Recherche

Podcasts

 

logonewRCN.jpg


MusicPlaylistView Profile
Create a MySpace Music Playlist at MixPod.com

Accueil

Ensembles-copie-1.jpg
pedeblog_kek_logo2.png
Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

twitter_logo_header.png

Daniel Hall


secondé par :

Gérard Coudougnan


L'équipe des "piliers" en exclusivité
ou en reprise autorisée :

Jean Yves
, Bernard Alapetite, Zanzi, Neil, Kim,
Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori,
Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
Robert Wagner,
 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

Special Guest Star : Philippe Arino.

Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
Yann Gonzalez.
Et en special guest star gay-friendly... Dr Orlof !


et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

Ce blog est partenaire de

Dreampress.com

Avec l'aide graphique de

Catégories

Fil infos VeryFriendly

W3C

  • Flux RSS des articles

POUR SURFER SUR CE BLOG...

Les Toiles Roses  est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (cliquer ici pour le télécharger)

TOUTES LES CRITIQUES DE FILMS : ICI
LES CRITIQUES DE LIVRES (Gérard Coudougnan) : ICI
Nos chroniques vedettes : Zanzi and the City (Zanzi), Et les filles alors ? (Isabelle B. Price),
Derrière les masques : Homollywood (Marc-Jean Filaire),
Merci Bernard (Bernard Alapetite),
Le Bazar de l'Homo Vincy (Vincy Thomas),
L'Histoire de l'homosexualité,
Dans l'ombre de Jann Halexander (Jann Halexander), Spécial Abdellah Taïa (Daniel C. Hall),
La Crypte aux gays (BBJane Hudson), Certains l'aiment camp (Tom Peeping),
 
Le Chaudron rose (Papy Potter), Petits Contes Dark-en-ciel (Nico Bally),
Marie de traverse (Marie Fritsch), Spécial Salim Kechiouche, Si j'étais homo ou hétéro...,
Spécial Stonewall, 40 ans, La gâterie du chef (Daniel Conrad Hall), La Garac'Ademy (Jean-Louis Garac)
A tort ou à travers (Laurent Fialaix), Rencontres de tous les types (Hugo Rozenberg),
 
Le Phil de l'araignée (Special Guest Star : Philippe Ariño),
Dossier et chronique-soutien
à l'association "Le Refuge" (Daniel C. Hall).

Venez rejoindre la rédaction, les lectrices et lecteurs sur le groupe Facebook :
http://www.facebook.com/group.php?gid=61890249500#/group.php?gid=61890249500


Samedi 21 mars 6 21 /03 /Mars 11:42

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 20 mars 5 20 /03 /Mars 10:31


http://www.doudou-shop.com/produits/infirmiere/infirmiere_zoom.jpg


Si j'étais droitière...

Isabelle B. Price

 

Pour la onzième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, je ne vous présenterai pas mon invitée, tant en quelques mois elle a marqué de sa présence notre blog : Isabelle B. Price. Isa est la fondatrice d'un des rares sites lesbiens intelligents, documentés, curieux, innovants... Pour tout vous dire, Univers-L.com me titille l'intellect et me conforte dans l'idée que nous ne connaissons pas (nous, pédés) nos sœurs lesbiennes, et surtout que notre cause commune est intimement liée à la cause de la femme en général. Isa, c'est une infirmière brillante, une cuisinière hors pair et une esthète question chaussures (pour celles et ceux qui ne comprendraient pas, lisez sa chronique sur ce blog). En tout cas, j'ai un intense plaisir à la lire, à lui écrire et à lui avouer qu'elle a déjà gagné mon amitié et mon affection (et bientôt mes petits plats). Isa, continue à nous régaler (bon, pas avec des pizzas surgelées au four) !




Si j’étais hétérosexuelle… je crois que je serais la même.

Je sais, c’est une honte. Je m’étonne moi aussi que ce soit la première chose qui me soit venue à l’esprit. Mais je pense que quelque part c’est un peu vrai. Enfin peut-être pas tant que ça. Parce que si j’étais hétéro, je serais quand même différente.

Dernièrement une connaissance m’a fait découvrir une interview de Alexandra David-Neel où cette dernière expliquait une chose magnifique qui m’a marqué plus que je ne m’y attendais. « Faut jamais dire si j’avais été là, à cette époque-là, et dans cet âge-là, j’aurais fait ça. Mais non mon bel ami, ce que vous auriez été de cette façon-là, dans tel entourage, à tel âge, etc. etc., vous auriez été celui-là ! Vous n’auriez pas été celui que vous êtes maintenant et vous n’auriez pas pensé la même chose. Vous auriez fait exactement ce que l’autre a fait parce que vous auriez été lui à ce moment-là. »

En conséquence, comment répondre à cette question ? Pourquoi même se la poser ?

Pour jouer ? Alors jouons.

Si j’avais été hétérosexuelle, oui, ce temps-là me convient mieux, désolée, je suis ennuyeuse, je sais. Si j’avais été hétérosexuelle, mes trois meilleurs amis n’auraient certainement pas été des garçons. J’aurais certainement pris part, dès la primaire à ces luttes de sexe que l’on reprenait après les avoir vu, à la télé ou dans nos familles. J’aurais alors certainement cherché à savoir faire l’équilibre contre le mur du préfabriqué plutôt que tirer au centre de la cible avec le ballon de foot. J’aurais certainement aimé me pavaner pour attirer le regard des garçons au lieu de jouer aux billes et de me salir comme aucune fille n’en a jamais été capable.

J’aurais été invitée chez Emilie pour jouer à la poupée plutôt que de parcourir les rues de la ville sur mon BMX jaune fluo avec mes deux meilleurs copains. J’aurais aussi moins pleuré quand cette imbécile de truc-machin-bidule-chouette a dit qu’elle ne parlait plus aux filles parce qu’elles n’en valaient pas la peine au lieu de mettre en place un putsch visant à la destituer de son pouvoir. Putsch qui soit dit en passant s’est très rapidement retourné contre moi. Qu’est-ce que les gamines peuvent être bêtes quand elles le veulent !

Je serais sortie avec Thomas au collège quand il me l’a demandé au lieu de préférer rester la copine de Céline. Et ça, ça aurait certainement tout changé.

Peut-être que j’aurais porté des robes, que j’aurais eu les cheveux longs, que je me serais plus aimée à l’adolescence, si tant est qu’un adolescent puisse s’aimer. Peut-être que j’aurais fait d’autres études, peut-être que j’aurais choisi un autre métier, peut-être que j’aurais eu une vie totalement différente.

Peut-être mais je ne le crois pas. Je crois que j’aurais été la même mais qu’au lieu d’avoir le cœur qui bat à la vue d’Angelina Jolie, j’aurais vanté toutes les qualités de Brad Pitt. Peut-être qu’au lieu de fantasmer sur Scully, j’aurais fantasmé sur Mulder. Et qu’est-ce que ça aurait changé ?

Je suis certaine que j’aurais adoré jouer aux Lego* de la même manière, tout comme j’aurais été fan des Schtroumpfs avec lesquels j’ai vécu autant d’aventures passionnantes, Gargamel relégué sous mon lit, à mille lieux de ma belle cité. J’aurais autant rêvé sur le chemin de l’école. J’aurais inventé autant d’histoires durant ma jeunesse. J’aurais eu un monde imaginaire aussi riche et vivant que celui qui m’habite encore aujourd’hui.

Je suis certaine que j’aurais quand même détesté mettre des robes. Que j’aurais passé mon adolescence à mettre des jeans dix fois trop grands pour moi et des t-shirts XXL parce que je n’aurais pas supporté les changements de mon corps. Je suis persuadée que j’aurais été influencée de la même manière par mes parents et leur engagement associatif au point de me tourner vers le même métier et le même engagement actuel.

Je suis certaine que j’aurais eu cette même réserve, ce même recul vis-à-vis des autres. Je suis persuadée que j’aurais eu autant de mal à faire confiance et que j’aurais plus vécu dans ma tête que dans la réalité.


