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Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

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Daniel Hall


secondé par :

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L'équipe des "piliers" en exclusivité
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et
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Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
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Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

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Un grand merci à Francis Moury,
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et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

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Dimanche 17 janvier 7 17 /01 /Jan 08:01
  
Visuel : (c) GayClic

Un résumé en vidéo (blogué par nos amis de GayClic) de l'histoire de Fred (le personnage gay de la série) dans les épisodes 25 et 26 de la saison 2 de la série espagnole « Physique ou Chimie » (Física o Química) diffusée en France sur la chaîne NRJ 12.
[© D. R.]



Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEBSERIE : PHYSIQUE OU CHIMIE
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Samedi 16 janvier 6 16 /01 /Jan 17:56

Deux homosexuels s'ennuient au lit et décident de s'amuser à faire des petits jeux. L'un des deux fait le tour du trou du cul de l'autre avec un stylo feutre. L'autre jouit et hurle :

« C'est bon, oh oui c’est bon, ça y est ! Je pars ! Je pars ! »

Le premier lui enfonce alors totalement le stylo dans le cul et lui ordonne :

« Quand tu seras parti, n'oublie pas de m'écrire ! »


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Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Samedi 16 janvier 6 16 /01 /Jan 17:32
http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 16 janvier 6 16 /01 /Jan 17:29
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Les vidéos sont (c)
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Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 15 janvier 5 15 /01 /Jan 11:53

Fialaixlogo.png

 

 

fialaix

 

Laurent Fialaix

 

 


Laurent Fialaix, ne sachant pas mentir, avoue volontiers être né juste avant l’invention du MP3, des téléphones portables, de l’internet, des lecteurs DVD, de la téléréalité et de la livraison de pizzas à domicile. Ses premières années, il les passa donc à attendre que quelqu’un veuille bien inventer tout ça. Et ça lui a paru long, très très long…
Depuis ? Devenu journaliste, entre autres occupations il lit, écoute des disques, voit des films avant tout le monde… ce qui lui permet de frimer un peu de temps en temps (mais toujours raisonnablement !). Il rencontre aussi des people. Des stars vieilles ou jeunes, vraies ou fausses, en devenir ou déjà oubliées… Et il arrive même que ça le fasse rire ou que ça l’émeuve !
Par ailleurs, auteur, il a publié un premier livre, entre roman et récit : Nos Bonheurs fragiles (éd. Léo Scheer) sorti à la rentrée 2009. D’ailleurs, il se pourrait bien qu’à l’époque, Les Toiles Roses vous en aient parlé…

 

01.

« À tort ou à travers », première !

 

J’espère que le big boss de cet honorable blog ne m’en voudra pas trop : j’ai mis du temps à répondre à son invitation. Ce n’est pas que je me faisais désirer. Au contraire… Se voir offrir une tribune libre, avouez que ça donne plutôt envie de sauter sur l’occasion ! Seulement voilà, mon cerveau était happé ailleurs. Dans d’impossibles calculs. Avant d’être capable d’aimer, de détester, de m’emporter, et donc d’écrire quelques lignes supposément pertinentes, il me fallait attendre que les fêtes de fin d’année veuillent bien nous « lâcher la grappe ». Désolé, mais je n’ai jamais su faire semblant. Dans ces moments-là, je me mets entre parenthèses ; j’attends que ça passe. Le temps aidant, maintenant que tout est fini et que plus rien (ou à peu près) ne m’empêche, alors la vie peut enfin reprendre. Et me voici donc, d’un coup de post magique, transformé en contributeur des Toiles Roses. Pour tout vous dire, je n’en suis pas peu fier…

Mais revenons à nos moutons, voulez-vous ?

C’est ici donc, confortablement hébergé par Les Toiles Roses, que je viendrai régulièrement évoquer « à tort et à travers » mes coups de cœur, mes coups de gueule, mes belles surprises et mes grandes déceptions. Il sera question de livres, de musique, de films, de télé, de faits d’actu, que sais-je encore ?… En vérité, vous donner un sommaire même vague ne sert à rien puisque tout ceci ne sera jamais que prétexte. Derrière chaque page, chaque note, chaque image ou chaque fait d’actualité, se cache toujours un homme ou une femme, donc une rencontre potentielle. Justement, c’est pour cela qu’on vit, non ? Pour aller au-devant de l’autre ou se laisser surprendre par un(e) plus rapide que nous. Pour se laisser émouvoir, toucher, irriter, bousculer, déranger.

Le hasard faisant bien les choses, il ne sera donc question que de cela ici. De rencontres, réelles ou fictives, fantasmées ou sacrément vécues. De déclarations d’amour ou de colère, de désirs ou de dégoût. Surtout il s’agira d’immense impatience à vous convaincre ! Et de subjectivité, forcément.

 

fialaixlivre


Pour cette première, je serai bref. Lorsque j’ai sorti mon premier « roman » à la rentrée de septembre, je m’attendais certes à quelques réactions, mais j’étais loin d’imaginer l’ampleur des messages reçus : des dizaines et des dizaines de mails, des courriers, quelques appels et sms aussi. Je n’oublierai pas la beauté des témoignages que je continue de recevoir, encore moins la confiance si précieuse qui m’est faite lorsqu’on me confie petits ou grands secrets. Depuis fin août, j’ai entendu (et écouté j’espère) des coming out, des solitudes, des culpabilités, des doutes oppressants, des peurs, quelques regrets, des douleurs terribles et (heureusement !) d’autres plus légères. Des bonheurs tangibles également, des amours naissantes, d’autres qu’on ne saurait même plus dater et sur lesquelles planent l’habitude et les questions qui l’accompagnent. Autant de tranches de vie que – m’a-t-on souvent assuré – même les proches ignorent.

Je ne pouvais pas entamer ma collaboration à ce blog sous-titré « De l’art de faire évoluer les mentalités » sans remercier tous ceux (gays, lesbiennes, bi, hétéros, gay-friendly ou pas forcément) qui me parlent, et parfois se racontent. Ils s’appellent Michel, Fanny, Anne, Jérémy, Marc, Vincent, Norah ou Isabelle, pour ne citer qu’eux… Je ne les connais pas, mais – en quelques mots, et en profondeur – ils ont changé ma vie. S’ils passent par là, il faut leur dire qu’ils ont raison : malgré les apparences parfois confortables, il reste encore du chemin avant l’acceptation et les regards qui ne jugent jamais. En attendant, pour s’alléger, pour se sentir compris, faut-il encore parler et se laisser entendre : le chemin est tellement moins difficile, ensuite ! Puissent tous ceux-là un jour avoir la chance d’y parvenir d’une manière ou d’une autre. C’est tout le bien que je leur souhaite…

Enfin, je ne pouvais pas davantage commencer ici sans me souvenir aussi que tout a commencé le 26 août 2009 par un article signé Philippe Besson dans Têtu, et par un post signé Vincy Thomas sur Les Toiles Roses. Il m’était impossible de ne pas les remercier encore de l’émotion indescriptible qu’ils m’ont offerte ce jour-là, et pour longtemps.

Maintenant que toutes ces choses sont dites, c’est parti… « à tort ou à travers » !

 

Laurent Fialaix (11 janvier 2010)

Par Laurent Fialaix - Publié dans : À TORT OU À TRAVERS
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Vendredi 15 janvier 5 15 /01 /Jan 10:58



Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

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Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth, éditions 10/18, 2009, 284 p., 7 €.

Oscar Wilde et le jeu de la mort, Gyles Brandreth, éditions 10/18, 2009, 460 p., 13,50 €.

