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Lundi 12 octobre 1 12 /10 /Oct 16:13

« Je n'ai pas à vous dire d'être patients. Pas plus qu'on n'avait à le conseiller aux Afro-Américains quand ils revendiquaient l'égalité des droits il y a 50 ans. Mais nous avons fait des progrès et nous en ferons plus (...) Je suis ici avec un message simple : je suis ici avec vous dans ce combat. »

« Il y a encore beaucoup de choses à changer et beaucoup de cœurs à ouvrir. Il y a encore des concitoyens (...) qui conservent de vieilles attitudes et qui n'arrivent pas à voir vos familles comme les leurs et qui vous refusent les droits que la plupart des américains ont. Et c'est douloureux, et ça brise le cœur (...) Mon engagement envers vous est inébranlable (...) Ne doutez pas de la direction que nous prenons et de la destination que nous atteindrons (...) Vous verrez le jour où notre nation reconnaîtra enfin qu'une relation entre deux hommes ou deux femmes est aussi réelle et admirable qu'une relation entre un homme et une femme »

Barack Obama, le 10 octobre 2009, dîner annuel de Human Rights Campaign (la veille du Coming Out Day).

[Merci à nos amis de GayClic.com.]

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 12 octobre 1 12 /10 /Oct 15:37

 

 

 

 


Lire aussi le post de Matoo, un excellent post comme à son habitude.


Mardi soir 6 octobre 1998, Matthew Shepard sort avec quelques amis gays au Fireside bar, à Laramie. À 21 ans, il est étudiant en sciences politiques à l'Université du Wyoming. Il est revenu dans cet État après avoir étudié en Suisse, ses parents travaillant en Europe. Les amis de Matt s'en vont, et il reste seul au bar devant une bière. Deux jeunes hommes l'abordent. Ils lui demandent s'il est gay. Matthew confirme. Ses deux interlocuteurs affirment qu'ils sont gays aussi et lui demandent s'il veut venir avec eux. Confiant, Matt les suit dans leur voiture, qui les conduit hors de la ville.

La barrière où Matthew a été laissé pour mort

Là, les deux jeunes hommes commencent à frapper Matthew à la tête avec la crosse d'un 357 Magnum. Matt est seul contre deux et n'est pas de taille à se défendre : il mesure 1m65 pour 54 kg. Ses agresseurs l'attachent à une barrière. Matthew sent qu'ils veulent le tuer et les supplie de lui laisser la vie sauve, mais ses agresseurs continuent à le frapper, si violemment qu'ils lui brisent le crâne. Le traitement que les jeunes hommes font subir à Matthew s'apparente à de la torture : à son arrivée à l'hôpital, Matt présentait 14 coupures sur le visage, dont certaines assez profondes pour atteindre l'os, et de multiples brûlures sur le corps. Croyant Matthew mort, ils abandonnent son corps attaché à la barrière, comme un trophée.

Matthew reste 18 heures ainsi, à une température proche de zéro, avant qu'une chute de VTT ne fasse atterrir à ses pieds un cycliste, qui croit d'abord avoir affaire à un épouvantail et qui se dépêche de prévenir les secours en constatant que Matthew respire encore. Le jeune amateur de VTT est persuadé que c'est un vrai miracle qui l'a fait tomber sur Matthew et a ainsi permis au jeune homme de survivre quatre jours ,et à sa famille de le revoir avant son décès.

 

La nouvelle de la violente agression contre Matt provoque un choc dans le pays tout entier. Bill Clinton se déclare profondément choqué par la brutale attaque et demande aux Américains de prier avec lui pour Matthew, dont les parents rentrent précipitament d'Arabie Saoudite où ils travaillent et vivent. Matthew a été transporté à l'hôpital de Poudre Valley, dans le Nord du Colorado. Il est dans le coma et n'est maintenu en vie que grâce à des machines. Son crâne est tellement brisé que les chirurgiens ont renoncé à l'opérer. Une veillée est organisée devant l'hôpital où arrivent ses parents. À minuit, dimanche 11 octobre, la pression sanguine de Matthew chute brutalement. Sa famille, présente à l'hôpital, est immédiatement prévenue et se rend à son chevet. À 00h53 lundi matin, Matthew meurt au milieu des siens, sans avoir repris connaissance.

Veillée devant l'hôpital où Matthew vit ses dernières heures

Samedi 10 au soir, soit 24 heures avant la mort de leur fils, les parents de Matthew ont fait lire par le directeur de l'hôpital un communiqué. Voici la traduction d'un large extrait de ce communiqué : les passages où ils parlent de leur fils. Ils parlent au présent puisqu'au moment où ils ont écrit ce texte très émouvant, Matthew luttait encore contre la mort :

"Matthew est quelqu'un d'exceptionnel, et chacun peut tirer des leçons de sa vie. Tous ceux d'entre nous qui connaissent Matthew le voit tel qu'il est, une âme gentille et douce. Il croit beaucoup à l'humanité et aux droits de l'homme. C'est une personne de confiance qui regarde chacun à sa juste valeur, et qui ne s'attarde pas sur les défauts de chacun.

 

Matthew

Sa seule intolérance est à l'égard des gens qui n'acceptent pas les autres tels qu'ils sont. Il a toujours sincèrement pensé que tous les gens sont égaux, quelques soient leur orientation sexuelle, leur race ou leur religion.

Nous savons qu'il croit que nous faisons tous partie de la même famille appelée Humanité, que chacun de nous doit traiter les autres avec respect et dignité, et a le droit de vivre une vie qui en vaille la peine. C'est une chose qu'il partagerait avec vous s'il le pouvait, nous en sommes sûrs.

Matthew aime sa famille. C'est un fils, un petit-fils et un frère aimant qui a rendu nos vies plus riches et pleines qu'elles ne l'auraient été sans lui.

 

Sa vie a souvent été un combat, d'une manière ou d'une autre. Il est né prématurément, et il s'est battu pour survivre quand il était bébé. Il est de petite taille mais nous croyons que c'est un géant quand il respecte la valeur de chacun. Nous savons qu'il pense que s'il peut rendre meilleure la vie de quelqu'un, il a emporté un succès. C'est un critère de réussite que Matthew a toujours pris en compte.

 

Matthew sait qu'il n'est pas le meilleur sportif du monde, mais il avait un esprit de compétition. Il a participé une fois aux Jeux de l'État du Wyoming. Il est arrivé à une place honorable à la course à pieds, et a alors décidé de participer aux épreuves de natation. Il l'a fait bien qu'il savait qu'il finirait le dernier. Ce qui est arrivé. Après, il a reconnu auprès de nous qu'il savait que ses chances de gagner étaient négligeables, mais qu'il n'aurait pas laisser cette considération l'empêcher d'essayer. C'est une autre leçon de Matthew pour nous tous, c'est une leçon que, nous l'espérons, chacun gardera en son cœur.

Matthew

Matthew a beaucoup voyagé. Il parle l'anglais, l'allemand et l'italien. Il aime beaucoup l'Europe, mais il aime aussi Laramie [la ville du Colorado où il vivait] et l'Université du Wyoming. Nous pensons que s'il écrivait lui-même ce communiqué, il insisterait sur le fait qu'il ne veut pas que l'acte horrible de quelques uns ne ternisse la réputation de Laramie et de l'université."

 

Lundi 13 au soir, je suis retourné sur un des premiers sites consacrés à Matthew, qui proposait plusieurs rubriques. Ce soir là, j'ai pleuré en constatant la présence d'une nouvelle rubrique : celle annonçant la date des obsèques de Matthew.

 

5000 personnes s'étaient rassemblées devant le Capitole à Washington

Dès l'annonce de la mort de Matthew, les associations gays ont décidé de réagir en organisant des "candlelight vigils", des veillées où chacun vient avec sa bougie. Le but était double : se rassembler pour rendre un hommage silencieux et ému à Matthew, et, réclamer l'adoption de la loi contre les crimes haineux afin d'éviter si possible que ce drame ne se reproduise trop souvent.
La première veillée a eu lieu mercredi 15, à Washington, sur les marches du Capitole. Plus de 5 000 personnes s'y sont rassemblées, des sticks phosphorescents à la main, les bougies n'étant pas autorisées à cet endroit - pour écouter les discours d'amis de Matthew, de stars, de représentants des associations gays et de défense des droits de l'homme, et d'hommes politiques...

 

 

Ellen DeGeneres, vedette de la série américaine Ellen, était présente. Elle a beaucoup fait parler d'elle, il y a quelques mois, lorsqu'elle a profité de l'épisode annonçant l'homosexualité de son personnage pour révéler qu'elle était elle-même lesbienne. Elle s'est avancée jusqu'à la tribune et commencé ainsi : "Et ils pensaient que j'allais finalement me la fermer !".

Elle a parlé de ceux qui prétendent parler au nom des valeurs familiales : "Quand quelque chose comme ça arrive, où sont-ils ? Je n'ai pas vu de pleines pages de publicité disant ”Arrêtez la haine, arrêtez la violence". Elle a ensuite évoqué ceux qui se servent de la bible pour justifier l'intolérance vis à vis des gays : "La Bible a aussi été utilisée pour justifier l'esclavage”. ”Tout le monde a le droit d'aimer".

"J'en ai tellement marre !" a-t-elle dit. "Je ne peux pas m'arrêter de pleurer." Sa voix s'est brisée tout de suite après, elle a regardé la foule, mit sa main sur son cœur et a expliqué, d'une voix forcée, douce et chargée d'émotion : "C'est ce que j'essayais d'empêcher. C'est pour ça que j'ai fait ce que j'ai fait." Soudain, la mort dramatique de Matthew donnait un nouvel et bien plus profond éclairage au coming-out d'Ellen.

