Recherche

Podcasts

 

logonewRCN.jpg


MusicPlaylistView Profile
Create a MySpace Music Playlist at MixPod.com

Accueil

Ensembles-copie-1.jpg
pedeblog_kek_logo2.png
Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

twitter_logo_header.png

Daniel Hall


secondé par :

Gérard Coudougnan


L'équipe des "piliers" en exclusivité
ou en reprise autorisée :

Jean Yves
, Bernard Alapetite, Zanzi, Neil, Kim,
Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori,
Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
Robert Wagner,
 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

Special Guest Star : Philippe Arino.

Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
Yann Gonzalez.
Et en special guest star gay-friendly... Dr Orlof !


et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

Ce blog est partenaire de

Dreampress.com

Avec l'aide graphique de

Catégories

Fil infos VeryFriendly

W3C

  • Flux RSS des articles

POUR SURFER SUR CE BLOG...

Les Toiles Roses  est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (cliquer ici pour le télécharger)

TOUTES LES CRITIQUES DE FILMS : ICI
LES CRITIQUES DE LIVRES (Gérard Coudougnan) : ICI
Nos chroniques vedettes : Zanzi and the City (Zanzi), Et les filles alors ? (Isabelle B. Price),
Derrière les masques : Homollywood (Marc-Jean Filaire),
Merci Bernard (Bernard Alapetite),
Le Bazar de l'Homo Vincy (Vincy Thomas),
L'Histoire de l'homosexualité,
Dans l'ombre de Jann Halexander (Jann Halexander), Spécial Abdellah Taïa (Daniel C. Hall),
La Crypte aux gays (BBJane Hudson), Certains l'aiment camp (Tom Peeping),
 
Le Chaudron rose (Papy Potter), Petits Contes Dark-en-ciel (Nico Bally),
Marie de traverse (Marie Fritsch), Spécial Salim Kechiouche, Si j'étais homo ou hétéro...,
Spécial Stonewall, 40 ans, La gâterie du chef (Daniel Conrad Hall), La Garac'Ademy (Jean-Louis Garac)
A tort ou à travers (Laurent Fialaix), Rencontres de tous les types (Hugo Rozenberg),
 
Le Phil de l'araignée (Special Guest Star : Philippe Ariño),
Dossier et chronique-soutien
à l'association "Le Refuge" (Daniel C. Hall).

Venez rejoindre la rédaction, les lectrices et lecteurs sur le groupe Facebook :
http://www.facebook.com/group.php?gid=61890249500#/group.php?gid=61890249500


Lundi 23 novembre 1 23 /11 /Nov 07:49

(Some like it Camp)


par  Tom Peeping


 

Tom Peeping (T.P. pour les intimes, comme Tippi Hedren) aime se promener sur les chemins de traverse du 7ème art et de la télé et s’arrêter pour soulever des pierres. Les films qu’il y déniche, la plupart méconnus ou oubliés, méritent pourtant leur place près de l’arc-en-ciel. Camp, kitsch, queer ou trash, ils racontent une histoire du cinéma des marges. Gays sans l’être tout en l’étant, ils espèrent retrouver dans cette rubrique leur fierté d’être différents.

Tom Peeping, quand il ne visionne pas quelque rareté de derrière les fagots, est conférencier en histoire de l’art et fréquente assidûment les musées parisiens pour y gagner sa vie de vive voix. Il est né dans les Sixties, la décennie du Pop Art, des Yéyés et des Go-Go Girls. Et il rejoint, pour notre (et votre) plus grand plaisir, l'équipe du blog Les Toiles Roses.

 


L’autre jour dans une librairie, je suis tombé par hasard sur un beau volume des rééditions des aventures de Rahan, mon héros de BD préféré quand j’étais gamin. C’était même mon seul héros de BD parce qu’à part Astérix et Tintin de temps en temps, parce qu'il le fallait bien, je n’ai jamais accroché avec la bande dessinée, ni hier, ni aujourd’hui.


Je me suis dit : « Tiens, Rahan ! » et j’ai acheté par pulsion ce volume 1 de la nouvelle Intégrale Rahan (celle en en noir et blanc) rééditée par les éditions Soleil. Par pure nostalgie. En dos de couverture, j’ai vu qu’on célébrait cette année les 40 ans de Rahan, né de Roger Lécureux (1925-1999) et André Chéret (n. 1937) en 1969 dans le premier numéro de Pif Gadget. Je n’en avais aucune idée : ça devait faire bien plus de trente ans que je n’avais pas ouvert un Rahan et le personnage s’était estompé dans le lointain.

C’est vrai, j’avais pourtant pieusement conservé chez moi l’ensemble des albums Rahan rouges originaux (du genre du n° 5, ci-dessus) que je dévorais autrefois. Mais je n’avais jamais eu la tentation de les relire : ils faisaient partie de mon enfance, du domaine des souvenirs. C’est donc sans attente particulière que j’ai commencé à lire il y a quelques jours le premier épisode du volume 1 de l’Intégrale Rahan : « Le Secret du Soleil ». Et là, il s’est passé quelque chose de bizarre.


D’abord, j’ai redécouvert les premières cases comme au premier jour, sans aucun effet « madeleine de Proust » et je me suis pris à me passionner à nouveau pour cette aventure du Fils des Ages Farouches, pas tant pour les péripéties de l’histoire (encore que, ça fonctionne toujours sacrément bien malgré la naïveté !) mais pour la beauté des dessins et la créativité dynamique des compositions – les dessins de l’Intégrale Rahan en noir et blanc sont splendides dans leur détails – et pour les questions que je ne m’étais jamais posées jadis, comme par exemple : si Rahan rencontre une tribu de Noirs, c’est qu’il ne devait pas être très loin de l’Afrique. Je me suis rendu compte que je n’avais jamais pensé à la localisation géographique des territoires qu’il traversait au cours de ses pérégrinations : il devait vivre en Europe, point. J’ai aussi remarqué de façon plus précise l'orientation subtilement communiste des histoires racontées, qui m'intriguait bien de temps en temps jadis. Et puis, au moment de la scène de sa découverte du boomerang, les souvenirs ont commencé à ressurgir. Je me la rappelais bien, cette scène-là ! En quelques instants, au fil des pages, je me suis mentalement retrouvé chez mes grands-parents en Bretagne pendant les vacances, en train de lire avec passion les épisodes des Rahan Trimestriel. Et les sensations sont revenues alors que je redécouvrais case par case des dessins et des histoires familières que je pensais avoir oubliées depuis belle lurette. La Manta ! La caverne engloutie ! Le crâne de mammouth ! Le petit d’homme ! Les iguanes carnivores ! Non seulement je retrouvais les aventures de Rahan mais comme avec un puzzle qui révèle son image morceau par morceau, je voyais à l’avance ce qui allait lui arriver quelques cases plus tard. Et je ne me trompais pas : Rahan allait s’échapper de la caverne inondée en grimpant sur des épieux plantés dans une faille ; il allait mettre à terre et briser le crâne du Dieu Mammouth ; il allait être jeté d'une falaise vers un sol jonché de squelettes ; il allait se battre avec l’énorme pieuvre qui allait surgir d’un tunnel noyé… J'expérimentais un effet de déjà-vu des plus excitant.


Les images ont défilé comme un film et je me suis rendu compte avec surprise que je me souvenais des aventures de Rahan comme d’histoires en mouvement, en couleur et sonores. Mon souvenir d’adulte de mes lectures d’enfant de Rahan était donc totalement cinématographique (mais il en est peut-être de même pour tous les lecteurs de BD, je ne sais pas). Je me suis aussi souvenu que c’est vers ces mêmes années que j’ai du voir King Kong pour la première fois à la télévision. L’impression fut immense et le film a décidé, c’est tout au moins ce que j’aime à penser, de mon amour du cinéma. King Kong et Rahan partagent d’ailleurs des terrains communs et je me suis pris à me demander si je n’avais pas fait plus tard des études d’archéologie paléolithique en réponse inconsciente à ma fascination pour les aventures de Rahan et la tragédie du Roi Kong. Qui sait ? C’est bien possible.

Bref, le plaisir de la redécouverte de Rahan a été formidable, me procurant de grands moments de bonheur qui se sont prolongés au fil des épisodes que je lisais doucement, avec des pauses, comme on déguste un bon verre de vin. Ça n’a pas été des moments régressifs mais plutôt des petits retours nostalgiques à l’insouciance et aux petits drames de l’enfance. Je me suis revu un été dans le Finistère Nord, courant en panique avec ma grand-mère de buralistes en marchands de journaux pour essayer de trouver un numéro de Rahan Trimestriel qui était en rupture de stock : on avait finalement déniché le dernier chez Guiguite (comment puis-je encore me souvenir de son nom, à celle-là ? Elle aurait sans doute plus de 110 ans aujourd’hui…), la vieille marchande de journaux à moustaches du bourg. Je ressens encore la joie inouïe de tenir le magazine tant convoité dans mes mains et de pouvoir goûter aux dernières aventures de Ceux-qui-marchent-debout.

LA case mémorable de l'épisode « Le Dieu Mammouth »

Et puis il y a eu la redécouverte de cette case de l’épisode « Le Dieu Mammouth » (l’épisode 6 de l’Integrale vol.1). Une case toute simple mais qui m’a fait un effet auroch. Rahan, les cheveux trempés et dessiné en buste, y pose ses mains sur ses hanches en regardant sa ceinture (une tribu lui a volé son coutelas d’ivoire). En revoyant ce dessin, j’ai retrouvé en un instant le sentiment que j’avais ressenti quand je l’avais vu pour la toute première fois, il y a si longtemps. Un sentiment de désir puissamment érotique, je m’en souviens encore, qui m’avait totalement déstabilisé. Le torse nu de Rahan, ses pectoraux finement musclés, son nombril, ses longs cheveux blonds mouillés, ses mains sur ses hanches… m’avaient complètement chamboulé. J’avais un peu honte de mon attirance pour ce corps d’homme qui me semblait si beau, mais pendant les jours qui avaient suivi la découverte de cette image incroyable, j’avais rouvert le magazine je ne sais combien de fois pour pouvoir la contempler encore et encore. Je n’avais jamais rien vu de si troublant. J’avais huit ans (j’ai vérifié en ressortant le magazine d’origine, le « Rahan Trimestriel n° 1 » : il date de 1972). Aujourd’hui, trente-sept ans plus tard, j’ai compris pourquoi le petit garçon que j’étais, qui n’aimait pourtant pas les bandes dessinées, cassait les pieds à ses parents et grands-parents pour qu’ils lui achètent dès sa sortie un magazine de bande dessinée qui racontait les histoires d’un jeune homme solitaire qui vivait dans un monde étrange et plein de dangers. J’adorais les aventures de Rahan, fasciné à la fois par ses aventures et par son corps. La sortie d’un nouveau numéro du magazine était un moment que j'attendais avec une impatience indescriptible. Un rendez-vous aventurier et sensuel de l'ordre du fantasme qui me faisait battre le cœur d'une façon que je ne pouvais tout-à-fait identifier.


