« Il serait absurde de nier que les drames provoqués par l’épidémie du VIH aient contribué à faire avancer le “dossier homosexuel” et
que les deux décennies de l’épidémie soient aussi des années de “libération” homosexuelle, encore doit-on rappeler que ladite “libération” fut bien chèrement payée, et que ces améliorations
correspondent au mieux au scénario d’une homophobie repentie. » Philippe Mangeot, in Dictionnaire de l’homophobie, sous la direction de Louis-Georges Tin, 2003.
« Nous ne sommes pas contre les “normaux” mais contre la société “normale”. » Proclamation du Front Homosexuel d’Action
Révolutionnaire dans la revue Tout en avril 1971.
Pressée par sa mère d'inviter Brian, Lily fait une drôle de tronche en voyant sa tronche ; Luke,
lui, fait la tronche tout court, tandis que Noah manque de s'en prendre plein la tronche. Quant à Lucinda, elle rêve de se faire tron... elle rêve au Prince charmant.
J'avoue que pour une fois, Lucinda m'a bien fait rigoler et que j'ai trouvé l'épisode assez délicieux. Même si à mon avis, Luke a besoin de se calmer un peu. On sait tous ce qui lui ferait du
bien, mais bon...
Note : "Fashions" est le (seul) magasin de vêtements à Oakdale. C'est notamment là que Luke et Noah avaient acheté un cadeau à Amira tout en parlant de partir en voyage à
Paris...
Petit retour en arrière. Vous rappelez-vous la première rencontre de Luke & Noah ? Voici le
premier épisode reposté en meilleure qualité, remasterisé (faut bien se la jouer un peu), réencodé, remonté et re-sous-titré. Car à l'époque, je débutais un peu et ne maîtrisais pas encore
tout... Et quel plaisir de revoir Maddie ! Dans la petite ville fictive d'Oakdale, Luke Snyder, adolescent gay, se sent bien seul, malgré la
présence de son amie Maddie Coleman. Ils effectuent tous deux un stage dans les studios de la chaîne locale, WOAK. Mais l'arrivée d'un troisième larron va bouleverser leur
vie... (L'ancienne version de cette vidéo n'est plus accessible)
Comme vous le savez sans doute, la Cour Suprême de Californie a autorisé en mai dernier les couples de
même sexe à se marier en jugeant inconstitutionnelle l'interdiction qui les en empêchait. À la suite de cette décision historique, de nombreux opposants aux droits des gays se sont mobilisés
pour faire voter le 4 novembre prochain par référendum, un amendement appelé « Proposition 8 ». Si une majorité de « Oui » l'emportait lors de ce référendum, la Constitution
californienne serait réécrite en précisant que seul le mariage d'un homme avec une femme peut être reconnu dans l'État. Une campagne acharnée s'est donc ouverte entre les défenseurs des droits
des homosexuel(le)s et leurs opposants dont de nombreuses organisations religieuses. GayClic vous propose de regarder le premier spot télévisé diffusé
en Californie appelant à voter « Non » à la « Proposition 8 ».
Bien que les derniers sondages indiquent que la majorité des Californiens ne souhaite pas modifier la
Constitution pour interdire le mariage entre les couples du même sexe, la campagne des opposants au mariage gay a déjà réuni plus de 15 millions de dollars (dont plus d'un tiers provient d'une
Église mormone) contre 13 millions pour les défenseurs.
L'égalité dans le mariage reste donc encore fragile en Californie et toutes les bonnes volontés sont sollicitées. Plus d'infos sur www.noonprop8.com.
Dernièrement, le chef (C’est moi, le chef ! Ouais ! [Note de Daniel C. Hall]) m’a proposé plusieurs sujets pour ma désormais célèbre rubrique (oui, elle commence à être connue à travers le monde entier… Ah non ? Dommage…), à savoir
quelle serait ma série lesbienne idéale. Il voulait que j’en parle avec humour mais c’est un sujet des plus sérieux. Si, c’est sérieux ! Je me suis donc posée la question ainsi :
« Quelle serait ma série lesbienne idéale ? » Ben oui, je suis la première à critiquer (de manière constructive, évidemment) telle ou telle représentation alors qu’est-ce
que j’aimerais voir, au final. Excellente question, je vous l’accorde. Commençons donc.
Premièrement, ma série lesbienne idéale ne serait pas une série lesbienne. Déjà ça commence mal, vous ne trouvez pas ? Ma série lesbienne
idéale ne serait pas uniquement et seulement centrée sur un groupe d’homosexuelles comme The L-Word. Désolée de dire qu’on ne fait pas une histoire intéressante à partir de si peu. Ma
série lesbienne idéale serait donc une série avec un réel propos beaucoup plus large. Je m’explique. Je préfère voir une série posséder un personnage lesbien à multiples facettes et interagissant
avec des personnes très différentes comme dans la réalité. J’aime ces microcosmes miroirs de la société permettant de dénoncer les dérives actuelles. En conséquence, ma série lesbienne idéale
serait une série policière dont le commissariat serait l’un des lieux principaux d’action, une série médicale où les héros vivraient régulièrement à l’hôpital, une série centrée sur un lycée avec
les professeurs, les élèves et les conseillers d’orientation ou même une série se déroulant dans un tribunal ou une prison. Parce que les différences sociales, familiales, culturelles et
sexuelles ne seraient pas au cœur de l’histoire et qu’elles n’empêcheraient en rien les héros d’avoir un but commun à atteindre malgré leurs divergences d’opinions et leurs diverses manières de
travailler.
Deuxièmement, ma série lesbienne idéale ne planterait pas une lesbienne dans le décor pour assouvir les quotas actuels. Je vais peut-être
choquer en disant que je n’attends pas que l’homosexuelle de service dévoile ses préférences sexuelles en se présentant du genre : « Bonjour, moi c’est Isabelle, je suis
lesbienne. » Non, ce qu’il y a de propre au fait d’être gay c’est que cela ne se voit pas sur le visage. Il y a des codes, des comportements qui tentent à laisser supposer que telle ou
telle personne pourrait être homo mais il n’y a pas de garantie à 100 %. Contrairement au fait d’être noir ou blond ou grand ou petit, cette particularité n’est pas visible. Donc j’aimerais que
de ce point de vue là, notre héroïne ne l’ « avoue » pas (je n’aime pas ce mot alors je le mets entre guillemets, parce que « avouer » donne le sentiment d’un crime
accompli) dans le pilote. Elle attendrait, comme dans la réalité, de connaître les gens avant d’en parler ou même d’en avoir tout simplement l’occasion.
Troisièmement, je me refuse absolument à toute différence de traitement vis-à-vis des autres personnages parce que mon héroïne serait lesbienne
et représenterait (holala le gros mot) une communauté. Un personnage ne représente jamais une communauté dans son ensemble ou sa totalité (pourquoi avoir créé un site comme le mien alors me
direz-vous… Je vous en pose, moi, des questions ?). Non, un personnage doit être ramené à ce qu’il est réellement : un personnage ; et s’il est vraiment bien interprété et
écrit : un individu. Mais un individu unique ne parviendra jamais à représenter une quelconque communauté dans toute sa diversité et sa complexité. Donc il ne faut pas perdre cela de vue et
ne pas insister sur le fantastique de l’homosexualité (je pense à la fin de South Of Nowhere, à vomir avec cette mise à l’écran du couple Spashley par l’auteur). On n’est pas là pour
faire plaisir aux téléspectateurs, on est là pour raconter une histoire. Pareil, on n’est pas là pour plaire aux censeurs, on est là pour traiter de tous les problèmes et avec une égalité de
paroles et de scènes d’amour. Donc on n’évite pas les scènes de sexe lesbiennes si les hétéros passent leur temps à baiser dans les quatre coins du commissariat, de l’hôpital ou du lycée… et si
les hétéros ne le font pas, il n’y a pas de raison que les homos le fassent. Compris ?
Quatrièmement (qui reprend un peu le troisièmement à propos de l’histoire), mon héroïne homosexuelle (j’aime bien ces mots-là, je trouve que ça
sonne très léger) a droit aux mêmes histoires que les autres. C'est-à-dire que si Paula, qui est mariée et a deux enfants, trompe son mari avec son patron et tombe enceinte avant d’avorter mais
que ça ne marche pas et qu’elle accouche alors que l’avion vient de se crasher et que son mari a tué l’amant qui avait un frère jumeau qui va l’aider à mettre au monde son neveu avant de s’avérer
être un tueur en série... et bien, ma lesbienne ne va pas rester gentiment avec la même femme durant toute la série et faire du tricot entre deux opérations à cœur ouvert. Compris ? Dans ce
cas-là, elle tombe amoureuse de la sœur de Paula qui n’avait jamais envisagé de sortir avec une femme mais qui est troublée par mon héroïne homosexuelle. Elle plaque donc son petit ami du moment,
qui décide de lui faire un chantage au suicide mais se trompe dans les doses et se suicide vraiment, Paula le découvre et parvient à le réanimer à la dernière minute, le faisant sombrer dans un
coma profond. Son ex regrette alors de l’avoir plaqué et le veille jour et nuit, tentant de s’éloigner de la femme de ses rêves, qui en parallèle se jette à corps perdu dans le travail et sauve
la totalité des passagers du crash d’avion précédemment cité, avant d’être gravement brûlée au visage par l’explosion de celui-ci et d’être défigurée. La sœur de Paula réalise alors qu’elle
l’aime et la greffe (ayant échouée à deux reprises) finit par prendre avant qu’elles ne passent leur première nuit ensemble. Mais pendant ce temps, l’ex dans le coma se réveille, bien décidé à
tuer sa rivale en s’associant à son beau-frère psychopathe par alliance. De l’égalité de traitement dans les histoires donc.
Cinquièmement, le temps d’antenne et la place de mon héroïne lesbienne. Je prône une série avec plusieurs héros comme Grey’s Anatomy
ou NYPD Blues et non pas un héros ou un couple de héros avec des personnages secondaires comme Alias ou Bones. En conséquence, mon héroïne a droit au même temps
d’antenne que les autres et sera considérée comme égale à ses collègues, cela va de soi, et ça reprend les deux précédents points mais c’est à préciser. On est plus près de Kerry Weaver
(Urgences) que de Willow (Buffy contre les Vampires), même si je préfère Willow à Kerry. Parce que Willow est considérée comme un personnage secondaire par rapport à Buffy alors
que Kerry a, parait-il, été traitée à égalité avec Mark ou Carter.
Sixième et dernier point, pitié, pitié, pitié, concernant l’histoire il ne faut pas qu’une semaine après avoir rencontré sa future petite amie,
mon héroïne lesbienne emménage avec elle (même pas pour l’aider si l’autre est à la rue et surtout pas avant) ni qu’elles pensent à avoir des enfants en fêtant leurs trois mois ensemble et
qu’elles partent en Belgique pour l’insémination artificielle à leurs six mois et se battent pour la garde de leur enfant lors de leur divorce (Quoi elles ont oublié de se marier ? Non, vous
avez juste raté un épisode.). Il faut comprendre et entendre que les femmes peuvent être des femmes en dehors de la maternité (même si je n’ai rien contre les lesbiennes qui ont des enfants, ne
me faites pas dire ce que je n’ai pas dit). Être une femme à l’heure actuelle c’est avoir un métier, se battre pour être considérée comme l’égale des hommes, se battre pour être écoutée. C’est
affronter sa famille qui demande quand est-ce que les enfants vont arriver, quand la personne idéale va se présenter, quand le mariage gay va être légalisé. C’est acheter un appartement,
s’endetter sur 30 ans, apprendre à changer les roues de sa voiture et savoir vérifier les niveaux. C’est réconforter les amis, se pointer à l’improviste chez eux quand ça va mal, faire cramer le
repas… C’est tout ça et encore plus et je peux vous assurer qu’il y a matière à écrire quelque chose de bon ! Pareil pour l’histoire du coming-out, ça n’est pas obligatoire. Juré
craché !
Je pense avoir fait approximativement le tour même si j’en ai certainement oublié. Par contre, pour vous donner une idée de que cela donnerait,
je vous offre quelques petits exemples afin que si un aspirant scénariste passe par là il n’hésite pas à me contacter…
Version Soap Opera : Samantha
est la fille aînée de la famille Rat d’Egoût qui dirige la maison de parfum Puanteur. Alors que ses parents viennent de se remarier pour la troisième fois (ensemble, je ne compte pas les autres
mariages entre leurs remariages successifs), elle doit rentrer d’Europe après l’accident qui a laissé son jeune frère paralysé. Elle doit prendre la relève et diriger l’entreprise. C’est ainsi
qu’elle rencontre Dana, le nez de l’entreprise, qui n’a pas qu’un nez de magnifique. Elle est troublée par cette femme et rompt avec sa petite amie, Lexie, abandonnée à Londres. Dana met 378
épisodes avant de succomber aux attentions de Samantha… mais c’est alors que Lexie arrive avec leur fils. La lune de miel de Samantha et Dana ne dure pas, cette dernière ignorant que Sam était
mère. Blessée, Sam recouche avec son ex pendant que Dana est empoisonnée par Lexie qui est une tueuse en série prête à tout pour retrouver celle qu’elle aime. Dana commence à devenir folle alors
que Sam explique à Lexie que tout est bel est bien fini entre elles. Mais Lexie refuse de perdre Sam et empoisonne son propre fils. Sous l’effet du poison, Dana menace de tuer Samantha avant de
réaliser qu’elle se trompait de personne et assassine Lexie. Elle est condamnée à la prison à vie, endroit où elle retrouve tous ses esprits et sombre dans la dépression pendant que Sam se bat
pour lui envoyer de quoi continuer à travailler sur leur nouveau parfum dans sa cellule…
Version Drame Médical :
Samantha est médecin. Elle se dévoue corps et âme à ses patients pour devenir la meilleure et ainsi ne pas trahir la confiance que ses parents ont placé en elle. Elle a toujours été la première
parce qu’elle a toujours beaucoup travaillé et tout sacrifié à son art. Arrivée dans ce nouvel hôpital, elle rencontre Dana, fille d’un éminent chirurgien cardiaque au QI impressionnant et dont
la passion est de retaper de vieux bateaux mais qui a fait médecine par tradition familiale. Ça l’ennuie mais elle est première de sa promotion, tradition oblige. Les deux vont s’affronter, le
ton monte, elles commencent à se battre avant d’apprendre à se respecter. Lors de la fin de la première saison, un patient qui a fumé près de la bouteille d’oxygène déclenche une explosion qui
entraîne l’écroulement d’un étage et de nombreux blessés. Samantha et Dana mettent leurs forces en commun et réalisent qu’elles sont plus efficaces ainsi. Elles deviennent amies. Le père de Dana,
qui sait qu’elle est lesbienne et qu’elle collectionne les conquêtes, décide de la forcer à se marier, déclenchant la fureur de sa fille qui se sent incomprise et donc quitte le château familial
pour habiter dans un de ses bateaux. Elle se rapproche de Sam ; toutes deux tombent amoureuses avant que Sam ne soit poursuivie à la fin de la saison pour faute professionnelle suite au
décès d’un patient en fin de saison 3 (Oui, je sais, j’ai oublié la saison 2).
Version Drame Policier :
Samantha vient de terminer ses classes et arrive dans un nouveau hôtel de police en tant que commandant. Tout le monde ne l’accueille pas avec amabilité. Après tout, c’est une femme, qui plus est
extrêmement séduisante. Elle ne s’encombre pas de diplomatie et fait le ménage dès son arrivée. Elle braque toute son équipe qui refuse de travailler avec elle. Pourtant, elle est plus que
compétente ; Dana est bien obligée de le reconnaître. Alors que Dana a toujours pensé qu’il fallait faire changer les choses en douceur, elle est surprise de voir que les méthodes radicales
de Sam sont plus efficaces qu’elle ne le pensait. Elle décide de s’allier à sa patronne, elle la lesbienne de service qui a tout fait pour que ses qualités de flics marquent plus les esprits que
sa sexualité. Rapidement l’attirance entre les deux femmes s’imposent sur les planques, les soirées au poste et les enquêtes. Dana fait le premier pas (fin de saison 1) et réalise (après une lune
de miel qui dure toute la saison 2) que sa patronne n’est pas prête à accepter de vivre au grand jour son homosexualité. Débute une relation cachée (toute la saison 3) qui étouffe Dana jusqu’à ce
qu’elle rompe (fin de saison 3). Lorsqu’elle est blessée et perd la mémoire au début de la saison 4, Samantha est obligée de reconnaître ses sentiments et de les vivre au grand jour.
Version Drame au Lycée :
Lorsque ses parents meurent dans un accident de la route, Samantha (étudiante en dernière année de psychologie) se retrouve seule pour veiller sur ses deux jeunes frères. Alors que l’un rate ses
études au lycée, le second peine au collège. Elle trouve un travail comme psy dans le lycée de son frère et commence à gérer les problèmes que ses deux frangins occasionnent. Débordée, elle ne
trouve un peu d’air que dans le bar lesbien de sa meilleure amie. Un soir, alors que ses amies l’ont fait boire (contre son gré, évidemment), elle rencontre une belle rousse incendiaire du nom de
Dana, avec laquelle elle passe une nuit passionnée. Le lendemain, elle découvre que cette Dana est la nouvelle professeure de biologie et qu’elle va la côtoyer tous les jours. Un jeu du chat et
de la souris s’instaure entre elles, compliqué par l’arrestation du frère qui a fumé du cannabis et les problèmes avec les mensualités du crédit de la maison…
De l’imagination, du respect et de l’égalité, je ne demande pas
plus.
Troisième article de la série consacrée à la place des gays et des lesbiennes dans la
société française. Cette première partie pose une question simple : « Les religions sont-elles homophobes ? ». La réponse pourrait surprendre...Par notre collaborateur :Kim, 31 ans.
Dans les deux articles précédents, nous avions vu que la tolérance et l’acceptation de l’homosexualité et des homosexuels par la population
et par la République Française avaient largement progressé en France. Ceci traduit donc une évolution des mentalités. Mais la grande question, à savoir pourquoi cette évolution des mentalités
s’est faite, restait en suspend. Nous allons tenter d’apporter des réponses à ce sujet dans ce présent article en utilisant la géographie. En effet, c’est en comparant les mentalités dans le
monde que nous pourrons en tirer des enseignements.
La tolérance de l’homosexualité n’est pas une chose très répandue dans le monde.
Document 1 : la tolérance de l’homosexualité dans 41 pays du monde en 2002 (document repris dans un article de
Wikipedia).
L’idée de cet article m’est venue lorsque j’ai découvert sur la toile la carte ci-dessus (document 1). Cette carte représente le degré
d’acceptation de l’homosexualité dans 41 pays du monde. Elle a été réalisée à partir d’un sondage lancé dans une quarantaine de pays où l’on a posé notamment la question suivante (question 40)
: « Laquelle de ces propositions est la plus proche de votre opinion : la numéro 1 ou la numéro 2 ? - proposition n° 1 : l’homosexualité est une manière de vivre qui doit être acceptée par la société - proposition n° 2 : l’homosexualité est une manière de vivre qui ne doit pas être accepté par la société ». Cette question n’était qu’une parmi beaucoup d’autres, de thèmes multiples, le sondage ayant été commandité par l’organisation « Pew
Global », chargée de voir ce que le monde pensait en 2002. Il est certes dommage de ne pas avoir tous les pays du monde, mais nous nous en contenterons. La carte représente la proportion de sondés ayant répondu que la proposition n° 1 était la plus proche de leur opinion. A partir de cette
carte, on peut faire une typologie grossière des régions du monde en fonction de leur tolérance de l’homosexualité : -- l’Europe occidentale correspond à un premier groupe où l’homosexualité est très largement tolérée : la proposition n° 1 y recueille au
minimum 60 % des avis, et peut dépasser les 75 % dans certains pays comme l’Allemagne (83%), la République Tchèque (83 %) et la France (77%) ; -- l’essentiel du continent américain, le Japon et les Philippines correspondent à un deuxième groupe où la tolérance de l’homosexualité y
est généralement majoritaire (ou proche de l’être dans un certains nombre de pays d’Amérique latine) : la proposition n° 1 y recueille entre 50 % et 75 % des avis des sondés (entre 40 et 50 %
pour un certains nombre de pays d’Amérique latine) ; -- l’Europe centrale et orientale et l’Afrique australe correspond à un troisième groupe où la proportion de sondés choisissant la
proposition n° 1 est comprise entre 20 et 40 % : la tolérance de l’homosexualité y est donc faible. -- enfin le reste du monde correspond à un quatrième groupe, où la tolérance de l’homosexualité est très faible, inférieure à 20
%. Mais qu’est-ce qui peut expliquer de telles différences entre les pays et les régions du monde ? Il est temps de proposer des hypothèses et
de les vérifier. Dans cette première partie, nous allons nous interroger sur le poids de la religion dans l’homophobie.
Le poids de la religion dans l’homophobie.
Dans notre article précédent, nous avions dit que l’homosexualité était en France durant l’époque de l’Ancien Régime condamnée par la loi à
des peines de mutilations ou de mort par le bûcher pour des raisons religieuses. Ainsi, au XIIIème siècle, plusieurs coutumes légiféraient sur la question, l’homosexualité étant désignée par le
terme « bougrerie ». En voici quelque unes : Coutume de Touraine-Anjou (1246) « Si quelqu’un est soupçonné de bougrerie, la justice doit le prendre et l’envoyer à l’évêque ; et s’il en était convaincu, on devrait le
brûler ; tous ses biens meubles sont au baron […]. » Ancienne coutume d’Orléans (1260) « Quand on aura soupçonné un homme de bougrerie, il doit être mis en prison. Les personnes d’Eglise doivent faire l’Inquisition de la foi
sur lui, et demander de la foi. Et s’il est condamné, le roi le fait mettre à mort. » « Celui qui est sodomite prouvé, doit perdre les couilles, et s’il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s’il le fait
une troisième fois, il doit être brûlé. » « Femme qui le fait doit à chaque fois perdre un membre, et la troisième fois, doit être brûlée. Et tous leurs biens sont au roi.
» Les coutumes de Beauvaisis (1285) « Quand quelqu’un est condamné comme bougre par l’examen de la Sainte Eglise, la Sainte Eglise doit l’abandonner à la justice civile qui
doit le brûler, parce la justice spirituelle ne doit pas mettre à mort personne ». « Qui erre contre la foi, comme en mécréance, de laquelle il ne veut venir à voie de vérité, ou qui fait sodomiterie, il doit être brûlé
». L’Eglise condamnait en effet tout acte sexuel ne conduisant pas à la procréation, et donc condamnait la sodomie, et donc par ricochet
condamnait l’homosexualité (même s’il est anachronique d’utiliser ce terme pour cette époque). Cette condamnation se basait sur plusieurs passages de la Bible, comme par exemple dans le
Lévitique, chapitre XX, verset 13 : « Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu’ils font tous les deux est une abomination ; ils seront mis à mort,
leur sang retombe sur eux »… Et aujourd’hui, si cette condamnation à la peine de mort n’existe plus, le Pape et l’Eglise catholique condamnent toujours l’homosexualité, car ils continuent
à se baser sur la Bible. Les autres religions chrétiennes en font de même. Bien d’autres religions condamnent de même la sodomie et par extension l’homosexualité. Ces préceptes sont aussi présents dans la Torah juive : logique, puisque le Lévithique se trouve dans l’Ancien Testament… L’Islam en fait de même. Dans le Coran par exemple, il est dit dans la sourate 4, verset 16 : « Si deux d’entre vous
commettent une action infâme sévissez contre eux. S’ils se repentent et s’amendent laissez-les en paix car Dieu aime à pardonner ; Il est miséricordieux ». L’Islam rejette donc elle aussi
la sodomie (et donc par ricochet l’homosexualité) désignée comme « action infâme ». Dans certains pays qui applique la Charia, on exécute des gays pour cette raison. Les trois religions monothéistes condamnent donc l’homosexualité.
Dans le cas de l’Hindouisme, les textes des Vedas, du Manu Smriti, du Narada Smriti, et du Kama Sutra, parlent beaucoup de
l’homosexualité. Mais les interprétations varient selon les époques et les sociétés. D’un côté elle peut être tolérée car elle souvent mentionnée sans forcément qu’il y ait condamnation, au
demeurant généralement moins sévère que pour d’autre fait comme l’adultère ou le viol chez les hétérosexuels par exemple. D’un autre côté, elle est décriée car l’absence de possibilité de
reproduction au sein d’une relation homosexuelle briserait le cycle de la renaissance et de la réincarnation. Le Bouddhisme, quand à lui, ne condamne par contre pas explicitement l’homosexualité (sauf pour les moines). Puisque l’essentiel est
de ne pas s'engager dans des actions ayant pour conséquence la souffrance d'autrui ou de soi-même, une relation homosexuelle consentante basée sur l’amour, le respect et la fidélité est jugée
comme respectant le principe de la « conduite sexuelle éthique ». Toutefois, certains religieux condamnent l’homosexualité en disant que les homosexuels ne respectent pas ce principe, car la
relation sexuelle homosexuelle ne pouvant permettre la procréation, elle ne peut donc qu’être une recherche du plaisir non forcément conforme au troisième principe de la « conduite sexuelle
éthique ». Ainsi, tout repose sur l’interprétation de ce troisième principe, interprétation qui varie selon les sociétés et les époques. Les différences d’interprétation existent aussi dans le Shintoïsme : si certains disent que l’homosexualité ne conduit pas à la
procréation et brise ainsi la chaine de transmission du culte des ancêtres, d’autres disent que rien n’empêchent l’adoption pour permettre la transmission du culte des ancêtres. Le Confucianisme rejette plus facilement l’homosexualité car les rôles des hommes et des femmes y sont plus clairement définis et
insiste plus sur l’importance de la famille (et donc de la procréation). Quand au Taoïsme, il ne condamne pas explicitement l’homosexualité, mais puisqu’il parle beaucoup du ying et du yang, deux opposés
complémentaires (comme un homme et une femme), une relation homosexuelle peut être considérée comme une union de deux ying, ou deux yang, ce qui provoque un déséquilibre contraire au précepte
taoïste. Ainsi, dans les religions orientales, l’homosexualité n’est pas forcément condamnée religieusement, mais cela reste à l’interprétation des
textes, interprétation qui varient selon les sociétés et les époques.
Je n’ai pas d’information pour les religions animistes traditionnelles, mais on peut dors et déjà à priori dire que de manière générale, les
religions sont donc ou peuvent être plutôt hostiles à l’homosexualité, arguant généralement la faute, l’impossibilité de reproduction. A partir de ces faits, peut-on dire qu’il existe un lien
entre religion et intolérance de l’homosexualité ? A première vue, à partir de ce que nous avons dit, on serait tenté de dire oui. Quoique…
L’intolérance de l’homosexualité n’est pas liée à la religion mais à l’intensité de la foi religieuse.
Pour vérifier s’il existe un lien entre l’intolérance de l’homosexualité et la religion, nous avons utilisé un deuxième sondage de
l’organisation « Pew Global », réalisé dans la même série de sondages de 2002. La question posée (question n° 39) était la suivante : « Laquelle de ces propositions est la plus proche de votre opinion : la numéro 1 ou la numéro 2 ? - proposition n° 1 : il n’est pas nécessaire de croire en Dieu pour être moral et avoir de bonnes valeurs - proposition n° 2 : il est nécessaire de croire en Dieu pour être moral et avoir de bonnes valeurs ». Ce sondage peut traduire l’intensité de la foi religieuse. Les différents pays ont été mis sur un même graphique en fonction des deux
sondages précités n° 39 et 40. Cela nous donne le document 2 ci-dessous.
Document 2
L’observation de ce graphique enseigne d’abord qu’effectivement il existe un lien entre les deux variables, puisque le nuage de points
s’inscrit grosso-modo sous la forme grossière d’une ligne. Le calcul du coefficient de corrélation entre les deux variables le confirme : il est en effet de -0.69, ce que est quand même assez
significatif. Hum ? Ah, oui, il va falloir peut-être expliquer ce qu’est un coefficient de corrélation. Alors petite parenthèse : un coefficient de
corrélation est un indicateur compris entre -1 et 1 pour mesurer si deux variables sont liées l’une à l’autre. Si le coefficient de corrélation est proche de 1, c’est que les deux variables
sont corrélées (= liées) positivement entre elles (par exemple, plus X est grand, plus Y est grand). Si le coefficient de corrélation est proche de -1, c’est que le les variables sont corrélées
négativement entre elles (par exemple, plus X est grand, plus Y est petit). Si le coefficient de corrélation est proche de 0, alors on ne peut rien dire. Enfin, il est à savoir que corrélation
ne rime pas forcément avec causalité : il faut donc utiliser cet outil statistique avec prudence car on peut facilement en déduire de fausses conclusions. Ceci dit, je referme la
parenthèse. Ainsi, ce coefficient de corrélation de – 0,69 montre que plus la foi religieuse est importante, plus la tolérance de l’homosexualité est
faible. Ce sont les pays occidentaux, où progresse la laïcité, qui sont les plus tolérants envers l’homosexualité. Inversement, ce sont les pays du monde musulman et d’Afrique, visiblement très
croyants, qui sont les plus intolérants envers l’homosexualité. Attention toutefois, il serait dangereux de conclure que l’Islam est la source de cette intolérance. Il s’agirait plutôt de dire que c’est
l’importance de l’intensité de la foi religieuse des populations dans ces pays qui explique cette intolérance, ce qui explique une politique répressive. Un livre religieux (ici le Coran), ne
peut en effet à lui seul tout expliquer : la preuve en est avec les pays chrétiens ou d’origine culturelle chrétienne, c'est-à-dire les pays d’Europe occidentale, d’Amérique latine, les
Etats-Unis, les Philippines ou l’Afrique du Sud, qui se différencient ici non par la Bible mais par leur différence d’intensité de foi religieuse, ce qui influe sur leur degré de tolérance de
l’homosexualité, et se faisant sur la législation.
Document 3
Ce lien entre intensité de la foi religieuse et tolérance de l’homosexualité se vérifie dans un sondage réalisé en France en 2006 par
l’institut IFOP. Une des questions du sondage porte sur l’adhésion à l’opinion « Un enfant s’épanouit de la même manière si ses parents vivent en couple hétérosexuel ou homosexuel ». On
constate que les réponses positives (« tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord » mis ensemble) s’accroissent en même temps que décroit l’intensité de la foi religieuse des sondés : les
catholiques pratiquant répondent positivement à 26 %, contre 42 % pour les catholiques non pratiquant et 67 % pour ceux qui se déclarent sans religion !
Pour conclure cette première partie
Ainsi, à mon sens, il ne faut donc pas étudier l’homophobie en fonction des doctrines et croyances religieuses mais en fonction de
l’intensité de la foi religieuse des populations. Cela permet d’une part d’éviter de stigmatiser des religions : beaucoup s’en sont pris à l’Islam lors de la médiatisation de l’exécution de ces
deux jeunes Iraniens durant l’été 2005 pour homosexualité, blâmant cette religion, le Coran, la Charia appliquée dans certains de ces pays musulmans qui condamnent à mort des homosexuels. C’est
à mon sens un mauvais procès. L’Occident chrétien n’a pas fait mieux en son temps, où l’homosexualité était condamnée au bûcher au Moyen Age. Et pourtant les choses ont évolué, alors que la
Bible est restée la même.
Image n° 1 : Bûcher du Chevalier de Hohenberg et de son valet, accusés de sodomie, en 1482, devant
Zurich Photo n° 2 : Exécution de Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, l’un âgé de 18 ans, l’autre mineur, le 19 juillet 2005, à
Mashhad (Iran), accusés de sodomie et de viol sur un mineur de 13 ans (sachant que toute relation sexuelle avec un mineur y est automatiquement qualifiée de viol).
Nous ne nions pas le poids des croyances et doctrines religieuses dans l’homophobie. Mais il n’est pas aussi important que certains le dise.
Aussi, il n’est pas nécessaire pour autant d’opposer Islam et Christianisme par exemple dans ce que certains appellent encore « le choc des civilisations », concept des années 1990’ de
Huntington pour expliquer le monde, et que certains reprennent pour expliquer les différences d’homophobies dans le monde. Il est erroné. Il vaut mieux opposer les pays où progresse la laïcité,
et les pays où progresse le fondamentalisme religieux. La nuance est de taille car elle change totalement les problématiques de recherches. Elle modifie la comparaison entre l’Occident et le
monde musulman par exemple sur les questions homosexuelles. Il ne s’agit donc pas d’étudier les textes religieux, mais les causes et les conséquences du regain ou de la décrue de l’intensité de
la foi religieuse dans une société. C’est ainsi que l’on pourra comprendre pourquoi et comment progressent la tolérance de l’homosexualité en France et dans le monde. C’est sur quoi nous nous
pencherons dans la deuxième partie de notre article.
Petite bibliographie
Pour les sondages * sondage réalisé par Pew Global dans 44 pays du monde en 2002, pour savoir ce que le monde pense en 2002. Pour cette première partie, il n’a été utilisé que les questions 39 et 40. Question 39 « Laquelle de ces propositions est la plus proche de votre opinion : la numéro 1 ou la numéro 2 ? - proposition n° 1 : il n’est pas nécessaire de croire en Dieu pour être moral et avoir de bonnes valeurs - proposition n° 2 : il est nécessaire de croire en Dieu pour être moral et avoir de bonnes valeurs ». Question 40 « Laquelle de ces propositions est la plus proche de votre opinion : la numéro 1 ou la numéro 2 ? - proposition n° 1 : l’homosexualité est une manière de vivre qui doit être acceptée par la société - proposition n° 2 : l’homosexualité est une manière de vivre qui ne doit pas être accepté par la société ». Attention, pour la question 40, plusieurs pays participant au sondage n’ont pas participé à cette question précise pour des raisons diverses
: la Tanzanie, la Chine, et l’Egypte. http://pewglobal.org/reports/pdf/185topline.pdf * sondage réalisé par IFOP en France en 2006 sur l’adhésion à l’opinion « Un enfant s’épanouit de la même manière si ses parents vivent en
couple hétérosexuel ou homosexuel ». http://www.ifop.com/europe/docs/famille.pdf * Pour la carte du document qui n’a pas été réalisée par mes soins (pour une fois) http://en.wikipedia.org/wiki/Societal_attitudes_towards_homosexuality
Pour les religions et l’homosexualité * BORILLO Daniel, LANG Jack, 2007, « Homosexuels. Quels droits ? », Dalloz Ce tout petit recueil à prix réduit (2 €) retrace l’histoire des droits des homosexuels depuis l’Antiquité gréco-romaine à la France
d’aujourd’hui. Ce petit livre de droit vaut beaucoup pour les textes religieux et législatifs en vigueur auparavant ou actuellement qui sont retranscrit à la fin. Déjà cité en bibliographie de
l’article précédent. C’est du petit, mais du concentré. * MONNERET Jean-Luc, 2003, « Les grands thèmes du Coran », éditions Dervy Ce livre classe les versets du coran par thème. Très pratique pour s’y retrouver et étudier l’Islam, puisque le Coran original n’est pas
classé par ordre thématique ou chronologique mais par ordre de longueur. * sur internet, le site anglophone « Answer.net » reprend dans une mise claire et complète les articles anglophones sur le sujet pour de
nombreuses religions. Beaucoup n’ont pas été traduit en français sur le Wikipedia francophone. En tout cas c’est très complet pour ceux qui maitrisent l’anglais. http://www.answers.com/topic/religion-and-homosexuality * pour ceux qui ne serait pas anglophone, l’équivalent francophone sur « Wikipédia » mais en bien moins complet. http://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_et_religion Ces deux sites sont en tout cas pratiques pour se renseigner sur les religions asiatiques.
Alors que nos foups rentrent après deux mois de vacances,
une grosse tempête s'abat sur leur maison. Malheureusement la tempête ne sera pas la seule au rendez-vous...
La bannière et la vidéo sont (c)Films entre
potes Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation deLaurenthimself. Un grand merci à l'équipe de Foup !
Quand je suis parti de France il y a un an, je n’avais aucune intention d’y
revenir un jour, sauf avec une auréole de gloire et un gros compte en banque dissimulé dans un paradis fiscal, de sorte que je pourrais me partager entre ma résidence parisienne (qui serait bien
sûr un duplex moderne de 200 m2), mon cottage en Normandie, mon mas provençal ou ma villa dans le Lubéron, une autre près du Lac de Genève, pas très loin de chez Cleve, une autre à Lugano, en Suisse italienne, pour être le voisin de George Clooney, et une grotte troglodyte aménagée dans le Val de Loire, pour
goûter à la douceur du Jardin de France célébré avec nostalgie par Joachim du Bellay. J’aurais aussi un riad au Maroc, et naturellement un petit palais à Zanzibar, ma porte sur l’Océan Indien
d’où je rejoindrais ponctuellement La Réunion et Madagascar où, là aussi, j’aurais un chez moi.
Rien que ça. Vous voyez, je ne demande pas beaucoup à la vie. Juste d’avoir un point de chute à moi quel que soit l’endroit où je pose mes
valises.
Quand je suis parti de France il y a un an, je voyais l’Amérique du Nord comme le continent où, plus encore qu’un nouveau départ, je pourrais
enfin prendre mon envol dans la vie et réaliser mes rêves. La première année fut difficile à vivre. La deuxième, semble-t-il, s’annonce plus sereine. Mais c’est, dit-on, le cas pour tout
expatrié.
Quand je suis parti de France il y a un an, j’étais célibataire. J’avais laissé derrière moi un certain nombre d’amours mortes et de romances
inachevées. Mon cœur battait encore pour deux ou trois personnes, peut-être quatre, mais faute de pouvoir rester et, en outre, non retenu par quiconque, j’ai quitté sans me retourner ces
histoires qui ne pouvaient déboucher sur rien de concret.
Et puis, par un hasard que je n’attendais plus, en juin dernier j’ai rencontré Andréa. Au moment de notre rencontre, j’avais déjà pris la
décision de quitter mon actuelle profession à l’horizon de l’été 2009, afin de me donner les moyens de réaliser mes rêves et de tenter l’aventure tant qu’il en était encore temps. Cependant, je
venais de traverser six mois tellement pénibles que j’étais dégoûté du Canada et avais pris le parti de revenir en France, non sans avoir passé au préalable deux mois à Casablanca pour me
ressourcer chez ma sœur de cœur Zohra, et y puiser une inspiration pour me lancer dans mes œuvres.
J’étais dans cet état d’esprit lorsque j’ai rencontré Andréa, lorsque que nous avons passé ensemble trois jours romantiques à Paris, et lorsque je suis rentré début juillet à Moncton pour affronter les responsabilités qui m’attendaient
et allaient me bloquer là-bas durant toute la saison estivale. Aussi, le plus naturellement du monde, Andréa est-il parti du principe que j’allais revenir en France.
Comme vous le savez, ma vie ressemble à un savon, et les savons, ça glisse. Sinon, ce n’est pas drôle. Et l’équipe de scénaristes qui écrivent
Zanzi and the City, super-savon dont je suis le héros, ont bien évidemment choisi d’assombrir le ciel de mon personnage en l’assaillant de doutes et en lui faisant reconsidérer l’idée,
non de quitter son emploi actuel, mais de quitter le Canada l’année prochaine.
Je me suis souvenu dernièrement que, lorsque je suis parti de France il y a un an, je me suis dit que si j’y revenais sans avoir réalisé mes
rêves et mes ambitions, ce serait le constat de mon échec. Or, je dois bien reconnaître que c’est ce qui me pend au nez si je choisis de faire marche arrière ! À part l’amour que je
n’attendais plus, qu’est-ce que la France peut m’offrir, qu’elle ne m’a pas offert au cours de toutes les années qui ont précédé ? Et l’amour, lui, ne peut-il me rejoindre là où je
suis ?
Terrible problème du choix…
Andréa commence à Paris une carrière qui s’annonce aussi prometteuse que les nouvelles perspectives qui s’ouvrent ici devant moi. Faudra-t-il
que l’un d’entre nous se sacrifie ? Serons-nous capables de trouver un compromis ? Barack Obama sera-t-il élu Président des États-Unis ou bien Sarah Palin damera-t-elle le pion à
Hillary Clinton en devenant la première Présidente en juillet 2009 après que John McCain aura succombé à une crise cardiaque ? Carla imitera-t-elle Rachida et tombera-t-elle enceinte elle
aussi ? Ou est-ce vraiment l’excès de bière qui, selon ses propres dires, arrondit son ventre ?
La bière, je m’y suis mis depuis quelques semaines. Pensez donc, avec mes potes, on la trouve à un 1,50 $ dans un bar à deux pas de mon bureau.
La bière pour un euro, vous y croyez ? C’est possible, dans une province où le taux de croissance n’est pas à moins de 2 % comme en France, mais cousine avec celui de la Chine. Alors, nous
refaisons le monde autour d’une Alpine, d’une Mooshead ou d’une Alexander Keith. Demain soir, je vais leur faire goûter la Leffe Blonde, la bière de mon coin de pays en France (bon, d’accord,
elle est Belge, mais c’est ça l’Union Européenne !). On ne va pas chipoter. Même la Stella Artois est Belge et pourtant l’Artois, c’est en France ! Bref… encore une fois je m’égare
comme dans un hall…(de Daniel C. ! hahaha !)
J’en étais donc à énumérer toutes
les incertitudes qui planent autour de la saison 5 de Zanzi and the City. D’ailleurs, y aura-t-il seulement une saison 5 ? Les scénaristes se tritouillent la cervelle. Moi-même, je
ne sais plus où j’en suis. Tout serait plus simple si je n’étais pas un personnage réel. D’ailleurs, qui vous dit que je ne suis pas un personnage imaginaire ? Et que Nelfew, lui, est bien réel ! Ou que nous sommes tous les deux réels ou tous les deux imaginaires.
Vous n’y croyez pas ?
Vous n’y croyez plus ?
Vous voulez voir ce que ça donne ?
Regardez, j’appelle Nelfew, et il va me faire disparaître…
C'est la rentrée : nouvelle intrigue pour Luke et Noah. Que pensez-vous de Brian ? Qu'a-t-il
derrière la tête, à part se faire la vieille tapée ? [ATWT appartient à PGP]
Fiche technique : Soap américain en 1 pilote de 150 mn, puis 217 épisodes de 47 mn, diffusé sur ABC de 1980 à 1989, prolongé par 2 épisodes de 90
mn en 1991.
Créé par Richard & Esther Shapiro. Produit par Richard & Esther Shapiro, en collaboration avec Aaron Spelling productions. Producteurs executifs: Aaron Spelling, Douglas Cramer, Richard
& Esther Shapiro.
Musique: Bill Conti.
Avec: John Forsythe (Blake Carrington), Linda Evans (Krystle Carrington), Joan Collins (Alexis Colby), AL Corley, puis Jack Coleman (Steve Carrington), Heather
Locklear (Sammy Jo), Tracy Scoggins (Monica Colby), George Hamilton (Joel Abrigore).
L’avis : Ce texte nous a été gracieusement fourni par le webmaster du site Dynastie Guide.
Ce site est librement inspiré de l’ouvrage de Stefan Peltier: Dynastie, Apologie de la démesure. Aux éditions "Car rien n’a d’importance". D’autres
passages sont de Christophe du site Dynastie2000.
En novembre 1981, CBS réalise le coup d’audimat du siècle. Pendant tout un été l’Amérique s’est demandée qui avait bien pu tirer
sur J.R., l’infâme héros de Dallas. 49 millions de foyers se sont branchés pour connaître la réponse à cette question. La concurrence analyse ce succès.
Abc se concerte avec Aaron Spelling, producteur de La croisière s’amuse, le programme le plus populaire sur la chaîne. Il faut utiliser la recette miracle et faire aussi bien que
Dallas. Mieux si possible.
Spelling travaille exclusivement avec ABC depuis 1967 et a déjà produit quelques séries au succès mémorables : Starsky et Hutch, Drôles de dames, Vegas,
L’Amour du risque. Il s’associe avec Richard et Esther Shapiro pour faire face au phénomène Dallas. Ces derniers lui proposent Oil, une saga qui oppose une famille de
travailleurs ordinaires à une dynastie milliardaire. Esther s’impose en faisant comprendre que s’il refuse de l’engager comme productrice, il n’obtiendra pas le contrat. Spelling décide de lui
faire confiance.
La série sera nommée Dynastie et diffusée en remplacement de Vegas. Pour attirer l’attention le premier épisode fait l’objet d’une solide publicité, et en trois heures présente
les intrigues de Blake Carrington, le nouveau J.R., tant au niveaux personnel que professionnel. Tout est plus luxueux à Denver qu’à Dallas. Le service de presse insiste lourdement sur ce point.
Que ce soit la boue des sites de forage ou les bijoux et fourrures, tout est authentique. Mais le public ne suit pas. Dynastie n’est que 45e dans les sondages au bout de
treize semaines, alors que Dallas est toujours en tête. Il faut vite rectifier le tir. L’aspect social de la série semble moins intéresser le public que ce qui se passe dans la grande
maison des Carrington. Les gens veulent de la démesure ? Et bien il faut leur en donner. On supprime la famille Blaisdel, trop proche du téléspectateur moyen, et on plonge dans le rêve et
l’évasion.
Le dernier épisode de la première saison se termine sur l‘arrivée dramatique d’une femme en tailleur blanc et noir, portant un chapeau à voilette. Il s’agit de la première femme de Blake, venue
témoigner contre lui à son procès. C’est à partir de cette intrigue que la série va trouver un nouveau souffle. L’arrivée de cette femme est l’idée d’Ellen et Robert Pollock les scénaristes
d’Hôpital central. Ce rôle apparaît comme le meilleur rôle féminin du moment. Sophia Loren est pressentie pour devenir Alexis Carrington. Mais elle refuse le contrat qui lui est
présenté. D’autres actrices prestigieuses sont alors considérées, mais Spelling a une préférence pour Joan Collins, une belle Anglaise qu’il a rencontré sur des tournages. Bien qu’elle ait une
longue carrière derrière elle, on la considère comme une Elizabeth Taylor de seconde zone. Joan hésite avant de signer le contrat mais se rend compte que le rôle peut relancer sa carrière même si
elle pense que la série ne durera pas longtemps. Mais Alexis devient vite la figure de proue de Dynastie. Elle incarne toute la démesure que demande le public. À la fin de la seconde
saison, même si Dallas est toujours loin devant, Dynastie est 20e, et son succès s’affirme. Dès le début de la troisième saison, les scénaristes donnent à Alexis les
moyens de sa démesure en la mariant à Cecil Colby qui meurt aussitôt pour lui laisser le champ libre et les poches bien pleines. Débarrassés de toute contrainte matérielle, les personnages de la
série peuvent s’adonner à leurs passions destructrices. En 1983, Dynastie est 5e. En 1984, la série monte à la 3e place. Dallas n’a qu’à bien se
tenir ! Si une belle garce a réussi à donner tant d’énergie à l’histoire, l’arrivée d’une seconde (sous les traits de Diahann Carroll) devrait encore faire grimper le taux
d’écoute. La présence de Diahann Carroll, comme « la première garce noire de la télévision » (selon ses propres paroles) aux
cotés de Billy Dee Williams, attire les téléspectateurs noirs. Ainsi Dynastie dépasse enfin Dallas et se place en tête des programmes de la télévision américaine. Cette cinquième saison (1984-1985) est l’apogée de la série. Les Carrington et les Colby évoluent dans un monde tellement
démesuré qu’il en devient fascinant. Il s’agit d’un univers où se côtoient la « jet-set », les dignitaires de plusieurs pays d’orient, les princes du pétrole, la royauté européenne et
les cow-boys mercenaires. Les décors et les costumes plongent tout ce monde dans une esthétique des années 30 qui accentue encore le décalage avec le réalisme fermier de Dallas. Ali Mac
Graw et Rock Hudson viennent compléter le tableau. La saison se clôture par un spectaculaire « clifhanger » : le massacre de Moldavie. Au mariage de la belle Amanda et du prince
Michael, toute la famille tombe sous les balles de révolutionnaires moldaves.
Mais ce triomphe ne sera plus renouvelé. Pratiquement tout le monde se relève du massacre. De plus les deux intrigues qui suivent, l’enlèvement de Krystle et les machinations du roi Galen
traînent sur onze épisodes. L’histoire s’essouffle. On amène à Denver la sœur d’Alexis et le frère de Blake, mais le mouvement est amorcé. La sixième saison finit en 7e position.
C’est pourtant cette même année que démarre Dynastie II Les Colby. En 1985 déjà, un projet de spin off était à l’étude autour du personnage joué par Rock Hudson. Mais la mort de l’acteur
y a mis fin. Devant la réussite de Côte Ouest, le spin off de Dallas, ABC se devait d’offrir à son public un deuxième Dynastie. La démesure ayant fait le succès de la
grande sœur, on décide de jouer cette carte jusque dans la distribution des Colby (Charlton Heston, Barbara Stanwyck, Katharine Ross et bien d’autres). Mais la recette a ses limites et les
Colby ont tendance à les dépasser. Barbara Stanwyck quitte la distribution au bout d’un an et la série ne durera qu’une saison de plus (elle n’est jamais rentrée dans le top 20 des
programmes).
Les saisons 7, 8 et 9 de Dynastie ne font que confirmer son déclin (respectivement 24e, 33e et 57e dans les sondages). Les acteurs se lassent. Quand en
1989 Linda Evans décide de partir et que Joan Collins ne signe que pour onze épisodes, il est clair que c’est la fin de l’histoire. Cependant les scénaristes donnent une fin ouverte à cette
saison. Il faudra attendre 1991 pour que la famille se retrouve dans La Réunion, une mini-série qui révèle enfin le sort des différents personnages. Les scores d’audience de ces ultimes
épisodes sans être mémorables sont cependant honorables face à des matches du World séries (le championnat de base-ball américain).
L’aventure des Carrington et des Colby est donc terminée. Il est peu probable qu’un Dynastie next generation voit le jour. L’ère de la démesure télévisuelle est terminée. Ce que veut le
public, c’est du réalisme voire de la réalité. Cependant Aaron Spelling a produit ce que l’on appelle déjà un nouveau Dynastie, Les Titans, avec Victoria Principal (Pamela dans
Dallas).
L'homosexualité en prime-time
Autre tabou auquel Dynastie s'est subtilement attaqué : l'homosexualité. Voilà un sujet que la télévision
américaine a beaucoup de mal à traiter encore actuellement. Cette gêne reflète le malaise présent dans la société américaine en général. Il a fallu attendre 1974 pour que l'homosexualité soit
officiellement retirée de la liste des maladies mentales aux États-Unis. Dès la fin des années 70, des personnages homosexuels sont introduits dans les épisodes de séries (ex: An American
Family en 1973), mais de manière très sporadique, très cliché et en arrière-plan.
Steven Carrington est le premier personnage régulier homosexuel de la télévision. Le côté positif de Steven pousse clairement le téléspectateur à le défendre. Par là, Dynastie prend une
position nette en faveur d'une évolution des mentalités. Pourtant, il a fallu user de détours pour ne pas choquer les téléspectateurs moyens. Blake est contre le style de vie de son fils. Il le
réprouve jusqu'au meurtre. Blake représente la voix de la majorité qui opprime le choix de Steven. Steven tout au long de la série aura tout le loisir d'argumenter face à son père, faisant du
même coup passer « en douce » le message à la population américaine. Une manière subtile de défendre une cause.
Le personnage de Steven n'est cependant pas totalement novateur. Il souffre des clichés en vigueur à l'époque. Il est introverti, cultivé et raffiné. On lui trouve des « excuses »
psychanalytiques. Bref, il colle à l'image propre et rassurante qu'on attend de lui. Ses amours se terminent en général assez mal. On pourrait penser qu'il s'agit d'un travail de sape : « ce
style de vie ne marche pas », mais n'oublions pas trop vite que nous sommes dans un soap opera et qu'il faut que les histoires de cœur se terminent mal pour relancer l'intrigue. Steven
n'est, finalement, ni plus, ni moins malheureux que les autres. Sa vie sexuelle par contre est montrée moins explicitement que celle des autres personnages. Les signes de tendresse du couple
Steven-Ted Dinard se limitent à des embrassades (pas des baisers) et des caresses de la main. Chris Deegan n'a droit à aucune attention particulière. L'évocation se précise avec Luke Fuller : une
porte se referme sur le rapprochement des lèvres des deux amoureux. Une scène de bagarre avec Bart Fallmont (qui n'est pourtant qu'un ami) est fortement érotisée. Mais à part ça... La vie
sexuelle et amoureuse de Steven est plutôt abstraite. Dynastie ne se fera jamais l'écho du SIDA (qui apparaît pourtant en 1981). Les acteurs ayant incarné Steven Carrington Al Corley :Avant d'être chanteur dans les années 80, Al Corley
était acteur aux côtés de Linda Evans dans Dynastie. Il sera le premier à quitter la série au bout de deux saisons, en désaccord avec les producteurs sur l'orientation sexuelle de son
personnage, Steven Carrington, son rôle étant homosexuel, il ne comprenait pas que l'on veuille que Steven soit attiré également par les femmes. Jack Coleman :Bien
que les fans ont préférés Al Corley dans le rôle de Steven Carrington, Jack Coleman a repris avec succès le rôle de 1982 à 1988. Marié dans la vie, il assumait mal son rôle d'homosexuel, d'autant
que ses admirateurs gays lui envoyaient des lettres enflammées et quelque peu parfumées, ce qui l'agaçait fortement ! Il quitte la série en 1988 suite à de nombreux désaccords avec les
producteurs de la série . Il demande alors à ce qu'on modifie quelque peu son rôle, ce qui nuira à la crédibilité du personnage, pour finir par en devenir ridicule et totalement asexué ! Al
Corley, également marié dans la vie n'a jamais eu de problème avec son personnage, au contraire, il se battait pour que Steven reste un personnage homosexuel ! Pour plus d’informations :
« Je pense qu'on est toujours indéfini sexuellement, et que c'est seulement à la fin de la vie que quelqu'un peut dire s'il a été hétéro ou
homosexuel. Dans la scène d'amour avec Grégoire [dans le film Les Chansons d'amour], je l'ai embrassé comme si j'embrassais une fille. »Louis Garrel (entretien donné aux Cahiers du cinéma, juillet-aout 2008 n°636.
Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
L'objet du délit...
Je suis l’aînée d’une fratrie de trois. En tant que telle, je pense avoir droit à un minimum de respect. Ce n’est pas parce que mes deux petits
frères me dépassent tous les deux d’au moins dix bons centimètres qu’ils ont le droit de se moquer de moi devant tout le monde ou de me ridiculiser, non mais quand même… Hé bien figurez-vous que
Titou l’a fait !
Titou, c’est mon plus jeune frère. On a six ans d’écart et je suis la seule qui continue à l’appeler Titou. Après un certain âge, il y a des
surnoms qui ne vous vont plus du tout. Les autres ont cessé de le baptiser ainsi mais moi, je continue. Peut-être parce qu’il restera toujours mon tout petit frère à qui je faisais des misères et
que je réconfortais dans mes bras quand il pleurait. Je ne sais pas.
Le fait est que ce soir là, on devait sortir, Titou, Vince et moi au restaurant. On devait rencontrer des amies et je m’étais quand même un
minimum pomponnée. Je suis une fille nom de Dieu ! Donc j’avais pris une bonne et longue douche chaude, je m’étais parfumée, coiffée, maquillée etc. etc.
Seulement, avant de me lancer dans tous ces préparatifs artificiels mais tellement nécessaires pour ne pas ressembler à Quasimodo, j’avais du
choisir ma tenue. Comme je vous l’ai précédemment expliqué, je suis une femme ! Et en tant que telle, j’ai le droit de faire des essais de tenues, de m’interroger sur le choix le plus
judicieux, d’hésiter, de déballer mes vêtements, de les comparer... Je n’abuse pas de ce droit. Comme toute personne réfléchie, je sais qu’il a ses limites et je reste donc très vigilante dans la
manière dont je l’utilise.
Cet après-midi-là, j’avais donc sélectionné mon plus beau pantalon, celui qui me fait de magnifiques fesses (on ne sait jamais qui peut les
regarder après tout), je savais très bien ce que j’allais mettre comme sous-vêtements (il faut se sentir bien dans sa peau, c’est le principal), il ne me manquait donc que le haut.
Le problème des hauts, quand on a trouvé le bas, c’est qu’ils doivent s’accorder. Donc je choisis une première chemise noire, avec des
épaulettes sympas et je la montre à mon petit frère. Malheur, ce dernier a du mettre son manga en pause pour me donner son avis ! Déjà, ça commençait mal.
En même temps, comme je sais que sa patience a des limites, je n’essaye pas ladite chemise et je me contente de la coller contre moi pour lui
demander ce qu’il en pense. « Ouais pas mal… » fut sa première réponse. C’est trop nul comme réponse, je vous jure, c’est trop horrible comme réponse. Du coup, pas certaine du tout que
le choix soit si judicieux, je remonte quatre à quatre les marches pour aller chercher dans ma chambre la seconde chemise que j’avais entrepris de lui décrire sans y parvenir.
Je redescends avec cette chemise et je fais de même côté visualisation. Verdict : « Je préfère la première. » D’accord, ça c’est
très bien, ça m’oriente sur mon choix. Alors que je penche pour cette première chemise et que je m’apprête à m’arrêter sur ma tenue, je lui fais soudain remarquer que nous sommes chez papa et
maman et qu’il risque de faire froid le soir venu. Pas bête et la main sur la souris pour relancer son manga, mon frangin me fait gentiment remarquer que j’ai raison. Je suggère alors de mettre
la veste noire suspendue à la porte et qui attend impatiemment que je recouse les boutons des manches.
Titou note qu’avec une veste noire, je ne peux pas mettre une chemise noire (merci, mais ça je l’avais compris toute seule il y a déjà fort
longtemps). Je lui parle donc de ce t-shirt gris avec la boucle d’oreille qui est génial sous ma veste noire. Il me dit qu’il ne connaît pas (ah celui-là… quand il veut pas vous aider, il ne veut
vraiment pas vous aider !). Je remonte donc au premier, récupère le t-shirt et le descend.
Je le lui montre, passe la veste sur mon t-shirt rouge en collant le gris devant moi et lui explique l’ensemble. « Ça, c’est bien. »
Parfait, c’est ce que je voulais entendre. Merci Titou. Je demande quand même si les paillettes sur le t-shirt ne font pas trop avec les paillettes sur le jean mais il me rassure, c’est
parfait.
Impeccable. Une fois préparée, je passe donc cette tenue idéale, prête à partir.
Je me sens forte, sexy, intouchable. J’ai trop la classe mes amis. J’enfile mes chaussures, récupère mon sac à main après avoir fait un rapide
check-up pour vérifier que rien ne manque et me décide à rejoindre mon père et ma mère qui discutent dehors. Ils sont assis sur les chaises de jardin, au milieu de la pelouse. Je leur explique
que j’attends Titou qui se rase (il faut toujours qu’il se réveille au dernier moment, celui-là !).
Je m’assois négligemment sur le bord de la table (on a la classe ou on ne l’a pas !) Ma mère note ma tenue parfaite et je fais la fille
qui réussit toujours à s’habiller aussi bien. De temps en temps, les compliments de ce genre, ça vous fait un bien fou à l’ego. Il ne faut donc pas hésiter à les accepter.
Ma mère, d’un œil aiguisé, note donc que je suis magnifique, puis s’arrête soudain sur les chaussures. Ça, de toute manière, c’est systématique
mais vous l’aviez déjà compris. Elle m’explique donc : « Tu es superbe mais tes chaussures sont vraiment horribles. Elles sont moches mais… je dis ça, je dis rien. » En fille
avisée et habituée, je ne prête pas attention à ses déclarations. Mon père pouffe de son côté mais se tait, et je regarde mes pompes l’air de rien en répondant que moi je les adore.
Titou arrive soudain, rasé de près et fait celui qui m’attend. Il faut toujours que ce soit la faute des filles, c’est bien connu. Je me lève
pour aller à sa rencontre et partir, lorsque soudain il balance : « T’es trop belle mais c’est quoi ces chaussures ??? Elles ressemblent à rien ! »
Mes chaussures de la honte de la mort qui tue ? Vraiment ?
Je regarde mon père qui rit ouvertement maintenant, ma mère qui fait sa tête du genre « je-te-l’avais-bien-dit » et je reviens à mon
petit frère. Un complot ? Je suis d’humeur à pouvoir affronter n’importe quel complot. J’ai trop la classe, rien ne me fait peur, rien ne m’atteint.
La suite a donné à peu près ça :
« Titou, ce sont mes plus belles chaussures, je les ai choisis exprès avant de venir en vacances chez papa et maman.
― Ces trucs horribles ? Dis-moi que tu vas pas mettre ça !
― Heu… si.
― Non, tu ne pars pas avec ça… Tu vas me foutre la honte.
― Je les ai choisies exprès dans ma penderie…
― Tu fais du combien ?
― Quoi ?
― Tu fais du combien ?
― 40, 41…
― Je te donne mes baskets noires, c’est du 42. Le noir, ça va avec tout. Tu mets mes baskets et je mettrai mes chaussures de
ville. »
Là j’avoue, je n’avais pas vu le vent tourner. Je le regarde comme si c’était un alien, attendant la chute, le grand éclat de rire… Rien, ce
petit crétin est sérieux. Je tente de me défendre, de me justifier mais il est déjà reparti vers la maison.
Je me tourne vers ma mère qui lève les mains au ciel en signe d’innocence, alors que mon père a depuis longtemps refusé de me venir en aide
tellement il est plié de rire. Ma mère ajoute tout de même un petit « Il a raison, le noir ça va avec tout » qui m’oblige à rejoindre Titou dans la maison. Il a quitté ses godasses, a
chaussé son autre paire, et soudain il me tend ses baskets noires avec désinvolture. On va être en retard à ce rythme, je vous le dis !
Pleine de bonne volonté et pour lui montrer qu’il se trompe et que mes baskets beige sont parfaites, j’accepte de mettre ses chaussures. Il
observe le résultat, très fier de lui, et balance négligemment un « C’est déjà mieux. » Ah ben, merci. Ces chaussures ne me vont pas du tout ; moi, je préfère les autres. Je tente
de le lui expliquer mais il n’écoute pas, et comme de par hasard mes parents arrivent à ce moment-là et ma mère ajoute : « C’est bien mieux. »
J’hésite à tous les tuer. Ils vont quand même réaliser que mes autres chaussures sont plus adaptées. Ils sont aveugles ou quoi ? Ils n’ont
aucun goût, c’est pas possible… Mais qui m’a donné une famille pareille ?
Malheureusement, après plus de dix minutes d’explications ; je dois me rendre à l’évidence. Ils sont persuadés que c’est moi qui a mauvais
goût. Comme nous ne pouvons pas perdre plus de temps, j’accepte finalement de mettre les baskets de mon frère et nous partons pour le restaurant.
Ma super confiance en moi a basculé, est-ce vraiment moi qui a mauvais goût ? Quand même, ce sont mes plus belles baskets !
Je préfère ignorer cette question existentielle et me concentrer sur la conversation et le repas.
Évidemment, Titou aborde le sujet de mon incapacité à choisir une paire de chaussures et je me prends la honte devant mes amis. Ça, c’est fait.
Au moins, il y en a que ça fait rire. Et, alors que je cherche un moyen de me venger et de bien m’en tirer (il est dur maintenant de me battre contre lui, il a une masse musculaire légèrement
plus importante… bon d’accord, beaucoup plus importante), je le vois soudain se pencher vers ses pieds.
Je regarde Titou sans comprendre. Il bricole quelque chose au niveau de ses pieds, et c’est étrange vu qu’il n’a rien fait tomber par terre. Il
se retourne soudain vers moi et me chuchote à l’oreille : « Putain de godasses, je les ai pas mises assez, elles me serrent… et elles me font mal… »
On a finit de manger à 23 heures et il n’a pas pu quitter ses chaussures…
Il a gesticulé toute la soirée sur sa chaise, tellement il se sentait mal à l’aise…
Autant vous dire que ça m’a largement suffit comme vengeance….
Deuxième article d'une série consacrée à la place des gays et des lesbiennes en France. Un peu d'histoire, et un état
des lieux de l'opinion publique sur les revendications actuelles et sur les propositions des candidats aux élections de 2007. Par notre collaborateur :Kim, 31 ans.
Avertissement : cet article a été écrit en avril 2007,
juste avant l'élection présidentielle.
Notre article précédent avait démontré que les gays et les lesbiennes étaient de mieux en mieux acceptés par la société française. Comment
cette évolution s’est-elle traduite dans les lois ? Autrement dit comment a évolué la législation envers les homosexuels dans la République française ? Cet article n’est nullement cette fois-ci un produit de ma recherche mais une sorte de compilation/rappel/résumé de ce qui a déjà été fait
sur la question, sauf dans la création des documents et la partie sur l’opinion publique. Ce sujet est en effet assez courant dans la recherche – c’est la popularité de l’Histoire avec un grand
« H » : il n’y a qu’à voir la présence de livres sur la question. Alors pourquoi le faire ici me direz-vous ? Et bien d’abord parce que les ouvrages en librairie ou articles sur internet
traitent plus souvent de l’histoire mondiale ou occidentale que française. L’histoire des gays et des lesbiennes à l’échelle nationale est donc déjà moins courante. Or elle est aussi spécifique
car les différents pays du monde ne connaissent pas les mêmes évolutions aux mêmes rythmes ni pour les mêmes raisons. Et puis deuxièmement parce que j’en ai besoin pour mes articles suivants :
une question de lien logique entre les articles, tout simplement. Il ne s’agit pas ici de retracer précisément toute l’histoire de l’homosexualité en France. Nous nous intéresserons essentiellement à ce qui
se passe depuis une génération, soit depuis la décennie 1970’, puisque nos statistiques de nos sondages remontent pour les plus anciens à 1973 (voir article précédent).
Document 1
On pourra juste rapidement rappeler que la France d’Ancien Régime considérait l’homosexualité comme un crime religieux, une perversion de la
nature créée par Dieu. Ce « crime » pouvait être passible de tortures ou/et de la peine de mort. La Révolution Française supprima cette discrimination légale avec l’abolition de la pénalisation
de la sodomie en 1791. On ne parla pourtant pas à partir de cette époque de pleine liberté et encore moins d’égalité, car si l’homosexualité n’était pas condamnée pénalement (la législation
française étant là, et pendant longtemps, en avance sur son temps), elle n’était pas reconnue légalement non plus, et donc non protégée contre l’intolérance et les discriminations : la loi, ou
plutôt l’absence de loi discriminatoire, ne correspondait pas avec les préjugés homophobes de la population. Pire, la science essaya d’expliquer l’homosexualité et affirma qu’elle était une
maladie mentale au milieu du 19e siècle… La défaite française en 1940 face aux nazis et la mise en place de la France réactionnaire de Vichy, gouvernée par Pétain, firent reculer les
droits des homosexuels avec la pénalisation de l’homosexualité la même année : cette criminalisation, véritable discrimination légale, fit que l’on pouvait être emprisonné de 6 mois à 3 ans
pour homosexualité, sans compter les peines d’amende. Cette pénalisation de l’homosexualité ne fut pas remise en cause après la chute du gouvernement de Vichy en 1944 : cela empêcha des
déportés homosexuels de témoigner de l’horreur des camps et de réclamer justice. Les choses ne s’arrangèrent pas sous la IVe République. En 1960, l’homosexualité fut officiellement considérée comme un fléau social contre
lequel il fallait lutter. Ainsi, par exemple, l’homosexualité devint une circonstance aggravante en matière d’outrage à la pudeur. En 1968, la France adopta officiellement la classification des
maladies mentales de l’Organisation Mondiale de la Santé. Et alors allez vous me dire ? Et bien l’homosexualité faisait partie de cette classification (elle n’en sera retirée par l’OMS qu’en
1993)… Bref, considérés comme des pervers, des malades, un fléau social qui menaçait la société, on comprend que la police tentait de les ficher. Non, on ne peut pas dire que la vie des
homosexuels fut rose à cette époque ... Venons-en aux événements depuis une génération, qui nous intéressent plus particulièrement dans cet article.
Le début des années 1980’ : la conquête de la liberté
Document 2 (repris de l’article précédent)
En 1973, un sondage indiquait que 24 % des Français considéraient l’homosexualité comme une manière acceptable de vivre sa sexualité. C’était
peu. Il faut dire que l’essentiel de la population pensait que l’homosexualité était une maladie, héritage des travaux scientifiques du XIXe siècle, ou une perversion, héritage d’une culture
chrétienne. Mais en même temps c’était beaucoup pour l’époque : mai 68 et la révolution sexuelle étaient passés par là. Cela avait permis la création d’un embryon de mouvement homosexuel
politisé qui osa réclamer la fin de la pénalisation de l’homosexualité dès la première Gay Pride indépendante de 1977, réunissant un millier de personnes. En 1981, les sondages indiquaient une
légère hausse des personnes déclarant l’homosexualité comme une manière acceptable de vivre sa sexualité, qui étaient désormais 29 % des sondés. Mais ce n’est pas là que réside l’importance de
l’année 1981. En avril, un mois avant les élections présidentielles, la Gay Pride réunissait 10.000 manifestants : cela était suffisant pour que la Gauche, qui espérait remporter les élections,
promette de dépénaliser l’homosexualité. La suite de l’histoire, on la connait : François Mitterrand fut élu président de la République en mai, et la Gauche remporta les élections
législatives en juin. Dès lors le vent tourna. Durant le même mois que la victoire de la gauche, le fichage des homosexuels fut interdit, l’homosexualité fut retirée en France de la liste des
maladies mentales, et l’obligation pour les homosexuels de disposer de leur logement « en bon père de famille » fut supprimée. Un an plus tard, en 1982, sous l’impulsion du ministre de la
justice Robert Badinter, l’homosexualité fut dépénalisée : ce fut la fin de la discrimination légale et pénale, un symbole de liberté.
Photo n° 1 : le président de la République François Mitterrand (1981-1995)
Photo n° 2 : le ministre de la Justice Robert Badinter (1981-1986).
Les années 1985-1999 : la pause juridique
Enfin, il fut ajouté en 1985 dans l’article 225-1 du code pénal la pénalisation des discriminations fondées sur les mœurs, au même titre que
les discriminations racistes ou sexistes. Le mot « mœurs » a été utilisé à défaut de celui de « sexualité », ou « orientation sexuelle », ou tout simplement « homosexualité », aussi bien pour
en faciliter le vote que pour élargir son action. Mais pour le coup cela en a aussi dilué son sens et sa portée. Voilà pourquoi cette extension de la loi qui pouvait inclure la protection
contre les discriminations homophobes est souvent oubliée du bilan de la Gauche sur les questions homosexuelles. C’est aussi pour cela que je ne l’ai pas intégrée dans ma frise
chronologique. Après cela, les choses vont s’arrêter là pendant presque deux décennies. La liberté, oui, mais l’intolérance restait de mise, l’homophobie
ordinaire persistait, tout comme les discriminations homophobes dont les homosexuels n’étaient pas réellement efficacement protégés. Il faut dire aussi que le militantisme homosexuel s’était en
partie assoupi après la dépénalisation de 1982 : la preuve en est que durant les années 1983-1990, les Gay-Prides ne rassemblèrent que 3.000 manifestants en moyenne, soit 3 fois moins qu’en
1981. Et puis, il est vrai que cette période fut aussi celle des années SIDA, dont les communautés homosexuelles furent durement touchées : l’idée de maladie mentale était alors progressivement
remplacée par l’idée de malades extrêmement contagieux et dangereux d’approcher de trop près. Non, ce n’était pas mieux. L’idée de châtiment divin n’était pas forcément loin non plus. Tout cela
a eut une conséquence : il faudra attendre le milieu des années 1990’ pour avoir enfin 50 % de la population qui considère l’homosexualité comme une manière acceptable de vivre sa sexualité
!
A partir de 1999 : la conquête de l’égalité
Document 3
La deuxième moitié des années 1990 va venir bousculer ces presque deux décennies d’immobilisme. Il faut dire que plusieurs éléments
favorables vont permettre cette évolution. En premier lieu, la reprise accentuée d’un militantisme homosexuel, liée aux désastres du SIDA, qui a particulièrement mis en lumière les problèmes de
succession entre partenaires d’un couple homosexuel. La revendication était claire : il fallait reconnaitre légalement les couples homosexuels pour permettre la transmission des biens, au nom
de l’égalité républicaine ! C’est ce qui explique en grande partie la montée progressive mais spectaculaire du nombre de participants à la Gay Pride, pour culminer à
300.000 manifestants (selon les organisateurs) en 1997 alors qu’il y en avait dix fois moins trois ans plus tôt (document 3) ! C’est un deuxième élément favorable. Comment expliquer cette
démultiplication ? Bien sûr, il y a la poursuite de la progression de l’idée que « l’homosexualité est une façon acceptable de vivre sa sexualité », qui devint
enfin majoritaire au sein de la population (55 % en 1997), ce qui encouragea la visibilité. Bien sûr, la Gay Pride de 1997 était aussi une Europride, c'est-à-dire qu’elle attira des Européens
en plus des manifestants français. Mais il y a eut aussi, pour ne pas dire surtout, la victoire de la Gauche Plurielle aux élections législatives de mai-juin 1997, notre troisième élément
favorable : le but était de faire pression pour réclamer des droits. Il fallu attendre un an et demi de débat national passionné pour que naisse en 1999 le Pacte Civil de Solidarité (PaCS), soutenu par des
militants comme Jan-Paul Pouliquen, et par des députés comme Jean-Pierre Michel, Patrick Bloche, ou Roselyn Bachelot. Le PaCS reconnaissait enfin légalement les couples homosexuels. Et d’une
certaine manière, aussi, indirectement, l’homosexualité qui, grâce au débat national, était de mieux en mieux acceptée par la population : la proportion de sondés déclarant penser que «
l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité » passa rapidement de 55 % en 1997 à 61 % en 1998, puis à 71 % en 2001.
Photo n° 3 : le député Jean-Pierre Michel Photo n° 4 : le député Patrick Bloche Photo n° 5 : la députée Roselyn Bachelot
On aurait pu penser que les débats sur le PaCS, si passionnés et virulents, même au sein de l’Assemblée nationale, auraient freiné pendant un
long moment la poursuite des conquêtes de droits pour accéder enfin à l’égalité. Mais il n’en fut rien… d’autant que la progression des droits des homosexuels ne se fit pas principalement sur
l’amélioration du PaCs comme on aurait pu s’y attendre, mais sur d’autres fronts. En effet, la construction européenne allait permettre de poursuivre le mouvement vers l’égalité. Car effectivement, la signature en 2000 par
la France du traité européen d’Amsterdam l’engageait à transposer dans sa législation l’article 13 relative à la lutte contre les toutes les formes de discriminations « fondées sur le sexe, la
race, ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle ». C’est ainsi que la France élargissait ses lois nationales contre les discriminations
en l’étendant à d’autres catégories de personnes, et notamment en raison de l’orientation sentimentale ou sexuelle, lors de l’adoption de la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre
les discriminations. Les modifications portaient sur les articles 225-1 et 225-2 du Code Pénal qui définissaient les discriminations et leurs sanctions pénales, et surtout sur le Code du
Travail, protégeant ainsi mieux les homosexuels dans le monde de l’entreprise. Les discriminations homophobes sont ainsi clairement définies, contrairement à 1985, et donc plus facilement
pénalisées : c’est le début de la marche vers l’égalité. Le retour en 2002 d’un gouvernement de droite après la nouvelle victoire de Jacques Chirac en 2002 aurait pu faire craindre au mieux un gel
de l’avancée des droits des homosexuels, au pire, un retour en arrière, suite aux déclarations enflammées de certains parlementaires qui avaient déclaré en 1999 qu’ils supprimeraient le PaCs
sitôt revenus au pouvoir. Il n’en fut rien. En effet, déjà, l’opinion publique évolua vers toujours plus de tolérance envers les homosexuels, et même en s’accélérant : la proportion de
sondés déclarant que « l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité » continuait de progresser et passait ainsi de 71 % en 2001 à 78 % en 2006. Plus encore,
l’acceptation des gays et des lesbiennes progressaient aussi : rappelons ce que nous avons dit dans notre article précédent, soit la hausse de l’acceptation des gays et des lesbiennes,
symbolisée par la progression de 16 % en 2000 à 32 % en 2006 de personnes déclarant que cela ne les gênerait pas qu’ils aient un enfant homosexuel, au dépend de la simple tolérance, qui chutait
de 64 % en 2000 à 51 % en 2006. Les débats du PaCS, la plus grande visibilité des homosexuels dans les médias, comme par exemple Thomas de Loft Story2 en 2002, qui aura
contribué à rendre sympathique les homosexuels auprès d’un nombre important de téléspectateurs, ont en effet largement accéléré les changements de mentalités de la société française. De toute
façon, même de nombreux politiques de droite avaient fini par voir évoluer leurs opinions sur la question.
Photo n° 6 : le président de la République Jacques Chirac (1995-2007) Photo n° 7 : le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy (2002-2004 ; 2005-2007)
En mars 2003, l’adoption de l’article 47 de la loi sur la sécurité intérieure sous l’impulsion du Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy
permit de classer l’homophobie comme circonstance aggravante lors de la réalisation de crimes liés à l’homophobie ou à l’orientation sentimentale et sexuelle vraie ou supposée des victimes,
crimes dont les peines peuvent alors être aggravées. Ceci est alors inscrit dans l’article 132.77 du Code Pénal. Mais il y a eut des événements encore plus déterminants. En janvier 2004, l’agression dont a été victime Sébastien Nouchet où il été brulé
vif fit la une des journaux et sensibilisa l’opinion publique sur l’homophobie, de même que les politiques, jusqu’au président Jacques Chirac lui-même qui s’engagea personnellement. La
médiatisation de cet événement (et les débats sur le mariage gay de Bègles – nous y reviendrons plus loin) va ainsi permettre à la lutte contre l’homophobie d’être intégrée rapidement dans le
projet de loi portant sur la création de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) créée en décembre 2004. L’homophobie était désormais criminalisée : par
exemple les propos homophobes étaient désormais sanctionnés par la loi. Ainsi, ces deux avancées législatives votées par une majorité de Droite venaient compléter les lois de 2001 votées par la Gauche. Ceci
concluaient la législation sur la lutte contre l’homophobie, et la plaçaient à égalité avec la lutte contre d’autres discriminations comme le racisme ou le sexisme. Il s’agit donc véritablement
d’un symbole de lutte officielle et engagée contre les inégalités et un véritable pas vers l’égalité citoyenne … qui est passé un peu inaperçu. Eh, oui, inaperçu car, en plus d’une communication insuffisante sur le sujet, le regard des gays et des lesbiennes se tournaient déjà vers le
droit au mariage et à l’adoption. Il faut dire que beaucoup constataient les imperfections du PaCS, considéré par certains comme une union de seconde zone. Les critiques fusaient depuis sa
création, et du soulagement d’avoir enfin un statut légal est né rapidement une envie soit d’améliorer le PaCS pour lui donner les mêmes droits qu’au mariage, soit l’ouverture au mariage pour
les homosexuels. Et un événement aux Etats-Unis allait bousculer les débats en France…
Les droits au mariage et à l’adoption : les dernières
revendications ?
Photo n° 8 : le maire de San Francisco Gavin Newsom après avoir célébré un mariage lesbien en mars
2004. Photo n° 9 : le maire de Bègles Noël Mamère célèbre un mariage gay en juin
2004. Photo n° 10 : le premier ministre espagnol José Luis Zapatero qui a fait voter le mariage gay en Espagne
en juin 2005.
Tout commença véritablement en fait avec un événement de l’actualité internationale qui remit le sujet de la reconnaissance des couples
homosexuels au goût du jour. Lorsqu’en mars 2004, Gavin Newsom, le maire démocrate de San Francisco, maria à tour de bras des gays et des lesbiennes en toute illégalité car le mariage gay
n’était pas reconnu par l’Etat de Californie, ni par aucun Etat américain d’ailleurs, cela créa un débat médiatique et politique retentissant aux Etats-Unis … et dans le monde. Si le but était
de relancer le mouvement pour le mariage homosexuel aux Etats-Unis, sa couverture médiatique mondiale fera rouvrir le débat sur le statut légal des couples homosexuels en France. C’est ainsi que le député-maire vert Noël Mamère, s’inspirant de l’action de Gavin Newson, organisa le très médiatisé mariage gay de Medhi et
Christophe à Bègles en juin 2004. Le mariage était bien évidemment illégal, mais réalisé en connaissance de cause : si l’annulation juridique était à prévoir, l’objectif était de créer un
précédent pour faire prononcer par la justice le côté discriminatoire du mariage. Le battage médiatique créa un nouveau débat national passionné. La droite, qui s’illustra par son opposition le
plus souvent clairement affichée, tenta bien en échange de lutter contre l’homophobie (d’où l’intégration de la lutte contre l’homophobie dans la HALDE), mais les gays et les lesbiennes ne
retiendront que leur opposition virulente au mariage. L’annulation du mariage de Bègles aurait pu faire penser que les revendications sur l’ouverture du droit au mariage des couples homosexuels
serait gelé pour encore un long moment. Et non : l’actualité internationale, là encore, allait remettre le sujet sur le tapis. En effet, en juin 2005, le gouvernement de gauche du socialiste Jose Luis Rodriguez Zapatero ouvrit le droit du mariage aux homosexuels.
L’Espagne devint ainsi le cinquième pays à rendre légal le mariage gay après le Danemark en 1989, les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2003, et le Canada en 2004. L’Espagne ne faisait
qu’appliquer les recommandations de 2003 du Parlement Européen, qui, dans son rapport annuel sur les droits fondamentaux de l’Union Européenne, préconisait aux Etats membres«d'abolir toute forme de discrimination - législatives ou de facto - dont sont encore
victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d'adoption d'enfants». Cet événement marqua durablement les socialistes français qui étaient jusque là restés réservés sur la question du mariage gay : pour eux, ce
mariage gay pouvait devenir une réalité. Ils rejoignirent alors les communistes et les verts qui étaient les plus ouverts à la question. Plus, ils ajoutèrent le droit à l’adoption dans leurs
promesses électorales. Bref, les politiques français s’emparèrent du sujet.
La position des candidats sur le mariage et l’adoption
durant la campagne électorale de 2007
Les affiches des candidats à la Présidentielle 2007.
Pour résumer, les candidats de Gauche sont favorables au mariage et à l’adoption. Les candidats du Centre et de Droite proposent une union
civile équivalente au mariage en termes de droits, mais s’opposent globalement à l’adoption, sauf dans le cas particulier du conjoint d’un parent homosexuel au sein d’un couple homosexuel pour
le candidat centriste. Les candidats d’Extrême-Droite ou Droite Nationale s’opposent aux deux mesures.
Pour le mariage homosexuel : Olivier Besancenot (LCR), Marie-Georges Buffet (PCF), José Bovet (altermondialiste), Dominique Voynet (les Verts), Ségolène Royale
(PS).
Contre le mariage homosexuel mais pour une union civile signée en mairie et ouvrant les mêmes
droits qu’aux mariés (reprenant le système anglais, en dehors du droit à l’adoption) : François Bayrou (UDF), Nicolas Sarkozy (UMP).
Contre le mariage homosexuel : Philippe DeVilliers (MPF), Jean-Marie LePen (FN)
Pour l’abolition du PaCS (inscrit au programme du FN, même si quelques déclarations de Marine
Le Pen et Jean-Marie Le Pen donnent à penser qu'ils sont pour le statu quo) : Jean-Marie LePen (FN)
Pour l’adoption par les couples homosexuels : Olivier Besancenot (LCR), Marie-Georges Buffet (PCF), José Bovet (candidat libre), Dominique Voynet (les Verts), Ségolène Royale
(PS).
Favorable uniquement à l’adoption simple, c'est-à-dire à l’adoption par le conjoint de l’enfant
de son partenaire dans un couple homosexuel : François Bayrou (UDF).
Contre l’adoption par des couples homosexuels : Nicolas Sarkosy (UMP), Philippe DeVilliers (MPF), Jean-Marie LePen (FN)
Ne se sont pas prononcés sur la question : Arlette Laguillet (FO), Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs), Frédéric Nihous (CPNT)
Bien sûr, cette présidentielle et les législatives qui vont suivre ne parlent pas que de ces deux questions. Il s’agit aussi de poursuivre la
lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, d’établir une législation favorable aux transsexuels, de mettre au clair la prévention des maladies (type SIDA) et des suicides
touchant des homosexuel(le)s, de s’interroger sur la procréation médiale assistée, de la place de la France dans la lutte contre l’homophobie dans le monde, etc.. Pour tous ces sujets, je vous encourage à lire l’analyse des réponses d’un questionnaire donné aux candidats par l’inter-LGBT en cliquant sur
le lien ci-dessous : http://www.inter-lgbt.org/spip.php?article693
Que pensent les Français de ces revendications ?
Documents 4 et 5
S’il est encore trop tôt pour connaitre le vainqueur des prochaines élections, et donc savoir si les droits au mariage et à l’adoption seront
adoptés au cours de la prochaine législature, le débat est en tout cas lancé, aussi bien chez les politiques en campagne électorale qui prennent tous position sur le sujet, que la population
qui suit de prêt la campagne électorale, d’autant qu’elle est régulièrement sensibilisée à la question depuis plusieurs années, notamment par le PaCS de 1999 et le mariage de Bègles de 2004, ou
l’ouverture récente du mariage dans des pays voisins comme la Belgique en 2003 ou l’Espagne en 2005. En tout cas, les nouveaux sondages qui abordent les thèmes du mariage et de l’adoption (documents 4 et 5) depuis la loi sur le PaCS de 1999
montrent la progression des avis favorables au mariage (48 % en 2000, 61 % en 2006) et à l’adoption (29 % en 2000, 44 % en 2006) pour les homosexuel(le)s. Cette évolution est parallèle à celle
de la progression de l’acceptation de l’homosexualité par les Français (document 2) : l’évolution de la perception de l’homosexualité par la population a donc pour conséquence de faire aussi
évoluer sa perception de leurs droits. On remarquera quand même que la perception par la population des droits des homosexuels est très inférieure à celle de l’homosexualité en
terme de proportions : rappelons en effet qu’en 2006 donc, les sondages indiquent 78 % d’opinions favorables envers l’homosexualité, contre seulement 61 % d’opinions favorables pour le mariage
homosexuel, et 44 % pour le droit d’adoption. Ceci s’explique par des réticences, bien plus prononcées sur la question de l’adoption que du mariage, et souvent marquées de méconnaissance ou de
préjugés, que nous expliquerons dans un autre article.
Pour conclure, la République française est passée en une génération de l’homophobie légale au respect des droits de
l’homme.
Les homosexuels sont ainsi passés en une génération seulement de l’état de criminels et de malades mentaux (jusqu’en 1981-1982) à l’état de
personnes libres mais simplement tolérées, un peu comme des citoyens de seconde zone, car non reconnus ni protégés contre les inégalités et les discriminations (clairement jusqu’en 1999) ; puis
ils accèdent progressivement à partir de 1999 à l’état de véritables citoyens intégrés par la République, où l’égalité et la lutte contre l’homophobie furent clairement affirmées par le vote
successif de différentes lois luttant contre les inégalités, les discriminations et les crimes liées à l’orientation sentimentale ou sexuelle. Si les droits au mariage et à l’adoption venaient
à être adoptés durant la prochaine législature, cela viendrait ainsi à priori conclure le long combat pour l’abolition des différentes inégalités et discriminations légales ou de facto dont
étaient victimes les gays et les lesbiennes en France, et cela représenterait la plus rapide conquête des droits d’une catégorie de population vers la liberté et l’égalité dans l’histoire de la
République. Tout ceci n’a pu se faire bien évidemment qu’avec l’engagement de militants, avec des démonstrations politiques comme la Marche des Fiertés,
et avec des hommes et des femmes politiques qui ont fait du droit à l’égalité pour les homosexuels leur combat, parfois à contre courant de l’opinion publique, ce qui est une preuve remarque de
courage politique. Mais tout ceci s’est fait aussi parce que les mentalités ont évolué vers plus de tolérance et d’acceptation. Nous tenterons d’expliquer dans nos prochains articles pourquoi
et comment les mentalités ont ainsi évolué.
Petite bibliographie
Quelques références côté livres pour en connaitre un peu plus sur l’histoire et l’évolution des droits des homosexuels en
France - ALDRICH Robert (dir.), 2006, « Une histoire de l’homosexualité », Seuil - SPENCER Colin, 2005, « Histoire de l’homosexualité de l’antiquité à nos jours », Pocket (réédition) Pour une vision plutôt globale et mondiale. - MARTEL Frédéric, 2002, « L’homosexualité, la longue marche des gays », Gallimard L’auteur retrace l’histoire des gays dans la deuxième moitié du XXème siècle en France. De nombreux documents et photographies. - BORILLO Daniel, LANG Jack, 2007, « Homosexuels. Quels droits ? », Dalloz Ce tout petit recueil à prix réduit (2 €) retrace l’histoire des droits des homosexuels depuis l’Antiquité gréco-romaine à la France
d’aujourd’hui. Ce petit livre de droit vaut beaucoup pour les textes religieux et législatifs en vigueur auparavant ou actuellement qui sont retranscrit à la fin. - PERREAU Bruno, 2005, « Homosexualité », Librio. Autre petit recueil à prix réduit (2 €), le chapitre 8 « Les droits des homosexuels » condense en 12 pages la législation en vigueur de façon
thématique. Un bon résumé pratique à consulter.
A propos de l’ancienne considération par la médecine que l’homosexualité est une maladie mentale RIETHAUSER Stéphane, 2007, « Histoire de l’homosexualité – chapitres 6 et 7 - le triomphe de la médecine sur l’amour » http://www.lestoilesroses.com/5-categorie-1053670.html
A propos du PaCS de 1999 REMY Jacqueline, 1998, « Les racines d’un projet », L’express du 01/10/1998 http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/pacs/dossier.asp?ida=407843 FOUREST Caroline, VENNER Fiametta, 1998, « Le PaCS sur le banc de l’assemblée », Têtu n° 28 (octobre 1998) FOUREST Caroline, 1998, « PaCs, la lâcheté de la gauche », Têtu n° 29 (novembre 1998) VENNER Fiametta, METREAU Joël, 1999, « Le PaCS, enfin ! », Têtu n° 39 (novembre 1999)
A propos de l’action du maire démocrate de San Francisco qui a célébré des mariages gays en 2004 Jessie Kindig, 2004, « 2004: Le mouvement pour le mariage gay aux Etats-Unis », Socialisme International http://perso.orange.fr/revuesocialisme/s15usa.html
Pour en connaitre un peu plus sur l’histoire de la marche des Fiertés en France - un bon article sur Wikipedia : « Marche des fiertés » - http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaypride - « La gay pride en question », 2004, Charles Roncier, Têtu n° 90 (juin 2004), pp. 82-83
Les avis des candidats sur le mariage et l’adoption gays - Le site www.votons.info/ permet facilement de comparer les programmes de tous les candidats, lorsque ceux-ci ou leurs militants on fait
parvenir leurs propositions. On peut comparer n’importe quels candidats ou thèmes de campagne électorale de manière très simple et pratique. Lien vers la page de Comparaison des candidats sur le thème de l'immigration et de la famille - Une brève AFP qui résume tout cela de manière synthétique http://www.lcr94.org/breve.php3?id_breve=901 - Une enquête intitulée « Présidentielles 2007 » lancée par l’Inter-LGBT pour les candidats qui détaille leurs avis sur différents sujets
liés à l’homosexualité. Assurément le plus complet, malgré le fait que tous les candidats ne soient pas présents. http://www.inter-lgbt.org/spip.php?article693
Sondages sur la perception des droits des homosexuels à propos du mariage et de l’adoption - données de la SOFRES pour les années 2000, 2004 et 2006. http://www.ipsos.fr/canalipsos/poll/8310.asp
Un peu d’épistémologie Et enfin un article épistémologique pour s’interroger sur la façon de faire de l’histoire sur l’homosexualité. Reprenant les travaux du
philosophe Olivier Foucault, l’auteur Lawrence OLIVIER propose que les recherches sur l’histoire des gays et des lesbiennes devrait changer, passant de la problématique actuelle de la conquête
de la liberté et de l’égalité à une nouvelle problématique sur l’évolution de l’amitié masculine. as forcément bête pour ouvrir de nouvelles perspectives de recherche… http://semgai.free.fr/doc_et_pdf/pdf_these_articles_externes/Olivier_foucault.pdf
"Biologique" revient totalement transformée,
elle compte fuir un homme à qui elle doit 15 000 euros...
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potes Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation deLaurenthimself. Un grand merci à l'équipe de Foup !
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