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Samedi 24 octobre 6 24 /10 /Oct 08:14
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 24 octobre 6 24 /10 /Oct 08:12
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

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Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 23 octobre 5 23 /10 /Oct 00:22


Fiche technique :
Avec Rupert Everett, Colin Firth, Michael Jenn, Robert Addie, Rupert Wainwright, Tristan Oliver, Cary Elwes et Frederi
ck Alexander. Réalisé par Marek Kanievska. Scénario de Julian Mitchell. Directeur de la photographie : Peter Biziou. Compositeur : Michael Storey.
Durée : 90 mn. Disponible en VO, VOST et VF.




L'avis de Jean Yves :
Amitiés particulières. Another Country est exclusivement un film de garçons. De beaux garçons, du meilleur style BCBG. Vous verrez apparaître seulement deux femmes dans ce long-métrage de l'anglo-polonais Marek Kanievska, et fort rapidement.

 


On nous emmène d'abord à Moscou, de nos jours, dans l'appartement très simple d'un vieil homosexuel anglais au faciès ratatiné : une journaliste américaine est venue lui demander pourquoi, dans les années 30, il a décidé de devenir un espion à la solde des Russes.
Retour en arrière : dans une des public school les plus huppées du pays. On pénètre dans un univers totalement clos, régi par un code particulier d'inspiration militariste, avec sa hiérarchie rigide réglée selon l'âge et la valeur des étudiants. Derrière cette façade où se manifestent le goût pour l'apparat et le formalisme, cette communauté d'enfants, d'adolescents et, déjà, de jeunes hommes de bonne famille se livre à une vie souterraine : c'est le domaine du cœur, du sexe et des passions.

 


Tout est permis pourvu qu'on ne laisse à personne la possibilité de vous confondre, de dévoiler officiellement, preuve à l'appui, vos turpitudes : c'est le risque de l'aventure, et il peut être grave, car la publicité d'une liaison homosexuelle dans le collège entraînera l'humiliation pour le malheureux imprudent. Revers hypocrite et perfide du clinquant solennel et de ses apparences, trompeuses bien sûr, de loyauté et d'honneur.

 


Le jeune Guy Bennett (Rupert Everett) fera les frais de ce système. Amoureux d'un beau blond qu'il parvient à séduire, mais trop peu discret et trop sûr de lui, il découvrira à la faveur d'une rivalité pour le poste le plus élevé de la hiérarchie étudiante dans le collège, le vrai visage de ses « amis ». Seul le séduisant Judd (Colin Firth), marxiste convaincu (mais hétéro à 100 %) se montrera loyal envers lui à l'heure du scandale. Deux marginalités se rejoignent face au consensus, sauf que Judd est toujours demeuré un marginal respecté de tous ; être communiste paraissait original mais pas infamant, contrairement à l'homosexualité, répandue mais méprisable dès qu'elle franchissait le seuil de la confidence. On comprend alors que Guy, écœuré par un système qui l'a trahi, trahira à son tour en faveur d'un idéal qu'il croyait meilleur pour l'homme.

 


 

Par-delà ce canevas, le film de Marek Kanievska est très riche en situations et en connotations qui restituent admirablement le cadre assez unique de ces institutions masculines prestigieuses de la grande Angleterre.
La mise en scène d'Another Country est à la hauteur du sujet et de la qualité des dialogues, la caméra saisissant intensément tous ces jeux de regards entre garçons et sachant restituer un climat chargé de sexualité.

 


L’avis de Gui :
Lorsque l'ancien espion britannique Guy Bennett est interviewé à l'automne de sa vie, il explique les motivations qui l'ont poussé à renier sa patrie pour s'exiler en U.R.S.S. Tout vient de l'éducation stricte et étouffante qu'il a reçue dans un lycée privé...

 


Rejoignant l'étroite catégorie de films dont Le Cercle Des Poètes Disparus et Le Club Des Empereurs sont les plus connus, pour son cadre de lycée british chic, Another Country met l'accent sur un sujet tabou qui n'a cessé d'ébranler les mentalités des têtes pensantes d'institutions à notoriété depuis la nuit des temps... à savoir : l'homosexualité. Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Julian Mitchell, Another Country se veut être une œuvre qui contribue à un certain nombre de prises de conscience. L'homosexualité existe et a toujours existé dans les milieux non mixtes.

 


Et aussi pédants, sérieux et passionnés par leur enseignement que soient les élèves, il leur arrive d'être attirés par des membres du même sexe, et d'en tomber fou amoureux. C'est donc avec autant de mise en scène et de longs dialogues métaphysiques (que dans une pièce de théâtre) que s'écoule la bobine, ne divulguant quasiment rien d'autre que ses trois acteurs principaux. Le résultat est effroyablement lent, ennuyeux, et ne doit sa réputation qu'à la présence en tête d'affiche de Rupert Everett (Dellamorte Dellamore) et Colin Firth (La Jeune fille à la perle) dans son tout premier rôle.
Pour plus d’informations :

Par Jean Yves & Gui - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 20 octobre 2 20 /10 /Oct 09:37

« Cette ambiguïté me suit depuis longtemps, alors autant ne pas cacher les choses, ne pas jouer à être quelqu’un d’autre. » Emmanuel Moire, interview accordée au journal Le Parisien en avril 2009.

« L'homosexualité fait partie de ma vie. Être gay n'est pas un choix, c'est une question d'acceptation. Il m'a fallu du temps. J'ai dû apprendre à écouter mes désirs profonds et à surmonter mes peurs, à faire abstraction des autres, de la société, de la religion. (…) Ce n'est pas le fait de dire (que je suis gay), de formuler qui me paraît essentiel. Mais d'accepter et de pouvoir vivre ma sexualité en toute liberté. Mon équilibre est de ne plus me sentir obligé de simuler. Je veux en finir avec les non-dits. Quelle perte de temps ! Je n'ai pas le sentiment de faire partie d'une communauté. Cela ne m'empêche pas de fréquenter les bars gays, de me sentir impliqué aussi... J'aspire à une vie normale, discrète (...) Je suis en paix avec moi-même. Se battre pour les droits gays ne sera jamais vieux jeu. (...) Dire des choses et s'assumer c'est se faire confiance, c'est gagner ! Il n'est jamais trop tard pour devenir soi... » Emmanuel Moire, Têtu, novembre 2009.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 19 octobre 1 19 /10 /Oct 15:05

L'histoire se passe dans un collège privé de garçons. Les élèves d'une classe vont tous se confesser. Le premier avoue au prêtre :

— Mon père, j'ai péché : j'ai couché avec Dominique.

L'élève s'en tire avec 25 Ave Maria. Le second se pointe et annonce au prêtre :

— Mon père, j'ai péché : j'ai couché avec Dominique.

Et ainsi de suite, tous les élèves avouent avoir couché avec Dominique. Le dernier garçon arrive, le prêtre lui demande :

— J'imagine que toi aussi tu as couché avec Dominique ?

