...

[Ajout : Je viens d'avoir Boby au téléphone pour le remercier et je peux vous dire qu'il attend vos réactions tant dans les commentaires de ce blog que sur le sien. N'hésitez pas à communiquer avec lui, il le mérite ! (Note de Daniel C. Hall)]




Il était une fois une fée Carabosse qui voulut faire une mauvaise blague à un tranquille couple de commerçants bordelais. Ces braves gens avaient eu l’heur de lui déplaire, en affirmant, haut et fort, qu’ils ne croyaient en rien, hors les hommes, et surtout pas aux hasards de la destinée. Encore moins aux fées ! Ainsi, avaient-ils su, eux, se construire une vie paisible, et n’avoir que deux enfants, le choix du Roi : un garçon et une fille. Et ils s’en portaient fort bien, depuis près de huit ans, en ayant traversé la guerre sans trop de dégâts.

« Abracadabra », dit la fée à sa baguette magique. « De nouveau le choix du Roi vous aurez, deux en un. Et dans une relative misère vous l’élèverez… ».

Une petite ville de la banlieue bordelaise, qui bientôt ne sera plus qu’un quartier de la grande métropole. L’air est encore vif. Les oiseaux chantent pour accueillir le premier printemps de l’après guerre. Dans l’un des nombreux hôpitaux, la femme condamnée par la médecine accouche. Le mari a supplié de sauver la mère de ses deux enfants, quitte à sacrifier cet indésirable inattendu. Mais le petit taureau vient au monde en s’accrochant à la vie. Personne ne s’occupe de lui, on ne lui a même pas choisi de prénom. Il est là, et bien là : cinquante deux centimètres et cinq kilos deux cent cinquante.

Un beau bébé. À quoi pensait donc la fée ?

La toute récente pénicilline sauvera la mère. Lui, ne se pose pas encore de question. Il vit, mange, et dort. Le grand frère et la grande sœur ne s’occupent pas de lui : ils ont été envoyés dans la famille, au bord de l’océan, dans les immenses forêts des Landes. L’après-guerre est dure, cruelle. Les parents font faillite et perdent leur petit commerce. L’enfance sera faite d’errance, de ville en ville, le père allant de petit boulot en emploi précaire. Le grand frère a choisi de s’engager dans la marine, la sœur est en pension. Il sera le petit dernier, l’enfant gâté de la famille, élevé en fils unique.

Six ans. Un petit village de Gironde. Il est encore et toujours grand pour son âge. Précoce, à ce que l’on dit. Il savait déjà lire quand il a débuté sa scolarité. Au retour de l’école, quand le grand fils d’amis, qui l’a ramené sur le porte-bagages de son vélo  le dépose en haut de la côte, il fait le reste du chemin en tenant tendrement son amoureuse par la main. Tous les prétextes sont bons pour s’arrêter et la prendre dans ses bras, pour l’embrasser sur la bouche, comme il l’a vu faire par les grands… Qu’importe qu’on les voie : tout le monde les regarde avec un sourire ému. Ils sont tellement trognons !

À quoi pensait la fée ?

Huit ans. Une petite ville industrielle de l’agenais. Déjà grand et fort. Il accompagne ses parents dans leurs réunions militantes, mais c’est pour retrouver la fille de camarades du parti, pour pouvoir s’isoler avec elle dans les recoins les plus invraisemblables, et se plier aux caprices de la donzelle qui l’invite à mettre sa main dans sa petite culotte de dentelle ou qui exige de jouer avec son « truc » qui, va savoir pourquoi, dans ces cas là devient tout gros et tout dur… Sinon, quand elle retourne dans sa pension, il aime bien aller à la pèche avec les copains…

À quoi pensait la fée ?

Dix ans. Il est vraiment très grand. Un peu trop gros aussi. Des vacances sur la côte landaise. Des jeux polissons avec sa cousine préférée qui, pour lui faire plaisir, accepte de jouer au papa  et à la maman. Nus dans une grange. Le tonton qui débarque et qui n’apprécie pas la plaisanterie. Mais bon, faut bien que jeunesse se passe… On ne va tout de même pas faire un drame pour si peu. « Faudra faire attention, il est vraiment éveillé pour son âge ». Pour se faire un peu oublier, il va jouer avec des copains sur la plage…

À quoi pensait la fée ?

Onze à quatorze ans. On lui donne facilement trois ou quatre ans de plus. Dès onze ans il est pubère. Ça le travaille un peu. Assez. Beaucoup. Le Béarn… Ouh, la la… Il les collectionne. Toutes les gamines du village lui tournent autour, et il papillonne de l’une à l’autre. Il y en a même une qui a fort mauvaise réputation. Quand même ! La mère lui conseille d’être prudent : « Tu te rends compte, si tu la mettais enceinte ! ».  Il aime bien la nature aussi. Il va souvent garder les vaches dans la forêt avec un petit copain de l’assistance…

À quoi pensait la fée ?

Quinze à vingt ans. Physiquement, c’est un homme accompli. Grand, 1m84, massif, puissant, plutôt enrobé, dans les 90 kilos. Une pension dans les Pyrénées. Non mixte. Heureusement, il y a les vacances dans les Landes, et le grand cousin, de cinq ans son aîné, (le grand frère de la cousine préférée, vous suivez ?…) qui l’entraîne dans ses dragues estivales, le chargeant de s’occuper de la copine ou de la jeune sœur de la demoiselle qu’il convoite… Rien de mieux qu’un Don Juan pour parfaire son éducation…

À quoi pensait la fée ?

Vingt ans, Paris. La sagesse ? Des aventures féminines plus rares. Plus longues. L’envie de se poser ? Le besoin de normalité ? De rentrer dans le rang ? La maturité ? Un grand gaillard, massif, puissant, velu, poilu, barbu, viril en diable. Socialement, politiquement, engagé et battant.

À quoi pensait la fée ? Elle s’était donc trompée de formule magique ?

Vingt-cinq ans. La découverte de l’amour. Le vrai. Le grand. Une belle jeune femme de deux ans son aînée. Mais qui semblait bien plus jeune que lui. Socialement, politiquement engagée. La vie en couple. Le mariage envisagé. Le mariage. Les enfants… Le bonheur.

 

Ainsi, si j’étais hétérosexuel, pourrais-je raconter à mes enfants mes initiations et terminer cette belle histoire par « Ils furent heureux et eurent trois beaux enfants… »

Seulement voilà. Je ne le suis pas. En fait, je ne l’ai jamais été. La fée ne s’était pas trompée.



Si j’étais hétérosexuel, le souvenir le plus marquant de mes six ans serait effectivement les chastes baisers à ma petite voisine. Alors qu’aujourd’hui encore les oreilles me chauffent à la pensée de mes petits bras enserrant le corps de ce grand garçon pour ne pas perdre l’équilibre sur son vélo. Ma tête collée sur son dos. Je sens encore son odeur. Je ne comprenais pas mon trouble. Mais il était mien, et je percevais son importance.

Plus tard, je n’aurais pas ressenti un insidieux malaise avec cette copine trop entreprenante qui faisait mon éducation, et je n’aurais pas eu autant de plaisir en allant à la pêche avec des copains qui ne se contentaient pas de surveiller leurs bouchons… J’aimais bien trop, déjà, leur faire plaisir. Je provoquais. Je suscitais. Je manipulais. Déjà.

Les jeux avec ma petite cousine auraient occupé toutes mes pensées, alors qu’en fait, ils ne me permettaient que de passer plaisamment les séjours obligés en famille, et je préférais, et de loin, les moments que nous parvenions à voler, avec les petits copains, cachés derrière les dunes. J’étais précoce disait-on ? J’en profitais.