Oscar Wilde appartient à « notre » histoire, ou plutôt à notre mythologie. Que savons-nous réellement de lui ? Nous avons l'image d'un auteur condamné pour ses relations avec le fils d'un noble, mort en exil à Paris. Son visage de jeune homme ou sa tombe monumentale du Père Lachaise sont quelque part dans notre mémoire visuelle. Que nous l'ayons lu ou vu représenter sur scène, Oscar Wilde est très flou : peut-être avons-nous plus d'idées précises de Dorian Gray que de son auteur !

Un écrivain anglais vient nous apporter un angle de vision totalement nouveau. À travers des enquêtes policières (trois dont deux traduites en français), il fait vivre Wilde à l'époque de son succès, entouré de ses amis dont Sir Arthur Conan Doyle et Robert Sherard, le narrateur.

Dans des romans policiers d'un style assez proche de Sherlock Holmes, on côtoie donc un homme marié et père de deux enfants, très amoureux de son épouse Constance. Il fréquente aussi de jeunes gens... sur lesquels le narrateur ne fait que des commentaires très étudiés : il connaît la vie privée de son ami et ne la juge jamais, en bon gentleman victorien.

Dans le deuxième tome, il fréquente même un autre gay célèbre, Christopher Bram, Le Père de Frankestein (1) avant son départ pour les États-Unis.

Il n'est jamais intéressant de commenter en détail des intrigues policières. Celles-ci sont très bien construites avec un Wilde dans sa vie quotidienne comme enquêteur, son esprit, son humour et ce que l'on devine du côté caché à peine dévoilé. En commençant par les chandelles, on pourra faire connaissance avec celui des deux romans où le rôle d'une homosexualité refoulée est assez important, mais je n'en dirai pas plus... Inutile de s'attendre à de grandes effusions viriles... même avec John Gray (2) ou Bosie, le flegme britannique reste l'atout majeur de ce narrateur érudit à qui on a souvent envie de dire : « Lâche-toi un peu, Robert, tu nous as dit que tu n'étais pas son amant, alors... »

Il n'empêche : le Père Docu est fier d'avoir déniché ça pour vous (lecture d'été ?) et bravo aux éditions 10/18 pour ce beau travail !

Lecteurs anglophones, attention ! N'achetez pas Oscar Wilde and a Death of No Importance ET Oscar Wilde and the Candlelight Murders, car il s'agit en fait du même livre avec deux titres différents, le premier aux USA et le second au Royaume-Uni !

 

(1) http://www.lestoilesroses.net/article-30995870.html

(2) Personnage souvent évoqué par Patrick Cardon dans son étude Discours littéraires et scientifiques fin-de-siècle (http://www.lestoilesroses.net/article-29701813.html).

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site (en anglais) de ces aventures :

http://www.oscarwildemurdermysteries.com/

Une promenade avec l'auteur dans les lieux où se rendait Oscar Wilde : autopromotion intelligente !

http://www.youtube.com/watch?v=UfY7PotyrKM

Télécharger gratuitement le premier chapitre d'Oscar Wilde et le jeu de la mort

http://www.10-18.fr/grands-detectives-fiche-livre-9782264046505.html

Télécharger gratuitement le premier chapitre d'Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

http://www.10-18.fr/grands-detectives-fiche-livre-9782264046499.html

Oscar Wilde :

Sur Les Toiles Roses : http://www.lestoilesroses.net/article-5363372.html

Sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde

On découvrira Wilde (et Bosie...) sous un angle tragiquement différent avec le livre et la pièce De Profundis : http://www.lestoilesroses.net/article-33923169.html

 

shabazz

Jack & Ellis, Shabbaz, H&O, 2009, 280 p. 14,5 x 22 cm, 17 €

États-Unis d'Amérique, 1970.

Jack Terrenoire. Trente-trois ans. Musique aléatoire mais choc prévu, programmé, inévitable.

Bi… Bisexuel... en attendant l'exclusivité dans les bras d'Ellis. Jacques est bipolaire, maniaco-dépressif : dépression et euphorie, enfer et... purgatoire. Lecteur de Genet, Navarre, Proust, Baldwin, Crevel…

Ellis. Barebacker de Cody, Wyoming. Trente ans. Un vrai dur à cuire qui monte à cru dans des compétitions de rodéo. Vous avez pensé qu'il se faisait enculer sans capote ? Pas son genre. Le vrai cowboy, blond, ténébreux, taciturne. Hétéro ? Connaît-il ce mot ?

L'intello français a divorcé et laissé sa petite Euryale à Mondeva, sa mère. Compositeur de musique électroacoustique, il a débarqué à JFK à la recherche d'une vérité. De sa vérité : une envie de corps d'homme, de bite, de foutre. Destination : le Wyoming : Ploucland où fut assassiné Matthew Shepard. (1). Ellis tire un coup à droite à gauche, Cassie l'infirmière, sa régulière, Janice, Alicia... pas de misère sexuelle mais pas loin de la misère tout court.

Source intarissable d'images, le film d'Ang Lee (2). Mémoire visuelle excitée par le cliché de couverture, nourrie tout au long du road-movie de Shabazz. Wanted : Bareback Mountain, pas celle des pornos qui ont sauté de bric et de Broke pour rebondir, peu ou Proulx (3), sur le thème des cowboys pédés. Une ferme au bord d'un lac, un lieu où vivre à deux. Deux mecs, Into The Wild. Animaux, nature, sexe et amour, un petit ranch d'enculés dans la sauvage prairie.

Ces deux-là vont en voir avant de...

Inutile et vain de vouloir résumer Shabazz, dangereux de singer un style si personnel qui ne doit effrayer personne. Je ne connais rien à la musique de Stockhausen qui rythme les soubresauts du périple de Jack. Il m'a embarqué sur ses divers pick-up (véhicules et musicaux) et j'ai même fait du rodéo avec Ellis. Si j'ai pour cela enfilé la chemise d'Ennis del Mar, c'est dans une aventure totalement différente que j'ai plongé. Dans un contexte d'homophobie à la violence difficilement conceptualisable avant la lecture de ce livre.

Un roman d'amour et d'Amérique. De musiques en tous genres. Violent et pénétrant, oui, comme vous le pensez, là où vous le pensez. Du cœur et du cul, de la merde et du whisky. Un idéal absolu : pas de bons sentiments, mais des brutes et des truands. Un style à la mesure des horizons parcourus, des rêves frôlés, des viols et des bastonnades vécus. Une aventure et un auteur dont on retiendra le nom : Shabazz, avec deux z.

 

(1) À la mémoire de qui le livre est dédié :

Matthew Shepard : http://www.matthewshepard.fr/texte.htm

Une loi américaine de juillet 2009 inspirée de son « cas »:

http://www.gayclic.com/articles/le_senat_americain_approuve_le_projet_de_loi_dit_matthew_shepard_act_.html

(2) Le film : http://www.lestoilesroses.net/article-1699378.html

(3) Le livre : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/11087

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l'éditeur :

http://www.ho-editions.com/caddie/description.php?II=203&UID=2009071811153690.10.237.143

Le blog d'Euryale : http://blog.euryale.info/post/2009/05/05/Jack-Ellis-SHABAZZ

Bande son... juste pour accompagner la lecture de certains passages : inutile avant d'entrer dans l'histoire, et pas indispensable pendant ni après, elle est destinée à ceux dont Jack & Ellis auront excité la curiosité musicale

Xenakis (p.18) :

http://www.youtube.com/watch?v=9QQFnnpbA9Q

http://www.youtube.com/watch?v=gRLv2gQ_OeM

Franck Sinatra :

(p.18) http://www.youtube.com/watch?v=3RZK7Nw1QE4

(p.66) http://www.youtube.com/watch?v=vhO3NynS9FI

(p.212) http://www.youtube.com/watch?v=OrVnphtSOBU

(p.212) musique de A man alone http://www-v3.deezer.com/listen-89236

(p.212) http://www.youtube.com/watch?v=N0xiex71yxc

Someday, my prince ... http://www.youtube.com/watch?v=57HnHX-BlRg

Stockhausen :

http://www.youtube.com/watch?v=ofQshGGafYA

 

coeurdepierre

Le Cœur de Pierre, Christophe Lucquin, Montréal, Éditions PopFiction, collection Homonyme, 2009, 109 p., 12,7 x 20 cm, 12 €.