Qu’est-ce que ça aurait changé alors ? Mes flirts n’auraient pas été les mêmes, mes premières fois non plus. Je n’aurais certainement jamais cherché à connaître la sous culture homo - pour quoi faire ? Je n’aurais pas créé de site internet et je n’aurais pas les mêmes amis. Ma relation avec les autres serait différente, ni pire ni meilleure, simplement différente.

Et pourtant c’est marrant, je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été hétéro, un jour je me serais demandée si je n’étais pas bi. C’est con la vie des fois.

Afin de vous expliquer le pourquoi du comment cet article est aussi nul, il faut que vous compreniez mon éducation et ma vision du monde. Je considère le fait d’être gay aussi important ou insignifiant que le fait d’avoir les pieds plats et d’être gauchère.

C’est comme si vous m’aviez posé la question : « Et si j’étais droitière… »

… Ben si j’étais droitière, je saurais découper une feuille de papier droit parce que ce serait facile avec les ciseaux. Je n’aurais pas de problème pour écrire avec un stylo plume ou sur un tableau quelconque. Je ne gênerais personne à table à cause de mon bras gauche….

Et si je n’avais pas les pieds plats ? Non mais, vous allez arrêter avec vos questions débiles !!!


Isabelle B. Price

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Vendredi 20 mars 5 20 /03 /Mars 09:43
Par Tatiana Potard - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 19 mars 4 19 /03 /Mars 12:16

Ce n'est « pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour. » Christine Boutin, ministre du gouvernement Sarkozy, après les protestations officielles de la France concernant les propos inadmissibles et destructeurs (une fois de plus) de Benoît XVI, 19 mars 2009.
Note de Daniel C. Hall (qui sort de sa légendaire neutralité) : Je passe sur le PaCs. Je passe sur l'homophobie (je suis trop bon, non ?). Je passe sur le statut du tiers (je suis un Saint !). Mais quand même, Mâââdame Boutin, dommage que votre père pensait comme vous !!!! Autrement, il nous aurait épargné une calamité comme vous !!!! Boutin démission (mais que fait Sarkozy ???) !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Jeudi 19 mars 4 19 /03 /Mars 12:07
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Jeudi 19 mars 4 19 /03 /Mars 00:10

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 14:25
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 14:18
« Pour être clair, dire de quelqu'un qu'il est "gay" ou "pédé" est aussi insultant que d'appeler quelqu'un un "nègre". Vous avez l'air stupide quand vous dites ça. » Ashton Kutcher, comédien américain, 13/03/09, sur sa page Twitter.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 13:15




MES OSCAR(E)S À MOI


Une chronique d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 



Très régulièrement on me pose des questions pièges sur mon film lesbien préféré, sur ma réalisatrice préférée et sur mon actrice préférée. Comme s’il était facile de faire le tri et de comparer des œuvres de pays d’origine, de budget, de public, d’attentes… différents !

Au début de l’année 2008, j’ai essayé de dresser une liste. Elle a évolué, un peu, pas beaucoup, un an plus tard. Elle est tout à fait personnelle et ne présente jamais un seul film, une seule actrice, une seule réalisatrice parce que je ne peux pas faire un choix aussi radical et que, même en me restreignant, je n’ai pas réussi à garder un(e) seul(e) et unique meilleur(e)…

Meilleur film lesbien de tous les temps.

Une question difficile… étant donné que j’apprécie des styles et des genres différents. Plusieurs films m’ont touchée sans que je puisse pour autant affirmer que l’un d’eux est le meilleur film lesbien de tous les temps.



Je me rappelle avec tendresse du premier long métrage lesbien que j’ai vu à 19 ans, Lost and Delirious. J’ai apprécié le personnage de Paulie, bien que la fin m’ait laissé un goût amer. Bound m’a tenue en haleine du début à la fin, et j’ai tout de suite été sous le charme de Corky et de cette ambiance noire et froide qui accroche tout au long du film. Fucking Amal m’a réconciliée avec mes années « ado » et m’a fait croire, l’espace d’un instant, que la jeune fille timide et réservée que j’ai été aurait pu sortir avec l’adolescente la plus populaire. Eulogy, It’s In The Water et DEBS, dans le genre comédie, possèdent un humour léger, salvateur et rare qui reste inoubliable. Côté comédies romantiques, j’ai apprécié Nina’s Heavenly Delights, Imagine Me & You et dernièrement Gray Matters.



Mais si je devais n’en retenir qu’un seul, je pense que ce serait Desert Hearts. L’histoire touchante d’une femme qui décide de changer de vie et qui rencontre l’amour en la personne d’une jeune fille non conventionnelle, indépendante, fière et forte. Autofinancé par la réalisatrice Donna Deitch, c’est, en 1985, le premier film positif sur l’homosexualité féminine. Adapté du roman éponyme écrit en 1964 par Jane Rule, il reste une référence tant du point de vue des sujets qu’il aborde (le poids des responsabilités, la force du désir, la place de la femme dans la société, l’attirance hors normes) que de la représentation physique d’une relation homosexuelle, avec un baiser sous la pluie, une scène d’amour osée et une fin inédite.

Meilleure actrice dans un rôle lesbien.



Gina Gershon dans le rôle de Corky, la butch libérée de prison qui tombe sous le charme de Violet, la femme fatale, dans le premier long métrage des frères Wachowski (Matrix), Bound. Erin Kelly, qui interprète Annabelle dans Loving Annabelle. Jadwiga Jankowska-Cieslak pour le rôle d’Eva dans Un Autre Regard (Another Way). Rien d’étonnant, me direz-vous, puisqu’elle a obtenu le prix de la meilleure actrice au festival de Cannes en 1982.

Le plus beau baiser lesbien.



Le baiser sous la pluie dans Loving Annabelle : attente, désir, sensualité, urgence. Celui de It’s In The Water : découverte, peur de l’interdit, sensualité, surprise. What’s Cooking : donne-moi la force d’affronter ma famille !

La plus belle scène d’amour lesbienne.



Bound. Jamais scène d’amour n’a été aussi sexy, sensuelle, charnelle et réaliste que celle-ci. Une réussite visuelle et émotionnelle. Celle de Loving Annabelle est beaucoup plus romantique mais tout aussi sensuelle et chargée de désir. On ne peut décemment pas oublier tous les passages de The Girl entre Claire Keim et Agathe de La Boulaye. Pour finir, celles où l’humour transparaît comme dans Better Than Chocolate où Kim demande pourquoi elles n’ont pas gardé le lit, ou dans Saving Face lorsque Wil interroge Vivian pour savoir si sa mère sait qu’elles couchent ensemble et que Vivian rétorque qu’elle croit qu’elles conjuguent les verbes en latin, ou encore dans D’un amour à l’autre, où Satu n’arrive pas à enlever son pull alors qu’elle est tellement pressée de se dévêtir.

Le plus beau couple lesbien de cinéma.



Ils sont nombreux, mais je pense que mon préféré est le couple Casey Olsen et Alexandra Barrett-Rosenberg dans Treading Water. Il y a une réelle alchimie entre les deux actrices, et le film alterne les moments sombres et durs avec des passages plus doux et romantiques, tout en ayant parfois une touche d’humour bienvenue. Mais il y a également le couple mythique ‘Aimée’ Lilly Wust et ‘Jaguar’ Felice Schragenheim dans Aimée et Jaguar, ainsi que Vivian Bell et Cay Rivvers dans Desert Hearts. Et tout récemment le couple Leyla & Tala (Sheetal Sheth et Lisa Ray) dans la comédie romantique britannique I Can’t Think Straight.

Meilleure réalisatrice lesbienne.



La réalisatrice et scénariste de DEBS, Angela Robinson, sans hésiter. Pour son humour, sa réalisation nerveuse et fluide où l’on ressent l’influence des mangas et des films d’action. Son travail sur la série The L-Word est également l’un de mes préférés. Elle vole largement la vedette à Jamie Babbit (But I’m A Cheerleader), Katherine Brooks (Loving Annabelle) et Rose Troche (Go Fish), que j’apprécie également beaucoup. Et j’ajoute Guinevere Turner dans la catégorie meilleure scénariste (Go Fish, The L-Word et American Psycho).