Si j’étais hétérosexuel, mes multiples séances de touche-pipi avec les voisines et autres copines ne seraient pas supplantées dans mes souvenirs par ce petit berger qui fit mon initiation complète et pour lequel je brûlais d’une passion inconditionnelle, allant jusqu’à supporter sans broncher des raclées mémorables du paternel qui n’aimait pas du tout, mais alors pas du tout cette fréquentation… Si à cette époque-là je multipliais les petites copines, ce fut plutôt parce que j’étais comme l’on dit, porté sur la chose, du genre « Je ne pense qu’à ça »… Et comme un vrai de vrai hétéro quelque peu obsédé ne refuse pas une petite branlette entre copains, moi, j’acceptais très naturellement l’intérêt que l’on me portait. Quel que soit le sexe.

Si j’étais hétérosexuel, des cinq années scolaires en internat je ne me souviendrais que de mes vacances, alors qu’en fait je brûlais d’une passion dévorante pour mon jeune amant de deux ans mon cadet. Que je ne respirais que par et pour lui. Que l’été était trop long tant mon impatience de le retrouver était grande, et que je finis dans la dernière année par une tentative de suicide…

Si j’étais hétérosexuel, ma vie parisienne aurait été émaillée d’aventures féminines. Probablement me serais-je marié avant vingt-cinq ans, et je n’aurais pas vécu plusieurs mois avec un compagnon avant de connaître ma femme…

Si j’étais hétérosexuel, je ne connaîtrais pas tous les lieux de drague underground parisiens, l’emplacement de toutes les vespasiennes et autres pissotières de la capitale, au mètre près, (oui, il y en avait beaucoup à l’époque) je n’aurais pas été un habitué de quelques-unes des rares boîtes homos qui existaient à l’époque.

La fée avait réussie sa blague : un cœur de midinette dans une carcasse de rugbyman. (Deuxième ligne, siou plaît !)

Oui, oui, sans doute…

Oui, pédé, mais honnête. Maladivement honnête. Quand la question du mariage est venue sur le tapis, je ne pouvais que dire la vérité à ma future femme. Je n’aurais pas supporté de vivre dans l’hypocrisie. Alors, si j’étais hétérosexuel, ma femme n’aurait pas eu de raison de me dire cette phrase qui a bouleversé ma vie :

« Je t’aime pour ce que tu es, et non pour ce que je voudrais que tu sois. »

Si j’étais hétérosexuel, je n’aurais pas eu de problème de conscience, et aucune raison valable n’aurait pu me conduire pour un peu plus de neuf mois en prison. J’ai voulu assumer jusqu’au bout, y compris les fautes commises (fautes, pas crimes). J’en ai payé le prix. Cher. Ma famille en a payé le prix. Très cher.

Si j’étais hétérosexuel, mes enfants auraient pu avoir la vie paisible d’enfants de petits cadres et enseignants moyens. Ils n’auraient pas eu à porter sur leurs frêles épaules la lourde charge d’une famille hors norme. Peut-être en seraient-ils plus heureux aujourd’hui.

Si j’étais hétérosexuel, comme mon frère après son brutal veuvage, très vite après la disparition de ma femme, me serais-je empressé de retrouver une compagne pour me tenir chaud dans le lit, me préparer de bons petits plats et repasser mes chemises.

Seulement voilà. La fée…


Quoi que.


Si j’étais homosexuel, je n’aurais pas supporté de vivre quarante ans d’une intimité de tous les instants avec une femme. Ma femme. Je n’aurais pu me forcer à faire semblant. Je n’aurais pu vivre des moments charnels aussi intenses.

Si j’étais homosexuel, j’aurais voulu me sentir bien dans ma peau, épanoui, en accord plein et entier avec mes pulsions. Mes enfants n’auraient pas été dans mes priorités absolues. Je les avais. Ils étaient. Cela eut dû suffire à satisfaire mon égo.

Si j’étais homosexuel, j’aurais sans doute rué dans les brancards. J’aurais fait mon « coming out » public et je serais parti vivre ma vie. Avec un homme. Mehdi, Vincent, Eric, Fabrice, ou un autre. J’aurais pris un grand appartement, pour pouvoir recevoir mes enfants pendant mes périodes de garde accordées par un juge.

Si j’étais homosexuel, au final, peut-être ma femme eut-elle été plus heureuse. Après avoir fait le deuil de notre amour, elle aurait pu reconstruire une nouvelle vie. Avec un mec. Un vrai.

Si j’étais homosexuel, il n’est pas sûr du tout que mes enfants aient souffert de notre séparation, qui, c’est évident, aurait été sans animosité aucune. Ils auraient connu une présence masculine. Une vraie. Et alors, mes enfants, mes chéris, n’auraient pas eu à me lancer dans les dents il y a un an : « La famille mythique ! Mais les mythes, j’en ai marre ! Toute mon enfance j’ai vécu avec cet idéal inaccessible ! C’est un père que je veux maintenant ! Simplement un père ! »

 

Hé, oui ! La fée. Tu n’as pas tout à fait réussi ! Car je dois l’avouer, le concéder. Je suis indubitablement, irrémédiablement, totalement, et sans aucune exclusive, je suis… Un homme !


Boby

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Lundi 30 mars 1 30 /03 /Mars 14:27



(5.06)




Au début de la deuxième quinzaine de mars, je suis allé assister à un séminaire de nonces, vicaires et autres diacres chez les pères franciscains de la côte ouest des États-Unis. Il me tardait de découvrir la ville chroniquée par Armistead Maupin. Autant vous le dire d’emblée : je n’ai pas croisé les fantômes de Michael Tolliver et de Madame Madrigal. J’étais en déplacement professionnel dans le but de découvrir de nouveaux procédés pour communiquer avec mes ouailles. J’ignore si la Légation va se donner les moyens d’utiliser les nouveaux médias qui nous ont été révélés dans le plus grand secret (l’un étant à la limite de la téléportation de Star Trek). À titre personnel, je vais utiliser à satiété ceux qui sont à ma portée. Enfin, histoire de faire baver la blogosphère, lors de la réception officielle à la nonciature franciscaine, j’ai rencontré un blogueur bien plus célèbre que Matoo ! Cette rencontre m’a fait l’effet d’une secousse sismique…

Ce fut bien la seule durant ces quatre jours. La terre n’a pas tremblé sous mes pieds. C’est dommage, cela aurait pimenté le voyage. Unfortunément, il ne fallait pas compter sur une fleurette pour rendre mon séjour plus attrayant, bien que je me sois découvert une communauté d’affinités avec un charmant collègue partageant mes goûts… culinaires. Mais il ne s’est rien passé. Je n’ai pas osé. Même un grand séducteur peut traverser des doutes et montrer des faiblesses… et ainsi manquer d’audace !

Le dernier soir, nous visitâmes Castro en groupe de huit pèlerins. Je n’ai aucun détail croustillant à vous raconter : Castro by night m’a déçu. N’était-ce donc que cela, la « Mecque gay » ? Pour un samedi soir, ce n’était guère animé et l’endroit m’a semblé cinq fois plus petit que le Marais. D’ailleurs, les quelques « beaux » couples homos que j’ai croisés ne se promenaient pas dans ce quartier rempli de créatures bigarrées. Quant au Golden Gate, il s’est obstinément dérobé à mon objectif digital, aussi bien sous la pluie normando-bretonne et un épais brouillard anglais, que sous le contre-jour d’un radieux soleil printanier.

N’allez cependant pas croire que je me plains de mon sort. J’ai été reçu au sein des sociétés phares de la Vallée en Silicone, et passé de bons moments amicaux et conviviaux avec les collègues les plus sympas qui soient. Tout ceci dans une ville géniale, grande mais à taille humaine, avec son incroyable relief et ses aspérités. Je ne regrette aucune minute de ces quatre jours de printemps, qui m’ont offert une agréable parenthèse loin de l’hiver cariboulandais finissant. Et même si, quelquefois, le vent de mars soufflait le froid, j’avais le cœur au chaud.

Je me suis promis d’y retourner, comme on prend une bonne résolution le matin du Nouvel An. Mais voyons donc, il faut que je tienne cette promesse ! Je n’ai pas traversé le pont, ni visité la prison d’Alcatraz. Je n’ai pas tout vu, je n’ai donc rien vu. J’exagère, comme d’habitude. Mais à peine, vous le savez bien. Je ne serai pas entièrement satisfait avant d’avoir goûté tous les martinis du restaurant panoramique du Top of the Mark (et il y en a 12 pages sur la carte !), ni couronné avec un baiser romantique la vue nocturne qu’offre, au 31e étage, l’ascenseur extérieur du Westin St. Francis Hotel sur Union Square. Reste à savoir qui m’offrira ce privilège.



Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Dimanche 29 mars 7 29 /03 /Mars 00:43
  
Visuel : (c) GayClic

Casey a-t-il dit son dernier mot ? Rassurez-vous : non.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 29 mars 7 29 /03 /Mars 00:40
  
Visuel : (c) GayClic

Maddie est repartie... Mais Casey et Alison sont toujours là, et heureusement ! Que feraient nos deux petits héros homos sans leurs poteaux hétéros ? Mais sera-ce suffisant ???
Note : au début, il faut lire "elle m'a allumé" (sans E), car à ce que je sache, Casey n'a pas encore changé de sexe... Désolé.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 28 mars 6 28 /03 /Mars 00:41

Boris et Nadir est destinée à encourager le sexe sans risque chez les gays. Elle complète le travail de prévention réalisé par le SNEG dans les établissements de la communauté gay et celui de CITEBEUR, en tant que producteur et diffuseur de vidéos homosexuelles safe réservées aux adultes. Les principales situations pouvant susciter des comportements à risque identifiées par le SNEG dans ses enquêtes (dépression, préparation psychologique insuffisante avant un rapport sexuel, ambivalence face aux risques) sont traitées sur un mode non pornographique et convivial, qui valorise le plaisir d’être ensemble et l’amitié comme vecteur de prévention au sein de la communauté gay.

Épisode 5 (2.02) : Nadir confie à son coiffeur préféré sa dernière histoire de cœur, qu’il prend déjà pour une grande histoire d’amour. Entre désirs et sentiments, le port du préservatif arrive très vite au cœur de la conversation…



La bannière et les vidéos sont (c) StudioPresse,
CITEBEUR et le SNEG.
La diffusion sur Les Toiles Roses est autorisée par StudioPresse. Merci Laurent !

Par StudioPresse - Publié dans : WEBSERIE : BORIS & NADIR
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Samedi 28 mars 6 28 /03 /Mars 00:34

Boris et Nadir est destinée à encourager le sexe sans risque chez les gays. Elle complète le travail de prévention réalisé par le SNEG dans les établissements de la communauté gay et celui de CITEBEUR, en tant que producteur et diffuseur de vidéos homosexuelles safe réservées aux adultes. Les principales situations pouvant susciter des comportements à risque identifiées par le SNEG dans ses enquêtes (dépression, préparation psychologique insuffisante avant un rapport sexuel, ambivalence face aux risques) sont traitées sur un mode non pornographique et convivial, qui valorise le plaisir d’être ensemble et l’amitié comme vecteur de prévention au sein de la communauté gay.

Épisode 4 (2.01) : Boris a filé rencard dans une usine désaffectée à Jess pour un plan cul. Première galère : les deux keumés ont oublié les capotes ! Et comme un malheur ne vient jamais seul, ils se font choper en flag par un vigile qui surveille les lieux…



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CITEBEUR et le SNEG.
La diffusion sur Les Toiles Roses est autorisée par StudioPresse. Merci Laurent !

Par StudioPresse - Publié dans : WEBSERIE : BORIS & NADIR
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Vendredi 27 mars 5 27 /03 /Mars 11:05

« La preuve est faite que le préservatif n'est pas une garantie à 100 % contre le sida. (...) Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent : la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoïde (...) On met maintenant sur les boîtes de cigarettes : 'danger'. On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs : 'fiabilité incomplète'. » André Fort, évêque d'Orléans, vendredi 27 mars, sur les ondes de France Bleu Orléans.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 26 mars 4 26 /03 /Mars 14:32

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Jeudi 26 mars 4 26 /03 /Mars 00:00

« L’émission involontaire de sperme pendant le sommeil est qualifiée de pollution nocturne. La substance elle-même est visqueuse, fibreuse, blanchâtre, âcre, et ressemble à une forme plus répugnante de morve. » Germaine Greer (La Femme Eunuque)

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 25 mars 3 25 /03 /Mars 11:44
Derrière les masques :


SPIDER-MAN 2 (2003) de SAM RAIMI
OU LA REVANCHE DE L'AMBIGUÏTÉ

 

Un film analysé et décrypté par
Marc-Jean Filaire

Enseignant en Lettres modernes à l’université de Nîmes

 




Si quelqu’un osait dire que Spider-Man est gay, la foule des adeptes de comics monterait au créneau et hurlerait au scandale ; et l’on n’entendrait plus ceux qui avouent à voix basse qu’il n’est pas le seul superhéros à les faire fantasmer dans son costume moulant. Comment un homme qui a une petite amie peut-il être taxé d’une telle marque d’infamie ? Il ne peut y avoir que le regard impie d’un pervers pour apercevoir une telle abomination. Cependant...

Cependant, si je mets en lumière les ambiguïtés qui font que, à certains moments, dans les films de Sam Raimi, il est possible de trouver le jeune Peter Parker un peu déroutant dans ses rapports amicaux et amoureux, alors, peut-être, me laissera-t-on émettre l’hypothèse – subversive, il est vrai – que l’image érotique de l’homme araignée mérite qu’on s’attarde – mais pas trop longtemps – sur les failles de son hypervirilité. Ai-je pris assez de précautions oratoires ? Puis-je continuer sans risquer l’émeute ou la lapidation ?



J’admets tout de suite qu’il n’est jamais dit que Peter Parker est gay ; j’admets qu’il a une petite amie jolie ; j’admets que ses relations avec les hommes sont dénuées de gestes sexuellement explicites, j’admets que les apparences nient clairement l’homosexualité. Et pourtant je ne suis pas convaincu, et pourtant je continue à penser que l’étudiant binoclard et photographe entre deux missions héroïques n’est pas si niaiseux qu’on veut nous le faire croire, et pourtant je défends l’idée que sous le costume aux couleurs de la virile Amérique (rouge et bleu, comme Superman) se cache un jeune homme qui se cherche et ne sait pas trop où il en est avec son éros. Déjà, le premier épisode nous faisait les observateurs d'un adolescent qui se réjouit de se voir si beau en son miroir, qui cache à sa tante May que seul dans sa chambre il projette à répétition des fils collants sur les meubles, qui annonce à sa petite amie préférer la quitter plutôt que de la faire souffrir par l’aveu de sa vraie nature. Pas facile d’être un superhéros et d’en garder le secret. Pas facile d’être gay et d’en garder le secret.



Le deuxième volet de la saga marque une nouvelle étape dans le processus psychologique du jeune adulte qui cherche à comprendre ce qu’il est, ce qu’il se doit et ce qu’il doit à ceux qui l’entourent. Si, dans le premier épisode, Peter Parker faisait l’expérience de son propre corps, comme tout jeune garçon qui se réveille à l’adolescence dans un corps d’homme, l’épisode suivant est le récit allégorique du même homme en quête de son identité sexuelle : pour le dire autrement, Peter Parker s'attelle à trouver sa place au sein d’une société normée en refusant les modèles préétablis susceptible de nier son individualité.


 

Soi et les autres : singulier vs pluriel


Sans affirmer que le protagoniste est un homosexuel, il est néanmoins possible de repérer dans son parcours personnel des similitudes avec le parcours que nombre de jeunes gays connaissent au cours de leur adolescence avant d’assumer sans honte leur désir. En effet, Peter Parker perçoit son existence comme un mensonge perpétuel dans la mesure où il ne peut même pas avouer à ses proches ce qu’il est réellement. Sa vie sociale est celle d’un ado mal intégré, qui se fait bousculer au sens propre comme au sens figuré : il se sent invisible, personne ne le voit tel qu’il est vraiment, tout au plus le remarque-t-on comme le nerd, bon en tant qu’étudiant en sciences mais rasoir en tant que condisciple. On retrouve là le complexe du garçon mis à l’écart parce qu’un peu bizarre, pas assez viril pour appartenir à l’équipe de sport, pas assez semblable aux autres pour qu’ils veuillent l’intégrer à leurs jeux communautaristes. La seule reconnaissance qu’il peut attendre du groupe est celle de sa marginalité, de sa différence. Pour exister, il faut au jeune homme construire sa propre vie hors des milieux traditionnels : pendant que les autres s’amusent dans les fêtes de leur âge, Peter Parker retient l’attention de son professeur de sciences ou du brillant docteur Otto Octavius ; alors que la majorité vit le jour (université, bureau) ou le soir (théâtre), il renaît la nuit dans son costume qui dissimule son identité. Toujours en rupture de ban, il se cherche de nouveaux repères et surtout de nouveaux pères pour combler l’absence du sien, parce qu’il est attendu qu’un garçon se construise sur le modèle d’un homme solide et viril. Le personnage met du temps à comprendre qu’il peut échapper à cette normalisation et que la figure féminine de sa tante a peut-être plus à lui apprendre que tous ces pseudo-pères qui voudraient faire de lui un clone d’eux-mêmes – ce que Norman Osborn avait déjà tenté dans le premier épisode.



Sur le plan narratologique, on distingue les étapes d’un parcours assez proches de celles d’une acceptation de l’homosexualité à l’adolescence. Le parcours commence par une prise de conscience de sa différence et de son incapacité à satisfaire les attentes des proches, ce qui conduit à un certain désespoir face à une réalité sociale dont on se sent tout autant exclu. La première réaction devant cette incompatibilité est de nier ce qui est le propre de sa différence : en constatant qu’il ne peut pas être un parfait superhéros capable d’assumer sa vie cachée en même temps que ses activités de justicier, Peter Parker admet qu’il est possible de faire un choix, et il fait celui du déni, préférant la médiocrité du mimétisme social à la singularité héroïque. Combien de jeunes gays ont ainsi tenté d’aligner leurs activités et leurs pensées sur celles de leur entourage hétérosexuel ? Pour quel profit ? À retarder l’aveu de la vérité refoulée, on ne gagne que peu de temps avant le jaillissement de la souffrance accumulée. Dans le film, l’aveu fait à sa tante – mère de substitution – de son rôle dans la mort de l’oncle laisse croire que celle-ci pourrait renier Peter mais elle aussi progresse à la suite de cette révélation : elle accepte de dépasser la douleur de son veuvage et de regarder vers l’avenir sans en vouloir à celui qui, un instant, l’a déçue mais qu’elle sait aimer au-delà de ses imperfections. Bien des parents, à notre époque, acceptent, malgré tout, que leur enfant soit « différent » mais il leur faut souvent du temps. Reste à admettre que l’on peut avouer à ses proches (Mary Jane, Harry) et même se montrer en public tel que l’on est (scène du métro) pour parvenir à un nouvel équilibre intérieur. L’adolescent, que ce soit Peter, une jeune lesbienne ou un jeune gay, sait qu’il est difficile de s’assumer différent au sein du groupe social : être singulier au cœur d’une pluralité dominante exige un courage, dont les membres de la collectivité ne savent guère estimer la force, surtout quand on est encore à l’âge tendre.


 

Soi et l’autre : masculin vs féminin


D’autres analogies sont encore à déceler pour montrer l’intérêt d’un film qui, sans une lecture des ambiguïtés, pourrait paraître plus que léger et dévolu au seul spectacle des scènes d’action et des effets spéciaux. Dans ses relations aux hommes et aux femmes, le personnage surprend parfois par ses réactions ou ses répliques. Ainsi, on peut s’attarder sur les difficultés relationnelles récurrentes avec les jeunes femmes, qu’elles soient fréquentées souvent ou non. Lors de la piteuse livraison de pizzas, on ne peut guère passer outre l’attitude d’impuissance de Peter devant une condescendante mangeuse de chewing-gum dont la mastication semble mettre en scène de façon ironique l’acte de castration par morsure. Mais toutes les femmes ne sont pas des vagins dentés qui humilient les hommes (gay) cachés dans leur placard (à balais) : en anglais le jeu de mot fonctionne autant qu’en français (placard/closet). Une autre jeune femme est à remarquer : la fille du logeur. Personnage attendrissant plus que tout autre – elle est même décalée dans ce film de divertissement –, Ursula (Mageina Tovah) frise la pâmoison à chaque fois qu’elle voit le jeune locataire. Pourtant, Peter ne semble jamais remarquer ses sentiments à son égard, et même lorsqu’elle lui apporte une part de gâteau et un verre de lait, adorables offrandes alimentaires, il semble ne pas percevoir l’attirance qu’elle a pour lui. Pour le dire plus simplement, il ne la voit pas, elle n’est jamais perçue comme une possible conquête ni même une rivale pour Mary Jane, tout comme les groupies qui appellent Spider-Man dans la rue. Certains verront là les manifestations de la fidélité de Peter ; il convient peut-être de remarquer qu’il est insensible aux charmes féminins, même lorsqu’ils s’offrent de façon si ostentatoire. Reste le cas de Mary Jane. Assurément, c’est vers elle que vont les sentiments du jeune héros, le film le répète assez. Toutefois, on ne peut nier que le manque de communication rend leurs rapports fort peu érotiques ; leur relation est principalement construite autour de la parole – ou de son inverse, le silence – et non du corps. Dans la continuité du premier épisode, leur relation est celle d’amis ; et même si Mary Jane montre un trouble certain face à Peter, dont elle veut recevoir le baiser (scène du salon de thé), lui se tient toujours à distance de la jeune femme, incapable de prendre l’initiative qui nous le montrerait attiré par un corps de femme. Et même quand elle abandonne son mariage avec un bellâtre insipide dont l’uniforme est le seul charme – c’est lui-même qui le dit ! – Parker est encore sur le point de fuir pour poursuivre une nouvelle mission. Le film d’aventures nous avait habitués à des héros plus entreprenants ; on est loin de James Bond et même de Superman, qui n’est pourtant pas un tombeur.