En relisant Rahan, j’ai d’ailleurs découvert avec curiosité et amusement à quel point André Chéret, son dessinateur, offrait en abondance le corps viril de son héros à ses admirateurs (et admiratrices sans doute, bien que je ne me souvienne pas avoir jamais rencontré de fan féminine de Rahan) : toujours vêtu de son court pagne de peau, Rahan, qui est pratiquement capturé et mis en péril dans chaque épisode, est montré sous toutes ses coutures dans les positions les plus révélatrices. Écartelé au sol, pendu par les poignets, plongeant dans une rivière, dormant sur la fourche d'un arbre... Le dessin extraordinairement dynamique de Chéret, qui fait grand usage de la contre-plongée, du raccourci forcé et des angles bizarres, explore le corps dénudé de Rahan comme peu d’autres héros de BD en ont eu l’honneur (à part le Tarzan de Burne Hogarth, évidemment, mais je ne suis pas certain que le dessin de son Tarzan soit aussi érotisé que celui de Rahan). Revenu aux aventures de Rahan aujourd’hui, j’y retrouve – avec le sourire, vous pensez, un héros préhistorique peut-être homo et sans doute coco ! – un peu du trouble et de la légère confusion que je ressentais à leur lecture il y a près de quarante ans, au temps de l’innocence.

Un héros pas si farouche

J’ai laissé tomber Rahan à l’adolescence : bien m’en a pris car j’ai entendu dire que ses créateurs, Lécureux et Chéret, l’avaient plus tard marié à une Rahane (trahison !), qu'il avait eu une tripatouillée de gosses et que son dessin avait évolué, le physique du Fils de Crao s’étant mis à ressembler de plus en plus, avec sa tignasse, ses pommettes hautes, ses lèvres épaisses et ses yeux en amande, à celui de Jocelyn Wildenstein.

Il me semble qu’il y a quelques années, un projet de réaliser un film d’après les aventures de Rahan était sur la bonne voie. En googlant, j’ai vu que c’était Christophe Gans (yak !) qui devait s’y coller et qu’un certain Mark Dacascos devait incarner mon héros de BD préféré. En voyant les photos du type, il n’aurait peut-être pas été si mal. Mais il aurait fallu qu’il porte une perruque blonde et là, on pouvait craindre le pire… Enfin, le projet semble avoir fait long feu et c’est sans doute pour le meilleur…

J’ai maintenant lu les Volumes 1, 2 et 3 de l’Intégrale Rahan en noir et blanc des éditions Soleil, avec toujours autant de plaisir et de volées de souvenirs, et j’attends de pied ferme les deux derniers volumes de cette anthologie des 40 ans. Rahaaaaaa !

Par Tom Peeping - Publié dans : CERTAINS L'AIMENT CAMP
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Dimanche 22 novembre 7 22 /11 /Nov 11:40

Deux gars dans un bar, accoudés au comptoir. Y'en a un qui a l'air complètement abattu et qui boit verre sur verre. Il est en train de se torcher lamentablement. L'autre l'observe puis, au bout d'un moment, lui dit :

— Qu'est-ce qui vous arrive pour vous mettre dans cet état ?

— Ah ! Si vous saviez... Je viens de perdre mon boulot, ma femme veut divorcer, j'ai les huissiers sur le dos et la cerise sur le gâteau : mon fils vient de se faire arrêter pour avoir vendu de la drogue...

— Il faut relativiser tout ça, j'ai un copain qui est beaucoup plus malheureux que vous...

— Ah bon... Qu'est-ce qu'il a ?

— Et bien son frère est devenu homosexuel...

— Mais c'est pas grave ça...

— Le problème c'est qu'ils sont siamois et qu'ils n'ont qu'un seul anus !!!


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 22 novembre 7 22 /11 /Nov 11:30
  
Visuel : (c) GayClic

Le retour de Starsky et Hutch. Et dans le rôle de Huggy-les-mauvais-tuyaux : Margo, la fliquette qui tire beaucoup moins vite que son ombre.
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 21 novembre 6 21 /11 /Nov 11:35

Concours Shamim Hanan

 

Attention ! Attention ! Vous en rêviez, Univers-L (avec l'aide de Les Toiles Roses) vous donne la possibilité de le faire !

Qui après avoir vu I Can't Think Straight ou The World Unseen, n'a pas eu envie de poser des milliers de questions à ses créatrices ? Eh bien préparez-vous, pour certain(e)s d'entre vous, ce sera bientôt possible.
Les dossiers de presse pour les éditions françaises des films I Can't Think Straight et The World Unseen sont en cours de finalisation. Pour les illustrer Shamim Sarif, la réalisatrice et Hanan Kattan, la productrice ont chacune accepté de répondre à 3 questions, qui y seront intégrées.
Et ces 3 questions, c’est VOUS, lectrices et lecteurs du site, qui avez la possibilité de leur poser !
Pour cela, rien de plus simple. Il vous suffit de nous envoyer vos questions à jeu.concours@univers-l.com entre le 17 et le 24 Novembre 2009.
Les meilleures questions seront sélectionnées par l’équipe du site ainsi que par l’attachée de presse responsable.
En cadeau bonus, un tirage au sort sera réalisé le 25 Novembre 2009 pour OFFRIR un COFFRET DVD des deux films à l’un(e) des participant(e)s !
Dépêchez-vous, il ne vous reste plus beaucoup de temps !
Pour en savoir plus, voici le règlement du concours.
Et pour acheter les dvds si vous ne l'avez pas déjà fait, voici un lien vers le site officiel : Enlightenment Production.
Et un autre vers le site officiel de Shamim Sarif : Shamimsarif.com

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 21 novembre 6 21 /11 /Nov 11:27
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 21 novembre 6 21 /11 /Nov 11:26
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 20 novembre 5 20 /11 /Nov 10:47

par  BBJane Hudson

 

 

Ce post est dédié à Yvonne Monlaur, interprète des "Maîtresses de Dracula", dont il sera question ici, et dont vous pouvez visiter le blog passionnant (et bilingue !) en cliquant sur cette bannière.


Cet article est extrait d'une étude consacrée au cinéma Camp anglo-saxon (à paraître prochainement), dont votre servante est l'auteure. Il s'intéresse prioritairement aux films fantastiques gothiques de la Hammer, ce qui explique l'absence de certains titres Camp produits par la firme, mais ne relevant pas du genre.

Si les américains participèrent activement au nouvel âge d’or que connut le cinéma fantastique dans les années 60, celui-ci fut initié en Angleterre par la célèbre Hammer Films, dont le succès décida de la réorientation générale du genre vers le gothique, tant aux États-Unis qu’en Europe. La Hammer commença par s’intéresser à la science-fiction, en adaptant pour le grand écran une série télévisée très populaire, relatant la lutte d’un physicien, le professeur Quatermass, contre diverses entités extra-terrestres (Le Monstre [The Quatermass Experuiment, Val Guest, 1955] et La Marque [Quatermass II, Val Guest, 1957]). Mais c’est avec sa nouvelle version de Frankenstein (la première en couleur) que la Hammer trouva véritablement sa voie et parvint à conquérir le public international. Suite au succès de Frankenstein s’est échappé (The Curse of Frankenstein, Terence Fisher, 1957), elle régna en maîtresse durant une dizaine d’années dans le domaine de l’épouvante, remettant au goût du jour toutes ses figures mythiques : Dracula, la Momie, le loup-garou, Dr Jekyll et Mister Hyde, etc…
Malgré sa nationalité favorable au Camp (et sa spécialisation dans un genre qui s’y prêtait), la firme n’en fit guère usage, excepté dans certains thrillers psychologiques comme Die ! Die ! my Darling ! (Silvio Narizzano, 1965), Conversation avec un cadavre (The Nanny, 1965) et The Anniversary (Roy Ward Baker, 1968). On peut d’ailleurs noter que les vedettes de ces trois films (Bette Davis et Tallulah Bankhead) étaient américaines et réputées pour leur démesure, tandis que les stars de la Hammer, comme Peter Cushing et Christopher Lee, favorisaient un jeu retenu et nuancé. (Une exception : Michael Gough, acteur porté aux « récitals de cabotinage débridé, surprenants et assez fascinants » (dixit Jean Marie Sabatier), qui, significativement, n’eut jamais la tête d’affiche dans les films de la firme, et ne l’obtint que chez le producteur Herman J. Cohen – un émigré américain.)

Tallulah Bankhead en plein délire Camp dans Die ! Die ! my Darling ! (Silvio Narizzano, 1965)

Bien que la violence des films Hammer fit sensation lors de leur sortie et titilla sérieusement la censure, elle garde un caractère flegmatique typiquement britannique, qui s’étend à tous les aspects de ces œuvres où l’excès est toujours rapidement jugulé. De plus, leur propos demeure essentiellement conservateur. Qualifiés de subversifs par les bien-pensants qui les découvraient dans les années 60, et qu’effarouchaient la vue du sang ou d’un décolleté trop plongeant, les films Hammer sont pour la plupart réactionnaires et moralistes. On eut tort de prêter des vertus contestataires à leur exposition généreuse de déviances et turpitudes diverses ; elle relevait davantage d'un argumentaire commercial que d’une remise en cause de l’ordre établi. Leur morale n’est guère plus progressiste que de celle des films de science-fiction américains de la guerre froide, et ressort du même manichéisme : le monstre doit être détruit pour que survivent les valeurs de la société bourgeoise et patriarcale (exception faite du cycle frankensteinien, dont je parlerai plus loin).
Tel fut l’esprit de la Hammer durant sa période de gloire artistique, que l’on situe généralement entre 1957 et 1965, époque où Terence Fisher était considéré – avec raison – comme le metteur en scène le plus prestigieux de la firme.
Dans un tel contexte, le Camp n’avait guère sa place, et c’est avec prudence et de façon détournée qu’il s’immisça dans quelques films. On le rencontre beaucoup plus fréquemment dans la période dite « de déclin » (de 1965 au début des années 70), à mes yeux la plus excitante et la plus variée thématiquement. L’ombre de Fisher, quasiment déifié par les fantasticophiles, pesa lourdement sur ses collègues et successeurs, à qui l’on déniait les compétences artistiques du Maître ; ajoutons-y l’énervement que l’abandon progressif du gothique provoqua chez les puristes. Les films de Freddie Francis, Roy Ward Baker ou Jimmy Sangster, réalisateurs de la « seconde époque », furent ainsi longtemps négligés, et n’ont toujours pas obtenu un statut digne de leurs multiples qualités.

Demons of the Mind (Peter Sykes, 1972),
un film typique de la seconde période Hammer


« Je ne veux pas que dans mes films l’horreur soit gratuite, mais qu’elle repose sur un fondement philosophique et moral », expliquait Terence Fisher dans le n°7 de « Midi Minuit Fantastique ». De fait, son cinéma possède un caractère didactique qui, s’il n’empiète jamais sur les notions de spectacle et de divertissement, les sous-tend constamment. Le surnaturel et la Peur y servent un propos manichéen (la lutte du Bien contre le Mal) et nihiliste (l’humanité n’est pas susceptible d’évolution ; toutes les classes sociales s’égalent dans la médiocrité). Il en va de même de l’humour, dont Fisher use volontiers mais de façon univoque : pour railler les bourgeois, ou pour stigmatiser la bêtise du bas peuple. Dans chaque film de ce cinéaste que Jean-François Rauger a qualifié de « calviniste » (dans l’entretien bonus édité sur le DVD des Maîtresses de Dracula), l’imaginaire est associé au désordre, et donc présenté comme néfaste. Le Camp ne correspond clairement pas à son tempérament moraliste, qui le porterait plutôt vers le kitsch, comme c’est souvent le cas chez les artistes aux tendances conservatrices.
Un exemple révélateur peut être vu dans son adaptation du Fantôme de l’Opéra (The Phantom of the Opera, 1962). Le sujet, le décor, les personnages de cette fameuse histoire imaginée par Gaston Leroux en 1910, font plus que se prêter admirablement au Camp : ils l’appellent avec insistance. La version muette de Rupert Julian (1925) en relève pleinement, qui s’inspire des illustrations d’André Castaigne pour l’édition originale du roman, en particulier lors de la grande scène du bal où le Fantôme apparaît sous le déguisement de la Mort Rouge. Fisher réussit l’exploit d’évacuer toute tonalité Camp, et ne conserve même pas la scène en question. Sa version est sans doute la plus sirupeuse et conventionnelle que l’on ait vue à l’écran, et l’on ne peut que souscrire à l’opinion de René Prédal lorsqu’il écrit (Anthologie du cinéma n°109) : « S’il fallait renouveler à tout prix le style des premières adaptations de ce chef-d’œuvre baroque (…), les démences et l’excès pourraient paraître des partis-pris plus justifiables que l’étouffement du thème par trop de sagesse et de sobriété. » Le choix de Herbert Lom pour incarner le Fantôme est d’ailleurs significatif d’une volonté de ramener le personnage à des dimensions humaines et réalistes, cet excellent acteur se signalant en général par le naturalisme de ses compositions. De même le Dracula de Christopher Lee (Le Cauchemar de Dracula, Horror of Dracula, 1958) tranche-t-il résolument sur celui de Bela Lugosi dans le film de Tod Browning ; s’il apparaît plus érotisé et plus bestial, il est aussi infiniment moins théâtral.


Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera, Terence Fisher, 1962),
une adaptation singulièrement fade


Mais le fantastique est trop étroitement lié aux questions sexuelles et à l’ambiguïté des genres pour que les éléments queer en soient bannis. C’est par ce biais que le Camp pénètre l’œuvre fisherien, dans au moins deux de ses films.
Le premier est bien entendu Les Maîtresses de Dracula (The Brides of Dracula, 1960), qui s’intéresse aux méfaits d’un disciple du comte (non au comte lui-même, comme le suggère le titre), le baron Meinster (David Peel), jeune aristocrate libertin souffrant d’un sérieux complexe d’Œdipe. Le baron est maintenu en captivité par sa mère dans une chambre de leur château, au moyen d’une chaîne en or attachée à sa cheville. Ce sont ses fréquentations douteuses qui ont fait de lui un vampire, comme le rappelle la domestique Greta (Freda Jackson), qui reproche à la vieille baronne d’avoir approuvé les dissipations de son fils : « Il était toujours entêté et cruel, et vous l’encouragiez. Et les mauvaises fréquentations que vous entreteniez. Vous aviez l’habitude de prendre un verre avec eux. Oui, vous riiez de leurs jeux stupides, jusqu’à ce que l’un d’eux fasse de lui ce qu’il est devenu. » L’homosexualité du baron, plus que suggérée par le fait qu’il fut contaminé par « l’un d’eux », se complique de traditionnels sentiments incestueux. Libéré par une jeune fille (Yvonne Monlaur) que sa mère voulait lui donner pour proie, c’est à sa génitrice qu’il s’attaquera d’abord ; sachant la symbolique sexuelle de l’acte vampirique, cette « morsure filiale » est des plus suggestives.



C’est ici que le Camp s’insinue, comme il ne manque jamais de le faire dans la peinture d’une relation mère / fils de cette nature. Les comédiens y aident beaucoup, dans la mesure où la baronne est interprétée par Martita Hunt, grande dame de la scène anglaise, au physique impressionnant et étrangement masculin, tandis que David Peel fait du fils un dandy efféminé au brushing d’une blondeur impeccable. Dardant son regard hypnotique sur sa mère frémissante, il la contraint à le suivre dans une pièce voisine où elle se livrera à sa morsure. Echevelée, les traits ravagés et les lèvres grossièrement fardées de rouge, elle s’abandonnera ensuite au pieu libérateur du chasseur de vampires, Van Helsing (Peter Cushing).
En matière de Camp, la baronne Meinster et son rejeton sont talonnés de près par leur servante Greta, de qui Freda Jackson offre un portrait inoubliable : devenant hystérique après que le vampire se soit évadé du château, elle pousse des clameurs spasmodiques, se contorsionne, se change en harpie divagante. La scène où, rampant sur la terre d’une tombe, elle encourage une femme vampire à s’en extraire, est proprement ahurissante. « Pousse ! Pousse ! Encore un petit effort !... La voilà ! Elle arrive ma petite beauté ! », hurle-t-elle à la façon d’une sage-femme stimulant une parturiente. Enfin, l’évocation du folklore attaché au vampirisme nous vaut d’autres moments flirtant avec l’outrance, comme cette veillée funèbre d’une villageoise vampirisée, dans une salle encombrée de liens d’ail – la morte elle-même en porte les fleurs en collier –, ou les longues explications de Van Helsing sur cette maladie « mi-physique, mi-mentale », et sur les moyens de la combattre. Roman Polanski s’en souviendra dans son Bal des vampires (Dance of the vampires, 1967), où le professeur Abronsius déclinera ses enseignements sur un ton encore plus pontifiant. (Notons que le célèbre vampire gay du Bal doit peut-être quelques-uns de ses traits au baron Meinster.)

La Baronne Meinster (Martita HUNT), mère incestueuse et castratrice

Non seulement Les Maîtresses de Dracula nous offre la grande première d’un vampire flanqué de sa mère (le cas ne s’était présenté dans aucun film précédent), mais il nous montre ledit vampire plantant ses crocs dans une jugulaire masculine, en l’occurrence celle de Van Helsing. Certes, l’agression d’un homme par un vampire mâle existait déjà dans le roman « Dracula » de Bram Stocker (1897), comme dans les films de Murnau, Tod Browning, et même chez Fisher (la première victime de Dracula est son invité Jonathan Harker – devenu Rendfield chez Browning). Mais l’acte avait lieu hors champ, tandis qu’il se déroule cette fois devant la caméra, à l’issue d’un combat très physique entre Meinster et son adversaire.
Une symbolique sado-masochiste imprègne ces séquences, depuis les chaînes que le baron fait tournoyer au-dessus de sa tête pour en menacer Van Helsing et avec lesquelles il tente de l’étrangler, jusqu’à la scène demeurée célèbre où Van Helsing cautérise au fer rouge sa morsure, et l’asperge d’eau bénite. Deux femmes vampires extatiques observent de loin l’affrontement et le vigoureux traitement que s’inflige le professeur pour empêcher sa contamination. Le climat très érotisé qui baigne ces scènes rend parfaitement dérisoire (et assez Camp, dans le contexte) l’ouverture de sa cape par le baron Meinster pour nous dissimuler le spectacle du baiser mortel – en vérité, le caractère homosensuel de l'acte se trouve accru par cette pudeur grandiloquente.

Un affrontement musclé -- David Peel (g.) et Peter Cushing (d.)

Masochisme cushingien

Le sous-texte queer des Maîtresses de Dracula, bien que remarquable pour un film Hammer, paraît presque timide comparé à celui de Frankenstein créa la femme (Frankenstein created woman, Terence Fisher, 1967). Le baron n’y pratique pas moins que la première intervention de changement de sexe de l’ère moderne !
Sa méthode, étonnamment spiritualiste, consiste à transférer l’âme d’un sujet masculin dans un corps féminin. Hans (Robert Morris), homme de main du baron Frankenstein (Peter Cushing), est injustement accusé du meurtre d’un aubergiste dont il aime la fille, Christina (Susan Denberg). Le crime fut commis par un trio de jeunes bourgeois hédonistes et crapuleux, ayant pour habitude de harceler Christina en raillant ses infirmités. Hans est guillotiné sous les yeux de la jeune fille, qui, désespérée, se jette dans la rivière. Avec l’aide du Dr Hertz (Thorley Walters), qui l'assiste dans ses expériences, Frankenstein récupère les dépouilles des amants, dissocie l’âme de Hans de son cadavre, et la transfère dans le corps de Christina, qu’il remodèle au passage pour le défaire de ses imperfections. Plastiquement impeccable, le fruit de l’opération, que l’on peut assimiler à un splendide transsexuel, entreprend de châtier les responsables de son exécution – et les meurtriers de son père. Christina les séduit et les assassine sauvagement. Sa vengeance accomplie, elle se suicide une seconde fois.



Le scénario de John Elder (alias Anthony Hinds, fils du fondateur de la firme) est sans conteste l’un des plus délirants jamais élaborés pour la Hammer. Son potentiel Camp est tellement écrasant que le plus rigide des réalisateurs n’aurait pu l’omettre ni le réduire de façon significative. Terence Fisher livre une mise en scène élégante et dépouillée, qui n’atténue cependant pas l’extravagance du sujet. D’un point de vue queer, le film se révèle une compilation très fournie de thèmes crypto-gay propres au cinéma fantastique. Pour commencer, nous y trouvons le couple de savants (Frankenstein et le Dr Hertz) tentant de se confectionner une progéniture. Le comportement du baron envers Christina après sa résurrection, est celui d’un père protecteur et autoritaire : il refuse de la laisser sortir, lui interdit les miroirs afin qu’elle ne puisse prendre conscience de sa beauté. Le second père, Hertz, qui assume le rôle maternel, est plus complaisant envers la demoiselle, et accède secrètement à ses souhaits (il lui fournit un miroir en cachette de Frankenstein). Follement dévoué à son compagnon, il lui voue une admiration sans borne, et, bien que faible et timoré, s’interposera entre le baron et les policiers quand ils se lanceront à ses trousses. Dans plusieurs scènes, les discours qu’il tient sur son ami, et les regards qu’il lui adresse, sont quasiment d’ordre amoureux.

Le traditionnel couple de savants queers : Peter Cushing (g.) et Thorley Walters (d.)