Meilleur documentaire lesbien.



Celluloid Closet est connu et reconnu et fait aujourd’hui référence. Il reste l’un de mes documentaires préférés, tout comme Bleu, Blanc, Rose – Trente ans de vie homosexuelle en France de Yves Jeuland.

Freeheld, oscarisé en 2008 et racontant le combat d’une femme qui a toujours fait passer la vie des autres avant la sienne quand elle était inspecteur de police et qui, alors qu’elle est en train de mourir, fait tout pour que sa partenaire puisse bénéficier de sa pension quand elle sera morte.

Meilleur court métrage lesbien.



Dans deux catégories très différentes, je ne parviens pas à me décider entre DEBS, qui est un exemple de maîtrise d’humour et d’action comme on n’en a jamais vu, et Gillery’s Little Secret qui est, de son côté, beaucoup plus dramatique, réaliste, sensible et touchant. Difficile de les départager.

 

Isabelle B. Price (11 Mars 2009)


Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 12:35

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mardi 17 mars 2 17 /03 /Mars 11:30



(5.05)




Chères lectrices et chers lecteurs, il y a quelques semaines j'ai lancé à des personnes ciblées qui ont fait et font toujours partie de ma vie un appel à contributions sur le thème « Zanzi tel que je le connais ». L'idée était d'autant plus intéressante qu'une grande partie de ces êtres chers m'ont connu avant que je devienne Zanzi. Le but de l'exercice était de vous apporter un éclairage nouveau et différent sur ma personnalité dans toute sa complexité. Il se trouve que seul Esteban a répondu à cet appel. Je n'en attendais pas moins de lui, connaissant sa sensibilité naturelle. Le portrait qu'il fait de moi est à la fois touchant et sans concession. Je reconnais qu'en lisant certains passages, je me suis senti un peu "bousculé" de découvrir comment il me voyait. En lisant ce qui suit vous devinerez d'instinct à quoi je fais référence.

Cher Esteban, je t'ai côtoyé de près, et parfois de très près, pendant deux ans. Et je souris de constater que tu me rappelleras toujours mon black-out de l'entre-deux tours. Pour moi, tout a commencé en août 2002. Je me souviens aussi des mauvais moments que nous avons traversés, mais ils donnent du relief et du contraste à tous les autres bons moments, ces étincelles d'éternité que nous avons volées au temps qui passe et dont l'ascenseur de la place de Louvain se souviendra longtemps. Je me souviens aussi de cette complicité innée qui nous liait, de nos pensées semblables et simultanées, t'en rappelles-tu ? C'est comme si nous nous étions retrouvés après des siècles de séparation.

Je me souviens aussi de ce jour où, patraque, je suis resté chez moi et que tu es venu me frapper à ma porte à l'heure du déjeuner. J'ignorais jusqu'à ce que je te lise que tu avais eu une conversation avec notre Amigo dans son bureau. Je me souviens seulement que tu étais bouleversé quand j'ai ouvert la porte, soulagé aussi de me voir en vie, comme si tu t'étais imaginé le pire (et tu n'es pas le seul, demande à Daniel C. Hall). Je me souviendrai toujours des minutes qui ont suivi et qui n'appartiennent qu'à nous, et à notre mémoire partagée.

Je savais dès le début que tu ne serais jamais à moi complètement. J'ai pris le risque de cette souffrance, de ce CDD couru d'avance. C'était cela ou rien. J'ai donc choisi d'avoir peu plutôt que de passer à côté de toi, de nous. Je t'ai aimé comme tu n'en as peut-être pas idée, et après la fin de notre période passionnelle, j'en ai fait une belle chanson qui dort encore au fond de mes tiroirs. Elle m'a aidé à refermer cette blessure d'amour. Tu sais que je t'aimerai toujours, bien que de façon différente, car apaisée et platonique. Et je sais que tu m'as aimé aussi, pas seulement parce que tu me l'as dit avant mon départ. Parce que tu as écris ce témoignage.

 

La première fois que j'ai rencontré Zanzi c'était durant l'entre-deux tours mémorable de la Présidentielle de 2002. Comme un réalisateur de cinéma, il était venu en repérage pour une série dont il fut la vedette pendant deux ans à B. Je me fais un malin plaisir de rappeler cette anecdote car elle a le don d'agacer notre petit Zanzi étant donné que je suis le seul de nous deux à me remémorer cette rencontre furtive. Il faut dire que la présentation fut rapide et il avait beaucoup de personnes à voir ce jour-là. En tout cas, mon radar ne m'a pas trompé car j'étais quasi sûr en le voyant que d'une part Zanzi préférait les glaçons aux quilles et que d'autre part nous deviendrions amis.

Notre "vraie" rencontre eu lieu en août 2002 au moment de son « entrée en fonction officielle ». Terme élogieux pour un travail de simple « employé de mairie » : définition péjorative (pour lui) de l'activité qui l'occupait à l'époque et revenant souvent dans les bilans quasi hebdomadaires que Zanzi faisait de sa vie.

Zanzi m'a tout de suite plu. Sa fantaisie, son humour, son intelligence, son exagération contrastaient singulièrement avec l'atmosphère ronronnante que j'avais connue au bureau jusqu'alors. Un lien s'est tissé et nous nous sommes très vite rapprochés. L'étape des confidences est alors arrivée, étape prometteuse sur la valeur d'une amitié qui est en train de naître et que l'on espère voir grandir jour après jour sans se flétrir.

Nos espaces professionnels étant contigus, Zanzi et moi nous rencontrions tous les jours, allions déjeuner ensemble, conversions même par mails...  Le train était lancé mais les dés pipés au départ, car cette histoire d’amitié qui a assez rapidement glissé vers une histoire plus intime ne pouvait déboucher que sur des frustrations et des incompréhensions, notamment pour Zanzi. Je pense que je l'ai aimé mais pas assez pour qu'il obtienne de moi ce qu'il attendait : que je le suive ! (Mais le suivre où... ?)

Bien sûr l'amour existe sous différentes formes mais dans une seule forme complète qui fait que l’on décide de faire sa vie avec une personne et à l’époque j’avais déjà cette personne...

Parfois, en repensant à ces moments j’ai l’impression d’avoir trahi ses sentiments mais je pense (j’espère) qu’il ne m’en veut plus aujourd’hui. Un courant peut-être trop naïf nous a porté durant tous ces mois mais notre relation actuelle ne serait sans doute pas la même sans cette traversée d’épreuves.

Ainsi, vous avez le décor affectif général des deux années durant lesquelles nous avons cohabité même si ce fut surtout la première d’entre elles qui connut le plus de « rebondissements ». Jolie façon euphémique de dire les choses...

Lorsque notre relation passionnelle s’est terminée, j’ai découvert le « côté plus obscur » de Zanzi. Un côté qui à l’époque était à mon avis l’aspect dominant de son être. Une personne défaitiste, colérique parfois et distillant en permanence un certain désespoir.

Que pouvais-je y faire ? Rien n’allait selon lui : sa vie professionnelle qui n’était pas à la hauteur de ce qu’il valait intellectuellement, sa vie affective insatisfaisante, son hypocondrie. Il n’écoutait pas mes conseils, refusait la critique constructive mais pouvais-je lui en vouloir moi qui lui avais fait espérer pendant un temps qu’au moins du côté cœur les choses s’arrangeaient ?

Bref, quelqu’un de pas toujours facile à vivre au quotidien car c’est justement auprès des gens en qui il a une pleine confiance qu’il se livre totalement.

Son humeur était comme un yoyo ou pour prendre une image qui nous replonge dans l'époque comme l'ascenseur qui monte et qui descend et que nous empruntions, « affectueusement » dirais-je, pour nous rendre à la machine à café. Celle du troisième étage ou du cinquième plus tranquille au gré de nos envies. Comme dans le bâtiment il y avait 7 étages, Zanzi avait coutume de comparer l'ascension vers le 7ème à une escapade vers le 7ème ciel. Mais cet ascenseur pouvait également nous conduire vers plusieurs niveaux en dessous du rez-de-chaussée...

