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Mardi 19 mai 2 19 /05 /Mai 08:35

« Celui qui soutient que l’homosexuel peut être conduit devant les mosquées après sa mort est un homosexuel et il doit être tué, selon la loi islamique. » Les imams de Saint-Louis (Sénégal).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 19 mai 2 19 /05 /Mai 08:30

« Je trouve un peu triste qu'ils (les participants de la Gay Pride) aient choisi de la faire aujourd'hui... Ils ont dépensé toute leur énergie sur ce défilé alors que la plus grande parade gay du monde (l'Eurovision) était ce soir ». Alexander Rybak, le jeune Norvégien de 23 ans, qui a remporté samedi à Moscou le 54e Concours de l'Eurovision.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Lundi 18 mai 1 18 /05 /Mai 09:00

by  Lucian Durden

 

 


Lucian Durden a 34 ans. Il est membre fondateur des Écrivains mendiants de Paris. Ancien chef de la succursale des Flandres de l'École des tripes et amis du foie de veau. Publications dans le Bulletin de la société Jules Verge N° 45, 2ème trimestre. Il occupe les fonctions de directeur de la WithoutBooks Publishing en Pennsylvanie. Ah oui, il est aussi hétérosexuel. C’est notre quota légal dans l’équipe du blog Les Toiles Roses.

 

 

Amies, amis, admiratrices, admirateurs, qui par hasard passez par là, ne vous… ne pensez pas que… bref, je vais tout vous expliquer.

C’est à cause d’un copain, je le croyais tel, qui m’a mis en relation avec un certain Daniel Hall. Type véritablement sympa jusqu’à ce qu’il me dise être le créateur d’un blog de gays, pis, qu’il était lui-même homo comme pas deux ! Mais j’étais coincé, je ne pouvais pas fuir. J’ai continué à discuter comme si de rien n’était, en lui plaçant, dans la conversation, que j’étais hétéro, mais ces gens-là comprennent « presque homo » lorsque vous leur dites « hétéro » ; du coup il m’a demandé si je ne voulais pas écrire un petit billet sur son blog rose. Coincé que j’étais…

 

Première aventure

 

Une semaine que les propos de Hall résonnent dans mon crâne d’homme sain, au point que pour tenter de les oublier je décide de passer la journée à me mettre la plus grosse cuite de ma vie. Je prends ma caisse, mes cliques et mes claques et file direction Paris. Blog d’homo, et puis quoi encore ?..

Un bar puis un autre, et encore un autre, je me répète que rien n’est plus viril qu’une bonne biture. J’ouvre un œil. Pour une raison qui n’appartient qu’à l’alcool je m’aperçois que je suis arrivé dans une librairie sans que je me rappelle comment. Devant moi une femme tourne les pages d’un livre de photographies, son regard sombre me renvoie à un délicieux souvenir, Sophie… la plus belle fille du lycée… je me reprends. La femme aux airs de Sophie achète un livre dans lequel – je le vois par-dessus son épaule – des femmes se chatouillent le sexe avec leurs orteils. Une lesbienne ! Putain, qu’est-ce qui m’arrive ? C’est ce salopard de Hall qui m’a jeté un sort !

Sur le trottoir le soleil m’agresse les rétines rendues hyper-sensibles par la gnôle, faut que je marque une pause dans ma tentative de ne pas devenir une tafiole de bloggeur rose. Faut dire qu’il n’est que dix-sept heures. Je me rends sur les bords de la Seine et m’arrête pour regarder ces gens en maillots de bain allongés sur des transats au milieu des voies sur berge. Comment peut-on accéder à ce niveau de ridicule et d’ineptie ? Je jette un œil quand même, au cas où une des donzelles déciderait de se foutre à poil et de plonger dans la Seine. L’alcool s’échappe par tsunamis réguliers de mon front et de dessous mes bras, ce foutu soleil, mon corps réclame un peu de compassion. Juste avant que je choisisse d’aller m’enfermer dans la fraîcheur d’un rade de la place Saint-Martin non loin, je vois deux flics montés sur des rollers mettre une contredanse à une fille qui a enlevé le haut. J’ai envie d’applaudir et de gueuler « hourra ! ». Dans ce pays des filles nous montrent leur cul à la télé pour nous vendre de la margarine ; à tous les coins de rue il y a des panneaux publicitaires aussi grands que des piscines olympiques sur lesquels on peut voir des photos de nanas en sous-vêtements, des plans si serrés qu’on n’a pas besoin de faire un effort pour imaginer les plis de leurs foufounes, et là, amende pour nichons à l’air ! Sans doute des bureaucrates parisiens ont pensé que les types témoins de la scène péteraient les plombs, des types tellement excités qu’ils se jetteraient dans la Seine par paquets de cent pour se refroidir. Moi je dis qu’il est plus excitant de voir deux femmes s’embrasser que de voir une paire de loches – faut chasser toutes les gouines de la ville avant qu’elles créent des émeutes ! Ou des accidents, c’est vrai quoi, elles se roulent des pelles quand même ! Merde !

J’entre dans le bistrot. Je veux un grand café serré. Quelques ouvriers en bleu de travail parlent entre eux à voix basse, une adolescente écoute béate un téléphone portable collé à son oreille en faisant tourner ses cheveux autour d’un index mince et pâle, un type exhibe ses sacs en carton recyclé estampillés en grosses lettres : Calvin Klein, Prada ou Boss. Un pédé je suis sûr. Quant à moi, je me concentre devant mon mug pour ne plus entendre les propos de Hall, pour ne plus l’associer instantanément à des images du style « fesses » ou « vibromasseurs ». Je règle mes deux euros et trente cinq centimes au serveur qui a la même coupe de cheveux improbable que l’autre folle-dingue de La Nouvelle Star – putain ce qu’il me tape sur le système lui, avec ses manières… on se croirait dans la cage aux folles… qu’il soit pédé, bon, mais que ses parents tolèrent un truc pareil, ça me dépasse… ouais, si c’était mon gamin je… non, pas possible, pourrait pas être mon fils… ah beurk ! – je m’en vais, laissant suspendus à leur temps les autres acteurs du bistrot. Dehors, le soleil encore, toujours, qui darde une foule de crânes et brûle quelques épaules. Je déteste la chaleur, le soleil, tout le cortège d’images qui s’y rapporte : la plage, le bronzage, le sud, les gens du sud, leur mentalité de merde, les tafioles huilées qui se dandinent à Ibiza, et tout le reste. Près de moi des femmes parlent entre elles du festival de Cannes, supputent les chances des films présentés de remporter la palme, éclatent de rire en prononçant les mots Brad, Huppert, Pitt, et Isabelle. Je n’en peux plus, les voix de la rue résonnent et se multiplient, me torturant, m’engluant dans leurs pathétiques futilités, mais je suis sûr que c’est le quartier qui veut ça. Bon, je vais lui faire son article, je suis un type intelligent, bien élevé, dépourvu de préjugés, c’est vrai qu’on pourrait croire que j’aime pas les pédés, mais c’est pour rire, je dis pédé… c’est affectueux. Décidé, je ne serai plus esclave de la virilité gaillarde qui me pousse à fréquenter des bars louches dans lesquelles dansent sur des sièges amarantes des filles aux jambes parfaites, ouais, je vais arrêter de mettre régulièrement la main dans mon ben pour remettre mon paquet en place… je vais laisser ressortir ma sensibilité.

Pour preuve que les propos de Hall ne me font pas peur, pour preuve que je suis un type tout à fait ouvert, je vais aller prendre une bière au Coxx !