Quand les deux hommes obtiennent le cadavre nécessaire à la fabrication d’une progéniture, il se trouve qu’il est féminin (Christina). Frankenstein le masculinise derechef en y intégrant la seule chose qu’il lui importe de préserver : l’âme de Hans – il n’aurait de toute évidence jamais ressuscité Christina s’il n’avait eu besoin d’une enveloppe humaine où loger cette âme. Notre couple queer donne ainsi naissance à l’androgyne parfait.
Dans la monographie qu’il consacra au cinéaste (Terence Fisher, Manchester University Press, 2001), Peter Hutchings estime que le baron est moins antisocial dans Frankenstein créa la femme que dans les précédents films du cycle fisherien (Frankenstein s’est échappé, 1957, La Revanche de Frankenstein, The Revenge of Frankenstein,1958) : il ne tue personne de ses propres mains et se révèle moins agressif envers son entourage. L’observation n’est que partiellement vraie, car si Frankenstein manifeste moins ostensiblement son opposition à la société, ses visées subversives n’ont pas changé, et atteignent même un point culminant : l’annihilation de la notion de genre, concrétisée par sa nouvelle créature, Christina / Hans. Hutchings poursuit en signalant que le film témoigne du déclin de l’autorité masculine, puisque Christina échappe à son père / créateur, et refuse, dans la dernière scène, qu’il lui explique « qui elle est vraiment ». « Je le sais déjà », répond-elle avant de se jeter à l’eau. Elle parle alors avec sa propre voix – non celle de Hans, qui se substituait parfois à la sienne. Cette lecture féministe restreint là encore le propos du film, qui va bien au-delà d’un équilibre des rapports de sexes, puisqu’il rompt carrément la barrières des genres – ce en quoi il est Camp.


Christina / Hans (Susan Denberg) tapine sous un réverbère

Une autre différence fondamentale d’avec les autres « Frankenstein » de la Hammer tient à ce que le baron s’éloigne du strict matérialisme qui caractérisait jusqu’alors ses expériences (greffe de cerveau) pour adopter une optique spiritualiste (transfert de l’âme). Frankenstein créa la femme est pourtant, de tous les films du cycle, celui qui s’attarde le plus sur les travaux en laboratoire, et sur la lourde machinerie qu’ils nécessitent. Nous voyons le baron et Hertz manœuvrer un appareillage contraignant, actionner de pesantes manettes, lutter contre les courts-circuits, tout ceci pour isoler une immatérielle boule de lumière flottante : l’âme du mort. Les efforts physiques et mécaniques déployés contrastent avec la nature étherique du résultat obtenu. Les recherches de Frankenstein prennent une coloration ésotérique inaccoutumée : il puise l’énergie de la roche pour fabriquer un champ de force, il se fait cryogéniser puis décongeler afin de vérifier que son âme n’a pas déserté son corps pendant la suspension de son métabolisme.
On songe aux expériences, aux frontières de la science et de la tradition, tentées par les savants nazis dont nous parlent Pauwels et Bergier dans « La Matin des magiciens » (1960). Le baron se rapproche ici furieusement du « réalisme magique » (mouvement contreculturel auquel le livre précité servit de manifeste) ; ce qui le motive est moins la création de la vie que la génération d’un surhomme, et les voies fort peu rationalistes qu’il emprunte à cette fin achèvent de le poser en précurseur de la mystique fasciste.
Le cycle frankensteinien fut pour Fisher l’espace dans lequel le moraliste victorien qu’il était remit en cause ses certitudes, de la même façon que, dans la sphère politique, certains réactionnaires glissèrent vers le fascisme. Il en résulte chez le cinéaste un rejet soudain des conventions, une ouverture sur l’utopie la plus fantaisiste qui, comme on l’a vu, croise le Camp – comme le Camp croisa le fascisme à l’orée de son avènement (Murnau, Fritz Lang), et parfois durant celui-ci (Leni Riefenstahl, et les cinéastes « officiels » du régime). Mais on notera aussi dans ce film plusieurs traces de kitsch qui, comme toujours, marquent la persistance du conservatisme : les décors rococos, l’image pieuse peinte sur le lit de Christina, les tenues folkloriques de cette dernière – situé dans une Europe de l’Est d’opérette, comme beaucoup de films Hammer, Frankenstein créa la femme est le plus proche, esthétiquement, du film de terroir allemand (Heimatfilm). Le Camp emporte néanmoins le morceau, lors de scènes aussi emblématiques que celles où notre transsexuel Christina aguiche ses victimes masculines avant de les assassiner, ou encore lorsqu’elle parle à la tête coupée de Hans avec la voix de ce dernier.


Christina / Hans (Susan Denberg) et l'objet de sa drague, pas rebuté par ses tenues kitsch

En conversation avec son ancienne tête

Après ce sommet, Fisher s’assagira notablement – du moins, dans le domaine qui nous intéresse –, et ses trois derniers films pour la Hammer s’achemineront vers une épure plastique et thématique assez impressionnante. On peut à la rigueur trouver une dimension Camp au sabbat de la secte des Vierges de Satan (The Devil Rides Out, 1968), avec ses adeptes gesticulants et son Diable mi-homme mi-bouc, mais les ultimes volets de la saga frankensteinienne (Le Retour de Frankenstein [Frankenstein must be Destroyed, 1969] et Frankenstein et le monstre de l’Enfer [Frankenstein and the monstre from Hell, 1972]) sont des œuvres très concertées, frôlant l’austérité pour le dernier. Le matérialisme y fait un retour en force, aboutissant même à un certain « mécanisme », sensible dans la façon dont Frankenstein, dans le dernier film, enchaîne les expériences avec une sorte de résignation stakhanoviste, totalement dépassionnée. Passée la phase idéaliste du fascisme, le baron s’enlise désormais dans la macabre routine des camps d'anéantissement (auxquels l’asile d’aliénés du film fait invinciblement penser) ; le Prométhée moderne, créateur de la vie, n’est plus qu’un pourvoyeur de la mort.

À suivre...

BONUS :
Bande-annonce des Maîtresses de Dracula, sur YouTube
Bande-annonce de Frankenstein créa la femme, sur YouTube
Par BBJane Hudson - Publié dans : LA CRYPTE AUX GAYS
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 20 novembre 5 20 /11 /Nov 10:21


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 


Christophe AVELINE, L'Infidélité : la relation homosexuelle en question,

L'Harmattan, collection Sexualité humaine, 2009, 67 p., bibl., 10,50 €.

 

La fidélité, la monogamie, l'exclusivité sexuelle. Y a-t-il un sujet qui turlupine plus nos esprits que celui-ci ? Toi et ton mec, euh, je veux dire, vous êtes « open » ? Tu ne crois pas que les voisins organisent des touzes ? Ah, un « couple » de mecs, oui enfin « couple, vous me comprenez », ça va ça vient…

Dans notre XXIe siècle occidental où s'affichent libido, libertés conjugales et fast-sex, quelle est la place de la fidélité au sein du couple homosexuel masculin ?

C'est à cette question cruciale que Christophe Aveline apporte de très sérieux éléments de réflexion, dans une prose érudite mais accessible. Son argumentation est solide et efficacement construite. À partir d'une remarque étonnante d'un psychiatre, selon lequel l'infidélité chez les gays a une origine génétique (p. 9), l'auteur mène une étude qui aborde les différents aspects de la fidélité puis de l'infidélité avant de se centrer sur le couple gay et ses différentes façons de vivre à deux… ou plus.

Les éléments sanitaires (sida) et juridiques (pacs) ont un rôle qu'il tente de cerner dans ces relations de couple où l'amour est au centre du débat (p. 49 chapitre Au commencement était l'amour).

Les dernières pages font un sort au prétendu particularisme génétique des homosexuels dont on ne peut que se révolter d'en trouver la place dans le raisonnement d'un professionnel de l'écoute diplômé de médecine.

Avec l'intention de montrer que la fidélité est un modèle raisonnable pour le couple gay, Christophe Aveline ne fait aucun prosélytisme mais présente une intelligente argumentation à tous ceux qui pensent ou vivent différemment leur couple, sans donner de leçons à personne.

Reposant sur une solide culture littéraire et scientifique, avec des sources que ce libraire passionné cite pour étayer son raisonnement, ce petit livre ouvre brillamment les pistes d'une réflexion qui interpelle chacun.

 

INTERVIEW DE CHRISTOPHE AVELINE

 

Les Toiles Roses : Bonjour Christophe et merci de nous accorder quelques instants à l'occasion de la sortie de ton livre. Pourrais-tu d'abord te présenter ? Écrivain, poète ou libraire ?

Christophe Aveline : Qu’ils sont loin mes rêves de jeunesse ! Où je m'imaginais en avocat de la veuve et de l'orphelin, en juge impartial plaidant, robe noire ou rouge agitée par la passion de la cause, le bras droit levé au ciel comme pour en appeler à une force céleste plus compétente, et bras droit sur le cœur. Non rien de tout cela, je suis libraire plaidant avec passion, la cause des livres.

 

Le texte ne se suffit-il pas à lui-même ?

Même si l'auteur est le mieux placé pour défendre son œuvre, il faut encore et encore des tas d'intermédiaires pour renforcer l'idée que le livre mérite d'être lu. Le libraire est-il compétent pour le faire, lui qui n'a pas de diplôme, lui qui agace l'éditeur parce qu'encore indispensable mais ne se résumant a ses yeux qu'à un intermédiaire coûteux ! Le libraire plutôt manutentionnaire, balayeur, livreur voilà ma réalité, ma souffrance ,ma vie commencée le 7 janvier 1989 à Paris XIIIe dans une librairie achetée quelques jours avant, Le Cerf volant, aujourd'hui disparue dans des circonstances très tristes.

 

Était-ce le simple fait du hasard ?

Non pas vraiment, ce métier était une sorte de tradition familiale. Comme les autres, je n'avais pas cette vocation à devenir libraire, les circonstances bonnes et mauvaises de la vie m'y ont conduit... Le reste, la volonté de servir le livre, les auteurs et les éditeurs, tout cela est arrive petit à petit...

 

Tu as donc dû vivre de grands moments ?

Combien de rencontres riches et émouvantes ! Un chapelet ininterrompu de talents, des journées parisiennes aussi pleines que celles de ma vie de province sont vides ! C'était la visite de Daniel Pennac, de Jean-Claude Barreau, du génial et dernier grand critique de théâtre Gilbert Chateau (critique à la NRF et au Petit journal de la comédie Française) ami génial et regretté chaque jour depuis sa disparition, Jean-Claude Eslin, Charles Ficat, Véroniqe Nahoum-Grappe l'historienne, Daniel Cohen l'éditeur, l'impressionnant Jérôme Lindon fondateur des Éditions de Minuit : un chapelet ininterrompu de talents. Les conversations allaient bon train. J'aimais à dire le plaisir éprouvé à la lecture du seul et unique livre de Claude Chevreuil sur Giorgione, mon goût pour les livres de Xavier Pattier, le plaisir jamais émoussé à la lecture de Julien Gracq, de Sénèque, de la découverte de En l'absence des hommes de Philippe Besson, Le Clézio, Woodehouse, Zweig, Schnitzler et Paul Auster... Mon goût pour l'histoire de l'art, la théologie et la musique trouvèrent au milieu des publications qui arrivaient chaque jour à se satisfaire.

 

Le Cerf volant avait un lien particulier à la musique dont se souviennent peut-être certains de nos lecteurs !

La musique fut en effet un moment de la vie de cette librairie, devenant une fois la nuit tombée et le rideau levé sur une petite scène pour les musiciens qui acceptèrent de s'y produire, un nouveau lieu d'expression. Ce cabaret qui accueillit entre autres Luce Klein ou Michel Dintrich le guitariste...

 

Et de tout ce cocktail d'expériences, tu en es arrivé à l'écriture ?

Oui bien sûr, à force de lire et de fréquenter des bons textes, les yeux et les oreilles s'éduquent, la main se discipline, il doit en rester quelque chose ! J'ai éprouvé le besoin d'écrire. Le plaisir d'écrire un roman, un essai, une nouvelle, une critique est proche, voire identique. Toujours la même volonté de chercher et trouver le mot juste traduisant tant que faire se peut au mieux la pensée, trouver l'image qui frappera, imprimera sa trace dans les esprits et les cœurs. L'essai ne repousse pas l'art littéraire au fond, bien au contraire : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ! Il n'existe ni nouvelle ni ancienne écriture sauf dans les laboratoires à titre expérimental mais une bonne et une mauvaise littérature.

 

Mais tu es aussi poète !

La poésie révèle à son auteur un procédé créatif bien différent. À titre personnel, je n'ai pas pu résister à son amicale pression qui vous prend n'importe où et qui exige d'être soulagée immédiatement sous peine de débordements intérieurs dommageables. Donc une écriture automatique émanant d'une conscience inspirée et éduquée avec des mots choisis dans une mécanique d'imprimerie assez peu contrôlable. Les mots, les sons se mettent à chanter, à s'ordonner, à transcrire les pulsions intérieures les moins dicibles. Puis arrive le temps d'après, celui que je consacre au travail de polissage, d'écrémage, de démolition, de reconstruction...

 

Ton essai sur la fidélité dans le couple homosexuel est dans l'air du temps, le mensuel Têtu de novembre consacre un dossier (1) à ce sujet et toi tu fais un intéressant tour de la question. Verrais-tu, en tant que libraire, ton propre livre dans un rayon de librairie spécifiquement gay ?

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de créer un rayon homo mais il est souhaitable de trouver des romans, des essais sur le thème de l'homosexualité. Les auteurs ne souhaitent pas être identifiés en raison de la spécificité du thème, appréciés pour cela mais tout simplement parce qu'ils écrivent bien et qu'ils ont des choses intéressantes à dire !

 

Ton essai a pour point de départ le raccourci cinglant d'un psy affirmant que les homosexuels n'ont pas la possibilité d'être fidèles…

Il existe me semble-t-il une association des médecins gays (2) qui doit en principe être avertie et sensibilisée aux questions liées à l'homosexualité. Pour les psys, c'est très particulier car il existe un paradoxe que j'ai du mal à comprendre. À Paris tout du moins, car en province il n'y a pas d'homo c'est différent !!!! La clientèle des homos chez les psys est importante, or ils semblent peu enclins à bien les entendre, ils ne les apprécient guère sauf pour toucher les honoraires… c'est étrange.

 

Donc une mésentente parisienne entre les psys et leurs patients gays ? Je peux te dire qu'au fond de ma province, j'ai eu des expériences assez positives !

Je ne crois pas que les psys soient suffisamment à l'écoute ni formés pour bien soigner les homos en souffrance. Pour ce qui me concerne, je dois dire et répéter que j'ai eu une chance inouïe avec beaucoup des personnels de santé que j'ai rencontrés, notamment un psychiatre (Paris XVI) et un médecin généraliste qui a su mieux me parler des questions d'homosexualité que n'importe lequel des dits spécialistes : c'est donc comme souvent une question d'âme !

 

Merci à l'âme que tu as mise au service de ta plume dans ton essai et de ton verbe au cours de cette discussion !

 

(1) Têtu n° 149, novembre 2009, p. 114-116, Christophe Bougnot, Couple fidèle ou couple libre ?

(2) Association des Médecins Gays : http://www.medecins-gays.com/


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 20 novembre 5 20 /11 /Nov 10:03

C'est l'histoire de ce jeune marié qui appelle son meilleur ami au téléphone et se met à pleurer.

— Mais qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air vraiment sens dessus dessous ? lui demande l'autre.

— Tu ne vas pas me croire. Je soupçonnais ma femme de me faire des cachotteries, alors j'ai loué les services d'un détective privé et il vient de découvrir qu'elle me trompait sans le moindre doute possible.

— Pas possible... J'ai du mal à le croire... Et avec qui ?

— C'est ça le plus ironique, ça se passe tous les après-midi dans la maison des voisins !

— Oh la sal... répond l'autre.

— Ça tu peux le dire ! Et si tu penses que je suis hors de moi, tu aurais dû entendre les cris du mari de la voisine quand je lui ai appris !


Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 19 novembre 4 19 /11 /Nov 12:27

Déclaration de l’archevêque de Montpellier sur le « mariage » homosexuel

 

Montpellier, le mercredi 18 novembre 2009
Source : Diocèse de Montpellier.

Faudrait-il se taire ?

Dans un pays comme le notre, si prompt à revendiquer la liberté, l’égalité et la fraternité, il m’a semblé qu’il était bon de participer à un débat de société, dans le respect de l’autre.

Montpellier est en passe d’apparaître comme ville-phare pour promouvoir le mariage homosexuel par une loi civile. Comme citoyen, mais aussi dans ma charge, faut-il rester muet ? Bien sûr, il faut entendre d’où provient cette démarche opiniâtre  des personnes homosexuelles à vivre comme tout le monde. Je me réjouis de tout ce qui a fait reculer l’irrespect ou la marginalisation dont ces personnes ont pu être victimes.

Mais y a-t-il liberté et égalité sans recherche aussi de vérité ? Dans une lecture récente, je suis tombé en arrêt sur cette affirmation d’Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Quelle sagesse ! Si on ne peut rendre l’autre heureux, à tout le moins ne pas ajouter au malheur d’autrui. Le dictionnaire de la langue française donne un sens précis au mot mariage ; il n’y a pas besoin d’être catholique, et je le suis, pour comprendre que jouer avec le mot mariage, union d’un homme et d’une femme, ne rend service à personne.

Ce prétendu droit, fondé sur une négation anthropologique de base pourrait-il  rendre « heureuses » les personnes qui revendiquent le mariage pour une union entre deux hommes ou deux femmes ? Ce qui est par contre certain, c’est que cela contribue à brouiller les repères de la jeunesse, qui ne saurait bien grandir dans la confusion. Je plaide pour le respect des mots qui touchent à la famille.

Est-ce que je sors de ma responsabilité dans une prise de parole libre, qui se veut respectueuse d’autrui ? J’aurais pu me référer à la Bible, mais le philosophe Camus aide à comprendre un propos qui, sans le label « catho », propose simplement une parole de sagesse.


Mgr Guy Thomazeau

Archevêque de Montpellier

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 19 novembre 4 19 /11 /Nov 12:21

« Ma famille politique est opposée à l’adoption par les couples homosexuels. La loi ne le permet pas et je ne vois pas pourquoi il faudrait la changer. (…) Je ne suis pas favorable non plus au mariage homosexuel car, ensuite, se pose précisément la question de la filiation ou de l’adoption par les couples homosexuels. J’estime qu’il est important de poser des repères. (…) Le candidat Nicolas Sarkozy n’a pas proposé l’adoption par les couples homosexuels. Ne pas être favorable à l’adoption par les couples homosexuels ne veut pas dire qu’on est conservateur par nature. La cohérence et la stabilité ne sont pas des valeurs passéistes. Certes la société évolue, les contours de la famille, notamment monoparentale, se dessinent autrement… Mais ce n’est pas pour cela qu’on ne peut pas vouloir conserver des références stables. Ce qui n’est pas incompatible avec une approche moderne de la société. (…) » Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, interview du 18/11/2009 sur le site La Croix.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 19 novembre 4 19 /11 /Nov 10:30

chaudronpotter

 

06.

ASUSHUNAMIR,

OU COMMENT LES GAYS VINRENT AU MONDE...

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.



Le mythe de Perséphone de la mythologie grecque est bien connu. Mais il ressemble à s’y méprendre à une histoire bien plus ancienne issue de la splendide Babylone.

 

L’être de lumière

Inanna, en ces temps reculés, était la Reine des Cieux. Enki le sage lui avait donné toute licence nécessaire pour régner sur les royaumes de l’amour, de la justice, de la féminité, de la fertilité. Elle était entourée de prêtresses et de femmes sacrées et du fruit de ses vignes coulaient les meilleurs vins. Mais Inanna avait une sœur, la Reine du Royaume des Ombres : Ereshkigal.

Un jour, Inanna s’en alla rendre visite à sa sœur, dans ce monde d’où personne ne revient. Ereshkigal la fit capturer et enfermer dans les grottes souterraines du monde des ténèbres. Inanna y tomba malade et sombra dans un profond sommeil. Aussitôt, les arbres sur la terre se mirent à dépérir, les fleurs à se faner et le monde terrestre plongea dans les rigueurs froides de l’hiver.

Enki créa alors une créature fabuleuse, un être lumineux qu’il façonna dans la poussière incrustée dans ses ongles (certains textes parlent cependant de plusieurs êtres). Cet ange de lumière, il le nomma Asushunamir, le brillant, l’étincelant, le resplendissant. Asushunamir, cependant, n’était ni homme, ni femme. Il possédait le privilège d’appartenir aux deux genres à la fois.

Le superbe être de lumière descendit à son tour dans le royaume des ombres. La Reine Ereshkigal tomba aussitôt sous son charme, tant il est vrai qu’il était la plus belle créature jamais créée sur cette terre. Elle lui offrit du vin et des mets succulents. À la vérité, elle rêvait de régner avec lui sur le royaume des morts et de le coucher dans ses draps. Mais Asushunamir prit soin de ne pas toucher une seule miette des plats qu’elle proposait et n’avala bien sûr aucune goutte de vin. Ce qu’il voulait, disait-il, c’était goûter à la source de vie. Une eau si miraculeuse qu’on disait qu’elle pouvait ressusciter les morts et donner la vie éternelle. Ereshkigal était si désireuse de combler tous ces vœux qu’elle ordonna aussitôt qu’on apportât une cruche de cette eau merveilleuse.

