Avec Lee Young-hoon, Lee Han, Cho Hyun-Chul, Kim Dong-wook et Jung Seung-Gil.Réalisation : Leesong Hee-il. Scénario : Hee-il Leesong. Montage : Hee-il Leesong & Jeong-min Lee Images : Yun Ji-un. Musique : Byung-hoon Lee.
Durée : 114 mn. Disponible en VO et VOSTfr.
Résumé :
Dans un paysage idyllique coréen, un superbe jeune homme nu glisse à travers le cristal bleu d’une claire rivière. Ce sont peut-être les
derniers joyeux moments qu’il connaîtra avant longtemps. Su-Min (Lee Young-hoon) a été élevé dans un orphelinat, à la campagne. Mais il est temps pour lui de quitter le nid car il a atteint la
limite d’âge et ne peut plus y rester. Attiré par ses lumières, il va à Séoul dans l’intention d’y faire des études d'art. Il s’aperçoit vite qu’il est difficile de vivre dans la grande ville. Il
trouve un emploi à la chaîne dans une usine mais il ne le garde pas longtemps.
Il ravale sa fierté et devient un gigolo qui se loue aux messieurs aisés dans un bordel. Sa beauté attire de nombreux admirateurs mais il les
voit à peine. Bien qu'il soit ouvertement gay, il ne porte aucun intérêt à ses clients. Bientôt, Su-Min est pratiquement harcelé par un garçon, Min-Jae (Lee Han), qui est amoureux de lui. Min-Jae
est le fils gâté d'un éminent homme d'affaires. Jae-Min tombe profondément amoureux de Su-Min et le poursuit, malgré la pression familiale. Son père veut lui faire épouser sa jeune fiancée qui
lui est promis de longue date.
Pire encore pour Min-Jae, l’impassible Su-Min n'est pas intéressé par son amour ou sa compagnie... Progressivement les sentiments de Su-Min
envers Min-Jae se modifient ; bien que Su-Min combatte cette attirance, il en devient prisonnier et cela contre toutes les résolutions qu’il avait prises, d’autant que son ami d’enfance le
rejoint à Séoul, lui rappelant le Su-Min d’hier...
Il est difficile lorsque l’on regarde ce film coréen indépendant, qui a connu un grand succès dans son pays malgré une sortie limitée, de ne
pas penser au chef d’œuvre de Wong Kar-Wai, Happy Together. Il y a cette même alternance entre des instants apathiques et de brusques bouffées de violence. Il y a cette même volonté,
presque une délectation, à plonger dans le côté obscur de la relation entre deux jeunes hommes.
La caractéristique technique principale du film réside dans ses variations de rythme ; alors que le développement de l’intrigue suit un tempo
tout asiatique, parfois un peu languissant, tout du moins dans ses premiers trois quarts, sa mise en place est d’une sécheresse à la fois efficace et elliptique qui fait penser à la présentation
des personnages et des prémices de l’aventure d’un manga d’action.
Dès la première séquence, avec son beau mouvement de caméra à la grue, Leesong Hee-il et son directeur de la photo nous montrent qu’ils
possèdent bien les subtilités de la prise de vue, ce qui ne sera pas démenti durant la suite du film.
No Regretraconte une simple histoire d'amour à la structure classique :
deux personnes se rencontrent, tombent amoureux, et combattent pour leur amour. Le film n’évite pas quelques clichés scénaristiques que l'on est l'habitué à voir dans les films gays, tel Jae-Min
fiancé par sa famille qui le force à se marier.
Le film sur la prostitution masculine est quasiment un sous-genre en soit du film gay. Pour ma part, je déplore cette prolifération qui tend à
faire croire que la prostitution est au centre de la vie sexuelle des gays. No Regret, non seulement par sa qualité mais aussi par l’angle avec lequel il aborde le sujet, se détache du
lot. La plupart des films gays mettant en scène des gigolos font peu de cas des clients ou les relèguent au rang de repoussoirs. C’est le cas dans des films estimables comme John ou
Twist (Antiprod éditeur) par exemple. Il est rare que les scénarios abordent autrement que d’une façon manichéenne et caricaturale les figures du prostitué et du client. Qui sont presque
toujours réduits aux archétypes pour le prostitué, au pauvre et bon garçon contraint de se vendre à cause de la mauvaise fortune et pour le micheton à celui du vieux ploutocrate
libidineux.
Quelques rares films échappent à cette caricature et montrent les relations, souvent compliquées qui se tissent entre le prostitué et son
client (pour peu que ce dernier soit « un habitué ») : Boy Culture (édition Optimale), River Made to Drown In (Studio Canal) ou encore In the Flesh
(BQHL). Mais ces films restent encore dans le stéréotype qui semble obligé du jeune gigolo et du vieux micheton. Dans No Regret, le client de Su-Min n’est guère plus âgé que lui. Sans en
avoir l’air, ce film brise un tabou, celui de taire que les hommes qui ont recours au service de prostitués peuvent être aussi des jeunes pas mal de leur personne et pas seulement des cacochymes
libidineux.
Le réalisateur Leesong Hee-il, qui est ouvertement gay lui-même, parvient à créer l’émotion tout au long du film et a emporter l’adhésion du
spectateur. La psychologie des deux héros est à la fois fouillée et crédible. Il est un peu dommage que le cinéaste ne se soit pas plus attardé à développer les rôles du tenancier du bordel, très
atypique, et celui de l'ami d'enfance. No Regret est un film attachant et très émouvant.
On est totalement surpris par le dernier quart du film sur lequel il est interdit d’en dire trop sans entacher gravement le plaisir du futur
spectateur. No Regret passe alors d’un film psychologique réaliste à un mélo flamboyant au suspense certain qui devrait tirer des larmes à plus d’un. Le cinéaste met alors la réalisation
au diapason de son scénario. La couleur disparaissant quasiment pour laisser place sur l’écran à un camaïeu de gris que réveillent quelques touches de couleurs froides. Il est seulement
regrettable que visiblement il n’ait pas réussi à choisir entre les multiples images de fins possibles, nous proposant plusieurs fausses fins qui altèrent l'émotion pourtant à son comble dans le
final.
No Regreta été tourné en numérique, ce qui est parfait pour capter le
monde obscur des gays gravitant dans le milieu de la prostitution. Comme dans les œuvres de Michael Mann, la caméra numérique est le meilleur moyen de filmer des environnements où la luminosité
est faible. Néanmoins, le cinéaste abuse des atmosphères nocturnes. Même si ces séquences peu éclairées transcrivent bien le monde glauque de la prostitution masculine dans lequel évolue Su-Min
qui peut parfois s’avérer un milieu dangereux. Si les images sont soignées, l'image dans le cadre est toujours bien composée, la narration reste dure, et alors que les scènes de sexe sont
explicites, Leesong Hee-il les filme néanmoins avec tact.
Alors qu'il n’y a encore pas si longtemps, il était périlleux de filmer en plan large avec une caméra numérique en raison de la "mollesse" de
l'image, No Regret montre que ce temps est révolu. Le cinéaste l’utilise aussi bien en intérieur, il affectionne particulièrement les entrebâillements de porte, qu'en extérieur avec des
plans panoramiques.
Il faut souligner la belle performance des deux acteurs principaux. Lee Han exprime bien le dilemme auquel est confronté son personnage,
contraint de rester dans le placard du fait de la pression de son entourage, tout en étant amoureux fou d’un garçon. Toutefois, c’est Lee Yeong-Hoon qui est époustouflant de vérité et sur qui
tout le film repose. Lee Yeong-Hoon a également joué dans Good Romance, un court métrage de Leesong qui a finalement été étoffé pour devenir No Regret. Lee Yeong-Hoon fait bien
ressortir les différents sentiments qui traversent Su-Min : la colère, le désespoir et le courage, la colère d'être trahi, le désespoir de sa situation, et le courage de tomber
amoureux...
Ce beau long métrage très émouvant combine thèmes gays et réflexions politiques et sociales, tout en ayant un soupçon d'humour ; c’est le
premier film de son réalisateur.
Dans ce moderne mélodrame, on s’aperçoit que le bonheur n’est pas facile à trouver, même pour les beaux garçons dans les bars gays de
Séoul...
L’abruti que je devais supporter en tant que supérieur hiérarchique direct est enfin parti. Il s’en va sucer des bites à Amsterdam et se faire
fourrer dans les backrooms les plus glauques du pays du Gouda. Dire que je ne vais pas le regretter est un doux euphémisme. Les deux dernières semaines durant lesquelles il m’a fallu le
supporter, ce petit führer s’est montré particulièrement odieux. Évidemment, il n’a pas manqué de dresser de moi à son successeur un portrait des moins flatteurs, mais son remplaçant est, je
pense, assez intelligent pour faire la part des choses, et lorsqu’il commencera à se mêler à la population, il n’entendra dire de moi que du bien. Le temps se chargera donc de démonter les
allégations mensongères de son immonde prédécesseur…
J’ai encore du mal à me remettre du stress généré par ce fou ; il m’a fallu reprendre des anxios pour ne pas retomber au plus profond de
la détresse psychologique, mais il est vrai que j’ai ressenti les mêmes symptômes que lors de ma dépression hivernale de mars dernier. Comme j’aurais aimé avoir Andréa auprès de moi ! À défaut de casser la gueule au connard, il aurait su me réconforter le soir…
À présent, je commence à entrevoir les bons côtés du Canada par rapport à la France : coût de la vie moins chère, pression fiscale deux
fois et demi moindre, et le petit monde d’ici est assez sympathique. Tout fonctionne au relationnel. Et les amis de mes amis sont mes amis.
Récemment, j’ai joué au mitron avec Nick, qui vient ouvrir une boulangerie française dans la région. Il m’a fait les croissants les
plus délicieux que j’ai goûtés depuis mon départ de France. Ils sentaient bons la France. Les croissants ici sont produits en batterie industrielle et sont carrément dégueulasses. Mais le travail
bien fait d’un artisan, avec une bonne farine, du bon beurre à la normande… hmm, je me suis régalé ! Le label de l’artisanat français est de toute façon synonyme de haut de gamme,
et avec ses croissants au beurre, nul doute que Nick gagne l’argent du beurre !
Je deviens de plus en plus un pilier de bar. Lorsque je vivais à Paris, je passais de nombreuses soirées de solitude dont ma mémoire a effacé
les traces. Il était extrêmement rare que quelqu’un m’appelle pour me proposer une sortie. Juste comme ça, en toute amitié. Ici, c’est différent. Coup de téléphone de Nico : « Je prends
une bière avec Nick, viens nous rejoindre ». Juste un truc comme ça. Mais qui fait toute la différence.
Nico dirige le restaurant le plus smart de la ville pour le compte d’un businessman sans scrupules. Quand j’y vais, j’ai les boissons
gratuites… Qui m’offrirait l’open-bar à Paname ? L’autre soir, il m’a présenté à un ancien Premier ministre du Nouveau-Brunswick qui dînait en famille, et en toute simplicité, vêtu d’un
polo, d’un bermuda et chaussé de tongs ! Je n’imagine pas Dom de Villepin faire de même à Montmartre ou dans le XVIe chicos. Raffarin, peut-être… mais en province. Et ce soir-là,
je sirotais avec des amis et j’ai demandé à Stew, un jeune serveur bâti comme un joueur de hockey et, si j’en crois le relief de son pantalon à un endroit bien précis placé sous la ceinture,
monté comme un âne, de m’apporter une portion de frites maison. Je n’avais pas dîné, ayant l’appétit sans cesse coupé en raison des relations de travail délétères précédemment évoquées.
Néanmoins, la présence de personnes sympathiques avait éveillé une petite fringale. Avant de quitter le resto, je vais voir Stew et lui demande combien je dois pour les frites. « C’est
offert ! », m’a-t-il répondu dans un sourire. Qui dit mieux ?
À présent que les choses se déroulent normalement avec mon nouveau patron, et que mes amis me font entrevoir des possibilités intéressantes
d’établissement dans ce pays encore neuf et pas plombé par la bureaucratie et des millions de lois et de décrets comme l’est la France, l’idée de fixer ma base ici fait son chemin.
Beaucoup de choses changent, des remises en question surgissent çà et là, et si l’avenir s’annonce prometteur, l’angoisse de faire le mauvais
choix me complique l’existence. Et hop ! je reprends un anxiolytique…
« Le PaCS est un projet qui entraînera des détournements de successions, de nationalité, de fiscalité, ouvrira des risques de
répudiation, de polygamie, voire d’inceste, et produira des conséquences dévastatrices. » Communiqué de l’Académie des sciences morales et politiques, mai 1998.
« Il est grand temps de dire ce que la France doit aux homosexuels, comme à tous les autres citoyens, dans tant de domaines. »
Robert Badinter, ministre de la Justice, à la tribune de l’Assemblée nationale, le 20 décembre 1981, lors du débat sur la dépénalisation de l’homosexualité.
2e partie ou « Crêpage de chignons en règle ». Je vous épargne les multiples rebondissements entre les « Je t'aime moi non plus » de Lily et Holden... Un peu, ça va, mais ça
finit par fatiguer. Prochain épisode : Mamie Lucinda entre en scène !
Sujet du jour : « La virginité avant le mariage gay : concept oakdalien ou réalité ? Discutez. » En guest-star, mamie Gâteau, avant le retour fracassant de mamie Gâteuse, à partir du 95...
Enfin un peu de fraîcheur dans le cinéma français ! Sans se plaindre des recherches un tantinet mortifères de nos auteurs maison, ça
faisait longtemps qu’on attendait une comédie de cet acabit : vive, impudique, sensible, et surtout drôle. Car tout en étant un très beau film sur la puberté, Du poil sous les
roses fait rire. Souvent. Intensément.
Les personnages : Roudoudou (Julie Durand), 15 ans ou presque. Assaillie par les multiples questions d’ordre sexuel que l’on se pose à
cette période. Entre autres : pourquoi j’ai un nichon qui pousse plus vite que l’autre ? Est-ce qu’on peut jouir au téléphone ? C’est quoi, un clito ? Et un fist-fucking ?
Julien (Alexis Roucout), même âge, même obsession du cul, mais formulée différemment : quand est-ce que j’aurai du sperme ? Est-ce que je suis pédé parce que je branle mon meilleur
pote ? Et si je baisais sa mère ?
Cela assené avec une crudité qui fait plaisir à entendre en ces temps de censure crâne. Une crudité pleine de "bite", "pute", et autres
"gouine" prononcés par des collégiens se marrant devant un film porno ou pissant sur le mur de leur maison.
Ainsi délestés de toute retenue quant au verbe ou aux actes, Agnès Obadia et Jean-Julien Chervier se sont rapprochés d’une vérité enfantine
trop longtemps voilée par le poids du tabou et d’une nation bien-pensante. Parce qu’à 13 ou 15 ans, on ne parle pas comme dans Le Jeune Werther de Doillon ; on se gargarise plutôt des
mots les plus salaces en ne songeant qu’aux possibilités imminentes de dépucelage.
Pourtant, la vulgarité est ici hors de propos, balayée par un débordement constant parfaitement catalysé des deux côtés de la caméra. Derrière,
sans génie mais avec une énergie et une inventivité stimulantes : rêves délurés sous forme de dessins animés, propositions joyeusement anarchiques (le film donne fréquemment l’impression de
partir dans tous les sens), situations exploitées de façon optimale (on retiendra surtout l’utilisation des queues de chatons comme anti-stress).
Et devant, deux révélations : Alexis Roucout, excellent dans le registre du révolté lassé, du dégingandé torturé ; et surtout l’incroyable
Julie Durand, croisement rêvé entre Valérie Lemercier (version Odeline Fion) pour le côté pince-sans-rire et Leslie Azoulai (l’héroïne de Travolta et moi) pour la désarmante
spontanéité.
Grâce à eux et aux autres, les images de l’adolescence auront rarement semblé si décalées, et, paradoxalement, si justes.
A Jihad for Loveest un documentaire filmé dans douze pays et en neuf langues. Parvez Sharma, réalisateur indien, musulman et homosexuel, a pris le
risque de filmer là où il n'aurait jamais pu obtenir d'autorisation officielle. Ce premier documentaire explore la relation complexe qui existe entre islam et homosexualité. Filmé en Inde, au
Pakistan, en Iran, Turquie, Egypte, Afrique du Sud et en France, le film n'entend pas critiquer l'islam, mais réconcilier islam et homosexualité.
Avec Paul Bartel, Sean P. Hayes, Brad Rowe, Richard Ganoung, Meredith Scott Lynn, Sean Hayes, Matthew Ashford, Armando Valdes-Kennedy, Carmine
Giovinazzo, Holly Woodlawn, Mark Allen Andreson et Bonnie Biehl. Réalisation : Tommy O’Haver. Scénario : Tommy O’Haver. Directeur de la photographie : Mark Mervis.
Compositeur : Alan Ari Lazar.
Durée : 92 mn. Disponible en VO et VOST.
Résumé :
Billy, photographe provincial, débute à Hollywood. Son projet est de réaliser une série de photographies mettant en scène les baisers de cinéma
les plus célèbres de l'histoire d'Hollywood. Mais cette fois, la distribution serait exclusivement masculine. Apres avoir fait le tour des drag-queens, Billy trouve enfin celui qu'il cherchait :
Gabriel, un jeune et beau musicien fraîchement arrivé de Los Angeles. Cependant une question le taraude. Gabriel est-il gay ou hétéro ?
Billy’s Hollywood...est la preuve que le cinéma gay a désormais tous les
droits aux USA (du moins lorsqu'il demeure consensuel). Le film de Tommy O’Haver a été tourné en scope et suinte le fric dans ses moindres recoins.
Billy (Sean P. Hayes) vit à Los Angeles et traverse une phase difficile : il ne trouve pas de travail et cherche sans succès le grand amour.
Heureusement, un ami lui commande une série de photographies liées au glamour hollywoodien mais transposées sur le mode "camp", c’est-à-dire avec des modèles strictement masculins (ou
travestis).
Billy voit alors en Gabriel (Brad Rowe, clone transparent de Brad Pitt), un beau serveur, l’interprète idéal de ses clichés... et de ses
fantasmes. Mais Gabriel a toutes les apparences d’un hétéro : que va devenir notre pauvre héros ?
Billy’s Hollywood...joue à fond la carte de l’esthétique homosexuelle
basique, cet univers réducteur auquel tout artiste gay, selon le grand public, se doit d’être affilié et que Tommy O’Haver a naïvement pris à son compte. De ce point de vue là, le spectateur
n’est pas déçu : le film déballe son quota réglementaire de drag-queens impeccables, de couleurs flashy, de musique tendance ABBA, de corps musclés et imberbes, de plages ensoleillées, d'artistes
toujours bien sapés sans l'ombre d'un souci financier.
Tout cela verni par une volonté de renouer avec la grande comédie romantique de l'âge d'or hollywoodien. Mais même dans ce cadre, le film ne
remplit que moyennement son contrat : rythme bancal, personnages et situations prévisibles, entractes oniriques assez répétitifs (tout comme l'idée de narration par les polaroïds, séduisante au
départ, mais trop systématique).
On se met alors à rêver d'un souffle subversif, d'un regard critique à la Araki (le L.A. de Nowhere était autrement plus passionnant).
En vain : tout, dans Billy's Hollywood..., est polissé et flatte le spectateur dans le sens du poil. La vacuité n'est pas toujours désagréable (cf. Le Mariage de mon meilleur
ami), mais elle requiert un minimum de talent.
« Les pays occidentaux permettent les pratiques homosexuelles et maintenant acceptent même que des leaders religieux puissent avoir une
vie ouvertement gay. […] Les journalistes occidentaux, dont beaucoup sont homosexuels, osent protester quand nous prenons des dispositions légales contre les pratiques homosexuelles pour protéger
notre peuple et nos enfants. » Mahathir Mohamad, Premier ministre de Malaisie, lors d’une émission de la télévision nationale, le 3 septembre 2003.
« Il me semble qu’une société qui veut se programmer un avenir, qui pose qu’il faudra gérer, faire naître et assumer une nouvelle
génération, ne peut mettre à égalité, dans son droit, la relation homme/femme et la relation homosexuelle. Les mettre à égalité me paraît une solution suicidaire. » Guy Coq, philosophe,
audition au Sénat, 27 janvier 1999.
Jag, qui nous a fait découvrir les amours de Luke et Noah dans As The World Turns, a
gentiment accepté de répondre à nos questions sur les origines de cette passion et le travail gigantesque que représente le sous-titrage en français des épisodes. Nous savons que de nombreux
lecteurs de ce blog et de nombreux internautes lui en sont reconnaissants. Place maintenant à l’univers de Jag, sa vie, son œuvre et tout le tutti quanti…
Les Toiles Roses : Cher Jag, sans entrer dans ta vie privée, pourrais-tu te présenter pour que nous sachions, enfin, ton sexe, ton
âge, tes passions et ce qui pourrait définir un vague portrait de toi, même si tu désires rester discret par modestie ?
JAG :« Jag », c'est clairement masculin, non ? ;-) Pour mon
âge, disons que je suis plus près d'Holden que de Luke ou de Noah. Les accros d'As The World Turns apprécieront. J'ai toujours été passionné de médias et je travaille dans ce milieu-là.
Quant à l'anglais, c'est une langue que je maîtrise bien, pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles. Pour le reste, donc, ma gigantesque modestie naturelle m'incite à rester
discret...
La question que tout le monde se pose est : « Comment as-tu connu le soapAs The World Turns? »
Ah bon ? Le monde entier se pose cette question et retient son souffle ? Alors, je me dois d'y répondre sans plus tarder... Depuis longtemps,
je m'intéresse au cinéma et à la télé des pays anglophones. Et notamment, aux représentations des gays et des lesbiennes dans ces fictions. J'avais donc entendu parler du personnage de Luke, joué
par Van Hansis dans As The World Turns il y a deux ans. Grâce à YouTube (et à LukeVanFan et ryanbeckie, deux internautes américains bien connus des fans du soap), j'ai pu visionner des
épisodes et j'ai trouvé que le personnage était infiniment plus subtil qu'on aurait pu l'imaginer, surtout pour un soap-opéra. L'épisode du coming-out est à cet égard tout à fait convaincant.
C'est à mettre au crédit des scénaristes, mais aussi, je crois, de Van Hansis.
Quel a été le déclencheur de ton envie de relayer aux francophones l'histoire d'amour entre Luke et Noah ?
C'est vraiment l'arrivée du fort sympathique Noah (et de son alter ego le fort charmant Jake Silbermann) à l'été 2007 qui a suscité ma
curiosité. Je ne pensais sincèrement pas que les producteurs auraient l'audace de donner un petit ami à Luke. J'ai été donc agréablement surpris. J'ai trouvé toute l'intrigue autour du trio
Luke/Maddie/Noah vraiment très intéressante et de bonne tenue, surtout pour un soap-opéra. Je regrette d'ailleurs le départ d'Alexandra Chando (Maddie), personnage qui avait pourtant un bel
avenir devant lui, selon moi. C'est à ce moment-là que j'ai pensé qu'il serait amusant de sous-titrer un épisode en français. C'était aussi l'occasion d'apprendre à maîtriser les techniques de
montage, de mixage, d'incrustation de sous-titres, etc. À mon humble niveau d'amateur, bien entendu.
Mais très franchement, quand j'ai posté le premier épisode en novembre dernier, je n'aurais jamais imaginé qu'autant d'internautes se
prendraient d'affection pour Luke et Noah. Ça a été une véritable surprise pour moi. Pensez : un soap-opéra inconnu en France, une histoire d'amour entre deux garçons, sous-titrée qui plus
est… Cela ne sentait pas la recette du succès ! Pourtant aujourd'hui, on approche du million de clics sur Dailymotion, au bout d'un peu moins d'un an (+ 250 000 sur YouTube, un peu moins
fréquenté par les francophones). C'est tout à fait inattendu.
J'en profite pour signaler que jamais je n'aurais entrepris ce travail si le feuilleton avait été disponible en France sur un support
quelconque. Mais il n'est ni diffusé à la télévision, ni disponible en DVD ou à la VOD. Car je suis entièrement favorable au respect des droits d'auteur. En l'occurrence, ni CBS ni PGP (le
producteur) n'ont demandé le retrait des vidéos sur YouTube ou Dailymotion. Un lien vers les vidéos de LukeVanFan est même disponible sur le site officiel de la série ! Je pense donc qu'ils ne
voient pas d'un si mauvais œil cette diffusion, qui leur fait une publicité gratuite.
Question technique : peux-tu nous décrire par le détail tout le travail que demande le visionnage des épisodes, le montage des
scènes que tu choisis et le sous-titrage français pour construire des épisodes à ta façon ?
C'est un travail long et prenant ! Il me faut d'abord récupérer les vidéos des épisodes. Je dois ici remercier Sam qui me fournit des images
d'excellente qualité et qui effectue un premier montage pour isoler les scènes avec Luke et Noah, et bien sûr, le célèbre Andy (LukeVanFan) à qui Van et Jake doivent tant, qui me laisse gentiment
utiliser certaines de ses vidéos, notamment pour les bonus. D'autres clips sont disponibles sur les sites de CBS ou d'ATWT. J'effectue moi-même toutes les conversions entre les différents formats
de vidéo.
Je sélectionne ensuite toutes les scènes avec Luke et Noah (et éventuellement quelques autres qui ont rapport avec leur histoire… ce qui
parfois pose de véritables casse-tête – cf l'interminable mort de Dusty ou les éternels « Je t'aime moi non plus » de Lily et Holden). J'en effectue le montage, j'y ajoute des fondus,
un générique (qui varie à chaque épisode) puis entame la traduction et le sous-titrage. Il ne s'agit pas d'une traduction littérale (concept qui, à mon avis, n'a aucun sens), mais d'une
adaptation qui répond aux impératifs de lisibilité et de montage. J'essaie de soigner tout particulièrement la syntaxe et l'orthographe, même si le manque de temps et de moyens entraînent parfois
quelques coquilles ou autres défauts. Restent l'encodage en MP4 et la mise en ligne, à la fois sur Dailymotion et sur YouTube.
Franchement, que représente cette histoire d'amour entre Luke et Noah pour toi ? Te sens-tu addict et fan ?
Je ne suis pas mécontent de voir qu'en 2008, les gays commencent à figurer dans des fictions grand public et à apparaître comme des personnages
ordinaires (enfin, presque...). J'aurais certainement adoré voir un tel programme quand j'avais l'âge de Luke et Noah. Je pense qu'il est indispensable d'avoir des représentations positives et
des modèles quand on se construit, et les nombreux témoignages de jeunes gays et lesbiennes que je lis et qui s'identifient à Luke et Noah ne font que confirmer qu'il existe une vraie soif de
telles représentations, encore rarissimes à la télé ou au cinéma. Qu'on aime ou pas As The World Turns, ses interminables rebondissements, ses invraisemblances, ses approximations, son
côté fauché et sa frilosité face aux scènes d'intimité entre les deux garçons, force est de constater que c'est une première pour un programme de ce type à cette heure aux USA, pays qui reste
quand même extrêmement puritain en matière de tout ce qui touche à la sexualité (qu'elle soit traditionnelle ou non).
Fan de Luke et Noah, je le suis devenu… par la force des choses. À force de voir presque quotidiennement Van et Jake sur mon écran
d'ordinateur, on finit par s'attacher… Comment rester totalement insensible à leur charme ? ;-) Je reçois d'ailleurs une foule de questions sur la vie privée des deux acteurs. Mais, comme sur
l'excellent forum créé par Roger Newcomb (vanhansis.net) ou le formidable Wiki de twins, je supprime tout commentaire concernant ce sujet qui,
à mon avis, doit rester privé si les comédiens choisissent de ne pas en parler. Je suis cependant surpris qu'on me demande constamment si les deux acteurs sont vraiment en couple dans la vie ! Je
réponds en général : « Bien sûr, d'ailleurs l'interprète de Dusty est véritablement mort, et l'actrice qui joue Lily s'est très efficacement fait ravaler la façade. »
Tes vidéos explosent les statistiques. Tu es devenu un véritable VIP de Dailymotion. Les lecteurs de nos amis de GayClic.com et de Les Toiles Roses sont des mordus et doivent bénir ton pseudo tous les jours. Comment vis-tu ce
phénomène ?
« Explosent les statistiques », « phénomène », n'exagérons rien ! Disons que Luke et Noah ont réussi à toucher quelques milliers
de personnes en France, ce qui est plutôt inattendu. Je dois dire que GayClic et Les Toiles Roses ne sont pas
étrangers à cette micro-notoriété de ma chaîne. Le bouche à oreille et la curiosité des internautes ont fait le reste. Pour ma part, si les aventures de Luke et Noah font plaisir à ceux qui les
regardent, et même parfois, les aident à assumer leur propre identité (j'ai eu quelques messages en ce sens), j'en suis absolument ravi. En outre, je suis assez content de faire connaître aux
francophones Van Hansis et Jake Silbermann, deux remarquables acteurs que je trouve très courageux, et dont à mon avis on n'a pas fini d'entendre parler. Faire passer tant de choses dans le cadre
très rudimentaire (et assez bas de gamme, avouons-le) d'un soap-opéra me paraît relever de l'exploit.
Tu as dû nouer des relations avec d'autres fans dans le monde. Pourrais-tu nous parler de celles et ceux qui te paraissent les plus
pertinents et passionnés ?
J'ai effectivement noué quelques relations épistolaires, principalement avec des Américains et des francophones. Le profil des fans de Luke et
Noah est extrêmement varié. Des hommes, bien sûr, mais aussi énormément de femmes. Et si la tranche d'âge ne va pas comme pour Tintin de 7 à 77 ans, elle s'étend en tout cas de 13 à 60 ! Les
abonnés à ma chaîne sont en majeure partie francophones, mais j'ai aussi d'autres Européens, des Américains et même des Asiatiques.
Comment vois-tu l'évolution de la love story de nos deux héros préférés (hors épisodes diffusés), tu peux
t'éclater !) ?
Évidemment, il serait temps que nos deux héros finissent dans un lit, car cela commence à devenir franchement ridicule. L'imagination des
scénaristes pour les empêcher de consommer leur relation, si elle parait sans limites, finit par être lassante. D'autant plus que cela relancerait probablement l'intérêt. Mais je soupçonne les
producteurs d'être un peu gênés aux entournures : une scène d'amour entre deux garçons dans un soap-opéra, ce serait là aussi une première. Je suis curieux de voir ça si jamais ça arrive, sachant
que les autres personnages n'hésitent pas à coucher avec n'importe qui toutes les 5 minutes. Soyons un peu cyniques. Comment dire qu'ATWT tombe vraiment dans les clichés ? Tous les
personnages hétérosexuels s'envoient en l'air ou se trompent dans tous les sens, et les deux seuls jeunes gays ne cessent de repousser leurs ébats… C'est pour le moins original !
En réalité, je crois que nous sommes en terrain inconnu, car on a rarement vu sur la longueur une histoire d'amour entre deux jeunes gays à la
télévision. C'est peut-être d'ailleurs ça qui fait le succès de Luke et Noah. On peut donc tout imaginer. Le plus intéressant serait sans doute de voir leurs interactions avec le monde extérieur,
mais je crains qu'on ne tombe alors dans le manichéisme le plus total. Au fond, dans ATWT, soit on milite pour les droits homosexuels en agitant un drapeau arc-en-ciel comme Cyndi
Lauper, soit on tente d'assassiner le jules de son fils comme le colonel Mayer… La nuance ne semble guère faire partie du cahier des charges. N'oublions pas que c'est un soap-opéra.
Il pourrait également être intéressant à terme que Luke et Noah vivent des aventures qui ne soient pas directement liées à leur orientation
sexuelle. Après tout, c'est un couple comme les autres, non ? Je pense néanmoins que les récents développements aux États-Unis sur le sujet du mariage entre personnes de même sexe sont
susceptibles de fournir une des prochaines intrigues… De toute façon, dans les soap-opéras, on couche, on se marie, on fait des enfants (qui vieillissent de 5 ans en 6 mois, ou se révèlent en
fait les enfants naturels du cousin de la maîtresse du père adoptif de la jumelle diabolique de l'héroïne) et on divorce très, très vite.
Qu'as-tu envie de dire, pour conclure, à nos lectrices et lecteurs ?
D'abord les remercier. Ce sont eux qui me donnent le courage de continuer à traduire ATWT, avec leurs commentaires et leurs messages
souvent drôles et chaleureux. (J'en ai reçu très peu de négatifs ou d'insultants). Ensuite, leur assurer que, dans la mesure du possible, j'essaierai de continuer à poster la suite… en espérant
que Luke et Noah ne deviennent pas trop populaires, car s'ils se mettaient à apparaître tous les jours, j'aurais du mal à suivre la cadence. Mais pour l'instant, on en est loin ! Enfin, leur
conseiller de regarder une autre histoire d'amour gay, celle du feuilleton allemand Verboten Liebe (Défense d'aimer), qu'ont entrepris de traduire hari3669 (en français) et ichglotzutube
(en anglais) sur YouTube. Là aussi, l'interprétation des deux acteurs (Jo Weil et Thore Schölermann) sonne très juste, et la représentation nettement moins timorée de leur histoire d'amour nous
rappelle que nous sommes quand même plus proches de la sensibilité européenne...
Le 15 octobre 2008, en libraire, l'ouvrage de notre collaborateur Marc-Jean Filaire, L'ado, la folle et le pervers (Images et subversion
gay au cinéma), sortira chez H&O éditions. Nous y reviendrons plus longuement après lecture. Vous pouvez déjà précommander ce livre sur les sites d'Amazon et de la Fnac.
Avec Kenjie Garcia, Josh Ivan Morales, Jiro Manio, Nino Fernandez, Honey Garce Capili, Shamaine Buencamino, Ricky Ibe, Kurt Martinez, Jay
Perillo, Ajit Handasani, Lui Manansala et Ernier Zarate. Réalisation : Joselito Altejeros. Scénario : Lex Bonife. Images : Arvin Viola. Musique :
Ajit Hardazani.
Durée : 100 mn. Uniquement disponible en VO ou VOST anglais.
Résumé :
Antonio (Kenjie Garcia) est un jeune philippin de 15 ans qui vit à Manille, seul avec sa mère Teresa (Buencamino Sharmaine) qui tient un
dispensaire. Le père est absent du foyer depuis huit ans. Il travaille à Dubaï et diffère d’année en année son retour au pays. Il se fait un peu tirer l’oreille pour envoyer de l’argent à sa
famille. Antonio est un fils modèle. Il ne semble pas différent de ses copains Mike (Jiro Manio) et Nathan, avec qui il partage la passion des jeux sur ordinateur. Le groupe se retrouve toujours
dans un cybercafé pour jouer.
Pourtant Antonio a un secret. Ce garçon, qui réfléchit beaucoup sur lui-même, s’est aperçu qu’il est attiré par les garçons. Antonio fait des
avances à Nathan qui se laisse faire mais cela détruit leur amitié. Il avoue ses tendances à son autre ami, Mike, qui prend bien la chose et lui dit qu’ils resteront frères.
Mais la vie d’Antonio, somme toute ordinaire, bascule lorsque son jeune oncle, Jonbert (Josh Ivan Morales), âgé de 25 ans, vient habiter avec
sa mère et lui sous prétexte de trouver du travail. Tout d’abord Antonio est attiré par le corps de Jo, qui s’en aperçoit et fait du garçon son jouet sexuel...
Antonio’s Secretest le troisième opus de son réalisateur. Le film surprend
par ses ruptures et l’hétérogénéité de son filmage parfois virtuose et parfois maladroit. Aucun spectateur ne peut se douter en voyant le premier quart d’heure du film (qui est une chronique
familiale classique assez bien filmée) que Antonio’s Secret, dans sa dernière demi-heure, basculera dans le glauque et le drame sordide.
La très bonne idée du réalisateur a été de choisir un garçon qui, au début, parait parfaitement ordinaire (ce qui facilite l’empathie avec le
spectateur, malgré, pour nous occidentaux, le relatif exotisme du décor) et qui se révélera au fil du film loin d’être le garçon sage que l’on croyait qu’il était. Dans cette première partie, il
est fort dommage que le metteur en scène n’ait pas eu assez confiance en son talent de cinéaste, qui est loin d’être négligeable, et ait alourdi son film d’une voix off superfétatoire sensée nous
confesser les états d’âme de son jeune héros alors que l’image aurait suffit pour tout nous dire des tourments du garçon (surtout quand il est joué, comme ici, par un comédien, dans son premier
rôle, remarquable… comme toute la distribution). Tout ce chapitre est filmé dans des couleurs pimpantes, souvent en extérieur. D’ailleurs, le cinéaste a la bonne idée de varier les décors.
Judicieusement, Joselito Altejeros campe les conversations entre ses personnages dans des lieux pittoresques et animés. Ainsi, ces toiles de
fond tiennent le spectateur toujours en alerte.
La caméra est malheureusement quelques fois tremblotante, ruinant parfois l’image au cadre pourtant toujours soigné et souvent inventif. Le
vrai sens du cadre du cinéaste réussit à produire de belles images dans les scènes les plus utilitaires. L’opérateur utilise des focales courtes, ce qui a pour effet de donner une grande
profondeur de champ à l’image.
Le film est peu découpé, privilégiant (parfois un peu à l’excès) les plans séquences, ce qui montre la confiance du réalisateur envers ses
comédiens qui sont tous étonnants de vérité.
Le scénario pêche par un défaut de construction qui est le révélateur de l’incohérence, où plutôt que l’on perçoit comme tel, des agissements
des personnages… en particulier celui de Jonbert.
En effet, lorsqu’il apparaît rien ne laisse supposer qu’il est homosexuel et attiré par son jeune neveu. Cette aventure incestueuse est
d’autant plus surprenante que la psychologie des personnages est fouillée et que surtout, rien ne nous laisse penser qu’Antonio (qui fait les premières approches) est attiré par les hommes alors
que jusqu’à l’apparition de Jonbert, il se focalisait uniquement sur les garçons de son âge.
Par contre il est très intéressant, et rare, dans un film censé se passer sur une période courte (les vacances scolaires de Noël, ce qui est un
peu une facilité car on ne nous présente pas Antonio dans son environnement scolaire), de voir le personnage principal évoluer autant. Ce qui fait que le sentiment du spectateur envers le garçon
évolue constamment, passant d’une curiosité bienveillante à un malaise, lorsqu’il ne peut juguler son désir sexuel envers son oncle, puis à la pitié lorsqu’il devient la victime de ses
sens...
Il est particulièrement adroit de faire ressentir la montée du désir sexuel chez Antonio. Et là, il faut bien arriver à ce qui est totalement
singulier pour un film non pornographique : la crudité des scènes de sexe qui sont montrées prosaïquement et sans véritable sensualité, comme si le sexe homosexuel (c’est le seul que l’on
voit) était condamnable pour le cinéaste ; paradoxalement, il nous le montre complètement déculpabilisé chez les philippins.
Les scènes sexuelles assez sordides et assez mal filmées entre l’oncle et son neveu sont d’autant plus choquantes qu’elles sont insérées entre
des séquences domestiques des plus banales, rendant bien l’engrenage de cette relation incestueuse et la duplicité des deux protagonistes envers Teresa. La scène de viol du film est la plus
réaliste, donc la plus insoutenable qu’il m’ait été donné de voir.
Un film un peu hétérogène et ambigu, mais dont l’audace du sujet et ses partis pris cinématographiques, servis par une distribution
époustouflante, font qu’il restera longtemps dans la mémoire du spectateur.
Premier article d'une série consacrée à la place des gays et des lesbiennes dans la société française parKim, 31 ans. L'analyse de sondages permet de faire un point sur l'homophobie en France.
En cette période de campagne électorale [Ce premier article date du 11 avril 2007. Note de Daniel] où la
question des droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels) s’impose progressivement aux candidats à propos du mariage et de l’adoption notamment, où l’on voit de plus en plus
d’homosexuel(le)s réels ou fictifs dans les médias, où des histoires de coming-out qui se terminent bien se multiplient ici même sur ce forum [Celui de Et alors. Note de Daniel], on constate aussi depuis quelques années une augmentation de la médiatisation des propos, actes et agressions homophobes,
dont même les journaux télévisés ou le forum se font aussi de plus en plus souvent écho. Ces évolutions contradictoires nécessitent donc de faire une mise au point sur l’évolution de l’homophobie en France, ou pour faire un titre
plus positif, sur l’évolution de la tolérance et de l’acceptation des gays et des lesbiennes en France.
L’homophobie recule en France.
Document 1
Pour mesurer l’évolution de l’opinion de la population au sujet de l’homosexualité, on peut se baser sur une série de sondages qui
interrogent les Français depuis une trentaine d’années (document 1). Ce sondage montre la montée progressive de l’opinion que « l’homosexualité est une manière acceptable, ou une manière comme
une autre, de vivre sa sexualité », passant de 24 % en 1973 à 78 % en 2006. Cette progression s’est faite au détriment des deux préjugés à l’époque largement ancrés dans les esprits, à savoir
que l’homosexualité était soit une maladie, soit une perversion. Il y a donc plutôt de quoi se réjouir.
Il est toutefois dommage de ne pas connaitre pour le coup l’évolution des opinions considérant l’homosexualité comme une maladie ou une
perversion. En effet, l’année 1997 marque une rupture statistique, suite à l’arrêt du sondage dans sa forme de questionnement après cette date. Cette rupture s’explique premièrement par le fait
que l’homosexualité n’était plus officiellement considérée comme une maladie mentale en France dès 1981 et par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1993. Elle s’explique deuxièmement par
l’adoption en 1999 du PaCS, qui avait été précédé par de nombreux débats sur l’homosexualité en France au sein de la population, et qui avait grandement changé les problématiques de
questionnement sur l’homosexualité, faisant entrer ce sujet dans la modernité. D’une certaine manière, il était donc normal d’arrêter de proposer ces deux types de réponses, entérinant les
changements de mentalités de la société française.
Mais je persiste à dire dommage, car on peut se demander dans quelle mesure s’est faite la montée de l’opinion que « l’homosexualité est une
manière acceptable de vivre sa sexualité », au détriment des deux autres opinions plaçant l’homosexualité comme une anormalité dans le cadre médical ou moral : ont-elles chuté toutes les deux
dans les mêmes proportions, ou l’une d’elles résiste-t-elle mieux que l’autre ? Mystère… Car si nous pouvions constater une nette diminution de l’opinion que « l’homosexualité est une maladie
que l’on doit guérir », passant de 42 % en 1973 à 23 % en 1997, accompagnant ainsi l’enlèvement officiel de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par les législateurs et l’OMS, il
n’en est pas de même pour l’opinion que « l’homosexualité est une perversion sexuelle que l’on doit combattre », qui n’a finalement que peu régressée entre 1973 et 1997, ne passant que de 22 %
à 17 %. Ce qui peut inquiéter dans le contexte actuel de la montée de l’intégrisme religieux.
Quoiqu’il en soit, la conclusion principale de cette série de sondages reste quand même le recul de l’homophobie déclarée au sein de la
population française. En soit, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. Mais en fait, les choses sont plus compliquées que cela…
Mais il existe un gros décalage entre l’acceptation et la tolérance des homosexuels au sein de la société
française.
Document 2
Deux sondages, l’un réalisé par IFOP et publié dans le quotidien Le Monde du 22 juin 1996, l’autre réalisé par IPSOS et publié dans
le mensuel Têtu de mars 2004, ont notamment sondé l’opinion de la population par rapport aux démonstrations d’affection en public d’un couple homosexuel. Certes les questions ne sont
pas posées de la même manière, mais on peut constater que la proportion des personnes non choquées en 1996 ou non réticentes en 2004 a progressé, passant de 36 à 55 %.
Mais ce que l’on constate surtout, c’est que la proportion de personnes non réticentes aux baisers gays ou lesbiens échangés en public (55 %
en 2004 donc) ne correspond pas du tout à la proportion de personnes déclarant dans le précédent sondage que l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité (je rappelle :
78 % en 2006). Une contradiction ? En fait, ce gros décalage, d’une bonne vingtaine de points, ne peut s’expliquer que par le fait qu’il existe une différence marquée entre tolérance et
acceptation des gays et des lesbiennes par la population française.
La notion d’acceptation des personnes LGBT implique les notions de liberté et d’égalité, d’absence de pensée qu’il existe des différences
fondamentales entre hétérosexuels et homosexuels, différences qui empêcheraient ces derniers, d’une part, de vivre comme ils le souhaitent, d’autre part, d’être traités de la même manière que
le reste de la population, et donc par exemple de pouvoir montrer comme tout le monde son amour en public.
La notion de tolérance retient bien évidemment l’idée de liberté (d’exister donc), mais aussi par contre l’idée de différence, c'est-à-dire
la pensée que la différence d’orientation sexuelle est suffisamment importante pour justifier un regard différent, un traitement inégalitaire. Pourquoi persiste cette idée de différence ? Nous
y reviendrons bien plus longuement dans un autre article. Mais pour faire vite, si vous parcourez des forums de discussions sur internet, et que vous regardez des topics consacrés à des
questions liées à l’homosexualité ou aux droits des homosexuels, on retrouve souvent l’idée de la part de ces personnes, qui disent que les homosexuels ont le droit d’exister et de vivre comme
ils le souhaitent, que l’homosexualité est anormale, une anomalie de la nature, un « choix » inapproprié, etc… Ces idées, liées le plus souvent à l’ignorance ou la désinformation, justifient
alors pour eux d’un traitement différent, qu’ils n’appellent pas d’ailleurs discrimination. Ainsi, ils estiment que l’homosexualité doit rester une affaire privée, qui ne s’affiche pas en
public. On est donc loin ici de l’idée d’égalité. Certains parleront d’homophobie cachée ou inconsciente.
Àpartir de ce constat, une question se pose : quelle est la part des personnes
qui acceptent les homosexuels et celles des personnes qui les tolèrent ? Si on recoupe les deux séries de sondages, on pourrait dire, à titre très grossier et indicatif, que : - 55 % de la population adopterait une attitude d’acceptation ; - 23 % de la population adopterait une attitude de tolérance ; - 22 % de la population adopterait une attitude intolérante (ou homophobe).
Mais en fait la question est bien plus complexe : s’inquiéter de ce que font des personnes inconnues est une chose ; constater ce qui peut se
passer dans son entourage proche en est une autre…
La société a pour l’instant plus une attitude de tolérance qu’une attitude d’acceptation…
Document 3
Document 4
Cette troisième série de sondages demande à des personnes depuis une trentaine d’années quelle serait leur réaction si leur fils était
homosexuel. Il est à noter qu’il existe un sondage similaire posant comme question « si vous appreniez que votre fille est homosexuelle, qu’elle serait votre réaction ? » (document 4), mais
celui-ci a été beaucoup moins régulier puisque nous ne disposons que de deux dates (1981 et 2000), ce qui n’est quand même pas très pratique pour en exploiter en détail les résultats. Mais à
dates comparables, les chiffres sont à quasiment similaires. Ce sondage propose aux sondés quatre propositions : - une proposition très tolérante : « cela ne me gênerait pas ». - une proposition relativement tolérante : « cela me ferait de la peine mais je le laisserais vivre comme il veut » - une proposition relativement intolérante : « si possible je chercherais à le faire changer » - une proposition très intolérante : « je serais profondément choqué et je ferais tout pour le faire changer » De cette série de sondages, on peut tirer deux constatations.
La première constatation est que l’acceptation de l’homosexualité est bien plus facile dans la théorie que dans la pratique. Ce sondage nous
enseigne en effet qu’à l’heure actuelle il est bien plus dur pour une grande partie de la population d’accepter l’homosexualité d’un membre proche de la famille, comme son enfant par
exemple.
Ainsi, en 2006, seuls 32 % des sondés déclarent qu’apprendre l’homosexualité de leur fils ne les gênerait pas. Ce chiffre de 32 %, très
inférieur à celui des 55 % qui ne se déclaraient pas réticentes aux baisers d’un couple homosexuel en public, montre donc là encore un gros décalage de plus d’une vingtaine de points. En tout
cas, ce chiffre de 32 % correspond au minimum de l’adoption d’une attitude d’acceptation au sein de la population, attitude qui doit probablement être compris entre 32 % et 55 % (ce dernier
chiffre correspond, je le rappelle, aux sondés qui ont déclaré ne pas être réticents face à un baiser en public d’un couple homosexuel).
Une minorité, mais c’est déjà trop, c'est-à-dire 9 % des sondés, se déclare profondément choqués s’ils apprenaient l’homosexualité de leur
fils et qu’ils feraient tout pour le faire changer. C’est dans cette catégorie que l’on rencontre probablement le plus de parents qui expulsent leur enfant homosexuel du foyer familial, même si
celui-ci est mineur, ou coupent tous les ponts. Il s’agit ici clairement d’homophobie. Le chiffre de 9 % correspond donc au minimum d’homophobes en France, chiffre qui doit être compris entre 9
% et 22 % (ce dernier chiffre correspond aux sondés qui n’ont pas répondu que l’homosexualité est une façon comme une autre de vivre sa sexualité – voir document 1). Le cumul des deux dernières
réponses de ce sondage, pas forcément très tolérantes, soit 16 %, appartient à cette large fourchette, et peut donner une hypothèse moyenne.
Mais en fait, la majorité de la population, soit 51 %, déclare qu’apprendre l’homosexualité de leur fils leur ferait de la peine, même s’il
le laisserait vivre comme il veut. Pour 9 % des sondés, la peine serait si profonde qu’ils chercheraient si possible à le faire changer. C’est là que l’interprétation de ces chiffres se
complique. Est-ce que ces deux types de réponses correspondent à une attitude tolérante ? Difficile à dire en fait car la formulation de la deuxième proposition de réponse utilise le mot «
peine ». Ce simple mot peut à lui seul faire varier les interprétations. En effet, la peine possible ressentie lorsque certains apprennent l’homosexualité de leur enfant peut avoir des causes
multiples. En lisant des forums de discussions sur internet, on peut en relever plusieurs types.
Il peut il y avoir par exemple la peine de ne pas pouvoir avoir (pensent-ils) des petits enfants, ou la peine de penser que la vie de leur
enfant sera plus dur, voir qu’il risque d’être malheureux (à cause de l’homophobie de la société) : la peine est ici la conséquence d’un deuil de l’idée d’une lignée, ou d’une angoisse, d’une
crainte, d’une inquiétude, pour le bonheur de l’enfant. Avec cet état d’esprit, on peut comprendre que certains éprouve de la peine mais laisserait leur enfant faire sa vie comme il l’entend,
ou que d’autres si possible chercheraient à le faire changer, dans l’idée de le protéger de la société (mais arrêteraient lorsqu’ils se rendraient compte que cela n’est pas possible).Àmon sens, il s’agit donc de cas correspondant à une forme d’acceptation (même si
elle est un peu douloureuse au début).
Mais il peut il y avoir aussi la peine d’avoir fait un enfant considéré comme « anormal », dans le sens où il ne respecte pas l’ordre établi,
qu’il soit naturel ou sociétal, ou dans le sens médical, ou encore moral : la peine n’est donc ici pas une inquiétude pour l’enfant, comme dans les cas précédents, mais un regard par rapport à
l’environnement sociétal. Là, on peut à mon avis parler dans ce cas de tolérance, quelque soit l’attitude du parent, à savoir le laisser vivre comme il le souhaite, ou de chercher si possible à
le faire changer, attitude qui traduit d’ailleurs une totale méconnaissance de ce qu’est l’homosexualité. On peut même parler d’homophobie pour une partie de ceux qui ont répondu « si possible
je chercherais à le faire changer » mais qui, réalistes, ne se font pas d’illusion malgré leur conception rétrograde de l’homosexualité.
On le voit, il est difficile ici d’estimer le nombre de personnes tolérantes. A moins de faire une soustraction par rapport aux estimations
précédentes données, mais cela donne une fourchette tellement large, entre 32 % et 59 %, qu’elle en est inutilisable. Elle semble en tout cas majoritaire.
Mais l’acceptation progresse désormais au dépend de la tolérance !
La seconde constatation de cette série de sondages est bien plus positive : l’attitude d’acceptation est en progrès continu en
France. En analysant l’évolution des réponses du sondage, on peut ainsi constater que : - de 1973 à 1984, les attitudes tolérantes progressent nettement (19 % en 1973, 42 % en 1984) au détriment des attitudes intolérantes, même
si ces dernières restent encore majoritaires (72 % en 1973, 53 % en 1984). - la suite de la décennie 1980’ voit une stagnation des différentes opinions, comme si la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 avait
figé ensuite le débat et les mentalités. - les années 1990’ marque la reprise de la progression des attitudes tolérantes, qui cette fois-ci deviennent très nettement majoritaires (80
% en 2000) au dépend des attitudes intolérantes (18 % en 2000). - les années 2000’ marquent l’arrêt de l’érosion des attitudes intolérantes qui stagnent aux alentours des 16-20 %. Par contre, un
basculement s’opère au sein des attitudes tolérantes, puisque la baisse de l’opinion « cela me ferait de la peine mais je le laisserais vivre comme il veut » (passant de 64 % en 2000 à 51 % en
2006) s’explique par la montée en puissance de l’opinion « cela ne me gênerait pas » (passant de 16 % en 2000 à 32 % en 2006).
Si on peut se réjouir de ce basculement vers une attitude bien plus positive et très tolérante, qui n’est toutefois pas encore majoritaire,
on peut s’interroger de l’arrêt de la baisse des opinions intolérantes : est-ce une simple phase de stagnation comme durant les années 1980’, ou un réel plancher de la tolérance en dessous
duquel on ne pourra descendre ? Le temps nous le dira. Et pour quelle raison cette intolérance persiste ? Est-ce parce que l’homosexualité est toujours considérée comme une maladie ou une
perversion par ce cinquième de la population ? Et dans quelles proportions respectives ? Nous manquons hélas de statistiques pour y répondre, même si les propos que l’on peut recueillir sur des
forums de discussions sur internet montrent que certains le pensent encore.
En conclusion :
Nous retiendrons tout d’abord que l’homophobie au sein de la population régresse en France. On peut grossièrement évaluer la proportion de
réels homophobes entre 9 et 22 % en France, soit grossièrement entre 1 à 2 personnes sur 10 en 2006, contre probablement 7 à 8 personnes sur 10 en 1973 (estimation tirée des sondages montrant
qu’en 1973, 76 % ne considéraient pas l’homosexualité comme une manière acceptable de vivre sa sexualité, et que 72 % n’accepteraient pas facilement l’homosexualité de leur fils). Nous retiendrons ensuite que l’acceptation pleine et entière des homosexuels progresse en France. Pour chiffrer cette proportion d’attitude
d’acceptation dans la population, on peut prendre pour hypothèse basse la part des personnes acceptant pleinement l’homosexualité de leur enfant, qui est passé de 3 % en 1973 à 32 % en 2006.
L’hypothèse haute est plus difficile à cerner, mais on peut prendre la proportion de personnes ne se déclarant pas réticents à un baiser en public d’un couple homosexuel, soit 55 % en 2006.
Ainsi, on pourrait dire qu’approximativement, entre 3 et 5 personnes sur 10 acceptent pleinement les homosexuels en France. Nous retiendrons enfin que cette progression de l’acceptation des homosexuels en France s’est faite bien sûr au dépend des homophobes, mais
aussi, et surtout aujourd’hui, ce qui est nouveauté, des personnes simplement tolérantes (entre 3 et 6 personnes sur 10 en France), qui n’acceptent qu’en partie l’homosexualité et les
homosexuels.
Ainsi, les personnes LGBT sont de plus en plus et de mieux en mieux acceptées par la population. Le sont-elles pour autant par la République
française ? C’est ce que nous verrons dans notre prochain article.
Petite bibliographie :
* Sondage « Pour vous l’homosexualité est-ce plutôt… » - données de la SOFRES pour les années 1973, 1981, 1987, 1997 http://www.ambafrance-us.org/fr/aaz/pdf/pacs.pdf - données d’IFOP pour les années 1986 et 1996. Attention, à dates correspondantes, les résultats ne correspondent pas à ceux de la SOFRES car
l’IFOP a proposé comme réponse tolérante la proposition « une manière comme une autre de vivre sa sexualité » au lieu de « une manière acceptable de vivre sa sexualité », ce qui fait baisser le
nombre de réponses tolérantes (comme quoi la formulation d’une question et de ses réponses est importante) http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/homo.asp - données à priori provenant d’IFOP pour les années 1995, 1998, 2001 http://www.media-g.net/detail.php?id=IPUEBEEYAC - données d’IFOP pour l’année 2006 http://www.lesechos.fr/medias/2007/0206//300139765.pdf
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