— Non mon père, Dominique c'est moi…


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Lundi 19 octobre 1 19 /10 /Oct 03:00


Fiche technique :
Avec Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt, Bill Sage, Elisabeth Shue, Michelle Trachtenberg, Chase Ellison, George Webster, Mary Lynn Rajskub, Jeffrey Licon, Lisa Long, Kelly Kruger et Billy Drago. Réalisé par Gregg Araki. Scénario de Gregg Araki, d’après le roman de Scott Heim. Directeur de la photographie : Steve Gainer. Compositeur : Robin Guthrie.
Durée : 99 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

 


Résumé :
À huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Sa vie change complètement après cet incident : peur du noir, cauchemars, évanouissements...
Dix ans plus tard, il est certain d'avoir été enlevé par des extraterrestres et pense que seul Neil Mc Cormick pourrait avoir la clé de l'énigme. Ce dernier est un outsider à la beauté du diable, une petite frappe dont tout le monde tombe amoureux mais qui ne s'attache à personne.
Il regrette encore la relation qu'il avait établie avec son coach de baseball quand il avait huit ans. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer le mystère qui les empêche de vivre.


L'avis de Mérovingien02 :
Gregg Araki a beau être un cinéaste doué et majeur du circuit indépendant, ses films ne parvenaient pas vraiment à se sortir de la case « gay branchos MTV sur la jeunesse qui se la joue faussement paumée ». Son esthétique soignée n'empêchait pas des débordements trashs certes plaisants mais révélant un cinéaste nihiliste au possible, bien que passionnant. Chose nouvelle : pour une fois, le scénario est tiré d'un livre et le sujet sensible marque d'emblée une orientation plus adulte et mature.
Et ça paye. Comme s'il était obligé de canaliser ses ardeurs déviantes, Araki fait preuve d'une plus grande rigueur, montre une vraie sensibilité (à ne pas confondre avec sensiblerie) et au final, livre son métrage le plus abouti et le plus mature, partant pourtant sur une base similaire à tous ses autres opus (l'adolescence perdue). Le thème délicat sera traité de la même manière : avec délicatesse, sans tomber dans le pathos ni la diabolisation à outrance. Ou comment deux gamins abusés sexuellement vont gérer de leur propre manière le trauma. On ne se place pas du côté du bourreau et encore moins du côté des ligues de vertu prêtes à bondir pour dire que la pédophilie, c'est maaaaaaaaaaaaaaaaaaal. Non, Araki choisit le regard sans complaisance des victimes, offrant deux facettes d'une même personne (la victime de pédophilie) par l'intermédiaire de Neil, adolescent extraverti et Brian, adolescent introverti. Deux individus pour renforcer l'ambiguïté des relations avec le bourreau.


Le film se déroule sur une longue période, narré par les voix-off évoquant les tourments des héros. Selon que l'on passe sur Brian ou Neil, le traitement graphique sera différent. Pour Brian, le trauma (qui ne sera explicite qu'à la fin du récit) se manifeste par des trous noirs, comme une plongée dans la quatrième dimension. Pour fuir ses démons, l'enfant à lunettes se construit un délire où des extraterrestres (réminiscence du Nowhere d'Araki et annonçant déjà son prochain métrage de SF, CrEEEEps !). À grands coups de merveilleux, de mystère OVNI et d'expériences sortis des X Files, l'enfant assimile le viol de son corps mais aussi de son âme (voir son regard vide du début à la fin) à des expériences inconnues qui laissent des cicatrices non visibles dans son nez, là où une femme porte une marque sur la hanche. L'individu qui va le souiller n'a pas de visage dans un premier temps. Il n'est qu'une forme longiligne, floue, semblable à un OVNI, vision étrange causée par une perte des lunettes qui modifie par la même occasion le regard sur le monde. Le sexe, pour l'enfant, est comme un vaisseau spatial qui survole sa maison : un monde inconnu. Un monde étrange nimbé de lumière bleutée, renvoyant aussi à la couleur associée aux garçons et dans lequel il est seul, ne parvenant même plus à assouvir ses désirs sexuels lorsqu'une fille se présente à lui.


En contrepoint, Araki pose la figure de Neil. Contrairement à l'autre, il n'est pas à première vue mal dans sa peau. Il n'est pas celui qui va se refermer sur lui-même mais plutôt celui qui va se révéler à lui-même. Précoce, le gamin va découvrir sa sexualité avec son entraîneur de baseball (le viril à tomber Bill Sage) et s'assumer. La relation qui le lie à l'entraîneur est bien entendu malsaine mais Araki évite l'aspect choc pour mieux déranger. Car Neil, à l'inverse de Brian, vit très bien cette relation. S'il va de soi que l'enfant est manipulé par un homme bien plus détraqué que l'on croit (d'amour pédophile, il se révèle être encore plus détraqué, demandant carrément à être fisté par les enfants contre de l'argent), on s'aperçoit néanmoins que l'enfant aime encore plus son bourreau.
Victime consentante, Araki ne peut s'empêcher de mettre le doigt là où ça dérange en adoptant le point de vue de l'enfant pour qui l'abus sexuel est vécu comme un jeu et une source de plaisir. La question n'est pas de savoir si l'entraîneur est amoureux de l'enfant (la réponse est des plus évidente) mais bien de voir si le gamin n'est pas lui aussi attaché à l'adulte. C'est finalement ça le plus dérangeant dans le film : le fait qu'un jeune gamin très précoce soit aussi attaché à un homme qui le manipule. Car au final, le gamin ne retient pas tant les jeux sexuels auxquels il s'est adonné avec plaisir (entraînant même d'autres enfants) que les moments de joie où les céréales pleuvent sur lui.



On pourra ensuite à loisir disserter sur le fait que cette expérience sexuelle précoce a complètement transformé Neil, faisant de lui un tapineur autodestructeur pris dans une spirale. Mais on pourra également se demander si ce n'est pas le fait que son histoire n'ait pas duré qui l'a mené à s'autodétruire, l'entraîneur ayant disparu (parti ? en prison ? le film ne le précise pas, pour mieux laisser libre cours aux interprétations). D'ailleurs, des propos même d'Araki, Mysterious Skin est une histoire d'amour. Et c'est finalement ça qui semble déranger : le fait qu'un gamin abusé puisse être heureux et amoureux avant l'âge. Polémique en vue.
Il serait d'ailleurs trop facile de dire que parce que Neil est abusé, il va forcément se mettre à tapiner. Bien entendu, le sexe et les jeux de l'enfance sont étroitement liés dans son esprit, au point de fixer des rendez-vous aux hommes dans un parc à enfants. Mais on oublierait alors qu'il y a des clients pour Neil, des clients qu'il s'est déjà tous fait deux fois dans son bled. Ces clients ont-ils aussi leur propre histoire ? Sont-ils tous tellement en manque de sexe qu'ils doivent forcément aller voir Neil ? Et Neil ne prend-il finalement pas du plaisir à s'envoyer en l'air avec tous ces hommes en dépit des risques de mort qu'on lui martèle et dont il se moque (on ignore même s'il va se prendre en main après le film) ? Il le dit lui-même : « ce qui est arrivé cet été-là fait partie de moi ».


Il ne dit pas que c'est ce qui a fait l'homme qu'il est devenu. Si cette accumulation de queues sert à brosser le tableau d'une société à la dérive, allant crescendo dans les délires sexuels et les dangers encourus (bleus, morpions, sida, viol... Araki, t'étais peut-être pas obligé de surligner le message à ce point !), elle permet surtout de représenter l'homme comme un être déviant et perdu. Que ce soit le père absent auquel l'entraîneur se substitue ou le malade du sida qui ne cherche qu'un contact humain, le mec viril qui ne cherche qu'à se faire prendre comme une salope ou au contraire le type ultra violent qui confond fantasme avec réalité. Une vraie galerie de détraqués, heureusement nuancée par le final onirique en forme de retour à l'innocence (chant de Noël à l'appui). L'homme n'est finalement pas si perdu que ça, pouvant d'ailleurs compter sur le soutien d'une fille et d'un ami gay très efféminé. Si la génération adulte n'est pas capable de transmettre quoique ce soit à ses enfants, les enfants doivent se serrer les coudes pour ne pas suivre le même chemin (la neige tombe d'ailleurs lorsque Neil est avec Wendy, campée d'ailleurs par la toujours aussi craquante Michelle Trachtenberg).


Assez proche de Larry Clark et de son Ken Park, Gregg Araki livre un film touchant avec ses thèmes de prédilection, tout en délaissant ses tics habituels. Son film est beau sans être aussi voyeuriste qu'avant (le scène de viol est tout sauf esthétique), dur sans être trashouille, pop sans être MTVisé. Et comme souvent chez Araki, le film est désespéré, les deux jeunes ne pouvant plus que disparaître du monde (la caméra s'éloignant et les faisant s'effacer dans le noir), ne saisissant la gravité de ce qui leur est arrivé que trop tard, ayant vécu une chose que le monde extérieur ne peut comprendre.


L'avis de Matoo :
Inévitablement, j’ai pensé au film L.I.E. qui avait traité avec une incroyable justesse et sobriété le thème de la pédophilie (et avec un scénario relativement proche). Avec un Gregg Araki qui ne fait jamais dans la dentelle, et que j’adore depuis Doom Generation (et Nowhere), on obtient un film à la crudité parfois embarrassante et troublante, mais qui réussit à évoquer le parcours de deux victimes de la pédophilie sans voyeurisme ni commisération.


Le film est beaucoup moins trash et fantasmagorique que les opus précédents, par contre on retrouve une manière de tourner aussi talentueuse et une superbe photographie. Il met vraiment une attention particulière (et particulièrement réussie) dans la manière de filmer les visages de ses comédiens. Les couleurs aussi sont tout à fait du registre classique de cet auteur singulier : les visages illuminés, les lumières blanches projetées, les halos bleuâtres, les couleurs acidulées, les ambiances gothiques, etc.
Dans le fond, malgré quelques petites pépites oniriques, l’histoire est simple, linéaire et concentrée. On suit les destinées de deux gamins sur une dizaine d’années. Tout commence un été de 1981, ils ont alors 8 ans. Brian reprend conscience dans sa cave, il saigne du nez, cinq heures ont été complètement annihilées de sa mémoire. Neil dans le même temps, un gamin élevé par une mère célibataire libérée, découvre le base-ball avec un entraîneur pour qui il ressent un certain désir. Ce coach se révèle être pédophile et abuse régulièrement de l’enfant. Brian et Neil font partie de la même équipe de base-ball.


Le film déroule alors les quelques années d’apprentissage pour ces deux garçons qui ont des vies diamétralement opposées. Dix ans après cet été de 81, Neil est un mec paumé qui se prostitue avec tout ce qui bouge, tandis que Brian reste obnubilé par ses amnésies et finit par croire qu’il a été victime d’un enlèvement par des extraterrestres. Néanmoins, il a la vision rémanente d’un enfant dans ses souvenirs, qu’il reconnaît comme étant un des enfants avec qui il jouait au base-ball. Il s’agit de Neil qu’il tente alors de retrouver, car il pense que ce dernier a du aussi subir ce kidnapping.
Brian va peu à peu recouvrer la mémoire, grâce à Neil qu’il arrive enfin à retrouver. Ce qui est révélé à Brian est un secret de Polichinelle pour le spectateur, qui comprend dès les premières images que l’enfant a aussi été abusé par le coach. Araki met donc en scène deux manières radicalement différentes de survivre à des abus pédophiles à travers ces deux victimes, dont les personnalités et les types de réactions varient du tout au tout.
Le scénario prend toute sa valeur et son ampleur, car ce n’est pas seulement l’image évidente de l’enfant victime et « en souffrance ». Il s’agit de Neil qui a été abusé dans ses sentiments « amoureux » et son affection envers cet homme, et qui s’est retrouvé à avoir des rapports sexuels presque « consentants ». Brian, lui, a été complètement floué par des stratagèmes qui ont mis en scène Neil (le « rabatteur »), et a subi un choc tellement traumatique lors de ces attouchements, qu’il a tout refoulé et a « oublié » ce qui s’était passé.
 

Pour les deux, le pédophile a été une bombe dans leur développement. Neil est devenu un être presque incapable d’émotion, qui trouve dans la prostitution un moyen d’assumer sa sexualité et les névroses générées par une pareille expérience. Il dit même avec certitude que le coach est la seule personne qui l’a vraiment aimé de toute sa vie. Brian apparaît comme asexué et perturbé, et encore plus touché qu’il ignore les raisons tangibles de son déséquilibre et de ses failles.
Araki filme les visages des enfants avec cette habilité qu’il a pour rendre les beautés encore plus transcendantes. J’imagine que cela pourrait même un peu faire polémiquer, car Neil môme (sur l’affiche) est d’une beauté troublante et qui crée un drôle de malaise. Le réalisateur se montre parfois très cru dans sa manière de dire les choses et d’en suggérer, mais son efficacité est redoutable. Et surtout, il arrive à rendre les émotions et les sentiments de ses personnages avec beaucoup de réalisme et d’authenticité. J’ai trouvé que les comédiens enfants et ados étaient vraiment excellents, et ils font évidemment beaucoup dans la subtilité du jeu.
C’était un pari fou que de choisir de traiter un sujet pareil et le résultat est un petit chef d’œuvre d’Araki. Cela ne m’étonne qu’à peine !
Pour plus d’informations :
Par Mérovingien02 et Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 18 octobre 7 18 /10 /Oct 14:46
  
Visuel : (c) GayClic

Un "clash", à plus d'un titre...
Darling you gotta let me know, should I stay or should I go ? Part 2.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 17 octobre 6 17 /10 /Oct 14:41
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
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Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 17 octobre 6 17 /10 /Oct 14:39
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Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 19:47

Les Lascars gays à partir du 6 octobre au théâtre CLAVEL (PARIS)
Tous les mardis et mercredis..
dans "BANG BANG"
Réservation : reservation@leslascarsgays.fr
www.leslascarsgays.fr
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 08:55


Veni Vidi Vincy - Photo © D. R.

 

 

LAISSEZ-LE VIVRE

 

      

Retour sur Nos Bonheurs Fragiles (voir BHV précédent).

Interview de son auteur, Laurent Fialaix.

 

 

 

Vincy Thomas : Comment le roman a-t-il été écrit ? Comme un journal improvisé ? Dans le but initial d'en faire un récit ?