Je reste quelques minutes planté sur le trottoir d’en face, je fume un clope et prends la mesure de ma nouvelle résolution. Sur cent clients quatre-vingt cinq sont chauves et bodybuildés, ce qui me fait penser que la sodomie fait tomber les cheveux et augmenter le taux de testostérones… j’enculerai plus jamais ma femme ! Allez, un peu de courage. Je traverse et me fraye un chemin au milieu de toutes ces bites, pas une seule nana, je commande une bière au barman qui ne remarque même pas que je suis hétéro, à moins qu’il s’en cogne… peut-être même, je me surprends à penser, que se sont des types comme les autres… qu’ils ne regardent pas les autres hommes comme des culs probablement accessibles… peut-être même que je pourrai me rendre aux toilettes sans que ça se termine par une proposition de pipe à l’eau savonneuse, bouche sismique et jet de foutre ! Étrangement je ne suis pas mécontent d’être là… Pendant que mes lèvres se collent à la transparence de ma chope de bière et que mon regard se pose sur la plus haute partie visible des cuisses de Sophie que je revoie en songe le barman termine de descendre d’un tabouret. Je ressens l’envie irrépressible d’aller me toucher dans les toilettes, histoire de jeter au milieu d’une boule de papier hygiénique toute cette énergie de type éméché dont je ne sais que faire. « Les gosses que je vais mettre au fond des chiottes ne deviendront pas des pédés ou des gouines ». Je me lève, emporte ma bière, m’enferme dans une des cabines, pose la chope sur l’émail de la chasse d’eau et abaisse mon pantalon. Je me tiens debout face à ce chiotte accueillant et entreprends de secouer le bout d’inhumanité qui pendouille entre mes jambes, cette chose qui torture mes pensées mais qui peine visiblement à combattre. Je ferme les yeux et passe en revue un stock d’images pornographiques que je garde dans un coin de la tête et qui ont déjà fait leurs preuves – langue de femme dans femme, cul ouvert et brillant de foutre, soupirs, bites et cris – mais rien n’y fait, alors je presse davantage ce sexe et le fait bouger dans tous les sens, serrant les dents comme dans la colère et répétant « Allez bordel ! Allez ! », avant de fondre en larmes. Je m’assois sur la cuvette et me prends la tête à deux mains. Je ne comprends pas ce qui m’arrive ni pourquoi je ne me tire pas loin d’ici. Je reste un moment à me morfondre, seul, le cul sur ce Paradis véritable, celui qui accueille des hommes. Là-dessus nous passons une vie à partir en merde avant de partir en cendre. C’est à n’y rien comprendre.

Je reviens au bar et commande une autre bière. Autour de moi des types discutent de choses et d’autres, plaisantent…. Pas un qui se dandine avec un sac à main au creux du coude replié, pas un qui se trémousse… Je commence à comprendre. Un coup de Hall ! Un complot ! Il les a prévenus que je venais et les a briffé ! Putain, heureusement qu’on n’est pas cons chez les hétéros, ils avaient presque réussi à me faire croire que les pédés étaient des types normaux. Sacré Hall ! On ne me baise pas comme ça…

 

TO BE CONTINUED…

Par Lucian Durden
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Dimanche 17 mai 7 17 /05 /Mai 11:12

http://www.delawareonline.com/blogs/uploaded_images/boy_george_narrowweb__300x415,0-730444.jpg
© D. R.





Le dépit amoureux et le fiel qu’il distille peuvent être une prodigieuse source d’inspiration. Pour preuve : Unfinished business, l’une des plus sensibles et cinglantes chansons d’amour gay jamais composées. Dans cette ballade au romantisme acerbe, Boy George règle ses comptes avec son ex amant, Kirk Brandon, leader du groupe punk / new wave Theatre of Hate. « Affaire inachevée » que leur idylle, entamée à la fin des années 70, perturbée par la répugnance de Brandon à reconnaître son homosexualité, et interrompue par la liaison de ce dernier avec « quelque Danoise » qu’il finit par épouser. Toujours épris, et passablement mécontent, le Boy outa sans vergogne la lâcheuse dans son autobiographie Prends-le comme un homme (Michel Lafon – 1995), et enfonça le clou avec cette chanson, incluse dans l’album « Cheapness and Beauty » (1995) Brandon traîna derechef l’auteur-compositeur devant les tribunaux anglais, et perdit son procès en diffamation. À cette occasion la déclaration de sa femme Christina mérite d’être gravée dans le marbre : « Le pire cauchemar de toute femme est d’entendre dire que son partenaire est gay. » Le Boy, quand à lui, put continuer de moduler en toute quiétude la suave litanie de son ressentiment : « You know exactly what I mean… You’re more than a bit of a queen… »

C’est chic, c’est vache, c’est George.


Pour en savoir plus :

Le site officiel de Boy George

Le site de B-Rude, gamme de vêtements créée par le Boy

Par BBJane Hudson - Publié dans : TOP OF THE QUEERS
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Dimanche 17 mai 7 17 /05 /Mai 08:45

Bravo à toutes et à tous !
Vidéo © GayClic.com
Par GayClic.com - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 17 mai 7 17 /05 /Mai 08:42
  
Visuel : (c) GayClic

Dénonciations et manipulations en tous genres, suite. Vive Noah, l'incorruptible ! Luke va passer un mauvais quart d'heure avec son cher papa... (2ème partie)
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 17 mai 7 17 /05 /Mai 08:39
  
Visuel : (c) GayClic

Dénonciations et manipulations en tous genres, suite. Vive Noah, l'incorruptible ! Luke va passer un mauvais quart d'heure avec son cher papa...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 16 mai 6 16 /05 /Mai 11:04
autorise la diffusion sur Les Toiles Roses de :


Les Toiles Roses remercient PowerPodcast.fr, pour son autorisation et les moyens mis à notre disposition pour diffuser sur votre blog préféré tous les podcasts de Gaypodcast.
Par Gaypodcast - Publié dans : WEBSERIE : GAYPODCAST.FR
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Samedi 16 mai 6 16 /05 /Mai 11:01
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Les Toiles Roses remercient PowerPodcast.fr, pour son autorisation et les moyens mis à notre disposition pour diffuser sur votre blog préféré tous les podcasts de Gaypodcast.
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Vendredi 15 mai 5 15 /05 /Mai 00:46

 


(5.11)


Avertissement à mes collègues du blog cités ci-dessous : j’ai été obligé d’écrire ce billet sous la menace d’une démission de Daniel. Pour faire mauvaise mesure, il m’a également contraint à le truffer de propos vachards et quelquefois vulgaires. Je suis désolé, mais je ne pouvais rien faire d’autre. Si Daniel démissionne, à qui vais-je remettre mes démissions ?

 

Trop, c’est trop. La coupe (des vices) est vraiment pleine, elle déborde comme un cul rempli dans une tournante en Allemagne ! C’est quoi tous ces nouveaux qui viennent marcher sur mes bande-mou ? C’est de la provocation orchestrée par Daniel C. Hall qui jalouse mon stardom. Et en plus, il ose passer des petites annonces sur Facebook pour débaucher des acteurs pornos engager toujours plus de blogueurs et gueuses. Ça suffit ! J’élève une protestation officielle contre l’arrivée massive des jeunes recrues et des vieilles recuites sur MON blog ! Je l’ai déjà fait sauter une fois, je peux recommencer !

D’abord, est apparu Jag1366 avec son savon « Les amours de Luke et Noah ». Alors ça, c’était un coup bas. Les savons, c’était quand même MA spécialité rien qu’à moi. Avant même que je puisse faire un billet sur As The World Turns, pan ! Voilà qu’ils ont balancé cette romance sirupeuse à l’eau de rose style « Nous Deux » et complètement surréaliste et science-fictive ! Franchement, deux jeunes homosexuels de 18-20 ans, beaux de surcroît (la laideur n’est pas « bankable »), au sommet de leurs poussées hormonales, qui tombent amoureux l’un de l’autre et se fréquentent pendant UN AN ET DEMI SANS AVOIR DE RELATION SEXUELLE, ça n’existe pas !!! Pour tout vous dire, ça m’a démoralisé et depuis, je n’aime plus les savons. C’est pourquoi vous pourrez toujours aller vous gratter pour lire un billet de Zanzi sur Another World, Les Feux de l’Amour, et tous les autres. Vous pouvez aussi envoyer des lettres de protestation à la direction des Toiles Roses pour ce gâchis.

