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Mardi 23 mars 2 23 /03 /Mars 15:23

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par Daniel Conrad Hall

Rédacteur en chef de LES TOILES ROSES


Pour cette deuxième rencontre d’une longue série, j’ai le plaisir de vous présenter Thibaut Fougères qui, avec Michaël Martin, a eu le courage et la passion de fonder une maison d'édition DVD gay et un site de vente de films sur cette thématique : Outplay. Contacté par Thibaut pour recevoir les films en service de presse (comme le font tous les éditeurs DVD à thématique ou pas avec Les Toiles Roses, à l'exception notable et incompréhensible d'Optimale), j'ai été surpris par leur jeune âge mais aussi par cet enthousiasme débordant qui est la marque des meilleurs et de la réussite. Thibaut m'a gentiment accordé de son précieux temps pour répondre à cette interview où vous allez découvrir les coulisses de l'édition DVD. Les six films à leur catalogue seront chroniqués dans les jours à venir, ici même, mais je peux vous assurer que la qualité est au rendez-vous ! Je vous laisse donc avec Thibaut et ne saurais trop vous rappeler que pour que nous ayons accès aux films qui parlent de NOUS, nous nous devons de soutenir ce genre d'entreprise et de projet. Vous l'avez compris, je vous conseille de commander les films Outplay depuis leur site de vente. Thibaut, qui pense que je suis coriace (private joke), n'a pas tort. Mais cela, chères lectrices et chers lecteurs, vous le saviez déjà...


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THIBAUT FOUGÈRES (OUTPLAY) :

«  En tant que gays, nous voulions prendre part à la visibilité de l'homosexualité, à la défense et à la revendication de nos droits. »

 

Les Toiles Roses : Thibaut, peux-tu nous présenter les personnes à l’origine de la création d’Outplay ?

Thibaut Fougères : Outplay est née en janvier 2009 ; cette société a été créée par Michaël Martin et moi-même. Nous avons suivi deux parcours distincts mais complémentaires : Michaël a fait une École Supérieure de Commerce et c'est un grand passionné de cinéma ; quant à moi, j'ai fait une faculté de cinéma en ayant toujours eu un côté très businessman ! Nous n'avions pas d'autres choix que de nous associer ! C'est donc notre premier job après nos études. Un vrai challenge.

 

Outplay est une nouvelle maison d’édition DVD gay. Pourquoi l’avoir créée et quelle est sa ligne éditoriale ?

En tant que gays, nous voulions prendre part à  la visibilité de l'homosexualité, à la défense et à la revendication de nos droits. Et puisque nous souhaitions tous les deux travailler dans les métiers du cinéma, il nous a paru évident de fonder Outplay. Personnellement, j'ai la conviction que la diffusion de films "gays" est très importante pour les homosexuels, et ce à plusieurs niveaux, d'une part elle permet une réelle visibilité des gays dans la société d'aujourd'hui, ce qui ne peut que favoriser davantage de tolérance envers notre communauté, et d'autre part la diffusion de films gays permet à de nombreux homosexuels de pouvoir mieux s'assumer, de s'identifier, et de pouvoir vivre pleinement et ouvertement leur sexualité. Je prends pour exemple mon cas personnel, je suis originaire d'un petit village du sud de la France, et quoi qu'on en dise, se découvrir une attirance pour les garçons à 15 ans en milieu rural et ne pas vraiment comprendre ce qu'il vous arrive est loin d'être une chose facile. C'est la diffusion du film Beautiful Thing, qui est culte pour moi et pour toute ma génération, qui m'a ouvert les yeux et m'a fait prendre conscience que non, je n'étais pas le seul homo sur terre, et que oui, j'aurais aussi droit à l'amour ! Enfin, je crois qu'il est  fondamental de pouvoir faire exister et perdurer « une culture gay » et de pouvoir la diffuser et la transmettre, car s'il y a au moins un lien qui nous réunit nous les homos, c'est l'existence d'une culture commune.

 

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Thibaut Fougères (à gauche) et Michaël Martin, les co-fondateurs d'Outplay


Comment analyses-tu le marché DVD gay d’aujourd’hui ? Faut-il être passionné furieux ou suicidaire pour créer une telle maison ?

Suicidaire ? Ce métier se fait d'abord par passion, mais soyons francs, nous n'aurions jamais pris l'initiative de nous lancer dans ce challenge si nous n'avions pas la conviction que notre entreprise serait assurée de succès. Nous savons ce dont nous sommes capables et nous allons tout faire pour mettre sur pied nos projets et nos idées. Nous sommes confiants en notre avenir. Comme dans tout domaine, l'ambition et la motivation sont des mots clés pour concrétiser ses projets. En tout cas, c'est ma façon de penser.

Le marché du DVD gay est presque propre à la France, en fait il y a très peu de pays au monde où il existe un tel marché pour les films gays. Avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, la France fait partie de ces pays qui permettent le développement de la culture gay, ce qui est loin d'être le cas chez tous nos voisins européens. Le marché du DVD gay a cette particularité d'être ce que l'on appelle un marché de niche : ce sont des films ciblés pour un public ciblé. La principale difficulté que nous rencontrons c'est de pouvoir tout simplement faire exister nos produits dans les lieux de distribution que sont « les hyper-marchés de la culture ». D'une part, les films gays représentent un très faible chiffre d'affaire pour ces magasins en question ; d’autre part, les rayons « Cinéma gay et Lesbien » (quand il y en a !) sont inexorablement réduits en taille de jour en jour, et il est plus que difficile de pouvoir grignoter un peu d'espace dans les rayons avec des films d'auteurs gays espagnols ou tchèques face à un blockbuster très grand public ! Mais ce problème est valable aussi pour le marché du DVD western ou du documentaire par exemple. La difficulté, qui est spécifique à notre ligne éditoriale, c'est justement notre ligne éditoriale, de nombreux magasins ne peuvent pas encore envisager de mettre en place un rayon estampillé « Cinéma Gay et Lesbien » ! Sans même parler de rayon identifiable pour les clients, le seul fait que nous ayons un catalogue de films sur cette thématique les met mal à l'aise et donc ils ne souhaitent tout simplement pas vendre nos DVDs. Leur meilleur argument étant : « De toute façon, chez nous, nous n'avons pas de clientèle gay ». C'est bien connu que tous les homos de France et de Navarre ne vivent que dans le seul quartier du Marais à Paris !

 

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Vous venez de publier six premiers titres. Peux-tu nous les présenter et nous dire quelles raisons ont guidé ces premiers choix ?

Pour ce qui est de notre ligne éditoriale, nous sommes donc focalisés sur des films à thématiques gays, lesbiennes, trans ou queer. Concernant les films que nous éditons, c'est un choix totalement subjectif, c'est avant tout des films qui plaisent à Michaël et moi. Nous devons avoir un véritable coup de cœur pour avoir l'envie et l'énergie d'éditer un film. Et en toute honnêteté, je n'aurais aucun plaisir à sortir un film qui ne m'excite pas, au sens intellectuel du terme bien sûr ! Et notre sélection est drastique, d'autant que nous sommes deux, donc il faut que nous soyons séduits tous les deux par tel ou tel long métrage. Et j'avoue que pour l'instant, les films que nous avons sortis sont assez durs psychologiquement et émotionnellement ; ils sont assez pointus. Ce sont avant tout des films d'auteurs, français ou étrangers, dévoilant des aspects assez sombres et dramatiques ! Mais je vous rassure, non nous ne sommes pas deux garçons totalement dépressifs avec des idées complètement lugubres et morbides, c'était un hasard, nous allons sortir également des comédies pimentées et des films romantiques où les garçons sont beaux et heureux, comme dans la vrai vie ! Ah oui j'oubliais, nous sommes très exigeants sur la qualité de nos films, bref le label Outplay est synonyme de bons films, mais ça vous le saviez déjà !

 

Vous avez mis aussi en place un site de vente de DVD LGBT. Est-ce un moyen de gagner de l’argent pour éditer vos titres ?

Nous avons créé notre propre boutique Internet pour justement pouvoir contrecarrer ces problèmes de mise en place dans les magasins. Notre site nous permet de présenter nos films en toute liberté et sans la moindre restriction, et surtout l'avantage du web est qu'il n'y a pas de problème de stockage de la marchandise comme dans un commerce traditionnel !

 

Le fait de vendre les titres des concurrents est-il un frein ou sert-il à créer un effet de synergie ? Tiens, quelles sont vos relations avec lesdits concurrents ?

Nous avons de bonnes relations avec nos concurrents, mais je ne suis pas certain que l'on puisse parler de concurrence, il y a simplement plusieurs éditeurs vidéos qui éditent des films. Premièrement, Outplay n'a pas la même échelle que certains éditeurs comme Arte ou TF1 Vidéo ; deuxièmement, il s'agit de films uniques, cela n'a rien à voir avec des t-shirt de deux marques concurrentes. Si vous souhaitez voir New Wave de Gaël Morel ou Nuits Blanches à New-York de Chris Mason Johnson, vous n'aurez pas d'autre choix que d'acheter un Dvd Outplay !

 

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Quelles bonnes surprises nous réservez-vous dans les prochains mois ?

Nous allons éditer un film culte qui nous tient à cœur, il s'agit de Grains de Sable de Ryosuke Hashiguchi, pour ceux qui le connaissent c'est un cinéaste japonais qui a notamment réalisé un autre film gay Hush!. Nous sortirons aussi un film américain pétillant intitulé Saisir sa chance qui aborde la question du coming-out et le fait de pouvoir affirmer son homosexualité au lycée. Puis un film lesbien français, réalisé par Philippe Faucon, Muriel fait le désespoir de ses parents, film qui a eu une critique dithyrambique lors de sa sortie en salle, il est question ici des amours d'une jeune fille, enfin tout est dans le titre ! Puis bien d'autres surprises, mais gardons un peu de suspense...

 

Thibaut, que pourrais-tu ajouter pour convaincre nos lectrices et lecteurs d’aller sur votre site et acheter vos six premiers titres ?

Premièrement, notre site est très beau et très design, c'est très agréable d'y naviguer. Pour chaque film, vous y trouverez de grandes photos, des bandes-annonces, des résumés détaillés, bref toutes les infos nécessaires pour pouvoir se faire une idée du film en question. Nous proposons un très grand nombre de films, environ 300 références ! Tant pour les garçons que pour les filles, donc vous y trouverez forcément votre bonheur ! Le dernier argument est tout simplement le prix. Selon nos dernières études, nous sommes en moyenne 6 euros moins chers par DVD que dans une grande enseigne ! Et ce n'est pas négligeable ! Et pour terminer, je vous dirais : « Bons Films ! »

 

Merci Thibaut pour ta disponibilité et ton enthousiasme. Nous vous souhaitons un grand succès et attendons avec impatience de belles et grandes surprises avec les films que vous éditerez.

Merci Daniel et merci au blog Les Toiles Roses pour ce sympathique coup de projecteur.

 

EN SAVOIR PLUS :

Le site Outplay

Le groupe Facebook Outplay

 

Lire les autres Gâteries du Chef

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA GÂTERIE DU CHEF
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Lundi 22 mars 1 22 /03 /Mars 19:56
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Lundi 22 mars 1 22 /03 /Mars 16:22


Fiche technique :

Avec Israel Rodríguez, Pepa Aniorte, Mehroz Arif, Hugo Catalán, Inma Cuevas, Fany de Castro, Antonio Dechent, Juan Luis Galiardo, Juan Gea, Luis Hostalot, Juanma Lara, Pablo Puyol, Ana Rayo, Raúl Zajdner et Estrella Zapatero. Réalisation : Antonio Hens. Scénario : Antonio Hens et Gabriel Olivares. Musique : Sergio de La Puente. Directeur de la photographie : César Hernando. Montage : Julio Gutiérrez.

Durée : 80 mn. Disponible en VO et VOSTfr.

 


Résumé :

Xabi (Israel Rodríguez), un jeune homme gay sortant de prison, recherche son petit ami. Xabi a été abandonné dans son enfance et sa vie sauvage l'a conduit dans de nombreux « centres de redressement ». Après avoir été libéré cette fois, il rencontre Iñaki (Luis Hostalot), un homme plus âgé qui est un membre influent du groupe terrorisme ETA et qui devient un véritable ami, professeur et amant du jeune homme. Par amour et admiration pour son amant Javi adopte sa cause et veut lutter pour l'indépendance basque, au point de renier ses racines et de changer son nom de Javi pour Xabi.



Malheureusement, Xabi est envoyé dans un établissement pénitentiaire de haute sécurité pour avoir lancé un cocktail Molotov sur un policier lors d'un vol qualifié, le blessant grièvement. Le centre au fin fond de l’Andalousie fait cohabiter de jeunes délinquants et des étrangers dont on attend la majorité pour les expulser. Xabi s'échappe du centre de mineurs avec la complicité de Joel, un jeune mexicain, et de Driss (Mehroz Arif), un marocain, tous les deux en attente d’expulsion. Ils partent à Madrid à la recherche d’ Iñaki, le mentor de Xabi. Mais Iñaki reste introuvable. Le trio décide alors de préparer un attentat dans le centre-ville afin de démontrer leur volonté d'adhésion à l'organisation...



L'avis de Bernard Alapetite :

Clandestinos est un film ambitieux qui a le grand mérite de mêler deux thèmes qui, malheureusement, sont rarement réunis, l'homosexualité et la politique (dans le sens le plus large de ce terme) à l'instar par exemple d'un autre film espagnol El Diputado (à noter que Hens était un ami de feu Eloy de la Iglesia). Trop souvent dans le cinéma gay on a le sentiment, surtout dans bon nombre de films américains, que les gays vivent leurs histoires de cul et/ou de cœur en marge de la marche du monde. Clandestinos est une sorte de thriller et aussi un mélodrame qui raconte comment cacher nos sentiments avec des masques différents dont celui du fanatisme. Il dépasse les contraintes de son budget modeste grâce à ses excellents acteurs qui semblent tous donner le meilleur d'eux-mêmes. Il faut dire qu'ils ont presque tous déjà une copieuse filmographie, y compris les plus jeunes qui ne sont pas désagréables à regarder. Les acteurs sont à l'aise et crédibles, même si Israel Rodríguez me parait un peu trop âgé pour son rôle. Le montage maintient un rythme efficace tout le long du film.

Après s'être échappés du centre pénitentiaire, nos trois scélérats adolescents sont dans une problématique de survie. Ils sont aussi en quête pour faire leurs preuves. Le film met en lumière les problèmes habituels de la vie des adolescents sans pourtant jamais être ennuyeux : la pression de leurs pairs, le désir d'affirmer chacun leur individualité, l'importance de la sexualité... Un aspect intéressant du film est sa réflexion sur le terrorisme dans un monde post 11 septembre.



Hens soulève une question que bien peu soulève : peut-on être gay et un terroriste en même temps ? Si la réponse est évidente lorsqu'il s'agit des islamistes radicaux, il n'en est pas nécessairement de même quand il s'agit de terrorisme européen comme l'IRA ou l'ETA...

Clandestinos met en évidence l'engrenage qui conduit Xabi au terrorisme. La nécessité d'être aimé et respecté par l'objet de son désir peut conduire à des extrêmes. À l'âge de 18 ans, bien des garçons ont également tendance à être intransigeants dans leurs opinions. Cette vision en noir et blanc du monde est aussi ce qui aide les recruteurs de terroristes, des gens prêts à mourir « pour le bien » d'une cause.

Le film laisse aussi entrevoir la raison pour laquelle Xabi (qui était certainement mûr pour être cueilli par les recruteurs de l'ETA) n'a jamais été intégré dans l'organisation, une raison qui doit être recherchée dans les circonstances dans lesquelles il a rencontré Iñaki. Pour Iñaki, admettre être gay aurait très probablement entraîné un suicide politique...



Le film, qui passe de la comédie au mélodrame, semble vouloir briser un maximum de tabous en vigueur. Il n'hésite pas à brasser plusieurs thèmes dont certains sont très chauds en Espagne tels que le terrorisme basque, la prostitution masculine, les relations intergénérationnelles, la recherche de son identité dans un monde médiatisé, où l'omniprésence de la police et le chaos spirituel ont été installés dans le quotidien des grandes villes. Un monde violent, insensible, homophobe et étranger à la vraie nature de leurs problèmes de vie. Au passage, on y voit comment fabriquer une machine infernale…

Il est dommage que Hens n'ait pas su terminer son film. En le coupant cinq minutes avant la fin, le spectateur en garderait un bien meilleur souvenir.

Le réalisateur ne rechigne pas à montrer ses acteurs nus, ceci sans ostentation ni pudibonderie, en particulier son acteur principal, le bel Israel Rodríguez, qui est déjà apparu dans plusieurs séries télévisées espagnoles.



Le film a connu une histoire mouvementée. Il a été teinté de controverses, à la fois parce qu'il aborde la question du terrorisme et surtout à cause d'une photographie publiée dans le magazine Zero, qui illustrait un article sur Clandestinos et où l'on voyait un garde civil se faire faire une fellation par un terroriste qui avait posé le canon d'un pistolet sur la tempe du policier. Cette image a mené le Parti populaire à exiger des explications du gouvernement andalou et de celui de la Castille et de La Manche au sujet de l'octroi de subventions pour le film.

Le réalisateur revient sur la genèse de son film : « D'abord, je pensais que mon premier film devait être une histoire d'adolescents, la question de la transition de l'adolescence à l'âge adulte est un sujet qui m'a toujours intéressé. Clandestinos est l'histoire d'un adolescent en quête d'une identité, et qui décide de se réinventer en quelque sorte, de remplacer les quelques traits de sa personnalité par un nouveau caractère. Deuxièmement, je voulais faire un film pour réfléchir à la politique, sur la notion de notre réalité, sur les mythes et les tabous de notre société, apparemment détaché de toute censure, mais vraiment redevable à une tradition de pensée. Autrement dit, je voulais montrer ma position sur le nationalisme dans notre pays, une question qui devrait être de troisième ordre dans toute société développée, mais qui souvent en Espagne occupe la première place dans l'intérêt du public. Au départ ne sachant pas très bien comment lier tout cela, j'ai décidé d'adapter une partie de mon travail des trois années précédentes que j'avais développé en tant que scénariste pour un autre réalisateur, mais qui n'a jamais été transformée en scénario, et encore moins en films. Je suis parti d'une l'histoire vraie, celle d'un adolescent qui a été arrêté au Pays basque après avoir blessé avec un cocktail Molotov. Au début, le garçon s'était fait passer pour un membre d'un gang pratiquant le combat de rue, mais après avoir été entendu par des psychologues du centre pour mineurs où il avait été incarcéré, ils ont découvert que le garçon n'était pas ce qu'il prétend être, et n'avait pas agi par convictions politiques. Il avait fait cette agression pour attirer l'attention sur lui d'un autre garçon plus âgé, qui était son ainé et dont il était épris. Autrement dit, son acte terroriste était un acte d'amour. »



Clandestinos a reçu le prix du public lors de la deuxième édition du Festival international Gay Lesbien d'Andalousie. Il a été également primé au festival Gay de Madrid, et à celui d'Israël où Rodríguez a reçu le prix du meilleur acteur.

Clandestinos est le premier long métrage du réalisateur pour le cinéma. Auparavant, Antonio Hens a tourné beaucoup pour la télévision espagnole mais il est surtout l'auteur en 2000, d'un formidable court métrage gay « En Malas companias » (« Bad Company ») qui a remporté un grand succès dans de nombreux festivals et dont l'acteur principal était déjà Israel Rodríguez. On trouve ce court-métrage, sous-titré en français, sous le titre « Mauvaises fréquentations » dans le tome 3 de Courts mais gay édité par Antiprod.



À ceux qui en douteraient encore, ce film démontre que le cinéma espagnol est riche de talents et que surtout, il ne manque ni d'ambition ni de courage, sachant comme aucune cinématographie mêler les genres avec bonheur.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 21 mars 7 21 /03 /Mars 11:57


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Si j'étais hétérosexuel, j'aurais une famille nombreuse...

Hugo Rozenberg


Pour la vingt-troisième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gay hétéro-friendly, je me prosterne avec joie devant mon ami Hugo Rozenberg à qui l'on doit la chronique "Rencontres de tous les types" sur notre blog. Gay comme son nom ne l'indique pas, et juif comme son nom ne l'indique pas non plus, il est tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, il a noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, il est chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel il livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir qu'il a rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel il participe avec ses « p’tits miquets ».

       

Si j’étais hétérosexuel, j’aurais une famille nombreuse, 4 ou 5 enfants. J’aime beaucoup les enfants et la seule blessure de ma vie de gay est de ne pas en avoir. Et comme nous vivons dans un pays arriéré qui interdit l’adoption aux gays, je garde l’espoir qu’un jour cela sera possible. Être père, même adoptif, doit être une expérience exceptionnelle et un bonheur de tous les instants. Il y a un vide en moi qui ne demande qu’à être comblé.

Si j’étais hétérosexuel, je serais proche de mes enfants. Quand je dis proche, c’est que je serais plus un copain pour eux plutôt qu’une figure paternelle inaccessible. Ça doit tenir à mon immaturité. Ce qui ne m’empêcherait pas d’être sévère quand il le faudrait. Je crois que je ne parviendrai jamais à devenir adulte, j’ai toujours en moi cet enfant qui refuse de grandir.

Si j’étais hétérosexuel, je serais gay-friendly, j’en suis persuadé ! Je ne parviens toujours pas à comprendre comment un être humain, doué d’intelligence, peut être homophobe. Ceci est également valable pour le racisme et l’antisémitisme. Pourquoi le fait d’être différent gêne le voisin ? Nous sommes tous frères, nous avons tous les mêmes ancêtres qui vivaient sur cette même terre il y a plus d’un million d’années. Alors pourquoi toute cette haine ?


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Si j’étais hétérosexuel, j’aurais une femme douce, avec un caractère souple et un tempérament flegmatique. Quelqu’un qui puisse supporter mon caractère instable (j’en profite pour louer la patience infinie de mon Michel, qui supporte avec quelle abnégation mon sale caractère ! Je t’aime !) et mes colères sans broncher. Une épouse et une complice sur qui je pourrais me raccrocher dans mes moments de faiblesse. Par contre pas question de toucher à mes casseroles, dans la cuisine, c’est moi le chef.

Si j’étais hétérosexuel, j’aurais eu une adolescence heureuse et non pas une adolescence torturée passée à refouler mon homosexualité. Et du coup, je ne serais pas le névrosé que je suis devenu, rongé par l’anxiété et l’angoisse. Rassurez-vous, je vais bien, j’ai fini par accepter mon homosexualité, à l’assumer voire à la revendiquer. Mon coming-out familial a été une véritable libération, psychique et physique. Dire que je ne peux pas saquer les psys et que je me livre comme si j’étais sur un divan chez Freud. (tu me paieras ça Daniel !)

Si j’étais hétérosexuel, je dessinerais bien entendu, j’ai ça dans le sang. Mais alors que j’ai décidé de mettre mon modeste talent à combattre l’homophobie (mais aussi toute forme de haine), en tant qu’hétéro, je dessinerais plutôt des histoires pour mes enfants. Je serais également collaborateur du site unificationfrance.com car la science-fiction a toujours fait partie de mes passions. Mais soyons juste, même en tant que gay-friendly, je ne m’impliquerais pas contre l’homophobie comme je le fais maintenant à coup de dessins d’humour !


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Si j’étais hétérosexuel, je travaillerais aussi dans l’édition. L’amour des livres et de l’Histoire m’a été transmis par une vieille tante que j’adore (la femme de mon oncle, n’allez pas lire autre chose !) il y a trente ans et ne m’a jamais quitté.

Si j’étais hétérosexuel, j’habillerai mes garçons en rose et mes filles en bleu. Mes garçons pourraient jouer à la poupée et à la dînette ; mes filles pourraient jouer avec un camion de pompier ou se déguiser en Zorro ! Et moi leur père, je m’habillerais aussi en rose et leur mère en bleu ! Ces dictatures des couleurs ou des jouets m’a toujours horripilé. Refuser à son garçon de porter un t-shirt rose ou de jouer à la poupée est frustrant et traumatisant pour lui. Je sais de quoi je parle, je suis passé par là !

Si j’étais hétérosexuel, j’écouterais moins les chansons de Dalida, de Régine et de Charles Aznavour (mais si, vous savez, son chef d’œuvre « comme ils disent »), de Zizi Jeanmaire (« mon truc en plumes, plumes de zoiseaux… ») et pas du tout Jimmy Sommerville ou Tarkan !


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Si j’étais hétérosexuel, je ne serais pas autant agressif que je peux l’être. Les humiliations verbales que j’ai subies dans ma jeunesse à cause de mon homosexualité ont développé en moi une agressivité à l’encontre de l’homophobie. Il y a à mon sens deux sortes d’homophobie : l’homophobie due à l’ignorance ou la peur, que l’on peut amoindrir ou faire disparaître par l’information, et l’homophobie due au fanatisme et à la haine et qu’il faut combattre sans pitié, par tous les moyens ! Certains la combattent par l’écriture, je la combats par l’humour avec mes dessins… dans un combat celui qui met les rieurs de son côté a de forte chance de l’emporter. Je sais pertinemment que certains de mes dessins sont provocateurs, et peuvent choquer, mais je le fais à dessein, pour générer une sorte l’électrochoc.

Si j’étais hétérosexuel, ma collection de dvd gays n’existerait tout simplement pas ! Je serais passé à côté de films gays extraordinaires tels que Torch Song Trilogy, Beautiful Thing, Love, Valour, Compassion, Big Eden, Drôle de Félix, Un Amour à taire, etc. et la collection Courts mais Gay !

Si j’étais hétérosexuel, je n’aurais pas cette sensibilité à fleur de peau, ce caractère torturé, ce rire parfois trop aigu et tonitruant.

Si j’étais hétérosexuel, je parlerais toujours à mes parents (j’ai rompu définitivement avec eux il y a quatre ans après une conversation houleuse au téléphone avec ma mère : du coup, j’ai rompu avec mon père et la quasi-totalité de ma famille).

Si j’étais hétérosexuel, je n’aurais jamais rencontré l’amour de ma vie, Michel, qui partage ma vie depuis dix ans et qui m’a apporté l’équilibre, l’amour, la complicité et le respect.

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Si j’étais hétérosexuel, je n’aurais pas d’amis hommes, je pense que je les prendrais pour des rivaux, inconsciemment bien sûr ! C’est le contraire dans ma vie de gay, je n’ai pas d’amis femmes, que des amis hommes. Est-ce du à mes rapports conflictuels avec ma mère qui déteignent sur les autres femmes, la parole est au psychanalyste de service…

En guise de conclusion :

Si j’étais hétérosexuel, je pense que je serais heureux. En tant que gay, je suis heureux, je ne suis plus l’adolescent perdu effrayé par sa propre homosexualité, je sais qui je suis et je sais quelle est ma place.

Et pour finir… ma blague juive préférée :

Un vieux Chinois et un vieux rabbin se font face dans un square ! Soudain, le vieux rabbin se lève et gifle le Chinois ! Le vieux Chinois, furieux, demande au rabbin ce qu’il lui prend : le rabbin rétorque alors : « ça c’est pour avoir attaqué Pearl Harbor en 1941 » ! Indigné, le vieux Chinois répond : « c’était pas les Chinois, c’était les Japonais ! » Et le vieux rabbin de répondre : « Chinois, Japonais, c’est du pareil au même » puis il retourne s’asseoir. Au bout de 10 minutes, le vieux Chinois se plante devant le vieux rabbin et lui met une gifle ! Furieux, le rabbin demande ce qu’il lui prend ! Et le vieux Chinois répond : « ça, c’est pour avoir coulé le Titanic en 1912 ! » « N’importe quoi, rétorque le vieux rabbin, le Titanic a été coulé par un iceberg ! » Et le Chinois répond alors : « Iceberg, Rozenberg, c’est du pareil au même ! »

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Samedi 20 mars 6 20 /03 /Mars 11:27
  
Visuel : (c) GayClic

Noah et Margo traquent les fantômes de leur passé... Riley pourra-t-il les aider ? (Et pourquoi Luke semble-t-il vouloir absolument que Noah se rapproche du frère de Casey ? De vieux fantasmes mal digérés ?)
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]




Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 20 mars 6 20 /03 /Mars 11:24
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Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 19 mars 5 19 /03 /Mars 09:41


L'écrivain marocain Abdellah Taïa répond aux questions des étudiants de l’Institut des Hautes Etudes de Management de Rabat, Maroc. Ce petit film a été enregistré le dimanche 20 décembre 2009 à Paris.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Jeudi 18 mars 4 18 /03 /Mars 16:23
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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La Guerre des mondes

 

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Star Trique : The Next Generation (3)

 

pipes.jpg The X-Files (2) : Halte aux théories conspirationnistes...

droits.jpgPink Galaxy Quest

Voir toutes les rencontres

TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Jeudi 18 mars 4 18 /03 /Mars 11:33

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Fiche technique :

Avec Josean Bengoetxea, Eriz Alberdi, Christian Esquivel, Jose Kruz Gurrutxaga, Juancho Kerejeta et Unax Martin. Réalisation : Roberto Caston. Scénario : Robert Caston.

Durée : 128 mn. Actuellement en salles.

 

 

Résumé :

Une histoire d'amour entre un paysan basque et un immigré péruvien.
Ander a la quarantaine passée, il est paysan et vit dans un coin perdu de la Biscaye avec sa soeur Arantxa et leur vieille mère. Il mène une existence monotone et ne connaît que le travail, que ce soit à la ferme ou dans l'usine voisine. Alors qu'Arantxa doit bientôt se marier et laisser Ander s'occuper seul de leur mère, celui-ci se casse la jambe et doit rester plâtré pendant deux mois.
Pour l'assister dans ses tâches, la famille embauche José, un travailleur péruvien. Le nouveau venu bouleverse bientôt les relations familiales en même temps qu'il trouble de plus en plus Ander...


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L’avis de Voisin blogueur :

Dans un hameau du Pays Basque, Ander (Joxean Bengoetxea) fait tourner la ferme familiale. Il vit avec sa mère et sa sœur. La mère semble encore attachée au souvenir de son défunt mari et voit de temps en temps un autre homme, vieil ami de la famille. La sœur se prépare à se marier et à quitter le cocon familial. Elle a 14 années de moins qu’Ander qui, décidément, a du mal à se trouver une compagne. Ander est un homme solitaire qui passe ses journées à travailler la terre. De temps en temps, il sort avec un ami voisin qui l’emmène boire dans des bars et partage avec lui la prostituée du coin, Reme (Mamen Rivera). Reme vit seule avec son petit garçon, elle a été abandonnée quand son mari a appris qu’elle attendait un heureux évènement. Depuis, elle attend.


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Le quotidien mécanique de la vie à la ferme (et des alentours) va basculer quand Ander se blesse à la jambe. Alité, condamné à rester quelques semaines sans travailler, il encourage sa mère à embaucher quelqu’un. Le remplaçant s’appelle Jose (Christian Esquivel), c’est un jeune péruvien. La mère de la famille a du mal à se faire à ce nouvel arrivant qui se lie très vite avec ses enfants. Pour sa part, Ander trouve un nouvel ami et plus encore : rapidement, il se sent attiré par Jose. Mais une fois que le passage à l’acte aura lieu, les choses vont se compliquer. À l’aube des années 2000, dans ce trou paumé aux paysages apaisants mais où les gens ne cessent de ragoter, peut-on vraiment assumer ce que l’on est ?


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Ander commence dans un climat de quiétude et de solitude. Roberto Caston prend son temps pour poser son personnage principal ; nous plonge dans son quotidien, sa routine, ses relations avec les deux femmes de sa famille. On comprend vite que la ferme est tout ce qu’il a, qu’il y a comme un manque quelque part. Ander est un homme qui masque ses émotions, un homme qui probablement souffre, retient beaucoup de choses en lui. Sa vie va connaître un tournant avec l’arrivée de Jose. Un homme plus jeune, d’une autre culture, un employé dévoué, une personne timide mais qui a la grande qualité de savoir écouter. Il y a presque instantanément un rapport affectif qui s’instaure entre eux. Mais une fois qu’ils décident de s’abandonner à leurs pulsions, le cœur d’Ander explose. Lui qui a tout gardé à l’intérieur pendant tant d’années semble avoir du mal à accepter cet amour qui s’offre à lui, cette chance de ne plus être seul. Première scène extrêmement forte que celle du passage à l’acte qui vient briser tout romantisme pour exprimer la détresse du personnage principal (je ne vous en dis pas plus mais c'est un vrai coup de poing).


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Ce qui fait la force d’Ander et lui permet d’ailleurs de largement dépasser son statut de « Brokeback Mountain au Pays Basque », c’est que ce long-métrage n’est jamais vraiment là où l’attend. Avec une infinie délicatesse, le réalisateur expose, construit sous nos yeux des personnages extrêmement forts. Des personnages qui n’ont rien pour nous faire fantasmer mais dont la saisissante humanité finit par nous foudroyer. Plusieurs scènes confrontent Ander à son corps : un corps mou, fatigué. Un corps "vrai" ? L’œuvre joue du non-dit, fait passer beaucoup d’émotions par la frustration, des gestes simples.


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Avant de rentrer dans la romance avortée entre Ander et Jose, Roberto Caston a bien pris le temps de poser ses protagonistes et le décor. On assiste à plusieurs scènes de repas où chacun a bien sa chaise, sa place, il ne faut pas changer les habitudes. Des scènes de repas souvent drôles d’ailleurs, notamment grâce au personnage de la mère de la famille qui a bien du mal à voir débarquer un étranger dans son foyer. Plus qu’un racisme latent de sa part, on y voit une peur de l’autre.


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Le montage du film opte pour de nombreuses ruptures entre les scènes, Ander est alors un long-métrage peuplé de moments suspendus, forts, révélateurs des personnalités de chacun. Et petit à petit, le sujet de l’homosexualité difficile à assumer dans un bled paumé est transcendé par des portraits de personnages aussi sublimes que bouleversants. On retiendra notamment plusieurs portraits de femmes et surtout celui de Reme (prostituée malgré elle, mère abandonnée, trouvant l'apaisement dans son amitié avec Ander et Jose). Ander est donc avant tout un film sur la solitude, la difficulté de se lier ou de se délier les uns aux autres, sur la peur de la marginalité.


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La fin du film est assez magnifique, ne manquera pas de provoquer de vives émotions. Tout le long du métrage on voit des réveils. Des réveils qui organisent la vie mécanique de chacun. Ander se demande à un moment si son réveil sera à remplacer pour l’an 2000, peut-être qu’il ne fera pas la transition avec ce changement de millénaire. Finalement le réveil fera le changement, il s’en surprendra et on lui dira « et pourquoi pas ? ».


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C’est le tour de force du film : et pourquoi ne pas aller contre les idées reçues ? Arrêter d’avoir peur, aller vers l’autre. Mettant en scène des relations pudiques, sensibles entre ses personnages, Ander se révèle comme une œuvre d’une folle intensité. Un film très émouvant mais qui surtout nous fait du bien.

Pour plus d’informations :

Par Voisin blogueur - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 17 mars 3 17 /03 /Mars 16:35

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Fiche technique :

Avec Javier Beltran, Robert Pattinson, Matthew McNulty, Arly Jover, Marina Gatell, Esther Nubiola, Simon Andreu, Christian Rodrigo, Sue Flack et Victoria Pena. Réalisation : Paul Morrison. Scénario : Philippa Goslett. Directeur de la photographie : Adam Suschitzky. Monteuse : Rachel Tunnard. Compositeur : Miguel Mera.

Durée : 112 mn. Disponible en DVD Zone 1, VO. 

 

 

Résumé :

Madrid, 1922. Salvador Dalí vient d'entrer à l'université. Il a 18 ans, et il est bien décidé à devenir un grand artiste. Son excentricité attire l'attention de deux de ses condisciples, Federico García Lorca et Luis Buñuel. Tous trois ne tardent pas à former le groupe le plus moderne et novateur de la capitale espagnole...


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L’avis de Voisin blogueur :

Madrid, 1922. Alors que les forces de l’armée et le conservatisme règnent, de jeunes étudiants rêvent d’un avenir lumineux, guidé par l’art. Parmi eux, Federico Garcia Lorca (Javier Beltran), poète à la renommée florissante et Luis Bunuel (Matthew McNulty), jeune cinéaste en devenir. Leur quotidien va être ébranlé par l’arrivée d’un autre artiste, un certain Salvador Dali (Robert Pattinson). Il s’attire l’amitié de Bunuel et génère chez Garcia Lorca des émotions inédites. En effet, plus il passe du temps avec lui, plus le jeune poète se délecte de sa compagnie et se met à envisager leur relation de façon peut-être trop sentimentale.


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Les garçons se jurent de ne se poser aucune limite, d’aller au bout de leur créativité. Mais en amour, tout n’est peut-être pas aussi possible. Alors que Federico et Salvador finissent par s’embrasser et goûter à la passion, les choses se compliquent sérieusement. Bunuel, légèrement homophobe, vit mal son éloignement avec son ami de toujours, ne le comprend soudainement plus. Et Salvador a bien du mal à assumer ses désirs homosexuels. Itinéraire de trois artistes amenés à éclore… et à se détruire.


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À l’heure où j’écris ces lignes, Little Ashes n’est disponible qu’en dvd import. Direct to dvd sur de nombreux territoires, jamais sorti en France, le film a pourtant beaucoup fait parler de lui. Déjà parce qu’il revient sur la liaison (longtemps tenue secrète) entre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca. Et aussi parce que l’on retrouve au casting le héros de la saga Twilight, Robert Pattinson. J’avoue que j’étais très curieux de le voir dans le rôle de Dali, surtout si en prime scènes de sexe gay au programme il y avait. De ce côté, on peut largement être déçu.


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L’acteur campe avec bien des difficultés le personnage de cet artiste complètement fou. Il ne l’incarne pas vraiment, son jeu est encore maladroit, hésitant. Et on ne reviendra pas sur son horrible coupe de cheveux en début de métrage (remarque totalement superficielle, je sais bien « c’était l’époque qui voulait ça et bla bla bla » mais quand même, il faut assassiner les coiffeurs de ce film qui ont fait un carnage considérable).


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Little Ashes, titre qui reflète des échanges entre Garcia Lorca et Dali. C’est le nom que proposera le poète pour un tableau de son ami. Car les hommes finissent toujours par ne plus être que cendre, poussière. Sur le papier la relation entre les deux artistes est magnifique, passionnante. Et il faut bien avouer que pour les plus romantiques, on peut s’autoriser quelques frémissements à la vision de cette histoire d’amour compliquée, à vif, où la soif de liberté, d’interdits, se mêle qu’on le veuille ou non à l’angoisse. La reconstitution d’époque n’est pas trop mal, bien que souvent très « carte postale », l’œuvre a le mérite de nous laisser entrevoir les univers de trois artistes, univers aussi indispensables que passionnants. Dommage que la réalisation ne suive pas.


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Avec pour sujets Dali, Garcia Lorca et Bunuel (et pour un film sur la liberté), Little Ashes affiche un certain formatage qui déçoit forcément. Les idées de mise en scène sont rares ou trop attendues, beaucoup de clichés et finalement bien peu d’audace (tout reste assez chaste et lisse). Pire : le film vire parfois au sirupeux (une scène de baignade entre les deux amants d’un kitsch gênant / la musique qui surligne chaque émotion / des dialogues cucul).


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Et pourtant… force est de constater qu’on s’attache, qu’on se laisse émouvoir, que Javier Beltran et Matthew McNulty sont particulièrement convaincants. Finalement, Little Ashes est le film dvd idéal : à regarder tranquillement chez soi, un jour de pluie, allongé, en se laissant emporter par ces amours contrariés. Ni plus, ni moins.

Pour plus d’informations :

Par Voisin blogueur - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 17 mars 3 17 /03 /Mars 10:38

« Les Étoiles Roses [sic] : Sous des apparences nunuches, une subversion Rose plus dangereuse encore que la Rouge !

"De l'art de faire imploser une société " (selon eux, "de faire évoluer les mentalités" !)

On remarquera sur leur site un drapeau d'alliance avec les Juifs, et d'alliance avec les Musulmans.

Nous connaissons leur discours à ces gauchos qui iront nous considérer comme un exemple de la "haine de soi", sauf que "notre" identité nous ne la situons pas dans notre froc !

Nous ne sommes ni fier d'avoir eu la vie que nous avons eue, ni honteux, car nous avons beaucoup appris, même si ce fut au péril de notre vie, et de notre âme ! » Extrait de ce sympathique billet consacré à notre blog, notre équipe et nos lecteurs sur le blog de LE GOFF, Risposte Catholique.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mardi 16 mars 2 16 /03 /Mars 16:00

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par Daniel Conrad Hall

Rédacteur en chef de LES TOILES ROSES

 

Pour cette première rencontre d’une longue série, j’ai invité un jeune homme courageux et attachant : YOANN LEMAIRE. Yoann est le seul joueur de football homosexuel ! Non, vous ne rêvez pas ! Et si j’ai à cœur d’en parler ici, c’est qu’il faut que j’avoue que le football est aussi une de mes passions et que je me suis investi de longues années dans le foot amateur. Je n’ai, pour ma part, jamais été victime d’homophobie. Par contre, j’ai entendu beaucoup de propos très déplaisants dont l’origine est ce triptyque bêtement ordinaire : machisme, racisme et homophobie de tous les jours, dans les petites villes. Et croyez-moi, des homos dans le foot j’en connais. Des amateurs comme des professionnels ! Ils ont tous un point commun : ils sont mariés ou en couple, avec femme et souvent – très vite – avec enfants. TOUS. Ce qui ne les empêche pas de vivre leur sexualité dans le secret des lieux de drague plus ou moins glauques. Les autres ont quitté le milieu associatif ou professionnel pour vivre leurs amours masculines en sacrifiant sur l’autel de la haine leur passion footballistique. Yoann, avec qui j’ai beaucoup parlé, a eu le courage de faire face et de poser une première pierre dans la lutte contre l’homophobie ordinaire dans ce milieu. Il en est un héros et, hélas, une victime. Mais il fait front et poursuit sa route… avec intelligence, courage, pudeur, gentillesse et abnégation. Un vrai grand sportif humain comme on aimerait qu’ils le soient tous ! Merci Yoann et j’encourage les lectrices et lecteurs, intéressé(e)s ou non par le football, à lire son témoignage poignant et fort, à le faire lire et pourquoi pas à convaincre les responsables de clubs à le lire pour en tirer des leçons. Avec Yoann, les mentalités vont évoluer, c’est certain…

 

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Yoann LEMAIRE, en collaboration avec Alexandre DELMAR,

JE SUIS LE SEUL JOUEUR DE FOOT HOMO… ENFIN J’ÉTAIS…,

Editions Textes gais, 2009, 120 p., 11,90 €.

 

Résumé : Parmi les 2 300 000 licenciés de la Fédération Française de Football, Yoann Lemaire est le seul joueur affichant son homosexualité.

Son coming-out ne laisse pas indifférent, méprisé par certains de ses partenaires de club, il reçoit pourtant le soutien de grands footballeurs.

Dans ce livre touchant, Yoann nous révèle, via sa propre expérience, qu'aujourd'hui encore, foot et homosexualité ne sont définitivement pas compatibles.

Son amour partagé pour Jérémy, lui aussi footballeur, ne résistera pas à la pression qui pèse sur leurs sentiments.

 

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YOANN LEMAIRE :

«  (…) je ne supportais plus les insultes sur les terrains de foot comme « Pédé », « Tarlouze », « Tapette », « Pédale » et j’en passe... »

 


Les Toiles Roses : Yoann, tout d’abord merci de te prêter à l’exercice de l’interview pour Les Toiles Roses. Pourrais-tu te présenter à nos lectrices et lecteurs ?

Yoann Lemaire : Avec plaisir Daniel. J'ai 27 ans et j'habite dans les Ardennes, plus précisément dans un village de la pointe des Ardennes, une avancée française en territoire belge. J'y suis né, et j'y ai toujours vécu. Je travaille comme technicien de maintenance dans une usine locale qui produit des briques réfractaires. Tout mon univers est là ! Les collines boisées à perte de vue, mes prairies, mon étang, mes animaux et… le football.

 

Comment en vient-on à écrire un ouvrage autobiographique intitulé Je suis le seul joueur de foot homo. Un sentiment d’urgence, un besoin de militer ou une preuve de désespoir ?

J'ai décidé d'écrire ce livre quand j'ai réellement pris conscience qu'il y avait un vrai problème entre le sport et les homosexuels. Vous le savez, on ne connait pratiquement aucun sportif homosexuel de haut niveau : pourquoi ?

Pour ma part, malgré le soutien de pratiquement tout mon club, du Paris Foot Gay, du Paris Saint-Germain, de Vikash Dhorasoo, des médias, des personnalités politiques… face à de l'homophobie flagrante d’une minorité agissante, mon club a préféré me « mettre sur la touche ».

 

yoann3.jpgYoann Lemaire avec Vikash Dhorasoo


Tu le sais comme je te l’ai dit lors de nos conversations téléphoniques, ce qui m’a surpris agréablement dans ton témoignage, c’est que tu as centré ton récit sur le foot et quelques épisodes de ta vie familiale et personnelle. Pour ces derniers, tu es d’une grande pudeur et tu ne tombes pas dans le piège de l’étalage et de la provocation. Était-ce une volonté forte dès le départ et pourquoi ?

Oui, j'ai décidé de parler avec beaucoup de pudeur et de respect pour mes proches. La maladie et le décès de mon père m'ont beaucoup affecté. Je devais en parler pour me soulager et remercier les personnes qui sont restées proches de nous durant ces moments très difficiles.

Puis il y a un effet d’accumulation, suite au décès de mon père, Jérémy a préféré arrêter notre « amitié particulière », c'est à cet instant que j’ai compris que j'étais amoureux d'un garçon... donc homosexuel. Je l'ai vécu comme un drame.

 

À la lecture de ton livre (dont nous n’allons pas dévoiler tout le contenu), le lecteur peut avoir l’impression que tu as fait ton coming-out directement dans ton club avant ta famille. Est-ce le cas et pourquoi ?

Oui, j'ai décidé d'essayer d’intégrer ma différence par le biais de ma grande passion, le football. J'étais incapable de parler d'homosexualité à qui que ce soit ; progressivement j'ai donc fait des allusions et des sous-entendus à mes copains du foot, avec toujours beaucoup d'humour.

Mais je le vivais mal, je ne supportais plus les insultes sur les terrains de foot comme « Pédé », « Tarlouze », « Tapette », « Pédale » et j’en passe... Elles venaient aussi bien de mes adversaires, que du public ou encore de mes coéquipiers. Je suis devenu inconsciemment pour ces raisons un joueur impulsif, violent et agressif. Puis j'en ai eu marre de me cacher et je me suis dit : pourquoi ne pas être sincère ?

J'ai donc décidé de dire la vérité… que j'étais homo avec « tel joueur », comme si je ne l'étais pas en général... C’était un début.

Ce fut un grand soulagement !

 

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Question plus personnelle, comment a réagi ta famille à cette sortie du placard ?

Je n'en ai jamais parlé avec ma famille. Jamais. Sans doute que je n'assume toujours pas d'être homosexuel et le fait de ne pas leur laisser le choix. Après mon coming-out sportif, j'ai perdu des amis et des copains car mon homosexualité les dérangeait... Tant pis. Mais pour ma famille proche, c'est différent, j'ai trop peur de les perdre. Cependant, d'après mes amis, ma famille proche est fière de moi et me soutient ! Mais je n'ose toujours pas en parler...

 

Pour avoir été responsable gay d’un club de foot, je sais que les joueurs ne comprennent pas toujours les choix des entraîneurs (ce qui cause continuellement des bisbilles entre les équipes seniors et à l’intérieur même des équipes). Es-tu absolument certain que ton éviction du terrain était due à une homophobie rampante avant les incidents avec un joueur particulier ? Ton entraîneur, que tu estimais, est-il coupable de complicité par passivité ?

Malheureusement c’est mon sentiment. Je ne peux pas dire que mon entraineur était homophobe, mais il a toléré l’homophobie et même pire, il a promu un joueur très médiocre en équipe première quelques jours après que ce même joueur ait clairement dit à des journalistes (devant les caméras) qu’il n’aimait pas les gays, en ajoutant des insultes à mon égard.

Mon sentiment est clair : je pense réellement avoir été sanctionné par le coach pour éviter d’éventuels problèmes dus à mon homosexualité. Certains joueurs ne voulaient pas ou plus jouer avec moi… sans aucune raison « officielle ».

Le fait de ne pratiquement plus jouer (remplaçant cloué sur le banc, « oublis » de convocation aux matchs, suspensions bidon, rétrogradations dans les équipes inférieures) faisait que je ne jouais plus à mon poste… Et donc, effectivement, un gay dans un club de foot est sans doute pour certains sujet à emmerdes !

De toute façon, dans le football, les gens ne se sentent pas concernés par l’homosexualité et l’homophobie ; pour eux, la question et le problème ne se posent même pas. D’après eux, il n’y a tout simplement pas d’homos dans le foot ! Ils nient la réalité. Et je sais, tu sais et nous savons tous que ce n’est pas possible !

 

yoann5.jpgYoann Lemaire avec Ludovic Giuly


La publicité nationale apportée au comportement d’un joueur précis (voir la lettre ouverte du Paris Foot Gay au Président Jean-Pierre Escalettes de la Fédération Française de Football à la suite de cette interview) qui t’insulte devant les caméras et les micros ne semble absolument pas avoir ennuyé cette « personne » le moins du monde. Est-ce toujours le cas et comment expliques-tu cette attitude écœurante ?

Le plus grave, c’est que ce joueur joue toujours sans aucun souci ! Dans l’indifférence générale de tout le monde ! Il peut même continuer de proférer ses propos homophobes et se vanter d’avoir eu ma peau… C’est honteux. Pire, il se vantait auprès de mes anciens coéquipiers du club d’essayer de me faire un procès pour, a priori, diffamation et non respect de ses droits d’images. Enfin, n’importe quoi…

Ce joueur est monté en puissance puisque le club ne l’a jamais empêché de faire. Donc par la suite, il s’est senti fort. Et pour jouer le malin devant ses copains, il n’a pas hésité à donner une interview abominable à une chaîne de télévision nationale.

 

De même, ton ancien président de club réussit le tour de force devant les caméras à insinuer que tu es coupable (de provoquer, d’avoir la grosse tête, de vouloir te faire de la pub…) et non une victime… ce qui est profondément révoltant. Que cache ce moyen de défense honteux de sa part ? Et pourquoi le comité (l’organe directeur du club) n’a-t-il pas réagi ?

Lors d’une interview télévisée, le président du club a dit effectivement qu’il y avait de l’homophobie avec ce joueur depuis deux ans, mais que c’est moi qui instrumentalisais les journalistes pour faire parler de moi. Me faire de la pub ? Mais c’est de la folie !

Il faut comprendre que je n’ai rien à gagner de parler de mon homosexualité à des journalistes. J’essaie juste d’expliquer ma situation pour éventuellement faire évoluer les mentalités, parce que quand les journalistes partent, je me retrouve bien seul dans ma région ! Face aux critiques, aux reproches et à la méchanceté ! Je comprends mieux pourquoi aucun footballeur n’ose faire son coming-out. D’ailleurs, cela vaut pour le sport en général.

 

La lutte contre l’homophobie doit, à mon sens, aller de paire avec la lutte contre le racisme et le machisme au sein des clubs. Quand on voit le marasme et les difficultés pour monter simplement une équipe féminine dans un club, j’ai peur que la lutte soit bien longue. Qu’en penses-tu ?

Oui hélas, très longue. Surtout sans l’aide des pouvoirs publics. Il faut faire évoluer les mentalités ! Que l’on arrête d’hétérosexualiser et de machiser les plus jeunes de façon caricaturale, pour devenir absolument des compétiteurs ! Uniquement gagner et oublier les bases fondamentales du sport : apprendre à respecter ses partenaires et ses adversaires, quels qu’ils soient.

À mon sens, le sport peut être un bon moyen pour accepter les différences des uns et des autres !


 

yoann6.jpgYoann Lemaire avec Vikash Dhorasoo


Le Paris Foot Gay t’a semble-t-il apporté beaucoup de soutien dans cette épreuve. Que représente ce club pour toi ?

Le Paris Foot Gay m’a toujours soutenu. Je suis maintenant convaincu que grâce au soutien du Paris Foot Gay, mon club ne pouvait pas m’abandonner dès le début. Cela a retardé l’échéance. Nous sommes allés plusieurs fois au Parc des Princes pour participer au tournoi B.Yourself, organisé par le PSG et le Paris Foot Gay. Maintenant, je suis convaincu que c’était donnant/donnant.

 

Comment ont réagi les joueurs et le comité de ton ancien club à la sortie de ton livre ? As-tu des retours (et notamment de ton ancien président) ?

Un retour négatif ! Et inquiétant. J’ai pris un avocat pour me défendre, concernant une facture que le club refuse de payer. Comme par hasard ! Lors du tournoi B.Yourself, comme tous les ans, j’organisais un déplacement en bus pour Paris avec les joueurs de mon club. Le club payait ensuite les factures grâce aux subventions de la Mairie. En 2009, à la réception de la facture, le président du FC Chooz, cette fois, a demandé à la compagnie de transport de transférer la facture à mon adresse personnelle. Le club refuse donc de payer. Mais mon avocat est sur l’affaire.

 

Et ton premier grand amour, qu’en a-t-il pensé (si tu as de ses nouvelles) ?

Je l'ai contacté pour lui parler de mon livre. Je voulais absolument en parler avec lui pour ne pas qu'il n’en souffre pas d'avantage. Il m'a juste répondu que je pouvais écrire ce que je voulais concernant notre relation, mais ne pas donner son vrai nom. Ce garçon est étonnant, il donne l'impression d'être un véritable hétérosexuel macho, homophobe, mais il reste célibataire et on ne le voit jamais en couple. D'ailleurs, le plus étonnant, c'est qu'il est venu jouer au football au FC Chooz sans savoir que j'arrêtais le foot. Nous n’avons donc pas joué ensemble. Il a évolué dans ce club trois mois, puis il a démissionné et changé de club. Surprenant, non ?


 

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Quelle sera la prochaine étape de la lutte contre l’homophobie dans le milieu du football ?

Que les pouvoirs publics et les hautes instances du football reconnaissent l'homophobie comme une discrimination. La Ligue de Football Professionnel fait des efforts énormes, mais la Fédération Française de Football s’en moque complètement.

Il faut intégrer des modules éducatifs sur les discriminations dans les formations des éducateurs, formateurs et arbitres de foot. Par exemple, un éducateur de jeunes ne doit pas les surmotiver en les comparant à des « tapettes » ou des « pédés » (et ce n’est pas si rare dans les petits clubs).

Naturellement, il faut de la répression. Sinon ça ne servirait à rien. Quand des personnes tiennent des propos homophobes ou commettent des actes homophobes, les hautes instances du football doivent sanctionner avec sévérité.

Rappelez-vous le cas Louis Nicollin, président de Montpellier, qui insulte un joueur d'Auxerre de « petite tarlouze » devant les caméras. C’est encore plus navrant d'entendre ça de la bouche d'un président de club !

Enfin, la sensibilisation est primordiale, par exemple le Paris Saint-Germain organise une fois par an, lors d'une journée de Ligue 1, une grande soirée de sensibilisation contre l'homophobie. Si tous les clubs de Ligue 1 et 2 en faisaient autant, je pense que les mentalités évolueraient plus vite.

 

Une dernière question plus personnelle : le grand amour, tu y crois toujours ? Et si c’était un autre footballeur qui désire rester dans le placard, l’accepterais-tu ?

Si je venais à tomber amoureux d'un sportif, qui souhaite ne pas parler de son homosexualité, je le comprendrais parfaitement.

Pour le grand amour... peut-être un jour, mais cela me fait peur. Je suis sensible et j'ai peur d'en souffrir. J'ai eu dernièrement un petit copain, c'était extraordinaire, enfin j'étais vraiment en couple et j'en étais fier. Ce garçon est parti à Montréal pour ses études. Je suis allé le retrouver deux semaines. Puis quand je suis reparti, j'ai compris que je ne le reverrais plus. Il a préféré couper les ponts. Il ne se sentait pas capable d'avoir une relation à distance. J'en ai beaucoup souffert. J'y pense encore souvent. Surtout qu’il m’avait beaucoup aidé quand j’ai décidé d’arrêter le football. Il était vraiment là, aux bons moments.

La médiatisation de mon histoire l’a éloigné. Il ne préfère plus avoir de contact avec moi car sa famille ne sait pas que leur fils est homo !

 

Merci Yoann pour ta disponibilité, ta gentillesse et ton combat. Bonne chance et surtout beaucoup de bonheur.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l’éditeur

Le site du Paris Foot Gay

Interview de Yoann sur Yagg

Interview de Yoann dans L’Équipe du Matin

Interview de Yoann sur France 3

Interview de Yoann sur France Inter et France Info

Interview de Yoann sur SoYouTV

 

Toutes les photos reproduites ici sont © Yoann Lemaire.

 

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LETTRE OUVERTE DU PARIS FOOT GAY

À MONSIEUR JEAN-PIERRE ESCALETTES,

PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE FOOTBALL

 

Paris, le 8 mars 2010

 

Monsieur le président,

Tout d’abord, nous tenions à rappeler la réaction par voie de communiqué de presse de la Fédération Française de Football, lorsque le Créteil Bébel a refusé de jouer contre notre club :

« [La FFF] ne peut rester insensible à la controverse suscitée par l'annulation de ce match.

Ainsi, la FFF réaffirme sa détermination à lutter, chaque jour et sur tous les terrains, contre toutes les formes de discrimination et bien sûr contre l'homophobie.

Conformément à sa mission générale d'organisation du football en France et dans le cadre notamment de son soutien aux actions de la Fondation du Football, la FFF veille à préserver les notions de respect et de tolérance considérant qu'elles doivent plus que jamais rester le socle de la pratique du football. »

 

Nous avons pris acte de cette déclaration et souhaitons aujourd'hui attirer l’attention de la FFF et attendons une réaction de sa part au sujet d’un cas d’homophobie notoire au sein d'un club affilié, le FC Chooz.

 

En juin dernier, Renaud Charpentier, un joueur de ce club, a eu un comportement sans équivoque devant les caméras de France 3 vis-à-vis d’un autre joueur, Yoann Lemaire, qui ne fait plus mystère de son homosexualité. Le reportage portait justement sur la difficulté d’être un joueur de foot gay dans un club de football. Renaud Charpentier n’a pas non plus hésité à arracher le logo "Carton rouge à l'homophobie" floqué sur les maillots du FC Chooz, signataire de la Charte contre l’homophobie (charte également signée par la LFP, le PSG, l’AJA et l’OGC Nice).

Le Paris Foot Gay a alors demandé à plusieurs reprises au président du FC Chooz de prendre les mesures adéquates pour permettre à Yoann Lemaire de jouer au football dans un climat de respect dénué de toute haine homophobe.

 

À ce jour, non seulement aucune sanction n'a été prise contre Renaud Charpentier, mais il fait toujours partie du club.

Yoann Lemaire a dû, quant à lui, quitter le club, abandonnant ainsi à regret sa passion pour le football. Son témoignage, publié aux éditions "Textes gais" et intitulé Je suis le seul de joueur de foot homo, enfin j'étais... en dit long sur son calvaire. Je vous invite à lire cet ouvrage émouvant, salué par la critique.

À cet égard, il apparaît totalement incohérent de tolérer qu'un joueur ayant tenu publiquement des propos homophobes, puisse encore jouer dans le championnat de la Fédération Française de Football.

 

Au regard de tous ces éléments, nous vous demandons d’intervenir auprès des dirigeants de ce club, conformément au combat contre les discriminations que vous semblez vouloir porter.

Nous vous réitérons bien entendu notre proposition de rejoindre les signataires de la Charte contre l'homophobie, comme la LFP l’a fait.

 

Nous espérons que ce cas sera pris en compte le plus rapidement possible.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président, l'expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Pascal Brèthes,

Président du Paris Foot Gay

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA GÂTERIE DU CHEF
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Mardi 16 mars 2 16 /03 /Mars 03:17
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Lundi 15 mars 1 15 /03 /Mars 18:19
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Lundi 15 mars 1 15 /03 /Mars 11:32

À propos de la HALDE : « C’est un organisme d’idéologues, qui a été mis en place pour imposer la discrimination positive partout (…) Or, la discrimination positive m’apparaît comme totalement contraire au principe de l’égalité républicaine (…) Il existe aujourd’hui une montée très grave des discriminations, notamment dans les quartiers difficiles où il n’est pas bon être blanc, être femme, être juif, être homosexuel. Et cela, la Halde n’en parle jamais, parce que cela ne va pas dans le sens de son idéologie… » Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, sur LCI le 10 mars 2010.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 15 mars 1 15 /03 /Mars 11:19

« Les invertis aiment à rappeler que leur état n’a pas procédé de leur choix, mais de leur naissance. Inné ou acquis, la discussion durera autant que les impôts. Mais inné ou acquis, certainement pas choisi, nous sommes tous d’accord. En quoi cela donnerait-il un « droit à l’indifférence » ? Quelle hypocrisie ! Avez-vous déjà croisé une personne née avec une fente palatine (bec de lièvre) ? Avez-vous déjà croisé un unijambiste ? Avez-vous déjà croisé un manchot, un nain ? Aucune de ces personnes n’a choisi son état, mais aucune ne fait tout un fromage du fait qu’on – pardonnez la nature humaine – la regarde un tant soit peu différemment lorsqu’on la croise ! Quelle hypocrisie que de prétendre le contraire ! Et quand l’inversion sexuelle s’accompagne d’outrances costumières, quelle hypocrisie que d’exiger l’indifférence, alors qu’on hurle son envie d’être remarqué. » Extrait d’un article anonyme intitulé « Tristes gays » sur Chrétienté.info, février 2010.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Dimanche 14 mars 7 14 /03 /Mars 11:36
  
Visuel : (c) GayClic

Enfin la suite !
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 13 mars 6 13 /03 /Mars 11:32
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Les vidéos sont (c)
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Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 13 mars 6 13 /03 /Mars 11:20
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Vendredi 12 mars 5 12 /03 /Mars 11:03
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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The X-Files : On nous cache tout !

 

kama2.jpg

Star Trique : The Next Generation (2)

 

jumusul.jpg Le meilleur des mondes

magnus.jpg À la recherche d'époques (Magnus Hirschfeld) (3)

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TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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