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et
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Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
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Mardi 9 décembre 2 09 /12 /Déc 12:49

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon offre une tradition culturelle de l'homosexualité. Qu'ils exaltent les vertus guerrières du samouraï ou qu'ils se travestissent dans le théâtre nô, les hommes ont tous le culte de la beauté et de l'amitié virile. Illustration de la décadence et de la persistance d'une certaine conception de l'homosexualité purement nippone.



Il existe une tradition culturelle de l'homosexualité. Celle-ci a perduré pendant la période impériale et féodale qui s'étend du VIe siècle jusqu'au milieu du XIXe, avant de disparaître avec l'ère Meiji (1868-1912). C'est à partir de cette époque que commence la lutte contre l'homosexualité : la loi de 1873 condamne à trois mois de prison celui qui pratique la sodomie, avant d'être abrogée en 1883 pour se voir remplacée par l'outrage à la pudeur (quiconque séduisait un adolescent de moins de seize ans pouvait être condamné à un ou deux mois de travaux forcés).


Les premiers documents témoignant de l'existence de l'homosexualité au Japon remontent au VIIIe siècle après Jésus-Christ. Un passage du Nihon Shoki (1) raconte comment une impératrice mythique du IIIe siècle arriva dans la province de Ki, région dans laquelle ne perçait jamais le jour. Curieuse de ce prodige, elle en demanda l'explication. On lui rapporta l'histoire suivante :

« Shino no Hafuri et Aman no Hafuri étaient autrefois de bons amis. Quand le premier mourut de maladie, Aman no Hafuri pleura beaucoup et dit : "Nous étions, de son vivant, l'un et l'autre amis très intimes. Pourquoi ne serait-il pas possible d'avoir la même tombe ?"


Il s'est ainsi tué tout contre le corps mort. C'est pour cela qu'on les a tous deux enterrés dans la même tombe. […] L'impératrice fit ouvrir la tombe en question et trouva que c'était réel. Alors, elle fit replacer les deux morts chacun dans un nouveau cercueil et les fit enterrer séparément, à des endroits différents. Immédiatement le soleil se mit à briller, le jour et la nuit se divisèrent de nouveau l'un de l'autre. » (1)



Ce conte est édifiant à plus d'un titre. D'abord, il définit l'homosexualité bien sûr comme une relation sexuelle mais plus encore comme une relation d'amitié durable et si intense que l'amant vient à préférer la mort à sa propre survie. Rien à voir avec la dimension romantique de l'amour occidental : nulle lamentation, le suicide n'est pas motivé par la reconnaissance d'un manque, sentiment de désespoir qui n'est qu'une saisie de la perte. Non, il s'agit seulement pour l'amant d'être fidèle à l'être aimé, comme les serviteurs suivent l'empereur jusque dans la mort.


L'amour de Shino et d'Aman ne se confond pas au seul code de l'honneur, ni à une éthique purement féodale. Il reflète plutôt une dimension cosmologique et ésotérique de l'amour homosexuel : une nuit perpétuelle pèse sur la région où sont enterrés les deux amants. Unis dans la mort jusque dans la tombe, pour ces deux amants, l'amour signifie-t-il un retour à l'âge du chaos ? Plutôt à l'indistinct, quand l'un faisait corps avec l'autre.


L'homosexualité apparaît donc non seulement comme un principe originel mais aussi comme un principe final, celui qui permet au nom de l'amour de retrouver l'harmonie des premiers temps – rapport à l'Un que l'on retrouvera au coeur du Shudô ou voie des éphèbes (2).


L'impératrice apparaît au contraire comme l'élément démiurgique féminin qui divise ce que l'amour homosexuel parvenait à unir. Certes, la lumière revient, mais avec elle quels cycles infinis du temps !



(1) in La voie des éphèbes : Histoire et histoires des homosexualités au Japon de Tsuneo Watanabe et Jun'ichi Iwata, Editions Trismégiste, 1987, ISBN : 2865090248, page 30

(2) Le shūdō (衆道) est la tradition japonaise d'une homosexualité de type pédérastique pratiquée au sein des samourais de l'époque médiévale jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Mardi 9 décembre 2 09 /12 /Déc 10:19


Fiche technique :

Avec Malcolm Stumpf, Patrick White, Max Paradise, Fairuza Balk, Kim Dickens, Tom Gilroy. Réalisation : Cam Archer. Scénario : Cam Archer. Musique : Emily Jane White & Nate Archer,. Image: Aaron Platt.

Durée : 93 mn. Disponible en VO.



Résumé :

Wild Tigers I Have Known suit le jeune Logan (Malcolm Stumpf), 13 ans, amoureux de Rodeo (Patrick White), un garçon plus âgé que lui qui ne répond pas à ses avances. Logan passe son temps avec Rodeo et un autre garçon marginal, Joey (Max Paradise). Logan entretient des rapports difficiles avec sa mère (Fairuza Balk) qui l’élève seul et ne sait pas trop quoi faire de lui. Pour éventuellement arriver à ses fins, Logan décide de se faire passer pour une fille, Leah. Il joint alors régulièrement Rodeo au téléphone pour des discussions chaudes et endiablées. Un jour, toujours sous les traits de Leah, Logan propose une rencontre concrète à Rodeo...



L’avis de Bernard Alapetite

Dans la scène d'ouverture (trop longue) de Wild Tigers I Have Known, on voit un garçon de de treize ans se masturber (sous les couvertures, Dieu merci !..) alors qu’il regarde sur une télévision une VHS (?) de piètre qualité, montrant un combat entre deux jeunes lutteurs. Ce qui sans préambule annonce au spectateur, un peu averti, que le film aura probablement pour sujet le désir homosexuel chez un jeune garçon... Cette première séquence, beaucoup trop longue, montrant les lutteurs, étant sensées être des images d’une télévision sont de mauvaise qualité et n’augurent en rien la splendeur des images qui vont suivre.



Par la suite, dans sa progression, le film met clairement en évidence les incertitudes du monde et l’effroi de grandir en sachant que l’on n’est pas comme les autres garçons. Logan, le héros, est un pré-adolescent solitaire qui commence à découvrir qu’il est gay. Il passe par plusieurs phases dans lesquelles, j’en suis sûr, bien des spectateurs gays reconnaîtront leur parcours. Par exemple dans la scène où Logan s'entretient avec une conseillère pédagogique (Kim Dickens), qui lui demande : « Te sens-tu différent de tout le monde ? » En ce qui me concerne, je me suis (banalement) toujours senti différent et constamment je me suis demandé : « Pourquoi ne suis-je pas comme eux ? » comme le fait Logan. Sans toutefois n’avoir jamais eu de regret de cette différence, bien au contraire. Ce qui ne m'empêche pas de penser que toutes les écoles du monde entier ont des élèves homosexuels qui, eux, vivent souvent difficilement leur différence.



Le style visuel du film est très brillant même s’il est dommage que Cam Archer se perde parfois dans un formalisme superficiel et ampoulé. Certains effets spéciaux vidéo, en particulier dans les visions de terreur du jeune héros, sont au final peu convaincantes. Les séquences dans lesquelles Logan fantasme sur Rodeo, elles, sont beaucoup plus réussies.

Le réalisateur a utilisé tous les trucs visuels qu’il avait dans sa besace et il s'en sert de toutes les façons possibles. Cela vire parfois au tic, comme cette manie de filmer les acteurs le plus possible dans des miroirs ou à travers un élément de décor comme un aquarium ou un grillage... Un grand soin est apporté aux couleurs, par exemple les vêtements des personnages sont accordés à la dominante colorée de chaque scène ou à l’élément principal du décor. De même, la composition de chaque plan comme son éclairage sont très étudiés. Cette sophistication extrême de l’image contraste avec la façon souvent très théâtrale qu’a Archer de mettre en place ses scènes. Une autre des particularités du film est l’utilisation du silence, le silence absolu ; Cam Archer aime à montrer de très jolies images sur un fond de rien ou alors le réalisateur surligne trop ses intentions à gros renfort de musiques.



Avec Wild Tigers I Have Known on peut parler d’un filmage impressionniste. Dans la plupart des séquences, ce sont les couleurs qui semblent rythmer les scènes qui se juxtaposent en un patchwork de styles et de dominantes de couleurs qui fait naître chez le spectateur une succession de sensations. Rarement on aura vu un film plus éloigné de tout naturalisme.



Nous sommes toujours dans le flou, jamais dans l’asséné ou le démontré. L’action n’est pas vraiment située géographiquement (le film a été tourné à Santa Cruz en Californie), on peut penser que nous sommes dans une petite ville des États-Unis, ni dans le temps même si certains éléments de décor évoquent plus les années 80 qu’aujourd’hui...



Le cinéaste, malgré sa belle assurance technique, s'englue parfois jusqu'à se noyer dans sa passion des images douloureusement kitsch et cryptées. Il reste qu’il parvient à tisser un portrait intimiste et émouvant de son héros dont la singularité m’a fait penser à celui de Rushmore, le film de Wes Anderson, grâce en grande partie à l’interprétation de son acteur principal qui est remarquable. Il est né en 1991.



Le reste de la distribution est brillante, notamment Fairuza Balk en mère de Logan, si l’on excepte l’acteur qui interprète Rodeo. Si ce dernier possède tous les attributs du teenager grunge sorti tout droit d'Elephant (Gus Van Sant est le producteur exécutif du film), il est aussi expressif qu'une courge. Il faut dire que le personnage de Rodeo est beaucoup plus complexe que le traditionnel garçon populaire de la classe dont est amoureux « la sissi » locale. Il a conscience que Logan a le béguin pour lui. Et il veut bien être son ami parce qu’il sent que Logan n'est pas comme tous les autres garçons qui veulent être son ami.



Même si, répétons le, la mise en scène audacieuse du cinéaste ne fonctionne pas toujours, il faut saluer son ambition de traduire la vision subjective du monde de Logan par une réalisation en miroir avec les rêves, les désirs et les angoisses de son héros. On y décèle alors les influences de Lynch et de Kenneth Anger. Ce n’est pas un hasard non plus si dans les remerciements figurent Jonathan Caouette et James Bolton (Eban & Charley). Le style de la narration avec l’arrivée d’une caméra subjective est parfaitement en symbiose avec ce qui se passe dans la tête du garçon dont l’esprit est de plus en plus confus et est envahi progressivement par le désir et la colère. On ne sait plus si ce que l’on voit est réel ou le fruit de l’imagination de Logan.