Vint ensuite un certain Henry Victoire. Rien que ce nom, c’est antinomique. Henri Leconte n’a jamais été victorieux à Roland Garros ! Mais lui au moins, il a eu la délicatesse de se retirer du circuit, pas comme Fabrice sans taureau qu’il ferait bien d’envoyer se faire embrocher à la féria de Nîmes par son ex, la fameuse toréador. Mais revenons à Henry avec un grec : ces incroyables objets roses, ce n’est même pas lui qui les fait ! Connaissez-vous le pourquoi du comment de cette rubrique ? C’est pour tous les méchants commentaires qu’elle m’a valus : « tiens, un mini Zanzi », « tiens voilà le téléphone de Zanzi », etc. Hey Henry, tu as oublié le sous-marin rose d’Operation Petticoat. C’était le canard de Zanzi quand il prenait son bain étant enfant, na !

Ensuite ce fut l’arrivée de BBJane Hudson, succès d’années lointaines qui se prend pour la méchante sœur de Mildred Pierce, tout en parodiant la coiffure old-fashioned de la pauvre Nellie Oleson, qui ne mérite pas qu’on la prenne pour une vioque quasi momifiée sous une tonne de maquillage et portant une robe de chambre Daxon. Là, c’était clairement pour contre-attaquer sur ma cinéphilie et mon côté bitch. Et savez-vous bien ce qu’ils ont fait, Daniel et BBJane ? Ils ont osé se pavaner ensemble chez les Ch’tis et en Belgique avec le fils caché de Robert Conrad ! C’est un complot. Même moi, je n’ai jamais eu droit à de telles faveurs de la part du patron qui ne me ménage pas. Songez donc, non content de ne pas me payer, il m’appelle en PCV ! Et je vous rappelle qu’il s’agit de coups de téléphone longue distance…

Mais il a atteint le summum de l’ignominie avec le BHV. Recruter l’un de mes ex-amants, ça c’est vraiment dégueulasse. D’accord, pour le moment il n’y a que trois billets, dont deux sur les sous-vêtements masculins. Mais attendez, ça va empirer. Déjà, j’ai relevé une ou deux allusions à notre relation (bien sûr, je suis le seul à les comprendre). Au train où vont les choses, vous allez découvrir des détails encore plus intimes. Cependant comme Vincy est une fine mouche, cela devrait rester de l’ordre du crypto-gay. Comme personne n’a tenu la chandelle, nul ne remarquera quoi que ce soit et notre honneur sera sauf. Mais tout de même, pour le principe, je me dois de fustiger cette recrue d’essence !

Isabelle B. Price, ça va. Daniel voudrait faire de nous des concurrents (« Je te signale que j’ai déjà dix billets d’avance signés Isabelle, gna gna gna… »), mais ça ne prend pas. Nous ne jouons pas dans la même cour de récréation. Zaza et moi, c’est l’école d’avant la mixité et l’abandon des uniformes. Chacun son terrain de jeux. Et s’il nous arrive de nous croiser, nous sommes comme cul et chemise ! (Devinez qui fait quoi…)

Pour conclure, il me reste à citer Philippe Ariño qui non seulement écrit des billets longs comme une nouvelle d’Ernest Hemingway mais qui, par-dessus le marché, se permet de toucher du doigt la perfection que je n’ai pas. Ce mec me donne des complexes. Pire encore : il vit sa vie comme je ne sais pas vivre la mienne. Alors vraiment, trop c’est trop. Je démissionne.


Zanzi, le 12 mai 2009

 

P.S. : Au moment d’écrire le point final, j’apprends qu’un certain Tom Peeping (c’est quoi ce nom ? le participe présent du verbe « to peep » (show) ?) ainsi qu’un autre garçon qui vient du 9-3 (mon Dieu ! après Sciences-Po, Daniel recrute aussi dans les banlieues et les ZEP !) s’apprêtent à rejoindre l’équipe de ce blog roboratif collaboratif. Il se pourrait donc bien que ma démission soit définitive.


Lire le précédent épisode,
cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 15 mai 5 15 /05 /Mai 00:15
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 14 mai 4 14 /05 /Mai 11:11


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

France Inter dans différents journaux du matin de ce jeudi 14 mai se fait l'écho de l'homophobie qui règne dans le football :

http://parisfootgay.free.fr/fr/news/2009_05_16.pdf

avec divers interviews intéressantes. Le PD (Père docu) vous offre un complément bibliographique récemment paru ...

 

Simon Louis LAJEUNESSE, L'Épreuve de la masculinité : Sports, rituels et homophobie, H&O, 2008, 234 p. -14,5 x 22 cm, bibl., 17 €.

 

Le sport est l'un des milieux où l'homophobie s'exprime le plus ouvertement : l'exemple canadien, même s'il se base sur un contexte différent de nos sports collectifs européens, est utile pour comprendre de tels comportements à partir d'une définition du genre masculin.

Qu'est-ce qui définit un homme ? Comment caractériser la masculinité et la virilité ? Pour répondre à ces questions, le sociologue québécois Simon Louis Lajeunesse a étudié de jeunes sportifs pratiquant des sports collectifs et d'autres jeunes adeptes de sports individuels. Il les a suivis pendant plusieurs mois et, après les avoir informés de sa démarche, les a observés et questionnés.

De cette relation de confiance il rend compte dans un ouvrage sociologique qui se lit comme un roman, tant la progression de la réflexion est construite. Alimentée de témoignages et de tableaux différenciant les sportifs, leurs attitudes dans les entrainements, dans les vestiaires avant et après les rencontres, l'étude met en évidence la crainte des attitudes efféminées, l'importance de l'intimité physique avec, dans certains cas, une part de génitalité.

On découvrira que le machisme sportif est entretenu par... les architectes des vestiaires. Sans entrer dans des considérations fantasmatiques (on est loin des studios de photos des calendriers type « Dieux du stade »), S.-L. Lajeunesse fait état de « rites d'initiation » qui s'y déroulent, montre les différents lieux occupés par les sportifs selon leurs attitudes par rapport au groupe, circonstances impossibles à retrouver dans des vestiaires féminins où la pudeur est davantage prise en compte.

La langue est claire et accessible à tous les publics, les témoignages des jeunes hommes étant riches en savoureux canadianismes.

Ce livre qui devrait être proposé à tous les futurs professeurs d'éducation physique et sportive intéressera également les pères et mères de petits ou grands sportifs... et toute personne qui se pose des questions sur la masculinité.

Quelle que soit son orientation sexuelle, si l'on fréquente les stades et/ou les salles de sport il est rare de ne pas y entendre des réflexions du style « vas-y, montre que t'es pas une tapette » ou « nique-moi ces tarlouzes »...

 

Pour en savoir plus :

Critique d'une ébauche de ce travail sur la masculinité :

http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2002/09.05/homme.html

Interview de l'auteur au sujet de la perception qu'ont les hommes de leur pénis :

http://www.radio-canada.ca/radio/christiane/modele-document.asp?docnumero=44881&numero=1880

Un exemple d'abus sexuels en groupe dans l'armée canadienne, cité par l'auteur p. 120, les Airborn :

http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/operations_paix/dossiers/789-4793/

 

TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Jeudi 14 mai 4 14 /05 /Mai 00:12
Dans l'ombre de
JANN HALEXANDER


Jann Halexander est un chanteur franco-gabonais. Il est également pianiste, acteur et producteur. Le chanteur Jann Halexander naît le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon, Afrique centrale). Ancien étudiant en géographie à Angers, dans le Maine-et-Loire, il prend un pseudonyme que lui inspire la personnalité de l'artiste sud-africaine Jane Alexander, dont les sculptures représentent des êtres hybrides. Il est issu d'un couple mixte — père gabonais, mère française — ce qui se fait ressentir au travers de ses créations. Pour découvrir son univers, Jann a accepté de rejoindre l'équipe du blog Les Toiles Roses avec cette chronique qui vous transportera loin dans l'imaginaire fécond et délicieux de ce grand artiste.


