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Mercredi 29 avril 3 29 /04 /Avr 11:27



Fiche technique :

Avec Nathalie Richard, Pascal Cervo, Olaf Lubaszenko, Xavier Beauvois, Loïc Maquin, Jean-Paul Dermont, Clovis Cornillac, Stéphane Jobert, Isabelle Nanty, Vincent Grass, Farida Rahouadj, Olivier Jahan et Olivier Rabourdin. Réalisation : Catherine Corsini. Scénario : Catherine Corsini, Arlette Langmann et Pascale Breton. Directeur de la photographie : Ivan Kozelka. Compositeur : John Cale.

Durée : 88 m. Disponible en VF.



Résumé :

Après des années d'absence passées à faire les quatre cent coups et à brûler la vie par les deux bouts, Viviane est de retour à Monthermé, la petite ville des Ardennes où vivent ses parents et son demi-frère cadet, Marc. Au contact de cette aînée que cette longue absence a sublimée, ce lycéen de quinze ans va faire le rude apprentissage de l'indépendance. Viviane décide de prendre Marc sous sa protection et ne lui cache rien de son existence tumultueuse. Entretenue par des notables locaux qu'elle traite avec insolence, la jeune femme séduit son frère par son charme et sa drôlerie. Ensemble, ils font des virées en Belgique et se font des confidences intimes. Des gestes s'ébauchent, des corps se frôlent, des étreintes et des complicités se nouent.



Marc a de plus en plus de mal à partager les plaisirs de ses copains de lycée et son amitié pour son camarade Ronan se teinte d'une trouble fascination dont il ne saisit pas immédiatement la nature profonde. Quand Viviane rencontre l'amour en la personne de Tomek, un ouvrier polonais rencontré dans une virée nocturne, et décide de mettre fin à sa vie de femme entretenue, Marc décide d'aller lui aussi au bout de ses sentiments. Alors que Viviane succombe au vertige du grand amour, l'adolescent cède à ses pulsions et tourne résolument le dos au monde de l'enfance en se jetant tête la première dans l'inconnu...



L’avis de Frédéric Mignard :

Un portrait désaxé de deux écorchés, en quête de liberté dans un monde étriqué, qui se caractérise par une mise en scène naturaliste rudimentaire, mais touchante.

Après des années d’absence, une chanteuse de bas-étage revient dans sa petite ville natale. Honnie par ses parents, elle retrouve son jeune frère, un adolescent perturbé par sa sexualité. Ensemble ils vont développer une complicité trouble.



1994. Le cinéma français va au plus mal, boudé par le public qui ne se retrouve pas dans le manque de diversité que lui offre la production nationale. En face des productions comiques, seules atouts de l’industrie cinématographique, les producteurs proposent un grand nombre de films d’auteur, économiques, qui connaissent l’indifférence générale du public. Des productions à tout petit budget dont l’existence est niée par une distribution microscopique dans les circuits art et essai.

Parmi ces œuvres, l’on trouve Les amoureux, le second film de Catherine Corsini, après le polar Poker. Un bide. Et une belle injustice ! Il faudra, finalement, un peu plus de dix ans pour que ce portrait provincial au vitriol puisse renaître de ses cendres, grâce à l’éditeur DVD gay Antiprod. Le film retrouve alors, confidentiellement, une nouvelle carrière mais dans un cadre communautaire, qu’il est pourtant essentiel de dépasser. Limiter Les amoureux aux errances existentielles d’un adolescent, qui se recherche sexuellement pour finalement se retrouver dans l’homosexualité, n’est-ce pas là restreindre un peu les intentions de Corsini ?



La réalisatrice explore plus généralement l’aspect sordide d’une province, asphyxiée par son étroitesse d’esprit, une campagne moribonde, où les mentalités étriquées détruisent les marginaux en quête inconsciente de reconnaissance. Le pouvoir d’attraction de cette région, l’atavisme qui en découle, est une fatalité à laquelle il est mal aisé de se soustraire. La réalisatrice le souligne à travers le personnage de la formidable Nathalie Richard, qui interprète, ici, une chanteuse arriviste, revenue de Paris fragilisée, alors que seul son jeune frère attendait encore son retour au bercail populaire. Elle se retrouve, dans ses dérives névrotiques, à inspecter ses cassures, manipulée et abîmée par les hommes, alors que son frère, fasciné par sa liberté extraordinaire, vit dans la honte, son homosexualité naissante, sali par les sorties nocturnes et les plans drague, que l’environnement hostile lui impose.



Dans le rôle du jeune homo, Pascal Cervo, alors quasi débutant, affiche une justesse de jeu qui contribue beaucoup au succès de cette œuvre, certes rudimentaire, mais d’une grande honnêteté dans sa dénonciation naturaliste d’un milieu. Entre le Border line de Danièle Dubroux et L’Homme blessé de Patrick Chéreau, cette peinture détraquée de deux écorchés, au bord de l’implosion, et toujours à la lisière du tabou ultime de l’inceste, captive et laisse des traces, longtemps après sa projection.

Pour plus d’informations :

Par Frédéric Mignard - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 29 avril 3 29 /04 /Avr 00:36

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Fiche technique :
Avec Inés Efron, Martín Piroyansky, Ricardo Darin, Valeria Bertuccelli, Carolina Pelleritti, Germán Palacios, Guillermo Angelelli, César Troncoso, Jean-Pierre Reguerraz, Ailín Salas, Luciano Nóbile et Lucas Escariz. Réalisation : Lucia Puenzo. Scénario : Lucia Puenzo, d'après l'œuvre de Sergio Bizzio. Directeur de la photographie : Natasha Braier. Musique : Andrés Goldstein & Daniel Tarrab. Montage : Alex Zito & Hugo Primero.
Durée : 91 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
Un couple d’Argentins et leur fille ont quitté Bueno Aires pour aller vivre dans un petit village de la côte uruguayenne où le père biologiste étudie les tortues marines locales. Ils vivent dans une maison de bois perdue dans les dunes. On comprend assez vite que cette fuite était surtout pour protéger leur fille. On comprend moins vite que leur fille Alex, âgée de quinze ans, est en fait un hermaphrodite. XXY commence avec l'arrivée d’un couple d’amis de la mère qui leur rend visite. Leur fils de seize ans, Alvaro, les accompagne. On comprend, pas vite du tout, que si le père d’Alvaro a accepté l’invitation, c’est qu’il est spécialiste en chirurgie esthétique (et néanmoins un sale con) et s’intéresse médicalement au cas d’Alex. Les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre...

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L’avis de
Bernard Alapetite :
Le premier atout du film est son sujet : l’hermaphrodisme, quasiment jamais traité au cinéma, je ne me souviens guère que du Mystère Alexina de René Feret ou du Satyricon de Fellini abordant la question. Ou bien encore du court-métrage documentaire L'Hypothèse hermaphrodite d’Alain Burosse qui brossait, en 1997, un tableau de l'hermaphrodisme à travers les arts et la science. Il y a aussi Mika, l'un des personnages de Fudoh de Takashi Miike en 2001 qui était atteint par cette particularité génitale et ce doit être à peu près tout... En littérature, il y a bien sûr Middlesex, de Jeffrey Eugenides, le roman de référence sur le sujet.
Petit rappel cuistre de mythologie grecque, Hermaphrodite est l'enfant d'Hermès et d'Aphrodite, il est doublement sexué et a hérité de ses parents leur beauté. Après son union avec la nymphe Salmacis, Hermaphrodite et son épouse ne forment plus qu'un seul être à la fois mâle et femelle.
Précisions médicales encore plus cuistre : le titre ne peut correspondre à l'histoire car les personnes XXY sont de phénotype masculin.

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Plus précisément, XXY se penche sur les troubles que cette particularité engendre chez le sujet, son entourage et plus généralement dans une société dans laquelle la différenciation des sexes est une règle fondamentale même si elle est rarement explicitée. Les questions que se pose Alex sont essentielles pour son devenir : doit-il choisir un sexe ? Et lequel ? Aime-t-il (elle) les filles et/ou les garçons ? Peut-elle assumer cette bisexualité génétique ? Son corps peut-il devenir un objet de désir et non de voyeurisme malsain ?.. Surtout peut-il (elle) supporter le regard des autres ? Le film, même s’il n’est pas toujours complètement maîtrisé, au-delà de ce cas particulier, pose le problème plus général du regard de la société sur l’inhabituel qu’elle nomme « monstre » pour mieux le tenir à distance.
Avec tact, Lucia Puenzo, pour son premier film, montre la souffrance que cette particularité provoque chez une jeune fille exposée aux ragots crapoteux et libidineux, à la brutalité d'une médecine qui ne parle que de traitements aux corticoïdes et de chirurgie « réparatrice ». Elle met en évidence la culpabilité qui ronge les parents.

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Les deux jeunes acteurs sont formidables, même si au début on ne comprend pas bien quel peut être le problème d’Alex qui est remarquablement interprétée par Inés Efron, une comédienne argentine de 24 ans, tant son côté masculin est loin d’être évident. Une des bonnes idées du film est de n’avoir pas fait des deux jeunes protagonistes des êtres immédiatement aimables. Alex est une sauvage, violente et solitaire avec pour seul compagnon un petit iguane vert. Persuadée d’être un monstre, Alex va dans ce sens, donnant des coups, cassant le nez de son meilleur ami, provoquant ses camarades. L’actrice utilise beaucoup son regard d’animal blessé pour faire passer sa différence... Quant à Alvaro, c’est un grand dadais qui, au deuxième regard, ne manque pas de sensualité...
Le reste de la distribution est également remarquable. Une mention spéciale pour Ricardo Darin qui incarne le père d'Alex. Cet acteur argentin est familier du public français pour avoir été l'un des héros des deux derniers films du regretté Fabián Bielinsky, Les Neuf Reines (2000) et El Aura (2005).
Si le film est pudique, il n’esquive pas la crudité dans la scène bien filmée de l’ étonnante relation sexuelle entre Alex et Alvaro. Il dépeint justement le trouble d'Alvaro, puceau à l'homosexualité inavouée, devant le corps d'Alex, androgyne butée mais impatiente de sexe, qui lui prouve qu'elle possède une façon bien à elle (!) de le satisfaire. Les deux adolescents se découvrent une complicité amoureuse et sexuelle inattendue. XXY met bien en évidence l’obsession qu’a Alex pour son pénis surnuméraire.

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Le propos du film est renforcé par le fait de l’avoir situé dans un milieu particulièrement machiste, une petite communauté de pêcheurs sur la côte uruguayenne. Comme dans un autre film sud américain de cette année, La Léon, XXY nous offre des images d’une contrée presque jamais montrée au cinéma.
Affleure habilement dans le scénario, qui manque parfois pourtant de rigueur, la profonde coupure qui existe dans la société argentine entre la « droite » incarnée par le père d’Alvaro et la « gauche » personnifiée par celui d’Alex.

XXY a aussi l'avantage de créer une visibilité sur plusieurs milliers de personnes en France qui subissent des « mutilations » arbitraires chirurgicales de « normalisation ». Il faut savoir que chaque jour des nouveaux-nés ont les organes génitaux « mutilés » pour en faire des « hommes » ou des « femmes »...
Malheureusement ce film très attachant ne manque pas de carences. En premier lieu, il est affaibli par un montage trop lâche qui étire inutilement les scènes, bien des plans sont inutiles. L’abus de nombreux silences soulignés par des regards qui se voudraient lourds de sens est agaçant et suggère surtout que la cinéaste et ses acteurs sont mal à l’aise dans les scènes dialoguées.

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Si je comprend bien la volonté de la cinéaste de mettre les images à l’unisson de la tension des protagonistes, il y a bien peu de soleil sur cette plage, surtout du gris, un ciel bas, une mer opaque, la maison en bois est terne, ses intérieurs sombres, il y a quelquefois des pluies diluviennes... Il n’en reste pas moins que la colorimétrie est souvent laide et que le film semble mal étalonné.
Enfin, est-ce à cause d’une hâte bien compréhensible de tourner son premier film que la cinéaste a omis de développer certains aspects de son scénario qui ne sont restés qu’embryonnaires, comme la position du père d’Alex vis à vis des pêcheurs autochtones ou le personnage très intéressant et très bien joué de l’ami d’Alex ?
Que ces réserves, qui ne sont en rien rédhibitoires et bien naturelles pour un premier long métrage, ne vous retiennent pas de découvrir le film le plus original de l’année.

XXY a été récompensé par le Grand Prix de la Semaine de la critique lors de la soixantième édition du festival de Cannes, en 2007. Il était le candidat argentin à l'Oscar du meilleur film étranger pour 2008.

En 2008 Lucia Puenzo a tourné El niño pez (The Fish Child).

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L’avis de Chori :
Décidément, j'aime énormément le cinéma argentin. Que ce soit du polar ironique (Les Neuf reines), du hold-up métaphysique (El Aura), de la chronique acide (La niña santa), du drame sublime (La Leon) ou de la comédie un peu cracra (El Camino de San Diego), je marche quasiment à tous les coups...
Et là, encore une fois, la balle rebondit dans un coin où on ne l'attendait pas : Alex, l'héroïne, est hermaphrodite. C'est tout, c'est dit (de toute façon, vous l'apprendrez assez vite dans le film). Elle est adolescente, à cet âge où les cinéastes nous font souvent le coup de la chrysalide et de mal dans ses baskets. Et elle a donc au moins deux fois plus de raisons que les autres de flipper. Vivant recluse dans une ville portuaire avec ses parents qui la protègent de leur mieux, en proie à la curiosité malsaine des autres, elle va rencontrer Alvaro, un ado aussi, fils d'un couple venu rendre visite à ses parents (pour des raisons médicales qu'on comprendra assez vite.)

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L'essentiel du film est la relation qui va naître entre les deux adolescents (et qui se concrétisera par une des scènes de « première fois » la plus surprenante que je connaisse.) Alex est en train de se masculiniser, refuse de continuer son traitement, elle est désormais à l'âge où ses parents souhaiteraient qu'elle choisisse, qu'elle se détermine. Alvaro, lui aussi mal dans sa peau, notamment dans sa relation malaisée avec son père, va, d'une certaine façon, grâce à Alex, se déterminer, lui aussi.
Mais c'est aussi l'occasion d'une comparaison, d'une mise en parallèle, plutôt, entre leurs pères respectifs, l'un qui s'occupe de tortues échouées, les soigne et les bichonne, et l'autre, chirurgien esthétique, qui manie le bistouri plutôt que les sentiments. Un qui se préoccupe de son enfant et l'autre qui se méprend sur le sien...

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Le film est à l'image de son image : un peu granuleux, rugueux, sans recherche de joliesse, imparfait, et n'en finit pas d'hésiter, d'aller et venir entre les étendues maritimes et la proximité des corps et des visages. Entre les fuites et les retours, entre colères et réconciliations. Violence et quiétude. Quelques maladresses (ou lourdeurs) viennent parfois alourdir le récit, mais la justesse des acteurs, notamment, ainsi que le parti-pris de simplicité contrebalancent ces faiblesses passagères. Lucia Puenzo nous dit ce qu'elle a à dire, sans gueuler, sans surligner. Sans hystérie et sans pathos, le film tient la route, jusqu'au bout (on a d'ailleurs ces plans symétriques automobiles d'arrivée et de départ).

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La demoiselle, yeux graves dans un beau visage triste, est époustouflante dans un rôle délicat, et s'en sort sans jamais en faire trop (comme le film, d'ailleurs, d'une pudeur extrême), réussissant à nous faire percevoir son malaise et son obsession sans – et heureusement – jamais rien nous montrer du corps du délit. Beaucoup d'eau dans ce film, la mer, la pluie, les larmes.
Est-on toujours vraiment obligé de choisir ?

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite & Chori - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 28 avril 2 28 /04 /Avr 11:49


Loin de toute polémique, loin des tabous et des lois, l’écrivain marocain Abdellah Taïa (L’Armée du salut, Une Mélancolie arabe…) évoque, dans ce document exclusif publié par la revue TelQuel au Maroc, la différence expliquée à l’être le plus cher : la mère.

[Note de Daniel C. Hall : Ce texte est repris avec l'autorisation d'Abdellah. Il marque le début d'une nouvelle catégorie où je suivrai l'actualité de l'écrivain marocain qui marque l'histoire de son pays et des pays arabes. Merci à toi mon chaleureux ami et je t'embrasse très fort.]

 


Ma chère famille,

 

C’est la première fois que je vous écris. Une lettre pour vous tous. Pour toi, ma mère M’Barka. Pour vous mes sœurs, mes six sœurs. Et pour vous mes deux frères. Je vous écris par mon cœur et ma peau ces lignes qui sortent enfin de moi et qui me viennent aujourd’hui dans l’urgence. Je ne peux pas ne pas les dire, les tracer. Vous les envoyer. Expliquer ma démarche, ce que je suis, ce que j’écris et pourquoi je le fais. Expliquer ?! Oui, expliquer davantage parce que j’en ressens la nécessité intérieure et parce que vous, ma famille, n’avez pas pris la peine de lire, de bien lire, ce que j’ai publié – livres, articles, interviews… Expliquer parce que depuis longtemps c’est ce qui nous manque au Maroc : qu’on nous considère enfin comme des êtres dignes de recevoir des explications, qu’on nous implique vraiment dans ce qui concerne ce pays et qu’on cesse de nous humilier jour après jour.

Je sais que je suis scandaleux. Pour vous. Et pour les autres autour de vous : les voisins, les collègues au travail, les amis, les belles-mères… Je sais à quel point je vous cause involontairement du “mal”, des soucis. Je m’expose en signant de mon vrai prénom et de mon vrai nom. Je vous expose avec moi. Je vous entraîne dans cette aventure, qui ne fait que commencer pour moi et pour les gens comme moi : exister enfin ! Sortir de l’ombre ! Relever la tête ! Dire la vérité, ma vérité ! Être : Abdellah. Être : Taïa. Être les deux. Seul. Et pas seul à la fois.

Au-delà de mon homosexualité, que je revendique et assume, je sais que ce qui vous surprend, vous fait peur, c’est que je vous échappe : je suis le même, toujours maigre, toujours cet éternel visage d’enfant ; je ne suis plus le même. Vous ne me reconnaissez plus et vous vous dites : “Mais d’où lui viennent ces idées bizarres ? D’où lui vient cette audace ? On ne l’a pas éduqué comme ça… Non seulement il parle publiquement de sexualité, non, non, cela ne lui suffit pas, il parle d’homosexualité, de politique, de liberté… Pour qui se prend-il ?”

Je viens du Maroc. Je connais le Maroc. Réussir, exister, c’est avoir de l’argent. Écraser les autres avec son argent. Depuis que je suis né, en 1973 à Rabat, c’est cela l’idéal marocain, le modèle à suivre. Comme vous, je suis né pauvre, j’ai grandi pauvre à Salé. Je reste d’une certaine façon, aujourd’hui encore, pauvre. Moi, je refuse cet idéal marocain stérile. Cette platitude. Il ne me convient pas. Je le dépasse. L’idéal marocain, moi, à mon petit niveau, je le réinvente. Je le remplis avec un nouveau contenu, avec du sens, du courage et du doute… C’est cela, au fond, ce qui vous choque : je me révèle autre, quelque chose que vous n’avez pas prévu, vu venir. Un monstre. En plus, à côté de vous, j’ai toujours été tellement gentil, tellement studieux et bien élevé.

Vous devez vous poser chaque jour maintes fois la même question : qu’est-ce qu’on lui a fait ? Qu’est-ce qu’on lui a fait pour mériter ça, ce scandale ?

Vous devez certainement me détester maintenant, me maudire. Pour vous je ne suis sans doute plus un bon musulman. Vous devez aussi avoir peur pour moi : je prends des risques en m’exposant ainsi dans les livres et les journaux.

Ma mère : je sais que tu n’es pas d’accord avec mes choix mais que tu continues de prier pour moi. Et cela me touche. J’ai besoin, de loin, de croire que toi aussi tu réinventes le monde et les prières musulmanes. Ma mère, tu ne le sais sans doute pas, le désir de révolte, c’est toi qui me l’as donné. Chez nous, tu as toujours été le guide, la stratège, la révoltée. La réalisatrice. Ma mère, même analphabète, à toi toute seule, durant les 25 années que j’ai passées à côté de toi, tu étais une école de féminisme. Et quelle école ! Je t’admire. Je fais mieux que de t’aimer, je le répète : je t’admire ! Tu as imposé tes choix à mon père, à nous. Tu as réalisé ton œuvre : la maison de Hay Salam. C’est toi qui économisais de l’argent, qui achetais du ciment, du sable, des briques, toi qui engageais les maçons et négociais avec le “moqaddem”. Tu as compris, tôt, que tu n’avais pas d’autres choix que celui d’être un homme à la place des hommes. Mieux et plus courageuse que tous les hommes qui nous entouraient.

Certes, ta détermination à aller jusqu’au bout des choses devenait certains jours de la dictature. Certes, ta façon de parler c’était le cri, encore et encore le cri. Certes, il était impossible de discuter avec toi. Mais, quand même, que de leçons apprises à tes côtés.

Ma mère, ton prénom est magnifique. M’Barka. Il vient de la campagne de Oulad Brahim. Ton histoire et ton itinéraire, de Tadla à Salé, en passant par El Jadida et Rabat, quand je me les remémore, me ravissent. Une épopée. Sans larmes. Tu n’as jamais renoncé. Tu n’as pas toujours été juste, surtout avec mes sœurs, mais, aujourd’hui encore, chaque matin, je te tire mon chapeau. Et je reconnais mes dettes envers toi.

Ta langue, ma mère, est ma langue. J’écris en m’inspirant de ta façon poétique de voir le monde et d’inventer des rituels étranges et qui sont tellement beaux, envoûtants. J’écris en me rappelant tes cris. Je crie aujourd’hui pour rendre hommage à tes cris. Les fixer. Les donner à voir. Les faire entrer dans les livres, dans la littérature. C’est cela, entre autres, mon ambition. Tes cris comme une image du Maroc. Ton prénom comme symbole de la femme marocaine.

Ma mère, je peux faire tout cela pour toi. C’est ma seule richesse. Mon cadeau. Mon devoir.

Ma mère, le Maroc, ce n’est pas les autres, le gouvernement, les religieux, les éternels moqueurs, les “casseurs”, les empêcheurs, les jaloux, les mesquins… Le Maroc tout entier, celui que j’ai en moi et celui à qui je parle aussi à travers cette lettre, c’est toi. C’est un Maroc qui n’est pas parfait. Un Maroc dans la tension, la fièvre. Un Maroc dans l’élan. La possession.

Ma mère, ce que disent les autres de négatif sur moi, je m’en moque. Ce que tu dis toi, et même si je ne suis pas d’accord avec ta dictature, je l’écoute, je l’analyse. Et j’ai envie de te répondre.

Le Maroc, c’est toi. Ma vérité, mon “je” dont fait partie, que je le veuille ou non, mon homosexualité, mes livres publiés et à venir, c’est pour toi. C’est important pour moi que tu m’écoutes à ton tour. Que tu saches que je suis comme toi. Pas dans la même révolte que toi mais, quand même, comme toi.

C’est toi que j’ai envie de convaincre.

Nous nous téléphonons souvent. Mais je ne peux pas tout te dire au téléphone. Je redeviens un enfant timide et un peu imbécile. Je te l’écris. Crois-moi, ma mère, je n’ai aucune envie de te salir, de t’abaisser, de “t’inonder de honte”. Mais la vérité, ma vérité, j’ai besoin de te la révéler. Te communiquer ce qui change en moi. Au Maroc. Le changement passe d’abord par toi. Tu as imposé tes idées à mon père, au quartier. Au monde. Je n’ai pas d’autres choix que celui de t’imposer les miennes. Tu vas crier. Tu as crié “on va encore se déchirer”. Ce n’est pas grave. Je n’aime pas la tranquillité. Le Portugais Fernando Pessoa est mon poète préféré. L’Ecossais Francis Bacon, mon peintre favori. La Française, d’origine algérienne, Isabelle Adjani, mon étoile. Aucune de ces trois personnes hors du commun n’était (ou bien n’est) dans le calme. Tu ne les connais pas ? Je répète leur nom, ce sont des artistes très importants pour moi et mon engagement dans la vie : Fernando Pessoa, Francis Bacon, Isabelle Adjani. Tu es analphabète et tu ne connais rien à la culture ? Permets-moi d’en douter. Tu connais le mystère, le monde invisible. Tu connais la transgression. La culture, toute la culture, n’est que cela. Dire ce qu’on voit. Ce qui vient. Imposer sa différence. Et sa langue. Se dépasser. Se transformer. La littérature, le cinéma, la peinture, etc., ne sont que cela. La révélation. Puis la révolution. Dis à mes sœurs et à mes frères tout cela. Mon ambition, ma modestie, mon intransigeance.

Je ne suis pas le seul au Maroc, ma mère. Quelque chose a commencé dans ce pays. Une réelle rupture par rapport aux générations précédentes, qui soit ont abdiqué, soit ont été récupérées. Nous, c’est le 21ème siècle.

On essaie de nous intimider. De nous ramener à un soi-disant ordre moral, nous faire revenir à nos soi-disant valeurs fondamentales. Lesquelles d’abord ? Et qui décide que c’est de ces valeurs-là que le Marocain d’aujourd’hui a besoin ?

Le monde traverse une crise sans précédent en ce moment. Le monde fait son autocritique. Bouge. Le monde accueille Barack Obama comme un immense espoir. Et que fait-on au Maroc ? On nous fait peur encore une fois. Vieille recette. On nous ramène en arrière. Jusqu’à quand cet aveuglement ? Jusqu’à quand cette arrogance ? Jusqu’à quand va-t-on continuer d’ignorer et de tuer la jeunesse de ce pays ? Jusqu’à quand cette politique qui fait semblant ? Le Maroc ne mérite-t-il pas mieux ? Une vraie modernité ? Une réelle révolution des mentalités ?

À y regarder de près, cette révolution a déjà commencé. Le seul problème, c’est qu’on ne veut toujours pas le voir. Certains au Maroc ont visiblement intérêt à ce que notre identité marocaine ne change pas d’un iota. Or cette identité, cela fait des années qu’elle n’est plus la même. Les jeunes Marocains d’aujourd’hui ont d’ailleurs tout compris à cette question complexe. Ils sont même très sophistiqués dans leur réflexion à propos de ce sujet. On pourrait même dire qu’ils sont d’une certaine façon déjà dans la post-modernité. Mais qui comprend ça au Maroc ? Qui va les aider dans ce changement ? Qui va les rattacher différemment au Maroc et leur rendre confiance dans ce pays ?

Pardonne-moi, ma mère, je parle comme dans les livres. Mais vous, mes sœurs et mes frères, vous comprenez ce que je dis là. Vous avez fait des études comme moi. Vous avez comme moi lu les livres que nous ramenait notre père de la Bibliothèque Générale de Rabat où il travaillait comme chaouch. Vous avez les moyens intellectuels pour saisir ce que je dis. Ne me dites pas que je parle dans l’air, que je m’emporte pour rien, que mon combat est perdu d’avance. Ne me dites pas de rentrer dans le rang comme les autres. De m’aligner. De dire : “Wana mali ?”

Je ne peux pas. Je suis dans l’écriture. C’est-à-dire dans une certaine responsabilité vis-à-vis de moi-même et vis-à-vis de la société d’où je viens. Je suis dans le questionnement. Un livre, ça vient de soi, ça interpelle le monde, la société. Je ne peux pas faire les choses à moitié. J’assume jusqu’au bout. Je n’ai plus envie de baisser la tête. Je ne suis pas un héros. C’est juste que je ne supporte plus l’hypocrisie et ses ravages au Maroc. Je ne supporte plus qu’on donne de nous des images clichés, “folklorisées”, pour attirer le touriste. Je ne supporte plus qu’on ne voie pas la richesse réelle de ce pays : l’imaginaire, les histoires, le mystère. LA JEUNESSE. Je ne supporte plus qu’on n’aide pas assez le Maroc à se relever et à grandir. Je ne supporte plus ce système qui casse du matin au soir le Marocain et qui fait taire les voix nouvelles qui émergent pour dire ce pays autrement. Je ne supporte plus cette médiocrité et cette petitesse qu’on nous impose. Le Maroc est, pour moi, plus grand que tout cela. À nous de le révéler au mieux. Même si pour cela il faut se battre, mener la guerre. Donner à certains l’impression de trahir.

Ma chère famille, je vous tends la main. C’est sincère. C’est naïf. C’est moi : je suis comme ça. Je ne vous demande pas de comprendre mes névroses, ni de m’aider à m’en sortir. Non. Je vous prie de ne pas me faire sentir que je suis un paria. Un mécréant. Je suis, à ma façon, dans la continuité de votre histoire, de notre histoire. Des origines. Je ne peux rien vous offrir pour que vous soyez socialement fiers de moi. Aujourd’hui. Là n’est pas mon but. Je n’aime pas la fierté, sentiment qui bloque. Je rêve du dialogue. Un dialogue impossible jusqu’à aujourd’hui. Je ne suis pas dans la minorité. Je suis vous, avec vous, toujours avec vous, même quand je brise les tabous. Même quand je vole vos vies pour les transformer en fragments littéraires.

Dans mes livres et mes conférences, je vous défends. Je vous dis. Je vous fais exister. Je rêve qu’un jour si quelqu’un m’insulte devant vous, en disant : “Ton fils, ton frère est zamel…”, vous répondiez : “Non, il n’est pas zamel, il est mathali.” Un mot, un petit mot tout simple et qui change tout. Un mot-révolution. A vous de voir. Je n’exige rien. Je vais. Je vole comme je peux. Je prie, comme ma mère, à ma manière : j’écris.

Il y a chez nous cette chose terrible : la haine du Marocain ! D’où vient-elle ? Pourquoi est-elle encore là ? Pourquoi ne pas oser être soi : se libérer. Se libérer même dans la provocation et le scandale. De toute façon, il n’y a pas d’autres moyens. Autant oublier la peur et aller nu affronter le monde.

Voilà. Encore une fois, dans la tendresse, ma vérité. Pour vous.

Je n’aime pas les affrontements inutiles. Je suis pour les batailles nécessaires. Celle que je mène avec et contre le Maroc est utile. Je le pense sincèrement. Je ne dois pas être le seul. Je peux parler, écrire. Pour moi et pour les autres. Je le fais. C’est un devoir.

Salam chaleureux à vous tous,

Abdellah

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Lundi 27 avril 1 27 /04 /Avr 16:22


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

Herculine BARBIN, Mes souvenirs : Histoire d'Alexina/Abel B., La Cause des Livres, 2008, 142 p.

Un manuscrit trouvé en 1868 dans l'appartement où l'on vient de découvrir le corps d'un trentenaire qui s'est suicidé : telle est la « matière première » de cet étonnant témoignage, édité par le médecin ayant assisté à la levée du corps et à l'autopsie d'Herculine Barbin.

Née en 1838, Herculine Barbin est une jeune fille qui réussit, à force de volonté et de travail à s'élever de la modeste condition de sa famille charentaise au rang d'institutrice dans un établissement religieux. Passant dès les premières lignes de son autobiographie du féminin au masculin, l'auteur(e) nous met immédiatement dans la confidence de son drame : la confusion des genres. Durant son enfance et ses études, elle se sent attirée de façon très douce vers certaines de ses amies, sans que cela entraîne plus de conflits intérieurs que d'autres « amitiés particulières » dans des institutions religieuses où les sexes sont rigoureusement séparés.

L'apparition d'un appareil génital masculin va compliquer la situation… ses seuls recours seront des autorités religieuses et médicales qui aboutiront à une conclusion simple : Herculine est un homme, qui attire un instant l'attention des médecins, passionnés par ce cas clinique dont ils examinent attentivement les aspects physiologiques en faisant peu de cas du bouleversement psychologique qui lui est lié.

Radiée de sa profession, devenu Abel Barbin, il part à la dérive, à la recherche d'une existence pour laquelle sa construction sur un autre sexe est un handicap majeur ; qui va le conduire au suicide.

Ce témoignage est d'une incroyable force brute : redécouvert en 1978 par Michel Foucault, il vient d'être réédité par La Cause des Livres avec des annexes enrichissant un texte déjà poignant. Des photographies d'hermaphrodites par Nadar, des fac-similés de documents administratifs et médicaux et une mise au point d'Antoinette Weil sur l'enseignement public religieux avant Jules Ferry précisent le contexte de cette incroyable « transition » du sexe féminin vers le sexe masculin, en 1860.

Pour en savoir plus :

Le regard médical sur divers cas dont celui d' Herculine/Abel Barbin :

http://www.ssd.u-bordeaux2.fr/faf/archives/numero_8/articles/le_mens.htm

 


Axel LÉOTARD, Mauvais genre, Hugo&Cie, 2009, 240 p.

Un siècle et demi après Barbin, Axel Léotard vient d'écrire le récit, largement autobiographique, de sa propre « transition » du sexe féminin vers le sexe masculin. Son livre est une excellente source de réflexion sur les différences entre sexe, orientation sexuelle et genre.

Cette aventure menée en France par un trentenaire au début du XXIe siècle est un repère précieux sur les évolutions mentales, sociales et médicales de notre pays.

Dans un style journalistique, ce jeune photographe qui sent qu'il n'est pas à sa place dans un corps de fille, relate sa démarche, ses engagements personnels, son combat pour obtenir une reconnaissance officielle de sa masculinité. Une telle transition ne pouvant s'effectuer sans aide, il s'adresse à une association plus habituée à accompagner des hommes vers le genre féminin que des filles vers le masculin. Il va devenir l'un des éléments les plus actifs de ce groupe transgenre qui apporte un soutien souvent vital à des êtres qui n'ont parfois d'autre moyen de survie que la prostitution. On trouvera ici, à côté de ce « minoritaire dans la minorité », des éléments du vécu par ceux que l'on appelle les « trans » et dont on ignore souvent beaucoup des conditions de vie ou de survie.

Gabriel (puisque tel est le « prénom d'accueil » choisi par le narrateur) veut avoir un corps plus proche de son genre : à la différence d'Herculine Barbin, c'est son identité intérieure, son genre qui ne coïncide pas avec son physique féminin.

Pour cela, la loi lui impose de passer par la psychiatrie et la case « Sainte-Anne » avant de pouvoir soumettre son cas à la Justice qui ne sera pas plus compréhensive que la médecine, la France étant la lanterne rouge de l'Europe en ce domaine avec trente ans de retard.

La chirurgie ? Comme sexe et genre sont des notions distinctes, Gabriel se fera seulement refaire la poitrine : du côté des gonades, rien n'est au point (les deux phalloplasties françaises ayant abouti à deux chaises roulantes) et cela ne semble pas être d'une importance capitale pour lui. Un changement d'état civil femme vers homme est en revanche obligatoirement lié à une stérilisation qu'il va subir.

Bien plus vital est le regard des autres : fuyant, insistant, inquisiteur, apitoyé, incrédule... il blesse. On perçoit avec ce passage du sexe dit faible à celui qui ose se prétendre fort le machisme inconscient lié à toute forme de contact humain : avec des collègues de travail, au rayon jouets ou parfumerie d'un grand magasin rien n'est exactement pareil si la personne qui s'adresse à vous est un homme ou une femme.

Axel ou Gabriel (peu importe : il lui faut simplement un prénom qui s'envole… et il est curieux de constater qu'Herculine était devenu Abel, même s'il a brisé volontairement ses ailes) a écrit le livre qu'il aurait aimé lire lorsqu'il avait seize ans. Il touchera très certainement un public beaucoup plus large par la richesse et la force de son vécu.

Pour en savoir plus :

Le site de photos d'Axel Léotard : http://web.mac.com/axelphotos/iWeb/axelphotos/HOME.html

avec les images de sa transition, intitulée « Born Again » :

http://web.mac.com/axelphotos/iWeb/axelphotos/BORN%20AGAIN.html



Philippe GIMET, Le Sceau de Kropotkine : Les mémoires d'un bardache – 1, Béziers, H&O, 2008, 216 p. - 21 x 13,5 cm.

Ce roman historique nous est présenté comme « obscène » par son éditeur et cet adjectif est ici vivifiant, joyeux et lubrique ...

Le Roi Soleil brille de ses derniers feux quand le héros de ce récit, le bel Henry, au fondement si accueillant, entre en scène dans les milieux les plus dévergondés du Béarn, puis de la capitale, avant d'aller parcourir l'Europe en guerre (de Succession d'Espagne) pour y faire... l'amour dans les positions et les circonstances les plus salaces !

Écrit dans une langue patinée à l'ancienne, très savoureuse et accessible (oncques n'eûmes de difficulté à entendre le sens des scènes les plus licencieuses bien que nous ne sussions point l'ancien françois) ce roman est plus destiné à ravir l'esprit qu'à être lu d'une seule main. Petit travail intellectuel savoureux, il sera cependant prudent, si le lecteur veut rester bienséant, de le lire, soit seul, soit – surtout si c'est une lecture de plage, cela ne devrait pas tarder – allongé sur le ventre...

Une intrigue historique documentée de façon cohérente conduit dans différents lieux de débauche virile où la sueur se mêle à l'huile et le sperme à la salive... dans des temps où le sexe n'était pas vraiment sans risques mais où l'on pouvait, sans passer pour un barebacker fou furieux, s'amuser en toute bonne conscience !

Si l'on jette un regard d'historien des mentalités (ce livre, sans être braudélien, se rattache à l'école historique des Anales... dont il pourrait être le fondement !!!), on constatera que la mentalité du narrateur est celle d'un homme du Siècle des Lumières. Son regard sur la condition féminine, l'esclavage et le handicap (il va épouser une jeune fille sourde-muette) est celui d'un « honnête homme » en avance sur son temps. Est-ce son statut de "bardache" qui lui donne ce recul, cette ouverture d'esprit dans un siècle où Louis XIV et vingt millions de Français (Pierre Goubert, Fayard,1965) avaient d'autres sujets... de préoccupation ???

Le deuxième tome est déjà paru et un troisième en préparation : il en sera certainement question ici bientôt !

Pour en savoir plus :

Sur l'École des Annales (avec deux « n » !!) http://fr.wikipedia.org/wiki/École_des_Annales, mais Henry est plus gai et plus… ouvert !

 

Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.

TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Dimanche 26 avril 7 26 /04 /Avr 13:02
© D. R.



Pour s’être fait prendre la main dans le pacson d’un flicard déguisé en secrète (« Et mon cul, c’est du poulet ? », lui demanda l’auteur du gay-t-apens), Georgie écopa d’une amende assez peu honorable, et d’un outing forcé. Sa vengeance fut terrible (musicalement et chorégraphiquement), dans cette vidéo cultissime où les gradés de la matraque en prennent sévèrement pour leur matricule.

Pour en savoir plus :
La page Wikipédia de George Michael
Le site officiel de George Michael
Par BBJane Hudson & Tourterelle Sandie - Publié dans : TOP OF THE QUEERS
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Dimanche 26 avril 7 26 /04 /Avr 11:22
  
Visuel : (c) GayClic

Bon, une fois encore, on ne peut pas dire que ATWT soit très doué quand il se met à jouer aux "Experts" du très, très, très pauvre. On se consolera en admirant les sourires complices entre Luke et Noah... 2ème partie.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 26 avril 7 26 /04 /Avr 11:16
  
Visuel : (c) GayClic

Bon, une fois encore, on ne peut pas dire que ATWT soit très doué quand il se met à jouer aux "Experts" du très, très, très pauvre. On se consolera en admirant les sourires complices entre Luke et Noah...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 25 avril 6 25 /04 /Avr 12:03
FEP2.png

Six années se sont écoulées après le terrible drame...


La bannière et la vidéo sont (c)
Films entre potes
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Laurent himself.
Un grand merci à l'équipe de Foup !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : G ! et FOUP
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Vendredi 24 avril 5 24 /04 /Avr 10:17

 

 


 

La bite ne fait pas la nonne

Patrick Cardon



Pour la seizième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gay hétéro-friendly, j'ouvre grand les portes des Toiles Roses à une figure légendaire du milieu culturel et militant LGBT : l'incroyable, décalé, déjanté, fou furieux et talentueux Patrick Cardon !

Né en 1952 dans un estaminet de Tourcoing, Patrick Cardon décide à 20 ans de poursuivre ses études à Aix en Provence où il obtient un diplôme de sciences politiques et un doctorat de Lettres. Ce faisant, il ne cesse de participer aux associations de militance homosexuelle. Au fur et à mesure de ses réflexions, il s’établit efféministe, prône une culture et un point de vue « transgenre » (queer). C’est à Lille, au retour de cinq années d’enseignement au Maroc et en Algérie (1982-1987) qu’il fonde en 1989 au sein de l’association GaykitschCamp une maison d’édition (QuestionDeGenre/GKC) spécialisée dans la présentation scientifique de textes devenus introuvables de l’histoire culturelle des gays et lesbiennes où il publia les premières études LGBT dirigées par Rommel Mendès-Leite et le premier témoignage d’un gay tunisien (Eyet-Chékib Djaziri) ; puis un festival annuel de films (Festival international QuestionDeGenre, 15 éditions de 1991 à 2005), des semaines culturelles Lesbian&GayPride pendant lesquelles il se réincarne en comtesse de Flandre ; enfin, le premier centre de documentation sur les sexualités plurielles et les interculturalités ouvert au public (2000-2005). Il vit actuellement à Montpellier pour poursuivre son travail d’édition.

 

Si j’étais hétérosexuelLE, je serai une femme. Une fille à pd pour la solidarité mais une fâme (contraire de infâme je crois), une vraie. Une star. D’ailleurs, la condition n’existe que dans la question car je suis une femme. Mais pas au sens hétérosexuel du terme, je le répète une vraie femme. En gros, ma mère telle qu’elle aurait voulu être. Ma mère m’a donné une mission, celle de continuer à pleurer sa mère, décédée trop jeune. Alors je branche M6 et je me mets à pleurer abondamment à chaque bon sentiment distribué. Histoire d’irriguer mes rides toujours plus creuses. Mon père préférait l’expression « pleurer comme une madeleine ». Il me disait, en songeant à elle et en prenant vis à vis de moi une posture socratique : « La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a » et encore « Ne te maries jamais ». Alors, je ne me suis jamais mariée et je suis devenue la plus belle femme du monde. Transgenre sans l’être (dixit Hazéra à Quimper, je n’en ai pas les habits), séropo sans l’être (dixit Dustan à Valencia), lesbienne sans l’être (il me manquerait un corps de « femme »), lettrée sans lettres (pas d’initiales ni de poste à l’Université), lettrée, oui (j’ai des références, j’écris même bien, sauf pour les profs de français). ConfusE, décousuE, me disaient-ils et me disent encore.


Ma mère cousait sur une machine Singer. Je continue son travail. Pénélope était-elle hétérosexuelle ? J’en doute. Elle baisait avec tous ses prétendants réduits à des godemichés vivants puis elle finit par les faire tuer par le dernier, Ulysse. Ulysse, c’était la fin de sa sexualité, la fin de sa vie de « fille » et de la libre disposition de son corps, le mariage. Ma mère a regretté cette histoire toute sa vie et elle m’a donné la mission d’en débrouiller les fils (fis). J’aurais pu être le fils du facteur disait-elle dans une de ces dernières blagues. Ou les fils (fil) ? J’ai cru me défaire de cette mission en devenant une fille, mais je me suis retrouvéE avec les mêmes fils, les mêmes fils (fis). Un fil des fils ; une fille, des garçons, une garçonne, des fils. Je ne m’en s’en sortais plus. Ça m’a rendue folle. Quand un garçon me touche, je deviens folle de lui, de son corps et du mien. Appelez cela comme vous voudrez mais ce n’est ni hétéro ni homo ni même sexuel, c’est de la magie.



Si j’étais un homme, je serai ACTIF (c’est bizarre, ce terme n’existe pas chez les hommes hétérosexuels ; chez eux ça signifie en âge et aptitude à « travailler »). J’épuiserai la douce virilité du monde masculin selon les canons les plus répandus. Je me ferai un harem de jeunes efféminés folles ou pas folles et de jeunes garçons virils et timides ou arrogants. Je serai le chef de leur syndicat. Je me ferai sucer par des vieux et je donnerai du bonheur à touTEs. Je serai le gode vivant sur terre comme on représente le christ sur la croix ou comme on porte la vierge en procession. Le cul(ménisme) en action. La PASSIVITÉ en action. La PASSION. Tiens, c’est bizarre, mon goût porterait surtout sur les « garçons ». Il faut bien conclure. Si j’étais un homme, je serai homosexuel.

Être sa mère et l’amant de sa mère, donc peut-être son père, c’est l’histoire toute simple de la Sainte Famille et de la queer nation (je ne développerai pas le raccourci, je fais confiance à l’intelligence et à la culture de mes éventuels lecteurs – Je sais, j’ai tort).

Si j’étais moi, je m’ennuierais à en mourir. Ce qui est fait.


Patrick Cardon

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Vendredi 24 avril 5 24 /04 /Avr 09:12

 

 


 

Que je suis heureuse...

Maryssa Rachel

 

Pour la quinzième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gays hétéro-friendly, j'ai la joie d'accueillir Maryssa Rachel, une de nos amies Facebook et membre du groupe consacré à notre blog. Maryssa est artiste peintre et une de ses citations préférées est signée André Malraux : « Le fou copie l'artiste, et l'artiste ressemble au fou. » Son blog montre toute l'étendue de ses talents. Elle aime aussi dire que Dieu est une femme ! C'est avec simplicité et gentillesse qu'elle a accepté de jouer le jeu de ce redoutable exercice d'imagination. Nul doute que Maryssa aurait fait une bonne hétérosexuelle sans se trahir (sourire ironique). Je vous invite à découvrir son texte et à aller visiter sa galerie virtuelle qui ne m'a pas laissé de glace.

 

Me voilà entourée de 4 enfants, je suis heureuse et épanouie, un mari que j’aime et qui m’aime… J’ai 30 ans et en parait déjà 40…

Haaaa… ma vie de maman me fait oublier à quel point je n’arrive pas à défaire mes yeux de la mini-jupe de ma coquine de voisine…

J’attends patiemment le retour de mon gentil et tendre mari, qui ne devrait pas tarder à rentrer à la maison ; je lui ai d’ailleurs préparé un délicieux ragoût… et une bonne tarte aux pommes… tout ce qu’il aime…

J’entends les enfants jouer, rire et danser dans la maison… Que je suis heureuse… Il ne faudra surtout pas oublier de faire des crêpes dimanche…. Ma très chère et tendre belle-maman vient manger avec beau-papa… Et je sais à quel point beau-papa est friand de mes crêpes…

 

Je refais mon chignon avachi par les va-et-vient entre la cuisine et la chambre des enfants… la petite crise parce que son frère lui a fait mal…. comme d’habitude… Moi je ne crie pas… Moi je suis heureuse…


 

La voisine vient de passer sous ma fenêtre, un large sourire sur les lèvres… des lèvres magnifiquement pulpeuses et joliment glossées… Elle me fait un clin d’œil… Je rougis… Elle est belle… Je me sens moche et vieille, dans mon vieux pull sans forme, mon pantalon qui n’épouse plus mes formes depuis de nombreuses années… Je suis heureuse pourtant, mon mari va rentrer… Il m’aime tellement fort…

La semaine prochaine nous serons d’anniversaire... Nous avons loué une jolie petite salle des fêtes et fais appel à Marcel le DJ… Celui qui avait « mixé » (comme moi mes légumes….) au mariage de Tante Huguette… Il faut que je pense à acheter de nouveaux vêtements… Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas dansé… J’ai hâte…

 

Ça sonne à la porte…

Je remets en place mon chignon…

Je donne un coup rapide sur mon vieux pull…

Ouvre la porte…

Et là, plantée sur deux jambes divinement bien dessinées... la voisine... Ma Voisine… Un visage d'ange, deux yeux brillants (deux comme moi)... Deux… Comme elle et moi…

Si j’étais hétérosexuelle, je crois que je serais amoureuse de ma voisine…

 


Maryssa Rachel

(Son blog : http://maryssa.artblog.fr/1/, Son MySpace : http://www.myspace.com/maryssa26)

Blog de maryssa :ARTISTE, PEINTURE A L'HUILE - FUSION  Blog de maryssa :ARTISTE, PEINTURE A L'HUILE - UN JOUR PEU-ETRE
Reproduction interdite. Tous droits réservés. Publication autorisée par l'artiste sur ce seul blog.
 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Jeudi 23 avril 4 23 /04 /Avr 00:13

  



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Mercredi 22 avril 3 22 /04 /Avr 11:51
Dans l'ombre de
JANN HALEXANDER


Jann Halexander est un chanteur franco-gabonais. Il est également pianiste, acteur et producteur. Le chanteur Jann Halexander naît le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon, Afrique centrale). Ancien étudiant en géographie à Angers, dans le Maine-et-Loire, il prend un pseudonyme que lui inspire la personnalité de l'artiste sud-africaine Jane Alexander, dont les sculptures représentent des êtres hybrides. Il est issu d'un couple mixte — père gabonais, mère française — ce qui se fait ressentir au travers de ses créations. Pour découvrir son univers, Jann a accepté de rejoindre l'équipe du blog Les Toiles Roses avec cette chronique qui vous transportera loin dans l'imaginaire fécond et délicieux de ce grand artiste.



01. Réflexion autour de Statross le Magnifique...




Statross le Magnifique ? C'était une farce. De la pure désinvolture. D'aucuns ont parlé du foutage de gueule… d'autres d'audace cinématographique (?). On a également affirmé que c'était une version trash des Feux de l'Amour. J'ai écrit le scénario. Produit le film. Signé la musique. Et je jouais Statross.

 


Scène d'ouverture : un homme basané se masturbe tandis qu'en fond on entend une chanson que je ne chante plus en concert sur l'écrivain Brasillach. On voit tout, y compris l'éjaculation. J'imagine les gens se dire : qu'est-ce que le scénariste (moi) a voulu exprimer avec cette scène ? Je suis un pauvre con. Personne ne peut se poser ce genre de question. Le jeune homme est très beau, il pue le sexe, il est trop sexy pour inciter à la moindre tentative de réflexion profonde. Les hommes bandent, les femmes fantasment. D'autres détournent le regard en disant : c'est cochon. Moi je trouve ça beau, certes, mais je ne suis pas sûr que ça ait sa place. J'aurai choisi un autre acteur. Mais ce n'est pas mon film. Cette scène en tout cas avait le mérite de lancer un défi aux spectateurs, surtout les hommes : après cette scène, l'homme qui aura joui aura-t-il le courage de voir la suite ou va-t-il se lever et aller se rincer la main qui a servi ? Parce que dans ce cas, autant être clair, le film est si court que le temps qu'il se lave les mains et qu'il revienne, ce sera fini.




La scène d'ouverture était une mise en bouche. Oui. Elle donnait le ton. Elle testait le spectateur. Tu veux du cinéma Queer ? Tiens prends ça ! Passée cette scène, ça allait mieux. Deux hommes de couleur se draguent dans un fauteuil. Statross est triste, toujours triste, il ne fait rien d'autre, c'est simple, il est ennuyeux, c'est bien, c'est facile à jouer, pour moi qui suis piètre acteur. La femme de Statross et un touriste juif discutent en prenant le thé. Magnifique Pascale Ourbih, avec sa chevelure rousse, sa robe blanche. Magnifique la façon dont l'acteur Antoine Parlebas vomit dans le cabinet. Il ne triche pas, non vraiment il ne triche pas. Et pendant ce temps, Statross Reichmann est toujours triste, seul fait notable, il se déguise en femme, voit ce que ça fait, c'est lassant. Trois-quart des gens ne comprennent rien, moi non plus.

Et pourtant je l'aime bien ce film. Et puis le cinéma de Rémi Lange, c'est quelque chose. J'ai fini par voir Statross le Magnifique entièrement, sans fermer l'œil quatre mois après sa sortie. Douloureux. Mais j'ai réussi. Et puis les rares médias, papier ou internet, qui ont osé critiquer le film l'ont fait de façon positive.



Je me suis retrouvé à réaliser Statross 2 : Occident, un an après la sortie de 1er. Je venais de terminer le tournage de la triste histoire d'Antoine Blanchard, l'histoire d'un homme vendéen amoureux d'un député, un moyen métrage expérimental et musical, une libre adaptation d'une de mes chansons. J'Aimerais J'Aimerais, le titre officiel, dont la sortie était prévue le 20 juillet.


 



Pendant de longues semaines, j'ai réfléchi. Sur Statross, sur moi, sur la société, la vie et la mort etc… La question n'est pas de savoir si je l'aime ou pas, ce personnage. Je ne l'ai pas créé, il est venu à moi en rêve, il s'est imposé. C'était quelque chose de flou. J'ai voulu en faire un jeune tzigane qui voit son père lynché et pendu sur ordre d'un seigneur allemand au Moyen-Âge. Après j'ai voulu en faire un juif autrichien névrosé dans la Vienne du XIXème siècle. Puis finalement j'ai choisi car c'était plus intéressant et nouveau d'en faire un métis Noir/Blanc. D'autant que le métissage est vraiment une de mes thématiques dans mon travail. Pour information : Statross est un prénom autrichien. C'est aussi un jeu de mot vraiment poilant à partir de l'expression « c'est atroce ».




Je n'ai pas su dans le scénario du premier volet lui donner la profondeur qu'il méritait. Pourtant des milliers de gens l'ont vu, cet homme, triste, métis, évoluant dans un drôle de monde. J'ai reçu de nombreux messages de gens qui attendent la suite.

De Dracula à Batman, en passant par Wonder Woman ou Candyman, ces personnages qui jalonnent nos vies, nos paysages culturels, nos esprits ont un point commun : ils sont le fruit de l'Occident. Ils oscillent entre le bien et le mal, la raison et la folie, et quand ce n'est pas le Mal qui les emporte, c'est la Mort. Statross appartient à cette galerie de personnages. En tout cas je le souhaite. Il est l'enfant non voulu de l'Afrique et de l'Europe. Manque d'amour d'une mère, manque d'amour d'un père, manque d'amour tout court. Névrosé métis, se raccroche sans conviction au protestantisme, taciturne, au fil de la trilogie s'enfonce dans la Folie… sa destinée sera funeste.

En fait, n'importe qui peut reprendre le personnage de Statross à son compte, il suffit de me le demander. J'imagine : Statross à la plage, Statross chez sa cousine, Statross à la montagne, Statross au pays des Jouets, Statross à Neverland, Statross l'éventreur, Statross à la recherche du Diamant Perdu, Independance Statross, StatrossMan, stop. Mais il y a des caractéristiques essentielles chez Statross : c'est un métis noir/blanc, et ça se voit. Il doit être névrosé, fou, triste et prêt pour le meurtre/ou la Mort. De toute façon, sa vie dès le départ était détruite.

Et puis ce que je dis est vraiment lassant. Car je ne suis pas un intellectuel, c'est très clair, je ne l'ai jamais été.

 

TO BE CONTINUED...

 

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Par Jann Halexander - Publié dans : DANS L'OMBRE DE JANN HALEXANDER
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Mercredi 22 avril 3 22 /04 /Avr 00:49

« L’homosexualité est un péché. Les homosexuels sont condamnés à passer l’éternité en enfer. S’ils veulent changer ils peuvent être guéris de leur mauvais penchant. S’ils se détournent de la tentation, ils pourront être normaux à nouveau. Si seulement ils pouvaient essayer et essayer encore si ça ne fonctionne pas.

Ce sont les paroles que j’ai tenues à mon fils Bobby quand j’ai découvert qu’il était gay. Quand il m’a dit qu’il était homosexuel, mon monde s’est écroulé. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour le guérir de sa maladie.

Il y a huit mois, mon fils a sauté d’un pont et s’est tué. Je regrette profondément mon manque de connaissance des personnes gays et lesbiennes. J’ai vu que tout ce que j’avais appris ou entendu n’était que bigoterie et diffamation déshumanisantes. Si j’avais cherché au delà de ce qu’on m’avait dit, si j’avais juste écouté mon fils quand il m’a ouvert son cœur, je ne serais pas là devant vous aujourd’hui pleine de regrets.

Je crois que Dieu aimait l’esprit bon et aimant de Bobby. Au regard de Dieu, la bonté et l’amour sont tout ce qui compte. Je ne savais pas que chaque fois que je renvoyais à la damnation éternelle les personnes homosexuelles, chaque fois que je parlais de Bobby comme d’une personne malade et perverse, ainsi qu’un danger pour nos enfants, son estime de soi et son sens des valeurs étaient détruits peu à peu. À la fin, son esprit a été broyé au delà de tout espoir.

Ce n’était pas la volonté de Dieu que Bobby monte sur le parapet du pont au-dessus d’une route et qu’il se jette directement sous les roues d’un camion qui l’a tué instantanément. La mort de Bobby fut le résultat direct de l’ignorance et de la peur de ses parents pour le mot ‘gay’.

Il voulait être écrivain. Ses espoirs et ses rêves n’auraient pas du lui être enlevés, mais ils le furent. Il y a d’autres enfants comme Bobby assis dans vos congrégations.

Vous ne les connaissez pas, mais ils vous entendent répéter ‘Amen’, et cela fera taire leurs prières. Leurs prières vers Dieu pour la compréhension et la tolérance et pour votre amour. Mais la haine, la peur et l’ignorance du mot ‘gay’ vont faire taire ces prières.

Donc la prochaine fois que vous direz ‘Amen’ chez vous ou à l’église, réfléchissez. Réfléchissez et rappelez-vous qu’un enfant écoute. » Mary Griffith, membre des parents de gays et lesbiennes, dont l’histoire est adaptée sous le titre Bobby seul contre tous (Prayers For Bobby) avec Sigourney Weaver dans le rôle de Mary.

Par Kriss et Kael - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 22 avril 3 22 /04 /Avr 00:37

  



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Mardi 21 avril 2 21 /04 /Avr 09:46

 


(5.09)


(c) D. R.


Il y a des jours où je crois vraiment que je suis maudit. J’ai déjà évoqué le traumatisme qu’avait causé la fille LGBT lorsqu’elle m’avait annoncé qu’elle était amoureuse de moi. Eh bien, j’ai peur de retomber dans le même cycle infernal.

Récemment, j’ai pris quelques contacts afin de donner une impulsion décisive à des projets extra-professionnels que je muris depuis longtemps. C’est ainsi que par le truchement d’une dame 1 qui m’a recommandé à une dame 2 j’ai rencontré samedi dernier une demoiselle, qui disposerait a priori de l’équipement nécessaire pour m’aider à réaliser mon projet. Elle m’avait fixé rendez-vous dans un café déli qui a ouvert il y a un mois dans les anciens locaux de l’Alliance Française, et qui est rapidement devenu le lieu de rendez-vous des bobos du coin. J’aime y aller, ne serait-ce que pour me rincer l’œil car le propriétaire des lieux est fabuleusement beau (de mon point de vue), même si je sais que je n’ai aucune chance de parvenir à accrocher son regard.

Parlons-en, du regard. Lorsque je suis arrivé sur les lieux, sous le soleil de midi trente, avec ma belle écharpe orange comme signe de reconnaissance, mes yeux quadricolores ont accroché la demoiselle qui m’attendait déjà, bien que le rendez-vous ait été fixé pour 13 heures. Nous fîmes donc connaissance autour d’un café allongé (c’est le café qui est allongé, je précise…). Puis j’ai sorti mon cahier et lui ai montré la structure de mon fabuleux projet. Nous avons discuté longtemps, d’autres connaissances sont arrivées sur les lieux, et blablabla, et la demoiselle qui comptait ne passer qu’une heure et demi maximum en ma compagnie fut toute surprise de constater que trois heures plus tard nous parlions encore. Elle était fascinée. Normal, me direz-vous.

Puis nous sommes allés nous promener en attendant l’heure du souper (soit 4 heures de l’après-midi, je sais, ça paraît incroyable mais c’est ainsi que les gens vivent dans ces contrées sauvages). Et là, elle a commencé à me poser des questions plus personnelles que professionnelles. En un mot comme en cent, elle voulait savoir si j’étais célibataire. J’ai donc répondu que oui, me mettant sur une défensive évasive. C’est alors que, jusque là, alors qu’il lui semblait lire en moi comme en livre ouvert, l’horizon soudain s’est troublé, comme si une nappe de brouillard venait de s’abattre sur Londres en plein été.

Au restaurant méditerranéen, elle m’a fait part de ce ressenti un peu brumeux qui venait la troubler comme l’eau trouble le pastis. Puis elle m’a dit qu’elle avait fait une super rencontre avec moi et qu’elle se demandait s’il pouvait y avoir un peu plus qu’une collaboration professionnelle. Aïe aïe aïe… les ennuis ne faisaient que commencer. J’eusse aimé avoir Zaza [Isabelle B. Price, précision de Daniel C. Hall pour les nouveaux] à mes côtés pour venir à mon secours dans ce moment difficile. Mais le pire était encore à venir.

Après le souper de 16h (qui se termina à 17h40), nous sommes allés retrouver un de mes amis qui se trouve être aussi un ami de la demoiselle (Moncton est une petite ville…) dans un bar non loin de l’endroit où nous nous trouvions (Moncton est une petite ville, bis). Tandis qu’il discutait avec quelqu’un d’autre, à un moment donné, la demoiselle s’est faite plus explicite en me disant clairement que je l’intéressais et qu’elle voulait savoir si « la porte était ouverte ». Je sentais le sol se dérober sous mes pieds, et j’aurais voulu me faire petite souris pour disparaître dans un trou dans le mur. Alors, pour tenter de faire diversion, j’a répondu :

— C’est très compliqué. En fait, mon ex m’a téléphoné cette semaine et nous sommes restés une heure au téléphone. Et il est possible que les choses reprennent entre nous…

— Où habite-t-elle ?

Un ange est passé au-dessus de ma tête, tandis que la demoiselle me formulait plusieurs questions du même ordre en parlant « d’elle », mon ex… Et je voyais bien qu’elle n’entendait pas lâcher l’affaire. J’étais au supplice, car je déteste subir ce genre d’interrogatoire.

— Eh bien, il faut que je te dise quelque chose : ce n’est pas une fille.

— C’est un garçon ?

— Oui bien sûr, il ne s’agit pas d’un chien !

Quand j’essaie d’être comique, je n’y parviens pas toujours.

La demoiselle n’était pas choquée, surtout qu’une de ses amies, la dame 2 évoquée plus haut, écrit un livre qui raconte l’histoire de la relation homosexuelle d’un escargot ailé avec un cornet de glace qui ne fond jamais… N’essayez pas de comprendre, j’y ai renoncé tout de suite.

Parlons-en, du fait de renoncer tout de suite. De toute évidence, la demoiselle ne connaît pas le terme. Je croyais en avoir fini avec ses questions en faisant mon coming-out, eh bien pas du tout ! Vint ensuite l’analyse psychanalytique et le sol n’en finissait plus de ressembler à des sables mouvants. En dépit de ma révélation, je l’intéressais toujours. Elle me dit qu’elle voudrait que j’essaye quand même avec elle pour en être sûr, m’a demandé si j’avais déjà couché avec une fille, si les femmes me laissaient indifférent, à combien j’évaluais mon homosexualité sur une échelle de 0 à 10… STOOOOOOPPPPP !!!

Là-dessus est revenu notre ami qui, me voyant aussi cramoisi que le pull que je portais, en conclut avec satisfaction que l’alcool commençait à prodiguer sur mon métabolisme les délicieux effets qu’on peut en attendre un samedi soir. Lorsqu’il dut momentanément s’absenter de nouveau, la mortifiante conversation que j’avais avec la demoiselle reprit de plus belle. Elle sentit cependant qu’elle m’avait mis très mal à l’aise avec toutes ses questions indiscrètes, mais qu’elle était comme ça, franche et brute de décoffrage, et qu’elle ne pouvait s’en empêcher. Elle me dit aussi que je n’avais pas à m’en faire, que je n’avais rien à craindre d’elle, qu’elle n’allait pas me faire de mal. Moi, ce qui m’ennuyait le plus, c’était que ce glissement en terrain dangereux risquait de compromettre la réalisation si prometteuse de mon beau projet.

Un autre bar plus tard, elle se fit insistante pour que j’aille dormir chez elle, en tout bien tout honneur (ça j’en doute un peu), prétextant qu’avec tout ce que j’avais bu je n’étais plus en mesure de prendre le volant pour rentrer chez moi. Je ne sais plus comment je suis parvenu à éviter d’être pris au piège de cette situation délicate, mais j’y suis arrivé. Je n’eus aucune difficulté à m’endormir, remerciant pour cela le vin et la bière, mais le lendemain il me fallut recourir aux anxios. Ayant eu l’ami au téléphone, je lui dis que la demoiselle était en effet très sympathique mais qu’elle m’avait rendu mal à l’aise en me faisant un rentre-dedans au bulldozer (ce à quoi je ne suis pas du tout habitué quelle que soit la personne à l’origine de cette drague agressive). Il me dit :

— Tu sais, elle a envie. Sans être méchant, ça fait plus de six mois qu’elle n’est pas sortie avec un mec, alors comment dire, il faut qu’elle se fasse fourrer. Mais il n’y a pas de mal à se faire du bien, alors si tu veux t’éclater, éclate-toi ! (sic)

Il me dit aussi que, quelques années auparavant, la même demoiselle, gravement tourmentée du picotin et rendue nerveuse par une abstinence prolongée, avait littéralement violé un de nos amis communs… à cette seule différence que celui-ci n’est pas du genre à s’en plaindre.

Là vous allez me dire : « Mais alors, cet ami ne sait donc pas que… ? » Je sais, c’est une surprise car il me semblait qu’il le savait. Comme quoi, les choses ne sont pas si évidentes et ça ne crève pas les yeux. Mais voyez-vous, il y a une chose que je déteste, c’est de me présenter avec une étiquette quand j’entre en communication avec quelqu’un. Je ne me vois pas dire :

— Bonjour, je m’appelle Zanzi et je suis homosexuel.

Merde alors ! Ce serait comme si j’allais à une réunion des pédés anonymes. Un de mes ex faisait cela systématiquement, lorsqu’il changeait de boulot et qu’il se présentait à ses nouveaux collègues. Il voulait mettre les choses au clair tout de suite. Chacun fait comme il veut, mais pour moi cette démarche est aberrante. Quand on rencontre quelqu’un pour la première fois, cette personne ne va pas vous dire qu’elle est hétérosexuelle.

Avec le recul, je me dis que je n’aurais eu tous ces ennuis conversationnels si j’avais simplement déclaré que je n’étais pas libre et que j’étais fidèle. Encore que, depuis le temps que l’on me serine qu’au Nouveau-Brunswick, la fidélité n’est pas un principe de vie, je ne suis même pas certain que la demoiselle aurait respecté ce fait. Il est probable qu’elle m’aurait demandé si, malgré tout, il existait quand même une possibilité pour que nous nous « éclations ». Mais, au moins, elle n’aurait pas cherché à m’analyser.

Bref, tout ceci pour dire que le syndrome « Flora la fille LGBT » n’est pas loin, et qu’il risque d’anéantir mon joli projet extra-professionnel top secret dont je ne vous dirai rien. La demoiselle m’a téléphoné hier soir pour prendre de mes nouvelles. Je sens qu’elle ne va pas vouloir lâcher l’affaire. Et comme il n’est pas question que je couche avec elle pour obtenir ce que je veux de notre collaboration, je suis dans la merde. Et ça ne risque pas de s’arranger par ailleurs, car depuis vendredi soir, une vieille dame assez influente dans le coin s’est mise en tête de me « caser » avec une acadienne…

C’est décidé, cette semaine je file à la bijouterie La Mine d’Or pour m’acheter une alliance, en espérant qu’avec cet artifice on me fichera enfin une paix royale.

Zanzi, le 20 avril 2009

 

Lire le précédent épisode, cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mardi 21 avril 2 21 /04 /Avr 00:29

  



Les vidéos sont (c) D.R.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SERIE : STEVEN CARRINGTON (DYNASTY)
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Lundi 20 avril 1 20 /04 /Avr 09:52


Fiche technique :
Avec Sami Bouajila, Patachou, Ariane Ascaride, Pierre-Loup Rajot, Charly Sergue, Maurice Bénichou, Philippe Garziano et Christiane Millet. Réalisé par Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Scénario : Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Directeur de la photographie : Matthieu Poirot-Delpech.
Durée : 95 mn. Disponible en VF.
Résumé :
Pour faire la rencontre de son père qu'il ne connaît pas, un jeune Dieppois se rend à Marseille. Il choisit l'auto-stop comme moyen de transport et n'hésite pas à emprunter des chemins de traverse. Parti pour faire la connaissance de son père réel, c'est en fait une famille idéale que Félix se construit tout au long de son trajet : un petit frère, une grand-mère, un cousin, une sœur...




L’avis d’Olivier Nicklaus :
Après Jeanne et le Garçon formidable, le tandem Ducastel & Martineau interroge les archétypes dans une comédie pas musicale mais lyrique, et audacieusement hilarante.
Beur, gay, séropo... et heureux ! Voilà beaucoup de particularismes, et un héros presque trop œcuménique pour être vrai. On est au bord de la fable. Et pourtant, le film est truffé de grumeaux bienvenus de réalité brute, voire brutale. Ainsi, la prise par Félix (Sami Bouajila) de sa trithérapie à heures fixes. C'est d'ailleurs ce qui génère l'un des plus savoureux gags du film, car pour lui, l'heure de sa trithérapie du matin est aussi celle de son feuilleton préféré, un soap-opera pour mamies. Autre scène à hurler de rire, et non sans audace : celle où des patients dans une salle d'attente comparent avec force détails leur bi, tri ou pentathérapie.

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À part ça, Félix vit en couple à Dieppe avec son copain prof (Pierre-Loup Rajot) et décide de partir à Marseille rencontrer son père qu'il ne connaît pas. Plutôt que de prendre le train, il préfère faire de l'auto-stop, croisant au gré des étapes une galerie de personnages qui finiront par construire une famille de cœur (voire de cul) assez idéale, du petit frère sensible à l'amant-cerf-volant, en passant par la grand-mère dessalée (remarquable Patachou). Drôle de Félix parle donc la famille qu'on se construit et partant, de l'identité qu'on se bâtit. Cette dimension utopique renvoie au conte de fées, genre dont Jacques Demy s'était fait, après la comédie musicale, une autre spécialité. Demy, père de cinéma des auteurs de Jeanne et le garçon..., auquel il est à nouveau rendu hommage ici. Comme ses films les plus lyriques, cette ode au bonheur met littéralement les larmes aux yeux.

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L'avis de Voisin Blogueur :
Félix est arabe, Félix est homo et Félix a le SIDA. Et devinez quoi ? Félix est heureux comme tout et croque la vie à pleines dents. Car ce jeune normand ne se laisse jamais décourager, car il croit en l'humain et profite du présent, de la vie et ses surprises. La seule chose qui le turlupine un peu , c'est son père. Ce dernier l'a abandonné et Félix aimerait bien le rencontrer. Il laisse alors son petit ami et part sur la route, direction Marseille, où se trouve son géniteur. En chemin, Félix va rencontrer différentes personnes qui vont constituer une sorte de « famille de cœur » : un jeune gay qui va s'amouracher de lui et qu'il considère comme son petit frère; une vieille dame qui a tout de la grand-mère qu'on aurait tous voulu connaitre; un "cousin" avec qui la route va rimer avec plaisir ; une mère de trois enfants , séductrice, qu'il verra comme sa soeur. Au gré des rencontres, Félix s'épanouit et apprend à mieux se connaitre...
Drôle de Félix insupportera sûrement ceux qui refusent de croire encore à la beaute de la naïveté. Naïf, oui, ce film de Ducastel et Martineau l'est sûrement. Et c'est là tout son charme. Avec ce parcours initiatique d'un jeune gay courageux et lumineux, les deux réalisateurs mettent en scène une vie faite de rencontres globalement enrichissantes. Le monde dans lequel évolue Félix n'est pas un idéal (il y a des agresseurs, des racistes...) mais le film nous montre que quand on le veut, en allant toujours vers son prochain, on finit toujours par trouver une oreille tendue, du réconfort, un début de complicité. C'est bête comme tout mais ça réchauffe les cœurs et l'interprétation et les dialogues sont tellement bons que tout se tient et qu'on ne demande qu'à y croire. En évitant soigneusement tous les clichés, les étiquettes, les émotions attendues, Ducastel et Martineau livrent la traversée "ordinairement extraordinaire" d'un jeune homme sensible et foncièrement attachant. Un film qui fait du bien.

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L’avis de Shangols :
Drôle de Félix est un petit film, de ceux qui passent comme de rien, et dont il ne reste pas grand-chose après. C'est du bon travail, on est d'accord ; Ducastel et Martineau sont de bons cadreurs, et leur mise en scène est souple. On reconnaît la patte de Jeanne et le Garçon Formidable dans cette caméra mobile, qui filme le soleil sur un escalier marseillais ou un couple qui s'enlace en un travelling très comédie musicale, rapide et légère, pour ensuite s'arrêter sur des plans fixes très bien dosés. Le scénario aussi est très repérable, avec cette homosexualité qui s'affiche sans tabou, très sereinement. Le film est assez lumineux, et semble vouloir cacher sous les couleurs de nos belles campagnes françaises de sombres vérités (racisme ordinaire, exclusion, SIDA, familles déstructurées, solitude...).
Mais Drôle de Félix appuie de façon trop maladroite sur ce faux sujet de la quête d'un père absent : on comprend vite que le scénario va s'ouvrir sur un autre sujet. Bouajila ne cherche pas son père, il cherche à reconstituer une famille au cours de son road movie, et il trouve effectivement un frère, une grand-mère, un cousin, une sœur, et un (autre) père. Mais sorti de ce sujet un peu balisé, le film ne raconte finalement pas grand-chose de passionnant. Comme les autres œuvres des gars, celle-ci est truffée de maladresses, surtout dans le jeu des acteurs, très flou, et dans les dialogues un peu à côté de la plaque. Au final, l'impression d'avoir vu un petit truc très correct, pas désagréable, mais en fin de compte sage et oubliable.

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L'avis de Pierre Guillemot (rédigé en 2000) :
Avant-première au Katorza. Dans la grande salle, pas pleine pour une fois, mais il n'y a pas eu de promo ni de places cadeau. Tout le monde est venu pour une bonne raison.
La bonne raison, c'est d'avoir vu Jeanne et le garçon formidable, Virginie Ledoyen et Mathieu Demy, l'insouciance et le sida, pas de futur et c'est pas grave. Deux ans passés depuis, que sont devenus Ducastel et Martineau, est-ce que leur petit monde chante toujours ?
Début du film.
Une petite ville entre les hautes falaises blanches. On est au printemps, il fait encore un peu frais. Un beau brun roule à vélo sans se presser le long du front de mer. C'est Félix à Dieppe, sa ville natale. Le ferry qui l'employait vient de désarmer. Il a un peu d'argent et son allocation chômage est en règle. C'est comme s'il était en vacances. Alors il part à travers la France, en auto-stop puisqu'il a le temps.
Le but : Marseille, où vit peut-être son père qu'il n'avait jamais vu, parti quand il était tout petit. Le copain avec qui il vit le rejoindra là-bas pour ses congés, en train puisque lui travaille. Pour fêter le départ, ils se roulent une pelle au-dessus du plateau de fruits de mer au restaurant de la rade. En chemin, il rencontre un lycéen qui pourrait être son petit frère et l'accompagne en boîte en trichant  sur l'âge du jeune ; une vieille dame qui pourrait être sa mère et le trouve mignon, bien mieux que son défunt mari au même âge; un cheminot qui joue avec des cerfs-volants; une femme qui a fait ses trois enfants avec autant d'hommes et administre ça avec autorité, il en ferait bien une grande soeur. Et un homme de l'âge de son père, qui pêche à la ligne dans le canal des Martigues, où il n'y a pas de poissons mais ce n'est pas le sujet. Il est arrivé. Il va peut-être à l'adresse de son père, il retrouve son copain à la gare Saint Charles. Générique de fin dans le sillage du ferry, en route vers la Corse des vacances de printemps.

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Début du film.
Une petite ville entre les hautes falaises blanches. Un jeune très brun qui roule à vélo vers le bureau de l'ANPE, il est chômeur. Il passe à l'hôpital pour le suivi de sa trithérapie, il a le sida. On le retrouve au lit avec son copain, il est homo. Il décide de partir à Marseille, à la recherche de son père maghrébin qui a abandonné à Dieppe sa mère française quand il était tout petit. Il est beur et déraciné, d'ailleurs il s'appelle Félix alors qu'il a un faciès sans ambiguïté. Une nuit, dans une grande ville sur sa route, il est témoin d'une ratonnade; son arrivée empêche les loubards de jeter l'Arabe du haut du pont; mais il n'ose pas aller témoigner au commissariat, il est Arabe lui aussi. Ce souvenir le hante tout au long du voyage, il refuse de traverser Orange ville FN. Il se promène avec un réveil qui lui rappelle l'heure de ses nombreux médicaments ...
Aucun des deux résumés ne vaut quelque chose. C'est comme si on expliquait le tissu en oubliant que les fils sont croisés. Le premier ne mène nulle part, pourquoi faire un road-movie gentil de plus ? Le deuxième braque le spectateur moyen, la densité d'idées reçues et de pensée correcte le suffoque.
Mais ce n'est rien de tout ça. Ducastel et Martineau ont raconté un moment de bonheur, le petit tour de France d'un jeune homme libre. Ils se sont fait plaisir, et ont essayé de démontrer leur idée avec une bonne histoire et un héros sympathique. Être sans famille, beur, homo, atteint du sida, c'est juste une occurrence possible de la vie normale. Comme d'avoir une famille nombreuse sans dépendre d'un homme. Il y en a qui sont contre, à qui ça fait peur, ce sont des sots et quelquefois des dangereux. Il faut rester avec les bons, les accueillants, ce sont eux les plus nombreux. Et celui qui, à part ça, est jeune et beau et charmant (j'allais écrire « sexy », mais je préfère le vieux mot), est destiné à être heureux. Certes tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ; il faut cultiver notre jardin.
Donc c'est un conte philosophique. Avec des chapitres annoncés par des cartons illustrés « Où Félix offrit à la vieille dame qui aurait pu être sa mère une belle boîte avec des cases pour classer ses médicaments » (je n'invente pas, les réalisateurs y ont pensé, et puis ils ont fait plus discret, le nom « ma mère » sur le paysage qui introduit l'épisode). Pour faire oublier la force du propos incarné par les personnages, tout a été tourné en lumière naturelle (soleil ou néons) au vrai endroit, à Dieppe, à Rouen sur le pont Jeanne d'Arc, à Chartres devant la cathédrale, à Brioude dans un jardin avec vue sur l'église, aux Martigues à l'ombre du pont tournant, ou dans la campagne fleurie de l'Auvergne. Avec des clins d'œil aux initiés, comme ce plan de deux secondes à Canteleu, l'endroit exact d'où on découvre toute la ville de Rouen en arrivant par l'Ouest. Il y en a d'autres, appel aux initiés d'autres lieux.
Et le plan cinématurgique obligé, la rencontre des amoureux en haut des marches de la gare Saint Charles (Jacques Demy, 3 places pour le 26). Pierre-Louis Rajot (le copain) assis à côté de son sac de voyage et Samir Bouajila (Félix) qui émerge de l'arrière à côté de lui.  Une occasion de plus de se dire qu'ils ont bien choisi leur interprète principal (les autres aussi).

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Fin du film.
Les deux auteurs arrivent ensemble pour qu'on en discute. Ils ressemblent tellement à leur caricature, habillés déstructuré, rasés et coiffés Act-Up soft, que c'en est attendrissant. Ils sont totalement sincères et sans méchanceté, la parole passe de l'un à l'autre pour exprimer la pensée commune.
Le premier interpellateur n'a vu qu'un côté du film. Il est étouffé par le politiquement correct et le dit. Il a l'air vraiment de mauvaise humeur, n'écoute pas la réponse et s'en va. L'assistance se demande pourquoi. Peur du bonheur sous une forme pas normalisée, analyse un psy amateur. Ducastel et Martineau nous disent que c'est la première fois qu'ils ont une mauvaise réaction de ce genre. C'est vrai que jusque là ils ont présenté le film dans des petites villes. À Bollène par exemple, avec les parents de ceux qui ont joué les enfants de trois pères différents.
La première grande ville, c'est Nantes. Par hasard et aussi à cause de Jacques Demy, celui qui a placé tous ses films dans des ports, avec des nomades. Et la comédie musicale ? Jeanne et le garçon formidable était un film chantant. Maintenant ils rêvent de danse, avec Dominique Bagouet par exemple. Pas cette fois-ci, c'est cher et il faut donc un film candidat au grand public. Ils se sont rattrapés sur le choix des lieux, allant jusqu'à récrire des scènes pour les mettre dans des endroits qui avaient plu.
Le grand gadget du film: le feuilleton Luxe et volupté (Amour, gloire et beauté sur France 2) tous les matins à 9h, que Félix arrive à suivre partout où il est. C'est l'heure de la première prise de trithérapie. Ça raconte (l faut tendre l'oreille) une histoire parallèle au film avec une fille qui hésite entre son fiancé et le père du même. Martineau avoue qu'il aime beaucoup ce feuilleton et revendique l'idée.

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Comment ils se sont rencontrés, comment ils travaillent ? Jacques Martineau, professeur d'université, avait écrit sa comédie musicale et cherchait un cinéaste. Olivier Ducastel avait fait une comédie musicale comme court-métrage de fin d'études. Ça a été le coup de foudre. Depuis, ils travaillent ensemble. Martineau écrit le premier jet des dialogues, ils en parlent et le film émerge des discussions.
À la réalisation, c'est le professionnel Ducastel qui prend en charge le plateau de tournage, Martineau est là comme référent de l'idée commune. Personne n'ose leur demander comment ils peuvent arriver à travailler et vivre ensemble sans se fâcher.
Et le sida ? Dans Jeanne et le garçon formidable, Mathieu Demy meurt avant la fin, Jacques Bonaffé porte le deuil de tous ses amis disparus, il faut Virginie Ledoyen l'insouciante pour que ça finisse bien. Depuis, il s'est passé du temps, les thérapies sont efficaces, et Félix vit le moment favorable où il a gardé toutes ses forces. On parle de l'ancien patron d'Act-Up, qui s'est fait photographier beefcake, nu et sexy, malade mais toujours sujet du désir. Pour l'instant, le film finit bien. À suivre.
Pour plus d’informations :

 

Par Olivier Nicklaus, Voisin Blogueur, Shangols & Pierre Guillemot - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 20 avril 1 20 /04 /Avr 09:41



Fiche technique :

Avec Sanjay Suri, Juhi Chawla, Victor Banerjee, Lillete Dubey, Dipannita Sharma, Gautam Kapoor, Shayan Munshi et Reeya Rai Chowdhary. Réalisation : Onir. Scénario : Onir. Dialogues : Amibath Verma.

Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOSTfr.



Résumé :

Inde, ville de Goa entre 1989 et 1994. Nikhil Kapoor a tout pour lui, il est beau, entouré de ses amis et de sa famille, et surtout c’est un champion de natation très admiré. Mais du jour au lendemain, lorsqu’on découvre qu’il est séropositif, son monde s’écroule et il doit renoncer à sa brillante carrière. Rejeté par ses proches, il est arrêté et incarcéré dans un sanatorium crasseux. En effet, la loi indienne impose à toutes les personnes contaminées par le virus du sida d’être placées dans des lieux isolés. Nikhil va heureusement compter sur l’amour inconditionnel de sa sœur et de son amant qui se battent pour le libérer.



S’inspirant librement d’un fait réel, Nikhil, mon frère est une œuvre bouleversante qui porte un regard juste sur les discriminations subies par les séropositifs en Inde. Il fait partie de la nouvelle vague de cinéma indien contemporain qui raconte des sujets graves liés à l’actualité et à la société indienne. C’est le premier film de Bollywood qui témoigne librement des relations gays et aborde sans détour la discrimination et les enjeux sociaux liés à la diversité des orientations sexuelles. Le réalisateur s’attache à décrire le quotidien plutôt qu’à se servir de la morale contre l’interdiction de l’homosexualité en Inde, interdiction qui date de l’ère coloniale.



Nikhil, mon frère est un film déchirant et touchant qui incite à se pencher sur nos propres idéaux à une époque où le Sida suscite encore beaucoup trop d’indifférence.

Grand Prix et Prix du Public Festival Image et Nation – Montréal



L’avis de Frédéric Mignard :

La première œuvre grand public à aborder les thèmes de l’homosexualité et du sida en Inde. Un vrai mélodrame à la sauce Bollywood qui risquera de ne séduire que les amateurs du genre.

Nikhil Kapoor a tout pour lui, il est beau, champion de natation et il est très entouré. Mais du jour au lendemain, quand on découvre qu’il est séropositif tout son monde s’écroule. Il est alors arrêté et incarcéré. En effet, la loi indienne impose à toutes les personnes contaminées par le virus du sida d’être placées dans des lieux isolés. Rejeté par la plupart de ses proches, Nikhil peut heureusement compter sur l’amour inconditionnel de sa sœur et de son amant qui se battent pour le libérer.



Le film de la dénonciation. Pointant du doigt l’aveuglement de la société indienne prompte à l’ostracisme quant il s’agit d’écarter les pions qui la dérangent (en l’occurrence ici un champion de natation homosexuel atteint du sida), le cinéaste Onir, sans colère et de manière didactique, dénonce. Le comportement des médecins, de la famille, des autorités, de l’opinion publique. Le discours paraît suranné pour nous Occidentaux mais prend tout son sens dans une pays où la peur de l’inconnu et le manque d’information mènent à la discriminalisation et à la stigmatisation des homosexuels et des séropositifs. On n’est donc pas très loin des efforts de Jonathan Demme et de Tom Hanks lorsqu’en 1994 ils dévoilèrent au grand public les souffrances des malades du HIV avec Philadelphia, le film à Oscars destiné à toucher la multitude avec ses bons sentiments et ses ressorts mélodramatiques. Ils avaient fait mouche.

Si, humainement, cette œuvre indienne est attachante, elle s’avère malheureusement limitée dans ses qualités cinématographiques. Le récit est plombé par une narration en forme de témoignages, qui souligne le bien piètre jeu des comédiens, trop proche du sitcom pour insuffler de la profondeur au propos. La musique gentillette et la mise en scène maladroite nous renvoient évidemment au genre Bollywood qui a bien par chez nous quelques aficionados sans parvenir à vraiment décoller. Et à voir ce pourtant sympathique Nikhil, mon frère, on comprend pourquoi.



Les suppléments : Une édition frileuse sans aucun supplément à l’exception d’une douzaine de bandes-annonces issues du catalogue de l’éditeur. Une radiographie, même écrite, de la situation du sida en Inde aurait pourtant été la bienvenue.

Image & son : La qualité médiocre de la copie parsemée de taches et autres griffures est heureusement compensée par le son 5.1 qui offre une richesse de détails sonores et met savoureusement en avant la musique. Une première pour l’éditeur qui a enfin compris que le son était une composante fondamentale du DVD.

Pour plus d’informations :

Par Frédéric Mignard - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 19 avril 7 19 /04 /Avr 00:37
  
Visuel : (c) GayClic

Vous vous rappelez lorsque Noah tenait absolument à prendre un appartement avec Luke, qui aurait préféré vivre à la cité U ? Eh bien, Noah ne doit pas avoir beaucoup de mémoire... ou plutôt les scénaristes. Un épisode de transition avant la nouvelle intrigue "Sherlock Snyder et Dr Mayer."
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Dimanche 19 avril 7 19 /04 /Avr 00:32
  
Visuel : (c) GayClic

Luke et les amours de ses ami(e)s hétéros... Utiles pour comprendre le drame qui se prépare à Oakdale.
18 mn sans Noah, malheureusement.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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