 

Ellen Degeneres en larmes en parlant de Matthew

Deux amis de Matthew ont également pris la parole sur les marches du Capitole. Walter (à gauche sur la photo), en son nom et en celui d'Alex qui se tenait à ses côtés, a lu un texte très émouvant pour parler de son ami :

"Il m'a fallu plusieurs jours pour que le choc s'atténue, et pour que les images de Matt vivant prennent la place de cette horrible vision de son corps brisé et meurtri gisant sur ce lit d'hôpital. Mais Matt est revenu dans mon esprit, une fois passés l'horreur et le choc. Son sourire danse devant mes yeux pendant que j'écris.

Tous ceux qui ont eu la chance de connaître Matt savent de quel sourire je parle. Matt ne souriait jamais juste avec sa bouche. Son visage et son corps tout entier s'illuminaient. Ses yeux dansaient et son aura et son énergie rayonnaient de toute sa personne. Quand je rencontrais Matt, il me bondissait dessus, passait ses bras autour de moi en une étreinte qu'il était le seul à savoir donner.

 

Walter lisant son texte aux côtés d'Alex

Parfois Matt se montrait à ma porte et demandait : "Est-ce que je te dérange ?" Ses yeux ne dansaient pas et il ne m'offrait pas son énergique étreinte. Ses yeux ressemblaient à ceux d'un petit garçon qui vient de voir un film qui lui a fait peur. Il entrait et me demandait s'il pouvait simplement rester là. Il avait ses livres de classe avec lui. Il s'asseyait et regardait la télé, ou prenait ses livres et commençait son travail.
Après un moment, il commençait à parler, expliquant qu'il avait entendu quelqu'un crier " pédé " ou parler de " folles ". Nous discutions de la façon dont cela le touchait au plus profond de son cœur, et du besoin qu'il avait de se sentir de nouveau en sécurité. Alors il restait encore un peu, se reprenant et essayant de se durcir. Ce qui n'était pas chose facile pour Matt, car il n'était pas le genre de personne à être dure.

 

Le sentiment de sécurité que ressentait Matt a été trahi par tous les politiques qui, dans le Wyoming et dans ce pays, se sont opposés ou ont voté contre la loi contre les crimes haineux pendant les dernières années. Ces hommes et ces femmes représentent l'élite de notre État et de notre nation, et ils ont envoyé un message clair aux gens de notre État et de ce pays : vous pouvez haïr les gays et les lesbiennes.

 

Ces deux jeunes hommes n'ont en aucune façon essayé de cacher leur crime. Ils n'ont pas camouflé le corps meurtri de Matt en espérant que la neige le recouvrirait jusqu'au printemps prochain. Ils l'ont attaché à une barrière, l'exhibant comme un trophée, annonçant à la ville et au monde ce qu'ils avaient fait. Cet acte était une tentative pour intimider et terroriser la communauté gay du Wyoming et signifier que tous les gays et lesbiennes méritent une telle violence.
Matt m'a dit un jour qu'il allait devenir célèbre et qu'il allait accomplir de grandes choses dans le domaine des Droits de l'Homme. Quand je vous regarde et que je pense à ce qui se passe dans le Capitole derrière nous, je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'imaginait pas à quel point il était dans le vrai.

 

Matthew

Matt ne viendra plus jamais s'installer sur mon canapé et ne bondira plus jamais en classe pour rencontrer un ami, plus jamais. Mais je veux croire que ses yeux dansent tandis qu'il regarde en bas et voit combien il a touché le cœur et l'âme des habitants de ce pays.

Mais rappelez-vous une chose : quoiqu'il puisse sortir de bon de tout cela, le prix en aura été trop élevé."

Après cette veillée, des dizaines d'autres ont eu lieu dans tout le pays, de la Californie à la Floride.

Les obsèques de Matthew ont eu lieu vendredi 16 octobre. Ce jour-là, le Humain Right Campaign, le plus important lobby gay américain, a lancé une opération pour que le maximum de homepages gays soient noires. En France aussi, de nombreuses homepages se sont habillées de noir, ainsi que des sites comme OOups ou CitéGay.

 

Matthew

À Casper (Wyoming), ville natale de Matthew, où ont eu lieu ses obsèques, son père s'est brièvement adressé au public et à la presse avant que la famille n'assiste au service funèbre dans l'intimité. Son discours fut très émouvant, Dennis Shepard a eu à plusieurs reprises la voix brisée par l'émotion, tandis que la mère de Matthew, Judy, aggripée au bras de son mari, ne pouvait retenir ses larmes. Voici les principaux passages du texte lu par le père de Matthew :

"Au nom de notre fils Matthew Shepard, nous voulons remercier les citoyens américains et les gens du monde entier qui ont exprimé leur grande sympathie et leur soutien à notre famille pendant ces heures difficiles.

 

Les parents de Matthew aux obsèques

Une personne aussi attentive et aimante que Matt aurait été très touchée par ce que ce drame a produit dans les cœurs et les âmes des gens dans le monde entier. Matthew était le genre de personne qui, si cela était arrivé à quelqu'un d'autre, aurait été le premier à offrir son aide, son espoir et son cœur à la famille " a continué M. Shepard, terminant sa phrase dans un sanglot.
Nous ne trouvons pas les mots pour exprimer notre gratitude pour les milliers de mails, de réactions, de messages sur les sites Web, de coups de téléphones et de cartes que nous avons reçu, apportant l'aide, la consolation, la sympathie et le soutien. Nous sommes touchés et émus plus que nous ne saurions le dire.

 

Merci de comprendre et de respecter la demande de la famille de faire aujourd'hui ses adieux à Matthew dans l'intimité. Nous avons besoin de lui dire au revoir dans le calme. Matt lui-même aurait été le premier à répondre à la demande de la famille si cela était arrivé à quelqu'un d'autre.

 

Comprenez que parce que les dernière minutes de conscience sur Terre de Matthew ont été un enfer, sa famille et ses amis veulent plus que jamais lui dire au revoir d'une manière paisible, digne et aimante.

Nous n'oublierons jamais l'amour que le monde a exprimé à notre fils bien aimé."

Les 600 places à l'intérieur de l'église étaient pleines, et plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées dans une autre église et à l'extérieur, malgré la neige, pour se recueillir, et suivre la cérémonie retransmise par haut-parleurs.

 

Recueillement à l'extérieur de l'église pendant les obsèques

 

Manifestants anti-gays

Une poignée de manifestants anti-gays se sont également rassemblés à Casper. Mais ils ont été tenus à distance par la police, de l'autre côté de la rue, et ils ont dû évacuer les lieux avant le début de la cérémonie, conformément à un arrêté pris par la ville de Casper.
La manifestation avait été organisée par une église du Kansas, qui a ouvert sur Internet un site intitulé "God hates fags" (Dieu hait les pédés). Ils portaient également une pancarte où était inscrit : "Matthew en enfer". Certains groupes religieux extrémistes ont qualifié l'assassinat de Matthew de "saint".

 

Manifestants anti-gays

Si cette manifestation et ces propos inqualifiables sont le fait d'une minorité extrémiste, les idées qu'ils défendent trouvent malheureusement un écho parmi une partie importante de la population américaine. Le dessin ci-dessous peut paraître exagéré, mais il est instructif de le comparer au résultat du sondage de Time indiqué à côté...

 

Dessin de Rob Rogers, Pittsburgh Post-Gazette
L'homosexualité est moralement répréhensible.

Opinion de 48 % des Américains interrogés par Time. (45 % pensent que ce n'est pas un problème de morale).

L'homosexualité est un péché. Il faut tenter de montrer aux homosexuels une façon de régler ce problème, tout comme pour l'alcool, l'obsession sexuelle ou la kleptomanie.

Trent Lott, le chef de la majorité républicaine au Sénat.

Accepter l'homosexualité est la dernière étape de la décadence de notre civilisation.

Pat Robertson, sur une chaîne cablée chrétienne.

"L'évolution de la tolérance en Amérique"
(À la Une du journal dans le distributeur : "Un étudiant gay battu à mort dans le Wyoming").

 

Image gif animée réalisée par James

Une cousine de Matthew, religieuse, s'est rappelée qu'un jour, alors qu'il était enfant, elle se promenait en ville avec lui. Matt avait vu un drapeau en berne et avait demandé à sa cousine pourquoi le drapeau n'était pas en haut du mat. "Cela veut dire que quelqu'un d'important est mort." lui avait-elle répondu. À San Francisco, un grand drapeau arc-en-ciel flotte au croisement de Castro street et de Market street. À l'annonce de la mort de Matthew, il a été descendu à mi-hauteur du mat.

 

La une de Time

Dans son numéro suivant la mort de Matthew (daté du 26 octobre), Time a consacré sa Une et 8 pages à l'assassinat de Matthew, à la haine anti-gays et au lobbying gay, avec les articles suivants :

- Le nouveau combat gay

- Être jeune et gay dans le Wyoming

- La loi de la dernière chance

- Le mariage gay

 

Newsweek lui a consacré deux pages avec un article intitulé "Échos d'un meurtre dans le Wyoming".

 

Épilogue :

5 avril 1999 : Russell Henderson, 21 ans, l'un des deux assassins de Matthew, est condamné à une double peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération. Il a évité la peine de mort en plaidant coupable.

4 novembre 1999 : Aaron McKinney, 22 ans, l'autre assassin, est à son tour condamné à une double peine de prison à vie.

Ses avocats avaient rencontré les parents de Matthew Shepard pour leur demander d'éviter la peine de mort à leur client. Judy et Denis Shepard ont accepté.

"M. McKinney, je vous laisse la vie en mémoire de celui qui ne vit plus aujourd'hui" a déclaré Dennis Shepard, le père de Matthew, en s'adressant à Aaron McKinney.

"Je crois à la peine de mort" a-t-il ajouté. "Il n'y a rien que je désire plus fortement que vous voir mourir, M. McKinney. Mais il est temps de soigner nos plaies. Il est temps de faire preuve de pitié vis à vis de quelqu'un qui a refusé de faire preuve de la moindre pitié."