Il y a dans le film une référence récurrente aux lions des montagnes qui vivent dans les bois (!?). Dans l’une des premières scènes, Rodeo (cela se prononce différemment de rodéo) demande à Logan de l’accompagner dans la forêt car il veut lui montrer où gîtent ces animaux. C’est dans cette séquence que nous est révélée (et à Rodeo ?) l’attirance sexuelle de Logan pour son aîné, d’une manière troublante et qui nous parait dangereuse pour Logan...



Dans une autre scène, nous verrons un lion des montagnes. Il est alors difficile de dire, si ce que nous voyons est réel ou sort de l’imagination du jeune garçon; ce qui n’a pas une grande importance d’ailleurs. Mais il est de plus en plus évident que le lion des montagnes est une métaphore des dangers qui guettent Logan. Comme le tigre est la mascotte de son école et que les tigres sont le nom de l’équipe sportive, on peut penser que le véritable péril pour Logan vient de là.



Wild Tigers I Have Known se présente, non comme une histoire mais comme des fragments de souvenirs d’un garçon aux frontières de la puberté. Rien ne nous dit que ce que nous voyons est au présent. Cette évocation pourrait être un ultime sauvetage de pans de mémoire du garçon avant que les souvenirs se fanent. Cam Archer reprend la narration subjective des films de Gus Van Sant comme dans Paranoid park ou Elephant mais en radicalisant la démarche. On sent chez le cinéaste le souci d’enchanter le trivial de crainte que la vie de son héros verse dans l’ennui. Curieusement, le film se termine précisément là où une histoire pourrait commencer...



Cam Archer avait déjà réalisé plusieurs courts-métrages de cette veine sur des pré-adolescents, comme Bobby Crush en 2003. Le tournage de ce premier film a été phénoménal et a porté sur une période de 13 ans ! Il raconte la classique histoire d’un garçon qui tombe amoureux de son meilleur ami. A suivi The Cold Ones en 2004. Ensuite, il a signé un documentaire Drowning River Phoenix, dédié à l'acteur américain disparu, qui a soulevé de nombreuses controverses.



Le scénariste/réalisateur Cam Archer est de la même famille artistique que des cinéastes tels que Todd Solondz ou Christopher Munch. Tout comme eux, il aborde les thèmes gays, mais sans l’esprit sermonneur ou prétentieux qui contamine beaucoup de réalisations. On peut penser qu’il se base sur sa propre vie, tout en l’extrapolant largement. Tout comme Solondz, c'est un provocateur. Il s'attaque à des sujets à risque et n'a pas peur de patauger dans les eaux dangereuses pour raconter son histoire.



Le filmage de Wild Tigers I Have Known est lyrique, poétique et visuellement très intéressant, en dépit du fait qu’il n’ait pas de véritable intrigue captive.



Pour plus d’informations :


Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 8 décembre 1 08 /12 /Déc 01:38

« Nous avons interdit, et nous continuerons à le faire, la propagande en faveur des minorités sexuelles car celles-ci peuvent être l'un des facteurs de propagation du virus VIH. » Iouri Loujkov, maire de Moscou, décembre 2008.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 8 décembre 1 08 /12 /Déc 01:33

« On va les enculer, ces PD de Nîmois ! » SMS adressé par Laurent Nicollin, Président délégué du club de football montpelliérain de Ligue 1, novembre 2008.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 8 décembre 1 08 /12 /Déc 01:29

« Les prétendus démocrates considèrent que les minorités sexuelles sont un indicateur et un symbole de démocratie, mais pour ma part, je continuerai dans le futur à interdire la propagande faite par ces minorités. » Iouri Loujkov, maire de Moscou, décembre 2008.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Dimanche 7 décembre 7 07 /12 /Déc 00:07

Visuel : (c) GayClic

Pour la première fois, un épisode entier de ATWT est consacré à Luke et Noah (et aux personnages rattachés à leur histoire).
Il sera posté en 4 parties.
C'est Halloween ! Au programme : Casey en squelette, Noah en salopette, Lucinda en goguette, et Luke... en tapette ! (C'est pas moi qui le dis, c'est Mark).
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 7 décembre 7 07 /12 /Déc 00:05

Visuel : (c) GayClic

Pour la première fois, un épisode entier de ATWT est consacré à Luke et Noah (et aux personnages rattachés à leur histoire).
Il sera posté en 4 parties.
C'est Halloween ! Au programme : Casey en squelette, Noah en salopette, Lucinda en goguette, et Luke... en tapette ! (C'est pas moi qui le dis, c'est Mark).
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 6 décembre 6 06 /12 /Déc 00:53

Visuel : (c) GayClic

Celui où Olli tombe les filles et les gars, Lisa tombe amoureuse et Christian tombe des nues. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 5 décembre 5 05 /12 /Déc 09:49
http://cinema.c.i.pic.centerblog.net/9ko8wm58.jpg


Notre collaborateur et chroniqueur-star démissionnaire, retraité et évanescent, Zanzi, a été retrouvé dans le Grand Nord Canadien par la reporter (rapporteuse ? reportrice ?) Megan Barrington Montgomery, de la série Le Cœur a ses Raisons , qui succède à Criquette Rockwell dans cette interview décidément pas comme les autres…




Megan Barrington Montgomery : Bonjour Zanzi !

Zanzi (visiblement de mauvaise humeur) : Merde, elle m’a retrouvé.

 

MBM : Zanzi, comment allez-vous ?

Zanzi (recrachant un morceau de homard congelé) : Beurp.

 

MBM (consultant ses fiches) : Votre dernier billet de Zanzi and the City date du 23 septembre. Depuis vous avez publié le 7 octobre un témoignage dans le cadre de la série « Si j’étais », et  un hors-série le 21 octobre. Et puis plus rien. Pourquoi vous n’écrivez plus ?

Zanzi : Je n’ai plus envie d’écrire.

 

MBM : Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Zanzi : Pourquoi.

 

MBM : Merci. Alors, question suivante… (elle s’emmêle dans ses fiches) Allez-vous revenir sur Les Toiles Roses ?

Zanzi : Je ne sais pas.

 

MBM (décontenancée) : Y aura-t-il une saison 4 de Zanzi and the City ?

Zanzi (agacé) : Elle a déjà été écrite…

 

MBM (au bord de la panique) : Je voulais dire… euh… (essayant de reprendre contenance) Est-ce que je suis bien dans caméra ?

Zanzi : Oui, c’est parfait.

 

MBM (soulagée, mais décoiffée) : Je voulais dire, écrirez-vous une saison 5 ?

Zanzi : Il n’y a que quatre saisons dans une année. Une cinquième bouleverserait l’équilibre calendaire.

 

MBM (qui n’a pas compris la réponse et souris avec un air stupide) : Zanzi, pourquoi ce long silence depuis plus de deux mois ?

Zanzi (enfin décidé à cracher le morceau, et pas de homard) : Alors voilà. Pour résumé, j’ai rompu avec Andréa, j’ai été secoué par le suicide de mon collègue, cassé par un ami – je ne citerai pas de nom – qui me fait douter de mon avenir et du tournant que je veux donner à ma vie, et puis merde ! je fais ce que je veux, j’avais besoin de prendre l’air, d’attraper un gros rhume par ce froid pôlaire, et de prendre mes distances car cela me donne un charme distancié.

 

MBM : Waouh !

Zanzi : Vous l’avez dit.

 

MBM : Donc, la saison 5 de Zanzi and the City, c’est pour quand ?

Zanzi (d’évidente mauvaise foi) : Je n’ai pas compris la question, Megan, pouvez-vous répéter ?

 

MBM (haussant la voix) : La saison 5 de Zanzi and the City, c’est pour quand ???

Zanzi (faisant mine de tendre l’oreille) : Parlez plus fort, je suis célibataire !

 

MBM (ouvrant la bouche pour beugler à la façon de Lara Fabian) : La saison 5…

 

Le caméraman : COUPEZ !!!

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 5 décembre 5 05 /12 /Déc 00:34


Avec « ses yeux de biche, ses mèches rebelles et ses cuisses fuselées », Yoann Gourcuff, nouvelle star de l'équipe de France et nouveau chéri de ces dames est aussi devenu une icône gay.

Yoann Gourcuff, milieu de terrain de l'équipe de France et des Girondins de Bordeaux a été élu « bombe du mois de décembre » par le magazine gay Têtu. On ne sait pas comment Gourcuff, dont le nom signifie « homme doux » en Breton selon nos confrères, vivra cet honneur dans un milieu où l'homosexualité est plus ou moins un sujet tabou.

[Note de Daniel C. Hall : Oui, j'avoue, je suis un fan de foot. J'ai honte. Et je contreviens à mes principes de grand chef de ce blog en publiant les photos de ce footballeur que j'aime beaucoup. Ne vous inquiétez pas, mon amoureux n'est pas jaloux...]

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Jeudi 4 décembre 4 04 /12 /Déc 09:48


Fiche technique :

Avec Marina Foïs, Laurent Deutsch, Jeanne Balibar, Julien Baumgartner, Nathalie Richard, Caroline Ducet, Evelyne Kirschenbaum, Guillaume Quatravaux, Frédéric Karakozian, Dominique Reymond, Antoine Gouy, Pierre Maillet et Vernon Dobtcheff. Réalisation : Ilan Duran Cohen. Scénario : Ilan Duran Cohen et Philippe Lasry. Image : Christophe Graillot. Musique : Philippe Basque. Montage : Fabrice Rouaud.

Durée : 98 mn. Actuellement en salles.