03. Pour que le silence
ne remplace pas le son du piano...

 

 

Jann et sa mère, Anne-Cécile, l'auteur de Mathilde et son pianiste.

 

Je voudrais témoigner sur la sclérose en plaques de ma mère. Quand notre mère nous a appris à ma sœur et moi ce qu'elle avait, il y a deux ans, je dois reconnaître que cette maladie me semblait abstraite. Je me rendais simplement compte que c'était grave.

Il existe plusieurs types de traitements car il existe plusieurs types de scléroses en plaques et a priori notre mère ne semblait pas dans un état extrêmement grave. Il était possible d'y faire face. Depuis trois ans, je me dis que si elle a su faire face à la maladie, en fait c'est parce que nous, les enfants, étions là. La famille était là. L'éloignement pour des raisons de travail de notre père en Afrique n'a pas facilité les choses mais elle n'était pas seule. Je crois qu'isolée, les choses se seraient vraiment passées autrement.

Cette maladie la rend nerveuse sur le plan mental, mais aussi fatiguée, très fatiguée, désespérée. Parfois aigrie, dure (on dit que c'est l'effet des traitements aussi). C'est difficile pour elle. Et pour nous, les enfants. Maman a été hospitalisée suite à des douleurs violentes dans les jambes en février 2008 au moment où je donnais des concerts sur Angers, où nous habitons. Elle a dû fermer la boutique de musique classique qu'elle dirigeait sur les conseils du médecin mais aussi avec notre soutien (mon père, ma sœur et moi) et heureusement, le soutien de personnes extérieures à la famille. En effet, il y avait des escaliers dans la boutique et gravir ces escaliers la fatiguait trop physiquement. Heureusement nous habitions un rez-de-chaussée. Vivant à l'époque en colocation avec ma mère, je me rends compte à quel point cette maladie fatigue et vieillit les gens (ma mère est encore jeune, 50 ans, c'est jeune).

Un an plus tard, en février, alors que je donnais à nouveau des concerts sur Angers et que maman devait venir me voir, on dut l'hospitaliser pour une nouvelle poussée de sclérose en plaques. Elle est restée à l'hôpital trois jours.



Cette maladie est source de tensions. Le traitement coûte cher, heureusement nous sommes en France, la sécurité sociale prend en charge (pour combien de temps ? Je pense à celles et ceux dont les proches sont dans un cas similaire et qui ont voté pour un gouvernement sans états d'âme sur ces questions-là).

Récemment, notre mère, pourtant très forte d'esprit (un esprit têtu, solide, qu'elle a su nous transmettre) était désespérée, assise sur le tabouret dans le couloir. Elle avait voulu jouer sur le piano pour se détendre. Mais apparemment elle avait un nerf compressé et ne pouvait toucher le piano. Elle va suivre un traitement. Le piano est sa passion, et non un simple détail. Elle a toujours joué du piano, je l'ai toujours entendue jouer du piano, et elle m'a appris le piano, je voudrais qu'elle continue de jouer, j'espère que le traitement marchera. Parce que chez nous c'est aussi cela : si la sclérose prend le dessus, alors c'est le silence…

Je tiens à préciser que malheureusement le Cap Emploi Angers qui est sensé aider les personnes souffrant de handicap est totalement... incompétent, c'est sinistre. Que se passe-t-il dans la tête d'une conseillère pour proposer un 35 heures dans un Carrefour à une personne qui ne peut pas tenir debout plus d'une heure et qui doit éviter de soulever des charges trop lourdes ?

Ce témoignage pourrait sembler impudique. Mais trop de personnes affrontent ce que nous vivons en France. Et pourtant je constate autour de moi que cette maladie a encore quelque chose d'abstrait. Le cancer, le sida, Alzheimer, les gens connaissent bien mais la sclérose en plaques c'est autre chose. Alors il faut s'exprimer. Ne pas nier la maladie... Nous ne cherchons absolument pas la pitié, non, mais il faut dire, prendre la parole pour faire connaître.

J'espère que l'argent nous investissons dans les laboratoires sert à quelque chose, mais je finis par avoir des doutes...

Et puis toujours donner de l'amour, partager...

La vie continue...

 

Association pour la Recherche sur la Sclérose en Plaques

Nouvelle Association des Sclérosés en Plaques

 

TO BE CONTINUED...

 

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Les deux photographies sont © Jeff Bonnenfant. Le texte est © Jann Halexander. Ils sont reproduits avec l'autorisation de Jann Halexander. Tous droits réservés.

Par Jann Halexander - Publié dans : DANS L'OMBRE DE JANN HALEXANDER
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Mercredi 13 mai 3 13 /05 /Mai 00:44

(Some like it Camp)


par  Tom Peeping


 

Tom Peeping (T.P. pour les intimes, comme Tippi Hedren) aime se promener sur les chemins de traverse du 7ème art et de la télé et s’arrêter pour soulever des pierres. Les films qu’il y déniche, la plupart méconnus ou oubliés, méritent pourtant leur place près de l’arc-en-ciel. Camp, kitsch, queer ou trash, ils racontent une histoire du cinéma des marges. Gays sans l’être tout en l’étant, ils espèrent retrouver dans cette rubrique leur fierté d’être différents.

Tom Peeping, quand il ne visionne pas quelque rareté de derrière les fagots, est conférencier en histoire de l’art et fréquente assidûment les musées parisiens pour y gagner sa vie de vive voix. Il est né dans les Sixties, la décennie du Pop Art, des Yéyés et des Go-Go Girls. Et il rejoint, pour notre (et votre) plus grand plaisir, l'équipe du blog Les Toiles Roses.


 

 

Fiche technique :

Avec Paula Wessely, Paul Dahlke, Christian Wolff, Ingrid Stenn, Hans Nielsen, Friedrich Joloff, Hilde Körber, Guenther Theil, Herbert Hübner, Siegfried Schürenberg, Otta Graf, Paul Esser, Kurt Vespermann, Hans Schumm et Peter Nijinskij. Réalisation : Veit Harlan. Scénario : Felix Lützkendorf, d’après une idée de Hans Habe.

Durée : 91 mn. Disponible en VO et VOST anglais.


Illustrierte Film-Bühne Nr. 3847: Seite 2Illustrierte Film-Bühne Nr. 3847: Seite 3


L’accroche de Tom Peeping :

Un film allemand de 1957 traitant du douloureux problème de l’homosexualité (et titré Anders als Du und Ich soit Différent de toi et moi) est en soi une curiosité. Quand il est réalisé par Veit Harlan, le sulfureux réalisateur des années nazies, c’est une tentation. Quand l’outrance du scénario fait basculer le film dans un sommet de camp, c’est une obligation. L'avis ci-dessous s’adresse à ceux et celles qui aiment savourer le cinéma de Papa d’après-guerre dans ce qu’il a de plus tordu et de plus tordant.



Résumé :

1957 en Allemagne. Dans une salle de tribunal berlinoise s’ouvre le procès sensationnel d’une bonne petite mère de famille d’une cinquantaine d’années. Flash-back sur les mois précédents : Klaus, le fils adolescent de l’accusée, traîne un peu trop avec le blond Manfred, un ami de collège dont les mœurs sont suspectes. Manfred lui présente le Dr Boris, un esthète entre deux-âges qui collectionne les objets d’art et les jeunes éphèbes. Klaus se laisse entraîner dans un monde interlope que ses origines petite-bourgeoises réprouvent. Cherchant dans le dictionnaire le sens du mot « homosexuel », dont son fils a été traité par ses camarades de classe, la bonne petite mère tombe dans les pommes puis décide de prendre le taureau par les cornes. Elle paie une jeune fille au pair pour déniaiser son fils en perdition et lui faire retrouver le droit chemin. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et c’est la bonne dame qui se fait interpeller par les flics et risque maintenant la prison pour proxénétisme…



L’avis de Tom Peeping :

Voilà en bref le scénario démentiel de Anders als du und ich, une rareté qui est sorti il y a quelques mois dans une excellente édition DVD du très sérieux Edition Filmuseum / Filmmuseum München / Goethe Institut.

Comment appréhender un film comme celui-là 50 ans après sa réalisation ? Par l’analyse historique un peu, par le sourire surtout.



Du côté historique, si ce n’est pas le premier film grand public abordant frontalement l’homosexualité (c’est un autre film allemand de 1919 (!) – au titre très proche – qui donna le coup d’envoi : Anders als die Anderen), celui-ci s’impose quand même comme une date dans le genre. Dans ses mémoires, Veit Harlan a dit qu’il avait voulu faire un film anti-homophobe en réaction contre l’infamant §175 du Code Pénal allemand de l’époque qui faisait de l’homosexualité un délit. Quand on sait que Veit Harlan (1899-1964) avait été, une quinzaine d’années auparavant, le réalisateur officiel du Troisième Reich et que Goebbels lui avait confié des films de propagande nazie à succès (Le Grand Roi – 1942 ; Kolberg – 1945 et surtout l’explosif antisémite Juif Süss – 1940), on peut douter de sa bienveillance pour l’homosexualité.



À la vision du film, on peut penser au début que Harlan ne juge pas les invertis qu’il montre mais très vite, l’outrance de leur représentation en fait sérieusement douter. L’une des – nombreuses – surprises de Anders als du und ich est donc qu’il commence comme un manifeste de tolérance homophile pour se terminer en véritable brûlot homophobe. Le film a connu des démêlés avec la censure allemande de l’époque : son titre original « Le Troisième Sexe » a été refusé et certaines scènes ont dû être retournées, coupées ou ajoutées (notamment la fin dont le rythme semble un peu précipité). Pour la petite histoire, Veit Harlan était l’oncle par alliance de Stanley Kubrick (l’oncle de la femme de Kubrick).



Mais c’est bien sûr le côté comique du film, totalement involontaire, qui en fait aujourd’hui tout le sel. Il faut le voir pour le croire. Les parents de Klaus n’écoutent que de la musique wagnérienne alors que ses amis invertis ne jurent que par la « musique concrète », digne de celle de Planète Interdite. Le séducteur Dr Boris Winkler (docteur en quoi ? on se le demande toujours) vit dans une grande maison dont les fenêtres sont toujours fermées et organise pour ses amis des matchs de lutte grecque entre garçons fort dénudés au milieu de son salon bourré d’antiquités. Les scènes qui se passent chez lui sont d’ailleurs toutes filmées avec la caméra penchée à 45°, sans doute pour suggérer le déséquilibre et font beaucoup penser aux films d’horreur Universal des années 30 et des Expressionnistes allemands. Le blond Manfred, celui par qui les problèmes arrivent, écrit des poésies « pleines d’adjectifs » et passe la plupart de son temps au lit, signe évident de paresse physique et morale. La jeune fille au pair, payée par la bonne mère, relève son chandail sous les yeux médusés du jeune homme en péril – et elle ne porte pas de soutien-gorge (je ne vous dirai pas si finalement Klaus franchit ou non le Rubicon, vous devez voir le film pour le savoir). Il faut avoir vu la réaction de la mère s’effondrant sur son canapé après avoir lu la signification du mot « homosexuel » dans le dictionnaire et entendu les « explications scientifiques » du médecin de famille sur la vie que le fils se prépare s’il s’engage dans la voie de la perdition. Le père du jeune homme, quant à lui, se refuse à parler à son fils après la première engueulade mais se laisse quand même entraîner par son frère (qui semble connaître les bons endroits de la ville) dans un cabaret homo où un énorme travesti chante des torch-songs puis s’enfuit quand il se rend compte qu’il n’arrive plus distinguer dans la pénombre les hommes des femmes… et des autres. Il faut aussi voir la tête de la bonne mère (jouée par Paula Wessely, une ex-star du cinéma nazi), dont l’idée n’était pourtant pas malicieuse, entendre le verdict de son jugement, coiffée d’un petit chapeau et s’accrochant à son sac-à-main pour ne pas défaillir.



Au milieu de tout ce délire, il y a quelques scènes assez surprenantes dans leur franchise, comme celles où revient le mot « homosexuel » (prononcé au moins dix fois et banni dans les autres cinémas de la même époque), celle du cabaret de travestis, celle où les deux garçons se jurent « un amour éternel » et se promènent main dans la main ou encore l’apparition spectaculaire des nichons de la fille au pair (on a envie d’écrire « aux paires »)… Les acteurs sont plutôt bons – notamment celui qui joue le Dr Boris – et ne surjouent presque pas.

Les divers titres du film sont à eux-seuls un poème : Anders als Du und Ich (Différent de toi et moi) est celui du film sorti après les modifications demandées par la censure. Les autres titres avaient été : "Les Parents accusés" ; "Le Troisième Sexe" ; "Tu es coupable et tu ne le sais pas" (mon préféré, de loin) ; "§175" ; "Jeunesse sauvage"…



Bref, Anders als Du und Ich est une perle rare du cinéma allemand de l’après-guerre, à la fois passionnant et ridicule mais qui a le mérite de parler de choses dont on ne parlait pas encore dans le cinéma des années 50. Veit Harlan étant Veit Harlan, tout cela ne fait pas dans la dentelle mais le film réserve assez de surprises et d’audaces (et de burlesque malgré lui) pour faire partie des OVNI les plus remarquables de l’époque. C’est sans doute cela qui a poussé la très respectable Edition Filmmuseum à le ressortir dans une très belle édition.

Le genre de film qui gagne encore à être découvert un bon verre à portée de main.

Pour plus d’informations :

Le DVD Edition Filmmuseum (Z0 allemand) est d’excellente qualité image (n&b – 1,37 – 4/3) et son (allemand d’origine). Sous-titres allemands et anglais optionnels.

Bonus : Comparaison scène par scène de la version originale et de la version remontée pour la sortie en salles (38 minutes) + documents de production sur DVD-Rom.

Par Tom Peeping - Publié dans : CERTAINS L'AIMENT CAMP
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Mardi 12 mai 2 12 /05 /Mai 11:38


Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile-de-France et président fondateur d'Elus Locaux Contre le Sida (http://www.elcs.fr/), apporte son témoignage, en introduction de la réunion "homophobie et politique" qui aura lieu à Puteaux le jeudi 14 mai 2009.

Toutes les infos sur la réunion :
- sur Facebook :
http://www.facebook.com/event.php?eid=91577858145
- et sur le blog de Christophe Grébert :
http://www.grebert.net
Par Henry Victoire - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 12 mai 2 12 /05 /Mai 00:20


Fiche technique :

Avec Veronica Forque, Carmen Maura, Marisa Paredes, Mercedes Sampietro, Gustavo Salmeron, Betiana Blum, Unax Ugalde, Hugo Silva, Daniel Hendler, Paco Leon et Raul Garcia. Réalisé par Manuel Gomez Pereira. Scénario : Manuel Gomez Pereira, Yolanda Garcia Serrano et Joaquim Oristrell. Directeur de la photographie : Juan Amoros. Compositeur : Miguel Polo.
Durée : 107 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :

Une mère nymphomane, une autre très possessive, une star de cinéma qui fantasme sur son jardinier, une femme d'affaires qui ne pense qu'à sa carrière et une femme juge... Chacune s'apprête à marier, avec plus ou moins de conviction, son fils à l'homme de sa vie. Tout ce petit monde va vivre un week-end des plus mouvementés.

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L’avis de Matoo :
Un film avec trois comédiennes almodovariennes que j’aime beaucoup : Carmen Maura, Marisa Paredes et Veronica Forque, je ne pouvais pas décemment rater cela. Quand en plus, le film a pour sujet le mariage homo, et que 5 mères (et un père) frôlent l’hystérie alors que leurs fils sont à la veille de se marier en grandes pompes. 6 fils et seulement trois couples, puisqu’il s’agissait à l’époque d’un scénario fantaisiste qui imaginait le mariage gay en Espagne, une chimère devenue réalité.

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Une comédie très hollywoodienne (trop ?) qui est un chassé-croisé de personnalités très différentes et qui fait rire à maintes reprises, tout en soutenant un rythme endiablé. On passe assurément un bon moment, et les mères sont des caricatures vivantes dont les vicissitudes sont évidemment l’occasion de saynètes très drôles. En outre, les actrices charismatiques et aux caractères hauts en couleur, en plus de cette merveilleuse langue espagnole, viennent donner énormément d’énergie et de charme à la comédie. Un montage assez audacieux et alerte ajoute encore une qualité à l’ensemble, et pimente le tout.

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Mais bon… c’est une comédie très américaine dans son scénario et ses péripéties. Rien que de très gentil et banal, à la sauce pédé histoire de faire dans l’exotique et l’original. Mais si on retire cette composante, il ne reste pas grand-chose. Or c’est un peu décevant de voir de telles actrices évoluer dans une comédie aussi « simple » et linéaire. On sent qu’elles peuvent déployer tellement plus de talent et d’épaisseur à leurs personnages, que c’en devient un peu frustrant. Du coup, la fin est assez lénifiante et arrive à point nommé avant que le soufflé ne retombe carrément.

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Il reste tout de même quelques scènes d’anthologie avec une fabuleuse Veronica Forque en nymphomane désespérée, ou bien Betiana Blum (magnifique accent argentin de cette femme de 67 ans bien liftée !!!!) en mère possessive et étouffante. J’ai donc passé un moment très agréable, et bien ri, ce qui n’est pas si mal.

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Outre cela, et c’est mon côté midinette, j’ai adoré la scène de mariage et ces mecs qui s’embrassent après s’être uni par amour. Bah oui, ce côté banal de l’amour entre mecs, et ces mères qui s’offusquent à peine de l’homosexualité de leurs fils sont des petites choses qui ne laissent pas insensibles (même si tout n’est pas si simple pour les génitrices dans le film). Le film m’a un peu fait l’effet de la comédie sympatoche de Stéphane Giusti, Pourquoi pas moi ?, en un peu mieux ficelé et plus grand public.

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L’avis de Niklas :
À Madrid, 3 couples homo, 5 mères, 1 père et 1 chien se croisent au cours d'un week-end qui s'achèvera par la célébration des vingt premiers mariages homosexuels...
Mariages pas gais par Manuel Gomez Pereira
Lorsque j'ai vu la bande annonce, je m'étais empressé de dire à Oli, que ces espagnols n'avaient pas perdus de temps. Et il me précisait que le film était sorti là-bas, à peine 15 jours après que la loi sur le mariage gay ne soit définitivement votée. Ce que la pâle copie de « monsieur Propre », qui faisait la queue à côté de moi en attendant que nous entrions dans la salle, n'aura peut être pas remarqué trop occupé à se bodybuildé les pectoraux pendant que les députés espagnols votaient et que les médias nous rapportaient la nouvelle.

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Les actrices d'Almodovar bien mise en avant, un sujet assez original (il y a un an encore, le mariage gay n'étant pas d'actualité, difficile d'en faire un film autre que de la science-fiction) et le soleil espagnol, ce film multipliait les ingrédients d'une comédie attrayante. Oui, mais les couples s'embrassent et se disputent, les mères font la gueule à leurs fils ou à leur beaux-fils sans entrain et avec une lourdeur qui ne provoque guère le rire, à peine le sourire. Les gags sont éculés et sentent le réchauffé mais cette fois : à la sauce homo, sous couvert d'une description de mère sans aucune subtilité. Le réalisateur ne profite même pas de cette distribution multiple où les personnages ne cessent de se croiser pour jouer de sa table de montage et livre un film fade sans aucune surprise. Ce film se classe tout droit dans la catégorie « merde-à-PD », parce que comme il y a égalité des droits devant le mariage, les homo ont eux aussi le droit à de mauvaises comédies.

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L’avis de Patrick Antoine :
Une espagnolade qui m'a bien fait rire ! Et que je n'essaierai pas de vous raconter, ce serait vous gâcher votre plaisir. Un film sur les mères. Des mères dont les destins vont se croiser à l'occasion du mariage de leurs fils qui ont le point commun d'être homo. Oscar (Daniel Hendler) et Miguel (Unax ugalde) vont se marier. Pour l'occasion, la mère d'Oscar (Betiana Blum) a fait le voyage d'Argentine en Europe, accompagnée de son énorme chien, sans prévenir personne qu'elle avait tout plaqué au pays et pensait s'installer près de son fi-fils adoré. L'autre mère (Carmen Maura), celle de Miguel, tient un hôtel d'une poigne de fer et a trop peu de temps à consacrer à son fils entre son boulot et son amant (Jorge Perrugoria).

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Nous retrouvons aussi une star (Marisa Paredes) qui nous refait L'amant de Lady Chatterley avec son jardinier (Lluis Homar), qui est aussi le père de son futur beau-fils (vous avez tout compris ?). On n'oubliera pas non plus la mère nymphomane (Veronica Forque) constamment sous anxiolytiques qui couche avec son gendre (Gustavo Salmeron) la veille de son mariage. Une autre mère (Mercedes Sampietro) qui n'accepte pas que son fils se marie avec un autre homme et qui fait tout pour ne pas être là ce jour-là. Vous rajoutez à ces cinq mères, deux pères, vous mélangez le tout, et vous avez une espagnolade rigolote qui vous amusera le temps du film.
Oh, j'allais oublier un autre acteur très important: le chien ! Et puis il y a aussi quelques garçons sensibles, dont au moins un que j'ai trouvé très craquant. Vous ne devinez pas lequel ? Je ne vous ai jamais dit que j'avais un faible pour les hommes à lunettes ?

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L’avis de Romain Le Vern :
Le bonheur (paradoxal) de Manuel Gomez Pereira, ce sont donc cinq mamans un peu castratrices, un peu chieuses, un peu nymphos, un peu touchantes qui se croisent le week-end du mariage de leurs enfants homos. Au centre des imbroglios, un chien qui sert de lien scénaristique entre les mamas hystériques et les fistons inquiets. On ne sait pas trop bien où le film veut en venir. On ne sait pas non plus pourquoi tout ce beau casting Almodovarien est venu se fourvoyer dans cette ode à la grognasserie qui aligne les clichés et manque d’audace.

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Ce qui est sûr, c’est que c’est un nanar sympathique et insignifiant, pas mis en scène, qui plaide pour la tolérance et qui ne fait pas de mal à une mouche. Dommage pour les actrices, Carmen Maura la première, qui avaient visiblement envie de s’amuser et qui se dépatouillent comme elles peuvent avec des personnages falots. Après les déjà médiocres Entre ses mains et Bouche à bouche, Manuel Gomez Pereira confirme que son miraculeux L’amour nuit gravement à la santé était un bel accident.
Pour plus d’informations :

 

 

Par Matoo, Niklas, Patrick Antoine et Romain Le Vern - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 11 mai 1 11 /05 /Mai 01:24
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Lundi 11 mai 1 11 /05 /Mai 00:30

par  BBJane Hudson

 

 

 

Fiche technique :

Avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore, Kathleen Freeman, Howard Morris, Buddy Lester, Skip Ward, Med Flory, Elvia Allman, Norman Alden, Marvin Kaplan, Henry Gibson, Howard Morris, Milton Frome et David Landfield. Réalisation : Jerry Lewis. Scénario : Jerry Lewis et Bill Richmond. Directeur de la photographie : Wallace Kelley. Compositeur : Walter Scharf.

Durée : 107 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :

Un timide professeur de chimie, Julius Kelp (J. Lewis), tente de conquérir le cœur d'une de ses élèves, Stella (Stella Stevens), en inventant une potion magique qui le transforme en un irrésistible playboy, Buddy Love (J. Lewis).



L'avis de BBJane :

« Jerry pense rose. » Robert Benayoun

Commençons par un lieu commun doublé d'un euphémisme : Jerry Lewis est un cas à part dans l'histoire du cinéma hollywoodien.

À l'apogée de son succès, dans les années 60, ses films attiraient les foules américaines tout en étant méprisés par la critique. En France, le phénomène s'inversa : notre pays fut le premier à considérer Lewis comme un auteur, tandis que le public réservait à ses œuvres un accueil plutôt mitigé. Il fut l'un des comédiens les plus populaires et les mieux payés de son temps, et il est aujourd'hui l'un des cinéastes majeurs les plus négligés des cinéphiles, privé de la pratique de son art par des producteurs qui le boudent depuis bientôt trente ans.

Il a fait l'objet de l'un des plus beaux livres jamais consacrés à un cinéaste par un critique français – Bonjour Monsieur Lewis, de Robert Benayoun –, et ses films furent abondamment disséqués dans les années 60-70. De nos jours, son œuvre n'est plus évoquée dans aucune revue, et les médias ne s'intéressent à lui qu'une fois par an, à l'occasion du Téléthon, dont il fut l'instigateur.

Dans les nombreuses études qui lui furent jadis dédiées, les commentateurs s'extasiaient sur ses innovations et prouesses techniques, sa maîtrise virtuose du gag visuel, son art consommé de coloriste, le caractère iconoclaste, voire subversif, de son comique résolument ancré à gauche, et empreint d'un humanisme pessimiste.

Si la plupart des exégètes en appelaient à Freud pour élucider les implications sexuelles de ses films et justifier sa critique soutenue du matriarcat, s'ils s'étendaient volontiers sur le caractère conflictuel mais fondateur du duo qu'il forma avec Dean Martin, s'ils tombaient en pâmoison devant ses options picturales bariolées et outrancières, aucun n'a jamais risqué plus qu'une timide allusion à ce qui relève pourtant de l'évidence : l'univers lewisien, visuellement, thématiquement, est l'un des plus totalement queers jamais vus à l'écran.

L'esthétique « gay-kitsch-camp » y est souveraine, et le « personnage Jerry », développé par Lewis de film en film, peut être considéré comme l'une des incarnations cinématographiques les plus accomplies d'un caractère queer en mal d'adaptation au monde straight.

J'aimerais en faire la démonstration à travers l'étude de son film le plus connu (et le plus apprécié en France), Docteur Jerry et Mister Love, œuvre charnière dans sa filmographie, en ce sens qu'elle marque l'aboutissement de son parcours artistique, à l'orée d'une « seconde période » qui, bien que riche en réussites, n'apportera aucun renouvellement notable.

Jerry Lewis, le plus gay des grands cinéastes hétéros ?..

Comment résister à la tentation d'attribuer ce titre à un homme qui, le mois dernier, attisait la colère d'une partie de la communauté homo (en l'occurrence bien bêcheuse et chochotte) pour avoir prononcé – une fois de plus et de trop – le mot "faggot" (pédé) lors d'une interview télévisée ?

Oui, décidément, Mister Lewis est un cas à part...

 Il existe une toute autre façon d'envisager l'intrigue ; une optique moins conventionnelle, mais nullement décalée, et relevant d'autant moins du délire interprétatif qu'elle explique et résout ce que l'approche habituelle soulève d'incohérences scénaristiques.

Voici le résumé alternatif qui peut en découler :

Le professeur Kelp, homosexuel honteux et refoulé, s'emploie à affirmer sa virilité en tentant d'amorcer une relation amoureuse avec l'une de ses élèves, et en suivant des séances de culturisme. Ses échecs successifs le font opter pour une autre méthode, artificielle et chimique : il invente une potion lui permettant de devenir le mâle idéal, l'hétéro parfait, séducteur machiste et baraqué : Buddy Love. Mais il ne peut annihiler sa véritable nature, laquelle réapparaît aux moments les moins opportuns, et l'empêche de concrétiser physiquement la liaison entamée avec son étudiante. Au fil du temps, son autre personnalité, Buddy Love, révèle de plus en plus nettement ses propres inclinations sexuelles – identiques à celles de Kelp. Ce dernier finit par renoncer à l'usage de sa potion – mais non à la dissimulation de ses penchants, puisqu'il épousera son élève afin de donner le change à sa famille et à son entourage professionnel.

Moralité : si l'on n'échappe pas à ce qu'on est, mieux vaut n'en rien laisser paraître !

 

Les saines lectures du Dr Jerry

 

On a beaucoup glosé sur le fait que Lewis (à l'instar de Terence Fisher, deux ans plus tôt, avec The Two faces of Dr Jekyll) inversait les données du roman de Robert-Louis Stevenson dont il s'inspirait, à savoir : Jekyll/beau contre Hyde/laid. En vérité, cette inversion va au-delà de l'aspect physique des personnages. Elle est ici totale : la créature hideuse et le monstre social (car queer), c'est Jekyll/le professeur Kelp ; l'être séduisant et conforme aux attentes de la société, c'est Hyde/Buddy Love.

Le générique du film nous montre le professeur effectuant une expérience en classe. Seules ses mains sont cadrées, tandis qu'elles s'activent autour de diverses cornues et autres objets de chimie phalloïdes, jusqu'à ce que se produise une explosion ayant valeur d'orgasme.

Tentative symbolique de destruction de l'ordre établi, comme l'écrivirent les critiques ? Sans doute, mais également séance d'onanisme exhibitionniste, suscitant la fuite des témoins (les étudiants) d'abord médusés, puis indignés.

 

Fais gaffe, Jerry !.. Ça rend sourd !..

 

De manière significative, c'est dans un placard que Kelp se retrouvera coincé par l'un de ses élèves, qui veut ainsi se venger du fait que le professeur lui ait interdit de se rendre à un entraînement de foot. Car Kelp n'éprouve aucun intérêt pour le sport (carence souvent suspecte aux yeux de la jeunesse américaine), et manifeste même un certain mépris à l'égard de cette discipline.

Pour ne rien arranger, il n'est pas davantage intéressé par les femmes – on se demande, à ce propos, où les commentateurs du film sont allés pêcher l'idée qu'il crée avant tout sa fameuse mixture pour séduire son élève Stella, si l'on considère l'absence totale d'érotisation de leurs rapports.

Dans l'ensemble des films de Lewis, le potentiel érotique des personnages féminins est généralement fort congru (nous sommes loin, sur ce point, des notations graveleuses d'un Mel Brooks, et du cinéma comique américain en général). Même dans Le Tombeur de ces dames (The Ladies' man - 1961), où le pôle majeur de l'intrigue est la séduction féminine, celle-ci n'est appréhendée que comme un objet d'effroi ; elle se manifeste à travers un glamour sacralisé et quelque peu figé, n'ayant rien de charnel – mais typique, en revanche, de l'imagerie gay.

 

Jerry in the closet

 

Si ce n'est de séduire, quelle est l'utilité de la potion ?

Tout simplement de changer son image, de faire naître une personnalité acceptable par ses concitoyens, ne laissant plus rien subsister de la nature profonde de Kelp. La finalité de l'expérience n'est pas d'ordre sentimental, mais social : il s'agit, pour le professeur, de perdre sa voix haut perchée, ses manières efféminées (voir l'extraordinaire scène du bal de l'université, où Kelp se laisse gagner par le rythme de la musique, et entame une sorte de danse immobile où s'exprime la folle cachée en lui), de devenir, non pas ce qu'il rêve d'être, mais ce que les autres souhaiteraient qu'il soit. Un symbole de ce besoin d'en faire accroire qui taraude le professeur, peut être vu dans sa montre-gousset, laquelle, une fois ouverte, laisse échapper les accords tonitruants de la « Marche des Marines » – il la laissera accidentellement choir dans un aquarium, noyant ainsi son effort d'affirmation de ce qu'il n'est pas.

Contrairement à ce qui se passe chez Stevenson, Jekyll/Kelp ne libère pas son "Ça" en devenant Hyde/Love, mais son Surmoi.

 

Ceci n'est pas un câlin

(Le professeur Kelp au gymnase)

 

La scène de transformation – moment de bravoure dans toute adaptation du roman de Stevenson – offre une vision grotesque du processus de virilisation. Avant de devenir un mâle accompli, Kelp passe par un stade quasi neanderthalien, devient une sorte d'homme des cavernes couvert de poils, comme si l'accès à la forme idéale de la masculinité impliquait une régression, un retour à la bestialité. Il est intéressant de noter qu'au stade ultime de sa transformation, le professeur se recroqueville sur le sol de son laboratoire dans une mare de produits chimiques aux couleurs de... l'arc-en-ciel.

Malheureusement pour Kelp, si Buddy Love s'avère être l'incarnation parfaite du tombeur hétéro, infatué de son charisme et plein de morgue, il n'en présente pas moins certains traits ambigus. Et si son pouvoir de séduction opère assez largement sur le sexe opposé (non sans certaines réserves que nous verrons plus loin), il ne manifeste aucune envie spontanée d'en user, et semble tirer tout autant de satisfaction – sinon davantage – du prestige qu'il exerce sur les hommes.

 

Over the rainbow

 

Grisé par sa propre apparence, Buddy Love goûte avec délection aux plaisirs narcissiques, s'attirant bientôt cette remarque de celle qu'il est censé courtiser : « Tu auras une longue histoire d'amour avec toi-même. »

Lors de son entrée, filmée en caméra subjective, dans la boîte de nuit "The Purple Pit" (aux couleurs moins pourpres que roses), sa vue arrache un hurlement à l'une des demoiselles qu'il croise. Le visage de Buddy nous est montré pour la première fois suite à ce cri d'effroi, plutôt que d'extase, qui semble faire office d'avertissement : derrière l'image du bellâtre se cache quelque chose de terrifiant, qui ne saurait échapper aux yeux de certaines femmes.

Love se dirige directement vers Stella, l'élève que le professeur Kelp s'est désignée comme compagne possible. Mais la jeune fille sage et un brin timorée de l'Université, apparaît sensiblement plus féminine et libérée dans le cadre de la boîte de nuit, ce que Love semble apprécier modérément (il refusera de l'embrasser parce qu'elle porte du rouge à lèvres). Il manifeste une attention plus décomplexée aux jeunes hommes présents dans la boîte, que ce soit pour s'affronter à eux (il rosse l'un des élèves de Kelp), ou pour les taquiner gentiment (« Je vous laisserai jouer avec mon porte-clef » dit-il à un groupe de garçons pour les inciter à lui céder leur banquette).

 

Les caïds du "Purple Pink"... euh, pardon : "Pit"... À croquer !..

 

Quand Love se manifestera au campus où enseigne Kelp, ce sera pour jouer une singulière autant qu'hilarante comédie de la séduction avec le doyen de l'établissement, poussant ce dernier à dévoiler sa face cachée : celle d'une vieille tante émoustillée par la présence de ce bel homme entre ses murs. Ces scènes de parade amoureuse entre un homme mûr, détenteur de l'autorité ou de la force, et un élément perturbateur plus jeune, sont fréquentes dans le cinéma lewisien. La séquence dans le bureau du doyen en offre une expression définitive : elle s'achève par le déculottage du noble vieillard, après que Buddy lui a tourné la tête en le féminisant verbalement (il ne s'adresse à lui qu'en termes féminins : « Ma grande » ou « Fais pas ta modeste »), et en le comparant à Cary Grant (grande figure de l'homosexualité hollywoodienne, s'il en fut).

 

Pas folle, la guêpe ?

(Del Moore en plein émoi)

 

Mais c'est surtout dans ses rapports avec Stella que se révèle la nature profonde de Buddy Love. Ce séducteur impénitent est incapable de dépasser le stade du flirt, n'embrasse la jeune fille qu'à la sauvette et avec une gêne marquée, et, lorsqu'il est sur le point de passer aux choses sérieuses, doit y renoncer pour cause de transformation inopinée en professeur Kelp ! Sentant sa personnalité initiale prendre le dessus, il s'enfuit à toutes jambes du lieu où doit se dérouler l'étreinte tant attendue – par Stella...

Quand celle-ci se plaindra à Kelp du comportement décidément étrange de Buddy, le professeur lui répondra que Love « cache sa vraie nature pour éviter qu'on lui fasse du mal. »

Quelle « vraie nature » ?... "Quel « mal » ?.. S'il faut trouver une explication à cette réplique sibylline, je ne la vois que dans une réaction de dissimulation protectrice contre les attaques homophobes.

Stella aura cette repartie amère et révélatrice : « Je me sens comme une mariée le soir de ses noces, dont le mari va dîner chez sa mère ! »

C'est précisément le souvenir de cette mère que Kelp invoquera lorsqu'il s'interrogera sur les véritables raisons de sa double personnalité, et sur les effets contrastés de sa potion. Et la vision que nous aurons d'elle sera conforme en tout point à l'image classique de la mère lewisienne : une épouvantable matrone régnant par la terreur sur son entourage, et particulièrement sur son chétif époux – mère forte, père craintif : on connaît la chanson...

 

Notre Mère qui êtes odieuse...

(Elvia Allman)

 

Selon la tradition, le film s'achève par la révélation de la véritable identité de Hyde/Love devant des tiers – ici, tout un parterre, puisque l'événement se déroule lors du bal annuel du campus, où Buddy Love est convié à chanter. Plus que jamais, cette scène classique des diverses adaptations de Jekyll et Hyde prend valeur de "coming-out".

Alors qu'il doit entamer une nouvelle chanson (« Qui plaît beaucoup aux copains du 'Purple Pit' », précise-t-il, avant de prier le doyen transi de lui pardonner d'avoir nommé ce lieu de débauche), notre crooner se retrouve inopinément affligé de la voix de fausset de Kelp, puis recouvre l'apparence disgracieuse du professeur.

Pour s'excuser d'avoir trompé son entourage, il déclare renoncer à se transformer désormais en Buddy Love : « Je ne veux pas être ce que je ne suis pas. Il faut s'accepter tel qu'on est. »

Une résolution d'autant plus facile à prendre que l'identité de Buddy trahit finalement plus nettement ce qu'EST le professeur...

En ce sens, les propos de Kelp, loin de constituer une apologie de la transparence et de la réconciliation avec soi-même, prennent un goût terriblement saumâtre. Ils n'annoncent pas une volonté de s'assumer en tant que gay, mais l'inverse. En demeurant Kelp, le professeur s'expose moins, tout compte fait, à exprimer/trahir sa nature authentique, qu'en continuant d'être le trop fantasque, voyant et tapageur Buddy Love.

Il peut même envisager de convoler avec Stella, qui se révèle être le type parfait de la « fille à pédés » – lorsque Kelp lui déclare : « Je ne serai jamais le mâle que vous voulez », elle lui assure que c'est aussi bien comme ça !

Le film s'achève sur un plan de Stella et Kelp s'éloignant de la caméra, bras dessus bras dessous. Dans les poches arrières du pantalon de la jeune fille, on remarque plusieurs flacons de la potion magique, qu'elle emporte à l'insu de son compagnon...

Au cas où la fade cuisine du couple hétéro aurait besoin d'être relevée par un filet de piment queer ?..

 

La danse de Saint Gay

 

Pour plus d’informations :

La fameuse danse de Saint Gay, justement !... Si vous déniez du génie à ce type, je me refais hétéro !... C'est ici, et sur VouzenTube... in Gorgeous Gay Colors !..

Son remix queer, par Biggie... Pas indispensable, vu que ça souligne l'évidence, mais sympa quand même...

Par BBJane Hudson - Publié dans : LA CRYPTE AUX GAYS
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Dimanche 10 mai 7 10 /05 /Mai 00:58
  
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Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 10 mai 7 10 /05 /Mai 00:54
  
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Si ça, c'est pas de la manipulation, Luke...

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Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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