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Jeudi 11 mars 4 11 /03 /Mars 10:17


de  Nico Bally

 

nicorose

 

MON DERNIER PREMIER BAISER

 

Nico Bally a publié une multitude d'histoires étranges sur divers supports, du webzine à l'anthologie, en passant par le livre photo-musical.

Après avoir sillonné les villes les plus exotiques et palpitantes du globe (Dunkerque, Manchester), il vit aujourd'hui à Lille où il fête tous les jours son non-anniversaire (trente ans tout rond) avec un lapin gay, une chatte blanche déguisée en chatte noire, et la fée Clochette.

En marge de l'écriture, il travaille comme contrôleur de contenu pour Recisio Music malgré de longues études en sciences, informatique et philosophie. Il respecte les lois du TATBAR (Touche À Tout, Bon À Rien) en s'adonnant à la photographie naïve, la musique noise-ambiant expérimentale, les courts-métrages DIY, l'auto-pornographie, le rot tonal et la peinture sur vélo.

Pour Les Toiles Roses, il élargit ses univers fantastiques-oniriques en développant les thèmes LGBT qu'il avait trop souvent mis de côté.

 

 

Quand je n'avais pas encore trente ans, je m'amusais déjà à ressasser plein de souvenirs : le lycée, les soirées, les flirts...

Quel idiot j'étais. La jeunesse doit être vécue pleinement, car une fois vieux on a tout le temps pour le souvenir, on n'a plus le temps que pour ça.

Encore que... ma mémoire s'étiole... Mes histoires de lycée, je n’en ai plus qu'une ou deux, et une impression générale qui est probablement faussée par le temps.

Tout ça pour dire que je passe mon temps à trier mes vieilles histoires plutôt qu'à en vivre de nouvelles. Quand vous aurez comme moi passé la retraite depuis dix ans, vous comprendrez ce que je veux dire.

Et hier soir j'ai repensé à mes baisers, je les ai triés, classés. Le premier, je m'en souviendrai toujours, évidemment. Mais le deuxième est déjà oublié. Sûrement parce qu'il était partagé avec le même compagnon.

Le deuxième premier est donc plus facile à mémoriser. Je veux dire par là la deuxième fois que j'embrassais une personne pour la première fois.

Je n'étais pas le plus beau, mais je savais m'entretenir. Il suffit de faire un peu de sport, se tenir au courant de la mode sans sombrer dans l'extrémisme, écouter les bons conseils, et tout essayer...

J'ai donc eu quelques « conquêtes » respectables. Je ne saurais pas vous dire combien, même si le nombre ne doit pas être si extravagant que ça. Je n'étais pas le Casanova du coin, alignant les coups d'un soir avec une facilité déconcertante. Il me fallait du temps pour séduire, et j'aimais souvent revoir mes amants, sans pour autant chercher une relation sérieuse.

Mais l'âge aidant, les rencontres se firent de plus en plus rares.

Qui était celui que j'avais embrassé pour la dernière fois ? Oh, je m'en souviens ! Depuis quelques temps, à chaque nouvel amant, je me disais que ça serait sûrement le dernier, que j'étais déjà trop vieux pour le mériter.

Et pour celui-là, j'ai eu raison. Il faut forcément un dernier.

Mais de notre premier baiser, je n'ai étrangement aucun souvenir. Comme si à force ils perdaient de leur éclat.

Pourtant je sais que ça n'était pas le cas. Certains premiers baisers n'avaient que peu de saveur, mais quand ça fonctionnait, c'était superbe. Ça aurait dû rester dans ma mémoire.

Voilà.

Voilà pourquoi je me suis remis à pleurer bêtement, hier soir, chez moi, incapable de me rappeler de mon dernier premier baiser, échangé il y a trop longtemps.

On devrait mourir juste après. À quoi ça sert de rester, si on n'embrasse plus personne ? Et qui voudrait de moi maintenant ? Je ne suis même pas sûr de pouvoir embrasser sans baver partout ou sans que mon cœur s'affole au point de déraper.

Triste soirée. Jusqu'à... Jusqu'à l'apparition incroyable de cet homme en collants. Des collants roses, avec un slip blanc par-dessus, et une cape arc-en-ciel. Comme Superman !

« J'ai entendu ton appel ! » m'a-t-il déclaré.

Il s'est avancé, lentement, avec un sourire sublime. Et il m'a embrassé. Je n'ai pas bavé. Mon cœur a fait des bonds, mais sans me lâcher.

Et l'homme est reparti comme il était venu, me lançant : « Celui-là, ne l'oublie pas ! ».

J'en ai parlé à Debbie, qui m'apporte tous les jours mon repas, en pensant qu'elle se moquerait.

Mais non.

« Ça devait être Mister Queer, m'a-t-elle annoncé, Il se prend pour un super-héros.

C'en est un, ai-je répondu en souriant d’un air béat, c'en est un ! »

Je sentais et sentirais toujours la chaleur de ce dernier premier baiser.


© Nico Bally – 2010.

Tous droits réservés.

Direction littéraire de la série : Daniel Conrad & Pascal Françaix,

avec l'aide de Gérard Coudougnan.


Lire les précédents petits contes

 

Par Nico Bally - Publié dans : PETITS CONTES DARK-EN-CIEL
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Mercredi 10 mars 3 10 /03 /Mars 09:33


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

en collaboration avec : homo6

 

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Un Homo dans la cité, Brahim Naït-Balk (en collaboration avec Florence Assouline), Calmann-Lévy, 2009, 138p., 12 €

 

Parcours d'un homo dans la cité France...

 

Brahim Naït-Balk connaît la force du mot « handicap ». Il est directeur départemental handisport. Alors quand il écrit, sur la quatrième de couverture, évoquant son homosexualité, qu'elle est un « handicap majeur », on comprend qu'il donne à ce mot un poids que nous connaissons.

Nous avons eu plusieurs occasions de le voir dans divers médias à l'occasion de la sortie de ce livre, de ce témoignage, bouleversant de force et de courage. Confession ? Non, il faudrait qu'il y ait une faute, et à part dans l'esprit des membres de son entourage, il n'y a pas de faute.

Brahim est un exemple d'intégration parfaite aux principes dont certains vont nous rebattre les oreilles à propos d'une « identité nationale » aux contours grossièrement électoralistes.

Son éducation, sa scolarité, ses déménagements (Saint-Etienne, Montceau-les-Mines, le Maroc, Aulnay-sous-bois) sont les étapes d'une construction citoyenne et intellectuelle au bord d'un indicible abîme. La différence. Brahim n'est pas attiré par les filles. Il aurait même de drôles de manières, pas très viriles.

Il raconte avec un mélange très subtil de pudeur et de franchise les épreuves subies, dont on peut encore lire les traces dans les expressions de son visage d'homme blessé. Mais l'homme est un résistant. Il s'engage et anime l'une des seules émissions culturelles LGBT de la radio française. Clandestin dans son quartier et écouté dans le monde entier sur Homomicro.

Il fait partie des rares personnes ayant accepté de répondre à Frank Chaumont pour son livre Homo Ghetto. Et cette aventure individuelle existe en dehors de ce recueil de témoignages déjà commenté ici. Elle apporte la force de l'autobiographie d'un homme qui accepte de se battre à visage découvert, après avoir été la victime de « tournantes », un homme qui, n'aimant pas spécialement le foot, est un dirigeant du Paris Foot Gay, en geste militant.

Les récents débats au sujet de ce club et des refus d'un club de jouer contre eux pour des raisons homophobes n'auraient certainement pas eu tant d'échos sans le contexte créé par Un Homo dans la cité. Et l'on se dit que, dans ses fonctions de responsable handisport, ce gars-là qui a même rencontré des handicapés homosexuels (p. 138), doit avoir une capacité d'écoute et d'empathie qui nous donnent envie de faire sa connaissance…

 

LIENS DOCUMENTAIRES :

- Lire la longue critique de notre ami Philippe Ariño

- Le site de Brahim

- Le site de son émission de radio,

- Coup de cœur de Marina Carrère d'Encausse,

- Interview croisée de Franck Chaumont et Brahim Naït-Balk,

- Emission de radio « Spéciale homophobie » avec Jean-Luc Romero et Brahim Naït-Balk sur Générations FM,

- Interviewé par Thierry Guerrier sur France 5 dans l'émission C à dire du 7 octobre 2009,

- Brahim Naït-Balk sur Canal+ dans Salut les Terriens chez Thierry Ardisson,

- Dialogue dans Le Grand Journal de Canal+ entre Brahim Naït-Balk et Rama Yade, secrétaire d'Etat aux sports au sujet de l'annulation du match Paris Football Gay / Bebel Créteil.

 

ÉCOUTER LES ÉMISSIONS D’HOMO-MICRO :

- Avec Gérard Coudougnan

- Avec Daniel Conrad Hall

 

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Interview de Brahim Naït-Balk

Par Gérard Coudougnan


Un échange riche avec l'auteur d'Un Homo dans la cité

 

HANDIGAY et Les Toiles Roses : Bonjour Brahim et merci de venir ici, sur Handigay et Les Toiles Roses, dans un univers dont tu connais chacune des deux composantes, mais pas toujours réunies.

Ton témoignage est d'une telle force et en même temps d'une telle pudeur que l'on sent que tu connais le poids des mots, ceux qui encouragent, ceux qui blessent et ceux qui glissent sans laisser de traces : ton travail avec des personnes en situation de handicap se ressent dans la finesse de ton expression et c'est avec une personne infiniment proche de nous que j'ai le plaisir d'échanger. Si l'on veut hiérarchiser les obstacles à ton épanouissement personnel, comment classes-tu ta culture berbère, ton statut d'émigré, ta condition sociale et ton rôle de « chef de famille » ?

Brahim Naït-Balk : C'est d'abord ce statut de chef de famille : puisque j'avais une responsabilité, il fallait que je donne l'exemple. Cela m'empêchait de montrer quoi que ce soit en rapport avec mon orientation sexuelle. En fait j'avais du mal à m'assumer personnellement, c'était cela le plus difficile pour moi.

 

As-tu trouvé des livres ou des films qui t'ont aidé à avancer, ou d'autres qui, par une homophobie latente, t'ont perturbé ?

Non, absolument aucun. J'étais tellement emprisonné dans mon environnement, dans ma famille, en province, j'avais l'impression que l'homosexualité n'existait pas. C'est le problème dont je parle dans mon livre : si j'avais eu accès à des exemples, dans des livres ou des films, j'aurais réussi à m'émanciper et à comprendre. Mais cela n'a jamais été le cas. Dans un film comme La Cage aux folles, je ne me reconnaissais dans aucun de ces personnages très efféminés qui appartenaient à un monde de fiction totalement étranger à ma situation. Il m'a fallu attendre très longtemps et l'arrivée de la radio Fréquence Gaie qui m'a permis de comprendre beaucoup de choses. Il y avait à l'époque beaucoup d'émissions thématiques.

 

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Ton soutien le plus important a été la station de radio Fréquence Gaie et tu es maintenant l'animateur de Homomicro, l'une des seules émissions 100 % gay de la bande FM, et elle est en plus d'un excellent niveau. Comment as-tu vécu ton premier passage en direct ?

En fait, je fais de la radio depuis 18 ans, j'ai animé des émissions de sport sur Fréquence Paris Plurielle, une émission sur le sport amateur en Ile-de-France qui s'appelait Spormidable. Ensuite, il y a maintenant sept ans, j'ai proposé un concept d'émission gay parce que j'avais envie de m'émanciper et que les gens sachent qui j'étais réellement. Je voulais passer un message à ma famille, à mes collègues de travail, à mes collègues de la radio : c'était vivre au grand jour ce que je n'avais jamais réellement vécu...

 

Un coming-out radiophonique ?

Tout à fait. Un véritable coming-out radiophonique. Et pour lancer mon émission, je suis allé rencontrer l'excellente association Contact qui rassemble des parents d'enfants homos pour leur demander d'être partenaires de l'émission qui s'appelait donc à l'époque Les clés de Contact. Nous avons ainsi fonctionné en partenariat pendant un an et demi. L'idée était de faire s'exprimer parents et enfants homos : c'était des parcours très variés, très intéressants, très riches comme expériences. De mon côté, j'avais le sentiment de ne pas avoir vécu une situation unique. Une de mes demandes a été de proposer à des intervenants de tenir une chronique régulière. L'un des chroniqueurs de cette époque est Sylvain Guillot qui fait partie aujourd'hui de l'équipe d'Homomicro qui tient la chronique info presse. Cela fut pour moi une très belle aventure avec Contact, et même si cela s'est passé tardivement, j'ai réussi à m'émanciper et à trouver mon équilibre. La radio est pour moi une deuxième famille.

 

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Avant Clés de Contact, il y avait donc Spormidable. La querelle autour du match Paris Foot Gay / Créteil Bebel a donné un écho particulier à ton rôle d'entraîneur de ce club gay et gay-friendly : où en est-on aujourd'hui ?

La querelle a été lancée de façon très maladroite : l'entraîneur du Créteil Bébel a eu le tort de dire ouvertement qu'il refusait de jouer contre une équipe qui revendique son engagement gay. Malheureusement pour eux, ils ont été exclus du championnat suite à une commission qui s'est réunie au sein de la fédération qui gère le foot amateur. Conclusion pratique : le Créteil Bébel a décidé de s'exclure du championnat. J'aurais personnellement préféré un dialogue, une discussion entre dirigeants des deux clubs pour leur expliquer qui nous étions réellement et quel était notre combat. Cela aurait été préférable à une exclusion qui est toujours mal vécue et qui fait que beaucoup de ces exclus sont aigris et vont garder en eux cette méchanceté et cette homophobie.

Je le regrette, mais un championnat a des règles comme tout sport, et l'un des engagements élémentaires du sportif est de respecter les règles. Lorsqu'on les enfreint, il faut en assumer les conséquences : c'est le sport !

Le plus intéressant est que cette affaire a fait des vagues au sein du Créteil Bebel. Il y a des gens qui ont fini par ne pas être complètement d'accord avec le président. Ne serait-ce que pour ça, cela peut faire évoluer les mentalités dans leur club et même à l'extérieur. On a vu ainsi des musulmans qui ne se reconnaissent pas dans la démarche du Créteil Bebel : plusieurs sont venus nous dire : « Je suis musulman et en aucun cas je ne refuserai de jouer avec qui que se soit, ce n'est pas dans ma pratique ni dans ma manière d'être ». Cela veut dire aussi qu'il y a dans ce club des dirigeants un peu incultes, un peu désorientés, mais on retrouve hélas cela dans tout le sport !!!

 

Dans ton livre, tu parles de handicapés homos que tu as rencontrés en tant que responsable handisport : as-tu eu l'occasion d'aborder cette spécificité, le fait de devoir gérer un handicap physique avec une orientation sexuelle différente ?

C'était bien avant mon accession à ce poste de responsable handisport des Hauts-de-Seine : j'ai travaillé comme éducateur avec des accidentés de la route, des myopathes, des handicapés moteurs en tous genres. J'ai croisé parmi eux des homos qui savaient que je l'étais mais l'occasion d'en parler ne s'est jamais présentée. À l'époque j'avais ce rôle d'éducateur et je ne m'assumais pas, donc je craignais que l'on m'accuse de tenter d'influencer les gens dans son service, comme si un prosélytisme pouvait être exercé dans ce domaine ! Le fait de ne pas en discuter me paraissait complètement aberrant dans un monde éducatif où notre rôle est d'aider les personnes en difficulté : on arrivait à faire de l'orientation sexuelle un handicap supplémentaire. Ces personnes-là étaient comme moi emprisonnées dans leur cage, ce qui me rapprochait d'elles sans pouvoir pour autant les aider.

Une fois, un garçon avait déposé une petite annonce de rencontre par téléphone (c'était avant Internet !) et avait reçu la visite d'un homme qui lui avait dérobé pas mal d'objets de valeur. Ce problème avait été évoqué en réunion et la conclusion avait été terrible : c'était de sa faute, il n'avait qu'à pas faire ça. Heureusement aujourd'hui des sites existent et apportent des possibilités de lien !

 

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Merci, flatteur ! Il est vrai que l'on reproche parfois à Handigay un manque de réactivité et c'est l'occasion de souligner que nous cherchons, dans toute la mesure du possible à écarter les profils dangereux du site et que, même sur les sites de rencontres généralistes, il y a souvent de très longs mois entre un contact et une rencontre !

Je serai d'ailleurs le premier à conseiller l'utilisation de ce type de sites parce que, travaillant avec des personnes en situation de handicap, je comprends leur souffrance. Ces sites ne peuvent être que bénéfiques pour les informer et les aider à réduire leur isolement. On entre tout de suite dans le vif du sujet : on sait à qui on a à faire et c'est plus franc que d'aller sur un site généraliste en essayant de dissimuler le fauteuil roulant sur les photos ! Je ne vois que des avantages au fait de dire franchement et directement qui l'on est, à parler de son handicap comme de son orientation sexuelle.

Je t'avoue qu'avant de t'inviter à mon émission du 25 janvier 2010, je ne savais pas que vous existiez.

 

Je dois moi aussi te confesser mon ignorance de la qualité et de la fréquence (hebdomadaire !) de ton émission même si je l'avais écoutée en référence à propos d'un livre recensé sur le site.

Je te remercie de cette discussion et invite tes lecteurs à se rendre sur mon site http://www.brahimnaitbalk.fr/ où ils pourront à la fois trouver des liens avec mes activités dont mon émission Homomicro sur la radio Fréquence Paris Plurielle et partager leurs impressions.

 

Ton site est vraiment très riche et de mon côté je me permettrai tout simplement de recommander la lecture de ton livre Un Homo dans la cité.


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées :
lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mardi 9 mars 2 09 /03 /Mars 11:35

« Certains ont un peu peur de moi quand ils me reconnaissent. J'imagine que le premier message que leur envoie leur cerveau n'est pas "acteur" mais « attention serial killer en vue » [rires]. D'autres sont gênés d'avouer qu'ils aiment la série, car ils ne veulent pas avoir l'air de justifier les actes horribles commis par Dexter. Mais la plupart des fans me trouvent cool, ce qui est assez inquiétant en soi (...) Certains membres de ma famille, parmi les plus âgés, étaient plus gênés de me voir jouer un homosexuel dans Six Feet Under que de me voir incarner un serial killer aujourd'hui. Beaucoup de fans ne se seraient jamais identifiés à mon personnage dans Six Feet Under, mais comprennent Dexter. C'est flippant, non ? C'est bizarre de vivre dans une société qui a plus de sympathie pour un assassin que pour un gay... » Michael C. Hall, acteur de  Six Feet Under et  Dexter, dans  Séries Mag, mars 2010.


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Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 9 mars 2 09 /03 /Mars 10:37
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fialaix

 

Laurent Fialaix

 

Laurent Fialaix, ne sachant pas mentir, avoue volontiers être né juste avant l’invention du MP3, des téléphones portables, de l’internet, des lecteurs DVD, de la téléréalité et de la livraison de pizzas à domicile. Ses premières années, il les passa donc à attendre que quelqu’un veuille bien inventer tout ça. Et ça lui a paru long, très très long…
Depuis ? Devenu journaliste, entre autres occupations il lit, écoute des disques, voit des films avant tout le monde… ce qui lui permet de frimer un peu de temps en temps (mais toujours raisonnablement !). Il rencontre aussi des people. Des stars vieilles ou jeunes, vraies ou fausses, en devenir ou déjà oubliées… Et il arrive même que ça le fasse rire ou que ça l’émeuve !
Par ailleurs, auteur, il a publié un premier livre, entre roman et récit : Nos Bonheurs fragiles (éd. Léo Scheer) sorti à la rentrée 2009. D’ailleurs, il se pourrait bien qu’à l’époque, Les Toiles Roses vous en aient parlé…

 

03.

Les Lits en diagonale  d'Anne Icart :

un hymne à la différence...

 

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Je sais bien que je vais enfoncer une porte ouverte, mais il est bon parfois de rappeler quelques évidences : certaines rencontres changent nos vies. Durablement. Peut-être même pour toujours. Celle que j’ai faite une nuit de l’été 2009 est de cet ordre. C’était avec un livre. De ceux dont la presse nationale n’a pas beaucoup parlé parce que traiter de la différence, du handicap (même de façon tendre, émouvante, mais jamais triste), ça gêne nos petits conforts, ça chamboule, ce n’est pas glamour, pas très vendeur. Ils se trompent, bien sûr. Le succès de ce livre est là pour leur prouver ! Mais comment leur faire comprendre ?… Comment leur dire la nécessité de ce témoignage ? L’uppercut que j’ai reçu cette nuit-là a sans doute été le plus doux que j’ai jamais connu. Le plus rassurant, surtout. Presqu’une caresse. 

Cette caresse s’appelle Les Lits en diagonales, le premier roman d’Anne Icart (éd. Robert Laffont). Un livre plein d’amour, de générosité, d’immensités… Une ode à la différence, à toutes les différences. Une leçon de tolérance qu’il faut absolument lire. Et faire lire.

L’histoire ? Celle d’Anne qui, dans les années 70, vit dans l’admiration de son frère aîné, Philo. Son modèle, son double, sa référence. Jusqu’au jour – de ces jours qu’on n’oublie jamais puisqu’ils nous transforment pour toujours – où elle apprend que Philo ne grandira jamais comme les autres. Qu’il est « différent ». Une différence qu’on ne dit pas, qu’on cache trop souvent, qu’on regarde de travers. Comme toutes les autres, ou presque. Forcément, l’annonce est ravageuse. La fillette devra s’en débrouiller. Seule. Parce qu’on est toujours seul face à une telle vérité, même entouré par la chaleur des siens. Puis, le temps passe. En même temps que la petite sœur se transforme en grande protectrice, Anne devient femme. Avec une vie à construire, Philo toujours près d’elle. Comment pourrait-il en être autrement ?...

« J’ai quitté Thomas le lendemain de mes trente ans. (…) Je n’aimais pas la manière dont il te regardait. La manière dont il ne te regardait pas », écrit Anne Icart aux premiers instants de son livre. Tout est dit dans ce premier paragraphe. Tout du poids du regard des autres, des jugements à l’emporte-pièce, des silences qui toisent.

Allez, je vais tout vous dire. En refermant ce livre, les larmes sur mes joues, pour la première fois de ma vie j’ai éprouvé l’irrépressible besoin d’écrire à un auteur. Juste pour lui dire merci d’avoir écrit ce qui se dit si rarement, ce qui ne se lit jamais. Tellement d’échos. Elle sait lesquels. À 4 heures du matin, je me suis mis devant mon ordinateur, et via la boîte mail de son éditrice j’ai fait ce que j’avais à faire. Depuis, Anne Icart est entrée dans ma vie. Son éditrice aussi, d’ailleurs. Elles y auront une place pour toujours.

Pour conclure, avant de la laisser répondre aux questions que je lui ai posées pour Les Toiles Roses, je voulais dire à Anne une nouvelle fois merci. Publiquement, cette fois. Au nom de tous ceux qui sont jugés « différents ». Au nom de tous les parents d’enfants qu’on considère « hors normes ». Au nom de leurs frères ou de leurs sœurs. Les Lits en diagonale est un si beau repère pour tous ceux que le sujet concerne.

En lisant l’interview qui suit vous comprendrez, j’en suis sûr, pourquoi je suis fier qu’elle m’ait offert son amitié. Je suis même prêt à parier que vous m’envierez. Au moins un peu. Anne Icart est une si belle, si grande personne…

 

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INTERVIEW D’ANNE ICART

Par Laurent Fialaix

 

Les Toiles Roses : Comment est née l’idée de ce livre ?

Anne Icart : Une impulsion, ou une pulsion, incontrôlable. Un besoin subit de dire à mon frère Philippe que je l’aimais comme il était, qu’il existait à mes yeux, et que j’étais fière d’être sa sœur.

 

Pourquoi maintenant ?

Je n’ai pas de réponse. Mais peut-être que le temps de comprendre et d’accepter cette situation particulière était passé, et que celui de dire était venu. J’ai obéi à un ordre totalement viscéral et sentimental. Qui ne m’a pas donné le choix de l’heure !

 

Pourquoi un roman et pas un récit ?

Peut-être parce que le roman est plus « universel » que le récit. Même si je racontais mon histoire et celle de Philippe je voulais surtout raconter une histoire, celle d’un frère et d’une sœur qui s’aiment malgré leurs différences. Sans penser qu’elle pouvait être unique. Mais, là non plus, je n’ai pas vraiment choisi ni réfléchi à la forme. Les mots sont venus comme ça.

 

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Les Lits en diagonale est le témoignage d’une femme qui doit se construire aux côtés d’un frère aîné jugé « différent ». Quelles émotions, quelles peurs peut-être, traverse-t-on lorsqu’on est enfant ?

Tout se fait par étapes. Il y a d’abord la petite enfance, très heureuse et très protégée. Je ne savais pas à, cette époque, que Philippe était différent. Et je ne le voyais pas. Pour moi, il était mon grand frère et donc, forcément, mon héros. Puis, il y a l’étape où l’on apprend et où il faut assimiler et comprendre, ce qui n’est pas forcément facile à 7 ans. C’est peut-être l’étape la plus longue et la plus compliquée. Pour moi, ça s’est concrétisé par la fin du monde, la fin de mon monde d’enfant, le début d’un monde sans héros. Je pense que je me suis sentie très seule (et je crois que j’ai gardé de cette époque une capacité immense à me satisfaire de la solitude), sans doute frustrée et très en colère. J’en ai aussi beaucoup voulu à ma mère, que j’ai rendue responsable de ce « malheur » puisque c’est elle qui m’a expliqué la différence de Philippe.

 

Et à l’adolescence ?

C’est une étape difficile, une période où l’on veut être comme les autres, ne surtout pas être différent, se fondre dans la masse. Moi, à la question « Et ton frère ? », j’avais toujours du mal à répondre. La honte s’est beaucoup dissimulée là, derrière cette petite phrase anodine qu’on se pose les uns les autres sans faire attention. Pour moi, elle était terrible. Sans doute que beaucoup de choses se sont cristallisées à ce moment-là mais je n’en ai eu conscience que des années plus tard. Quand j’ai compris que je n’étais pas allée jusqu’au bout des rêves que j’avais à cet âge-là. Je le dis sans regrets.

 

Le début est très fort. A-t-on parfois le sentiment de « sacrifier » sa propre vie pour celle de son frère ?

Non, je n’ai jamais eu le sentiment d’avoir sacrifié ma vie pour Philippe. D’ailleurs, j’ai une vie en dehors de lui ! Je me suis juste dit ‒ et je me dis toujours ‒ que c’est comme ça, que c’est ma vie. La vie. On peut toujours se dire qu’elle aurait pu être différente. Je pense que beaucoup le font. Mais ça ne sert pas à grand-chose. Le mieux étant quand même de se satisfaire de ce qu’on a, surtout quand on se dit que ça aurait pu être pire. Et le plus à plaindre, si toutefois on veut plaindre quelqu’un, ce n’est quand même pas moi !

 

Le regard des autres a-t-il parfois été pesant ?

Oui. Souvent. Encore maintenant. C’est d’ailleurs de l’extérieur que sont toujours venus les moments les plus durs et les plus cruels. Mais au fond je me dis que je tiens peut-être trop compte du regard des autres. Après tout, que nous importe ce que les autres pensent ? Au pire, ils pensent du mal de Philippe et ce sont des cons. Au mieux, ils le regardent avec indulgence, et c’est sur ceux-là qu’il faut se concentrer. Donc, c’est aussi à soi de faire la part des choses.


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Et la culpabilité ?

Elle a été lourde à porter pendant longtemps mais aujourd’hui, j’en ai terminée avec elle. J’ai arrêté de m’interdire d’avoir des sentiments partagés vis-à-vis de Philippe. Je suis parfois excédée par lui, parfois jalouse de lui, mais je me dis que ce sont-là des sentiments humains que tous frères et sœurs qui se respectent ont les uns pour les autres. Finalement, c’est en ayant ces sentiments-là et en les assumant que je l’aime le plus, puisque je le traite comme un frère « normal », en me fichant pas mal de sa différence !

 

J’imagine que ce livre a changé des choses en toi…

Oui, bien sûr, certaines choses ont changé, mais peu finalement. Le quotidien reste le même, Philippe surtout reste le même, et c’est très équilibrant. Les Lits en diagonale n’ont rien changé à mes rapports avec lui, parce que lui se fout royalement que j’ai écrit un livre ! Ça ne change pas sa vie, même si ça a un peu changé la mienne. Moi, j’ai retrouvé une certaine paix, une sorte de sérénité face à la vie en général. Je n’ai plus rien à dire de mon histoire, je lui ai rendu justice, j’ai réglé mes comptes avec elle, je peux passer à autre chose.

 

Et avec tes parents, tes amis ou connaissances ?

C’est surtout par rapport à mes parents que je sens une différence. Je crois qu’ils sont heureux que j’aie parlé de Philippe, que je lui aie (en quelque sorte) rendu cet « hommage », que j’en aie refait un héros. Ils sont heureux aussi que j’aie parlé tout court. De ce qu’on ne s’était jamais dit et qui nous a soulagés. Du handicap. Ils ont aussi pris conscience de beaucoup de choses qui les aident peut-être à mieux comprendre ma vie, mes choix, pourquoi j’ai eu tant de mal à trouver l’équilibre. Ils savent maintenant que si je ne faisais pas les choses, ce n’était pas par paresse mais parce que j’avais les « pieds dans le béton ».

Vis-à-vis des autres, je me sens toujours la même et je crois être toujours la même pour eux. Pour ceux que j’aime et qui m’aiment. Certains m’ont dit que j’étais courageuse d’avoir écrit cette histoire, d’autres que j’étais une fille bien. Je souris. Je ne me crois ni courageuse ni meilleure que les autres. Je suis une femme tout ce qu’il y a de banal ! Mais très sentimentale c’est vrai. Et très optimiste.

 

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As-tu eu des réactions des différences associations liées aux handicaps ?

Oui, j’ai reçu des lettres très émouvantes des directeurs de l’Unapei, de l’Apei, du CAT de Philippe. C’est d’autant plus touchant que je me sens vraiment toute petite à côté d’eux qui consacrent leur vie aux personnes handicapées avec une bonté et une patience admirables.

 

Comment, selon toi, peut-on aider à l’acceptation de la différence dans notre société où il reste encore tant à faire en ce domaine ?

Tu as raison Laurent, il reste beaucoup de progrès à faire en la matière. Les mentalités évoluent doucement, mais on est encore tellement loin d’un monde où la différence serait considérée comme « naturelle ». Parce qu’elle l’est. Ça me fait penser à la discrimination positive. Il y a quand même le mot « discrimination » dans cette formule. Tant qu’on aura besoin de mesures en ce sens, tant qu’on aura besoin de rappeler aux gens que les femmes existent, que les homosexuels existent, que les immigrés existent, que les handicapés existent, c’est que la société ne les aura pas encore acceptés à part entière. Tout ce qui est différent inquiète, ce n’est pas nouveau. Et les discours sur l’eugénisme prouvent aussi que la majorité souhaiterait un monde bien lisse et bien uniformisé. Un monde parfait où tout le monde se ressemble, où chacun ne pense qu’à son pré carré. Ça me rend vraiment perplexe sur la capacité que l’homme peut avoir d’accepter son prochain tel qu’il est. La nature n’est pas parfaite et c’est tant mieux, sinon, on s’emmerderait ferme !

Alors quelle solution à ça ? Tu avoueras que ce n’est pas facile de répondre ! J’aurais tendance à croire que plus on parlera du handicap, plus on le mettra en avant (au travail, au quotidien), plus les mentalités auront une chance d’évoluer. Il y a des avancées en ce sens, et c’est bien… même si c’est encore trop peu. Alors il ne faut pas se décourager.  Ce que je pense, c’est qu’un monde sans Philippe aurait été certainement bien moins beau et bien moins riche.

 

Daniel et Laurent remercie Anne Icart de nous avoir offert des photos familiales et personnelles pour illustrer cet article. Nous vous demandons, au cas où vous voudriez en reproduire une pour un billet sur ce livre ou cet article, de demander l’autorisation écrite de l’auteur. Merci d’avance.

 

Lire les précédents billets

 

Laurent Fialaix (9 mars 2010)

Par Laurent Fialaix - Publié dans : À TORT OU À TRAVERS
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Lundi 8 mars 1 08 /03 /Mars 10:45
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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M. Spock : « Mais que fait Starfleet ? »

 

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Star Trique : The Next Generation (1)

 

couple3.jpg Vive les couples mixtes ! (3)

jaune-etoile-rose.jpg À la recherche d'époques (Hitler et le IIIème Reich) (2)

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TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Dimanche 7 mars 7 07 /03 /Mars 11:14

Visuel : (c) GayClic

Un résumé en vidéo (blogué par nos amis de GayClic) de l'histoire de Fred (le personnage gay de la série) dans les épisodes 31 et 32 (2ème partie) de la saison 2 de la série espagnole « Physique ou Chimie » (Física o Química) diffusée en France sur la chaîne NRJ 12. Ainsi s'achève cette série en attendant la diffusion de la troisième et quatrième saison sur NRJ 12 en 2010.
[© D. R.]



Vient de sortir en DVD chez TF1 Vidéo la saison 1 de Physique ou chimie...



Par GayClic.com - Publié dans : WEBSERIE : PHYSIQUE OU CHIMIE
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Samedi 6 mars 6 06 /03 /Mars 11:12
http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 6 mars 6 06 /03 /Mars 11:10
http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 5 mars 5 05 /03 /Mars 11:41

chaudronpotter


13.

BIENVENUE CHEZ LES RADICAL FAERIES...

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.

 

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Ceux qui, comme moi, sont fans de la série Queer as Folk US se souviennent vraisemblablement de cet épisode de la saison 3 où Emmet et Michael se rendent à un rassemblement des Radical Faeries. À leur arrivée, ils sont invités à se défaire de leurs vêtements quotidiens et à choisir une parure féérique par laquelle ils se sentent à même d’exprimer leur gaytitude. En soi, c’est déjà très interpellant. Les deux héros ont l’impression de débarquer à l’intérieur d’un autre monde. Tandis que Michael suit d’autres gays et se choisit « Panpan » comme nom magique, Emmet passe son après-midi à errer seul dans les bois avant de rencontrer un vieil homme très occupé à rassembler des pierres et de lui proposer son aide. Ce n’est que le soir qu’il se rend compte, lors de la réunion autour du feu (le cercle du cœur), que l’être avec qui il vient d’avoir une discussion si revigorante pour lui n’est autre… que l’esprit de Harry Hay, fondateur du mouvement, et décédé quelques années avant (en 2002).

Revoyez ce passage que j’adore (ah si, vraiment, moi, je ne m’en lasse pas) ici :


 

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Harry Hay

 

C’est en 1979 que Harry Hay et son compagnon fondèrent ce mouvement. Leur objectif était de donner une dimension supplémentaire à la révolution sexuelle des gays telle qu’elle était vécue aux USA. Hay fit d’abord le constat que de nombreuses religions écartent les homosexuels. Nous grandissons donc avec une sorte de blessure spirituelle. Pour guérir cette blessure, Hay proposa la création de véritables communautés où l’on peut se réunir et parler sur le rôle que les gays ont à jouer dans ce monde. Nous sommes le peuple de l’invisible, un peu comme les fées dont le mouvement tire son nom (faeries voulant dire « fées » en anglais). Toutefois, nous sommes bien présents sur cette Terre, depuis que l’humanité existe. Mère Nature habite en nous. L’adjectif « Radical » renverrait, lui, à la notion de « racine » et donc à celle « d’identité ». Les Radical Faeries insistent sur cette notion « d’identité ». Dans les pays anglo-saxons, le mot « faeries » désignait d’une manière péjorative les homosexuels. Les Américains se réapproprièrent ce symbole. Ils se réclamèrent de ce « peuple invisible » qui œuvre dans l’ombre. Différents sanctuaires furent ainsi créés où les Faeries se réunissent, et cela, dans le monde entier. Peu d’entre eux sont francophones mais il existe le sanctuaire de Folleterre en France, dans les Vosges. Les réunions coïncident souvent environ avec les sabbats sorciers (les équinoxes, les solstices, ainsi que début février, début mai, fin octobre et début août). Il y en a donc huit par an ou à peu près. Au cours de ces rassemblements, transes chamaniques et drag queens chamarrées mènent la danse tandis que des rituels sont tenus, le plus souvent basés sur les traditions amérindiennes et aborigènes, plus ouvertes aux homosexuels.

 

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À nouveau, le lien à la nature et à l’écologie sont fondamentaux dans ce mouvement bien qu’il ne se définisse pas comme « païen » en tant quel tel. Les Radical Faeries encouragent, d’une certaine manière, chacun à définir sa place en tant que gay (chacun ayant sa propre réponse) au sein de cette société hétérocentriste dont les normes ne doivent pas forcément être les nôtres.

 

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J’ai contacté, fin février, le sanctuaire Radical Féérique de Folleterre, situé dans les Vosges françaises. Je leur ai soumis un questionnaire. Efthimios a eu la gentillesse de me répondre dans la semaine. Je l’en remercie d’autant plus chaleureusement que le français n’est pas sa langue maternelle. Efthimios insiste sur le fait que ses réponses n’engagent que lui. Il est tout à fait possible que d’autres Radical Faeries fournissent d’autres réponses à ces questions. Je lui laisse à présent la parole et vous laisse découvrir… Les photos qui émaillent l’interview sont tirées du superbe ouvrage « Faeries » de Keri Pickett :

 

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INTERVIEW D’EFTHIMIOS

Par  Papy Potter

 

Les Toiles Roses : S'il vous fallait définir le terme "radical faeries" de manière succincte, quelle définition donneriez-vous ?

Efhtimios : Les Radical Faeries accueillent toute personne ayant une vision spirituelle de sa sexualité et de la position de sa sexualité dans la société ainsi que dans la nature. Toute expression qui surgit de cette vision est célébrée.

 

Les Radical Faeries sont originaires des États-Unis. Comment sont-ils arrivés en Europe, et en France en particulier ?

Grâce à trois fées, une américaine, une allemande et une hollandaise qui se sont connu(e)s dans un rassemblement aux États-Unis. Le premier rassemblement des fées fut organisé en 1995 à Terschelling aux Pays-Bas. Le premier rituel a eu lieu à Paris en octobre 1994. Apres plusieurs années de rassemblements, les fées ont créé une association française et ils ont acheté une maison dans les Vosges, qui s'appelle Folleterre.

 

Quels sont les sanctuaires principaux européens ?

Pour le moment il n'y a que Folleterre.

 

Comment définiriez-vous la spiritualité des Radical Faeries ? Quelles en sont ses particularités ? Comment la pratiquez-vous ?

La spiritualité des Radical Faeries est « inclusive » (ndlr : dans le sens, sans doute, de « inclure » en opposition à « exclure ». Je ne vois pas de mot français pour exprimer cette idée), non-dogmatique, fluide, et créée sur la base de l'inspiration de chacun(e). Elle célèbre la nature, la sexualité, les relations de cœur, les éléments et les esprits qui y sont impliqués.

 

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Comment se déroulent vos rassemblements ? Qu'y fait-on ?

Les rassemblements ont lieu dans une infrastructure très légère qui couvre les besoins de nourriture et repos etc. Typiquement, les rassemblements sont entièrement construits autour des idées exprimées par les gens présents. Très souvent il y a un "heart circle" (cercle du cœur) le matin où on parle et on écoute avec et par le cœur. Souvent il y a des rituels, des danses, des ateliers, un cabaret, un défilé de mode, beaucoup de moments ludiques et toute autre chose proposée par les fées présentes. Aussi on partage le travail de cuisine, etc.

 

De quels horizons spirituels viennent les participants ?

De tous les horizons. Les Radical Faeries sont « inclusives ».

 

On dit parfois que les Radical Faeries dérivent de la wicca ou du paganisme. Est-ce vrai ? En quoi ?

Non, mais ces éléments sont très présents grâce à notre amour pour la nature et sa spiritualité.

 

Que trouverait chez les Radical Faeries un gay qui y viendrait pour la première fois ?

Souvent les gens qui viennent pour la première fois sont stupéfaits à cause de l'ouverture d'esprit et le chaleureux accueil. Souvent ils disent qu’ils se sentent enfin chez eux.

 

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Selon vous, les gays ont-ils un rôle spirituel à jouer dans notre société ? Si oui, quel est-il ?

Si on exprime notre sexualité spirituellement on ne peut pas jouer un rôle. Ce rôle dépendra du rôle que chaque société accorde à la sexualité.

 

Dans quelle mesure les grands courants religieux de notre époque se retrouvent-ils chez les Radical Faeries ?

Ils se retrouvent mélangés, transformés, recyclés, abandonnés, reconfigurés, moqués, respectés, etc. etc.

 

Y aurait-il un ouvrage, un film, que vous conseilleriez pour mieux comprendre le mouvement ?

Pour comprendre mieux les débuts, il faut lire The Trouble with Harry Hay de Stuart Timmons et Radically Gay de Harry Hay. Il y a beaucoup des choses sur le Net (sur Youtube aussi). Il y a une revue qui s'appelle RFD, qui est publiée par les Radical Faeries aux États-Unis.

 

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Pour plus d’informations :

Le site de Folleterre : http://www.folleterre.org

Le site des eurofaeries (radical faeries européens) : http://www.eurofaerie.eu

Bien sûr, la page wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Radical_Faeries

Il existe également plusieurs groupes de discussion Yahoo.

Je vous invite également sur le site américain des Radical Faeries : www.radfae.org

À chacune de ses parutions, j’aime personnellement feuilleter le webzine des Radical Faeries de Denver, accessible sur le site cité ci-dessus.

Et, surtout, rien que pour le plaisir des yeux : Faeries de Pickett, un formidable ouvrage photographique autour des Radical Faeries, assorti de commentaires intéressants.

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 Et vous, quel serait votre nom féérique ? me demanderez-vous…

Le mien ? Il est possible de le trouver dans les limbes du Net…


Plongez dans les précédents « Chaudrons roses »

 

TO BE CONTINUED...
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Vendredi 5 mars 5 05 /03 /Mars 10:12

(Some like it Camp)


par  Tom Peeping


 

Tom Peeping (T.P. pour les intimes, comme Tippi Hedren) aime se promener sur les chemins de traverse du 7ème art et de la télé et s’arrêter pour soulever des pierres. Les films qu’il y déniche, la plupart méconnus ou oubliés, méritent pourtant leur place près de l’arc-en-ciel. Camp, kitsch, queer ou trash, ils racontent une histoire du cinéma des marges. Gays sans l’être tout en l’étant, ils espèrent retrouver dans cette rubrique leur fierté d’être différents.

Tom Peeping, quand il ne visionne pas quelque rareté de derrière les fagots, est conférencier en histoire de l’art et fréquente assidûment les musées parisiens pour y gagner sa vie de vive voix. Il est né dans les Sixties, la décennie du Pop Art, des Yéyés et des Go-Go Girls. Et il rejoint, pour notre (et votre) plus grand plaisir, l'équipe du blog Les Toiles Roses.

 

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Fiche technique :

Avec Sal Mineo, Juliet Prowse, Jan Murray, Elaine Stritch, Margot Bennett, David J. Travanti, Diane Moore, Frank Campanella, Bruce Glover, Tom Aldredge, Rex Everhart, Alex Fisher, Stanley Beck et Casey Townsend. Réalisation : Joseph Cates. Scénario : Arnold Drake et Leon Tokatyan. Directeur de la photographie : Joseph C. Brun. Compositeur : Charlie Calello.

Durée : 94 mn. Disponible en VO.

 

 

Résumé :

Norah (Juliet Prowse) est une jeune femme libre qui gagne sa vie en attendant des temps meilleurs comme D.J. d’une boîte de nuit new-yorkaise. Des coups de fil anonymes salaces qu’elle reçoit chez elle depuis peu l’inquiètent car elle a la vague impression que son tourmenteur la connaît. Elle se confie à un policier spécialiste des pathologies sexuelles (Jan Murray), qui commence une enquête. Les appels se multipliant, Norah accepte l’offre de sa patronne (Elaine Strictch) de venir loger chez elle : hélas, celle-ci fait des avances à la jeune femme qui la met à la porte.


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L’éconduite se fait tuer dans une ruelle sombre des abords de l’appartement de Norah. La jeune femme se rapproche alors d’un de ses collègues (Sal Mineo), serveur dans le night-club, un culturiste timide à la sexualité incertaine qui habite avec sa sœur cadette, handicapée mentale. Norah apprendra à ses dépens qu’il faut se méfier de ce genre de type…


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L’avis de Tom Peeping :

Un post sur un blog ami (Fears for Queers, merci BBJane !) m’a permis de découvrir un film obscur dont l’originalité et l’audace m’ont d’abord surpris, ensuite enchanté : Who Killed Teddy Bear ? de Joseph Cates. Récemment sorti en DVD Z2 UK, le film est un petit chef-d’œuvre de cinéma de genre.

Il s’agit d’un thriller américain de 1965 dont l’accumulation de scènes osées pour l’époque génère stupeur sur stupeur.


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Who Killed Teddy Bear ? est un peu Les Infortunes de la vertu revu par le cinéma indépendant new-yorkais. La malheureuse héroïne navigue de Charybde en Sylla pendant toute la durée du film : poursuivie au téléphone par un pervers anonyme, désirée par une prédatrice lesbienne, inquiétée par un flic obsédé de perversions, abusée par un collègue auprès duquel elle espérait le réconfort… Elle tombe de désillusion en désillusion et ne sait plus, en fin de compte, à quel Saint se vouer. La malheureuse ne connaitra pas le destin funeste de Justine mais elle sortira cependant de son odyssée fort ébranlée.


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En plus de ce carnaval de déviances, Who Killed Teddy Bear ? réserve bien d’autres surprises, comme ce mélange de scènes tournées en studio (les scènes d’appartement et de night-club) et d’autres tournées dans les rues de Manhattan pendant l’hiver 1964 avec une caméra sans doute très discrète qui saisit dans leur immédiateté le quotidien des rues de l’époque. Le réalisme documentaire de ces séquences leur confère un fort sentiment de cinéma-vérité : certains passants s’arrêtent pour observer l’équipe du film faire son travail et les travelings nocturnes révèlent la faune interlope de Times Square et de la 42e rue qui n’étaient pas encore le territoire des touristes. L’influence de Blast of Silence (autre film indépendant new-yorkais, réalisé en 1961), de Melville et de la Nouvelle-Vague est évidente et maîtrisée : Joseph Cates connaissait ses classiques contemporains. Le directeur de la photographie d’origine française, Joseph Brun, utilise formidablement bien un noir et blanc un peu sale qui convient à merveille aux zones plus qu'obscures de l’histoire.


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Les acteurs sont excellents dans des rôles qui se prêtent pourtant, sur le papier, à toutes les outrances. La charmante Juliet Prowse d’abord, parfaite en victime pleine de résilience. La jeune actrice et danseuse sud-africaine à la silhouette longiligne et au visage mutin (ses yeux de chat et son sourire désarmants sont de ceux qui ne s’oublient pas) réussit à transmettre au spectateur les émotions contrastées par lesquelles passe son personnage. Elle est sublimement sexy dans l’avant-dernière scène du film, une longue séquence où elle danse avec Sal Mineo sur un air de pop : on croit aisément Elvis qui ne tarissait pas d’éloges sur elle après l’avoir eue comme partenaire dans G.I. Blues (1960). Dans des seconds rôles à forte personnalité, la grande dame de Broadway Elaine Stritch, imposante de présence, donne à la patronne du club la dose d’ambigüité qu’il faut et Jan Murray, en flic hanté par la mort violente de sa femme, provoque l’inquiétude par ses silences et ses regards pleins de sous-entendus. Mais le film permet surtout la révélation de Sal Mineo, dont c’est sans doute le rôle le plus casse-gueule.

 

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Exploitant son physique nerveux bien connu depuis La Fureur de vivre (tourné dix ans plus tôt), le réalisateur lui permet de jouer sur sa propre ambigüité, entre fragilité et névrose. Sal Mineo s’est investi à fond dans son rôle, qui, pensait-il, allait réveiller une carrière sur la pente descendante et mettre fin aux rumeurs d’homosexualité dans lesquelles il se débattait alors. En voyant le film aujourd’hui, on ne peut qu’être interloqué par cette ambition évidemment vouée à l’échec : Who Killed Teddy Bear ? était, en 1965, aux antipodes du genre de film qui aurait permis à ses participants de se refaire une santé au soleil d’Hollywood. Le film précipita la chute de l’acteur qui poursuivit quelque temps sa carrière dans des séries télévisées avant de mourir prématurément à 37 ans en 1976, assassiné dans des circonstances qui n'ont jamais été éclaircies. À ma grande surprise, Who Killed Teddy Bear ? a réussi à me rendre plus sensible à Sal Mineo, un acteur dont je ne pensais jusqu’alors pas grand-chose.

Who Killed Teddy Bear ? est donc un thriller psychosexuel aux audaces scénaristiques stupéfiantes pour 1965. Plein de scènes ne manqueront pas d’étonner les amateurs de bizarreries d’images et de dialogues : le formidable générique de début, avec ses deux corps nus qui s’étreignent en gros plan sur un lit (sur un visuel et une chanson fortement inspirés de Goldfinger) ; ce policier veuf qui se repasse en boucle les confessions de psychopathes sur des bandes magnétiques et qui vit avec sa fille de 12 ans (qui lui demande, lorsqu’il ramène Juliet Prowse chez eux, si « c’est une pute ? ») ; l’évocation des masturbations du type du téléphone ; le personnage de la sœur demeurée (car tombée sur la tête après avoir surpris son frère au lit avec on ne sait qui !) ; les exercices de musculation de Sal Mineo, à la charge puissamment homo-érotique ; le panoramique plein d’enseignements sur les rayonnages de livres d’une boutique pour adultes (où figurent entre autres côte-à-côte Psychopathia Sexualis, Tropique du Cancer et Le Festin nu) ; les nombreuses scènes avec Prowse ou Mineo en sous-vêtements ; le surprenant viol final ; l'image arrêtée qui ferme le film…


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Et puis, pour alléger toute cette poisse (je ne parle pas de Prowse ou Mineo en sous-vêtements), il y a ces longues séquences de danse de toute évidence placées dans le film pour en rallonger la durée à moindre frais : les danseurs sur la piste du night-club sur « Born to be bad » (dont un formidable couple de noirs à l’impressionnant sens du rythme) et les mouvements endiablés de Juliet Prowse et de Sal Mineo à la fin, sur « It could have been me » (ces deux-là savaient bouger, dans des genres très différents !), deux morceaux pops spécialement écrits pour le film par Al Kasha et Bob Gaudio et introuvables depuis (j'ai pourtant cherché). Certains spectateurs regrettent ces deux séquences musicales qui ralentissent l’action. Pour ma part, je les adore : en plus d’être de vraies time-capsules de pop sixties, elles offrent des contrepoints formels qui renforcent l’étrangeté de tout ce qui se passe autrement à l’écran.


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Who Killed Teddy Bear ? est un film qui ne ressemble à rien de connu au milieu des années 60 : part thriller, part drame psychologique et part exploitation (et c’est bien sûr la meilleure part !), il garde, près de 45 ans après sa réalisation, sa capacité à surprendre et même, et c'est beaucoup plus rare, à choquer. Évidemment, sa sortie en 1965 déclencha les foudres de la censure américaine qui effectua quelques coupes dans les scènes les plus indécentes et le film fut tout simplement interdit en Angleterre (refus de certificat) : sa récente sortie en DVD au Royaume-Uni marque donc la toute première fois que le film est visible dans le pays, établissant une sorte de record de délai de diffusion.

C’est donc une belle découverte que ce Who Killed Teddy Bear ?, rarissime petit joyau noir des Sixties qui osait s’aventurer sur des terrains bien marécageux pour l’époque. Klute, Taxi Driver, Hardcore... sont juste au coin de la rue. Une bizarrerie qui a tous les arguments d'un film-culte, d'un vrai.


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Entre nous : vous vous souvenez peut-être de cette inénarrable chanson de notre Sheila nationale au début des années 80 : « L’Amour au téléphone » ? Eh bien Who Killed Teddy Bear ?, le croiriez-vous, m’y a fait repenser. Fallait le faire ! Et chacun a les références qu'il mérite.

 

Des nymphos, des homosexuels,

Sado-masos et je ne suis pas spécialiste !

Et j'ai même entendu a un cocktail

La plus bizarre de la liste :

L'amour au téléphone !

L'amour au téléphone !

L'amour au téléphone !

L'amour au téléphone !

Dans cette débauche phénoménale,

On est normaux, nous,

Est-ce bien normal ?

Où ? Où ? Où allons-nous ?

 

Le DVD anglais de Who Killed Teddy Bear ? est de très bonne qualité avec seulement quelques variations peu gênantes dans l’image dues aux diverses copies qui ont permis la réintroduction des séquences censurées. Très curieusement, le splendide générique de début montre des corps nus flous alors que l'extrait YouTube (ci-dessous) du même générique les montre nets : un parfait exemple de traficotage d’image par les censeurs. Ça aurait été bien que l’éditeur du DVD (Network) ait pu avoir accès à la séquence non floutée. Pas de sous-titres.

 

 

 

 

Par Tom Peeping - Publié dans : CERTAINS L'AIMENT CAMP
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Jeudi 4 mars 4 04 /03 /Mars 12:29
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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Planète interdite

 

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Godzillaberg

 

mariage.jpg Aliens vs Sarko

couleur-rose.jpg La guerre du rose

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TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Jeudi 4 mars 4 04 /03 /Mars 09:00

« J'ai toujours détesté quiconque n'était pas tolérant envers les homosexuels, les lesbiennes ou les bisexuels. Maintenant, je jouis d'une situation privilégiée qui me permet de vraiment aider et agir à ce sujet. (...) Je crois que c'est important pour quelqu'un issu d'un gros succès commercial comme Harry Potter et particulièrement parce que je ne suis ni gay, ni bisexuel, ni transgenre... ni lesbienne. Le fait que je sois hétérosexuel ne change rien, mais il montre que les hétéros se sentent aussi concernés et se soucient beaucoup de ce sujet et qu'il n'est pas nécessaire d'être homo pour s'y intéresser. » Daniel Radcliffe.

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 4 mars 4 04 /03 /Mars 08:00
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 3 mars 3 03 /03 /Mars 10:57
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Fiche technique :

Avec Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann, Rodrigo Santoro, David Jensen, Jessica Heap, Marc Macaulay, Antoni Corone, Griff Furst et Morgana Shaw. Réalisation et scénario : Glenn Ficarra et John Requa, d'après le livre de Steve McVicker. Image : Xavier Perez Grobet. Son : Paul Urmson et Mark weber. Montage : Thomas J. Nordberg.

Durée : 96 mn. Actuellement en salles.

 


Résumé :

L’histoire vraie d’un ex-flic, ex-mari, ex-arnaqueur aux assurances, ex-prisonnier modèle et éternel amant du codétenu Phillip Morris. Steven Russell est prêt à tout pour ne jamais être séparé de l’homme de sa vie. Ce qui implique notamment de ne pas moisir en prison. Jusqu’où peut-on aller par amour ? Très loin si l’on en croit l’histoire incroyable de Steven Russell, un génie de l’évasion rattrapé par son romantisme.


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L’avis de Frédéric Mignard :

Mensonges et arnaques au cœur d’une histoire d’amour folle et enjouée entre Jim Carrey et Ewan McGregor. Est-ce que l’acteur de The Mask s’écarte tant des personnages qu’il interprète habituellement ? On en doute.

Vendu comme une performance en contre-registre dans la carrière de Jim Carrey, I Love you Phillip Morris est effectivement une prise de risque considérable pour le comédien de The Mask, puisqu’il campe un homosexuel éloigné des pitreries grand public de ses blockbusters habituels. Toutefois à travers cette histoire d’amour à l’eau de rose-gay, le comédien change-t-il radicalement de bord ? La réponse serait plutôt négative.

Incarnant Steven Russell, un homme qui ne s’embarrasse d’aucune honte à l’égard de sa sexualité, malgré l’écart que cela implique vis-à-vis de la religion et de la famille, le comédien retombe dans les travers fatigants d’hyperactivité de ses anciennes personnalités. Passant avec l’agilité d’une anguille du mari aimant au prisonnier en fuite, de l’agent d’assurance à l’avocat ou encore au flic, il synthétise le mensonge dans tout ce qu’il a de plus névrotique. Menteur compulsif à la frontière de la schizophrénie, Carrey s’amuse dans un rôle type qu’il connaît sur le bout des doigts pour le jouer régulièrement depuis plus de 19 ans maintenant !


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Fidèle à son jeu aux antipodes de la subtilité, il trouve néanmoins la repentance dans la véracité qu’il apporte à son histoire d’amour avec Ewan McGregor. Seule constance positive de son personnage, une passion inconditionnelle pour l’homme de sa vie. L’arnaqueur va multiplier les escroqueries et les entourloupes extraordinaires pour se rapprocher de son bien-aimé, malgré les menaces judiciaires et la réalité pénitentiaire. La romance, agrémentée d’une sacrée dose d’humour, évite le communautarisme et les clichés pink pour se concentrer sur l’universalité de l’amour. Il n’y est finalement jamais question d’homosexualité, mais toujours de passion entre deux êtres. Bref, une histoire de couple (tirée de vrais personnages) qui prend des proportions extraordinaires. Au final, c’est plutôt enjoué et frais ; il faut juste adhérer au jeu extravagant de Jim Carrey, et ça, on peut le comprendre, ce n’est pas donné à tout le monde.


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L’avis de Voisin blogueur :

Steven semble mener la vie parfaite avec sa famille complice et croyante. Mais ce n’est qu’un leurre. En douce, Steven s’offre des aventures avec des hommes. Menteur ? Complètement ! Alors qu’il se sépare de sa compagne pour mener une vie de gay très « bling bling », notre ami se retrouve à court d’argent. Il décide alors de faire de nombreuses magouilles vis à vis des assurances… Il sera finalement arrêté et mis en prison. C’est là qu’il va rencontrer l’amour de sa vie : Phillip Morris. Un homme un peu timide, toujours gentil, dont la confiance a trop souvent été abusée. Steven lui promet de lui offrir la relation qu’il mérite. Mais les péripéties ne vont pas manquer, menaçant de séparer les deux tourtereaux. Entre transferts de cellule et mensonges, l’amour aura-t-il le dernier mot ?


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Énorme buzz autour de ce premier long-métrage d’un duo de scénaristes. Pour le moment privé de sortie en salles aux États-Unis, I Love you Phillip Morris choque plus par certains de ses propos que pour sa vision de l’homosexualité, extrêmement caricaturale. Steven comme Phillip sont des gays très typés (l’un est plus masculin et sûr de lui, l’autre plus féminin et sensible). Mais ce côté cliché est incorporé dans un univers très coloré, décalé, qui fait que l’on accepte volontiers cette vision réductrice de l’homosexualité. Dès les premières minutes l’excellent scénario fait son effet : des gags et répliques extrêmement efficaces et surprenants, le principe que l’on peut rire de tout (et donc aller très loin), de l’audace.


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Alors que la réalisation s’amuse à être plus ou moins explicitement phallique (des objets placés pour dessiner les formes du sexe masculin ou des plans composés pour faire ressortir ce fascinant phallus), la comédie prend le dessus tout en essayant de se muer de temps en temps en vrai film romantique susceptible d’arracher quelques larmes aux yeux. Brillant de bout en bout dans sa première partie, le film perd un peu de sa force comique dans sa seconde moitié. Mais le niveau reste très haut. Jim Carrey et Ewan McGregor font de leurs caricatures homos des personnages amusants mais surtout crédibles. On croit directement à cette histoire d’amour, impossible de ne pas s’attacher à ses deux hommes qui font la pair.

À la fois romance gay décomplexée et souvent kitsch, portrait d’un arnaqueur fantasque, critique de la société américaine, I Love you Phillip Morris ravira les amateurs de comédie comme les autres de par l’efficacité de son écriture garantissant de nombreux fous rires. Rares sont les comédies qui parviennent à obtenir ce résultat. Oui disons-le : I Love you Phillip Morris est l’une des meilleures comédies de ces dernières années. Adaptée d’une « histoire vraie », ce long-métrage phallique et parfois féroce finit bel et bien par être jubilatoire.


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L’avis de Bernard Alapetite :

Steven Russell, un flic lambda de Géorgie, marié à une bigote et père d'une gamine qu'il adore, a un grave accident de voiture. Le choc lui fait prendre conscience de la fausseté de sa vie et il décide d'être vraiment lui-même. C'est à dire de vivre son homosexualité au grand jour. Il démissionne de son travail de policier et quitte sa femme. On le retrouve dans la séquence suivante en tata cossue et dépensière, dans un palace de Floride, doté d'un petit ami (Rodrigo Santoro) et de deux chihuahuas. Il énonce ensuite cette sentence on ne peut plus vraie : « Être gay coûte cher. » Il est donc devenu un escroc de haut vol pour payer son fastueux train de vie. Mais la dolce vita se termine derrière les barreaux. Il a bientôt le coup de foudre pour un autre prisonnier, Phillip Morris ( Ewan McGregor), qui devient l'amour de sa vie. Steven ne tarde pas à s'évader et réussit rapidement à faire sortir de prison l'élu de son cœur. Le couple mène grand train grâce aux différentes arnaques de Steven, qui est parvenu à se faire embaucher comme directeur financier d'une grande firme. Mais une nouvelle fois les malversations de Steven sont découvertes. Retour à la case prison. Suivent plusieurs épisodes où notre héros connait des hauts et des bas, surtout des bas mais toujours amoureux de Phillip Morris, qui a lui décidé de prendre ses distances avec son soupirant. La comédie devient de plus en plus sombre pour se muer en un mélodrame lacrymal.


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I Love you Phillip Morris nous propose trois films en un seul. C'est d'abord une comédie dont le modèle serait celles des frères Farelli ; un film de prison, façon Oz light et enfin un mélodrame qui regarderait du coté de Brokeback Mountain. Dès le générique de début, on nous annonce que l'histoire qui va nous être racontée est vraie. Et c'est peut-être la plus grosse erreur des cinéastes car pas un seul instant nous pouvons croire à ce que nous voyons. On aurait sans doute été mieux intentionné pour le film sans cette annonce qui le condamne dès les premières scènes. On l'aurait accepté alors comme une des nombreuses comédies gays farfelues et bâclées qui, généralement, sortent directement en vidéo et l'on aurait attribué son incongrue sortie en salle en raison de son casting. À propos, le fait que les protagonistes de cette laborieuse pochade soient gays n'a que peu d'importance. Ils seraient hétéros que cela ne changerait rien à l'affaire.


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Comment croire qu'un petit flic du sud se transforme instantanément en un flamboyant escroc ? Le scénario se garde bien d'ailleurs de nous l'expliquer et ce n'est malheureusement pas le seul raccourci pris par le duo qui met le spectateur devant le fait accompli de nombreuses invraisemblances. D'autre part, comment admettre que toutes les personnes que rencontre Steven tombent sous le charme de son discours alors que nous ne voyons qu'un camelot de troisième zone débitant des fadaises d'un air fat ? La première règle pour un escroc est de ne pas paraître ce qu'il est, mais avec Steven Russell, le plus naïf des spectateurs aura décelé d'emblée le faisan. À partir de là, il est difficile de s'intéresser à la pantomime qui se déroule sur l'écran.


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À mesure que se déroule le film, on pense de plus en plus à Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg, mais Glenn Ficarra et John Requa n'arrivent pas au doigt de pied de ce dernier et la comparaison de Jim Carrey avec Di Caprio est accablante pour le premier. Car ce qui plombe I Love you Phillip Morris, ce n'est pas que son scénario peu crédible, c'est aussi son interprétation. Jim Carrey joue comme au temps du muet où l'art de l'acteur se résumait souvent à de pénibles roulements de quinquets. Durant les 1h36 du film, Jim Carrey nous sert toujours le même numéro aux grimaces convenues. Dans les scènes de mélodrame, gêné, on se distrait en essayant de se souvenir depuis combien de temps on n’a pas vu un aussi mauvais acteur au cinéma. Jim Carrey, vieilli, émacié, m'a fait penser aux vieux comiques des tournées miteuses qui font un sort à chaque mot. J'ai toujours pensé que les stigmates de l'âge ne vont pas aux comiques. Le pitre doit être dans la fleur de l'âge, sinon ses grimaces sont plus pitoyables que drôles. Ewan McGregor ne relève pas le niveau. Il est inexistant en godiche molle et n'a rien pour inspirer l'amour, ce qui rend encore plus improbable toute cette histoire.


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Si le filmage est correct, au standard des productions commerciales américaines, le montage est d'une grande mollesse ce qui est d'autant plus étonnant pour un film fait de petites scènes mises bout à bout.

Au final, on en veut à cette médiocre équipe d'avoir gâché ce roman d'un tricheur qui n'aurait que l'amour pour se raccrocher à la vie.

Pour plus d’informations :

Par Frédéric Mignard, Voisin blogueur et Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 2 mars 2 02 /03 /Mars 09:33


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

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Jacques Balthazart, Biologie de l'homosexualité : On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être, Wavre (Belgique) : Mardaga, 2010, coll. Psy : théories, débats, synthèses ‒ 209 p. 15 x 22 cm, ill. 29 €.

 

Un éminent biologiste, directeur du Groupe de Recherches en Neuroendocrinologie du Comportement et chargé de cours à l'Université de Liège (Belgique), a choisi de porter son regard de savant sur les causes de l'homosexualité. Il offre au lecteur un exposé quelquefois ardu, mais clairement structuré et jalonné de résumés servant de bouées de sauvetage ou de points de rappel et d'ancrage.

La lecture de ce livre n'est pas, même pour le titulaire d'un baccalauréat scientifique, de tout repos. L'introduction fixe les lignes de cette somme de connaissances : la ligne directrice est définie par le sous-titre du livre. Même si l'on sent une tension militante sous la prose de certains passages, jamais Jacques Balthazart ne se départit de sa rigueur scientifique. Que ce soit pour analyser les erreurs du passé, dénoncer les généralisations abusives (dans un sens ou dans l'autre) ou pour, constamment, rappeler les difficultés de l'expérimentation dans un domaine si intime, on est dans un exposé cadré et borné par la rigueur du raisonnement qui refuse le parti pris, souligne les approximations et pose clairement des questions auxquelles il reconnaît n'apporter que des ébauches de réponses.

On ressort donc de ce livre avec un faisceau de présomptions qui, sans nier la possibilité d'une influence de l'éducation, fait de notre orientation sexuelle un élément posé – on ne sait précisément ni où ni comment – dès notre naissance.

Le Professeur Balthazart fait un point important sur l'état des connaissances scientifiques en 2010. Reprenant un par un les divers arguments entendus ça et là : « chromosome de l'homosexualité », stress de la mère durant la grossesse, théories freudiennes et autres études sur les jumeaux, il apporte l'éclairage d'un spécialiste largement reconnu pour étayer une hypothèse dont il fixe clairement les limites, les dangers et les possibilités de développement.

Prenant le contrepied biologiste du pédopsychiatre Stéphane Clerget (1), il démonte avec de nombreux exemples les explications d'une homosexualité acquise, par défaut, par tradition ou du fait du comportement des parents.

À ceux qui craignent des dérives eugénistes ou de choix prénatal, il expose sa foi en une science au service de l'homme, dans sa diversité et la richesse de ses différences.

Sans militantisme, avec un esprit éclairé qui n'hésite pas à dénoncer les dérives de certains de ses collègues, il assume et expose les conclusions philosophiques de sa « découverte ». Même s'il nous importe plus de savoir comment vivre notre homosexualité que d'en chercher les causes, on pourra trouver ici un exposé complexe mais roboratif. Intéressant pour déculpabiliser les parents et éducateurs, l'ouvrage de Jacques Balthazart serait à résumer et à présenter dans une version simplifiée au public le plus large possible.

 

(1) Stéphane Clerget, Comment devient-on homo ou hétéro ?, Jean-Claude Lattès, 2006.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Un article du quotidien Le Monde du 4 février 2010 :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/04/l-homosexualite-est-genetique-selon-un-chercheur_1301366_3244.html

Interview de Jacques Balthazart à la RTBF :

http://mediaserver.rtbf.be/sites/rtbf-media/themes/rtbfmedia/iPlayer/MediaPlayer.php?openFunction=getMediaObjectById&openValue=79072

L'avis du blog GayKosmopol :

http://luclebelge.skynetblogs.be/post/7601800/biologie-de-lhomosexualite-le-nouvel-ouvrage

 

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Interview de Jacques Balthazart

Par  Gérard Coudougnan

 

Les Toiles Roses : Monsieur le Professeur, c'est un honneur que vous faites à un non-spécialiste, rédacteur d'un blog homosexuel militant, en répondant à ces quelques questions. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Jacques Balthazart : Je suis un chercheur scientifique désireux de partager les connaissances acquises avec le public… et un amateur de jazz et de plongée sous-marine.

 

Quelles ont été vos principales motivations avant d'écrire ce livre ?

Corriger des erreurs largement répandues dans le public concernant les origines de l’homosexualité… mais aussi de l’hétérosexualité. La question d’intérêt étant en fait : quels sont les mécanismes qui déterminent notre orientation sexuelle, quelle qu’elle soit ?

Par ailleurs, je désirais faire connaître au public francophone une masse de données scientifiques sur le sujet qui sont largement diffusées en langue anglaise mais ne sont quasiment jamais mentionnées en français.

 

Pourriez-vous nous donner quelques uns des arguments les plus forts de votre démonstration des origines biologiques de l'homosexualité ?

L’argument le plus fort à mon sens est que l’orientation sexuelle est clairement contrôlée chez l’animal par les hormones pré ou périnatales. On voit mal comment au cours de l’évolution le contrôle d’une caractéristique aussi importante pour la survie d’une espèce (elle conditionne la reproduction) pourrait avoir changé de déterminisme pour passer sous le contrôle de facteurs de l’environnement tels que l’éducation ou les premières expériences qui par nature sont extrêmement variables. Par ailleurs, les études cliniques ont rassemblé un faisceau d’observations suggérant que les mécanismes hormonaux mis en évidence chez l’animal sont toujours en action chez l’homme.

 

Avez-vous eu, en dehors des éloges argumentés figurant sur la quatrième de couverture, des critiques venant de personnes développant des arguments différents ?

Plusieurs chercheurs scientifiques s’intéressant à l’endocrinologie du comportement et un neuroendocrinologue clinicien ont écrit des commentaires positifs sur ce texte. Deux de ces avis sont repris ci-dessous :

Pour un endocrinologue chercheur et clinicien qui a toujours été intéressé par les rapports évidents entre le système hormonal et les fonctions cognitivo-affectives, c'est une grande chance de disposer de cette réflexion biologique rigoureuse écrite par un des meilleurs chercheurs dans ce domaine. Il est remarquable qu'un scientifique fondamentaliste soit aussi proche des réalités cliniques auxquelles l'endocrinologue se trouve parfois confronté. Ce livre propose une analyse rigoureuse et très sérieusement documentée du problème de l'orientation sexuelle qui intéressera tant l'endocrinologue clinicien francophone que le grand public.

Jean-Jacques Legros, Endocrinologue

Unité de Psychoneuroendocrinologie, Université de Liège

Le sujet de la sexualité, l'homosexualité en particulier, constitue un dossier controversé dans presque toutes les sociétés humaines. En ce début de 21e siècle, elle demeure enveloppée dans un manteau de désinformation, d'incompréhension et de préjugés. Le livre courageux du Dr. Balthazart ose mettre en exergue la recherche scientifique sur ce sujet par une présentation claire, concise, et bien documentée de l'état actuel des connaissances concernant la biologie de l'homosexualité. Ce faisant, il fait exploser le mythe selon lequel l'homosexualité relèverait plus d'un choix ou d’une perversion que l'hétérosexualité. Sa présentation illustre, dans une perspective évolutive, comment les mécanismes et les régions du cerveau qui se sont spécialisés au cours de l’évolution dans le contrôle hormonal des comportements sexuels chez les mammifères inférieurs sont toujours manifestes chez l'homme. Il utilise des arguments biologiques et cliniques pour suggérer que des facteurs hormonaux et génétiques présents au cours du développement embryonnaire prédisposent l'individu à devenir homosexuel, mais aborde clairement les limites de notre état actuel de compréhension. Finalement, le Dr. Balthazart conclut que « l'homosexualité devrait être considérée comme une variation spontanée d'un caractère biologique, l'orientation sexuelle ». En d'autres termes, les homosexuels constituent une minorité sexuelle et devraient avoir les mêmes droits et privilèges dans la société que la majorité l'hétérosexuelle. Ce livre permettra d'éduquer à la fois la communauté médicale et le grand public sur l'existence de données fascinantes et convaincantes qui appuient fortement l'idée qu'il existe une base biologique à la sexualité humaine et par conséquent il devrait aider certaines personnes à accepter la sagesse de la diversité biologique.

Charles E. Roselli, Département de Physiologie et de Pharmacologie,

Oregon Health & Science University, Portland, USA

Le docteur Clerget reste par ailleurs non convaincu ; nous avons eu l’occasion d’en débattre en radio sur Radio France Internationale le 4 février. J’imagine qu’il en sera de même pour la plupart des psychanalystes.

Je n’ai enfin reçu à ce stade aucune réaction venant de la part des autorités religieuses.

 

Quelles sont les réactions du monde LGBT à la publication de votre livre ?

Parmi les très nombreuses réactions reçues, une majorité sont positives et me remercient pour l’éclairage que je donne de cette orientation sexuelle. Le déterminisme prénatal dont je défends l’existence annihile en effet les thèses présentant l’homosexualité comme une perversion, une déviance, un péché… Il devrait par ailleurs être de nature à déculpabiliser les homosexuels et leurs parents.

Ceci dit, une partie non négligeable des réactions est négative soit parce que certains revendiquent la liberté de leur choix soit parce qu’ils ont peur des dérives eugéniques qui pourraient être associées à l’identification des mécanismes qui contrôlent l’orientation sexuelle. J’ai répondu à ces objections potentielles dans mon livre.

 

Comment pouvez-vous, encore, nous rassurer sur la possibilité d'éviter les dérives eugénistes qui nous font craindre un monde où le test prénatal d'orientation sexuelle serait accessible ?

Un test de détection n’est pas, à ce stade, très proche car nous ne comprenons pas encore le détail des mécanismes impliqués. Ceci dit, si un tel test devenait disponible, il est clair que les comités d’éthiques devraient strictement contrôler l’usage qui en serait fait. Ceci ne vaut bien sûr que pour les pays démocratiques qui malheureusement ne sont pas en majorité dans notre monde. La connaissance est donc potentiellement dangereuse mais c’est vrai de façon générale et le chercheur, comme tout un chacun, doit rester vigilant quant à l’utilisation qui en est faite.

 

Vous êtes citoyen d'un royaume dont les avancées en matière de droit des homosexuels sont un exemple en Europe et dans le monde. Votre livre est paru le même jour que Casse-toi (1) du photographe Jean-Marie Périer dans lequel il dénonce le rejet de jeunes homos par leurs parents. Pensez-vous que la société belge est plus protégée de ce genre de dérives ?

La Belgique a effectivement une attitude assez progressiste dans ce domaine à l'heure actuelle. Je n'ai pas d'interprétation claire de cette différence par rapport à d'autres sociétés latines. Peut-être faut-il voir là un effet bénéfique de la grande diversité culturelle de notre pays.

 

Je vous remercie de nous avoir accordé tout ce temps et toute cette attention et souhaite que votre livre reçoive le succès qui lui est dû. Je ne peux que conseiller, tant il est riche de nuances et de précisions, sa lecture à tous ceux qui voudraient réagir à notre discussion. Rigueur scientifique et doute méthodique y accompagnent une réelle ouverture sur un sujet qui peut intéresser nombre d'entre nous, même si le « comment » est, pour beaucoup, plus important que le « pourquoi ».

 

(1) http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/22338

Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées :
lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mardi 2 mars 2 02 /03 /Mars 09:22

MA SORTIE DU PLACARD

 

Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 

out_of_the_closet1.jpg(c) D. R.


Cher lecteur, j’ignore ton niveau de connaissance en matière d’identité homosexuelle. C’est la raison pour laquelle cet article va débuter par un petit rappel qui te permettra, je l’espère, d’apprécier à sa juste valeur, mon humour dévastateur.

Les Américains, avant les Français, ont trouvé une expression très imagée pour définir le fait qu’un homosexuel se cache et dissimule ses préférences sexuelles. Se taire et s’enfermer dans le silence, voire le mensonge, reviendrait à être « trapped in a closet », que l’on peut traduire littéralement par « être enfermé dans le placard ». On est prisonnier, on étouffe, il fait noir. Se libérer et révéler son homosexualité revient alors à « coming-out of the closet » soit, en bon français parce que nous ne comprenons que cette langue, à « sortir du placard ». Bien évidemment, vous pouvez être totalement hors du placard auprès de votre famille et de vos amis et être totalement au fond de ce placard, sans lumière et enfermé à double tour parce que vous avez perdu la clé, au travail et à la salle de gym. Il y a différents degrés. Mais ça, c’est le sujet d’un prochain cours… pardon, billet.

J’ai fait mon coming-out il y a plusieurs années à ma famille. Que dis-je, il y a plus de six ans déjà, c’est énorme dans la vie d’un lapin, d’un chat et d’un chien (ne cherchez pas la raison de cette comparaison. Je suis une humaine totalement égoïste qui pense que les animaux ne sont que des animaux qui doivent rester à leur place d’animaux et qui ne sont pas des enfants ou des substituts à l’amour maternel. Mais j’ai découvert que les lesbiennes adoraient les animaux. Alors je fais croire que moi aussi je les aime. C’est pour « pécho » les filles…)

Je disais donc, je suis hors du placard depuis quelques temps. Pas avec tout le monde. Pas tout le temps. Mais la majeure partie de ma vie, je suis « out » (ceci est un nouveau mot anglais. Ah ces Américains qui s’attribuent le monopole des termes concernant l’homosexualité c’est pas croyable ! « Out » signifie ne pas cacher ses préférences sexuelles ou son identité de genre).

Après cette courte introduction, je vais te raconter, cher lecteur, ma dernière super blague qui me fait encore rire. Le problème est qu’elle ne fait rire que moi. Et ça, c’est dur, très dur.

Je suis propriétaire d’un taudis qui sera, un jour, un superbe appartement. En attendant, c’est un appartement en travaux dans lequel je vis. Deux pièces sont terminées sur le total, le bureau et, depuis peu, la chambre (non maman, je n’ai toujours pas acheté de lit. J’ai pas encore pécho de fille de toute façon, c’est pas urgent urgent à la seconde. Mais j’en achèterai un bientôt, un jour, je te le promets…). Deux pièces sont donc propres et vivables sur l’ensemble de mon immense propriété !

Ne pouvant effectuer les travaux seule, je suis secondée dans ma tâche par un chef de chantier, architecte, électricien, peintre, carreleur, plâtrier, menuisier et plombier très efficace. Un homme très fort et compétent, j’ai nommé : mon papa ! Mon super papa ! Papa Bernard ! J’ai deux frères aussi, mais ça les fatigue trop de m’aider. Ils préfèrent jouer à la console. Rien que redimensionner mon site Internet, c'est-à-dire avoir travaillé 10 minutes sur mon fichier CSS les a déjà épuisés le week-end dernier. Comment oses-tu penser, lecteur, qu’ils vont nous aider ? Ce n’est pas leur appartement d’abord. Maman, elle, est en charge de la pièce dans laquelle moins je mets les pieds, mieux je me porte : la cuisine. Elle a carte blanche dans cette pièce. Du coup, elle ne vient plus parce qu’elle déprime de voir à quoi elle ressemble.

Donc avec mon papa, tous les deux, on fait les travaux. Dernièrement, on s’est occupé du placard de l’entrée (je sens que tu es en train de faire un rapprochement avec mon introduction, ami lecteur, c’est bien, très bien, tu tiens le bon bout). Mon placard de l’entrée, pour vous expliquer, c’est un placard mural, dans le hall, à votre droite quand vous entrez dans l’appartement.

Au départ, c’était un truc horrible et moche. Le précédent propriétaire avait laissé des rangements mal agencés, casés et sales. J’ai tout cassé ! J’adore tout casser. C’est mon moment préféré. J’ai donc tout cassé et papa m’a aidée sur la fin parce qu’il me manquait un tout petit peu de force. J’ai tout nettoyé. On a rebouché les trous dans le plâtre. On a tout lissé. On a repeint le petit bout de plafond en blanc et c’était beau. Ensuite papa est parti et j’ai continué seule. J’ai tapissé avec les restes de papier peint de la chambre. Bon, je me suis un peu ratée dans la taille des lais (c’était en deux couleurs, violet en bas, orange en haut, comme dans ma chambre. Mais j’ai mal calculé et il me manque 1 centimètre sur toute la longueur entre les deux lais. Tu oses rire, saleté de lecteur. Tu as déjà tapissé un placard avec des restes de papier peint de deux couleurs et de la colle de merde offerte par un mec qui t’as draguée alors que tu avais une tête de déterrée qui aurait dû lui faire comprendre que non, il ne t’intéressait vraiment pas et que tu lui souriais pour ne pas lui parler en priant pour qu’il se taise. Non, tu n’as jamais fait quelque chose comme ça. Alors tu n’as pas le droit de rire ou de dire quoi que ce soit).

Donc j’ai tapissé mon placard. Ensuite j’ai collé une frise entre les deux raccords de lais pour cacher le centimètre manquant. Évidemment, je n’avais plus de frise. Ben non, c’était pile poil la bonne taille pour la chambre. Heureusement, il me restait l’ancienne du précédent appartement (je ne l’avais pas acheté l’autre appartement, hein. Je ne suis pas Crésus. J’avais juste refait le papier peint pour m’entraîner). Et coup de chance, dans le précédent appartement, les couleurs c’était orange et rouge. Et la frise, elle avait du orange et du rouge. Et là, c’était parfait pour mon placard.

J’ai donc mis la frise en parlant à mon petit placard. Ce n’est pas parce que je trouve stupide de parler aux animaux comme à des enfants que je n’ai pas le droit de parler à mon placard. Je lui ai bien expliqué que bon, je venais de passer mon week-end à le rendre beau mais qu’il fallait qu’il sache quand même qu’il n’était qu’un placard. Voilà quoi. C’est la vérité. Je suis perfectionniste mais quand même. Il faut aussi savoir être réaliste et remettre les placards à leur place.

La dernière fois que mon père est venu, nous sommes allés dans mon magasin préféré, Castorama. Isabelle à Castorama, c’est maman Nini dans un magasin de sacs à main. C’est le bonheur total. Mais là, je suis restée focalisée. On avait une mission. Récupérer les portes que j’avais commandées. De superbes portes coulissantes miroir en aluminium, gris métallisé, à poser soi-même. Hop, on a tout chargé dans la voiture et nous sommes rentrés à l’appartement.

Je vous passe les détails pour rentrer les portes de 2m40 dans la voiture de mon père, ça a été assez long et laborieux. Mais nous sommes arrivés sains et saufs chez moi. On a tout déballé, on a lu la notice et on s’est lancés.

Ok, je l’avoue, papa a tout fait. Moi, pendant ce temps, je peignais les rayonnages du placard. En argenté, pour s’accorder avec le contour du placard (peint en argenté aussi) et avec mes supers portes coulissantes miroir. Donc papa a tout lu, a tout posé et il m’a appelée pour installer les portes dans leur châssis. Je suis arrivée, telle Wonder Woman, couverte de peinture, avec mon bandana rouge dans les cheveux, mon pantalon troué aux genoux (trop sexy quoi) et je lui ai prêté main forte. On a installé les portes en deux temps trois mouvements. Je suis comme ça, super utile.

Et puis papa m’a expliqué que pour que les portes soient bien alignées avec le mur, il fallait tourner une petite vis qui inclinait plus ou moins le battant. On a commencé à faire ça mais c’était assez dur. La solution la plus simple a été de mettre l’un de nous dans le placard avec la lumière et de voir le jour pour connaître l’inclinaison de la porte. Moins on percevait de jour, plus la porte était alignée. Le placard était petit, je suis rentrée dedans pour nous permettre de réaliser ces dernières modifications.

Papa avait fait un travail génial et tout tombait de manière parfaite. J’ai clipé la sécurité anti-déraillement, à quatre pattes par terre, super mal installée, dans mon placard trop beau qui ignorait toujours qu’il n’était qu’un simple placard. Quand j’ai eu terminé et que j’ai pu en sortir, j’ai ouvert les portes en grand, je me suis relevée et j’ai fait la superbe blague suivante en écartant grands les bras : « C’est trop bien de sortir du placard ! »

Cher lecteur, j’espère que tu avais compris, grâce à mon introduction magistrale, où je voulais en venir. J’espère également que tu apprécies cette blague à sa juste valeur et qu’elle t’a fait rire. Parce que mon père, lui, n’a pas du tout compris. Rien. Le vide intersidéral aurait été plus réactif je pense. Il a dit : « Je vais faire un peu de plâtre pour faire tenir les boîtes à interrupteur. » J’ai été défaite et déçue. Comment pouvait-il ne pas comprendre ma super blague ?

Je suis allée faire le repas je crois. Ou alors je me suis remise à peindre. Mais j’étais quand même trop fière de moi. Tout le monde ne peut pas se permettre une blague de placard, mince ! Je l’ai racontée à des amies lesbiennes qui ont fait semblant de rire. Elles m’ont dit que c’était une question de référence. Mon père n’a simplement pas les mêmes que moi. Peggy, ma collègue de travail, m’a engueulée en me disant que je devrais être contente d’avoir un père qui se fout totalement de mon orientation sexuelle à une époque où des gens ont toujours peur de faire leur coming-out. Mouais.

Papa est reparti à l’issue de ces deux jours de travail dans mon taudis et il est rentré rejoindre maman.

La semaine suivante, j’ai appelé mes parents pour prendre de leurs nouvelles. Mes parents, comme je vous l’ai déjà expliqué dans un précédent billet, ce sont Martha et Jonathan Kent. Quand je leur téléphone, ils mettent le haut-parleur et ils me parlent tous les deux. Des fois en même temps, des fois l’un après l’autre. Des fois en s’engueulant, des fois en disant le contraire de l’autre. C’est hilarant. Ça me rappelle quand Clark appelait ses parents dans Lois & Clark : Les Nouvelles Aventures de Superman. Ils font pareil. J’adore. J’ai toujours l’impression d’être à la maison.

Je les ai donc au téléphone et, toujours dégoûtée que ma blague soit tombée à plat, je décide de l’expliquer à ma mère. Elle avait auparavant pris des nouvelles de mon placard, normal. Je lui explique donc qu’il est toujours aussi beau, qu’elle va l’adorer parce qu’elle aura deux miroirs de plain-pied pour s’admirer avant d’ouvrir la porte (c’était son idée d’ailleurs, à la base, les portes coulissantes miroir). Et je lui raconte ma super blague en sortant du placard. Je suis sûre qu’elle m’a imaginée, comme ce petit diable sortant de sa boîte pour surprendre. Et là, très distinctement, j’ai entendu mon père rire à l’autre bout du fil. Ça le faisait rire avec une semaine de retard.

Et là je l’ai engueulé papa ! Non mais sérieusement, une blague qu’on doit expliquer et qui fait rire avec une semaine de retard, ce n’est pas une vraie blague. Ce n’est pas drôle ! Ce n’est plus drôle ! Non mais franchement !

En plus, je le jure, c’était drôle ! Zaza, en travailleuse sexy, sortant de son placard en sautant et en écartant les bras de manière théâtrale, ça valait vraiment le coup.

La conclusion de cette histoire. Ne jamais oublier le paragraphe introductif.

 

Isabelle B. Price (Janvier 2010)

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
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Lundi 1 mars 1 01 /03 /Mars 11:27
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

 

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Patinage sarcastique (1)

 

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Patinage sarcastique (2)


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TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Lundi 1 mars 1 01 /03 /Mars 11:18

chaudronpotter

 

12.

MES ÉPHÉMÉRIDES DE MARS

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.

 

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Bonjour à toutes et tous,

N'étant plus sur Facebook, je vous livre directement sur le blog mes éphémérides de mars. C'est un petit calendrier où, pour chaque jour, j'évoque un personnage lié aux LGBT et dont c'est l'anniversaire ou la fête ou le souvenir de la mort. Ou tout simplement, tel jour, je décide de penser à une personne, un événement, un sujet sur lequel je souhaite m'interroger, creuser, réfléchir, étudier si j'en ai le temps. Comme vous le voyez, il y a de la matière.

 

1er mars : Naissance du peintre Botticcelli en 1445. Il ne s’est jamais marié et on pense qu’il était homosexuel. Vrai ? Pas vrai ? Ses représentations de la femme étaient de toute manière d’une grande finesse. Sa quête artistique tendit vers une recherche de l’absolu féminin. Quête, dit-on, assez fréquente chez les homos. Est-ce le cas ? Est-ce un cliché ? Il me semble que même récemment, il en fut question, de cette quête, dans une émission à laquelle Daniel a participé en radio.

2 mars : Le terme « faggot » par lequel les anglo-saxons désignent les homos renvoie, en fait, aux bûchers sur lequel on les brûlait. Il dérive aussi du français « fagot » qui signifiait à la Renaissance « homosexuel actif ». On peut méditer sur cette réalité : le bois qui s’enflamme. Allégorie de l’embrasement, du désir. Rencontre aussi du bois et du feu, tous les deux masculins. Mise à mort par le feu punissant une forme de sensualité elle-même très brûlante. Faut-il revendiquer ce terme ? Il est à la fois symbole génocidaire et métaphore du désir. Troublant, quand même.

3 mars : Naissance en 1756 de Françoise de Raucourt, fondatrice de la secte lesbienne des anandrynes. Qui sont aujourd’hui les descendantes spirituelles de ces femmes disparues ? Quelles étaient leurs idées ?

4 mars : Le singe symbolise la fête et le spectacle. Chez les Aztèques, on l’associe à l’homosexualité. Les homos ont, il est vrai, le sens de la dérision, de la fête et de la mise en scène. Et si j’étais un singe, de quelle espèce serais-je ? Ouistiti ? Macaque ? Bonobo ? Chimpanzé ?

5 mars : La feri tradition, fondée par Victor Anderson dérive de la wicca. Entre autres dieux, on y trouve le dieu bleu, être androgyne apprécié par les pratiquants homosexuels de cette religion. Un de ces attributs est la plume de paon. Le gay le plus connu pour ces réflexions sur ces divers aspects est Storm Faerywolf.

6 mars : Mise à mort par le feu en 1586 de Richard de Renvoisy, compositeur français, pour sodomie. Ses œuvres sont toujours jouées.

7 mars : Sainte Perpétue et Sainte Félicité sont fêtées ce jour. Elles ont été mises à mort ensemble par les romains, après s’être converties au Christianisme. Perpétue eut de nombreuses visions de leur martyre. Plusieurs fois, son père lui demanda d’abjurer la foi chrétienne, sans succès. On jeta une vache sauvage sur elles dans l’arène de Carthage en 203. On dit d’elles qu’elles étaient un couple lesbien. Elles ont d’ailleurs été souvent évoquées comme saintes patronnes lors de mariages religieux lesbiens, semble-t-il.

8 mars : Mort de l’homme politique Jean-Jacques Régis de Cambacérès en 1824. Il serait à l’origine de la décriminalisation de l’homosexualité en France. Quoique ce soit discuté, tout de même. Mais qu’est-ce qui a conduit la société à considérer l’homosexualité comme un crime ?

9 mars : Le safran est utilisé comme aphrodisiaque dans des sortilèges amoureux lesbiens. Et si on mangeait du riz au safran aujourd’hui ? Lol. Rien que pour voir ce que ça fait d’être lesbiennes quand on est gay.

10 mars : Abrogation en 1994 du paragraphe 175 qui criminalisait l’homosexualité masculine en Allemagne depuis 1871. C’est en son nom que des dizaines de milliers d’homosexuels furent déportés. Souvenons-nous.

11 mars : Le chant du cygne doit son nom à la mélodie désespérée chantée par Cycnus, lorsque son amant Phaeton fut assassiné par Zeus. Les cygnes vont toujours par deux. On dit qu’ils sont fidèles l’un à l’autre. Un pied de nez à ceux qui prétendent que les homos ne peuvent être fidèles ? Par dessus-tous, ce sont des animaux féériques. Donc, je les aime. Les elfes prennent parfois la forme de cygnes quand ils entrent dans le monde réel. Ne sont-ils pas à leur manière des voyageurs d’entre les mondes eux aussi ?

12 mars : Chez les amérindiens Tewa, Kanyotsanyotse est un homme-femme qui vécut à l’aube des temps. Il permit au peuple des hommes, vivant jusque là sous un lac, de gagner la terre ferme. Pour cela, il visita tous les animaux et les esprits des différents lieux. Il leur recommanda d’être aimants avec les humains. On peut y voir une fonction chamanique. Il a joué, en fait, un rôle d’intermédiaire entre les animaux et les humains, comme les chamans le font aussi entre le monde terrestre et celui des ancêtres. Les êtres aux deux esprits n’ont-ils pas justement l’aptitude à marcher entre les mondes, y compris entre celui des hommes et des femmes ?

13 mars : Dissolution de l’ordre des templiers, convaincu d’hérésie. En quelle année, au fait ? On évoque à leur sujet une divinité nommée Baphomet, à la fois masculine et féminine, ainsi que des pratiques homosexuelles. À nouveau, cela tient peut-être de la légende. Les représentations qu’on a faites de Baphomet le font souvent ressembler à l’image que l’on se fait du diable. Muni de seins et d’un pénis. Pourquoi ? Pourquoi aussi a-t-on diabolisé l’androgynie ?

14 mars : Chez les Tupis brésiliens, les tyvire sont des chamans homosexuels efféminés.

15 mars : Les Cathares, paraît-il, pour se libérer de tout ce qui rattache à la terre, cherchaient à ne pas faire d’enfants. Il leur arrivait dès lors d’avoir des rapports homosexuels. Voilà bien quelque chose qu’on ne m’a pas raconté quand j’ai visité Carcassonne avec mon Grand. Mais est-ce vrai ? Les derniers d’entre eux auraient été exterminés à Montségur le 16 mars 1244.

16 mars : C’est la Saint Abban, un abbé Catholique Irlandais qui, entre autres miracles, transforma une fille en garçon pour satisfaire un père déçu de ne pas avoir d’héritier mâle. Plus que de transgendérisme, ne peut-on y voir une forme de misogynie d’une société patriarcale dédaignant le sexe féminin ?

17 mars : Aido Hwedo est un esprit vaudou androgyne à la forme de serpent, qui apporte joie et prospérité. Sa facette masculine est nommée Damballah. Il habite les fontaines et les sources et est fêté aujourd’hui. On lui fait des offrandes de riz, de lait, ou d’œufs. C’est le moment de se rendre près d’une fontaine (ou bien de brancher celle qui j’ai remisée dans le grenier). Et pourquoi ne pas semer du riz sur son pourtour ?

18 mars : Hairy Meg est un brownie féminin qui a des allures masculines. Le printemps approche. Les fées s’activent. Et si j’offrais à manger à Hairy Meg, la plus butch des créatures féériques ? Mais que peut être sa nourriture préférée ?

19 mars : Cernunnos est un dieu préceltique dont la célébration a inclus des rites homo-érotiques. Il est dieu de la forêt et de ses habitants, en même temps qu’il règne sur les mondes souterrains et l’érotisme. La forêt renaît, les animaux sortent de leur hibernation. Cernunnos se réveille-t-il, lui aussi ? À quoi pouvaient donc ressembler les rites homo-érotiques par lesquels on le célébrait ?

20 mars : Naissance en 1833 de Daniel Home, occultiste écossais, bisexuel. Il était admiré pour la gratuité de ses offices, en tant que médium. Il fut condamné pour sorcellerie par l’église. Bien que marié, certains prétendent qu’il était en fait bisexuel. Bon, je suppose qu’aucun magazine people n’en a parlé à l’époque. Lol.

21 mars : L’équinoxe de printemps célèbre l’égalité en durée du jour et de la nuit, donc les semblables. Bien qu’on dise souvent que le roi houx et le roi chêne opèrent leur passation de pouvoir aux solstices, je reste persuadé qu’à ce niveau les équinoxes ont une valeur plus forte. À cette époque, les deux rois sont pour moi de force égale et donc plus aptes à livrer une lutte, même amoureuse.

22 mars : Ardanishvara est un dieu indou dont la moitié est une femme. Ce n’est pas le seul, car il en est ainsi de beaucoup de divinités indoues. En particulier, il représente, si je ne me trompe, l’union de Shiva et de Shakti. En tant que tel, il représente la supériorité du tout sur les parties. Il est lié au chakra de la gorge, également associé à l’érotisme. Ardanishvara apporte la prospérité. Sa moitié féminine porte une fleur de lotus et la masculine une peau de tigre. Il a été fréquemment représenté en peinture et sculpture. Quel sens les indous attribuent-ils à ces dieux "fusionnés" et du coup "hermaphrodite" ?

23 mars : Bran est un dieu celte, célébré par des prêtres homosexuels et nanti d’un chaudron magique. Il avait le pouvoir de ressusciter les morts, ce qui en fait une divinité à célébrer en ces temps printaniers. Irrésistiblement, je pense à Asushunamir dont j’ai déjà parlé dans le chaudron.

24 mars : Les galli, prêtres romains transgenres et homosexuels tenaient des rituels sacrés au printemps. En cette nuit du 24 mars, ils se rassemblaient en un lieu souterrain et y jouaient la mort et la résurrection du dieu Attis. On appelait cette journée « le jour du sang »  car des flagellations et des castrations rituelles avaient lieu. Les ainés incarnaient le dieu Attis célébré par les novices au travers de chants sacrés. S’ensuivait un rituel où les anciens galli et leurs initiés communiaient. Ils consommaient alors du moretum, vin rouge dans lequel on fait macérer pendant 2 jours 3 à 4 kilos de mûres avant de le filtrer et d’y ajouter du miel. Ensuite, les anciens galli et les novices s’unissaient en noces. À partir de ce moment, les nouveaux initiés pouvaient à leur tour incarner le dieu Attis. Vin rouge, mûres, miel. Bon, il faut que je retienne la recette…

25 mars : Tlatzoteotl est une déesse aztèque liée à l’homosexualité et à une forme destructrice de la magie. On la représente cornue, chevauchant un balai et tenant un serpent. Le lapin est un de ses animaux fétiches (tiens, le fameux lapin dont j’ai parlé il n’y a pas si longtemps, comme le serpent d’ailleurs). On la célébrait par des danses où l’on portait des masques, des chapeaux et des attributs phalliques desquels dérivent les carnavals. Une de ses dénominations est : « la déesse de l’anus ». Ça ne s’invente pas !

26 mars : La Kalogheri est une danse thrace toujours pratiquée où deux hommes déguisés en bouc se combattent. Celui porteur du phallus en bois épouse ensuite un homme plus jeune déguisé en femme. Curieux, faut que je me renseigne !

27 mars : Les jogappa sont les serviteurs travestis de la déesse indoue Yellamma. Ils se marient entre eux et tiennent des rituels principalement à la pleine lune. La déesse peut infliger divers tourments à ceux qui ne la respectent pas. Comme l’impuissance. C’est par des troubles physiques qu’elle les informe qu’elle les a choisis pour devenir des jogappa et être initiés à son culte. Des oignons et du sucre de canne sont parfois offerts à la déesse pour qu’elle bénisse des événements comme une naissance ou un mariage. Les jogappa mènent une vie ascétique mais réalisent des danses sensuelles. Ils sont extrêmement respectés. Faudra leur consacrer un billet, tiens.

28 mars : Naissance en 1859 du kabbaliste Joséphin Peladan, ayant centré son travail sur l’androgynie.

29 mars : Les galatura sont des prêtres transgenres mésopotamiens, musiciens sacrés de la déesse Inanna.

30 mars : Les hwame sont des chamanes lesbiennes de la tribu des Mohave.

31 mars : L’Evangile apocryphe de Philippe affirme que le retour de Jésus permettra à l’homme et à la femme de reformer l’entité androgyne primordiale à la fin des temps. De même que l’origine de la chute de l’être humain serait d’avoir été séparée en deux sexes. Le chaudron rose de Pâques va explorer en long et en large cet aspect étonnant de Jésus.


Plongez dans les précédents « Chaudrons roses »

 

 

TO BE CONTINUED...
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Dimanche 28 février 7 28 /02 /Fév 11:56

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(Blogué hier soir par nos amis de Veryfriendly)

 

Vous avez élu les meilleurs blogs gays et lesbiens : voici les résultats !

Après une consultation de plusieurs mois, les internautes de Veryfriendly ont proposé des dizaines de sites pour élire le meilleur blog gay ou gay-friendly et le meilleur blog lesbien ou lesbo-friendly. Voici les résultats !

 

Meilleur blog gay ACTU :

LE BLOG GAGNANT EST :

http://tbiet.blogspot.com/ : L'homme est un concept, actu et sexy à 31 % des voix.

 

LE BLOG GAGNANT EST :

http://www.lestoilesroses.net/ : Les Toiles Roses est presque un site, rédigé par Daniel Hall et son équipe, traitant de toute l'actualité culturelle (ciné, télé, livres...) à 54 % des voix.

 

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http://blog.matoo.net/ : Un blog qui parle de tout, mais qui assume totalement son côté "blog de pédé" (sic), à 54 % des voix.

 

Meilleur blog lesbien ACTU :

LE BLOG GAGNANT EST :

http://lezstrasbourg.over-blog.com/ à 31 % des voix.

 

Meilleur blog lesbien CULTURE ET SOCIÉTÉ :

LE BLOG GAGNANT EST :

http://au-dela-du-gaydar.skyrock.com à 70 % des voix.

 

Meilleur blog lesbien PERSO :

LE BLOG GAGNANT EST :

http://cmouadelph.over-blog.com/ : La vie c'est comme une boite de chocolats, à 37 % des voix.

 

Toute l’équipe du blog Les Toiles Roses vous remercie de vos votes et se sent fière de travailler à faire évoluer les mentalités à vos côtés… MERCI.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 28 février 7 28 /02 /Fév 11:42

Visuel : (c) GayClic

Un résumé en vidéo (blogué par nos amis de GayClic) de l'histoire de Fred (le personnage gay de la série) dans les épisodes 31 et 32 (1ère partie) de la saison 2 de la série espagnole « Physique ou Chimie » (Física o Química) diffusée en France sur la chaîne NRJ 12.
[© D. R.]



Vient de sortir en DVD chez TF1 Vidéo la saison 1 de Physique ou chimie...



Par GayClic.com - Publié dans : WEBSERIE : PHYSIQUE OU CHIMIE
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