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Jeudi 9 octobre 4 09 /10 /Oct 04:53

Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIES DIVERSES
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Jeudi 9 octobre 4 09 /10 /Oct 04:49
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Rachel va recevoir la visite de son frère, Dino, qui va semer le trouble
dans le plan machiavélique de Biologique et Dylan...



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Un grand merci à l'équipe de Foup !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : G ! et FOUP
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Mercredi 8 octobre 3 08 /10 /Oct 00:10
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Quatrième article de la série consacrée à la place des gays et des lesbiennes dans la société française. Cette deuxième partie analyse les réelles causes de la persistance de l'homophobie. Par notre collaborateur : Kim, 31 ans.


Dans notre article précédent, nous formulions une nouvelle problématique pour étudier l’homophobie et son évolution vers plus de tolérance et d’acceptation dans une société. Il ne fallait pas se concentrer sur la religion, mais sur l’intensité de la foi religieuse d’une population.
Nous citions comme exemple à l’aide du graphique ci-dessous la diversité des situations des pays chrétiens ou d’héritage chrétien (document 1) : que de différences en effet entre les pays d’Europe occidentale, où l’intensité de la foi religieuse est faible (< à 30 %) et où la tolérance de l’homosexualité est élevée (> à 70 %), l’Amérique latine et surtout les Philippines, où l’intensité de la foi religieuse est forte voir très forte (entre 60 et 92 %) et où la tolérance de l’homosexualité (entre 40 % et 64%) est plus élevée que ne laisserait envisager cette forte intensité de la foi religieuse, et des pays de l’ancien bloc communiste comme la Russie, la Bulgarie ou la Pologne, où la tolérance de l’homosexualité (entre 20 et 40 %) est bien inférieure à ce que laisserait penser leur faible intensité de foi religieuse (< à 40 %). Rien que ce simple constat permet de démontrer que les croyances et doctrines religieuses ne peuvent expliquer à elles seules l’homophobie, vu la diversité des cas présentés, puisque le christianisme est commun à tous ces pays.

Document 1 (repris de l’article précédent).

Alors bien sûr, certains pourraient objecter qu’il existe différentes formes de christianisme et que cela peut permettre de faire évoluer les variables. Pas tant que cela visiblement : rien qu’en regardant les situations dans les pays catholiques, quelles différences énormes entre le Honduras, les Philippines, la Pologne et la France, par exemple ! Et malgré des échantillons bien moindres, on voit aussi que les situations sont tout aussi diverses entre pays orthodoxes et entre pays protestants…
Non, la religion n’influe pas sur l’intensité de la foi religieuse, ni donc par conséquence sur le niveau de tolérance et d’acceptation de l’homosexualité et des homosexuels par les sociétés. Il faut donc chercher une autre explication. Mais laquelle ?

Dans ce type de graphique, il est plus intéressant d’étudier les écarts à la moyenne, qui sont en général toujours plus riches en enseignements, que les cas entrant parfaitement dans la corrélation. Mais pour faciliter la tâche, modifions le graphique en remplaçant les symboles de couleurs représentants les différentes religions par d’autres symboles colorés représentants un autre découpage du monde, cette fois-ci non centré sur les religions, mais sur les grandes aires géopolitiques/civilisationnelles. Sont ainsi représentés :
- en bleu les pays de la civilisation occidentale (Europe occidentale, Amérique du Nord) ;
- en rouge l’ancien bloc de l’Est communiste (Europe centrale et orientale, pays issus de la dislocation de l’ancienne URSS) ;
- en orange le monde latino-américain ;
- en vert les pays de la civilisation musulmane. Seul l’Ouzbékistan a donc été exclu de cette catégorie, au profit de celui des anciens pays communistes, et à l’inverse, certains pays y ont été inclus, come le Nigéria, car plus de la moitié de la population y est musulmane ;
- en marron les pays d’Afrique subsaharienne n’appartenant pas à la civilisation musulmane ;
- et enfin en jaune les pays asiatiques non musulmans. Je suis conscient que cette dernière catégorie n’est pas homogène, et sert un peu de fourre-tout vu la diversité des pays qui la composent : quoi de commun en effet entre l’Inde, les Philippines, la Corée du Sud et le Japon (que j’aurais pu – j’ai hésité - mettre dans le monde occidental) ? Mais l’échantillon est si faible que je me suis résolu à les regrouper artificiellement.

Ceci donne alors le document 2 ci-dessous.

Document 2

Nous obtenons ainsi une nouvelle grille de lecture pour nous permettre d’interpréter les écarts au modèle.
Ainsi, on peut remarquer que les Etats-Unis se démarquent du reste des pays du monde occidental, Canada compris. Ils ont en effet une foi religieuse bien plus élevée (58 %) en comparaison des autres pays de ce groupe (entre 13 et 33 %), ce qui explique la plus faible tolérance de l’homosexualité (qui atteint difficilement les 51 % d’avis favorables en 2002). Le cas des Etats-Unis permet de confirmer le modèle de corrélation entre les deux variables : dans ce pays où le poids de la religion est bien plus important que dans les autres pays occidentaux, c’est visiblement clairement l’intensité de la foi religieuse qui sert d’explication à la relative intolérance envers l’homosexualité.
Les autres pays occidentaux connaissent à l’inverse une progression de la laïcisation, ce qui peut expliquer la faible intensité de la foi religieuse et donc la plus forte tolérance de l’homosexualité (> à 70 %). Doit-on en conclure que l’acceptation de l’homosexualité progresse avec la laïcisation ? Pas sûr en fait d’après ce qui suit.

On peut en effet remarquer qu’un certains nombre de pays de l’ancien bloc soviétique, comme la Russie, la Bulgarie ou la Pologne, ont une ferveur religieuse faible, mais tolèrent peu l’homosexualité. Alors, on pourrait bien sûr dire que c’est normal que ces pays ont une ferveur religieuse faible : leur passé de dictature totalitaire communiste a été marqué par des décennies d’athéisme forcé qui ont laissé des traces. Mais dans ce cas, pourquoi ce recul de la foi religieuse ne s’est pas traduit avec une meilleure tolérance de l’homosexualité comme dans les pays de l’Europe occidentale qui connaissent une intensité de la foi religieuse comparable ? De plus, pourquoi l’ensemble des anciens pays du bloc communiste ne sont-ils pas tous dans la même situation ? Car à l’inverse de la Russie, de la Bulgarie ou de la Pologne, des pays comme la Slovénie ou la République Tchèque ont une faible foi religieuse et une grande tolérance de l’homosexualité, se rapprochant ainsi des pays occidentaux ; et l’Ouzbékistan ou l’Ukraine ont une forte foi religieuse et témoignent d’une forte homophobie. Leur passé commun de laïcisation forcée par les régimes totalitaires communistes, avec certes un degré moindre pour la Pologne chrétienne et l’Ouzbékistan musulman, n’est donc pas l’élément d’explication du degré de tolérance de l’homosexualité dans ces pays, ou au minimum pas le seul.

L’observation des situations des pays d’Amérique latine et des Philippines confirme quand à lui que le niveau d’intensité de la foi religieuse ne peut servir à lui seul de facteur explicatif du degré de tolérance de l’homosexualité par une société. En effet, déjà, ces pays ont une forte intensité de la foi religieuse, supérieure à 60 %, comparable à nombre de pays musulmans ou d’Afrique subsaharienne. Pourtant, leur degré de tolérance de l’homosexualité y est en comparaison jusqu’à 4 à 6 fois supérieur, puisque compris entre 41 et 64 %. Ces pays, et surtout les Philippines, sont donc bien plus tolérance que ne le suggérerait l’importance de leur foi religieuse.

