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Vendredi 28 novembre 5 28 /11 /Nov 13:43

« J'ai déclaré à la presse n'avoir jamais traité les homosexuels d’ "anormaux". Certains ont cru pouvoir me contredire en invoquant l'enregistrement de l'interview accordée à "Télémoustique". Celui-ci confirme heureusement ma position. En effet, je fais toujours une claire distinction entre les personnes et un comportement. On peut émettre un jugement négatif sur un comportement, sans pour autant condamner les personnes qui le pratiquent. J'ai donc expliqué que l'homosexualité comme telle correspond à un développement imparfait de la sexualité humaine. L'interviewer m'a ensuite demandé si, dès lors, la tendance homosexuelle était une "anormalité". J'ai, bien sûr, confirmé, puisqu'il s'agit bien d'un comportement qui contredit la logique et la finalité spécifiques de la sexualité et, en ce sens, n'est pas dans la norme. Transcrire cela en disant que j'ai déclaré que les homosexuels étaient "anormaux" est un grave abus de langage. La présence d'une tendance ou d'une orientation anormales chez une personne ne permet, en aucune manière, de déclarer que la personne elle-même est anormale, ce qui serait gravement injurieux ! Ainsi, par exemple, si une personne est habitée par une tendance anorexique, cette tendance est bien anormale puisqu'elle contredit l'instinct fondamental de conservation. Mais cela ne signifie en aucune manière que la personne anorexique est, comme personne, anormale. » Monseigneur Léonard, Évêque de Namur, avril 2007.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Vendredi 28 novembre 5 28 /11 /Nov 11:56
http://www.casafree.com/modules/xcgal/albums/userpics/12051/batmanwatergun_b.jpg
Par BBJane - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Vendredi 28 novembre 5 28 /11 /Nov 00:52
Nous attendons avec impatience vos commentaires sur ce dix-septième objet :


http://demesuredupossible.joueb.com/images/MecPede2.jpg

Photo : © D. R. - Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur lestoilesroses.com sont protégées par les lois sur le copyright et appartiennent à leurs auteurs ou ayants droits respectifs. Si vous êtes propriétaire d'une photo publiée dans un article et que vous souhaitez exercer vos droits d'auteur, merci de
nous contacter afin que nous puissions traiter votre demande.
Par Henry Victoire
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Vendredi 28 novembre 5 28 /11 /Nov 00:29


Fiche technique :
Avec Brad Hallowell, Gregory J. Lucas, Jennifer Stackpole, Mindy Hofman, Charles Ard, Theodore Bouloukos, Michael John Dion, Hilary Mann, Nathan Johnson, Jennifer Mallett et Gregg Anderson. Réalisation : Todd Verow. Scénario : Todd Verow & Jim Dwyer. Image et montage : Todd Verow. Musique : Jim Dwyer & Colin Owens.
Durée : 104 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :
Joe (Brad Hallowell) 18 ans, vit avec sa mère, une marie-couche-toi-là, et sa sœur aînée Theresa (Hilary Mann). On apprendra qu’il a été violé à l'âge de dix ans,  mais il a décidé de garder le secret. Il est dans sa dernière année de lycée et espère entrer après dans une école d’art. Il devient ami avec Victor (Charles Ard), un vieil artiste pour lequel il pose nu. Il vient habiter avec lui, espérant que le peintre l’aidera à échapper à la médiocrité de son milieu. Alors que l'horreur et le vice rôdent autour de lui, Joe tente par tous les moyens de s'en sortir et d'échapper à un destin minable et inéluctable s’il reste dans le quartier de Capeheart Projects dans la petite ville de Bangor, dans le Maine, banlieue blanche où tout est un peu étrange sous des apparences de normalité et où il est très difficile de s'épanouir, surtout lorsque l'on est, comme Joe, gay et amoureux de son meilleur ami, Andrew (Gregory J. Lucas), la vedette locale de football américain. Andrew, lui, n'assume pas son homosexualité. Il continue à sortir avec la chef des majorettes. Joe accompagne le couple dans leurs virées, suivi de Kriss (Mindy Hofman), la classique fille à pédé. Lasses d'attendre le grand soir, où leurs hommes enfin les dépucelleront, les deux jeunes femmes finissent par réaliser l'attirance réciproque des deux garçons. Elles vont alors devenir le catalyseur de leur première relation sexuelle... 


L’avis de Bernard Alapetite :
On peut penser que Todd Verow, qui a adapté à l’écran en 1999 Frisk, le célèbre roman de Denis Cooper, transpose l'histoire de sa jeunesse dans Vacationland. Il est en effet né en 1966 à Bangor dans le Maine, lieu où se déroule l’intrigue du film qui, cinématographiquement commence bien. Le réalisateur, dans les dix premières minutes, réussit, en quelques séquences justes, en particulier celle d’une mémorable drague dans des toilettes, à faire exister son héros avec la seule grammaire du cinéma; il y a peu de dialogues. Nous pourrions être alors dans le meilleur Gregg Araki. Mais les choses commencent à se gâter lorsque Joe rencontre sa sœur, Hilary Mann, peu crédible comme l’ensemble de la distribution féminine. Et cela continue très mal avec l’adjonction, aussi inopinée que calamiteuse, de la voix off de Joe nous expliquant qu’il est amoureux de son meilleur copain, Andrew, ce que l’on avait compris dès les premières minutes.


On sent tellement que ce procédé (affreusement mal postsynchronisé, avec un effet de son « cathédrale » des plus gênant) n’est fait que pour masquer l’incapacité du cinéaste à filmer une scène dans laquelle il montrerait la force de cet attachement, cela parait un peu pitoyable. Todd Verow fait suivre cette maladresse par une belle idée de mise en scène, une séquence dans laquelle Joe pose nu (malheureusement nous ne verrons pas grand chose de son appétissante anatomie) devant un peintre qui lui demande de se raconter pendant qu’il le dessine, un habile subterfuge pour nous informer sur le garçon. La mise en scène fera ainsi alterner le pire et le meilleur tout au long du film. Malheureusement, le pire est beaucoup plus fréquent que le meilleur.
Par le biais du portrait d’un jeune gay égaré dans une petite ville de l’Amérique profonde, Vacationland se veut un constat sombre, mais pas désespéré, sur une jeunesse en mal de repères. Nous assistons à l’apprentissage mutuel de la sensualité entre Andrew et Joe. C’est la partie la plus réussie du film et sans aucun doute la plus autobiographique, on y sent le vécu. Une des faiblesses du film est son incapacité à mêler l’autobiographie et le romanesque. On est en plus gêné de reconnaître un peu trop facilement les sources de ce romanesque dans les emprunts maladroits aux films L.I.E. (Long Island Expressway) de Cuesta, Bully de Larry Clark et surtout à Mysterious skin de Gregg Araki.


Les meilleurs amis abandonnent leur innocence en devenant amants. Ainsi, vaille que vaille, ils peuvent mieux affronter cet univers occasionnellement traversé de violences.
À la relation amoureuse de Joe et Andrew, une belle brochette de personnages secondaires compose un arrière-plan que l'on se serait accordé à trouver attachant si la plupart d'entre eux n’étaient pas malheureusement restés au stade d'ébauche. Ce regrettable manque de développement des seconds rôles gêne jusqu’à la compréhension complète du film.

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Il fut un temps où, en particulier dans le cinéma américain, tout était montré, remontré, expliqué aux spectateurs, niais qu’ils étaient sensés être, de peur qu’ils ne saisissent pas le moindre tenant et aboutissant. Aujourd’hui la nouvelle tendance est « d’oublier » de tourner quelques pages du script ou de ne pas montrer certaines scènes en se disant que cela fait plus « arty » ou que ces morceaux inédits feront des bonus vendeurs pour le futur DVD : voici arrivée l’ère des films gruyères ! C’est le cas de Vacationland, dont le scénario a de véritables béances, tout en nous infligeant des plans inutiles comme ceux du décollage de l’avion qui emporte la sœur de Joe pour un monde qu’elle espère meilleur. La frustration est en partie atténuée pour les possesseurs du DVD (qui annonce en bonus des coulisses qui sont introuvables), grâce aux scènes coupées qu’il propose heureusement en bonus. Ainsi, nous découvrons la personnalité du professeur LaBlanc (Nathan Johnson), personnage que l’on suppose envisagé comme important, puis finalement réduit à la portion congrue, dans une courte séquence dialoguée qui aurait bien mérité d'appartenir au montage final, comme la quasi totalité des images non retenues. Il aurait juste fallu abréger les déambulations solitaires de Joe et d’Andrew qui avaient leur utilité, puisqu’elles nous font découvrir Bangor. Même avec ces ajouts, le film serait demeuré lacunaire. Le scénario, aux ellipses souvent brutales, abonde en situations arbitrairement laissées en suspens.


La distribution pose aussi problème, composée en majorité d’acteurs inexpérimentés qui ont parfois un jeu approximatif et un âge rarement adéquat pour leur rôle. Les deux protagonistes principaux font preuve d’une spontanéité touchante qui ne peut qu’engendrer la sympathie du spectateur et puis même s’ils sont bien mal appairés, ils ne sont pas désagréables à regarder...

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En revanche, les actrices jouant les lycéennes, de vraies caricatures, sont beaucoup trop âgées, certes ce sont de telles idiotes que l’on peut penser qu’elles ont redoublé plusieurs fois (mais ce n’est pas une pratique américaine), quant à la femme jouant la mère de Joe, elle est  ridiculement trop jeune !

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Vacationland est tourné en D.V., avec des moyens visiblement dérisoires. La photo est fréquemment sous-exposée et parfois sur-éclairée ! Mais souvent on voit très bien qu’il n’y a pas d’éclairage additionnel du tout. Le manque de moyens et de maîtrise technique ruinent complètement l’effet qu’aurait dû produire sur le spectateur la scène de vengeance qui aurait du être l’acmée de l’œuvre. Elle nous parait comme filmée par un mauvais cinéaste amateur.


Le paradoxe du cinéma de Verow, qui débouche au final sur une impuissance, c’est qu’il allie des sujets sexuels à une réalisation pudibonde : c’est à peine si on aperçoit quelques secondes les fesses de Joe, alors même qu’il est modèle pour un peintre, qu’il fait le gogo dans une boîte, qu’il couche avec son meilleur ami (consentant), qu’il drague un mec pour lui voler son argent, qu’il tripote son prof de français dans les toilettes de son lycée pour lui extorquer un diplôme, et qu’il entraîne son ami-amant dans une vengeance sordide dans laquelle il sert d’appât sexuel !

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Il est indéniable que Todd Verow a le potentiel pour nous offrir des films de qualité. Il faudrait seulement qu’il admette que faire un film est une œuvre collégiale et que l’on ne peut pas être à la fois le réalisateur, le scénariste, le directeur de la photo et le monteur d’un film. Ce qui ne le privera pas de se coltiner avec la grammaire du cinéma qu’il semble encore loin d’avoir assimilée.

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Vacationland est un film un peu « sexe », pas assez en fait, surtout romantique, d'un réalisme à fleur de peau, parfois à la limite du glauque avec quelques très beaux moments émergeant difficilement d’un amateurisme complaisant.
Pour plus d’informations :
Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 27 novembre 4 27 /11 /Nov 17:48

Nouvelle campagne du Syndicat National des Entreprises Gay et Gay-friendly (novembre 2008)
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 27 novembre 4 27 /11 /Nov 09:56
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Jeudi 27 novembre 4 27 /11 /Nov 09:44
« Au lycée, je suis devenu le meilleur ami d’un gay notoire. Le fréquenter m’a fait passer pour gay moi-même et j’étais fier de ça, fier d’être gay même si je ne l’étais pas ! J’avais presque trouvé une identité : j’étais enfin un marginal, mais pas un marginal moyen [average geek], j’étais un marginal pas comme les autres… » Kurt Cobain, interview contenue dans le documentaire Kurt Cobain, About a Son.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 25 novembre 2 25 /11 /Nov 15:33

Source : "http://overlord.hautetfort.com"


"Il y a quelques jours, un de mes billets a été repris sur un blog gay nommé « les Toiles roses » – ce qui est déjà tout un programme – dans la rubrique « citations philes et phobes » ce qui a eu pour effet de faire exploser mes statistiques. Je profite donc de ce nouveau lectorat pour exposer ici quelques remarques sur l’homosexualité et le mouvement gay.

En elle-même, l’homosexualité n’a guère d’intérêt. Il ne s’agit finalement que de quelques pratiques charnelles – on devrait plutôt parler d’ « homogénitalité » - et chacun sait qu’entre une solide amitié et l’homosexualité il n’y a qu’un lit de distance et que Marlon Brando était foutrement beau.

Peu importe également ce qu’en disent psychologues et psychanalystes. A ce niveau, l’explication la plus intéressant est probablement celle de René Girard qui voit dans l’homosexualité un résultat possible des rivalités mimétiques. Quant à la Bible, elle condamne l’homosexualité au même titre qu’elle condamne l’inceste ; pas tant donc tant que pratique privée mais parce qu’on savait très bien déjà à l’époque qu’une société dans laquelle tout le monde couche avec tout le monde – papa avec la fille ou le fiston, maman avec le beau frère ou grand- maman, etc. - une société indifférenciée donc, est condamnée à la violence et ne peut survivre.

Il y a toujours eu des homosexuels dans toutes les sociétés. Et toutes les sociétés ont toléré l’homosexualité à des degrés divers, l’acceptant dans certaines circonstances ou à certains moments (dans le cadre de rituels par exemple) et en développant des institutions ou des espaces dans lesquels elle pouvait se réfugier ou s’exprimer, comme la virile camaraderie militaire ou sportive. Jusqu’à une date récente, les homosexuels pouvaient même se vanter à juste titre d’être une population subversive, et peut-être plus créatrice que la moyenne. Et c’est justement ce qui est aujourd’hui terminé. Car, encore considérée comme un délit par la plupart des codes pénaux des pays occidentaux il y a encore une petite quarantaine d’années, ces mêmes codes pénaux condamnent ou menacent de condamner aujourd’hui non seulement toute hostilité envers l’homosexualité ou les homosexuels mais même toute réserve envers le « mariage homosexuel », l’adoption d’enfants par des couples homos, les frasques des gay prides [que nous condamnons aussi], etc.

Bref, en quelques années, l’homosexualité est passée du statut de vice condamné par la loi à celui de norme sociale encouragée par toutes sortes d’actions de prosélytisme ou de propagande. De population variablement persécutée et condamnée, les homosexuels se retrouvent maintenant du côté de la loi, de la morale et de la vertu, du camp du « Mal » l’homosexualité est passée au camp du « Bien » et il n’est vraiment pas sûr qu’elle y ait gagné quelque chose.

Les raisons de ce changement sont difficilement explicables mais la grande lessive des années 60 allait permettre au monde moderne de se consacrer entièrement à son idéal de construction d’un «homme nouveau » ou plutôt d’un « humain nouveau » débarrassé de toute identité et qui ne sera plus qu’une simple unité biologique de consommation et de production – ce qui contente à la fois le socialisme le plus délirant et le libéralisme le plus débridé. C’est cela « Mai 68 ».

C’est aussi le moment du triomphe du fantasme d’une sexualité que ne serait récréative, fun et ludique – donc en clair du rejet de la sexualité. Corollaire : apparition d’un arsenal législatif destiné à réprimer les « comportements incorrects » qui aurait effrayé même les pires dévots du 17ème siècle. Exhibition et répression sont les deux faces de la sexualité de la démocratie terminale.

Débarrassé de tout réfèrent moral ou philosophique si ce n’est l’égalitarisme et les droits de l’homme la démocratie terminale n’est régulée en dernier ressort que par le droit et le marché Elle est devenue le champ de bataille sur lequel s’affronte une multitude de lobbys de groupes et d’associations qui revendiquent toujours plus de droits et d’égalité, c’est à dire de privilèges.

Le « mouvement gay » n’est rien d’autre que l’un de ces groupes condamnés à revendiquer ou à disparaître. Gageons que nous allons l’entendre encore très longtemps quelles que soient les victoires obtenues. Des victoires, des « progrès » dont les pionniers du mouvement doivent encore être stupéfaits de la facilité avec laquelle ils ont été obtenus.

Il n’empêche que cette quête schizophrénique d’une égalité qui serait à la fois un droit à la différence et à l’indifférence, et la concurrence interne des associations que le compose, fait du lobby gay une des machines à revendiquer des droits parmi les plus hargneuses ; c’est aussi la plus odieuse parfois avec le chantage à l’outing mais surtout une des plus pathétiques et pitoyables car ne parvenant finalement jamais à sortir des stéréotypes les plus éculés sortis de la cage aux folles ou des Village People. (ou quand les gays deviennent homophobes),

Je veux cependant bien croire qu’il n’est pas plus facile d’être homosexuel aujourd’hui qu’il y a un siècle. Tout d’abord parce qu’il est interdit de faire de son homosexualité quelque chose d’uniquement privé, l’exhibition étant obligatoire et que, d’autre part, les gays auraient tort de croire que les courbettes que leur font politiciens et médiatiques sont sincères car ces derniers sont terrorisés à l’idée de passer pour homophobes, ce qui ruinerait leurs carrières encore plus sûrement que des accusations de racisme ou d’antisémitisme et c’est cette même crainte qui retient tout le monde de rire de la comédie burlesque que sera toujours un "mariage homosexuel"

Dans le fonds, je comprends le « combat » des homosexuels. Le dressage des populations et l’intimidation ont leurs limites. Les gays savent bien qu’ils seront finalement toujours considérés comme des « pédés »."

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 25 novembre 2 25 /11 /Nov 00:38
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Lundi 24 novembre 1 24 /11 /Nov 08:53

L'ado, la folle et le pervers par Marc-Jean Filaire

Une critique de Jean Yves



C'est une évidence. Le cinéma utilise de plus en plus le thème de l'homosexualité. Aider à décrypter la masse des images cinématographiques, à dépasser les clichés et le folklore, tel est ce que propose, à ses lecteurs, Marc-Jean Filaire dans son essai. Pour mieux comprendre la manière dont les stéréotypes attachés aux représentations des homosexuels n'en finissent pas de se reproduire.


L'auteur a construit son essai sur une typologie qui dépasse intelligemment les clichés de l'adolescent en crise identitaire, de la folle maniérée ou du pervers manipulateur.




Ce cliché qu'est « l'adolescent » apparaît dans l'analyse de l'auteur comme une sous-catégorie de la figure de « l'ambigu », au même titre que « l'androgyne » et « l'incertain ».

Marc-Jean Filaire a choisi d'illustrer « l'androgyne » par le film Mort à Venise (1). Quelle aurait pu être l'adaptation de ce film si elle avait échappé au génie de Visconti ? (6)

Cette question est, je crois, essentielle. Car le réalisateur devait obéir à une injonction suprême qui faisait office de onzième commandement : « Ne touche pas à l'image du couple parfait – mâle et femelle – garant de la survie de l'espèce ». Pour représenter un couple hors norme, tel que l'homme et l'enfant, toutes les combines étaient possibles (2). Visconti n'a pas manqué de tours dans son sac. Son imagination a été le meilleur expédient aux règles trop coercitives de la morale (3).



Ce préambule me permet de préciser que si j'ai lu l'essai de Marc-Jean Filaire intégralement, je l'ai étudié avec comme entrée de lecture, la « censure » car je crois que toute représentation marginale de la sexualité, qu'elle intervertisse les rôles masculin-féminin, s'égare dans les jeux érotiques de garçons… constitue une menace qui n'est pas prête de s'éteindre. Le cinéma ne fait, il me semble, qu'obéir à des impulsions fondamentales, celles d'une sexualité régie par les impératifs de la reproduction (4). Heureusement, ce que la censure veut interdire, elle finit souvent par le souligner, le désigner plus fortement encore. En cela, chaque film fait prendre conscience, aux homosexuels, l'existence de semblables... Marc-Jean Filaire montre admirablement comment ces « semblables » sont différents : illustration d'identités plurielles, représentatives, sans épuiser la diversité de la réalité gay.


L'homosexualité, désignée comme une maladie, est devenue une cible privilégiée des moralistes soucieux de soumettre l'image à leurs peurs et à leurs volontés. Ce qui a conduit à représenter les homosexuels sous les traits de déviants, de meurtriers, de sidéens, de prostitués, de folles, de drag queen… (cf. chapitres II : Le pervers ; III : La victime ; IV : Le marginal ; V : Le troisième sexe).

L'homosexuel, montré à l'écran, ne se rencontre alors que dans un ghetto. Renforçant l'idée d'un corps social d'invisibles (5). Il reste que si, sont de rigueur, la censure et ses variantes (6), une forme plus subtile (non-dit intégré dans le récit et l'image) laisse le spectateur dans une certaine perplexité sur les intentions du réalisateur, ce qui offre parfois à l'œuvre cinématographique une richesse et une profondeur supplémentaires.


La typologie élaborée par l'auteur est intéressante dans le sens où elle propose un cadre d'analyse. Sa pertinence – au final – importe peu : l'essentiel est qu'elle guide le regard du lecteur par rapport à ses propres représentations. Il faut reconnaître l'important travail de recherche de Marc-Jean Filaire pour argumenter sa classification avec de très nombreux films (7) comme n'indique pas – malheureusement – la table des matières (reproduite dans le premier commentaire de cet article).



Les différentes analyses de Marc-Jean Filaire exposent finalement que l'image reste majoritairement porteuse d'un contenu universel qui l'empêche de s'affranchir de tous les tabous. Elle n'offre de l'intime que celui qui se prête au spectacle commun. Le cinéma (contrairement à l'écriture plus personnelle, plus privée) ne peut se repaître de tous les fantasmes. Il est difficile dans un film d'établir un lien individuel de connivence, de séduction entre le réalisateur et le spectateur.


Est-ce pour cette raison que nombre de films se contentent – le plus souvent – d'adapter des œuvres littéraires, plutôt que d'innover en la matière ? (8)



■ Images et subversion gay au cinéma, Préface de Didier Roth-Bettoni, Éditions H&O, octobre 2008, ISBN : 9782845471849




(1) Il me semble que Mort à Venise concentre – à travers une symphonie d'enfance, de féminité et de masculinité confondues en un seul être – les trois sous-catégories rassemblées sous le terme « l'ambigu ». Il n'y a pas, mais je peux me tromper, dans la stature gracieuse du personnage de Tadzio le moindre défaut capable d'anéantir cet équilibre prodigieux.

(2) Marc-Jean Filaire précise que les images des homosexuels ne sont jamais figées, mais circulent, s'adaptent au contexte de l'histoire où on les convoque, s'usent avec le temps, se régénèrent, se transforment.

(3) Le contenu de l'image, d'abord vindicatif de « Mort à Venise », désireux de faire passer un message libéral, finit par coller au credo de la fatalité et de l'impasse. Plus profond encore que les exigences du tabou qui musèlent les consciences, est ancré en chacun le sens dramatique de l'amour « impossible » comme épilogue inévitable.

(4) Le cinéma osera-t-il un jour regarder là où nos contemporains osent à peine ouvrir les yeux ?

(5) La typologie proposée par l'auteur pourrait être chapeautée par la catégorie des invisibles. Il me semble – aujourd'hui plus qu'hier – que le cinéma grand public tant à faire de l'homosexuel une copie idéalisée de l'hétéro : en couple, avec ses petites misères ordinaires simplifiant outrageusement les réalités.

(6) Qu'elle soit imposée par les autorités ou encore qu'il s'agisse d'autocensure.

(7) Le répertoire des films balaie l'histoire du cinéma.

(8) C'est moi qui pose la question.




Le mot de l'auteur en référence à cette chronique : La volonté de classement induit des frontières qui sont inévitablement factices : les domaines de l’humain et de l’art sont infiniment plus complexes que ce que l’on peut en dire/lire. La lecture de Jean-Yves Alt dévoile les franges incertaines de limites plus intellectuelles que réelles et ouvrent à une lecture spécifique de chaque œuvre cinématographique dans sa singularité. Tous les films étudiés dans « L’ado, la folle et le pervers » exigeraient de passer au filtre de toutes les autres catégories pour pouvoir être perçus dans leur ampleur. Si le livre donne envie de faire cet exercice et suscite les discussions tout autant que les corrections, il a atteint son but, celui de la remise en cause des clichés.

Sur la note n°5 : La catégorie d'invisibles me semble tentante bien que m'apparaissent deux objections, même si je n'y ai pas longuement réfléchi :

  − L'ambigu est-il toujours invisible ? Ce qui ne me semble pas être le cas de Tadzio dans « Mort à Venise », d'autant plus qu'il cherche délibérément à se montrer pour être vu.

  − Peut-on aborder l'idée d'invisibilité sans risque au cinéma, art du visuel par excellence ? Ne s'agit-il pas plutôt d'ellipse ou de non expression (verbale, entre autres) ?

Ces hypothèses sont à creuser. J'en vois déjà certaines limites.

Marc-Jean Filaire




Ma réponse : Je reconnais volontiers ici les limites de mon analyse. Cette notion d'invisibilité, je l'ai pensée en fonction de ma clé de lecture que je me suis imposée (la censure).

Je me demande si l'homosexuel n'est pas aujourd'hui (par rapport aux films des années 70/90) formaté sur un modèle unique – tout autant irréaliste – celui de l'hétéro. Ainsi, le pervers, le marginal n'apparaissent quasiment plus. Même la victime et le troisième sexe sont de plus en plus absents… Faut-il y voir pour ces deux derniers cas, la peur d'un jugement pessimiste ou homophobe ? Si l'homosexuel est de plus en plus visible au cinéma, les homosexuels dans leurs singularités ne risquent-ils pas l’invisibilité ? Le chapeau que je proposais ne serait alors valable que pour les films contemporains…

Jean Yves

Par Jean Yves - Publié dans : ANALYSES : HOMOLLYWOOD
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Dimanche 23 novembre 7 23 /11 /Nov 00:39

Visuel : (c) GayClic

Revoilà Casey. Entre-temps, il a eu plein d'aventures que je vous ai épargnées (En gros, pendant que Luke et Noah se regardaient dans le blanc des yeux, il se faisait Emily, la soeur d'Alison, dans toutes les positions).
Alison est mariée à Aaron, le frère de Luke (Bien sûr, ils viennent de se marier et ils parlent déjà de divorcer...).
Sachez aussi qu'elle a tourné des films pornos dans sa jeunesse (il y a eu toute une histoire à ce propos, notamment avec Dusty et Cheri, la mère de Noah - assassiné par son père, je vous le rappelle - le père de Noah pas le père de Cheri ni de Dusty, qui soit dit en passant n'a toujours pas retrouvé son fils).
Enfin, si Casey tique un peu quand on lui propose du poker, c'est qu'il a fait de la prison (du temps de Maddie) pour des dettes de jeu...
À côté, nos chers Luke et Noah sont vraiment des enfants de chœur...

Jetez un œil sur le blog fort sympathique du charmant Cosmic Teddy, un accro à Luke et Noah :
http://cosmicteddy.canalblog.com/
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 22 novembre 6 22 /11 /Nov 00:56

Visuel : (c) GayClic

Celui où l'on assiste au retour d'Oli à Düsseldorf après 5 ans d'absence et à sa première rencontre avec Christian. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 21 novembre 5 21 /11 /Nov 12:27
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Fiche technique :
Avec Lizzie Brocheré, Jean-Christophe Bouvet, Valérie Mairesse, Arthur Dupont, Pierre Perrier, Nicolas Nollet, Guillaume Baché Mathieu Boujenah, Guillaume Gouix, Fabrice Michel et Karl E Landler. Réalisation : Jean-Marc Barr et Pascal Arnold. Scénario et dialogues : Pascal Arnold. Compositeur : Irina Decermic. Son : Pascal Armant. Montage : Chantal Hymans.
Durée : 95 mn. Bientôt en DVD.



Résumé :
Pierre (Arthur Dupont) et Lucie (Lizzie Brocheré) sont frère et sœur. Ils vivent une relation quasi incestueuse, ce qui ne les empêche pas de vivre en symbiose avec trois garçons, leurs amis d'enfance. Ils montent leur groupe de rock et font l'amour ensemble... Lucie sort avec Sébastien, après avoir flirté avec Nicolas. Mais ce dernier vit aussi une histoire amoureuse avec Pierre qui vend son corps aux notables locaux, en particulier à Vincent (Jean Christophe Bouvet) un adepte du rituel de la partouze mensuelle.
Un soir, Pierre ne rentre pas chez lui. Lucie et sa mère (Valérie Mairesse) s'inquiètent. La police finit par découvrir son cadavre. Il a été battu à mort.
Sans piste, l'enquête piétine. Lucie est déterminée à découvrir la vérité et traque les suspects...
Genre : enquête du Club des cinq monté en graines, filmée par un Hamilton qui aurait oublié sa vaseline (que l’on ne se méprenne pas, la vaseline est à mettre sur l’objectif pour réaliser des flous non artistiques).


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L’avis de Bernard Alapetite :
Avant toute chose, en étant conscient de ma grande outrecuidance, j’aimerais rappeler à nos deux cinéastes quelques règles du cinématographe qu’ils ont apparemment oubliées.
Premièrement : pour donner du mouvement à une scène statique, la caméra portée n’est pas la seule solution. Elle est même fortement déconseillée quand comme ici, le cadreur vibre comme une chaufferette ! Le pied de caméra évite le piège du bord du cadre vibrant. Il me parait la bonne solution quand les protagonistes, eux, sont statiques et puis le plan fixe permet de travailler le cadre, ce qui n’est visiblement jamais le cas dans ce film. Il permet en outre le panotage. Il me semble que même un petit budget peut s’offrir cet investissement qu’est la location d’un pied. Plus cher mais beaucoup moins statique : le travelling avec ses rails, son chariot et son musculeux pousseur qui peut parfois réjouir un ou plusieurs membres de l’équipe, extravagance complètement ignorée de cette production. Pour ne rien dire des grues et autres steady cam tout aussi inconnues au bataillon de Chacun sa nuit.


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Autre solution, faire bouger ses comédiens : entrée de champ, sorties de champ... Parfois, dans l’opus de nos deux compères, on craint que la troupe soit devenue paralytique. Mais il devait faire chaud et par économie, pour éviter la transpiration et donc des raccords de maquillage, on a sans doute conseillé aux acteurs de ne pas trop bouger. Pour donner de la vie au cadre, on peut le faire traverser par des figurants. Dans le cas présent, l’assistant en charge de la dite figuration a du vivre un tournage reposant.


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Deuxièmement : il n’y a pas de mal que le cinéaste se fasse plaisir mais il est conseillé qu’il le fasse partager aux spectateurs.
Vu la vacuité de l’intrigue, on aura compris que le but à peine caché du film était de permettre aux cinéastes de filmer des corps dénudés, surtout masculins, à peine post-adolescents. Il n’y a aucun mal à cela, à condition de se souvenir qu’il est indispensable de ne pas être égoïste. C’est le moment d’être prosélyte. Sur l’écran, nous voyons cette belle brochette d’anatomies filmée avec la même sensualité que s’il s’agissait d’une collection de coléoptères. Pourtant la plastique de Pierre Perrier n’a rien perdu de son attrait depuis Douches froides.


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Il aurait été bon, avant par exemple de tourner la scène de sexe à trois, que nos mateurs patentés revoient celle de la fin du Ken Park de Larry Clark. Soyez charitable envers les réalisateurs : si vous avez la très mauvaise idée d’aller voir Chacun sa nuit, en rentrant chez vous ne mettez pas le film de l’Américain dans votre lecteur de DVD. Car l’inspiration évidente du film est bien Larry Clark et plus précisément Bully, dont le scénario est proche. La comparaison est accablante mais la charité chrétienne est une vertu mal partagée chez les critiques de cinéma.


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Malheureusement pour notre tandem, le hasard des sorties en salle le met en concurrence avec un autre film français abordant lui aussi la relation frère-sœur. La relation fusionnelle de Chacun sa nuit ressemble à celle à l’œuvre dans le film de Philippe Lioret, Je vais bien, ne t’en fais pas. Même attachement viscéral, et par conséquent même vide abyssal lorsque le frère disparaît mystérieusement. Mais la ressemblance s’arrête à l’anecdote. Là où Je vais bien, ne t’en fais pas décline avec pudeur l’histoire d’une famille comme tant d’autres, Chacun sa nuit né d’un fait-divers glauque ne met en scène que des corps complètement déconnectés de notre monde.


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Troisièmement : l’utilisation de la voix off est très délicate et si possible à éviter. Bien sûr, l’histoire du cinéma est balisée par de grands films ayant utilisé ce procédé des Mémoires d’un tricheur à American beauty par exemple mais le moins que l’on puisse dire, c’est que Pascal Arnold n’est pas Sacha Guitry. Il réussit ce tour de force de faire à la fois plat et emphatique. Dans Chacun sa nuit, la voix off n’est qu’une béquille pour tenter de faire exister les personnages, ce qu’elle ne réussit jamais et ce que l’image ne parvient pas plus à faire. Les personnages n’ont aucune épaisseur, aucune réalité pas plus psychologique que sociologique. Le résultat, c’est que l’on n’éprouve aucune émotion devant cette pourtant tragique histoire dont on évente très vite le pseudo suspense.


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À l’indigence du texte s’ajoute un grave défaut : celui d’un trop grand nombre de personnages qui n’ont pas le temps d’exister à l’écran. Jean-Marc Barr nous apprend que le montage initial durait 2h20, ceci explique peut-être cela…

La construction morcelée en flashbacks, dont le modèle semble être le très beau Presque rien de Sébastien Lifshitz, au lieu d’apporter un regard nouveau sur le récit, ne fait qu’enrober cette triste histoire d’un mystère de pacotille.


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Vous me direz, pourquoi s’acharner sur un si mauvais film qui n’appellerait que le silence s’il n’était pas symptomatique de la misère du cinéma français qui ne propose souvent que l’alternative entre un voyeurisme impuissant (Chacun sa nuit) et une nostalgie moisie (Le Grand Meaulnes). Deux films sortis le même mois. D’autre part, la lecture du dossier de presse et les déclarations des auteurs relèvent d’une telle infatuation, ou pour le dire plus crûment de gens qui pètent beaucoup plus haut que leur cul, que cela appelle un bon coup de gueule. Que l’on en juge plutôt : « 
ce n'est pas l'élucidation circonstancielle du crime qui nous a intéressé, c'est la relation que le spectateur instaurera entre sa scandaleuse absence d'explication et l'expérience hédoniste dans lequel le film inscrit désespérément ses protagonistes » ou encore « Nous souhaitons créer un cinéma novateur dans le paysage français avec la volonté de faire "autrement". Nous avons filmé en numérique, sur le modèle du cinéma indépendant américain mais avec la touche intimiste française ». Le franco-américain Jean-Marc Barr aurait peut-être du se rendre au dernier festival de Sundance et voir Brick, film qui lui aussi met en scène la jeunesse… Et voir le dernier film de Michael Cuesta, 12 and Holding, déjà auteur de l’indispensable L.I.E., autant de films qui traitent du sexe et de la violence chez les adolescents.
Il est sidérant de voir aussi combien Jean-Marc Barr est incapable d’utiliser les magnifiques lieux de tournage, soit la Provence près d’Aix et plus précisément le massif de la Sainte Victoire. On constate que ce qui a manqué aussi à ce film, c’est un directeur de la photo. En voyant Wilde side, on peut imaginer ce que par exemple Agnès Godard aurait apporté au film.


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Il ne faut pas oublier de rendre hommage aux comédiens qui doivent défendre une telle partition. Arthur Dupont, que j’ai vu assez justement comparé à un jeune et joli Belmondo, et plus encore Lizzie Brocheré, découverte dans Une autre femme, font preuve d’une réelle présence. Pierre Perrier et Guillaume Baché ne déméritent pas non plus. Ainsi que les acteurs devant interpréter de grossiers clichés (les pachydermiques et convenues fausses pistes de l’enquête) comme Karl E. Landler dans le personnage de l'idiot du village, évidemment doué de talents divinatoires, ou Jean-Christophe Bouvet en notable – bien sûr – organisateur de partouzes. On lui doit d’ailleurs l’hilarant sommet du ridicule du film lorsque Vincent (Bouvet au bord de l’apoplexie) couvre les épaules de son amant, pour qu’il ne prenne pas froid, d’un lourd manteau de fourrure alors qu’il se désaltérait nu après l’amour dans la cuisine…
En son temps Grande École avait obtenu le prix de la daube gay de l’année. Je ne vois pas comment le prix 2006 de la daube gay de l’année pourrait échapper à Chacun sa nuit.

Pour plus d'informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 21 novembre 5 21 /11 /Nov 11:17
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Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 21 novembre 5 21 /11 /Nov 02:46

Visuel : (c) GayClic


Par Hari3669
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Jeudi 20 novembre 4 20 /11 /Nov 00:30
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Septième article de la série consacrée à la place des gays et des lesbiennes dans la société française. On constate une évolution du traitement journalistique de la "Marche des Fiertés" à la télévision, vers plus de professionnalisme (ouf !). Par notre collaborateur : Kim, 31 ans.


La progression rapide de la tolérance et de l’acceptation des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles) en France ne peut s’expliquer que par l’effondrement des clichés (le garçon efféminé ou la fille masculine par exemple) et des préjugés (malade ou pervers par exemple) dont ils étaient victimes. Comment ces clichés et préjugés se sont-ils en partie effondrés ? Pour en parler, nous allons prendre en exemple le traitement journalistique de la Gay Pride (appelée "Marche des Fiertés" depuis 2002).

Celui-ci a un triple intérêt. Le premier est que c’est un sujet marronnier, c'est-à-dire qui revient périodiquement chaque année à la même époque, ce qui facilite les comparaisons d’années en années. Le deuxième est que le reportage télévisé est quand même le média le plus populaire comme source d’informations pour les Français, ce qui veut dire qu’il a plus d’impact que tout autre média au sein de la population. Le troisième est que le traitement de la Gay Pride dans le journal télévisé a été pendant longtemps l’un des rares moments où l’on pouvait voir des homosexuels à la télévision, ce qui bien évidemment marque plus facilement les esprits de ceux qui n’avaient pas ou ne connaissaient pas d’homosexuels dans leur entourage, et a donc longtemps forgé leurs représentations des homosexuels.

J’ai bien évidemment un problème de sources pour traiter ce sujet, car je ne dispose pas que de peu de journaux télévisés traitant de la Gay Pride. Ce qui est quand même problématique lorsque l’on veut étudier le sujet entre les années 1978 (année de la première Gay Pride en France) et 1996 (eh oui, le premier reportage que je possède ne date que de 1997 !). Mais bon, à la limite ce n’est pas trop grave, je me contenterai d’étudier trois journaux télévisés de trois années différentes : 1997 (journal de FR3), 2000 (journal d’Antenne 2), et 2006 (journal de TF1). On constatera qu’il ne s’agit pas des mêmes chaines ni donc des mêmes rédactions. Mais rien que l’étude de ces trois journaux montre une réelle évolution, et puis on peut quand même obtenir des confirmations de tendances en consultant le site de Média-G, donc...

Pour mesurer l’évolution du traitement de l’information, nous allons établir deux choses. La première est le temps d’antenne consacré à des images que je vais (peut-être abusivement) qualifier de « racoleuses » (les images montrant des drag-queens, des travestis, des personnes dénudées - et ceci uniquement pour les montrer, un peu comme des bêtes de foire) parce qu’elles peuvent choquer un certains public et les conforter dans leurs préjugés. Vous avez le droit de protester, mais attention, je précise bien que ce qui est reproché n’est pas de montrer ce type de manifestants, mais une certaine façon de le faire – sans discours, commentaires, uniquement pour faire de l’image. La seconde est le traitement de l’information, où l’on verra comment est qualifiée la manifestation et si le mot d’ordre des revendications de l’année a été bien transmis. Bref, on analyse le discours et l’image.

La Marche des Fiertés : une mauvaise réputation tenace...

Pour rappel, en 1997, 55 % des Français considéraient que l’homosexualité est une manière de vivre sa sexualité. Fait nouveau maintenant : dans un sondage réalisé par IFOP et publié par le quotidien Le Monde le samedi 22 juin 1996, à la question « Trouvez-vous plutôt choquant ou pas choquant l’existence de manifestations ou de défilés homosexuels tels que la Gay Pride ? », 46 % des sondés avaient répondus choquant, contre 50 % pas choquant. Que trouvent-ils de choquant ?
Pour le savoir, et ce malgré une dizaine d’années d’écart, on peut regarder aujourd’hui sur des forums de discussions sur internet pour s’en informer. J’ai ainsi par exemple que j’ai pu trouver un topic de 2006 parlant de la gay pride. En voici quelques extraits (dont les auteurs resteront anonymes, même si je fournis le lien ici :
http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/homosexualite-sujet_3609_1.htm )

- « Et alors la Gay pride c'est du cirque de la provocation, pas besoin pour revendiquer une cause de s'exhiber à la limite de l'outrage aux bonnes mœurs ».
- « Je pense que la gay pride n'arragera pas votre combat, ce type de parade a la limite de la descence ne plaide pas en votre sens pour l'adoption ou tout autre évolution de votre statut, […] Comment une société pourait jouer la fragilité d'enfant dans des couples ou les personnes ce comporte comme dans vos défilé ? »
- « Je suis assez d'accord avec ceux qui pensent que la Gay Pride a des effets négatifs sur la perception du problème de l'homosexualité. »
- « la question que je me pose c'est pourquoi ant d'homo se definissent par leur sexualité? est ce que je m'affiche et me defini comme hetero? […] tout l emonde s'en fiche de ce qu'ils font dans leur chambre a coucher!»
- « peut-être parce qu'ils subissent des discriminations ? »
- « peut etre qu'en ne portant pas ses activités personnelles en etendard ils ne seraient pas discriminés!
que chacun fasse ce qu'il veut chez lui, personne n'a besoin de le savoir! Vivons heureux, vivons caché »
- « Bonjour, Je ne suis pas contre l'homosexualité. Par contre je suis contre le fait de faire des manifestations (gay pride, act-up, etc...) à tout bout de champ. Pourquoi devoir afficher partout ses préférences sexuelles ? Si une personne aime faire l'amour avec 2 ou plusieurs personnes, cela regarde qui ? Pourquoi en parler partout ? Pourquoi aller hurler ceci dans la rue ? Pourquoi "défiler" pour parler de ça ? C'est "personnel", on n'a pas à imposer ses propres préférences, à balancer à tout le monde ce que l'on fait au lit et avec qui. Encore une fois : c'est ce "déballage" qui fatigue tout le monde et qui fait que certains peuvent réagir violemment. Pourquoi toujours parler de sa sexualité ? »

Donc, si on résume, nous obtenons : provocation, exhibition, limite d’outrage aux bonnes mœurs, limite de la décence, aspects négatifs, affichage de la sexualité, déballage. Tous ces termes ont une forte connotation sexuelle. Lorsque l’on lit ses mots, et si l’on n’a jamais assisté à une Gay Pride, on jurerait donc que cette manifestation est une sorte d’orgie. Pourtant, ceux qui y sont déjà allés vous diront le contraire. D’ailleurs, ceux qui tiennent ce type de propos ont-ils assistés à une Gay-Pride ? Il y a de grandes chances que non. Alors, pourquoi cette réputation ?

La Gay Pride, auparavant une mauvaise représentation à la télévision...

On peut postuler, sans trop se tromper, que l’image de la Gay Pride qu’ils ont vient des médias. Il est donc intéressant de regarder comment les médias traitent cet événement.

L’année 1997. Le sujet (présentation + reportage) dure 2m24s. Vous pouvez consulter gratuitement ce reportage du journal de FR3 du 28/06/1997 sur le site de l’INA
Cliquer ici pour voir le site


Le présentateur, Yvan Hallouin, lance le reportage plutôt correctement, même s’il compare la « marée humaine » des manifestants à une « troupe » (des musiciens forment une troupe, des majorettes forment une troupe, mais des manifestants forment une foule, hein). Le reportage commence aussi plutôt bien : vue sur des manifestants derrière un char, quelques personnes qui s’embrassent tout en défilant, tandis que la voix off indique que « Europride, cela veut dire fierté de se montrer, d’assumer qui l’on aime et qui on est. Les gays et les lesbiennes était 300 000 cette après midi dans les rues de Paris et se sentaient bien ensemble ». Bref, les 35 premières secondes constituent une bonne introduction loin des clichés.

Ensuite le reportage s’attarde 7 secondes sur un gogo boy, des drag-queens, et un postérieur dénudé. Juste après la voix off parle de la situation au Danemark qui a ouvert le mariage aux homosexuels et montrent d’ailleurs deux femmes habillées en robes de mariées. Suivent deux interviews de Danois. Si ce qu’ils disent est intéressant, la ménagère ne manquera de voir que le premier est torse nu. Puis le reportage donne la parole à deux Suisses travestis en tenue folklorique féminine, mais plus pour les montrer que pour le contenu de leurs propos.

Bref, pendant les 35 premières secondes du reportage, on oscille toujours entre information (plutôt sérieuse), et images « racoleuses » bourrées de clichés qui ne vont pas forcément faire reculer les préjugés de certains spectateurs.


Le reportage enchaine ensuite sur le projet du CUCS (Contrat d’Union Civile et Sociale, ancêtre avorté du PaCS), et l’interview de Lack Lang. Suivent 7 secondes top chrono parce qu’il faut aller très vite de toutes les revendications (je cite : « Mais pour l’instant il reste encore les points noirs : le désir d’enfant, l’adoption, impossible, les droits sociaux, fiscaux, l’héritage dans le couple, toujours pas reconnus. »). Puis deux témoignages sur l’acceptation des gays et des lesbiennes dans monde de l’entreprise et les maisons de retraites.

La voix off dénonce ensuite la difficulté de s’afficher en public et les préjugés : « Et puis il reste les filles qui n’osent pas forcément la visibilité, et tous ceux qui ne voit les homos que comme des folles ou des drag-queens » (en montrant des drag-queens faisant du french cancan d’ailleurs). Vient ensuite une interview d’un jeune père hétérosexuel qui soutient la manifestation : « Il faut avoir conscience que demain nos enfants peuvent être homosexuels. Donc faut déjà l’accepter au départ. »

FR3 nous a ainsi offert 65 secondes de journalisme.


Et pour conclure, le reportage remontre le côté festif de la manifestation avec de nouveaux drag-queens et hommes musclés au torse nu.

Bon, si on compte, on dénombre donc environ 38 secondes d’images « racoleuses » sur les 122 secondes qu’a duré le reportage, soit 31 % de sa durée. On n’oubliera pas 7 couples visibles, principalement lesbiens, dont 3 qui s’embrassent (ah, l’amour – donc ça je ne l’ai pas mis dans les images « racoleuses » hein !). La Gay pride a été dénommé « marche gay et lesbienne » et « Europride », ça c’est bien. Le mot d’ordre de l’Europride était « gays et lesbiennes : pour une vraie citoyenneté européenne » : personnellement je dirais que cela n’a pas été très clairement dit, donc peu mieux faire.

Quoiqu’il en soit, en deux minutes et demi, le spectateur lambda n’en retiendra que les images sensationnelles de drag-queens, de personnes dénudées. On comprend mieux leurs propos de « provocation, exhibition, limite d’outrage aux bonnes mœurs, limite de la décence, aspects négatifs, affichage de la sexualité, déballage » cités précédemment. Oui, la télévision peut faire des dégâts… et expliquer que 46 % des Français jugeaient la Gay Pride choquante en 1996…

Mais le traitement journalistique de la Gay Pride évolue vers plus de professionnalisme...

Les choses vont toutefois évoluer. Démonstrations avec les journaux de 2000 et de 2006.

L’année 2000. Le sujet (présentation + reportage) dure 2m08s. Vous pouvez consulter gratuitement ce reportage du journal d’Antenne 2 du 24/06/2000 sur le site de l’INA :
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=gay+pride&num_notice=1&total_notices=1

Et tout de suite le ton est donné : la présentatrice, Béatrice Schonberg, indique dans sa présentation que « le cortège de la Gay Pride déambulait cette après-midi dans Paris » et que « parmi les manifestants, et dans une ambiance de carnaval, cette fois-ci des politiques n’ont pas hésité à être en tête du défilé… ». Bon, certes, elle indique que le mot d’ordre est la lutte contre l’homophobie, mais coincé entre une déambulation (parce des manifestants ne manifestent pas, ne marchent pas, ils déambulent, c’est connu) et une ambiance de carnaval, cela ne fait pas très « information sérieuse ».
Mais les choses s’empirent avec le lancement du reportage : il commence par 15 secondes d’images où l’on voit des personnes déguisées, ou travesties, ou en tenue de cuir, quasiment nues, ou en train de se maquiller, etc… Pendant ce temps-là, la voie off indique que « L’extravagance est toujours là. Par provocation, ou simplement pour le plaisir d’un jour de fête ».


Bref, pour faire court, le journal d’Antenne 2 déballe en introduction tout de suite les gros clichés, ce qui ne fait que les renforcer dans la tête de nombreux téléspectateurs, dont certains ont peut-être déjà zappé, ou commencé à commenter les images (ça c’est une spécialité de ma grand-mère par exemple) sur exactement ce que l’on ne veut pas forcément insister le plus (puisque Béatrice Schonberg l’a dit elle-même, c’est une manifestation qui revendique la lutte contre l’homophobie). Et en plus en utilisant des termes qui montrent que la rédaction voit cette Gay Pride d’abord comme un événement festif et extravagant. Donc pour l’instant un quart du reportage est passé et rien n’est fait pour défaire les préjugés.

Ensuite, le reportage montre une ambiance de fête tandis que la voix off introduit enfin le cœur du sujet :
« Une fête aux couleurs gaies, celles du drapeau arc-en-ciel. Et si elle reste festive, la parade est de plus en plus militante et doit avant tout contribuer à lutter contre l’homophobie ». On commence donc à changer de ton pour un fond plus sérieux. Oui enfin, on montre quand même encore une fois deux personnes déguisées juste après hein, mais bon comme elles tiennent des pancartes militantes, c’est pour terminer la transition, hein…


Ce n’est donc qu’au bout de 50 secondes (donc quasiment la moitié du reportage) que commencent des interviews pour expliquer pourquoi les gens manifestent. Et pendant 70 secondes, on voit 5 interviews sur l’homophobie, le combat, les revendications d’égalité des droits, et l’estime de soi. Curieusement, il n’y a pas d’interviews de politiques, alors que la présentatrice avait lourdement insisté sur la présence de Bertrand Delanoë en présentation du sujet. Les journalistes devaient probablement être débordés pour ne pas l’interviewer…


Ce travail enfin réellement journalistique est toutefois un peu gâché par la conclusion en voix off : « La Gay Pride 2000, ce n’est plus être que dans l’extravagance pour exister ; tout comme la société, le mouvement homosexuel a grandi ». Oui parce que c’est connu, si les gays et les lesbiennes manifestaient avant, ce n’était surtout pas pour réclamer des droits, seulement pour faire la fête hein.

Bon, on critique, on critique, mais on sent tout de même qu’un an après le PaCS, il y a une évolution vers moins d’images racoleuses.

En faisant le compte, on dénombre 18 secondes environ sur les 108 secondes qu’a duré le reportage, soit 16 % de la durée du reportage. Soit une division par deux par rapport au reportage précédent. Bon en même temps là les images étaient dix fois plus « racoleuses » alors… La Gay Pride a été qualifiée de « carnaval », « d’extravagant », donc ça ce n’est pas bon. Le thème cette année-là était « l’homophobie est un fléau social » : la voix off le dit, l’interview de la présidente de SOS Racisme aussi, mais après les reportages suivants parlent un peu d’autre chose, mais c’est un peu près clair.


L’année 2006. Le sujet (présentation + reportage) dure 2m03s. Vous pouvez consulter gratuitement ce reportage du journal de TF1 du 24/06/2000 sur le site de TF1 :
http://videos.tf1.fr/video/news/newsthemes/france/0,,3311727,00-preoccupations-politiques-centre-gay-pride-.html

Claire Chazal annonce bien le thème de la manifestation (qu’elle appelle au passage correctement la Marche des Fiertés), à savoir le mariage et l’homoparentalité. Le reportage débute par deux « extravagants », le corps peints de couleurs vives, notre éternel homme papillon (les habitués de la manifestation le voient chaque année), un danseur sur un char torse nu. La voix off commente : « Homos, et fiers de l’être. Les manières de le dire ont été illimitées cette après-midi. Haute en couleurs souvent, bruyante aussi, festive toujours ».

Ensuite le reportage montre des jeunes défilés au rythme de la musique, puis quelques drag-queens. Mais le traitement est totalement différent, comme nous l’indique la voix off : « Comme chaque année, gays, lesbiennes, trans et bi ont défilés sous les fenêtres, près à soutenir n’importe quel regard, et certains (image sur les drag-queens là) ont apporté leur provocation comme une réponse aux discriminations ». Encore plus de surprise lorsque deux sœurs de la perpétuelle indulgence (mais bon les hétéros qui n’y connaissent rien se tromperont et diront drag-queens) sont primo interviewées et secundo pour faire autre chose qu’un simple commentaire sur leurs tenues : « Faut pas oublier les personnes qui sont … pas là, justement ; opprimées, discriminées, fatiguées, malades, ou planquées. » Et là je dis « Woaoua » (ben oui, je vous rappelle que là on est sur TF1 !).


La voix off annonce ensuite le thème de la marche cette année, à savoir le mariage et l’homoparentalité : « Alors durant cette Gay Pride, ils ont demandé l’égalité en 2007 : le mariage, mais aussi l’adoption… ». Puis cela rebondit sur la politique. Des personnages politique de premier plan sont interviewés (François Hollande qui réaffirme la promesse électorale du PS de voter le droit au mariage et à l’adoption s’ils sont élus en 2007 – ainsi que Jean-Luc Romero représentant la droite).


En faisant le compte, on dénombre 26 secondes d’images « racoleuses » environ sur les 93 secondes qu’a duré le reportage, soit 28 % de la durée du reportage. Cela parait plus que le reportage précédent, mais attention, il y a eut très peu « d’extravagants », et 18 secondes ont été prise pour l’interview intéressante des deux sœurs de la perpétuelle indulgence. Ainsi, si on ne comptabilisait pas cette interview, on ne compterait que 8 secondes, soit 8 % de la durée total du reportage. La manifestation a été correctement qualifiée de Marche des Fiertés, même si elle a été aussi appelée Gay Pride. Le thème a été annoncé (« pour l’égalité en 2007 ») et surtout cette fois-ci de manière concrète et à plusieurs reprises sur les thèmes du mariage et de l’homoparentalité.

Pour conclure :

Le traitement journaliste de la Gay Pride par les journaux télévisés s’est ainsi nettement amélioré qualitativement. Des « extravagants » moins présents (donc plus représentatifs par rapport au nombre de manifestants) mais surtout mieux introduits (ce ne sont quasiment plus des objets de foire et de curiosité si vous préférez), une réelle compréhension que la Marche est une manifestation pour réclamer des droits (ce qui était un peu oublié par certains qui n’en retenait que le côté festif), et une réelle et claire annonce des revendications de la marche.


S’il peut moins y avoir de témoignages sur les problèmes rencontrés par les homosexuels, c’est tout simplement que depuis quelques années ce sujet marronnier n’est plus la seule occasion de parler de sujets gays dans le journal télévisé, ces sujets s’invitant désormais à n’importe quel moment de l’année. Tout ceci contribue à effacer peu à peu les clichés, même si cela va prendre du temps, car cela est une évolution récente.

Mais si cela peut permettre de lever des clichés et des réticences, il n’y a pas de quoi lever des sympathies. En fait, d’autres changements ont participé aux changements de mentalités de la société française. C’est ce que nous verrons dans un prochain article…


Petite biographie :

1 ) Le jugement de la Gay Pride par la population
* sondage d’IFOP publié dans le quotidien Le Monde du samedi 22 juin 1996
http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/homo.asp
* topic d’un forum parlant au début de la gay pride
http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/homosexualite-sujet_3609_1.htm )

2 ) La représentation dans les journaux télévisés.
* reportage dans le journal de FR3 du 28/06/1997 sur le site de l’INA
Cliquer ici pour voir le site
* reportage dans le journal d’Antenne 2 du 24/06/2000 sur le site de l’INA
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=gay+pride&num_notice=1&total_notices=1
* reportage dans le journal de TF1 du 24/06/2000 sur le site de l’INA
http://videos.tf1.fr/video/news/newsthemes/france/0,,3311727,00-preoccupations-politiques-centre-gay-pride-.html

* on peut obtenir des comptes rendus de journaux télévisés sur le site de Média-G :
Notamment pour l’année 2000
- sur TF1 : http://media-g.net/detail.php?id=SZLBCDEXXB
- sur France 2 : http://media-g.net/detail.php?id=MOGEBZYBQB
- sur France 3 : http://media-g.net/detail.php?id=GMSPBAEWEC
- sur M6 : http://media-g.net/detail.php?id=LNMVB0HBJR
- sur LCI : http://media-g.net/detail.php?id=HEWBC0RZKJ
Et pour l’année 2005 (toutes chaines confondues)
http://www.media-g.org/detail.php?id=JJARBOKUOB 
Par Kim - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 19 novembre 3 19 /11 /Nov 00:49
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Les humeurs apériodiques de Bernard Alapetite



Remarque préalable : toutes les images de cette chronique sont cliquables pour être agrandies.


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Il y a loin du charmant garçon ayant pour nom Giovanni Andrade, qui en a fait rêver plus d'un en incarnant l'adolescent du film Eban & Charley (voir article ci-dessous), au performer branché de la scène new-yorkaise que l'on connait aujourd'hui sous son pseudonyme de Gio Peter Black. Et pourtant, c'est le même artiste qui n'en finit pas de surprendre en s'exprimant aussi bien par la chanson et la musique que par le dessin.


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Mais en cet automne, c'est sur les écran qu'a ressurgi GBP dans le nouveau film de  Bruce LaBruce, Otto, dans lequel il interprète le rôle de l'ex-petit ami du héros, un zombie. Lui qui n'avait pas tourné depuis le film de Bolton a enchainé avec un court-métrage ayant pour titre Glory Hole...


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Giovanni Andrade avait un côté « rose bonbon », ce qui n'est vraiment pas le cas pour GBP ; d'ailleurs son pseudonyme, Black Peter, fait référence au double noir du Père Nöel, celui qui apporte de vilains cadeaux aux méchants enfants.

 

                    

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GPB ne fait pas mystère de son homosexualité, qu'il clame haut et fort dans ses chansons et met en image dans beaucoup de ses dessins. La jeune œuvre de GBP est en grande partie directement ou indirectement autobiographique. 


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Un autre de ses grands thèmes de prédilection est l'immigration clandestine. Situation qu'il a vécu lorsque, jeune enfant, ses parents le transportèrent du Guatémala, où il est né, aux USA. Il explique son choix de peindre sur des cartes du métro new-yorkais par le fait que ces cartes sont emblématiques de « sa maison », New York, et traduisent aussi la vie souterraine, clandestine, qui a été celle de ses parents lors de leur arrivée aux USA.


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Son attitude envers son pays d'accueil est assez représentatif de celle de nombreux émigrés, et en particulier celle des artistes de la deuxième génération, écartelés entre un amour de leur nouveau pays et le ressentiment pour le peu de place qui leur est faite. Si GPB considère New York où il vit comme sa maison, il a aussi la nostalgie de ce qu'il appelle le vieux New York, non la ville propre et paisible que nous connaissons aujourd'hui et qu'il considère comme trop aseptisée mais le New York de la fin des années 70, celui de Morissey et de Basquiat.


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free download (for a limited time), love, Gio


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GPB est sans doute l'artiste actuel qui s'inscrit le plus dans la lignée de Basquiat. Comme son illustre aîné, il connait une célébrité (relative) très jeune. Il est métis, il a du sang indien. Et surtout son œuvre, si elle est moins cryptée que celle de Basquiat, est nourrie par ses expériences personnelles comme l'était le poulain de Warhol.


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GPB est toutefois moins individualiste que Basquiat. Il aime s'associer avec d'autres artistes pour exposer et aussi pour réaliser des œuvres à plusieurs mains. On peut remarquer qu'il a bon goût puisqu'il s'est associé avec deux brillants jeunes artistes, Slava Mogutin et Brian Kenny  qui, comme lui, s'expriment à travers plusieurs disciplines. Leur association se nomme Spoutnik III. La première exposition du groupe a eu lieu cet été à Bergen en Norvège où elle a connu un grand retentissement.


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Une des bizarreries de l'expression de GBP (qui clame que son art est l'expression directe de ses sentiments) est le contraste entre la violence de son expression musicale et la douceur de la facture de ses dessins. Facture souvent minutieuse, presque précieuse, qui elle-même se trouve souvent en contradiction avec les sujets traités.


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La musique et la chanson (il écrit tous ses textes) sont avec le dessin les trois modes qu'il privilégie, mais il ne fait pas de doute que GBP explorera bientôt d'autres voies. À la tête de son groupe, il s'est produit d'abord bien sûr à New York mais aussi à Berlin (que GBP aime particulièrement pour la vigueur de sa scène artistique), à Londres, Paris, en Belgique, en Italie et au Japon où il a reçu un accueil enthousiaste.

Black Peter a un charisme fou et passe très bien à l'écran.
Jetez-vous sur son MySpace  pour découvrir ses deux tubes Flip Flopping et It's Fucked Up




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Pour être informé des dates et des lieux des performances de GBP, on peut consulter les sites suivants:  gioblackpeter.blogspot.com et myspace.com/blackpetergroup ou encore myspace.com/gioblackpeter.

Il y a aussi de belles image de GPB sur le site de  Maurizio Fiorino .


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Par Bernard Alapetite - Publié dans : MERCI BERNARD
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Mercredi 19 novembre 3 19 /11 /Nov 00:36



Fiche technique :

Avec Giovanni Andrade, Brent Fellows, Ellie Nicholson, Drew Zeller, Pam Munter, Ron Upton, Nolan Chard, Deanna Alexich et Jennifer Utley. Réalisation : James Bolton. Scénario : James Bolton. Image : Judy Irola. Montage : Elizabeth Edwards. Son : Daniel Palin. Musique : Stephin Merrit.

Durée : 89 mn. Disponible en VO et VOSTfr.



Résumé :

Eban (Brent Fellows), 29 ans, ex-professeur de football, retourne dans sa ville natale pour vivre chez ses parents. Il se lie d'amitié avec Charley (Giovanni Andrade), un adolescent de 15 ans qui vient de perdre sa mère. Eban et Charley découvrent que leurs singularités dans cette petite ville côtière se ressemblent. Ils aiment tous les deux jouer de la guitare, se promener sur la plage, faire des ballades en bicyclette, discuter de poésie... Ils entreprennent peu à peu une relation amoureuse, malgré la menace du père d’Eban (Ron Upton) qui prend conscience de la situation.



L’avis de Bernard Alapetite :

Avant toute chose, il faut remercier Bolton pour le courage qu’il a eu à traiter dans son premier film la relation amoureuse et sexuelle entre un garçon de 15 ans et un adulte.

Ensuite, il faut louer sa lucidité pour avoir choisi Giovanni Andrade pour le rôle de l’adolescent. Il dégage une présence incroyable à l’écran. Mais on ne pouvait se douter que le joli garçon sensible qui crève la toile deviendrait quelques années plus tard un des performers les plus en vue de la scène underground new-yorkaise et surtout un remarquable graphiste connu sous le nom de Gio Black Peter (voir chronique ci-dessus).



Le choix de Brent Fellows pour interpréter Eban est judicieux. Bolton n’a pas fait l’erreur de le choisir trop beau. Avec son physique ingrat et son attitude un peu fuyante, Eban n’obtient pas d’emblée la sympathie du spectateur ; au début, on le perçoit même comme un prédateur. Il la conquiert in fine parce que l’on s’aperçoit qu’il est un garçon fragile, un peu perdu et qu’il n’y a pas que le corps de Charley qui tente Eban… mais qu’il est véritablement amoureux du garçon.

Au fil du film, on découvre que le plus mature n’est pas l’aîné mais le plus jeune des garçons. Cette inversion des rôles est la grande idée du scénario.



Bolton a fait de nombreux choix heureux pour son scénario, comme celui de faire de Charley un garçon qui ne semble pas avoir une inclinaison sexuelle avant sa rencontre avec Eban. Cela semble être la première fois pour lui. Eban a un passé qui est moins gratifiant. Eban semble aussi un peu "bête", ne réalisant pas complètement ce qu’il se passe pour lui. Il semble souvent incapable de s'exprimer en adulte et de justifier ses actes et ses sentiments.

Le rythme du film est lent. On partage avec les deux amoureux d’heureux moments de leur quotidien. Pourtant, jamais on ne s’ennuie, tant on sent qu’une terrible menace plane au-dessus de ce bonheur simple.



Eban & Charley, s’il n’est en aucun cas un film militant (ni les protagonistes ni leur relation ne sont idéalisés) est néanmoins un film moralement important car il déculpabilise les relations intergénérationnelles pour ceux qui ont vécu une telle expérience qui, aujourd’hui, sont stigmatisées par la société, peut-être comme jamais elles ne l’ont été.

Eban & Charley a été un des premiers films tournés en numérique, d’abord pour des raisons d’économie mais aussi parce que la caméra numérique permet d’être plus près des acteurs et est idéale pour filmer les scènes intimistes. D’autre part, elle est moins intimidante pour des acteurs débutants comme l’étaient ceux du film. En outre, elle permet une plus grande liberté de déplacement aux acteurs : c’était donc un très bon choix. Bolton était aussi très tenté par les principes du « Dogme » qui, alors, connaissaient une certaine vogue. Mais si le label « Dogme » lui aurait valu quelques subsides supplémentaires, il l’aurait privé de la musique qui est très belle. La B.O. a connu un succès bien supérieur à celui du film ; elle tient une place essentielle dans Eban & Charley.



L’image est presque toujours belle. Les scènes d’extérieur sont les plus réussies et c’est très bonne idée d’avoir situé cette histoire dans un petit port de pêche pittoresque (le film a été tourné dans l’Oregon). On décèle cependant quelques erreurs de lumières dans les scènes d’intérieur, ainsi que quelques faux raccords.

Quelques approximations scénaristiques nuisent également à la crédibilité de l’entreprise. Le plus gros défaut du scripte est celui d’avoir voulu ramasser la relation d’Eban et Charley dans la durée des vacances scolaires. Ce qui n’est guère crédible et est en contradiction avec le rythme lent du film qui montre bien comment chacun, petit à petit, s’apprivoise. On comprend bien qu’ainsi Bolton a voulu échapper (en particulier) aux incontournables scènes de collège qui sont coûteuses en figuration et difficiles à régler. Mais en cinéma, la facilité est presque toujours ennemie de la vérité.



Dans le montage final Bolton, timoré, n’a pas retenu la seule scène qui montrait de façon explicite que les deux amoureux avaient des relations sexuelles. Lorsque j’ai édité le film en DVD en France (Eklipse), j’ai demandé au réalisateur les scènes coupées pour les faire figurer en bonus dans le DVD. J’ai ainsi découvert cette scène et l’ai ajoutée dans mon édition malgré les réticences du réalisateur. L’édition française, aujourd’hui épuisée, est la seule à la posséder.

Avant Eban & Charley, Bolton avait réalisé un premier court-métrage, Growing Up, tourné alors qu’il était encore adolescent, qui raconte l'histoire de deux amis dans les rues de Los Angeles. Le film a été projeté dans de nombreux festivals à travers le monde et a donné à Bolton la réputation d'un cinéaste contestataire.

Eban et Charley est un film courageux et original qui parvient, malgré quelques facilités et son petit budget, à nous émouvoir et à s’inscrire durablement dans notre mémoire.

Pour plus d’informations :


Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 18 novembre 2 18 /11 /Nov 10:08




GREY'S ANATOMY  ET LA QUESTION
DE L'HOMOSEXUALITÉ

Une chronique d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 



Nombreux sont celles et ceux qui ont entendu parler ou connaissent la série médicale américaine Grey’s Anatomy. Créée en 2005 par Shonda Rhimes, diffusée aux USA sur la chaîne ABC et en France sur TF1, elle a permis la consécration de l’actrice Katherine Heigl aux Emmy Awards en 2007 et a remporté un Golden Globe la même année dans la catégorie « Meilleure Série Dramatique ».

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient tout de même pas, replaçons rapidement l’histoire. Le Seattle Grace Hospital est un hôpital universitaire où se côtoient médecins, internes, externes et infirmières. Meredith Grey (Ellen Pompeo), une jeune interne en médecine, fait ses premiers jours et découvre ses supérieurs et ses collègues. Elle se lie d’amitié avec plusieurs internes comme elle, Cristina Yang (Sandra Oh), Izzie Stevens (Katherine Heigl), George O’Malley (T.R. Knight) et Alex Karev (Justin Chambers) tout en entretenant en même temps une relation amoureuse complexe avec le chirurgien spécialisé en neurochirurgie, le Docteur Derek Shepherd (Patrick Dempsey). Pour information totalement inutile, le titre de la série, qui reprend le nom de famille de l’héroïne, est un jeu de mot avec le titre d’un traité d'anatomie très populaire chez les étudiants en médecine américains intitulé Gray's Anatomy.

Dès ses débuts sur la chaîne ABC, Grey’s Anatomy a fait d’excellentes audiences. La première saison obtient une moyenne de 18,8 millions de téléspectateurs qui croît lors de la saison 2 à 21 millions et lors de la saison 3 à 22,35 millions de téléspectateurs. Malheureusement c’est également cette troisième saison qui est entachée par une mauvaise publicité faite par l’acteur Isaiah Washington, l’interprète du chirurgien cardiaque Preston Burke. En octobre 2006, les journaux révèlent que l’acteur aurait empoigné son collègue Patrick Dempsey à la gorge lors d’une dispute. L’origine de l’altercation est l’utilisation du terme « faggot » (« pédé ») par le comédien pour désigner son collègue, T.R. Knight. N’ayant pas supporté cette attitude, Patrick Dempsey se serait interposé pour donner son opinion à Isaiah Washington et défendre T.R. Knight. Malgré des excuses publiques, la controverse enfle et T.R. Knight est rapidement contraint de faire son coming-out et de donner sa version des faits. Les journalistes continuent de demander des explications et Isaiah Washington renouvelle à plusieurs reprises des excuses publiques allant jusqu’à nier avoir utilisé le terme « faggot ». T.R. Knight déclare le contraire lors d’une émission télévisée et après cette mauvaise publicité, ABC annonce le 07 juin 2007 qu’elle ne renouvelle pas le contrat de Isaiah Washington.


 

Une mauvaise publicité qui a peut-être un rapport avec une rumeur qui se met à courir sur l’Internet quelques mois plus tard. En octobre 2007, différents sites annoncent que le Docteur Preston Burke sera remplacé par le Docteur Erica Hahn, interprétée par l’actrice Brooke Smith. Une rumeur associée, relayée par le site Afterellen.com et Univers-L.com, révèle que ce personnage serait lesbien et troublerait le Docteur Cristina Yang, qui devait au départ être bisexuelle. L’idée avait ensuite vite été abandonnée ou oubliée, à vous de juger.

Le public homosexuel et surtout lesbien est donc sensibilisé par ces déclarations et attend une histoire entre ces deux personnages principaux. Histoire qui tardera à arriver et qui n’arrivera finalement jamais. Par contre, une amitié très forte unit rapidement Erica Hahn au Docteur Callie Torres (Sara Ramirez). Certaines y voient plus que de l’amitié et les scénaristes décident d’explorer rapidement ce côté de leur relation.

Callie et Erica commencent par s’apprécier. Elles sortent alors plusieurs fois ensemble pour aller boire un verre dans le bar voisin de l’hôpital, rient de Mark Sloan et de son attitude et deviennent amies. Callie l’explique d’ailleurs très clairement à Cristina durant cette saison 4. Oui, elle est amie avec Erica. Cristina l’accepte mal puisqu’elle n’arrive pas à entrer dans les grâces de celle qu’elle considère comme son mentor. Cristina s’enfonce, Erica et Callie se rapprochent et le Docteur Addison Forbes-Montgomery-Shepherd (Kate Walsh) revient au Seattle Grace Hospital à ce moment-là.

Ancienne meilleure amie de Callie Torres, Addison réapparaît dans ce treizième épisode de la saison 4 « Piece of My Heart ». Elle découvre Callie et Erica en train de rire et très proches l’une de l’autre. Puis elle surprend Callie défendant Erica auprès de Cristina qui refuse de voir cette dernière revenir chez elle. Addison fait alors une tête géniale et lui dit qu’elle est très contente de voir Callie heureuse et qu’elle ne pensait pas qu’elle changerait d’équipe. Callie déclare alors en riant : « Tu veux savoir si Erica et moi… sommes… un couple ? » Callie rit de plus en plus embarrassée et Addison rétorque qu’elles forment un très beau couple. Seulement il ne se passe rien et Callie rétorque en bégayant que c’est « dément » et elle se justifie en déclarant : « J’aime… j’aime… les pénis… Je veux dire… je suis une très très grande fan des pénis… ».

À la fin de la journée, Callie offre un verre à Addison et Erica et toutes les trois rient autour de la table. Alors que Callie rit aux éclats, Erica enlève un cheveu collé sur ses lèvres. Addison s’amuse du geste, Callie boit son verre d’alcool cul sec et Mark Sloan arrive pour inviter l’une des trois à danser. Erica et Addison refusent mais Callie qui vient de descendre un second verre, se précipite pour le suivre sur la piste. Addison et Erica les observent. Addison déclare : « Elle est jolie », ce à quoi Erica surenchérit par un « Elle est magnifique » sans la quitter des yeux.

C’est un regard extérieur qui permet de mettre des mots sur le début d’une relation qu’un grand nombre de personnes souhaitent voir se réaliser sans oser l’avouer. C’est ce regard extérieur qui lui donne tout son sens et permet de laisser supposer que cela va évoluer plus loin qu’une simple amitié platonique.

Erica et Callie n’ont pas vraiment d’intimité ou de moments à elles. Elles évoluent dans un milieu fermé mais où elles sont constamment visibles. Elles ne sont jamais montrées réellement seules en tête à tête et ce sont les autres, leurs attitudes et leurs regards qui laissent penser qu’il y a plus.

Pourtant, comme pour nous prouver qu’il n’y a rien entre elles, l’épisode suivant, le 15 « Losing my Mind », permet de comprendre que Callie couche avec Mark. Erica est blessée de l’apprendre parce qu’elle ne se fait pas facilement des amis et qu’elle est déçue que Callie ne lui ait pas parlé. Elle sait que son amie va la laisser tomber pour s’occuper de sa nouvelle relation. Mais, depuis son divorce, Callie semble refuser de s’investir dans une relation amoureuse et donne le sentiment de n’utiliser Mark que pour le sexe. En effet, lorsque ce dernier réfléchit, dans la salle de repos, elle vient le trouver en courant et annonce : « Sexe ! Allons-y ! » Mark refuse et Callie quitte donc le travail pour retrouver Erica au bar de Joe. Là, elle fait part à Erica, profondément gênée, de ce que son amie Addison a pensé d’elles. En découvrant qu’Addison s’est imaginée qu’elles étaient en couple, Erica se met à rire, à rire et l’épisode se clôture ainsi.

Et puis l’histoire qui semblait satisfaire de nombreuses lesbiennes, accros aux subtexts depuis Xena, apparaît comme un pur fantasme d’hétéro masculin. Durant l’épisode suivant, Erica qui s’assoie à côté de Callie et Mark pour manger s’amuse du fait qu’on les prenne pour un couple. Elle propose une partie à trois à Mark qui fait croire qu’il n’est absolument pas intéressé. Seulement juste après, quand Callie lui dit qu’elle a envie de s’envoyer en l’air, il lui reparle de cette proposition à trois et se met à raconter ce qu’il ferait à Erica. Callie devient très mal à l’aise et part en le laissant seul.

Et un peu plus tard, quand Mark prend l’ascenseur dans lequel se trouvent déjà Callie et Erica, ces dernières s’amusent du fait qu’il n’a pensé qu’à cette idée toute la journée. Mark nie et, pour le provoquer, Erica embrasse Callie. Mark n’en revient pas, savoure le baiser et quand les portes de l’ascenseur s’ouvrent, Erica déclare en partant : « Tu vois, trop pour toi. » Mark est aux anges et demande à Callie de le rejoindre en salle de garde. Callie semble rêveuse. Elle est perturbée par ce baiser et donne le sentiment d’être sur une autre planète. Pas blessée du tout d’avoir excité Mark avec ce baiser lesbien, elle le rejoint en salle de garde.

Et enfin, dans le double épisode final « Freedom », Erica, Mark et Callie libèrent un jeune homme d’un bloc de béton. Ils font équipe pour lui sauver la vie et Callie est en admiration devant le travail de sa  collègue. Mark lui fait remarquer qu’elle devrait s’allonger vu qu’elle est debout depuis plus de 9 heures mais elle refuse. Elle observe travailler Erica tandis que Mark l’aide à prendre conscience de ses sentiments. Callie déclare à la petite amie de son jeune patient d’être honnête sur leur relation même si ce n’est pas la voie la plus facile. Ces propres mots l’amènent à réfléchir et en quittant l’hôpital aux côtés de Mark, Callie aperçoit Erica fouillant dans son sac.

Mark déclare alors à Callie d’aller terminer ce qu’elle a commencé. Devant son regard interrogateur, il réplique qu’il grandit et Callie s’approche de sa collègue. Erica lui parle de ses problèmes avec le chef et Cristina mais Callie se moque de tout cela. Elle explique : « Il y a quelque chose que je voudrais te dire… […] Erica, je dis quelque chose… Je voulais juste te dire… Je veux juste te dire… » Et Callie s’approche d’Erica, pose ses deux mains de chaque côté de son visage et l’embrasse. Mark les observe avant de partir.

Beaucoup de personnes ont trouvé que là encore, ce baiser semblait fait pour les hommes. J’ai voulu penser que non tant le moment était magnifique, la chanson de Bryn Christopher sublime et le tout superbement joué et tourné. La suite a donné raison aux sceptiques.



À la fin de cette quatrième saison et en attendant la cinquième, la presse s’est énormément intéressée à cette relation homosexuelle possible entre Callie et Erica. La créatrice de la série, Shonda Rhimes, a déclaré qu’ils allaient continuer dans cette voie et explorer les tenants et les aboutissants de cette histoire. Les scénaristes ont rencontré le GLAAD (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation) afin d’éviter les clichés. Ils ont discuté longuement avec des auteurs pour savoir comment développer cette relation de manière crédible et réaliste. Ils ont même déclaré : « Vous serez vraiment surpris quand vous découvrirez où cette histoire ira la saison prochaine. Parce que nous ne choisissons pas la voie facile. Et rien de cela ne sera facile. Pas pour Callie. Pas pour Erica. Et pas pour Mark Sloan… »

L’idée de l’amitié qui devient amour, l’idée de l’hétéro qui tombe amoureuse d’une possible autre hétéro ou d’une lesbienne dans le placard, l’idée d’un homme au milieu de l’équation, tout ça était assez complexe pour que tout le monde s’interroge et attende avec impatience la reprise.

 

Dans le premier épisode de la cinquième saison « Dream a Little Dream of Me », Erica et Callie commencent par s’ignorer dans les couloirs du Seattle Grace. La première fait semblant de lire le journal pendant que l’autre dégaine son biper comme une protection sûre. Elles sont toutes les deux gênées par ce qui s’est passé. Le temps passent et nos deux médecins sont obligées de se recroiser. N’ayant aucun endroit où se cacher, elles font quelques pas côte à côte et chacune explique pourquoi elle n’a pas téléphoné à l’autre.

Et puis un cas médical se présente. Seule Callie a étudié une nouvelle procédure pouvant sauver la vie de ce patient. Tout le monde la regarde et elle panique. Elle a uniquement fait des recherches ! Erica se tourne alors vers elle et lui déclare : « Très bien. Regarde-moi. Regarde-moi. Concentre-toi. Tu essaies quelque chose de nouveau. Il n’y a rien de mal à la nouveauté. Découvrir de nouvelles terres, repousser les limites – ça fait partie de ce métier. Alors Dr Torres, prenez votre respiration. Arrêtez de paniquez et dites-nous simplement. Que disaient vos recherches ?  »

Ces quelques mots permettent à Callie de revenir parmi les médecins et de se focaliser sur leur but commun, sauver la vie de ce patient. La procédure fonctionne. Un peu plus tard, Callie et Erica ont terminé leur journée et s’apprêtent à rentrer chez elles. Callie repère soudain Erica remplissant des dossiers, accoudée à la réception. Elle s’avance vers elle et explique très tranquillement :

CALLIE : Je ne suis pas une expérimentatrice. Je n’aime pas expérimenter.

ERICA : Oh.

CALLIE : Mais ensuite, tu t’es pointée et nous l’avons fait ensemble. Et l’expérimentation a été un succès !

ERICA : Oh [réalisant ce que cela signifie] Oh. (Elles rient. Callie parle de la procédure…)

CALLIE : Écoute, je n’ai jamais fait ça avant. Je n’ai jamais embrassé de fille. Je ne suis même pas sûre que j’aime embrasser les filles. Je n’aime pas, en fait… embrasser les filles. J’aime juste embrasser une fille. Toi.

ERICA : (en souriant) Je n’ai pas de point de comparaison. Je… tu es la seule femme que j’ai jamais embrassée.

CALLIE : Alors tu es flippée aussi ?

ERICA : Beaucoup de temps de thérapie.

CALLIE : Je ne fais pas de thérapie. Je fais juste tout ce ahhh et ensuite je persiste et… c’est ok. Tu n’as pas à savoir ça maintenant. Est-ce que… ça nous rend vierges, n’est-ce pas ?

ERICA : Je suppose dans un sens.

CALLIE : Vier – ges. Hé, on pourra être effrayées toutes les deux.

ERICA : Comme vierges. Et ouais, on pourra être effrayées ensemble.

Un premier épisode très prometteur. Pas de Mark Sloan, une crainte de chaque côté mais finalement un reste de communication. Du drame médical mêlé à une relation amoureuse naissante. Un excellent dosage qui présage une suite des plus intéressantes.

 

Mark Sloan n’est pourtant pas loin et réapparaît dans le troisième épisode « Here Comes the Flood ». Alors qu’Erica parle des nouvelles règles imposées par le chef, Mark pense qu’elle mentionne sa relation avec Callie. Erica est choquée qu’il soit au courant et discute de cela avec Callie.

ERICA : Nous avons un problème. Mark Sloan a appris pour nous.

CALLIE : Mark Sloan est au courant depuis le début. Je lui ai dit.

ERICA : C’est MARK SLOAN !

CALLIE : Quoi, tu n’as pas une personne à qui tu dis les choses ?

ERICA : Tu es la personne à qui je dis les choses. Et j’aime garder ma vie privée, privée. De tout le monde mais plus particulièrement de Mark Sloan.

Il faut dire que dans le genre coureur de jupons invétéré, imbu de sa personne, enquiquineur patenté, Mark Sloan est le maître incontesté. Il interrompt peu après une discussion entre Callie et Erica où cette dernière essaie de savoir ce que sa collègue a dit à Mark. Mark fait une réflexion stupide provoquant la fuite d’Erica. Callie lui demande d’arrêter mais il rétorque qu’il ne peut pas. Callie ajoute qu’Erica déteste ça et Mark répond que c’est justement la raison pour laquelle il ne peut pas arrêter. Pour le faire cesser de rire, Callie lui jette son os de poulet dessus et on sent une réelle camaraderie entre eux. Il n’est plus question de sexe mais d’intimité.

Peu après, Callie et Cristina trouvent un nouvel appartement plus grand à partager et Callie discute quelques instants avec Erica. Elle lui dit qu’elle comprend ses réserves mais qu’elle a besoin de pouvoir discuter et que Mark est son ami. Erica répond alors : « Je suis peut-être simplement jalouse qu’il t’ait vue nue. »

 

Tout s’accélère dans l’épisode suivant « Brave New World ». Erica aide Callie à déménager et caresse son dos l’espace d’un instant. Callie se recule, visiblement gênée. Erica semble mal à l’aise également mais prend son courage à deux mains et invite Callie à sortir.

ERICA : Est-ce que tu voudrais sortir avec moi ?

CALLIE : Comme un rendez-vous rendez-vous ?

ERICA : Oui, tu sais. Restaurant, bougies, bouteille de vin. À la fin de la soirée je tente de t’enlever tes vêtements.

CALLIE : Ah heu… ça serait un rendez-vous.

Erica semble très contente d’avoir fait le premier pas et heureuse de l’avancée de leur relation. Callie par contre est beaucoup plus mal à l’aise. Elle est complètement perdue, perturbée, gênée. Elle panique tellement qu’elle en parle à Bailey qui n’en revient pas. Bailey qui regarde ensuite Erica observer Callie avec un grand sourire. Bailey qui lui dit que comme pour tout territoire inexploré, elle doit être préparée à cette exploration. Elle lui dit de parler des règles, des attentes et de tout le reste avec Erica. Un discours très embrouillé mais profondément émouvant qui a le mérite de remettre les idées en place de Callie. Elle arrive donc au restaurant en déclarant : « Nous avons besoin de nos propres règles. »

CALLIE : Nous avons besoin de nos propres règles !

ERICA : Quoi ?

CALLIE : Des règles.

Callie explique alors qu’elle ne se sent pas prête à découvrir le « territoire en dessous de la ceinture » tout de suite. Comprenant ses craintes, Erica la rassure en lui disant qu’elles peuvent se contenter d’aller doucement. Elle lui tend son verre de vin en lui proposant de le finir et commence à regarder la carte des menus. Callie est soulagée d’avoir pu parler et observe Erica, heureuse.

Et à partir de là, tout devient incompréhensible.

 

Dans le cinquième épisode, Erica et Callie se retrouvent après leur rendez-vous chez Callie. Elles discutent de combien c’est rassurant de prendre son temps et de ce que cela enlève la pression, puis finissent par se jeter l’une sur l’autre. Tout pourrait aller pour le mieux si le lendemain matin Callie ne se précipitait pas auprès de Mark pour lui demander conseil et lui dire qu’elle n’a pas pu… Elle demande son aide à Mark d’autant plus qu’Erica semble avoir apprécié la soirée.

Peu après, Erica recroise Callie et met la main dans son dos. Là, Callie lui explique qu’elle ne peut pas la revoir après ce qui s’est passé. Erica pense que c’est parce qu’elle n’a pas aimé et Callie ne la détrompe pas. Elle se précipite auprès de Mark et lui dit qu’elle a besoin d’exceller dans ce qu’elle fait. Elle demande donc à Mark de lui montrer. Ce dernier ne se le fait pas prier et lui dit de quitter son pantalon. Callie est excitée à l’idée de découvrir « la méthode de Sloan » et le remercie à plusieurs reprises. Une fois ce moment passé, elle retrouve Erica et lui dit d’enlever son pantalon pendant qu’elle quitte son haut parce qu’elles vont recommencer.

Ok. Donc qu’une femme ne sache pas comment s’y prendre avec une autre femme pour sa première fois, à la rigueur, ça peut se concevoir. Je dirais même plus, ça se conçoit, c’est une première fois. Qu’un homme sache comment s’y prendre avec une femme, ça se conçoit, je dirais même plus, ça s’entend. Par contre qu’une femme aille demander à son meilleur ami de lui montrer de manière purement clinique et pratique, là j’avoue, ça me choque un peu plus. Un peu beaucoup plus. On occulte complètement les aspects sentiments, communication, communion, échange…

 

Et tout s’arrange dans l’épisode 6 « Life During Wartime », Erica et Callie se réveillent ensemble. Elles viennent visiblement juste de faire l’amour vu leur bonne humeur et leurs éclats de rire. Bon d’accord, elles sont habillées jusqu’au cou mais on suppose. Erica regarde Callie s’habiller et lui dit qu’elle est comme ses lunettes. Elle lui fait une superbe déclaration :

ERICA : C’est comme d’avoir des lunettes.

CALLIE : (en riant) Je t’ai rendue aveugle ?

ERICA : Non. Quand j’étais enfant, j’avais ce mal de tête. Et je suis allée chez un médecin et ils ont dit que j’avais besoin de lunettes. Je ne comprenais pas ça. Cela n’avait pas de sens pour moi parce que je pouvais voir clairement. Et ensuite, j’ai eu les lunettes et je les ai mises. Et je suis dans la voiture sur le chemin de la maison, et tout à coup, je hurle. Parce que les grosses tâches vertes que je voyais depuis toujours. Ce n’était pas des grosses tâches vertes, c’était des feuilles… sur les arbres. Je pouvais voir ces feuilles. Je pouvais voir les feuilles. Et je ne savais même pas que je manquais les feuilles. Je ne savais même pas que les feuilles existaient. Et… les feuilles ! Tu es les lunettes. Je suis tellement gay ! Je suis tellement tellement tellement gay. Je suis extrêmement gay.

Callie est choquée d’entendre cette révélation et ne sait pas quoi répondre. Elle est plus que surprise et part… se précipiter auprès de Sloan et coucher avec lui. Elle lui dit de ne pas parler, qu’elle est seulement là pour le sexe. Après avoir couché avec Callie, Mark lui demande ce qui lui prend. Callie lui explique alors qu’Erica a eu une révélation qu’elle n’a pas eue, elle. Elle aime autant coucher avec Mark qu’avec Erica. Mark lui dit de parler à Erica et Callie le fait. Elle confie à son amante qu’elle continue de coucher avec Mark puis explique à celui-ci que c’est la dernière fois avant de partir prendre un verre avec lui chez Joe.

Cet épisode est des plus frustrants parce qu’il nie totalement la question des sentiments. On a l’impression que le sexe n’est que du sexe. Que c’est simplement de la mécanique.

 

Et l’épisode suivant est le dernier de la relation Callie-Erica. Apprenant que Izzie a volé le cœur qui a été greffé à l’homme qu’elle aimait, Erica demande au chef de faire une enquête. Elle apparaît comme une méchante bornée et sans cœur qui ne comprend pas que l’on puisse agir par amour. Cruelle fin et déception quand Callie et Erica se quittent sur le parking après s’être disputées.

Pourquoi Erica quitte-t-elle la série me demanderez-vous ? Eh bien, là est la question à dire vrai. Le 03 novembre dernier, le journaliste Michael Ausiello travaillant pour Entertainment Weekly a déclaré que le personnage quitterait la série le 06 novembre, dans ce septième épisode « Rise Up ».

Évidemment, Shonda Rhimes, la créatrice, s’est empressée d’expliquer que : « Brooke Smith n’a certainement pas été virée parce qu’elle interprétait un personnage lesbien. Ce n’est clairement pas un problème que nous ayons un personnage lesbien dans la série, Calliope Torres. Sara Ramirez est une actrice et comédienne incroyable et nous voulons être capable de jouer avec sa magie. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé que cette magie et cette alchimie avec le personnage de Brooke auraient pu être soutenues longtemps. »



Alors déjà, il ne faut pas me prendre pour une imbécile. Parce que qualifier de lesbienne, Callie Torres, c’est me prendre pour une imbécile. J’ai regardé les épisodes ! Callie est celle qui a dit que c’était aussi génial que de coucher avec Mark ou Erica. C’est elle qui s’est envoyée deux fois en l’air avec Mark alors qu’elle venait de faire l’amour avec Erica le matin-même. C’est elle qui n’a pas de lunettes. Et vous la qualifiez de lesbienne ! Revoyez votre dictionnaire madame !

Ensuite, le coup de l’alchimie faut pas non plus me le faire à moi. Non parce que sérieusement, l’alchimie entre Callie et Erica était bien plus importante que l’alchimie entre Erica et Cristina ! Vous savez, la première rumeur ! Et puis vous aviez le temps, tout le temps que vous vouliez !

Là où ça se complique un peu pour les publicitaires, c’est que Kristin Dos Santos de E! Online a expliqué que le renvoi de Brooke Smith avait un rapport avec la nouvelle ligne de conduite de la chaîne ABC concernant la série Grey’s Anatomy. Cette dernière serait en cours de « dégayisation ». On vire la lesbienne, on rend la bisexuelle lesbienne par la pensée, on supprime la notion de bisexualité chez la nouvelle venue interprétée par l’actrice Melissa George (qui devait au départ être une possibilité pour Callie qui aurait ainsi semé le trouble dans le couple Callie-Erica).

Pourquoi une telle « dégayisation » me demandez-vous ? Je n’en ai pas la moindre idée et je pourrais me perdre pendant des pages en théories les plus folles. Il semble que la décision provienne de la chaîne de diffusion, ABC (American Broadcasting Company) qui, si vous l’ignorez, fait partie depuis 1996 de la Walt Disney Company. Je dis ça, je dis rien.

Ce qui est le plus exaspérant c’est qu’avec la disparition du couple Callie-Erica, on sent que tout a été marketé au plus au point. L’arrivée de la lesbienne supposée. Sa relation amicale avec un personnage. La possibilité d’une histoire validée par Addison. La mise en place de ladite histoire et la disparition de celle-ci. Une manière d’augmenter l’audience sans aucun respect du public.

 

Je suis énervée par le fait qu’aujourd’hui, on accepte de faire de nombreux épisodes isolés sur des gays et lesbiennes sans qu’ils n’aient le droit d’apparaître au générique en tant que personnage régulier. Savez-vous qu’en 2007, l’épisode 7 de la saison 3 « Where the Boys Are » a remporté un GLAAD Media Award pour sa représentation d’un couple gay. Saviez-vous également qu’il y a eu d’autres épisodes isolés ? Un mettant en scène un couple âgé de lesbiennes, l’autre mettant en scène un couple gay de militaires ? N’avons-nous plus le droit de cité que nous devons nous contenter de passages éclairs ?

Je regrette également cet emballement américain actuel qui veut que l’on ne montre plus de lesbiennes mais des bisexuelles. House a commencé avec le personnage de Thirteen, Bones a continué avec celui d’Angela Montenegro et Grey’s Anatomy aurait dû suivre avec Sadie qui est finalement redevenue hétéro.

Permettez-moi d’ôter mes lunettes. Je n’ai plus envie de voir clairement…

 

Isabelle B. Price (16 novembre 2008)

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Dimanche 16 novembre 7 16 /11 /Nov 09:44

Visuel : (c) GayClic

Eh ben, aujourd'hui, Jake Silbermann m'a écrit, oui, môssieur ! (et ça sent pas du tout le mail collectif, mais bon, c'est rigolo...) :
de Jake Silbermann
à Jag
date 28 octobre 2008 16:58
objet From Jake Silbermann

Thanks for writing! It really means a lot to me that you have taken the time to get in touch. Your support has been overwhelming and very much appreciated. It means so much to me that you have embraced this storyline. The story of “Luke and Noah” is being told as a love story, and I’m very proud to be a part of such an exciting and important topic.
I believe that is what make’s As The World Turns different from any other daytime show.
It really means a lot to know what you think about the story and in what direction you would like to see it go, so please keep sending your ideas and thoughts my way. I love to read your ideas and comments!
Looking forward to hearing from you soon.

All the best,
Jake Silbermann

Il veut vraiment savoir ce qu'on a envie de voir entre Luke & Noah ?? ;-)
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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