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Vendredi 23 avril 5 23 /04 /Avr 16:23
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Vendredi 23 avril 5 23 /04 /Avr 11:13

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Fiche technique :

Avec Qin Hao, Chen Sicheng, Wei Wu, Tan Zhuo et Jiang Jiaqi. Réalisation : Lou Ye. Scénario : Mei Feng. Directeur de la photographie : Jian Zeng. Montage : Jian Zeng, Florence Bresson et Robin Weng. Compositeur : Peyman Yazdanian.

Durée : 115 mn. Actuellement en salles.

 


Résumé :

Nankin, de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d’infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l’espionner et découvre ainsi l’amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C’est avec lui que Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, se jettent alors à corps perdu dans une folle équipée amoureuse. C’est pour tous trois le début de nuits d’ivresse suffocantes, qui égarent l’esprit et exaltent les sens. Un sulfureux voyage aux confins de la jalousie et de l’obsession amoureuse.


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L’avis de Voisin blogueur :

Deux hommes, Wang Ping et Jiang Cheng, ensemble dans une maison isolée. Des étreintes passionnées, des sentiments palpables. Ils se retrouvent souvent en cachette. Wang Ping est marié. Sa femme paie un jeune étudiant, Luo Haitao, pour espionner son compagnon. Elle ne tarde ainsi pas à découvrir qu’il la trompe et le choc que cela soit avec un homme ne fait que décupler le poids de la trahison. Alors que son mariage vole en éclats, Wang Ping attend du réconfort de la part de Jiang Cheng. Mais ce dernier ne supporte plus la complexité et la tournure dramatique que prend leur relation. Il traine dans les bars et finit par se lier avec Luo sans savoir qui il est. Luo, à force de le suivre, s’est épris de lui mais continue d’entretenir une relation avec une jeune femme travaillant à la chaine, Li Jing (qui elle-même a une relation ambiguë avec son patron). Nous sommes à Nankin, c’est le printemps, les fleurs éclosent et les désirs explosent…


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Lou Ye avait déjà marqué les esprits avec ses précédents longs-métrages et en particulier Une Jeunesse chinoise qui avait subi les foudres de la censure dans son pays. C’est ainsi que Nuit d’ivresse printanière fut tourné clandestinement. Beaucoup de caméra épaule, une réalisation très instinctive qui colle parfaitement avec les égarements de ses protagonistes. Voici une œuvre très sensuelle où l’on passe d’un personnage, d’un corps à corps à l’autre avec une grande fluidité. Alors qu’on pouvait s’attendre à un drame classique sur l’adultère, le réalisateur tisse une intrigue aux allures de ballet mélancolique où chacun s’oublie ou tente d’oublier dans des bras trop souvent de passage.


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Les relations ne seraient-elles que des nuits d’ivresse dont on ressort avec un violent mal de crâne et une sensation d’égarement ? Alors que les couples se font et se défont, nous plongeons dans l’intimité de chacun, nous assistons au portrait d’une société perdue entre désir et raison, qui se cherche sans jamais parvenir à vraiment se trouver. Chaque rencontre est l’occasion de s’explorer, l’espoir de se renouveler mais cela ne dure qu’un temps : une saison remplace une autre. Il y a des partenaires, des souvenirs qui ne sont pas interchangeables tant ils sont douloureux. Jiang Cheng va le réaliser peut être trop tard.

Avec peu de moyens, Lou Ye livre une œuvre intense, troublante et très sensible. Un film où tout peut basculer d’un moment à l’autre, où les couples peuvent se former ou se détruire d’une scène à l’autre. Nuit d’ivresse printanière diffuse délicatement et très brillamment son parfum de spleen. Avec en bonus des scènes d’intimité à faire tourner la tête.


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L’avis de Frédéric Mignard :

Portraits d’errances amoureuses en Chine contemporaine par le réalisateur d’Une Jeunesse chinoise et Suzhou river. Le résultat est sensuel, remarquablement mis en scène, mais également abscons et ennuyeux.

De Lou Ye, on se souvient surtout en France de Suzhou river et d’Une Jeunesse chinoise. C’est d’ailleurs à cause de ce dernier, projeté à Cannes en 2006, que le cinéaste s’était vu interdire de tourner chez lui, en Chine, pendant 5 ans, pour avoir utilisé des images d’archives de la manifestation de Tian’anmen. Lou Ye était également passé par la croisette en 2003 avec Purple butterfly, toujours inédit sur notre territoire.


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Avec Nuit d’ivresse printanière, présenté insolemment à Cannes en mai 2009, le cinéaste signe une œuvre trouble et érotique, qui aborde, fait remarquable pour un film chinois, le thème de l’homosexualité. Une nouvelle provocation à l’égard des autorités chinoises ? En tout cas, les corps déshabillés dans l’étreinte et le feu ardent de la passion dévorent l’écran. Avec un sens exquis de la mise en scène, qui empreinte au documentaire à l’image vacillante et à l’exercice de style esthétique, l’auteur n’est pas là pour s’embarrasser de ses choix de réalisation. Son intérêt se focalise sur l’éternel triangle amoureux, source de frustration, de jalousie et de colère. La femme, l’époux infidèle et l’amant se déchirent en beauté sous la caméra bienveillante de Lou Ye, qui ne se pose pas en donneur de leçon. Au contraire, il complique la donne avec quelques variations sur le thème de l’attraction physique.


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De notre côté, l’attrait visuel et l’indéniable parfum de scandale passés, l’on se retrouve vite à s’ennuyer. Trop abscons dans son approche des personnages et étiré inutilement, le récit ne se laisse jamais dompter et déconcerte. Il aurait gagné à être davantage resserré, surtout après l’écho cannois un peu tiède qui était déjà le signe d’une déception mesurée. Au final, ces nuits d’ivresse printanière ne sont pas désagréables, mais qu’est-ce qu’elles sont longues à passer...

Pour plus d’informations :

Par Voisin blogueur et Frédéric Mignard - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 23 avril 5 23 /04 /Avr 07:22

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Fiche technique :

Avec Igor Hossein, Olivier Pagès et Brigitte Audrey. Réalisation : Daniel Ringold. Scénario : Harry & Bernard Schumanski. Image : Stephan Jones. Montage: Bernard Schumanski.

Durée : 93 mn.

Résumé et avis de Jean Yves :

Issus d'un milieu bourgeois royannais, Philippe (Igor Hossein) et Bertrand (Olivier Pages) sont liés par une affection virile, mais exclusive. Un jour, Philippe disparaît. Bertrand finit par retrouver sa trace à Tahiti.

Là, l'étrange, le passionné Philippe s'est mis à mener une vie marginale, ouverte à tous les abus, des « Hombœs », qui prétendent continuer les hippies californiens. Dans une île des Australes, Rouroutou, ils déchaînent leurs instincts.

Douleur de Bertrand en constatant le changement de son ami, plus beau encore, mais retourné à l'état sauvage. Quant à Philippe, bien vite, il ne supporte plus le regard de juge de Bertrand, il le traite de pédé, et celui-ci se sent rejeté, roulé.

D'autant que Philippe pratique sans vergogne la bisexualité. Alors qu'ils se retrouvent dans une grotte taboue, est-ce le pouvoir maléfique du lieu, la jalousie qui le dévore ? Bertrand tue Philippe d'un coup de poignard, se barbouille de son sang, retourne à leur case, puis disparaît dans les profondeurs de l'océan.

Daniel Ringold est surtout connu pour avoir écrit quelques textes des opérettes de Francis Lopez. Le réalisateur y a préservé toute la magie de la Polynésie originelle. Pour incarner Philippe, Ringold a choisi une personnalité tout à fait originale : Igor Hossein (fils de Robert, dont il a le charme mystérieux). Il forme avec Olivier Pages un couple inoubliable.

Hombo permet de découvrir tout un côté ignoré de la Polynésie : Papeete by Night, l'île de Rouroutou, préservée, encore à cette époque, de la civilisation du tourisme.

Il faut retenir encore le bain de minuit, les baisers, les caresses de Philippe et Bertrand en tenue d’Adam, l'enterrement des deux garçons devant le petit temple de Moere, les voix d'Esther Tefana et David Teai, le groupe folk de Rouroutou.

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 22 avril 4 22 /04 /Avr 16:37

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Fiche technique :

Avec Theo Montgomery, Forth Richards (Ryan), Benji Crisnis (Daniel), Jake Casey, Womack Daryl, Peter Petersen, Beatrice Carina, Heidi Blissenbach et Garett Dragovitz. Réalisation : Harry & Bernard Schumanski. Scénario : Harry & Bernard Schumanski. Image : Stephan Jones. Montage: Bernard Schumanski.

Durée : 73 mn. Disponible en VO (zone 1) et bientôt en VOST (zone 2).

 


Résumé :

Wrecked a pour sujet la descente aux enfers causée par la drogue et le sexe, le sexe considéré comme une drogue, de Ryan (Forth Richards), un adolescent gay de 18 ans qui essaye de devenir acteur et de mettre sa vie sur la bonne voie. Mais ce désir est rapidement supplanté par le retour soudain de son ex, Daniel (Benji Crisnis). Ce dernier demande à Ryan un endroit pour l’héberger, en lui promettant une vie normale et une relation amoureuse stable. Ryan sait que Daniel est incorrigible et que ce garçon est mauvais pour lui, pourtant il l'accueille, par faiblesse, par attirance physique incontrôlable. Mais la toxicomanie de Daniel et sa soif inextinguible de sexe sapent tout espoir de normalité pour Ryan. Daniel entraine le garçon dans sa spirale de sexe et de drogue.


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L'avis de Bernard Alapetite :

La première chose qui me paraît important d’écrire est que Wrecked est l'un des films les plus économiques, un des plus faibles budgets que l'on peut voir. C'est aussi l'un des films les plus sexuellement explicites que le cinéma américain nous ait montré.

Le film multiplie les séquences très justes, comme celle où l'on voit Ryan tenté d'obtenir un rôle lors d'une audition digne de la pure ethnologie sur la tribu du cinéma indépendant, idem pour toutes les scènes de répétitions. J'adore le personnage de l'assistante du metteur en scène, quasi muet et qui pourtant parvient à exister très fort à l'écran.


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Une de mes premières surprises devant ce film a été de voir apparaître des dollars, alors que j'étais persuadé que ce que je voyais se passait en Europe, et plus particulièrement en Angleterre tant la forme de Wrecked est plus proche du cinéma indépendant européen que de son homologue américain.

Wrecked a été tourné avec une caméra de poche qui suit les personnages (souvent fort attrayants) dans leurs moindres gestes d'où aussi, malheureusement, la fréquente instabilité de l'image.


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Je suppute, après une petite enquête, que tous les acteurs du film (d'ailleurs tous excellents) ont utilisé des pseudonymes. Ceci, peut-être, pour ne pas gêner leurs futures carrières ou vis-à-vis de leurs familles, en raison des scènes de sexe on ne peut plus crues. Sont-elles simulées (se demande le voyeur libidineux et quasi professionnel que je suis) ? Nous voyons quatre des acteurs complètement nus. Chacun se donne beaucoup de mal pour que ses partenaires aient une érection (que nous voyons aussi). Mais il ne faudrait pas croire que Wrecked est un porno. Les scènes de sexe, ici, ne sont pas tournées pour exciter le chaland. Leur grand intérêt est que leur contenu sexuel explicite construit les personnages, fond leurs l'actions et ancre d'avantage l'histoire et les personnages dans la réalité. Wrecked a plus besoin de cela, étant une pure fiction, que par exemple le film Shortbus avec lequel il présente bien des similitudes car Shortbus a (en partie) des gens de la vie réelle comme acteurs.


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La force de Wrecked est que l'on entre immédiatement en empathie avec Ryan. Son très agréable physique n'est sans doute pas pour rien dans l'affaire. On a envie de crier à ce pauvre garçon de laisser tomber Daniel qui ruine sa vie. Pendant la journée, Ryan travaille en tant qu'acteur mais bientôt il commence à avoir des difficultés avec son rôle du fait de ses inquiétudes quant à la sincérité de son amant, qui, pendant ce temps-là, est continuellement à la recherche de nouvelles drogues ou d'argent pour en acheter ou… de sexe. Daniel est immergé toujours plus dans son monde de drogué mais lui fait croire que tout va bien. Quand les deux garçons sont ensemble, on a le sentiment que le sexe est l'arme qu'utilise le couple pour s'éviter d'aborder les véritables questions auxquelles ils devraient faire face. La meilleure partie du film est celle qui décrit le quotidien de la relation tumultueuse entre les deux garçons.


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La production a des faiblesses techniques multiples. Par exemple, on voit une fenêtre dans la maison de Ryan, recouverte d'un drap (pour le tournage). Certains dialogues semblent s'évanouir. La pellicule est assez granuleuse. Surtout la scripte ne devait pas être très vigilante car par exemple, dans une séquence, Ryan va au lit torse nu, se réveille tôt avec un t-shirt, puis sort du lit avec un autre totalement différent ! Les faux raccords lumière sont innombrables. Paradoxalement, le film est néanmoins assez bien éclairé. Les réalisateurs jouent sur la lumière et l'intensité des couleurs pour appuyer leur narration. Les scènes dans lesquelles Ryan est seul sont lumineuses et sont dominées par les couleurs vives, alors que lorsque Daniel est à l'écran, l'image est à la fois plus sombre et plus granuleuse (tournées avec une autre caméra ?). Et qu'on ne vienne pas me dire que ce genre de bourde a un rapport quelconque avec un petit budget ! Il suffit d'ouvrir les yeux au moment du tournage et encore plus à celui du montage. L'argument scénaristique est mince : un parasite, vivant aux crochets de son hôte, le manipule… mais après tout le Tartuffe de Molière n'est pas autre chose...


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Wrecked est le premier film des frères Schumanski, cinéastes dont je ne sais rien.

La fin du film, quelque peu en divorce avec le reste, est aussi brusque que puissante. Sans être moralisatrice ou didactique, elle ne se laisse pas oublier même si elle est ratée. Probablement que tout simplement les cinéastes ne savaient pas comment terminer leur film.

C'est seulement en voyant cette fin malheureuse que je me suis aperçu que le jeune acteur qui interprète Ryan, que tous les amateurs de choupinets devraient adorer, ressemblait beaucoup à Vincent Branchet dans F est un salaud que Wrecked rappelle dans la dépendance (sexuelle) qu'a Ryan envers Daniel. Cela m'étonnerait beaucoup que les frères Schumanski ne connaissent pas F est un salaud.


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Le plus gros reproche que je ferais au film est d'être trop court, ce qui est plutôt bon signe. J'aurais aimé suivre un peu plus longtemps le parcours de Ryan. D'autant que quelques minutes de plus auraient permis d'approfondir la psychologie des deux principaux protagonistes, ce qui n'aurait pas été inutile.

Wrecked est un film provocateur et hypnotique qui, comme Shortbus, ose prendre des risques.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 22 avril 4 22 /04 /Avr 15:41

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Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 22 avril 4 22 /04 /Avr 15:21



Jean Le Bitoux :

Le guêpier des années Gai Pied  (2/2)


Jean Le Bitoux, né en 1948 à Bordeaux, est un journaliste français.

Issu du baby boom des années 50, Jean le Bitoux est une figure du militantisme homosexuel français. Fondateur du journal Gai pied en 1979, il n'a cessé depuis de lutter pour la reconnaissance et les droits des homosexuels en France.

C'est à Nice, au sein du mouvement homosexuel local, que Jean Le Bitoux fait ses premières armes de militant. Monté à Paris, il est candidat aux élections législatives de 1978, puis crée en 1979 le journal Gai Pied avec l'aide de quelques amis. Mis en minorité en 1983 pour des raisons économiques, il démissionne du journal avec la quasi-totalité des journalistes. Le journal continue sans lui et disparaitra en 1992, après 541 numéros.

Jean Le Bitoux s'investit également dans la lutte contre le sida, en participant à Aides dès 1985. Il fait partie d'une association qui se propose de créer à Paris un Centre d'archives gaies, avec le soutien de la Mairie de Paris. Très attaché à l'histoire et à ses oublis, il milite activement pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Intellectuel et activiste, Jean Le Bitoux fut parfois vu comme un carrefour entre les médias et les intellectuels, philosophes ou écrivains, dont la pensée pouvait enrichir les revendications politiques du mouvement homosexuel.



Lire la première partie

 

Gai Pied va selon moi devenir alors médiocrement parisien, tout juste bon à faire rêver la province comme ceux qui n'osent pas ou ne peuvent pas avoir cette vie de rêve gay, visibles le jour et branchés la nuit. L'ennui s'installe. Les pages de mode succèdent aux confidences érotiques. Des reportages colonialistes nous parlent de garçons pas chers sous le soleil. Un quatre pages photo orne désormais les pages centrales. Des gays épanouis et si possible célèbres se font photographier dans leurs intérieurs parisiens. L'écrivain Jack Thieuloy nous explique que si on drague un mexicain, mieux vaut planquer son portefeuille. Le suivisme politique fait le reste. Désormais, des milliers de lecteurs n'achètent plus Gai Pied que le rythme hebdomadaire a de plus dérouté. Car il n'y avait pas, loin s'en faut, d'information hebdomadaire de l'homosexualité. À moins que cette décision soit celle de faire cracher quatre fois par mois les annonceurs comme les lecteurs. Un rythme insoutenable. Finalement, on n'achète Gai Pied que de temps en temps, environ une semaine sur trois. Cela dépend aussi de la couverture, et si elle n'est pas sexy ou titre sur le sida, les ventes chutent. Gai Pied est dans le piège qu'il s'est construit. Le guêpier que j'avais inventé avec Michel Foucault se refermait sur lui-même.GLB

De son côté, l'équipe sortante tentera de lancer en 1984, dès l'année suivante, un mensuel sur l'identité masculine dans l'axe des réflexions d'Elisabeth Badinter qui écrira un ouvrage fondamental quelques années plus tard intitulé « XY » Avec mon ami Pierre de Ségovia, j'avais par ailleurs suivi aux Hautes Etudes des réflexions sur ce sujet et écrit un essai que nous avions soumis à Michel Foucault pour une préface, mais c'était quelques mois avant sa disparition. Il s'agissait pour nous, comme pour la phrase qui servait d'exergue à Gai Pied, d’« échapper au guêpier des ghettos ». Travailler par exemple, et non plus seulement au sein d'un média gay, à la question de notre genre davantage qu'à celle de notre spécificité érotique. Malgré ses apparences, ce projet était profondément féministe. Le titre de ce mensuel en kiosque s'intitulait Profils. Il parut avec des articles de Jean Baudrillard, Nicolas Bréhal, Dominique Fernandez, Yves Navarre, Juan Pineiro ou Claude Olievenstein. On y retrouve également les premières contributions de jeunes journalistes comme Christine Bravo ou Christophe Martet. Philippe Brooks avait de son côté retrouvé la dernière interview de Roland Barthes, que nous avons publié.