Résumé :

Deux agents des services secrets français et amants sans enthousiasme, Philippe et Muriel (joués par Laurent Deutsch et Marina Foïs qui forment un couple aussi mal assorti qu’improbable, lui en petit vieux précoce, elle en cadre supérieur déjà désabusée), doivent mettre la main sur une clé USB qui contient tous les secrets d’un banquier suisse, mais surtout trafiquant d’uranium enrichi, qui vient de mourir. Il aurait laissé la précieuse clé à Constance (Jeanne Balibar), sa veuve. Cette dernière, très très bête et fantasque, s’est inscrite au cours de chant d’Eve, professeur quinquagénaire et mère abusive de Joseph, jeune et beau ténor.



Pour approcher la veuve peu éplorée, nos deux espions décident eux aussi de fréquenter le même cours. Mais ils ne sont pas seuls à avoir eu cette idée, depuis que la riche veuve s’est éprise d’art lyrique l’endroit fourmille de barbouzes qui vocalisent, dont un escort boy exhibitionniste (Julien Baumgartner), qui fait du renseignement pour arrondir ses fins de mois et qui tout en étant l’amant (entre autres) d’un espion iranien, lui aussi fort intéressé par la fameuse clé, va tomber amoureux de l’apprentie cantatrice...



L’avis de Bernard Alapetite :

Le scénario aussi emberlificoté que peu réaliste n’est pas l’important de l’affaire, il ne sert qu’à être la trame de cette épatante comédie d’espionnage qui ressuscite un genre que l’on avait un peu malheureusement perdu de vue depuis Le Grand blond à la chaussure noire, Les Barbouzes ou encore le trop méconnu Moustachu. Dans un mélange qu’il n’était pas facile de réussir, un peu de Rivette, une pincée de Lautner, une dose d’Yves Robert, Duran Cohen ajoute un ingrédient bien trop absent chez ses prédécesseurs : le sexe. Si certains penseront qu’il est un peu abusif de ranger Le Plaisir de chanter dans la rubrique des films gays, Ilan Duran Coen (ouvertement gay lui-même) nous offre tout de même une scène drôlatique de fellation où Julien Baumgartner, entre deux assauts goulus, fait son rapport à son amant et néanmoins patron, un nounours iranien aussi velu qu’un yéti.



Mais surtout, nous avons droit à la nudité intégrale longuement explorée du même Julien Baumgartner, découvert dans le très gay À cause d'un garçon et qui possède une de ces beautés qui n’est jamais plus belle que lorsqu’elle commence à se faner. Le garçon nous montre son sexe ballant, gonflé et attendrissant ; malheureusement son érection est hors champ durant sa séance de masturbation devant une Jeanne Balibar éberluée. Le moins que l’on puisse dire est que Julien Baumgartner n’est pas inhibé par le fait de jouer nu, pas plus que Marina Foïs qui ne nous cache rien de sa belle maturité.

Le réalisateur, fidèle à la confusion des genres, explore toutes les sexualités avec Jeanne Balibar au lit avec une amie de passage (Caroline Ducet) à la funeste destinée, ou le désir d’enfant qui taraude Muriel.



Mais la plastique des acteurs n’est pas le seul intérêt du film car si l’œil s’y rince, l’oreille est aussi comblée par des dialogues tantôt décalés tantôt ciselés où fusent les mots d’auteur, du Guitry du XXIe siècle. Dans son personnage, Jeanne Balibar révèle des talents comiques (que je ne lui soupçonnais pas) en conne d’anthologie. Elle m’a d’autant plus fait rire, que n’étant pas un ségolâtre, son indéniable ressemblance avec la grande prêtresse de Poitou-Charente (même grand pif à piquer les gaufrettes par paquet de quinze, même sourire extatique de madone de sous préfecture) a pour moi renforcé l’effet comique des situations. Laurent Deutsch se tire très bien d’un rôle ingrat de faire-valoir. Aucun des personnages secondaires n’est sacrifié. Et ils sont tous parfaitement distribués.



C’est avec plaisir que l’on retrouve Nathalie Richard (une actrice de Rivette, justement déjà présente dans La Confusion des genres) en oto-rhino maffieuse acoquinée avec un bear et un prostitué angélique et pervers à la fois. C’est aussi avec joie que l’on revoit Guillaume Quatravaux, le beau mec de Les Petits fils, qui réussit à faire exister un rôle de potiche (une très belle potiche tout de même). Evelyne Kirschenbaum est extraordinaire en mère possessive et professeur de chant. Si tous les acteurs sont remarquables et bien dirigés, ils sont aussi bien filmés, que ce soit nus dans un lit, caressés par une lumière dorée, ou en surplomb d’une piste d’aéroport, nimbés de lumière bleue.

Pour son troisième film après le déjà torride et réussi La Confusion des genres et l’émouvant Les Petits fils, il a aussi signé en 2006 le convainquant téléfilm Les Amants du Flore sur les amours de Sartre et Beauvoir, Ilan Duran Cohen s'est lui-même exercé à la discipline lyrique durant l'année précédant le tournage, en prenant des cours sous la férule d’Evelyne Kirschenbaum, qui joue le professeur de chant dans le film. Et Marina Foïs, Lorant Deutsch et Jeanne Balibar et les autres se sont mis au diapason. Sans trucages ni doublages, ils nous montrent qu'ils possèdent de bien belles voix. Voilà des acteurs qui ne demandent qu’à briller dans de futures comédies musicales, qu’on se le dise à commencer par Ilan Duran Cohen dont c’était la première idée lorsqu’il a mis ce film en chantier.



Comme dans La Confusion des genres et Les Petits fils, Ilan Duran Cohen a mêlé dans le casting du Plaisir de chanter acteurs amateurs et professionnels. « J'aime faire appel à des acteurs très différents qui ne sont pas uniquement acteurs, et que je choisis comme s'ils étaient neufs, rien que pour moi, sans faire référence à leurs précédents rôles, à leur passé de comédien », confie le réalisateur. « Ces mélanges sont dangereux mais très excitants. Et puis, je suis mal à l'aise dans les clans, les familles de comédiens, c'est une façon d'assurer sa liberté. Moi-même, je n'ai pas de famille de cinéma, j'apparais peut-être comme un OVNI, on ne sait pas si je suis plutôt romancier ou réalisateur. » On a pu aussi constater qu’il était d’une grande fidélité puisque nombre des comédiens qui apparaissent dans Le Plaisir de chanter se trouvaient dans ses films précédents.



Le Plaisir de chanter est la comédie de l’année, un film érotique déguisé tour à tour en film d'espionnage ou en comédie musicale, qui sait faire rire en étant sensuel.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 3 décembre 3 03 /12 /Déc 00:57
Nous attendons avec impatience vos commentaires sur ce dix-huitième objet :


http://stefancaza.typepad.fr/photos/uncategorized/2008/01/16/perez_joue_avec_sa_pompe.jpg

Photo : © D. R. - Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur lestoilesroses.com sont protégées par les lois sur le copyright et appartiennent à leurs auteurs ou ayants droits respectifs. Si vous êtes propriétaire d'une photo publiée dans un article et que vous souhaitez exercer vos droits d'auteur, merci de
nous contacter afin que nous puissions traiter votre demande.
Par Henry Victoire
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Mardi 2 décembre 2 02 /12 /Déc 12:11


Fiche technique :

Avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore, Kathleen Freeman, Howard Morris, Buddy Lester, Skip Ward, Med Flory, Elvia Allman, Norman Alden, Marvin Kaplan, Henry Gibson, Howard Morris, Milton Frome et David Landfield. Réalisation : Jerry Lewis. Scénario : Jerry Lewis et Bill Richmond. Directeur de la photographie : Wallace Kelley. Compositeur : Walter Scharf.

Durée : 107 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :

Un timide professeur de chimie, Julius Kelp (J. Lewis), tente de conquérir le cœur d'une de ses élèves, Stella (Stella Stevens), en inventant une potion magique qui le transforme en un irrésistible playboy, Buddy Love (J. Lewis).



L'avis de BBJane :

« Jerry pense rose. » Robert Benayoun

Commençons par un lieu commun doublé d'un euphémisme : Jerry Lewis est un cas à part dans l'histoire du cinéma hollywoodien.

À l'apogée de son succès, dans les années 60, ses films attiraient les foules américaines tout en étant méprisés par la critique. En France, le phénomène s'inversa : notre pays fut le premier à considérer Lewis comme un auteur, tandis que le public réservait à ses œuvres un accueil plutôt mitigé. Il fut l'un des comédiens les plus populaires et les mieux payés de son temps, et il est aujourd'hui l'un des cinéastes majeurs les plus négligés des cinéphiles, privé de la pratique de son art par des producteurs qui le boudent depuis bientôt trente ans.

Il a fait l'objet de l'un des plus beaux livres jamais consacrés à un cinéaste par un critique français – Bonjour Monsieur Lewis, de Robert Benayoun –, et ses films furent abondamment disséqués dans les années 60-70. De nos jours, son œuvre n'est plus évoquée dans aucune revue, et les médias ne s'intéressent à lui qu'une fois par an, à l'occasion du Téléthon, dont il fut l'instigateur.

Dans les nombreuses études qui lui furent jadis dédiées, les commentateurs s'extasiaient sur ses innovations et prouesses techniques, sa maîtrise virtuose du gag visuel, son art consommé de coloriste, le caractère iconoclaste, voire subversif, de son comique résolument ancré à gauche, et empreint d'un humanisme pessimiste.

Si la plupart des exégètes en appelaient à Freud pour élucider les implications sexuelles de ses films et justifier sa critique soutenue du matriarcat, s'ils s'étendaient volontiers sur le caractère conflictuel mais fondateur du duo qu'il forma avec Dean Martin, s'ils tombaient en pâmoison devant ses options picturales bariolées et outrancières, aucun n'a jamais risqué plus qu'une timide allusion à ce qui relève pourtant de l'évidence : l'univers lewisien, visuellement, thématiquement, est l'un des plus totalement queers jamais vus à l'écran.

L'esthétique « gay-kitsch-camp » y est souveraine, et le « personnage Jerry », développé par Lewis de film en film, peut être considéré comme l'une des incarnations cinématographiques les plus accomplies d'un caractère queer en mal d'adaptation au monde straight.

J'aimerais en faire la démonstration à travers l'étude de son film le plus connu (et le plus apprécié en France), Docteur Jerry et Mister Love, œuvre charnière dans sa filmographie, en ce sens qu'elle marque l'aboutissement de son parcours artistique, à l'orée d'une « seconde période » qui, bien que riche en réussites, n'apportera aucun renouvellement notable.

Jerry Lewis, le plus gay des grands cinéastes hétéros ?..

Comment résister à la tentation d'attribuer ce titre à un homme qui, le mois dernier, attisait la colère d'une partie de la communauté homo (en l'occurrence bien bêcheuse et chochotte) pour avoir prononcé – une fois de plus et de trop – le mot "faggot" (pédé) lors d'une interview télévisée ?

Oui, décidément, Mister Lewis est un cas à part...

 

Il existe une toute autre façon d'envisager l'intrigue ; une optique moins conventionnelle, mais nullement décalée, et relevant d'autant moins du délire interprétatif qu'elle explique et résout ce que l'approche habituelle soulève d'incohérences scénaristiques.

Voici le résumé alternatif qui peut en découler :

Le professeur Kelp, homosexuel honteux et refoulé, s'emploie à affirmer sa virilité en tentant d'amorcer une relation amoureuse avec l'une de ses élèves, et en suivant des séances de culturisme. Ses échecs successifs le font opter pour une autre méthode, artificielle et chimique : il invente une potion lui permettant de devenir le mâle idéal, l'hétéro parfait, séducteur machiste et baraqué : Buddy Love. Mais il ne peut annihiler sa véritable nature, laquelle réapparaît aux moments les moins opportuns, et l'empêche de concrétiser physiquement la liaison entamée avec son étudiante. Au fil du temps, son autre personnalité, Buddy Love, révèle de plus en plus nettement ses propres inclinations sexuelles – identiques à celles de Kelp. Ce dernier finit par renoncer à l'usage de sa potion – mais non à la dissimulation de ses penchants, puisqu'il épousera son élève afin de donner le change à sa famille et à son entourage professionnel.

Moralité : si l'on n'échappe pas à ce qu'on est, mieux vaut n'en rien laisser paraître !


Les saines lectures du Dr Jerry

 

On a beaucoup glosé sur le fait que Lewis (à l'instar de Terence Fisher, deux ans plus tôt, avec The Two faces of Dr Jekyll) inversait les données du roman de Robert-Louis Stevenson dont il s'inspirait, à savoir : Jekyll/beau contre Hyde/laid. En vérité, cette inversion va au-delà de l'aspect physique des personnages. Elle est ici totale : la créature hideuse et le monstre social (car queer), c'est Jekyll/le professeur Kelp ; l'être séduisant et conforme aux attentes de la société, c'est Hyde/Buddy Love.

Le générique du film nous montre le professeur effectuant une expérience en classe. Seules ses mains sont cadrées, tandis qu'elles s'activent autour de diverses cornues et autres objets de chimie phalloïdes, jusqu'à ce que se produise une explosion ayant valeur d'orgasme.

Tentative symbolique de destruction de l'ordre établi, comme l'écrivirent les critiques ? Sans doute, mais également séance d'onanisme exhibitionniste, suscitant la fuite des témoins (les étudiants) d'abord médusés, puis indignés.


Fais gaffe, Jerry !.. Ça rend sourd !..

 

De manière significative, c'est dans un placard que Kelp se retrouvera coincé par l'un de ses élèves, qui veut ainsi se venger du fait que le professeur lui ait interdit de se rendre à un entraînement de foot. Car Kelp n'éprouve aucun intérêt pour le sport (carence souvent suspecte aux yeux de la jeunesse américaine), et manifeste même un certain mépris à l'égard de cette discipline.

Pour ne rien arranger, il n'est pas davantage intéressé par les femmes – on se demande, à ce propos, où les commentateurs du film sont allés pêcher l'idée qu'il crée avant tout sa fameuse mixture pour séduire son élève Stella, si l'on considère l'absence totale d'érotisation de leurs rapports.

Dans l'ensemble des films de Lewis, le potentiel érotique des personnages féminins est généralement fort congru (nous sommes loin, sur ce point, des notations graveleuses d'un Mel Brooks, et du cinéma comique américain en général). Même dans Le Tombeur de ces dames (The Ladies' man - 1961), où le pôle majeur de l'intrigue est la séduction féminine, celle-ci n'est appréhendée que comme un objet d'effroi ; elle se manifeste à travers un glamour sacralisé et quelque peu figé, n'ayant rien de charnel – mais typique, en revanche, de l'imagerie gay.

 

Jerry in the closet

 

Si ce n'est de séduire, quelle est l'utilité de la potion ?

Tout simplement de changer son image, de faire naître une personnalité acceptable par ses concitoyens, ne laissant plus rien subsister de la nature profonde de Kelp. La finalité de l'expérience n'est pas d'ordre sentimental, mais social : il s'agit, pour le professeur, de perdre sa voix haut perchée, ses manières efféminées (voir l'extraordinaire scène du bal de l'université, où Kelp se laisse gagner par le rythme de la musique, et entame une sorte de danse immobile où s'exprime la folle cachée en lui), de devenir, non pas ce qu'il rêve d'être, mais ce que les autres souhaiteraient qu'il soit. Un symbole de ce besoin d'en faire accroire qui taraude le professeur, peut être vu dans sa montre-gousset, laquelle, une fois ouverte, laisse échapper les accords tonitruants de la « Marche des Marines » – il la laissera accidentellement choir dans un aquarium, noyant ainsi son effort d'affirmation de ce qu'il n'est pas.

Contrairement à ce qui se passe chez Stevenson, Jekyll/Kelp ne libère pas son "Ça" en devenant Hyde/Love, mais son Surmoi.

 

Ceci n'est pas un câlin

(Le professeur Kelp au gymnase)

 

La scène de transformation – moment de bravoure dans toute adaptation du roman de Stevenson – offre une vision grotesque du processus de virilisation. Avant de devenir un mâle accompli, Kelp passe par un stade quasi neanderthalien, devient une sorte d'homme des cavernes couvert de poils, comme si l'accès à la forme idéale de la masculinité impliquait une régression, un retour à la bestialité. Il est intéressant de noter qu'au stade ultime de sa transformation, le professeur se recroqueville sur le sol de son laboratoire dans une mare de produits chimiques aux couleurs de... l'arc-en-ciel.

Malheureusement pour Kelp, si Buddy Love s'avère être l'incarnation parfaite du tombeur hétéro, infatué de son charisme et plein de morgue, il n'en présente pas moins certains traits ambigus. Et si son pouvoir de séduction opère assez largement sur le sexe opposé (non sans certaines réserves que nous verrons plus loin), il ne manifeste aucune envie spontanée d'en user, et semble tirer tout autant de satisfaction – sinon davantage – du prestige qu'il exerce sur les hommes.

 

Over the rainbow

 

Grisé par sa propre apparence, Buddy Love goûte avec délection aux plaisirs narcissiques, s'attirant bientôt cette remarque de celle qu'il est censé courtiser : « Tu auras une longue histoire d'amour avec toi-même. »

Lors de son entrée, filmée en caméra subjective, dans la boîte de nuit "The Purple Pit" (aux couleurs moins pourpres que roses), sa vue arrache un hurlement à l'une des demoiselles qu'il croise. Le visage de Buddy nous est montré pour la première fois suite à ce cri d'effroi, plutôt que d'extase, qui semble faire office d'avertissement : derrière l'image du bellâtre se cache quelque chose de terrifiant, qui ne saurait échapper aux yeux de certaines femmes.

Love se dirige directement vers Stella, l'élève que le professeur Kelp s'est désignée comme compagne possible. Mais la jeune fille sage et un brin timorée de l'Université, apparaît sensiblement plus féminine et libérée dans le cadre de la boîte de nuit, ce que Love semble apprécier modérément (il refusera de l'embrasser parce qu'elle porte du rouge à lèvres). Il manifeste une attention plus décomplexée aux jeunes hommes présents dans la boîte, que ce soit pour s'affronter à eux (il rosse l'un des élèves de Kelp), ou pour les taquiner gentiment (« Je vous laisserai jouer avec mon porte-clef » dit-il à un groupe de garçons pour les inciter à lui céder leur banquette).

 

Les caïds du "Purple Pink"... euh, pardon : "Pit"... À croquer !..

 

Quand Love se manifestera au campus où enseigne Kelp, ce sera pour jouer une singulière autant qu'hilarante comédie de la séduction avec le doyen de l'établissement, poussant ce dernier à dévoiler sa face cachée : celle d'une vieille tante émoustillée par la présence de ce bel homme entre ses murs. Ces scènes de parade amoureuse entre un homme mûr, détenteur de l'autorité ou de la force, et un élément perturbateur plus jeune, sont fréquentes dans le cinéma lewisien. La séquence dans le bureau du doyen en offre une expression définitive : elle s'achève par le déculottage du noble vieillard, après que Buddy lui a tourné la tête en le féminisant verbalement (il ne s'adresse à lui qu'en termes féminins : « Ma grande » ou « Fais pas ta modeste »), et en le comparant à Cary Grant (grande figure de l'homosexualité hollywoodienne, s'il en fut).

 

Pas folle, la guêpe ?

(Del Moore en plein émoi)

 

Mais c'est surtout dans ses rapports avec Stella que se révèle la nature profonde de Buddy Love. Ce séducteur impénitent est incapable de dépasser le stade du flirt, n'embrasse la jeune fille qu'à la sauvette et avec une gêne marquée, et, lorsqu'il est sur le point de passer aux choses sérieuses, doit y renoncer pour cause de transformation inopinée en professeur Kelp ! Sentant sa personnalité initiale prendre le dessus, il s'enfuit à toutes jambes du lieu où doit se dérouler l'étreinte tant attendue – par Stella...

Quand celle-ci se plaindra à Kelp du comportement décidément étrange de Buddy, le professeur lui répondra que Love « cache sa vraie nature pour éviter qu'on lui fasse du mal. »

Quelle « vraie nature » ?... "Quel « mal » ?.. S'il faut trouver une explication à cette réplique sibylline, je ne la vois que dans une réaction de dissimulation protectrice contre les attaques homophobes.

Stella aura cette repartie amère et révélatrice : « Je me sens comme une mariée le soir de ses noces, dont le mari va dîner chez sa mère ! »

C'est précisément le souvenir de cette mère que Kelp invoquera lorsqu'il s'interrogera sur les véritables raisons de sa double personnalité, et sur les effets contrastés de sa potion. Et la vision que nous aurons d'elle sera conforme en tout point à l'image classique de la mère lewisienne : une épouvantable matrone régnant par la terreur sur son entourage, et particulièrement sur son chétif époux – mère forte, père craintif : on connaît la chanson...

 

Notre Mère qui êtes odieuse...

(Elvia Allman)

 

Selon la tradition, le film s'achève par la révélation de la véritable identité de Hyde/Love devant des tiers – ici, tout un parterre, puisque l'événement se déroule lors du bal annuel du campus, où Buddy Love est convié à chanter. Plus que jamais, cette scène classique des diverses adaptations de Jekyll et Hyde prend valeur de "coming-out".

Alors qu'il doit entamer une nouvelle chanson (« Qui plaît beaucoup aux copains du 'Purple Pit' », précise-t-il, avant de prier le doyen transi de lui pardonner d'avoir nommé ce lieu de débauche), notre crooner se retrouve inopinément affligé de la voix de fausset de Kelp, puis recouvre l'apparence disgracieuse du professeur.

Pour s'excuser d'avoir trompé son entourage, il déclare renoncer à se transformer désormais en Buddy Love : « Je ne veux pas être ce que je ne suis pas. Il faut s'accepter tel qu'on est. »

Une résolution d'autant plus facile à prendre que l'identité de Buddy trahit finalement plus nettement ce qu'EST le professeur...

En ce sens, les propos de Kelp, loin de constituer une apologie de la transparence et de la réconciliation avec soi-même, prennent un goût terriblement saumâtre. Ils n'annoncent pas une volonté de s'assumer en tant que gay, mais l'inverse. En demeurant Kelp, le professeur s'expose moins, tout compte fait, à exprimer/trahir sa nature authentique, qu'en continuant d'être le trop fantasque, voyant et tapageur Buddy Love.

Il peut même envisager de convoler avec Stella, qui se révèle être le type parfait de la « fille à pédés » – lorsque Kelp lui déclare : « Je ne serai jamais le mâle que vous voulez », elle lui assure que c'est aussi bien comme ça !

Le film s'achève sur un plan de Stella et Kelp s'éloignant de la caméra, bras dessus bras dessous. Dans les poches arrières du pantalon de la jeune fille, on remarque plusieurs flacons de la potion magique, qu'elle emporte à l'insu de son compagnon...

Au cas où la fade cuisine du couple hétéro aurait besoin d'être relevée par un filet de piment queer ?..

 

La danse de Saint Gay

 

Pour plus d’informations :

La fameuse danse de Saint Gay, justement !... Si vous déniez du génie à ce type, je me refais hétéro !... C'est ici, et sur VouzenTube... in Gorgeous Gay Colors !..

Son remix queer, par Biggie... Pas indispensable, vu que ça souligne l'évidence, mais sympa quand même...

Par BBJANE - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 2 décembre 2 02 /12 /Déc 11:22

« Une lesbienne est une femme qui aime mieux sa prochaine que son prochain. » Pierre Dac.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 2 décembre 2 02 /12 /Déc 11:19

« Passé 40 ans, une femme qui ne rend pas son salut à un homme ne peut être que myope, frigide ou lesbienne. » José Arthur.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 1 décembre 1 01 /12 /Déc 09:41
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Huitième article de notre série. Steven Carrington, Matt Fielding, Xéna, Jack McPhee, Willow Rosenberg, Will Truman, Brian Kinney, Shane McCutcheon... Si vous ne voyez pas le point commun, c'est que vous n'avez pas la télé ! Par notre collaborateur : Kim, 31 ans.

Les préjugés viennent souvent d’une mauvaise information sur l’homosexualité. La mauvaise information découle d’une absence d’instruction (l’absence d’éducation et de prévention par exemple), mais aussi d’un manque de débats qui peuvent démolir les préjugés et les réticences à partir d’arguments. Si les préjugés et les réticences ont diminué, c’est qu’il y a eut soit information, soit débat, ou les deux. Vous remarquerez que je saute le mot prévention : c’est intentionnel, car c’est actuellement encore trop embryonnaire, mais nous y reviendrons dans un autre article.
Pour avoir débat contradictoire, il faut avoir en face de soi une personne ne disposant pas de préjugés homophobes. Or, au départ, dans une société homophobe, ce sont principalement les victimes d’homophobie qui pourraient en discuter et en débattre. Mais cela revient à se dévoiler. Or, dans une société homophobe, la tendance est plutôt de rester caché ou en tout cas de rester discret pour éviter cette homophobie. C’est un instinct de survie. Mais pour le coup, cela provoque un manque d’interlocuteur, en dehors des militants affichés. La baisse des préjugés ne vient donc pas en premier lieu de la rencontre et du dialogue avec des personnes luttant contre l’homophobie.
Donc, il faut regarder du côté de l’information. Pour être efficace, la transmission de l’information doit être facilement accessible, massive, suffisamment longue pour capter l’attention, et continue, voir répétitive.
Où la population peut-elle s’informer ? Il y a les livres et les journaux bien sûr. Mais surtout la télévision, car elle est le premier média de masse, de par sa quasi-gratuité, sa présence dans la quasi-totalité des foyers, et de par l’absence d’effort à fournir pour accéder à l’information (eh oui, pas d’effort de lecture à faire !).
Mais où se transmet l’information à la télévision ? Dans les journaux télévisés ? Dans l’article précédent, nous avions vu que les reportages duraient en moyenne deux à trois minutes. C’est donc trop court. Dans les magazines et les talk-shows ? Ils sont suffisamment longs pour retenir l’attention, mais le traitement de l’homosexualité est irrégulier.
En fait, le format de télévision à la fois long et fréquent qui peut traiter de l’homosexualité est … la série télévisée. Si celle-ci possède au minimum un personnage gay ou lesbien, elle permet au téléspectateur chaque semaine de voir ce qu’est l’homosexualité (ou en tout cas ce qu’on en montre), et donc en partie inconsciemment de s’informer, ce qui peut permettre de défaire les préjugés et les réticences envers l’homosexualité.
Ainsi, nous allons voir que les séries télévisées ont grandement participé à l’évolution des mentalités. Car il y a un quart de siècle, l’homosexualité était totalement absente du petit écran : il faudra attendre en France l’année 1982 pour voir un rôle d’homosexuel à la télévision ! Mais à partir de cette date, la machine vers plus de visibilité sera lancée ! Et de par là même la machine à informer. Modestement, bien sûr, mais suffisamment pour donner une autre image de l’homosexualité, plus visible, plus affichée, plus positive.
A partir de l’apparition du premier personnage gay à la télévision française, on assista à une triple évolution de la présence des personnages gays et lesbiens dans les séries télévisées, à la fois quantitative, qualitative, et segmentaire, qui se fera en quatre étapes.

1982-1983 : L’apparition des premiers personnages gays à la télévision.

La visibilité gay apparait vers les années 1982-1983. C’est en 1982 qu’apparait le premier personnage gay, Kitt Mainwearing, dans la série « Dallas » sur TF1. Il est un riche héritier de la famille Mainwearing, et accepte de se marier avec Lucy Ewing, la nièce de JR. Mais se rendant compte que Lucy Ewing l’aime vraiment, il décide de lui révéler son homosexualité et de rompre les fiançailles pour ne pas la rendre malheureuse. Il n’apparait que dans un épisode, mais c’est un début. Il faudra attendre l’année suivante, soit 1984, pour que soit diffusée sur FR3 la série « Dynastie » qui possède le premier personnage gay récurrent, Steven Carrington, appartenant pleinement à la distribution.

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1983-1996 : les débuts de la visibilité.

Le personnage Steven Carrington sera pendant une décennie la seule véritable référence gay sur le petit écran. Et quelle référence : mal accepté par son père, ses petits amis ont une fâcheuse tendance à mourir, censure des gestes d’affection … Bref, même si Steven peut attirer la sympathie, on ne peut pas dire qu’il vit une vie joyeuse et ouverte. Il donnera à de nombreux parents téléspectateurs l’image qu’être homosexuel ne conduit pas spécialement au bonheur et rend la vie plus difficile qu’autre chose. Et ce, jusqu’en 1990, date de la fin de la dernière saison de la série en France. Il faut dire que peu d’autres personnages gays apparaitront entretemps.
En 1984 est diffusée sur la chaine Canal + la sitcom américaine « Soap » (1977-1981). Cette sitcom délirante, vaudevillesque, burlesque, et subversive, parfois poussant jusqu’à l’absurde, racontait l’histoire de deux familles, les Tate et les Campbell, et brisait énormément de tabous : majordome irrespectueux, prêtre qui se marie, mari volage, etc…. L’un de ces tabous fut la présence d’un personnage ouvertement gay : Jodie Dallas, interprété par Billy Cristal. Durant la première saison, il a pour petit ami le quaterback Dennis Phillips, mais celui-ci préfère rompre pour éviter que leur liaison s’ébruite. La série ne rencontrant pas de succès, Canal + interromps la diffusion … ce qui n’est pas plus mal vu ce qui arrive à Jodie par la suite : remise en cause de son homosexualité, volonté de changer de sexe, puis hétérosexalisation puisqu’il sortira avec Carol David, et même se fiancera avec Maggie Chandler. Bref, Jodie est un personnage maltraité de bout en bout par les scénaristes qui en font un inconstant. Dommage. Quoiqu’il en soit, cela entretient dans la tête du téléspectateur qu’un gay peut devenir hétérosexuel avec un peu de bonne volonté.
En 1989, toujours sur Canal +, est diffusée la série britannique « Allo Allo » (1982-1989). Ce chef d’œuvre d’humour anglais raconte comment durant la Seconde Guerre Mondiale, en zone occupée par les nazis, René Artois, un tavernier Français, tente de survire en travaillant pour la résistance, notamment en cachant deux parachutistes anglais complètement perdus ne pouvant renter chez eux, tout en collaborant à moitié avec l’occupant nazi, plus occupé à essayer de retrouver le tableau de « La Madone aux gros roploplos » qu’à traquer les résistants, et tout ceci en tentant de voir ses maîtresses sans se faire remarquer par sa femme Edith. Dans cette joyeuse et loufoque distribution, on trouve le lieutenant Hubert Gruber, un allemand donc, occupant de son état … et follement amoureux de René (qui décidemment à beaucoup de succès). Plutôt du genre sensible, pas franchement violent et autoritaire, légèrement efféminé. Finalement très sympathique, mais malheureux en amour car son objet de désir ne lui répondra jamais, hétérosexualité oblige, il est ici utilisé à des ressorts comiques. Comme tous les autres personnages de la série, car vous aurez devinez qu’il s’agit ici d’une comédie. Mais son principal ressort comique reste son amour impossible envers René, et tous les services qu’il peut lui rendre pour essayer d’obtenir discrètement ses faveurs. Il reste donc un personnage asexué condamné à ne pouvoir trouver l’amour.
En 1991, Canal + toujours diffuse le dessin animé « Les Simpsons » (1989). Subversif, critique, cette série toujours en cours montre le personnage de Waylon Smithers, l’homme de main du richissime Charles Montgomery Burns, dont il est secrètement amoureux. eh oui, car si des indices nous montrent bien qu’il est gay, tout n’est au départ que sous-entendus. En tout cas il reste un personnage « in the closet », au placard.
Dans « Une famille formidable » (1992), cette série française qui tous les deux-trois ans nous offre trois épisodes d’une heure trente nous contant les aventures du couple Catherine et Jacques Beaumont et de leur famille, montre le personnage gay d’Alexis qui fait son coming-out à son meilleur ami Nicolas Beaumont, fils ainé du couple phare de la série. Si Alexis est bien accueilli par la famille Beaumont, et qu’il se met en couple, montrant une image du bonheur, le problème est que l’on reste sur un cliché : car Alexis est en couple avec un homme bien plus âgé que lui. L’idée de l’homosexuel qui préfère les jeunes reste ancrée … et continue de se transmettre aux téléspectateurs.
Bref, pendant une dizaine d’années, la présence de l’homosexualité à l’écran reste rare, et conforte toujours les clichés, voire les renforce.

La réapparition significative de personnages gays se fait au dans les années 1990’, notamment dans des séries à succès. Ainsi, en 1993, dans la sitcom « Roseanne » (1988-1997) diffusée sur M6, apparait le personnage de Leon Carp, le patron de Roseanne justement. Rien d’étonnant là encore car cette sitcom était très subversive pour l’époque, brisant elle aussi beaucoup de tabous. Leon Carp est un personnage secondaire, qui n’apparait pas dans tous les épisodes, mais suffisamment régulièrement pour être récurrent et marquant, d’autant qu’il s’affiche ouvertement homosexuel, et connaitra plusieurs histoires de cœur. Il est intéressant de voir qu’en plus le personnage permet aux autres personnages de parler parfois d’homosexualité. Ainsi, un jour que Dan, le mari de Roseanne, organise une partie de cartes dans la cuisine avec des amis à laquelle arrive et participe à l’improviste Léon, lorsque ceux-ci apprennent son homosexualité, un lourd silence s’installe… La conversation a du mal à être relancée. Le départ rapide de Léon soulage quelque peu le groupe de joueurs, ce qui ne passe pas inaperçu de l’œil de Jackie Harris, la sœur de Roseanne. Celle-ci lui reproche son attitude, et lui demande ce que cela lui ferait si l’un de ses enfants était homosexuel. Tout ce qu’il trouve à dire est qu’il ne préfère pas y penser et que cela n’arrivera pas. Lorsque Jackie réinsiste, il redit fermement les mêmes propos, à la limite de l’énervement. Cette scène, aussi réaliste soit-elle, mais violente, montre bien pour le spectateur lambda que l’homosexualité d’un enfant n’est pas désirée … ni forcément désirable pour un nombre important de personnes à l’époque.
Mais c’est surtout en 1994, sur TF1, qu’est diffusée la série « Melrose place » (1992-1999), où apparaît le personnage de Matt Fielding. Là, c’est un des personnages principaux de la distribution. C’est donc un tournant. Mais pourtant il restera un personnage « clean », alors que la série était quand même assez trash puisque tout le monde couchait avec tout le monde : peu de petits-amis et rarement pour longtemps, comme ce militaire qui se découvrait gay et n’a pas osé rester avec lui (durée = deux épisodes), des baisers censurés … Bref, un condamné au célibat. Et lorsqu’enfin on pense qu’il trouve l’amour et engage une relation sérieuse avec un autre homme, on apprend que celui-ci avait monté toute une machination pour faire accuser Matt du meurtre de sa femme (bon, en même temps, là, c’est vraiment du Melrose Place).
Toujours en 1994, toujours sur TF1, la sitcom « Les filles d’à côté » d’AB production est diffusé en semaine en accès prime time. C’est dans cette série que marquera pour une génération entière l’image de la « folle ». Gérard, le prof de gym qui tient la salle de sport au sous-sol de l’immeuble, est un homme très musclé, qui s’habille moulant et montre ainsi toujours ses muscles … mais beaucoup considère qu’il n’est pas très viril car il est très maniérée, a toujours le petit doigt en l’air, une voix très aigüe surtout lorsqu’il pique une colère ou une crise d’angoisse... Bref vous l’aurez compris, Gérard est une gym-queen efféminée. Qui plus est complètement asexué (aucun petit ami en vue à l’horizon, rien). Le personnage, certes, éminent gentil et plutôt populaire, va marquer durablement les esprits en renforçant les clichés homophobes…

La visibilité des lesbiennes sera plus tardive. Il faudra attendre 1996 pour voir apparaitre les premiers personnages lesbiens, elles-aussi dans des séries à succès. Eh oui, le sexisme existe aussi à la télévision. Sur TF1 apparait la série « Xena, la princesse guerrière » (1995-2001), où l’on voit deux femmes, Xena et Gabrielle, vivre à travers leurs aventures une profonde amitié, mais avec tant de sous-entendus que les personnes équipées d’un gaydar ont facilement reconnu des personnages cryto-lesbiens. Si dans les premières saisons, tout est dans le sous-entendu (plus difficile d’ailleurs à cerner dans la version française, tant le doublage a censuré des dialogues utiles pour comprendre leur relation, mais heureusement les regards ne trompaient pas), elles montreront leur amour vers la fin de la série.
La même année, sur Canal Jimmy, sont diffusés les premiers épisodes de la célèbre sitcom « Friends » (1995-2004), racontant l’amitié de Ross, Rachel, Joey, Chandler, Joey et Phoebe. Ross Geller doit se séparer de sa femme Carol qui est devenu lesbienne depuis qu’elle a rencontré Susan. Mais la séparation se fait lorsque Carol est enceinte de Ross ! Tous les trois décident que l’enfant, qu’ils appelleront Ben, sera élevé par Carol et Susan, et Ross restera présent et disponible pour son fils. Il s’agit ainsi non seulement de la première présence de lesbiennes à l’écran, mais en plus en couple, et qu’y plus est, faisant l’expérience de l’homoparentalité ! Homoparentalité plutôt réussi visiblement car Ben, en grandissant au fil des saisons, ne montrera pas de questionnement sur sa situation familiale. Il fut un moment question de créer un spin-off (série dérivée) centré sur ces personnages secondaires mais à la trame bien construite. Mais le projet n’eut pas de suite. Quoiqu’il en soit, ce couple lesbien, heureux en ménage et parents, est montré à la France entière face au succès de la série dès son passage sur France 2 deux ans plus tard.

Document 2

1996-2003 : la phase de l’affirmation

Après cette période de début de visibilité (entre 1982 et 1996 donc), la seconde moitié des années 1990’ voit la multiplication des séries télévisées ayant son ou ses personnages homosexuels. Désormais, c’est une période de profusion de l’offre de personnages gays et lesbiens à la télévision, aussi bien dans des rôles d’apparition que des rôles secondaires et surtout principaux. Tous les ans, au minimum trois nouvelles séries apparaissent sur les écrans avec au moins un personnage gay ou lesbien récurrent, le pic étant en 2001 avec douze séries recensées. Bref, il y a du choix. Cette profusion donne au téléspectateur lambda l’idée que les personnes LGBT existent, sont nombreuses et loin d’être une minorité invisible, et aux personnes LGBT isolées, particulièrement les plus jeunes en quête d’identité et de modèles, qu’elles ne sont pas seules.
Mais l’évolution est aussi qualitative : il ne s’agit plus seulement de multiplier les personnages gays et lesbiens, il s’agit de les développer, de les rendre plus consistants, et de par là même plus réels, plus proche de la réalité. Et donc de leur faire vivre de réelles histoires de cœur. Ainsi, la phase comprise entre 1996 et 2003 correspond à une période d’affirmation, c'est-à-dire une période où, contrairement à la précédente, les personnages gays et lesbiens vivent heureux, sans contrainte, ni tabou.
Chez les personnages gays, une série va apporter sa révolution : c’est « Oz » (1997-2003), la série américaine sur l’enfer carcéral. Diffusée sur la chaine Série Club qui s’en servit comme produit d’appel avec succès dès 1998. Cette série suit dans la prison d’Emerald City toute une série de prisonniers qui vivent dans une ambiance de répression des gardiens, de drogues, de violence et de meurtres, de viols. On suit notamment le personnage de Tobias Beecher, notre candide qui va découvrir l’horreur de l’univers carcéral. Dès le premier épisode, il est emprisonné pour meurtre involontaire par conduite en état d’ivresse. Il est accueilli par Vern Schillinger, un nazi qui va rapidement en faire son objet sexuel. A force de viols, Tobias finit par se révolter et à humilier Schillinger au plus haut point en lui déféquant sur le visage. Dès lors, Vern n’attend que sa vengeance. Il fait appel à un ancien de ses « protégés », Chris Keller, qui est chargé de le charmer pour gagner sa confiance, pour ensuite le briser psychologiquement. Ce travail d’approche va largement réussir, et se conclure par une scène de baiser mémorable (qui conduira d’ailleurs Chris en cellule d’isolement). Tobias tombant finalement amoureux de Chris, la supercherie est démasquée : abasourdi, il ne peut se défendre contre Vern et Chris qui lui brisent les bras et les jambes. La vengeance de Vern est totale car Tobias est totalement dévasté physiquement et moralement. Mais Chris regrette sa trahison envers Tobias… Ceci n’est que le début de la complexe histoire d’amour, de sexe, et de haine qui va lier les deux personnages. C’est ainsi que pour la première fois on verra à la télévision un baiser entre homme sans censure, et même avec passion, mais aussi des relations sexuelles entre hommes (même si la plupart du temps il s’agit plutôt de viols). Une telle liberté de ton ne fut possible que parce que cette série fut produite par la chaine du câble américaine payante HBO. D’ailleurs, à dire vrai, il ne s’agit pas seulement d’un baiser gay : il s’agit en fait d’un baiser bisexuel ! Tobias était avant un mari et père de famille, mais il devient bisexuel en tombant amoureux de Chris. Quand à Chris, même s’il a été marié à plusieurs reprises, il avait déjà eut des relations homosexuelles, certes en prison, puisqu’initié par Vern, mais aussi à l’extérieur (même si pour le coup il est aussi devenu un meurtrier homophobe… le personnage est très complexe et inquiétant, mais fascinant). Une série innovante et inégalée, mais uniquement visible sur le câble/satellite à l’époque.
Pour le grand public ne disposant pas du câble/satellite, il faudra attendre 2001 pour voir un personnage gay s’affirmer. Dans la série américaine pour adolescents « Dawson » (1998-2003), qui raconte les amours et amitiés d’un groupe d’amis dans la petite ville de Capside, le personnage de Jack McPhee apparait durant la saison 2. Le personnage avait déjà fait grand bruit lorsqu’il fit son coming-out dans la série. La première fois en plein cours, de manière forcée, parce que son professeur de littérature, qui avait donné comme devoir de rédiger un poème, le força à le lire devant toute la classe : sauf que le poème contenait ses confusions et ses troubles envers les garçons. La seconde fois à son père, dans les cris et les larmes, mais bouleversant. Ces deux épisodes furent très commentés, et touchèrent de nombreux jeunes téléspectateurs, mais particulièrement des gays et lesbiennes, dont certains firent leur coming-out sitôt après avoir éteint la télévision. Et bien dans la saison 3, il finit par tomber sous le charme d’un jeune garçon prénommé Tobey et échangent un baiser … en gros plan, sans coupe ni censure. Une première à heure de grande écoute. Il est dommage que le personnage de Jack McPhee fût mal construit après le départ du scénariste Kevin Williamson. Il n’y aura que des histoires d’amours chastes, le plus souvent conclus par un baiser au final de la saison … avant que la liaison ne se termine. Bref, si le personnage de Jack McPhee a ouvert des portes, il ne les a pas ouverte en grand. Frustrant.
Comme précédemment, les personnages lesbiens qui s’assument apparaissent plus tardivement. Lorsque le coming-out de l’actrice Ellen DeGeneres, aussi bien dans la vrai vie que celui de son personnage Ellen Morgan dans la sitcom éponyme « Ellen » (1994-1998), fait un battage médiatique qui réussit à traverser l’Atlantique en 1997, alors même que l’actrice et la série sont totalement inconnue, la chaine RTL9 décide d’acheter la série qu’elle diffusa en 1999. Ellen Morgan devient alors le premier personnage principal lesbien officiellement out (contrairement à Xena et Gabrielle dans « Xena la princesse guerrière qui en sont encore restées au crypto-lesbien). Toutefois son impact sera très limité en France, car d’une part c’était sur le câble/satellite, d’autre part elle a fait peu d’audience (la preuve, elle ne sera pas rediffusée). Qui plus est, même si ce personnage s’affirme lesbienne après un coming-out tonitruant dans une salle d’aéroport avec micro, les scénaristes vont ensuite lui écrire des histoires d’amour maladroites … avant qu’elle ne ressorte avec un garçon. Bref, un coup pour rien.

Les choses vont en fait bouger en France avec une autre série, populaire celle-ci. La série américaine pour adolescent « Buffy pour les vampires » (1997-2003), diffusée sur Série Club et M6, ira plus loin. La série raconte les aventures de Buffy Summers - l’Elue - la Tueuses de vampires, et de ses amis du scooby gang, dont fait partie Willow Rosenberg. Durant la saison 4, s’initiant à la magie, elle tombe sous le charme d’une autre magicienne : Tara Maclay. Après des interrogations sur ces sentiments (son ancien amour, Oz, était un garçon), Tara accepte ses sentiments et toutes deux échangent un baiser, là encore en gros plan, ni coupe, ni censure. Il s’agit du premier baiser lesbien sur une grande chaine française. Et ce qui est mieux encore par rapport à Jack McPhee de « Dawson », c’est que leur relation durera et sera très visible, surtout durant la saison 6, où leur liaison sera affichée, pleine de mots tendres et de gestes d’affection. La mort de Tara à la fin de la saison 6 fera pleurer plus d’un(e) adolescent(es). La même série franchira encore une nouvelle limite, la dernière possible peut être, en mettant dans la saison 7 en 2003 une relation physique entre Willow et Kennedy, sa nouvelle amante. On attend toujours l’équivalence pour une scène gay dans une série à grande écoute !
Ainsi, cette phase d’affirmation a été une phase d’amélioration qualitative de la représentation de l’homosexualité sur le petit écran. Car s’il l’on récapitule, on représentait au début les homosexuels plutôt de la façon suivante:
- caricaturaux, efféminés (Gruber dans « Allo Allo », Gérard dans « les filles d’à côté », John Irvin dans « NYPD Blues, Jack McFarland dans « Will and Grace », Philippe Gatin dans « Camera café » notamment)
- changeant tout simplement de sexualité aussi facilement que l’on peut dire ouf (Steven Carrington de « Dynastie », Jodie Dallas de « Soap », Ellen Morgan dans « Ellen »...)
- souvent célibataires (Matt Fielding au début dans « Melrose Place », Gérard dans « les filles d’à côté », Will Truman pendant de nombreuses années dans « Will and Grace », Carter Heywood dans « Spin City », etc…)
- malheureux en amour (Steven Carrington dans « Dynastie » et ses petits amis qui ont une fâcheuse tendance à mourir ; ou Matt Fielding dans « Melrose Place »…)
- s’ils avaient des petits amis, on ne montrait quasiment jamais de sexualité ou de gestes affectueux avec un partenaire (Steven Carrington, Matt Fielding, Gérard, Will Truman, Jack McPhee dans Dawson, etc…)
- généralement seul homo dans leur environnement amical et familial
- généralement un mec (les lesbiennes, çà n’existe pas voyons)
- parfois suicidaires (Gaël dans « La vie devant nous »)
Enfin bref, pas de quoi forcément sauter de joie. Ni de contredire les préjugés. Pourquoi croyez-vous que des parents pensent que leur enfant risque d’être malheureux lorsque celui-ci/celle-ci a fait un coming-out ? Parce que c’est la télévision qui le dit voyons !

Heureusement, les choses changent progressivement pour montrer :
- la parité : oui enfin les lesbiennes prennent une plus grande place
- des coming-out
- des couples, qui s’embrassent voire font l’amour en plus (Carol et Susan dans « Friends », Willow Rosenberg et Tara, puis Kennedy dans « Buffy », David Fisher et Keith Charles dans « Six feet under », Dylan ou Alex et Paige dans « Degrassi », Thomas et Nicolas dans « Plus belle la vie », Laurent Zelder avec ses compagnons successifs dans « Avocats et associés », Alex et ses compagnons successifs dans « Et Alors ? », etc…)
- on commence même à mettre des personnes de couleurs (Keith dans « Six feet under », Original Cindy dans « Dark Angel »…)
- et même l’homoparentalité (Carol et Susan dans « Friends », David et Keith dans « Six Feet Under », Lindsay et Mélanie dans « Queer as folk US »…)
Cette meilleure représentation, où ils sont désormais traités comme les autres personnages, permet de faire changer les mentalités en brisant les préjugés (les pds sont des malades, pervers et malheureux…) : c’est en bonne partie ainsi que les gays et les lesbiennes ont conquis par l’effort de scénaristes une image moins caricaturale et plus « normalisée » au sein de la société. D’autant plus que cela permet de donner des modèles pour les jeunes générations encore marginalisées par le manque d’éducation ou de prévention. Ainsi, la multiplication des personnages gays et lesbiens à la télévision suit l’évolution de la tolérance et de leur acceptation dans la société.

Et demain ? Vers la segmentation ou l’intégration ?

Il ne faut toutefois pas idéaliser ce qui vient de précéder. Les gays et les lesbiennes peuvent désormais être traité de manière égale aux autres personnages, vivre des histoires d’amour et de sexualité, s’embrasser à l’écran, certes. Les tabous sont donc tombés. Mais de là à dire qu’ils se sont généralisés serait abuser. C’est bien pour cela que l’histoire d’amour entre Andrew Van de Camp et Justin dans la série « Desperate housewives » (2004) déchaine de telles réactions : parce que cela reste relativement rare, surtout dans une série à grosse audience. C’est bien à partir de cette frustration de ne pouvoir avoir plus régulièrement ce type d’histoire et de traitement qu’ont commencé à émerger des séries se concentrant sur des personnages gays ou lesbiens et leurs histoires. C’est en 1999 qu’apparaissent deux séries de ce type.
La chaine Canal + diffusa en 1999 la série britannique « Queer as folk » (1999-200). Elle raconte l’histoire d’un triangle amoureux composé de Nathan, jeune gay de 15 ans qui découvre le quartier gay de Manchester et tombe follement amoureux de Stuart, un adulte dont la principale satisfaction est de plaire, ce qui lui permet de collectionner les conquêtes d’un soir, dont Nathan, qui s’avère beaucoup plus collant qu’il ne l’aurait penser. Vince vient compléter ce trio : c’est le meilleur ami de Stuart, lui aussi gay, mais beaucoup moins confiant en lui, ce qui ne lui permet pas d’avoir beaucoup de succès et explique aussi en partie son célibat. De toute façon, son cœur est en fait déjà pris car il n’ose s’avouer qu’il est amoureux de Stuart. Pour la première fois à l’écran, une série racontait uniquement des histoires gays. Elle était aussi beaucoup plus crue, puisqu’elle contenait des scènes de baiser et de sexe nombreuses et non censurées. Bref la série rendait visible ce qui ne pouvait être vue ailleurs.
Le succès de la série allait progressivement s’essaimer. Une version américaine, « Queer as folk » (version US donc), débarque elle aussi sur Canal + dès 2002. Son succès encourage la programmation d’autres programmes exclusivement gays ou lesbiens qui vont se multiplier à partir de 2005 : pour l’instant on compte « The L world » (2004), « Dante’s cove » (2005), et « Noah’s arc » (2005-->). Mais ces séries ne sont diffusées que sur des chaines payantes, Canal + ou Pink TV. De ce fait, elles ne sont pas visibles par une très grande partie de la population et ne permettent pas de changer les mentalités. Il s’agit donc de séries ayant pour but de satisfaire un public homosexuel, et non populaire. Voilà pourquoi on peut parler de segmentation … et certains diront même de repli identitaire, ce qui n’est pas forcément souhaitable. Tout dépend en fait de la volonté de chaines nationales de diffuser ce type de programme … à une case horaire descente. La diffusion en 2006 de la série « Queer as folk version UK » sur M6 après minuit montre pour l’instant leurs réticences : la sexualité gay affichée fait encore peur (en même temps les scènes de sexe sont assez « chaudes ».) La question est posée : les séries gays peuvent-elles en même temps répondre aux désirs des gays et des lesbiennes de se voir mieux représenter tout en restant grand public ?
Le deuxième type de série qui apparait en France en 1999 est la série « multi sexuelle ». Sur la chaine Téva débarque la série américaine « Les chroniques de San Francisco » (1994-2001), adaptation de l’œuvre d’Armistead Maupin. La série raconte les aventures des habitants d’une résidence tenue par Mme Madrigal (une transsexuelle) : Mary Ann et Brian sont hétérosexuels, Michael « Mousse » est gay, Mona bisexuelle … Bref toutes les sexualités et tous les genres sont présents. La série permet de suivre leurs histoires sentimentales … tout en évitant de montrer trop de nudité. Elle est donc plus grand public.
Ce type de série va elle aussi se multiplier et débarquer confidentiellement à la télévision française : en 2001 est diffusée sur Canal Jimmy la série britannique « Metrosexuality » (2001) ; la série britannique « Tinsel town » (2000-2001) arrive sur la même chaine en 2005 ; l’année 2005 voit aussi arriver la série canadienne « Bienvenue à Paradise Fall » (2001-2004) et la série américaine « Godiva’s » (2005-->) sur Pink TV. Ces séries vont ainsi montrer toutes les formes possibles de sexualité, et notamment la bisexualité jusqu’ici sous représentée. Ces séries sont en général construites pour être regardées par un large public … même si elles ne l’ont pas forcément trouver, en tout cas en France, soit au vue de leur chaine ou de leur horaire de diffusion, soit à cause de leur qualité scénaristique, voir les trois. L’amorce est en tout cas en route, d’autant qu’au Royaume-Uni est en train de naitre le phénomène « Torchwood » (2006), encore inédit en France.
« Torchwood » est un spin-off (série dérivée) de la populaire série britannique « Dr Who ». Torchwood est le nom d’un institut secret créé par la reine Victoria au 19e siècle pour lutter contre les phénomènes étranges ou extraterrestres (une conséquence de la rencontre avec le docteur Who – ah oui, pour ceux qui ne connaissent pas, ce docteur peut voyager dans le temps). La série se concentre sur l’une de ses cellules basée à Cardiff. Elle est composée de 5 membres : le chef de la cellule, soit le capitaine Jack Harkness (un ancien criminel qui s’est reconvertit grâce à Rose dans « Dr Who », ouvertement bisexuel), qui dirige les membres Gwen Cooper, Owen Harper, Toshiko Sato et Ianto. En fait, dans cette série, tout le monde est plus ou moins bisexuel. Les scénaristes se sont amusés à dessiner des relations multiples entre les différents personnages, aussi bien hétérosexuelles qu’homosexuelles.
Ainsi, lors d’une conversation entre quatre membres de l’équipe pour savoir qu’elle était la sexualité du capitaine Jack, Toshiko le décrit parfaitement comme étant quelqu’un que se taperait n’importe qui du moment que la personne est suffisamment belle. Toshiko est plus ou moins attirée par Owen, mais a aussi eut une relation sexuelle avec Marie, une fille venue du passé dans l’épisode « Greeks bearing gifts ». Dans l’épisode « Everything changes », Owen Harper séduit une femme dans un bar à l’aide d’un spray, une technologie extraterrestre qui rend la personne en face dingue de vous. Sauf que cette femme a déjà un petit ami, qui, pas content, les rattrape et le menace de lui casser la figure. Pour s’en tirer, Owen utilise le spray … pour charmer l’agressif petit ami ! Mais surtout, et c’est ce qui passionne le public outre-manche, Ianto est montré dans une relation hétérosexuelle avec Lisa, l’amour de sa vie, qu’il tente de ressusciter dans l’épisode « Cyberwoman », mais engage progressivement une relation avec le Capitaine Jack, d’abord par des allusions sexuelles (dans l’épisode « They keep killing Suzy », Ianto fait des avances très coquines à Jack en proposant d’utiliser une montre capable de jouer avec le temps) puis plus clairement (comme la scène du baiser final entre eux deux dans « End of days »). Ce type de série montre en fait l’intégration de toutes les sexualités pour la première fois dans une série populaire et grand public (ce n’est pas là qu’il faut aller voir de la nudité) : elle les banalisent, les romancent même, et permettent de faire effondrer des préjugés basés sur l’orientation sexuelle. Les fans français attendent sa diffusion à la rentrée sur Europe2TV.

Pour conclure

Ainsi, en l’espace de deux décennies, l’homosexualité dans les séries a profondément évolué vers une amélioration quantitative et qualitative. Cette évolution accompagne la progression de la tolérance et de l’acceptation de l’homosexualité en France, même si elle reste difficile à évaluer. On peut bien évidemment poursuivre le même raisonnement avec le cinéma, la littérature, la publicité, la téléréalité, la musique, etc…
Il se profile actuellement deux voies pour la présence de personnages gays et lesbiens affirmés dans les séries télévisées. La première est la voie de la segmentation, qui s’est développée en même temps que les chaines gays : on montre plus, on montre même parfois tout, ce qui n’en font pas tous des séries grand public. La deuxième est la voie de l’intégration, ou toutes les formes de sexualité sont montrés sans voyeurisme pour un public populaire. Le futur nous dira ce qui se passera…
Dans notre prochain article, nous montrerons l’impact des séries télévisées sur le public gay et lesbien.


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Petite biographie

* Des articles sur la présence lesbienne à la télévision des écrans mauves « parce que la visibilité importe »
http://ecranmauve.canalblog.com/archives/series/p0-0.html
Un classement des 10 meilleures séries à présence lesbienne d’après l’univers-L
http://www.univers-l.com/top_ten_series_page1.htm
* Une liste extrêmement complète des séries ayant des personnages gays, lesbiens, bisexuels, transsexuels des années 1960’ à nos jours (en anglais)
David A. Wyatt, "Gay/Lesbian/Bisexual Television Characters”
http://home.cc.umanitoba.ca/~wyatt/tv-characters.html#1961
http://home.cc.umanitoba.ca/~wyatt/tv-char1970s.html#1971
http://home.cc.umanitoba.ca/~wyatt/tv-char1980s.html
http://home.cc.umanitoba.ca/~wyatt/tv-char1990s.html#1991
http://home.cc.umanitoba.ca/~wyatt/tv-char2000s.html#2001
* Une liste moins complète en français sur Wikipedia
- « Homosexualité dans les séries télévisées » 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision
* Des annuaires encyclopédiques plus généralistes
annuséries. com : http://www.leflt.com/annuseries/encyclopedie/
allo ciné : http://www.allocine.fr/


Par Kim - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Dimanche 30 novembre 7 30 /11 /Nov 12:20
« Malgré les apparences, je suis un homme hétérosexuel. Comme je suis bien habillé, les gens pensent "Il doit être gay . Regardez sa coiffure, il doit être gay. Regardez comme il est sensible et vulnérable, il doit être gay." Du coup, les femmes se sentent en sécurité avec moi. Elles se fient à moi. Et ensuite, bang ! Enceinte ! Bang ! Enceinte ! Une nouvelle génération. » Russell Brand, comédien anglais.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Dimanche 30 novembre 7 30 /11 /Nov 00:31

Visuel : (c) GayClic

Pour la première fois, un épisode entier de ATWT est consacré à Luke et Noah (et aux personnages rattachés à leur histoire).
Il sera posté en 4 parties.
C'est Halloween ! Au programme : Casey en squelette, Noah en salopette, Lucinda en goguette, et Luke... en tapette ! (C'est pas moi qui le dis, c'est Mark).
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 30 novembre 7 30 /11 /Nov 00:25

Visuel : (c) GayClic

Pour la première fois, un épisode entier de ATWT est consacré à Luke et Noah (et aux personnages rattachés à leur histoire).
Il sera posté en 4 parties.
C'est Halloween ! Au programme : Casey en squelette, Noah en salopette, Lucinda en goguette, et Luke... en tapette ! (C'est pas moi qui le dis, c'est Mark).
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 29 novembre 6 29 /11 /Nov 11:18

Visuel : (c) GayClic

Ceux où l'on fait la connaissance du fameux canapé qui en verra des vertes et des pas mûres par la suite. Site de la série.



Par Hari3669
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