Tout cela prouve que l’intensité de la foi religieuse n’est pas le seul facteur explicatif de tolérance de l’homosexualité. Mais dans ce cas, quel facteur peut provoquer à la fois la baisse de l’intensité de la foi religieuse et la hausse de la tolérance de l’homosexualité ? Il faut donc clairement aller chercher une autre explication ailleurs…

Une première hypothèse est l’accès au savoir, à la science, à la philosophie. Ces derniers peuvent en effet permettre de construire des esprits plus axés sur la critique rationnelle que sur la foi, ce qui peut remettre en cause l’intensité de la foi religieuse. Ils peuvent aussi permettre de remettre en cause les idées véhiculés par les religions, comme par exemple sur les explications de l’origine de l’homme : il n’y a qu’à voir l’opposition entre créationnisme et darwinisme par exemple. Qui est capable d’argumenter face à une personne qui croit au créationnisme est capable d’argumenter contre les préjugés religieux homophobes (d’où l’augmentation de la tolérance de l’homosexualité), non ? Vérifions.

La tolérance de l’homosexualité est en partie positivement liée avec le niveau d’instruction de la population.

Pour vérifier cette hypothèse, on peut analyser les résultats d’un sondage réalisé par IFOP en 2006/2007, qui a demandé à des Français quelle était leur opinion à propos de la proposition suivante : « L’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité ». Les réponses ont été analysé selon différents critères, dont celui du niveau d’étude des sondés. Les résultats de ce sondage ont été mis en graphique dans le document 3 ci-dessous.

Document 3

En observant ce graphique, on constate que le degré de tolérance de l’homosexualité est lié au niveau d’étude. Ainsi l’opinion « tout à fait d’accord » augmente en même temps que le niveau d’étude des personnes interrogées. Inversement, l’opinion « Pas du tout d’accord » diminue en même temps que le niveau d’étude des sondés. Pourquoi un tel lien ?
La poursuite vers des études supérieures reste à priori le symbole du triomphe de la raison sur la foi ou les préjugés. L’acquisition de connaissances de niveau universitaire vient donc battre en brèche les opinions plus traditionnalistes, basées notamment sur les croyances religieuses, souvent en contradiction (voir l’article précédent).
Mais on peut aller plus loin : l’instruction universitaire peut permettre de donner un niveau de culture générale et un mode de fonctionnement intellectuel basé sur la recherche d’informations et la confrontation des sources, ce qui facilite la remise en cause des opinions, basée sur la vérification et l’argumentation… Elle favorise la rationalité.
Pour résumer, la connaissance et la rationalité peuvent renverser les préjugés homophobes des domaines religieux (l’homosexualité est un péché), cliniques (l’homosexualité est un problème médical) et libéraux (l’homosexualité est un problème exclusivement réservé au domaine de la vie privée).

Confirmons cette hypothèse cette fois-ci au niveau mondial. Nous avons d’abord réalisé un graphique liant le taux de scolarisation à celui du degré de tolérance de l’homosexualité (document 4). L’indice de corrélation est positif et élevé, atteignant 0,70. Mais les écarts de tolérance envers l’homosexualité sont tellement nombreux et importants à niveau de scolarisation comparable que cela en devient difficile à expliquer.

Document 4

Nous avons alors décidé de nous concentrer sur la scolarisation dans l’enseignement supérieur, suite à l’enseignement du document 3. Ainsi, le document 5 ci-dessous croise la variable du degré de tolérance de l’homosexualité avec cette fois-ci la variable du taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur, pris sur le site de l’UNESCO.

Document 5
remarque : pas de données pour le Sénégal et la Côté d’Ivoire

On observe là encore sur ce graphique un lien entre les deux variables, même s’il est moins net que sur le graphique précédent. Le coefficient de corrélation le confirme puisqu’il n’est que de 0,58. La corrélation entre niveau d’étude et degré d’acceptation de l’homosexualité reste toutefois confirmée.

Ainsi, les pays occidentaux (à l’exception des Etats-Unis) se caractérisent par un taux de scolarisation dans le supérieur et un degré de tolérance de l’homosexualité élevés.

De même les pays du monde musulman se caractérisent par un taux de scolarisation dans le supérieur et un degré de tolérance de l’homosexualité faibles. On peut donc comprendre que la foi religieuse reste élevée dans ces pays puisque les savoirs universitaires plus fondés sur la raison et la science sont moins dispensés. On remarquera que la Turquie est le pays musulman de ce sondage le plus tolérant parce qu’il possède un taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur bien plus important que ces congénères.

Toutefois, il est clair que le facteur explicatif du niveau d’étude dans la progression de la tolérance envers l’homosexualité est moins important que le précédent. Il faut dire qu’il existe là encore des écarts au modèle. Et de sacrés écarts cette fois-ci ! Ce sont ceux-ci qui nous intéressent.

Ainsi, des pays aussi dissemblables comme la Russie, l’Ukraine, la Pologne, les Etats-Unis ou la Corée du Sud, sont beaucoup moins tolérants que ne laisseraient présager leurs taux de scolarisation dans le supérieur. Ces pays sont donc à l’écart par rapport à l’ensemble des autres pays du monde. Mais ils sont aussi à l’écart de leur groupe régional (les Etats-Unis se décrochent largement du reste de l’Occident ; la Russie et l’Ukraine se détachent totalement des autres pays anciennement communistes comme la Bulgarie, la République Tchèque ou la Bulgarie, eux même très disparates entre eux…). Et enfin il est difficile de trouver un point commun entre ces états : quoi de commun entre les Etats-Unis et l’URSS ? Car si on peut expliquer l’écart des Etats-Unis au coefficient de corrélation par l’intensité de sa foi religieuse qui reste vivace (voir document 2), le même argument ne peut être utilisé pour les pays anciennement communistes comme la Russie ou l’Ukraine qui ont au contraire une faible foi religieuse suite à leur passé totalitaire communiste de laïcisation forcée.

Inversement, un certains nombre de pays d’Amérique latine, ou les Philippines, ou la République Tchèque, ont un degré de tolérance de l’homosexualité bien supérieur à ce que laisserait suggérer leurs plus faibles taux de scolarisation supérieure.

Enfin, il ne faut pas nier que l’enseignement n’est pas le même partout dans le monde. Il peut d’ailleurs être profondément contrôlé par les religieux ou les croyances religieuses, pas toujours en phase avec les connaissances scientifiques. Je me rappelle après tout avoir déjà vu un documentaire scientifique algérien qui réfutait la théorie de l’évolution au profit du créationnisme. Il en existe de même aux Etats-Unis. Et pour terminer, les connaissances scientifiques ne sont pas forcément des vérités (lorsque l’on dépasse la simple observation), mais l’état des recherches à un moment donné (lorsque l’on lance des hypothèses explicatives pas forcement facilement vérifiables) : or elles peuvent se tromper (il n’y a qu’à penser à la croyance que l’homosexualité était une maladie mentale par exemple pendant presque un siècle et demi en Occident par exemple – voir article 2). Tout ceci influe aussi sur cette variable.

Mais bon, malgré cela, de manière générale, l’éducation des populations permet effectivement de faire progresser la tolérance de l’homosexualité (c’est bien pour cela que le débat en France porte notamment sur la nécessité de la prévention de l’homophobie, notamment en milieu scolaire). Mais cela ne suffit pas. Il est donc clair qu'il existe au moins un autre facteur explicatif de la tolérance de l’homosexualité en dehors de l’intensité de la foi religieuse et l’éducation. Lequel ? Qu’est-ce qui peut encore faire reculer les préjugés homophobes en dehors de l’éducation ? Poursuivons l’enquête en formulant une nouvelle hypothèse.

On peut dire que bien souvent des gens ont des préjugés homophobes … alors qu’ils ne connaissent aucun homosexuel déclaré dans leur entourage. Souvent, des personnes connaissant des homosexuels sont plus tolérantes envers l’homosexualité, car ils ont pu constater que les préjugés homophobes ne correspondaient pas à la réalité. Alors, bien sûr, on peut nuancer ce propos en disant que cela n’est pas systématique. Certes. Mais il s’agit d’une tendance, non ? Sinon comment expliquer les mouvements qui affirment que les coming-outs sont une bonne chose pour faire progresser les mentalités ? Que certains approuvent les outings pour faire progresser les mentalités à n’importe quel prix ? Que beaucoup de gays et de lesbiennes en France se plaignent que peu de personnalités des médias, des arts ou du sport restent dans le placard ?
Et si, pour expliquer la progression de la tolérance de l’homosexualité, il fallait tenir en compte le niveau de visibilité des gays et des lesbiennes dans la société, aussi bien dans la vie de tous les jours que dans les médias ? Cela parait d’une certaine évidence. Mais comment chiffrer ce facteur ? Là est le véritable problème. A moins que…

La tolérance de l’homosexualité est en partie positivement liée avec la visibilité de l’homosexualité, ici symbolisé par le niveau d’urbanisation.

Il n’existe pas à ma connaissance de statistiques permettant d’évaluer la visibilité de l’homosexualité dans les sociétés des pays du monde. Mais on peut imaginer les conditions favorisant cette visibilité.

En France, beaucoup d’homosexuel(le)s rêvent de monter à Paris pour plus facilement vivre leur homosexualité. Pourquoi la ville, et tout spécialement la très grande ville, permettrait de mieux vivre ses préférences sentimentales et sexuelles ? Parce que la très grande ville permet plus facilement l’anonymat. Dans les sociétés traditionnelles rurales, chacun est observé et donc jugé par la communauté villageoise, d’où l’impossibilité de pouvoir exprimer son homosexualité dans un environnement homophobe. Par contre, dans une société urbaine, même s’il peut exister aussi une grande homophobie en ville, les liens sociaux sont totalement différents. La multitude d’habitants ne permet pas le mode de fonctionnement des sociétés rurales traditionnelles : chacun peut évoluer plus facilement en dehors du regard des autres. Moins de regards provoquent moins de jugements, et donc plus de libertés d’agir et d’être, et donc plus de possibilité de visibilité. Cette visibilité peut prendre plusieurs formes : constitutions de quartiers homosexuels, mise en place de code de reconnaissance ou d’appartenance (par la mode notamment), démonstrations d’affection en public (se tenir la main, s’embrasser en public), organisations de manifestations culturels ou politiques homosexuelles comme les gayprides ou des festivals, et tout simplement coming-outs auprès de l’entourage hétérosexuel…
Cette visibilité traduit donc une affirmation de l’homosexualité, cette dernière pouvant, si elle atteint le stade de la majorité de gays et de lesbiennes outés, renverser les préjugés homophobes et faire accroitre la tolérance de l’homosexualité.
Ainsi, si nous ne disposons pas à l’heure actuelle de statistiques mondiales sur la visibilité homosexuelle, ont peut imaginer que les chiffres de l’urbanisation permettent indirectement et partiellement de la représenter. De plus, il ne faut pas oublier que la ville, et particulièrement la grande ville, permet plus facilement de rencontrer des personnes ayant fait des études, notamment supérieures, ou tout simplement des personnes plus éclairées, ou anti-conformistes … ce qui peut permettre aussi de faire reculer la foi religieuse (à un degré difficilement évaluable il est vrai à ma connaissance).

Document 6

Le document 6 représente donc le lien entre urbanisation et tolérance de l’homosexualité. Cela semble probant. L’indice de corrélation qui est de 0,73 semble le confirmer si nous ne nous sommes pas trompé d’hypothèse (rappelons que corrélation ne signifie pas causalité).
Ainsi, les sociétés les plus homophobes sont les sociétés encore majoritairement rurales, qui s’avèrent être les pays du monde musulman et de l’Afrique subsaharienne, sans oublier l’Inde. Les pays de ces zones qui se dégagent de leur groupe, soit la Turquie et l’Afrique du Sud, ont d’ailleurs justement des niveaux d’urbanisation et de tolérance envers l’homosexualité bien plus grands justement.
Il est par contre plus difficile d’interpréter les situations dans les sociétés urbaines, vu la multiplicité des situations : que de variations du degré de tolérance de l’homosexualité à niveau d’urbanisation comparable ! N’ayant pas d’explication, il faut lancer de nouvelles hypothèses…

Nous avons dit que la visibilité homosexuelle pouvait s’accroitre avec l’urbanisation qui casse les modes de vie traditionnelle. Mais qu’est-ce qui pourrait l’accroitre, ou la faire régresser, en dehors du mode de vie urbain ?

On peut formuler sans se tromper que si les autorités interdisent l’homosexualité, les gays et les lesbiennes seront plus discrets pour éviter les foudres policières. Vivre une vie d’homosexuel est en effet bien plus difficile lorsqu’il existe une répression politique et policière. On peut se souvenir par exemple de l’arrestation de cinquante-deux homosexuels en Egypte en 2001, ou de l’exécution de deux jeunes homosexuels en Iran en 2005, qui ont été largement médiatisés. Ainsi, si les gays et les lesbiennes n’ont pas de libertés ni de droits, et si en plus ils sont persécutés, leur visibilité au sein de la société ne peut qu’être limitée. Inversement, s’ils ont des droits, il y a plus de chances qu’ils soient plus visibles. Mais peut-on le vérifier ?

La tolérance et l’acceptation de l’homosexualité est en partie positivement liée à la démocratie et au respect des libertés.

Document 7 : la législation sur l’homosexualité dans le monde en 2007.
Document 7 : world laws on homosexuality in 2007

Le document 7 ci-dessus représente les différentes législations concernant les homosexuels dans les différents pays du monde en 2007. Les législations ont été regroupées en deux grandes catégories : « l’homosexualité légalisée » et « l’homosexualité illégale ».

Dans la catégorie « homosexualité légalisée », il existe une grande diversité de situations, allant de la simple légalité de l’homosexualité mais sans aucune reconnaissance ou protection (voir avec de la répression), aux droits au mariage et à l’adoption, en passant par l’étape intermédiaire de la protection contre les discriminations et les crimes homophobes.
On voit ainsi à partir de cette carte que l’Occident (en dehors d’une grande partie des Etats-Unis) et l’Afrique du Sud sont à la pointe de la tolérance et de l’acceptation de l’homosexualité, puisque ces pays reconnaissent le plus souvent les couples homosexuels, soit sous la forme de l’union civile (comme le PaCS en France par exemple), soit sous la forme du mariage (à l’heure actuel ouvert en 2007 aux homosexuels de cinq pays : les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Canada et l’Afrique du Sud, groupe auquel il faudrait ajouter comme sixième membre l’Etat du Massachussetts aux Etats-Unis). Beaucoup accordent déjà même l’adoption, même si généralement cela concerne surtout l’adoption simple, c’est à dire l’adoption de l’enfant du partenaire homosexuel : seuls en 2007 les Pays Bas, la Belgique, l’Espagne, Andorre (liée à l’Espagne), le Royaume-Uni, le Canada, l’Afrique du Sud, et quelques Etats fédéraux des Etats-Unis et d’Australie accordent le droit à l’adoption par des couples homosexuels. Bien évidemment, les gays et les lesbiennes y sont aussi protégés légalement des discriminations.
L’Europe centrale qui a intégrée l’Union Européenne, une partie des Etats-Unis, le Japon et une grande partie de l’Amérique latine ne vont en règle générale pas aussi loin mais au moins protègent les gays et les lesbiennes des discriminations, et parfois leur accordent l’union civile.
Une grande partie de l’Afrique francophone, de l’Asie du Sud-Est et de l’Est, et de l’ancienne Union Soviétique se sont contenté de légaliser l’homosexualité. Mais même si elle n’est pas condamnée officiellement pénalement, l’homosexualité continue d’être réprimée dans des pays comme l’Egypte, la Chine, la Turquie ou l’Irak).

Dans la catégorie « homosexualité illégale », les pays condamnent généralement l’homosexualité à des peines de prison plus ou moins longues, qui peuvent aller d’un an de prison à la prison à vie. Une minorité vont jusqu’à la peine de mort : la Mauritanie, les Etats du nord du Nigéria, le Soudan, l’Arabie Saoudite, le Yémen, les Emirats Arabes Unis, l’Afghanistan et le Pakistan). Ces pays où l’homosexualité reste illégale se concentrent sur une grande partie de l’Afrique, du Moyen Orient et de l’Asie du Sud, auxquels il faudrait rajouter quelques Etats bordant les Caraïbes et de l’Asie du Sud-Est.

Mais comment chiffrer des législations ? La solution vient par la notation selon des critères précis. C’est ce que fait annuellement l’organisation américaine non gouvernementale « Freedom House », et là je cite en partie pour expliquer leur travail et leur méthode un article de l’Atlas du Monde diplomatique, dont la vocation est d’évaluer les libertés politiques, civiles et religieuses dans le monde. Elle présente sur son site web (www.freddomhouse.org) les résultats de ses enquêtes annuelles sur la situation des libertés dans 192 pays et 60 territoires autonomes ou sous tutelle. Chaque pays est passé au crible de nombreux indicateurs (élections libres, présence d’un parlement, liberté de culte, liberté de la presse, etc..) pour chacun desquels elle donne deux notes entre 1 et 7 qui permettent de classer les pays en trois catégories : libre pour les pays notés entre 1 et 2,5 (respect quasi-total des libertés publiques), partiellement libre pour les pays notés entre 3 et 5,5 (quelques restrictions sur les libertés publiques,), et absence de liberté pour les pays notés entre 5,5 et 7 (non-respect des droits fondamentaux, système politique strictement contrôlé).

Personnellement, nous avons fait pour chaque pays une moyenne des deux notes, la première portant sur les libertés politiques, la deuxième portant sur les libertés civiles. Cela nous donne le résultat suivant.

Document 8

Ce graphique nous permet de tirer deux enseignements.

Le premier enseignement de ce graphique est qu’il existe effectivement un lien entre démocratie et tolérance de l’homosexualité. Le coefficient de corrélation est de - 0,66, ce qui est assez élevé. Ainsi il existe bien une corrélation positive entre le niveau de libertés démocratiques et la tolérance de l’homosexualité : plus un pays évolue vers la démocratie, plus la tolérance de l’homosexualité est importante. A l’inverse, plus un pays tend vers la suppression des libertés démocratiques et plus la tolérance de l’homosexualité est faible. Comment expliquer cela ?
Un pays démocratique accorde les libertés fondamentales d’opinion et d’expression à ses citoyens. De ce fait, ces derniers peuvent exprimer leurs désaccords face aux préjugés et lois homophobes sans risquer la censure ou la répression. L’expression de ces désaccords permet la mise en place de débats qui font réfléchir la société sur les problématiques de l’homosexualité, et peut à terme faire évoluer les mentalités. On peut le prouver avec l’exemple suivant : en 2000, le magazine Têtu avait commandité un sondage auprès de l’institut de la SOFRES un an après l’adoption du PaCS pour en évaluer les effets auprès de la population (document 9).


Document 9

Le sondage, réitéré d’ailleurs en 2002, indique clairement qu’une majorité de la population considère que le PaCS a permis de faire avancer les mentalités et de mieux faire accepter l’homosexualité dans la société (55% des sondés en 2000, 59 % en 2002). Mais en fait ce n’est pas le PaCs en lui-même qui a fait progresser les mentalités : ce sont les débats qui l’ont précédé. Débats entre les politiques bien sûr, mais surtout entre les citoyens. Car on pouvait parler à l’époque de débat national, largement relayé dans les médias. Et ce sont les débats, les échanges d’arguments, qui permettent de démolir véritablement les préjugés auprès d’un nombre important de personnes. Ce qui a été en partie fait à ce moment-là.
Les effets sont bien évidemment multipliés par le degré de médiatisation des débats. Or justement ceci ne peut être possible que grâce au respect de la liberté de la presse et des médias. Les effets peuvent être aussi accélérés grâce au respect des libertés de réunion et d’association : en effet, les gays et les lesbiennes peuvent eux-mêmes amorcer les débats de manière bien plus efficace grâce aux associations, aux partis politiques. Le respect de la liberté de manifestation permet aux gays et aux lesbiennes, grâce aux gayprides, de revendiquer de manière visible leurs revendications. Le pluralisme politique peut permettre aussi d’accélérer les débats, car la compétition politique engendre une volonté de se démarquer des autres partis pour récolter des votes (c’est ce qui se passe actuellement en France par exemple).
A l’inverse, dans une dictature, toute opinion divergente, toute contestation, est censurée voir réprimée. Et l’absence d’opposition et donc de pluralisme politique favorise l’inertie des débats, lorsqu’il y en a.

Le deuxième enseignement de ce graphique est qu’il est désormais plus facile d’expliquer l’homophobie dans les pays musulmans ou africains : ces pays ne sont pas des démocraties. Là est, en plus de la forte ruralité (document 6), la principale explication des très mauvaises conditions de vie des gays et des lesbiennes dans ces sociétés. Le problème n’est pas la religion mais la conservation de modes de vie rurale traditionnelle et la confiscation du pouvoir par une élite qui favorise indirectement l’inertie de la société. La France absolutiste du XVIIème siècle était dans la même situation !

Pour conclure cette deuxième partie :

Non, non, non, le problème dans la persistance de l’homophobie n’est pas la religion. Rappelons que la science peut être tout aussi néfaste, comme au temps où la médecine considérait l’homosexualité comme une maladie mentale. L’important à étudier dans l’homophobie n’est pas son origine (religieuse, naturaliste, médicale, libérale, etc…) mais son degré d’imprégnation dans les mentalités des sociétés.
Aussi, le problème de la persistance de l’homophobie doit être expliqué par un ensemble de facteurs qui favorisent la persistance des mentalités homophobes. Trouver ses facteurs peuvent permettre pour le coup d’expliquer la progression de la tolérance et de l’acceptation des gays et des lesbiennes dans une société comme celle de la France.

Pour l’instant, nous pouvons donc dire qu’une faible scolarisation (qui ne permet pas de remettre en cause les préjugés, qu’ils soient d’origines religieuses, médicales, libérales, etc..), une faible urbanisation (qui ne permet pas la constitution de communautés homosexuelles et donc ne favorise pas leur visibilité), et un régime politique anti-démocratique (qui peut ne pas permettre ni la remise en cause des préjugés, ni favoriser la visibilité homosexuelle) sont les trois grands facteurs qui expliquent la forte homophobie dans une société. C’est le cas de nombreux pays du monde musulman et d’Afrique subsaharienne, du sous-continent indien, et de l’ancien monde soviétique.

A l’inverse, nous pouvons dire qu’une forte scolarisation (qui eut permettre de remettre en cause les préjugés de toutes sortes), une forte urbanisation (qui peut permettre la constitution de communautés d’homosexuels et donc favoriser leur visibilité) et le respect des principes démocratiques (qui peuvent permettre de remettre en cause les préjugés homophobes et de favoriser la visibilité homosexuelle) sont les trois grands facteurs qui expliquent la faible homophobie dans une société. C’est ce que l’on constate en Occident.

On peut considérer que les niveaux intermédiaires de tolérance de l’homosexualité sont présents dans des pays en « transition d’acceptation de l’homosexualité ». Leurs écarts à la corrélation peuvent s’expliquer par des évolutions parfois divergentes de ces trois facteurs. Un retard dans la « transition d’acceptation de l’homosexualité » peut alors s’expliquer par le non respect des règles démocratiques comme en Russie ou en Ukraine, ou par une encore faible scolarisation jusqu’au niveau universitaire comme dans de nombreux pays d’Amérique latine ou les Philippines, ou par une plus faible visibilité des communautés gays et lesbiennes suite à une urbanisation encore insuffisante comme en Slovénie.

De plus, il ne faut pas oublier que des variables peuvent perturber ces facteurs, héritages de leurs choix politiques et économiques, de leurs structures sociales, de leur histoire. Ainsi, par exemple, les Etats-Unis ont une tolérance de l’homosexualité relativement faible (51 %) car malgré le haut niveau d’instruction de la population, la foi religieuse reste de haut niveau à cause de la concurrence des différentes Eglises. Ce marché de la foi, désigné par la théorie « de l’économie de l’offre », stimule la dévotion (voir dans le Courrier International Hors Série numéro 19 consacré à la religion l’article d’Eduardo Porter, « La foi, c’est affaire d’offre et de demande », p. 51).

Quoiqu’il en soit, nous pouvons désormais dire que la progression de la tolérance de l’homosexualité en France s’est fait en grande partie depuis que la France est devenue un pays majoritairement urbain, qualitativement instruite, et réellement démocratique (saviez-vous que l’organisation Freedom House n’a donné à la France la note maximale pour le respect des libertés civiles qu’à partir de 2002 ?).

Dans notre prochain article, nous expliquerons comment influer sur ces facteurs en proposant un modèle théorique de la « transition vers l’acceptation de l’homosexualité » dans une société et une méthode pour la mesurer.


Petite bibliographie

Les sondages
* L’enquête sur « Que pense le monde en 2002 ? » de Pew Global.
Regarder les questions 39 et 40 sur la foi religieuse et la tolérance de l’homosexualité
http://pewglobal.org/reports/pdf/185topline.pdf
* Le sondage de l’IFOP sur l’adhésion à l’opinion « L’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité » (France 2006) – voir p. 32 :
http://www.lesechos.fr/medias/2007/0206//300139765.pdf
* Le sondage de la SOFRES sur l’adhésion à différentes opinions sur le PaCS commandé par Têtu (France 2000 et 2002)
http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/200202_sexualite_r.htm [/b]

[b]Les statistiques
* Le rapport mondial sur le développement humain, édition 2004.
Ce rapport donne les statistiques mondiales de 2002. Regarder les statistiques sur l’urbanisation, la scolarisation.
http://hdr.undp.org/reports/global/2004/francais/pdf/hdr04_fr_HDI.pdf
* Pour connaitre le taux de scolarisation net dans l’enseignement supérieur en 2002-2003, il vaut mieux consulter les rapports de l’UNESCO :
http://portal.unesco.org/education/fr/file_download.php/984285dc04a7209458bb243f47b8f0e49participationtertiaryed.pdf
* Les évaluations annuelles de l’organisation Freedom House pour noter le niveau de respect des principes démocratiques des pays du monde est consultable ici :
http://www.freedomhouse.org/uploads/fiw/FIWAllScores.xls

Les législations des pays du monde sur l’homosexualité
* le site d’Answer.com (en anglais mais très complet)
http://www.answers.com/topic/homosexuality-laws-of-the-world
* Le site de Swissgay.ch (en français – qui détaille un peu mieux les législations sur les unions homosexuelles et l’adoption, mais n’est pas aussi bien mis à jour que le site précédent)
http://www.swissgay.ch/html/body__out_rage.html
Par Kim - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 8 octobre 3 08 /10 /Oct 00:01
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 7 octobre 2 07 /10 /Oct 11:13

« Rendons obligatoire pour les homosexuels de se faire tatouer les fesses avec le message : 'la sodomie peut sérieusement endommager votre santé' ainsi que leurs joues avec : 'la fellation tue' » a écrit sur son blog Peter Mullen, pasteur anglican de la City de 66 ans. Dans une interview au quotidien du soir Evening Standard, lundi, Peter Mullen a assuré que ces remarques devaient être considérées comme une « plaisanterie légère ». « Je n'ai absolument rien contre les homosexuels... J'ai beaucoup d'amis qui sont de cette conviction », a-t-il ajouté. (Source : AFP)

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 7 octobre 2 07 /10 /Oct 03:58

« Muzil, les derniers temps qui ont précédé sa mort, avait tenu, discrètement, sans cassure, à prendre quelques distances avec l’être qu’il aimait, au point qu’il a eu le formidable réflexe, la trouvaille inconsciente d’épargner cet être à un moment où presque tout de son propre être, son sperme, sa salive, ses larmes, sa sueur, on ne le savait pas trop à l’époque, était devenu hautement contaminant. » Hervé Guibert, À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, 1990.

Par Didier Roth-Bettoni - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 7 octobre 2 07 /10 /Oct 00:07

« Tous les homosexuels, femmes et hommes, peuvent en témoigner : à un moment de leur vie, il y eut une dissociation douloureuse entre ce qu’ils étaient et ce que les autres percevaient d’eux, ou exigeaient tacitement qu’ils fussent. » Philippe Mangeot, in Dictionnaire de l’homophobie, sous la direction de Louis-Georges Tin, 2003.

Par Didier Roth-bettoni - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Dimanche 5 octobre 7 05 /10 /Oct 00:12

Visuel : (c) GayClic

Pendant que Luke tripote le noeud de Noah en se remémorant le bon temps, Brian fait saliver Lucinda à coups de champignon...
[ATWT appartient à PGP]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 4 octobre 6 04 /10 /Oct 00:03

La saison 2 de Lo que surja, la série gay de Valence (en Espagne) sous-titrée en Français.
Retrouvez Edu, Hugo, Alberto, Borja, Alex, Pablo et les autres !

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : LO QUE SURJA
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Vendredi 3 octobre 5 03 /10 /Oct 18:08
Pour commander l'ouvrage de notre collaborateur, cliquez sur la couverture.


L'ado, la folle et le pervers
 
Images et subversion gay au cinéma
Quelles images de l’homosexualité le cinéma donne-t-il à voir ? Quelles représentations fonde-t-il dans l’esprit des spectateurs ? À l’heure du Pacs en France et du mariage gay dans d’autres pays d’Occident, il est pertinent de se demander comment le cinéma a participé à l’évolution des mentalités ou, au contraire, à l’immobilisme idéologique.
De Luchino Visconti à Cyril Collard, de Cabaret à Priscilla, de Michel Serrault à Tony Ward, les images des homosexuels au cinéma sont multiples et aucune d’entre elles ne peut se prévaloir de cerner ce qu’est l’homosexualité dans sa totalité. La folle maniérée, le pervers manipulateur et l’adolescent en crise identitaire constituent, certes, les clichés les plus rebattus mais ils ne peuvent suffire à définir l’ensemble des idées sur lesquelles s’est construite l’image d’une sexualité en marge des modèles sociaux.
À l’aide d’études filmiques détaillées, cet ouvrage établit une typologie des figures qui ont entretenu jusqu’à nos jours une vision réductrice des homosexuels sans oublier celles, souvent plus discrètes, qui ont subverti les schémas simplificateurs ou dégradants, tout en offrant aux gays les premiers supports de reconnaissance.

224 pages au format 14.5 x 22 cm

ISBN : 978-2-84547-184-9
Photo de couverture : Pele Cole / Stills / Gamma
 

L'AUTEUR


Marc-Jean Filaire  
Enseignant en Lettres modernes à l’université de Nîmes, Marc-Jean Filaire est l’auteur de nombreux articles consacrés au cinéma et, en particulier, à des films de Tim Burton, Shohei Imamura, Ang Lee, Roman Polanski (Roman Polanski, L’art de l’adaptation, L’Harmattan, ouvrage collectif) ou d’animation. Il collabore également au site Les Toiles roses.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Vendredi 3 octobre 5 03 /10 /Oct 12:00
Aujourd'hui, nous fêtons nos
3 000 000
de pages vues.


Merci à vous toutes et à vous tous...


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Vendredi 3 octobre 5 03 /10 /Oct 10:00


Fiche technique :

Avec Daniel Newman, Mark McGann, John Benfield, Corey Johnson, Toni Barry, Adam Allfrey, Darren Bancroft, Parry Blanks, Alain Bourgoin, Julius D'Silva, Russel Floyd, Rachel Izen, Jeremy Legat et Ben Macleod. Réalisation : Gary Wicks. Scénario : Gary Wicks.

Durée : 110 mn. Disponible en V0 et VOST.

 


Cercle Vicieux sur Comme Au Cinema


L'avis de Francis Lamberg & Laurent Mullens :

Dans les ténèbres d'un cercle vicieux où perversion et violence s'entrechoquent, le sexe est la seule monnaie d'échange. Il donne le pouvoir et inspire la peur… Nul ne le sait mieux que Tom, un adolescent au passé trouble qui vit dans le luxe mais en paie le prix : il est en effet l'objet sexuel de George Norris, un maffieux vieillissant aux allures de yuppie attardé. George exulte sur son amant toute la violence qu’il retient en présence de sa famille, et le « prête » à des flics ou politiciens véreux afin de les faire chanter. Un soir où Tom refuse de satisfaire les pulsions sadiques de George, il le tue accidentellement. Tom doit alors disparaître afin d’échapper à Dunston, un flic ripoux et hyper-violent impliqué dans les magouilles de Norris. Les seuls qui lui viennent alors en aide sont ses voisins américains. L’Angleterre immuable, symbolisée par une petite vieille à sa fenêtre, les regarde s’enfuir… Tom ne tardera pas à découvrir que la liberté risque de lui coûter plus cher que tout ce qu'il a connu…



Cercle vicieux est superbement mis en image. Son esthétisme tient à la fois des films noirs des années 80 et d’ambitions visuelles qui ne sont pas sans rappeler le Bound des frères Wachowski. L’image rend à chaque micron de peau son grain, ajoutant ainsi de l’humanité des personnages et du réalisme au film. Le scénario à la fois serré et fluide happe le spectateur. Nous oserons la comparaison avec les meilleurs des épisodes des Soprano, le côté queer en plus. Daniel Newman (il a joué aux côtés de Kevin Costner dans Robin des Bois : Prince des voleurs ainsi que dans le Dracula de Coppola) campe un Tom vibrant qui, entre soumission et révolte, n’aspire qu’à débrancher « le pilote automatique » afin d’abandonner la prostitution, d’enfin vivre une vie choisie. Ce film nous offre aussi un superbe personnage de femme, tout à la fois mère, amante et protectrice. La musique est une savante alternance de lounge (digne d’une compil’ de Claude Challe), de variété jazzy et de classique (nature ou remixé). Mélange original et sans uniformité qui, dans la première partie du film, surprend agréablement par son décalage par rapport aux scènes. Les bilingues remarqueront, et sans doute déploreront, que le sous-titrage en rajoute dans l’argot et le vulgarité par rapport à la V.O.

« Je suis une conquête. » Tom



BONUS

DIMANCHE MATIN

De Robert Farrar – 15 min – Royaume-Uni.

Matthew est le prototype de la parfaite petite folle au foyer. Préparant amoureusement le petit-déjeuner de son amant, aussi rustre et cynique que Matthew peut être tendre… et soumis ! D’humiliations en claques dans la figure, ce récit sur la violence domestique au sein du couple retiendra l’attention du spectateur jusqu’à la chute… amusante !

TAPIN DU SOIR

Un film d'Anne Fontaine - 5 min – France.

Dans le bois de Boulogne, un client paye pour une fellation. Mais le jeune prostitué demande la réciproque… Bof !

Scènes coupées



Dossier de presse :

Cercle Vicieux est un film noir, profond et intelligent possédant un regard réaliste sur une face sombre et violente de l’homme et de l’homosexualité. Un esthétisme harmonieux, une musique branchée ainsi qu’un jeu d’acteurs irréprochables ne sont que les atouts formels qui construisent le film.

Sa vraie valeur est d’oser présenter un phénomène violent et méconnu de notre société : la prostitution masculine.

Tom à la voix cristalline, au visage d’ange et au corps sculptural, est plongé corps et âme dans la réalité violente, honteuse de la prostitution. Conquis, possédé, acheté par Georges, un roi de la pègre londonienne, Tom devient son objet de satisfaction sexuelle et d’expression de sa violence. Il lui vend l’exclusivité de son corps et chute dans le cercle vicieux du sexe, de l’argent et de la violence.

Quand Georges meurt dans son appartement, se profile alors pour Tom une issue pour échapper peut-être à son existence.



Se rendre à la police corrompue étant impossible, Tom, perdu, ne sait que faire du corps de Georges. Il trouve aide et refuge auprès de Nikki et Max, un couple voisin qui l’a pris en affection. Le trio quitte Londres afin de cacher Tom dans leur maison de campagne au pays de Galles. Là, il trouve le repos et la sérénité, propices à la réflexion. Tom est alors prêt à affronter ses blessures d’antan et à apprendre à vivre.

Attiré par la douceur de Nikki, elle-même fascinée par le passé de Tom, tous deux vont vivre une relation humaine empreinte d’écoute et de compassion. Pour Tom, il s’agit d’enlever le « pilote automatique », de prendre conscience de sa vie actuelle et de son passé, éventuellement de faire un choix d’existence.

En quoi la prostitution est-elle un choix de vie ? Dans quelle mesure peut-on fuir son passé, échapper à sa condition et transformer son destin ?

Cercle Vicieux est une démonstration des mutilations psychologiques et émotionnelles comme facteurs de déconstruction sociale. Personne ne peut forcer Tom à avoir une « vie normale », car il est nécessaire d’être suffisamment structuré psychologiquement pour l’être aussi socialement.



Tom ne peut fuir son passé, car son état de dépendance, ses meurtrissures, l’empêchent de vivre autre chose, de se forger une individualité. La vie de Tom illustre cette fatalité violente.

Depuis l’âge de treize ans, on achète son silence afin de mieux pouvoir abuser sexuellement de son corps. Sa mère adoptive, qu’il aimait comme « une vraie mère », l’a protégé en tuant à coups de fourche son mari qu’elle avait surpris en train d’abuser de Tom. Il fut le témoin de son arrestation. La seule personne qui a tenté de le préserver, de le sauver, lui a été enlevée. Ce fut le point d’impact de sa souffrance ultime.

Brisé en deux, Tom n’a pu échapper à cette « programmation » d’être objet et victime sexuel. Il n’a rien connu d’autre que la soumission.

Dès lors, la prostitution et la violence sexuelle furent l’unique chemin balisé, le seul environnement où Tom a pu se reconnaître psychologiquement et réussir à survivre. C’est seulement dans le schéma bien connu de relation : objet sexuel/client, dominé/dominant, qu’il peut continuer à se reconnaître ou plutôt à ne pas être.

Cette violence à travers le sexe est cathartique. Elle le fait souffrir mais également réveille et stimule sans cesse le point d’impact de ses blessures passées. Tom, en quête d’identité et à la recherche de son histoire parmi ses souvenirs nébuleux et confus, fait l’apprentissage de la violence avec Georges pour mieux exister.

Georges est l’incarnation parfaite de l’égoïsme et du sadisme latent dans notre société : son ambition est écrasante, il a un besoin vital de posséder et maîtriser le monde, il ne recherche que l’éclat de la satisfaction immédiate de ses désirs au mépris des conséquences douloureuses de ses actes.



Pour lui, Tom est un objet sexuel, un exutoire. Pour Tom, Georges est son maître à qui il réserve l’exclusivité de son corps. Sa vie n’est construite que dans le non-choix. Son premier choix de vie sera de rejeter son client/maître. Ce drame structurera sa personnalité.

Cercle Vicieux soulève finalement la question de l’ascendant que l’on peut avoir sur sa propre vie. Peut-on véritablement maîtriser ses choix ? Peut-on exister librement dès lors que le moi est atrophié ? L’objet de la violence dérangeante véhiculée par Cercle Vicieux n’est pas de faire l’apologie d’une façon de vivre ou de penser, mais de présenter et représenter une réalité, celle de Tom. Le film lève ainsi le voile sur une existence de non-choix au sein d’une société où le contrôle, la compétition et la performance deviennent les seules valeurs phares…

Pour plus d’informations :


Par Francis Lamberg et Laurent Mullens (La Lucarne) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 3 octobre 5 03 /10 /Oct 08:41


L'écrivain marocain Abdellah Taïa présente son nouveau roman, Une Mélancoie arabe (Éditions du Seuil). [Je t'embrasse très fort Abdellah (Note de Daniel C. Hall)]
Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Jeudi 2 octobre 4 02 /10 /Oct 09:00
« Un jeune homme m'a demandé ce que je pensais du mariage gai. J'ai dit que les homosexuels devraient être exécutés », « Je me présente aux élections en m'appuyant sur la Bible, et elle ne peut être plus claire sur ce point », David Popescu, candidat aux élections fédérales canadiennes, entrevue au journal Sudbury Star, 30 septembre 2008, quelques minutes après une discussion avec des étudiants.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 1 octobre 3 01 /10 /Oct 00:40

Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIES DIVERSES
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Mercredi 1 octobre 3 01 /10 /Oct 00:16
Nous attendons avec impatience vos commentaires sur ce seizième objet :




Photo : © D. R. - Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur lestoilesroses.com sont protégées par les lois sur le copyright et appartiennent à leurs auteurs ou ayants droits respectifs. Si vous êtes propriétaire d'une photo publiée dans un article et que vous souhaitez exercer vos droits d'auteur, merci de
nous contacter afin que nous puissions traiter votre demande.
Par Henry Victoire
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Mercredi 1 octobre 3 01 /10 /Oct 00:03
FEP2.png
Rachel se réveille après une grosse soirée un peu trop arrosée...


La bannière et la vidéo sont (c)
Films entre potes
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Laurent himself.
Un grand merci à l'équipe de Foup !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : G ! et FOUP
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Mardi 30 septembre 2 30 /09 /Sep 18:30


Commentaire de Jag :
Pour fêter le millionième clic sur ma chaîne Dailymotion, MissVanWest, une fan de Luke & Noah de la première heure, m'a confectionné cette superbe vidéo sur la chanson "Good times gonna come" d'Aqualung.

Superbe. Hélas, je n'ai pu la poster sur Dailymotion, elle a été jetée.
Félicitez la miss :
http://fr.youtube.com/user/MissVanWest

Celebrating 1,000,000 views on my DM Luke & Noah channel.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Mardi 30 septembre 2 30 /09 /Sep 10:12



Fiche technique :

Avec Dominik Hartl, Julia Schwarz, Julian Stampfer, Liane Wagner, Rochus Millauer, Margot Hruby, Franz Robert Ceeh et Mischa Fernbach. Réalisation : Michael Satzinger. Scénario : Michael Satzinger. Image : Johannes Steger. Son: Lukas Meisterhofer.

Durée : 97 mn. Disponible en VO et VOST anglais.



Résumé :

Jannis et Patrick composent un duo de jeunes rebelles techno. Ils s’aiment comme des fous, mais l’amour n’est pas leur principale préoccupation. Les deux adolescents croient avoir découvert où se cache le réseau de terroristes responsable d’une série de meurtres perpétrés à l’aide de grenouilles venimeuses (que je trouve pour ma part très sympathiques), dont sont victimes des politiciens locaux. Les batraciens seraient élevés dans un cirque qui servirait de couverture aux comploteurs.



Les deux garçons décident de s’intégrer au cirque pour surveiller les agissements des malfrats. Entre Lamas et dromadaires Patrick, qui est muet, fait la connaissance de Koja qui n’est pas insensible à ses charmes. La jeune fille, qui ne vit que la nuit car sa peau ne supporte pas les rayons du soleil, fait-elle partie de la bande ? La jalousie de Jannis ne risque-t-elle pas de compromettre les plans des deux amoureux ? L’amour et le dévouement indéfectibles de Patrick pour son ami aideront-t-ils à faire éclater la vérité ? Mais cette aventure va mettre leur amour à rude épreuve.



Cette histoire est sensée se passer dans un proche avenir, un monde paranoïaque où abondent les thèses de complots et dans lequel les mensonges des médias auraient été dénoncés, par exemple celui des premiers pas de l’homme sur la lune qui n’auraient été qu’une supercherie. Elle nous est racontée par l’intermédiaire des images stockées sur l’ordinateur de Jannis, qu’il est forcé de livrer à un mystérieux tortionnaire qui s’il est peut-être intéressé par la beauté du garçon, lui fait subir un brutal interrogatoire...



L’avis de Bernard Alapetite :

Est-ce ma méconnaissance totale de la langue allemande, mon anglais approximatif, mon ignorance tout autant du monde du cirque que des complots internationaux auquels s’ajoute ma relative indifférence pour les batraciens, qui font que le résumé que vous avez lu ci-dessus peut prêter fort à caution. Néanmoins je ne suis pourtant pas trop mécontent de moi, car ayant fait ma petite enquête auprès de grands locuteurs de la langue de Goethe ayant vu le film, ces derniers n’avaient absolument rien percuté à Whispering Moon.



D’ailleurs, je pourrais vous faire plusieurs propositions sensiblement différentes pour résumer cette fable cinématographique. Comme celle-ci par exemple : que toute cette histoire pourrait être inventée par Jannis pour séduire Patrick, à moins que ce dernier soit également le fruit des fantasmes de Jannis, alors nous verrions sur l’écran ce qu’imagine le cerveau inventif de ce garçon. Ce qui pourrait expliquer la permanente interaction de Jannis sur lui-même, sur ceux qu’il rencontre et l’environnement de l’aventure. Ainsi Jannis changerait les éléments de cette rocambolesque histoire au gré de sa fantaisie. Mais on peut faire encore bien des lectures de ce scénario multi couches d'une grande richesse et d'une grande profondeur dans la fantaisie.



À moins encore que cette histoire, comme toute histoire que l'homme se raconte, n'ait que le but de le distraire des grandes douleurs...

Whispering Moon (qui peut se traduire en français par le « chuchotement de la lune ») nous emmène dans un voyage extravagant dont on ne peut jamais prévoir quelle sera la prochaine étape. Aussitôt que l’on croit avoir saisi la direction que prend le scénario, celui-ci nous propulse dans un tout autre sens…



On peut penser que Michael Satzinger aurait aimé avoir deux héros plutôt âgés de douze/treize ans que de dix-sept/dix-huit ans. Ce qui aurait été plus conforme à la fraîcheur de son inspiration. Cette histoire ressemble à celle qu’un jeune garçon, dans l’intimité de sa salle de jeux, raconterait à sa figurine préférée pour lui faire vivre des aventures qu’aucun adulte ne pourrait imaginer.



Mais bien sûr, un âge plus tendre pour les deux garçons était difficilement imaginable, pour des contraintes tout simplement pratiques et surtout en raison de la morale ambiante, à cause de la charge sexuelle et sensuelle du film. Charge d’autant plus dérangeante qu’elle surgit dans un imaginaire enfantin d’où elle est habituellement bannie.


Le film est terriblement sexy : qui aurait pu se douter qu’une recette de yogourt serait à ce point émoustillante ? Michael Satzinger parvient surtout, chose rarissime, à filmer l’intimité de l’amour de deux garçons et cela sans aucune fausse pudeur. On voit les deux amis nus très souvent, faire l’amour mais aussi... aux toilettes, sans que jamais ce regard dans les moments les plus prosaïques du couple paraisse provocateur ou passe pour celui d’un voyeur.



Le réalisateur a nourri son scénario de multiples mythologies (il faut prendre ce terme dans le sens que Roland Barthes lui a donné) du monde de l’enfance, des plus archaïques comme ce cirque qui m’a fait penser à la fois au film Freaks, à des bandes dessinées telles celles de Fred ou à Spirou et les voleurs, aux plus modernes, telle la Toile dont on sait bien qu’elle est très fréquentée par la jeune classe d’âge. On y croise même Winnetou, incontournable lorsque l'on parle de récits d'aventure pour la jeunesse dans un pays germanique. Il m'a semblé aussi y reconnaître des réminiscences aussi diverses que celles des photographies de Bernard Faucon et des œuvres de Fellini. La roulotte dans laquelle Jannis et Patrick cachent leur idylle m'a évoqué la chambre des Enfants terribles de Cocteau...



La réalisation est si inventive avec ce mélange d’images issues de sources diverses… La première séquence est filmée par une caméra de surveillance, mais la majorité des images du film proviennent d'une caméra numérique à très haute définition qui donne des images bien piquées, y compris dans les nombreuses scènes de nuit, avec une grande profondeur de champ. De nombreuses séquences sont tournées avec de courtes focales et même au grand angle. La vidéo n'est pas la seule source qui abreuve Whispering Moon, d'autres séquences sont issues de caméras classiques, d'écrans d’ordinateur, d'extraits de presse, de dessins animés... L’attente du spectateur n’est pas seulement aiguillonnée par les incessants rebondissements du scénario mais aussi par l’attente de la prochaine image, toujours inattendue. Elle fait penser à la fois à celles des films de Méliès et de Peter Greenaway.



L'hétérogénéité assumée de la forme (il arrive même que dans un seul plan soient juxtaposées des images de sources différentes) est en parfait accord avec les multiples genres qui cohabitent merveilleusement ensembles dans ce long métrage qui tient à la fois de la science-fiction, du policier, de la fable politique, du film gay, du cinéma expérimental, du film pour adolescents, du cinéma érotique... Mais le plus ébouriffant est l'intrusion, ô combien inopinée, du western dans tout ça...



Whispering Moon est aussi une réflexion sur l’information, sur la distorsion entre la vérité et ce que l’on dit au public. Le metteur en scène, et scénariste à la fois, joue constamment avec le spectateur tout en lui demandant de réfléchir à la nature même du conte et pourquoi il nous raconte cette histoire. On se demande ainsi si le récit feuilletonesque n'est pas là pour masquer le véritable désir du cinéaste qui serait celui de nous raconter l'amour romantique et sexuel de deux adolescents ou bien au contraire la romance entre les deux garçons servirait de douceur pour nous faire passer son message politique. Satzinger utilise toutes les nouvelles technologies des médias, dans la mesure de ses moyens, pour nous montrer comment nous pouvons facilement être trompés, combien il est facile de modifier les images et les choses pour qu’elles semblent différentes de ce qu'elles sont réellement. Il induit aussi l’idée que le public aime être berné.



On a le sentiment parfois que le cinéaste modifie sa création sur des coups de tête, et donc constamment pour nous rappeler que tout récit cinématographique que l'on accepte au moment où nous le découvrons est en fait toujours une fiction, autrement dit un mensonge.

La passion ludique de Michael Satzinger pour le bidouillage de l’image, avec de fréquentes mises en abyme, l'image dans l'image dans l'image... ne lui fait pas oublier la composition du cadre. La façon dont il filme aussi bien la promiscuité des deux amoureux que leur environnement au cirque (belle utilisation de la couleur) est exemplaire. L’humour est lui aussi présent dans ces recherches formelles. Les dernières minutes prouvent que le cinéaste sait aussi émouvoir.



Tous les acteurs sont impeccables et les deux jeunes héros, dont on sent bien qu’ils se sont donnés sans réserve à cette aventure, sont époustouflants dans leur premier rôle au cinéma.

Michael Satzinger est né à Graz, Autriche, en 1957. Il est diplômé de l'Académie du film de Vienne. À partir de 1987, il a pris la direction des documentaires de la télévision et de la radiodiffusion autrichienne (ORF). En 1988, il est également devenu un des professeurs de l’Ortwein Film School à Graz. Son premier long métrage de fiction, Die Philosophie der Ameise, a été produit en 1990, puis suivent : Zeit der Verwandlung (1995), Glücksritter (1997), Wir Sind Nicht Allein (1998), Das Verlorene Paradies (2000), Die Nacht der Shamanen (2002). Il a fondé la société de production Magic Films en 1994.



Whispering Moon démontre que l’on peut faire avec un petit budget un film inventif lorsque l’on est désinhibé. Ce film à la fois fable politique, film gay, érotique comme peu le sont, flirtant avec le cinéma expérimental, est un hymne à la liberté de création et à la confiance en l’intelligence du spectateur.

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Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 29 septembre 1 29 /09 /Sep 14:47
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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