"M. McKiney, je vais vous sauver la vie, aussi difficile cela soit-il, à cause de Matthew. À chaque fois que vous fêterez Noël, un aniversaire, ou la Fête nationale, rappelez-vous que Matthew ne les fête pas. Chaque fois que vous vous réveillerez en prison, rappelez-vous que vous avez eu, cette nuit-là, la possibilité et la capacité d'arrêter ce que vous étiez en train de faire. Vous m'avez volé quelque chose d'infiniment précieux, et ça, je ne vous le pardonnerai jamais."

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 12 octobre 1 12 /10 /Oct 10:01


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 


Yvan QUINTIN, Mythologie gaiement racontée, illustrations de Hames STEINERT, ErosOnyx Editions, 2009, 110 pages.

Les amours grecques, vous connaissez, bien sûr. Vous souvenez-vous de ce que vous en avez appris en sixième, année où l'antiquité grecque est au programme ? Un souvenir flou peut-être, un homme nu en rouge sur le fond noir d'un vase, avec un sexe de petite taille mais visible... On vous a peut-être parlé de l'enlèvement de Ganymède. Rien de bien précis, et pourtant il y avait bien ce groupe de « grands » qui jouaient les durs en ricanant « les Grecs ? Tous des pédés !!! ».

Et puis, pour ceux qui ont poursuivi de leur propre initiative et dans leur coin, répondant à des interrogations plus intimes, les lectures plus approfondies. Le Banquet de Platon a pu redevenir centre d'intérêt en Terminale en philosophie et faire le lien avec la Moitié d'orange (1) de Jean-Louis Bory...

Yvan Quintin est un helléniste, un professeur de grec qui a publié plusieurs livres « classiques » sur la Grèce et ses penseurs. Devenu fondateur et directeur d'ErosOnyx Editions, il vient de publier un ouvrage de référence sur la mythologie grecque, avec une introduction, un glossaire et une liste des sources très complets.

Après des siècles de maquillage hétéronormatif (dont Louis-Georges Tin (2) a récemment fait le thème central d'une brillante étude), Yvan Quintin a effectué un retour aux sources des textes antiques. Rassemblant divers auteurs autour du sujet des amours masculines, il offre une série de contes où les garçons ont le comportement habituel des Grecs de l'Antiquité avec la touche de rêve et de magie qu'autorisent les contes.

Ce sont donc seize petits récits très gays où les amours sont divines, les plaisirs décrits sans pudeur, les rivalités et l'ambition apportant une tension narrative à ces jeunes gens à la beauté divine. Hannes Steinert a su répondre au défi d'actualiser l'illustration antique : dans un style graphique qui a su reprendre et mettre au goût du jour (pour les Grecs anciens, un beau pénis était de petite taille : Steinert a gonflé les engins !) les canons helléniques (3), il offre au lecteur des images simples, harmonieuses et efficaces des récits savamment mythonés par Yvan Quintin dans des vases anciens où Ovide, Virgile, Euripide racontent la saveur des amours viriles dont tant de siècles de civilisation judéo-chrétienne n'ont heureusement pas réussi à faire disparaître la force érotique.

C'est une véritable œuvre de salut public qu'il faut saluer ici dans un livre que l'on peut lire d'une seule traite ou garder à portée de main pour y picorer au hasard quelques minutes de lecture roborative, subtile et dépaysante.

 

(1) Jean-Louis BORY, Ma Moitié d'orange, préface de Dominique FERNANDEZ, H&O - poche, 2005, 125 p.

(2) cf la cinquième recension de http://www.lestoilesroses.net/article-29701813.html

(3) Très intéressant dossier Le Corps mis à nu : des Grecs aux naturistes dans L'Histoire n° 345, septembre 2009 p. 46 à 69.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Une critique de ce livre : http://www.infoculture.ca/?page=6&view=2νmero=12610

Hannes Steinert : oeuvres diverses :

http://images.google.fr/images?rlz=1C1GGLS_frFR320FR320&sourceid=chrome&q=Hannes%20Steinert&um=1&ie=UTF-8&sa=N&hl=fr&tab=wi

Biographie d'Yvan Quintin :

Yvan Quintin a longtemps enseigné les lettres. Après des ouvrages scolaires et universitaires, il a préféré se consacrer à l'écriture littéraire, à la fiction. Il ne récuse pas l'étiquette d'auteur de nouvelles érotiques, la littérature érotique ayant aussi à ses yeux ses lettres de noblesse. Il a publié en 2001 L'odeur du buis, roman (Editions La Bruyère), et en 2005 Amours grecques (Publications orientalistes de France), traduction du grec ancien de pièces érotiques en l'honneur des garçons, appartenant à l'Anthologie palatine.

 


Renée VIVIEN, Etudes et Préludes, Cendres et Poussières, Sapho, ErosOnyx Editions, 2007, 140 p.

Nos lectrices sont certainement plus nombreuses que nos lecteurs (y compris le Père Docu) à connaître et à apprécier Pauline Mary Tarn (1877-1909), poétesse surnommée « la fille de Sapho et de Baudelaire ».

Son œuvre a marqué des générations tout au long du XXe siècle et ErosOnyx va prochainement collaborer avec l'Ulip (University of London in Paris) à un grand colloque pour attirer l'attention sur une femme à la stature poétique exceptionnelle.

Voici comment Pierre Lacroix l'évoque dans le deuxième tome de son autobiographie, Homo Pierrot II : Sous les toits de Paris (1)

Vivien, alchimiste de la boue en bijoux, orgie de rythmes et d'enluminures pour que la vie comme la mort soient grises d'extases, pâles sœurs des Kitharèdes et des Orphées qui savent qu'il faut mourir seuls après le fugace embarquement à deux pour Cythère, sentir l'épine après la fleur et se soûler, se soûler, se soûler de tous ses vers tressés, de tout ce qui peut soûler la chair et les songes pour passer l'heure noire, faire pardonner le crime de la vie et noyer enfin, au moment d'en finir, ses amours pourries et sa chair exsangue entre les violettes bleues des vagues de Lesbos !

À lire Vivien, Pierrot se sentait du même sang lyrique et menacé, du même sang violet d'amour grec et de rouge tailladé. (p. 18).

Les trois recueils ici réunis en un seul bel ouvrage sont mis en perspective par des introductions qui situent chacun d'entre eux dans la vie et l'œuvre de Renée Vivien, qui doit revivre sous plusieurs manières : un colloque à Paris en novembre pour les cent ans de sa mort et la publication de deux nouvelles éditions (chez ErosOnyx, bien sûr) de Sapho et de Poèmes : 1901-1910.

 

(1) recensé précédemment ici http://www.lestoilesroses.net/article-33227040.html

POUR EN SAVOIR PLUS :

Nicole G. Albert, spécialiste de Vivien, a aussi publié en juin un ouvrage collectif sous sa direction : Renée Vivien, une femme à rebours - Etude pour un centenaire, Orizons, 2009.

Le site de Renée Vivien : http://www.reneevivien.com/

Fiche biographique wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Renée_Vivien

 

 

INTERVIEW D’YVAN QUINTIN

 


Yvan Quintin, bonjour et merci d'avoir accepté de nous accorder un peu de temps qui doit être compté quand on dirige une maison d'édition, même si votre attaché de presse Clément Marie l'appelle joliment une « maisonnette d'éditions ».

En complément de la recension de votre dernière publication, Mythologie gayment racontée, figure une courte biographie. Souhaitez-vous y ajouter des compléments ?

Y. Q. : Pas spécialement. Je tiens d'abord à vous remercier de vous intéresser à ErosOnyx et à son "patron" comme vous le dites, bien que notre aventure éditoriale soit collective – même réduite en nombre de personnes, et qu'aucune décision ne soit jamais prise par une seule d'entre elles, sauf urgence. Mais le cas ne s'est pas encore présenté.

 

De votre expérience d'enseignant, avez-vous un ressenti de frustration face à la machinerie hétéronormative qui écrase, efface, transforme la réalité des amours grecques ?

Oui et non. Oui, parce qu'on ne peut jamais devant des élèves aborder à brûle pourpoint une ou des questions d'ordre sexuel, parce que, implicitement, quand on étudie tel ou tel auteur c'est la lecture et la réflexion hétéronormatives qui l'emportent, c'est vrai. Mais pas de frustration hétéronormative, toutefois, dans la mesure où la liberté d'esprit propre à un professeur et sa liberté pédagogique qui est et doit rester entière (sans qu'elle relève d'un prosélytisme gay ou d'une obsession sexuelle, bien entendu) doivent lui permettre de dire les choses comme elles sont ou comme elles étaient. Par exemple forcer le trait, dans le sens homosexuel, au sujet de l'amitié entre Montaigne et La Boétie ne convient sans doute pas, mais laisser planer le doute, faire entendre que peut-être... mais pas sûr..., faire comprendre que l'amitié entre deux hommes ne ressemblait pas à ce qu'elle peut être à notre époque (de même que les liens conjugaux d'alors ne ressemblaient pas à ceux de notre temps), était tout à fait permis quand j'enseignais. Du moins, je n'ai jamais eu à me plaindre d'une quelconque censure. En revanche, parler clairement et explicitement des rapports de Verlaine et de Rimbaud, des goûts de Montherlant, de la liberté critique de Diderot, de la vie et des œuvres de Genet, révéler à de grands adolescents la beauté des Nourritures terrestres ou l'audace de Gide avec Corydon relève tout à fait de cette liberté d'esprit et de la liberté pédagogique que je mentionnais. Tout comme dans les cours de grec s'attarder sur l'amitié si dense d'Achille et de Patrocle, sur le personnage d'Orphée dont la tradition réduit la vie à sa relation à Eurydice... Mais là-dessus, je vous renvoie à un livre bientôt dans le commerce.