C’est lui qui donnait la couleur de la journée (noire, grise ou rose) sans se soucier de savoir si les autres avaient des problèmes peut-être plus graves. Je dois avouer que cela m’exaspérait parfois !

Je me souviens du jour où Zanzi ne prévenant personne ne s’est pas présenté au bureau. Je fus convoqué par le grand chef qui savait que j’étais proche du loustic et qui me demanda s’il y avait une quelconque raison de s’inquiéter. Est-ce que Zanzi qui vit seul se sent bien à B. ? J’essayais de noyer le poisson en dissimulant mon inquiétude et demandais tout de même au plus petit chef si je pouvais me rendre à l’appartement de Zanzi pour voir ce qui s’y passait. Je me suis mis à courir pratiquement sans m’arrêter saisi d’une frayeur diffuse... « Il a quand même pas... ». Arrivé en bas de chez Zanzi, je sonne et Monsieur m’ouvre... Je le trouve en peignoir dans l’encadrement de sa porte avec la tête du gars qui venait d’être dérangé en plein sommeil. Je lui criais alors un grand « T’es malade ! » tellement j’étais hors de moi. Zanzi avait tout simplement omis de prévenir le bureau qu’il n’était pas très bien ce jour là.

Je ne reprendrais pas ici l'intégralité des moments que nous avons partagés et qui nous appartiennent mais il y a eu aussi beaucoup de bons moments de rigolades, d’échanges, de tendresse et d’affection. Durant ces deux années nous avons concentré à forte dose des déchirures, des engueulades et des retrouvailles pour finalement en arriver à la conclusion que rien ne pourrait nous séparer.

L’énigme que je n’ai toujours pas résolue est celle du peu d’intérêt que Zanzi porte aux autres. Est-ce une forme de pudeur comme il me l’a dit ? Un simple égocentrisme un peu amplifié ? Ou tout simplement parce qu’il ne sait pas comment faire ? Enfin, je me dis qu’à un moment donné il s’est tout de même intéressé à moi ce qui signifie que tout n’est pas perdu.

Si je ne me trompe pas, Zanzi est devenu Zanzi peu de temps après son passage à B. Le jour de son départ, j’étais à la fois triste et soulagé qu’il aille à la rencontre d’autres horizons. Je me sentais de plus en plus démuni.

Que lui apporte sa vie à Caribouland ? Je n’en sais pas grand-chose finalement, nous en parlons peu. Il y allait rempli d’espoir sur son avenir et les opportunités qui pourraient s’y présenter.

Les a t-il rencontrés ?

Pas tout à fait me semble t-il, mais je crois qu’il tend au moins vers un équilibre serein qui le conduira je l’espère vers ce qu’il cherche ou tout du moins à déterminer ce qu’il cherche...

C'est désormais le monde qu'il prend à témoin de ses états d'âme et j'ose espérer que cela l'aide dans sa quête...

Je suis rassuré, Zanzi, que tu m’aies choisi parmi tes nombreuses connaissances pour livrer ce témoignage. Je compte donc toujours pour toi. Cela me ressemble cependant tellement peu de me livrer ainsi même sous le couvert de l'anonymat. J’ai voulu te faire plaisir et te témoigner ma grande affection. Tu me manques.


Esteban



Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Lundi 16 mars 1 16 /03 /Mars 17:56

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Lundi 16 mars 1 16 /03 /Mars 09:19
Derrière les masques :


SHORTBUS (2006) de JOHN CAMERON MITCHELL
 SHORTBUS AVIDE OU COMMENT FAIRE SON PLEIN

 

Un film analysé et décrypté par
Marc-Jean Filaire

Enseignant en Lettres modernes à l’université de Nîmes

 

 

shortbus2.jpg shortF.jpg

Fiche technique :

Avec : Sook Yin Lee, Paul Dawson, Lindsay Beamish, PJ Deboy, Raphael Barker, Jay Brannan, Peter Stickles, Alan Mandell, Adam Hardman, Ray Rivas, Bitch, Shanti Carson, Justin Hagan, Jan Hilmer, Stephen Kent Jusick, Yolonda Ross, Jed Samson, Daniela Sea, Miriam Shor, Rachael Cyna Smith, Paul Oakley Stovall, Lex Vaughn, Justin Bond. Réalisation : John Cameron Mitchell. Scénario : John Cameron Mitchell et le collectif de comédiens. Image : Frank DeMarco. Montage : Brian A. Kates. Musique : Yo La Tengo.

Durée : 102 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Le film Shortbus semble faire état d’une libération sexuelle qui serait le propre de l’époque contemporaine et dont la boîte de nuit de Justin Bond poserait le cadre idéal. Cependant, par la focalisation qu’il exerce sur quelques personnages en particulier, le scénario tend à montrer que vers ce lieu hors normes convergent une multitude d’êtres en crise et aux prises avec leur sexualité. Sous les apparences de la liberté acquise persiste une inquiétude qui touche toutes les sexualités et dont l’ambiance festive du Shortbus ne peut effacer la réalité. Justin Bond ne dit-il pas lui-même en regardant ces clients faire l’amour : « C’est comme dans les années 60, l’espoir en moins » ? Tous ceux qui viennent là sont avides/à vide d’illusion(s) et d’un plaisir – pascalien divertissement – qui estomperait la vacuité du monde extérieur miné par un Ennui chronique, une désespérance ontologique à la nature humaine. Monter dans le Shortbus, car scolaire spécial « pour les surdoués et les déficients », aide à avancer vers le dépassement de la crise individuelle mais ni l’itinéraire ni le terminus ne sont les mêmes pour chacun.

 

 

short03.jpg



La place du mort


Le premier personnage qui apparaît au début du film est James, ancien call boy devenu maître nageur et vivant en couple avec Jamie ; malgré l’amour que lui porte ce dernier et dont il est tout à fait conscient, James prépare son suicide et son remplacement au sein de son couple. La démarche entreprise de voir une conseillère conjugale avant d’« ouvrir » leur couple à un troisième homme n’est qu’une tactique de James pour permettre une transition moins douloureuse à Jamie, qu’il ne souhaite pas laisser seul après sa mort. Malgré son traitement médical, James vogue dans un état de dépression qui paraît sans cause apparente mais dont la souffrance est ancienne et préexiste certainement à ses années de prostitution. Sa douleur se structure autour d’un vide intérieur qu’il ne peut combler et que sa relation de couple ne parvient pas à estomper. Au contraire même, l’omniprésence de Jamie, toujours prévenant, contribue à entretenir le sentiment d’être dépossédé d’une place réelle dans le monde ; Jamie aimerait que James pense à lui quand il se masturbe ; Jamie finit les phrases de James dans le cabinet de Sofia ; Jamie ne veut pas trouver un amant dans la boîte de nuit si James n’en trouve pas. À vouloir être le compagnon parfait, Jamie contribue a occuper la place que James peine à remplir, oubliant que, pour sortir de l’état dépressif, il faut une volonté et une prise en charge personnelles. La scène d’autofellation du début montre de manière visuelle le repli de James sur lui-même, dont le corps dessine une spirale, métaphore de son état d’esprit.

C’est au cours de la conversation avec Severin que l’on perçoit mieux le désespoir du personnage qui rappelle qu’à l’époque où il vendait son corps, il connaissait sa valeur, définie par le tarif de la passe. En réalité, James connaissait son prix financier et non sa valeur intrinsèque ; présentement, il ne sait plus ce qu’il vaut, ce qui revient à croire qu’il ne vaut rien et qu’il pourrait être remplacé par un autre dans les bras de Jamie sans que celui-ci perde au change. Dans une société où tout peut se négocier, c’est la valeur humaine qui n’a plus de cote. L’être disparaît derrière l’argent, les sentiments sont estimables en prix, comme cela apparaît avec humour lorsque, après avoir giflé Jamie, Sofia dit qu’elle ne lui fera pas payer la séance de thérapie ; l’impact émotionnel est considéré comme effaçable en échange d’un somme établie. On peut se demander alors si l’homosexuel n’a pas le devoir de payer son intégration sociale, si finalement le libéralisme économique ne s’étend pas à l’orientation sexuelle : connaître le bonheur dans l’amour, homosexuel ou hétérosexuel, ne dépendrait-il que d’un investissement ? Ce n’est pas la thèse soutenue par John Cameron Mitchell, qui met en garde contre ce débordement déshumanisant d’une société consumériste. La suite du film estompe d’ailleurs progressivement la question de l’argent qui ne réapparaît temporairement que dans la bouche de Rob, lequel souffre d’être au chômage mais qui progresse dans sa crise personnelle sans faire appel à un quelconque financement. Quant à James, pour échapper à sa propre spirale autodestructrice, il lui faut découvrir qu’il a une valeur inestimable et une place à tenir mais aussi que son suicide pourrait ouvrir des béances dévastatrices chez ceux à qui il manquerait.


short7.jpg

 

Plein de vides


C’est donc au Shortbus que se réunissent nos personnages en quête d’eux-mêmes. Là, ils rencontrent tous les types de sexualité en un lieu où chacun est libre d’être pleinement lui-même. L’espoir motive l’entrée dans la boîte de nuit mais celle-ci ne garantit pas la résolution par magie des crises personnelles. Le Shortbus ne fournit que l’espace où chacun peut apporter sa béance affective, sexuelle, sociale pour se sentir momentanément moins seul. Rob n’y trouve pas d’emploi, Severin est toujours célibataire à la fin du film mais James peut y revenir apaisé et Sofia fait la rencontre qui lui permet d’accéder à l’orgasme tant espéré. Le lieu composite est la réalisation topographique et symbolique de ceux qui viennent y chercher refuge : il est composé d’une multitude de petites pièces plus ou moins thématiques, de vides disponibles et susceptibles d’être remplis par des êtres eux-mêmes porteurs d’un vide affectif qu’ils cherchent à occuper d’une présence, celle d’un autre aimé, celle de soi si peu aimé. Que ce soit la salle « Du sexe, pas des bombes » ou le « Palais des chattes », ces lieux n’existent et ne prennent sens que par la présence de ceux qui les occupent, leur raison d’être n’advient qu’à travers la réalité des personnes qui s’y trouvent réunis et unis dans un esprit de communion. Même le placard trouve sa nécessité et prend tout son sens grâce à la scène où James et Severin échangent quelques mots d’une rare sincérité : il convient pour chacun d’eux de sortir du placard, d’assumer leurs peurs et de les affronter, alors même que cet espace confiné – image de leur enfermement psychologique – les rassure un moment en créant une intimité qu’exacerbent leurs liens avec la prostitution.

D’autres espaces étroits relaient le Shortbus et offrent aux personnages des cellules de repli ou de solitude : le caisson d’isolement rapproche Severin et Sofia mais cette dernière est seule dans sa salle de bains trop petite pour s’allonger afin de se donner du plaisir ; de même, la chambre de Caleb est un espace étriqué où un homme habite seul depuis deux ans et vit une relation amoureuse par procuration voyeuriste ; de façon encore plus forte, la pièce louée par Severin pour entreposer ses affaires est un espace clos, où tous les éléments cosy de décoration ne peuvent compenser la vacuité affective dont souffre la jeune femme qui rêve d’une maison avec un chat à caresser. Ces cellules symboliques de vide, où un personnage s’enferme et souffre d’une béance intérieure qu’aucun lien affectif ne parvient à combler, se transforment en espaces carcéraux, d’autant plus violents qu’ils sont sans porte et sans barreaux. Seule la peur de l’inconnu enferre les protagonistes, reclus dans leur inquiétude et leur malaise, incapables de se rendre disponibles à de nouvelles sensations. Tout en le fouettant, Severin dit à Rob : « C’est dur de ne rien ressentir dans sa vie » et l’on ne sait si elle parle d’elle ou de lui, ou même de Sofia ou de James, dont les images apparaissent en alternance pendant la scène de flagellation. Enfermé dans la litanie de ses repères frustrants et oppressifs, personne n’ose franchir le seuil qui le libérera et tous s’attachent à la souffrance comme à leur croix de supplice.



short8.JPG

Renaître à la plénitude


Ainsi, c’est l’apologie de la conjonction que propose le film par la voix de Jamie. Il est celui qui interroge, qui questionne, qui cherche la réactivité de son interlocuteur. Il accepte l’innovation que lui propose James en venant chercher un amant commun au Shortbus, il veut « passer un cap » comme il le dit à Sofia lors de leur séance thérapeutique, il se régale à l’idée de voir un documentaire de trois heures sur Gertrude Stein comme de chanter l’hymne dans le cul de Ceth. Son énergie désordonnée peut agacer mais elle est profondément dynamique et, même si elle ne parvient pas à entraîner James, elle propose une appréhension du quotidien qui refuse l’enlisement et la routine, en d’autres termes qui refuse le vide. À sa manière, Rob recherche la même chose quand il se plaint de ne pas avoir un sexe plus gros pour donner un orgasme à sa femme, il veut être un être qui emplit, qui occupe une place dans le corps comme dans l’esprit de quelqu’un. Ceth aussi comble le vide qui mine le couple des Jamie, avant de s’attacher à Caleb, il appartient à la catégorie des personnages dont le rôle est de combler les espaces affectifs, tout comme le couple magnifique qui aide Sofia à remplir son vide d’orgasme.

À l’opposé de ces personnages positifs et orientés vers les autres, on constate que James, Caleb, Sofia et Severin sont des êtres en creux, tournés vers leur espace intérieur, physique et/ou psychologique, qu’ils ne parviennent pas à remplir. Le jeu des rencontres offert par le Shortbus permet des accointances qui redessine les couples et fait que chacun trouve son inverse et son complément. Severin, maîtresse dominatrice dans son travail, se laisse aller à une crise de larmes lors d’une séance avec Rob qui l’apaise en la prenant dans ses bras, allongé sur elle : le jeu S/M s’arrête et le personnage dominant n’est plus la jeune femme, qui trouve en Rob une force à même de la protéger de ses angoisses et de combler le vide de ses bras (on peut être déçu par le fait que John Cameron Mitchell ne prenne pas le temps de montrer combien ces deux personnages sont susceptibles de s’accorder, de même le baiser entre Rob et Bitch ne semble pas se justifier après la scène avec Severin). Sofia, pour sa part, trouve dans le couple qui la fascinait le support suffisant pour échapper à cette peur récurrente de mourir qui l’empêchait d’accéder à l’orgasme : alors qu’un seul partenaire ne suffisait pas à refouler l’angoisse mortifère de ne pas être pleinement une femme, les deux membres d’un couple lui offre une protection presque physique, en l’entourant de leurs corps, qui efface le vide environnant.