Qu’en est-il des jeunes gens que croise ou fréquente Peter ? Encore une fois, il faut nous attarder sur une rencontre brève, laquelle se construit à contretemps de la femme aux pizzas. Lors de la première perte de ses pouvoirs, Peter est obligé de prendre l’ascenseur pour descendre d’un immeuble ; il y rencontre un charmant jeune homme, qui le complimente sur son costume, que l’on sait particulièrement moulant. Qui aurait l’idée de préciser dans une telle situation que l’inconvénient principal de celui-ci est de remonter l’entrejambe ? Serait-ce la première chose à dire à un inconnu ? On peut en douter, d’autant plus que dans les séries ou les films américains, la cabine d’ascenseur est fortement connotée comme un espace de fantasmes, de rencontres érotiques. Et pourquoi le jeune homme après ce bref échange appuie-t-il sur un bouton ? Serait-il en train de remettre en marche l’ascenseur arrêté entre deux étages ? Du honteux placard avec ses balais récalcitrants à l’ascenseur avec son jeune homme entreprenant, Peter Parker suit une évolution qui se colore d’un érotisme plus qu’ambigu. L’autre homme, dont le charme est indéniable, est Harry, l’ami d’enfance, le rival déçu d’avoir été quitté par Mary Jane, celui dont le père aurait voulu Peter pour fils. Que de raisons d’être dans une relation passionnelle ! Harry est beau, il est riche, il est entreprenant et sa haine pour Spider-Man est absolue, puisqu’il le croit l’assassin de son père. Pourtant, malgré l’acharnement à vouloir détruire celui qu’il a désigné comme son ennemi mortel, lorsqu’il découvre que Spider-Man et Peter ne font qu’un, il ne peut accomplir sa vengeance, impuissant devant le corps presque dénudé de celui pour qui il a laissé partir celle qu’il aimait ; et quand il lance Dr Octopus à sa recherche, son dernier cri est une recommandation impérative : ne pas faire de mal à Peter, alors qu’il semble moins pressé de sauver Mary Jane. Éros et Thanatos ont partie liée dans cette affaire d’amitié particulière. Autant ne pas penser à tous ces détails incongrus et aller au théâtre ; pour voir quelle pièce ? Celle que joue Mary Jane bien sûr, The Importance of Being Earnest (L’Important d’être Constant), une pièce d’Oscar Wilde. Comme auteur hétérosexuel, on a fait mieux !

 


Haine de soi vs amour des autres


Devant tant d’incertitudes, on comprend l’attitude de Peter Parker lorsqu’il décide de redevenir un être « normal », de rentrer dans le rang et dans la norme. N’est-ce pas plus simple en apparence ? Bien sûr, il faut détourner le regard quand un autre adolescent se fait agresser par deux brutes et oublier que c’est encore aujourd’hui le lot de nombreux garçons tabassés parce qu’ils sont gays ; bien sûr, on a tous une vieille amie confite d’amour pour celui qui est depuis toujours un ami délicat et sensible ; bien sûr, on peut se réfugier dans les jupons d’une mère ou une tante (sans jeu de mots) à qui l’on dit, les yeux embués de larmes, qu’on regrette de ne pas être le fils ou le neveu qu’elle espérait avoir. À vouloir être un autre, c’est contre soi que se retourne la violence. Combien de temps cela peut-il durer ? Jusqu’à l’acte manqué, le geste ou le mot qui dit en un instant tout ce qu’on aurait voulu enfouir et oublier. Qu’est-ce qui pousse Peter à retirer son masque alors qu’il a sacrifié une part de lui-même pour rester un héros anonyme ? Au milieu de la foule d’un métro, il se donne à voir, malgré lui, à un moment où retirer son masque n’était en rien une nécessité. Le geste trahit le désir ; le dévoilement avoue la volonté d’être reconnu comme une et non plus deux entités juxtaposées et distinctes : Spider-Man est Peter Parker et Spider-Man a un visage humain. Et là, quel étonnement ! Aucune haine particulière ne vient de la foule, aucun rejet n’est mis en œuvre pour l’exclure du groupe. Quelqu’un dit simplement qu’eux-mêmes, les témoins de cette révélation, ne diront rien de cette vérité qu’ils connaissent désormais. Les craintes de Peter Parker étaient-elles pleinement justifiées ? N’y avait-il pas dans sa dissimulation une emphase due à sa propre peur d’être rejeté ? Tout amateur de film d’épouvante le sait, ou toute personne qui a traversé une ville la nuit, la peur engendre la peur et le risque ne nous paraît plus grand que parce que notre inquiétude l’est aussi. La reconnaissance publique de l’humanité du héros et de sa similitude avec des gens normaux (quelqu’un dit : « il n’est pas plus vieux que mon fils ») rappelle ce que pour beaucoup de personnes la révélation de l’homosexualité d’amis a pu être : elle n’a pas changé pas grand chose ; le constat se limite à une différence infime qui débouche sur une certaine indifférence. Et le danger qui menace ceux que l’on aime fait oublier qu’ils sont quelque peu différents de nos attentes : les passagers du métro qui veulent s’opposer à DOctopus, en vain, reflètent l’attitude nouvelle de ceux dont on menace les proches, les enfants, les amis gays et lesbiennes, ils s’interposent et disent leur refus.



Il reste à comprendre la fin de ce film. Une lecture gay-friendly de Spider-Man 2 a toutes les chances d’être perçue comme une violence faite à la narration, si l’on affirme que le jeune héros, heureux d’être choisi par celle qu’il aime, est un homosexuel qui se cache. Indiscutable. Pourtant, connaissons-nous beaucoup de héros qui préfèrent partir à l’aventure au moment même où la belle les rejoint en abandonnant son ex-fiancé le jour de ses noces ? Tiraillé entre son devoir envers la communauté et son bonheur personnel (conflit cornélien par excellence), le jeune héros est content d’entendre sa bien-aimée l’inciter à vivre pleinement sa vie secrète : les dernières images du film montrent sa traversée de la ville comme l’expression ostentatoire d’une joie immense. On serait tenté de voir en Mary Jane l’épouse idéale de l’incertain, tiraillé entre deux sexualités (1), laquelle accepte que l’homme aimé fricote avec des truands la nuit et revienne après chaque escapade. Peter Parker serait-il donc bisexuel ? Ce serait encore trop catégoriser le film et le personnage. Il s’agit plutôt d’un film sur les moyens de ne pas perdre ceux que l’on aime : Mary Jane ne peut assurément pas être le seul objet d’intérêt de Peter, doit-elle perdre les chances d’un bonheur en refusant les concessions ? L’époque contemporaine fait l’apologie des arrangements, les héros de cinéma ne sont plus si monolithiques et les passions si absolues qu’il y a un demi-siècle : de nos jours, dans une société où tout est objet potentiel de commerce, le bonheur a un prix négociable et même les superhéros sont prêts à le discuter, en exigeant une assurance. Assurément, nos idéaux en sortent diminués mais les chances de bonheur sont, quant à elles, accrues.


Et que nous importe que Peter Parker soit gay, bi, hétéro ? La question s’évacue d’elle-même car là n’est plus le problème. Si les amours cinématographiques d’un homme et d’une femme possèdent des zones d’ombre qui font penser que l’un des deux est homo ou bi et que cela ne choque plus, c’est que les différences moralisatrices commencent à s’estomper dans la société occidentale grâce à l’affirmation d’un discours gay assumé, ce qui est une bonne nouvelle. En réalité, une lecture gay-friendly de Spider-Man 2 n’a d’intérêt que dans la mesure où toute perspective analytique nouvelle suscite une réactivité de la part des spectateurs et des lecteurs et donc une réflexion ou un débat. En reprenant le titre de l’ouvrage d’Éric Fassin, nous pouvons affirmer aujourd’hui qu’il y a bien « inversion de la question homosexuelle », c’est-à-dire que la société doit se redéfinir parce que les homosexuels qui osent faire entendre leur voix l’obligent à se repenser. Et même dans des divertissements aussi légers que Spider-Man 2.


Fiche technique : Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina, James Franco, Rosemary Harris, Daniel Gilles, J.K. Simmons, Donna Murphy, Dylan Baker, Bill Nunn, Elizabeth Banks, Bruce Campbelle, Stan Lee, Vanessa Ferlito, Aasif Mandvi et Cliff Robertson. Réalisation : Sam Raimi. Scénario : David Koepp, Alfred Gough, Miles Maillar, Michael Chabon et Alvin Sargent. Directeur de la photographie : Bill Pope. Compositeur : Danny Elfman. Durée : 127 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


 

(1) Je renvoie à ma définition de ce type de personnage à la sexualité double dans L’Ado, la folle et le pervers – Images et subversion gay au cinéma, H&O éditions, 2008.
Par Marc-Jean Filaire - Publié dans : ANALYSES : HOMOLLYWOOD
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Mercredi 25 mars 3 25 /03 /Mars 11:40

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Mardi 24 mars 2 24 /03 /Mars 11:40
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 24 mars 2 24 /03 /Mars 07:53


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Ces critiques ont déjà été publiées ça et là. Elles sont ici rassemblées, parfois réaménagées en fonction d'un public spécifique mais le mot d'ordre reste identique, L'ART DE FAIRE ÉVOLUER LES MENTALITÉS. Les critiques seront donc « militantes », honnêtes, jamais objectives. Les livres sont lus, souvent relus et on ne trouvera pas ici de communiqué de presse ni de quatrième de couverture. Puisque nous utilisons un média ouvert, des liens seront souvent proposés pour élargir le sujet ou enrichir la présentation : avant d'investir de l'argent en librairie ou du temps en bibliothèque, ce « matériel » devrait fournir un maximum d'informations à celui ou celle qui est tenté(e) par la lecture, et guider vers des auteurs qui nous ont touchés (au sens figuré, esprits coquins !). Les livres présentés seront de divers genres : fiction, essais, érotisme, histoire, biographies, littérature jeunesse… On essaiera de faire partager des joies, c'est plus difficile que de tirer tout seul sur un auteur dont la prose ne nous a pas séduit. S'il est trop opposé au principe d'évolution sus-indiqué, il sera traité sans concessions… toute AAH (attitude anti homo) sera poursuivie !!!

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue.

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

Fernandez Dominique, L'Étoile rose, Grasset, 1978, 430 p. (réédité au Livre de Poche)

Était-il possible d'éviter ce livre pour commencer cette rubrique sur ce blog ?

Trente ans après sa publication, ce roman de Fernandez, devenu membre de l'Académie Française, a-t-il toujours un intérêt ?

David, le narrateur, est adolescent au moment de la Libération et ne sait comment gérer son attraction pour les hommes. Devenu enseignant, muté en Lorraine, il tente de « survivre » au fil de ses rencontres furtives avec des amants et/ou des « militants », croit trouver une solution grâce à la psychanalyse… avant de rencontrer le bel Alain, de quinze ans son cadet avec qui il vit mai 1968.

Ainsi résumée, l'histoire paraît banale, insipide.

Pourtant, sous la plume de Fernandez, avec sa culture et sa fougue, c'est dans une traversée de l'histoire de l'homosexualité et de l'homophobie que l'on est emporté. Les plus anciens verront passer des mouvements ou des figures connues : Arcadie, le FHAR (1), le pasteur Doucé, avec des références essentielles – sans être pesantes – à l'antiquité grecque ou à… Sigmund Freud. Les pseudo-solutions de la psychanalyse sont l'un des intérêts de ce livre : on doit bien constater que les dégâts de ces théories sont encore présents dans de bons esprits qui ont trouvé là matière à une « tolérance » envers ces pauvres hères attardés sur la deuxième marche de leur évolution sexuelle. Mêlées à un esprit « lutte des classes », ces idées offrent un cocktail à la saveur assez dépassée mais qui aide à comprendre une époque et à situer le débat actuel dans un contexte historique finement décrit.

Ce livre a bouleversé ma vie, orienté mon coming out. Le reprendre en mains trente ans plus tard ne m'a donné ni nostalgie, ni ennui, ni émotions insurmontables. Le seul constat est que je n'ai encore rien lu de meilleur pour comprendre « notre » histoire, « notre » culture. J'y ai retrouvé références à des faits culturels, des arguments que j'utilise depuis trente ans sans connaître leur source : c'était donc dans L'Étoile rose que j'avais appris tout cela !!!!

« Un gay, mon cher, c'est quelqu'un qui s'amuse là où les autres s'emmerdent » (p. 329)

(1) dont Ma saison Super 8 avait donné une vision

http://www.lestoilesroses.net/article-13567665.html

 

Sulzer Alain-Claude Un Garçon parfait, Jacqueline Chambon, 2008, 235 p. (PRIX MÉDICIS ÉTRANGER 2008)

Ernest est l'employé modèle d'un palace suisse d'altitude, îlot de calme et de luxe face à un lac alpin. La transparence de sa vie n'est qu'une apparence. Avec une maîtrise parfaite de ses effets stylistiques et romanesques, une remarquable économie de moyens, Alain Claude Sulzer parcourt près de soixante ans d'histoire d'un monde dont les convulsions ont, depuis ce point de vue helvétique "neutre", une dimension différente et singulière. En dehors des amours d'Ernest et Jacob, décrits avec simplicité et crudité, apparaît un troisième personnage, Julius Klinger, écrivain allemand en exil vers les États-Unis : il y a du Thomas Mann dans cet homme à qui Sulzer offre une vraie relation sentimentale et sexuelle avec le beau Jacob, en s'inspirant de celles que l'auteur de Mort à Venise (1) n'a pu réaliser malgré toutes les attentes qu'il a confiées à son journal intime, publié après sa disparition.

Justement distingué par le prix Médicis étranger 2008, ce roman est un vrai moment de plaisir littéraire et de réflexion, une construction narrative originale avec une étonnante tension dramatique.

C'est un moyen de s'introduire dans l'intimité de personnages célèbres et anonymes, de confronter leurs vécus dans un cadre géographique et sociologique singulier au travers d'un contexte historique connu auquel l'auteur donne un relief étonnant.

(1) cf : http://www.lestoilesroses.net/article-1090955.html

 

Tammet Daniel, Je suis né un jour bleu, J'ai lu « Témoignage », 2009, 283 p.

S'il est un thème tabou, c'est bien celui de la sexualité des handicapés mentaux. Après une publication très médiatisée en 2007, l'autobiographie sans tabous d'un autiste gay surdoué sort enfin en poche.

Daniel Tammet nous ouvre les portes de ce monde étrange : un esprit d'autiste avec une époustouflante capacité à manier et mémoriser chiffres, langues auxquels il associe couleurs et formes.

Il nous fait aussi partager ses doutes et ses difficultés à entrer en relation avec les autres. Son écriture est limpide et claire, "mathématique", ce qui peut la rendre étonnante mais jamais froide et on suit avec émotion ses efforts, entouré de précieux soutiens familiaux, pour sortir de sa carapace. La description de ses premiers émois amoureux, la découverte absolument limpide de son évidente attirance pour les garçons, sa rencontre avec Neil et l'apparente simplicité de leur vie de couple ajoutent une note plus "sentimentale" au récit de ce parcours si étonnant... qui ne fait sans doute que commencer. Même si l'on est réfractaire aux mathématiques et étranger au monde du handicap mental, on ne peut être insensible à ce témoignage direct, pudique et optimiste, à cette description sans fioritures d'un univers dans lequel sont enfermées tant d'autres personnes, sans possibilité de communication.

Ce livre "brut" est un OVNI dans la littérature : pas si difficile à lire pour peu que l'on veuille se mettre en empathie avec son auteur qui nous offre la possibilité rarissime de nous mettre en phase avec un handicap : on ne peut pas, même en montant sur un fauteuil roulant savoir ce que vivent les paras ou tétraplégiques : Daniel Tammet nous offre la possibilité d'entrouvrir la porte d'un esprit autiste, sans fausse pudeur ni voyeurisme.

Pour en savoir plus :

Sur l'auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Tammet

Interview de D. Tammet par Laurent Ruquier

1e partie : http://www.youtube.com/watch?v=hKZoDHTTvmg

2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=6NKZcQClsxE&NR=1

 

Tapie Jean-Paul, Le Goûter d'anniversaire, Stanké, 2000, 208 p.

« Il y a deux catégories de racistes : ceux qui se consolent d'être des hommes ordinaires en croyant à une race de sous-hommes ; et ceux qui déplorent de n'être pas des dieux en se considérant comme des surhommes. » (p. 74).

Jérôme Peyral est un élève de seconde qui se sait différent des autres lycéens qui l'appellent « Peyral la pédale ». Le professeur de français dont il était amoureux a été remplacé par un homophobe frustré qui va jouer des stratagèmes les plus pernicieux pour tenter de remettre son élève dans le "droit" chemin en utilisant comme levier de sa cruauté l'hostilité ambiante de la classe. Dans un contexte familial plus que pesant (parents au bord de la rupture, sœur anorexique), Jérôme traverse des moments de joies, d'espoir et de détresse décrits avec une finesse d'anthropologue par un narrateur dont la psychologie est à a hauteur de la puissance romanesque.

Cette plongée au cœur d'un individu en formation dans un monde hostile est d'une force telle que l'on souhaiterait la faire partager à ceux qui ont un pouvoir sur les adolescents, que ce soit à titre familial ou professionnel (enseignants).

Au moment où l'homosexualité semble ne plus être un critère de discrimination ou de racisme, au lendemain du coming out d'un ministre de droite du gouvernement Sarkozy, alors que les nouvelles technologies de la communication permettent de réduire l'isolement de ceux qui se sentent différents du modèle dominant, il est plus que pertinent de s'immerger dans le vécu d'un ado qui doit, même en 2009 en Europe occidentale, assumer une vie de paria.

On saura, une fois de plus, gré à Jean-Paul Tapie d'avoir su si bien emporter ses lecteurs dans des mondes où la littérature peut encore jouer le rôle de point de repère quand la pensée dominante est régie par un ostracisme toujours vivant ou une classification dans des cases formatées où gay rime seulement avec bling-bling, sexe facile et jet-set urbaine.

Pour en savoir plus :

Le blog de l'auteur : http://jeanpaul-tapie.com/

 

Duffy Léa , Féminin féminin, Fixot, 1996, 193 p.

Avec ses talents d'éclairagiste, Léa Duffy braque ses projecteurs sur son amour évident des femmes, la bêtise de ceux qui l'ont violée, ses errances et des joies dans le monde de la nuit, son épanouissement aux côtés de malades du sida.

Dans un récit mené avec l'enthousiasme d'une ado qui doit se battre pour affirmer sa différence intervient la bêtise de deux hommes, deux mâles qui la violent pour lui faire découvrir la véritable supériorité du sexe masculin. Ces abrutis vont la toucher sans la détruire : de cette épreuve elle tirera la force de devenir une porte-parole de celles qui refusent les voies tracées d'avance par les parents, la société, les religions.

Après diverses expériences parisiennes et romaines dans divers milieux nocturnes et fêtards, après un bref passage par la drogue, Léa se met au service de ceux que la maladie frappe et devient auxiliaire de vie. Avec la force et l'audace de la Malika Cherfi du roman d'Olivier Delorme, L'Or d'Alexandre (H&O, 2008) elle soutient ceux qui ont perdu une partie de leur autonomie mais pas la rage de vivre.

Ce récit contient aussi ses zones d'ombres : la virtuose de la lumière sait les insérer avec talent.

Quand on a trente ans et que l'on veut publier un livre de témoignage d'une telle force, il est normal d'avoir recours à un co-auteur. Gageons à la lecture des textes publiés postérieurement par Léa Duffy que ce travail a dû être assez reposant et plutôt lucratif puisque le livre est épuisé. Quand on choisit (ou que l'éditeur impose ?) une personne branchée sur les thèmes religieux (recueils de neuvaines, les saints qui soulagent), le traitement de certains sujets doit être le fruit d'âpres négociations : que vient faire le bon Dieu à « l'heure du bilan »(pp.185-194) ? Dans des propos assez hasardeux sur la fidélité et le mariage on reconnaît quand même l'esprit qui a conduit le récit, un esprit d'ouverture, d'amour et de respect. C'est cet esprit qui conduit Léa à la rédaction d'un superbe billet-message à l'attention des familles qui découvrent l'orientation sexuelle d'un enfant (p.154).

Il suffit de lire les lettres des femmes de tous âges impressionnées par le passage de Léa Duffy à l'émission de télévision de Mireille Dumas, Bas les masques, pour se rendre compte que son témoignage, oral ou écrit est, même plus de dix années après sa publication d'un intérêt et d'une force incroyables face à la bêtise, à la violence et aux préjugés.

 

 

Steelcock Andrew-Stephen, Larry Poppers et le secret de l'arôme interdit, H&O, 2008, 224 p.

Votre fils, votre nièce a « kiffé grave » Harry Potter et vous, père, mère ou tante inquiet(e), n'avez pas eu le temps ni l'envie de vous plonger dans les aventures du petit sorcier ? Voici LA solution !

Si vous êtes vous-même fan du petit binoclard, vous savez depuis la parution du tome 7 (Harry Potter et les reliques de la mort), que Dumbledore, le directeur du collège Poudlard, est gay. Même si vous ne lisez pas le journal de l'établissement (La Gazette du sorcier) et que vous ignorez que l'instrument qui a « marqué » le héros mesure 33,75 cm (tome 1, p.87 de l'édition Folio junior), vous allez entrer dans un autre monde... beaucoup plus dévergondé.

Aucun risque d'ennui ni de gamineries : Larry est un grand garçon, majeur, déluré et vacciné et vous allez en voir de toutes les couleurs. L'éditeur a même précisé « Réservé aux adultes » !

Le père de cet ouvrage est un Gallois savant qui a confié son manuscrit à un érudit traducteur doué pour tous les jeux de langues (Patrick Denfer, lui même auteur d'œuvres moins scientifiques : Plaisirs en mer et Les Dieux du vestiaire).

Vivant traité de vulgarisation sur les effets cli-niques des philtres d'amour, aphrodisiaques et autres piments de la vie sexuelle masculine, ce roman est aussi l'œuvre d'un sujet de Sa Gracieuse Majesté très au fait de la politique française : Miss Thanatcher et le Président Krapozy sont au générique, sans oublier le dangereux ministre transfuge Bertrand Couchtard !

Une intrigue à rebondissements tour à tour musclés, politiques, juteux, drôles et lubriques provoquant autant d'intérêt que de turgescences emmène le lecteur depuis un couple princier (William & Harry) pour s'achever (cela peut se signaler sans déflorer la curiosité !) sur le yacht du souverain de Monte Braco.

Bourré d'humour et de gaieté, avec effet immédiat sur les corps spongieux et caverneux des lecteurs sensibles aux charmes de la virilité, ce livre sollicite également leurs cellules grises. Après le très mauvais Harry Peloteur et la braguette magique, voici un bon vrai pastiche bien frais que je bois (bandé) sans modération et fais partager à tous mes amis, tant que cet arôme-là n'est pas encore interdit par Edvige !!!!

Pour en savoir plus :

Savoureuse interview de l'auteur par « Le concombre godifié »… :

http://www.polychromes.fr/spip.php?article242

 

Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.

TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mardi 24 mars 2 24 /03 /Mars 00:58

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Lundi 23 mars 1 23 /03 /Mars 11:47


Fiche technique :

Avec Victor Carril, Alexandre Carril, Anaïs Demoustier, Katrin Sass, Fernando Ramallo, Patrick Hauthier et Samir Harrag. Réalisation : Pascal-Alex Vincent. Scénario : Pascal-Alex Vincent & Martin Drouot. Directeur de la photographie : Alexis Kavyrchine. Compositeur : Tarwater.

Durée : 80 mn. Actuellement en salles.



Résumé :

Antoine et Quentin, frères jumeaux de 18 ans, décident, à l'insu de leur père, de se rendre à pied en Espagne afin d'assister aux funérailles de leur mère qu'ils ont peu connue. La route va mettre à nu leurs différences de manière insoupçonnée.



L’avis de Cyril Legann :

Pascal-Alex Vincent est un type sympathique, je l'ai rencontré il y a quelques années et on sent chez  lui une authentique passion pour le cinéma, c'est pourquoi j'attendais son premier film avec bienveillance. Il nous avait gratifié de quelques courts-métrages intéressants comme Les Résultats du Bac ou le sucré Far West.

Malheureusement, croulant sous les influences, son premier long métrage nous fait regretter le temps du court. Même avec beaucoup de bonne volonté, difficile de s'intéresser au sort de ces deux jumeaux dont on comprend dès le premier plan qu'ils sont fort beaux (bof), et que leur relation est plus forte que tout, et qu'au bout du tunnel jaillira la lumière...

Il faut donc subir un récit (?) initiatique sur la différence où le sens du mot « contemplatif » est mis à rude épreuve. Car n'est pas Claire Denis qui veut, et il ne suffit pas d'enchaîner les séquences mutiques au milieu de paysages chatoyants pour créer du sens et de l'émotion. À force d'économie (de mots, de narration), l'ennui apparaît dès le début et ne nous lâche jamais. Là où Claire Denis et Sébastien Lifshitz puisent la force de leur cinéma, dans le non-dit et l'ellipse, Pascal-Alex Vincent enchaine les séquences « obligées » du genre avec assez peu d'inspiration.

Alors on s'ébroue dans l'eau, on s'aime au clair de lune, on s'éveille à une sexualité nouvelle, on se désespère sur les quais d'une gare... sans que jamais frissons ne vienne nous caresser l'échine. Peut-être la faute à des comédiens (amateurs) trop légers pour porter un tel film, où l'on sent la volonté appliquée de bien faire mais aucune authenticité... Dommage !



L’avis de Nicolas Maille :

Après plusieurs courts-métrages remarqués, Pascal-Alex Vincent retrouve les jumeaux qu’il avait fait tourner dans Bébé Requin et les place au cœur d’un road movie envoûtant. Le film, très peu dialogué, mise avant tout sur l’esthétique des paysages traversés ainsi que sur l’ambiguïté de la relation entre les deux frères. Une marche contemplative, donc, où le réalisateur parvient à instaurer une esthétique des non-dits parfois contrebalancée par quelques poncifs sur la découverte des sens.

Non, vous n’entendrez pas de Sheila dans Donne-moi la main. En effet, le titre n’est pas un hommage à la petite fille du Français moyen, mais fait référence au refrain de la chanson Melocotón, hymne mélancolique rendu célèbre par Colette Magny et que l’un des deux frères interprète d’ailleurs a cappella au cours du film. Donne-moi la main est même plutôt éloigné de l’univers un poil kitsch des premiers courts-métrages de Pascal-Alex Vincent (comme le très drôle Far West où une bande de jeunes gays excentriques passaient un week-end à la campagne), même si l’on retrouve des thématiques qu’il a déjà développées comme le passage de l’adolescence à l’âge adulte, la découverte de l’homosexualité ou la gémellité.



Pour Pascal-Alex Vincent, le Japon est une grande histoire d’amour. Il semble donc naturel qu’il en fasse allusion et ce dès les premières images du film, une séquence animée d’inspiration manga. Implicitement, c’est aussi pour lui une manière de marquer la transition avec ses œuvres antérieures puisque son dernier court-métrage, Candy Boy, était également dans l’esprit des dessins animés japonais. Dans cette scène d’ouverture, l’un des frères vient chercher son jumeau dans la boulangerie paternelle avant de prendre la route pour l’Espagne. Ils se mettent à courir dans la rue, l’un essayant perpétuellement de dépasser l’autre et l’on devine déjà que toute leur relation est construite sur un rapport de force. Néanmoins, il faudra attendre près de 20 minutes pour connaître l’objet précis de leur voyage : « Nous partons en Espagne pour l’enterrement de notre mère. Nous ne l’avons pas beaucoup connue » explique de manière lapidaire l’un des jumeaux à une jeune femme rencontrée à une station service. Depuis le début, les deux garçons ne parlaient pas beaucoup. La suite de leur marche est du même acabit, marquée par leur mutisme et ponctuée par des affrontements, des rencontres de passage (on retrouve notamment Fernando Ramollo, le jeune blondinet révélé dans Krámpack), et des corps à corps virils. Le réalisateur avoue se placer dans la mouvance des road movies américains des années 1970, avec un goût prononcé pour filmer les routes, les voies ferrées, les paysages qui défilent à travers une voiture, un camion, un train, en somme tous les moyens de locomotion utilisés par les deux frères au cours de leur traversée. Le film joue clairement la carte du contemplatif et mise plus sur le suggestif (d’où l’économie de dialogues) que l’explicatif. Par là-même, il ne fait qu’accentuer l’absence de communicabilité entre les deux frères, réduits à exprimer leurs instincts les plus primaires (« J’ai faim, je suis fatigué ») et pervers (quand l’un des jumeaux "vend" son frère à un homme dans une gare). Le parti pris est risqué, mais même si Donne-moi la main prend du temps à démarrer, Pascal-Alex Vincent arrive à nous captiver par la force de ses images, sa façon de cadrer les paysages ou d’instaurer l’espace (on pense par exemple ce travelling avant qui nous fait pénétrer dans le self glauque d’une gare de province).



Il semble évident que Pascal-Alex Vincent a une fascination pour les jumeaux Alexandre et Victor Carril, et que le film a été écrit pour eux. Le réalisateur ne s’en cache pas. Il dit s’être beaucoup inspiré des échanges qu’il a eus avec les deux acteurs et leur avoir laissé une bonne part d’improvisation au cours du tournage. Forcément, on n’échappe pas à une certaine érotisation du duo avec toujours en filigranes la fantasmagorie homosexuelle que peut véhiculer la gémellité. Deux scènes peuvent être mises en miroir : quand Quentin épie Antoine faire l’amour avec la jeune fille de la station-service, puis quand inversement, au crépuscule, Antoine voit son jumeau enlacé avec un garçon. Ces deux scènes traduisent à la fois les différences sexuelles des deux frères, mais elles se construisent également sur un rapport légèrement pervers de voyeurisme et de transfert. Pascal-Alex Vincent reste suggestif et se garde certes de tout regard racoleur. Mais on aurait presque préféré qu’il assume plus sa fascination pour les jumeaux, un peu à la manière d’un Gaël Morel qui, dans Le Clan, se fait avant tout plaisir à filmer les torses dénudés de ses acteurs.



Au lieu de cela, Donne-moi la main donne parfois l’impression de se rassurer en réactivant bon nombre de poncifs sur le deuil, le voyage comme cristallisateur de différences ou la découverte de l’homosexualité (l’initiation de Quentin passe par un jeune beur garçon de ferme, la scène où Antoine essaie de vendre son frère semble sortie d’un film de Téchiné de la fin des années 80). Tous les chemins pris par ce film ne sont pas convaincants, mais il y a dans cette marche bucolique vénéneuse un trouble permanent qui suffit à nous rendre captifs. En passant du court au long et à l’image de l’évolution des deux personnages de Donne-moi la main, le cinéma de Pascal-Alex Vincent est en tout cas sur le point d’accéder à une maturité que l’on prédit prometteuse.

Pour plus d’informations :


Par Cyril Legann et Nicolas Maille - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 22 mars 7 22 /03 /Mars 00:09

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Dimanche 22 mars 7 22 /03 /Mars 00:03

Visuel : (c) GayClic

Jade va mettre les pieds dans le plat, ça fait pas un pli, elle n'en peut plus. Plouf !
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 21 mars 6 21 /03 /Mars 11:44

Visuel : (c) GayClic

Celui où l'on parle des fleurs et des abeilles avec Olivia.
Site de la série.



Par Hari3669
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