Je me souviens très bien des réactions suscitées dans mon cours de latin quand, avec des élèves de prépa il est vrai, j'ai abordé les mœurs d'Antoine (vous savez, celui d'Antoine et Cléopâtre !) dénoncées par notre grand (et si prude) Cicéron. Il a été marié, le cher Antoine et à un homme en plus, quand il était jeune. Marié à un dénommé Curion par « un mariage stable et régulier » dit Cicéron ! Et le poète Catulle, donc ! Il n'y va pas de main morte, c'est le cas de le dire, pour invectiver un adversaire. Là où nous disons « Va te faire enc... », les Romains, eux, disaient « Je te jouirai dans la bouche ». Certains parmi mes élèves étaient un peu choquées, m'a-t-on dit, parmi les filles, paraît-il.

Je ne sais si mon cas est généralisable, bien sûr, et je ne le crois même pas, puisqu'un de mes jeunes collègues, parlant des rapports de Néron et d'Agrippine et des traces laissées par le fils dans la litière de sa mère, s'est fait taper sur les doigts par son proviseur, sur plainte de parents. Et c'était au lycée Louis-le-Grand !

L'idée d'introduire la sexualité dans l'Education nationale a dû m'habiter bien des années avant, quand j'ai appartenu à une association (disparue depuis longtemps) dénommée AGLAE (association gay et lesbienne autonome d'enseignants – autonome pour expliciter notre indépendance de tout autre mouvement) qui malheureusement n'a pas abouti. L'entreprise se poursuit sous d'autres formes, je crois, et tant mieux, grâce à des enseignants déterminés. Je n'en sais pas davantage.

 


À l'opposé, de nombreux auteurs, historiens et hellénistes ont fixé les limites de cette homosexualité aux frontières assez strictes (éraste et éromène) qui font qu'il est délicat de comparer les évolutions actuelles avec une antiquité aux codes tellement différents....

La sexualité a toujours été la sexualité, la nudité a toujours été la nudité... Vous citez fort justement le numéro d'Histoire sur ce sujet. Ce sont les modalités de l'une comme de l'autre qui changent d'une époque, d'une civilisation à l'autre. Mais ce qui reste vrai, cependant, c'est que les Anciens faisaient moins d'histoires à propos des rapports entre mâles, jeunes et jeunes, jeunes avec de moins jeunes. Le mariage était une institution jugée nécessaire pour la survie non seulement de l'espèce ou d'un nom, mais aussi de la cité, de la société. Mais il serait abusif, à mon sens, de dire que les rapports entre hommes et femmes excluaient les rapports sexuels entre hommes. Sous quelle forme ? Peu de textes nous le disent explicitement, crûment devrais-je dire. Pourtant jusqu'à la prédominance "totalitaire" du judéo-christianisme (encore que Boswell à ce sujet soit plus nuancé), il n'y avait pas que de jolis éromènes et d'athlétiques érastes pour illustrer les amours grecques. Foucault dit que c'est l'époque moderne qui a inventé le fist fucking. Probable. Mais chaque époque a ses pratiques et le godemiché ne date pas d'aujourd'hui.

 

Votre maisonnette d'éditions fait figure de « petite maison gay dans la prairie auvergnate ». J'aime vous comparer à H&O qui, basée à Montpellier, fait elle aussi un travail d'une incroyable audace en misant sur la très haute qualité. Votre statut associatif fait la différence et pourrait intéresser certains de nos lecteurs qui ont envie d'écrire : pouvez-vous nous donner quelques détails sur l'histoire d'ErosOnyx et sa localisation dans le Cantal ?

La localisation d'ErosOnyx dans le Cantal vient simplement du fait que les premiers "aventuriers" de cette association habitent le Cantal, et aussi d'une rencontre d'idées sur la question de l'édition. J'ajouterai que cette histoire, qui a aujourd’hui deux ans et demi, a été suggérée par la directrice d'une maison d'édition spécialisée dans la littérature orientaliste, elle-même située dans le Cantal.

Créer une maison d'édition qui puisse au moins salarier un individu était et reste impensable. Mais notre but n'est pas de faire du profit, c'est de nous faire plaisir et si l'on écrit soi-même sur le vaste sujet de l'érotisme (gay en priorité), de ne pas envoyer son manuscrit à droite et à gauche, sans jamais recevoir de réponse (nous nous faisons un devoir de répondre dans les trois mois à quiconque nous envoie un texte). Le but aussi est de semer des graines et, par la recherche de textes de qualité (autant que possible), créer des liens entre les gays (et les lesbiennes) qui se reconnaissent, ne se sentent pas seuls dans les livres que nous publions, découvrent un patrimoine à eux etc. Cela n'exclut pas que nous puissions éditer des textes hétéros s'ils glorifient aussi une dimension que nous estimons essentielle dans l'être humain, la sexualité et la relation de chacun avec Eros. C'était particulièrement le cas avec Erotika de Yannis Ritsos.

Avec notre projet d'une publication si possible annuelle, intitulée Des nouvelles d'Eros, nous offrons à qui le veut et partage notre conception sur ce point, l'opportunité de voir publié ce qu'il écrit dans ce sens. Nous ne censurerons rien, du moment que le texte nous paraît avoir une qualité littéraire, une touche personnelle.

Nous voulons en outre que l'objet livre soit lui-même attrayant, beau (papier, couverture à rabats, cahiers cousus à l'ancienne...). Aurillac a une tradition dans l'imprimerie et nous avons la chance d'être toujours judicieusement conseillés par notre imprimeur (qui est une femme).

Malheureusement, le Cantal n'est pas Paris pour ce qui est des relations et des soutiens ! À bien des critiques littéraires nous devons paraître très provinciaux ou peut-être prétentieux, malgré nos titres comme ceux de Vivien, Delarue-Mardrus ou Ritsos... Et il y en aura d'autres !

Il faut ajouter que nous n'avons pas créé ErosOnyx Editions pour le seul public gay et lesbien. Si Les Mots à la Bouche, à Paris, nous soutiennent avec régularité, il y a à Aurillac une excellente librairie qui, sans être gay (je le dis en plaisantant, bien sûr !)  nous soutient aussi chaleureusement. et qui n'est pas du tout effrayée par la thématique de nos publications. Le libraire à qui nous offrons toujours un exemplaire de nos nouveaux livres, nous fait chaque fois un compliment sur leur beauté matérielle. Mythologie gayment racontée lui a ainsi particulièrement plu, mais le Sapho de Vivien aussi. Que dira-t-il donc de notre onzième ouvrage, Poèmes 1901-1910 de Vivien prévu pour novembre ? Je dois reconnaître qu'il peut y avoir eu des ratés. Ainsi de Fleur de chair dont je ne suis pas moi-même très satisfait ... !

 


Quels sont vos liens avec la revue Inverses et l'Association des Amis d'Axieros, dont il sera prochainement question sur Les Toiles Roses ?

Après un service de presse assuré auprès d'Inverses, son directeur de publication a pris contact avec nous pour une collaboration qui, jusqu'à présent, a été fructueuse. Il s'agit de la co-édition de Nos secrètes amours de Lucie Delarue-Mardrus. Nous n'avions pas encore un an d'existence. La direction d'Inverses a dû nous juger assez sérieux pour nous proposer cette collaboration qui pourra et devrait se poursuivre.

 

Tout comme H&O, vous semblez superbement et stupidement ignorés par les grands médias, gays ou généralistes : pensez-vous que votre situation hors des cercles parisiens soit la cause de ce silence ?

Je le pense vraiment, malgré nos efforts et particulièrement ceux de Clément pour joindre de "grands" noms des médias parisiens. Même pas une réponse ! D'où ma réticence personnelle à faire trop d’envois de presse, même à Têtu qui nous ignore superbement. Peut-être, si suivant les conseils de notre premier distributeur (racheté par notre distributeur actuel), nous avions racheté les Editions gaies et lesbiennes, avec leur catalogue, nous serions-nous mieux fait connaître. Je n'en sais rien à vrai dire. Nous ne l'avons pas fait parce que nos lignes éditoriales n'étaient pas du tout les mêmes et, disons-le franchement, parce que nous n'en avions pas (et n'en aurions toujours pas) les moyens !

 

En contrepartie, posséder un livre édité par ErosOnyx donne l'impression d'avoir près de soi un trésor caché. Quels sont, pour ceux qui n'ont pas encore goûté à ce plaisir les moyens d'y accéder (libraires, sites internet ...) ?

Le bouche à oreille, le cadeau fait à un ami, le détour par Les Mots à la Bouche si l'on habite Paris, et je devrais le dire tout d'abord.... en consultant les commentaires critiques avisés comme ceux de Toiles Roses ou de Handigay !

 


Vous avez récemment reçu une aide du Centre National du Livre pour votre publication du livre de Yannis Ritsos, Erotica : je suppose que cela doit avoir la valeur d'une reconnaissance officielle très gratifiante ?

En effet, recevoir le soutien financier du CNL moins de deux ans après notre création, a été un grand encouragement avec, comme vous le dites, la valeur d'une reconnaissance officielle. Nous comptons récidiver !

 

Vous accordez – et ce n'est pas courant – une place quasi équivalente aux amours entre filles et aux thèmes gays. Pourriez-vous nous présenter l'état des lieux du prochain colloque autour de Renée Vivien ?

Je dois ici exprimer ma gratitude à Nicole G. Albert, spécialiste de Vivien, à qui je m'étais ouvert de cette idée de marquer le centenaire de la mort de Renée Vivien. L'idée lui a immédiatement plu et nous avons depuis l'hiver dernier mis en œuvre des efforts communs pour faire aboutir le projet. Le contenu du programme de cette journée du 20 novembre, à savoir « Une femme entre deux siècles » vient de Nicole G. Albert, auteure, sous la direction de qui a été récemment publié un ouvrage collectif intitulé Renée Vivien, une femme à rebours. Oui, Vivien une femme à rebours, c'est bien pourquoi nous nous sommes aussi intéressés à cette poétesse injustement méconnue. Encore que... il semble que son nom revienne peu à peu si l'on en juge par les cinq poèmes d'elle cités dans l'Anthologie de la poésie érotique et décadente (aux Belles Lettres) – elle dont le nom d'ailleurs clôt l'ouvrage – contre un seul d'Anna de Noailles !

 

Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour cette si instructive conversation. J'ose espérer que l'on ne nous accusera pas d'avoir parlé comme deux enseignants ! Nous avons cherché à faire partager les plaisirs littéraires et plus généralement humains qu'ErosOnyx s'emploie si bien à proposer au public.

Sans aucun doute, j'aurais bien des choses à ajouter et à vous dire. mais vos questions m'auront déjà permis de bien faire le point sur notre entreprise que nous préférons appeler "aventure". Au nom de notre petite équipe, je veux vous remercier de cette interview.


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Dimanche 11 octobre 7 11 /10 /Oct 11:55

par  BBJane Hudson

 

 



Fiche technique :

Avec Rod Steiger, George Segal, Lee Remick, Eileen Heckart, Murray Hamilton, Michael Dunn, David Doyle, Martine Bartlett, Barbara Baxley, Doris Roberts et Irene Dailey. Réalisation : Jack Smight. Scénario : John Gay, d'après un roman de William Goldman. Directeur de la photographie : Jack Priestley. Compositeur : Stanley Myers.

Durée : 108 mn. Disponible uniquement en Zone 1 en VO.

Résumé :

Le directeur de théâtre Christopher Gill (Rod Steiger) utilise différents déguisements pour s'introduire chez des femmes d'âge mûr, qu'il étrangle sauvagement. Il entame un jeu de chat et de souris avec l'inspecteur chargé de l'enquête (George Segal), et le harcèle d'appels téléphoniques railleurs. Sa mégalomanie et l'ambiguïté des rapports qu'il entretient avec son adversaire, le conduiront à plusieurs faux pas, dont le dernier – l'agression de la fiancée de l'inspecteur (Lee Remick) – lui sera fatal.



L'avis de BBJane Hudson :

Okay... ce n'est pas vraiment un film fantastique... mais il est queer à cent pour cent !.. Et puis, il est le précurseur (inspirateur ?) du génial Théâtre de sang de Douglas Hickox, une œuvre depuis longtemps assimilée – fort abusivement, elle aussi – au genre qui nous intéresse. Dans les deux cas, l'intrigue se concentre sur une série de crimes commis par un homme de théâtre, qui recourt à toute une panoplie de déguisements, prend un malin plaisir à narguer la police, et achève son odyssée meurtrière sous les feux de la rampe. Mais quand les implications queers du film d'Hickox demeurent voilées, celles du « refroidisseur de dames » sont on ne peut plus explicites. Démonstration…

Comme une tripotée de serial killers cinématographiques, Christopher Gill pourrait arguer, pour sa défense, que « tout est la faute à maman ». C'est bel et bien sa défunte mère (ou plutôt le souvenir traumatisant laissé par cette dernière) qu'il cherche à supprimer en une geste meurtrière trop tardive pour être réparatrice.

Célèbre tragédienne, Amanda Gill présente tous les attributs de la diva-virago capricieuse, castratrice, et probablement incestueuse (soupçon éveillé par les propos de Gill avant son premier crime, lorsqu'il se remémore les séances de chatouilles auxquelles il se livrait avec sa mère, et précise qu'elle avait un délicieux grain de beauté sur l'aine.) Le théâtre qu'elle régenta jadis, et dont son fils a hérité, est un véritable mausolée dédié à sa mémoire, une sorte de matrice funèbre dans laquelle Christopher se trouve sous la surveillance constante des effigies maternelles.


Maman très chère (portrait d'Amanda Gill)

 

Non moins encombrante et abusive apparaît la génitrice (Eileen Heckart) de l'inspecteur Morris Brummel, caricature de la mère juive, tantôt autoritaire, tantôt geignarde, constamment harassante, intarissable moulin à remontrances et à perfidies.

Les deux protagonistes centraux (et adversaires) du film possèdent donc une commune expérience de la tyrannie maternelle, à laquelle l'un et l'autre peinent à se soustraire.

Si Gill s'y emploie à travers le crime, Brummel n'a d'autre échappatoire que son travail – encore y est-il en butte aux sarcasmes de ses collègues, peu charitables envers ce « fils à maman », tandis que celle-ci lui reproche volontiers sa profession (un flic juif ! quelle trahison !)

Il semble avoir renoncé à toute liaison féminine (au grand dam de sa mère, qui estime qu'un homme de son âge « ne devrait plus avoir de boutons », et qui se montre avide de petits-enfants – bien que peu tentée par la perspective d'avoir une belle-fille...), jusqu'à ce qu'il rencontre Kate Palmer, une voisine de la première victime de Gill.

Pour autant, il n'est pas immédiatement conquis par cette demoiselle peu farouche et au caractère bien trempé. Selon la coutume hollywoodienne de l'époque, la volonté d'émancipation féminine est plus ou moins assimilée à une forme de nymphomanie (poses provocatrices de Kate, et répliques à double sens – désignant l'arme de Brummel, elle lui demande espièglement s'il « porte ce machin-là tout le temps », et s'il est un tireur d'élite), heureusement curable. En effet, la jeune femme ne tardera pas à corriger son comportement et à se racheter une conduite en acquérant un livre de cuisine juive, et en se mettant aux fourneaux pour plaire à l'élu de son cœur.

Sensible à ces attentions, l'inspecteur succombe, non sans maladresses et atermoiements, aux avances de Kate. Le couple légitime ainsi formé n'a plus qu'à éprouver sa solidité par le biais des épreuves amoureusement concoctées par un troisième larron (notre bon vieux « monstre queer ») : Christopher Gill, fermement décidé à conserver l'exclusivité des attentions du beau Brummel.

 

Diversion hétéro

 

Car, dans le cas du meurtrier, le coup de foudre éprouvé pour son poursuivant ne fait aucun doute.

C'est après avoir vu la photo de Brummel dans un journal que Gill décide de provoquer la police par une série d'appels téléphoniques moqueurs. Sans tarder, il demande à Brummel la permission de l'appeler Morris, puis "Momo". Désireux de briller à ses yeux, il ne peut tolérer que la paternité de ses crimes lui soient déniée, et se fâche tout rouge lorsqu'un innocent fait l'objet d'une arrestation.

Quand Brummel est destitué de l'enquête, Gill menace de multiplier ses exactions si son adversaire favori n'est pas immédiatement rétabli dans ses fonctions. « RÉINTEGREZ MORRIS ! », écrit-il au rouge à lèvres sur un miroir, dans la chambre de l'une de ses victimes.

La réaction de Brummel à ces avances est pour le moins embarrassée et contradictoire. Ce célibataire prolongé, couvé par sa mère et emprunté avec les femmes, est soudain confronté à son indécision sexuelle. La conscience de sa possible homosexualité lui inspire autant de répugnance que de désarroi. Lorsque le psychologue de la police lui demande quel effet lui fait l'inscription laissée par l'assassin : « Ça me dégoûte », répond-il. Puis enchaîne : « Quel effet ça vous ferait à vous ? » « a me dégoûterait aussi », assure le psy. Et Brummel de conclure, amèrement : « Bien sûr... C'est le mot juste... »

Néanmoins, quand sa mère veut savoir pourquoi il répond aux coups de fil du tueur : « Parce qu'il me plaît ! » lâche Brummel avec irritation.

 

Cri du cœur

 

Ses échanges téléphoniques avec le meurtrier ne laissent aucun doute quant à sa parfaite connaissance des sentiments qu'il inspire à ce dernier, et de l'homosexualité de Gill. Si le mot n'est jamais prononcé, Brummel évoque la question en termes assez peu mesurés : « Une pourriture... un cancer... un dépôt d'immondices... »

Lors de leur face à face, il demandera à Gill : « Votre mère savait-elle réellement ce que vous êtes ? » L'emploi du péjoratif "ce que" au lieu de "qui", renvoie Gill à sa condition de criminel d'une nature spécialement méprisable – pire que tueur de dames : pédé.

 

Coiffeur pour dames et refroidisseur de rombières,

six ans avant Vincent Price dans Théâtre de sang.

 

Gay, Christopher Gill l'est sans équivoque. Au-delà des codes propres au cinéma de l'époque pour dépeindre un homosexuel (célibat, goût pour les œuvres d'art et pour la théâtralité, intellectualisme, gestuelle affectée), Gill accumule les facteurs aggravants : il est affublé d'une mère dominatrice, est expert en travestissement, et n'hésite pas à prendre ouvertement la défense de ses congénères. Lorsque, déguisé en coiffeur gay, une vieille rombière l'accuse d'être homo, il lui rétorque du tac au tac : « Ça ne fait pas de moi un filou ! » (“It doesn't mean that you're a bad person” dans la VO). Cette petite phrase, que Rod Steiger énonce avec une évidente délectation, fut imposée par le comédien, qui, sentant la nécessité d'une réplique percutante à la saillie homophobe du personnage féminin, interrompit le tournage le temps d'en trouver une valable. Elle lui fut inspirée par un ami gay qu'il avait coutume de retrouver dans un bar fréquenté par des comédiens (anecdote relatée dans Rod Steiger – éd : Fromm International, New-York –, affectueuse monographie consacrée à l'acteur par son ami Tom Hutchinson.)

Frustré d'être constamment éconduit par l'inspecteur, Gill aura recours à ses deux déguisements les plus provocateurs pour accomplir ses derniers meurtres : l'uniforme d'un flic nommé... Morris Brummel, et la perruque défraîchie d'une femme d'âge mûr, soi-disant rescapée d'une agression de l'étrangleur. Ce faisant, il endosse les personnalités des deux objets de son obsession : son Momo, et sa maman.

Enfin, c'est Kate Palmer qu'il attaquera, dans une ultime tentative de susciter la rencontre tant attendue avec Brummel, tout en éliminant sa rivale.

«  Pourquoi moi ? » interrogera la jeune femme au moment critique.

La réponse de Gill sera aussi laconique que révélatrice : « Demandez-le à votre amant... »

 

Drag Steiger

 

Un peu oublié de nos jours (il demeure inédit en DVD zone 2, n'est jamais sorti en VHS, et ne fut que rarement diffusé à la télévision), Le Refroidisseur de dames mérite amplement d'être redécouvert, ne serait-ce que pour son caractère précurseur (le mélange d'humour décalé et de noirceur profonde n'était pas courant dans les thrillers de l'époque), son parfum (prégnant) de follitude, et la performance époustouflante de Rod Steiger – qui cita fréquemment le film parmi ses préférés.

Notons que le scénario de John Gay (!!!) est adapté d'un roman jadis publié dans la "Série Noire", Soyons Régence de Harry Longbaugh. Sous ce pseudonyme (qui est le véritable nom de Sundance Kid, bandit légendaire du Vieil Ouest) se cache William Goldman, romancier et scénariste fameux, auteur des scripts de Butch Cassidy et le Kid (une obsession, décidément...), Marathon man, et de trois adaptations de Stephen KING : Misery, Coeurs perdus en Atlantide, et Dreamcatcher.

Le réalisateur Jack Smight, lui aussi injustement négligé par les cinéphiles, signa la version la plus gay du roman de Mary Shelley : Frankenstein, the true story (sur un scénario de Christopher Isherwood), ainsi qu'une adaptation inégale mais passionnante de L'Homme tatoué de Ray Bradbury. Après Le Refroidisseur de dames, son second chef-d’œuvre est encore plus confidentiel : The Traveling executioner évoquait les déboires d'un « bourreau itinérant amoureux de sa chaise électrique » (dixit Coursodon et Tavernier). Smight dirigea également trois des plus célèbres icônes gays hollywoodiennes : Gloria Swanson (dans Airport 1975), Olivia DeHavilland (dans le premier téléfilm de l'actrice, The Screaming Woman), et Bette Davis (dans Partners in crime, téléfilm itou).

 

« Jusqu'à ce que la mort nous unisse » ?

(Rod Steiger et George Segal)

 

Lien :

Une critique (english language) sur l'excellent site DVDVerdict.

Par BBJane Hudson - Publié dans : LA CRYPTE AUX GAYS
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Dimanche 11 octobre 7 11 /10 /Oct 11:45
  
Visuel : (c) GayClic

Un "clash", à plus d'un titre...
Darling you gotta let me know, should I stay or should I go ?
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 11 octobre 7 11 /10 /Oct 11:42
  
Visuel : (c) GayClic

Tentative de viol, sauvetage in extremis, séjour à l'hôpital, dénonciation, coup monté... Un jour comme les autres à Oakdale. Part 2.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 11 octobre 7 11 /10 /Oct 11:40

« Toutes les filles me draguent, heureusement qu’elles ont des frères mignon, Dieu me pardonne ! » Bernard-Marie Koltès, Lettres (Editions de Minuit).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Dimanche 11 octobre 7 11 /10 /Oct 00:34
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Samedi 10 octobre 6 10 /10 /Oct 14:13


Fiche technique :
Avec Anthony Mackie, Roger Robinson, Larry Gilliard Jr.,Aunjanue Ellis, Duane Boutte, Daniel Sunjata, Alex Burns et Ray Ford. Réalisation : Rodney Evans. Scénario : Rodney Evans. Images : Harlan Bosmajian. Montage : Sabine Hoffman. Direction artistique : Claire Falkenberg. Son : Joshua Anderson.
Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :
Perry Williams (Anthony Mackie) est un jeune afro-américain étudiant en art à New York. Il a été chassé de la maison lorsque son père l’a découvert au lit avec un de ses camarades. Peintre talentueux, il expose déjà. Le succès frappe à sa porte, mais Perry craint de trahir son talent en le vendant au plus offrant. Pourtant sa vie est difficile entre le rejet de sa famille et la haine homophobe de certains de ses frères noirs. Il croit trouver l’amour dans les bras d’un de ses camarades blancs mais bientôt son amoureux le déçoit. Perdu entre deux communautés, il a des difficultés à affirmer ses choix. C'est alors que Perry rencontre Bruce Nugent (Roger Robinson), une légende vivante, qui fut un poète et peintre, connu durant « The Harlem Renaissance » dans les années 30, avec Langston Hughes, Zora Neale Hurston et Wallace Thurman. Bruce va raconter sa vie à Perry qui va apprendre que sa lutte n'est pas nouvelle...

 


L’avis de Bernard Alapetite :
Ils sont rares les films qui apportent autant de plaisir immédiat en sollicitant à la fois la sensibilité et la culture du spectateur, et qui surtout lui donnent envie de combler les béances de son savoir. C’est toute une histoire, tout un monde que laisse entrevoir Brother to brother. Il n’assène pas son savoir, il évoque, entrouvre des portes et incite à les franchir.
Evans nous brosse le tableau de la culture afro-américaine en privilégiant deux époques, les années 30 et les années 80, chacune personnifiée par deux hommes, Perry et Bruce qui vont se découvrir, s’aimer en actualisant les figures grecques de l’amour que sont l’érasme et l’éromène. Par le truchement des souvenirs de Bruce, nous sommes transportés dans la bohème artistique du Harlem des années folles. Evans tricote habilement les deux périodes qui se répondent grâce à un montage élégant. Il utilise la couleur pour la période moderne et le noir et blanc pour les souvenirs de jeunesse de Bruce, ce qui lui permet de mêler aux scènes jouées des documents d’époque sans graves hiatus. Il a également la bonne idée, pour faire un pont entre ces deux moments de l’histoire intellectuelle des noirs américains, de faire intervenir James Baldwin, figure emblématique de la lutte pour l’égalité raciale en Amérique durant les années 60 et 70.



Je ne peux qu’exhorter les lecteurs de Les Toiles Roses à bien sûr se précipiter sur ce film mais aussi d’aller voir du côté de James Baldwin qui apparaît dans le film. Il est à la fois, à mon sens, le plus grand écrivain noir américain et le plus grand écrivain gay de ce pays ; lire ses grands romans que sont Un Autre pays et L’homme qui meurt (chez Gallimard) est l’assurance, pour ceux qui les ignoraient, d’une grande découverte. L’extrait lu dans le film appartient à son essai de combat, La Prochaine fois le feu (Gallimard). Il y a quelques années, Arte a diffusé un excellent documentaire sur cet écrivain (petit appel au peuple, chers lecteurs, si vous avez ce film pensez à moi qui l’ai stupidement perdu et qui suis à la recherche d’une copie).
Le réalisateur faisant de Perry un jeune homme à la fois attiré par l’écriture et par la peinture a la bonne idée de faire référence aux écrivains de la culture noire américaine et n’oublie pas de mentionner ses plasticiens et en particulier la figure tragique de Basquiat auquel Schnabel a consacré un beau film, Basquiat (1996). Évocation ambiguë, car si Perry fait beaucoup penser au célèbre peintre, il a une attitude bien différente de son modèle face à la gloire et à l’argent. Il refuse de se faire récupérer par le monde du marché de l’art personnifié par un galliériste (blanc). Et qui prédit qu’il ne finira pas d’une overdose à 29 ans. Par cette scène c’est la compromission, la faiblesse de Basquiat que le réalisateur dénonce. Mais il est plus facile d’être incorruptible pour un être de fiction...



Le point de départ du film fut la découverte par le réalisateur d’une ancienne interview filmée de Bruce Nugent à la bibliothèque de Schomburg dans Harlem. Rodney Evans est alors fasciné par le personnage et frappé par la similitude des expériences du vieil artiste avec les siennes. Il tenait la colonne vertébrale de son film : les rapports entre deux artistes noirs et gays de générations différentes ; ce qui lui permettra de nous faire visiter cinquante ans de culture gay afro-américaine. La bonne idée est de matérialiser le lieu où se déroule ce transfert entre l’aîné et l’étudiant par l’hôtel – aujourd’hui abandonné – qui a été le centre, hier, de la communauté intellectuelle de Harlem. Les deux hommes nous y conduiront en un voyage à la fois réel et métaphorique.



Evans combine habilement les luttes du passé avec celles d’aujourd’hui, mettant en parallèle des scènes de manifestations du mouvement des droits civiques brutalement réprimées avec un défilé de la gay pride. Dans tout le film, la culture noire est vue dans un état constant de flux : pour Perry, le sexe est politique et sa croyance qu'il y a beaucoup de travail à faire au sein de la communauté noire le place comme une sorte de James Baldwin d’aujourd’hui. Si le personnage de Perry est largement autobiographique, il se nourrit aussi de la figure de Basquiat adroitement évoquée dans le film. Par l'intermédiaire de la relation de Perry avec Jim, Evans dénonce la fétichisation sexuelle dont seraient victimes les noirs de la part des blancs.
Au passage cette histoire, bouleversante et magnifiquement interprétée, nous montre combien les noirs persécutés dans un premier temps pour leur couleur peuvent aisément, sans aucun état d'âme, devenir à leur tour les bourreaux de leurs frères, simplement parce qu'ils n'ont pas la même sexualité qu'eux. Soit devenir racistes quand on est soi-même victime de racisme.


Evans revisite ici le passé et l’identité, souvent niée et réprimée par les noirs eux-mêmes, de la communauté black gay. D’abord documentariste, il a beaucoup travaillé sur les archives pour écrire son script. Il s’est aussi largement inspiré du livre autobiographique de Wallace Thurman. Le réalisateur évoque le processus de la construction de son scénario : « Le film dessine des parallèles entre la période de la jeunesse de Bruce et les luttes contemporaines de Perry, qui en tant que jeune, gay, artiste afro-américain doit s'attaquer aux problèmes semblables du racisme et de l’homophobie dans la culture actuelle. Le scénario a été conçu stylistiquement d’une manière qui se veut proche des traditions orales africaines, des méthodes, des modes employés pour passer les coutumes, les traditions et les expériences d'une génération à la suivante. Un autre aspect essentiel du scénario était que la forme devrait refléter la complexité de l'esprit de Bruce Nugent et sa capacité innée d'établir des rapports entre des idées et des événements apparemment disparates. »

Brother to Brother illustre un concept artistique qui me parait prometteur pour le cinéma de demain : le mélange d’images d’archive avec des scènes jouées. L’ouverture et la découverte de plus en plus de documents cinématographiques, ainsi que la possibilité que l’on a de les retravailler (voir King Kong et Ray par exemple) ouvrent des possibilités qui étaient jusque là autant insoupçonnées qu’inaccessibles. Néanmoins ce collage sera toujours délicat et il demande beaucoup de subtilité ; ici, Evans n’en a pas manqué comme n’en a pas manqué Stanley Kwan dans son Center Stage très proche par l’esprit et la facture de Brother to Brother.



Il aura fallu six ans au cinéaste pour venir à bout de son œuvre. Le financement en a été des plus difficiles. Pour tenter de rassembler les fonds pour un projet aussi ambitieux dont près de quarante pour cent se déroulait dans les années 30, Rodney Evans en a filmé quelques minutes avec tout l’argent qu’il avait de disponible. Il n’a pu continuer son tournage qu’un an plus tard. La plupart des comédiens, fidèles, l’avaient attendu. Le tournage fut ensuite bouclé en trente jours. Le film n’a pu exister que par la passion de l’équipe qui avait à cœur de faire connaître à leur communauté sa propre histoire à travers cette émouvante fiction.
Puisque l’éditeur français du DVD n’a pas cru bon d’y joindre la moindre notice biographique, je me permets de me substituer à lui, pour donner, au futur spectateur de cet indispensable film, quelques renseignements sur les protagonistes qui traversent cette histoire.
Il ne faut pas oublier tout d’abord qu’on ne comptait seulement en 1920 qu’une trentaine de romans américains écrits par des noirs.



Richard Bruce Nugent est né en 1906 dans une famille de la petite bourgeoisie noire établie à Washington. Sa mère était une pianiste accomplie tandis que son père était bagagiste chez Pullman. Nugent est allé à l’école publique puis au lycée réputé de Dunbar. Très jeune, il fréquente les salons d’artistes où il rencontre et se lie d’amitié avec Langston Hughes qui fait connaître sa poésie. Les deux hommes émigrent à New York où ils éditent la revue Fire, c’est à ce moment que nous faisons leur connaissance dans le film. Nugent était également un peintre et un illustrateur. Après la disparition de Fire, il continue à écrire et dessiner sous le pseudonyme de Richard Bruce afin d'éviter la désapprobation de sa famille. Il avait la réputation d’être un poète, vagabond et excentrique. Il est mort d’une crise cardiaque en 1987 à Hoboken, New Jersey.



Langston Hughes fut pendant longtemps la voix poétique la plus connue de l’Amérique noire. Il naît en 1902 dans le Missouri. Les déchirements de sa famille le conduisent dans l’Illinois. Il sera diplômé du lycée de Cleveland puis il fait divers métiers, dans la grande tradition américaine, marin, blanchisseur, aide-cuisinier qui le mènent d’Afrique en Europe, d’Amérique du sud au Mexique. Après avoir terminé ses humanités à l'université de Lincoln en Pennsylvanie, il s’installe à New York. Il devient une personnalité du Harlem littéraire. Il s’y lie d’amitié avec des auteurs tels que W.E.B. DuBois, Countee Cullen et James Weldon Johnson. Il publie son premier recueil de poésies en 1926, puis en 1930 son premier roman. Pendant les années 30, Hughes commence à écrire pour les publications de gauche, socialistes et pour un journal lié au parti communiste. Il participe, avec d’autres jeunes afro-américains, à un voyage en Union Soviétique. En 1942, Langston Hughes écrit régulièrement dans le Chicago Defender. Dans ces chroniques qui sont autant de prises de position politiques apparaît alors le personnage de Jesse B. Semple ou Simple qui devient l’un des personnages phares de son œuvre et qui est magistralement mis en scène dans L’Ingénu de Harlem (éditions La Découverte, 2003). Dans les années d’après-guerre, il écrit surtout pour le théâtre ainsi que des lyriques de comédies musicales qui connaissent un certain succès. Il n’abandonne pas pour autant la poésie (Les Grandes Profondeurs, éd: Pierre Seghers, 1947). Il continuera à en écrire jusqu’à sa mort, d’un cancer en 1967. Ses cendres ont été dispersées à proximité du Centre Arthur Schomberg pour la Recherche sur la Culture Noire situé à Harlem.
Les goûts sexuels de Langston ont longtemps été discutés. Était-il homosexuel ? Il est communément admis aujourd'hui par ses biographes que nombreux sont ses poèmes qui « trahissent » une homosexualité évidente, de la même manière qu'un autre poète américain, Walt Whitman. 



Zora Neale Hurston naît en 1891 à Notasulga, Alabama. Elle grandit à Eatonville, Floride, où son père est pasteur. Quand sa mère meurt, en 1904, elle est envoyée à Jacksonville pour vivre avec sa sœur. Elle y travaille comme blanchisseuse afin de se payer des cours du soir. Elle reçoit un diplôme de fin d’études du lycée en 1918. Elle migre à Washington où elle suit des cours à l’université. Elle publie ses premières nouvelles et ses débuts poétiques dans la revue de l’université. En 1925, Hurston se déplace à New York City. Elle s'inscrit à l’université de Bernard. Elle publie dans des magazines des nouvelles qui connaissent un certain succès. Elle devient membre avec Langston Hughes, Bruce Nugent, Wallace Thurman, Aaron Douglas et Gwendolyn Bennett, du groupe d'auteurs, d'artistes et de musiciens qui publie Fire, revue phare de la « Renaissance de Harlem ». À la fin des années 20 et au début des années 30, elle voyage en Floride et aux Bahamas faisant des recherches anthropologiques et découvrant les liens entre le folklore américain et celui des caraïbéens d’origine africaine. Les échos de ses recherches sont présents dans les quatre romans qu’elle publie entre 1934 et 1948. Une Femme noire (édition le castor astral, 2005), paru en 1937, est l’œuvre majeure de Zora Neale Hurston, livre auquel se réfèrent toujours des romancières comme Toni Morrison ou Paule Marshall. Il s’agit du premier roman explicitement féministe de la littérature afro-américaine. Cependant elle est attaquée et mal comprise, à cause de l’usage du langage argotique et dialectal dans ses romans ainsi que pour ses vues sur l'intégration. Vers 1950, ne pouvant plus vivre de sa plume, Hurston retourne dans le sud. Elle subsiste en faisant les tâches les plus ingrates. Elle meurt en 1960 dans la misère et est enterrée à la fosse commune. Son œuvre est redécouverte dans les années 80 à la suite de la réédition de son autobiographie, Des Pas dans la poussière (édition de l’Aube, 2006).



Wallace Thurman est né à Salt Lake City, Utah en 1902. Il vient à Harlem en 1925 après avoir terminé ses études à l'université de Californie du sud. En 1926, il devient rédacteur pour le Messager et pour Fire. Il est l’auteur de deux romans, qui connaissent la notoriété, parus en 1929 et 1930. Ils ont pour cadre le milieu des artistes de Harlem. En 1934, il meurt de la tuberculose aggravée par alcoolisme, à l'âge de 32 ans.

Ce petit pensum devrait tout même être bien utile pour savoir qui est qui dans ce film ! Un film qui est logiquement plus abordable immédiatement par un noir américain que par un français… ce que n’a pas compris l’éditeur du DVD français, mais peut-être n’a-t-il pas vu le même film ? Il n’a certainement pas vérifié son DVD non plus car lorsque l’on clique, dans le très beau menu, sur « scènes coupées », on arrive en plein milieu du film, mais pas l’ombre d’une scène supplémentaire ! Si vous maîtrisez très bien l’américain ou que vous voulez voir ces fameuses scènes manquantes, je vous conseille l’édition américaine dans laquelle vous découvrirez en plus le commentaire du réalisateur et d’Anthony Mackie, ainsi qu’une interview de Rodney Evans.
Ce grand petit film, est grand parce qu’il sait convoquer, évoquer, suggérer les multiples facettes de l’art, qui n’est que l’excellence du dire et du faire. Il faut souhaiter que de plus en plus de films s’ouvrent aux autres modes d’expression : peinture, sculpture, littérature, poésie, chanson, musique... Ce qui devrait devenir plus fréquent avec le mélange des sources, direction qui ne peut être que le futur du cinéma. Trop de cinéastes, en particulier en France, n’ont comme référence que le cinéma, ne se nourrissent que de lui, faisant de leur pratique un art anthropophage, de plus en plus exsangue au fur et à mesure que les provisions référentielles sont dévorées. Pourtant le cinéma est le médium qui peut fondre tout les autres dans son creuset en une merveilleuse alchimie. Mais pour cela peut-être faudrait-il que les doctes enseignants du cinématographe ne soient pas seulement des rats (j’ai une grande tendresse pour ces petites bêtes) de cinémathèque... Mais humbles blogueurs, mes frères, nobles critiques, mes cousins, si vous commenciez, lorsque vous nous parlez de cinéma, par ne pas prendre toutes vos références seulement chez les Bergman, Oliver Stone, Romero, Godard, Spielberg... si vous regardiez du côté de la littérature, de la peinture, de la bande dessinée... et puis si ouvriez votre fenêtre, vous verriez que ce que vous voyez c’est aussi une image…

Brother to Brother a été récompensé lors de nombreux festivals : Philadelphia International Gay and Lesbian Film, Los Angeles Gay and Lesbian Film Festival Outfest, Sundance 2004…
Le premier long métrage de Rodney Evans est un des films gays les plus intelligents que l’on puisse voir. À la fois fiction et documentaire, il fait le parallèle entre le New York des années 80 et celui des années 30, habilement mis en scène, magnifiquement interprété. Cette évocation émouvante, mais non dénuée d’humour, fait découvrir tout un univers et il nous montre les difficultés à être noir et homosexuel… quelle que soit l'époque.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 10 octobre 6 10 /10 /Oct 11:47
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 10 octobre 6 10 /10 /Oct 11:45
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
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Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 16:29

XYR

« (…) D'abord, je me marre en lisant le président du Paris Foot Gay. "On s'appelle Machin Truc Gay mais on n'est pas communautariste nous ! et puis les Arabes ils sont victimes de racisme d'habitude, j'comprends pas comment ils peuvent être méchants ! C'est pas gentil ! On va porter plainte pour racisme moi et mes potes de la Licra !". L'ordure hypocrite, le connard dégénéré et enfin le petit flic : un condensé de merde tellement ridicule qu'il en devient amusant. Ce genre de faits divers va se multiplier : musulmans contre gays, victimes contre victimes, le camp de la tolérance n'a pas de blanc catho-nazi comme coupable systématique à portée de main, ça se prend les pieds dans le tapis et ça promet de grands moments de rigolade, certainement les heures les plus drôles de notre histoire.

Ensuite je me délecte. Voir ces pourritures antiracistes devenir les victimes de l'islamisation de l'Europe dont ils sont eux-mêmes les responsables, c'est juste délicieux. Et le festin atteindra son apogée lorsque ces pédales se feront lyncher tous les jours dans la France devenue majoritairement musulmane et qu'ils continueront de dire "Ah bah j'comprends pô !". Miam.

Pour finir, et c'est là l'essentiel, je me dis que ça doit quand-même être difficile pour un homme hétéro d'assumer le fait de jouer au Paris Foot Gay : serrer les fesses dans les douches après chaque match, faire face à sa femme le soir... » Blog de XYR, billet intitulé « Ma chérie, je suis titulaire au Paris Foot Gay », 6 octobre 2009.

 

[Vous êtes, bien entendu, libres de signaler ce blog à la plateforme qui l'héberge ou de relayer la charmante prose de cette délicate personne. Pour ce qui est de la médiatisation, nous nous en chargeons. Cette personne vient de gagner son quart d'heure de célébrité. Je vous incite à lire le reste du blog de cet individu (finalement "personne", ça fait trop humain) : c'est à vomir... La bête immonde est TOUJOURS parmi nous...]

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 11:55

Deux supporters hétéros de football discutent de l’au-delà : ils se demandent s’il y a des terrains de foot au paradis. Ils décident donc que le premier d’entre eux qui mourra apparaîtra en rêve au second et l’informera de ce qu’il en est…
Le jour arrive où le premier meurt. Comme promis, il apparait dans le sommeil de son ami, et lui dit :
— J’ai trois nouvelles pour toi : une bonne et deux mauvaises. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a du football là-haut, et les mauvaises, c’est que l'équipe s'appelle le Paradis Foot Gay et que tu es sélectionné pour le match de mardi.


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 11:16

Le blog Les Toiles Roses apporte son total soutien au club du Paris Foot Gay, aux joueurs, aux dirigeants et à Brahim Naït-Balk. En souhaitant que le club de Créteil Bébel soit sanctionné à la mesure du délit, celui engendré par un homme seul qui ne mérite pas d'obtenir une licence sportive.








Chronique de Guy Carlier, ce matin, sur Europe 1 :
http://www.europe1.fr/Radio/Videos-podcast/Douche-froide/Quand-le-foot-passe-du-cote-obscur

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 5 octobre 1 05 /10 /Oct 16:12

Au moment de la fermeture, un homme pénètre dans un bar gay très réputé dans le but de dérober les recettes de la soirée.

— FILE-MOI LA CAISSE ! hurle-t-il au barman en lui braquant un 44 Magnum sous le nez.

— Tout ce que vous voudrez, lui répond le barman apeuré, mais ne tirez pas !

— TOUT ce que je veux ? Eh ben alors, tu me feras une pipe en plus !

— D... de... D'accord... bredouille le barman en baissant la braguette de son agresseur.

En quelques instants, le braqueur est tellement excité qu'il en laisse tomber son arme.

Aussitôt, le barman la ramasse... et la remet dans la main du braqueur en disant :

— Reprenez-le s'il vous plait, un de mes petits amis pourrait entrer.


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Lundi 5 octobre 1 05 /10 /Oct 15:45

Ça glisse au pays des merveilles

par Virgile de  Ad Virgilium




Je découvre à l'occasion d'une discussion sur twitter qu'il existe encore des copines qui ne connaissent pas l'existence du lubrifiant au silicone. Et là, moi j'ouvre des yeux ronds comme des cock-rings, je prends la pose théière et je vous dis avec la voix qui monte de trois octaves : m'enfin les filles ? Vous avez vécu dans une caverne depuis votre puberté ? Vous êtes puceaux ? Vous avez raté votre diplôme de pédé parce que vous aviez tout misé sur les fringues et pas de chance c'est le cul qui est tombé à l'examen ? Heureusement, tonton Virgile est là qui va révolutionner votre vie sexuelle.

Le silicone est à la lubrification anale ce que la Rolls Royce est à la voiture : ça coûte un peu plus cher, mais au niveau confort et sensations, c'est incomparable. L'essayer, c'est l'adopter définitivement. Impossible de revenir en arrière - ça glisse trop. D'ailleurs, pas plus tard qu'il y a quelques semaines, je suis allé chez un gars qui n'en avait pas et qui m'a ressorti son bon vieux gel classique acheté au supermarché du coin ; ça m'a carrément fait mal au cul, au sens propre comme au figuré.

Mais voyons tout de suite les avantages du silicone.


  • La consistance ressemble davantage à de l'huile qu'à du gel. Ça coule tout seul, il est donc très facile de s'en enduire uniformément la queue - préalablement emballée dans un préservatif, cela va sans dire. Si l'on veut obtenir le même genre d'application généreuse avec du gel classique, il faut rajouter quelques gouttes d'eau ; ce n'est pas insurmontable mais assez peu pratique tout de même quand on est au lit. Quand on n'a pas une érection super rigide, avoir dès le départ une lubrification uniforme sur toute la longueur, ça fait une grosse différence au moment de l'introduction.

  • Là où le gel classique est soit trop glissant soit trop collant suivant le dosage, la température, l'humidité ambiante, la phase de la Lune et l'humeur de la voisine, le silicone lubrifie. Tout simplement. Ni trop, ni trop peu. En terme de confort et de sensations, ça change tout. Enfin surtout quand on est actif.

  • Alors que le gel classique se transforme en colle pâteuse au bout de dix minutes, le silicone conserve ses propriétés indéfiniment ou en tout cas, bien assez longtemps d'après mon expérience personnelle. Indépendamment de toute autre considération, c'est la raison number one de jeter son vieux gel à la poubelle et de passer au silicone. Enfin surtout quand on est passif, qu'on a un mari endurant et qu'on tient à son derrière.

Mais même au pays des pédés, tout n'est pas rose. Le lubrifiant au silicone présente aussi des inconvénients.


  • Il est cher (compter au moins 10 € le petit flacon riquiqui) et on ne le trouve pas en supermarché. Il faut aller dans un sex-shop ou bien le commander sur internet. Personnellement, je prends celui-ci mais les commentaires sont ouverts aux suggestions si vous connaissez une meilleure marque.

  • Contrairement au gel classique, il ne part pas facilement d'un coup de flotte. Même après la douche, il reste une curieuse sensation grasse sur la peau, un peu comme si vous étiez tombé dans un bac de crème en visitant une usine Nivéa. On peut aimer, ou pas. De même, si vous en étalez sur les draps (ce qui est difficile à éviter en pratique), vous pouvez les changer après votre nuit de folie, parce que ça ne risque pas de s'évaporer tout seul.

Précisons pour finir que le silicone est compatible avec les préservatifs et ne présente pas de risque sanitaire (c'est le même produit qui est utilisé pour lubrifier les endoscopes que les toubibs adorent vous enfiler dans le gosier ou dans le derrière).

Le silicone n'est pas la panacée universelle, bien sûr. Personnellement, je le réserve à la sodomie où ses propriétés font merveilles, et j'utilise plutôt le gel classique pour les jeux érotiques genre massages, masturbations et œufs Tenga, principalement parce que ça se nettoie facilement et que ça ne tache pas trop les draps. Mais dans ce domaine plus que dans tout autre, de gustibus et coloribus non disputandum et que chacun s'éclate comme il veut !

(Même pas honte pour le titre.)

Par Virgile - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 12:11

Quel est le comble de la confusion ?

— Vingt lesbiennes aveugles devant un étal de poissonnier…


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 12:08
  
Visuel : (c) GayClic

Tentative de viol, sauvetage in extremis, séjour à l'hôpital, dénonciation, coup monté... Un jour comme les autres à Oakdale.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 12:04
  
Visuel : (c) GayClic

Revoilà Riri, Fifi et Loulou (alias Alison, Casey et Jade) qui entre deux "je t'aime moi non plus" tentent de retrouver leurs amis Luke & Noah, bien mal en point... Part 3.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 12:01

Un avion qui survolait l'océan se crashe et sept passagers survivent. Parmi les survivants se trouvent six nanas et un mec. Très vite, il est décidé que chacune leur tour, elles coucheront avec le gars un jour de la semaine, et que celui-ci aurait son dimanche de libre et de repos.

Mais, au bout de quelque temps, bien que les femmes soient super belles, le gars finit par se lasser, car en plus, après seulement une semaine d'abstinence, les nanas sont en manque de sexe et le vide impitoyablement. Un beau jour, un autre crash d'avion survient et le mec accourt pour secourir les survivants. Il voit un type nager jusqu'à l'île, et l'aide à rejoindre le rivage, alors le nouveau naufragé déclare :

— Oh my God ! Comme c'est chou ici !!!

« Merde ! se dit l'autre. Voilà mon dimanche de foutu !!! »


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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