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Mercredi 15 mars 3 15 /03 /Mars 11:07

« Si les réalisateurs travaillent toujours avec de belles comédiennes avec l'évidente arrière-pensée de se les taper, ils répugnent encore à travailler avec de beaux comédiens parce qu'ils ont peur de passer pour des homosexuels. » Gaël Morel, réalisateur.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 15 mars 3 15 /03 /Mars 10:00

Sexe au volant
Video sent by Domi_Nike
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mercredi 15 mars 3 15 /03 /Mars 09:07
 

Merci aux ami(e)s de Moove Lyon pour cet envoi...
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mardi 14 mars 2 14 /03 /Mars 10:31

les douches en prison
Vidéo envoyée par Calimero59
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 14 mars 2 14 /03 /Mars 09:21

When I Lost You
Vidéo envoyée par Juji
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 14 mars 2 14 /03 /Mars 09:19
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mardi 14 mars 2 14 /03 /Mars 09:14

Fiche technique :
Avec Brigitte Mira, Claudia Barry, Tally Brown, Peter Chatel, Walter Earl Haraway, Günther Kaufmann, Conrad Jennings, Evelyn Künneke, Ingrid Caven, Rainer Werner Fassbinder et Ortrud Beginnen. Réalisé par Lothar Lambert et Wolfram Zobus. Scénario : Lothar Lambert et Wolfram Zobus.
Durée : 100 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
John, G.I. noir, stationné à Berlin, quitte l'armée américaine. Il décide malgré tout de vivre à Berlin, mais son insertion sociale s'avère difficile. Son amie allemande veut, grâce à l'enfant noir qu'elle a eu, le faire « correspondre » à sa vie petite bourgeoise.
La révolte de John, face à cette situation, l'entraîne à rechercher autre chose mais il se trouve étouffé entre deux mondes : le racisme viscéral de la société allemande et l'attrait frénétique de la sexualité exotique. Il est réduit à un objet manipulable à volonté, soumis à l'emprise et aux désirs de ses partenaires aussi bien homosexuels qu'hétérosexuels. Toutes ses expériences s'enchaînent de manière dramatique et inéluctable jusqu'au moment où il est obligé de quitter précipitamment Berlin pour retourner dans son pays qu'il avait toujours pensé être le plus raciste du monde. (Résumé tiré du programme du Festival Question de Genre - Lille -1995)
L'avis de Jean Yves :
Lambert se penche sur le thème de l'absence d'amour dans une société pourrie jusqu'au trognon avec des individus « malades » que sécrète une société « malade » comme si l'amour avait toujours été le seul médicament. Le problème, c'est que l'amour, il n'y en a plus... ou alors il n'est pas à Berlin, et les personnages entretiennent l'illusion qu'ils pourront le trouver auprès d'une pureté qui existerait encore chez les immigrés. Mais ils sont à peine capables d'utiliser chez ces immigrés la seule chose qui les intéresse un peu : leur sexe. Les étrangers deviennent ainsi des objets sexuels et sont forcés de s'en accommoder dans une société où ils sont en état d'infériorité.
Incapacité d'aimer, impuissance à assumer la vie : ce n'est pas le mal, mais le malheur de vivre et la preuve que le seul désir en soi ne peut constituer une motivation suffisante.
Ces gens sont des légumes, racistes et frustrés, et j'ai du mal à avoir de la compassion pour leur misère. Je me dis que pour eux, partout et avec tout le monde, ce sera l'enfer. Ils ne semblent pas se rendre compte qu'ils sont les premiers responsables de leur souffrance et s'autodétruisent dans le cancer de leur insatisfaction. Un des rares désirs qui les excitent encore est l'humiliation : tout un programme.

Ce film souffre d'un manque évident de moyens. Il souffre aussi d'un rythme répétitif, des redites qui n'apportent rien de nouveau : pourquoi dire mal en une heure et demie ce qui aurait été beaucoup plus fort en vingt minutes ?
La recherche désespérée de bites noires par les homosexuels de Berlin-Harlem ne m'a ému pas un seul instant. Jamais je n'ai éprouvé pour tous ces personnages autre chose que de l'indifférence : mon cœur n'a pas été visé et tout s'est s'arrêté pour moi à la rétine.
Le regard de Lambert (bien qu'il s'agisse d'un film de fiction) est plus celui d'un observateur, d'un témoin, que celui d'un créateur : Berlin-Harlem est de l'ordre du documentaire sociologique, voire ethnologique : voici quelques spécimens humains observables à Berlin-Ouest dans les années 70 (j'imagine que cette observation ne devait pas être l'apanage de Berlin), et c'est à ce titre que ce film mérite ma considération.

Lothar Lambert met cependant le doigt sur des questions importantes, fondamentales même. À chacun d'en tirer ses conclusions...
Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 13 mars 1 13 /03 /Mars 14:58
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Lundi 13 mars 1 13 /03 /Mars 14:20


LE PROJET LARAMIE jusqu'au 7 mai 2006
Auteur(s) :
Moisés Kaufman - Adaptation et traduction : Hervé Bernard Omnes
Interprète(s) : Anna d’Annunzio, Hervé Bernard Omnes, Serge Chambon, Christine Gagnepain, Denis Laustriat, Elisabeth Potier, René Remblier, Cyril Romoli, Raphaëlle Valenti, Phillippe Villiers et la voix de Lisa Michael
Mise en scène : Hervé Bernard Omnes
Durée : 1h30
Vingtième Théâtre : 7, rue des Platrières – 75020 Paris

www.vingtiemetheatre.com
M Ménilmontant

L’avis d’Alex et Greg :
Laramie, Wyoming... Ce nom ne vous dit peut-être rien mais sachez qu'aux États-Unis, il est aussi tristement célèbre que celui de Wacco ou Columbine. C'est en effet dans cette ville que Matthew Shepard est mort, assassiné après avoir été torturé et abandonné, agonisant, dans la nature, au point de devenir la victime-symbole des crimes homophobes. Au moment des faits, en 1998, Moisés Kaufman et sa troupe, au total dix comédiens, se rendent à Laramie pour mener plus de 200 interviews sur le meurtre de Matthieu Shepard. Il en naîtra une pièce, Le Projet Laramie, actuellement présentée au Vingtième Théâtre.
Du Théâtre-Documentaire
Le Projet Laramie est, à mon sens, une pièce qu'il faut absolument voir. Que l'on adhère ou pas à la démarche de son créateur, et si l'on fait abstraction de son sujet, cette pièce a le mérite de nous présenter une forme de théâtre rarissime, pour ne pas dire inédite, en France : le théâtre-documentaire ou, pour mieux dire, le théâtre-réalité. Car les mots qui sortent de la bouche des personnages ne sont pas des mots inventés, sortis de l'imaginaire d'un auteur. Ce dernier n'est intervenu que dans le montage de témoignages réels qui se mêlent, s'entremêlent, se répondent ou s'opposent. Tout est vrai dans ce flot de paroles et Matthew Shepard est bel et bien mort sous les coups de deux jeunes hommes, il y a de cela huit ans.Certains apprécieront ce coté docu-réalité, d'autres comme nous le trouveront choquant. Mais cette divergence des opinions constitue l'un des aspects les plus intéressants de la pièce car elle interroge : le théâtre, lieu privilégié de l'imaginaire, peut-il s'accommoder d'une telle réalité ? Personnellement, cet aspect « histoire vécue » m'a plutôt gêné, ce côté si réel devient, sous les traits des acteurs et la lumière des projecteurs, surréel, trop cru à la limite de l'indécence ou du supportable. Dans quelle mesure peut-on prendre la vie telle quelle de gens pour en faire une œuvre artistique ? N'est-ce pas là quelque part un vol, un viol même ? Toutes ces questions-là m'empêchent de crier au chef d'œuvre mais à coup sûr, c'est une pièce qu'il faut voir pour se faire sa propre opinion sur le sujet.
De la mise en scène et de l'émotion
Dur, dur d'arriver après Vincent River qui, sur le même sujet et avec un texte véritablement écrit, nous avait véritablement pris aux tripes. Véritable enquête, Le Projet Laramie cherche à identifier le monstre qui dort dans cette petite ville des États-Unis, l'hypocrisie de sa devise « Vivre et laisser vivre », la haine qui l'alimente comme une rivière souterraine. Nos avis étaient partagés à la sortie du théâtre. Je n'ai pas trouvé que la pièce, dans sa forme, laissait beaucoup de place à l'émotion ou, pour mieux dire, à l'émotion vraie. Esthétisante, la mise en scène, sans être complètement à côté de la plaque, ne permet aux sentiments de s'exprimer pleinement qu’à de rares moments. Et que dire de ces grands écrans qui parasitent un peu l'attention sans rien apporter d'intéressant à ce qui est dit.
Des acteurs
Reste que Le Projet Laramie est porté par d'excellents acteurs qui doivent à tour de rôle, en une seconde parfois, changer de personnage. Tous incarnent plusieurs personnes avec talent, crédibilité et force. C'est l'autre point fort de cette pièce. Car si l'on trouve qu'elle dure un peu trop longtemps et que la mise en scène se la joue un peu trop, les acteurs rattrapent vraiment le coup et réussissent en quelques secondes à recréer le paysage de ces différents personnages, sans aucune fausse note. Certains d'entre eux sortent vraiment du lot mais dans l'ensemble c'est très homogène.
En résumé, vous l'aurez compris, même si tout ne nous a pas plu dans cette pièce, il s'agit tout de même d'un spectacle de qualité et d'un pari osé qui mérite que l'on y assiste. Il est impossible de rester insensible au Projet Laramie tant cette pièce pose de questions à la fois sur le fond et sur la forme.

L’avis de Matoo :
Quand Matthew Sheppard fut assassiné en octobre 1998, à Laramie dans le Wyoming, je m’étais senti particulièrement touché et impliqué. Il était aussi né en 1976, et c’était la première fois qu’une telle médiatisation de l’homophobie touchait le monde entier. J’avais parcouru pas mal d’articles à l’époque, mais nous commençons tout juste à avoir du recul sur cette histoire.
Afin de créer une pièce de théâtre sur le sujet, des membres d’une troupe sont partis à Laramie et y ont recueilli des témoignages extrêmement divers : un chauffeur de taxi, professeurs, le barman qui servait Matthew ainsi que le propriétaire du bar, des amis et amies à lui ou de simples connaissances, les petites amies des meurtriers, les flics engagés dans l’affaire, etc. Mais plutôt que d’en tirer la matière pour créer une pièce, c’est cette même matière qui est le cœur de la pièce. Donc sont présentés par dix comédiens (et comédiennes) talentueux ces interviews qui délivrent peu à peu leurs propos plus ou moins passionnés.
Au Vingtième Théâtre, la scène est plongée dans le noir, sans décor ou parfois des chaises, les dix comédiens sont presque toujours sur scène, et ils changent régulièrement et un peu mécaniquement de position. Chaque acteur joue plusieurs rôles, et nous assistons à des reconstitutions saisissantes des interviews de l’époque. « Saisissantes » car le jeu des comédiens est véritablement d’exception, non seulement dans la manière dont ils interprètent certains personnages, mais aussi pour la faculté de passer de l’un à l’autre (et parfois diamétralement opposés) en un clignement d’œil.
Malgré tout il s’agit d’une œuvre traduite de l’américain, et elle en a les qualités et les défauts. C’est une opinion très personnelle, mais les amerloques ne peuvent pas s’empêcher d’en faire des tonnes et de vouloir donner la larme à l’œil, et là certains moments sont vraiment « too much ». Les écrans avec les vidéos, les musiques et certains éléments de mise en scène étaient superflus et desservent le sujet en versant dans un pathos surdimensionné. Heureusement, tout n’est pas comme cela, et la pièce permet aussi de traduire avec une belle sincérité et authenticité les sentiments et les pensées des gens impliqués dans l’affaire. Et en effet, l’affect développé par ces témoignages est très fort, et laisse le spectateur sur le carreau à plusieurs reprises. La pièce évoque aussi les différents jugements des protagonistes, et devient alors un peu plus « dynamique ».
On finit par oublier le manque de décor, et à la façon d’un Dogville les dialogues suffisent à replonger dans le drame. Similairement à Vincent River aussi, on retrouve à la fois le thème mais aussi cette manière de faire vivre des événements dramatiques par la simple force du récit et du jeu. J’ai aimé le fait que la pièce donne pas mal d’angles et de points de vue. Évidemment, nous sommes dans une présentation de Matthew qui reste assez idyllique et certainement peu réaliste, mais on devine aussi une histoire qui dépasse le simple « mythe » qu’on connaît maintenant.
J’ai découvert notamment que Matthew était séropositif, ce qui m’a vraiment étonné (pas qu’il le soit, mais de ne pas l’avoir appris avant, dans ce que j’avais lu). Cela ne change rien à ce qui est arrivé, et même si Matthew les avait cherché (ou même avait voulu se les faire) ou quoi que ce soit d’autre, ce crime est une horreur absolue. Mais bien sûr, maintenant que la communauté LGBT en a fait son fer de lance de la lutte contre l’homophobie et son martyr, il est difficile d’en parler autrement qu’en termes encomiastiques.
Cette pièce, de par sa forme même, est un peu moins animée qu’une œuvre traditionnelle, et donc peut un peu lasser par moment. Mais globalement j’ai vraiment aimé. J’ai été très touché par ce vibrant hommage et ce témoignage incroyable qui est ainsi gravé dans la pierre. Et quelle originalité que cette forme documentaire ! Avec des comédiens et comédiennes brillants qui insufflent énergie et passion dans l’interprétation de leurs personnages. Aussi cette pièce est une réussite qui vaut le détour.
PS : Ah oui, juste une erreur qui m’a chiffonnée. Sur la vidéo de la fin qui présente les dates de naissance de mort de Matthew, il est précisé : 1977-1998 en immenses lettres stylisées. Or Matthew est né en 1976… drôle d’erreur pour un hommage pareil.

Par Alex & Greg, et Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 12 mars 7 12 /03 /Mars 00:00

Fiche technique :
Avec Rainer Werner Fassbinder, Karl-Heinz Böhm, Peter Chatel, Harry Baer, Ulla Jacobson, Adrian Hoven et Ingrid Caven. Réalisé par Rainer Werner Fassbinder. Scénario de Rainer Werner Fassbinder et Christian Hohoff. Directeur de la photographie : Michael Ballhaus. Compositeur : Peer Raben.
Durée : 123 mn. Disponible en dVO, VOST et VF.

Résumé :
Un jeune forain tombe amoureux d'un jeune bourgeois qui le depouille peu a peu de son argent.
L'avis de Jean Yves :
Après avoir gagné quelques millions à la loterie, Fox prolétaire et chômeur se lie avec Eugen, jeune patron désargenté qui va profiter de cette liaison pour renflouer son entreprise, racheter meubles, voiture... pendant qu'il tente d'inculquer les belles manières à Franz. Mélodrame politique, Le Droit du Plus Fort n’a rien perdu de sa force et de sa lucidité.
Rainer Werner Fassbinder vu par Frédéric Mitterrand :  « Quand il écrit ou quand il tourne Le Droit du plus fort, l’histoire extrêmement triste d’un jeune homosexuel utilisé, spolié et méprisé par ses clients protecteurs, il décrit le mécanisme de l’exclusion sociale, celle qui amène aux camps de concentration et à la mort. »
L’amour est là encore une forme d’aliénation, et la relation de Franz et Eugen n’est rien d’autre qu’une illustration radicale de la lutte des classes. L’homosexualité du couple n’est pas en cause : c’est la notion même de couple où l’un exploite forcément l’autre que montre Rainer Werner Fassbinder.
Cette histoire de dupes et le fossé bourgeoisie/prolétariat sont montrés d'une manière un peu caricaturale. La transposition dans le milieu homosexuel n’est pas l’essentiel car Fassbinder démontre là une morale universelle. Ce qui n’a pas empêché Fassbinder de montrer la nudité masculine et la drague entre mecs, sans inhibition, dans un érotisme suggéré : courageux pour le début des années 70.

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 12 mars 7 12 /03 /Mars 00:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Samedi 11 mars 6 11 /03 /Mars 00:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Vendredi 10 mars 5 10 /03 /Mars 15:00

« Mieux vaut être fasciste que pédé ! » Alessandra Mussolini, lire l'article.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Vendredi 10 mars 5 10 /03 /Mars 11:08
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Vendredi 10 mars 5 10 /03 /Mars 10:44

Paul Etheredge-Ouzts interviewé par Frédéric Mignard

Interview reproduite avec l’autorisation de l’auteur et du site A voir/A lire

Les miracles d’Internet... Il est désormais facile de s’entretenir avec des cinéastes de derrière notre écran d’ordinateur, sans même avoir à traverser l’Atlantique quand il s’agit de réalisateurs américains... Paul Etheredge-Ouzts s’est prêté au jeu de l’interview virtuelle pour nous parler d’Hellbent, une petite production horrifique indépendante dont nous ne sommes pas forcément fan mais qui a le mérite de détonner dans le genre du slasher en proposant des personnages et une intrigue 100 % gay. On connaissait les scream queens, des donzelles déshabillées hurlant à la vue d’un couteau de pacotille, voici maintenant les gym queens, des messieurs bodybuildés en proie aux mêmes affres de la vie. Enfer et damnation ? Le cinéaste a répondu à nos réserves avec une bonne volonté et une bonne foi qui le rendent éminemment sympathique.

Tout d’abord, est-ce qu’Hellbent a été tourné pour les salles de cinéma ?

Tout à fait. Il a été produit dès le départ dans l’espoir d’être distribué en salles.

Pourquoi ne pas avoir réaliser un film d’horreur conventionnel en incluant juste un ou deux personnages homosexuels ?

Mes producteurs et moi avons toujours été conscients qu’il existe un marché pour le cinéma horrifique gay. Hellbent n’a pas coûté bien cher et son budget publicitaire était minuscule. Nous avons donc exploité tous les atouts que nous avions en mains pour faire exister notre film dans cette niche. Attirer l’attention constitue la moitié du travail pour une production indépendante en quête d’un public.
L’aspect homosexuel du film n’est pas purement mercantile. Je voulais reprendre l’intrigue d’un slasher des années 70 en changeant de point de vue, et en le peuplant de jeunes gens sympathiques et bien dans leur tête qui se trouvent être gays. Tout à fait le type de personnages que l’on voit peu au cinéma, tous genres confondus.

Mais n’est-ce pas difficile de tourner un tel film à notre époque alors que l’Amérique traverse une vague de puritanisme ?

Non, nous n’avons pas vraiment rencontré de problèmes. Vous savez, une portion seulement de l’Amérique est puritaine. Mais c’est celle qui sait se faire entendre.

Pensez-vous que le public d’un film comme Hellbent est entièrement gay ou que le film peut espérer trouver un public plus large ?

Il est presque impossible de déterminer à l’avance qui constituera le public d’un tel film. Une fois qu’Hellbent sera dans les salles, de nombreux professionnels scruteront l’audience pour vérifier qui le film attire. Je pense que si le film parvient à trouver un public gay et s’il parvient à attirer les fans de films d’horreur, le bouche-à-oreille devrait alors générer un buzz favorable auprès d’un public plus large.
Pour ma part, j’ai écrit Hellbent pour qu’il soit accessible au plus grand nombre. Je ne pense pas qu’il faille être gay pour vouloir que les protagonistes s’en sortent sains et saufs.

Quelle relation entretient le public gay avec le cinéma d’horreur et la violence en général ?

Certains intellectuels pensent que la plupart, si ce n’est tous les films d’horreurs, traitent de l’homosexualité et de la peur viscérale qu’éprouve notre société pour "l’autre". Comme je ne suis pas vraiment un expert, je préfère recommander à tous ceux qui s’intéressent au sujet de jeter un coup d’œil au livre de Harry M. Benshoff, Monsters in the closet : homosexuality and the horror film.

Quelles sont vos références dans le genre ?

Pour Hellbent, j’ai été particulièrement influencé par "l’âge d’or" du film d’horreur, c’est-à-dire les années 70. A cette époque, les standards reposaient sur un savant mélange de violence extrême, de gore, mais aussi d’esprit ! Et puis les personnages étaient forts. Je considère Black Christmas de Bob Clark et Halloween de John Carpenter comme deux des meilleures productions de cette époque. Et puis il y a Massacre à la tronçonneuse que je trouve toujours plus délirant à chaque vision. Sinon mes autres références sont Black Orpheus, Black Narcissus, Invaders from Mars et le cinéma de Kenneth Anger.

Vous savez, je ne suis pas totalement convaincu par les qualités d’Hellbent en tant que film d’horreur. Vous tendez à le noyer dans le second degré alors que beaucoup de spectateurs attendent un film plus sérieux et plus effrayant...

J’ai eu beaucoup de mal à accoucher du script, car je n’arrivais pas à me décider sur le ton. La première ébauche était un peu trop cérébrale (voire prétentieuse) et proposait un conflit de perspectives apolliniennes et dionysiennes incarnées respectivement par le héros et le tueur. Le script comprenait de nombreuses séquences psychédéliques. Un vrai film d’étudiant.
Le deuxième jet était incroyablement violent, sans aucun humour et finalement assez abject. Le film s’achevait sur une scène où le héros et le tueur s’entredévoraient les parties génitales. Cela préfigurait un peu la scène choc d’Hannibal. Une histoire vraiment très moche. Je n’imaginais pas un public voulant voir un truc pareil.
Puis, finalement, j’ai trouvé ce que je recherchais vraiment : un petite dose de sang, une petite dose de sexe et un peu d’humour. Au final Hellbent est un divertissement enlevé, rythmé aux sons punk ro
ck. Il n’a aucune autre prétention.

Photographie (c) DR


Parlons un peu des personnages. Ce sont tous des canons ! Pourquoi ne pas avoir choisi un casting plus proche de la réalité. Vos belles gueules font en effet un peu clichés et tendent de ce fait à rabaisser le niveau de votre long métrage.

On peut prendre Hellbent comme l’archétype du slasher auquel on aurait rajouté des personnages homosexuels. Si je m’étais risqué à m’écarter encore plus des formules du genre, j’aurais pu perdre tout l’aspect nostalgique de mon film. Or je voulais rendre hommage aux standards des années 70 et 80.
J’ai effectivement exploité les stéréotypes de ce genre de film, à savoir le mauvais garçon, l’obsédé sexuel et le vierge de service, mais en faisant en sorte de leur ajouter du relief, et de les rendre essentiels à l’intrigue. J’étais conscient qu’Hellbent devait proposer des personnages homosexuels possédant une certaine profondeur et de l’humanité. Je ne voulais pas qu’ils soient juste de la chair fraîche, bonne à trucider. Le public jusqu’au bout peut espérer qu’ils vont s’en sortir, ce qui nourrit le suspense.
Les jeunes gens d’Hellbent sont des gars positifs, bien dans leur tête. Leur sexualité n’est pas ce qui les définit, c’est juste une caractéristique de plus. Les protagonistes de mon film n’en sont plus à se demander si c’est bien d’être gay. Ce sont des mecs normaux, normaux mais beaux (après tout on est là pour s’évader également).

Vous auriez peut-être pu développer votre scénario et parler un peu plus du tueur dont on ignore tout. Nous ne savons même pas si c’est un être humain ou tout simplement une créature infernale. C’est frustrant...

Les peurs des individus sont tellement variées et spécifiques à la fois. J’ai justement essayé de garder cela en tête afin de laisser le public imaginer ce que bon lui semblait. Si j’avais donné au tueur un motif, la moitié du public me l’aurait immédiatement reproché. De même si je l’avais fait parler, certains n’auraient pas trouvé sa voix effrayante. En fait, chaque détail que j’ajoutais au tueur le rendait moins menaçant. Le mieux était donc de le définir le moins possible.
Je tiens à rajouter que contrairement à de nombreux films de ce genre, Hellbent ne cherche pas à établir un lien entre la mort et le sexe. Mes personnages ne sont pas punis à cause de leur sexualité. Je ne tiens pas à perpétuer un tel message. J’ai fait en sorte que mon film soit clair à ce sujet, les crimes qui y sont commis ne sont pas homophobes.

En ajoutant quelques meurtres vous auriez peut-être pu mieux rythmer votre film. De même, on pourrait vous reprocher de donner plus dans le carnaval gay que dans l’atmosphère horrifique...

Bien que je sois un grand amateur de films d’épouvante, j’avoue ne pas trop apprécier les scènes gores gratuites et sadiques qui ponctuent souvent ce cinéma. Je préfère la terreur psychologique, les thrillers ou les films de monstres plutôt que les boucheries cinématographiques. Le film que j’ai écrit devait d’abord me correspondre. Même si Hellbent est un slasher, je lui ai inculqué une dose d’espérance et d’humanité plutôt inhabituelle pour le genre.

Enfin, quelle est votre sentiment sur la violence croissante du cinéma américain alors que la MPAA est toujours aussi rétive en matière de sexualité à l’écran ?

Que puis-je dire ? Parfois l’Amérique est un pays arriéré.

 

Par Frédéric Mignard
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Jeudi 9 mars 4 09 /03 /Mars 10:23

Brokeback_Island
Vidéo envoyée par ViaMedia
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Jeudi 9 mars 4 09 /03 /Mars 09:34
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 9 mars 4 09 /03 /Mars 09:20


Fiche technique :
Avec Naomi Watts, Laura Elena Harring, Justin Theroux, Ann Miller, Dan Hedaya, Brent Briscoe, Robert Forster, Katharine Towne, Lee Grant, Scott Coffey et Billy Ray Cyrus. Réalisé par David Lynch. Scénario : David Lynch. Directeur de la photographie : Peter Deming. Compositeur : Angelo Badalamenti.
Durée : 146 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé :
À Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité.
L’avis de Petit Ian :
Entre amnésie, fantasme, cauchemar et réalité, deux jeunes femmes sans âme abritent en elles divers personnages métallescents, incandescents, mais pas forcément attendrissants... avec des « sans », il y a bien des vides à combler par de l'hallucinant. Déroutant ? C'est Lynch qui conduit...
Mulholland Dr., où bien des âmes ont péri, où bien des étoiles se sont décollées. Là haut dans la montagne, les lettres d'HOLLYWOOD pourrissent. Une musique lancinante, à vous tordre les boyaux. Sur la route, une femme sublime avance comme elle le peut, dernière victime en date de la malédiction qui y pèse. En bas, les rêves poussent et fanent à la même allure, une jeune actrice croit encore à la lune. Les deux âmes se rencontrent et vont partir à la recherche de ce qu'elles sont. Un soir, leurs chairs s'unissent. Vers le chaos, comprenez que nous avons bien des choses à exorciser.
Mulholland Drive... Voici un incroyable feuilleton. Voici également un film d'horreur à la fois soft et puissant. Et parmi les phobies qui vous dévorent, celui-ci pourrait peut-être bien en faire partie. Avez-vous jamais désiré entrevoir, une fraction de seconde, la forme de vos peurs ? Une forme bestiale qui dévoile son visage du mur derrière lequel elle est cachée. C'est une des images du film de David Lynch, un de ses délires.
Dans Mulholland Drive, l'amour précède le désordre, l'onanisme précède la mort. C'est le prix pour arracher hors de soi ses pulsions homosexuelles, son désir de masturbation, sa gloire rêvée, sa gloire ratée. La mémoire que l'on perd, les corps que l'on désire, l'humiliation que l'on subit, que l'on finit par s'infliger. Durant ces deux heures et demi, peut-être reconnaîtrez-vous vos fantasmes inavoués, votre désarroi enfoui.
Mettre en scène du n'importe quoi, c'est aussi facile que fascinant.
Il y a des scènes magnifiques. Il y a aussi une profonde obstination à souligner la psychose de façon grotesque.
Vous l'aurez compris, sur Mulholland Drive, on fait parfois de mauvais rêves. Devant aussi.

L’avis de Philippe Serve :
Silencio

La ligne droite et simplissime d'Une Histoire vraie (A Straight Story, 1999) n'aura donc bien été qu'une parenthèse, inattendue et quasi iconoclaste dans la filmographie de David Lynch. Avec Mulholland Drive le cinéaste revient à sa veine la plus personnelle, celle des démons cachés de Twin Peaks (feuilleton et film, 1992), Blue Velvet (1986) ou Lost Highway (1996)…
Si ce nouvel opus lynchien contient lui aussi sa part importante d'ombres et de mystère, aller jusqu'à affirmer comme la plupart des critiques qu'il débouche à l'arrivée sur un chef d'œuvre incompréhensible me paraît assez étonnant. « Chef d'œuvre », oui, aucun doute tant le film est achevé, maîtrisé, inquiétant et passionnant de la première à la dernière de ses 146 minutes… Mais incompréhensible ? Je ne crois pas… Attention ! Je ne prétends pas être sorti de la salle de projection habité de la plus grande certitude sur ce que je venais de voir. Non. Mais au fil des heures, revoyant et reconstruisant mentalement le film, il me semble être parvenu à ce qui ressemble à « une » lecture possible de Mulholland Drive. Le film ne m'a plus alors seulement parlé aux sens mais aussi à l'intelligence, ultime marque de respect et de considération de David Lynch à son public.
Je ne livrerai pas mes hypothèses personnelles au sein de cette critique ne voulant pas gâcher le plaisir du futur spectateur.
Le projet de Mulholland Drive tenait à cœur de David Lynch depuis longtemps, en fait juste après qu'il en eut fini avec Twin Peaks, la série (puis le film Twin Peaks: Fire Walks With Me) qui établit sa réputation à l'échelle mondiale et consacra surtout l'univers lynchien, si spécial. La chaîne de télévision ABC lui passa commande pour un « pilote » destiné à un nouveau feuilleton qui surferait sur le succès phénoménal de Twin Peaks. Hélas, le projet capota, le média US n'aimant à peu près rien de ce qui lui fut proposé, à l'exception du titre, "MULHOLLAND DRIVE"… Il faut ici préciser à quoi renvoie ce titre. Mulholland Drive est une route qui serpente sur la colline surplombant Los Angeles et Hollywood. Sans feux de signalisation, sans Stop, elle semble mener nulle part. Lynch assure qu'elle doit sa réputation mythique (à l'égale d'Hollywood Boulevard) à tous les mystères, plus étranges les uns que les autres, qui y sont attachés… Après le rejet de ABC, le projet aurait pu disparaître à jamais sans l'intervention du Studio Canal Plus qui reprit l'idée et demanda à Lynch de réaliser non plus un feuilleton mais un film.
Les thèmes évoqués par le film ? (je vais essayer de ne pas déflorer l'essentiel): Hollywood, ses mirages, les rêves et espoirs insensés qu'il génère, les déceptions et désespoirs qu'il provoque, la Vie, la Mort, l'Amour, la passion, la jalousie, la frustration et encore et toujours le choc frontal entre rêve et réalité (s'agissant de l'univers si particulier à Lynch, on pourrait presque dire « entre cauchemar rêvé et cauchemar éveillé »)…

Mulholland Drive est un film en forme de puzzle dont chaque pièce nous passe sous le nez sans que nous le sachions durant les deux premiers tiers du film. Ce n'est que dans la dernière partie (le dernier tiers), alors que tout bascule et que le scénario rebondit cul par-dessus tête que nous commençons à réaliser que le cinéaste nous a manipulés depuis le début et que vite, vite, il faut rassembler les pièces éparses auxquelles nous n'avions pas prêté attention. Disons en gros que la première partie du film nous rend spectateur passif (mais complètement sous le charme vénéneux d'un film noir superbe) tandis que la dernière agit sur nous comme un électrochoc visant à nous faire participer pleinement dans une sorte de relation interactive. 
Que voyons-nous à l'écran ?
Tout d'abord, succédant au générique, une séquence endiablée de Jitterbug (sorte de boogie des années 50) dont l'explication viendra beaucoup plus tard dans le film… Une jeune femme brune, superbe (Laura Elena Harring), dans une limousine qui grimpe les lacets de Mulholland Drive. La voiture s'arrête et le chauffeur pointe un revolver sur la femme. Il semble s'apprêter à la tuer quand une voiture filant à toute allure et emplie de jeunes fêtards vient violemment heurter la limousine. Seule, la jeune femme survit dans le choc et s'extrait, hagarde, de la carcasse de la voiture. Elle descend la colline menant aux lumières de L.A. et trouve refuge dans une maison que vient de quitter sa propriétaire… Le lendemain matin, une autre jeune femme, blonde celle-là, Betty (Naomi Watts) débarque à l'aéroport de la ville et vient emménager dans cette même maison dont la propriétaire est sa tante. Betty vient à L.A. pour y embrasser une carrière d'actrice, elle se montre pleine d'enthousiasme et de fraîcheur. Visitant la maison, elle découvre la jeune femme brune sous la douche. Celle-ci se révèle amnésique, ignorant jusqu'à sa propre identité, « volant » le prénom "Rita" à l'actrice Rita Hayworth dont le nom s'affiche sur un poster du mythique Gilda. Dans son sac, les deux jeunes femmes découvrent 50 000 dollars. Dès lors, Betty et "Rita" décident de mener l'enquête pour découvrir la mémoire oubliée de la seconde nommée, à commencer par les raisons de l'accident… Pendant ce temps, un jeune réalisateur, Adam Kesher (Justin Theroux) se voit imposer par des maffieux contre sa volonté et sous la menace, l'engagement d'une jeune actrice avant de trouver son épouse au lit avec un autre homme qui le rosse…
Aller plus loin dans le résumé serait criminel… Un conseil au spectateur potentiel: regardez TRÈS attentivement chaque plan, écoutez religieusement chaque réplique, chaque son, retenez bien le moindre visage et le nom qui lui est attaché. Car tous ces éléments sont autant de pièces indispensables à la formation finale du puzzle…
David Lynch parie donc sur l'attention et l'intelligence du spectateur, n'hésitant pas à semer son film de multiples références cinématographiques, telles que le célèbre Vertigo (Sueurs froides, 1957) d'Alfred Hitchco
ck, Boulevard du Crépuscule (Sunset Boulevard, 1950) de Billy Wilder ou le cultissime En quatrième vitesse (Kiss Me Deadly, 1955) de Robert Aldrich, via une étrange boîte (de Pandore ?), voire le plus récent Pulp Fiction de Quentin Tarentino (1994), sans oublier ses propres films. Ainsi de la séquence (primordiale à la bonne compréhension du film) du théâtre où un acteur-bonimenteur affirme, play-back et chanteuse à l'appui, que tout est déjà enregistré, autrement dit que rien n'est vrai et qu'il faut se méfier des apparences. Lynch, cinéaste, peintre, photographe mais aussi musicien, a toujours aimé insérer des scènes de cabaret, de chansons dans ses films. Que l'on songe à la "Dame du radiateur" chantant sa berceuse dans Eraserhead (1977), à la représentation théâtrale qui fait pleurer John Merrick, l'Elephant Man (1980), à Isabella Rossellini susurrant "Blue Velvet" dans le film du même nom ou, dans la même œuvre, à Dean Stockwell mimant le "Dreams " de Roy Orbison, ou à d'autres scènes dans Twin Peaks ou Lost Highway
Mulholland Drive est aussi une étonnante leçon de cinéma et le Prix de la Mise en Scène attribué au film au Festival de Cannes 2001 (ex-aequo avec The Barber de Joel Coen) est entièrement mérité, ainsi que le César du meilleur film étranger ! Mulholland Drive est une œuvre d'une très grande beauté, aux images léchées, aux couleurs magnifiques et on retrouve une fois de plus avec un énorme plaisir les partitions musicales du fidèle et ô combien talentueux Angelo Badalamenti (employé pour la première fois comme acteur dans le rôle d'un producteur).
Les deux actrices principales du film, largement inconnues du grand public, font merveille. Laura Elena Harring, brune piquante, dans un registre à mi-chemin entre Rita Hayworth (on l'imagine aisément dans un  remake de Gilda) et Ava Gardner, joue comme un oiseau de nuit fragile et apeuré avant de retrouver une assurance de femme fatale en fin de film… Naomi Watts, la blonde très hitcho
ckienne (entre Tippi Hedren et Grace Kelly), hérite du meilleur rôle par sa complexité et ses rebondissements, ce qui lui permet de faire preuve d'une versatilité d'actrice assez remarquable…
Tous les autres acteurs assurent parfaitement leurs rôles, à commencer par Justin Theroux dans le rôle du jeune cinéaste Adam ou Ann Miller, ex-reine des claquettes des années 50…

Mulholland Drive intrigue, inquiète, angoisse, amuse (une scène étonnante de tuerie, les maffieux, l'adultère…). En un mot, excite l'intérêt du spectateur. Si vous n'aimez que les histoires mâchées et remâchées, bien rationnelles et sur lesquelles vous pouvez vous reposer sans avoir à réfléchir, alors passez votre chemin, ce film n'est pas pour vous… À l'inverse, si vous vous régalez à vous retrouver baladés entre ombres et lumière, à plonger dans un délire d'inventivité scénaristique et cinématographique, précipitez-vous sur ce Mulholland Drive, vous en sortirez ébloui !
Pour plus d’informations :

Par Petit Ian et Philippe Serve - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 8 mars 3 08 /03 /Mars 15:39
Campagne contre l'homophobie en Pologne (suite)

   

    
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 8 mars 3 08 /03 /Mars 11:32
Campagne contre l'homophobie en Pologne

   

   

Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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