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Jeudi 18 décembre 4 18 /12 /Déc 00:56

« Cependant, la majorité des sidatiques subissent la misère sexuelle des contagieux. Le soir, une fois les feux et la télévision éteints, la panique monte et le lent mouvement de la masturbation rassure par son mécanisme monotone, nous rappelant le temps où nous vagabondions insouciants dans le rouge paradis de la sexualité.

Plus qu'une forme de calmant, la masturbation fait échapper pour un temps les hommes et les jeunes gens que nous sommes à l'univers semi-carcéral où nous avons été pris au piège par l'épouvante que nous suscitons. Les membres les moins scrupuleux des armées en campagne violent les femmes sans défense qu'ils rencontrent sur leur route. Les sidatiques qui ne disent pas à leur partenaire qu'ils sont malades et ne prennent avec eux aucune précaution font de même. J'ai pour eux le mépris que les officiers de West Point éprouvent pour les soldats perdus de My Lai. Je soupçonne ces quelques sidatiques de vouloir faire payer aux civils leur chance et leur indifférence. Que de haine, pour eux-mêmes et pour autrui, ces soudards doivent ressentir. » Alain Emmanuel Dreuilhe, Corps à corps : Journal de sida, Editions Gallimard/Au Vif du Sujet, 1987.

Par Jean Yves - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 18 décembre 4 18 /12 /Déc 00:29



Fiche technique :

Avec Max Kellermann, Winfried Glatzeder, Nicole Weber, Daniel Aminati, Daniel Berger, Renate Kröbner, Gerd Braasch, Gerd Uhlenbrock, Manuela Alphons, Peter Siegenthaler, Christiane Lemm, Bernd Stegemann, Christoph Schlingensief, Philip van der Wingen et Dietlinde Hillerbrecht. Réalisation : Peter Kern. Scénario : Peter Kern, d’après le roman de Wallace Hamilton.

Durée : 88 mn. Disponible en VO (ou en anglais sous le titre Street Kid ou Streetchild).



Résumé :

L’avis de Jean Yves :

Un film calme, presque romantique sur la naissance de liens entre un adolescent et un père de famille, jusqu'à l'impossibilité fondamentale de réussir une telle relation.

Gossenkind que l'on peut traduire par L'Enfant du trottoir, dévoile avec réalisme la vie d'Axel, prostitué de quatorze ans (Max Kellermann) : dans sa famille, sa mère absorbe la bière comme une gigantesque éponge et son beau-père le corrige, s'offrant à l'occasion le plaisir d'une sodomie punitive, lorsque les passes du petit ne rapportent pas assez.



La scène du viol est très perturbante pour celui qui ignore cette vie-là ; c'est pourtant ce qui se passe : la majorité des violences subies par les enfants le sont dans le cadre de la famille. Il faut souhaiter que ces images fassent réfléchir et non pas qu'elles habituent le spectateur à ce fait, comme le viol d'une femme, qui au cinéma, est devenu malencontreusement banal.

Il est dommage d'avoir affublé le jeune héros d'une fiancée idiote et superficielle vers laquelle il retourne à la fin du film, abandonnant son client favori et amant – un homme marié : Karl-Heinz Brenner (interprété par Winfried Glatzeder), lui-même fermement décidé à faire son coming-out familial.



Et pourquoi avoir conduit Karl, le père de famille, amant d'Axel, au bord du suicide après qu'il ait découvert l'homosexualité naissante de son propre fils ?

Axel a découvert l'amour avec Karl. Le fait qu'il retrouve, à la fin, son amie est étrange mais crédible. Pour ce qui est de la tentative de suicide de Karl, elle montre que l'amour des autres n'empêche pas ce geste. En cela Gossenkind n'est pas un film optimiste.

Le réalisateur croit-il en la capacité d'un adolescent à gérer sa vie sexuelle ? Je ne sais pas. Il reste que la relation sexuelle entre un adulte et un adolescent du même sexe reste un tabou…

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 18 décembre 4 18 /12 /Déc 00:14



Fiche technique :

Avec Mariangela Melato, Eleonora Giorgi, Erland Josephson, David Pontremoli, Anne Caudry, Paolo Rovesi, Allessandro Doria, Daniela Guzzi, Hella Petri, Armando Brancia, Davide Greco, Domenico Tittoni, Fred Personne, Nerina Montagnani, Peter Boom, Siria Betti et Pia Hella Elliot. Réalisation : Franco Brusati. Scénario : Franco Brusati et Jaja Fiastri. 

Durée : 110 mn. Disponible en VO et VF.

Résumé :

Dans une grande maison proche de Venise, une ancienne cantatrice vit avec sa nièce et son amie d'enfance. À l'arrivee du frère de la diva et d'un jeune ami, des couples se forment.

L’avis de Jean Yves :

Quatre personnages, réunis dans une vieille demeure auprès de leur tante, se souviennent de leur enfance et vivent quelques instants de bonheur, avant que la mort de leur parente ne vienne remettre en cause leurs illusions et leurs amours.

Marta (Hella Petri) ancienne cantatrice d'opéra, accueille dans sa villa proche de la cité lagunaire son frère Nicky (Erland Josephson) et son jeune ami Picchio (David Pontremoli). Vivent auprès d'elle sa presque nièce Anna (Mariangela Melato) et l'amie de celle-ci, Claudia (Eleonora Giorgi). Les résurgences du passé envahissent régulièrement Nicky et Anna, jusqu'à la mort de Marta, qui semble être une libération pour eux.

Après le décès de Marta, Nicky reste dans la maison de sa sœur tandis que les trois autres rejoignent celle des deux hommes. Suivent d'innombrables souvenirs d'enfance téléphonés, dévoilant les sentiments d'insuffisance de chacun.

En recourant aux symboles et canons freudiens et en présentant deux couples homosexuels comme représentatifs d'un conflit entre immaturité et maturité, Franco Brusati tire, certes, sur de vieilles ficelles. Pourtant il réussit à approcher la complexité des relations humaines où se mêlent rapports amoureux, amicaux, familiaux… bouleversés par le temps qui passe. À cela s'ajoute l'énorme difficulté pour se soustraire à leur imbrication.

Nicky et Picchio forment le couple du reflet, du narcisse. Nicky en est la tête esthète et Picchio les jambes robustes. Chez le couple de femmes, on retrouve cette symétrie : Anna est la saine fermière et Claudia la fragile institutrice : le code est rebattu mais il permet de mettre en valeur la fuite du temps, la fin de la jeunesse et la mort qui approche.

Si les deux couples homosexuels semblent dépourvus de sexualité – aucune scène ne montre le moindre rapport amoureux entre eux –, c'est que le sujet du film est ailleurs : les rôles d'incomplétude des personnages apparaissent comme le signe qu'ils ont déguisés la réalité pour suivre leurs rêves.

Un film magnifique, très proustien, avec une esthétique sensible des images.

Ce film, où le présent s'affronte aux souvenirs embellis, montre l'impact d'un regard apitoyé et moralisateur sur le passé. Excellent pour réfléchir sur les effets néfastes de la nostalgie.

Cette enfance dorée vécue dans le souvenir, dans une sorte de temps mythique, m'évoque les vers de Sandro Penna : « La jeunesse n'est rien d'autre peut-être / qu'aimer toujours les sens et ne pas s'en repentir. »

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 17 décembre 3 17 /12 /Déc 00:02
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 16 décembre 2 16 /12 /Déc 14:25
« Même si je finis, comme tous les autres, par mourir (du sida j'entends), je n'ai plus peur de lui car les pages qui précèdent m'ont purifié, donnant – tout au moins pour moi – un sens à ces trois années de soucis, de chagrins et de deuils, un sens exclusivement personnel.
Je serai mort pour une cause à laquelle je n'aurai pas renoncé : l'acceptation de mes forces et de mes faiblesses, mon respect pour mon homosexualité et celle des autres, la célébration de ma personnalité, des choix que j'ai faits, de l'amour de moi et, à travers moi, de tous les êtres humains. » Alain Emmanuel Dreuilhe, Corps à corps : Journal de sida
, Editions Gallimard/Au Vif du Sujet, 1987.
Par Jean Yves - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 16 décembre 2 16 /12 /Déc 10:18



CROIRE EN L'ÊTRE HUMAIN


Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 

http://spondylarthrite-alimentation.info/blog/images/espoir17ou.jpg

Je rentre de l’hôpital et se faisant, j’ai eu envie de vous parler. Rentrer de l’hôpital, je le reconnais, c’est assez naturel quand on est infirmière en CHU, ça n’a rien d’exceptionnel. Sauf qu’aujourd’hui je n’ai pas porté de blanc comme d’habitude, aujourd’hui j’y étais en simple visite.

Il y a trois jours j’ai accueilli un ancien patient, que nous baptiserons juste Monsieur. Je vais vous épargner les détails techniques et déprimants. Il faut juste savoir que cet homme a été opéré d’un cancer colique il y a cinq ans de cela et qu’il est aujourd’hui en parfaite forme pour ses 76 ans. Ses scanners ne montrent aucune récidive et il est simplement revenu pour une cure d’éventration, parce que comme l’explique tout naturellement sa femme : « quand il est rentré, il n’a rien écouté et il a jardiné et porté toutes les affaires, comme avant ». Il y a des gens, comme ça, ni la maladie ni les consignes des blouses blanches n’en viennent à bout.

Quand je l’ai accueilli il y a trois jours, j’ai dû l’installer dans le service voisin par manque de place dans le notre. Je l’ai écouté parler plus que je n’ai mené l’entretien. De toute manière mon dossier n’avait pas besoin de plus de renseignements, à quoi bon, je savais tout. Et puis il avait tellement besoin de parler que je me suis contentée de l’écouter. Avant de l’installer dans cet autre service, je lui ai promis de repasser le voir. J’avais pensé au vendredi, avant mes vacances, mais voilà le vendredi est arrivé, avec sa charge de travail, sa réunion, ses courses à faire, bref je n’ai pas trouvé le temps. Donc ce samedi, je me suis levée avec l’assurance que j’irai le voir, sur mon repos, le premier jour de mes vacances. Je suis ainsi allée là où je passe plus de la moitié de ma vie, un bâtiment ancien, décrépi, délavé et difficile d’accès qui est coincé entre plusieurs constructions récentes.

J’ai frappé à la porte de la chambre, pas tellement sûre que ce soit la bonne ; j’ai une mémoire sélective, principalement en ce qui concerne les chiffres. Je pensais qu’il s’agissait de la 26 mais une fois devant la porte, la 26 ne correspondant pas à la notion d’espace que j’avais, j’ai donc opté pour la 36, qui s’est avérée être la bonne.

J’ai passé discrètement la tête par l’entrebâillement de la porte car je refusais de le déranger en présence de sa famille. Parce que, que suis-je, moi ? Une infirmière qui l’a accueilli, une étrangère, une de ces autres, rien de plus. Et le fait que nous habitions la même ville, que j’ai récupéré le cactus qu’il nous avait offert de peur qu’il ne meure durant la réfection du service, le fait qu’il pense me connaître ne font pas de moi quelqu’un de différent. Je ne suis qu’une femme qui porte une blouse blanche dans un immense hôpital. Et quand je ne la porte pas, je ne suis qu’une visite de plus, sans même le lien familial.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il m’a tout de suite reconnue. J’ignore si c’est mon sourire ou ma coiffure en bataille, si c’est mon silence ou mon hésitation, si c’est ma gêne ou bien mon malaise. Quoi qu’il en soit il m’a souri et m’a fait signe de m’approcher. Je crois qu’il ne se rappelle pas de mon prénom, il ne connaît même pas mon nom ; je ne dis jamais mon nom de famille, il ne signifie rien. Mais j’ai lu dans ses yeux le plaisir. Il m’a demandé ce que je faisais là, habillée comme ça. Je lui ai répondu que je lui avais fait une promesse et que j’essaie de toujours tenir mes promesses. Je lui ai expliqué en toute simplicité que je ne travaillais pas et que j’en avais profité pour venir le voir.

Dire qu’il a été touché est un euphémisme je pense. Seulement je ne pense pas qu’il ait été touché autant que je l’aie été moi-même. Si la vie m’avait donné l’occasion de connaître mes deux grands-pères, j’aurai souhaité, rêvé, qu’ils lui ressemblent. Si j’avais eu la chance de connaître mes deux grands-pères, ça aurait sans doute été leurs histoires que je serais en train d’écrire en ce moment. Oui mais voilà ils ne sont plus là, c’est donc l’histoire de cet homme que je vais vous conter.

Un morceau choisi, parce qu’en une heure de conversation, je n’ai que peu parlé. Mais cela ne m’a pas dérangée, j’aime écouter, j’ai toujours aimé les histoires. Je crois que ça a commencé très jeune, avec les contes que me lisait ma mère. En grandissant j’ai continué à découvrir des histoires grâce à la lecture et à la télévision. Pas la peine de demander, non, je n’ai jamais aimé l’Histoire, la matière comme on nous l’enseigne à l’école ; il fallait apprendre toutes ces dates par cœur et ça, je n’aime pas.

Vous pouvez penser que ce qui va suivre est faux. Vous pouvez penser qu’il l’a inventé ou que je l’ai inventé. Peu m’importe. C’est sa vérité et c’est maintenant devenu ma vérité.

Avant de commencer, il faut savoir que cet homme, « fils de fermiers » comme il dit, a réussi dans la vie parce qu’il était ouvrier qualifié ; il traitait le cuir à une époque où cela voulait encore dire quelque chose et d’après ce que j’ai cru comprendre, il a très bien réussi. Il possède plusieurs maisons, il vit aisément mais simplement.

L’histoire débute à l’époque de la création du barrage. (Ne me demandez pas de quel barrage il s’agit. Je ne suis pas de la région mais quand les gens me parlent, ils sont persuadés que je sais de quel événement local datant de plus de 30 ans ils me causent). Le fils Machin avait un café qui marchait très bien avant qu’on ne construise le barrage. Mais une fois ce fameux barrage achevé, les affaires sont allées de mal en pis. Il s’est retrouvé avec des dettes, beaucoup de dettes et a demandé à son père de se porter garant pour lui.

Un jour, le père en question est passé devant le magasin de mon Monsieur et lui a dit « tu es un honnête travailleur ». Il lui a ensuite demandé s’il ne voulait pas acheter sa maison. Mon Monsieur lui a répliqué que s’il était passé pour se moquer de lui, il n’avait qu’à repartir. Là, le vieil homme a fondu en larmes et lui a expliqué que sa maison allait être vendue aux enchères et qu’il allait de ce fait se retrouver à la rue. Il a tout raconté, les dettes de son fils, les difficultés, tout. Mon Monsieur l’a écouté puis a fini par rentrer chez lui pour aller voir sa femme. Il lui a dit qu’il allait racheter cette maison. Sa femme lui a soufflé dans les oreilles « comme avec ces trompettes, tu sais, ces grosses trompettes » (j’ai vu les trompettes, vous voyez les trompettes). Elle lui a dit qu’ils ne pouvaient pas se le permettre, d’autant qu’ils n’avaient pas pu faire de crédit pour leur maison.

Mon Monsieur n’a rien voulu entendre. Il s’est rendu à la banque, qui a refusé de lui prêter l’argent. Il est reparti et s’est rendu chez le voisin, monsieur Bidule, un fils célibataire riche. Il lui a expliqué que la maison de Machin allait être vendue aux enchères et qu’il voulait la racheter. Mais la banque refusait de lui prêter l’argent. Le fils Bidule a ri aux éclats « Ils refusent de te prêter l’argent ?! Avec ton magasin et tes deux maisons ? Alors je me porterai garant pour toi ». Ils sont ainsi retournés à la banque qui a allongé l’argent. Mon Monsieur est rentré chez lui pour parler à sa femme qui avait compris qu’il ne changerait pas d’avis et avait donc décidé de le soutenir.

Ils sont allés chez le notaire. Il a acheté la maison. Et quand le notaire lui a demandé ce qu’il comptait en faire, il a tout simplement déclaré qu’il laissait le précédent propriétaire, le vieil homme et son épouse l’habiter. Sans loyer, ni contrepartie. Ils devaient juste payer l’eau et l’électricité. Ils y sont restés jusqu’à leur mort m’a dit mon Monsieur en souriant, « Jusqu’à leur mort. Et après tu sais ce que m’a demandé leur fils ? À rester lui aussi. »

Je me suis dit quel toupet ce petit con (bien plus âgé que moi, certes, mais quand même). Ruiner ses parents, les foutre à la rue et ensuite demander à bénéficier de la générosité du voisin. Mon Monsieur m’a dit qu’il avait refusé et qu’il avait offert la maison à sa fille aînée.

J’en avais les larmes aux yeux. Je crois que vous n’imaginez pas à quel point cette histoire m’a redonné confiance en l’être humain. Ça a eu le même effet sur moi que la fois où cet homme d’un âge presque similaire m’avait montré une photo de lui en noir et blanc en m’expliquant que c’était à l’époque où il avait fui dans le maquis parce que les Allemands voulaient le tuer.

Cette histoire m’a donné l’impression que nous ne savons plus, aujourd’hui, ce qu’est la vie, ou que nous l’avons oublié. Je suis désormais garante de cette histoire car je l’ai écoutée et je viens de vous la faire partager. Mais qui, aujourd’hui ou dans 20 ans, croira encore qu’une telle chose est possible ?

Je fais un métier qui me fait voir le pire des hommes. Je vois leur lâcheté, leurs peurs, leurs craintes, leurs souffrances, leurs désirs, leurs rêves inachevés, leurs capacités de manipulation. Et parfois, au milieu de tout cela, parfois ressortent des instants aussi magiques qu’un samedi pluvieux et gris, passé assise sur l’accoudoir d’un fauteuil délavé et déchiré, à écouter un vieil homme allongé et perfusé vous raconter qu’il a fait cela parce qu’il fallait le faire, simplement parce qu’il fallait le faire.

Alors je dis merci. Merci Monsieur de m’avoir raconté votre histoire, de m’avoir rappelé pourquoi j’ai choisi ce métier, de m’avoir redonné confiance en moi, en nous. Merci. Parce que grâce à vous je n’ai pas seulement retrouvé le courage qui me manque depuis quelques semaines pour continuer dans cette voie, mais aussi car j’ai également pris conscience que le jour où je ne verrai plus cette beauté qui irradie de certaines personnes que je croise et que je côtoie, il sera temps pour moi de changer de voie.

Merci d’avoir croisé ma modeste route, Monsieur…

Merci…

 

Isabelle B. Price (30 Novembre 2008)


Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Mardi 16 décembre 2 16 /12 /Déc 10:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Lundi 15 décembre 1 15 /12 /Déc 09:18



Fiche technique :

Avec Dustin Hoffman, John Voight, Sylvia Miles, John McGiver, Brenda Vaccaro, Jennifer Salt, Paul Benjamin, Paul Morrissey, Barnard Hughes et Bob Balaban. Réalisation : John Schlesinger. Scénario : Waldo Salt, d'après le roman de James Leo Herlihy. Directeur de la photographie : Adam Holender. Musique : John Barry. Monteur : Hugh A. Robertson & Jim Clark.

Durée : 113 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

 


Résumé :

Joe Buck, jeune et fringuant simili cow-boy, quitte son Texas natal pour monter à New York dans l’espoir de mener une carrière de gigolo. Mais sa déconvenue est rapide et il se retrouve bientôt fauché. Dans un bar, il rencontre Ratso Rizzo, un paumé tuberculeux, estropié de naissance et drogué, qui commence par l'escroquer en lui promettant de lui trouver de riches clientes. Mais en fait de milliardaires, il ne lui ramène qu’un voyeur homosexuel. Ratso, pris de remords et souffrant de solitude, propose alors à Joe de faire équipe avec lui. Une amitié insolite naît entre ces deux épaves que tout sépare. Ils n'auront désormais qu'un seul rêve : partir au soleil de la Floride…



L’avis de Philippe Serve :

Plus de trente ans après sa sortie-choc, Macadam Cowboy garde toutes ses dents (mordantes). Pourtant, on aurait pu craindre que ce film si ancré dans les sixties subisse un vrai coup de vieux, à l'instar par exemple de Easy Rider ou d’Orange Mécanique qui, s'ils restent des films phares de leur époque, n'en ont pas moins perdu une grande partie de leur charge offensive... Rien de tel avec le film de John Schlesinger qui nous laisse aussi impressionné en 2009 qu'en 1969. 



Macadam Cowboy aborde plusieurs thèmes : l'amitié, le sexe (via la prostitution masculine), le Rêve américain si emblématique des années 60, la jungle des grandes villes, la jeunesse américaine de l'époque avec ses hippies et son mouvement psychédélique, le fossé culturel entre la Côte Est et le Sud profond, l'injustice sociale, etc. La mise en scène de Schlesinger est si parfaite et son montage si bien huilé que tous ces thèmes se fondent les uns dans les autres et n'apparaissent jamais plaqués ou reliés artificiellement, à tel point qu'à la fin du film on ne peut se demander si l'un de ces thèmes domine l'œuvre un peu plus que les autres ou pas...



En fait, si on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'un lien les unit tous et devient le thème central de Macadam Cowboy : le mensonge. L'amour tarifé : mensonge des sentiments... L'American Dream : miroir aux alouettes, donc mensonge... La mythique hospitalité des new-yorkais : mensonge... La fraternité hippie : aussi évanescente que la fumée des joints... L'American Way of Life qui unirait tous les citoyens du pays : vaste fumisterie... Face à ce mensonge en forme de mirage généralisé, ne reste aux laissés-pour-compte  qu'une seule valeur humaine à laquelle se raccrocher : l'amitié. Mais le constat de Macadam Cowboy est cruel car même elle, en fin de parcours, ne suffira pas à sauver ces damnés de la terre...



À sa sortie, Macadam Cowboy au parfum de scandale fut classé X pour quelques scènes de nudité. Mais peu de doutes sur les raisons réelles ayant prévalu à une telle décision. Ce que les censeurs de cette Amérique bien-pensante ne pouvaient accepter était bien plus le traitement réservé par le film aux "valeurs" américaines, à commencer par la prostitution masculine, sujet tabou (Midnight Cowboy/Macadam Cowboy est le nom de code donné aux prostitués mâles).



Cela n'empêcha pas le film de remporter trois Oscars : meilleur film, meilleur metteur en scène et meilleur scénario d'adaptation, pour sept nominations dont celles de meilleurs acteurs pour Jon Voigt et Dustin Hoffman. Les deux interprètes principaux du film auraient incontestablement mérité de se voir attribuer la statuette tant leurs performances restent mémorables.



Jon Voigt trouve là le rôle de sa vie, incarnant à la perfection le personnage de Joe Buck... Joe est un jeune homme à la naïveté abyssale, sans réelle éducation, émergeant d'une petite ville du Texas où il travaille comme plongeur dans un restaurant, un plouc croyant dur comme fer à son destin, à sa beauté (il est un joli blond au visage de poupin) et s'il n'est pas « un vrai cow-boy » (« I ain't a for-real cow-boy ») comme il s'empresse de toujours le préciser, il est « un vrai étalon » (« But I am one helluva stud »), ne manque-t-il pas d'informer ses interlocuteurs... Habillé de vêtements tous plus flashy les uns que les autres (veste en daim à franges, chemises cow-boy, santiags et stetson), il colle ou plutôt essaie de coller sa personnalité à son allure...



De brèves séquences de flash-back nous révèlent certains détails de son enfance et aident à situer le personnage de façon plus précise. Au début du film (pendant son voyage vers New York), ces séquences sont toutes à son avantage et montrent une grand-mère le flattant et une petite amie le persuadant à satiété qu'il est « le meilleur ». Un peu plus tard, lors d'un somme dans le squat de Rico, le flash-back deviendra beaucoup plus dramatique, son souvenir sexuel avec son amie tournant à l'intervention de Texans qui la violent... Joe rêve de la ville mais la ville le rejette de toute sa froideur et son anonymat. New York montre un sale visage, celui de cet homme, correctement habillé, allongé inconscient au milieu du trottoir et ignoré par les passants, à la grande surprise du nouvel arrivant qu’est Joe qui n'ose cependant pas intervenir et passe son chemin lui aussi...



Ses brusques accès de violence lui échappent toujours et le laissent aussi désemparé qu'un petit enfant devant la bêtise qu'il vient de commettre... Son attachement à Rico est sincère et révèle, sans démonstration, sa « bonne nature ». Jon Voigt, il me faut le répéter, est magnifique et son jeu gagne à plusieurs visionnages...



Face à lui, Dustin Hoffman réussit une performance une fois de plus hallucinante. Gagnant sa deuxième nomination à l'Oscar deux ans après Le Lauréat (The Graduate, 1967) et à des années lumières du rôle de Benjamin Braddock qu'il y tenait, le petit acteur (petit par la taille, immense par le talent) acquit dès lors une réputation de nouvelle star spécialisée dans les "anti-héros" qui commençaient alors à peupler le cinéma US. Son interprétation de Rico "Ratso" Rizzo demeure inoubliable avec sa silhouette bancale, son éternel mégot aux lèvres et sa toux dont chaque manifestation nous arrache un morceau de cœur.



Rico est le contraire parfait de Joe. Lui est estropié, petit, les cheveux noir graisseux, n'a sans doute jamais connu la moindre femme et si New York représente le paradis (déçu) pour le beau Texan, lui rêve du sud, du soleil et des noix de coco de Floride. Son rêve à lui, c'est Miami... Joe et Rico fonctionnent comme un drôle de couple, finalement pas si loin des clowns (tristes) de cirque. Et les deux acteurs, sous la direction inspirée de John Schlesinger, magnifient un peu plus à chaque seconde leurs personnages, leur opposition et, par conséquent, la grandeur de leur amitié.



La mise en scène de Schlesinger, comme écrit précédemment, reste un modèle du genre par sa capacité à fondre tous ses divers éléments en un tout cohérent et très fluide. Elle s'appuie aussi sur une remarquable bande-son dont le fameux "Everybody's Talkin", chanté par Harry Nilsson, futur compagnon de beuverie de John Lennon, et qui fut un énorme hit à la sortie du film.
Gageons que dans trente ans, en 2039, Macadam Cowboy gardera encore toute sa force et son émotion. N'est-ce pas là la marque de ce que l'on nomme communément un chef d'œuvre ?

Pour plus d’informations :

Par Philippe Serve - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 14 décembre 7 14 /12 /Déc 00:13

Visuel : (c) GayClic

Fans de Noah/Jake, pas d'inquiétude, il revient dès le prochain épisode...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 14 décembre 7 14 /12 /Déc 00:09

Visuel : (c) GayClic

La pauvre Alison va regretter d'avoir voulu aider Luke à battre Kevin aux élections... Heureusement, Super Casey est là.
Noah est absent de cet épisode, mais Luke et Kevin parlent à coeur ouvert dans la 2e partie.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 13 décembre 6 13 /12 /Déc 00:56

Visuel : (c) GayClic

Celui où le mystère s'épaissit autour de l'ancien flic russe. Site de la série.



Par Hari3669
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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 01:02

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon offre une tradition culturelle de l'homosexualité. Qu'ils exaltent les vertus guerrières du samouraï ou qu'ils se travestissent dans le théâtre nô, les hommes ont tous le culte de la beauté et de l'amitié virile. Illustration de la décadence et de la persistance d'une certaine conception de l'homosexualité purement nippone.



Une autre sphère où se développe une culture homosexuelle, la moins noble certes, mais qui a survécu jusqu'à aujourd'hui, est en effet celle du théâtre. Elle naquit de la rencontre du monde des moines avec celui de la cour impériale. Tandis que la noblesse aimait à fréquenter les monastères pour goûter la danse des chigos, elle introduit dans l'enceinte du temple l'art de vivre des seigneurs. Désormais, les chigos eux aussi se maquillent et se drapent d'étoffes rares, à l'image des éphèbes, posant de fait les bases du travestissement théâtral.


Au XIVe siècle, le Shôgun Yoshimitsu (ci-contre), envoûté par un spectacle de sarugaku ou danse de singes, et plus encore par le fils de l'acteur, décide de faire venir ce dernier dans sa cour. Fujiwaka devient dès lors l'amant préféré du shôgun et le fondateur du théâtre nô.

Nombreux sont ensuite les disciples de Fujiwaka qui suivront le chemin de leur maître, comme si celui qui désirait devenir acteur devait de fait être l'amant de son protecteur. Enfin, il est significatif que la propagation d'un art de vivre pédérastique aille de pair avec le développement du nô, non plus réservé au monde des shôgun, mais de plus en plus apprécié par le monde des campagnes. Cela ne signifie pas pour autant que l'homosexualité n'y existât pas auparavant. Mais à partir de ce moment, elle se conçoit comme éthique inspirée par les Puissants. Elle devient un acte de civilisation, un bien, une valeur de référence.


Très vite, de même que l'éphèbe remplace peu à peu les enfants dans le coeur des amants, les chigos vont laisser leur place au wakashu, au sein du théâtre nô. Parallèlement, de même qu'on passe d'une culture pédérastique à une culture homosexuelle, le théâtre kabuki va gagner en popularité par rapport à la tradition du nô.


A l'origine, les femmes tenaient leur rôle dans le kabuki. Mais très vite les autorités interdirent leurs prestations, la scène leur servant de faire-valoir pour s'adonner ensuite à la prostitution. Des garçons habillés en femme, et souvent avec plus de grâce que celles-ci, prirent donc leur place. La morale était sauve. Mais, si l'éphèbe était amant dans le nô, l'acteur reste prostitué dans le kabuki. Il s'agit d'un véritable statut social.


L'esprit japonais vise toujours à un idéal de beauté. Le prostitué ne peut donc se concevoir comme un simple agent de passe, la scène servant d'étal pour apprécier les qualités du jeune homme. Comme l'acteur, le prostitué joue un rôle social. On ne se décide pas prostitué ; on doit le mériter par un très dur apprentissage.


Le statut d'oyama est un peu différent. Cet acteur qui joue uniquement des rôles de femme, ne doit pour parvenir à la perfection, jamais relâcher son attention. Autrement dit, en ville comme sur la scène, il lui est nécessaire de se conformer en tous points à l'image d'une femme.


Yukio Mishima, dans une nouvelle célèbre, Onnagata (1), brosse le portrait d'un de ces acteurs :

« Oui, Mangiku était entièrement féminin, aussi bien en paroles qu'en gestes dans la vie réelle. Si Mangiku avait été plus masculin dans sa vie quotidienne, les instants où le rayonnement du rôle qu'il venait de jouer s'effaçait lentement pour se fondre dans la féminité de sa vie quotidienne – qui était un aspect du même faire-semblant –, ces instants auraient figuré une absolue séparation entre la mer et la terre, la fermeture d'une impitoyable porte entre le rêve et la réalité... L'onnagata naît de l'union illégitime du rêve et de la réalité. » (1)

L'homosexualité commence à être mise en marge dès l'avènement de l'ère Meiji (1868-1912), qui correspond à une phase de modernisation et d'occidentalisation du Japon. Sa condamnation n'est pas tant le fait d'une propagation des idées chrétiennes et de la morale catholique (les Jésuites du XVIe siècle n'avaient pu que constater le péché abominable, sans pouvoir l'interdire – leur vie en aurait aussitôt été menacée) qu'une réaction du Japon moderne contre tout ce qui pouvait représenter les valeurs féodales, donc, en premier lieu, l'homosexualité.


Une culture de plusieurs siècles oubliée en quelques années, tel est le paradoxe de l'homosexualité nippone, aujourd'hui calquée sur le modèle occidental.



(1) Dans le recueil La mort en été, Yukio Mishima, Editions Gallimard, Collection Du monde entier, 1983, ISBN : 2070251101, page 200


A LIRE : La voie des éphèbes : Histoire et histoires des homosexualités au Japon de Tsuneo Watanabe et Jun'ichi Iwata, Editions Trismégiste, 1987, ISBN : 2865090248

Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 01:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 00:59

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon offre une tradition culturelle de l'homosexualité. Qu'ils exaltent les vertus guerrières du samouraï ou qu'ils se travestissent dans le théâtre nô, les hommes ont tous le culte de la beauté et de l'amitié virile. Illustration de la décadence et de la persistance d'une certaine conception de l'homosexualité purement nippone.



L'homosexualité semble avoir été d'emblée adjointe aux principes des deux principales écoles bouddhistes du Japon. Le maître Kôbô, fondateur de l'école Tendai, a été considéré comme l'initiateur d'un mouvement homosexuel nippon. L'école Shingon a également intégré cette voie. Les relations qui s'établissent dans les monastères sont uniquement pédérastiques : le maître aime un chigo qui peut se révéler parfois être un dieu, puisque selon un culte très ancien, les dieux apparaissent incarnés sous la forme de garçons angéliques.


L'atmosphère raffinée qui règne dans le temple invite autant à la méditation qu'à l'efflorescence des arts. Les moines composent des poésies pour leurs chigos ; ces derniers apprennent la musique et la danse - à l'origine du théâtre nô ; l'aristocratie et l'empereur viennent se divertir auprès d'eux. Parfois, il arrive qu'une armée de moines s'empare d'un monastère qui leur aurait ravi un de leurs protégés. Enfin, la pédérastie religieuse semble pouvoir être justifiée par le bouddhisme tantrique qui définissait des moyens permettant aux hommes d'accéder de leur vivant à la délivrance. C'était dès lors ouvrir des voies dont le Shudô (1), pratiqué par les samourais.


A l'origine, le Shudô (1) devait permettre la réalisation d'un amour idéal. Les principes étaient très simples : les amants se juraient l'amour parfait ; aucun interdit social ; la droiture et la noblesse du coeur étaient de mise, ainsi que le respect de chaque passion, dût-elle ne pas correspondre aux vœux ; enfin, la pratique de la poésie. Le garçon particulièrement beau devait par ailleurs veiller à conserver une âme, en vue de sa vie future. 


A partir du XVIIIe siècle on assiste à un affaiblissement puis à un effondrement de cette doctrine, qui entraînent à terme une condamnation de l'homosexualité. Cela tient en partie au fait qu'à la rigueur de l'idéal masculin se substitue un épicurisme débilitant : signe révélateur, les prostitués s'habillent désormais en femme, le guerrier prend de plus en plus les masques de l'acteur.



(1) Le shūdō (衆道) est la tradition japonaise d'une homosexualité de type pédérastique pratiquée au sein des samourais de l'époque médiévale jusqu'à la fin du XIXe siècle.


A LIRE : La voie des éphèbes : Histoire et histoires des homosexualités au Japon de Tsuneo Watanabe et Jun'ichi Iwata, Editions Trismégiste, 1987, ISBN : 2865090248

Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Jeudi 11 décembre 4 11 /12 /Déc 03:14
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Jeudi 11 décembre 4 11 /12 /Déc 00:56

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon offre une tradition culturelle de l'homosexualité. Qu'ils exaltent les vertus guerrières du samouraï ou qu'ils se travestissent dans le théâtre nô, les hommes ont tous le culte de la beauté et de l'amitié virile. Illustration de la décadence et de la persistance d'une certaine conception de l'homosexualité purement nippone.



Généralement, le futur samouraï suivait le cursus suivant : d'abord objet d'amour de la part des adultes, majeur, c'était ensuite à son tour d'aimer les garçons, avant de devoir prendre femme, ce qui ne signifiait pas pour autant l'arrêt de ses relations avec ses amants.


Sur une des peintures Shunga de Miyakawa Chôshun, on voit une femme, cachée derrière une cloison en train de reluquer son mari (?) qui sodomise son amant.


Scène pédérastique, Miyakawa Chôshun, début du XVIIIe. Peinture sur soie en rouleau


D'après cette peinture, la dimension culturelle de l'homosexualité japonaise ressemble à celle de la Grèce ancienne. On y retrouve les caractéristiques des sociétés militaires, l'amour de deux guerriers conçu comme principe d'émulation, ferment de courage et civilisation de la honte. Y est présente aussi la dimension pédagogique : l'aîné doit servir de modèle à l'aimé, le maître doit montrer la voie à l'élève. Enfin, le modèle peut apparaître essentiellement pédérastique : relation unilatérale, l'adulte pratique uniquement le coït anal envers l'adolescent.


Pourtant, l'homosexualité japonaise se démarque de la conception hellène par différents points. D'abord, si l'enfant grec recherche avant tout pour amant un homme célèbre pour son intelligence ou son courage (on songe aux efforts d'Alcibiade pour séduire Socrate), il sert surtout de faire-valoir à l'homme qui l'a séduit. Il semble au contraire qu'au Japon, l'amant et l'être aimé se mettent au même niveau d'amour, l'un étant par dessus tout fidèle à l'autre.


Lorsque le jeune garçon devenait un homme, les amants devenaient amis intimes, mêlaient leurs intérêts comme ils avaient mêlé leurs sangs, s'entraidaient jusqu'à former une sorte de fratrie, fondée non sur des liens familiaux mais sur des liens d'amour.


Au Japon, aucun samouraï ne met en cause la légitimité de tel seigneur dont les territoires lui ont été donnés par son amant, sauf en cas de dépossession illégitime. Les relations pédérastiques permettent donc au seigneur de s'entourer non pas de courtisans toujours susceptibles de le trahir, mais d'amis prêts à mourir pour lui le cas échéant.


Ensuite, contrairement à la pédérastie grecque dont les cadres d'exercices semblent avoir été une fois pour toute fixés, tous ceux qui ne les respectaient pas étant considérés comme déviants et méprisés, la dimension homosexuelle de la société japonaise a considérablement évolué au cours des siècles, les apports et ouvertures successifs ne niant pas les conceptions antérieures. On assiste donc à une ouverture du champ homosexuel. A la notion de chigo (jeune enfant, de onze à dix-sept ans) qui désignait l'amant dans le monde des moines, se substitue celle de wakashu (jeune homme, de treize à vingt ans et plus), propre à celui des samouraïs.



A LIRE : La voie des éphèbes : Histoire et histoires des homosexualités au Japon de Tsuneo Watanabe et Jun'ichi Iwata, Editions Trismégiste, 1987, ISBN : 2865090248

Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Jeudi 11 décembre 4 11 /12 /Déc 00:53

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon offre une tradition culturelle de l'homosexualité. Qu'ils exaltent les vertus guerrières du samouraï ou qu'ils se travestissent dans le théâtre nô, les hommes ont tous le culte de la beauté et de l'amitié virile. Illustration de la décadence et de la persistance d'une certaine conception de l'homosexualité purement nippone.



Une autre tradition veut que le mythe originel de la pédérastie japonaise remonte au IXe siècle après Jésus-Christ. Ce serait le moine Kükai, appelé plus souvent Kôbô Daishi, qui l'aurait introduite dans l'archipel après un voyage en Chine. L'homosexualité ne serait donc pas consubstantielle à la société nippone mais aurait été importée de Chine.


Il ne faut pas oublier que pour les Japonais, tout ce qui vient du continent, entre le VIe et le Xe siècle, est considéré comme un bienfait (donc rien à voir avec l'attitude des Occidentaux qui rejettent sur leurs voisins l'origine de l'homosexualité – mal gaulois pour les Romains, grec pour les Gaulois, vice anglais pour les Français et inversement... – comme si c'était à l'autre que revenait la responsabilité d'avoir perverti l'Eden de la nation en question).


Puisque la dynastie chinoise des Tang (618-907) est synonyme de prospérité, de puissance politique, de progrès techniques et de rayonnement culturel, le Japon, encore par bien des côtés rétrogrades, en tire la leçon et décide de se mettre à l'école de la Chine. On adopte l'écriture, les institutions et organisations politiques chinoises, l'art et l'architecture, le bouddhisme et l'homosexualité.


L'amour des garçons, répandu d'abord dans l'enceinte du temple, puis dans celle du palais, avant de déborder hors les murs pour envahir toute la société, est donc conçu comme un indice de civilisation. Plus encore, un témoignage de civilité. Plus une société tolère, ou mieux encore, génère son homosexualité, plus élevé est son degré de civilisation, plus elle apparaît évoluée intellectuellement, artistiquement et socialement.


Le but est, conformément à la tradition bouddhiste, de rompre le cycle infernal des renaissances successives, porteuses de souffrance. Influencés par le Tao, les Japonais ont défini des voies, c'est-à-dire des moyens, pour parvenir à l'éveil, c'est-à-dire au salut. L'une d'entre elles passe par l'amour des garçons.


Attitude par certains aspects contradictoire, car l'homosexualité se conçoit comme préservation de la masculinité de l'homme menacée par l'élément féminin, on assiste à une féminisation à certaines époques de la société des mâles. Par ailleurs, si on recherche, surtout dans les milieux dirigeants, l'amour d'un garçon, jamais il ne viendra à l'idée du Japonais – et encore aujourd'hui – de ne pas perpétuer sa lignée.


L'homosexualité japonaise pourrait donc se définir comme une bisexualité à vocation de préférence homosexuelle.



A LIRE : La voie des éphèbes : Histoire et histoires des homosexualités au Japon de Tsuneo Watanabe et Jun'ichi Iwata, Editions Trismégiste, 1987, ISBN : 2865090248

Par Jean Yves - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Mercredi 10 décembre 3 10 /12 /Déc 03:12
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Mercredi 10 décembre 3 10 /12 /Déc 00:03
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Par Henry Victoire
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Mardi 9 décembre 2 09 /12 /Déc 13:10
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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