L'échec de Profils fut patent, qui ne tînt que deux numéros et qui me convoqua devant les tribunaux avec 100 000 euros de dettes potentiellement imputables sur mes biens personnels. En fait, il n'y avait pas de lectorat : les gais s'attachaient de plus en plus à leur fraîche liberté identitaire, et les hétérosexuels n'avaient toujours pas digéré les irruptions sociales du féminisme et de l'homosexualité masculine.

En outre, aucun soutien médiatique ne parla de cette tentative de presse. Les journaux gays ne dirent pas un mot au sujet de cette aventure de presse, sauf évidemment quand le titre fut décédé, pour étrangement regretter qu'une parole ainsi disparaisse. J'avais pour ma part annoncé en 1982 le lancement de Samouraï dans Gai Pied malgré de virulentes réticences de l'équipe de direction : un simple respect d'information, quand bien même cela ferait de la publicité pour un concurrent. La presse homosexuelle utilisa le même procédé d'étouffement quand je lançai ensuite Mec Magazine en 1988 ou la revue culturelle h en 1996, un trimestriel qui existera deux ans et qui est davantage cité dans les ouvrages de réflexion aujourd'hui qu'hier dans les magazines gais d'alors. Aujourd'hui la presse masculine en kiosque, en regard de Profils il y a presque vingt ans, se porte bien. Nous avions eu raison trop tôt, et cela se paye toujours très cher.



Dans l'éditorial de Gai pied au cul, ce journal pirate rédigé par les démissionnaires de Gai Pied et notamment diffusé au sein de l'UEH de 1983, j'avais pronostiqué que le Gai Pied avait désormais son sida. Il survivra toutefois durant presque dix ans, mais sous perfusion financière du minitel, principalement le 3615 GPH, un rendez-vous lucratif complété par Gai Pied voyages, par Gai Pied boutique, ou par des ventes d'albums photographiques à l'échelle européenne. Gai Pied n'était plus qu'une grande surface de consommation, aux rayons fournis, aux antipodes des textes fondateurs du mouvement homosexuel. Pour autant, la concurrence était là, qui menaçait. L'allié d'hier, David Girard, s'était à son tour lancé dans la presse homosexuelle gratuite puis en kiosque, avec pas moins d'une demi-douzaine de titres. La direction de Gai Pied se lança alors dans la diffusion dans tous les lieux gais d'un gratuit, Paris Capitale. Ce sera un gouffre financier, comme pour de nombreuses autres aventures de la SARL éditrice de Gai Pied, les Editions du Triangle Rose. Son lectorat, pour un titre toujours leader sur le marché entre 1985 et 1990, se fera contradictoirement de plus en plus restreint. Il est vrai qu'issus d'une première scission de Gai Pied en 1981, Jacky Fougeray, René de Ceccaty, Gilles Barbedette et leur équipe, en lançant Samouraï puis Illico, avaient déjà écorné le monopole de Gai Pied en kiosque.



À partir de 1984, l'équipe restante de Gai Pied rappelle volontiers dans ses colonnes son glorieux passé, mais la censure s'était installée. On évite de citer le nom de quelques fondateurs ou démissionnaires. Pour les dix ans de Gai Pied paraît en 1989 un numéro spécial qui évoque sur des dizaines de pages l'histoire incroyable de ce journal. Le lisant, je réalisai que j'avais disparu, que je n'avais jamais existé. Une protestation de Daniel Defert, parue quelques numéros plus tard, s'étonnera dans le courrier des lecteurs que la direction de Gai Pied ose gommer ceux qui ne leur plaisent pas ou plus en pratiquant le gommage de l'histoire comme les staliniens retouchaient leur photos pour faire disparaître les opposants victimes de leurs purges.

Mais le pire n'était pas encore arrivé. Ma disparition de la mémoire journalistique avait amplifié la rumeur de mon décès par le sida dont certains me savaient atteint. Ruiné et isolé, je ne fréquentais alors plus les lieux gais où se construisent les rumeurs, où se font et se défont les réputations et les jugements à l'emporte pièce. Poussant parfois la porte d'un bar, j'apprenais que l'on était bien content de me voir, m'ayant cru emporté depuis longtemps par l'épidémie. On n'avait pas attendu que je sois mort pour m'enterrer. Parfois, quand d'autres se présentaient à l'entrée de Gai Pied rue Sedaine, des étudiants, des journalistes ou certains chercheurs étrangers qui souhaitaient me rencontrer apprenaient également que je n'étais plus de ce monde.

La protestation de Daniel Defert, fondateur de l'association Aides, ne changea rien à cette détestable attitude, aux antipodes de tout respect des êtres et de l'histoire. Trois ans plus tard, un best off des plus importants articles de Gai Pied fut édité. Si mes entretiens avec Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault figuraient en bonne place, il avait été décidé que je ne devais pas être au courant de cette parution. J'ai souvenir d'avoir perturbé le cocktail de lancement de cet ouvrage au Cirque d'hiver. On finit par m'offrir deux numéros du best Gai Pied avant que je ne sois expulsé par le service d'ordre, mon ami Emeric tentant de s'interposer à toute brutalité supplémentaire.

Je me suis depuis beaucoup interrogé sur la haine, la négation de l'autre et le mépris de l'histoire. Cela a sans doute enrichi mes écritures, dans ces années-là, sur la question de la déportation. Des années plus tard, au début des années 90, quand je rejoignis à nouveau le mouvement homosexuel pour la Gay Pride ou pour le lancement du Centre Gay et Lesbien de Paris, Gai Pied Hebdo était toujours en kiosque, qui ironisa cruellement chaque semaine sur ces réalisations associatives et collectives, attisant les rivalités entre les associations. Parfois le journaliste de Gai Pied restait à la porte de nos discussions tant nous savions le sort réservé à nos initiatives de la part d'un journal qui était pourtant directement issu de la dynamique du mouvement homosexuel.

L'avant-dernier numéro de Gai Pied se vendit moins bien que le premier numéro, treize ans plus tôt. Il était temps de fermer boutique, ce qui fut fait en octobre 1992, au 541ème numéro. La pompe financière du minitel n'avait pas cessé d'éponger les dettes et n'en pouvait plus. Ce n'était plus un journal, c'était un média assisté par des ressources indirectes. Le rapport au lecteur était falsifié d'autant. Une dernière formule avait bien été lancée, Eric Lamien ayant eu mandat d'inventer un nouvel axe journalistique, beaucoup plus militant, avec un pliage qui rappelait les premiers numéros. Il s'y épuisa car les militants ne revinrent pas et les derniers lecteurs n'y comprirent plus rien. L'équipe se laissa licencier en obtenant de prendre la parole dans les derniers numéros, chacun racontant son histoire avec Gai Pied. Ce ton émotionnel empêcha sans doute une occupation des locaux ou des procès sanglants comme lors de notre scission. Après quelques dernières tentatives de presse hasardeuses comme Projet X ou Café et après la vente de son réseau minitel, l'empire Gai Pied finit par être liquidé. Reste le débat sur les archives de ce journal, historiquement précieuses même si elles ne fonctionnent plus depuis dix ans. Elles sont actuellement en négociation pour le projet du CADHP, le Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris, qui devrait ouvrir d'ici deux ans dans notre capitale (en 2002, Ndlr).

De plus, quittant en 1983 la dynamique politique et associative pour une stricte exploitation du créneau gay, Gai Pied ne sut pas très bien quoi faire de sa gestion indirecte de certains rendez-vous de cette génération et à la dérive depuis la fin du CUARH. Un temps, Gai Pied les assuma, ce qui le relia absurdement à son histoire ancienne le bal du 14 juillet sur les quais de la Seine, le guide Gai Pied, le service Gai Pied emploi, le salon des associations gaies et lesbiennes ou un soutien logistique annuel à l'élaboration de la marche homosexuelle.



Plusieurs questions perdurent concernant les « Années Gai Pied » comme on dit parfois. La première d'entre elles concerne le sida. Aurions-nous démissionné si nous avions réalisé l'ampleur de cette épidémie ? En 1983, le virus venait tout juste d'être identifié par l'équipe du professeur Luc Montagnier et les voies de la contamination venaient à peine d'être définies, et le test n'existait pas. L'AZT puis les trithérapies étaient encore très loin. Nos amis n'étaient pas encore décédés de façon violente et rapide comme ce sera le cas jusqu'à la fin des années 80. De plus, le débat qui nous avait opposé était un débat politique.

Ce n'était pas un débat de santé publique ou communautaire, comme on a pu le lire par erreur. Nous avions publié dès les premiers numéros de Gai Pied de nombreux dossiers médicaux, mais ils étaient plutôt prophylactiques, autour des MST. D'autres articles étaient axés sur l'histoire de la répression médicale ou sur le coup de main habituel que les médecins et les sexologues fournissaient depuis des décennies aux familles et à l'ordre moral. Concernant ces années, on évoque souvent les écritures hasardeuses du président de l'AMG, l'Association des Médecins Gais, dans Gai Pied. On parle moins de l'interview que j'avais alors réalisé, celui d'un malade du sida, le premier dans la presse française, dès juillet 1982. Les médecins qui écrivaient dans le journal avaient tenté de me persuader de ne pas faire cette rencontre, qui eut lieu chez lui, rue de Clignancourt. Il décédera rapidement. Bien plus tard, après quelques propos irresponsables de Guy Hocquenghem dans Gai Pied, une chronique du quotidien du sida, animée par Franck Arnal et Pierre Kneip sera un véritable soutien pour les personnes atteintes. Nous, équipe sortante, n'avons mesuré que plus tard l'ampleur de la catastrophe. Mais nous n'étions plus à Gai Pied. Et nous avons unanimement regretté que ce journal emblématique de par son lien atypique avec ses lecteurs ne choisisse pas d'être un vecteur convainquant pour être au centre d'une vigoureuse incitation à la prévention contre le sida.



Quelques mois après cette démission collective, les contacts entre ceux qui restaient à Gai Pied et l'association Aides, qui venait de se fonder en 1984, seront catastrophiques. Pour ma part, je m'étais investi comme volontaire à Aides dès 1985, chargé avec Frédéric Edelmann et Jean-Florian Mettetal de l'information dans les bars gays du Marais. En 1985 également, deux ans après notre démission de Gai Pied, nous vînmes à l'Université d'été de Marseille, avec Daniel Defert, où Gai Pied était absent, expliquer ce que nous commencions à savoir et à comprendre du sida, non sans rencontrer de véritables résistances auprès de certains militants.

 

Plus tard, avec les associations gaies et lesbiennes de Paris, nous pûmes reprendre pied dans une Gay Pride dévoyée par d'uniques slogans publicitaires. Gai Pied n'appelait même plus à participer à la marche. Je fus élu démocratiquement en 1988, avec Catherine Marjollet et Dominique Touillet, au bureau d'une Gay Pride parisienne qui deviendra ensuite nationale et régionale, et qui connait aujourd'hui le succès que l'on sait. L'année suivante, en 1989, pour la première fois, Aides défilera dans la marche ainsi qu'Act-Up, qui venait de se fonder. Le dialogue entre le mouvement homosexuel et celui de lutte contre le sida put ainsi reprendre. Il durera sept ans, avant de se briser à nouveau sur l'opération coup de boule d'Act Up Paris au Sidaction de 1996, qui ruina pour longtemps les associations de lutte contre le sida.


Que conclure après ce bref exposé sur l'histoire de Gai Pied, le premier que je fais ainsi devant vous, dix ans après sa disparition et presque vingt après ma démission ? (en 2002, Ndlr) Dire qu'il est toujours difficile d'en parler. Peut-être aussi parce que Gai Pied est devenu un mythe. Parce que son lecteur a eu un rapport émotionnel, souvent identitaire avec ce journal. Pour moi, l'aventure de Gai Pied, en tout cas celle que j'ai vécu, entre 1979 et 1983 est une des fiertés de ma vie, dans le sens où ce journal a également donné du courage, des références historiques et culturelles ainsi que les moyens de se rencontrer à ses lecteurs, c'est-à-dire à toute une génération qui osa demander Gai Pied un jour à un kiosquier. Cette aventure était collective et faite d'indéniable courage, d'un côté comme de l'autre.

La scission de 1983 me marque toujours pour ses doses de trahison, de volonté d'oubli, de rejet et d'irrespect fondamental. Le Gai Pied tomba dans le guêpier du consumérisme, de la désinformation et du parisianisme. L'unique hebdomadaire homosexuel au monde des années 80 et 90, est donc mort pour avoir abandonné son projet social.


 

Gai Pied appartient à l'histoire d'une génération. Depuis, elle a sans doute vieilli. Mais je préfère me souvenir de cette génération de militants, d'étudiants ou de jeunes enseignants qui se sont investis dans Gai Pied. Car ce journal a de plus été dans le même temps une formidable école de journalisme. Ces journalistes, qui sont restés solidaires, sont aujourd'hui dans tous les médias radio, presse ou télévision importants de ce pays. Mais mon émotion est toujours là car autant les premières années de Gai Pied ont comblé toute une génération avec ce courage de se lancer dans l'écriture et d'autres d'oser l'acheter en kiosque, autant nous restons tristes de cette fin de Gai Pied.


 

Ce journal ne méritait pas cette fin. J'ai aimé vous le dire.

Merci.





Article publié avec l'amicale autorisation de © Jean Le Bitoux.

Un grand merci à France QRD et à Donald Suzzoni.
Première publication sur France QRD.
 
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 22 avril 4 22 /04 /Avr 15:18



Jean Le Bitoux :

Le guêpier des années Gai Pied  (1/2)


Jean Le Bitoux, né en 1948 à Bordeaux, est un journaliste français.

Issu du baby boom des années 50, Jean le Bitoux est une figure du militantisme homosexuel français. Fondateur du journal Gai pied en 1979, il n'a cessé depuis de lutter pour la reconnaissance et les droits des homosexuels en France.

C'est à Nice, au sein du mouvement homosexuel local, que Jean Le Bitoux fait ses premières armes de militant. Monté à Paris, il est candidat aux élections législatives de 1978, puis crée en 1979 le journal Gai Pied avec l'aide de quelques amis. Mis en minorité en 1983 pour des raisons économiques, il démissionne du journal avec la quasi-totalité des journalistes. Le journal continue sans lui et disparaitra en 1992, après 541 numéros.

Jean Le Bitoux s'investit également dans la lutte contre le sida, en participant à Aides dès 1985. Il fait partie d'une association qui se propose de créer à Paris un Centre d'archives gaies, avec le soutien de la Mairie de Paris. Très attaché à l'histoire et à ses oublis, il milite activement pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Intellectuel et activiste, Jean Le Bitoux fut parfois vu comme un carrefour entre les médias et les intellectuels, philosophes ou écrivains, dont la pensée pouvait enrichir les revendications politiques du mouvement homosexuel.


 

En avril 1979, lorsque sort dans 2000 kiosques de France le premier numéro du mensuel Gai Pied, la situation politique est extrêmement tendue. Un an plus tôt, les élections législatives ont été perdues par la gauche, contrairement à toutes les prévisions. Giscard a refusé sa grâce au dernier condamné à mort et les mouvements d'extrême gauche sont aussi virulents que victimes de sévères répressions.


Dans ce climat liberticide, de nombreux militants homosexuels décident pourtant de ne plus privilégier l'activisme militant et choisissent de s'investir dans le lancement d'un média de presse d'information, de liaison et de visibilité homosexuelles. Cette présence en kiosque est en effet un défi politique en soi, alors que toute la presse homosexuelle a été interdite l'année précédente et que Libération ou le Nouvel Observateur sont régulièrement traînés devant les tribunaux pour oser publier des petites annonces de rencontre. Ces militants qui vont devenir des journalistes, appartiennent aux GLH, les Groupes de Libération Homosexuels, et principalement au GLH Politique et Quotidien de Paris. De nombreux responsables des GLH dans les régions deviendront les correspondants de Gai Pied.

Quelques mois plus tôt, un camp d'été avait réuni les protagonistes de ce projet, au Maazel, en Provence. Nous avions annoncé ce camp d'été et de travail notamment par une petite annonce dans Libération. La police s'en était inquiétée, qui était venue nous rendre visite dans ce manoir du XVIIe siècle à moitié en ruines que son propriétaire, un ami d'Avignon, nous avait laissé pour l'été avant de le mettre en vente, définitivement haï par tout le pays. Nous y vécûmes à une trentaine, avec une fête tous les soirs. Une nuit, tous les pneus de nos voitures furent lacérés. Sur la place du village, un car de police nous observait ostensiblement à l'heure du pastis. Mais nous avions l'habitude, et nos réunions de travail, en journée, furent très fructueuses. Nous n'avions pas lieu d'être intimidés par une certaine hostilité locale, car ce n'était pas notre premier camp d'été. J'avais déjà chroniqué sur une page entière dans Libération celui de l'année précédente avec nos amis d'Amsterdam les Rooie Flikkers, un rassemblement qui avait également suscité quelques secousses telluriques en plein pays du Quercy.

Pour ce projet de journal, nous disposions du soutien de nombreux intellectuels. Ils avaient été très attentifs à nos années précédentes d'agitation politique, notamment en janvier 1978 lors du festival de films de la Pagode, lorsque nous avons été à la fois victimes d'une interdiction gouvernementale, de l'attaque d'un commando d'extrême-droite et de deux manifestations de rue réprimées par la police, l'une aux Tuileries et l'autre en pleine nuit rue Sainte-Anne.

Guy Hocquenghem et moi-même étions alors candidats à Paris et en campagne pour les élections législatives de mars 1978, avec également Alain Secoué et François Graille. L'attaque du deuxième festival de films gais et lesbiens de Paris, après celui de Frédéric Mitterrand dans le 14e arrondissement, n'était pas anodine car elle nous visait : après avoir frappé les spectateurs et emporté la caisse, les néonazis nous avaient en effet physiquement menacés dans un communiqué de presse. Pendant la campagne nous ne dormions plus chez nous.

Nous demandions principalement l'abrogation de l'article 331 du maréchal Pétain. Notre but : que les médias relaient notre revendication. De nombreux articles de presse concernant nos candidatures nous sauvèrent la mise tandis que nous n'espérions rien du résultat des urnes, n'ayant même pas de bulletins de vote. De son côté, le sénateur Caillavet nous entendit le premier, qui déposa pendant cette campagne électorale une proposition d'abrogation de cette loi vichyste. Les intellectuel/les nous avaient alors soutenu, telle cette pétition concernant nos candidatures homosexuelles, signée notamment par Xavière Gauthier, Arrabal, Jean-Louis Bory, Yves Navarre, Copi, Gilles et Fanny Deleuze, Félix Guattari, René Schérer, Maurice Nadeau, Madeleine Renaud, Christiane Rochefort, Simone de Beauvoir, André Glucksmann, Marcel Carné ou Marguerite Duras. Ils continuèrent donc à nous soutenir.

Au cours d'un de nos dîners d'amitié, je parlai de ce projet de presse au philosophe Michel Foucault. Je maintiens qu'il me proposa lui-même le titre de Gai Pied pour ce mensuel. Il écrivit dans le premier numéro un article sur les homosexuels et le suicide. En outre, avant Gai Pied, pendant Gai Pied et après, il répondit toujours positivement à toutes mes demandes d'entretien. Dans le numéro deux et le numéro trois, un grand entretien avec Jean-Paul Aron interdira également à la censure de frapper. Puis Tony Duvert proposera des mots croisés et Yves Navarre une chronique culinaire. Pour fêter dignement la première année de Gai Pied, Jean-Paul Sartre acceptera un long entretien qui permettra à notre journal d'acquérir une audience conséquente de qualité et de référence au delà de nos réseaux.

Ce "paratonnerre" de soutien intellectuel et culturel de Gai Pied, ainsi solidement mis en place, permit pendant des années, malgré des photos, des récits, des petites annonces ou des opinions qui décoiffaient, à ce journal sulfureux auquel s'identifiait toute une génération, de ne pas être inquiété par la justice. J'ai souvenir qu'un jour, au hasard d'un entretien pour le Gai Pied, le ministre de l'Intérieur Gaston Deferre nous avait fait gentiment savoir en off qu'il nous faudrait des fois relire certaines petites annonces qui risquaient tomber sous le coup de la loi. Et quand, presque dix ans plus tard, un de ses successeurs à l'Intérieur crut avoir enfin la peau de Gai Pied, Charles Pasqua fit une lourde erreur, le ministre de la culture de son propre gouvernement, François Léotard, se désolidarisant de cette censure de presse moraliste d'un autre âge. L'affaire fut enterrée, au dépit de tous les homophobes de la classe politique.

L'équipe fondatrice de Gai Pied avait par ailleurs choisi de faire une coupure entre journalisme et militantisme. Cela ne fut pas toujours bien compris. J'avais pour ma part, au sortir des éprouvantes élections législatives de 1978, démissionné du GLH et signé un témoignage dans Libération au titre d'inspiration situationniste : "De la misère relationnelle en milieu mili-tante". Une fois ce projet de presse ficelé, nous sommes allés dans l'automne 1978 le présenter à une réunion nationale homosexuelle non loin de Lyon où se retrouvaient les GLH des régions et les CHA, le Comités Homosexuels d'Arrondissement de Paris, qui avaient succédé au dernier GLH de Paris, le GLH PQ. Nous avons déclaré que, ce projet étant également professionnel, nous souhaitions dégager du salariat pour consolider cette aventure. L'idée que notre engagement social ose s'appuyer sur du salariat offusqua de nombreux militants homosexuels. La sortie des années soixante-dix était décidément difficile. C'est pourquoi, dans l'été 1979, tandis que la première université d'été de Marseille s'ouvrait et que Gai Pied était déjà en kiosque, Jacky Fougeray, rédacteur en chef de Gai Pied et moi-même décidâmes de plutôt nous rendre à Francfort pour le rassemblement du mouvement homosexuel allemand, dans un campus universitaire avec Gay Pride dans la ville.



Le CUARH fut fondé à cette première UEH de Marseille. Entre les anciens militants de Gai Pied et ceux du CUARH s'exprimera souvent un rapport aigre-doux avec de nombreux droits de réponse. Le CUARH, hormis faire abroger l'article 331, ce qu'il réussit par des manifestations incessantes, décidera de lancer son propre mensuel, Homophonies, sans doute insatisfait de la place que lui laissait le Gai Pied dans ses colonnes. Refusant longtemps de publier des annonces de rencontre ou des nus masculins qui agressaient les lesbiennes du journal du CUARH, Homophonies, alors qu'il abordait vaillamment comme nous la délicate question de la pédophilie, critiquera également l'insuffisante mixité de Gai Pied, ses photos qui exhibaient des sexes masculins et ses petites annonces par trop sexistes, sans vouloir comprendre le défi ainsi porté face à la censure.

Toutefois, tout le temps où je dirigeai Gai Pied Hebdo, une chronique lesbienne fut régulièrement publiée, libre d'expression, et même si nous savions que la proportion de lesbiennes qui lisait notre hebdomadaire était extrêmement minoritaire, de l'ordre de 1 à 2%. Plus largement, j'ajouterai qu'en quatre ans de direction de Gai Pied, je ne subis jamais un procès pour falsification de propos ou pour obstruction à la liberté d'expression. Je m'en honore alors que plusieurs centaines de personnes, connus ou inconnus, publièrent leurs écrits dans Gai Pied entre 1979 et 1983.

Le contenu de Gai Pied se partageait entre l'information internationale, politique et des régions, la critique culturelle, le soutien de nombreux artistes, les petites annonces et le courrier des lecteurs que je suivis personnellement quatre ans durant, échangeant notamment avec le malaise grave de certains d'entre eux. Car pour moi, Gai Pied était d'abord le journal de ses lecteurs. Tous les ans, des rencontres avaient lieu dans les principales villes de France, et je sautais souvent dans des trains pour rencontrer ceux qui ne vivaient pas les facilités de la vie parisienne, pour entendre aussi les critiques de lecteurs qui le trouvaient trop ou pas assez militant.

Question finances, le démarrage de Gai Pied avait bénéficié pour son lancement de traites solidaires concernant l'imprimerie de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Il avait également bénéficié de plus d'un an d'hébergement dans mon appartement du 188 Boulevard Voltaire, temps au bout duquel nous pûmes louer une minuscule boutique au 64 de la rue de la Folie Méricourt avant d'investir, dans les années Mitterrand, le local plus confortable du 45 de la rue Sedaine, toujours dans le onzième arrondissement de Paris. Quant au premier salarié, ce fut le standardiste qui cumulait également les fonctions d'accueil, d'information et d'orientation. Le succès sera au rendez-vous, révélant également des vocations, confirmant des intelligences et des carrières journalistiques. Les ventes mensuelles s'élevèrent à plus de 30.000 exemplaires au printemps 1982.

 

Un insidieux débat, celui de l'argent, fera basculer l'histoire de ce journal. D'abord très réticent, je finis par admettre qu'un passage à l'hebdo de ce mensuel ne pouvait qu'accroître sa force d'impact au niveau politique et médiatique. Mais le rythme publicitaire s'emballa. On me signala amicalement qu'une publicité valait des milliers de lecteurs potentiels. Il fallait choisir entre un lectorat désormais captif mais pas exponentiel et les ressources faramineuses d'un champ publicitaire qui s'ouvrait. Pourtant, et malgré mes efforts notamment auprès des éditeurs, cette utopie marqua rapidement le pas. La manne publicitaire se limita donc à suivre l'expansion économique du milieu gay dont nous avions ouvert et soutenu bon nombre de nouveaux espaces de liberté en tant que militants, quelques années auparavant. A la direction, m'inquiétant d'une médiocrité qui nous menaçait, un responsable du journal me répliqua : "Après tout, les homosexuels n'ont que la presse qu'ils méritent!". Les lecteurs étaient injuriés, les journalistes étaient humiliés.


Avec le passage à l'hebdo, à l'automne 1982, la publicité gay avait tout envahi : la couverture, des publi-reportages qui copiaient notre maquette, les pages de consommation qui renvoyaient à la publicité, des fausses petites annonces, etc. David Girard y faisait paraître à prix d'or ou par complicité des encarts ("David, 20 ans, masseur") qui ressemblaient fort à de la prostitution. Nous n'avons jamais retrouvé son diplôme de kinésithérapeute au tribunal de commerce. Du coup, de nombreux prostitués demandaient à leur tour à être publiés. En tant que gérant et directeur de la publication, je risquais des peines de prison ferme pour proxénétisme. Je demandais donc la démission du responsable de la publicité, que j'obtins. Mais je n'eus jamais accès aux stratégies des négociations publicitaires. C'est alors que je me posai la question de continuer à être responsable d'un bateau ivre.

L'on indiqua également à l'équipe journalistique qu'il fallait cesser de critiquer des établissements qui annonçaient dans le journal. Certains saunas et certaines boites de nuit, qui annonçaient grassement dans notre hebdomadaire, pratiquaient pourtant le racisme ou la discrimination de l'âge. Politiquement au sens large, ce n'était pas plus simple. La célèbre couverture de Mitterrand avec sa déclaration et l'interrogation sur sept ans de bonheur fut chèrement acquise en direction. Plus tard, lors des massacres de Sabra et Chatila, après une épique protestation, on nous permit de publier in extremis un article qui était resté longtemps bloqué à la direction alors que Le Monde publiait en une un célèbre reportage de Jean Genet sur cette tuerie et présent parmi ces cadavres.

Nous devions cesser d'être politiques. Notre passé militant n'était plus évoqué, même entre nous. Comme un passé honteux, alors que la modernité nous appelait. De plus le rythme hebdomadaire obligeait l'équipe journalistique à écrire pour quatre ou cinq numéros à l'avance. L'actualité n'avait plus de hiérarchie, de sens, de relief alors que le militantisme était en crise et que le sida n'allait pas tarder à faire ses ravages.

