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Mercredi 12 avril 3 12 /04 /Avr 08:26

Fiche technique :
Avec Liz Renay, Mink Stole, Susan Lowe, Edith Massey et Mary Vivian Pearce. Réalisé par John Waters. Scénario : John Waters. Directeur de la photographie : John Waters
Durée : 90 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé :
Une riche femme au foyer assassine son mari avec l'aide de sa servante. Les deux femmes prennent la fuite et se réfugient à Mortville, où elles font la connaissance d'une lesbienne et sa maîtresse. Elles s'unissent pour affronter Queen Carlotta, qui règne en maître sur la ville.
L'avis de Samuel Minne (Homo SF) :
Ce film de 1977 commence par un générique qui rappelle les mélos de Douglas Sirk : service de table rutilant, musique somptueuse et couleurs flamboyantes. Mais la viande qu'on sert dans l'assiette est un rat ! Alors que les enfants jouent, le père de famille raccompagne le médecin : sa femme Peggy (Mink Stole) sort d'une dépression. En effet, elle ne va pas bien, et ses crises d'hystérie, parodies de la folie bergmanienne, tournent vite au drame. Avec son infirmière obèse Grizelda (Jean Hill), elle fuit à Mortville, la ville des criminels et des dépravés. Un couple de lesbiennes agressives, Mole et Muffy (Liz Renay) accepte de les héberger.
Et il y en a, des crimes et des perversions dans Desperate Living ! Après une ouverture faussement « mainstream » (ce cinéma respectable et conventionnel qu’il tournera en dérision dans Cecil B. Demented), Waters se délecte à choquer ses spectateurs et en rajoute dans le délire et le mauvais goût. Sordide et kitsch, entre grotesque et humour noir, cet opus n'a de rivaux qu'en certains films de Pedro Almodovar, comme Laberinto de pasiones ou Entre tinieblas, et un digne successeur en Hustler White de Bruce Labruce. Quant à la scène finale, elle serait à comparer au Sebastiane de Derek Jarman et au court-métrage de Rosa von Praunheim « Can I be your Bratwurst, please ? » (1999).
On suit bouche bée les tribulations de nos personnages, lesbiennes, nudistes ou trans, on éclate de rire devant les scènes « hénaurmes », mais ce qui fatigue, c'est le volume sonore d'actrices toujours en pleine vocifération. De belles performances… un peu épuisantes à la longue ! L’ensemble du film laisse une impression de malaise, tant il est difficile de distinguer des enjeux dans ce jeu de massacre : les personnages meurent sans raison autre que le hasard, les plus consistants semblent horribles et décatis (Grizelda,  ou la reine Carlotta), et les moins épouvantables se réduisent à des fantoches falots (la princesse Coo-Coo, les gardes de la reine). Dans son interview, Waters met en avant l’influence des films de prisons de femmes, et place Desperate Living sous la tutelle de Jean Genet : on y retrouve en effet l’inversion des valeurs (« crime is beauty »). La source d’inspiration déterminante semble cependant avoir été Le Magicien d’Oz, dont Mortville représente l’envers maudit, en capitale des vices peuplée de personnages ignobles, sur qui règne une Carlotta boursouflée.

Pour plus d’informations :

Par Samuel Minne - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 11 avril 2 11 /04 /Avr 14:06
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 11 avril 2 11 /04 /Avr 13:52
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 11 avril 2 11 /04 /Avr 08:27


Alors qu’une interview d’Abdellah Taïa, fou et corsaire, réalisée par Daniel C. Hall sortira dans PREF 14 le mois prochain, Les Toiles Roses vous invitent à découvrir ce jeune auteur marocain talentueux.


Avril 2005. La librairie-galerie Les Mots à la Bouche, dans le Marais à Paris, fête ses 25 ans. À cette occasion, Patrice Chéreau lit des extraits du Rouge du Tarbouche, deuxième recueil de récits d’Abdellah Taïa, jeune auteur marocain installé à Paris depuis six ans. Et quasi-inconnu.

Originaire d’une famille modeste tenue par une mère tendre mais autoritaire ne sachant ni lire, ni écrire, Abdellah passe son enfance dans la petite ville de Salé, près de Rabat. Très tôt, il s’éprend de cinéma populaire. Puis c’est la découverte de la littérature française et celle « du piège de l’écriture ».

René de Ceccatty, journaliste au Monde, signe la préface de son premier ouvrage, Mon Maroc, dans lequel Abdellah Taïa ouvre l’intimité de son enfance et de son adolescence. Plus tard, il jette un nouveau pont entre l’intime et la fiction dans Le Rouge du Tarbouche, suite de courts récits rédigés en français, langue qui, si elle n’est pas maternelle, l’a néanmoins fait naître à la vie intellectuelle et artistique. Pourtant, jamais il ne renie sa culture arabe, toujours présente dans sa manière d’écrire, sensuelle et épurée.

Le jeune auteur me reçoit dans son studio de Belleville autour d’un thé. Il parle de ses envies d’écriture, de son rêve de cinéma et de son admiration pour des auteurs comme Rachid O., Mohammed Choukri ou Jean Genet. Simplement, il évoque son Maroc, l’initiation sexuelle, l’homosexualité, l’islam et le paganisme, la découverte de Paris enfin, ville de tous les possibles mais « qui ne vous relève pas si vous tombez ».

Fluctuat.net : Comment vous est venue l’envie d’écrire et qui plus est, d’écrire en français alors que l’arabe est votre langue maternelle ?

Abdellah Taïa : Je n’ai jamais rêvé de devenir écrivain. C’est quelque chose qui m’est tombé du ciel, qui s’est emparé de moi. C’est le cinéma qui m’a amené à l’écriture. Enfant et adolescent, il m’obsédait jour et nuit. Je collectionnais les photos des acteurs, des réalisateurs et je rêvais de devenir réalisateur. Deux ans avant le bac, j’ai écrit à la Fémis pour savoir comment passer le concours. L’école m’a répondu qu’il fallait avoir le Deug. Alors, je me suis dit, puisqu’un jour, je vais aller en France, puisqu’un jour, je vais passer ce concours et qu’un jour, je vais devenir réalisateur, autant approfondir mes connaissances en langue française. J’appartiens à une famille pauvre, sans moyens, si ce n’est peut-être des moyens intellectuels, en tout cas l’envie d’avoir des moyens intellectuels. Je n’avais pas fait mes études dans les écoles ou les lycées français qui sont réservés aux gens riches. Je venais de l’école publique où le français qu’on nous enseigne n’est pas suffisamment bon. J’étais incapable d’écrire correctement ou bien de développer une idée. Tout de suite, en arrivant en fac à Rabat, au contact des autres étudiants qui venaient des lycées français, je me suis rendu compte que j’avais énormément de lacunes. J’avais le choix. Soit abandonner le français et en même temps le rêve du cinéma, soit m’accrocher. Ce que j’ai décidé de faire. J’ai donc banni la langue arabe. Définitivement. Je ne lisais plus en arabe. Je ne parlais plus arabe qu’avec ma famille. Et le français est devenu ma priorité, mais aussi la langue avec laquelle j’entrais en conflit. Parce que c’est une langue qui est contrôlée et qui a été conquise seulement par les gens riches du Maroc qui, pour installer une différence entre eux et le reste des Marocains, parlent en français. J’ai toujours ressenti ça comme une agression, comme quelque chose de traumatisant, qui me rappelait en permanence à quel point j’étais inférieur par rapport à ces gens-là, que je ne serais jamais comme eux qui peuvent s’exprimer dans une langue que la plupart des Marocains ne peuvent pas comprendre, de façon profonde en tout cas. Même après, quand je commençais à m’intéresser plus sérieusement au français, ce sentiment de conflit, ce sentiment que ce n’était pas ma langue, que c’était quelque chose qui était d’ordre intellectuel, qui ne m’appartient pas et qui ne m’appartiendra jamais complètement, est resté. J’ai parfois un sentiment de révolte. Parce que, pour moi, c’était une humiliation permanente en langue française. Mon humiliation ! Par des gens qui croyaient que le Maroc leur appartenait. Je le ressentais de façon très violente. Et je pense que l’humiliation est un moteur qui incite à créer. Tout ça n’était pas conscient de ma part. C’est a posteriori que je me fais cette réflexion-là.

Mais maintenant, ce sentiment-là s’est un peu apaisé, non ? Vous prenez du plaisir à écrire en français ?

À la fac, j’ai décidé de tenir un journal intime en langue française où j’écrivais tout ce qui se passait dans ma vie, tous les films que je voyais. Petit à petit, ce journal s’est transformé en quelque chose de plus construit, sans que je le décide. Je me suis aperçu que j’écrivais ma vie sous forme de petits textes. L’écriture a commencé en moi, sans même que je m’en rende compte. Dans l’acte d’écrire, il y a un plaisir, mais il y a aussi un conflit. Ce sentiment que je ressentais à ce premier contact à la langue française quand j’étais enfant et adolescent, me reste. Rien n’est acquis.


À Salé, votre ville natale, vous aviez accès au cinéma ?

C’est ça qui est formidable ! Même élevé au rang d’art, le cinéma est resté un art très populaire. Encore aujourd’hui, au Maroc, il y a des cinémas où l’on ne va pas voir tel ou tel film, on y va pour la salle, la réaction du public, et aussi les engueulades avec le projectionniste qui coupe les scènes de baiser ou les scènes de sexe. Alors que ce qui se passe de sexuel à l’intérieur même de la salle de cinéma est incroyable. Il y aussi les disputes, la drague, la consommation de haschich ! Cette fête, ça a été mon premier contact avec le cinéma. Les films qu’on projetait dans les salles de mon enfance étaient des films indiens et des films de karaté. Parallèlement, il y avait des merveilles cinématographiques qui atterrissaient là par je ne sais quel accident. Il était une fois en Amérique, Il était une fois dans l’Ouest de Leone, Rendez-vous de Téchiné, Bertolucci, Bunuel - Le Charme discret de la Bourgeoisie - juste après un film de Bruce Lee, même un film de Satyajit Ray, Le Salon de musique. C’est inouï ! Évidemment, à l’époque, je n’avais aucune capacité pour mesurer la différence entre un film de Satyajit Ray et un film de Bruce Lee. Mais, dans ma tête, comme il y avait une sorte de religiosité par rapport à l’image, j’étais capable de recevoir tout et d’aimer tout.

Finalement, vous n’êtes pas entré à la Fémis ?

Non. À un moment, j’ai cru que j’avais vaincu la langue française, mais c’est elle qui m’a vaincu. La langue et la littérature françaises sont entrées en moi et m’ont insufflé un amour. C’était comme une sirène qui m’aurait charmé sans que je m’en rende compte. J’étais pris au piège. C’est ça qui est intéressant dans la vie. Souvent on a l’impression que l’on contrôle tout. Mais, il y a des choses qui se passent en nous et qui ne se révèlent que des années après, qui s’imposent à nous. C’est quelque chose qui m’obsède. C’est aussi la leçon de Marcel Proust dans A la recherche du temps perdu. L’écriture est quelque chose qui vous vient sans vous prévenir, qui vous tombe dessus. Et il faut absolument, quelles que soient les conditions, passer à l’acte et coucher sur le papier ces choses, dont vous ne soupçonniez même pas l’existence dans votre esprit quelques minutes auparavant. Et cela n’est pas sans rappeler l’acte sexuel et la masturbation.

La sexualité, précisément, est un thème important dans vos livres.

Pour moi la sexualité... Comment dire... La sexualité n’a jamais été un problème. Il faut dire que je ne suis pas un modèle de virilité et de machisme marocain. Donc j’étais très libre par rapport à ça. J’étais tout le temps dans une atmosphère un peu sexuelle. Dans les sociétés arabes, du fait de la promiscuité, on ne peut pas échapper à la sexualité de l’autre. En tout cas aux manifestations de la sexualité de l’autre. Ça commence par celle des parents. Je savais à peu près tout de leur sexualité. Je savais quand ils faisaient l’amour, quelle nuit. Même avant, je voyais les prémices. Je dirais presque que je les entendais dans la nuit, même si c’était peut-être davantage dans mes rêves ! Je voyais ce qui se passait le lendemain puisqu’il faut se laver parce qu’on est impur après l’acte d’amour. On n’avait pas de salle de bains. Tout se passait dans une sorte de toilette à la turque. On faisait chauffer de l’eau dans des gamelles qu’on transportait dans ces toilettes pour se laver. Il y avait aussi mes sœurs qui se servaient de moi comme prétexte pour aller chez leurs petits copains en disant qu’elles allaient juste se promener. Moi l’homme, j’étais chargé de les surveiller. Pendant que mes sœurs étaient dans la chambre avec leur copain, j’attendais. Elles me donnaient des bonbons, des glaces. Je regardais la télé. Ce n’est pas du tout quelque chose qui m’a gêné (rires). Peut-être que je suis un peu fou, mais je vous donne un exemple de la sexualité. Elle était peut-être non dite mais, dans les sensations, dans l’atmosphère, elle était présente en permanence. Et à partir de cette échelle familiale, on peut l’élargir à l’échelle de Rabat. Quand vous sortez dans la rue, c’est d’ailleurs quelque chose qui me frappe beaucoup quand je vais au Maroc maintenant, je me rends compte à quel point ce pays est débordant de sexualité ! Autant la sexualité est effacée dans la rue en Europe et en Occident, si ce n’est sur les panneaux publicitaires, autant dans la rue au Maroc, les gens se comportent d’une manière outrageusement sexuelle ! Du fait peut-être qu’on ne peut pas dire les choses.... C’est invraisemblable. Comment peuvent-ils être habillés, marcher, se draguer de cette façon, se jeter de pareils regards ? C’est un jeu sexuel permanent. Le fait d’avoir vécu dans cette atmosphère, ça m’a toujours paru naturel. Dans mon écriture, ça doit se voir un peu. Mais c’est juste comme cette atmosphère-là. Naturelle. Je ne me pose pas de questions par rapport à ma sexualité, à mon homosexualité. Ce n’est pas quelque chose qui m’obsède, qui me taraude ou me pose problème.

Il y a une initiation sexuelle entre garçons ?

Ah oui ! Absolument. Moi-même, j’ai eu une sexualité enfantine. Il y a une initiation entre enfants et avec des hommes entre 20 et 30 ans. Ça se passait de façon très naturelle. Je n’ai jamais été choqué.

Vous n’en conservez pas un traumatisme ?

Jamais. Je pense que je ne suis pas le seul. Et je tiens à le dire, par rapport à ce qui se passe aujourd’hui en Europe, par rapport à la pédophilie notamment. Je trouve qu’il y a beaucoup d’amalgames et que malheureusement, on tombe dans un certain moralisme qui nuit beaucoup aux racines grecques et romaines de la culture occidentale. D’un côté on donne une certaine liberté, plus ou moins, à l’homosexualité et en même temps, on est en train de s’enfermer dans un certain « politiquement correct » que je trouve infernal. On reproche à l’Amérique certaines choses, mais en même temps, on se rend compte que l’Europe vit la même chose. Je trouve ça très malheureux.

Vous avez pu vivre votre homosexualité au Maroc ?

Oui, mais je ne l’ai pas vécue dans le sens européen. Pas dans une reconnaissance. Ma mère ne le savait pas. On ne peut pas dire les choses, on se sent enfermé, bloqué, étouffé. Mais parallèlement à ce non-dit, je pouvais vivre tout ce que je voulais. Ça n’empêche pas que j’avais des angoisses, des conflits, des accès de pessimisme, mais qui n’étaient pas liés à la sexualité ou à l’homosexualité.


Le fait de ne pas pouvoir parler de votre homosexualité à votre mère, c’était douloureux pour vous ?

Non. C’est pour ça que j’insiste. J’ai vécu mon homosexualité au Maroc, pas d’un point de vue occidental. Pas comme un Occidental la vivrait. Ce n’est pas du tout la même chose. Je ne suis pas en train d’idéaliser la société marocaine. Je dis juste comment moi j’ai vécu les choses. Et d’ailleurs, quand on essaye de transposer, c’est là que le malentendu apparaît. De même pour le lesbianisme. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de choses au Maroc qui ne sont pas encore dites. Mais j’ai vu au Maroc des choses qui se passent entre femmes. Ne serait-ce que pour mes sœurs. C’est indéniable.

Est-ce qu’elles se cachent ?

J’imagine. Ce n’est pas dit. De la même façon que pour les hommes.

Et puis il y a aussi cet espace collectif où les corps se mettent à nu, le hammam. C’est un lieu important pour vous ?

Oui. Absolument. C’est un lieu où il n’y a pas forcément une sexualité, mais une sorte de sensualité, une relation avec le corps de l’autre et ça c’est très, très important. Pour nous, c’était un lieu de passage obligatoire, ne serait-ce qu’une fois par semaine puisqu’on n’avait pas de salle de bains. On ne se lavait qu’une fois par semaine et je garde un goût pour ça. Parfois, ici à Paris, quand je sais que je ne vais pas voir du monde, je reste deux ou trois jours sans me laver. J’adore ces odeurs qui émanent de moi et que je ne garde que pour moi. Peut-être va t-on me prendre pour un cochon ! Si vous ne vous êtes pas lavés pendant trois ou quatre jours, quand vous le faites, l’impact de l’eau sur la peau n’est pas pareil. Et vous avez vraiment l’impression qu’il y a quelque chose qui se passe.

Les garçons qui marchent main dans la main dans la rue au Maroc, est-ce que ça a une signification ?

Ici, en Occident, c’est tout de suite connoté couple homosexuel. Là-bas, pas forcément. Ça dit la sensualité, ça dit tout ce qu’on ne peut pas dire et qui justement passe par le contact, le toucher.

Ça vous a manqué ce contact physique quand vous êtes arrivé à Paris ?

Oui. Devenir un individu, ça veut dire être seul, s’accepter et assumer tout seul, ce n’est pas quelque chose d’évident. Vraiment, même pour quelqu’un comme moi qui a lu, qui a un bagage intellectuel... Je dirais même que c’est un traumatisme. Pour devenir un individu, ici, à Paris, ça n’a pas été facile. De la même façon que ça n’a pas été facile, de s’extirper là-bas du groupe pour pouvoir garder ne serait ce qu’un espace pour soi.

Si vous étiez resté au Maroc, votre mère aurait voulu vous marier à une jeune femme. Il aurait été difficile de refuser.

Evidemment, je me pose cette question-là. De toute façon, elle me le disait déjà avant même que je ne parte. Mais, je prenais ça pour la dictature quotidienne de ma mère. Mais je ne sais pas ce que je serais devenu si j’étais resté là-bas. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a une homosexualité claire et nette. Il n’y a pas de doute sur ça.

Comment vivez vous cette homosexualité à Paris ?

Je ne sais pas quoi répondre à ça. J’ai des amis, des amours. Je ne me reconnais pas forcément dans les homosexuels d’ici, mais j’ai beaucoup d’amis homosexuels. Ça m’arrive de voir des films gays idiots. A la fois je suis curieux de cette culture-là et, d’un autre côté, je n’y participe pas. Je ne vais ni dans les boîtes ni dans les bars. Mais, je n’ai rien contre. Sauf que ce n’est pas fait pour moi, c’est tout.

Et le côté ghetto ?

C’est ça le malheur. On a trouvé une certaine liberté pour s’enfermer dans une autre prison. Mais, je peux comprendre que des gens qui ont été opprimés, qui ne pouvaient pas dire leur vie intime aient besoin d’un espace presque clos, où ils puissent être eux-mêmes.

Est-ce que vos livres sont lus au Maroc à la fois par des intellectuels et des gens de votre famille ?

Ma famille a eu accès à des premières nouvelles que j’ai publiées dans des recueils collectifs et au premier livre Mon Maroc (Séguier, 2000). Le deuxième livre, Le Rouge du Tarbouche (Séguier, 2004) va être bientôt édité en français par une maison d’édition marocaine. Mes frères et sœurs lisent le français, mais ma mère est analphabète. Ils lui disent de quoi je parle.

En lui cachant votre homosexualité ?

Je ne sais pas. Ils ne le savent pas. Enfin.... Ce n’est pas qu’ils ne savent pas. Je ne veux surtout pas penser à ce qui va se passer au moment de la réception d’un de mes livres. Et ça ne me donne aucune angoisse. J’essaye de me vider la tête par rapport à ça.

La religion tenait une part importante dans votre vie quand vous étiez enfant, adolescent ?

La religion au sens où c’était un cadre de vie, pas au sens où il y avait des obligations de prière, de respect de tous les principes et préceptes de l’islam. C’était plus une religion comme atmosphère, comme lumière, comme odeur, comme ma mère dans son bordel religieux, qu’autre chose. Par exemple, on ne m’a jamais obligé à prier. La seule chose qu’on m’a obligé à faire, c’est le ramadan. Au Maroc, on peut ne pas respecter les autres préceptes, mais ne pas faire le ramadan, ça passe mal. Mais c’était la fête pendant trente jours. Je le faisais avec plaisir. Surtout, ce que j’aimais dans l’Islam, en tout cas celui que j’ai vécu dans les années 1970 et 1980, c’était le paganisme. Il y a des choses qui n’ont rien à voir avec l’islam et qui se mélangeaient à l’Islam (*), comme le culte des saints. C’est ce qui m’a le plus marqué. Dans mes livres, je parle toujours des saints, de la baraka. J’ai été initié à ça. J’ai vu ce que c’était. J’ai vu...Je vais dire un mot peut-être un peu choquant.... Mais... Les partouzes ! Ce que c’est un mausolée de saints au Maroc ! C’est un lieu d’une liberté extraordinaire. C’est à la fois un respect d’Allah, de certaines règles, mais pas toutes et l’instant d’après les gens boivent du vin, ils s’accouplent, ils sont possédés, ils croient qu’il faut satisfaire ces Djinns (démons) qui les habitent. C’était une atmosphère de folie qui me ravissait.

Qui sont saints ?

Au Maroc et en Islam en général, une personne devient saint ou sainte après sa mort seulement par la ferveur populaire, parce que les gens l’ont aimée. Ils honorent sa tombe et avec le temps, ça conserve à cette personne une certaine aura. On construit un mausolée, puis on organise une saison de pèlerinage. En réalité, beaucoup de ces saints n’ont pas eu une vie si pieuse que ça. Au contraire. Beaucoup étaient presque des mécréants, des gens qui vivaient dans le pêché, pour reprendre un mot religieux qui ne veut rien dire dans le cadre de ces mausolées. Je suis lié à la fois à ces saints, à ces mausolées, à ce qui s’y passe et à la folie. Le Maroc est un pays fou ! (rires) La folie, c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup... Peut-être parce que moi-même je dois être un peu fou. Nous devons tous avoir en nous des germes de la folie.

Que voulez-vous dire quand vous dites que le Maroc est un pays fou ?

Les gens vivent dans l’irrationnel complet, avec une croyance sincère dans la sorcellerie. D’ailleurs, si vous voulez comprendre les Marocains, il ne faut absolument pas dire « mais qu’est-ce qu’ils sont bêtes, ils croient à la sorcellerie ! » La question ne devrait même pas se poser. Tout le monde y croit. Et tout le monde fait de la sorcellerie. Enfin je veux dire.... Pas moi, évidemment ! Mais c’est une clef importante pour comprendre, à la fois, la personnalité, la psyché, la religion et la société marocaine. C’est tout ça pour moi l’Islam et aussi l’appel à la prière. C’est une musique qui me manque beaucoup ici à Paris. Cette voix qui s’élève cinq fois par jour, qui gêne certaines personnes et qui ne m’a jamais gêné.

Que pensez-vous de la situation du Maroc aujourd’hui, sous le règne de Mohammed VI ?

Ce qui se passe en ce moment au Maroc est à la fois réjouissant et malheureux. Il y a des choses qui incitent à rester optimistes et d’autres qui, au contraire, font que je me demande comment les gens font pour réussir à survivre avec tant de misère. Par exemple, il y a au Maroc, c’est indéniable, la formation d’une société civile. Ça se voit à tous les niveaux. Il y a une vraie liberté de parole. Mais d’un autre côté, il y a une vraie misère qui fait le terreau de l’islamisme extrémiste qui est, quoi qu’on dise, en train de germer et de s’installer dans les quartiers populaires.

Si on prend l’exemple de votre famille ?

Heureusement, tous mes frères et sœurs ont pu faire des études. Ils ont trouvé du travail, ils ont de très bons postes. Nous ne sommes pas devenus des bourgeois, mais nous avons un bon niveau de vie. Nous ne sommes plus pauvres. Nous avons de quoi manger. Ce qui n’était pas le cas quand j’étais enfant. Mais quand je retourne dans mon quartier, je vois que les gens sont de plus en plus pauvres. Ça m’inquiète beaucoup. La misère, la pauvreté, c’est le meilleur moyen pour encourager l’extrémisme. L’Islam extrémiste peut donner un sens à la vie d’une personne pauvre qui est extrêmement fragile. N’importe qui peut venir et lui faire un lavage de cerveau en lui disant : « Si vous mourez, vous serez au Paradis, vous ne serez pas seul. » Etre un élément parmi tous les musulmans, ça donne un sens à l’existence. Le gouvernement ne fait pas assez pour les gens. Et en même temps, est-ce que c’est le gouvernement qui doit tout faire pour ce peuple ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il y a des richesses dans ce pays qui sont volées et qui sont l’apanage d’une petite minorité de Marocains. Le reste des gens n’a rien.

Comment vivez-vous aujourd’hui à Paris ?

Ça n’a pas été évident. Les petits boulots, la fatigue, la déprime aussi et la découverte, non pas de la dépression, mais qu’on peut tomber dans la dépression ici. Paris n’est pas une ville qui vous soutient. Quand vous tombez, elle vous enfonce. Ça c’est terrible. Mais en même temps, le fait d’avoir côtoyé tout ça vous apprend à le dépasser et à survivre.

Vous avez le sentiment que dans d’autres villes, c’est différent ?

Oui, par exemple au Caire, qui est un endroit que j’adore. C’est une ville qui vous soutient. Vous ne pouvez pas tomber. Les gens dans la rue, le mouvement de la ville, l’atmosphère, le regard des gens vous porte. Il n’y a pas d’indifférence. Paris est une ville où il y a beaucoup de choses qui se passent mais où l’on ne vous fait pas de cadeaux. Il faut batailler. Mais, c’est une ville où vous pouvez tenter votre chance. C’est le mythe de Paris.

Et vous êtes venu aussi pour ce mythe ?

À mon niveau assez modeste, je pense que j’incarne un peu ce mythe de Paris qui fait rêver et qui incite à y monter.

Dans vos ouvrages, il y a une part de réflexion philosophique. Est-ce que c’est lié à votre culture islamique ?

Oui, il y a une certaine sagesse. Ça se traduit souvent à la fin de chaque récit. Il y a, non pas une morale, mais une manière de revenir sur le récit, non pour le résumer mais pour dire « voilà, c’est ça ». Ça doit provenir de la structure des contes oraux, au Maroc et dans le monde arabe.

Qu’est-ce qu’elle a de particulier ?

Souvent, après avoir raconté l’histoire, on la résume en deux ou trois lignes. J’essaie dans chaque texte de boucler ce que je raconte. S’il y a une morale, c’est simplement la mienne, celle de ma vie. Ça se voit encore plus dans les livres d’un compatriote que j’aime beaucoup, Rachid O, un écrivain homosexuel de 34 ans. Quand j’étais au Maroc, ça a été pour moi une énorme découverte.

Aujourd’hui, quelle place occupent la littérature et le cinéma dans votre vie ?

Le cinéma prime plus que la littérature. J’ai des idées de scénarii. Mais, quand j’ai compris que ma famille n’avait pas d’argent, que je ne connaissais personne à Paris, que même pour obtenir le visa pour aller en France ça allait être comme escalader l’Everest, quelque chose en moi s’est apaisé qui m’a appris non pas à renoncer, mais à retarder certaines choses. En ce moment, j’écris des textes où le « je » et la fiction interviennent. Ce que je lis après n’est plus moi, ça devient autre chose. Là encore, c’est la leçon de Proust. A partir du moment où l’on manipule les mots, où l’on joue sur le ton, la chronologie, les épisodes, les couleurs, il y a quelque chose de nouveau qui émerge et qui me surprend, moi le premier. J’ai un projet d’écrire sur le plus grand amour de Jean Genet, Abdallah le funambule qui s’est suicidé quand Genet l’a délaissé. J’adore Jean Genet, c’est un des plus grands écrivains du XXe siècle. Et quelque part, c’est un écrivain marocain.

Il est également cinéaste.

Oui et il a fait un des plus beaux films qui soit dans l’histoire du cinéma, Un chant d’amour. C’est un film muet, qui revient aux origines même du cinéma. Un film vraiment extraordinaire. Je serais volontiers un fils de Jean Genet.

Interview réalisée par Laure Naimski pour Fluctuat.net.
Reproduite avec l’accord de Laure, d’Abdellah et de Fluctuat.
Merci à vous tous. Salam chaleureux à toi Abdellah.
Photographies : (1) © Denis Dailleux (reproduite avec l’autorisation d’Abdellah Taïa)
(2 & 3) © Ulf Andersen/Gamma (reproduites avec l’autorisation du Seuil)

Par Daniel C. Hall & Laure Naimski - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 09:22


Fiche technique :
Avec Tony Leung Chiu Wai, Leslie Cheung et Chang Chen. Réalisé par Wong Kar-Wai. Scénario de Wong Kar-Wai. Compositeur : Danny Chung.
Durée : 96 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Deux amants, Lai et Ho, quittent Hong Kong pour l'Argentine. Leur aventure tourne mal et ils se quittent. Lai retourne à Buenos Aires et travaille comme aboyeur dans un bar de tango pour économiser l'argent de son retour à Hong Kong. Ho réapparait et s'intalle chez Lai. Il trouve du travail dans un restaurant chinois où il rencontre Chang, qui vient de Taiwan.
L'avis de Niklas :
En Argentine, deux amants débarqués (Lai et Ho) se promettent un nouveau départ : recommencer à zéro dans ce pays loin du leur...
Prix de la mise en scène à Cannes en 1997, ce film est probablement l'un des plus remarquables du réalisateur hongkongais car il semble être l'aboutissement parfait de ses films précédents sur la jeunesse.
Dans un pays inconnu pour lui, aux antipodes du sien, il reconstitue son propre univers stylistique. Le détail qui m'avait profondément marqué à la première vision de ce film, c'est que pour la première fois un film ne montrait pas une histoire entre deux hommes aux prises avec leur mal-être homosexuel. Ce que Wong Kar-Waï nous offre ici est une histoire d'amour, de déchirure, de rupture entre deux hommes qui ne se comprennent pas, se cherchent dans leurs absences mais ne peuvent vivre ensemble. Les héros auraient pu être hétéros, lesbiennes, qu'importe, le réalisateur n'en fait pas son cheval de bataille. Il se contente de raconter la lente descente de ces deux êtres qui s'aiment mais sont trop différents pour croire en une vie commune.
« Le tango est une représentation horizontale du désir », avec cette phrase le réalisateur résume une bonne partie de son film.
La musique, certes très importante et lancinante, n'a de cesse de rappeler ô combien l'attirance de ces deux personnages. Mais aussi le rapprochement des deux corps, ces seuls moments du film où Lai et Ho ne se disputent pas.
Paradoxalement, la lutte que se livrent les deux personnages intervient le plus souvent dans des lieux étroits (une petite chambre, un coin de rue) ou encore lors de cadrages serrés, oppressants, comme pour appuyer sur les douleurs et insister un peu plus sur le caractère intime de la relation.
Wong Kar-Waï joue sur les mouvements. Ralentis et accélérations d'images donnent à son sujet toute la force et captent l'ambiance créée par de multiples effets de style qui font aussi la dimension de ces films suivants (In the mood of love ou 2046). Et la photo de Christopher Doyle accentue encore un peu plus les diverses intensités d'érotisme.
L'esthétisme très travaillé implique une obsédante lenteur dans laquelle s'immisce le sujet principal. À l'image du Tango Argentin, les amants vivent de pas en avant et de pas en arrière. Ils se quittent et retournent ensemble pour finalement se quitter encore. Si l'on pourrait y voir un récit stagnant dans d'autres films, ici le processus du réalisateur consiste à intercepter avec subtilité les sensations de la quête que le personnage de Lai tente d'atteindre.
Avec son titre ironique, Wong Kar-Waï explore les difficultés du « couple » mais surtout celles des individus à trouver leur place dans un monde nerveux où s'opposent brutalement leurs vies, leurs désirs et leurs illusions léthargiques. Un film douloureusement poétique.

Pour plus d’informations :

Par Niklas - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 09:10
Par Tatiana Potard - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 09:03
Fiche technique :
Avec Dani Levy, Frank Beilicke, Joseph Hofmann, Anja Franke, Maria Schrader, Nina Scultz, Helam Fehrmann, Martin Walz et Li Hensel. Réalisé par Dani Levy. Scénario : Anja Franke et Holger Franke
Durée : 95 mn. Disponible en VO et VOST.
L'avis de Jean Yves :
Système D oblige, deux amis, un homo et une hétéro habitent sous le même toit. Les portes claquent, les amants défilent et l'humeur n'est pas toujours au beau fixe. Il y a comme de la frustration dans l'air.
Et une vie sans femme, est-ce possible ?
Le défi devient réalité.
Exit le sexe féminin, trois grands garçons s'installent dans le loft et jurent leurs grands dieux qu'aucune femme ne franchira le seuil de l'appartement.
Au début, ils ressemblent à ces célibataires désemparés qui errent comme des âmes en peine durant tout l'été, car les femmes et les enfants sont partis en vacances. Mais les usages sont moins pragmatiques. On rigole, on s'amuse, on retrouve les liens amicaux qui unissent ces charmants gaillards en manque de sensations.
Les soirs de beuverie, arrosés de quelques joints, on en arriverait presque à succomber au charme de l'homosexuel qui a tôt fait de retrouver son compte dans cet univers exclusivement masculin. On croit rêver…
Mais la morale bourgeoise reprend ses droits. Les femmes forcent la porte et tentent de remettre de l'ordre dans ce foutoir dont elles sont exclues.
L'honneur est sauf. L'homo repart vers des histoires sans lendemain, une quête effrénée, à la recherche d'un amour absolu. Les hétéros, un peu veules, se glissent douillettement entre les pattes acérées de leurs concubines. Tout est en ordre et la vie continue.
Ce film est un délice. Il n'est pas un plaidoyer, encore moins un état des lieux. Avec un regard lucide et aimant sur la vie. Juste, de surcroît, un vrai plaisir.
Pour plus d’informations :
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Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 08:31

Pub Aide Sida
Vidéo envoyée par Sitedeouf
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Vendredi 7 avril 5 07 /04 /Avr 09:44

Résumé :

Space Gays est une compilation de courts-métrages d’horizons variés mais en grande partie francophones, de tous formats, qui se regroupent autour de deux thèmes centraux : la réalité homosexuelle et la Science-Fiction. Récompensés par de nombreux prix, salués par la critique spécialisée et les maîtres du fantastique contemporain comme Clive Barker, ces films, qu'ils soient expérimentaux ou professionnels, ont en commun un humour décapant, un sens inné du "kitch", tout en délivrant des messages contre l’homophobie (Les gays Envahisseurs 2 de Myriam Donnasice), ou même en critiquant certains comportements homosexuels (Suroh, l’E.T. auto-stoppeur de Patrick McGuinn).

L’avis de Samuel Minne (HomoSF) :

Désireux de distribuer un cinéma « queer » indépendant, Rémi Lange propose une collection de courts-métrages qui mêlent science-fiction et homosexualité. L’ensemble se révèle, comme souvent dans les réunions de courts (voir Courts mais gays), inégal, mêlant pépites et déceptions. Ainsi, la SF peut ne servir que de prétexte à une reprise superficielle de clichés qui prétendent à la parodie (« Interstellar Cruise Control », « SPF 2000 »). Mais une connaissance profonde de la SF peut aussi apporter de vrais bijoux (« Split », « Stargay »). De la même manière, l’homosexualité peut recevoir un traitement anecdotique voire largement décevant (« Destination Saturne »), ou plus satisfaisant et même jubilatoire (« Les Gays envahisseurs », « Stargay » à nouveau).

« Les PD dans l’espace » de Rob Clarke (USA, 2005, 2 min.) est un petit clip d’animation réalisé pour internet par un dessinateur facétieux. Il entre tout à fait dans la mouvance hédoniste des comics gays.

« Les Gays envahisseurs » de Myriam Donnasice (France, 2003, 6 min.) milite de façon sympathique, vu le peu de moyens, par le biais de l’ironie. Les thèmes homophobes de l’invasion et de la contamination y sont tournés en dérision, et en musique s’il vous plaît.

« Interstellar Cruise Control 4000 » de Michael Velliquette (USA, 2005, 10 min.), malgré le travail sur les images brouillées et recolorées, ne fait pas oublier le propos xénophobe : l’extermination d’un clone, sous le prétexte de défendre les droits sexuels. C’est peu dire que l’humour tombe à plat.

« SPF 2000 » de Patrick McGuinn (USA, 1997, 11 min.), qui se déroule au bord d’une rivière, montre une scène de drague très amusante, avec une mère involontairement complice. Mais à côté de la fraîcheur et de la justesse du début, l’arrivée de l’extraterrestre apparaît comme plaquée et artificielle. L’extraterrestre qui tente d’entrer en contact revient dans l’autre court du même réalisateur, « Suroh ».

« Split » d’Erik Deutschman (USA, 1997, 12 min.) se place dans la lignée du David Lynch d’Eraserhead. Énigmatique et profondément original, avec une bande son très travaillée et une utilisation de l’image avant-gardiste et pleine de sens, ce court-métrage livre une réflexion sur le corps et les rapports entre extérieur et intérieur assez angoissante, pour ne pas dire éprouvante. « Split » arrive de plus à entrer véritablement dans une problématique gay. On ne peut que souscrire aux louanges de Clive Barker, qui encense ce film fascinant !

« Stargay » de Stephan Deraucroix (1999, 15 min.) est un film français mais il est majoritairement parlé en anglais. Dans une base spatiale isolée, les gays sont ultra-minoritaires. Pertinent et ingénieux, « Stargay » exploite avec intelligence le cadre SF, dont on ne peut extraire l’histoire, tout en rendant transposable la solitude du héros. Et en plus, c’est drôle ! Malgré des moyens limités, une réussite incontestable.

« Destination Saturne » de Carnior (Canada, 2003, 17 min.) fait sourire d’abord, car les feuilletons de SF des années 50 font l’objet d’une parodie savoureuse : filmé en noir et blanc, le court recycle les clichés. Mais l’humour montre vite ses limites, et l’homosexualité, reléguée à l’arrière-plan, est traitée avec indigence.

« Suroh, l’E. T. auto-stoppeur » de Patrick McGuinn (USA, 2000-2005, 33 min.)  semble mélanger l’esthétique du porno gay des années 80, le film de SF de série Z et le cinéma underground. Un gay S/M recueille un extra-terrestre qui s’est écrasé sur Terre. L’image est laide, les effets spéciaux artisanaux, et le discours pompeux. Propos et images hétérogènes n’apportent guère plus de crédibilité à cette confrontation de différences. On peut cependant saluer l’entreprise rarement tentée de trouver une sexualité commune entre un humain et un extraterrestre.

On peut regretter la quasi absence de lesbiennes dans ce premier bouquet : seul « Les Gays envahisseurs » les prend en compte… Initiative passionnante, cette collection permet cependant de révéler des courts-métrages souvent talentueux, novateurs ou audacieux. Ils ont le mérite de chercher leur propre langage, et ne peuvent qu’encourager de nouvelles créations. Les homos n’ont pas fini de secouer la SF, et la SF n’a pas fini d’interroger la sexualité…

Pour plus d’informations :

Le site des Films de l’Ange

Par Samuel Minne (Homo SF) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 2 avril 7 02 /04 /Avr 00:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Samedi 1 avril 6 01 /04 /Avr 00:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Vendredi 31 mars 5 31 /03 /Mars 09:55
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Vendredi 31 mars 5 31 /03 /Mars 09:37
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Vendredi 31 mars 5 31 /03 /Mars 09:34

i,Brokeback
Vidéo envoyée par quagmirez
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Vendredi 31 mars 5 31 /03 /Mars 09:10

Gay Pimp Lookin Cute
Vidéo envoyée par confidencial
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 28 mars 2 28 /03 /Mars 08:50

A tous nos lecteurs,

Notre blog a été victime du crash électrique de Redbus qui a conduit à une panne de plusieurs centaines de milliers de sites et blogs en France. Notre hébergeur tente de remédier aux énormes problèmes posés et déménage ses serveurs. Cela entraîne de multiples complications qui nous conduisent à suspendre pour un petit moment la publication d’articles. Nous attendons de pouvoir connaître l’étendue des dégâts et des fichiers perdus, ainsi qu’un retour à la normale pour pouvoir publier. Nous nous excusons de ces désagréments et comptons sur votre fidélité.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Dimanche 26 mars 7 26 /03 /Mars 00:00

Gay_handy
Vidéo envoyée par lefraja
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Samedi 25 mars 6 25 /03 /Mars 00:00


Fiche technique :
Avec Jean-Philippe Ecoffey, Hélène Vincent, Michèle Laroque, Georges du Fresne, Daniel Hanssens et Laurence Bibot. Réalisé par Alain Berliner. Scénario de Chris Vander Stappen et Alain Berliner. Directeur de la photographie : Yves Cape. Musiques de Dominique Dalcan.
Durée : 88 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Evocation de la différence à travers l'histoire de Ludovic, garçonnet persuadé d'être une petite fille.
L'avis de Jean Yves :
Dans ce film, Alain Berliner s'intéresse aux tracas identitaires d'un petit garçon de 7 ans, Ludovic, qui se prend pour une fille. Le traitement d'un tel sujet aurait pu être passionnant. Mais pour cela il aurait fallu que le réalisateur choisisse d'interroger toutes les questions qui tournent autour de l'identité de l'enfant. Ce qu'il n'a pas choisi de faire. Dommage que jamais le scénario ne se pose la question de savoir comment un petit garçon en vient à se prendre pour une petite fille.
En refusant de réfléchir à la personnalité de Ludovic, le réalisateur n'a fait qu'aplatir le personnage. Comme si « l'inversion sexuelle » en question ici se réduisait à un simple goût disproportionné pour le travestissement, une sorte de fantaisie.
Je ne m'explique toujours pas comment Ludovic arrive à ne pas intégrer la censure que lui applique son entourage. Il continue à s'habiller en fille, à raconter qu'il en est une, sans se rendre compte que ce faisant il transgresse une norme. Pourtant comme tous les petits garçons qui se sont déjà déguisés en fille, je sais dans quels abîmes cette pratique m'a entraîné. On dirait que Ludovic a une telle force psychologique que le regard des autres n'agit pas sur lui. Même si j'accepte bien volontiers que le cinéma n'est pas une traduction du réel, je trouve cela quand même difficile à avaler.
Pour fuir la violence sociale quand même bien présente dans le film, Ludovic se réfugie tranquillement dans un monde enchanté rose pastel, nappé de musique sucrée et de rêve de pacotille. Comme si cette violence ne produisait dans le monde intérieur du garçon ni honte ni culpabilité. Il aurait pourtant été passionnant de voir comment l'enfant réagit quand il prend conscience de son attitude perçue comme monstrueuse par son entourage. Alain Berliner avait là un beau sujet de film : c'était une occasion rêvée d'aborder, par exemple, la question de la sexualité infantile…
Le film, en évacuant toutes ces zones de questionnement, devient « recevable » à tout public. Mais je doute qu'une telle normalisation du sujet serve à faire évoluer les idées et les clichés.

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 25 mars 6 25 /03 /Mars 00:00

CLIP GAYPRIDE DUREX
Vidéo envoyée par teddynosoucy
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Vendredi 24 mars 5 24 /03 /Mars 13:23

Homocil
Vidéo envoyée par cocovin
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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