Pierre est un jeune homme de vingt-sept ans. Comme son créateur, il a bourlingué : la Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Niort, Paris, Madrid… Buenos Aires.

Ses amours sont difficiles et il ne nous cache rien de ce qui l’excite dans les corps de ses amants ni de ce qui l’attire ou lui fait peur dans la profondeur ou la superficialité de ses liaisons. Christophe Lucquin nous fait partager les émotions, souvent contradictoires, de Pierre.

Comme le suggère la photo de couverture, c’est au gré de pages d’écriture que ce cœur sera emporté au fil des rencontres. Comme un galet poli par les vagues, il va heurter son identité, sa culture, son éducation aux chocs de la vie. Amours, jalousie, rivalités, dans un univers gay où les corps, leurs frottements et jouissances variées ont des codes que Pierre analyse assez lucidement sans pour autant en tirer de solutions.

Ce premier roman utilise des styles variés, autobiographique, épistolaire des courriels, théâtral pour résumer la vie, cinématographique de certains dialogues. Le Cœur de Pierre est un bon essai romanesque sur la précarité du couple gay aux débuts du XXIe siècle.

Note : ce livre est le premier d’une nouvelle collection éditée au Québec, qui a déjà programmé deux autres titres d’auteurs français. Un bon moyen de renforcer les liens franco-québécois ? En attendant il est distribué à un prix français « habituel » (12 €) dans nos librairies réelles ou virtuelles habituelles.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l’éditeur :

http://editionspopfiction.com/francais/index.html

La collection « Homonyme » :

http://editionspopfiction.com/francais/Collection-HOMONYME.html

 

eudeline

Rue des martyrs, Patrick Eudeline, Grasset, 2009, 312 p., 18,50 €.

Un duo de mecs : Jérôme et Chouraqui. Une rencontre des sixties au Drugstore Saint-Germain : Jérôme a la rock attitude et veut devenir une star. Chouraqui est son producteur. Gudule entre les deux, paumée, shootée, amoureuse de Jérôme mais sensible jusqu'au bout aux étreintes féminines.

Et les échecs qui se suivent et se ressemblent, en 45 tours puis sur scène... jusqu'à une disparition complète, que Chouraqui ne peut admettre.

Patrick Eudeline compose la mélodie du temps qui passe, qui assassine et qui détruit, qui ressuscite pour mieux emporter. Les modes vestimentaires et les styles musicaux de la planète Paname. Les succès fugaces, les espoirs plus cruels que les déceptions.

Un voyage depuis les années soixante au fil des microsillons, des cassettes audio puis de l'arrivée de ce lien qui à partir de la page 223 donne à l'histoire un tour sur lequel nous nous sommes rencontrés, celui du réseau mondial de l'internet.

Le rock est le fil conducteur de ce récit : mode de contestation puis langage universel avant de devenir « niche commerciale » au milieu du village-monde où il a cessé d'être une référence pour la jeunesse.

Jeunesse qui se veut insouciante sous les codes vestimentaires qui détonnent, bref passage sur le devant de scènes médiatiques cruelles, combat pour la survie, pour la vie : Eudeline devrait par son style et son sujet capter un auditoire très large à qui il apportera une vision décalée et d'accès facile à un univers qui a laissé dans nos oreilles et dans nos têtes de nombreuses traces mélodiques.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Interview de Patrick Eudeline :

http://www.menstyle.fr/culture/livres_photos/videos/090610-rencontre-avec-eudeline.aspx

Ses sources d'inspiration pour ce roman :

Non citée :

Alain Kan : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Kan

Citées en fin de livre :

José Salcy : http://www.retrojeunesse60.com/jose.salcy.html

Jacques Filh : http://www.bide-et-musique.com/song/11986.html

Critique de Rue des Martyrs par Les Obsédés Textuels :

http://www.lesobsedestextuels.com/index.php?post/2009/07/14/Rue-des-Martyrs-de-Patrick-Eudeline

 

sedaris

Je suis très à cheval sur les principes, David Sedaris, Éditions de l'Olivier, 2009, 292 p., 20 €.

David Sedaris pratique l'art du changement de monture. Quel que soit le manège, c'est toujours un « haras qui rit » devant l'inanité de ses gesticulations.

Voici un homme riche et reconnu qui promène un regard décentré plus qu'excentrique sur le monde de ce début de XXIe siècle. Son mari, Hugh, est homosexuel. Américain possédant une résidence secondaire en Normandie, il décide d'aller s'installer à Tokyo où il va, entre autres japonaiseries, s'inscrire dans une école de langues. Élève piteux, ses tentatives d'approche du monde japonais s'accompagneront de moments de désespoir d'une certaine drôlerie.

Voici un livre inclassable avec ses moments d'humour partagé et d'autres qui plongent le lecteur dans des abîmes de perplexité.

S'habiller ainsi « fait vraiment pédé ».

En France, on n'annonce jamais les coupures d'eau et on fait une utilisation vraiment excessive du mot « merde ».

Se lever pour aller faire pipi est vraiment très ennuyeux et il vaut mieux pour éviter cela se munir du dispositif réservé aux routiers pressés, aux incontinents et autres supporters sportifs impénitents, quitte à s'embrouiller un peu avec le préservatif adhésif, les tuyaux et le réservoir de ce Copain du Stade.

Les couples ont des conventions étranges et variables sur des thèmes tels que la couleur du papier peint, la monogamie, les sauces, les partenaires avec qui on peut coucher soit une seule fois, soit seulement à l'extérieur...

Curieux texte qui risque d'ennuyer les amis à qui vous le conseillerez en toute bonne foi et de passionner ceux à qui vous direz : « Je ne pense pas que tu aimeras ce livre ».

Loufoque et profond. Lucide et déjanté.

Drôle de drame. Bizarre : vous avez dit bizarre ?

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Pour les anglophones :

Biographie Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Sedaris

Lecture du chapitre sur son Copain du Stade :

http://www.youtube.com/watch?v=YBdymtyXt8Y

Présentation de la version originale de ce livre :

http://en.wikipedia.org/wiki/When_You_Are_Engulfed_in_Flames


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.



TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Vendredi 15 janvier 5 15 /01 /Jan 10:46
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Jeudi 14 janvier 4 14 /01 /Jan 11:30


de  Nico Bally

 

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DU BON USAGE DU PIEU DANS LES

CAS DE POSSESSION VAMPIRIQUE

 

Nico Bally a publié une multitude d'histoires étranges sur divers supports, du webzine à l'anthologie, en passant par le livre photo-musical.

Après avoir sillonné les villes les plus exotiques et palpitantes du globe (Dunkerque, Manchester), il vit aujourd'hui à Lille où il fête tous les jours son non-anniversaire (trente ans tout rond) avec un lapin gay, une chatte blanche déguisée en chatte noire, et la fée Clochette.

En marge de l'écriture, il travaille comme contrôleur de contenu pour Recisio Music malgré de longues études en sciences, informatique et philosophie. Il respecte les lois du TATBAR (Touche À Tout, Bon À Rien) en s'adonnant à la photographie naïve, la musique noise-ambiant expérimentale, les courts-métrages DIY, l'auto-pornographie, le rot tonal et la peinture sur vélo.

Pour Les Toiles Roses, il élargit ses univers fantastiques-oniriques en développant les thèmes LGBT qu'il avait trop souvent mis de côté.

 

 

Le dix-neuvième siècle se terminait enfin. Ce soi-disant siècle de révolutions, qui n'avait apporté que guerres et décadence. Seule la musique en ressortait grandie.

Loin de mes chers Pays-Bas, je foulais les pavés d'un Paris dont on m'avait vanté – à tort ! – les mérites. La capitale était au centre de tous les tourments, les rues puaient, le peuple grimaçait. Une ville qui ne dort pas ne pouvait en aucun cas me sembler accueillante, moi qui cherchais justement la paix et le repos.

Paradoxalement, c'est un quartier appelé « Le Marais » qui m'offrit le lit le plus douillet. J'y trouvai une petite auberge dont le tenancier, Pascal, me parut rapidement sympathique. Le coffre large d'un bûcheron, le visage souriant et carré, les yeux clairs, il évoquait un ancien dieu bénéfique.

« Êtes-vous un Professeur ? me demanda-t-il.

— Hé bien oui. Un Docteur. Pour être plus précis : en médecine, philosophie, Histoire, etc. »

Ma tête mi-chauve et mes petites lunettes ne trompaient personne.

« Mais je suis plus jeune que je n'y parais, précisai-je. C'est le deuil qui m'a vieilli d'un coup. Ma pauvre femme.

— Mes condoléances. La maladie l'aura emportée ?

— Les vampires ! »

Pascal cessa d'astiquer ses verres pour me lancer un regard surpris.

« Que dites-vous ?

— Les vampires ! Les succubes, les horreurs de la nuit ! Elles sont partout, savez-vous ? Chaque femme est potentiellement infectée, ça se glisse, ça s'immisce. Mon Dieu ! Ma défunte épouse, si vous l'aviez vue, vidée de son sang ! Je remercie le ciel que ces monstres l'aient tuée plutôt que d'en faire l'une des leurs... »

Pascal m'écouta d'une oreille attentive. Me réconfortant et me comprenant. Alors qu'il m'avait été impossible d'être compris à l'université ou ailleurs, alors que tous les hommes d'esprit m'avaient repoussé en ricanant, un homme simple m'acceptait.

« Je vais vous dire, m'avoua-t-il. On se tient aussi à l'écart des femmes, par ici.

— Oh, attention, je ne dis pas qu'elles sont toutes mauvaises ! Ma défunte épouse est une preuve de leur pureté potentielle. Mais je ne peux m'empêcher de me méfier. Chacune d'elle est peut-être l'une de ces suceuses aux dents aiguisées... »

Je commandai un repas et une chambre, demandant si la sécurité était bien assurée dans la taverne.

« Nous ne nous plaignons pas. Mais si vous le désirez, pour plus de sûreté, je peux dormir avec vous cette nuit. »

Son sourire était si réconfortant que j'acceptai sans réfléchir. L'idée n'était pas sotte : à deux, nous serions plus forts en cas d'intrusion.

Ce que je n'avais point prévu, c'était l'étroitesse du lit. Même si le corps bien bâti de Pascal me rassurait, mes troubles nocturnes n'en furent pas apaisés pour autant. Mes nuits étaient régulièrement agitées de terreurs survenant dans un demi-sommeil où je voyais chaque ombre prendre la forme d'une silhouette féminine et diabolique. Et dans le doute, je préférais les prendre comme des réalités aperçues à temps plutôt que comme des pièges de mon esprit.

Cette nuit-là, je rêvais que de lentes caresses excitaient mon membre viril. Le sot ! Le funeste membre ! J'aurai le trancher après la mort de ma femme. Qui ne sait pas qu'en se gonflant de sang il devient la proie favorite des sangsues humaines ?

Bêtement dressé sous mes draps humides, le membre sentit courir sur lui la langue fourchue d'une harpie brumeuse.

Prisonnier de mon rêve, je ne pouvais bouger, et subissais ce viol ignoble en transpirant et gémissant. C'est seulement quand il fut brutalement vidé de sa substance que je m'éveillais en criant.

Pascal était là, penché sur mon entrejambe.

« Mais que faites-vous ?

— Je prenais soin de votre... anatomie.

— J'ai donc bien été mordu ?

— Mordu ? Ah, pardon…

— Ces vilaines succubes m'auront trouvé et englouti ! Heureusement que vous étiez là pour les chasser. Ai-je quelques traces ?

— Euh... Non. Il semble épuisé, mais demain il sera comme neuf. »

Je remerciai mon compagnon, et tentai – en vain, évidemment – de me rendormir.

Je passai la journée du lendemain à consulter mes livres. C'était la première fois que les vampires parvenaient à me mordre. Jusqu'ici elles s'étaient contentées de m'espionner et de tourmenter mon sommeil en accomplissant des danses sordides tout autour de mon lit.

Je ne pouvais devenir vampire à mon tour, étant un homme, mais elles pouvaient revenir chaque nuit pour me vider peu à peu, et m'amener à la mort comme elles l'avaient fait avec ma défunte épouse.

Les moyens de se débarrasser de ces créatures étaient aussi diversifiés que controversés et barbares. Mais le plus difficile était de les attraper pour leur faire subir ces morbides opérations.

Je décidai de feindre le sommeil afin de pouvoir leur mettre la main dessus.

Ainsi, après avoir soufflé la chandelle, et souhaité la bonne nuit à mon compagnon, je feignis un endormissement lent et vaporeux.

Je faillis m'endormir réellement lorsque je sentis la caresse glisser progressivement vers mon entrejambe. Je laissais l'excitation grossir pour mieux prendre la succube sur le fait, puis ouvrais les yeux.

Me croirez-vous ? C'était Pascal !

Je hurlai de surprise.

« Le vampire, c'est vous ! Mais comment ? »

Il sembla gêné, comme fautif.

« Oh, attendez, je comprends, dis-je soudain. Vous êtes possédé !

— Je suis possédé ! confirma-t-il joyeusement.

— La vampire s'est immiscé en vous pour mieux me sucer le sang !

— La diablesse ! »

Le pauvre homme !

Ressassant à haute voix les différents moyens de tuer les vampires, je cherchais comment l'en débarrasser sans attenter à sa vie.

« Eau bénite... Lumière du Soleil... La Faux Rouge... Décapitation... Immolation... Pieu...

— Mais oui, un pieu ! approuva Pascal.

— Un pieu ?

— Un gros pieu !

— Mais mon pauvre ami, si je vous enfonce un pieu dans le cœur, vous en mourrez !

— Je... Je ne crois pas qu'il faille viser le cœur. La vampire est entré en moi par un autre endroit, et m'est avis que c'est cet endroit qu'il faut viser... »

Comme il restait mystérieux quant à l'endroit en question, je finis par comprendre qu'il désignait un lieu honteux dont on ne fait usage que pour excrémenter.

Enfoncer un pieu là où la vampire s'était cachée ? Cela semblait effectivement être une bonne idée, d'autant plus que Pascal resterait en vie. Il aurait par contre à subir la douleur et la honte qu'un tel procédé amènerait. Mais il m'assura qu'il s'en accommoderait.

Il me fournit lui-même un pieu qu'il conservait dans sa chambre pour je ne sais quel usage. Le bout en était trop arrondi à mes yeux, mais de peur de le blesser avec une arme plus aiguisée, j'acceptai de tester d'abord ainsi.

Il se plaça sur le lit, me présentant son intimité, tandis que je lui introduisais l'objet.

« Enfoncez ! cria-t-il. Poignardez, trucidez ! »

Je laissais se déchainer ma haine vengeresse. Il me demanda parfois d'alléger les coups, puis me motivait à redoubler de courage. L'exorcisme fut long et pénible.

« Pensez-vous que le monstre soit mort ? demandai-je enfin en m'épongeant le front.

— Je ne sais, mais je suis fourbu. Dormons pour cette nuit. »

Et je sombrai dans le meilleur sommeil que j'eus connu depuis le décès de ma sainte femme.

 

Paris ne devait être qu'une étape, mais il aurait été cruel de laisser mon compagnon dans le doute. Je préférais procéder à un second exorcisme la nuit suivante. Il s'y prêta de bon cœur, et le sommeil fut bon une fois de plus.

Le lendemain, je fis mes bagages.

« N'êtes vous pas sûr de vouloir rester ? me demanda Pascal. Il y a d'autres techniques que j'aurais aimé essayer...

— Non, j'ai plusieurs lieux à visiter, encore. Mais mon futur n'est pas écrit. Il se pourrait que je repasse par Paris, ou même que je m'y installe un jour. »

Pascal eut alors un geste étonnant. Il m'embrassa. Je dois avouer que ça ne fut pas déplaisant, mais j'y vis un signe que la vampire n'était pas morte. Fallait-il qu'elle soit pieutée chaque nuit ? Devions-nous être plus violents dans nos exorcismes ?

Je fis part de mes interrogations à mon ami.

« C'est ce que je vous disais ! Nous n'avons pas tout tenté. Il faut expérimenter encore. Le pieu, par exemple, n'est fait que de bois mort. Je pense que pour tuer un être féminin, il faut utiliser un attribut masculin... »

Sa théorie me semblait valable. Mais jusqu'où nos expériences nous mèneraient-elles ?

Je frémissais de peur et d'excitation. Nous étions sur le point de découvrir mille choses fascinantes sur les vampires et sur les moyens de s'en défendre. Je ne pouvais pas laisser cette chance m'échapper.

« Très bien, déclarai-je. Je reste. Expérimentons jusqu'à épuisement. »

Deux ans plus tard, je publiai mon Traité de Démonologie Vampirique. Et bien sûr je fus raillé par mes confrères. Mais quel savant peut se vanter d'avoir été compris tout de suite ? Je sais que je suis en avance sur mon époque, et que la science de demain me donnera raison.

 


© Nico Bally – 2010.

Tous droits réservés.

Direction littéraire de la série : Daniel Conrad & Pascal Françaix,

avec l'aide de Gérard Coudougnan.


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Par Nico Bally - Publié dans : PETITS CONTES DARK-EN-CIEL
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Mercredi 13 janvier 3 13 /01 /Jan 08:27
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 12 janvier 2 12 /01 /Jan 03:36

chaudronpotter

 

08.

GANESH ET SES DEUX MAMANS

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.



Ganesh est vraisemblablement une des divinités hindoues les plus connues en Occident. Ses statuettes côtoient celles de Bouddha dans les boutiques, de sorte que son allure nous soit tout, sauf inconnue.


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« Celui qui enlève les obstacles » est né de Parvati, épouse du dieu Siva. On raconte que ce dernier s’était retiré dans l’Himalaya afin de méditer. À son retour, il trouva un jeune homme barrant l’accès de sa maison. « Ma mère prend son bain », dit-il. « Personne ne peut entrer, ce sont ses ordres. » Furieux d’être ainsi écarté de sa propre maison, Siva dégaina son épée et lui trancha la tête. Parvati, alertée par le tumulte du dehors, sortit en trombe de son bain et se mit à hurler. Siva venait de décapiter son fils. Mais comment était né ce fils ? Pas de la manière ordinaire en tout cas ! Pour tromper sa solitude, Parvati avait conçu Ganesh toute seule, au moyen de poussière et des squames de sa peau, en prenant son bain. Siva fut bien surpris d’apprendre que le jeune homme qu’il venait d’étêter était le fils « auto-conçu » de sa compagne. Pour ne pas décevoir son épouse, il déclara qu’il trancherait la tête du premier animal qu’il croiserait afin de remplacer celle de Ganesh. Ce fut un éléphant. Ainsi, Ganesh devint le dieu à tête d’éléphant.


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On remarquera ici que Ganesh n’est pas né de l’union de Siva et de Parvati, même si Siva en assuma la paternité. Il existe néanmoins d’autres versions de cette histoire, dont certaines prétendant que Ganesh serait le fils d’une union homosexuelle (1) et (2). Il s’agit, si on y regarde bien, d’une variante de l’auto-conception décrite plus haut. Malini, déesse à tête d’éléphant aurait ainsi participé à la naissance de Ganesh d’une façon étonnante. Malini est une servante de Parvati. Un jour que Parvati prenait son bain, Malini la couvrit de pommades, d’onguents, de poudres, pour l’aider à se nettoyer. Ensuite, elle lui racla le corps, récupérant le tout mêlé à la sueur et aux squames de la peau de Parvati (on retrouve là les éléments de la première version). Les poudres mélangées à la sueur constituent un mélange que l’on appelle « tirtha ». Ce « tirtha » est tenu pour posséder un étonnant pouvoir magique, dont celui de pouvoir enfanter. Ainsi, au lieu de jeter le « tirtha », Malini l’ingéra. C’est ainsi qu’elle tomba enceinte de Ganesh, qui naquit du même coup avec une tête d’éléphant. Dans cette version, Ganesh est donc l’enfant de deux femmes. On connaît l’importance du bain pour l’éléphant. Ses maîtres le nettoient plusieurs fois par jour. Ce sont ces mêmes soins du corps qui sont évoqués ici. Pratiqués par deux femmes, ils donnent, dans cette histoire, naissance au dieu indou le plus représenté en Occident.

Un autre texte encore prétend que le Gange aurait participé à la conception du dieu. Parvati s’étant lavée, elle confia ses fluides corporels au Gange. Fluides que Malini avala pour tomber enceinte de Ganesh. Ce qui se retrouve aujourd’hui dans ce rituel bien connu où des indous confient au fleuve des figurines de Ganesh lors de sa fête.


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Auto-conçu par Parvati, ou né de son union avec une autre déesse, Ganesh n’est donc pas né d’une union hétérosexuelle.

Dans la symbolique hindoue, on attribue un sens précis au fait qu’il n’ait pas de visage humain mais une tête d’éléphant. Cela veut dire que celui qui veut se rapprocher des énergies divines doit faire fi de son intellect. Le fait en outre que Ganesh protégeait, selon certains textes, la maison de sa mère quand il acquit cette distinction explique qu’il soit considéré comme « le protecteur des foyers ». D’où vraisemblablement sa si grande popularité.

La naissance de Ganesh est donc déjà teintée d’une forme d’homo-parentalité. Serait-ce le seul lien de ce dieu avec les homosexuels ? Pas du tout. Pour bien le comprendre, il faut examiner ses nombreux attributs.

Tout d’abord, la trompe molle de Ganesh est un symbole inverse de sa virilité. On peut très bien y voir une représentation phallique, mais sa flaccidité laisse comme un doute quant à son aptitude à enfanter. De fait, elle s’oppose au phallus érigé de Siva. La trompe incarne le caractère masculin de Ganesh mais elle est bien trop grosse et surtout bien trop mal placée pour pouvoir servir à des fins hétérosexuelles (2). Cette interprétation psychanalytique a été très discutée et mal vue en Inde où le livre fut d’ailleurs retiré des librairies. De fait, si Ganesh est parfois décrit comme marié à Riddhi, la richesse et Siddhi, le succès ; il est aussi souvent défini comme célibataire. Sa trompe molle l’associerait même aux eunuques.

Néanmoins, parmi les attributs de Ganesh, nous retrouvons des armes. Elles seraient, elles, une expression presque agressive de sa masculinité. On remarquera qu’elles lui sont offertes par Siva. Siva n’est pas son père mais il en joue le rôle. Il fournit à son « fils » les accessoires d’une masculinité qu’il n’a pas pu lui transmettre « biologiquement ». Il faut noter aussi que, pour les hindous, la tête est le réservoir de la semence. En décapitant Ganesh, Siva l’a donc castré symboliquement, ce qu’il a tenté de compenser en lui faisant cadeau de ses armes.

Penchons-nous à présent justement sur les outils du dieu. Ils sont nombreux.

• D’abord, la hache, arme de Siva. Symbole masculin et agressif, elle sert pourtant à… détruire le désir et l’attachement. Néanmoins, il s’agit d’une arme, donc d’un attribut guerrier bien utile à Ganesh dans son rôle de gardien protecteur des foyers.

• Ensuite, nous trouvons l’aiguillon à éléphant, qui permet de maîtriser le monde. Autre symbole masculin.

• Le nœud coulant sert, lui, à capturer l’erreur. Symbole plutôt féminin.

• On sait, en outre, que Ganesh ne possède qu’une seule défense. La rupture de cette défense est une autre manifestation de sa « castration ». La défense de l’éléphant est en effet un symbole masculin. Ganesh est fréquemment représenté avec cette défense rompue en main. Elle lui sert pour écrire. Dieu scribe, Ganesh est le père de l’alphabet sanskrit dont les lettres lui servent, en outre, de collier. L’écriture naît ici d’un attribut masculin brisé. Brisé, oui, mais pas absent. Il reste outil de création vu qu’il génère l’écriture.

Ganesh trempe enfin sa trompe dans un bol, rempli de sucreries. Ce bol est un symbole féminin. La trompe est masculine mais on a vu sa défaillance en termes d’hétérosexualité. Le bol de Ganesh est parfois décrit comme une sorte de récompense « matérielle » pour les efforts spirituels auxquels les hommes consentent. Il rappelle que l’être purement spirituel n’existe pas et que se détacher totalement de la matière est vain. Le bol a cependant ici une autre symbolique également. Pour certains, il renvoie à une partie de la légende de Ganesh. On l’a vu au début, il défendait l’entrée de la maison de sa mère contre son père. Le bol (féminin) dans lequel trempe la trompe (masculinE mais dés-hétérosexualisée) recèle un sens inattendu. La protection des voies sexuelles féminines CONTRE l’intrusion du mâle. Par extension, Ganesh protège les femmes de l’invasion masculine. Né d’un amour lesbien, Ganesh protège les lesbiennes de l’intrusion des hommes dans cet amour.

Pour terminer, signalons que Ganesh est fréquemment décrit comme le gardien de la porte qui conduit au serpent de la kundalini. La kundalini est cette énergie tapie au fond de la colonne vertébrale. Elle peut atteindre la tête en se déployant comme un serpent et ouvrir l’être aux réalités spirituelles. Le tantrisme, qui réunit des pratiques sexuelles, peut aider en cela. Une des portes qui conduisent au serpent de la kundalini est en fait… l’anus. Ganesh est son gardien, comme il l’est d’ailleurs pour le vagin. Les rapports sexuels anaux ouvrent la porte de la Kundalini, pour autant qu’ils ne soient pas « invasifs ». Entendez par là qu’ils soient « lubrifiés ». De cette manière, la Kundalini peut être réveillée. Le serpent se déploie alors et ouvre l’être à un état d’illumination. Voici une autre illustration du lien entre Ganesh et l’homosexualité.

En conclusion, voici un dieu né soit d’un amour lesbien, soit d’une femme seule, mais en tout cas sans l’intervention d’un homme. Ganesh, pourtant, est décrit comme le protecteur des foyers, ce qui en soi est une vraie gifle à ceux qui disent que les homos sont une menace pour la famille. D’autre part, il peut être perçu comme protecteur des femmes et de leurs voies sacrées contre l’intrusion invasive des hommes. Enfin, si Ganesh éveille aux mondes spirituels, c’est en permettant le passage d’une de ses portes. Une porte qui affole beaucoup d’entre nous, vous savez bien, cette rose, dont les feuilles sont une formidable caresse. Comme quoi, ce trou, qu’on décrit comme infâme, peut être une des nombreuses ouvertures du paradis…

 

Notes :

(1) Pattanaik, Devdutt (2001). The man who was a woman and other queer tales of Hindu lore. Routledge.

(2) Courtright, Paul B. (1989). Ganesa: Lord of Obstacles, Lord of Beginnings. Oxford University Press.

 


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Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Mardi 12 janvier 2 12 /01 /Jan 00:00
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Fiche technique :
Avec Aki Avni, Rivka Michaely, Sharon Alexander, Gal Hoyberger, Dvora Bertononv, Ada Valery-Tal et Hinna Rozovska. Réalisé par Amos Gutman. Scénario : Amos Gutman. Directeur de la photographie : Amnon Zalayit. Compositeur : Arkady Duchin.
Durée : 95 mn. VO et VOSTanglais. Disponible en zone 1.



Résumé :

Israël, les années 1990. Jonathan a 18 ans et il est malheureux. Il a quitté le Moshav et sa mère pour aller vivre en ville avec son premier amour Micky. Jonatan déteste son travail et sa nouvelle vie avec Micky s'avère insatisfaisante (celui-ci est volage et le laisse seul en compagnie d’une chanteuse toxicomane). Son existence qui tourne à vide va trouver un sens en la personne du beau Thomas, un jeune new-yorkais venu rendre visite à sa famille.
Le film raconte la rencontre de Jonathan, qui rêve d'un grand amour salvateur, avec Thomas qui a renoncé à tout et mène une existence sans projets ni but. Il évoque le problème du sida qui menace les éventuelles intimités entre homosexuels. Mais séropositif, Thomas ne peut vivre pleinement cette relation pleinement.


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L'avis de Bernard Alapetite :
Ce drame intense et mélancolique, situé à Tel Aviv, suit Jonathan, 18-20 ans, un adolescent romantique et dégingandé, en crise, abandonné par son ami, une larve veule aux slips aussi moulants qu’improbables, frustré par les absences continuelles de sa mère, déçu par sa bande de copains et détestant son boulot. Il travaille comme moniteur dans la garderie d’enfant que dirige sa mère. Il retrouve goût à la vie quand il a le coup de foudre pour Thomas, le fils de ses voisins qui habite avec sa mère et sa sœur, deux femmes qui ne cessent de se disputer. Le beau (beaucoup moins que Jonathan et cela nuit un peu à la crédibilité du scénario) Thomas de retour de New York. On comprend peu à peu que Thomas revient dans son pays parce qu’il est atteint du sida. Leur relation naissante et hésitante sert de toile de fond à cet ambitieux drame social et sexuel qui aborde aussi bien le sida, la mort, la drogue, le milieu gay de Tel Aviv, la militarisation de la société israélienne que la crise de la famille.


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Bien que le film se disperse un peu, il reste un beau film qui invite à la réflexion et à la contemplation tant est sublime Rivka Michaely qui interprète le rôle de Jonathan, une sorte de « Boticelli » askenase à la chevelure bouclée, blond vénitien. Il n’est pas douteux que le cinéaste est aussi subjugué par son acteur que nous et si malheureusement on ne fait qu’apercevoir son anguleuse et pourtant désirable nudité le film n’est pas avare de scènes où le beau sabra n’a pour tout vêtement qu’un lâche caleçon.


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On comprend que Gutman ait eu quelques problèmes avec les autorités de son pays. Car à travers son viseur, Israël, très loin de son image officielle, fière et guerrière, ne semble peuplé que de folles droguées, de mères juives hystériques, de militaires brutaux et de bourgeois bornés, le tout évoluant dans des décors très « chip ». La communauté gay n’est pas non plus épargnée. Elle parait composée que par de jeunes gigolos ringards dont le rêve serait d’être… Mireille Mathieu ! À noter que le film a été projeté il y a quelques années au festival du cinéma israélien.
Le film est édité en vidéo aux USA en hébreux sous-titré anglais.

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Ce film d’Amos Gutman traite des relations homo, du tragi-comique de l’autorité matriarcale et de la dangereuse menace du HIV. Le réalisateur est décédé des suites de sa maladie en février 93 à Tel Aviv.
Amos Gutman est le réalisateur du premier film israélien de sensibilité gay, Drifting (Nagua), 1983, que le gouvernement israélien a essayé de faire retirer de la programmation du festival de films de Montréal comme n'étant pas représentatif de la culture israélienne.
Pour plus d’informations :
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Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 11 janvier 1 11 /01 /Jan 14:05
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Lundi 11 janvier 1 11 /01 /Jan 13:08


bhv_vincy10.jpg Veni Vidi Vincy - Photo © D. R.

 

 

THE M WORD

     

2009 est morte, vive 2010. Je voulais vous parler de l’Homme idéal selon les gays argentins. Puis j’ai tardé. J’aurais, alors, pu vous annoncer que je quittais définitivement la vie numérique. Comme Lionel. Ou encore que je prenais ma retraite de clavardeur impénitent, parce que l’envie n’y est plus, parce que j’ai trop écrit depuis 16 ans… Comme Amélie.

Mon premier billet de l’année sera donc dédiée à une Reine, une Femme, qui aime les femmes.

Amélie Mauresmo. Grande championne. Lorsqu’une personnalité décède, l’hommage est unanime ; même les ennemis se font louangeurs. La Mauresmo met un terme à sa brillante carrière et les regrets naissent ici et là. Avec, cependant, une certaine retenue. Comparée à ses confrères sportifs qui ont été dans le même cas, alors qu’elle a longtemps été la seule femme parmi les vingts sportifs les mieux payés dans son pays, on sent une forme de misogynie. Un ton médiatique condescendant. Un « je ne sais quoi » de gêné. Pourquoi ? Après tout, Amélie est la plus grande joueuse du tennis français depuis Suzanne Lenglen, qui désormais a le droit à sa station de tramway sur la ligne 2, soit dit en passant. Elle est même, tous sexes confondus, le plus grand joueur de tennis en France depuis le début de l’ère open (1968). Plus de titres que Noah. La seule à avoir gagné le prestigieux Wimbledon, la seule aussi à avoir emporté le Masters de fin d’année… Unique, Mauresmo a été numéro 1 mondiale durant 39 semaines, ce qui en fait l’une des neuf joueuses les plus dominantes du circuit dans l’Histoire moderne de son sport. Le palmarès (545 matchs gagnés, 25 titres en simple, 15 millions de $ de gains) est long et rend encore plus inexplicable l’absence de gros titres et de ferveur médiatique.

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© D. R.


Il y a deux raisons, sans doute inconscientes, certainement honteuses. Mauresmo n’a pas gagné Roland Garros (contrairement à Noah-l’ambianceur et Pierce-l’allumée) et Amélie « m » les femmes.

Le chauvinisme (pour ne pas dire nationalisme) reste très prégnant dans le Sport. Un grand sportif est avant tout un héros national, quelque soit le pays. Ne pas gagner sur son terrain de jeu, c’est un peu comme ne jamais réussir à jouir dans son propre lit. Alors, certes, la machine à laver le linge ou le canapé n’empêchent pas d’avoir des électrochocs orgasmiques, mais on imagine très bien, maintenant que Freud est tombé dans le domaine public, ce qu’un psychanalyste en dirait.

Ce n’est pas le plus grave. Que Nelson Monfort et les mauvais commentateurs de France Télévision n’aient jamais pu éructer un « OUI AMELIE ! » en mai sous le soleil de la Porte d’Auteuil est peut-être même salutaire pour nos cerveaux et nos tympans.

Non, on sent bien qu’il y a autre chose. Le même virus invisible qui a brisé une première fois la jeune étoile montante du tennis français (finaliste en Australie dès le début de sa carrière), qui n’a pas enthousiasmé les foules lors de sa retraite. Un malaise insidieux qui gâche un peu l’émotion que cela aurait du procurer : une forme d’homophobie.

Rappelez-vous les Guignols de Canal + qui l’ont transformée en « mec » avec des cheveux longs, caricature de sportive est-allemande. Ou Martina Hingins qui l’insulte en l’accusant d’être « à moitié homme ». On n’a jamais critiqué Martina Navratilova pour son lesbianisme que je sache. Et quand on regarde les épaules de nageuse de Mary Pierce, personne ne la traite de camionneuse. Contrainte de faire son coming-out, Mauresmo connaîtra alors une petite descente aux enfers et une baisse de forme. Blessée intimement. La bassesse des uns fait le malheur des autres. L’homophobie continue de planer sur le monde sportif – et ailleurs, aussi, poussant au suicide de nombreux jeunes, à la dépression des milliers de garçons et de filles, à la schizophrénie ceux qui se résigneront à l’hétérosexualité malgré eux... Comme si l’homosexualité était une faiblesse dans un monde qui ne s’exprime qu’en forces. Sa nature faisait ainsi de l’ombre à son talent. Certes, elle n’a pas le physique d’une bimbo d’Europe centrale ou de Russie. Mais elle avait un revers unique, un panache rare, une force gracieuse et réussissait des coups impossibles. Elle les as toutes battues : les Williams, Henin, Clijters, Hingins, Davenport, Ivanovic, Seles, Dementieva, Capriati... Combien peuvent se targuer d’un tel tableau de chasse ?

Éminemment sympathique, la Picarde « m » le vin et les chiens. Les femmes aussi. Mais il est regrettable que le plus bel éloge vienne du site officiel de la Women Tennis Association : « …douce, drôle, intelligente, amicale, la classe totale… Au revoir Amélie. »

 

Vincy (9 janvier 2010)

 

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Par Vincy Thomas - Publié dans : LE BAZAR DE L'HOMO VINCY
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Dimanche 10 janvier 7 10 /01 /Jan 12:15

Note de Daniel C. Hall : Suite à la précédente blague pourrie du jour, Notre ami belge Frédéric Nérinckx nous a envoyé une flopée de blagues pourries franco-belges pour élargir le cercle de nos relations internationales.

 

Comment reconnait-on des pédés français ? C'est simple. Ils ont une si grande gueule qu'ils peuvent sucer dix mecs à la fois.

 

Pourquoi les lesbiennes belges adorent-elles les frites ?

Parce qu'un cornet, ça peut faire un beau gode-ceinture.

 

Pourquoi les pédés belges adorent-ils manger des frites ?

Parce qu'elles sont plus croustillantes que la queue de leurs hommes et qu'elles, au moins, elles ne crient pas quand on mord dedans.

 

Pourquoi le mariage homosexuel est-il autorisé en Belgique ?

Parce qu'ils n'ont toujours pas compris qu'un homme, c'est différent d'une femme.

 

Pourquoi l'adoption est-elle autorisée pour les homosexuels en Belgique ?

Pour remercier les drag-queens de s'inspirer des coiffures de la Reine Fabiola qui, après tout, n'a pas non plus eu d'enfants.

 

Pourquoi le mariage homosexuel est-il interdit en France ?

Parce que Jean-Paul Gaultier n'a toujours pas créé la robe de mariée pour homme.

 

Pourquoi le mariage homosexuel est-il interdit en France ?

Parce qu'un mariage de drag-queens à la mairie de Paris, ça serait plus bling-bling qu'un mariage présidentiel.

 

Pourquoi les lesbiennes françaises doivent-elles se taper la Belgique pour une insémination artificielle ?

Parce ce que ce sont les français qui ont inventé le TGV.

 

Pourquoi les homos français ne peuvent-ils pas adopter ?

Parce que tout le monde sait qu'il faut trois hommes et un couffin, et que la bigamie est interdite, même pour le président.


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Par Frédéric Nérinckx - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Dimanche 10 janvier 7 10 /01 /Jan 11:44
  
Visuel : (c) GayClic

Un résumé en vidéo (blogué par nos amis de GayClic) de l'histoire de Fred (le personnage gay de la série) dans les épisodes 22, 23 et 24 de la saison 2 de la série espagnole « Physique ou Chimie » (Física o Química) diffusée en France sur la chaîne NRJ 12.
[© D. R.]



Par GayClic.com - Publié dans : WEBSERIE : PHYSIQUE OU CHIMIE
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Samedi 9 janvier 6 09 /01 /Jan 11:40
http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 9 janvier 6 09 /01 /Jan 11:37
http://4.bp.blogspot.com/_SNWhINHHc3Q/SqBFx2GWzEI/AAAAAAAABC4/ex5p-8SlUSY/s400/LOGOPYSCAP.jpg

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Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 8 janvier 5 08 /01 /Jan 11:19
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Vendredi 8 janvier 5 08 /01 /Jan 10:56

 


(6.04)


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PREVIOUSLY ON ZANZI AND THE CITY : cliquer ici.

 

À l’origine, la websérie Zanzi and the City est un billet d’humeur. Et si je revenais aux fondamentaux ? Au sortir de la triste année 2009, l’envie me saisit de pousser un coup de gueule sur tout ce qui me déplaît, et tant pis si cela fait grincer des dents, pleurer Margot, ou s’évanouir les âmes sensibles. Elles n’ont qu’à s’abstenir de me lire. Les autres, sortez votre flacon de sels !

Le climat


Le gratin de la planète s’est donc retrouvé à Copenhague le mois dernier pour tenter de trouver un accord en vue de lutter contre le réchauffement climatique, notamment sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce monstre tentaculaire qui menace l’humanité. Réchauffement climatique, dîtes-vous ? Je passe mon troisième hiver consécutif au Canada et jamais de vie je n’ai vu autant de neige que depuis novembre 2007, lorsque tomba la première chute de 40 centimètres. Une double grosse bite de poudre blanche, rien que ça. Et le phénomène n’a eu de cesse de se reproduire pendant six mois. Et six mois plus tard le festival a recommencé. Et de nouveau, nous sommes en plein dedans. Réchauffement climatique ? Le scénario apocalyptique qui me touche n’est autre que l’enfouissement sous des tonnes de neige. J’attends le jour où la pluie viendra...

Oh certes, la banquise fond, et on nous le prouve, photos à l’appui ! Oui, comme tout le monde ou presque, j’ai regardé Home, et je me désole de l’état dans lequel l’humanité a plongé la terre nourricière. Si la Terre se venge, tant mieux. Que des milliers de personnes meurent au cours d’un tremblement de terre, d’un raz-de-marée ou d’un cyclone me laisse indifférent. Si les catastrophes naturelles font plus de victimes, c’est parce que les victimes potentielles sont plus nombreuses qu’autrefois à habiter les zones dangereuses. Pascal Sevran l’avait dit, et cela avait sifflé dans les oreilles des bien-pensants du politiquement correct : dans les pays émergents – on ne parle plus du Tiers Monde : Monsieur Alfred Sauvy, votre expression a fait long feu – (mais au fait, de quoi émergent-ils ces pays, des ténèbres ?) les peuples se reproduisent encore comme des lapins et c’est bien cette surnatalité qui crée un déséquilibre et menace, comme c’est paradoxal, la survie de l’espèce humaine. La solution ? Certains préconisent d’étendre aux pays producteurs de marmaille la politique chinoise de l’enfant unique. Il serait intéressant de proposer à côté un mode de vie alternatif : l’homosexualité, qui contribue au développement durable en ne participant pas au renouvellement des générations.

Les « droits » des gays et des lesbiennes


Seulement voilà, il existe des gays et des lesbiennes qui veulent vivre comme les couples hétérosexuels et revendiquent les mêmes droits, dont celui d’élever des enfants. Baste ! Un droit, ça ? Plutôt un devoir, un engagement pour la vie, et durant les 25 premières années, une corvée. Voulez-vous donc changer les couches, vous lever 3 fois par nuit, vous réveiller à 6 heures du matin pour préparer le petit déjeuner mais aussi le goûter que vos chérubins emporteront à l’école où vous ne manquerez pas de les conduire ? Voulez-vous vous saigner aux quatre veines pour que votre précieux rejeton reçoive un enseignement de plus en plus de piètre qualité, mais concurremment, de plus en plus cher à payer ? Grand bien vous fasse ! Élever des enfants, c’est comme le coût de la justice au Canada, réservé aux riches ou aux pauvres. Ce n’est pas pour les classes moyennes. Vous voulez un gamin ? Pondez-en un, adoptez-en un, mais n’allez surtout pas imiter Angelina Jolie et Joséphine Baker, sauf si vous en avez les moyens. Cette saillie mise à part, je considère que les couples de même genre devraient avoir le droit d’adopter des enfants si bon leur semble. À défaut, ils peuvent accéder à la parentalité par d’autres moyens (dont la procréation naturelle) ; ils ne font pas de plus mauvais parents qu’un couple hétérosexuel, au contraire !

Là où le bât blesse, c’est dans la revendication du mariage. Qu’est-ce donc que cette fantaisie de vouloir absolument vous attacher avec un nœud que vous trancherez avec férocité dès que celui-ci commencera à vous étrangler ? Ma profession m’a mis en contact avec des cas de divorces. Douloureux, sordides, et quelquefois tellement au-delà des mots que j’en viens à me demander comment les protagonistes ont pu s’aimer un jour. Et qui trinque le plus dans ce jeu de massacre familial ? Les enfants ! J’ai récemment lu dans Marianne un article de fond sur le sujet du divorce, rendu plus facile par le législateur. Grâce à la bienveillance de nos gouvernants, et à l’exemple édifiant du premier d’entre eux qui nous a offert le spectacle d’un divorce-express avec sa deuxième femme et première « Première Dame », aujourd’hui on peut divorcer comme on va acheter une baguette chez le boulanger. Les gens n’imaginent pas ce qui les attend au bout du chemin : dissolution des biens communs, division par deux du revenu disponible, prestations en tous genres, déclassement social (aussi bien pour les hommes que pour les femmes). Quand un couple marié explose, c’est Hiroshima dans la famille. Selon les statistiques, 40 % des couples mariés au cours de la dernière décennie divorceront. Se marier coûte cher, divorcer coûte encore plus cher. Mais pour le divorce, cela s’entend au propre comme au figuré. Le droit au mariage est, de facto, un droit au divorce. Tel est le revers de la médaille tant convoitée. En tant qu’humaniste, je suis évidemment favorable à ce que tout le monde bénéfice des mêmes droits, quand bien même ceux-ci sont des pièges à cons. En tant qu’homme libre, je suis contre le mariage. Pour nuancer mon propos, je suis contre le mariage d’amour, foutaise romantique frappée du sceau mortel de l’éphémère. En revanche, se marier par intérêt offrirait, à mon sens, davantage de garanties quant à la pérennité de l’union.

 

TO BE CONTINUED...

6 janvier 2010

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Jeudi 7 janvier 4 07 /01 /Jan 10:34
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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