 

En juillet 1983, nous fûmes une trentaine à démissionner de Gai Pied et nous sommes venus nous en expliquer ici, devant l'université de Marseille. Nous avions imprimé en 24 heures un petit journal d'explication intitulé "Gai Pied au cul". Un vote en Assemblée Générale nous avait mis en minorité au terme de batailles frontales d'une rare violence psychique et verbale, assorties de menaces sociales. L'AG avait désavoué la majorité des journalistes. Je fus le seul à la direction à soutenir leur protestation et le seul salarié à démissionner avec eux. Les autres votèrent, notamment les administratifs et les investisseurs, arguant de la fragilité financière du journal contre notre projet de restaurer une éthique journalistique en péril dans cette historique aventure. Mais il était trop tard : Foucault, Fernandez, Aron ou Duvert avaient déjà cessé de collaborer.

Nous démissionnons aussi car nous pensons que nos lecteurs sont abusés chaque semaine. Parmi ceux et celles qui décident de quitter ce journal, il y a Françoise d'Eaubonne, Yves Navarre, Olivier Drouault, Dominique Robert, Yves Edel, Jean Georges, Antoine Perruchot, Angélique Kouroulis, Daniel Guérin. Il y a également la totalité des correspondants régionaux dont Yves Chatelier, Georges Andrieux, Pierre de Ségovia, ou internationaux comme Jordi Petit à Barcelone, Dennis Altmann à Sydney, Philippe Adam à Berlin ou Alain-Emmanuel Dreuilhe à New-York. L'affaire fit grand bruit : dans la presse française, on n'avait jamais vu une telle équipe, soit plus de trente personnes, claquer ainsi la porte, et un fondateur démissionner de son propre journal. Contrairement au procès contre Hersant qui venait d'avoir lieu concernant Le Figaro, notre équipe journalistique ne put faire valoir la clause de conscience. Le tribunal estima sans doute qu'il s'agissait là d'une querelle interne.

 

 
Article publié avec l'amicale autorisation de © Jean Le Bitoux.
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 21 avril 3 21 /04 /Avr 18:54

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Jean Le Bitoux, fondateur de Gai Pied et grand militant homosexuel, est mort la nuit dernière, selon les informations de nos amis de Yagg.com. Il était né à Bordeaux en 1948. Monté à Paris, il fut candidat aux élections législatives de 1978. Jean Le Bitoux avait fondé le magazine Gai Pied en 1979. Il avait fait l'honneur de collaborer au blog Les Toiles Roses lors de notre mois spécial pour les 40 ans des émeutes de Stonewall. Nous en reparlerons plus longuement très vite pour lui rendre hommage. L'équipe de Les Toiles Roses, très triste, s'associe à ses proches, ses ami(e)s, ses lecteurs(trices) et pense que tout homosexuel(le) doit se sentir peiné(e) par cette perte... Car nous lui devons  toutes et tous beaucoup...

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 21 avril 3 21 /04 /Avr 06:07
Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Mardi 20 avril 2 20 /04 /Avr 18:39

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par Daniel Conrad Hall

Rédacteur en chef de LES TOILES ROSES


Pour cette troisième rencontre d’une longue série, je veux vous présenter un véritable coup de cœur... Halim Corto m'a contacté il y a plusieurs mois grâce à Facebook et m'a indiqué le lien de sa chanson « Juste par amour » disponible sur YouTube. Celles et ceux qui me connaissent ou me lisent depuis tant d'années savent que je ne pouvais qu'être atteint au plus profond de mon âme par ces paroles, cette vidéo (amateure) et surtout cette voix. Parce que Nabil et Issam, ce pourrait être mon petit poussin musulman de mon cœur qui va lire ce billet avec plaisir. J'ai demandé à Halim son numéro de téléphone. Nous avons parlé de nos vies respectives, de nos goûts, de nos principes, de tout ce qui pouvait nous unir plutôt que nous séparer. Et, je peux vous l'avouer, non seulement il y a eu une véritable "communion" d'esprits mais surtout à aucun moment, il ne m'a demandé de faire sa promo comme des dizaines me le demandent chaque semaine. Au contraire, j'ai beaucoup tardé par respect et pudeur pour lui. En dehors des reprises d'autres chansons, il m'a envoyé une autre de ses compositions « Je ne l'ai pas choisi » (que vous entendrez bientôt ici) et là, je me suis dit que ce mec avait autant de grandeur, de courage et de talent que Samir Bargachi, Abdellah Taïa, Brahim Naït-Balk... Pour tout vous avouer, non seulement j'aime cette voix (chaude et impliquée) et cette cause qu'Halim défend, mais en plus dans la vraie vie c'est un jeune homme humble, trop humble... Alors voilà, je vais vous le faire découvrir avec cette interview mais j'ai aussi décidé de me battre (avec vous !) pour qu'un premier album soit produit. Nous en reparlerons très vite car j'aimerais que le chanteur Halim Corto naisse aux yeux du grand public sous la clarté humaniste et fraternelle d'une étoile rose. Je ne doute pas une seule seconde, chère lectrice, cher lecteur, de France et d'ailleurs (et surtout mes amis du Maghreb) que vous m'aiderez à faire entendre le plus loin possible la voix de l'amour et de la différence.


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HALIM CORTO :

« Dieu a placé en nous le plus beau des sentiments : l’amour. Alors pourquoi et au nom de quoi l’humain pourrait-il me l’enlever ? »

 

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Les Toiles Roses : Halim, pourrais-tu te présenter à nos lectrices et lecteurs ?

Halim Corto : Bonjour à toutes et à tous, je me présente : je m’appelle Halim Corto et je suis un jeune auteur/compositeur/interprète aux couleurs jazz R’n’B soul… J’ai 26 ans et je suis un amoureux de la vie, de la musique et de l’amour. D’un caractère rêveur et humain, je suis fortement sensibilisé à la souffrance que l’homme impose à son prochain.

 

Halim, tu as déjà un certain parcours derrière toi en terme de concerts et même de passages télés (X-Factor). Peux-tu nous retracer ton parcours artistique ? Que représente la chanson pour toi ? Une vocation ou un métier ?

Tout petit je chantais déjà. J’avais à peine 10 ans que je donnais mon premier concert ; 15 ans et je terminais 9ème sur 150 au casting de l’émission Graines de star… Par la suite, je me suis retrouvé bloqué par ma vie professionnelle et j’ai fait le triste choix de laisser un peu tomber la musique sans jamais la perdre des yeux et surtout du cœur. Voilà 3 ans que je me suis mis à l’écriture de mes chansons et ma participation à l’émission X-Factor me donne encore plus d’espoirs aujourd’hui. Mais avant toute chose, je voudrais faire passer à travers ma musique un message d’espoir et lutter contre l’homophobie, le racisme, le sexisme, l’hypocrisie et essayer d’ouvrir les yeux sur un nouveau monde pour ceux qui, par bêtise ou pseudo éducation, sont restés bloqués au Moyen Âge.


 

 

Pour mon plus grand plaisir, nous avons plusieurs fois parlé de longues heures au téléphone suite à la découverte du premier titre que j’ai entendu de toi : « Juste par amour ». Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as voulu écrire les paroles et l’interpréter ?

Voila cinq ans qu’un drame inhumain s’est déroulé en Iran, l’exécution de deux jeunes en place publique pour « HOMOSEXUALITÉ »… C’était insoutenable mais étrangement cette horreur est passée quasi inaperçue aux yeux du monde… Est-ce par honte ? Par hypocrisie ? Pour ne pas faire trembler les mentalités extrêmes ? Dans tous les cas, moi, je refuse de fermer les yeux sur cet acte barbare, et en écrivant cette chanson j’espère juste une chose : c’est que l’homophobie connaisse une forte régression. Et j’espère de tout cœur que ces deux jeunes, qui n’avaient même pas atteint l’âge de vingt ans, reposent en paix.


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Cette homophobie meurtrière dans de nombreux pays, tu l’expliques comment ? À cause la religion ?

Par des enseignements datant de l’Âge de pierre, complètement obsolètes aux yeux de certains bien heureusement mais pas pour une majorité hélas : trop de non-dit, de choses cachées, la discrétion, la perversion de certains esprits venant de la frustration de la sexualité (et des sentiments). Pas la religion en elle-même, mais l’interprétation que certains extrémistes et pauvres gens en font pour conforter leurs idées rétrogrades (un vrai formatage). Ils menacent de craindre Dieu et son jugement, profitent de leur « aura » pour faire croire ce qu’ils veulent en jouant sur la peur, l’inconnu, la différence… C’est de la persécution mentale, c’est là qu’on peut remarquer que l’homme est prêt à tout inventer pour respecter des codes, des pseudos valeurs, qui se résume au syndrome des « 3 singes » : je ne vois pas… je ne dis pas… je n’entends pas… Ceci est plus que malsain et dangereux pour tout le monde.


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Ce n’est pas un secret : tu es français « d’origine maghrébine », comme diraient « certains », sur une branche de ta famille mixte, et tu es musulman et gay. Comment l’as-tu vécu et en as-tu souffert dans ton parcours personnel avant de vouloir écrire, chanter, militer artistiquement ?

C’est évident, car entre deux terres, deux cultures, ce n’est déjà pas très simple mais quand se rajoute une sexualité différente de la « norme », c’est vraiment très complexe premièrement, pour soi, de se chercher, se trouver et pour les autres de comprendre et accepter ! Ajoutez à cela les mots : pédale, bougnoule, zamel, pédé et j’en passe et vous comprendrez… Le plus difficile a été de l’annoncer à ma mère (mon père étant décédé il ne l’a jamais su), sa réaction a été très violente, pour elle ça a été un réel drame ; il y a maintenant bientôt 8 ans qu’elle le sait et à présent tout va beaucoup mieux, AL AMDULILAH… Le reste des gens peut me juger, je m’en moque. L’essentiel a été de l’annoncer à ma douce maman. Beaucoup de personnes ont essayé de me dissuader de parler de mon identité et de ma sexualité dans mes chansons comme dans ma vie, mais jamais, je dit bien JAMAIS, je le ferai ! Nous avons tous un devoir, et même si le mien n’est qu’une toute petite marche pour d’autres, je le ferai encore et encore car beaucoup de jeunes attendent qu’on les aide, beaucoup se suicident, car ils ne supportent plus leur différence ou les conflits que ça leur crée avec eux-mêmes et à causes des autres. Battons-nous… Soyons fiers de ce que nous sommes…


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Avec « Juste par amour », tu as aussi décidé de chanter pour ceux qui vivent le problème complexe d’être gays et musulmans. C’est un combat pour toi ? Juste pour une partie de ce que nos détracteurs appellent une « communauté » ou pour toutes et tous ?

Je dirais juste que ma foi est intime, c’est une relation fusionnelle entre moi et Dieu ; et peu importe l’humain, chef religieux ou non, à mes yeux il ne reste qu’un humain et il n’a pas à intervenir dans ma vie, mes choix et mes sentiments. Dieu a placé en nous le plus beau des sentiments : l’amour. Alors pourquoi et au nom de quoi l’humain pourrait-il me l’enlever ?

Je suis un homme de cœur, un romantique des temps perdus (rires), je suis très sensible, romantique et fidèle ; quand j’aime, j’aime d’un sentiment pur, sans perversité ni maladie mentale. Je n’ai rien à me reprocher sur ma vie intime ni ma vie religieuse, et pour moi on peut être gay et croyant.

 

Quelle a été la réaction du premier public que tu as eu en la chantant en live ?

Ils étaient touchés ; certains l’ont reçue comme une délivrance. Je n’ai pas eu de mauvais retour en concert. Est-ce un signe d’espoir ?


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Tu m’as aussi fait pleurer (et c’est vrai, tu le sais, je t’ai appelé très vite) lorsque j’ai écouté « Je ne l’ai pas choisi ». Peux-tu nous raconter la genèse de ce titre que nous diffuserons dans quelques semaines ?

Avec grand plaisir. Voilà un an, j’ai rencontré le plus beau trésor du monde ; nous nous sommes aimés d’un amour inimaginable, mais maghrébin lui aussi, sa famille s’est totalement opposée à son identité et sa sexualité. Il a été forcé de faire le cruel choix entre moi et sa famille (le mariage). Et aujourd’hui malgré les kilomètres et le destin qui nous séparent, je sais que nous nous aimons toujours aussi fort. C’est pourtant si dur de continuer à vivre sans une moitié de soi…

Mais il faut tenir le coup en apparence… C’est peut-être plus facile de rester dans le mensonge… Mais certains se font toujours exécuter pour homosexualité, alors que faire ? Moi, j’ai fait le choix d’assumer et certes c’était très dur les premiers temps, mais à présent je suis libre de tout ça ! Du mensonge, des condamnations et des jugements…

 

Puisque tu te produis en public, tu as du faire un coming-out auprès de ta famille et de tes proches. Par le biais de la chanson est-ce plus facile ?

Non pas vraiment, la musique pour moi est un moyen plus difficile car quand je chante je suis entièrement à nu, on lit en moi comme dans un livre ouvert. Donc c’est plus dur pour moi de le chanter que d’en parler. Le plus facile en fait, je pense, pour en parler c’est avec humour… Tiens, je vais te révéler un secret : je fais très souvent rire mon entourage en imitant Chouchou, le personnage de Gad Elmaleh ; pour ceux qui connaissent pas les spectacles et le film de Gad, Chouchou est un personnage gay d’origine marocaine ayant des manières féminines mais avec l’accent du bled, c’est juste révolutionnaire à mes yeux… (rires) D’ailleurs bravo Monsieur Elmaleh, je suis fan…


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Tu m’as affirmé que ton combat touchait aussi les jeunes gays, musulmans ou pas, vivant dans les cités. Y a-t-il pour toi une différence entre gays musulmans et les autres dans les cités ? Comment vois-tu la situation à l’heure actuelle ?

La situation est grave. Certains jeunes salissent et d’autres se salissent. Les jeunes homos sont persécutés. Savent-ils vraiment ce qu’est l’amour ? Ils ne savent plus le donner ni le recevoir. Comme beaucoup, et comme moi, ce sont surtout des jeunes meurtris, écorchés vifs, pas de différence pour moi comme dit Kary James :

Moi j'rape pour les Noirs, les Arabes et les Blancs

Saches que je suis pas de ceux qui feraient la différence

Ta couleur de peau pour moi ne fait aucune différence

Y a pas de couleur pour aimer, pas de couleur pour souffrir

Pas une couleur qui t'empêche de mourir

Pas une couleur pour s'aimer, pas une couleur pour sourire

Pas une couleur pour pleurer et  tu le sais…

On a fermé les yeux sur trop de choses ! Être homo, c’est normal et il faut le crier au monde ! Peu importe notre couleur, nos opinions politiques ; peu importe la famille ou la religion, nous avons des droits, nous sommes des humains et nous avons notre place nous aussi…

 

Tu as décidé d’incarner un noble et courageux combat contre l’obscurantisme, la tradition, la bêtise et la haine ordinaire. Est-ce que cela te fait peur ? As-tu déjà eu des retours négatifs ou des mauvaises surprises depuis ?

Quelques retours, hélas, par emails… Dont une femme qui m’a insulté de « sodomite » et mille autres mots aussi charmants, mais parce que je suis comme je suis, je lui ai toujours répondu poliment. Et à la fin de notre dialogue (d’au moins 20 pages), je l’ai invitée à relire tous nos échanges et je lui ai demandé avec respect : «  Madame, qui d’entre nous est le plus sale ? »

Quelques autres messages me sont arrivés et me disaient de craindre Dieu, etc. Mais rien ne me fera arrêter la cause que je veux défendre. Je le répète : je suis fier d’être ce que je suis… Et je le serai jusqu’au bout si Dieu le veut.


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Quels sont tes projets futurs ?

Je suis en plein enregistrement de mon premier album, en espérant qu’il sorte un jour et que mon travail soit reconnu et ma cause entendue. Je me fous d’être une star de la télé, ce que je veux vraiment, du fond du cœur et de l’âme, c’est que ce message passe.

 

Comment nos lectrices et nos lecteurs peuvent-ils t’aider ? De quoi as-tu besoin ?

Pour m’aider au niveau de mon message contre l’homophobie, il faut écouter ma chanson sur YouTube « Juste par amour » et faire tourner le lien à toutes vos connaissances. Pour m’aider à la production de l’album, je suis inscrit sur le même site qui a lancé Grégoire «  My Major Company ». Vous pouvez également m’ajouter sur Facebook.

 

Je te l’ai dit longuement, je suis touché par ta démarche et ton talent. Je vais te poser une question difficile : « Avec tout ce que nous voyons en France et dans le monde, l’amour c’est encore possible, surtout si tu t’exposes ? »

Je l’espère et c’est ce que je souhaite à toutes et tous : être ENFIN en amour et en harmonie.

 

Pour toi, un monde idéal, ce serait quoi ?

Je citerais quelques mots qui me tiennent à cœur : tolérance, paix, respect, mélange, amour, amour, amour, évolution… et encore AMOUR.


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Halim, je t’ai proposé de tenir une chronique sur Les Toiles Roses sur ta vie, tes sentiments, ta cause, notre cause et tes projets, tu acceptes ou pas ? Si oui, as-tu déjà une idée de ce qu’il y aura dedans ?

J’accepte avec plaisir, Daniel. Je vais essayer d’être le plus régulier possible, je vous tiendrai au courant des avancements sur les questions que l’on m’aura posées s’il y en a, mais aussi des critiques (qui ne me surprendront pas) et bien entendu de l’avancement de l’album, voire d’une éventuelle tournée…

 

Qu’est-ce que tu aurais envie de crier, sans réfléchir, pour que cesse l’homophobie et ses ravages partout dans le monde ?

Qu’attendez-vous pour être heureux ???


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Halim Corto avec Amel Bent

 

Halim, ça te dirait si on se battait ensemble pour ça ?

Évidement. Merci mon cher Daniel.

 

C’est moi qui te remercie Halim. Et tu le sais, tu as déjà un fan numéro 1 et un ami. Je t’embrasse chaleureusement. Et nul doute que nos lectrices et lecteurs aussi.

 

Toutes les photos sont © Halim Corto et leurs auteurs. Tous droits réservés.


Lire les autres Gâteries du Chef
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA GÂTERIE DU CHEF
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Lundi 19 avril 1 19 /04 /Avr 10:51

Suite au témoignage de Yoann Lemaire et à son combat contre l'homophobie dans le milieu du football (amateur et professionnel), le président Jean-Pierre Escalettes de la Fédération Française de Football vient de répondre à la lettre ouverte du Paris Foot Gay, relayée par le blog Les Toiles Roses, concernant l'attitude d'un joueur du FC Chooz et de l'inertie du comité et du président de ce club. Nous vous livrons cette réponse :

 

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Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 18 avril 7 18 /04 /Avr 11:31
  
Visuel : (c) GayClic

Le retour de la revanche de la riposte de la contre-attaque de l'affreux barjojo... 2ème partie.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]




Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 18 avril 7 18 /04 /Avr 11:28

http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg


Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 17 avril 6 17 /04 /Avr 12:25
banniererozen.jpg hugo.jpg


Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

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2010 : L'Odyssée de l'espèce (2)

 

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Ainsi parlait Zarozenbergheustra (2)...


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C'est ça un "lobby" ou une "communauté" ?

gris4.jpg Aliens Love Story

Voir toutes les rencontres

TO BE CONTINUED...
Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Vendredi 16 avril 5 16 /04 /Avr 18:08

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Pour accéder au site (en arabe), cliquez sur la couverture.

 

 

« Une première dans le monde arabe ! », s’exclame le quotidien panarabe alarab online. Lancé le 1er avril dernier par le président de l’association LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) marocaine Kif Kif, Samir Bargachi, Mithly (gay, en arabe) risque de faire grincer des dents. Il s’agit du premier magazine homosexuel marocain. Une publication qui a pour but de donner la voix aux « lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, afin qu’ils puissent s’exprimer en dépit du fait que la société officielle fait mine d’ignorer leur existence », indique le texte de présentation du magazine, disponible sur sa version Internet.

Les homosexuels arabes sont issus des « régions les plus politiquement et socialement instables dans le monde », poursuit l’éditorial, ajoutant que l’homophobie dont ils sont victimes a pour cause « l’ignorance et de la méconnaissance ». La rédaction de Mithly est installée à Madrid, en Espagne, l’homosexualité au Maroc étant considérée comme un délit passible de peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement, ainsi que de fortes amendes. Mais les responsables du magazine n’ont pas pu résister à la tentation de diffuser le 1er numéro dans leur pays. Près de 200 exemplaires ont ainsi été imprimés clandestinement et distribués sous le manteau à Rabat. Pas de fatwa ni de condamnation pour l’instant. Le journal du parti islamiste Justice et Développement, Attajdid, a toutefois réagi. « L’homosexualité est contre l’avenir de l’humanité », s’est indigné, sur les colonnes du Soir Belgique, le rédacteur en chef de la publication, Mustapha Khalfi. La cohabitation risque d’être difficile.

 

© Djamel Belayachi pour Afrik.com.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Vendredi 16 avril 5 16 /04 /Avr 15:33


 

Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages...


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Edmund White, City Boy ‒ chronique new-yorkaise, préface de John Irving, traduction de l'anglais (américain) par Philippe Delamare,

Plon (collection « Feux croisés »), 2010, 326 p. ‒ 24 €.

 

Edmund White, né à Chicago en 1940 est une référence pour les lecteurs gays.

Un auteur à situer au même niveau que Dominique Fernandez, de l'Académie Française, à qui nous devons L'Étoile rose qui nous est chère, à plus d'un titre (1).

Dans son dernier livre, Edmund White nous invite à parcourir près d'un demi siècle de culture gay avec pour compagnon de route sa ville préférée, New York. Il est le fils adoptif de Big Apple dont on suit l'évolution avec lui, ville où l'on n'osait, dans les années 70, pas vivre et où l'idée d'une promenade nocturne paraissait suicidaire.

L'auteur de la série autobiographique dont nous avons lu un ou plusieurs éléments (2) complète ici le récit d'une vie centrée sur l'écriture. Dans ce pavé de plus de trois cents pages, où l'on quittera souvent New York pour San Francisco, Venise ou Paris, on va croiser Nabokov, Susan Sontag ou Michel Foucault.

Écrire gay est l'un des fils conducteurs qui sous-tend ce récit : la réflexion sur une identité gay qui s'ouvre après Stonewall conduit White à être le premier écrivain américain à poser ouvertement une question à laquelle ses contemporains écrivains américains ou européens vont apporter des éléments à un débat qui n'est toujours pas clos. Il défend l'idée d'un genre spécifique, qui tout en s'inscrivant dans la littérature universelle a des résonances particulières lorsqu'auteur et lecteurs ont en commun le filtre intellectuel d'une orientation sexuelle identique et non conforme au modèle dominant.

Fondamentalement littéraire, souvent lourd de longs récits relatifs aux faits et gestes de ses amis du monde des arts en général et des lettres en particulier, l'esprit de White semble en adéquation parfaite avec la réflexion des Toiles Roses, pour qui Stonewall est un événement clé de notre histoire. L'auteur nous offre même un « Si j'étais hétérosexuel » forcément littéraire et assez représentatif du ton de l''ouvrage.

White a connu le New York d'avant Stonewall ; il a vécu dans le quartier de Castro à San Francisco, a assisté à l'explosion post-Stonewall puis à l'épidémie du sida qui lui a enlevé de nombreux amis et fait planer sur lui le poids de la séropositivité.

Ce voyage est foisonnant, luxuriant de détails sans être en permanence haletant même si aucun élément ne manque de pertinence. C'est un exemple de partage de culture, une référence pour notre blog qui se veut instrument de transmission de valeurs d'ouverture et de réflexion autour de nos différences. Il n'est pas borné aux limites de New York, ni même à celles des USA : lors de ses séjours à Paris (1983-1990), White a confronté son regard de City Boy à celui de ses contemporains français, ce qui en augmente pour nous la richesse et les perspectives. Ses biographies de Jean Genet et de Marcel Proust (3) font référence et la première a remporté en 1990 le prix du National Book Critics Circle. City Boy avait été sélectionné en 2009 par ce même jury.

Ce n'est donc pas par hasard, ni pour une simple opération promotionnelle qu'Edmund White est venu à Paris présenter son livre du 15 au 17 mars dernier au Salon du Livre.

 

(1) http://www.lestoilesroses.net/article-29380208.html

(2) A Boy's Own Story, 1982. En français : Un jeune américain, 1984 (Mazarine) et 1992 (10/18).

The Beautiful Room is Empty, 1988. En français : La Tendresse sur la peau, 1988 (Bourgois) et 1992 (10/18).

The Farewell Symphony, 1997. En français : La Symphonie des adieux, 1998 (Plon) et 2003 (10/18).

The Married Man, 2000. En français : 'Homme marié, 2000 (Plon) et 2002 (10/18).

Genet : A Biography, 1993. En français : Jean Genet, 1993 (Gallimard).

(3) Genet : A Biography, 1993. En français : Jean Genet, 1993 (Gallimard).

Marcel Proust, 1999. En français : Marcel Proust, 2002 (FIDES).

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Biographie d'Emund White : http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_White

Critique des Inrockuptibles du 23 mars 2010 :

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/43888/article/livre-city-boy-deambulation-dans-le-new-york-beatnik/

 



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Par Edmund White

 

Je me suis souvent demandé si je me serais mieux entendu avec mon père si j'avais été hétéro. Quand, en 2003, mon neveu a écrit un livre sur mon enfance, un voisin lui a dit que M. White était un homme merveilleux qui lui avait fait découvrir l'orchestre symphonique de Cincinnati en l'invitant à des concerts. Peut-être que si j'avais été hétéro et que j'aie joué au softball avec lui, papa m'aurait aimé.

Mais si j'avais été hétéro, j'aurais été quelqu'un d'entièrement différent. Je ne me serais jamais tourné vers l'écriture avec l'ardent désir de me confesser, de me comprendre, de me justifier aux yeux des autres. Si j'avais été hétéro, je n'aurais pas été obligé de vivre à New York et de préférer la dure pauvreté de la bohème au confort mou du monde des affaires. Mon père était déçu de ce que je n'avais pas repris son entreprise. Mon homosexualité le gênait.

Après sa mort, j'ai commencé à le considérer plutôt comme le raseur misanthrope qu'il était que comme le sadique que j'avais inventé. C'était certainement l'homme le plus ennuyeux qui ait jamais vécu – et il semblait à demi-mort de son vivant. Avant sa mort, j'avais fait, à la fin des années soixante-dix, d'horribles rêves dans lesquels j'étais coincé à l'intérieur d'une série de cercueils en forme de momie qui me ressemblaient parfaitement mais étaient inertes. Je craignais que, comme mon père, je ne sois déjà mort au monde, vivant mais enfermé dans un cadre qui me ressemblait tout en étant plus grand et sans vie.

 

Extrait de City Boy ‒ chronique new-yorkaise, traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Delamare.

© Edmund White, 2009.

© Plon, 2010, pour la traduction française.

Extrait publié avec l’autorisation des éditions Plon. Un grand merci à Elisabeth Kovacs, attachée de presse.


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées :
lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Vendredi 16 avril 5 16 /04 /Avr 05:57

 

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Jeudi 15 avril 4 15 /04 /Avr 17:56

« Toutes les confréries Franc-Maçonnes, Crifonnes, Gaies... et j'en passe, qui constituent le pouvoir réel, vomissent sur notre Pape !

Eh bien, nous, nous leur chions à la gueule et leur pissons à la raie...

Est-ce bien clair ? Ou faut-il que ous dévidions encore plus notre sac à fiel et à insultes... car face à Monde infect, adversaire de la Vie et de la Vérité, il déborde !

Ces Infâmes n'ont aucune notion de morale, de péché, de foi...

Ils vagissent dans les ténèbres jusqu'au cou, ténèbres dont j'ai une grande connaissance pour les avoir connues.

Je ne leur souhaite pas de glisser dans ce chaudron spirituel au-delà de leur mort. Qu'ils s'esclaffent pour le moment ! Ils riront moins plus tard. » Billet du jour (sans correction de notre part) de notre pauvre LE GOFF national, extrémiste minoritaire et honni (oui, c’est un pédé repenti mais un pédé pour ces gens-là si j'en juge les emails reçus de ses supposés amis) parmi les extrémistes de la réacosphère française et qui, malgré son amour pour les éminences catholiques intégristes, terminera en enfer si l’on en croit ses Maîtres comme Babini...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 15 avril 4 15 /04 /Avr 15:42

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Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 15 avril 4 15 /04 /Avr 15:38

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Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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