De leur côté les garçons redéfinissent les liens qui les lient. Caleb, dont la vie n’a de sens que dans ce qu’il tire de l’observation des Jamie a en réalité une existence bien creuse, vide de tout lien affectif – il vit seul – ou social – il travaille chez lui. Son voyeurisme n’a d’autre sens que compensatoire et son existence s’organise exclusivement autour de son objet de pensée (et de regard). Son agressivité à l’égard de Ceth tient moins de la sauvegarde du couple qu’il surveillerait comme un ange gardien que de la préservation de sa raison d’être. Refuser qu’un tiers interfère dans la relation des deux amants surveillés revient à protéger sa raison de vivre et à entretenir le succédané qui lui tient lieu de vie. Le spectacle d’une quotidienneté observée au téléobjectif offre un subterfuge qui détourne de l’hic et nunc exsangue et vidé de tout sens. Seul Ceth semble pouvoir lui offrir une présence qui l’écarte de son dérivatif et le ramène à lui-même. Quant à James et Jamie, la fin du film révèle qu’ils se correspondent mais il leur manque longtemps l’élément déclencheur qui leur permettrait de comprendre ce qui les rend chacun indispensable à l’autre. Tous deux passent par une étape de mort symbolique qui se définit pour Jamie comme la conscience de la perte et pour James comme une découverte de sa propre nécessité. Trop proches pour bien se voir, il leur faut une prise de distance qui se matérialise par la largeur de la rue, de chaque côté de laquelle ils se regardent après la tentative de suicide de James. De plus, se trouve désormais entre eux le film de ce dernier que Jamie découvre sur l’ordinateur de la maison. La prise de conscience dépend du médium artistique et visuel qui leur fait revoir de l’extérieur leur histoire. James voit, de chez Caleb et sur l’écran métaphorique de la fenêtre, la détresse de Jamie esseulé et perdu, pendant que celui-ci voit la détresse solitaire de son amant par le film qui ouvre la voie vers son intériorité impossible à mettre en mots. Cette intrusion médiatisée, que souhaitait James, compense l’impossible intrusion physique qui n’a été rendue possible que dans les bras de Caleb, l’homme qui était déjà entré dans son intimité quotidienne. La béance s’inverse en plénitude, James se laisse remplir de la présence de Jamie et il n’est nul besoin de filmer une sodomie pour comprendre que les barrières se sont effondrées. Le retour du couple au Shortbus marque alors sa renaissance.

Il ne reste plus au film qu’à exacerber l’idée advenue du vide rempli en montrant la foule d’une parade joyeuse investir le cabaret et se réjouir collectivement en une communion débridée et juissive. Sofia y connaît enfin l’orgasme qui semble se métamorphoser en pure énergie lumineuse qui se déverse sur New York victime d’un blackout. Son plaisir sexuel devient une force altruiste qui associe et relie les autres êtres et instaure une union qui passe outre la frontière des corps. Comme l’expliquait une des lesbiennes du « Palais des chattes » qui décrivait son meilleur orgasme, celui de Sofia se fait « énergie créatrice dans le monde [qui] se mêl[e] à l’énergie des autres » et change la cacophonie de la réalité humaine en un espace-temps de paix. Si l’on peut voir, de manière un peu simplette, l’orgasme comme le fondement de la communication rétablie entre les êtres, il est assurément plus pertinent d’estimer que Shortbus redit la nécessité du voyage introspectif comme préalable à la résolution des conflits interpersonnels : la rupture de communication avec le monde extérieur et ses acteurs ne peut s’estomper qu’au prix de la réconciliation avec soi-même. À chacun de résorber la violence qu’il exerce contre lui-même, laquelle creuse un vide d’estime autodestructeur, et de se présenter au monde dans toute la plénitude d’une conscience de soi apaisée.

Par Marc-Jean Filaire - Publié dans : ANALYSES : HOMOLLYWOOD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 15 mars 7 15 /03 /Mars 02:12

Visuel : (c) GayClic

Part 2 :
Sniff !
Mais ne pleurez pas trop... Le meilleur est à venir.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Dimanche 15 mars 7 15 /03 /Mars 02:07

Visuel : (c) GayClic

Qui a dit que 2009 serait pourrie ? En tout cas, l'année commence dans la joie et la bonne humeur à Oakdale... Les couples se font, et surtout se défont.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 14 mars 6 14 /03 /Mars 12:02

Visuel : (c) GayClic

Celui où Christian gagne le championnat du monde de sieste. Et aussi celui de poids lourd, mais alors vraiment très très lourd.
Site de la série.



Par Daniel C. Hall
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 14 mars 6 14 /03 /Mars 12:00

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 14 mars 6 14 /03 /Mars 10:16


Photo (c) Fabienne Rose


La baguette magique

Jean-Pierre Andrevon

 

Pour la dixième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, je déroule le tapis rouge à un de mes maîtres en littérature, à un de nos très grands écrivains français (40 ans de carrière et plus de 170 romans, recueils, adaptations au cinéma et à la télévision et autres facéties artistiques), le sphynx grenoblois : Jean-Pierre Andrevon. Mon Von (c'est le petit surnom amical que je lui donne) est une référence pour moi et, cadeau magnifique, un ami de longue date que je vénére. En grand amoureux des femmes, il n'a pas pu se résoudre à aborder ce défi comme les autres... C'est pour cela qu'il nous fait ce cadeau qui me touche beaucoup : une fiction inédite. Et quelle fiction ! Je ne saurais trop conseiller à celles et ceux qui n'auraient jamais lu un seul ouvrage d'Andrevon de le faire avant de mourir idiot(e). Mon Von, merci pour ta gentillesse, je t'envoie plein de baisers gluants.


Je me suis réveillée avec une sensation bizarre. Il faisait encore nuit ou, plutôt, l’aube n’était qu’une pâte grise à travers la fente des volets mal fermés. Mais en hiver c’est trompeur, il était peut-être bien sept heures, quelque chose comme ça. J’ai un peu remué, mon coude a heurté les côtes de Fred, qui ronflait à côté de moi, tourné sur un côté, le mauvais. Enfin il ne ronflait pas vraiment, mais il avait son habituelle respiration lourde de mec trop bien nourri et qui commence à faire du lard. Il ne s’est pas réveillé, il aurait fallu la bombe atomique. En moi, la sensation bizarre s’est accentuée. J’ai pensé qu’en fait, c’est cette sensation qui m’avait réveillée. Comme un mal de dents soudain, ou un pet de travers, coincé entre le rectum et l’anus. Je me suis redressée sur les coudes. Ça venait… oui, ça venait du bas de mon buste. Une lourdeur, comme… sur le moment, je n’ai pas su préciser, même si, un court moment, j’ai pensé à mes Anglais, débarquant avec deux jours d’avance. Mais ce n’était pas ça. C’est en voulant croiser les jambes que j’ai véritablement compris que quelque chose d’anormal se passait en moi. Entre mes jambes, il y avait quelque chose. La lourdeur venait de là. Une pelote de laine, oubliée dans le lit et qui était venue se nicher sous ma chatte ? J’ai avancé la main droite, j’ai tâté. Et j’ai touché la… chose. Ce n’était pas une pelote de laine, pas du tout. C’était tiède, mou, ça m’a glissé entre les doigts. D’un seul coup, j’ai paniqué et j’ai retiré la main, comme si je l’avais mise dans une merde de chien. Seulement ce n’était pas une merde de chien (nous n’avons pas de chien, pas d’enfant non plus). C’était de la chair. Une protubérance de chair qui serait venue me pousser entre les cuisses. J’ai paniqué. J’ai pensé à ce qu’on pense dans ces cas-là : une tumeur, un cancer fulgurant, né pendant la nuit. Pendant un moment, j’ai entendu ma propre respiration me siffler aux tympans, aussi lourde et rauque que celle de Fred. Mon cœur cognait sous mon sein gauche. Je me suis efforcée de me calmer, de dire couche panier à l’adrénaline qui ruait dans mes artères. J’y suis parvenue. Une tumeur pubienne à croissance instantanée ? Allons. J’ai à nouveau descendu la main, cette fois avec un prudence reptilienne, je l’ai infiltrée sous l’élastique de mon pantalon de pyjama. Et j’ai pris tout mon temps. En ne croyant pas mes sensations tactiles. Et en y croyant pourtant, bien obligé.

