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Dimanche 2 novembre 7 02 /11 /Nov 00:18

Visuel : (c) GayClic

Après un mois à glander en Italie, Noah revient faire un bisou à Luke... Pas trop tôt.
Mais dans cet épisode, c'est plutôt Lucinda qui est à l'honneur, dans toute sa "garcitude".
[ATWT appartient à PGP & CBS]
Bientôt, avec Luke & Noah : le retour de Kevin, de Reg et même... de Dusty.


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 2 novembre 7 02 /11 /Nov 00:12

« Il est bien évident qu’il existe un racisme spécifiquement sexuel, qui refuse de considérer l’amour pour le même sexe comme équivalent à l’amour pour l’autre sexe. […] Ce qui est rejeté ou infériorisé, […] c’est tout simplement “l’amour pour le même”. » Didier Éribon, Réflexions sur la question gay, Fayard, 1999.

Par Didier Roth-Bettoni - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Samedi 1 novembre 6 01 /11 /Nov 00:43

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Samedi 1 novembre 6 01 /11 /Nov 00:29

La saison 2 de Lo que surja, la série gay de Valence (en Espagne) sous-titrée en Français.
Retrouvez Edu, Hugo, Alberto, Borja, Alex, Pablo et les autres !


Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : LO QUE SURJA
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Samedi 1 novembre 6 01 /11 /Nov 00:09

« Le coming out est dès lors considéré à la fois comme un geste nécessaire au bien-être psychologique personnel des gays et des lesbiennes, qui peuvent ainsi vivre librement et ouvertement ce qu’ils sont, et comme un geste éminemment politique, étant entendu que le fait que des centaines de milliers de gays et de lesbiennes soient visibles en tant que tels ne peut manquer d’avoir des effets sur la société et la culture en général. » Didier Éribon, Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Larousse 2003.

Par Didier Roth-Bettoni - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Vendredi 31 octobre 5 31 /10 /Oct 14:06
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Vendredi 31 octobre 5 31 /10 /Oct 00:16
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Sixième article de la série consacrée à la place des gays et des lesbiennes dans la société française. On y propose une méthode d'évaluation de l'homophobie - ou de l'homophilie - dans toutes ses facettes. Par notre collaborateur : Kim, 31 ans.


Comme nous l’avons dit dans notre article précédent, il n’y a pas de petits combats, pas de petites actions, même un simple coming-out peut servir à faire évoluer les mentalités d’un entourage, et lorsqu’ils se cumulent, d’une société. Mais comment savoir si cela marche ? Comment évaluer les réussites ou les échecs ? Il manque des outils statistiques…
L’évaluation du degré d’acceptation de l’homosexualité étant difficilement chiffrable, il est plus pratique d’utiliser une échelle de degrés. Celle-ci doit être calculée à partir de l’évaluation des trois facteurs explicatifs de la théorie définie précédemment : le calcul de la moyenne entre ces trois facteurs permet alors d’établir le degré d’acceptation de l’homosexualité par cette société. Ce qui revient à dire, vu les facteurs retenus, qu’il faut aussi créer des échelles de degré des droits et libertés des gays et des lesbiennes, de leur visibilité et des mentalités de la société sur l’homosexualité.
Nous nous sommes pour cela inspirés de ce que fait l’organisation Freedom House pour évaluer le degré de respect des droits et libertés démocratiques (sur 7 degrés), et des travaux du docteur Dorothy Riddle, psychologue américaine, qui a elle-même établit une échelle de degré d’acceptation des individus vis-à-vis de l’homosexualité (sur 8 degrés).
Pour chaque critère a été défini une échelle numérotée de 1 à 7, le chiffre 1 correspondant à un rejet total de l’homosexualité, les notes suivantes se succédant ensuite graduellement jusqu’au chiffre 7 correspondant à une acceptation totale de l’homosexualité. Toutes ces échelles sont interdépendantes pour que le résultat du calcul d’une moyenne entre les trois facteurs pour obtenir le degré d’acceptation de l’homosexualité par une société reste cohérent.

L’échelle du degré de droits et de libertés dont disposent les gays et les lesbiennes.

L’évaluation du degré des droits et des libertés des gays et des lesbiennes a été réalisé à partir de l’observation de l’histoire de l’homosexualité en France (voir document 1 - déjà montrée dans l’article n° 2) et de la géographie des différentes législations sur l’homosexualité dans le monde (voir carte sur les législations dans le monde déjà montrée dans l’article n° 4). Chaque degré correspond donc à une forme de législation facile à mettre en place.

Niveau 1 : Condamnation à mort.
Niveau 2 : Condamnation à des peines de prison / travaux forcés.
Niveau 3 : Discriminations homophobes légales.
Niveau 4 : Aucune législation. Parfois toutefois l’homosexualité reste réprimée, mais sur d’autres prétextes (atteinte à la morale, à la pudeur, à la jeunesse…).
Niveau 5 : Reconnaissance légale des individus homosexuels par la pénalisation des discriminations homophobes. Attention, parfois, selon les histoires nationales, cette reconnaissance c’est faite directement par la reconnaissance du couple homosexuel, mais sans pour autant pénaliser l’homophobie (ce fut le cas de la France et c’est le cas actuellement de quelques états fédéraux des Etats-Unis et d’Australie).
Niveau 6 : Reconnaissance légale des couples homosexuels. Persistance toutefois de différences entre couples hétérosexuels et homosexuels (union civile au lieu du mariage, ou interdiction de l’adoption et/ou de la procréation par insémination, clonage…).
Niveau 7 : Reconnaissance légale des familles homosexuelles. Egalité totale des droits entre hétérosexuels et homosexuels.

Attention, parfois la reconnaissance légale des individus homosexuels s’est faite directement par la reconnaissance du couple homosexuel par la mise en place du couple homosexuel se fait avant la pénalisation des discriminations homophobes (le cas est peu fréquent, mais ce fut le cas de la France, et c’est le cas actuel de quelques Etats fédéraux des Etats-Unis ou d’Australie). Dans ce cas il faut inverser les niveaux 5 et 6 (et oui, parfois les histoires nationales modifient l’ordre de création de législations protégeant les individus et les couples – mais en règle général les deux niveaux se succèdent rapidement).

Document 1


L’échelle du degré des mentalités de la société sur l’homosexualité.

L’évaluation du degré des mentalités de la société sur l’homosexualité a été réalisée à partir de l’étude des différents sondages étudiés dans les articles 1 et 2, ajoutés à quelques autres. Pour plus de facilité, de lisibilité et par souci de synthèse, les différents sondages ont été regroupés dans le graphique ci-dessous (document 2).

Les opinions proposées par les différents sondages ont été classées graduellement, des opinions les plus intolérantes (en rouge) aux opinions les plus tolérantes (en violet). La nomenclature des opinions proposées aux sondés et le recoupement des évolutions des opinions de la société française (les courbes) nous ont permis d’établir une échelle de degré de l’acceptation de l’homosexualité par la société.

Niveau 1 : La répulsion / le rejet. L’homosexualité provoque un sentiment de répulsion, de dégoût, qui justifie les actes de suppression (physique, curative ou eugénique).
Niveau 2 : L’incompréhension. L’homosexualité est jugée comme anormale, et peut provoquer incompréhension, dégout, peur, honte, ce qui justifie le rejet et l’évitement des homosexuels ou la volonté qu’ils deviennent hétérosexuels.
Niveau 3 : La tolérance. L’existence de l’homosexualité est implicitement reconnue, mais reste considérée comme anormale et non souhaitable, et doit rester discrète car relevant de la vie privée.
Niveau 4 : La reconnaissance. L’homosexualité n’est plus considérée par principe comme anormale mais comme une manière acceptable (ou comme une autre) de vivre sa sexualité. Un inconfort individuel face à l’homosexualité peut persister lorsqu’elle devient visible et concrète.
Niveau 5 : L’acceptation. Les homosexuels sont reconnus comme des êtres égaux aux hétérosexuels. Toutefois, une gêne peut persister lorsque l’homosexualité concerne un proche dans l’environnement familial.
Niveau 6 : L’intégration. Les gens n’ont pas de honte ou d’inconfort à aborder le sujet de l’homosexualité, ou à côtoyer des gays et des lesbiennes.
Niveau 7 : L’homophilie. Les homosexuels sont appréciés, voir leur compagnie recherchée. Possible transformation des normes sexuelles vers une augmentation d’expériences homosexuelles.

Document 2

En observant l’évolution des mentalités en France, on peut dire qu’en 1973 la France appartenait au niveau 1 des mentalités en 1973.
Puis elle est passée au niveau 2, lorsque la proportion de personnes déclarant que l’homosexualité est une maladie que l’on doit guérir, une perversion sexuelle que l’on droit combattre, ou une sexualité anormale (courbe rouge), a représenté moins de 50 % de l’avis de la population.
Elle est passée ensuite au niveau 3 lorsque la proportion de personnes déclarant qu’elles laisseraient vivre comme il l’entend leur fils homosexuel malgré la peine que cela leur provoquerait (longue courbe jaune) dépassa la proportion de personnes déclarant qu’elles agiraient pour essayer de faire « retrouver » l’hétérosexualité de leur enfant homosexuel (courbe orange), en même temps qu’elle dépasse la proportion de personnes trouvant l’homosexualité anormale (courbe rouge).
La France atteint le niveau 4 lorsque la proportion de personnes désapprouvant les démonstrations d’affection d’un couple dans un lieu public (courte courbe jaune) devint moins importante que celle des personnes déclarant qu’il laisserait vivre leur enfant homosexuel comme il le voudrait malgré la peine (longue courbe jaune) et que celle de personnes déclarant que l’homosexualité est une forme de sexualité acceptable ou comme les autres (courbes vertes).
Le France atteint le niveau 5 lorsque la proportion de personnes favorables à l’homoparentalité (courbes violettes) devient supérieure à celle des personnes pensant que l’homosexualité doit rester une affaire privée (toujours l’histoire du baiser en public mal toléré – courbe jaune courte) et que la proportion de personnes déclarant que cela ne les gênerait pas que leur enfant soit homosexuel (courbe rose) dépasse celle des personnes considérant l’homosexualité comme une maladie, une perversion, une sexualité anormale (courbe rouge).
Les niveaux 6 et 7 n’ont pas encore été atteints (en espérant qu’ils le soient).

L’échelle du degré de visibilité des gays et des lesbiennes dans la société.

L’évaluation du degré de visibilité des gays et des lesbiennes dans la société est plus difficile a cerné car elle peut s’effectuer à plusieurs niveaux : au niveau de chaque individu homosexuel (vivant dans le placard ou outé), au niveau communautaire (les gays et les lesbiennes vivant isolés ou regroupés), et au niveau médiatique (on en parle dans les médias ou non).
Nous avons tenté de faire une classification à partir de plusieurs sources :
- les travaux du Dr Dorothy Riddle, psychologue, qui a définit des échelles de l’homophobie intériorisée des homosexuels – pratique pour étudier la visibilité au niveau individuel ;
- la courbe représentant le nombre de participants à la gay-pride parisienne déjà montrée dans l’article n° 2 ;
- des travaux de géographie urbaine sur les quartiers homosexuels. Il me manque toutefois des données précises sur l’année où l’on a pu réellement parler du Marais comme quartier homosexuel parisien. Il faudra travailler sur ce sujet plus tard (je n’ai pas encore tout lu du géographe urbaniste spécialiste de la question, Emmanuel Redoutey)
- des statistiques sur la représentation homosexuelle dans les séries télévisées (çà, je le montrerai dans mon prochain article).

Cela a donné l’échelle de degrés de visibilité suivante :
Niveau 1 : Le refoulement. Les considérés ne se définissent même pas eux-mêmes comme homosexuels.
= aucune visibilité.
Niveau 2 : L’isolement. La prépondérance du mode de vie rural rend difficile les rencontres entre homosexuels qui doivent rester discrets.
= visibilité anecdotique.
Niveau 3 : La discrétion. Réseaux homosexuels en milieu urbain peu structurés, informels, invisibles et fragiles (exemples : quartiers de dragues en plein air, bars cachés…). La pression sociale contraint la plupart à mener une double vie entre couple hétérosexuel et rencontres furtives homosexuels.
= visibilité informelle.
Niveau 4 : Le regroupement communautaire. Visibilité par l’inscription spatiale en milieu urbain de communautés homosexuelles (quartiers gays, commerces, associations…). Formation d’une culture homosexuelle.
= visibilité spatiale.
Niveau 5 : La diffusion des cultures gays. Forte médiatisation de l’homosexualité qui s’inscrit dans la culture de masse comme un exemple de diversité culturelle de la société. Essor des événements communautaires comme les gayprides.
= visibilité identitaire.
Niveau 6 : L’affirmation homosexuelle. L’homosexualité se vit au grand jour. La grande majorité des homosexuels ont fait leur coming-out. Les événements communautaires comme les gay-prides peuvent devenir des événements populaires
= visibilités individuelles.
Niveau 7 : La fusion des sexualités ? Immersion totale des homosexuels dans la société. Disparition possible des frontières sexuelles favorisant les expériences homosexuelles et bisexuelles.

Ainsi, on peut considérer que la visibilité des gays et des lesbiennes en France était au niveau 3 en 1973.
Le niveau 4 fut atteint au milieu des années 1980 avec la constitution du quartier gay du Marais (mais n’ayant pas de statistiques permettant d’évaluer une date précise, je ne peux noter cette visibilité entre 1982 et 1986 – mais manque de statistiques de veut pas dire manque de sources, seulement pas de travail sur le sujet voilà tout, à moins d’avoir mal cherché, ce qui est fort possible – en tout cas cela signifie qu’il faudra travailler sur les statistiques possibles à créer sur la visibilité gay et lesbienne).
Le niveau 5 fut atteint en 1996 lorsque le nombre de personnes participant à la Gay Pride commença à exploser, et que le nombre de séries télévisées ayant des personnages gays et les biens récurrents commença à s’imposer (voir un prochain article).
La France n’a pas encore attient les niveaux 6 et 7 (mais c’est pareil, il manque un sondage sur les coming-out pour le confirmer).

L’échelle du degré d’acceptation de l’homosexualité par une société.

Les trois échelles décrites précédemment ont été retranscrites dans le tableau ci-dessous (document 3). Chacune est dépendante et proportionnelle aux deux autres. Leur moyenne permet d’évaluer une échelle du degré d’acceptation de l’homosexualité par une société.

Document 3 : Les échelles de degré des critères de la théorie de « la transition de l’acceptation de l’homosexualité par la société ».

Notre échelle de degré d’acceptation de l’homosexualité par une société (en partie inspirée par les travaux du docteur Dorothy Riddle) est détaillée de la façon suivante :
Niveau 1 : L’élimination. L’homosexualité est considérée comme contre-nature et le devoir de la société est de l’éliminer, soit physiquement, soit par traitement médical, soir par reconversion hétérosexuelle volontaire ou forcée.
Niveau 2 : La condamnation. L’homosexualité est considérée comme contre-nature et menace l’équilibre de l’ordre social. Possible forte présomption de pédérastie (appelée à tort par mauvaise information « pédophilie »). Elle doit être contenue pour qu’elle ne contamine pas le reste de la société par leur isolement et leur retrait de la société. La société attend que l’homosexuel se conforme à ses règles sociales en renonçant à son homosexualité.
Niveau 3 : La tolérance. L’homosexualité n’est pas souhaitable, mais comme on ne peut pas la changer, elle est tolérée à condition qu’elle reste discrète, cachée. Fort hétéro centrisme : forte pression sociale pour que les homosexuels fondent une famille hétérosexuelle.
Niveau 4 : L’indifférence. L’homosexualité ne soulève ni sympathie, ni rejet, ni interrogation, ni réflexion. Elle n’est considérée que comme une forme de sexualité relevant de la vie privée dont n’ont pas à intervenir l’Etat ou la société, à partir du moment où elle reste discrète.
Niveau 5 : L’acceptation. L’homosexualité est considérée comme une manière acceptable ou comme une autre de vivre sa sexualité. La société accepte que les homosexuels vivent comme ils l’entendent. L’homosexualité doit être traitée à égalité avec l’hétérosexualité et donc ne doit pas subir de discrimination. Les questions du mariage, de l’adoption et de la procréation peuvent néanmoins être sujettes à des interrogations, des réticences, car l’environnement homosexuel n’est pas toujours jugé comme favorable pour élever des enfants.
Niveau 6 : L’intégration. L’homosexualité est reconnue comme une composante de la diversité humaine. Cette reconnaissance transforme les bases de la société avec notamment la notion centrale de la famille qui intègre désormais les couples homosexuels. Le droit à la descendance est reconnu.
Niveau 7 : L’indifférenciation. L’homosexualité ne soulève aucune problématique, comme la couleur des yeux ou des cheveux. Possible expansion de la bisexualité dans la population.

Allez, maintenant, notons le degré d’acceptation de l’homosexualité en France à l’aide de cette échelle.

Tout ceci a pu permettre de calculer le degré d’acceptation de l’homosexualité par la société française. Son évolution est représentée dans le tableau et le graphique ci-dessous (documents 4 et 5).

Document 4

Document 5

En plus de montrer une évolution constante vers toujours plus d’acceptation de l’homosexualité dans la société française, passant de 2 en 1973 à 5,3 en 2006, ce graphique nous enseigne une information importante à transmettre à nos classes politiques : la peur de faire évoluer une législation parce que l’opinion publique n’est y pas encore favorable est un mauvais calcul, car les mentalités sont souvent en retard par rapport aux autres critères … et finissent par suivre. En tout cas dans ce cas précis. D’ailleurs, paradoxalement, ce sont en France les progrès législatifs qui ont souvent favorisé l’augmentation de la tolérance et de l’augmentation de l’homosexualité en France, les deux lois étant la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 et le PaCS en 1999…

Pour conclure :

Pour faire bouger les choses, il faut malheureusement chiffrer. Parce que chiffrer permet d’alarmer les politiques et l’opinion publique sur ce qui ne va pas. Parce que chiffrer permet d’évaluer échecs et réussites de politiques et actions luttant contre l’homophobie et pour favoriser l’intégration des gays et des lesbiennes dans une société. Nous sommes dans une société désormais statisticienne, ne l’oublions pas. Or, lorsqu’il n’y a pas de chiffres, il n’y a bien souvent pas d’actions qui suivent. D’où la nécessité d’en créer. Preuve en est que c’est ce que cherche à faire actuellement des organisations luttant contre le racisme.
Alors, bien sûr, certains diront que l’on ne peut évaluer de tels faits, que l’échelle proposée est inexacte, inappropriée, avec des erreurs… C’est tout à fait possible. Alors à vos critiques mesdames et messieurs !
Reste que nous sommes conscients qu’il manque des outils statistiques sur la visibilité des gays et des lesbiennes : c’est ce sur quoi nous allons travailler dans nos prochains articles.


Bibliographie :

Les sondages.
Reprendre les sources des sondages concernant la France dans la bibliographie des articles 1, 2 et 3.
On y rajoutera :
* sondage IPSOS (2004) – adhésion à l’opinion : « Les homosexuels ont une sexualité anormale »
http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/poll/7893.asp
* sondage réalisé par IFOP en France en 2006 sur l’adhésion à l’opinion « Un enfant s’épanouit de la même manière si ses parents vivent en couple hétérosexuel ou homosexuel ».
en 2000 : http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/vfamille.asp
en 2006 : http://www.ifop.com/europe/docs/famille.pdf
J’ai perdu par contre ma source pour 2002 (je ne la retrouve plus).

Les outils pour réaliser les échelles de degré de la visibilité des gays et des lesbiennes ou des mentalités sur les gays et les lesbiennes.
* quelques outils du Dr Dorothy Riddle, psychologue, à Tucson, Arizona, Etats-Unis, sur les échelles de degré d’attitude vis-à-vis de l’homosexualité par les individus ou les différentes catégories d’homophobie ou les phases de l’homophobie intériorisée des homosexuels sont disponibles dans le livret pédagogique « Vivre ses différences. Comment parler de l’homophobie » (2003).
* voir la bibliographie de l’article 2 pour les chiffres de participation à la gay-pride parisienne.
* quelques travaux géographiques sur les quartiers homosexuels à Paris
- Stéphane Leroy, 2005, “Le Paris gay. Eléments pour une géographie de l’homosexualité”, Annales de Géographie, n°646, pp.579-601
- Emmanuel Redoutey, 2002, “Géographie de l’homosexualité à Paris, 1984-2000″, Urbanisme, n°325, pp. 59-63.
- Emmanuel Redoutey, 2004, “Le Marais à Paris, un quartier gay ?”, Urbanisme, n°337, pp.20-23.
- un compte rendu d’une session des cafés géographiques de 2003 : « La ville et les communautarismes : le cas du Marais, un « ghetto gay » à Paris ? »
http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=270
Par Kim - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 30 octobre 4 30 /10 /Oct 18:57

L'entreprise Apple a annoncé qu'elle donnait 100 000 $ pour aider la campagne du NON à la proposition 8 en Californie. Rappelons que si cette proposition passait le 4 novembre prochain, elle interdirait le mariage pour les couples de même sexe en Californie. La marque à la pomme rappelle qu'elle fut l'une des premières entreprises californiennes à offrir les mêmes droits et les mêmes bénéfices aux partenaires de même sexe chez ses employés.

Google entre aussi dans la campagne du NON sur son blog :
« En tant qu'entreprise Internet, Google participe activement aux débats sur les politiques concernant l'accès à l'information, la technologie et l'énergie. Puisque notre entreprise a une grande diversité d'individus et d'opinions (...) nous ne prenons généralement pas position sur les questions qui ne relèvent pas de notre domaine, surtout sur les questions sociales. Alors, quand la Proposition 8 est apparue dans le scrutin californien, il était improbable pour Google de prendre une position officielle.
Toutefois, s'il existe de nombreuses objections à cette proposition - débordement gouvernemental sur les vies privées, texte rédigé de manière ambiguë - c'est son effet discriminatoire envers un grand nombre de nos employés qui amène Google à s'opposer publiquement à la Proposition 8. Bien que nous respections les convictions que les gens ont des deux côtés, nous y voyons fondamentalement une question d'égalité. Nous espérons que les électeurs californiens voteront NON à la Proposition 8. Nous ne devons retirer à personne, quelle que soit sa sexualité, le droit fondamental de se marier avec la personne qu'il aime. »



Et l'équipe de la série TV Ugly Betty se prononce aussi pour le NON à la proposition 8 :



(Source : GayClic)
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 30 octobre 4 30 /10 /Oct 00:17



Fiche technique :

Avec : Gina Philips, Justin Long, Jonathan Breck, Patricia Belcher, Eileen Brennan, Brandon Smith, Peggy Sheffield. Réalisation : Victor Salva. Scénario : Victor Salva. Directeur de la photographie : Don E. FauntLeRoy (ben tiens ! le petit Lord...). Musique : Bennett Salvay. Montage : Ed Marx. Producteur exécutif : Francis Ford Coppola.

Durée : 91 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :

Trish (Gina Philips) et Darry Denner (Justin Long), en route vers le domicile parental, sont pris en chasse par une camionnette vétuste, dont le conducteur leur apparaît quelques kilomètres plus loin, à proximité d'une église abandonnée. L'étrange personnage (Jonathan Breck), tout de noir vêtu, jette d'encombrants paquets de forme humaine dans une sorte de goulot de tôle. Résolu à percer ce mystère, Darry entraîne sa sœur vers l'église, dans le sous-sol de laquelle il découvre un amoncellement de cadavres. Son incursion dans l'antre du meurtrier n'a pas échappé à ce dernier, qui se lance à nouveau à ses trousses...


Pause pipi...


L'avis de BBJane :

Jeepers Creepers présente la particularité d'être le premier film fantastique « à succès » dont le caractère homosexuel fut unanimement reconnu, dès sa sortie en salles, par les fans du genre. La raison de cette clairvoyance inaccoutumée peut être trouvée dans le « scandale Salva », présent dans toutes les mémoires, bien que vieux d'une bonne dizaine d'années quand le film parut sur les écrans. En 1989, le cinéaste purgea quinze mois de prison pour abus sexuels sur la personne de l'un des jeunes comédiens de son premier film : Clownhouse. Gageons que si le public n'avait eu connaissance de ce fait-divers copieusement répercuté par la presse, Jeepers Creepers serait simplement considéré comme un excellent film de trouille, point barre. Un peu plus malsain que les autres, peut-être ? Quant à savoir pourquoi, on s'en branle, les mecs !... L'important, c'est qu'ça foute les j'tons !..

Comme dans la majorité des films fantastiques à caractère queer, l'homosexualité est ici assimilée à l'élément monstrueux, générateur de peur. Si Jeepers Creepers est aussi efficace sur le plan de l'angoisse qu'il génère (il fut d'emblée salué par le public et la critique comme l'une des œuvres les plus flippantes du début de la décennie), c'est que son auteur met ouvertement en scène ses propres démons, qui se trouvent relever de l'un des tabous les plus redoutés de notre époque : la tentation pédophile – ou plus exactement, la pédérastie, dans le cas qui nous occupe.

N'envisageant évidemment pas d'en faire l'apologie, Salva ne peut néanmoins renoncer à en tenter la justification – non sans mauvaise conscience, d'où une certaine ambiguïté dans le propos du film, et le déséquilibre qui l'affecte.

La réussite exemplaire des quarante premières minutes tient, d'une part, au fait que Salva s'abstient de tout effet de terreur surnaturelle, et d'autre part à ce qu'il épouse exclusivement le point de vue des proies du Creeper – particulièrement de Darry, le seul qui soit véritablement concerné par les visées du monstre. Or, il se trouve que l'adolescent, malgré la terreur que lui inspire son poursuivant, éprouve à son égard une irrésistible attraction, qui le conduit, tout au long du film, à aller à sa rencontre.

Si l'on prend Jeepers Creepers pour ce qu'il est (une allégorie pédérastique), on ne peut qu'être frappé par l'attitude qu'adopte la victime envers son agresseur, et qui témoigne d'autant d'attirance que de répulsion.

Il y a fort à parier qu'un tel propos, énoncé dans un contexte réaliste, et non sous le couvert du "fantastique", aurait de quoi susciter une rude polémique, propre à fermer à son auteur les portes des producteurs (et le soutien des spectateurs) pour nombre d'années, comme le fit son incartade passée.

Dès la première scène, la suspicion d'homosexualité pèse sur Darry. Ses efforts pour affirmer sa virilité (vitesse inconsidérée au volant, propos machistes envers sa sœur) sont ruinés par une malencontreuse série d'« actes manqués » (dans le « 6A4EVR » d'une plaque minéralogique, il lit « Gay forever », au lieu du plus judicieux « Sexy forever » indiqué par sa sœur ; plus tard, il constate que le linge lavé par sa mère a fâcheusement déteint : « J'ai douze paires de caleçons roses ! », lance-t-il à Trish, qui lui réplique ironiquement que « c'est peut-être un signe ».)

Après avoir tenté d'effrayer les occupants d'un camping-car en se ruant sur leur véhicule, il est à son tour harcelé de la même manière par la camionnette du Creeper – qui n'hésite pas, pour sa part, à lui rentrer dans le train (oserais-je parler d'« enculeur enculé » ?.. Oui, j'ai osé...) Une conjonction pulsionnelle est ainsi signalée entre le poursuivi et son poursuivant.


Suck my truck !!!


Première indication d'une menace pédérastique : la camionnette de l'agresseur accuse plusieurs kilomètres au compteur (« Une vieille caisse toute pourrie », commente Darry, avant de s'insurger, non sans une pointe d'admiration : « Il a gonflé son moteur, ou quoi ?.. »)

Ancêtre boosté au Viagra, franc du pare-choc et avide de collision : le truck vétuste du Creeper est une image transparente du « monstre pédéraste ». (L'influence du Duel de SPIELBERG, évidente durant le premier tiers du film, et revendiquée par Salva, me confirme qu'il ne serait pas malvenu d'apporter une lecture queer au chef-d'œuvre du papa d'E.T.)

Quelques kilomètres plus loin, Darry et Trish découvrent la camionnette à l'arrêt près d'une église abandonnée, et son conducteur occupé à jeter de sinistres paquets dans une sorte de boyau de tôle. Darry ne sera pas long (Long, vous avez dit Justin ?..) à vouloir retourner sur les lieux, contre l'avis de sa sœur. Il inaugure ainsi la série des "rétrogradations" que j'ai signalées plus haut, témoignant de son empressement à se jeter « dans la gueule du loup ». Si la peur lui interdit de répondre spontanément aux avances du monstre, il ne peut néanmoins s'en détourner.

Trish lui reproche sa coupable envie « d'aller voir s'il n'y a pas un truc sordide ».

« Dans les films d'horreur, y a toujours un con qui déconne. T'es ce con-là ? » ajoute-t-elle, comme pour anticiper la réaction des spectateurs. Ce réflexe récurrent chez les protagonistes de films fantastiques, qui consiste à se diriger résolument au devant du danger, suscite invariablement les sarcasmes des adversaires du genre. Pour sa défense, les fans ont coutume d'objecter que, sans ce comportement des victimes, il n'y aurait jamais d'affrontement – et, partant, pas de film... Justification un peu courte, et argument fort pratique pour éluder la question sensible : l'attirance de la future victime pour son futur bourreau (et, dans le cas de films au sous-texte queer, l'irrésolution des héros dans leurs choix sexuels.)

Attiré par « les trucs sordides », Darry ira donc se pencher sur le curieux orifice dans lequel le Creeper balance ses cadavres. Ce conduit menant aux entrailles de l'Enfer, et qui exhale une forte puanteur, n'est autre que l'anus du Mal (qui a dit du Mâle ?.. Désolé, on l'a déjà faite, celle-là...), objet de curiosité autant que d'appréhension pour notre hétéro vacillant, et source de révélations prodigieuses.

La scène de la chute de Darry dans Le Trou multiplie les allusions olfacto-scatologiques à tendance homoérotique – depuis l'insistance de Trish à évoquer l'odeur de chaussettes et de baskets crades de son frère (on sait le fétichisme homo relatif aux « skets et panards » – et cette référence abonde dans le film...), jusqu'à la dégringolade dans « toute cette merde », en passant par les multiples cadrages accusant l'aspect organique du conduit.


Le trou du cul du Mal


Forcément, cet œillet ne sent pas la rose...


Ce que découvrira Darry dans le sous-sol, sera – selon ses propres termes – « la Chapelle Sixtine d'un fou » (l'allusion à Michel-Ange, de qui l'on connaît les inclinations sexuelles, n'est certainement pas innocente, dans le contexte.) Les parois de l'antre et sa voûte sont tapissées d'un enchevêtrement de cadavres pourrissants, vision dantesque empruntée au Frayeurs de Lucio FULCI (l'exploration souterraine du cimetière de Dunwich), mais également évocatrice des charniers de la Seconde Guerre Mondiale. Salva – comme la plupart des auteurs spécialisés dans le fantastique – semble suggérer que le retour du refoulé, et son déchaînement, ne peuvent qu'aboutir sur l'horreur du serial killer ou sur celle du nazisme – encore ne faut-il pas oublier que le refoulé n'existerait pas, et, de fait, n'aurait aucune raison de se déchaîner, sans les contraintes entretenues par la Raison Sociale. Ce sont les garde-fous qui engendrent les fous, ce que le "fantastique", essentiellement réactionnaire et puritain, répugne à considérer.

Darry regagnera l'air libre et la surface terrestre dans un état de stupeur identique à celui d'une victime d'un viol. Sa sœur, assez peu soucieuse de sa traumatisante expérience, ne cessera de lui marteler qu'il « sent la merde » – inévitable conséquence de l'exploration des fondements...

Comme s'il prenait soudain conscience de s'être aventuré (et d'avoir entraîné son public) dans des régions décidément trop obscures et trop intimes, Salva fait dès lors basculer son film dans le fantastique pur.

Plus question de laisser planer le doute sur l'origine surnaturelle du Creeper ; tout est mis en œuvre pour que le spectateur renonce à s'interroger plus longuement sur les motivations profondes (trop humaines ?) du monstre. Textuellement, il devient un épouvantail de plus dans la galerie des famous monsters.

L'accumulation frénétique de détails abracadabrants et d'invraisemblances scénaristiques témoigne de la panique de Salva, atterré par les implications profondes de son œuvre, et par le ton de confession qu'il avait jusqu'alors adopté.

Décidé à se ressaisir, le cinéaste fait sombrer son film dans le n'importe quoi : intervention soudaine d'une voyante noire qui connaît tout sur tout et nous assène l'historique complet du monstre en deux coups de boule de cristal ; scène parfaitement superfétatoire de la « Vieille aux Chats », victime du Creeper ; introduction de gimmicks ineptes et jamais justifiés (pourquoi la chanson "Jeepers Creepers" annonce-t-elle inévitablement le surgissement du monstre ?.. pourquoi se manifeste-t-il uniquement « tous les 23 printemps pendant 23 jours » ?..)


"La Vieille aux Chats". On déplorera que Victor Salva n'ait rien trouvé de mieux à offrir que ce rôle ridicule à la sublime Eileen Brennan.

Jezelle, la voyante black, dans tous ses états...
(Divine avec du cirage ?..
Non : Patricia Belcher)


Pour excuser ces lacunes, Salva fait remarquer par sa providentielle voyante black que ses révélations ne sont pas « comme un film... il y manque des bouts, parfois... »

De-ci de-là, cahin-caha, le sous-texte rejaillit pourtant à la faveur d'un plan ou d'une réplique. Ainsi, le Creeper est décrit comme « une créature avide, échappée de la face cachée du Temps » (ou du "placard" de l'Histoire ?...) ; on nous apprend également qu'il est « habillé en homme pour cacher qu'il n'en est pas un », et qu'il « mange des organes qui le renouvellent » (retour au croquemitaine pédéraste, trouvant dans la jeunesse de ses proies matière à tromper son vieillissement).

De même, au plus fort du danger, Darry continue de renâcler lorsqu'il s'agit d'échapper au monstre : « Ralentis ! Tu vas nous tuer ! », lance-t-il à sa sœur, qui les exposerait pourtant à une mort plus sûre en roulant plus lentement...

Dans la plus totale confusion scénaristique (ou en raison de cette confusion), Salva laisse néanmoins certains indices lui échapper. Ainsi, à l'issue de la première confrontation entre le Creeper et « la Vieille aux Chats » : « Qu'est-ce que TU m'as ramené ? », lance cette dernière à Darry, en lui balançant la crosse de son fusil dans les parties. Elle suggère par-là que l'adolescent (non sa sœur) est la proie d'élection du monstre. Ce que nous confirme le finale : ayant reniflé tour à tour Darry et Trish, le Creeper envoie dédaigneusement valdinguer le jeune fille, et prend la poudre d'escampette avec son frère.

Trish a beau prétendre désespérément, pour inciter la créature à la choisir, qu'elle a « la même chose que Darry en elle » ("chose" qui, là encore, n'est jamais explicitée, mais est très clairement un parfum d'homosexualité), rien n'y fera : le croquemitaine n'en pince résolument que pour les garçons...


Encore un bel exemple d'« acte manqué »...
Comment réparer les outrages homosexuels ? En nouant un slip rose à son pare-choc arrière, bien sûr !..


Le dernier plan du film nous montre le Creeper regardant la caméra à travers les orbites vides d'un Darry fraîchement dépecé. Ces yeux qui nous fixent, brillant de haine – ou de convoitise – sont ceux du jeune garçon, que le monstre vient de se greffer. Par cet acte, il consacre l'union avec sa victime – et par ce regard, il nous rappelle qu'au fond, tous deux ont toujours partagé le même point de vue.


Par le petit bout de la lorgnette : « l'enculeur enculé ».


Parce qu'il amena les fantasticophiles à s'interroger (enfin !) sur le sous-texte homosexuel de leur genre favori, Jeepers Creepers peut être regardé, en dépit de ses faiblesses et de ses regrettables ruptures de ton, comme un film-charnière. En ce sens, on peut considérer qu'il y a désormais un avant et un après J.C.


J.C.

 

N.B. : Sauf erreur de ma part, aucun commentateur n'a signalé l'évidente parenté entre le Creeper et les « Maigres Bêtes de la Nuit » lovecraftiennes – créatures ailées arrachant leurs proies à la Terre pour les emmener vers un ailleurs de cauchemar, qui hantèrent les nuits du « reclus de Providence », sa vie durant. Hommage conscient, ou similaire sublimation onirique/artistique d'obsessions pédérastiques ?.. Je vous laisse en juger...

Liens et pour plus d’informations :

Aucun qui mérite d'être signalé.

Par BBJane - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 29 octobre 3 29 /10 /Oct 00:13

Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIES DIVERSES
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Mercredi 29 octobre 3 29 /10 /Oct 00:07
FEP2.png
Tiffanie ressent de la culpabilité au sujet de Sylvie...
Elle décide de lui rendre visite dans son hôpital.



La bannière et la vidéo sont (c)
Films entre potes
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Laurent himself.
Un grand merci à l'équipe de Foup !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : G ! et FOUP
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Lundi 27 octobre 1 27 /10 /Oct 17:31

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 27 octobre 1 27 /10 /Oct 14:03



Fiche technique :

Avec Jeffrey Wright, Michael Wincott, Benicio Del Torro, Claire Forlani, David Bowie, Dennis Hopper, Gary Oldman, Christopher Walken, Willem Dafoe et Courtney Love. Réalisation : Julian Schnabel. Scénario : Lech Majewski, John F. Bowe, Julian Schnabel et Michael Holman. Image : Ron Fortunato. Musique : John Cale & Julian Schnabel. Montage : Michael Berenbaum.

Durée : 105 mn. Disponible en VO.



Résumé :

À 21 ans, Jean-Michel Basquiat, artiste noir surdoué, exerce son talent sur les murs de New York. Le jeune homme est découvert par le milieu de l’art new-yorkais. Avec le parrainage d’Andy Warhol, les toiles de Basquiat s’arrachent bientôt à prix d’or. Mais le succès n’efface pas les souffrances de l’artiste...



L’avis de Bernard Alapetite :

Schnabel, peintre mondialement reconnu, s’est fait cinéaste par amitié et admiration envers Basquiat, peintre à la carrière météorique et premier artiste noir à atteindre la notoriété internationale, mort d’une overdose en 1988, à l’âge de 28 ans.

Basquiat, dans sa peinture, s’inspire de l’expressionnisme abstrait et du pop art. Il y ajoute des mots concepts, des poèmes, des totems vaudous, il y revendique ses origines haïtiennes et portoricaines, mais on y trouve aussi tous les symboles de la société de consommation américaine.



Basquiat, le film, raconte magnifiquement et avec beaucoup d’émotion cette trajectoire trop brève. Schnabel n’a pas cherché à être plus artiste que son modèle, et a fait preuve d’humilité devant la figure de son modèle. On pouvait craindre soit une mise en avant de Schnabel, le peintre, qui se serait donné le beau rôle dans cette tragédie (car c’est bien une tragédie que la vie de Basquiat) soit à une hagiographie de l’ami. Il n’en est rien, bien au contraire. Le petit milieu de la jet-set new-yorkaise est vu d’un œil acerbe ; Schnabel ne se met pas hors-jeu. Il se livre même à un exercice de pur masochisme en se dépeignant sous le nom de Milo, joué parfaitement par Gary Oldman, habitué aux rôles de méchant, en artiste arriviste et jaloux du succès de son jeune collègue, et cependant fasciné par le charisme de Basquiat. C’est aussi l’histoire d’une amitié manquée (entre Schnabel et Basquiat), et surtout de la part du réalisateur l’aveu cruel de n’avoir pas su aimer et comprendre le génie pictural de Basquiat. La seule entorse à la vérité est la jolie scène que Schnabel s’est offert, pour dire ce qu’il n’a jamais dit à son ami de son vivant. On voit Milo montrer une toile à Basquiat, dans son atelier. Sur la toile gigantesque, une date, 12 août 1988. « J’ai peint ce tableau pour un ami qui est mort », commente Milo. Ce tableau, c’est celui que Julian Schnabel a peint le jour où il a appris la mort de Jean-Michel Basquiat. « Au cinéma, c’est un peu comme dans les rêves : vous pouvez faire revenir quelqu’un d’entre les morts et lui montrer un tableau que vous avez peint en pensant à lui. Vous pouvez même lui demander son avis sur ce tableau. Et, ainsi, lui dire que vous l’aimez » a déclaré le cinéaste.



Les toiles que l’on voit dans l’atelier de Milo sont celles de Schnabel. La fille de Milo est jouée par la propre fille de Schnabel. La relation entre les deux hommes ne cesse d’évoluer tout au long du film, Milo passant de l’acrimonie à l’admiration protectrice envers Basquiat.

La démarche de Basquiat est celle d’un ange noir sublime, le rôle est dansé par un merveilleux comédien inédit, le sensuel Jeffrey Wright. Schnabel n’élude pas la question qui travaille le monde de l’art, depuis l’apparition de Basquiat : son immense succès est-il dû à son talent ou n’aurait-il été fabriqué que par le microcosme artistico-médiatique new-yorkais qui, pour des raisons de politiquement correct, aurait eu besoin en 1980 d’un jeune artiste noir photogénique (sur ce petit milieu, il faut voir le réjouissant film-charge de John Waters, Pecker) ? La réponse est dans un plan du film, celui de la superbe toile de Basquiat qui le fit découvrir par hasard par un des plus grands critiques d’art new-yorkais.



Ce sont deux histoires d’amour qui sont les moteurs de ce film, celle de Basquiat avec une jeune serveuse, Gina (Claire Forlani), et celle du jeune artiste pour son aîné et mentor (?) Andy Warhol. Je ne crois pas qu’il soit abusif de parler d’histoire d’amour entre les deux hommes, même si elle n’est pas charnelle. L’homosexualité est le filigrane de tout le film. David Bowie en Andy Warhol fait un numéro succulent de folle tordue tiquée, opportuniste, néanmoins généreux et émouvant. Il faut voir Bowie grimé sous sa perruque blonde, marchant à petits pas telle une geisha, jouant avec une certaine préciosité, à la limite du ridicule mais n’y tombant jamais, David Bowie est Warhol. Comme dans Furyo, David Bowie démontre qu’il est un grand comédien.



Basquiat avec le Van Gogh de Pialat et le film sur Pollock est un des rares films où l’on éprouve le sentiment véritable de se trouver en présence d’un peintre, et non d’un fantasme de peintre. Schnabel parvient à intégrer dans le temps du film, le temps de la peinture. Ce temps qui était la vraie matière de l’œuvre de Warhol. « Warhol voulait faire des placards publicitaires qui recouvriraient l’espace et avec la répétition infinie des mêmes images dans ses films il voulait placarder le temps. » (Ultra Violet, Ma vie avec Andy Warhol, Ed. Albin Michel).



Dans le film lorsque Basquiat et Warhol échangent des propos en regardant les toiles qu’ils sont en train de peindre ensemble, le dialogue est sérieux mais le geste insouciant. Ils n’ont rien à prouver. Tout comme le film. Il s’agit juste de montrer que Basquiat et Warhol sont des artistes.

Julian Schnabel ne s’est pas consolé de la mort de deux hommes (Basquiat et Warhol). Pour cette raison, pour cette unique raison, il a eu besoin de faire son film. Et il a eu raison.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 27 octobre 1 27 /10 /Oct 12:09


Fiche technique :

Avec Valentin Ducommun, Victor Chambon, Béatrice Dalle, Solenn Jarniou, Stéphane Rideau, Thomas Dumerchez, Jacques Grant, Gaël Morel, Marc Rioufol, Franck Taponard, Kevin Messerli et Lorelei Ploton. Réalisation : Gaël Morel. Scénario : Gaël Morel. Image : Jean-Marc Bernard. Montage : Catherine Schwartz. Casting : Jacques Grant. Son : Paul Lainé.

Durée : 80 mn. Bientôt disponible en DVD. 



Résumé :

En France, dans une petite ville de province, au milieu des années 80. Éric (Valentin Ducommun) est est le benjamin d’une fratrie pauvre de quatre enfants. C’est un collégien solitaire, malheureux, plus renfermé que réellement timide, plus rêveur que studieux. Il est la cible de moqueries à l’école. L'année du brevet s'annonce pénible, longue et ennuyeuse. L'histoire se déroule sur les trois trimestres d'une année scolaire. Lorsque Romain (Victor Chambon) débarque au collège avec ses cheveux en crête, ses yeux maquillés et son perfecto noir, Éric, le fils d’agriculteur, est subjugué. C’est le coup de foudre.



Au fond de la classe, une amitié s'engage, qui a la force d’un premier amour, entre les deux adolescents, tous deux amateurs de musique new wave. Il y a encore quelque chose qui rapproche les deux garçons, cette vénération pour leur grand frère, qui sont, dans les deux cas, engagés dans l'armée. C’est l’époque des succès de The Cure, The New Order et Dépeche Mode. Ébloui par le style de son camarade, Éric aspire désormais à un destin plus palpitant, loin de la ferme familiale. Bien que sauvage, Romain lui ouvre les portes de son univers, bouscule ses habitudes et l'initie à la musique. Rien ne semble séparer les deux garçons jusqu'au jour où l'un reste, et l'autre part...



L’avis de Bernard Alapetite :

Je ne voudrais pas faire preuve d’outrecuidance mais la première scène de New Wave n’est pas sans rappeler l’ouverture de Comme un frère, film que je me souviens d’avoir co-signé. À la différence que Victor Chambon qui interprète le rôle de Romain, lissant sa crête, est encore plus joli que Benoît Delière. Il n’est qu’un directeur de casting dans le landernau du cinéma français pour dénicher une telle merveille, c’est Jacques Grant, que l’on voit fugitivement dans le rôle du professeur d’histoire. Cette analogie avec Comme un frère n’est d’ailleurs pas la seule puisque la scène du bain, que l’on pense un instant tragique, n’est pas sans ressembler à une autre scène de ce même film.



Il est difficile de parler de New Wave pour deux raisons. La première est qu’il ne faut pas trop en dire pour ne pas tuer le plaisir du spectateur. Peut-être avez-vous remarqué que je m’efforce de ne pas “spoiler” comme on dit maintenant. Et la seconde, et la principale, est que ce film a deux versants : l’un parfaitement réussi et l’autre complètement raté jusqu’au grotesque.

Morel fait s’éveiller son héros, Éric, issu d’un milieu prolétaire campagnard grâce à son amitié amoureuse pour Romain, lui, venant d’une famille plus bourgeoise. Il est évident qu’Éric n’est autre que le jeune Gaël Morel et que le milieu familial de son héros ne doit pas être très éloigné de celui qu’a connu le cinéaste dans son enfance. Est-ce pour cela que tout est juste dans le pan du film ayant trait à Éric ? Gaël Morel est l’un des très rares cinéastes français à être capable de filmer des gens modestes sans que cela sonne faux, et ne sente pas plus la complaisance que le mépris. Et ce n’est pas rien ! Déjà dans Le Clan, les séquences se déroulant à l’usine étaient les plus convaincantes. Le casting de la famille d’Éric est sans faille, en particulier Solenn Jarniou dans le rôle de la mère qui est parfaite.



Mais la grande réussite du film est d’avoir trouvé (merci Jacques Grant) Valentin Ducommun pour interpréter le rôle d’Éric. Lui non plus n’est pas désagréable à regarder dans le genre (au début) élève sage et coincé. Contre son scénario calamiteux dans son aspect romanesque, le réalisateur parvient à dresser un portrait à la fois subtil et dense d’un garçon de la classe ouvrière, en province, au milieu des années 80. On se souviendra longtemps d’Éric F. La caméra témoigne parfaitement de l’épanouissement du garçon qui change de physionomie au fur et à mesure que sa personnalité s’affirme. Très grande performance de Valentin Ducommun qui, par son talent, nous transmet l’émotion de son personnage et nous fait oublier le côté artificiel du scénario.



Si le cinéaste s’était contenté de faire ce qu’il sait faire, disons du documentaire fictionné, il n’aurait pas été loin du chef-d’œuvre; mais patatra, il a voulu verser dans le tragique et peindre une classe sociale dont apparemment il ignore tout, la nouvelle bourgeoisie de province. Tout sonne faux dans le décor de la famille de Romain, à commencer par la chambre qui ferme avec un rideau façon nappe de routier ! Il en allait de même dans Douches froides, autre film qui tentait d’opposer deux classes sociales par adolescents interposés.



La première grosse erreur a été d’affubler notre jeune iroquois, impeccablement interprété par Victor Chambon, d’une mère névrosée (je suppose que dans l’esprit de Gaël Morel, la bourgeoise ne peut être que névrosée) jouée par l’improbable Béatrice Dalle qui, comme à son habitude, promène sa bouche et sa vulgarité maussade de scène en scène. Qui peut penser qu’un cadre supérieur ou un petit industriel de province (on peut supposer que le père ectoplasmique de Romain occupe l’une ou l’autre de ces fonctions) puisse prendre pour femme une donzelle de cet acabit, à moins qu’il l’ait ramassée sur le trottoir... Mais alors encore faudrait-il faire rentrer ce romanesque-là dans le scénario, ce qui n’est pas le cas.



Gaël Morel, avec New Wave, confirme qu’il n’a pas la fibre romanesque. Dans cette histoire autobiographique, dans laquelle on sent immédiatement le maladroit ajout fictionnel, le réalisateur aurait du aller au bout de ce qu’il ne fait qu’esquisser : un triangle amoureux incestueux entre une mère, son fils et son meilleur ami. Le tragique aurait pu alors s’insinuer dans l’histoire, au lieu, comme c’est le cas dans ce que nous voyons, de n’y être que plaqué artificiellement.

Que le cinéaste dise qu’il s’est inspiré d’une véritable anecdote tragique, vécue dans son enfance, ne change rien. Qu’est-ce que le vrai si l’artiste n’est pas capable de le rendre vraisemblable ?



Pour une fois, voilà un film qui est trop court, un quart heure en plus, ce qui l’aurait amené tout juste à la durée classique, d’1h 30mn, aurait sans doute apporté des détails qui auraient été utiles pour construire certains personnages comme le frère de Romain, que j’aurais aimé voir plus développé. Pour ne rien dire de personnages complètement sacrifiés comme celui du père de Romain, joué par Marc Rioufol vu récemment dans l’immanquable Avant que j’oublie de Jacques Nolot. Ce dernier nom me fait me rappeler de souligner que Gaël Morel fait partie d’une nébuleuse du cinéma français, qui comprend, outre lui-même, Téchiné, Nolot et Christophe Honoré, chacun ayant joué, écrit, produit pour un du groupe auquel se rattachent des acteurs, Leprince-Ringuet, Stéphane Rideau… des techniciens, Jacques Grant... Toute une mouvance de talents qui pourtant peine à produire le grand œuvre que l’on attend d’eux.



Comme Gaël Morel ne semble pas insensible à la beauté adolescente, il nous offre quelques très beaux plans des deux garçons. Il faut dire que le cinéaste a eu la très bonne idée de refaire équipe avec son chef opérateur habituel, depuis Les Chemins de l’Oued, l’excellent Jean-Marc Bernard, même si un peu moins de gros plans et plus de plans moyens aurait été une bonne chose pour le film. Il a fait de même avec sa monteuse, Catherine Schwartz, que l’on ne peut que louer pour la fluidité de son montage. On trouvera dans New Wave le défaut des films français avec des adolescents, ces derniers mangeant une partie de leurs dialogues mais c’est tout de même mieux que dans La Belle personne de Christophe Honoré.



Le réalisateur a eu l’habileté de ne pas situer exactement son film ; à certains détails, on le situe entre 1980 et 1990. Au détail de la manif lycéenne violente, on peut supputer que c’est 1986. Les vêtements sont assez intemporels...

La forme donne parfois l’impression d’un film d’ado tourné par un ado à fleur d’émotion, ce qui est cohérent avec le projet puisque Gaël Morel déclare : « Le but était avant tout de raconter l'adolescence à hauteur d'adolescent et de faire revivre avec fidélité les années 80, une époque curieusement sous-traitée par le cinéma... C'était une période ambivalente, à la fois très colorée et très sombre, où le spleen était une valeur revendiquée. À l'époque, être cool, ce n'était pas fumer des joints, mais s'enfermer dans sa chambre pour écouter les chansons tristes des groupes new wave : en un sens, c'était un vrai acte politique. »



New Wave est riche d'enseignement de ce qu'il faut faire, mais aussi de ce qu'il ne faut pas faire en cinéma.

Voyons d'abord une erreur exemplaire. Revenons sur ce ridicule rideau qui clôt la chambre de Romain. On voit bien ce que Morel voulait faire comprendre par ce détail, que le garçon vivait à la fois en symbiose aussi bien avec sa mère qu'avec son frère dont la chambre, elle, est fermée avec une porte, à laquelle il faut frapper pour entrer ; mais ce rideau n'est pas crédible dans une maison du milieu de Romain. On voit là un exemple où le signifiant est l'ennemi du crédible, et c'est bien sûr le vraisemblable que doit toujours privilégier un cinéaste.



Voyons maintenant à contrario, une scène à montrer dans les écoles de cinéma aussi bien pour son intelligence que pour son invention sur le plan du tournage. Trop souvent au cinéma, la nudité est gratuite. Elle ne sert souvent qu'à rincer l'œil au spectateur (et au cinéaste). La scène où l'on voit Éric nu sous la douche est la scène pivot de la fin du film. Celle où le professeur de sport arrive à convaincre Éric de privilégier son avenir et de sortir de son deuil.



La nudité d'Éric nourrit l'argumentation de son professeur et aussi nous renseigne sur le rapport du garçon avec son corps. Autrement dit, voilà comment on peut joindre magistralement l'utile à l'agréable. J'ajouterais que cette scène est remarquablement filmée avec une différence de plan dans la même image : à gauche la nudité d'Éric de dos en pied, à droite le professeur, de face, en plan moyen. Ce contraste provoque la circulation du regard dans le cadre et réussit à dynamiser un monologue.



Gaël Morel est un homme de troupe et de fidélité. Nous retrouvons son acteur fétiche, Stéphane Rideau en professeur de gymnastique et Thomas Dumerchez, le plus jeune du Clan en frère de Romain. Tous deux dans ces petits rôles sont très bons.



Pour prolonger le film, Gaël Morel, aidé d’Ariel Kenig, en a fait un roman, édité par Flammarion, un peu différent dans son timing du film.

New Wave est une demie réussite, mais dont l’acteur principal, le jeune Valentin Ducommun, in fine, nous enchante.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 27 octobre 1 27 /10 /Oct 10:00

hate-speech

Appel relayé suis à le demande de notre ami Nikos Grekos :

En Grèce, la  rhétorique de la haine contre la communauté LGBT y est assurée de l'impunité. De temps à autres, certains hommes politiques et chefs religieux, certains journalistes et autres personnalités publiques abreuvent de propos injurieux les gays et les lesbiennes, sans aucune conséquence légale ou institutionnelle.

Dernier exemple en date, l'évêque du Pirée Séraphim, qui, dans un article, a traité les gays d'«[ individus] moralement ‘dé-neuronés', [atteints de] déviance psychopathologique, de maladie mentale, de ‘manie d'assouvissement' de leur déviation psychopathologique, et ayant érigé en valeur le tube d'évacuation excrémentiel ». La haine de Séraphim pour les gays est telle qu'il n'hésite pas à s'associer aux affirmations - non démontrées - d'un présumé criminel. L'évêque a déclaré que Nikos Sergianopoulos, acteur connu récemment assassiné, porte en quelque sorte la responsabilité de son propre meurtre : il semblerait qu'il ait cherché à contraindre le meurtrier à l'acte sexuel et que le « malheureux » meurtrier effarouché « car ne mangeant pas de ce pain-là », se soit défendu en le poignardant à 20 reprises.

L'évêque demande un million d'euros à titre de préjudice moral à l'activiste gay Lyo Kalovirnas et l'association à but non lucratif ‘Synthèse Information Sensibilisation au HIV/SIDA' qui avait rendu publique ces attaques homophobes et cette incitation à la haine. Le procès aura lieu le 2 février 2009.

La communauté LGBT grecque requiert votre soutien pour le droit à la liberté d'expression et, surtout, pour que cessent les brimades à l'égard des gays, des lesbiennes et des transsexuelles en Grèce.

Vous pouvez, si vous le désirez, signer notre pétition au gouvernement grec lui demandant d'interdire l'incitation à la haine contre les gays, lesbiennes et transsexuels en changeant les lois anti-discrimination de manière à couvrir les crimes de haine contre la communauté LGBT grecque.

Par Nikos Grekos - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 26 octobre 7 26 /10 /Oct 03:08

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 26 octobre 7 26 /10 /Oct 00:20

Visuel : (c) GayClic

Voici, en 17 minutes, tout ce qu'il s'est passé chez les Snyder en septembre... Ouf ! Notez que si j'ai élagué des tonnes et des tonnes de scènes, j'ai conservé TOUTES celles avec Luke, qui, comme vous le constaterez, fait de la figuration...
[ATWT appartient à PGP]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 25 octobre 6 25 /10 /Oct 02:05

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Samedi 25 octobre 6 25 /10 /Oct 00:15

La saison 2 de Lo que surja, la série gay de Valence (en Espagne) sous-titrée en Français.
Retrouvez Edu, Hugo, Alberto, Borja, Alex, Pablo et les autres !


Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : LO QUE SURJA
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Vendredi 24 octobre 5 24 /10 /Oct 18:54

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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