Plus tard, alors qu’elle s’était endormie. Asushunamir s’empara de la cruche et chercha la cellule où gisait Inanna. Il la trouva. La déesse reposait, froide et blanche sur la roche de la grotte. Il l’aspergea alors de l’eau miraculeuse et aussitôt Inanna revint à la vie.

Ausushunamir l’aida ensuite à se relever. Ensemble, ils remontèrent les 7 escaliers terrifiants qui relient les enfers au monde vivant. Quand Inanna déboucha à la lumière du jour, les arbres se redressèrent, les rivières se remirent à couler, les fleurs à bourgeonner, et les animaux à frayer. Avec elle, le printemps balayait à nouveau le pays de ses forces vivifiantes. Inanna était sauvée. Le monde entier revenait à la vie.

Quand Ereshkigal se réveilla, elle entra dans une colère terrible. Asushunamir n’était pas encore arrivé, lui, à la lumière du jour. Il avait encore un talon sur les marches de l’enfer quand il fut frappé par un sort lancé par la terrible sorcière :

— Tu ne mangeras que la fange des égouts, tu ne boiras que l’eau des caniveaux. Tes proches te haïront et te mépriseront. Les gens n’auront de cesse de vouloir te détruire. Je te condamne à te cacher éternellement et à vivre dans l’ombre.

Asushunamir reçut le sortilège de plein fouet et jeta un regard désespéré à la déesse qu’il venait de sauver. Autour d’eux, le printemps gonflait déjà toute la terre de sa magie puissante et vivifiante. Inanna se pencha sur celui qui venait de le sauver, cet homme-femme scintillant, porteur de tellement de lumière. Elle ne pouvait rien faire pour annuler le charme lancé par sa sœur, mais elle pouvait, au moins, l’adoucir, l’arrondir, le rendre moins pénible :

— Oui, c’est vrai, ceux qui comme toi, préfèrent les hommes, femmes sacrées et voyageurs d’entre les sexes, subiront le courroux de leurs proches. Ils seront considérés comme des étrangers dans leur propre maison. Leurs familles leur diront de se cacher et ne leur accorderont aucune aide. Les ivrognes vous frapperont. Et les puissants vous enfermeront. Mais si tu te souviens que tu es né des étoiles et que tu m’as sauvée des ténèbres, je ferai de toi et de ceux comme toi mes enfants favoris, mes prêtres. Je te donnerai la connaissance magique des puissances de la terre et de la lune. Tu auras le pouvoir de guérir. Tu sauveras mes enfants comme tu m’as sauvée, moi. Et lorsque tu revêtiras une de mes robes, je danserai avec toi par tes pieds et je chanterai par ta bouche. Aucun homme ne résistera à tes enchantements. Quand la cruche de l’eau de vie sera ramenée sur la terre, les lions s’enfuiront et tu seras libéré du charme qu’Ereshkigal t’a lancé. À nouveau, vous serez, toi et les tiens, les Asushunamir, les êtres éclatants, ceux qui sont venus renouveler la lumière, ceux qu’Inanna a bénis.

 

 

Asushunamir, père-mère des gays ?

En lisant cette légende, on ne peut s’empêcher de ressentir une impression de déjà-vu. Des pères en proie à la colère, des mères en larmes, des portes qui claquent. Des compagnons mis à la porte. Et surtout le placard. Ceux qui se taisent, qui font tout ce qu’ils peuvent pour que « cela » ne se voie pas et qui s’inventent des fiancées imaginaires. Des familles qui refusent de voir « l’étranger de la famille », celui qu’elles ne voudront jamais accepter comme étant le compagnon ou la compagne. Des fuites à l’anglaise parce que « les beaux-parents arrivent ». De sombres histoires d’héritages. Bref, toute cette mélasse à laquelle les homos des deux sexes ont dû s’habituer pendant des siècles, et même des millénaires. Se cacher. Se taire. Passer toujours en second plan. Choisir entre une carrière prometteuse et une relation affective assumée. C’est cette vie d’ombre, de honte et, parfois, de misère qui a été le lot des homosexuels pendant longtemps et qui le reste en bien des lieux de la planète.

Asushunamir, le brillant, est vu comme étant à la fois masculin et féminin. Est-il un « deux-esprits » comme on en voit encore dans bien des civilisations primitives ? Est-il la représentation des transgenres, des gays efféminés et des lesbiennes masculines ? Certains néopaïens le pensent. Le placard ne serait que la geôle où la déesse des ombres a enfermé Asushunamir. Pas une geôle comme on l’imagine, mais une prison plus terrifiante encore : un exil éternel, un bannissement perpétuel. Tous ceux qui sont pareils à lui seront chassés de leurs familles. Étrangers n’importe où. Mais que veut dire ce « comme lui », ces « semblables » si ce n’est ce qui semble si évident quand on y songe vraiment ? Sommes-nous les fils et les filles spirituelles d’Asushunamir ? Ne sommes-nous pas soumis à la même condamnation que lui ?

Le fait qu’Asushunamir soit à la fois mâle et femelle n’est pas sans évoquer le « double esprit » des anciens peuples. Mais il peut également signifier que ses « semblables » appartiennent aux deux sexes.

On peut aller plus loin encore en évoquant cette merveilleuse bénédiction qu’Inanna prononça afin de le sauver. Dans ces images de danse et de chants, on ne peut s’empêcher d’imaginer les drag-queen fabuleuses, les divas magnifiques, ces ponts entre les sexes que chaque travesti incarne. Un parfum de spectacle, une ambiance chaleureuse imprègne les mots de la déesse : « Lorsque tu revêtiras une de mes robes, je danserai avec toi par tes pieds et je chanterai par ta bouche ». Les chars de la gay-pride résonnent de ces paroles.

Il est un autre peuple cependant que l’on affirme parfois être les descendants d’Asushunamir. Il s’agit des fées. Des êtres mythiques avec lesquels nous partageons beaucoup de choses en effet. Ce sont des créatures de l’ombre, dont le travail est de plus en plus oublié, voire méprisé. Êtres de l’invisible, on les craint tout autant qu’on ne les respecte. Elles aiment la danse et les chants qui sont, pour elles, magiques.

Mais n’est-ce pas de « faeries » qu’on qualifie parfois les gays dans les pays anglo-saxons ? N’est-ce d’ailleurs pas par ce mot qu’un mouvement gay spirituel s’est nommé de lui-même : les « Radical Faeries » ? Ce n’est pas un hasard. Les fondateurs du groupe se sont bien intéressés à cette similitude en le créant.

Que ce soit des fées ou des gays qu’il est question quand on évoque la succession d’Asushunamir, finalement, cela importe peu. Le destin des uns et des autres est peut-être lié. Fées et gays en ressentent le même rayonnement. Nous sommes issus de la brillance de l’ancien dieu. Certains parlent d’esprits pour le qualifier, disant même qu’il n’y avait pas un seul Asushunamir mais plusieurs. C’est bien possible mais cela n’enlève rien au propos.

Le mythe illustre bien à la fois cet aura de prestige dont bénéficient les gays, en même temps que le marasme où l’histoire les a plongés depuis très longtemps. Respectés et maudits. Étrange contradiction qui se retrouve d’ailleurs dans de nombreuses traditions.

Mais le dernier détail, et sans doute le plus important, est le pouvoir qu’Inanna offre à Asushunamir. Grâce à elle, il devient guérisseur. Ce mythe, quand on le regarde, parle de la succession des saisons. Nombre d’anciennes religions font référence à des divinités solaires ou à des déesses de fécondité de passage par le royaume des ombres. Qu’on songe à Perséphone par exemple, ou même à Ra. Qu’il s’agisse d’évoquer le cycle des saisons ou le rythme des jours et des nuits, cet enfermement, ce séjour en enfer fait partie intégrante de bon nombre d’anciennes mythologies. Inanna ne fait pas exception à la règle. Son voyage dans le monde des ténèbres se combine à la venue de l’hiver. Mais on le sait, l’hiver n’est jamais éternel, et il se trouve toujours un héros ou un dieu pour tirer des ténèbres la déesse prisonnière. Ainsi en est-il d’Asushunamir. C’est lui qui sauve Inanna de sa perdition. C’est lui qui rétablit le bon ordre des saisons. Pour ceux qui prétendraient que les gays perturbent l’équilibre du monde, voici un mythe qui annonce le contraire. Nous sommes juste nécessaires à la beauté du monde.


Lire le précédent billet


À suivre le mois prochain :

Les animaux totems gays
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 18 novembre 3 18 /11 /Nov 10:00

Extrait de la chronique de Christophe Beaugrand, sur EUROPE 1.
En réponse à Christian Vanneste, le député du Nord qui s'illustre régulièrement par ses propos homophobes, rien de tel qu'un petit foutage de gueule... et qui sait, c'est peut-être vrai qu'il est fan des Village People et de la Grande Zoa !
Merci Christophe !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 11 novembre 3 11 /11 /Nov 03:05


Fiche technique :

Avec Fernando Ramallo, Jordi Vilches, Marieta Orozco, Esther Nubiola, Chisco Amado, Ana Gracia et Myriam Mézières. Réalisé par Cesc Gay. Scénario de Tomas Aragay, Cesc Gay et Jordi Sanchez. Directeur de la photographie : Andreu Rebes. Compositeurs : Joan Diaz, Jordi Prats et Riqui Sabates.
Durée : 96 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
En Espagne, Dani et Nico sont deux lycéens inséparables. Ils se retrouvent pour les vacances dans la riche demeure de Dani, au bord de la Méditerranée. Sa famille est aisée, moderne et libérale, tandis que les parents de Nico sont divorcés et d'origine plus modeste.
Dans la chaleur de l'été, entre le village où l'on danse et la plage où s'ébauchent les rencontres, les deux adolescents rencontrent deux jeunes filles de leur âge : Berta et Elena. La première poursuit Dani tandis que Nico flirte avec Elena.

krampp0.jpg
Les deux garçons entreprennent leur apprentissage du sexe et entre eux naissent des sentiments ambigus. Pendant ces dix jours de liberté, ils découvrent ensemble l'amour, la jalousie et le désenchantement. Ils traversent ainsi la frontière vague qui sépare l'adolescence de l'âge adulte.

krampp1.jpg

L'avis de Rémi Jimenez :
La mise en scène, ça tient parfois à peu de choses. Quelques idées éparses, simples mais efficaces. Cet adage, Cesc Gay, réalisateur catalan dont c’est là le deuxième long métrage, l’applique à la lettre, cherchant moins à étaler une vaine virtuosité qu’à donner vie à ses personnages, deux adolescents : Dani et Nico. Au début du film, nombreux sont les signes qui, discrètement, esquissent le récit. C’est d’abord un trajet en train, annonçant les initiations à venir, les premières ébauches du passage d’un état à un autre. Non pas de l’adolescence à l’âge adulte, mais plutôt de l’adolescence à la post-adolescence.

krampp2.jpg
C’est ensuite Nico, passager au physique androgyne, qui vient rejoindre son pote Dani dans la maison de vacances de ses parents. Ils se retrouvent sur le quai, se donnent une franche accolade, puis quelque chose se produit. Quelque chose de limpide et de délicat : les deux compères se bousculent comme deux gamins agités, puis changent de position. Dani se retrouve alors à la place de Nico et vice versa. Ce renversement initial marquera de son sceau tout Krampack, et notre vision des choses, bourrée de préjugés (l’androgyne homosexuel, le petit blondinet qui fait craquer les femmes, etc.), s’en trouvera considérablement altérée…

krampp3.jpg
C’est donc à une chronique sur l'adolescence que nous convie Cesc Gay, genre ô combien délicat, tant il penche souvent du côté de la caricature : ces anciens ados devenus cinéastes jettent parfois un regard trop nostalgique, limite réactionnaire, sur cette étape décisive de leurs vies. Ouvrons ici une parenthèse, histoire d’indiquer que le cinéma ibérique a toujours été moins enclin que le nôtre à parler de cette classe d’âge. Pour des raisons historiques d'abord (la dictature franquiste laissait peu de place aux récits d’initiation, ou alors il s’agissait d’initiation patriotique !). Pour des raisons cinématographiques ensuite : ces dernières années ont été marquées par le cinéma almodovarien peu friand de ce type de personnage. Fin de la parenthèse.

krampp4.jpg
Ce contexte cinématographique est peut-être pour beaucoup dans la réussite relative de Cesc Gay : le cinéaste n’a pas cherché à imiter, ni à innover, préférant se focaliser sur ses deux protagonistes, parfaitement dessinés et interprétés (il faudra notamment suivre ce Jordi Vilches, qui a une gueule et du bagout)…

krampp5.jpg
Cette attention soutenue sur les deux comédiens explique sans doute les quelques errements repérés ici ou là : les adultes mal campés et un peu bâclés, ou bien encore ce recours un peu lourdingue au montage parallèle à la fin, comme pour mettre en perspective la découverte et l’épanouissement sexuels de Dani et Nico, chacun dans son coin, chacun dans son genre. Mais l’ensemble est suffisamment juste et touchant pour qu’on s’y attache. Oublions donc ces quelques travers.

krampp6.jpg
L'avis de Jean :
On n'est pas sérieux quand on a 17 ans…
Comme tous les ans, Dani, fils d'une famille aisée espagnol, invite son ami d'enfance, Nico, à passer les vacances chez lui, dans une magnifique villa sur la côte espagnole.
Cette année est particulière car les parents de Dani partent en Egypte et les deux compères, âgés de 17 ans, ne souhaitent pas passer l'été puceau.
Mais leur épanouissement sera différent.

krampp8.jpg
… Et qu'on joue au Krampack sous les ramages.
Si Krampack a été présentée en avant-première française lors du festival gay et lesbien qui s'est déroulé à Paris dans la deuxième moitié du mois de décembre 2002, ce n'est pas un hasard : ce film est très bon et, vous vous en doutez parle (aussi) d'homosexualité.
L'histoire pouvait nous faire crainde le pire mais Cesc Gay, le réalisateur, a réussi à saisir des instants d'émotion, de jalousie, d'incertitudes, sans fausse pudeur ni mièvrerie. Belle performance !
De plus il existe une parfaite osmose entre les acteurs. Le résultat est d'un très bon niveau. L'intervention de filles du même âge va faire la joie de Nico et les déconvenus de Dani, le rôle de la prof d'anglais, à qui les parents de Dani l'ont confié, va aussi être déterminant : elle voit bien ce qui se passe et joue un rôle de régulateur. Elle dit d'ailleurs à Nico (Dani n'a pas passé la nuit chez lui) : "Si tu es jaloux qu'il passe la nuit ailleurs, alors tu es amoureux de lui et tu dois l'assumer, sinon va dormir, il rentra bien demain, t'inquiètes !"

krampp9.jpg
N'allez pas croire que ce film, interdit au moins de 12 ans, est une partouze collective ou une ode à l'homosexualité. Ce n'est absolument pas le cas. Krampack ne joue pas la carte de la vulgarité.
C'est drôle, touchant, juste. Il évoque juste la constitution d'une personnalité sexuelle différente entre deux amis, l'un hétérosexuel, l'autre très attiré par les hommes, en particulier Nico.
Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas compris, Krampack est un film à voir.
Pour plus d’informations :
Par Rémi Jimenez & Jean - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:06


L'auteur :
Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.
L'avis de Stéphanie Nicot :
« Nous attachions leurs poignets et leurs chevilles avec des dentelles noires, nous lubrifiions et pénétrions leurs moindres orifices, nous leur procurions des plaisirs qui leur faisaient honte. Je me souviens de Félicia, une beauté aux cheveux mauves, qui parvint à un orgasme sanglotant, sauvage, grâce à la langue râpeuse d'un chien errant ». Dès les premières lignes de « Sa bouche aura le goût de la fée verte » (Allusion à l'absinthe chère à nos Rimbaud et Verlaine), on devine que rien, ou presque, ne nous sera épargné. On se convainc également que les antiennes sur l'écriture « féminine » et autres sottises sexistes ne résistent pas une seconde à la lecture des nouvelles de Poppy Z. Brite.
Inutile de dire que le fantastique de Brite a très peu à voir avec les bluettes surannées, sans âme, en un mot inoffensives qui font crouler les rayonnages des éditeurs de littérature générale, ce fantastique des familles qu'on étudie dans les meilleurs lycées, qui ne dérange pas les partisans de l'ordre moral, qui ne trouble ni les critiques, ni les lecteurs.
Avec Poppy Z. Brite, Eros et Thanatos célèbrent leurs sombres noces à chaque page, poussant chaque fois un peu plus loin les limites du dicible. L'auteur des Contes de la fée verte renoue sur le plan des thèmes avec la grande tradition du fantastique du XIXe siècle (Poe, Gautier, James qui évoquent sous le masque des histoires de revenants et de vampires les pires horreurs sexuelles...) tout en injectant dans sa prose les stigmates de la modernité (surpopulation, violence de masse, ravages de la drogue).
Comme le souligne Dan Simmons, dans une préface chaleureuse, il s'agit d'une œuvre au contenu « brillant, ténébreux, infiniment tragique et extraordinairement juste », une œuvre qui parle « de sexe et de décomposition, des extrêmes ténébreux de l'amour où violence et passion se confondent. » : les abîmes de la gémellité (Anges), la peur inconsciente de la féminité (Xénophobie), la mort d'un enfant (Paternité), les affres de la jalousie et de l'amour (Cendres du souvenir, poussière du désir)...
On soulignera que certains des récits les plus brutaux et les plus désespérés ont été écrits par une gamine de vingt ans et on se demandera quelles douleurs secrètes produisent une littérature aussi personnelle, aussi puissante, aussi radicale : « II me tendra les bras, m'invitera à reposer avec lui dans son lit grouillant de vers ».

Pour plus d'informations :
Disponible chez Denoël (France)
Site de Poppy Z. Brite (anglais)

Par Stéphanie Nicot - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:04


L'auteur :
Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.
L'avis de Org :
« Les Beatles étaient devenus plus populaires que le Christ ». Cette phrase a été prononcée par John Lennon en 1966. Bon. Maintenant, imaginez que les deux piliers, les vrais moteurs de ce groupe « plus populaire que le Christ », aient été gays. Cela aurait il un tant soit peu changé le monde ? Tel est le postulat de départ de Plastic Jesus. Et autant vous le dire tout de suite, d'après Poppy Brite, la réponse à la question posée est bien évidemment oui... Donc, John et Paul (ils ont un autre nom et leur groupe ne s'appelle pas les Beatles, mais il s'agit bien d'eux), sont gays. Et John (en fait, sont nom c'est Seth, dans le bouquin) meurt le corps truffé de balles — cinq, pour être précis. Paul (son nom à lui, c'est Peyton), fou de douleur, va voir le psychanalyste de John/Seth, un vrai fan de leur groupe ayant lui-même assumé son homosexualité grâce aux deux rock-stars. Paul veut rencontrer Ray Brinker, l'assassin de John, et pense que le psychanalyste devrait pouvoir lui permettre d'accéder au meurtrier. Les deux hommes discutent, et bientôt Paul raconte son histoire, sa rencontre avec John, la formation du groupe, sa vie amoureuse...
Plastic Jesus n'est pas un mauvais livre. Ce n'est pas non plus, loin s'en faut, le chef-d'œuvre de Poppy Brite. Le texte est court (100 pages, le reste du volume étant meublé par une introduction, des illustrations hideuses de l'auteure, une interview ainsi qu'une sorte d'essai fictionnel tiré de Coupable, recueil d'essais abscons de Brite publié aussi Au diable vauvert). En fait, il s'agit davantage d'une novella que d'un roman. Brite y fait preuve de son habituelle sensibilité, de sa justesse de ton et de son style simple, nerveux. Si ses motifs centraux demeurent inchangés (l'amour, le sexe et ses orientations, le rock, la créativité, etc.), on notera toutefois qu'on retrouve ici l'auteure d'Âmes perdues non seulement débarrassée de son appareillage gothique habituel (fantôme, vampire et magie), mais aussi du cadre classique de ses bouquins (principalement la Nouvelle Orléans et la Louisiane). De fait, Plastic Jesus tient davantage de la littérature générale que de la littérature de genre. Voici donc un livre d'une auteure dont le talent n'est plus à prouver mais qui vaut surtout par la dimension (direction ?) nouvelle qu'il donne à son œuvre.
Pour plus d'informations :
Disponible au Diable Vauvert (France)
Première publication & autorisation de la revue Bifrost
Site de Poppy Z. Brite (anglais)

Par Org - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:02


L'auteur :
Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.

L'avis de Olivier P. :
Poppy Z. Brite était considérée comme l'icône d'une littérature glam-trash gothique, placée sous le patronage sexe, drogue et rock'n'roll. Toujours aux environs de la Nouvelle-Orléans, son univers bariolé mettait en scène tour à tour des vampires, des serial killer et presque systématiquement des personnages gays. A travers ses nouvelles et ses romans passés, elle avait provoqué de violentes polémiques, certains trouvant ses œuvres trop extrêmes, et/ou trop racoleuses. Elle avait cependant un bon nombre de défenseurs, qui reconnaissaient les justes qualités de son œuvre, que nous apprécions et défendions sur le blog.
Depuis quelques années, Poppy semble prendre un virage à 180°. Finis la violence et la drogue à outrance, le sm trash et le fantastique gore. Toujours portée sur l'homosexualité, elle apparait ici plus sensible, plus introspective aussi. Petite cuisine du diable, son nouveau recueil de nouvelles, marque de façon nette ce basculement a priori irrémédiable. Que ses fans se rassurent, nouvelle orientation ne veut pas dire perte de talent. Bien au contraire. On y retrouve, bien sûr la Nouvelle-Orléans, et son quartier gay. Mais dépouillé des oripeaux du vampirisme, des tueurs en série impitoyables, et de toute sa faune gothique.
Petite cuisine... s'ouvre sur une préface qui explique la genèse de ce recueil, véritable clé de voûte de la mutation de l'auteur. Avant de parler des textes, où l'homosexualité est comme toujours centrale, je voudrais dire que ce recueil est tout simplement ce que Poppy a écrit de meilleur. Différent, plus sensible et introspectif, ce recueil annonce une nouvelle Poppy, enfin arrivée à sa maturité.
Si la plupart des textes tournent autour de l'homosexualité, ou comportent des personnages homosexuels, certains n'en parlent pas. Heureusement, ce sont souvent les meilleurs qui parlent d'homosexualité, sujet que Poppy maîtrise ici à merveille, comme jamais. Tout commence avec le superbe "Rien de lui ne s'étiole", titre magnifique pour texte sublime, sur l'amour de deux êtres condamnés, qui sauront transcender la mort par l'amour. D'une rare sensibilité, ce texte est l'un des plus beaux jamais écrits sur l'homosexualité. Rien de fantastique au sens littéraire, non. Mais une incroyable acuité à sonder l'âme et le corps de ses personnages. "Pansu" est une amusante variation autour de la possession démoniaque, où la femme d'un restaurateur se met à faire des propositions scabreuses à un couple gay. On découvre vite qu'elle est envoûtée, reste alors à l'exorciser, mais comment ? La sensibilité est à nouveau à l'honneur, quoique marginalement, avec "Tout feu tout flammes", histoire d'une mutante écrite en hommage à la BD Hellboy. La marginalité d'une mutante trouve un écho avec le racisme et l'homophobie. "Bayou de la mère", situé en pleine Louisiane, met en scène un couple de restaurateurs partis faire un voyage touristique. La religion et la culpabilité, dont elle sait accabler la sexualité en général et l'homosexualité en particulier, sont les thèmes majeurs de ce texte au fantastique diffus, dont on retrouvera les personnages dans le plus beau texte de ce recueil, "Une saison d'enfer". Ce texte se passe dans le restaurant des deux protagonistes du "Bayou de la mère". Il mettra un jeune face à sa conscience, face à la conscience de son homosexualité. Thème souvent douloureux, traité ici avec une brillante maestria, et l'on a vraiment peine à croire qu'il ne peut être autobiographique, tellement son ton est incroyablement juste. C'est simple, ce texte devrait être obligatoire, car jamais on n'a su, dans l'imaginaire, traiter la prise de conscience de son identité sexuelle avec une telle sensibilité, mais surtout une telle justesse. On devrait d'ailleurs retrouver ces personnages dans le prochain roman de la Poppy, Liquor. Donc, autant le dire, ce roman s'annonce grandiose, tout simplement.
Nous défendions Poppy, nous continuerons à la défendre. Elle peut changer de style, peu nous importe, car elle reste une figure talentueuse et incontournable. Ame gay dans un corps de femme, comme elle aime à se définir, elle signe avec ce recueil une brillante introspection dans l'âme gay, avec une sensibilité et une maîtrise nouvelles, qui font de ce recueil un superbe cadeau.
Pour plus d'informations :
Disponible au Diable Vauvert (France)
Site de Poppy Z. Brite (anglais)
Par Olivier P. - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:01


L'auteur :

Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.
L'avis de Robert Wagner :
Zach est un jeune hacker de La Nouvelle-Orléans qui vit de ses exploits de pirate informatique, une vie ponctuée d'aventures sans lendemain et dominée par la peur de s'engager dans une véritable relation amoureuse. Mais sa vie va être un peu bousculée lorsqu'il apprend que le FBI l'a repéré et vient l'arrêter. Il prend la fuite, sans trop savoir où aller. Trevor a vingt-cinq ans et revient dans la ville de Missing Mile où son père, Bobby McGee, un dessinateur de BD underground, a massacré sa femme Rosenna et le frère cadet de Trevor, Didi, à coups de marteau vingt ans plus tôt. Trevor revient à Missing Mile parce qu'il veut comprendre ce qui a conduit son père à de telles extrémités et surtout pourquoi, lui, Trevor, a été épargné. Les trajectoires de Trevor et Zach vont se croiser à Missing Mile pour le meilleur et pour le pire.
Sang d'encre témoigne une nouvelle fois (après Âmes perdues, chez le même éditeur) de l'habileté diabolique de Poppy Z. Brite dans la construction de personnages de chair, de sang et d'émotions. Les aventures de Trevor et Zach sont la preuve que l'on peut maîtriser la littérature de terreur sans faire appel aux clichés qui l'ont affaiblie ces dernières années — d'ailleurs, quand Zach voit dans un miroir une version en pleine décomposition de lui-même, sa réaction pourrait être celle de tous les lecteurs fatigués par ces clichés : « Zach fut pris d'une soudaine bouffée de rage. Qu'est-ce que c'était que ce truc blanc ? Des asticots ? Du pus ? Encore du sperme ? Mais qu'est-ce que c'était que ce Grand-Guignol à intention moralisatrice ? » Les intentions de Brite ne sont certes pas moralisatrices. Elle ne juge pas, elle décrit avec précision et sensibilité et mieux encore, elle permet au lecteur de comprendre et de ressentir de l'empathie pour ses personnages. Ni anges, ni démons, ils sont humains et on en vient à aimer même leurs défauts pour cela.
Poppy Z. Brite est aussi l'auteur qui a su le mieux saisir le lourd héritage de la génération issue des années 60. Zach contemple une photographie sur un emballage de brosse à dents : « Une photo montrait la famille idéale, le père, la mère, la fille et le fils, tous dotés d'un sourire étincelant — et sans doute des plus hygiéniques. Qu'étaient donc devenus ces visages typiques des années cinquante, se demanda Zach, ces icônes innocentes de la publicité d'après-guerre, ces archétypes made in America » et Trevor lui répond : « Les sixties sont arrivées et leur ont défoncé le crâne. » Et toutes les valeurs traditionnelles de l'Amérique ont été désintégrées dans la conflagration, en premier lieu la plus sacrée d'entre elles, la famille.
Les personnages de Poppy Z. Brite se cherchent tous une famille que le modèle nucléaire ne leur donne plus. Alors qu'il tient Zach dans ses bras, Trevor songe : « Tu es venu ici à la recherche de ta famille. Peut-être as-tu commis l'erreur de supposer qu'elle était composée de Bobby, de Rosenna et de Didi. Kinsey et Terry t'ont accueilli à bras ouverts, t'ont manifesté plus de tendresse que tu n'en avais jamais connu. Et qui tiens-tu dans tes bras sinon un membre de ta famille ? »
Sang d'encre est le roman sidérant d'humanité et de maturité d'un écrivain de trente-deux ans qui n'a pas fini de nous émouvoir et de nous étonner.
Pour plus d'informations :
Disponible chez Albin Michel et J'ai Lu (France).
Site de Poppy Z. Brite (en anglais).
Bibliographie française de Poppy Z. Brite.
Par Robert Wagner - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:00

L'auteur :

Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.
L'avis de Daniel C. Hall :
Refusé, censuré, interdit dans certaines librairies et bibliothèques, présenté par certains critiques comme un livre dangereux, Le Corps exquis est précédé d'une réputation scandaleuse telle que l'on n'en avait plus vue depuis le roman American Psycho de Breat Easton Ellis.
Histoire d'amour entre Andrew Compton et Jay Byrne, deux tueurs en série, cannibales et nécrophiles, Le Corps exquis explore les tréfonds de cette incroyable liaison, les aspects les moins reluisants de la maladie et de la mort ainsi que les affres de la condition de victime. Rythmé par les délires de Lush Rimbaud, un animateur de radio-pirate en train de mourir du sida, et dont le but ultime est de semer le désordre dans le statu quo ambiant, le roman oblige le lecteur à pénétrer dans l'esprit d'un psychopathe et à expérimenter cet univers effroyable. Une expérience fascinante, révoltante, douloureuse car les tueurs en série ne sont pas des monstres à l'esprit insondable mais des êtres humains, de nouveaux prédateurs. Mais ce qui est le plus troublant, le plus déstabilisant, c'est cette lueur d'humanité qui nous oblige à passer outre les descriptions cliniques des actes les plus révoltants pour découvrir, avec stupeur et horreur, que Jay et Andrew s'aiment et que cet amour, incompréhensible et pourtant tellement beau, total et destructeur, aveugle et dangereux, nous touche. Parce que nous rêvons tous d'éprouver un jour cette passion absolue, ce sentiment exaltant d'avoir trouver son alter ego, de ne plus avoir à réfléchir sur les limites — physiques et morales — de ce lien, de pouvoir aller jusqu'au bout... jusqu'à la mort... ensembles.
Beau de par sa nature détestable même, Le Corps exquis est un voyage sans concession dans les recoins les plus sombres et les plus secrets de l'esprit humain. Puissant, il fascine non par sa violence mais par les réactions qu'elle engendre. Et passé le malaise initial, ce qui choque véritablement le lecteur n'est pas le regard clinique et explicite de l'auteur sur les crimes et les liens de ses personnages mais le réalisme et la concevabilité d'un tel duo dans notre quotidien. Sans jamais approuver ou condamner, Poppy Z. Brite nous place en position d'arbitre face à cette histoire sans concession, mais pouvons-nous juger ? En avons-nous le droit et les moyens ?
Le Corps exquis est un roman inclassable, un brûlot, un supplice pour le lecteur. Il est l'œuvre d'un écrivain dont l'écriture n'a cessé de progresser et de mûrir. Il est sans aucun doute l'une des plus grandes réussites au rayon des fictions consacrées aux psychopathes, un chef d'œuvre de la culture underground, le magnus opus de Brite. Mais peut-on l'aimer ?
Pour plus d'informations :
Disponible chez J'ai Lu (France).
Site de Poppy Z. Brite (en anglais).
Bibliographie française de Poppy Z. Brite.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 8 novembre 7 08 /11 /Nov 11:31
  
Visuel : (c) GayClic

Luke et Noah sont empêtrés dans une histoire dans laquelle sont impliqués tous les personnages de ATWT... et moi aussi (je suis empêtré, pas impliqué dedans). Voici donc un résumé de cette passionnante intrigue d'espionnage international, avec cependant toutes les scènes avec Luke et Noah dans leur intégralité.
Sachez que Lucy, qui est médecin, est une des 587 cousines de Luke, une des 54 petites-filles de Lucinda, ainsi que la nièce de Margo et de Lily, et qu'elle a (entre autres) couché avec Damian... Je m'en suis arrêté là de sa bio.
Prochain épisode : une cascade des plus réalistes, comme le laisse entrevoir le "dans le prochain épisode"...
[ATWT appartient à TeleNext Media et CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Texte Libre

Commentaires

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés