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Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

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Daniel Hall


secondé par :

Gérard Coudougnan


L'équipe des "piliers" en exclusivité
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Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori,
Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
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 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

Special Guest Star : Philippe Arino.

Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
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Et en special guest star gay-friendly... Dr Orlof !


et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

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Mardi 16 février 2 16 /02 /Fév 11:47


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

  http://www.imprimermonlivre.com/catalogue_auteurs/photo1/978-2-9535497-0-6.jpg


Philippe ABRIC, Le Champ de coquelicots, Sorengo Éditions,

2009, 191 p., 15,90 €

 

Gentils coquelicots... Messieurs…

Le Champ de coquelicots est l'un des lieux imaginaires où Lionel se trouve emporté, éveillé, au hasard de ses rêves. Philippe Abric se place au cœur d'un groupe d'adolescents en centrant son regard sur ce singulier rêveur. Il nous présente également son frère aîné Jérôme et ses parents, sans oublier parents et camarades de classe, dont la petite amie de Jérôme.

Avec une infinie sensibilité, des descriptions très précises et une lucidité mouvante, l'auteur nous accompagne dans les actes et les pensées d'une semaine, celle qui précède le douzième anniversaire de Lionel.

C'est à un doux éveil au rude monde des adultes que Philippe Abric convie son lecteur en l'emportant dans les pensées de Lionel et de Jérôme. Si Jérôme est attiré par les filles, Lionel ne s'en soucie guère vraiment, sa relation avec son pote Romain va prendre d'autres sentiers plus ou moins détournés, que les nuages de la culpabilité n'encombrent à peine : les deux frères ont un ami commun, Nico, qui ne cache pas son attrait pour les garçons.

Ce roman paraît plus s'adresser à un public adulte qu'aux jeunes des âges des protagonistes. La langue est soignée, recherchée, les phrases ont une longueur qui pourrait rebuter un lectorat trop inexpérimenté. Contrairement aux livres du genre littéraire bien établi qu'est la « littérature jeunesse », on n'est pas happé dès les premières lignes, le premier chapitre, par une action rapide, un univers nouveau, un suspense insoutenable.

C'est à un public adulte de parents ou de personnes curieuses de l'éveil d'un ado de 2009 qui se découvre une orientation sexuelle probablement différente que ce livre apportera, dans sa lenteur et sa subtilité, le plus de joies et de pistes de réflexions.

Comme l'illustration de couverture (due au talent pictural de l'auteur) ou à un tableau impressionniste, on a plaisir, en suivant le détail de tel ou tel paysage, à le mettre en perspective avec les gestes, les actes et les réflexions des jeunes protagonistes de ce court, modeste mais réussi roman d'apprentissage.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l'éditeur, avec un lien vers la biographie de l'auteur :

http://www.sorengo.com/editions/index.html


http://legonepeint.unblog.fr/files/2009/03/020.jpg

 

INTERVIEW DE PHILIPPE ABRIC

Par  Gérard Coudougnan

 

Les Toiles Roses : Philippe, en écrivant ce livre avez-vous songé à un public adulte ou à un public adolescent ?

Philippe Abric : Ce livre, c'est un peu ma façon de revisiter un thème bien connu : celui du complexe de Peter Pan. C'est donc bien en me plaçant dans le référentiel d'un lecteur adulte que je l'ai écrit. Mais je me suis en même temps beaucoup servi de mes propres souvenirs d'adolescent pour étoffer le récit. L'idée même du scénario du livre, elle-même, m'est venue à l'âge de dix ans environ. C'est pourquoi je pense que les deux types de public doivent pouvoir s'y retrouver.

 

J'espère ne pas vous décevoir en classant votre livre en dehors de la « littérature jeunesse » : si je le conseille à toute bibliothèque municipale, je ne l'aurais pas placé dans mon CDI, non par son caractère ouvertement gay-friendly mais en raison de sa lenteur et de la longueur des descriptions...

Je prends plutôt cela comme un compliment. S'il est vrai que la littérature générale peut éventuellement convenir à un public jeune, la « littérature jeunesse » est, au contraire, généralement cantonnée à ce dernier. Je suis heureux d'avoir écrit un livre qui peut plaire, j'en suis sûr, au plus grand nombre, même si une certaine maturité est sans doute nécessaire pour l'apprécier totalement.

 

Vous avez, comme le prouve l'illustration de couverture, d'autres talents que celui d'écrivain...

J'ai, en effet, tenu à réaliser moi-même la couverture à partir de photos prises dans un champ non loin de chez moi. Je suis content de voir qu'elle arrive à susciter l'intérêt, ainsi qu'à transmettre, comme plusieurs lecteurs m'en ont fait la remarque, un élément important du roman : la nostalgie.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre éditeur ?

Mon éditeur est une personne qui m'est très chère et qui a accepté de donner une chance à mes écrits de trouver leur public. Si les affaires marchent, il s'ouvrira peut-être prochainement à d'autres auteurs proches de mon style littéraire.


http://krypton.mnsu.edu/~schumann/www/images/monet_po.jpg


La « science-fiction psychologique » dont il est question sur la présentation de Sorengo n'est-elle pas le caractère de toute création romanesque ?

Les romans que j'ai envie d'écrire, et ceux que mon éditeur a envie de publier, se doivent de flirter avec une part d'imaginaire et de réalité altérée plus importante que celle que l'on trouve à l'accoutumée dans un roman dit simplement "psychologique". Même si ce premier roman n'en est pas encore la meilleure illustration, j'espère avoir l'occasion d'illustrer encore mieux ce genre littéraire avec d'autres romans.

 

Quelles sont vos sources pour une description aussi fine de cette perception actuelle d'une différence d'orientation sexuelle, sujet qui évolue depuis notre propre adolescence ?

Je me suis beaucoup inspiré de mes propres souvenirs d'adolescent encore relativement récents. J'ai aussi des amis plus jeunes de quelques années, ce qui me permet de voir comment les choses évoluent avec le temps. J'espère que la vision que j'y dépeins de l'homosexualité ne fait pas partie des quelques éléments de mon roman qui lui confèrent une filiation avec la « science-fiction », même si, partant du principe qu'il se déroule dans un réalité altérée, je n'ai pas cherché à être systématiquement proche de notre propre réalité.

 

Le « à suivre » de la dernière page est-il le signal d'un Lionel plus âgé dont nous pourrions bientôt suivre l'évolution ?

Ce que je peux dire sans révéler l'intrigue, c'est que j'ai dès le départ conçu cette aventure comme un récit en trois actes. Le tome 2 est déjà bien avancé et j'espère avoir la chance de le publier bientôt si ce premier tome rencontre le succès escompté. Le « à suivre » de la dernière page est aussi un message pour tous ceux qui pourraient trouver la fin trop abrupte, trop déconnectée de tout ce qui a précédé : je veux dire de ne pas s'inquiéter car cette fin n'est peut-être au contraire qu'un recommencement...

 

Nous attendrons donc avec vous la suite des aventures d'un Lionel plus âgé, en vous souhaitant à tous les deux de toucher un large et nombreux public.


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées :
lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Lundi 15 février 1 15 /02 /Fév 11:53
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Daniel Conrad Hall, le vénéré rédacteur en chef du blog Les Toiles Roses, était l'invité de Brahim Naït-Balk dans l'émission HOMO-MICRO du 8 février 2010 sur Fréquence Paris Plurielle... L'émission dure 50 minutes, elle est écoutable sur le lien ci-dessous avec QuickTime ou sur l'adresse de l'émission : http://www.homomicro.net/wp/ (Podcast 142)... Merci à Brahim et à son équipe de fous d'avoir donné un véritable espace de liberté à Les Toiles Roses... Bonne écoute, Daniel est fier de cette émission...
Par Daniel C. Hall
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Dimanche 14 février 7 14 /02 /Fév 11:47

chaudronpotter

 

09.

MARIAGE HOMOSEXUEL :

UN RETOUR AUX SOURCES...

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.


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Vous le savez, c’est aujourd’hui la Saint Valentin. D’accord, c’est une fête honteusement commerciale où l’hétérocentrisme de notre société est encore plus affirmé. Okay, okay ! Ceci dit, je m’en fiche. Cela ne m’empêche aucunement de couvrir la maison de petits cœurs et d’offrir un cadeau à mon Grand à la lueur des chandelles. Je suis guimauve ascendant eau de rose ; je m’assume parfaitement. 

Je profite de cette fête pour aborder le thème ô combien controversé du mariage gay. On connaît diverses opinions sur le sujet. Certains le considèrent comme une évolution (ou, plus précisément, comme une révolution). D’autres comme une singerie du mariage hétéro. D’autres encore comme une aberration. Les derniers y voient davantage une belle source de problèmes ou de divorces coûteux.

Personnellement, je le considère simplement comme un juste retour aux sources, rien de plus, rien de moins.

Car, n’en déplaise à votre présidence, le mariage homosexuel est aussi vieux que l’humanité. Les religions chamaniques le pratiquaient déjà il y a des millénaires. Le chamanisme est tout de même la religion la plus vieille de l’humanité. Elle est mondialement répandue, sous diverses variantes. Les peuples qui la pratiquent encore célèbrent toujours de tels mariages. Aux Amériques, en Mongolie, en Sibérie, chez les Inuits, tous ont leurs hommes et leurs femmes aux « deux esprits » mariés avec une personne de leur sexe biologique. J’en ai déjà parlé dans cette rubrique. La problématique des « deux esprits » est complexe, je vous le concède, vu qu’ils sont fréquemment perçus comme un troisième sexe, auquel cas leur mariage est socialement vu comme, on va dire, « hétérogendérique ». Il n’empêche que, biologiquement parlant, il demeure homosexuel. Point barre. Et qu’il est vu comme particulièrement sacré, je le crains.

Bien, passons à autre chose, je cesse de vous embêter avec mes chers chamans. Je ne vous ferai pas l’injure non plus de vous parler de la Grèce Antique, rassurez-vous (leurs unions homosexuelles sont supposées « matière connue », comme disent les profs). Venons-en à des considérations plus, euh, chrétiennes... Mon livre de chevet actuel, Queer myths, symbols and spirit de Conner et Sparks consacre toute de même quelques cinq pages encyclopédiques au terme « union » (en anglais, oui, je m’en excuse, ce n’est pas ma faute si les maisons d’édition francophones sont trop trouillardes pour traduire ce chef d‘œuvre). On y apprend, entre autres, que des mariages gays furent célébrés à Rome au XVIème siècle. Épatant, non ? Plus précisément, cela se déroula en l’église de Saint Jean (parfaitement, Saint Jean, vous savez bien, la folle tordue que l’on prend pour Marie Madeleine sur les tableaux). Non, ils n’ont pas reçu la bénédiction du pape, il ne faut pas déconner. Il paraît au contraire que les pauvres types furent brûlés par la suite comme tant d’autres.

En Europe, des mariages homosexuels furent néanmoins célébrés également… au Moyen Âge. Ils perdurèrent bien tard dans les pays Balkans, sous la très sainte bénédiction de couples mythiques tels les célèbres Serge et Bacchus. Le tout avec, il faut bien le dire, force cérémonie, comprenant bisous aux icônes, vœux échangés et vin lapé dans le calice. Certaines unions étaient plutôt scellées dans le sang, du genre qu’on en faisait lorsque l’on était des gosses, ce qui n’en demeure pas moins qu’il s’agissait de mariages virils et sacrés. D’accord, en nos jours placés sous le spectre hideux du Sida, voilà qui fait frémir. Toutefois, répétons-le, ça existait !

Toujours selon le même bouquin, on trouve des références à des mariages homosexuels en Inde voire dans le Sud de la Chine. Des bouddhistes réunies sous le nom des « dix sœurs » fondèrent la structure de mariages lesbiens qu’on célébra… jusqu’au XXème siècle, s’il vous plaît !

Même en Afrique ! Non, vous ne rêvez pas. Ce fameux continent où l’on prétend sans ciller que l’homosexualité est un vice apporté par les blancs, ils y mariaient des bonnes femmes. Si, si, j’vous jure. Les Nuer le pratiquaient encore dans le Haut Nil au XXème siècle. Les Azande également, avec des charmes amoureux prononcés pour lier les deux dames. Le tout incluant des jeux érotiques rituels usant tout bonnement de bananes, de manioc ou de patates douces. 

Selon moi, et en conclusion, le droit au mariage gay n’est, en rien, une révolution ! C’est un retour aux sources, ni plus ni moins. C’est l’interdire qui fut, bien au contraire, une régression. Il a toujours fait partie de l’histoire de l’humanité. Il est universel. À ce point de vue, je souhaiterais d’ailleurs bien comprendre pourquoi les diverses contrées qui le célébraient dans le monde finirent par le jeter aux oubliettes. La seule faute aux monothéismes ? Peut-être. Je n’en sais rien, je m’interroge.

Je crois personnellement, pour résumer, que le droit au mariage est un dû. Qu’il fait partie de la nature sacrée et sociale de l’homme. À ce point de vue, un homo n’est pas différent d’un hétéro. Toutes les considérations du style : « le mariage ne peut se concevoir qu’entre un homme et une femme » ou « le mariage doit avoir la procréation comme valeur centrale » sont des fadaises.

Je vis, moi, dans un pays où le mariage gay est autorisé depuis sept ans. C’est un droit, bien sûr, non une obligation. Mon compagnon et moi ne nous sommes pas mariés, ce qui n’en exclut pas la possibilité future. Entre parenthèses, il y a quelques années, nous avons regardé avec des yeux comme des soucoupes le bazar que causa un mariage homosexuel en France je ne sais plus où, pardonnez-moi. Vu de l’extérieur, c’est aussi terrifiant qu’une pendaison en Iran, vous m’excuserez. Je ferme la parenthèse.

Avant de terminer, je souhaite vous communiquer ces quelques statistiques belges, tirées de ce site :

http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/chiffres/population/mariage_divorce_cohabitation/mariages/homosexuels/index.jsp

De 2004 à 2008, 10 923 mariages homosexuels (gays et lesbiennes confondus) ont été célébrés en Belgique. Pour 307 malheureux petits divorces.

Chez les hétéros, il y eut 222 424 mariages pour 156 881 divorces.

Autrement dit, chez les homos, pour un mariage, on a compté 0,03 divorces. Par contre, chez les hétéros, pour un mariage, on a compté 0,7 divorces. Soit donc… proportionnellement 20 fois plus de divorces chez les hétéros que chez les homos. Fabuleux, non ? Les homos ne sont-ils pas les instables que l’on croit ? On m’objectera que le mariage gay est autorisé en Belgique depuis peu (2003), je suis d’accord. Sur la durée, on en reparlera sans doute dans 10 ans. Mais tout de même, cela m’interpelle. Je pense, pour ma part, que l’explication est la suivante : les hétéros se marient encore parfois pour respecter les conventions. Les homos le font, eux, envers et contre tout ; ils sont vraisemblablement plus sûrs de leur coup. En clair, ils se marient par amour avant tout. N’en déplaise à tous ceux qui ont cessé d’y croire ! Bien, j’assume : je suis un incorrigible romantique ; l’idée d’un mariage, ce n’est pas que je le désire ab-so-lu-ment. Disons que s’il me le demande, je ne pense pas que je dirais non ! J’ai la folie de croire que l’amour homosexuel est tout aussi beau, voire tout aussi sacré que n’importe quel autre. Il fait partie, ni plus ni moins, de la nature de l’homme. Ai-je tort ?

Sur ce, je vous souhaite une bonne Saint Valentin. Ainsi que bien des yeux érotiques enflammés, sur fond de chandelles rouges ou de cœurs emplumés. Cela, même si vous êtes tout seul ! Après tout, il faut aussi savoir s’aimer, soi, non ?


Plongez dans les précédents « Chaudrons roses »

 

 

TO BE CONTINUED...
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Dimanche 14 février 7 14 /02 /Fév 11:31
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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Independance Gay (2)

 

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Battlestar Saint-Valentin

 

boutin.jpg Christine Boutin va publier "Faut-il avoir peur des gays ?"

Voir toutes les rencontres

TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Samedi 13 février 6 13 /02 /Fév 12:22
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Les humeurs apériodiques de Bernard Alapetite


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Je ne dirai jamais assez de bien de l'errance sur la Toile, en particulier sur les sites amis. C'est ainsi que lors d'un de mes passages quasi quotidiens sur Culture & questions qui font débat, le site hautement culturel de Jean-Yves, j'ai découvert une bande dessinée, En Italie, il n'y a que des vrais hommes (Ed. Dargaud Benelux), sur la condition des homosexuels dans l'Italie fasciste et plus particulièrement sur le confinement de certains, dans une île, pendant la période de l'immédiate avant-guerre. Épisode politique que j'ignorais totalement, ayant eu échos du sort des gays sous le régime mussolinien que par deux films : Les Lunettes d'or et Une Journée particulière.

Il est remarquable de voir combien aujourd'hui la bande dessinée embrasse des sujets très peu exploités ailleurs.

 

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Revenons à notre album, scénarisé par Luca De Santis et dessiné par Sara Colaone et sous-titré Un roman graphique sur le confinement des homosexuels à l'époque du fascisme. Pour nous raconter cette histoire, le scénariste a choisi le biais de l'enquête journalistique ‒ procédé identique à celui utilisé par les documentaristes Epstein et Friedman dans Paragraphe 175 sur la déportation des homosexuels, les triangles roses, par les nazis. Calaone et de Santis procède par flash-back. Ils partent de l'époque actuelle, en fait de février 1987, en mettant en scène un reporter et son caméraman, Rocco et Nico, qui souhaitent tourner un film sur le sort réservé aux homosexuels durant les années 30 dans leur pays, l'Italie. On peut penser qu'ils sont concernés personnellement par le sujet. Ils n'ont qu'un seul témoin, Antonio, dit Ninella, un désormais vieil homme de 75 ans, couturier à Salerne, aussi rétif que pittoresque. Ce dernier était tailleur le jour et dragueur la nuit. Un soir, il s'est fait prendre par la police. Sans jugement, on le condamne pour un délit d'homosexualité qui n'existait pas dans la loi, à être déporté sur une île. Le livre sera fait essentiellement des souvenirs comiques et tragiques de Ninella dans l’île de San Domino dans l’archipel des Tremiti, lieu de l'exil pour les homosexuels sous le régime fasciste. Le récit n'ira pas sans va-et-vient du petit monde des iliens à aujourd'hui. Si d'un côté le procédé met en perspective le récit de Ninella, de l'autre il l'alourdit parfois, l'alchimie entre les deux époques ne se faisant pas parfaitement. Au delà de l'histoire de Ninella, le récit veut aussi mettre le doigt sur le fait que souvent les historiens considèrent les témoins plus comme du matériel que comme des êtres humains. Il n'en demeure pas moins que l'histoire est émouvante et fort instructive.


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Le livre nourrit de nombreuses interrogations, aussi bien sur le métier de journaliste que d'historien. Il nous aide aussi à mettre en perspective le fait d'être gay et attire l'attention sur les possibles interprétations anachroniques. Par exemple on peut penser que les homosexuels des années trente, vivant dans un contexte plus homophobe qu'aujourd'hui, avait un sens plus aigu de leur identité… d'où aussi, quand ils le pouvaient, un désir de se différencier du commun.

 

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Avec cet album, on s'aperçoit que si la situation des homosexuels sous le fascisme n'était guère enviable, d'autant qu'avant l'alliance du Duce avec Hitler, il jouissait d'une situation plus privilégiée que dans le reste de l'Europe ; leur vie n'était pas comparable avec l'enfer que subissaient leurs homologues allemands. Lorsque Mussolini arrive au pouvoir, aucune peine vise l'homosexualité après les dépénalisations ayant successivement atteint toutes les régions italiennes jusqu'à la création du Royaume d'Italie en 1870. À ces dépénalisations s'ajoute un climat social peu répressif lui aussi. Florence Tamagne, dans le Dictionnaire de l'homophobie (PUF éditions) explique très bien la situation : « En Italie, l'arrivée au pouvoir des fascistes, en 1922, ne détermina pas de changements immédiats quant au sort des homosexuels. En 1930, à l'occasion d'une discussion sur le nouveau Code pénal, Mussolini s'opposa ainsi à l'introduction d'une législation homophobe, sous prétexte que les Italiens étaient trop virils pour être homosexuels. Il semble en outre que l'intérêt économique ait prévalu sur les interprétations morales : le tourisme homosexuel, source de devises, ne devait pas être obéré. Enfin, on ne trouvait pas en Italie de mouvements militants comparables à ceux qu'avait connus l'Allemagne, et le danger constitué par une communauté homosexuelle organisée semblait inexistant. Les homosexuels n'en furent pas moins l'objet de discriminations nouvelles : des bars furent l'objet de rafles, certaines personnalités jugées trop « voyantes » furent exilées. À partir de 1938 cependant, et vraisemblablement en écho au régime nazi, de nouveaux décrets furent votés, visant cette fois-ci directement les homosexuels. Comme le montre le film d'Ettore Scola, Une Journée particulière (1977), les homosexuels, désormais considérés comme des criminels « politiques », risquaient la prison et l'exil dans des îles lointaines. Les membres du parti fasciste étaient contraints à la démission, alors qu'en Allemagne, les membres de la SS reconnus comme homosexuels étaient condamnés à mort. » On voit bien le gouffre qui sépare, sur ce point comme sur d'autres, le régime nazi et l'état fasciste.

 

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Une bande dessinée, c'est bien sûr un scénario mais aussi et surtout des dessins ; ceux de Sara Colaone, par leur stylisation rigoureuse, leur bicolorisme, et leur petit coté bois gravé me rappellent les illustrations de mes premiers livres de lecture dans les années cinquante. S'ils sont efficaces et clairs, ils manquent un peu de sensualité pour le sujet.

 

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L'album se présente comme un élégant moyen format relié, au dos carré de 175 pages. En plus de la bande dessinée, il contient une préface de Tommasso Giartosio et Gianfranco Goretti qui ont publié, en Italie, un essai sur le sujet La città e l'isola omosessuli al confino nell italia fascista ‒ je serais italianisant, je me précipiterais dessus ‒ et une interview réalisée par Dall'Orto en 1987 d'un homme de 74 ans qui avait été confiné dans l'île de San Domino.

 

Un livre indispensable pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire, et en particulier à celle de l'Italie fasciste, et à celle de l'homosexualité.

Par Bernard Alapetite - Publié dans : MERCI BERNARD
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Vendredi 12 février 5 12 /02 /Fév 06:38


de  Nico Bally

 

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L'ENROBEUSE MÉTALLIQUE

 

Nico Bally a publié une multitude d'histoires étranges sur divers supports, du webzine à l'anthologie, en passant par le livre photo-musical.

Après avoir sillonné les villes les plus exotiques et palpitantes du globe (Dunkerque, Manchester), il vit aujourd'hui à Lille où il fête tous les jours son non-anniversaire (trente ans tout rond) avec un lapin gay, une chatte blanche déguisée en chatte noire, et la fée Clochette.

En marge de l'écriture, il travaille comme contrôleur de contenu pour Recisio Music malgré de longues études en sciences, informatique et philosophie. Il respecte les lois du TATBAR (Touche À Tout, Bon À Rien) en s'adonnant à la photographie naïve, la musique noise-ambiant expérimentale, les courts-métrages DIY, l'auto-pornographie, le rot tonal et la peinture sur vélo.

Pour Les Toiles Roses, il élargit ses univers fantastiques-oniriques en développant les thèmes LGBT qu'il avait trop souvent mis de côté.

 

 

L'Enrobeuse Métallique était installée dans un coin de mon loft.

On aurait pu la prendre pour une énorme cabine de chiottes publiques. Les cadeaux de Gigi ont toujours été d'une laideur sans nom.

Mais je dois reconnaître que malgré son allure, l'Enrobeuse m'avait rapporté un peu d'argent. Pas assez, évidemment, pour combler le gouffre financier dans lequel j’avais sombré et me vautrais. Après tous les coups de main de Gigi, après le loft loué à moitié prix, même l'Enrobeuse ne m'aurait pas permis de me redresser avant des années.

« Ma petite Daphné, m'avait lancé Gigi, vu que tu refuses de prostituer ton corps de princesse, je suis bien obligé de te trouver d'autres moyens de te nourrir. »

Gigi était toujours plein de bonnes intentions, cachées derrière son cynisme de dandy.

Pourtant ils passaient, les clients. Quelques collectionneurs, des artistes. Ils venaient avec leurs statues, leurs reliques, pour les faire recouvrir d'une couche de métal inoxydable, chromé, à l'abri du temps.

L'Enrobeuse fonctionnait comme une cabine de douche balançant un alliage en fusion aussitôt refroidi à l'azote. Du lourd, prévu à la base pour rendre inopérantes d'anciennes torpilles, ce genre de conneries. L'armée s'est débarrassée du seul prototype existant, la pellicule d'alliage n'étant pas assez efficace. À la place de missiles pacifiés, ils se retrouvaient avec de jolis missiles chromés, et toujours dangereux. Ils ont finalement se décider à les enterrer. Et la machine a été revendue à un excentrique, Jean-Jacques Pellevier, mon Gigi, mon protecteur, le seul mec que je laisse m'approcher.

La seule personne que je laisse m'approcher, en fait, depuis Laetitia. Mais c'est une autre histoire, cœur brisé, premier amour, blablabla, vous connaissez la chanson. Certains recollent les morceaux, retentent même le coup. J'étais plutôt le genre de fille à laisser la plaie béante pour mieux la lécher dans mon trou.

Gigi disait que ma mélancolie m'apporterait peut-être l'inspiration. Mais je sculptais de moins en moins, et vendais encore moins mes œuvres. Trop tristes, trop classiques. Ou trop modernes, et toujours trop tristes.

C'est encore pour me titiller l'inspiration, et aussi pour dégoter quelques clients pour l'Enrobeuse, que Gigi m'a traînée jusqu'à l'exposition des œuvres orphelines. Des sculptures, mais aussi des tableaux, même quelques photos, dont on ne connaissait pas les auteurs. Un beau concept d'exposition bien déprimante.

On échangeait nos commentaires aigris sur la pauvreté artistique de ces œuvres abandonnées lorsque mes yeux sont tombés sur elle.

Des cheveux en cascade, comme une déesse grecque. Une bouche qui semblait sucrée. Une poitrine parfaite, un grain de peau incroyable.

« Oh la bonasse ! » s'écria Gigi.

Je fus presque gênée qu'il en parle comme ça.

« Arrête de rougir, Daphné, c'est une statue, elle ne nous entend pas.

— Statue ou pas, elle est trop belle pour qu'on en parle comme tu fais. »

Il leva les yeux au ciel quand je tournai autour d'elle, osant à peine venir contempler ses fesses qui s'annonçaient aussi sublimes que le reste.

Mais je retins un cri en voyant ce que le sculpteur avait créé.

Elle, qui était si belle de face, se transformait en monstre dès qu'on la contournait. De son dos semblait s'extraire une horreur dégoulinante, un démon dépecé, hurlant et tendant ses bras, comme pour s'extraire du corps de la déesse.

« Voilà qui est intéressant ! jubila Gigi. Un siamois démoniaque ?

— Je dirais plutôt que c'est la masculinité s'échappant de la féminité pour la rendre parfaite, répondis-je platement.

— Charmant. Ou alors la personnalité hideuse se concrétisant en un double maléfique ? Genre Mr. Hyde s'extirpant du Dr. Jekyll ? »

Je ne répondis pas aux théories de Gigi, qu'il continuait malgré tout d'égrener au fur et à mesure de son délire interprétatif. J'étais subjuguée, à la fois attirée et repoussée par le charisme de la statue. Son côté hideux au moins aussi repoussant qu'était sublime son côté féminin.

Et comme toujours, Gigi lut mes pensées. Comme toujours, il dégaina son chéquier pour me faire une faveur que je ne méritais pas, et dont je ne saurais pas tirer profit intelligemment.

Il m'offrit la statue.

Elle n'avait pas plus de nom que de créateur. Je me contentai de l'appeler « Elle » ou « ma statue » en attendant de trouver mieux, et la fis installer au centre du loft, le visage tourné vers mon lit.

« Tu vas l'enrober ? me demanda Gigi.

— Non, elle a une peau superbe. La pierre blanche lui donne des airs de chair pâle.

— Justement, c'est flippant. Un peu de chrome et elle deviendra un super Terminator.

— Elle n'est pas un robot tueur, Gigi, mais une déesse, une allégorie... »

Comme à chaque fois que je parlais d'elle, je la regardais, par respect. Et comme à chaque fois que je la regardais, je perdais pied.

« Attention, Pygmalionette, tu tombes amoureuse d'une œuvre d'art ! Ce qui n'est pas étonnant de la part d'une artiste, mais quand même... Celle-ci a un cœur de pierre.

— J'aime ta poésie, Gigi. Mais tu n’irais pas te coucher, par hasard ?

— OK, je te laisse avec ta nouvelle copine… »

 

Je rêvai, évidemment.

J'étais dans mon lit, et je voyais la statue respirer. Très lentement, comme une illusion d'optique, quelque chose qu'on fixe trop longtemps et qui semble se mouvoir.

Sa poitrine se soulevait puis se rabaissait, au ralenti, au rythme d'une pierre qui respire.

Puis ses yeux semblaient bouger, lentement, toujours très lentement, pendant que ses pieds la portaient vers moi.

Étendue dans mon lit, je restais immobile. Par peur de la surprendre, peut-être. Ou parce que ça n'était qu'un rêve.

Elle approchait sa tête de la mienne, le regard plein de questions, les lèvres entrouvertes, l'haleine froide et poudreuse.

À quelques millimètres de ma peau, elle descendit sur ma nuque, comme pour m'embrasser, me goûter, me sentir.

Sa main caressa doucement mon sein, le regard émerveillé, la respiration s'accélérant.

Je me décidais à bouger, à la toucher, pour voir si tout cela était réel.

Je caressais ses cheveux, d'une douceur de craie, tandis que sa main glissait vers ma cuisse.

Nos caresses descendaient, elle vers mon ventre, moi dans sa nuque. Je sentais nos corps s'ouvrir comme deux fleurs amoureuses lorsque ma main rencontra quelque chose de gluant. Je jetais un œil puis poussai un cri. J'avais oublié son dos, le monstre aussi avait pris vie, il hurla soudainement plus fort que moi.

Je me suis réveillée en sursaut. La statue trônait au centre du loft, le téléphone gueulait. Je l'ai laissé s'égosiller. C'était sûrement Gigi ou un client pour l'Enrobeuse. Je n'avais envie de parler à aucun des deux.

Je m'approchais d'Elle.

« Il te fait souffrir, ce monstre qui sort de ton dos ? »

Lui semblait souffrir, en tout cas, comme noyé dans la lave.

Je pris une grande respiration, et empoignai mes outils.

L'une de mes règles est de ne jamais sculpter au réveil. Les quelques fois où j'avais tenté le coup, j'avais ruiné un travail excellent. Je sculptais la nuit, avant de dormir, jamais le matin.

Mais pour Elle, je fis une exception. Il fallait La soulager.

Je ne sais pas combien de temps je mis à détruire le monstre, mais le téléphone sonna plusieurs fois. Gigi devait avoir un truc à me dire. Il finirait par passer, je le savais, et je ne pourrai pas me permettre de ne pas lui ouvrir, puisque de toute façon il avait les clefs.

Mais quand il la verrait, il comprendrait que je devais rester concentrée pour ne pas l‘abîmer.

Les coups de burin, associés aux hurlements du téléphone, me vrillaient les oreilles.

Une fois le monstre détruit, je commençai à sculpter le dos, un beau dos classique et lisse, un dos de nymphe.

Je ne pouvais pas me défaire du bruit, comme si l'écho du burin résonnait sans s'arrêter. Je tentais malgré tout de rester concentrée.

Ayant presque terminé, je décidai de prendre un peu de repos. De laisser mes oreilles se calmer, plus de burin, téléphone débranché.

Mais le bruit continuait, comme un acouphène. Il ressemblait au cri de mon rêve, un hurlement de pierre.

« Souffres-tu ? » demandai-je à ma statue.

Ma retouche l'avait sûrement torturée. Mais il était trop tard. Le cri devenait de plus en plus lourd, à la fois plus grave et plus perçant.

Je pensais alors à l'Enrobeuse. Refermer la plaie, cautérisée par l'alliage brûlant, puis soignée par la crème de l'azote liquide.

Ma statue serait chromée, mais guérie.

Je l'emportai vers l'Enrobeuse, vacillant sous l'horreur du cri qui ne cessait pas. Je démarrai le système, vérifiai les paramètres ; il fallait une couche très fine.

Au moment de refermer la machine, je voulus dire un dernier mot à ma statue, lui dire que tout se passerait bien, simplement une petite douche, et ensuite elle se sentirait mieux.

Mais elle me tournait le dos, ce dos qui la faisait tant souffrir, encore brûlant de l'extraction opérée trop brutalement.

Je vins la retourner, le visage vers moi, je lui murmurai mon amour à l'oreille, lui embrassai la joue. L'Enrobeuse était prête, la porte se scella automatiquement.

Idiote.

La machine ne pouvait s'ouvrir que de l'extérieur, évidemment.

« On va prendre une petite douche à deux, et tout ira mieux. »

Je me suis mise à pleurer, submergée, le cri était insoutenable.

J'ai voulu serrer la statue dans mes bras, j'ai trébuché, l'alliage en fusion m'a déchiré la chair. J'ai joint mes hurlements aux siens pendant que je me débattais sous cette pluie de métal bouillant.

 

Puis tout fut calme.

Plus de cri, plus rien.

Lorsque l'Enrobeuse eut finit son travail, la porte se ré-ouvrit. Gigi était devant, il me cherchait, criait mon nom.

Il vit la porte s'ouvrir, les gaz s'évacuer.

Il plissa les yeux.

« Ah, tu as finalement enrobé ta statue ! »

Puis il s'est retourné et a crié « Daphné, où es-tu ? »

 

J'étais là, pourtant, devant lui, figée dans ma statue, les bras décharnés tendus vers le ciel, comme pour m'en extraire.


© Nico Bally – 2010.

Tous droits réservés.

Direction littéraire de la série : Daniel Conrad & Pascal Françaix,

avec l'aide de Gérard Coudougnan.


Lire les précédents petits contes

 

Par Nico Bally - Publié dans : PETITS CONTES DARK-EN-CIEL
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Jeudi 11 février 4 11 /02 /Fév 17:35
© GayClic.com

Blogué par nos amis de GayClic.com :

Les organisateurs du Kiss-in annoncent que suite aux menaces proférées par des catholiques intégristes, le Kiss-in parisien, qui devait se dérouler dimanche 14 février à 14h sur le parvis de Notre-Dame, aura finalement lieu place Saint-Michel (devant la fontaine), la préfecture de police ayant « vivement conseillé d'annuler l'événement » pour des raisons de sécurité.
Voici le mail que nous a fait parvenir Arthur, l'un des organisateurs de l'événement, et qu'il nous semble important de publier dans son intégralité :


Le mouvement des kiss-in contre l'homophobie a été impulsé en juin 2009 en vue de faire accepter l'homosexualité au sein de la société, loin des clichés qui participent à un rejet parfois haineux et violent, à la peur, et à la honte de soi. Pendant cinq minutes, des gens viennent échanger des baisers avec leur partenaire afin d'interpeller les passants et de revendiquer le droit d'aimer sans se cacher. L'événement a lieu ponctuellement, de manière fraternelle et pacifique. Il se veut capable de rassembler les homosexuels dans leur diversité, ainsi que les bisexuels, les hétérosexuels, les transsexuels, au delà de toute divergence politique et religieuse. Le mouvement est né de plusieurs étudiants citoyens, et non pas d'un cadre associatif, et encore moins d'un prétendu lobby extrémiste homosexuel. Sans slogans et sans bannières, il ne s'agit pas d'une manifestation mais d'un happening sympathique et amical, qui ne se dresse pas contre une catégorie de la population mais CONTRE l'homophobie en général et POUR le respect de l'amour.
Le kiss-in du 14 février à Paris était initialement prévu sur le parvis de Notre-Dame (qui est, puisqu'il faut le préciser, un lieu PUBLIC), et n'avait pas pour vocation d'agresser, ni même de provoquer l'Église et les catholiques.
Toutefois, les menaces qui pèsent sur ce mouvement et leurs participants en disent long sur la prétendue bienveillance de nos détracteurs envers les personnes homosexuelles, et nous prouvent que le lieu, s'il n'a pas été choisi pour faire polémique, permet bel et bien d'interpeller l'Église catholique et l'ensemble des religions, et de pointer du doigt un malaise profond de notre société. Nous voulons avoir le choix de nous embrasser où nous le voulons, quelle que soit notre orientation sexuelle. Nous préférons croire que les menaces ne proviennent que d'une minorité de catholiques réactionnaires, et ne pas les amalgamer à l'ensemble des catholiques. Nous croyons fermement en la compatibilité entre foi et homosexualité.
Au delà de la polémique, ces groupes catholiques dits « traditionalistes » ont lancé sur différents sites et blogs des appels à la haine et à la violence à l'encontre des participants du kiss-in au pied de Notre-Dame. La préfecture de police nous a vivement conseillé d'annuler l'événement, prétextant qu'elle craignait des actes de « violence grave », et nous alertant sur la difficulté qu'elle aurait à assurer notre sécurité ce jour-là.
Deux solutions s'offraient alors à nous : nous obstiner – la sécurité des participants aurait été mise en péril
ou annuler l'événement, cédant de ce fait à la peur face aux menaces de violence. Mais ces catholiques « traditionalistes », s'ils peuvent faire reculer le gouvernement en matière de lutte contre la discrimination à l'école en demandant l'interdiction du court-métrage « Le Baiser de la lune », pourront-ils dire également : « nous avons empêché les homosexuels de s'embrasser dans les lieux publics » ? Cela est inacceptable.
Nous choisissons donc une troisième voie, et appelons tous les participants à se replier sur un autre lieu, voisin du premier : la place Saint-Michel. Ainsi, nous serons en vue de la cathédrale, sans donner à nos détracteurs l'opportunité de nous taxer de provocateurs.
Rendez-vous à 14h devant la fontaine Saint-Michel !


Arthur
Par GayClic.com - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 11 février 4 11 /02 /Fév 15:03
banniererozen.jpg hugo.jpg


Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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Independance Gay (1)

 

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Vive les couples mixtes ! (2)

 

2002.jpg À la recherche d'époques (21 avril 2002) (1)

Voir toutes les rencontres

TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Jeudi 11 février 4 11 /02 /Fév 10:51


bhv_vincy10.jpg Veni Vidi Vincy - Photo © D. R.

 

 

BOULEVARD DES CRIMES

     

Deux personnalités. Une blonde et un black. La belle et la bête (de scène). Dans les souterrains de mon grand bazar, on peut trouver du Bardot et du Vian.


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Marie-France a la fraîcheur d’une icône pop atemporelle, dédiée au culte gay, dans le cousinage d’Arielle Dombasle et d’Amanda Lear. L’image fantasmée de la meneuse de revue, aguicheuse et ensorcellante. Depuis 40 ans qu’elle écume les planches d’une scène à paillettes, elle a été une égérie transgenres. De Duras à Mondino, de Téchiné à la vague Punk. Jusqu’à Pierre & Giles qui la sacralise sur la pochette de son récent album. Pure parigote, elle joue ainsi suavement avec le mythe BB, grâce à un sex-appeal frais et ludique. Marie-France avait flirté avec Bardot dans « Combinaisons » en 1980 en reprenant « Invitango » et « Mélanie ». Elle revient avec vingt chansons, souvent méconnues, de la divine muse de Gainsbourg dans son disque sorti en fin d’année dernière. Sucré et pas salé, avec l’odeur du sable chaud, et heureusement, pas celle des crustacés (en même temps j’ai pas été vérifié). « Je me donne à qui me plaît ». « Tu veux ou tu veux pas ». « Une histoire de plage ». Autant d’invitations à la luxure. Et en bonus un délicieux Bonnie & Clyde avec le très sexy Aurélien Wiik. De quoi ensoleiller cet hiver gris congelant nos sens (mais pas nos émois).


 


La fantaisie même. De quoi alléger cette époque en crise, avec ses couleurs pastels.


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Et ce n’est pas si loin du noir désir d’Orlando... Lui aussi s’amuse et reprend du Boris Vian, des airs discos ou des refrains des chanteuses surranées dans son spectacle « Rue du désir ». Se travestissant avec des tenues à faire pamer Lady Gaga, passant du Berlin de Dietrich au Paname de Boyer, en caressant les mélodies musicales de Londres et les rythmes tribaux et enjoués d’Afrique, Orlando (rien à voir avec Dalida, quoique) nous emmène dans son voyage entre mélancolie et fantasmes, désenchantement et fêtes. En gorille (clin d’œil à Cabaret !) ou en slip, il explore les facettes de l’amour et de l’envie, pour mieux briser les codes de la société. Son spectacle animal est enjoué, percutant, et donne envie de danser, de le prolonger, de le voir en haut de l’affiche, en plus gros encore.

Comme Marie-France, la décadanse s’affranchit des règles édictées par les schémas ancestraux et obsolètes. Les bulles de champagne servent à se libérérer de nos chaînes. On naît pas fatalement tel qu’on est. Mais on peut se servir d’avatars pour s’épanouir dans d’autres costumes, pour être plus à l’aise dans sa peau.


 


Et, tout en niquant Boutin, Chatel, Benoît XVI et consors, nous voici prêt à hurler tous, fiers, « Ich bin ein Vamp ».

« C’est rigolo ».

 

Vincy (10 février 2010)

 

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TO BE CONTINUED...
Par Vincy Thomas - Publié dans : LE BAZAR DE L'HOMO VINCY
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Mercredi 10 février 3 10 /02 /Fév 18:10
Quand des jeunes catholiques s'en prennent au Centre LGBT de NantesQuand des jeunes catholiques s'en prennent au Centre LGBT de Nantes

Texte reproduit sans correction :

Dimanche 14 février à 14h, des extrémistes homosexuels ont prévu de se rassembler juste devant Notre-Dame de Paris pour… s’embrasser sur la bouche durant 5 minutes.
Un lieu choisi au hasard ? Non, comme l’admet Arthur Vauthier, l’organisateur :« C’est une façon d’interpeller l’Église, de questionner la religion sur la question de l’amour et du mariage entre gays et entre lesbiennes ».
L’Eglise n’approuve pas les relations homosexuelles (qu’elle juge « désordonnées » et contraires au plan de Dieu pour l’homme) mais respecte et accueille toutes les personnes quel que soit leur comportement. Autant dire que ce « kiss in » contre l’homophobie devant la cathédrale de Paris est particulièrement malvenu.
Etrangement, les extrémistes de la cause homosexuelle ne se rassemblent pas devant la Grande mosquée de Paris. Or, c’est en pays musulmans (où s’applique la Charia) que sont exécutés des homosexuels !
En réalité, les initiateurs de ce rassemblement savent qu’ils ne risquent rien en se moquant des catholiques. On lit d’ailleurs dans Têtu qu’Arthur Vauthier « ne craint pas les réactions hostiles ».
10 mois et demi après les échauffourées provoquées par la distribution de préservatifs du PCF et des Verts sur le parvis Jean-Paul II suivie du die in d’Act-Up, ce rassemblement sonne comme une provocationLa provocation de trop.
Il nous fallait déjà supporter le harcèlement continuel des lobbies homospour singer le mariage, s’en prendre à nos enfants dans les écoles (cf l’affaire du Baiser de la lune) ou réduire notre liberté d’expression. 
Ne laissons pas certains groupuscules prendre la mauvaise habitude de venir nous insulter devant nos églises. Ils seraient tentés de le faire ensuite dedans comme l’a déjà fait Act up.
Rendez-vous dimanche à Notre-Dame pour la messe de 12h45, de façon spontanée ou avec une association, pour répondre avec fermeté et courtoisie aux provocateurs !
Riposte-catholique Le Salon Beige e-deo Yves Daoudal Ab Imo Pectore Un Voyage au Liban Le Forum Catholique Jeanne Smits

Face à cette incitation à la haine, UNE SEULE SOLUTION : Mobilisez-vous à Paris pour le kiss-in et pour soutenir Arthur et son action formidable ! Les forces de la haine sont mobilisées, ici, en France ! Alors secouons-nous, secouez-vous ! L'extrême-droite est toujours vivante !
Daniel Conrad Hall
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 10 février 3 10 /02 /Fév 10:32


3. LOUIS DUPONT, ALCHIMISTE CINÉASTE… (2/2)

 

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Marie Fritsch

 

« Personne ne fera de moi ce que je ne suis pas

Tant pis si cela ne vous plaît pas

Les clichés glissent sur moi

Moi je suis une fille, une folle, un garçon

Je suis sur le fil, caméléon... »

 

23 ans après Mylène et son « Sans contrefaçons », Natacha Lejeune reprend le flambeau et vous parle de Marie. Elle traverse les  miroirs et les genres avec la même aisance…

 

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Lire la première partie de l’interview

 

Dans Memosium, les éléments se confondent et donnent à voir une chorégraphie de l'air (le vent), l'eau (la mer qu'on aperçoit par les fenêtres), la terre (le béton, toutes les délimitations de l'espace dans lequel évolue le danseur)... Dans un genre complètement différent Les Garçons de la piscine évoque une succession de tableaux où se mélangent couleurs et lumières d'une façon très dense, si bien que surgissent par endroits des conglomérats des différents éléments composant l'univers du film (l'eau, l'air, la lumière). Ce phénomène se produit essentiellement dans les plans subaquatiques, comme si la lumière captée par la caméra à travers telle ou telle nuance de bleu solidifiait l'eau et lui conférait une musculature ainsi qu'aux corps des nageurs. Un véritable tour de force. Un résultat magnifique et très charnel.

Dans un film comme dans l'autre, tu donnes à voir le corps dans l'effort avec cette méticulosité jusque dans le grain de peau, et tu insuffles de même à chaque parcelle qui compose l'espace une teinte très organique, une véritable incarnation. 

Avais-tu une appréhension particulière à filmer l'essentiel du film dans une piscine ? Les moyens techniques mis en place ont-ils permis d'avantage de liberté ou au contraire ont-ils été une contrainte formelle ?

Ce que j'aime particulièrement mettre en scène, c'est la confrontation de corps avec un espace. Mes projets de films se produisent souvent lorsque moi même je suis confronté a un espace. Le lieu de l'action de mes films est primordial et souvent limité à un espace pour l'explorer à fond. Je voulais travailler depuis longtemps dans l'eau pour sa force symbolique, symbole de la sagesse divine, de l'eau purificatrice, de pureté donc et de purification, symbole féminin aussi, figure de l'inconscient et du corps maternel.

Je pense l'espace comme une matière et tente de la lier plastiquement à un élément fondamental de l'univers (eau, feu, terre, air, etc.). Dans Les Garçons de la piscine par exemple, la scène de répétition dans le désert est liée au feu et en filmant la séquence je pensais à cet élément. Il en va de même pour mes indications musicales envers le compositeur. Généralement, je tente d'accentuer ces espaces-éléments artificiellement pour les rendre présents comme la couleur du ciel dans le désert avec les garçons. Une approche très particulière que j'explore encore beaucoup et qu’il m'amuse de développer – même très discrètement – car elles me donnent le sentiment d'être dans la démarche d'un alchimiste. Ce sentiment est encore plus fort quand je travaille en pellicule car je suis à même d'intervenir sur la matière cinématographique, comme dans la conjuration cinématographique Allah est grand.

Si on considère que l'eau est une contrainte, pour Les Garçons de la piscine, techniquement, cela a été très difficile mais très excitant, surtout que le budget du film ne me permettait pas de travailler des prises de vue subaquatiques très sophistiquées ! Heureusement deux plongeurs, Serge Huber et Rémi Levi Di Leon, m'ont aidé par leurs conseils et Serge Huber a même filmé pour moi sous l'eau. Chose très rare car je ne laisse jamais mon cadre à quelqu'un d'autre.

Généralement, les contraintes sont pour moi un élément créatif et me permettent de proposer de nouvelles formes esthétiques. Le budget de mes films ne me permet pas de travailler d'une manière industrielle. Je travaille seul et m'occupe du cadre, de la lumière et du son. Je reste donc un artisan confronté à des limites économiques donc techniques et je dois inventer à chaque fois des procédés de filmage propres à mon économie. Et ce n’est pas plus mal. Et quelque fois cette production économique donne des accidents techniques et artistiques très intéressants qui nourrissent aussi mon esthétique.

 

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Le mouvement est omniprésent dans Les Garçons de la piscine, l'immobilité presque coupable (un sportif ne doit pas fléchir). Mais il s'agit d'un travail à la fois très contemplatif, tu parles ici ou là de voyeurisme, loin d'une raideur académique, comme pour Les Garçons de la plage. Comment expliques-tu ce paradoxe d'une dynamique dans la contemplation ?

Tes remarques me rappellent quelques accusations de complaisance dans certains films, comme Dialogus Corporis (séquelle du film Les Garçons de la plage). Je peux avoir tendance à m'installer dans une forme de contemplation et ne pas hésiter à la proposer aux spectateurs. Mais toujours une contemplation dynamique car après tout la contemplation, c'est le mouvement. On en revient presque à Deleuze mais aussi à la méditation et à l'union avec autrui. D’ailleurs la contemplation n'est-ce pas ce mouvement qui permet l'union et la fusion ? Ultimement, la contemplation est la fusion de l'Être avec l'Univers. C'est un peu ce qui se passe dans mes films comme dans Les Garçons de la plage et les Pin'up Boys. Et ce grand mouvement se ressent beaucoup dans mon filmage. Car la contemplation c'est aussi s'oublier, lâcher prise avec son intellect pour laisser s'exprimer son corps – et son cœur ! C'est un peu étrange à expliquer mais c'est un peu ce qui se passe. Ma caméra est emportée par le mouvement généré par ma contemplation !

C’est certainement pour cela que je ne prépare jamais de découpage technique ou implicite de mes séquences. Et que, s'il y a scénario, il n'est là alors que pour aider à évaluer économiquement le film et à toucher des financeurs potentiels.

Mon travail, plus chaotique en apparence, du à ce non-règlement, propose au moins du vivant et surtout mon regard sur le monde. C'est de cela que l'on parle, non ? Du regard d'un artiste sur le monde. Si ce regard produit est fabriqué comme l'on fabrique une voiture, avec des ingénieurs, des designers, des ouvriers, des publicitaires, etc. je pense que le regard "pur" ou "dur" de l'artiste est bien loin derrière ! C’est ce que l'on appelle dans ce cas, je crois, du cinéma "industriel" et ce n'est pas ce cinéma-là que j'ai le désir de partager. Du moins pour l'instant. Mais cela serait te mentir que de te dire que je n'aime pas regarder de belles voitures.

 

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Si dans Les Garçons de la piscine le style est plutôt académique, on croise dans l'ensemble de ton cinéma un souci d'exploration formel assez singulier. Dans Torse tu crées toi-même le concept de redécoupage de l'image sur le plan projeté grâce à ton invention du "cylindroscope". Les différentes vignettes à l'écran démultiplient le regard, comme différentes consciences à l'œuvre dans la même image. L'intensité dramatique est là, malgré la non-narration évidente. De la même façon que dans la parade des Garçons de la plage, la diversification des rythmes et des plans crée une densité qui même sans musique entraîne le spectateur loin de la simple représentation des corps et des espaces (la ville pour Torse, les cafés, le bord de mer pour Les Garçons). Milites-tu pour une liberté totale dans l'expression du geste artistique ?

Oui je suis un militant de la liberté totale dans l'expression du geste artistique. C’est ce que j'ai toujours défendu et transmis auprès de mes élèves. Leur offrir la possibilité de s'exprimer loin des codes de la culture dominante, quitte à réinventer de nouveaux codes propres à eux ou au groupe dans lequel ils évoluent. J'ai surtout appris en travaillant la transmission à écouter. J’ai très vite compris par exemple avec les jeunes de la rue que je ne pouvais leur imposer les codes d'une société qu'ils rejettent en bloc. Il fallait leur laisser la possibilité de réinventer les leurs. Même chose avec des primo arrivants de divers pays, cultures, sexes, religions etc. regroupés dans un stage que l'on ma confié. Impossible de travailler ensemble sur les bases de la société française et de leur propre société. Les filles ne parlaient pas aux garçons, les garçons aux filles, les musulmans aux juifs, les juifs aux chrétiens, les blancs avec les noirs etc. Il y avait même deux trois racailles de banlieue assez agitées ! Je leur ai proposé de tout remettre à plat et d'abord de s'inventer un langage. Notre propre langue ! Nous sommes partis d'exercice de la voix, d'impros, etc. Nous avons beaucoup ri au début et la sauce a pris ! Nous avons pu réaliser un film : Linguortz (du nom de la langue inventé « Le linguortz »).

Je me suis aperçu aussi que cette approche permettait à des individus jeunes ou moins jeunes de développer leur personnalité, leur regard et leurs modes d'expressions. Leur permettre d'acquérir une signature qui leur est propre et la proposer à autrui avec confiance tout en acceptant alors celle des autres.

 

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En ce qui concerne la portée sociale et politique du film, quand tu parles du Paris Aquatique, tu évoques un havre naturel où peut s'épanouir la communauté LGBT. Quoique le club s'ouvre à la mixité des genres et des orientations sexuelles, ce postulat de départ pose la question du rapport des gays à la performance physique.

Sans rentrer dans les clichés du gay accro à sa salle de gym et shooté aux anabolisants, il semblerait que le phénomène de dépassement de soi et de compétitivité existe bel et bien et soit particulièrement présent dans la communauté. Ton film même si il ne fait pas l'apologie de la gonflette, de loin pas, encourage cette idée que le corps doit être parfait et dynamique. Sachant que le film pourrait être un support de travail ou de discussion dans le tissu scolaire ou universitaire, n'as-tu pas eu envie de faire passer un message du type mise en garde ou d'insister plus sur les conséquences d'un tel entraînement physique ?

Le corps est très important aujourd'hui. Surtout l'image du corps. Sa représentation.

On le voit bien dans les medias gays, on ne communique pas sans un corps de mec standard qui répond à certains critères esthétiques. Mais il se passe la même chose du côté des medias classiques. Prenons l'exemple des magazines féminins. On retrouve le même procédé. 

Je pourrais l'analyser et je le fais d'une certaine manière à travers mon travail en utilisant les mêmes procédés d'ailleurs.

Je ne pense pas avoir réalisé Les Garçons de la piscine pour encourager l'idée que le corps doit être parfait et dynamique. J'e l'ai réalisé pour présenter le parcours de trois sportifs gays, physiquement hors des clichés (On ne peut pas dire que Tom est le cliché du gay moyen. Non Tom est vraiment comme n'importe quel garçon maître nageur de son âge ! On a tous envie de l'avoir comme gendre, non ?) Et de leur entraîneuse à travers le tissu associatif Gay et Lesbien. Et nous découvrons que ces trois sympathiques garçons s'épanouissent malgré toutes les contraintes qu'un entraînement professionnel requiert et grâce au soutien de leurs entraîneurs. Et ils y arrivent. En même temps on découvre leur monde. Ah c'est vrai, j'oubliais, ils sont gays ! Mais cela, comme le dit Gigi, on s'en fout ! Et même comme elle semble nous le confier naïvement, c'est même un atout !

Pour ce qui est de la beauté dans le film (les trois garçons le sont mais pas seulement physiquement d'ailleurs), je l'ai justement mise en échec à un moment du film et donc ce que l'on pourrait considérer de parfait, fort et dynamique est contrebalancé "cinématographiquement". Pour bien faire comprendre que attention, en face il y a une jeune fille qui pourrait être considérée moins belle mais qui a, et elle nous le montre, dans son magnifique ballet – comme les trois garçons – toutes les qualités pour produire quelque chose de beau. En image ensuite se succèdent divers individus d'âge, de sexe, de sexualité et de factures différentes.

Avec Les Garçons de la piscine, je ne veux porter aucune mise en garde. Il n'y a en pas. Il y a beaucoup de chose dans ce film mais il n'y pas de mise en garde. Personnellement ce film qui aborde pour la première fois dans un documentaire l'homosexualité de cette manière-là parle avant tout de sensualité et de complicité.

Et je suis persuadé que les jeunes qui découvriront ce film n'y verront aucune allusion à un quelconque danger à pratiquer un sport. Ils verront surtout que les gays et les lesbiennes peuvent être comme les autres.

 

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Un voile de timidité et de pudeur plane sur l'ensemble du film.

Est-ce voulu ? Ou dû à la personnalité des trois garçons ? Tout semble facile et à la fois trop beau pour être vrai. On a du mal à croire que tout soit si policé dans le monde de la compétition. On a presque envie que l'un des personnages devienne méchant ou disjoncte. Le discours des personnalités officielles reste consensuel, tout comme celui des gays et lesbiennes interrogés. Même Gigi dit à un moment avec un sourire un peu naïf que du fait de leur homosexualité, les trois nageurs sont "affectueux" avec elle. Ils la portent dans leurs bras, l'embrassent, la câlinent. On se croirait presque au pays de Candy. Existe-t-il un discours consensuel LGBT ? Seule la co-présidente du Tournoi International de Paris 2008 avoue que dans la communauté homosexuelle « les sportifs ne se sentent pas toujours bien dans leur sport »... 

C'est vrai. Le film laisse apparaître le club du Paris aquatique et d'autres structures sportives gays comme un havre de paix, un Eden pourrait-on dire. Un lieu d'épanouissement pour beaucoup de gays et de lesbiennes ? Sûrement, mais pas seulement puisque que l'on y rencontre beaucoup d'autres genres, hétéro, bi, trans etc. Un esprit communautaire y prévaut au-delà de l'esprit de compétition. C’est cela que j'ai souhaité mettre en relief dans le film. Il n'y a pas de discours consensuel LGBT. C'est le désir de chacun de s'ouvrir à autrui, à la différence et d’accueillir tous les genres pour participer à des pratiques sportives dont certaines ne sont pas reconnues par les instances sportives internationales et nationales. De plus il ne faut pas oublier la forte homophobie qui règne dans les autres sports et c'est là dessus que porte la réflexion de la co-présidente LGBT. On voit comme il est dur encore d'affirmer son homosexualité dans le sport. Un homo dans un vestiaire risque d'être mis à l’écart à cause de la peur de son regard sur les autres.

Les individus membres de ces clubs ne disjonctent pas et ne deviennent pas méchants car les enjeux ne sont pas les mêmes que dans un autre club de sport professionnel. Encore une fois ils sont là pour – peut être aller au delà de "quelque chose" – mais avant tout pour un épanouissement personnel. Ici les sportifs se sentent vraiment bien dans leur sport. 

Ces clubs permettent aussi à leurs membres de se retrouver dans un environnement où l'intolérance et la discrimination sont bannies. On peut être obèse ou vieux et concourir avec des athlètes de haut niveau ou avec de très jeunes sportifs. On peut surtout y vivre son homosexualité et sa différence sans être jugé ou être obligé de baisser l'échine devant des discours racistes et homophobes...

Et avec l'actualité autour des Outgames (jeux gays internationaux) de Copenhague où des participants gays et lesbiens ont été victimes d'actes violents d'homophobie, on comprend mieux pourquoi encore aujourd'hui, des homos se sentent mieux ensemble pour pratiquer un sport.

Il faut remettre aussi le film dans le contexte de ma vie personnelle. En effet, quand j'ai pensé le film, je voulais tout simplement me faire du bien à travers une histoire simple. J’avais aussi besoin de me confronter à un univers différent et ouvert. En effet de 2000 à 2007, je m'étais investi dans la défense d'un cinéma différent et Queer. Je pensais y trouver un environnement propice au développement de mon travail par l'échange avec d'autres artistes comme moi. Je n'y ai trouvé malheureusement que petites jalousies, mesquineries et trahison. L’aigreur aussi d'artistes sans reconnaissance. Cela a été un choc car en totale inadéquation avec ma culture personnelle de transmission et de partage et avec l'idée que je me fais du cinéma. C'est cela aussi peut être mon côté « Candy » ? Une sensibilité à fleur de peau ! J'avais donc besoin à travers Les Garçons de la piscine de me confronter à un univers plus en adéquation avec ma philosophie de vie.

 

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Dans une toute autre mesure, avec Allah est grand et malgré l'aspect poétique sous une forme de conjuration et de rituel magique, tu prends la température des mentalités sur des sujets difficiles (l'intégrisme, le fanatisme religieux, la place de la femme surtout). Quelles sont les réactions ? Par le biais du cinéma expérimental (3 projecteurs, pluralité des sources tant sonores que visuelles, performance à voir en direct), penses-tu pouvoir toucher un public diversifié ? Peut-être plus militant ? As-tu l'impression que pour faire passer une idée forte, la déconstruction du formel et des conventions dans la création sont indispensables ?

Je m'interdis de penser aux destinataires de mes films par respect justement pour ces mêmes destinataires qui attendent de moi mon regard et mon point de vue. Aussi, je produis des images car cela est une nécessité. J’ai besoin de capter ce qui me touche. La forme que prennent mes films peut être déroutante dans les procédés et les procédures de fabrication et de présentation. Mais j'ai appris en travaillant avec les jeunes de la rue pendant plusieurs années à me détacher des codes de la culture dominante et à m'exprimer librement même si cela peut être difficile d'accès.

Dès mes premiers films j'ai compris que cette signature particulière que je développais pouvais s'imposer. Les destinataires s'habituant à cette vision du monde parfois déroutante.

Allah est grand que tu cites est pour moi une forme aboutie de conjuration cinématographique où l'intégrisme, l'hystérie, la beauté, la sensualité, la joie, l'espace sont jetés pêle-mêle par trois projecteurs sur un même écran, un film vivant dont la forme change à chaque projection et une souffrance matérialisée par la pellicule qui brûle devant l'objectif. Les réactions ont été par exemple assez intéressantes, parfois même troublantes. Néanmoins, la performance a toujours été très bien reçue – il faut dire que du point de vue plastique, c'est assez étonnant ! – sauf une fois à Berlin au Porn Film Festival où des lesbiennes militantes féministes françaises m'avaient reproché de parler d'un sujet que je ne connaissais pas puisque je suis un homme blanc occidental (ce qui est faux puisque j'ai souvent travaillé et étudié le problème en France comme en Algérie – j'ai d'ailleurs réalisé le premier documentaire sur l'homosexualité en Algérie Être – et qu'une partie de ma famille vient d'Egypte). Et une autre fois, des musulmans, femmes et hommes, ont soulignés l'approche poétique.

Je pense que tous ces films sont accessibles à tout le monde. Ils demandent peut-être parfois une présentation de l'auteur car ils sont réalisés en toute liberté et donc signés d'une facture très personnelle. Cette liberté est souvent déroutante pour un public occidental éduqué et formaté. Mais j'ai toujours remarqué que ces champs d'expression libre sont très stimulants, surtout auprès du jeune public, plus particulièrement les adolescents. Ils voient là un champ nouveau et très personnel qui leur permet de se détacher des formes standards dans lesquelles ils ont souvent du mal à s'identifier. Comme les ados ont besoin de s'affirmer dans la différence, cela fonctionne très bien. Même chose auprès de populations dites orales ou analphabètes : l'approche poétique et complètement formelle les touche aussi beaucoup car à travers ce cinéma différent ce sont les sens souvent que l'on sollicite le plus et non l'intellect.

 


 

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Les Garçons de la Piscine (Juin 2009) :

Un film documentaire réalisé par LOUIS DUPONT

Produit par Acis productions. Coproduction Epicentre films

Pin'up boys :

http://dvdpinupboys.blogspot.com/

Bouche-à-bouche :

http://www.artevod.com/programDetails.do?emissionId=2207

Memosium :

http://www.myspace.com/memosium

DVD Les Garçons de la Piscine :

http://www.adventice.com/store/detail/46180/les-garcons-de-la-piscine.html

Page Louis Dupont sur Myspace

http://www.myspace.com/louisdupont

 

[Note de Daniel C. Hall : Cher Louis, Marie et moi te remercions pour ta disponibilité, ta gentillesse et ton talent. Et je me permets, Louis, de t'embrasser bien amicalement. Tu es chez toi sur Les Toiles Roses...]

TO BE CONTINUED…

Par Marie Fritsch - Publié dans : MARIE DE TRAVERSE
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Mardi 9 février 2 09 /02 /Fév 09:43


2. LOUIS DUPONT, ALCHIMISTE CINÉASTE… (1/2)

 

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Marie Fritsch

 

« Personne ne fera de moi ce que je ne suis pas

Tant pis si cela ne vous plaît pas

Les clichés glissent sur moi

Moi je suis une fille, une folle, un garçon

Je suis sur le fil, caméléon... »

 

23 ans après Mylène et son « Sans contrefaçons », Natacha Lejeune reprend le flambeau et vous parle de Marie. Elle traverse les  miroirs et les genres avec la même aisance…

 

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Les films de Louis Dupont agissent un peu comme une drogue. Dès la première vision on en veut encore. C'est avec Les Garçons de la piscine que certains d'entre vous feront sa connaissance alors que d'autres le suivent depuis ses débuts. De l'expérimental au plus académique, de la liberté totale au travail de commande, Louis a su donner à chacun de ses gestes cinématographiques une teinte particulière. Sa lecture du cinéma est singulière, à la fois attachante et dérangeante. On n'en attend pas moins d'un grand artiste.

En visionnant la filmographie de Louis, quelques thèmes ou "obsessions" semblent tisser le fil rouge d'une œuvre souvent esthétique, mais jamais esthétisante. Se cachent derrière les images un engagement certain dans le choix des sujets ainsi qu'un don particulier de la suggestion dans la façon de les traiter. Soit l'équilibre parfait entre la liberté d'expression du réalisateur et la multiplicité d'interprétations du spectateur. La magie opère là, exactement, au croisement des regards. Laissons la parole à l'homme derrière la caméra pour mieux appréhender son cinéma et les sources de son inspiration.

 

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Marie Fritsch : Le corps masculin dans tous ses états reste une source d'inspiration perpétuelle dans ton cinéma, que ce soit via la chorégraphie, la parade, la compétition ou simplement la recherche d'une place juste dans le monde. Que cherches-tu à saisir de l'homme en filmant son corps ?

Louis Dupont : À garder une trace. Dans le dvd Pin'up boys, le film Genèse (dans les bonus) donne quelques réponses.

J'ai perdu mon père jeune et la perte de son corps a déstabilisé ma vie. Je pense que ce filmage obsessionnel des corps est un moyen de les immortaliser, de lutter contre la mort et quelque part de retrouver ce corps perdu...

Filmer est de toute façon pour moi une nécessité.

 

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À quel moment l'intérêt porté au corps (le notre, le sien, le leur) devient-il dangereux ? À quel niveau ? N'as-tu pas cette angoisse de ce que serait une vie soudain privée de la vitalité et de la beauté plastique ? N'est-ce pas une façon illusoire de la saisir et de la retenir que de vouloir à tout prix la filmer ?

De mon point de vue et du point de vue de l'artiste, il n'y a aucun danger à s'intéresser au corps. Les sculpteurs grecs et romains l'ont fait, les peintres de la renaissance aussi, et bien d'autres artistes européens et aussi d'autres cultures primitives ou contemporaines. 

Il n’y a danger que lorsque, dans une société, le corps est idéalisé sous un modèle standard et marchand. Ce corps iconographié par les médias peut mettre en souffrance de nombreux individus fragiles (comme les ados et je pense à l'augmentation du suicide des jeunes aujourd'hui) qui vont chercher à se fondre dans cette représentation unique et standardisée. Déjà à travers mon film Les Souffrances en 2000/2001, je tentais de sensibiliser et aussi d'exorciser mon angoisse face à la souffrance de jeunes prostitués masculins que je suivais dans un centre social, prisonniers de leur corps mis en icône et donc en souffrance.

Certains de mes films posent directement la question du narcissisme (c’est le thème du film Les Souffrances d'ailleurs) et dans ces films en particulier quand il y a perte ou échec de la beauté, elle apparaît alors comme une libération. Le jeune héros des Souffrances (interprété par Samuel Ganes), en se faisant défigurer, va pouvoir se réaliser enfin et s'intégrer dans le monde.

Dans les Pin'up boys, la succession des "pastilles" amène le spectateur a une véritable indigestion. La pastille de Madame H offre un répit et la dernière pastille où je me mets en scène à la salle de gym propose une "passion" bien étrange jusqu'au gisant christique qui clôt le chapitre. il faut alors aller jusqu'au bonus Genèse pour analyser ce travail étrange.

Pin'up Boys 2 que je prépare, laisse la parole à différents garçons à nouveau qui viennent me parler de leur corps. Des garçons qui s'assument à travers l'exploitation de leur corps et qui semblent s'épanouir. À travers ces témoignages parfois touchant de spontanéité, mon filmage et mon écriture subversive proposera un contre-pied à leur point de vue.

Je ne me fais aucune illusion sur la permanence de la beauté mais comme le disait Héraclite, « Le soleil est nouveau chaque jour »; certains filment des levers ou des couchers de soleil moi je filme des corps, de tous genres, pour les sublimer et en garder la trace.

De plus, j'ai été élevé dans une famille d'artistes. Un parent sculpteur m'a beaucoup appris sur la représentation des corps. Lui, par exemple, était surtout obsédé par les corps en souffrance comme celui du Christ dont il a fait de superbes bustes. Dans mon filmage je m'inspire beaucoup de son approche et surtout de son regard sur les corps. D’autres parents, photographes, peintres et musiciens m'ont transmis la maîtrise du cadre et son architecture, l'équilibre des couleurs, le rythme, etc. Il est vrai qu'il régnait dans cette famille une certaine obsession de la beauté.

 

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On a envie de te voir filmer là où c'est gris, lent, cassé. Dans l'idée que tout a une fin, que la plasticité du corps est éphémère, la décrépitude incontournable. Mais dans Memosium, remarquable essai filmique sur la mémoire en fuite, c'est le corps qui est solide emplissant l'espace laissé libre au danseur et l'esprit qui se dissout. La déconstruction comme possibilité d'une renaissance ? Se libérer de la mémoire et du passé, plutôt un envol ou au contraire la signature d'une mort annoncée et la peur qu'elle engendre ? Ce thème de la mémoire est présent aussi dans Bouche-à-bouche, même si d'une façon plus anecdotique. Est-ce un sujet important pour toi ?

Un grand nombre de mes films ont été réalisés en super 8 Kodakrome 40 asa. Ce support particulier était justement idéal pour souligner la fragilité des corps comme dans Les Garçons de la piscine. De plus, ce support est souvent utilisé pour évoquer la mémoire ou le temps passé. Le super 8 est une pellicule inversible, l’original est donc un positif. Le cinéaste se retrouve ainsi à travailler son montage sur une copie unique. La taille et la fragilité de la pellicule font que chaque coupe est définitive. Le montage, les passages répétés dans la visionneuse et la colleuse, donnent souvent lieu aux premières rayures irrémédiables de la pellicule. Un support idéal !

La mémoire est toujours présente dans mon travail. Car tout d'abord nous ne pouvons rien construire sans elle. Dans le cadre de mon obsession, la mémoire interagit énormément sur les corps. Le corps est une éponge et se façonne en fonction de ce qu'il perçoit. Le corps est constitué d'éléments qui ont aussi une mémoire, un héritage.

Le corps enregistre tout et le garde en mémoire.

Notre corps, sa façon de bouger, son appréhension de l'espace et du monde est la somme comportementale de multiples héritages humains. Une accumulation d'histoire. Dans Bouche-à-bouche, le jeune héros marche comme un scaphandrier. L'homme de Memosium, interprété par José Luis Sultan, montre le corps prisonnier de sa mémoire ou enchevêtré – dormant parfois – dans ce que j'ai voulu représenter de la mémoire. Des couloirs salis et en ruine, de la bâche de plastique, etc. Il tente de s'en libérer – comme un fou – et à la fin du film sa course effrénée sur une des terrasses du lieu de tournage offre plusieurs interprétations : l'envol, la fuite ou la mort.

 


Comment filmerais-tu un corps réduit à l'immobilité ? Une telle situation aurait-elle sa place dans ton travail sur la représentation du corps ?

Tout d'abord l'immobilité, pour moi, au cinéma n'existe pas ou du moins n'est qu'illusion. Même un corps figé sera mouvant, animé. C'est une question de filmage et d'écriture cinématographique. Pour cela il suffit de se référer à Deleuze.

J’ai plusieurs fois filmé des corps sans vie (au sens propre) comme des statues. Même en proposant un cadre fixe, la palpitation de la pellicule et de la lumière (cadence de projection, faisceau de lumière lors de la projection) rendra l'immobilité mouvante. C'est aussi une question de dramaturgie je pense. Dans un plan fixe d'un sujet immobile, il y aura toujours un début un milieu et une fin. À travers ta question je pense à Dreyer, cinéaste de l'ombre et de la lumière mais aussi, pour moi, de l'immobilité. Du moins dans sa mise en scène car si je dois filmer un corps réduit à l'immobilité, c'est à lui que je penserai et à son chef-d'œuvre Ordet.

J'ai d'ailleurs travaillé avec des sujets « mis en » immobilité ! Comme dans Allah est grand. La femme, immobile et droite, est filmée en plan séquence. Cette séquence d'un corps fixe est alors en projection superposée à une autre séquence, celle d'un décor, salle de prière, etc. Le corps immobile de la femme semble alors se promener dans l'espace. J’aime beaucoup proposer de tels procédés. Au lieu de rester dans l'immobilisme d'éléments acquis, je préfère le chaos d'éléments en perpétuels mouvements.

 

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Dans Les Garçons de la piscine, le corps est à la fois un champ des possibles et une prison. Ou plutôt le champ d'action d'un esprit de compétition avec lui-même et avec les autres. Quel regard portes-tu sur cette compétitivité galopante dans le domaine du sport, puisque tu l'as toi aussi pratiqué ? 

Dans Les Garçons de la piscine, les trois héros du film (Tom, Jean Philippe et Fabrice) sont en effet pris dans un parcours compétitif soutenu par leur coach Gigi (Isabelle Girault). Je me souviens de la réflexion d'un responsable de festival Gay et Lesbien qui regrettait l'absence d'esprit de compétition. Et je pense justement avoir capté un univers où la compétition existe mais où prime tout d'abord l'esprit de communauté et de solidarité. La compétition n'est qu'un prétexte à se retrouver. Et c'est cela que j'ai choisi de retenir. 

La victoire des garçons à la fin du film ne m'intéressait même pas ! Et c'est pour cela qu'elle se réduit à une simple séquence. Pour moi les enjeux de mon film se situent bien ailleurs. De fait, dans une première version cette séquence n'existait pas. 

L'esprit de compétition n'est pas très développé chez moi de toute façon. Je n'ai pas besoin de cela pour m'affirmer. Et je pense que le trio du film a le même point de vue. L’important pour eux est de participer, et de se dépasser soi-même avec l'aide et le soutien de leur coach Gigi. Même homos ils peuvent se dépasser ! Physiquement.

Et de toute façon, c'est l'esprit qui règne dans ces clubs Gays et Lesbiens comme le club du Paris Aquatique. Il y a existence d'un esprit de compétition mais dans le seul but de se retrouver, de se rapprocher de l'autre, de se confronter à l'autre (aux genres, aux physiques etc.), de voir autrui se dépasser, de se réaliser ! J’ai vu aussi beaucoup d'amour. Gigi véhicule bien ce point de vue. Elle entraîne et pousse les garçons à aller plus loin pour se dépasser mais tout cela avec beaucoup d'affection. C'est ce que j'ai trouvé dans ce club du Paris Aquatique et chez ses membres.

 

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Le corps peut être vécu comme une prison. Ces garçons essaient-ils de s'en libérer par cette mise en mouvement frénétique et permanente ? 

Dans Les Garçons de la Piscine, je montre en effet des corps qui se sont libérés déjà de la tension sociale qui peut exister autour des homos. Dans ce film j'ai choisi de montrer des garçons qui se sont épanouis grâce à une activité sportive. Néanmoins j'ai voulu à travers l'élément subaquatique faire ressentir plus un sentiment de plénitude que de frénésie. Certes le ballet final peut apparaître frénétique de par la performance physique des garçons. J’aurai pu ralentir les mouvements au montage mais cela n'aurait eu aucun sens à ce moment final du film. J’ai préféré ne pas modifier la cadence ! Cela me rappelle le commentaire d'un spectateur qui après avoir vu Dialogus Corporis (Les Garçons de la plage) m'avait défini comme le David Hamilton Gay !

 

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Te méfies-tu des mots ? Le film parle du corps qui parle au corps. Les images, très belles et réellement incarnées par le charisme des trois acteurs ne laissent aucun répit aux stimuli physiologiques. N'y a t'-il pas paradoxalement une perte de sens d'un point de vue de l'intellect ? Ou au contraire une liberté totale d'interprétation ?

Mon cinéma est avant tout Image. Il s'appuie sur la force des images. Et surtout sur mes expériences avec les jeunes de la rue, et d’autres personnes en grande difficulté comme les handicapés, les primo-arrivants etc. C'est un cinéma qui s'adresse au sens avant de s'adresser à l'intellect pour toucher au plus profond de l'être et surtout parler au plus grand nombre, même aux personnes analphabètes.

Et donc, pour répondre à tes questions, je ne me méfie pas des mots mais je me méfie beaucoup du verbe et m'ennuie beaucoup face à un film qui se construit autour de la puissance du verbe comme savent si bien le faire beaucoup de réalisateurs français. 

Il est parfois déroutant de lire mes films, surtout pour un spectateur occidental ; il va chercher l'histoire classique de construction aristotélicienne, le début pour s'accrocher au milieu et s'évacuer avec la fin. On dirait vraiment le processus de digestion d'un aliment. De la consommation quoi !

Je préfère en effet prendre le risque à travers une construction qui peut parfois être déroutante et très personnelle d'une certaine liberté d'interprétation ce qui demande au spectateur un peu plus de concentration.

 

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Le postulat de départ (et de commande) est de militer pour une parité dans la pratique de la nage synchronisée. Imposer au public et aux instances décisionnelles l'idée que les hommes aient leur place dans les clubs et les compétitions. Cela t'a donné la possibilité de filmer ces trois nageurs au plus près afin de militer auprès d'eux et de leur entraîneuse qui se bat pour cette parité. 

Les garçons sont filmés au corps à corps. De Gigi on voit surtout le visage. Son regard, ses mimiques, et souvent en plan très rapproché. Paradoxalement ce personnage féminin devient quasiment principal dans ton film. Filmé avec un regard particulièrement attentif et qui la rend troublante d'humanité. 

Te sentirais-tu capable et surtout l'envie de faire un film avec comme personnage principal une femme ?

C'est ce que laisse à penser la façon dont ta caméra caresse non pas le corps mais le sourire et le visage de Gigi. Dans Allah est grand, autre film très engagé mais sur un tout autre niveau, le corps féminin est filmé dans son ensemble, comme une entité globale, comme une représentation de la femme pour débattre de sa place dans certaines sociétés. Ici il s'agit davantage de donner corps à un être nommé, à un personnage. La démarche n'est pas la même, et pourtant on sent comme dans Allah, un genre de pudeur extrême quand à la représentation du féminin. De l'homme tu captes la sensualité, la plastique, la parade (comme dans Les Garçons de la plage) tandis qu'à travers tes personnages féminins transparaît davantage une réflexion politique et culturelle.

Le corps de la femme est un corps que je connais beaucoup moins bien que le corps masculin. Parce que je suis tout simplement un homme (mais là je pense ne rien t'apprendre !) Je n'ai aucune difficulté et aucune pudeur à filmer des corps d'hommes car c'est aussi moi et c'est aussi de moi que je souhaite parler. Et c'est aussi sur mon statut d'homme que je m'interroge et sa place dans la société. Je connais beaucoup moins les problématiques des corps de femmes et je pense leur laisser le soin de s'exprimer elles-mêmes. J'ai peur aussi si je filme un corps de femme de donner un point de vue typiquement masculin. Néanmoins je suis angoissé quand l'intégrité du corps des femmes est mise en danger et je peux alors aussi prendre la liberté de m'exprimer sur le sujet comme à travers la conjuration cinématographique Allah est grand.

Dans mon imaginaire, la femme tient une place très particulière. Dominante, guerrière, politique et maternelle – je dis « la femme » au risque de déplaire aux féministes radicales qui préféreront l'utilisation de « les femmes » – ainsi, Bertille Mercier qui interprète « la femme » dans Allah est grand et qui mène le combat et résiste aux radicaux islamistes prônant le port du voile. Malgré les assauts extrémistes argentiques répétés, Bertille résiste et va même nous esquisser un sourire de connivence, à la toute fin de l'œuvre, pour nous rassurer sur ses capacités à résister. Quelque part ce regard subjectif à la caméra s'adresse aussi directement à moi, le filmeur, et rappelle à tous la position que j'ai dans cette œuvre.

Dans Les Garçons de la piscine, Gigi (Isabelle Girault) est aussi une guerrière. Elle combat pour que l'homme soit reconnu dans une pratique exclusivement féminine. Elle est pour moi sur un plan analytique, la déesse mère. D'ailleurs, l'espace principal qu'occupent le trio des garçons, la piscine, est un espace que l'on pourrait qualifier d'utérin.

La femme est donc plus forte que l'homme dans mon imaginaire. Elle canalise aussi les énergies destructrices et semble plus apte à gérer les affaires politiques que l'homme. Elle fait du bien aussi et apparaît comme la garante de la bonne transmission de la mémoire comme dans Bouche-à-bouche avec Ginette Garcin.

L'homme apparaît beaucoup plus fragile dans mon œuvre. II est aussi à mon image. Et si j'y regarde de plus prêt, je m'aperçois que les symboles féminins y foisonnent.

 

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Ce regard sur l'entraîneuse donne au film une dimension qui va largement au-delà de la question de l'orientation sexuelle. Avais-tu une difficulté particulière ou au contraire un réel plaisir à passer ainsi d'une caméra dirigée quasi obsessionnellement sur les corps des garçons, à cet angle beaucoup plus pudique et tendre quand il s'agit de Gigi ?

J'ai été séduit et touché par le rapport entre le trio de garçons et Gigi. Et ce fut un réel plaisir que de tenter de le capter pour en garder une trace. Au montage, j'ai du lisser cet aspect de peur de caricaturer leur rapport affectif très fort mais très sain dans le réel. Gigi et le trio forment un tout, unis et indissociable tout en étant chacun a sa place et chacun joue son rôle naturellement et spontanément.

Et il est évident que je ne pouvais donc pas filmer les garçons comme je filmais Gigi. Pour chaque sujet filmé j'ai bien pensé le point de vue que je proposerais.

 


Es-tu sensible au travail d'une femme sur les corps masculin, comme celui de Claire Denis dans le film Beau travail ? Quelles sont tes inspirations principales sur le sujet de la représentation des corps ? Cinéma ? Danse ?

Oui bien entendu. Et là encore ce sont des femmes qui ont inspirées et nourrit mon travail. De Claire Denis à Nathalie Larquet, chorégraphe. J'ai aussi revu les Dieux du Stade (Olympia) de Leni Riefenstahl pour ses ambiances quasi mythologiques et son travail expérimental pour exalter "plastiquement" la virilité et la force, notamment à travers la beauté du corps masculin athlétique.

 

Lire la suite de cette interview demain sur le blog Les Toiles Roses

 

Les Garçons de la Piscine (juin 2009)

Un film documentaire réalisé par LOUIS DUPONT

Produit par Acis productions. Coproduction Epicentre films

Pin'up boys :

http://dvdpinupboys.blogspot.com/

Bouche-à-bouche :

http://www.artevod.com/programDetails.do?emissionId=2207

Memosium :

http://www.myspace.com/memosium

DVD Les Garçons de la piscine :

http://www.adventice.com/store/detail/46180/les-garcons-de-la-piscine.html

Page Louis Dupont sur Myspace

http://www.myspace.com/louisdupont

TO BE CONTINUED…

Par Marie Fritsch - Publié dans : MARIE DE TRAVERSE
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Lundi 8 février 1 08 /02 /Fév 09:29

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Daniel Conrad Hall, le vénéré rédacteur en chef des Toiles Roses, sera l'invité sur Fréquence Paris Plurielle http://www.rfpp.net, ce soir à 20h30, de la célèbre émission de notre ami Brahim Naït-Balk : Homo-micro. Pour pouvoir l'écouter en direct, cliquez sur le site de la radio.


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Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Lundi 8 février 1 08 /02 /Fév 09:07
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Gay comme mon nom ne l'indique pas, et juif comme mon nom ne l'indique pas non plus, je suis tombé tout petit dans une marmite de BD (BD, pas PD !). Depuis, j'ai noirci des milliers de pages de personnages plus ou moins étranges. Depuis cinq ans, je suis chroniqueur du site Unificationfrance.com auquel je livre chaque semaine un dessin. Concerné par la cause LGBT, c'est avec plaisir que j'ai rejoint l'équipe de Les Toiles Roses, blog auquel je participerai avec mes « p’tits miquets ».

 

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Les aller-retour du Jedi

 

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Vive les couples mixtes ! (1)

 

vaccin.jpg Nouvelle pandémie : Mais que fait Roselyne Bachelot ?

TO BE CONTINUED...

 

Par Hugo Rozenberg - Publié dans : DESSINS : Rencontres de tous les types
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Dimanche 7 février 7 07 /02 /Fév 11:26

Visuel : (c) GayClic

Un résumé en vidéo (blogué par nos amis de GayClic) de l'histoire de Fred (le personnage gay de la série) dans les épisodes 29 et 30 (1ère partie) de la saison 2 de la série espagnole « Physique ou Chimie » (Física o Química) diffusée en France sur la chaîne NRJ 12.
[© D. R.]



Par GayClic.com - Publié dans : WEBSERIE : PHYSIQUE OU CHIMIE
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Dimanche 7 février 7 07 /02 /Fév 11:21
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Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 6 février 6 06 /02 /Fév 10:25

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Lettre à mon père et à tous ceux qui, comme lui, s’enferment dans leur tour.

 


Papa,

 

Quand j’étais enfant, je me rappelle t’avoir demandé ce que signifient ces deux lettres : PD. Cela veut dire « pauvre dégénéré », m’as-tu répondu très sérieusement.

J’ai donc compris que le PD est un être inférieur. Mais aussi qu’il est un traître à ses ancêtres, à ses parents. Un bâtard, finalement. Un être dont on a honte et qu’il vaut mieux cacher. Il est dégénéré car, de facto, son comportement l’exclut de l’arbre généalogique. Il n’aura pas d’enfant, après tout. « Dégénérant » m’aurait pourtant semblé plus juste si on considère qu’avec lui, une branche cessera de croître sur cet arbre. Mais non, pour toi, papa, l’homo est juste dégénéré. Il est l’atrophie de l’arbre, la branche sans vie, malade, bientôt morte et qu’il faudra couper. Il n’est cependant pas seulement dégénéré. Il est aussi « pauvre ». Pauvre dégénéré. Les traîtres et les bâtards ne méritent pas qu’on partage quoique ce soit avec eux.

« Quand je t’ai fait, ma semence devait être avariée », m’as-tu dit un jour. Quel hétéro supporterait cette phrase, dis-moi ? « Quand je t’ai fait, ma semence devait être avariée ». Ou pourrie peut-être, je ne me souviens plus du mot exact. Cela traduit avec justesse le mot « dégénéré », tu ne trouves pas, papa ? Voilà la phrase que j’ai dû encaisser parce que je suis homosexuel. Si j’étais hétérosexuel, je n’aurais pas eu à l’entendre. Je n’aurais pas dû la supporter. Je ne me demanderais pas, aujourd’hui encore, où diable je suis sensé trouver la force de la pardonner. Une phrase qui exprime si bien ce que c’est d’être le père de ce fils-là. Des mots qui, désespérément, tentent de se justifier. « Vous comprenez ? Ce n’est pas totalement ma faute. Il y a dû y avoir quelque chose de bizarre dans mon sperme ce jour-là. Et d’ailleurs, j’avais bu. Ceci explique sans doute cela. » Dégénéré, oui. Fruit d’une semence avariée. La tienne. Quel drame, n’est-ce pas ?

Si j’étais hétérosexuel, je ne serais donc pas ce pauvre dégénéré que tu décrivais à l’enfant que j’étais. Je ne serais pas un traître à tes yeux. Tu aurais accueilli avec joie la personne qui partage ma vie, car cela aurait été une femme. Je n’aurais pas du te demander, à chaque fois que je t’ai au téléphone : « Quand viendras-tu voir ma maison ? ». Tu n’es jamais venu chez moi. Tu as toujours refusé. « C’est loin », « On n’a pas le temps, tu sais, nos week-ends sont chargés » ou alors « On verra ». Les années passent. Tu ne viens pas. Je suis persuadé que si je vivais avec une femme, tu viendrais chaque été pour boire un verre de rosé frais à côté de l’étang. Je t’imagine, les jambes tendues sous la tonnelle, soupirant : « Ah nom de Dieu putain bordel de merde, qu’est-ce qu’on est bien ici. » Mais je vis avec un homme. Tu venais chaque semaine il y a quelques années chercher la fille de ton épouse qui étudiait quelques maisons plus loin quand moi, je n’y habitais pas encore. Aujourd’hui, tu ne franchirais pas cette même distance pour venir voir ton fils dégénéré. C’est ainsi.

Si j’étais hétérosexuel, tu espèrerais que je te donne un énième petit-fils. Quelle gourmandise. Ta fille (la vraie, celle-la, pas celle de ton épouse) t’en a déjà donné une douzaine. D’accord. Comprenons-nous, une fille, ce n’est pas un fils, n’est-ce pas ? Avec moi, ton nom aurait continué à se répandre. J’imagine qu’il ne te vient même pas à l’idée que je puisse être stérile. Mais je suis homosexuel et avec moi, de toute façon, ta lignée meurt. Je suis dégénérant en plus d’être dégénéré.

Si j’étais hétérosexuel, je ne serais pas non plus un criminel à tes yeux. Un jour, tu m’as confié que tu préférerais avoir un fils en prison plutôt qu’un fils homosexuel. Voleur, violeur ou tueur, dis-moi ? Il m’arrive de me poser la question. Quel délit supporterais-tu que je fasse en étant hétérosexuel ? Quel crime serait pire à tes yeux que celui d’être homo ? Braquer une banque ? Abuser d’une dizaine d’étudiantes sur un campus ? Conduire une fusillade sauvage dans un supermarché ? Quel crime ? Cela fait bizarre de savoir que l’on est pire qu’un assassin violeur cambrioleur et d’être, malgré tout, en liberté. Si j’étais hétérosexuel et criminel, viendrais-tu me voir en prison, papa ?

Ce dont je suis certain, c’est que si j’étais hétérosexuel, tu aurais applaudi en apprenant que je me suis mis en ménage au lieu de soupirer : « Ah ! ». Tu nous inviterais aux fêtes de Noël. Tu serais fier également de présenter ton fils à tes amis. Nous aurions été photographiés à côté de vous lors du mariage de ta belle-fille. Nous aurions été assis à votre table. Tu t’intéresserais à mes difficultés professionnelles. Tu y chercherais une solution.

Si j’étais hétérosexuel, sans doute, je viendrais te voir plus souvent.

Depuis que j’ai quinze ans, tu t’es intéressé à ma vie sentimentale. Tu cherchais à savoir qui de ces filles que je fréquentais pouvait bien être ma petite copine. Pas une journée ne se passait sans que tu ne poses la question. Sentais-tu quelque chose ? J’en suis persuadé. Mais tu ne voulais pas l’admettre. Ton fils qui offre un cadeau à son « meilleur ami » à la Noël. Ton fils qui déprime parce qu’il ne verra pas son « meilleur ami » pendant les deux mois de vacances où il sera parti à l’étranger. Ton fils qui passe des heures au téléphone avec son « meilleur ami ». Je suis certain que tu avais compris quels sentiments j’éprouvais réellement pour ce « meilleur ami ». Mon pote, comme tu disais. Car c’était le seul mot qui te semblait convenable. Tu as sans doute cherché à conjurer l’angoisse en grattant sous l’écorce, à la recherche d’une illustre inconnue qui serait dans mon cœur. À cette époque, on m’apprenait à l’université que l’homosexualité était une perversion, une maladie mentale. Je me voyais mal t’annoncer que j’étais gay. Et toi, tu espérais te tromper et fouillais dans ma vie à la recherche d’une femme. Quel soulagement cela aurait été pour toi de la trouver. En vain. Du coup, lorsque tu as quitté maman, c’est presque moi qui en ai été soulagé. Au moins, je n’aurais plus à supporter tes éternels interrogatoires. Si j’étais hétérosexuel, je t’aurais présenté une copine que j’aurais mise enceinte, comme toi, à dix-sept ans. Et tu ne te serais plus soucié de ma vie sexuelle. Quelle paix j’aurais eue !

Je n’ai jamais couché avec une femme. Pour tout dire, je n’en ai désiré aucune. À quinze ans, une fille m’a bien dragué. Nous sommes allés au cinéma. Elle m’a embrassé sans que je n’éprouve rien de spécial. Je voulais juste voir le film et fantasmer sur Christophe Lambert. Je me souviens, papa, que tu m’as dit : « Tu aurais dû t’intéresser à ses seins, c’est cela que les filles attendent. » Ah bon. Je n’avais même pas remarqué qu’elle avait des seins. Je n’en ai jamais caressé aucun. Je ne sais pas quel goût a le vagin d’une femme. Je ne me suis jamais retourné sur aucune d’elles dans la rue.

Est-ce plus noble de caresser les seins d’une femme plutôt que d’embrasser les tétons d’un homme ? Est-ce plus digne de brouter une chatte que de sucer une bite ? Je suppose qu’à tes yeux, c’est le cas, papa. Si j’étais hétérosexuel, je serais enfin digne d’être ton fils.

Mais aujourd’hui, je suis seulement le fils indigne.

Indigne parce qu’il ne téléphone presque jamais à son père (m’appelles-tu ?).

Indigne parce qu’il ne va jamais visiter son père (au fait, et toi, sais-tu à quoi ressemble ma maison, papa ?).

Indigne parce qu’il aime les hommes, ce qui est pire que tous les autres crimes, pas vrai ?

Indigne aussi parce que je suis le fruit d’une semence avariée, même si en l’occurrence il s’agit de la tienne.

Je ne serai jamais hétérosexuel. Je ne serai donc jamais le digne fils de mon père. Il me reste juste l’espoir que le fait d’être un pauvre dégénéré n’a pas tué tout l’amour qui pourrait subsister entre nous.

Dis-moi, papa. Sais-tu ce qu’endure un fils à qui son père conseille d’aller voir un médecin pour le guérir ? Sais-tu ce qu’endure un fils qui subit de telles phrases ? Les gens qui pensent comme toi soutiendraient-ils une association comme « Le Refuge » ? Tu serais étonné, je suppose, qu’une telle association soit seulement nécessaire. J’imagine que l’idée ne t’effleure même pas qu’un jeune, que ses parents rejettent parce qu’il est gay, puisse se trouver à l’intérieur d’une telle souffrance et qu’il ait besoin, tout simplement besoin, de trouver des gens à son écoute. Que cela n’est même pas utile, juste NÉCESSAIRE ! Il y a des mots d’amour qu’un fils peut attendre très longtemps. Des gestes bénins qui sont beaucoup. J’espère qu’un jour, comme tous ces parents qui refusent la vérité, tu accepteras ton fils tel qu’il est. Pour que plus jamais une association, telle que « Le Refuge », ne soit nécessaire. Qu’ils disparaissent parce que plus personne n’aurait besoin d’eux, cela serait, je crois, leur plus belle victoire !

Tu sais, papa, malgré tout ça, je me dis malgré tout que tu restes mon père.

 

X

 

[Note de Daniel C. Hall : Ce témoignage anonyme bouleversant est parvenu dans la nuit grâce à l'email du blog. Je vous le livre tel quel.]

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : ASSOCIATION LE REFUGE
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Vendredi 5 février 5 05 /02 /Fév 15:29

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(6.06)


PREVIOUSLY ON ZANZI AND THE CITY : cliquer ici.

 

Ce billet s’adresse tout particulièrement aux adolescents et aux jeunes adultes qui nous lisent, et sont confrontés à la problématique du coming-out. Je le leur dédie.

En ce moment, on parle davantage des réfugiés climatiques que des réfugiés familiaux, ces enfants qui, à cause de leur différence, quelle qu’elle soit, sont rejetés par leurs parents. Dans le cadre de l’action du blog en faveur de l’association Le Refuge, la différence dont il est question est l’homosexualité.

Vous êtes jeunes, vulnérables, traversez une phase délicate et de remise en question de vous-même, et vous vous demandez si vous devez en parler à vos parents. J’ai lu çà et là l’emploi malheureux du verbe « avouer ». Il est maladroit. On avoue une faute ou un crime, quelque chose dont on serait coupable. Être homosexuel, ce n’est pas un crime, ce n’est pas une faute, ce n’est pas une culpabilité. Même dans la belle chanson de Lara Fabian, « La Différence », je regrette l’emploi du verbe « tolérer » pour parler de « l’exceptionnelle différence » de Verlaine et de Rimbaud. Tolérer n’est pas accepter. Et vous vous demandez donc si vous devez confier votre secret à vos parents, s’ils vont l’accepter, ou au mieux, le tolérer, ou au pire, vous renier et décréter à votre encontre une sentence de mort familiale.

Je l’ai déjà dit : ne pas vouloir d’enfant est un choix égoïste, mais faire des enfants l’est tout autant, voire davantage. Avant même que vous ayez poussé votre premier vagissement, vos géniteurs complètement projetés ont déjà planifié ce que sera votre existence, conforme en tous points aux rêves qu’ils font pour vous et à travers vous ; ils vous ont choisi une profession que vous n’aurez sans doute aucune envie d’exercer, et attendent que vous vous conformiez à l’ordre naturel des choses et que vous leur donniez des petits-enfants, comme eux-mêmes le firent pour leurs propres parents. La réalité est que les choses ne se passent pas toujours ainsi, et vous en êtes – nous le sommes tous – les preuves vivantes.

En vérité, il arrive à tout le monde de décevoir un jour ses parents, et cela vaut également pour le Polytechnicien avec sa tête de premier de la classe dont les bulletins scolaires ont toujours fait la fierté de ses père et mère. Mais un cas n’est pas l’autre, et vous savez qu’en tant qu’homosexuel, vous allez décevoir papa et maman plus durement qu’avec un zéro en maths. Les parents exercent l’autorité sur leurs enfants, c’est un fait et le législateur qui s’occupe de tout le reconnaît aussi. Vos parents vous diront que vous avez des comptes à leur rendre : ce n’est pas faux, s’agissant de la scolarité et des questions relatives à la discipline, aux sorties le samedi soir et au couvre-feu ; mais ce n’est pas valable pour tout. Vous avez droit à une vie privée et le droit de la protéger. Je pense, par ailleurs, que ce sont vos parents qui devraient vous rendre des comptes pour avoir eu l’égoïsme de vous faire naître dans ce monde particulièrement cruel. Leur devoir est d’assumer cet acte jusqu’au bout. À cet égard, je vous cite le code civil :

Art. 371-1 (Loi n°2002-305 du 4 mars 2002) : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. »

Art. 371-2 : « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur. »

Traduction : si vos parents vous jettent dehors parce que vous êtes homosexuel, ils sont hors la loi car ils ne respectent pas leurs obligations envers vous, mettent votre sécurité en péril et ne vous respectent pas en tant que personne. En vous fondant sur la loi n°2002-305 du 4 mars 2002 et les articles 371-1 et 371-2 du code civil, vous pouvez les attaquer en justice, et croyez-moi, vous gagnerez, d’autant plus si vous organisez un battage médiatique autour de l’injustice qui vous est faite.

Cependant, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de garder le silence sur votre vie privée. Je n’ai jamais considéré le coming-out comme un rite de passage obligé, et surtout pas durant l’adolescence ou le début de la vie d’adulte. Votre vie privée, protégez-là, faites-en votre jardin secret. Concentrez-vous sur un objectif indispensable : l’accès à votre indépendance. Que vous fassiez des études supérieures, passiez un brevet de technicien, de l’artisanat ou deveniez barman, peu importe la voie que vous vous choisirez pour prendre votre envol dans la vie, faites-en votre priorité. Une fois que vous aurez acquis votre indépendance, vos parents n’auront plus d’emprise sur vous et s’ils sont assez cons pour vous vouer aux gémonies, laissez-les tomber.

Cela dit, chaque cas est différent et si de sérieux indices vous laissent penser que vos parents vous accepteront tel que vous êtes et vous soutiendront, alors n’hésitez pas à dialoguer avec eux. Pour ma part, je ne l’ai jamais fait. De mon adolescence à mon indépendance, je me réfugiais dans mon monde imaginaire. Quelquefois, la réalité venait buter contre les murs d’ivoire de ma tour, mais je me suis protégé. Je savais qu’à l’époque, je ne pouvais rien dire sauf à me mettre en danger. Souvent, la sagesse des trois petits singes est la meilleure méthode : ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre.

Je dois rendre hommage à mes parents qui ont évolué avec les années, sans que j’eue le besoin de les y pousser. Le temps seul a fait tout le travail. Dans les faits, il n’y avait que les vieilles douairières de la famille pour m’interroger sur ma vie privée, et j’éludais la question avec une pirouette. Daniel vous dira que je sais être adroit dans mes réponses. Maman et Papa ne m’ont pas vraiment ennuyé avec des questions indiscrètes. Au fil du temps, l’évidence s’est imposée d’elle-même, sans heurt ni douleur. Mes parents m’aiment et ne veulent que mon bonheur, cela suffit. Tous n’ont pas cette chance. Voilà pourquoi nous avons un devoir d’information (voir code civil), de témoignage, de soutien et d’aide. Voilà pourquoi je soutiens Le Refuge et suis à votre écoute si vous avez besoin de parler.

 

 

TO BE CONTINUED...

5 février 2010

Par Zanzi - Publié dans : ASSOCIATION LE REFUGE
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Vendredi 5 février 5 05 /02 /Fév 10:46
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : ASSOCIATION LE REFUGE
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Vendredi 5 février 5 05 /02 /Fév 10:21
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Par Daniel C. Hall - Publié dans : ASSOCIATION LE REFUGE
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