Laurent Fialaix : J’ai toujours eu pour habitude de jeter les mots sur le papier dans les moments difficiles, mais jamais jusqu’ici je ne les avais sortis de mon ordinateur. C’était mon jardin secret, un exercice personnel, une sorte de journal intime provisoire puisque n’existant que le temps du mal-être. Lorsque j’ai commencé à écrire sur ce sujet, cela participait du même principe. Ce n’est qu’au fil du temps que l’idée d’en faire autre chose m’est venue…

 

Pourquoi un livre, et pas un blog, par exemple ?

Justement, ce livre est né d’un blog. En fait, je savais, vu le chaos dans lequel j’étais, que me contenter d’écrire sur un fichier Word ne me suffirait plus. J’ai donc ouvert ce blog, anonymement, sous pseudonyme, sans le dire à personne si ce n’est à quelques amis proches. Et j’y ai écrit comme on va chez un psy. J’ai une nature très pudique ; je suis un ancien grand timide et j’en possède encore quelques restes. Alors, paradoxalement, l’idée de me livrer – même si elle venait de moi – m’était assez violente. Sans doute je cherchais à me bousculer un peu pour ne pas m’embourber… À ma grande surprise, assez vite j’ai reçu des mails d’inconnus. Surtout venus de femmes, d’ailleurs. Sans avoir vécu la même histoire, elles me disaient se reconnaître dans la mienne, dans mes interrogations, dans mes douleurs, parfois dans mes sursauts. Ces réactions m’ont beaucoup touché, et surtout beaucoup surpris. Elles ont fait leur chemin petit à petit. Et cela a fini par me convaincre de partager plus largement ma petite expérience, puisque j’avais la démonstration qu’elle pouvait aider. Je crois que je ne l’aurais jamais fait sans cette assurance-là. Alors, pour ne pas trop me disperser, j’ai arrêté le blog, j’ai retravaillé les textes publiés, et le livre a commencé à prendre forme.


Quelle part de roman y a t il dans ce livre autobiographique ?

À partir du moment où j’ai voulu en faire un livre, l’exercice narcissique ne m’intéressait pas du tout. Chacun a dû ou devra, un jour ou l’autre, se reconstruire. Que ce soit à la suite de la disparition d’un être cher ou après une séparation, par exemple. Je voulais faire le journal d’une reconstruction, raconter une histoire universelle qui dépasse celle de deux hommes et puisse ainsi parler au plus grand nombre. Pour cela, il me fallait faire l’impasse sur certains aspects qui auraient accentué la spécificité homosexuelle en empêchant ceux qui ne le sont pas d’y trouver une résonance. J’ai ajouté quelques détails aussi, pour mieux faire passer (en tout cas je l’espère !) certains messages. Disons qu’il est autobiographique à 80 %, et que les 20% restant sont tout à côté de la réalité, vraiment tout à côté !

 

Quels sont ces messages ?

Dans mes ambitions les plus folles j’aimerais que certains y trouvent quelques pistes pour réagir au mieux face au chagrin d’un de leurs proches. Les mots peuvent faire tellement mal… Si d’autres pouvaient enfin comprendre qu’un deuil reste un deuil avec les mêmes conséquences, que l’on soit hétéro ou homo, alors ce serait formidable aussi ! J’ai tellement ressenti la différence de traitement. Dans la tête de bien des gens, on ne peut pas avoir les mêmes douleurs vu qu’on n’a pas, selon eux, les mêmes sentiments. J’ai aussi essayé de montrer que l’homoparentalité n’avait pas à faire peur, qu’elle n’était en aucun cas un problème, que cela pouvait très bien se passer. Et pour tous ceux qui traversent un deuil j’ai tenté de montrer qu’il ne faut pas avoir peur de descendre tout en bas, de s’écouter, de prendre son temps pour remonter la pente même si ça paraît interminable. Il faut en passer par là, je crois, pour mieux évacuer ses culpabilités inutiles, pour se redresser, et s’autoriser à revivre vraiment.  « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort », dit-on. C’est une évidence absolue !


As tu été obligé de t'autocensurer, de jeter des pages trop intimes ?

Obligé, non. Mais j’ai tenu à le faire. J’ai supprimé des paragraphes entiers qui auraient pu blesser inutilement quelques-uns de mes proches, et que j’avais écrits sous le coup de la colère ou de la déception. Entre le temps de l’écriture et celui de la dernière correction, il s’est passé plusieurs mois et je n’étais plus ni dans la rancœur ni dans le ressassement. Il y a aussi pas mal de choses que je n’ai pas pu ou voulu dire, ne serait-ce que parce que cela aurait desservi le propos, et finalement l’ensemble du livre. Parfois la vie rattrape le roman et la dépasse à ce point qu’on m’aurait reproché d’en rajouter !

 

Quelles peurs as-tu conjuré en écrivant ce livre ?

La peur du vide, celle de la solitude. L’absence, son silence. J’avais sans cesse sous les yeux des images obsédantes, et les coucher sur le papier les a éloignées. Au moins un peu. Et puis, avec le recul, je crois qu’il y a aussi une peur plus ou moins inconsciente qui nous habite dans ces moments-là : celle d’avoir laissé partir sa propre vie en même temps que l’autre, et d’être à ce point anéanti qu’on se persuade n’être plus capable de rien.

 

Et quelles pudeurs as-tu eu ?

La principale touche mes enfants, évidemment. Les passages qui les concernent ont été les plus difficiles à écrire. De loin… Comme je sais qu’un jour ils me liront, quelques autres moments ont été assez compliqués aussi. Je pense surtout à ceux où je parle de sexe. Pour autant, je ne pouvais pas faire l’impasse. Dans une reconstruction, c’est un sujet absolument essentiel. À un moment donné, cette question-là arrive et tu dois la surmonter, te débrouiller avec ta culpabilité, tes appréhensions, le supposé jugement des autres… tout cela sans la moindre arme pour t’aider ! Se protéger derrière des pudeurs inutiles aurait été vain. Comment décrire la douleur sans se donner totalement ? Je crois que c’est impossible. De toute façon, en parler ne veut pas dire raconter dans les moindres détails !


Que doit-on changer pour faciliter l'homoparentalité, de fait, comme la tienne ?

Je ne peux parler que de ce que je connais. Or, je n’ai jamais eu à batailler. Tout a toujours été fait en parfaite intelligence. Je ne me vois vraiment aucune différence avec un père hétéro divorcé. Ou alors j’ai la chance que personne ne me l’ait jamais faite sentir. Mais mes enfants sont nés dans un schéma classique où leurs parents étaient mariés et vus comme un couple on ne peut plus traditionnel. Et je m’entends parfaitement bien avec leur mère. Cela change tout, je pense !

 

Les psys ont mauvaise image dans ton livre. Crois-tu que Freud est dépassé par notre époque ?

Non, pas du tout. Même si je n’aime pas cette ère du tout psy, que les choses soient claires : je n’ai absolument rien contre eux. J’en ai rencontré des formidables. Certains lui ont sauvé la vie. Ils ont fait des miracles. Le mien, je l’égratigne en effet, mais dans la réalité je lui dois aussi d’être resté debout. Et je conseillerais à tous ceux qui traversent ce genre d’épreuves de se faire aider. J’ai essayé de faire sans, mais j’ai vite été rattrapé par cette nécessité. Seulement, comme dans toutes les professions, certains sont à fuir ! Par exemple, cette psy dont je parle au début du livre, qui m’a convoqué aux urgences de l’hôpital où il avait été conduit, fait partie de ces quelques-uns qui, par leur intolérance, leurs idées toutes faites, leur homophobie rampante, vous détruisent. Vous en même temps que l’image d’une profession tout à fait respectable. Et indispensable… à condition de ne pas en abuser !

 

Quels conseils donnerais-tu à propos du mal-être prégnant chez les jeunes gays ?

Vaste question ! Je ne suis pas sûr d’être le mieux placé pour y répondre. Expérience faisant, il me semble tout de même que l’une des principales difficultés est de se libérer de ce que j’appellerai nos « chaînes invisibles ». Qu’on le veuille ou non, beaucoup d’entre nous nous trimballons avec une lourde culpabilité. Il faut parvenir à prendre de la distance face au poids du regard des autres. En particulier du regard des nôtres. Je sais, c’est facile à dire !… Mais on ne vit pas pour nos parents. On vit pour soi, d’abord et avant tout ! Je crois qu’il faut parler, faire son coming out dès qu’on en ressent la nécessité. Tant pis pour les conséquences immédiates. Il faut aussi se faire violence et ne rien exiger de suite, laisser le temps à nos proches de « digérer » l’information, si j’ose dire. Certes, le moment n’est pas simple, il en coûte souvent quelques larmes, mais au bout du compte j’ai le sentiment qu’on se sent finalement plus libre. On s’est débarrassé d’un poids. Quant au reste du monde, on s’en fiche, non ?


Parle-moi de ta vision de l'homosexualité, de la perception de l'amour gay par ton entourage...

Comme je l’écris dans le livre, à mes yeux une relation homosexuelle est une histoire d’amour comme une autre, sans la moindre différence hormis quelques reliefs… Point barre. Je ne comprends pas comment, en 2009, on peut encore être gêné par ce qui n’est rien d’autre qu’une évidence ! Je suis stupéfait de voir combien nombre de mes proches sont surpris aujourd’hui par l’intensité de l’amour que je décris. Il y a quelques jours encore, une femme de ma famille m’a appelé pour me dire qu’elle avait beau nous avoir bien connu tous les deux, elle n’avait pas du tout compris combien je pouvais l’aimer. Sans doute parce qu’ll y avait beaucoup de souffrance dans notre relation, mais derrière ses mots, il y avait aussi : « je ne savais pas que deux hommes pouvaient s’aimer comme ça ! ». Je ne crois pas qu’il faille parler d’homophobie. L’image d’Epinal y est pour beaucoup ; elle est bien ancrée dans l’inconscient collectif. Tout gay est un obsédé immature et instable qui collectionne les mecs sans jamais être capable du moindre vrai sentiment. Alors, je me dis que si ce livre peut faire évoluer les mentalités ne serait-ce que d’une poignée de personnes, je serais le plus heureux des hommes.

 

Le milieu des médias est évidemment cruel, mais tu as pourtant bonne presse, une surprise ?

Si je disais que je ne suis pas surpris je serais d’une prétention terrible ! Je suis extrêmement touché par cet accueil. Pas seulement par les articles parus mais par les nombreux messages que je reçois, aussi. Comme quoi, ce milieu n’est pas toujours si cruel qu’on le dit ! Pourvu que ça dure…


Comment vis-tu au milieu des requins que tu décris dans le livre ?

Je ne vis pas au milieu d’eux. Je ne suis pas du tout mondain. Plutôt ours, même. Alors, je ne les vois que de loin… Ceux que j’évoque dans le livre m’étaient insupportables parce que j’étais à fleur de peau, et que ces gens-là, lorsqu’ils sentent la fragilité, se précipitent. Je n’ai jamais senti autant de présences intéressées. Je ne comptais plus ceux qui, après m’avoir « offert » cinq minutes de réconfort, réclamaient leur dû : un article, un piston, que sais-je encore… Tout cela n’est pas lié qu’au milieu des médias. Je ne l’ai pas vécu que dans mon milieu professionnel, loin s’en faut ! Simplement, depuis, j’ai appris à les reconnaître, et à les écarter ou à les fuir. Et aujourd’hui je suis formidablement bien entouré.

 

Finalement cette société semble sans valeurs, ultra communicante et pourtant incapable de communiquer. Le paradoxe est que nous nous immergeons dans des outils immatériels comme Facebook. En permanence tu trouves ces outils vains par rapport aux sentiments que tu ressens. Pourquoi ne te déconnectes-tu pas ?

Au moment où j’écrivais, j’ai fermé mon compte. J’étais lassé de la superficialité des uns, du narcissisme des autres, de ceux qui jour et nuit viennent te parler de boulot. Et de cette lâcheté si facile quand on se réfugie derrière un clavier d’ordinateur et quelques statuts ou quelques mails assassins. Lorsque j’ai cliqué sur « Désactiver le compte », étrangement je me suis senti comme libéré d’un poids que je m’étais imposé tout seul. Mais, finalement, je n’ai pas pu résister : j’y suis revenu assez rapidement. Aujourd’hui je n’en garde que le meilleur. J’ai appris la prudence. Facebook peut être très amusant quand on l’utilise sans en attendre rien. Et, pour moi, c’est aussi un outil comme un autre pour informer mes contacts sur l’actualité du livre. Des lecteurs viennent à moi par ce biais, en me demandant en « ami » ou en me laissant un message sur le groupe du livre. Ce serait beaucoup moins direct sans cela. Vu sous cet aspect, c’est un très bel outil de communication. Depuis la parution du livre, j’y vis des moments très forts. Pas autant que dans la vie réelle, heureusement, mais ils ne sont pas à négliger.


Tu ne crois plus en l'amour absolu. Est-ce un subterfuge, une pudeur, une crise de foi ? Ou cette prise de conscience que tous ces bonheurs sont trop fragiles pour y croire réellement ?

Un subterfuge, certainement pas. Je n’ai jamais calculé, et j’en suis encore moins capable aujourd’hui. Je suis moi, avec mes forces et mes faiblesses, mes avantages et mes inconvénients, et c’est à prendre ou à laisser ! Longtemps je l’ai rêvé, cet amour absolu, oui. Comme on rêve du prince charmant. Mais je me suis trompé. Je n’y crois plus. Et ce n’est pas plus mal. Aussi romantique que l’on soit, il faut l’admettre : tous nos bonheurs sont fragiles sans quoi on s’ennuierait ferme, non ? N’y a-t-il pas plus ennuyeux que l’idée d’un bonheur solide qui exclurait les coups de gueule et les réconciliations, qui écarterait les doutes, les interrogations, les bons moments qui succèdent aux mauvais ? Ce n’est pas parce qu’il n’est pas absolu et solide que l’amour ne vaut pas le coup d’être vécu. Bien au contraire… L’amour entier, fort, intense, bien sûr que je continue d’y croire. Je l’attends même. Et de pied ferme !

 

 

Lire la précédente chronique


TO BE CONTINUED...

 

Vincy (30 septembre 2009)
Par Vincy Thomas - Publié dans : LE BAZAR DE L'HOMO VINCY
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 13:48
MOBILISATION GÉNÉRALE LE SAMEDI 12 DÉCEMBRE 2009
À 16 HEURES PARTOUT EN FRANCE !


Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 12:09
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 11:52

« I Have a Dream... I froci al Colosseo, ma con i leoni .» (« J'ai un rêve, les pédés au Colisée, mais avec les lions ! »)
Affiche placardée à Rome en septembre 2009, via Cavour, à deux pas de la Gay street (via San Giovanni in Laterano) où deux engins explosifs avaient été lancés début septembre. Le message est signé par un groupe d'extrême-droite, la « Communauté militante Tiburtina ».
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 09:26

chaudronpotter

 

05.

PASSEURS DES MORTS :

ET SI HALLOWEEN ÉTAIT UNE FÊTE HOMO ?

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.



       

Nous voici arrivés à une époque que j’apprécie pour ses squelettes en plastique pur et ses toiles d’araignée kitchissimes. Quand la fête d’Halloween a débarqué chez nous dans les années 90, j’étais aux anges, si je peux me permettre l’expression. Chaque année, mon Grand secoue la tête quand, à la mi-octobre, je transforme la baraque en manoir hanté. Toiles cotonneuses, potirons éventrés, chauve-souris, vieux chandeliers gothiques, cercueils et cartes de tarots, tout y est. Tout irradie de lumières chaudes. Et, le soir dit, je dresse moi-même un repas de l’étrange. J’adore ça.

On m’objectera qu’Halloween est une importation américaine. C’est vrai. Et c’est faux en même temps. Notre Toussaint n’est pas beaucoup moins morbide quand on y songe, avec ses chrysanthèmes et ses croix battues par le vent. C’est aussi la période où les celtes fêtaient Samain, elle aussi liée à la mort.

Mais que se passe-t-il vraiment en cette nuit du 31 octobre ? Les sorcières disent que les portes de l’autre monde s’ouvrent à nous, ce qui donne lieu à une multitude de rituels. On peut, par exemple, laisser une place à table pour les chers disparus lors d’un repas de famille. Ou leur faire des offrandes aux pieds de vieux pommiers qui sont, dit-on, une des multiples portes des âmes. Mes parents, eux, se contentent d’aller porter des fleurs sur les tombes de « leurs » morts, et en profitent pour observer quelles « nouvelles têtes » sont arrivées dans le cimetière. Chacun son truc.

Je connais peu de gays qui s’intéressent à Halloween même si le prétexte est souvent bon pour organiser une chaude petite sauterie dans un bar. Pourtant, Halloween pourrait très bien être une fête homo. Les mauvaises langues diront que les Gay Pride ont l’air déjà parfois de cortèges funèbres mais ce n’est pas de cela que je vais vous parler.

Effectuons d’abord un petit retour en arrière. Nous avons déjà évoqué précédemment l’idée des « homos gardiens des arbres ». Ce rapport privilégié des gays avec le monde végétal est une hypothèse défendue par certains auteurs comme A. Ramer et C. Penczak.

Prolongeons-la un peu et remontons aux sources de l’humanité, en ces moments où l’homme se percevait encore comme un maillon de la nature. La Préhistoire. On le sait aujourd’hui, les premiers hommes se soignaient déjà avec des plantes. On peut difficilement imaginer comment il pourrait en être autrement vu que les animaux eux-mêmes utilisent parfois des herbes pour se soigner.

En tant que partenaires privilégiés du monde végétal, il est probable que les homos aient été du même coup les premiers herboristes et donc aussi les premiers guérisseurs.

On les retrouve de cette façon aux frontières de la vie, quand l’être lutte pour sa survie, que l’on appelle l’esprit des plantes pour le guérir. Parfois, la guérison est effective. Parfois, elle ne l’est pas et le malade franchit les portes de la mort. C’est là qu’A. Ramer défend cette hypothèse hardie : parce que l’homo est partenaire du végétal, et donc de la guérison, il est aussi passeur des morts. Car la médecine, hélas, n’est pas toujours victorieuse.

L’idée est-elle si saugrenue ?

Symboliquement, l’arbre est central à la plupart des anciennes cultures. Ses racines plongent dans le cœur de la terre, là où les morts sont enterrés, là où les vers transforment les chairs. C’est là que s’étend le monde souterrain où la sève s’en retourne à l’approche de l’hiver. C’est là aussi que le soleil passe davantage de temps pendant les jours d’automne. Les branches de l’arbre, quant à elles, sont des caresses pour le ciel, des antennes où les pattes des oiseaux viennent se poser délicatement, elles touchent au domaine des anges, des dieux du ciel et des ancêtres ascensionnés.  Et nous les hommes vivants, où sommes-nous ? Nous, nous sommes près du tronc, sur la terre dite du milieu. Nous nous trouvons entre les racines et les branches.



Traditionnellement, le chamanisme s’organise autour de ces trois mondes : inférieur, moyen, supérieur. Aucun des trois ne peut se passer des deux autres. Chaque culture a son arbre de vie, une sorte d’axe du monde, un arbre sacré. On le nomme Yggdrasil chez les vikings, Turge chez les mongols, Asvattha chez les indous, Yaxche chez les mayas. On pourrait réaliser ainsi un tour du monde des arbres sacrés, dont les racines conduisent à la cité des morts et les branches amènent, elles, vers l’univers des anges. Les Chrétiens ont d’ailleurs leur pommier (qui serait plutôt un figuier) au pied duquel Adam et Eve se découvrirent nus.

Dans l’alphabet celtique, le chêne correspond à la lettre « duir », qui a donné le mot anglais « door », la porte. Ross Heaven insiste dans son livre Plant spirit wisdom sur le fait que les arbres sont, pour les chamans, des portes vers les autres mondes. Certains d’entre eux sont plus précisément liés au monde des morts. L’if, par exemple. Ou encore, le pommier.

Alors ? Si l’arbre est en lui-même ce passage entre les trois mondes, s’il est la porte vers la terre des morts, est-il inattendu que ses gardiens soient à la fois « passeurs des âmes » ?

Qu’on le veuille ou non, la vie humaine est totalement dépendante du monde végétal. Il produit l’oxygène que nous respirons, il est la base de la pyramide alimentaire, il fabrique même des molécules pharmaceutiques qui sont utiles pour nous et non pour lui-même ! C’était encore plus vrai aux origines de l’humanité. Celui qui connaissait les plantes se trouvait aux portes de la vie.

Et quand l’immense pharmacopée se révélait être impuissante ? Souvent alors, le malade mourait. Ce qui ne signifie pas que la tâche du chaman s’arrêtait. En tant que gardien des arbres, il a le privilège de voyager entre les mondes, rappelons-le. Et donc d’accompagner les âmes dans le royaume des morts, de les guider, de les aider à franchir le passage. Il se rend avec eux parmi les racines de l’arbre là où s’étend la terre des ancêtres.

Aujourd’hui encore, ces pratiques demeurent. Si vous me suivez depuis le premier billet du Chaudron, vous connaissez mon affinité pour les cultures amérindiennes. C’est chez eux, à nouveau, que je vous conduis. Souvenez-vous du winkte (homosexuel sioux). Cet être aux deux esprits donne par exemple leur nom sacré aux enfants et joue un rôle de conseiller matrimonial. Dans son article « Persistance and change in the berdache tradition among contemporary lakota Indian », Walter L. Williams de l’université de South California interroge des winkte sur leurs fonctions sacrées. On y voit que les winkte sont aussi guérisseurs et qu’ils sont bien aux portes de la vie. S’ils donnent un nom sacré aux enfants, cela ne se fait pas en une seule journée. Pendant un an, le winkte s’occupera de l’enfant, interrogera les esprits, avant de composer pour lui un sachet médecine dans le but de le protéger contre la maladie. C’est un présent sacré et très personnel, qui est destiné à l’enfant en question et à lui seul. Il s’agit du résultat de quêtes visionnaires où le winkte rencontre les esprits qui protègent cet enfant. En cas de maladie, c’est également le winkte que l’on appelle. Un des témoignages repris dans cet article explique ainsi l’histoire d’un homme dont un winkte guérit la jambe cassée en une seule journée.

Et lorsqu’une personne décède ? Dans ce cas, c’est également le winkte qui se présente le premier. Il aide à la préparation de la cérémonie et des rites funéraires. C’est une de ses fonctions sacrées. Il conduit le défunt à sa dernière demeure.



La persistance de cette tradition chez un peuple si proche des cultures préhistoriques tend à montrer que l’hypothèse de Ramer n’est finalement pas si saugrenue que cela. Il est tout à fait possible que les homos aient été ces passeurs des morts depuis les origines de l’humanité. Ils le faisaient Outre-Atlantique quand les colons ont débarqué.

Par ailleurs, nous verrons très bientôt un mythe fondateur datant de l’époque sumérienne, où un être « aux deux esprits », Asushunamir, s’avère être le seul capable d’affronter le royaume des morts. Mais je lui consacrerai un article pour lui seul. Patience ! En outre, de nombreux dieux, proches du royaume des ombres, sont en fait très liés aux gays, aux lesbiennes ou aux transgenres.

Kali, par exemple, déesse indoue ceinte d’un collier de têtes de morts. Ses adorateurs masculins la célèbrent en portant des masques et des robes. Ils procèdent également à des incisions rituelles figurant une castration symbolique.

Tlazoteotl, déesse aztèque, transforme les horreurs et les douleurs du monde en or. Déesse de la vie et de la mort, elle protège les lesbiennes et les gays. En tant que déesse de l’anus, elle est aussi liée à l’homosexualité masculine. Elle est en outre associée au travesti chaman Lord Fanny dans la célèbre série Les Invisibles de Grant Morrison.



Et maintenant ? Qu’en est-il à notre époque où ces pratiques ancestrales sont ignorées du plus grand nombre ?

La mort, les gays la connaissent bien. Trop bien, même. Les homos ont fait l’objet de plusieurs génocides au cours de l’histoire. La seconde guerre mondiale nous en a fourni l’exemple le plus frappant. Mais il y en a eu d’autres. Ceux de l’Inquisition par exemple. Et, aussi, il faut bien l’avouer, le génocide du sida. Étrange comme cette garce nous poursuit jusque dans les suicides des victimes de l’homophobie et les pendaisons outrageantes en Iran.

Je ne peux, à ces mots, m’empêcher de me souvenir de cette fois où je l’ai regardée dans les yeux. La grande faucheuse. J’avais vingt ans. Je tenais la main de mon grand-père aveugle. Il était allongé sur son lit d’hôpital. Et je savais qu’il allait mourir dans l’heure. Je ne sais pas pourquoi mais je le savais. J’étais le seul à être à ses côtés. Toute la famille était assise à l’autre bout de la chambre. Parfois, je les regardais. Je sentais une sorte de frontière entre eux et moi. Entre eux et nous. Il transpirait beaucoup. Je l’essuyais. Il serrait ma main. Puis… il m’a regardé très profondément de ses grands yeux aveugles. Étrange comme sensation. J’ai eu le sentiment qu’il me voyait vraiment. Son regard a alors dérivé comme s’il fixait quelque chose derrière moi. Et là, il a rendu son tout dernier soupir.

Quand j’ai lâché sa main, j’ai senti que quelqu’un d’autre la prenait.

Mais il n’y avait personne.

Qui était-ce ? Je n’en sais rien. Mais cette sensation, je m’en souviens parfaitement. J’avais conduit, bien malgré moi, mon grand-père aux portes de la mort. Sans peur. Sans crainte. Sans tristesse. Parce qu’il fallait bien que quelqu’un le fît. Ma famille s’est alors mise à pleurer. Et moi je restais là, calme, d’une sérénité presque effrayante. Alors que je venais de voir la mort de si près, je n’en ressentais qu’une grande paix. Conscient que j’avais accompli quelque chose d’important.

Ma route a croisé plusieurs gays qui se faisaient l’écho d’une réalité finalement bien compréhensible : ils furent seuls, ou presque, à assumer la fin de vie de leurs parents. Je suppose que c’est normal que ce soit le célibataire de la famille, ou plus simplement celui qui n’a pas d’enfants à sa charge, qui accomplisse cette fonction. Les frères et sœurs ont, eux, d’autres chats à fouetter. Je me souviens en particulier de Philippe, qui avait quitté son emploi pour s’occuper de sa mère en phase terminale d’un cancer. Voilà un sacrifice auquel peu auraient les moyens de consentir. Néanmoins, dans les quelques groupes que j’ai fréquenté, il s’est toujours trouvé des gays, ou des lesbiennes, évoquant ces moments pénibles. Et surtout, leur solitude face à la maladie de leurs aînés. C’est tout de même remarquable de constater que c’est si souvent le fils homo qui veille ses parents dans leurs derniers instants. Plus qu’une évidence sociale, il s’agit peut-être également d’un héritage lié à l’histoire des homos eux-mêmes. Un reliquat de l’histoire. Après tout, dans les peuples primitifs, ils demeurent les passeurs des morts.

À l’heure où j’écris ces lignes, j’imagine ces couples d’homos qui parcouraient les routes de la Préhistoire. Ils allaient de village en village. Chargés de plantes médicinales et de pierres sacrées.

Et quand ils pénétraient dans la demeure d’un mourant, il se trouvait toujours quelqu’un pour dire : « voilà les messagers de la mort ». Ce à quoi on pouvait répondre : « ils sont aussi les derniers guerriers de la vie ».

Aurions-nous tout au fond de nous cette formidable dualité ? Nous, dont les couples ne peuvent donner la vie, serions-nous ceux… qui autorisent la venue de la mort… ou au contraire qui la lui refusent ? Les indiens sioux sont la preuve que chez eux, au moins, c’est bien le cas.

Et Halloween alors ? C’est l’instant où les portes de l’autre monde s’ouvrent en grand, et où les morts se mêlent aux vivants. Ce jour-là, un drôle de cortège funèbre sort des cimetières déjà fleuris et traverse les villages. Et à sa tête, peut-être, une étrange drag-queen, squelettique, invisible, à la peau blême et à la chevelure flamboyante, danse comme une folle en hurlant des chansons gothiques que personne n’entend. Mais les homos ont l’habitude de ne pas être entendus, pas vrai ? 

Plus sérieusement, cette nuit-là, j’aurai une pensée émue pour mes proches décédés et, également, pour nos ancêtres homosexuels, connus ou méconnus, qui ont, chacun, posé une pierre de la société dans laquelle nous vivons. Des ancêtres qui nous permettent, aujourd’hui, de vivre plus libres qu’hier. Quand le soir sera déjà bien avancé, je me rendrai près des pommiers de mon jardin. J’allumerai les bougies. J’imaginerai la porte ouverte et je les saluerai. Je leur dirai, comme j’en ai l’habitude : « soyez bénis, chers disparus de l’arc-en-ciel. Je vous dis merci. Car vous avez rendu notre monde meilleur. ».



Ne laissons pas éteindre la flamme vivante de nos ancêtres homosexuels. Ils nous ouvert un chemin. Poursuivons-le. Quelle que soit notre action. Afin de rendre demain le monde plus gay-friendly. Et rendons-leur hommage, ils le valent bien.


Lire le précédent billet


À suivre le mois prochain :

Asushunamir, le brillant androgyne
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 09:23

« On peut aimer Céline sans être antisémite comme on peut aimer Proust sans être homosexuel. » Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse en Inde, le 29 janvier 2008.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 14 octobre 3 14 /10 /Oct 07:00


Fiche technique :

Avec James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Ian Somerhalder, Jessica Biel, Parker Posey, Clifton Collins Jr, Faye Dunaway, Thomas Ian Nicholas, Kip Pardue, Clare Kramer et Eric Stoltz. Réalisé par Roger Avary. Scénario de Roger Avary, d’après le roman de Bret Easton Ellis. Directeur de la photographie : Robert Brinkmann.
Durée : 110 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Sean Bateman, dealer amateur cynique, qui reçoit de mystérieuses lettres d'amour. Lauren Hyde, jeune vierge, qui suce son professeur en attendant de donner son hymen à son petit ami parti en Europe. Paul Denton, bisexuel, qui compte ravir le cœur de Sean. Lana Holeran, blondasse superbe, qui aime parader en sous-vêtements devant l'équipe de foot. Eux et quelques autres sont étudiants et américains. Eux et quelques autres sont soumis aux Lois de l'attraction.

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L'avis de Cyberlapinou :
« Ladies and gentlemen... I'M SATAN ! » C'est par cette phrase diffusée aux alentours de 150 décibels que Roger Avary a salué le public de la Cinémathèque, dont faisait partie votre serviteur. Dès lors, comment ne pas aimer un tel homme ? Mais restons objectifs. Aussi sympathique que puisse être un réalisateur, ce sont ses films qui comptent. En l'occurrence Les Lois de l'attraction.

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L'Inadaptable. Les Lois de l'attraction est une adaptation d'un roman de Bret Easton Ellis. Cette simple donnée en dit long sur l'aspect casse-gueule du projet du sieur Avary. Un : parce qu'Ellis fait partie aux côtés de bonhommes comme Michel Houellebecq et Chuck Palhaniuk du club des écrivains provocateurs faisant le constat du déclin de la civilisation occidentale à coup de sexe triste et de violence extrême.

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Une adaptation implique forcément au mieux un adoucissement, au pire une édulcoration pour ne pas faire péter les synapses des censeurs du monde entier. Deux : parce qu'au contraire de messieurs Houellebecq et Palhaniuk, Ellis n'a même pas la politesse de proposer une quelconque forme de narration classique, préférant juxtaposer des scénettes rendant compte du néant abyssal dans lequel évoluent des personnages prisonniers de leur propre superficialité.

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Grammaire. Face à un tel problème dramaturgique, trois possibilités sont offertes. On peut considérer le projet, l'étudier, travailler dessus puis laisser tomber car tout ce travail ne peut que mener nulle part. C'est ce qu'ont fait Oliver Stone et David Cronenberg, et on les comprend. On peut s'attaquer au bébé avec un couteau électrique et rajouter personnages et évènements afin d'assurer à la structure un semblant de construction et de progression. C'est ce qu'a fait Mary Harron sur American Psycho, avec des résultats plus que mitigés.
Reste la troisième option. Celle que j'appellerai la technique Aronofsky. Technique qui se résume à un constat. Un livre est composé de mots et de phrases. Un film de sons et d'images. Il ne faut donc pas hésiter à faire la conversion et ne pas faire le compromis d'un « cinéma littéraire ». Une idée qu'on aurait jamais eue en France, bienheureux pays de la caméra-stylo (et pourquoi pas pinceau-burin tant qu'on y est ?). Une idée qu'a appliquée avec succès Roger Avary.

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Cynisme. Les Lois de l'attraction tourne donc autour de jeunes étudiants beaux, riches mais soumis à un néant existentiel total, comblé à coups de beuveries, de cocaïne et de sexe impersonnel. C'est tout ? Oui, pour ainsi dire. Avec un tel postulat, comment pondre un film de 110 minutes qui tienne la route, surtout quand le casting est un ramassis de belles gueules sorties de séries pour ados (James Van der Beek) et de couvertures de magazines (Ian Somerhalder) se retrouvant à jouer des personnages totalement antipathiques ? Technique Aronofsky.
On travaille la grammaire filmique, on muscle les effets de style et on insiste tellement sur le visuel/sonore qu'on transcende l'idée d'esthétisation. Avary avait prouvé avec Killing Zoe son aptitude à filmer des personnages se mettant la tête à l'envers. De ce point de vue, on comprend ce qui l'a attiré dans le livre d'Ellis. Haschisch, bière, ecsta, coke, vodka, on n’avait pas vu un tel festival depuis Las Vegas Parano.


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La radicalité de la démarche n'a pas valu au film que des amis. Boucherie critique aux Etats Unis, la rentabilité du film d'Avary n'est due qu'à ses petits quatre millions de dollars de budget (un exploit, vu la rigueur visuelle du film). Outre son apparente immoralité, une accusation qu'Avary récuse, le film est vraiment débarrassé de toute la structure qu'on peut trouver dans un Fight Club ou un Requiem for a dream. Les tentatives d'architecture narrative ne sont que des leurres et le film se termine littéralement dans une impasse qui risque de laisser pas mal de spectateurs circonspects.


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A suivre. A l'image de Patrick Bateman, Sean et ses amis sont des monstres vulgaires et égoïstes. Mais contrairement à l'American Psycho, ils essaient d'être humains, gardant un peu d'espoir en un grand amour qu'ils ont peu de chances de trouver. Ellis passe pour un salopard cynique, Avary pour un petit suiveur de Tarantino. Le sentiment étrangement mélancolique qui se dégage d'un film souvent hilarant prouve qu'ils ont bien plus de choses à dire que l'image qu'on leur a collés.


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Plus qu'un anti-teen movie destroy et rigolard (pitch sur lequel il a été plus ou moins vendu), Les Lois de l'attraction pointe du doigt une société désertée par les adultes et qui semble avoir fait de l'abrutissement de masse un projet d'avenir. Visiblement satisfaits de leur collaboration, Avary et Ellis comptent s'attaquer sous peu à Glamorama. Nouveau cocktail molotov en vue.


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Pour plus d’informations :

Site du réalisateur Roger Avary (en anglais)
Site de Ian Somerhalder (en anglais)

Par Cyberlapinou - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 13 octobre 2 13 /10 /Oct 14:21
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 12 octobre 1 12 /10 /Oct 16:34
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 12 octobre 1 12 /10 /Oct 16:26
Par GayClic.com - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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