 

Sous mon gazon, que je ne me donne pas la peine de tailler d’équerre malgré les réflexions de Fred qui voudrait que je la joue poupée Barbie, il avait un petit tube de chair malléable, à l’extrémité vaguement renflée, que j’ai pincé entre pouce et index, y imprimant un léger mouvement de va-et-vient, acte réflexe, habitude acquise depuis mes treize ans. Sous le tube, s’amarraient deux boules un peu plus grosses qu’une noix (non, pas des mandarines, même si c’est la première comparaison qui m’est venue à l’esprit), assez dures, et qui roulaient à l’intérieur d’un sac fripé de peau hérissée de poils. Je ne suis pas de celles qui refusent, qui rejettent l’évidence quand bien même elle vous saute au nez. Ce que je touchais, c’était une queue et des couilles. Sur moi ? À moi ? La main dans le sac, si je peux dire, la sensation était si familière, si banale, que je me suis laissé aller à penser que j’étais mal réveillée, et qu’il s’agissait du service trois pièces de Fred, empoigné dans un demi-sommeil comme on s’accroche à une bouée. Ça arrive, ça m’arrive, et ça peut même se poursuivre par un petit câlin arraché à sa paresse matutinale. Mais non. C’est entre mes cuisses à moi que je palpais ces incongruités. Impossible. Impossible, et pourtant j’en avais les preuves en main. Sans me lâcher, j’ai allumé de la main gauche ma lampe de chevet perso. Le fin cône de lumière blanche s’est piqué sur mon buste, à hauteur de livre. J’ai repoussé drap et couvertures, j’ai descendu mon corsaire nocturne de cotonnade saumon en travers de mes cuisses, tout en jetant un coup d’œil coulis vers mon mec qui continuait à dormir du sommeil du juste. C’était là. Je ne pouvais plus avoir de doute, c’était là. Une queue, une paire de couilles. À la place de ma pêche de vigne, ma discrète coquille fendue. Une queue et une paire de couilles, poussées pendant la nuit, ou alors apparues d’un coup, comme sous l’effet d’une baguette magique, un bon tour que m’aurait joué une sorcière farceuse. Merde alors.

 


Le pire est que, à force de me tripoter, ça me faisait bander. La queue (que j’avais toujours un peu de mal à appeler “ma” queue) se redressait, triomphante, gland au deux tiers décalotté, d’un joli rose ayant tendance à virer au Bordeaux. Je l’ai lâchée, comme si elle m’avait brûlée. L’appendice n’est pas retombé pour autant, il a simplement oscillé sur sa base, peut-être indécis sur ce qu’il allait bien pouvoir faire, où il allait pouvoir se nicher. Je crois avoir souri, enfin. Cette queue était bien banale, tout à fait normale, ni trop grosse (il y en a), ni trop petite (il y en a), ni tordue ni trapue (il y en a), pas non plus veinulée à l’excès – ce qui en général me répugne (ou parfois m’excite, c’est selon). Je l’ai fixée un bon moment. Cette queue était une queue – je crois en avoir une certaine expérience –, point à la ligne. Une queue qui bandait. Par l’entremise de mes doigts. En somme, je m’étais masturbée sans le vouloir, obtenant un résultat inévitable. L’impression n’était pas désagréable, bien au contraire. Cette queue dressée manifestait son autonomie, mais elle était en même temps pleinement moi, avec cette lourdeur pesante, ce sang que je sentais ruer dans les corps poreux, cet indicible chatouillis partant de sa base et s’élançant le long de la face antérieure du tronc, pour s’épanouir à l’intérieur du gland où baillait l’infime méat, ce volcan pour lilliputiens. Alors voilà ce que ressentait un mec qui bande ? Rien à voir, évidemment, avec le feu doux qui s’évase dans la totalité de notre appareil, autrement plus complexe, quand un doigt (ils sont rares, ceux qui savent) trouve le petit bouton caché sous son capuchon et le manipule comme il faut. Rien à voir mais enfin, pas désagréable. Oui, bon, je n’allais quand même pas poursuivre l’expérience jusqu’à l’acmé et, de quelques pressions supplémentaires, il en faut parfois bien peu, faire jaillir la lave dans les draps. Surtout qu’une autre pression se faisait jour : j’avais envie de pisser.

 

Je me suis levée sans bruit et, dans l’appartement qu’envahissait la transparence montante du petit matin, je me suis dirigée vers la salle de bain. Debout, la pesanteur nouvelle de ces organes superfétatoires s’est faite encore plus prégnante. Un pas après l’autre, il me semblait que j’allais basculer en avant, tirée vers le sol par ces protubérances qui ballottaient. Mais c’est une question d’habitude, de nouveau centre de gravité à apprivoiser. Atteinte la salle d’eau, ça allait déjà mieux. J’ai éclairé a giorno et, dans le grand miroir que mon homme, je sais bien pourquoi, a récemment fait installer au-dessus de la baignoire, j’ai pu enfin me contempler tout à loisir. Entre les pans relevés de ma nuisette et mon bas étiré entre le haut de mes cuisses, tout était bien là. Le reste aussi. Mon mignon visage ovale, mes yeux pervenche, ma bouche style Angelina Jolie, mes bouclettes auburn, ma sveltesse intacte, mes deux seins parfaitement ronds (et crotte à qui les trouverait trop petits !), aux aréoles d’une exquise pâleur rosé, mon nombril qu’on a pu comparer à un sourire indicible (et re-crotte à qui penserait que je m’avantage), mes jambes finement galbée… Tout était là, moi en entier. Je ne m’étais pas transformée en homme (berk), il y avait juste, en plus, ces trucs, là en bas. Soupir. J’ai pivoté vers le trône et, au moment de m’y asseoir, je me suis souvenue que les mecs ne faisaient pas ça. Et c’est debout au-dessus de la cuvette  que j’ai relâché la pression, en ayant pris la précaution de saisir le membre entre pouce et index. L’érection avait eu le temps de fondre pour une bonne moitié, mais ça ne m’a pas empêché d’en mettre partout. Étonnant, cette puissance de jet. Encore une habitude à prendre, ai-je pensé en essuyant une gouttelette perlante avec le pan d’un linge de toilette (à Fred). Pensée qui en a entraîné une autre : est-ce que ce serait permanent ? Je n’y avais jusqu’alors aucunement réfléchi, imaginant peut-être que j’allais me réveiller pour de bon, ou alors que le sort s’effacerait aussi rapidement qu’il était venu. Seulement il ne s’effaçait pas, et plus les minutes s’écoulaient, plus j’avais le sinistre pressentiment que, ainsi j’étais devenue, ainsi je resterais. Une très jolie jeune femme avec des organes sexuels masculins. Bien. S’il me fallait en prendre mon parti, restait à déterminer ce que ça allait changer. En premier lieu mes rapports avec Fred.

 

J’ai regagné la chambre à pas lents et, sans prendre de précautions particulières, je me suis reglissée dans le lit. L’imbécile chéri dormait toujours. Le sexe avec Fred est plutôt cool – disons que, s’il m’est arrivé de connaître mieux, il m’est arrivé aussi de connaître pire, et je pèse mes mots. Seulement maintenant qu’il me manquait… l’essentiel (je m’étais assurée, grâce à une palpation approfondie, que mon vagin n’avait pas reculé derrière mes bourses : mais non, il avait bel et bien disparu), Fred pouvait légitimement y trouver à redire. Quoique. Parce que mon mec, je dois bien l’avouer, a toujours montré une propension déraisonnable à quémander des rapports anaux. Précision : à essayer, avec beaucoup d’insistance à l’appui, à m’y mener. Ce à quoi je me suis toujours refusée, pour des causes diverses mais convergentes. Toujours, sauf une fois où, revenant ensemble d’une soirée arrosée, je m’étais laissée faire. Ou je l’avais laissé faire, trop dans les vapes pour sérieusement m’y opposer. Et dans ces cas-là, les « Non, non ! » n’y peuvent rien. Parole, je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Comme si mon rectum avait brusquement été colmaté par une pièce de béton aux arêtes rugueuses, qu’un travailleur de force aurait tenté d’enfoncer davantage, ou alors de retirer, ce qui revenait au même, en me secouant comme un prunier, m’envoyant au travers des entrailles des ondes de douleur rayonnantes qui auraient aussi bien pu être provoquées par des rafales de balles de gros calibre. Quand il a eu fini (je ne suis même pas sûr qu’il ait joui), j’ai serré les fesses, au propre comme au figuré, laissant les ondes de douleur s’apaiser. Elles y ont mis toute la nuit, pendant laquelle, sans fermer l’œil, j’avais juré de me venger. Mais comment puisque, selon moi, le coupable devait être puni par où il avait péché ? Et c’est alors, par ce petit matin blême, et nantie des instruments qu’un sort incompréhensible m’avait octroyés, que j’ai su. En quelques tours de main, j’ai redonné à ma bite la forme et la consistance voulue. Puis j’ai abaissé sur ses cuisses le pantalon de pyjama de Fred, avant d’écarter sans douceur ses fesses poilues. L’orifice recherché n’était pas si facile à trouver, forclos et perdu dans la broussaille culière. Mais j’y suis parvenu. Il ne me restait plus, tandis que ce cher Fred marmonnait dans sa salive les pâteux borborygmes du réveil, qu’à opérer vers l’avant une très vigoureuse poussée pelvienne. Ça s’est enfoncé comme dans du beurre.

 

Il nous a fallu une bonne semaine pour que de nouvelles habitudes s’installent. Fred consent à me branler avec un petit sourire en coin, se remémorant sans doute, dans l’action, les trucs qu’il fait quand je ne suis pas là ; mais il n’a pas encore consenti à me sucer ; ceci dit, j’ai constaté à ma propre surprise être assez souple pour y parvenir. Pour l’instant cependant, ma plus grande satisfaction résonne encore à mes oreilles : ce cri terrible poussé par Fred quand je l’ai enculé.

 

Jean-Pierre Andrevon

(Site : http://jp.andrevon.com/)

 

Pour voir tous les livres de Jean-Pierre Andrevon, cliquez sur l'image suivante :


 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Jeudi 12 mars 4 12 /03 /Mars 18:35

 



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 12 mars 4 12 /03 /Mars 12:22


Fiche technique :

Avec Peter Berlin, John Waters, Armistead Maupin, Wakefield Poole, Jack Wrangler, Robert W. Richards, Rick Castro, John F. Karr, Dan Nicoletta, Robert Boulanger et Guy Clark. Réalisation : Jim Tushinski. Production : Lawrence Helman & Jim Tushinski. Montage : Clarence Reinhart et Jim Tushinski. Musique : Jack Curtis Dubowsky.
Durée : 80 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Comment devient-on Peter Berlin ? Comment cet homme est né une deuxième fois en s’inventant un physique et un look, jusqu’à son nom, pour devenir une des plus célèbres icônes gays du XXe siècle ? Le documentaire de Jim Tushinski répond à ces questions en parcourant la vie de Peter, de son enfance, durant l’immédiate après-guerre en Allemagne, à sa vie actuelle à San Francisco. Artiste doué, photographe et cinéaste, Peter Berlin nous explique qu’il est sa plus grande création, soigneusement construite et... inaccessible. Ses admirateurs et ses amis offrent avis et anecdotes. Mais Peter Berlin est un excellent commentateur de sa propre vie. Le film est agrémenté de stupéfiantes photos d'archives et d'extraits de films.


L’avis de Bernard Alapetite :
Peter Berlin interroge sur le statut de documentaire, tant il fait naître l’émotion et tant, par définition, il dépasse le document.
La conjonction du double fait que, premièrement, aujourd’hui nous possédons pour quelques personnes, et pas seulement pour des personnalités, des images fixes mais surtout des images qui bougent de leurs premières années à leur fin et que deuxièmement, en particulier pour l’homosexualité, nous assistons à la quasi suppression de la frontière entre la sphère publique et la sphère privée, et participe à l’émergence de films, comme celui-ci, où le documentaire s’avère plus romanesque que la plupart des fictions.
En observant bien Peter Berlin, on voit certes un bel homme, mais presque un homme ordinaire. Pourtant cet homme a eu le talent de se rendre extraordinaire. Il a construit un personnage qu’il vivait 24 heures sur 24, pour le plaisir des autres, mais surtout pour le sien. Son histoire extraordinaire est ainsi emblématique du parcours de beaucoup d’hommes ordinaires qui sont devenus extraordinaires à force de volonté et aussi d’avoir su capter l’attente d’une époque. Ils ont ainsi fait l’Histoire. Pour Peter Berlin, ce n’est pas l’histoire avec un grand H mais la petite histoire du mouvement gay qui heureusement commence à nous parvenir enfin, grâce à l’influence des gays studies américaines.
Peter Berlin, le « Greta Garbo du porno » comme il est qualifié dans ce documentaire, n’a fait que deux films, Nights in Black Leather, réalisé en 1973 par Ignacio Rudkowski, mais sur les idées et les instructions de Peter, et That Boy en 1974. Il a aussi figuré dans quelques courts-métrages, tournés en 16 mm, diffusés d’une façon confidentielle. Il est donc plus une icône qu’un acteur. (Tous les films sont achetables en dvd sur son site officiel)
Peter Berlin peut être, à mon sens, considéré comme un artiste majeur du body art à l’instar par exemple, d’hier Pierre Molinier ou d’aujourd’hui, Anthony Goicolea. Il a une capacité de se mettre en scène, seul, avec un polymorphisme aussi remarquable que, parfois, presque obscène. Peter est un être multiple. Il passe de maigre à baraqué, de normalement musclé à hyper dessiné. Au fil des séances, il apparaît si différent, et pourtant toujours avec le même sex-appeal. Ses poses ont quelque chose d’à la fois de vraiment triviales (la bouche entrouverte, le visage incliné, les yeux mi-clos), très salope, et d’à la fois sophistiquées, félin, aristocratique avec un sens aigu du détail dans les tenues, les gestes, les regards... Dans le film, il est tantôt content de lui et même infatué, tantôt peu sûr de son « œuvre » : « Je me suis toujours photographié seul, dans mon intimité, avec un miroir pour mettre au point les images, et des marques sur les décors pour me repérer. Mes images n’étaient pas destinées à être montrées. C’est après la sortie de Nuits en cuir noir que j’ai accepté d’en diffuser. Je trouve mes films médiocres mais je suis très fier des images que j’ai réalisées. Là est mon vrai travail. » On ne sait pas s’il parle des photos elles-mêmes, ou de ce qu’elles représentent, c’est-à-dire lui…
Il invente le nom de Peter Berlin en 1973, aux USA , parce que lorsqu’il répondait Armin aux américains qui lui demandaient son prénom, ceux-ci ne parvenaient pas à bien le prononcer. Armin Hoyningen Huéné, lui, est né en 1943 dans une famille d’aristocrates allemands ruinés, mais cultivés. Il est le petit-neveu du grand photographe hollywoodien et gay George Hoyningen Huéné. Dans sa prime jeunesse, il travaille comme photographe pour la télévision, habite Berlin. Il voyage beaucoup en Europe, Rome, Paris... suivant son riche ami Joachem Lahiola avant d’arriver aux États-Unis en 1970 d’où il ne repartira plus. Il réside d’abord à New York, puis à San Francisco où il crée Peter Berlin. Un être déjà décalé dans l’univers des clones qui surgissaient alors. Un clone inclonable, puisque si Peter ne ressemble à rien de ce qui a existé jusqu’alors, rien ni personne ne lui ressemble depuis.

Ce que révèle surtout le film, c’est que cet homme, d’un ego surdimensionné, est très fier de son sang bleu et de son exhibitionnisme, mais il sait être d’une grande pudeur et d’une grande justesse lorsqu’il parle de l’histoire d’amour qu’il a eu pendant 20 ans avec son ami James et du sida qui l’emporta. C’est la partie la plus belle et la plus touchante du film. Elle nous apprend qu’il ne faut jamais rester à la surface des images, même celles d’une icône gay...
Jim Tushinski a recueilli les différents témoignages avec beaucoup de tact et de pertinence, puis a su tricoter habilement ces séquences, toujours élégantes, avec un nombre impressionnant de films et de photos d’époque pour en faire ce documentaire exemplaire : le portrait d’un homme qui ne cherchait pas à être célèbre, seulement à être désiré et aimé.  
Peter Berlin n’a que très peu confié son corps à quelqu’un d’autre que lui-même. Il n’a accepté d’être photographié que par Robert Mapplethorpe, un peu par Warhol, et dessiné que par Tom of Finland dont on voit les œuvres. Les noms cités démontrent qu’il ne manque pas de goûts.

Pour plus d’informations :
Site officiel de Peter Berlin
Site officiel du film
Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Texte Libre

Commentaires

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés