Recherche

Podcasts

 

logonewRCN.jpg


MusicPlaylistView Profile
Create a MySpace Music Playlist at MixPod.com

Accueil

Ensembles-copie-1.jpg
pedeblog_kek_logo2.png
Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

twitter_logo_header.png

Daniel Hall


secondé par :

Gérard Coudougnan


L'équipe des "piliers" en exclusivité
ou en reprise autorisée :

Jean Yves
, Bernard Alapetite, Zanzi, Neil, Kim,
Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori,
Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
Robert Wagner,
 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

Special Guest Star : Philippe Arino.

Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
Yann Gonzalez.
Et en special guest star gay-friendly... Dr Orlof !


et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

Ce blog est partenaire de

Dreampress.com

Avec l'aide graphique de

Catégories

Fil infos VeryFriendly

W3C

  • Flux RSS des articles

POUR SURFER SUR CE BLOG...

Les Toiles Roses  est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (cliquer ici pour le télécharger)

TOUTES LES CRITIQUES DE FILMS : ICI
LES CRITIQUES DE LIVRES (Gérard Coudougnan) : ICI
Nos chroniques vedettes : Zanzi and the City (Zanzi), Et les filles alors ? (Isabelle B. Price),
Derrière les masques : Homollywood (Marc-Jean Filaire),
Merci Bernard (Bernard Alapetite),
Le Bazar de l'Homo Vincy (Vincy Thomas),
L'Histoire de l'homosexualité,
Dans l'ombre de Jann Halexander (Jann Halexander), Spécial Abdellah Taïa (Daniel C. Hall),
La Crypte aux gays (BBJane Hudson), Certains l'aiment camp (Tom Peeping),
 
Le Chaudron rose (Papy Potter), Petits Contes Dark-en-ciel (Nico Bally),
Marie de traverse (Marie Fritsch), Spécial Salim Kechiouche, Si j'étais homo ou hétéro...,
Spécial Stonewall, 40 ans, La gâterie du chef (Daniel Conrad Hall), La Garac'Ademy (Jean-Louis Garac)
A tort ou à travers (Laurent Fialaix), Rencontres de tous les types (Hugo Rozenberg),
 
Le Phil de l'araignée (Special Guest Star : Philippe Ariño),
Dossier et chronique-soutien
à l'association "Le Refuge" (Daniel C. Hall).

Venez rejoindre la rédaction, les lectrices et lecteurs sur le groupe Facebook :
http://www.facebook.com/group.php?gid=61890249500#/group.php?gid=61890249500


Dimanche 10 mai 7 10 /05 /Mai 00:48
  
Visuel : (c) GayClic

Après "Je t'aime moi non plus", voici "Je te hais, moi aussi". Au programme : délation, machination, effraction, etc. Seul Noah semble avoir un vague soupçon de scrupule...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 9 mai 6 09 /05 /Mai 00:09

© D. R.




Leader du groupe punk/pop « Buzzcocks » depuis sa fondation en 1976, Pete Shelley lança sa carrière solo avec cet « Homosapien », qui fut aussitôt boycotté par la BBC pour ses « références explicites à l’homosexualité ». Conséquence : le titre devint un classique instantané des boîtes gays.

Avis de l’intéressé : « Que la BBC ait jugé que cette chanson est gay est formidable, fantastique. Je suis un être sexué, je ne cherche pas à me définir comme homo, hétéro, ou bi, cela dépend de la personne, de la situation, et de ce qui se produit. D’une certaine façon, cette chanson peut être interprétée comme homosexuelle, mais elle parle essentiellement d’être un humain, et de dépasser ses instincts bestiaux pour tomber amoureux de quelqu’un qui est homosapien, plutôt que d’un chien ou autre chose. »

À la lumière de cette chanson, les fans straight des « Buzzcocks » s’avisèrent avec horreur que les lyrics de leur groupe favori n’étaient pas non plus dépourvus de sous-entendus (faut dire qu’avec un nom pareil…) Que voulez-vous, ils sont partout !...


Pour en savoir plus :


Site officiel des « Buzzcocks »

MySpace de Pete Shelley

Interview de Pete Shelley
Par BBJane Hudson - Publié dans : TOP OF THE QUEERS
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 8 mai 5 08 /05 /Mai 00:25
Dans l'ombre de
JANN HALEXANDER


Jann Halexander est un chanteur franco-gabonais. Il est également pianiste, acteur et producteur. Le chanteur Jann Halexander naît le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon, Afrique centrale). Ancien étudiant en géographie à Angers, dans le Maine-et-Loire, il prend un pseudonyme que lui inspire la personnalité de l'artiste sud-africaine Jane Alexander, dont les sculptures représentent des êtres hybrides. Il est issu d'un couple mixte — père gabonais, mère française — ce qui se fait ressentir au travers de ses créations. Pour découvrir son univers, Jann a accepté de rejoindre l'équipe du blog Les Toiles Roses avec cette chronique qui vous transportera loin dans l'imaginaire fécond et délicieux de ce grand artiste.


02. Vaguement noir, vaguement blanc,
après tout quelle importance ?


Mon métissage…

Jann Halexander

 

Vaguement noir, vaguement blanc,

Après tout quelle importance,

Il était l'un ou l'autre tout le temps

Pétri de sa libre conscience

Pourvu d'une bien étrange face,

Mais que voulez-vous qu'on y fasse,

Il était plutôt misanthrope,

Et vivait comme un lycanthrope

 

R.

Le Mulâtre est mort en marginal,

Dans son village natal,

Le mulâtre est mort heureux dans l'âme,

Toute sa vie fut une flamme !

 

Vaguement pauvre, vaguement riche,

C'était un précaire bourgeois,

Vous savez c'que c'est quand on triche,

Et que personne ne le voit

C'était un homme si accompli,

Qu'il déroutait les mal appris,

Il savait aimer sa vieillesse,

Ses derniers instants d'allégresse

 

R.

 

Il eut une enfance morose,

Des souvenirs d'enfant gâté,

Un peu de neige, un peu de rose,

De l'enfance il s'est acquitté,

L'adolescence fut difficile,

On le prenait pour un débile,

Aimant les hommes, aimant les femmes,

Ayant des caprices de vieille dame

 

R.

 

Pas encore mort, encore en vie,

Mais un artiste ça anticipe,

En vous je suscite l'envie,

Tout en gardant certains principes,

Je prends les angoisses dans mon cœur,

Et je valse avec le malheur,

Belle est ma petite vie sur terre,

Pas besoin de faire une prière !

 

Le Mulâtre n'est qu'un marginal,

Mais quand il parle des autres il parle de lui,

Il parle de vous,

Le Mulâtre n'a pas choisi son village,

Où il mourra la prochaine nuit

Où il mourra la prochaine nuit.

 

Jann Halexander by © Cécile Quénum Photographe.

 


Cette chanson, je l'ai écrite en 2006. Elle est toujours intégrée dans mes récitals. Elle me résume bien, je pense. Et à travers elle, je m'adresse à vous.

Je suis un homme métis. Un Mulâtre. Un homme de couleur. Un homme brun. Un Blanc avec du sang noir, un Noir avec du sang blanc. J'aurais pu être moitié jaune moitié blanc, moitié juif moitié arabe, qui sait. Je suis noir/blanc. Et cette situation me convient très bien. Mon métissage, je le crie, je le vis, je le chante, je l'assume. Et à ceux et celles que je dérange (et il y a des métis, parmi ces gens, nota bene), je chante : « Je vous emmerde ! »

Je suis né le 13 septembre 1982 d'un homme noir protestant gabonais et d'une mère blanche athée française, de bonne famille, avec du sang noble. Je suis franco-gabonais. J'ai toujours été clair là-dessus. Et quand on essaye de me faire passer pour Gabonais OU Français, je coupe court à ce genre d'attitude, que je trouve nauséabonde.

Mon meilleur ami, au lycée français de Libreville, était métis, comme moi. Père noir, mère blanche. Il n'y a pas de hasard, dit-on ? J'ai entendu, lu, vu beaucoup de choses sur les conditions de vie difficiles des Métis au Congo, au Burundi… Bon, il faut dire aussi qu'au Congo, il y a eu une sorte d'Apartheid officiel. Cela dit, on surnommait Port-Gentil, la capitale économique du Gabon la ville du Petit Apartheid et c'est vrai que là-bas, Blancs comme Noirs regardaient mes parents, ma sœur et moi avec beaucoup d'agressivité. Nous avons appris à vivre avec et garder ça pour nous, car lorsque je racontais tout cela aux Blancs comme aux Noirs, ils ne comprenaient pas, ils ne voulaient pas voir, ni savoir, on me disait que je mentais, que j'exagérais, car dans le fond, on m'en voulait de faire comprendre aussi bien aux uns et aux autres qu'il fallait savoir balayer devant sa porte. Et le Gabon n'a jamais été tendre avec les étrangers, y compris les Européens. C'est un pays dur. C'est un pays assez… occidentalisé. Le touriste européen lambda qui rêve d'exotisme chaleureux risque d'être perturbé quand il débarque à l'aéroport moderne et froid de Libreville.

Le métissage est un sujet terrible, vaste, complexe qui demande des millions et des millions de pages. Là, je ne dis que l'essentiel. Et suis curieux de voir ce que l'avenir réserve. Tenez, j'y pense, ma sœur (avec qui j'ai une grande complicité) travaille chez un fleuriste. Un client, blanc, est venu voir le patron et lui a demandé si c'était « bien raisonnable d'employer une mulâtre à la caisse ». Il a bien dit mulâtre. Ce genre d'anecdote, des millions de gens le vivent régulièrement. Allez raconter ça au Noir qui ne voit que le racisme anti-noir, au Juif qui ne voit que l'antisémitisme, etc.

Car il faut être clair : ce n'est pas parce qu'on est de couleur qu'on est noir. C'est une idéologie pourrie. Et ce n'est pas parce qu'on a du sang blanc qu'on est blanc. Est-ce si difficile de laisser place aux nuances ? J'ai choisi de ne pas choisir. Et j'assume sans difficulté aucune. Et mes proches, famille, amis, comprennent très bien. Je comprends cela dit les Métis qui craquent et qui choisissent. J'en ai connu… mais très vite, ils sont rattrapés par la réalité. Mon père a été franc avec ma sœur et moi : « Vous êtes métis et ce sera ainsi jusqu'à la mort. » Quand on est petit, c'est sûr, c'est du langage brut, mais au moins c'est bien rentré dans nos petites têtes. J'en veux à ces individus qui font des enfants avec une personne de culture différente et qui font tout pour éduquer l'enfant sur les bases d'une seule culture. Il y a des couples mixtes qui enlèvent toute possibilité de double identité à leurs enfants. C'est scandaleux. Pourquoi faire des enfants alors ?

Être brun, je le vis bien, tellement bien que je ne voudrais rien être d'autre. Je suis très bien comme je suis. Je ne supporte pas quand certains insinuent que les gens de couleur seraient tellement plus heureux s'ils étaient blancs. Tout est question d'éducation. On ne m'a pas éduqué à me haïr. Il m'arrive de faire des UV en hiver pour avoir une peau encore plus foncée. C'est un luxe que je me permets. Il y a des Noirs aussi qui font des UV et ils ont bien raison. Ça montre bien qu'ils n'ont pas de complexe sur leur couleur de peau. Après tout, le racisme c'est le problème de ceux et celles qui le sont, racistes. Y compris le racisme intériorisé.

Ne pas choisir. C'est un luxe suprême.

Quand mon père pêchait le poisson dans les eaux du fleuve Ogouée à Lambaréné, au Gabon, ma mère apprenait le piano et faisait avec mes grands-parents de longs voyages en Europe. Le mariage mixte c'est aussi le croisement, le mélange de cultures qui remontent à la nuit des temps. Je suis conscient qu'il existe beaucoup de Métis planqués. Des frustrations. Anecdote, il y a 4 ans, sur un forum consacré au sujet (le métissage), l'administratrice à mon sujet disait : « Pour qui se prend-il cet illustre inconnu ? Il se prend pour le porte-parole des Métis ? » Absurde. C'était elle qui avait créé le forum, parlait d'elle, menait les débats, c'était elle « la porte-parole » et moi je n'étais même pas membre de ce forum. Peut-être trouvait-elle que j'empiétais sur son territoire ? Je suis le porte-parole de tout le monde et personne. Maintenant c'est vrai que je reçois chaque mois des témoignages de métis, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes.

On peut être maçon, blanc, hétéro et se retrouver dans ce que je chante. C'est arrivé et c'est tant mieux. On peut être métis et passer totalement à côté. Dans mes chansons, pièces de théâtre, films, je parle aussi du métissage dans l'intimité. Pas dans la posture revendicative. En chanson, c'est inattendu pour beaucoup : je fais de la chanson à texte on ne peut plus classique d'apparence. Le monde de la chanson est plutôt blanc, c'est un fait. Je fais partie des taches (il y a aussi Maïk Darah, pour qui j'ai une grande estime). J'aurais dû rejoindre les clichés : prendre une guitare ou esquisser des pas de danse so sexy. Faire de la soul, du rap, du funk, du ragga, du reggae, du dance hall, du slam. Ou lieu de ça, je chante comme Yves Montand et j'emmerde mon entourage en clamant mon amour pour les chansons d'Anne Sylvestre ou Jacques Brel.

Le métissage, assumé, étend l'horizon des possibles. La journaliste gabonaise de Radio Africa, Eugénie Diecky, m'avait invité et après avoir diffusé ma chanson « A Table » m'avait dit durant l'émission que ce que je faisais n'était pas de la musique authentiquement gabonaise. J'ai répliqué : « Reste à savoir comment on définit l'authenticité gabonaise ou française ! » Ridicule. Je préfère en rire quand j'évoque cela, mais dans le fond, c'est triste.

J'apprécie beaucoup la façon dont Barack Obama assume ses origines plurielles. Moins la façon dont certains mouvements noirs se l'approprient. Il aurait été républicain, ces mêmes mouvements ne se seraient pas gênés pour dire que c'est parce que sa famille était blanche en partie. Enfin, l'élection d'un homme de couleur, métis, est un choc salutaire pour le monde entier. La première puissance mondiale est dirigée par un homme dont le père s'occupait des troupeaux, enfant, au Kenya, en Afrique. Le symbole est violent et nous allons avoir des surprises en France aussi, je le pense sincèrement. 

La France est une nation conservatrice. Mais il n'y a qu'en France, pour le moment, que j'arrive à m'exprimer librement. Je n'ai pas de comptes à rendre en tant qu'artiste. C'est important…

Tant de destins de métis sont brisés : alcoolisme, déprime, drogue, avortement car grossesses trop lourdes à porter, parfois même meurtres (Guy Georges).

Je suis revenu en France, en 2000. La majeure partie de ma famille est française. Blanche. Du côté paternel, presque personne. Mon père, c'est déjà bien. Côté blanc, tout va bien. Quand mon oncle de Vendée est mort, la tradition voulait que les hommes de la famille portent le cercueil. Ce n'était pas facile mais je l'ai fait.

Mon pays natal, le Gabon, a des défauts mais je refuse de critiquer ce pays devant des Occidentaux, noirs ou blancs, avides d'afro-pessimisme. Une nation bouge, évolue, il y a des guerres, des violences, des périodes de prospérité. Regardez les États-Unis, ils n'ont plus la puissance qu'ils avaient. De même le gentil noir et le méchant blanc, c'est du pipeau.

Dans la famille blanche, il y a beaucoup de fantômes, de gens morts depuis des décennies mais on parle d'eux comme s'ils étaient morts la veille. L'institutrice de ma grand-mère, à Saint-Nazaire, durant l'occupation, était une Mulâtresse de Martinique. Un jour, les SS rentrent à l'école. Ils prennent un couple d'instituteurs juifs, dénoncé par un autre couple qui a pris la fuite en Suisse à la Libération. Le couple juif a été envoyé en camp de concentration, n'est jamais revenu. La métisse n'a pas été prise. Les gens de couleur n'étaient pas la cible systématique des Nazis. Mais souvent, cela dit, pour un rien, ils pouvaient être envoyés en camp. Quant aux soldats de couleur vaincus, ils étaient exécutés. Serge Bilé en a bien parlé dans son ouvrage sur les Noirs dans les camps nazis. Dans la France de Vichy, il se trouvait des notables de couleur pour soutenir Pétain tout comme il y avait des résistants. C'est cela la France : c'est le pays de Pétain et d'Alexandre Dumas à la fois. C'est le pays capable du pire comme du meilleur.

… Pour finir, j'aime les hommes et les femmes, même si j'ai une préférence pour les hommes. J'aime les hommes « de couleur » et les femmes blanches. Mais je ne suis pas sectaire dans mes affinités. Mes parents s'y sont habitués. Papa noir encre de chine et Maman blanche porcelaine…

 

TO BE CONTINUED...

 

Lire le précédent billet

Pour en savoir plus sur Jann :

Son site officiel

Son blog officiel

 

Les photographies, textes et paroles sont © D. R. Ils sont reproduits avec l'autorisation de Jann Halexander. Tous droits réservés.

Par Jann Halexander - Publié dans : DANS L'OMBRE DE JANN HALEXANDER
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Vendredi 8 mai 5 08 /05 /Mai 00:17
FluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluoFluo

Les humeurs apériodiques de Bernard Alapetite



Note de Daniel C. Hall : Pascal Françaix est une des plumes françaises que j'admire le plus. J'ai aussi la chance de le compter parmi mes amis, mes rares amis de cœur. Il n'est pas un inconnu pour les fidèles lectrices et lecteurs du blog Les Toiles Roses. En effet, Pascal écrit aussi sous le pseudonyme de BBJane Hudson. Il a fait son coming out littéraire dans nos pages, rédige la chronique La Crypte aux gays, nous offre des Top of the Queers, et tient deux blogs personnels : Fears for Queers et The Bi-Queen Way.




Le plus gros défaut, il n’en a guère qu’un autre, du roman de Pascal Françaix est son impossibilité de le lire dans les transports en commun et tous lieux publics, à moins d’être doté d’un flegme estonien, tant vos voisins pourraient être alarmés de vous voir pouffer et pleurer de rire toutes les minutes. Pour ma part, pour dévorer le volume, j’ai choisi mon carré d’herbes et la seule compagnie de mes chats. Ébaudissements que provoquent à la fois les péripéties et le style de l’ouvrage.

Commençons par son argument… même si dans le cas présent la manière prend le pas sur l’action ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne vous tiendra pas en haleine jusqu’à la fin. Les Cahiers-Décharge sont ceux dans lesquels Philippe, au milieu de la trentaine alcoolisée, nous narre, à la première personne, pour se soulager des avanies qui l’accablent et elles ne seront pas minces durant les 380 pages du récit.

Même avant l’avalanche de calamités qui s’abattent sur sa tête, la situation du héros n’était déjà guère enviable. Pour subsister Philippe écrit des romans pornographiques qu’il doit livrer à raison d’un par mois, à son éditeur, un dénommé Morbac, aussi crampon que son nom le laisse supposer. Cette activité lui permet de travailler à son domicile, ce qui semble indispensable puisqu’il doit s’occuper de sa mère grabataire et muette depuis cinq ans, date de l’accident qui a tué son mari et l’a transformé en légume. Les deux seules distractions de notre narrateur sont de s’imbiber dans son bistrot préféré et de martyriser sa mère pour la punir de lui avoir fait vivre une enfance trop heureuse, ce qui ne l’a pas suffisamment endurci pour pouvoir vivre sa chienne de vie. Cette morne vie va tout à coup s’accélérer lorsque, par le plus grand des hasards, Philippe va faire la connaissance de Rachid, un jeune beur en délicatesse avec un gang de néo-nazis locaux. Le jeune homme va immédiatement tomber amoureux de Philippe, pourtant raciste et homophobe : « Comment j’avais pas pu deviner. Peut-être à cause qu’il est arabe ? Être en même temps crouye et tapette, raton et castor à la fois, ça me paraissait trop poussé – trop malchanceux pour être vrai... »

Mise ainsi à plat, on mesure la performance de Pascal Françaix d’avoir rendu cette histoire hilarante dont le héros n’est pas sympathique.

Et cela grâce à un style qui m’a totalement surpris par le décalage qui existe entre celui-ci et le ton des proses blogueuses de l’auteur (sous le pseudonyme de BBJane Huson). Ce ton, cette manière ont ravivé dans ma cervelle oublieuse toute une bibliothèque. Au premier abord, j’eus l’impression de continuer ma visite chez les pasticheurs, puisque je lisais en parallèle de ce Cahiers-Décharge, Les Morot-Chandonneur de Philippe Jullian et Bernard Minoret, qui feront l’objet d’un prochain billet et qui eux-mêmes m’auront fait revisiter des maîtres dans le domaine que sont Reboux et Muller, sans oublier Jean-Louis Curtis. J’eus donc le sentiment avec le début de Cahiers-Décharge de lire un pastiche de Céline et plus particulièrement de Mort à crédit et des Beaux draps. Je m’en réjouissais d’autant que les vaillants auteurs précités n’étaient pas aller voir du côté de l’ermite de Meudon, mais aussi, je dois dire que la longueur de l’exercice m’inquiétait quelque peu, le pastiche étant généralement une nouvelle et pas un gros roman de plus de trois cents pages...

Heureusement, très vite, à la voix de Céline s’ajoute celle de Jean-Pierre Martinet dont le Jérôme par son alcoolisme et ses relations avec sa mère est un cousin de notre Philippe. Ce personnage n’est pas pour rien dans l’esclaffage continu que provoque ce roman, pessimiste misanthrope à faire paraître comme de joyeux rousseauistes le Ferdinand de Mort à crédit et l’Ignatius de La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole… que l’on en juge : « J’ai jamais rien su intégrer – aucun groupe d’aucune race. On est tout seul sa propre race, la seule, l’unique qui vaille ! Tout autrui est rascaille ! Au bûcher nos prochains ! Au fagot ! À la destripade ! Moi je ne me suis jamais reconnu de semblables ! “Les miens” me sont pas moins étrangers que les autres – On n’a pas de frères en ce monde, on est tous fils et filles uniques, bâtards orphelins dans la merde... » Si le Philippe déteste les arabes, les gros bras d’extrême droite, les homos, les belges, sa famille, et les gens du peuple de son rade favori, c’est uniquement parce qu’il les croise. Il rencontrerait des juifs, des aristocrates, ou des italiens ce serait tout pareil. C’est l’humanité toute entière qu’il vomit. Cette haine du bipède n’est pas comme chez un Léautaud compensée par un amour des animaux, curieusement aucune bestiole dans l’univers de Cahiers-Décharge.

L’alcoolisme est une constante du livre, ce qui nous vaut quelques portraits savoureux de piliers de bistrots : « Yvres, lui c’est l’aimable tututeur, ennemi des tintouins. Un biberonneur flegmatique, toujours tiré à quatre épingles. Un mister Beam neurasthénique au regard en trou de pine. Il a rien contre les basanés – rien contre personne, pour tout dire, depuis qu’il a plus rien pour lui. Il sirote en indifférent à son coin de comptoir, un pied sur la rampe en laiton pour affermir son équilibre, tel un funambule hydropathe en arrêt sur son fil, perdu dans sa berlure, trois cents mètres au-dessus du commun des rampants. »

La misanthropie affichée de Philippe, énorme, laisse entrevoir par quelques interstices, le portrait d’un rebelle sensible, généreux et blessé, qui en définitive s’aime peu.

Le récit nous étant conté à la première personne, naïvement dans cette configuration romanesque, on a toujours la tentation, même si l’on s’en défend, de faire un amalgame entre l’auteur et son personnage disant « je ». Il reste à espérer pour l’écrivain, dont je n’ai lu aucun autre ouvrage, qu’il soit le plus éloigné possible de Philippe. À ce sujet on ne peut qu’en rester aux supputations, Françaix n’ayant pas décrit physiquement son héros, ce qui me parait être une rare faiblesse de Cahiers-Décharge, il n’y a même aucune allusion ni à son aspect pas plus qu’à sa vêture, ce que je trouve dommage, le psychomorphisme n’étant pas que légende. On peut me rétorquer que Céline n’a pas non plus dépeint son Bardamu, mais depuis le génial Tardi s’est chargé de lui donner des traits... À cette démarche je préfère celle d’Alphonse Boudard, autre parentèle de Françaix, avec Simonin, A.D.G., Apruz, Paraz... qui me parait évidente, qui a tracé la silhouette de son Alphonse, il est vrai que c’était la sienne...

Philippe est comme Ignatus resté au fond un grand enfant, mais presque tous les personnages de ce livre semblent immatures. Philippe, aux goûts cinématographiques exclusifs et récessifs pour les films de série Z, en a d’ailleurs conscience et il essaye de combattre cet état, par exemple en refusant une chasse au snark, jeu qu’il partageait lorsqu’il était collégien avec son meilleur copain Gautier. À ce propos, on peut regretter que les relations entre les deux hommes n’aient pas été plus fouillées. Les pages qui leur sont consacrées sont les plus émouvantes et poétiques. Comme si, dans celles-ci, libéré de son extraordinaire faconde volubile, Philippe s’évadait de la prison qu’est son langage argotique, qui parfois par son systématisme étouffe son être profond, pour laisser parler enfin son cœur.

Le récit dans sa forme est, comme chez Céline, un combat constant entre le naturalisme et le délirant.

Le plaisir principal que le lecteur retire de Cahiers-Décharge est nourri par une invention langagière constante qui d’ellipses en néologismes donne, chez Françaix, comme chez Céline, une profondeur au texte due à l’équivoque, au flou, à l’imagé, au double sens (à commencer par celui du titre). Pourtant jamais les tournures inusitées obscurcissent la lecture.

Mais le roman est bien autre chose encore, comme le portrait sans fard et sans illusion d’une France d’en bas provinciale, en l’occurrence celle de Cambrai, où se mêlent beurs minables trafiquants des cités, bas du front piétaille d’un borgne, et alcooliques de père en fils (ce ne sont plus les chtis roses bonbon!)...

Philippe n’est pas un imprécateur comme le Bardamu célinien ou un anarchiste de droite comme le double d’Alphonse Boudard. Il n’en appelle pas non plus au ciel et aux hommes, comme le fait parfois Paraz, pour être témoin de sa mouise. Non, c’est un fataliste, un passif, qui ne va pas vers les coups dans des engagements ou des aventures risquées mais qui les reçoit parce qu’il est au mauvais endroit au mauvais moment. S’il déteste les arabes, il exècre tout autant leurs persécuteurs : « Les FF,... le sens des initiales... Pas les Faibles Félouzes... ni les Fignons Farcis... les Frileux Fribourgeois ? peut-être les Foireux Frangins ?... Fous furieux ?... Fières Fripouilles ?... les Fachos Frappadingues ?... On brûle !...Force de Frappe ! C’est ça le sens du sigle ! Un sombre groupuscule de malfreux malabars, haineux, toccards, agités du caisson (...) des crânes-derges ! Milichiens de garde ! Svastiké à la mord mein-kampf ! (...) un tas de tronches plates, d’abrutis pochtronneux zonards atrophiés du bulbe et schmectant du goulot... »

C’est aussi un recueil de morceaux de bravoure comme cette description du rayon gadgets d’un sex-shop : « ... Des sortes de joujoux pataphysiques. Qu’on s’interroge duraille s’y sont fait pour servir, et comment ? et à quoi ?pour donner quels frissons ? apaiser quelle fièvre ?... Ou si c’est pas des fois des éléments décoratifsbibelots bizarroïdes ?... On peut pas dire. Ça rend perplexe. On sait pas du tout quoi en penser. On doit pas être assez pervers. Doit falloir une tournure d’esprit tout à fait tortueuse pour résoudre l’énigme de ces schmilblicks. Sûrement qu’on est trop niais... » ou encore la description d’un gogo boy : « Quand l’autre tombe le string, c’est le nirvana des délires. La frénésie des vocalises. À faire péter tous les cristals à dix kilomètres à la ronde... Faut, le petit pâtre, il est outillé colossal ! Pesamment burné et nanti d’un de ces chibraques ! Déjà rien qu’au repos, c’était racornissant à voir ! Fallait pas songer en action ! Aux heures de pointe son siffredi devait lui faire hausser le menton ! »

On trouve aussi quelques sentences définitives qui ne sont peut-être pas de mauvais viatiques tel : « Ça compte un peu la première pipe ! Quand on s’est fait bouffer l’aspic, on n’avale plus de couleuvres. Les lèvres des amantes désamorcent l’amour des mères. »

Le souci du style est constant chez Françaix. Avec les extraits qui parsèment cet article, le célinien aura reconnu sans mal les recettes savoureuses du maître, phrases en apposition, souvent sans verbe, prolifération des trois points et des points d’exclamation, répétitions, pratique constante de néologismes accolés presque toujours avec des termes argotiques souvent désuets ou des termes savants et techniques, interpellations du lecteur... Françaix nous informe lui-même sur sa cuisine (même si dans les lignes qui suivent il décrit la pratique romanesque de son héros qui n’est pas la même que celle de son géniteur. Il fait même l’inverse) : « Mes lecteurs (...) ne lisent pas seulement d’une main : aussi que d’un œil ! ils vont vite ! ils tracent ! ils ont hâte ! ils se ruent au passage croustillant ! il leur faut du limpide, clair net et précis ! Du style coulant qu’on glisse à la surface... Si tu les paumes en tarabiscotages, c’est terminé : ils banderont plus. Ils ont beau tous être tordus, pervers déviés jusqu’à la moelle : ils sont rigides en orthographe, pudibonds en grammaire. Ils tiennent au bon ordre des phrases. Sujet-verbe-complément. Pipe-enfilage-orgasme. C’est leur structure de base, faut pas en décarrer. Si t’inaugures dans les tournures, si tu leur déplaces une virgule, ils vont paniquer complètement, s’emmêler les pédales. Ils sauront plus différencier un joufflu d’une cramouille. »

Deux choses curieuses à propos des livres et de l’orthographe, si le héros est écrivain, un scribe particulier certes, nulle trace dans son paysage de livres et pas plus d’allusions littéraires mise à part celle à Lewis Carroll et pourquoi orthographier maman, mamman avec deux m ?

Ce qui empêche Cahiers-Décharge d’accéder au rang des chefs-d’œuvre est sa fin dans laquelle le précaire équilibre que Françaix avait réussi à maintenir jusque là, entre le naturalisme et le délirant, est rompu au profit malheureusement de ce dernier. Le final a, à la fois, un côté Sade chez les Bidochon et petit malin post moderne avec sa pirouette du texte dans le texte. Cette extravagance précieuse gâche un peu l’excellente impression qu’avait donné jusque là l’ouvrage. Il me semble que Cahiers-Décharge est, malgré, ou à cause, du talent de son auteur, encore un de ces livres non édités au sens anglo-saxon du terme. Cette vacance des éditeurs est l’un des maux principaux dont souffrent les lettres françaises. Peut-être faudrait-il se mettre aux pratiques anglo-saxonnes avec leurs agents littéraires pour remédier à ces carences. Je ne ferais pas non plus de compliments aux éditions Baleine, chez qui on doit pouvoir commander cet indispensable ouvrage, pour leur maquette particulièrement laide.

Il n’en reste pas moins que la lecture de Cahiers-Décharge est à recommander à tous les amoureux de la langue. Il est en plus un médicament insurpassable contre la morosité.

Par Bernard Alapetite - Publié dans : MERCI BERNARD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 7 mai 4 07 /05 /Mai 00:08

 


(5.10)




Parfois, mon métier m’offre en cadeau des rencontres magiques. Alexandre Jardin est de celles-ci, n’en déplaise à Daniel et à BBjane. De l’auteur, je ne connaissais que le nom sans jamais l’avoir lu, ainsi que les titres de deux de ses romans qu’il avait lui-même portés à l’écran : Le Zèbre et Fanfan. Pas plus que je n’ai lu les livres n’ai-je vu un seul de ces films. C’est dire mon ignorance, dont j’ai pris soin de ne pas faire état. En revanche, je suis capable de déclamer par cœur des tirades nées de la plume de son regretté père, Pascal Jardin, qui fut le dialoguiste de la série « Angélique marquise des Anges ».

Alexandre est venu à Moncton dans le cadre du Festival Frye, semaine littéraire qui a conquis sa renommée au-delà des frontières du Nouveau-Brunswick et de l’ensemble du Canada. Le faire venir en invité vedette de cette dixième édition fut un exploit. Personnellement, je ne fus pas déçu du voyage.

Alexandre Jardin qui a une copine lesbienne dont il apprécie le tempérament fantasque est, au fond, comme elle : fou des femmes. Je crois qu’il les aime encore plus passionnément. Il leur a consacré un livre l’an dernier : Chaque femme est un roman. A priori, il a donc plus de points communs avec Isabelle B. Price (et Daniel, adepte refoulé des plaisirs saphiques, désormais raide dingue de L-Word !) qu’avec Zanzi. Ce n’est pas tout à fait exact. J’aime les femmes. Je les aime dans les magazines, à l’écran… La seule différence ? Ne pas les aimer charnellement. Cette différence me conduit à les éviter.

Récemment, vous avez pu découvrir les prodiges que ma séduction malgré moi opère sur la gent féminine. Mon drame est celui-ci : il m’est odieux de décevoir, donc de dire « non ». Alors, pour ne pas dire non, j’évite les situations qui m’obligeraient à dire oui quand je voudrais dire non. Euh… oui, c’est bien cela, non ? Ma pensée s’effiloche comme une pelote de laine.

Donc, j’évite les femmes, en particulier les célibataires en mal d’amour. Les épouses fidèles et les mères adoptives me posent moins de problème : elles n’attendent pas de moi quelque chose que je ne peux leur donner. Les autres me stressent, mais en fuyant leur proximité, je passe peut-être (sans doute ?) à côté de certaines leçons de vie. Ces leçons, je viens de les apprendre par Alexandre Jardin interposé en lisant le roman précité. Ce livre envoûtant, c’est du Zanzi and the City d’hétéro ! L’imaginaire et le réel se fondent et s’y confondent dans un ensemble assez fou pour être cohérent. Le mensonge, ce produit de la fantaisie créatrice, détient lui aussi sa part de vérité et n’est pas dénué d’enseignements pertinents. Il n’est pas nécessairement bon de connaître avec exactitude l’origine des choses. Seule importe la leçon qu’on en tire.

Alexandre Jardin vit dans mon ancien quartier, nos mères ont le même âge. Prix Fémina à 23 ans, il fut précoce. En comparaison, je suis un prématuré tardif qui est loin d’avoir atteint son degré de reconnaissance. Contrairement à lui, je n’ai pas baigné depuis l’enfance dans la folie et la déraison  élevées en art de vivre. Voilà pourquoi je ne me suis pas encore révélé. Je n’ai pas osé, bien que je brûle de le faire. Alexandre l’a compris et m’encourage à sa manière. « Osez ! Osez ! Vite ! Vite ! ». Cette dédicace a priori facile, je l’ai comprise au fil de ma lecture. Suis-je prêt, cependant, à faire preuve d’audace, à oser revendiquer ma folie pour conquérir ma Liberté ? Poser la question, n’est-ce pas déjà y répondre ?

Oser. Vite.

Zanzi, le 2 mai 2009


Lire le précédent épisode,
cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 7 mai 4 07 /05 /Mai 00:03

Mylène Farmer tour 2009

Nouvelle tournée XXS, mais le cœur y est.

 

Par Cyril Legann en direct de Nice 

 

 

 


C'est peu de dire qu'il est cliché pour un gay d'être fan de Mylène Farmer, mais après être passé par tous les stades, du déni à la honte, en passant par la dérision, j'ai décidé d'assumer, voire de revendiquer. Il est d'ailleurs amusant de constater qu'en dix ans (mon premier concert date de 1999), son public n'a guère rajeuni.

Chez les jeunes générations de gays, ceux qui ont entre 15 et 20 ans aujourd'hui, lorsque l'on évoque l'icône rousse, c'est synonyme de ringardise et de vieilles tapettes. Peut-être ceux-ci assument-ils mieux ce qu'ils sont, et ils ne se reconnaissent plus dans les textes romantiques surannés de l'auteur, qui parlent de la solitude, du mal-être et de la fascination pour le sexe et la mort, thématique morbide adolescente par excellence. C'est en tout cas ce que j'ai pu constater après un rapide sondage.

Toujours est-il que s'il y a dix ans elle pouvait se permettre d'articuler la set-list de ses spectacles autour du dernier album sorti, ce n'est plus le cas aujourd'hui, les ventes de ses disques n'étant plus ce qu'elles étaient. Aussi la tendance amorcée à Bercy en 2006 se confirme-t-elle cette année. Après avoir relégué au placard les tubes de ses débuts pendant la décennie 90, Mylène ne coupe plus aux « Libertine », « Pourvu qu'elles soient douces » et autres « Sans Contrefaçon » pour animer son public vieillissant (et beaucoup plus hétéro qu'on ne croit). Heureusement elle semble trouver enfin le ton juste pour les interpréter et les mettre en scène avec suffisamment de distance et créer une certaine jubilation sans lasser les fans.

L'auteur de ces lignes est quant à lui un enfant de la génération désenchantée qui est tombé à pied joint dans les mélodies entêtantes et l'imagerie sexy-gothique de la diva rousse depuis sa plus tendre enfance. Comme beaucoup d'autres je me suis demandé « Mais mon dieu à quoi je sers ? Sans doute à rien du tout » (cadeau à ses fans que de reprendre ce titre cette année, merci Mylène) tout en pensant que « tout est chaos » et que « je t'aime mélancolie » mais « pourvu qu'elles soient douces » durant les années de ma puberté.

Il était donc tout naturel que je fasse le déplacement jusqu'à Nice en ce samedi 2 mai pour assister à son grand retour seulement trois ans après son dernier spectacle qui n'avait été joué qu'à Bercy (pour des raisons d'infrastructure), et le moins qu'on puisse dire c'est que la crise est passée par là.

Je n'irais pas jusqu'à soupçonner Mylène de cachetonner en enchaînant les concerts pour compenser la crise du disque, ce qui semble être le cas de beaucoup d'artistes (Madonna la première). Sauf qu'en termes de moyens techniques, elle nous avait habitué à mieux.

Certes le décor est impressionnant (deux squelettes animés, plein d'écrans géants, des mannequins dans des casiers) mais assez peu d'effets « live », surtout par rapport aux tournées précédentes.

Ainsi vous ne verrez pas Mylène s'envoler dans les airs sur une araignée cette fois-ci, ni faire de la balançoire, ni sortir de la tête d'une statue ou d'un sarcophage, encore moins traverser la salle sur un chandelier géant. Il faudra se contenter d'un show « light » certes soigné côté costumes et chorégraphies, mais assez peu spectaculaire. L'entrée et la sortie de scène sont particulièrement décevantes et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle nous avait habitué à beaucoup mieux. Gageons que quelques ajustements seront pensés pour le Stade de France, sans quoi beaucoup seront déçus...

Mais il ne faudrait pas bouder son plaisir, ainsi la star est-elle particulièrement à l'aise et ce dès la première date (ce qui est rarement le cas), l'ambiance était électrique, le public conquis et participatif ce qui n'est pas toujours le cas en province.

La tracklist contient donc cinq titres sur les dix que compte son dernier album « Point de suture », dont l'excellent « C'est dans l'air » entonné par la une foule électrisée. Mais l'un des plus beaux moments reste la pause balades durant laquelle elle interprète la chanson titre donc « Point de suture » au texte superbe sur une mélodie qui l'est tout autant (prends-moi dans tes draps, refais-moi l'amour / des mots sur mes rêves, déposer mes doutes et sur mes blessures, point de suture...), mais également l'une de ses chansons les plus touchantes : « Ainsi sois-je ».

La communion atteint son paroxysme sur « Désenchantée » et même Christian Estrosi (maire de Nice, ancien ministre et grand ami de Nicolas Sarkozy) se lève et entonne le refrain, applaudissant à tout rompre à côté d'un Jean-Paul Gaultier déchainé (il est le concepteur des costumes, là c'est un progrès par rapport aux tours précédents). Mais les vrais fans eux trouveront leur compte dans le choix surprise de « Nous souviendrons nous... », sublime chanson de 1993 qui clôturait l'album « L'autre » et qui n'avait jamais été interprétée sur scène. La star y confie ses doutes et fait preuve d'une humilité rare, faisant démentir les rumeurs de cynisme émanant du voile de mystère qui l'entoure (Aux vies qui s'abaissent à voir la mienne, je sais qu'il me faudra prendre congé d'elles un jour ou l'autre / Aux vies qui ont soutenu la mienne je n'ai qu'un long monologue poudré de neige à partager).

Alors on oublie vite ses réticences et on se laisse aller à ce plaisir facile et coupable de la pop culture qui, au final, remplit pleinement son contrat premier : divertir. Ça, elle sait le faire, et avec classe...

 

Cyril Legann pour Les Toiles Roses (4 mai 2009)

Par Cyril Legann - Publié dans : LES NEWS ROSES
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mercredi 6 mai 3 06 /05 /Mai 11:24


Veni Vidi Vincy - Photo © D. R.

 

 

RAFAEL, ENRIQUE, LLUIS,
TAMAR... ESPIGNOLADES

 

 

C’est toujours mystérieux. Des idées ici et là, des images qui se baladent dans nos têtes… et à la fin cela devient un ensemble à peu près cohérent. Il y a d’abord eu cette manie de Rafael Nadal, puis les révélations de Enrique Iglesias, pour enfin, à Barcelone, dans une salle de cinéma, le Renoir, admirer un plan d’Almodovar sur le paquet énorme de Lluis Homar.

 

 

C’est à Barcelone, entre une virée au Métro – la boîte avec des urinoirs surmontés d’écrans diffusant des pornos : pisser ou bander, il faut choisir – et une balade en bord de mer, que j’ai eu l’idée de mélanger tout cela. Les slips de Nadal, la petite bite d’Enrique, les mâles d’Almodovar.

 

Star en son pays (il est l’égérie de trois ou quatre marques), Rafael Nadal est le meilleur joueur de tennis depuis un an. Quasiment invincible sur la terre battue où seul Djokovic peut lui faire un peu peur, il gagne désormais sur toutes les surfaces et a réduit Federer au rang d’observateur impuissant. Mais Nadal a un petit souci, situé entre la cuisse et la fesse : son slip.

 

 

Il a ce fâcheux tic (toc ?) de remettre son élastique en place, entre deux points. Systématiquement. On ne saurait trop lui conseiller de changer de sous-vêtements : opter pour des caleçons en lycra ou dans une matière dédiée aux grands compétiteurs. Mais on sait que le slip est une valeur sûre chez les méditerranéens et chez les sportifs. Symbole d’une forme de virilité ? En tout cas sur ventes-privées.com, les slips sont souvent disponibles à la vente quand les boxers et shortys sont déjà épuisés depuis longtemps…

Mais je m’égare. Car sa manie a créé un phénomène il y a quelques mois. L’élastique qui remonte entre les fesses et attire les doigts dans le cul, ça inspire les fans. Lors de la Coupe Davis, à l’automne dernier, en Argentine, les supporteurs ont « fait tourner les slips ». Des bleus pour les Argentins, des rouges pour les Espagnols. Un site internet (LoscalzonesdeNadal.com, les caleçons de Nadal) permettait d'envoyer des slips virtuels à vos amis et de prendre parti pour l'une ou l'autre des deux équipes. Le n°1 argentin, Juan Martín del Potro, avait même annoncé un jour qu’il allait « sortir le slip de Nadal de son cul ».

 

 

Avec les dents ?

 

Quelques semaines plus tard, on apprenait qu’un autre espagnol, Enrique Iglesias, avait, lui, plutôt du mal à les remplir, ses slips.

 

 

À 33 ans, celui qui va envahir Bercy et fait mouiller les jeunes filles en mal de mâles, avoue que lorsqu’il se regarde dans le miroir, il ne voit pas un sex symbol. Dans The Mirror, il y va franco.

À la question, « Pensez-vous faire des pubs comme celles avec David Beckham pour des sous vêtements ? », il répond : « Je ne pense pas avoir le paquet pour ça ! S’ils peuvent utiliser Photoshop pour les photos, et rendre mon engin plus gros, alors peut-être que j’accepterai. » Et perfidement, il balance « Mais c’est peut-être ce qu’ils ont fait avec celles de Beckham, non ? » (J’y reviendrai dans un texte ultérieur).

 

 

Iglesias a donc des complexes : il a des jambes de poulet, un petit ventre et pas de tablettes de chocolat,  une petite bite (encore que ça ne veut rien dire : on a connu des asticots muer en gros boas quand le désir est là), et… des couilles pendantes. Et oui, rien ne nous est épargné. En général, on dit que ce sont les caleçons (les amples) qui produisent cet effet de boules tombantes. « J'ai entendu dire qu'elles descendaient encore plus et qu'elles devenaient encore plus molles quand on vieillissait, et ça craint, parce que ça veut dire qu'il faudra que je plie les miennes dans mes chaussettes. »

Une queue rikiki et des grosses bourses défiant l’apesanteur, voilà un drôle de « paquet ». Au moins, il deviendra le symbole sexuel de tous ces hommes honteux parce que leur membre mesure moins de 15 centimètres. Il devrait faire une campagne où assumant son mini-pénis (mais qui fait le maximum) il incite les mecs à arrêter de se la comparer, ou pire, de se la faire grandir (ça réduirait nos spams…).

 

 

Heureusement Almodovar est là pour montrer que les Ibères en ont. Au début de son nouveau film, bientôt présenté à Cannes, Les Éreintes brisées, son acteur principal, Lluis Homar, 52 ans, s’offre un plan cul avec une jolie blonde (et là, bécote le cinéaste sur la photo). La caméra se fixe sur l’entrejambe du comédien, une grosse bosse oppressée par son jean.  Almodovar bande encore avec vigueur. Il sait toujours choisir ses minets : les trois grâces de son nouveau film ont des gueules très différentes. Alejo Sauras (un peu exhib tant il y a de photos de lui à poil sur le web), 29 ans, est sans doute le DJ le plus sexy du cinéma ; Rubén Ochandiano, 28 ans, joue la folle perverse de service, et Tamar Novas, 22 ans, en couverture de Zero, le Têtu espagnol, ce mois-ci, préfèrent jouer les « bogosses » en costume. Novas est un nouveau Banderas, en fils idéal et bien sous tous rapports.

 

 

Aucun ne semble rougir de son braquemard ou avoir des soucis d’élastique rampant. En tout cas de quoi faire de l’Espagne, la destination idéale pour mater les beaux mecs….

***

Pré-orgasmique : je file à Cannes pour mater des beaux films et croiser la jet set décadente. Je vous promets de revenir avec de l’inspiration.

 

Lire la précédente chronique


 

TO BE CONTINUED...

 

Vincy (5 mai 2009)
Par Vincy Thomas - Publié dans : LE BAZAR DE L'HOMO VINCY
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Mercredi 6 mai 3 06 /05 /Mai 00:33


Fiche technique :

Avec Brice Johnson, Cole Williams, Rain Phoenix, Tom Gilroy et Justin Zachary. Réalisation : Christopher Munch. Scénario : Christopher Munch. Images : Rob Sweeney. Montage : Annette Davey & Christopher Munch. Musique : Michael Tubbs.
Durée : 74 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
Harry (Bryce Johnson), 23 ans, leader déclinant d’un Boy’s band (heureusement c’est le réalisateur qui le dit dans une interview car on ne voit jamais le groupe en question ni Harry chanter, pas plus que les vocalises de Max), pour faire plaisir à son petit frère Max, 16 ans, lycéen mais qui déjà suit les traces de son frère dans la chanson, l’emmène faire du camping (en plein hiver).

harry1.jpg


On apprend qu’au cours de leurs précédentes vacances, aux Bermudes (également invisible), ils ont fait l’amour. Le premier soir, le petit frère décide de remettre le couvert et suce le grand. Ce dernier, pris de remords (il a une petite amie que l’on ne verra jamais non plus), écourte les vacances. Il va voir un professeur de yoga qui est aussi l’amant de confort de Max et se fait sauter par lui.

harry2.jpg


De son coté, Max retrouve l’ancienne petite amie d’Harry, Nikki (Rain Phoenix), et lui fait l’amour ! Bien qu’il soit attiré par Nikki, tout en revendiquant son homosexualité, Max voudrait que Harry se remette avec Nikki, pensant que la jeune femme pourrait équilibrer son frère qui sombre dans l’alcool...


harry3.jpg    

L’avis de Bernard Alapetite :
Quel tour de force de réaliser un film aussi ennuyeux sur un sujet aussi fort : le désir sexuel entre deux frères. Si les histoires de fratrie vous passionnent, évitez ce pensum et lisez ou relisez L’Agneau carnivore.

harry4.jpg
La réalisation ne sort que très rarement du champ/contre champ. Le film n’est presque qu’une suite de dialogues entre les deux frères. Pourtant ces interminables échanges ne nous éclairent guère sur la psychologie des deux garçons. Ils ne parviennent pas plus à rendre crédibles les sentiments sensés les unir.

harry5.jpg
L’interprétation des deux rôles principaux par Brice Johnson et Cole Williams, grands habitués des séries, est passable. Le grand frère est grand, brun et un peu mou ; le petit frère est petit, blond et un peu mou. Ils ne sont pas désagréables à regarder mais on ne voit pas grand chose, l’audace est tout entière dans le sujet mais pas à l’image. Quelques séances de gymnastique pour ces deux garçons auraient un peu amélioré l’intérêt que l’on aurait pu prendre au film. Comme d’habitude dans les films gays américains, les acteurs sont trop âgés pour leur rôle, mais ceux-ci donnent assez bien le change.

harry6.jpg
Le reste de la distribution (étique) est beaucoup plus problématique, à voir l’ex de Harry on comprend qu’il préfère son petit frère. Quant à l’amant de Max, non que j’en ai une grande pratique, mais je ne voyais pas un professeur de yoga comme cela.

harry7.jpg
Sans doute effrayé par son sujet, le cinéaste, qui est aussi le scénariste, a pris soin de situer son histoire dans le milieu du showbiz. Deux frères qui s’enculent dans ce milieu-là ça passe mais si cela avait été un épicier et un étudiant, un médecin et un ingénieur ou un boucher avec un garagiste ou que sais-je encore, cela aurait été tout à fait inacceptable !

harry8.jpg
D’ailleurs on ne sait rien des parents, eux aussi hors champs, on ne voit que la mère dans une scène caricaturale. On suppute qu’ils ont quelque argent en voyant le gîte du jeune frère.

harry9.jpg
Quelques beaux plans larges, un train qui passe, la ville la nuit, une vue d’une terrasse... ne compensent pas des panotages kitchissimes comme celui qui va d’un feu dans l’âtre au visage de Max puis de celui-ci aux fesses nues de Harry (c’est la seule fois qu’on les apercevra !), ni la caméra portée qui tremblote. Ajoutez à cela des dialogues de romans de gare où les convois ne passent plus et vous aurez une idée de la réalisation.

harry10.jpg
L’absence de figuration, je n’ai compté que deux individus dans tout Harry & Max – hormis les acteurs – à avoir traversé une scène sans doute par inadvertance, est une des marques les plus sûres d’un mauvais film.

harry11.jpg
On est assez surpris de la médiocrité du film quand on se rappelle que Christopher Munch est l’auteur du fort intéressant The Hours and times (1992), dans lequel il spéculait sur ce qui avait pu se passer entre John Lennon et le très gay Brian Epstein, alors manager des Beatles, durant une escapade des deux hommes à Barcelone en 1963. Ses autres films ne sont pas non plus négligeables, en particulier Color of a brisk and leaping day (1997) qui évoque la construction d’une ligne de chemin de fer dans le Yosemite.

harry12.jpg
Alors que reste inédit en France The Hours and times, il est incompréhensible qu’y paraisse en DVD Harry & Max, le plus mauvais film à ce jour de Christopher Munch.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 4 mai 1 04 /05 /Mai 08:26


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

Pierre LACROIX, Bleus, ErosOnyx, 2007, 94 p. 14,5 x 19 cm.

Avoir ce livre près de soi est une sensation proche de celle que l'on doit ressentir à la découverte d'une pépite d'or, d'un talisman, d'une lanterne magique.

Son génie s'est appelé dans une édition précédente (chez Geneviève Pastre en 1996) François Nozières. Il est aujourd'hui Pierre Lacroix et son éditeur, Nix & Nox, est devenu Erosonyx sis dans le Cantal : autant dire que ce livre, pourtant disponible sur les sites des libraires en ligne les plus courants, ne vous tombe pas dessus par hasard.

Éblouissant récit d'amours entre garçons sur une île grecque, oscillant entre poème en prose et roman poétique, son écriture singulière va vous obliger à savourer chaque phrase. La lecture silencieuse, rapide et habituelle à tout lecteur confirmé, prouve ici sa faiblesse sur la mise en bouche d'un texte peaufiné à la syllabe près, à l'allitération savoureuse, au choc phonétique des troubles, au velours de voyelles orchestrant les joies et les espoirs.

Le ciel est bleu, la mer (Egée ?) est limpide mais le narrateur sait qu'il y a dans son histoire, dans notre histoire, du bleu nuit et des outremers mystérieux, inquiétants, sauvages.

Ce livre n'est pas destiné à un public d'esthètes. Sa force est d'être accessible à chacun d'entre nous. Les azurs d'une ligne horizon partagée voisinent avec les profondeurs des angoisses face à l'inanité de nos entreprises, les hématomes des échecs. Il est aussi témoin des ciels sans frontières dans lequel notre esprit et notre force vitale peuvent, quelles que soient nos limites matérielles, se mouvoir et voler avec l'âme-frère ou à sa recherche.

 


Christopher BRAM, Le Père de Frankenstein, 10/18 Domaine étranger, 376 p.

Le Père Docu se la joue modeste côté cinéma…

Dans cette « œuvre de fiction dont le héros est un homme qui a réellement existé », Christopher Bram fait de James Whale, le réalisateur de Frankenstein, un manipulateur qui poursuit de ses assiduités son jeune et séduisant jardinier dans un but qui se précise au fil des pages.

On suit comme un film la vie de ce cinéaste (atteint de troubles neurologiques qui altèrent parfois sa lucidité) dans la monotonie de son quotidien hollywoodien et dans ses flashbacks : enfance anglaise misérable, guerre réelle et fantasmée, gloire et succès de sa créature, Frankenstein.

Une vision intéressante, sous un angle gay tourmenté, du monde du cinéma américain au milieu du XXe siècle qui a servi de base au film de Bil Condon, Gods and Monsters (Ni dieux ni démons) en 1998.

Pour en savoir plus :

Sur l'adaptation de ce roman : http://www.lestoilesroses.net/article-6472416.html



David LEDDICK, The Male Nude, Taschen, 1998, 768 p.

S'il est un recueil de photographies que j'emporterais pour finir ma vie sur une île déserte, c'est bien celui-ci (Vendredi, je ne vais pas te « outer », je parle bouquins : il est jaloux et ici les placards sont rares…).

Peu de textes (en trois langues : anglais, allemand, français) mais assez pertinents au milieu de 768 (sept cents soixante-huit !!!!) pages de photos de nus masculins.

De la fesse, du muscle, du regard ténébreux ou de braise, du poil, de la gonade et du pénis, mis en évidence ou subtilement et perversement voilé, les modèles sont séduisants et mis en valeur par de grands objectifs humanitaires : le plaisir et la jouissance de l'œil.

En noir et blanc ou en couleurs, les clichés reflètent une histoire de la photographie sous un l'angle à la fois technique et culturel. Comment, pourquoi et pour qui le corps de l'homme nu a-t-il été photographié du XIXe siècle aux années 80 ?

Le regard gay exerce ici une large domination, et si Mapplethorpe ou Pierre & Gilles ont largement dépassé la culture homo, leurs prédécesseurs célèbres (Von Gloeden, déjà évoqué précédemment...) et leurs contemporains moins connus ont dans ce recueil à feuilleter à deux mains (l'objet est lourd !!!) ou à admirer avec une seule (...) leur juste place dans le culte de la beauté physique.

Les poses peuvent être qualifiées d'ambiguës mais sont d'une éblouissante clarté... Le photographe a pour son modèle une véritable fascination, qu'il fait partager à celui ou à celle qui pose son regard libéré de clichés et de tabous sur une image nue.

Pour en savoir plus :

Hé, hé, hé…. à vous de voir…

 

Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.

TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 4 mai 1 04 /05 /Mai 00:55

par  BBJane Hudson

 

 



Fiche technique :

Avec Donald Sutherland, Chad Lowe, Mia Sara, Knut Husebo, Rutanya Alda, Eddie Jones, Minnie Gentry, Mark Burton, Adrian Sparks, Tiger Haynes et Blain Fairman. Réalisation : Ralph L. Thomas. Scénario : Alan Scott et Wesley Moore. Photographie : Kelvin Pike. Musique : Charles Gross.

Durée : 97 mn. Disponible en VO.

Résumé :

Amérique, 1927. John Reese (Donald Sutherland), guérisseur itinérant et adepte de la magie blanche, séjourne dans un village de Pennsylvanie. Il soigne les malades, guérit les troupeaux touchés par des épidémies, et à l'occasion "purifie" des lieux réputés maudits. Il fait la connaissance du jeune Billy Kelly (Chad Lowe), adolescent analphabète et solitaire, à qui il enseigne la lecture dans l'intention d'en faire son assistant. La fiancée de Billy, Alice Spangler (Mia Sara), considère d'un assez mauvais œil l'amitié toujours plus étroite et exclusive des deux hommes, d'autant que le comportement du "docteur" Reese ne laisse pas d'être inquiétant. Victime d'un mal inexplicable et sujet à de violentes convulsions, le guérisseur se croit victime d'un envoûtement pratiqué par un vieil ermite du voisinage, Lars Hoeglin (Knut Husebo). Après un séjour à Philadelphie, où il tente de se faire exorciser par une magicienne black (Minnie Gentry), Reese revient au village pour affronter Hoeglin avec l'aide de Billy.

L'avis de BBJANE :

(This post is affectionately dedicated to Miss Wendell.)

Ce film étant inconnu de tout un chacun, j'aurai beau jeu d'affirmer qu'il s'agit de l'une des meilleures allégories jamais filmées sur le thème du refoulement de l'homosexualité, et des ravages qu'il ne peut manquer de causer. En toute humilité (mais certainement pas en toute inconscience), le réalisateur R.L. Thomas se paye le luxe de faire le tour quasi complet d'une question épineuse : en quoi toute forme de Foi (croyance religieuse, superstition populaire ou catéchisme social) est-elle la meilleure entrave que l'homme puisse opposer à son épanouissement ? Dès son premier visionnement, à la faveur d'une sortie vidéo au début des années 90, Apprentice to Murder a trouvé sa place dans le « top 10 » de ma Cinémathèque Idéale, dont les étagères virtuelles sont moins encombrées de chefs-d'oeuvre avérés que de bandes modestes, intègres et soignées, attachantes jusque dans leurs imperfections. À la lisière du fantastique, le film de Ralph L. Thomas explore avant tout les angoisses, les incertitudes et les lâchetés d'âmes bien humaines, confrontées à ce qu'une société répressive et bigote les incite à prendre pour leurs gouffres – alors qu'il ne s'agit que d'aspirations légitimes à l'harmonie avec soi-même.

Les producteurs d'Apprentice to Murder se sont donnés un mal de chien pour vendre leur produit en tant que film d'horreur parfaitement calibré aux attentes des fanatiques du genre. Affiches, bande-annonce, jaquettes des éditions VHS puis DVD, tout concourait à racoler (avec quelques années de retard) la clientèle de L'Exorciste, Rosemary's baby ou Evil dead (et pourquoi pas celle de la fantasy, le visage du "sorcier" sur l'affiche allemande n'étant pas sans évoquer Gandalf.)

Résultat de cette mascarade : le film n'a jamais trouvé son public, que l'on situerait plutôt parmi les amateurs d'un fantastique en demi-teinte, à la fois suranné, poétique et élégiaque. Toutes proportions gardées, Apprentice to Murder évoque plus volontiers le climat nostalgique et la peur subtile de L'Autre de Robert MULLIGAN ou le "fantastique-réel" de L'Enfant miroir de Philip RIDLEY, que la grosse artillerie du demon-flick.

Rien, hormis les apparences, n'est à proprement parler surnaturel dans ce film. Chaque scène relevant du fantastique peut-être interprétée comme une hallucination émanant du cerveau de plus en plus troublé et instable de John Reese – on notera d'ailleurs que le guérisseur est toujours seul lorsque les forces occultes se déchaînent ; il est l'unique témoin de leurs manifestations.

Et d'où vient, me demanderez-vous, que le bon docteur Reese ait l'esprit si troublé ?

C'est – vous répondrai-je – qu'il est tout bonnement amoureux de son jeune disciple.

Ça recommence ! protesterez-vous. Décidément, vous voyez des pédés partout !

Ce à quoi je repartirai : Je n'en vois que là où ils se montrent, ou mettent trop d'insistance à se dissimuler.

Vous : Alors comme ça, Sutherland kiffe Chad Lowe ?... Développez, qu'on rigole un peu...

BBJane : John Reese est épris de Billy Kelly, parfaitement. Au départ, il ne s'agit, semble-t-il, que de l'élan de sympathie éprouvé par un homme vieillissant, pèlerin solitaire marginalisé par ses dons, pour un jeune garçon au profil similaire. Billy est mal à l'aise au sein de la communauté et de sa propre famille (père alcoolique, mère soumise) ; il dissimule ses dons artistiques, éprouve peu d'attrait pour l'existence rurale et laborieuse qui lui est promise. Reese se lie à lui et le prend sous son aile, en vertu d'une sorte de reconnaissance : il distingue, chez le jeune garçon, un tempérament semblable au sien.

Sentiments paternels ?... Pas si sûr...

Leur première rencontre a lieu lors de l'irruption d'un chien enragé dans une rue du village. Reese parvient à calmer la bête par des signes de croix et quelques paroles apaisantes. « Dieu nous a créés, toi et moi », lui dit-il. Les premiers mots de Reese et sa première action appellent à l'union, et à la négation de la notion de différence entre les créatures vivantes – message n'ayant aucun poids sur les villageois : l'un d'eux abattra froidement l'animal, pourtant apaisé.

Billy se rend ensuite chez le rebouteux pour lui demander un remède pouvant guérir son père de l'alcoolisme, et pour faire soigner une blessure que ce dernier lui a infligée.


"Avec cette baguette et le sang précieux du Christ, je chasse la douleur et fais le Bien"
(Chad LOWE et Donald SUTHERLAND)


En dédommagement, il offre à Reese un portrait de lui-même, dessiné de mémoire suite à leur première rencontre. Ce portrait, plein d'affection et d'une stupéfiante ressemblance, signale non seulement la fascination éprouvée par l'adolescent pour le guérisseur, mais annonce également l'ambivalence de leur relation future : au verso du dessin est en effet représenté le visage, également "croqué" par Billy, de Lars Hoeglin, le fermier à l'allure démoniaque qui lui inspire une crainte instinctive. En découvrant cette sinistre figure, Reese éprouve un premier malaise – l'association des deux visages sur une même feuille de papier est un symbole transparent de la dualité profonde de Reese, dont ce dernier n'a que trop conscience. D'un côté, le bon docteur affable et souriant ; de l'autre, un être démoniaque – en réalité, un malheureux ermite en qui Reese et Billy croient distinguer l'incarnation du Mal, et qu'ils n'auront de cesse de détruire.

 

Les deux visages du docteur Reese. Recto...

... verso.

 

Vous : Et alors ? Où est l'homosexualité, là-dedans ?...

BBJane : Comme tout hétéro qui se respecte, vous me tendez une perche que je m'empresse de saisir... L'homosexualité, c'est d'abord le portrait amoureusement dessiné puis offert par le jeune garçon à son mentor. Ce sont ensuite les visites nocturnes de Billy à Reese, et les longues heures d'apprentissage de la lecture par l'adolescent, sur un petit ouvrage cher au coeur du guérisseur et intitulé The Long lost friend (L'ami depuis longtemps perdu). C'est aussi, pour ces deux êtres pétris de croyance religieuse et effrayés par les sentiments qu'ils découvrent en eux, le rejet de ce qu'ils croient être leur faute sur une tierce personne : Lars Hoeglin, qu'ils suspectent d'incarner le Démon, quand il n'est que l'incarnation de leur refoulé... Et puis, il y a la fiancée de Billy...

 

Roméo et Roméo

 

Vous : Alors comme ça, Billy a une petite amie ?... C'est la preuve qu'il n'est pas pédé !...

BBJane : C'est surtout la mission fréquemment dévolue aux petites amies : démontrer que le héros est hétéro. Notez que celle de Billy, Alice Spangler, lui apparaît pour la première fois dans un accoutrement masculin (salopette, fichu masquant la chevelure). Mais passons...

 

Mia SARA, plus mignon que jamais.

 

Le comportement du jeune garçon envers la demoiselle s'avère encore plus éloquent. Elle est la fille de la logeuse de Reese, et c'est sous les fenêtres du guérisseur – non sous celles d'Alice – que Billy opère ses factions nocturnes (elle ne manque pas de le lui reprocher...) Il met, du reste, un temps assez long avant de céder à ses avances (un hétéro aux inclinations assurées ne lanternerait pas tant que ça, croyez-moi – d'autant que Mia SARA est plutôt craquante... habillée en mec.) Lorsqu'Alice lui propose de s'enfuir avec elle à Philadelphie, Billy ne cesse de barguigner (synonyme de "lanterner", employé plus haut... j'ai les répétitions en horreur...) ; il n'y consent d'ailleurs qu'accompagné de Reese, au grand désespoir de sa belle.

 

Regard désapprobateur de la Belle sur les Bêtes.
(Notez qu'elle tient le parapluie comme d'autres la chandelle.)

 

L'attitude de Reese est encore plus significative à cet égard. Elle ruine totalement l'allégation de « sentiments paternels » évoqués tout à l'heure. Connaissez-vous beaucoup de pères manifestant un attachement aussi exclusif à leur fils ? La plupart seraient enchantés qu'il se dégotte une belle et bonne épouse – qu'ils ne rechigneraient pas à lutiner un brin. Tel n'est certainement pas le cas de Reese. Non seulement il n'éprouve aucun attrait pour Alice, mais il lui manifeste une hostilité résolue, bien que silencieuse. Si l'on considère Reese comme un père de substitution, force est de constater qu'il adopte un comportement peu commun, et se conduit en vraie mère-poule, jalouse et castratrice.

Vous : Vous voulez à tout prix que Reese soit amoureux de Billy !... Qu'est-ce qui le prouve ?...

BBJane : Une foule d'indices, qu'à moins d'être un crétin fini le réalisateur n'a pu glisser innocemment.

À commencer par ces phrases du guérisseur à son disciple : « J'ai rêvé de toi, Billy... Les hommes vieux auront des rêves, dit le Livre Sacré... Je peux t'apprendre plus que l'écriture... »

Reese demande au jeune garçon de lui dessiner des hexagrammes. Lorsqu'il examine l'un de ceux-ci, la toile sur laquelle est peint le motif se soulève "magiquement", de manière carrément évocatrice d'une érection.

 

Qu'est-ce qui se cache sous l'hexagramme ?

 

Enfin – et plus important que le reste –, lorsque Billy énonce, sans grande conviction, son intention d'aller vivre à Philadelphie, Reese se trouve en proie à de subites convulsions (qu'il attribuera au "démon" Hoeglin), signes d'une "possession" manifeste, et argument fort pratique pour convaincre le jeune garçon de l'emmener avec lui, sous le prétexte qu'il pourra recourir, dans la grande ville, aux services d'une exorciste réputée. La possession de Reese est révélatrice de deux choses : d'une part, sa détermination à suivre Billy où qu'il aille ; d'autre part, la nécessité de rejeter ce qu'il croit être sa faute sur un bouc émissaire (Lars Hoeglin).

 

"Deviendrais-je folle, gentil miroir ?"

 

Lorsqu'il prend conscience de la vraie nature de ses sentiments pour Billy, Reese commence à perdre ses pouvoirs de guérisseur, et s'attire la haine des villageois. Plus que jamais, il devient un paria – aux yeux de la communauté comme aux siens propres. En conflit avec sa Foi, il réagit en l'affirmant avec plus d'ardeur. C'est le processus habituel de la formation de tout fanatisme : on ne s'accroche aussi vigoureusement à ses croyances que lorsque l'on commence à en percevoir l'inanité. Tout est dit dans la formule que Reese lance aux mécréants : « Dieu ? Impuissant ? Quelle arrogance ! » L'impuissance, pour le guérisseur, résulte du trouble causé par la tentation homosexuelle, qu'il identifie non seulement à la perte de ses dons, mais aussi à celle de sa virilité.

Vous : Du délire !... Vraiment n'importe quoi !...

BBJane : Voyez le film... Son finale est éloquent... Je ne veux pas jouer les "spoileuses", mais je dois signaler que le combat de Reese et Billy contre le "démon" – et ce sur quoi il aboutit – est on ne peut plus limpide. Tout n'est que mascarade, faux semblants, auto-aveuglement.

Cette dernière scène peut d'ailleurs être envisagée comme métaphorique du film lui-même, des conditions de son exploitation, et de sa postérité. Pour avoir trop joué la carte du "fantastique" afin de dissimuler son propos, pour l'avoir encombré d'une bimbeloterie d'épouvante, il s'est condamné au Purgatoire cinéphilique... À vous de l'en tirer !...

Vous : Faudrait d'abord pouvoir le voir !...

BBJane : Il est parfois diffusé sur le câble, et peut être commandé ici.

 

Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous.

 

Pour plus d’informations :

Je ne vois guère que la fiche imdb et ses commentaires, dont l'un semble plus avisé que les autres... Si je maniais la langue anglaise avec suffisamment d'aisance, je pourrais presque l'avoir écrit...

Par BBJane Hudson - Publié dans : LA CRYPTE AUX GAYS
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 00:22

© D. R.




Dick est incroyable, décalé, cinglé, gay, militant... depuis des années... Je suis nul en terme de goûts musicaux mais je voyage avec de nombreux albums de lui sur mon PC portable. Il est grand ! Il est gay ! Il est solitaire ! Il s'affiche ! Et cette chanson "Bébé éléphant", c'est l'histoire des gays, mais aussi (comme mon chéri) des gays hors de notre sphère occidentale, unioneuropèenne (des 27) et autre... Moi même, je suis un bébé éléphant !!! Écoutez bien les paroles !

Pour en savoir plus :

La page Wikipédia de Dick Annegarn
Le site officiel de Dick Annegarn
Par Daniel C. Hall - Publié dans : TOP OF THE QUEERS
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 00:07
  
Visuel : (c) GayClic

Les titres auxquels vous avez échappé :
- "Un string sinon rien."
- "Tu commences à me les Casey menu menu."
- "El Wood dans Le Bois."
2ème partie.
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 00:02
  
Visuel : (c) GayClic

Les titres auxquels vous avez échappé :
- "Un string sinon rien."
- "Tu commences à me les Casey menu menu."
- "El Wood dans Le Bois."
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 2 mai 6 02 /05 /Mai 11:37
FEP2.png

Thomas, le mari de Rachel, de retour de voyage d'affaires va découvrir
que Dylan a rendu visite à sa femme.
De son coté, Tiffanie va trouver sous le lit un sous vêtement de femme ne lui appartenant pas...



La bannière et la vidéo sont (c)
Films entre potes
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Laurent himself.
Un grand merci à l'équipe de Foup !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : G ! et FOUP
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 1 mai 5 01 /05 /Mai 11:27

 

Fiche technique :

Avec Nahuel Perez Biscayart, Nahuel Viale, Inés Efron, Veronica Llinas et Hector Diaz. Réalisation : Alexis Dos Santos. Scénario : Alexis Dos Santos. Image : Nastasha Braier. Montage : Veronica Llinas, Hector Diaz & Alexis Dos Santos.

Durée : 110 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :

Deux garçons, Lucas et Nacho, une fille, Andréa, l’adolescence, une petite ville perdue en Patagonie, l’été, la chaleur, la lumière, le vent, le désœuvrement...



Nous découvrons tout cela avec Lucas (Nahuel Pérez Biscayart), quinze ans, qui a des parents qui ne cessent de se séparer mais surtout que ses hormones travaillent grandement et puis l’attirance, l’envie d’expérimentation, le désir ! Lucas, en même temps que le spectateur, s'aperçoit qu'il préfère Nacho (Nahuel Viale) à Andréa... Une chronique adolescente au milieu de nulle part, jusqu'au bout de l'ennui...



L'avis de Bernard Alapetite :

On comprend très vite que le cinéaste, qui a passé sa jeunesse dans ce trou du cul du monde où il a situé son film, s'est donné pour mission de filmer l'ennui (d'ailleurs en espagnol le titre est complété par le sous-titre suivant : « Une adolescence au milieu de nulle part »).



On peut d'ailleurs soupçonner son film d'être en partie autobiographique. Ce que le cinéaste confirme plus ou moins dans une interview dans un journal américain : « Je voulais faire un film sur les adolescents de la façon dont j'ai vécu cet âge. Un film très proche de l'émotion, de la confusion, de l'ébullition des hormones et de la réflexion sur l'évolution de votre corps au jour le jour à cet âge. J'aime les films d'adolescents en général, mais je n'en ai jamais vu un qui montrait ce qu'était la vie pour moi à cette période. Alors, j'ai essayé de le faire moi-même... »



Mais il n'y a rien de plus difficile que de filmer la vacuité de ces adolescents qui ne pensent qu'au cul, ont un langage des plus sommaires et des conversations, si l’on peut qualifier ainsi leurs échanges de borborygmes, particulièrement oiseuses. Néanmoins Alexis Dos Santos a un atout maître dans sa manche : le jeune Nahuel Perez Biscayart qui, outre qu'il est un acteur remarquable, est d'un homoérotisme à damner un Saint. En plus, le cinéaste (qui est aussi le scénariste) a pris soin de faire que son scénario, hormis les dix dernières minutes du film complètement hors sujet, soit un catalogue de situations certes pas inédites mais particulièrement justes. Sans oublier la nature, car si le pays est assez peu excitant pour un adolescent que son désir d'assouvissement sexuel dévaste, elle peut offrir l'occasion de plans magnifiques. Donc tout pour faire un film à la fois contemplatif juste et érotique.



Et bien non ! Patatras ! Glue est un sommet d'ennui cinématographique, une punition pour les yeux et un grand pourvoyeur de migraine. Je crois qu'il est le film le plus mal filmé que je connaisse, et je me suis tout de même infusé au fil des ans de sévères daubes. Le chef opérateur n'est jamais fichu de faire le point. L'image oscille entre le carrément flou et le pas très net. Il faut ajouter à cela une caméra tremblotante et quelques fois comme saisie d'une crise d'épilepsie. Sans oublier une absence totale d'éclairage d'appoint. On ne le répètera jamais assez : « Non ! Une lampe de chevet ne suffit pas à éclairer une scène de lit ! » Cela ne fait pas reportage, seulement une image marronnasse et moche.



Pour parfaire la catastrophe le montage est fait à la hache ; dans une même scène les images peuvent être entrecoupées de noir ! C'est si mal filmé que je soupçonne fortement de l'avoir fait exprès pour faire « arty ». Deux observations m'ont amené à ce sentiment : d'abord les scènes coupées figurant sur le DVD qui sont paradoxalement plutôt mieux filmées que le reste et un très beau plan vers le milieu du film où Lucas et Nacho s'époussettent mutuellement sur un fond de ciel dans lequel s'est perdu un nuage.



Nous n’avons peut-être pas affaire à de l'incompétence (je n'ai pas vu les autres films de ce cinéaste) mais au snobisme branché de l'image crade.

Je suppute que le film a été tourné tantôt en 35 mm, tantôt en super 8, tantôt en DV, mais on ne voit pas ce qui a présidé qu'une scène soit tournée par un moyen ou un autre.



Néanmoins le cinéaste utilise des procédés cinématographiques d'une rare bêtise, par exemple lorsque Lucas et Nacho chahutent, il agite encore plus qu'à l'habitude sa caméra, si bien que parfois les deux garçons sortent du cadre ! Ou encore lorsque Lucas a sniffé de la colle (« Glue » du titre mais sans doute aussi que les personnages sont englués dans cet endroit d'où ils ne peuvent sortir) l'image devient floue, enfin encore plus floue !



Il ne se passe absolument rien durant la première demi-heure sinon une scène réjouissante, mais qui est en marge du film, dans laquelle la mère de Lucas administre une sévère branlée à une jeune femme qu'elle accuse d'avoir couché avec son mari. En dehors de cela, le cinéaste se contente de suivre mollement l'errance de Lucas. On pourrait penser que l'on va au moins en prendre plein les yeux de cet adolescent torride (surtout qu'une de ses principales occupations est la masturbation) et bien raté, car si Alexis Dos Santos est visiblement amoureux de son acteur, on le comprend, il n'est pas du tout partageur et on ne verra que le torse du joli Lucas et encore bien mal filmé. Notre réalisateur semble coincé et on en aura la confirmation plus avant dans le film dans la scène de sexe à trois encore plus mal filmée que celle dans Douche froide, ce qui était pourtant difficile à faire !



Si les situations dans lesquelles évoluent les trois adolescents sont justes, Alexis Dos Santos n'est parvenu qu'à développer un seul de ses personnages, Lucas. On ne sait rien de Nacho, quant à Andréa, elle parait introduite artificiellement dans le film.

Nahuel Perez Biscayart est remarquable, comme toute la distribution, mais ce garçon d'une extraordinaire sensualité n'avait pas quinze ans lors du tournage mais 20 puisqu'il est né en 1986. Glue n'était pas sa première expérience et depuis il a continué à jouer. Il est indéniable qu'à défaut d'être un bon cinéaste, Alexis Dos Santos est un excellent directeur d'acteurs.



Glue est le premier long métrage de Alexis Dos Santos. Auparavant il avait tourné plusieurs courts-métrages. Après avoir suivi des études d'architecture dans son pays, il a fait ses études de cinéma à Londres. Depuis Glue, il a tourné un second long métrage Lit défait qui se déroule à Londres.



La BO, très rock, est signée des The Violent Femmes.

Rarement les images de plateaux auront été aussi trompeuses, ne vous fiez pas à elles, Glue est un redoutable pensum. Il ne reste plus qu’à guetter les apparitions dans d’autres films du formidable acteur qu'est Nahuel Perez Biscayart.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Vendredi 1 mai 5 01 /05 /Mai 00:02
autorise la diffusion sur Les Toiles Roses de :


Les Toiles Roses remercient PowerPodcast.fr, pour son autorisation et les moyens mis à notre disposition pour diffuser sur votre blog préféré tous les podcasts de Gaypodcast.
Par Gaypodcast - Publié dans : WEBSERIE : GAYPODCAST.FR
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 30 avril 4 30 /04 /Avr 00:07



LIRE AU LIT,
LE MATIN, AU RÉVEIL

 

Un billet d'humeur d'Isabelle B. Price, d'Univers-L
 

(c) D. R.


Traîner au lit n’est pas dans mes habitudes. Pour plein de raisons dont j’ai conscience, de nombreuses autres que j’ignore et certainement aussi à cause ou grâce à mon éducation. J’ai appris très jeune que l’on pouvait faire énormément de choses le matin et j’ai toujours gardé cela en mémoire.

Quand on était petits, mon père nous réveillait tôt le matin, avec mes frères, pendant les week-ends. On ne devait pas rester au lit après 10h. À l’adolescence, c’est super désagréable quand vous vous rebellez contre tout et que votre souhait le plus cher est de vous coucher à minuit et de vous lever à midi. Je crois que jamais personne ne comprendra l’importance pour les enfants d’avoir des parents qui travaillent le matin pendant les week-ends. Ils ont une paix royale sans parents, la liberté assurée.

Bref, mon père nous réveillait donc tôt quand nous étions petits et comme j’étais l’aînée, j’ai servi de test. Moi je me levais tôt en tout cas. En vieillissant, il a changé d’idée. Il n’a jamais sorti Titou du lit, mon père. Du coup, Titou, vous pouvez attendre avant qu’il décolle. Il n’est jamais debout avant 10h30-11h00 les week-ends. Mais moi, aussi marrant que cela paraisse et certainement aussi à cause de mes horaires et de mon métier, les week-ends, je peux aussi bien être levée à 7h qu’à 9h sans la moindre difficulté. 9h étant pour moi une grasse matinée.

Bref, à 9h vous avez toute la journée quand vous vous levez. Bien sûr, ensuite, il vous suffit de traîner, c’est le week-end après tout. Un petit déjeuner en paix, comme Stéphane Eicher l’a si bien décrit, une douche et en avant pour un week-end de travail…

Il y a une autre option, une option détente et farniente. Une option que je mets plus facilement en pratique quand je suis réveillée à 7h du matin parce que je sais que cela donnera le même résultat que si je m’étais levée à 9h. Et cette option, c’est de lire au lit.

Lire au lit, le matin, juste après s’être réveillé, c’est assez magique.

Lire au lit, le matin, c’est s’étirer en douceur sous sa couette en jetant un regard ensommeillé au radio-réveil parce qu’un rayon de lumière a osé pointer son nez entre les interstices des rideaux. C’est être ébloui par les chiffres verts de ce foutu appareil comme par ce rayon de soleil et c’est réaliser, quand votre regard commence à s’accommoder à la lumière, qu’il est tôt, qu’il est très tôt.

Lire au lit, le matin, c’est se retourner sur son matelas en replongeant la tête dans le traversin et en retirant la couette sur son visage pour cacher le soleil. C’est prendre le temps de bâiller et de s’étirer en se frottant les yeux. C’est essayer de se rendormir tout en sachant qu’on a eu son compte d’heures de sommeil. C’est donc se réveiller en douceur, calmement, tranquillement, parce qu’on sait que rien ne nous presse.

Lire au lit, le matin, c’est s’emparer du bouquin que vous avez commencé, un jour, une semaine, ou un mois plus tôt et qui est posé à côté du radio-réveil. C’est faire un faux mouvement et prendre le réveil parce qu’il est encore trop tôt pour ouvrir complètement les yeux. Puis c’est le reposer et tâtonner pour trouver le livre. C’est coller le livre sous la couette à côté de vous pendant quelques minutes, le temps de vous convaincre que oui, vous pouvez affronter le froid de votre chambre pour allumer la lumière.

Lire au lit, le matin, c’est prendre une grande inspiration pour ne pas perdre toute la chaleur qu’on a soigneusement accumulée au cours de la nuit et se lever en courant pour atteindre l’interrupteur, tout en se maudissant de ne pas avoir avancé plus dans les travaux. Parce que si on avait avancé plus dans les travaux, l’interrupteur serait juste à côté de la table de nuit. C’est ensuite se précipiter de nouveau sous la couette en soufflant comme si on venait de courir un 100 mètres en moins de 10 secondes. C’est écrabouiller le bouquin qu’on avait mis au chaud, avec nous, comme s’il était vivant. C’est se recroqueviller en tirant la couette sous son cou pour retrouver un peu de cette volupté qu’on vient d’abandonner.

Lire au lit, le matin, c’est refermer les yeux alors que la lumière vous arrive en plein visage. C’est se recacher sous la couette jusqu’à ce qu’on s’habitue au fait que oui, on est réveillé, parfaitement réveillé. C’est reculer la couette petit à petit pour s’habituer à la clarté jusqu’à ce qu’on soit capable de garder les yeux ouverts suffisamment longtemps pour lire. C’est s’emparer du livre qui est gentiment resté à nos côtés et retrouver le marque-page.

Lire au lit, le matin, c’est commencer sa lecture sur le côté gauche, puis au bout de dix minutes se tourner sur le côté droit, avant de revenir sur le dos en pliant le traversin en deux. C’est recommencer le même manège pendant un moment parce que c’est super difficile de trouver une position confortable pour lire, dans son lit.

Lire au lit, le matin, c’est quitter volontairement la réalité pour intégrer le monde imaginaire de quelqu’un d’autre. C’est se laisser emporter par une histoire, par des personnages. C’est oublier l’heure, le temps, les obligations, la vie, les devoirs. C’est voyager sans bouger, c’est se perdre sans prendre de risque, c’est aimer sans connaître…

Lire au lit, le matin, au réveil, c’est profiter de cet instant rare, ce petit moment où les rêves se sont terminés mais où la réalité ne s’est pas encore imposée à nous. C’est modifier l’écoulement du temps, sa vitesse et son impact sur nous. C’est s’évader l’espace de quelques minutes dans un autre univers…

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé mais moi je sais qu’à chaque fois, je me lève ensuite avec le sentiment étrange d’être en vacances. Ou mieux, avec le sentiment étrange de maîtriser le temps…

Bonne lecture à vous.

Isabelle B. Price (29 Mars 2009)

Par Isabelle B. Price - Publié dans : ET LES FILLES, ALORS ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 30 avril 4 30 /04 /Avr 00:06

« L'amour c’est l'amour ! Les gens devraient pouvoir faire tout ce qui les rend heureux. J'ai beaucoup d'amis gays et lesbiennes et j’aimerais beaucoup les voir se marier... Je vais faire tout ce qu'il faut pour que cela puisse se produire un jour. La discrimination n'a pas sa place en Amérique » Britney Spears, mars 2009.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 30 avril 4 30 /04 /Avr 00:03

« Je serais ravi de pouvoir avouer librement que je ne suis pas gay, car je ne le suis pas, mais nier que je le suis équivaudrait à dire qu'il y a quelque chose de honteux à l'être, et ce n'est absolument pas le cas. Les questions concernant la sexualité sont bien plus récurrentes aux États-Unis qu'ailleurs, car ça touche à un réel complexe qui définit ce que les gens peuvent penser d'eux-mêmes et des autres. On en parle beaucoup moins en Australie. » Hugh Jackman, acteur australien, marié depuis 13 ans, suite à des rumeurs récurrentes.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 30 avril 4 30 /04 /Avr 00:01
autorise la diffusion sur Les Toiles Roses de :


Les Toiles Roses remercient PowerPodcast.fr, pour son autorisation et les moyens mis à notre disposition pour diffuser sur votre blog préféré tous les podcasts de Gaypodcast.
Par Gaypodcast - Publié dans : WEBSERIE : GAYPODCAST.FR
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Texte Libre

Commentaires

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés