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Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

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Daniel Hall


secondé par :

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L'équipe des "piliers" en exclusivité
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, Bernard Alapetite, Zanzi, Neil, Kim,
Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori,
Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
Robert Wagner,
 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

Special Guest Star : Philippe Arino.

Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
Yann Gonzalez.
Et en special guest star gay-friendly... Dr Orlof !


et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

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Vendredi 3 novembre 5 03 /11 /Nov 04:43
Jean-Marc Nesme, député UMP et maire de Paray-le-Monial a accepté de répondre aux questions d'un reporter du site catholique www.e-deo.net
En toute franchise.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Vendredi 3 novembre 5 03 /11 /Nov 04:39
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 14:33
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 14:28
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 10:51
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 10:07

Fiche technique :
Avec Clovis Cornillac, Julie Depardieu, Michel Duchaussoy, Lionel Abelanski, Philippe Duquesne, Jean-Michel Lahmi, Alain Fromager, Gilles Gaston-Dreyfus, Hector Cabello Reyes et Anne Caillon. Réalisation : Eric Lavaine. Scénario : Eric lavaine et Hector Cabello Reyes, sur une idée d’Hector Cabello Reyes. Image : Vincent Mathias. Musique : Moto, The supermen lovers.
Durée : 93 mn. Actuellement en salles.


Résumé :
Beaux, jeunes et amoureux... Marc et Emma sont les nouveaux propriétaires d'une maison inhabitée depuis trente ans. Ils ignorent que la cave de la maison a abrité, il y a bien longtemps, une boîte de nuit gay.
Le 29 avril 1979 à 2 heures du matin, suite à un incident électrique avec la machine à mousse, en pleine fête disco, la boîte a été dévastée. Parmi les danseurs, cinq corps n'ont jamais été retrouvés.
Aujourd'hui, la maison est hantée par cinq fantômes fêtards, taquins et gays. Marc les voit. Emma ne les voit pas. Les « visions » de Marc vont précipiter le départ d'Emma.
Marc se retrouve seul avec ses interrogations. Touchés par cet homme à la dérive, les fantômes vont l'aider à reconquérir Emma.

L’avis de Matoo :
Encore une de ces comédies pédé avec du potentiel, mais qui au final m’a fait l’effet d’un pétard mouillé. Parce que ce n’est pas très bon, parce que le scénario est au ras des pâquerettes, et parce que ce n’est pas très drôle. Et comme tout l’effort est placé dans des scènes de comédie qui ne m’ont pas fait rire, eh bien je n’ai pas été assez distrait et les défauts me sont apparus en pleine face.
Pourtant il y a un tas de points positifs dans ce film. Déjà le plus important pour le pédé que je suis : il ne s’agit pas d’une comédie homophobe ou qui traite le sujet des homos de manière choquante. Évidemment ce sont des clichés, mais rien de faux ou d’une caricature qui friserait l’insulte. Au contraire, le ton est incroyablement bien dosé pour que ce soit marrant, et gentiment moqueur.
L’histoire à la base m’amusait bien. Une boite de nuit gay de banlieue qui crame en 1979 et cinq pédales qui deviennent les fantômes des lieux. Clovis Cornillac et Julie Depardieu qui emménagent, et hop les fantômes qui n’ont pas conscience de leur statut, et qui continuent à se démener sur Boney M dans la cave. Clovis Cornillac est le seul à les entendre, puis à les voir, tandis que Julie Depardieu pense que son mec est de plus en plus étrange. Une fois qu’il a compris que les pédales discos de la cave sont des esprits, Cornillac décide d’y remédier.
J’ai beaucoup ri à quelques gags et répliques qui vraiment sont sympas, mais c’était entre de longues scènes pas drôles du tout, et qui mettaient en exergue pas mal de défauts. Des mouvements de caméra erratiques, des moments longs et lassants, des dialogues qui tombent à plat, une intrigue qui peine à s’installer alors qu’elle est d’une simplicité assez enfantine… Bref, ce n’est pas un bon film. C’est dommage car Cornillac et Depardieu sont très bons, ainsi que les différents personnages homos qui représentent quelques savoureux clichés du genre. Et puis les fesses de Cornillac, il faut avouer que c’est un bonheur.
L’arrivée de Michel Duchaussoy et le placement de produit matraqué marquent une partie du film qui m’a un peu plus rasséréné. Duchaussoy en exorciseur latiniste taré est vraiment marrant, et la pub MacDo est habile en jouant sur un effet de répétition incongru et d’autant plus efficace pour la marque en question. La fin qui vire sur du « Queer eye for a straight guy » est classique mais efficace.
Mais là où le bas blesse pour moi c’est dans les intrigues sentimentales. Que ce soit entre Cornillac et Depardieu, ou bien le pote et sa copine, ou encore le summum avec les histoires entre pédés (vraiment ridicules…), ce n’est pas drôle ou émouvant, c’est juste bancal et naze. Le genre en lui-même est plutôt pas mal, le film s’apparente dans les premières images à une bonne série B d’épouvante à tendance tapette qui aurait pu bien se goupiller. Mais selon moi, c’est raté malgré quelques bons traits.

L’avis de Panama the Great :
Eh oui j'y suis allé ! Il fallait bien que quelqu'un se sacrifie, non ?
Déjà, la salle est remplie de familles et de couples cinquantenaires. Pas un seul petit homo dans les rangs. Oups, ça commence mal si la Grande Communauté boycote...
Le film commence. Et la première impression est désastreuse : au lieu d'un remake du génialissime BeetleJuice, on a droit à un (très) mauvais épisode de Buffy contre les vampires : mouvements de caméra erratiques, dialogues pour ados, effets spéciaux d'une mauvaise série B. Le faux miaulement électronique du chat est particulièrement pathétique. On a droit en 10 minutes à tous les poncifs du genre.
Et même les acteurs – pourtant confirmés – semblent ne pas y croire du tout.
Et puis, tout doucement, le film trouve ses marques. La joyeuse troupe de fantômes gay est très réussie : look, couleurs seventies, attitudes, vocabulaire : tout y est, on s'y croirait ! Un vrai retour à la période glam disco, rythmé par l'obsessionnel et jouissif Raspoutine des Bonney-M qui rappelera bien des souvenirs à beaucoup d'entre nous...
Finalement, le film n'est pas raté. Bien sûr, ça reste pour moi une série B, à regarder à la télévision un soir où l'on s'ennuie. Et puis, il y a pour les aficionados les épaules de Cornillac, les pectoraux de Cornillac, la chute de rein de Cornillac, les fesses de Cornillac mais pas sa bite faut pas rêver...
Allez donc voir ce film sans idées préconçues. Ça ne vole pas bien haut, certes, mais finalement, il y a quelques bons passages qui ont réussi à faire rire la salle. Je crois bien également qu'il en sortira un ou deux dialogues cultes (« Ahhhh, il veut nous marier !!!! »).
Et puis les gay ont le bon rôle dans ce film. Un argument de plus pour le voir, non ?

-- Un rôle pour Panama ? Celui du mec qui emballe le petit Cornillac dans la boîte de nuit gay. Car, si je n'ai jamais eu trop de goût pour les travestissements, j'ai toujours aimé les hommes en costume cravate.
Pour plus d’informations :
Site officiel du film

Par Matoo et Panama the Great - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 09:45


[Note rajoutée par DCH : Ceci n'est pas une photo de Zanzi ! Croix de bois, crois de fer, si je mens...]


Aujourd’hui jour des défunts, je vais célébrer le trépas annoncé d’une fête irlando-américaine dont l’heure de gloire est céans passée : Halloween. Tous les indicateurs le disent : Halloween est en déclin et ne fait plus recette. Cela ne m’étonne pas, car cette fête, en France, procédait d’un effet de mode. Or, depuis Coco Chanel, on sait que « la mode est ce qui se démode ». De nombreuses séries et des films de série B ou Z venus d’outre-atlantique avaient, dans les années 90, favorisé la montée en puissance de cette institution qui n’a jamais fait partie de notre patrimoine national et de nos traditions.

Preuve que les voyages transatlantiques ne réussissent vraiment pas à tout ce qui nous vient d’Amérique, la fête de la veille de la Toussaint, une fois arrivée chez nous, fut pratiquée à la française, c’est-à-dire de façon bordélique et désordonnée. Pour autant que je sache, Halloween c’est le 31 octobre, pas le 30 octobre ni le 1er novembre. Cet axiome n’a manifestement jamais été assimilé par les petits enfants de 4 à 19 ans qui, sans vergogne, viennent quémander des bonbons trois ou quatre jours d’affilée ! Il faut bien qu’ils s’occupent, les pauvres chéris, puisque Halloween tombe en plein pendant les vacances de Toussaint.

C’est vrai, cela m’a toujours fait râler. Quitte à adopter les traditions des autres, autant les appliquer correctement. Autre sujet de fâcherie : l’âge des enfants déguisés et masqués et encagoulés : la plupart avaient en effet passé l’âge de jouer à ces gamineries, certains frisant davantage la vingtaine d’années au compteur que la dizaine ! Je parie qu’ils végètent encore en 3e de collège…

Heureusement, j’ai un bébé chien qui est une véritable créature de l’enfer. Ma toutoune d’amour à moi est un molosse, et comme par hasard, elle déteste les déguisements et les masques. Le carnaval l’énerve, elle n’aurait jamais pu être une bonne vénichienne. Bref, quand ces morpions habillés en fantômes, sorcières et tueur en série à la Scream viennent frapper à la porte, elle aboie de sa grosse voix et se précipite comme une furie à leur rencontre. L’effet est saisissant et tout à fait dans l’esprit d’Halloween quand le vestibule est allumé et que, de l’extérieur, on voit son ombre projetée grossir à mesure qu’elle s’approche de la porte d’entrée. Curieusement, les vrais petits enfants en ont moins peur que les faux, et j’ai bien ri la fois où j’ai vu un grand dadais d’au moins 1m80 détaler devant elle sans demander son reste.

Enfin, hormis dans quelques poches de résistance (Disneyland, McDo et Quick… en fait tous les lieux où les mômes sont les consommateurs privilégiés), il semble que Halloween tende à disparaître de la surface de la France. C’est le gang des dentistes qui va s’en attrister, tous ces bonbons et sucreries leur apportaient des clients !!!

Je ne vais certes pas pleurer sur la disparition programmée de ce phénomène, mais en fait, j’aime bien l’image de cette citrouille transformée en lanterne. Je lui trouve quelque chose de magique. Cela me plairait bien d’organiser une veillée au cimetière, sous la seule lumière de Jack O’Lantern et de la lune (pleine, bien sûr), sur fond de décor macabre et d’arbres se dépouillant de leur ramage. J’aimerais que des esprits entre deux rives viennent tournoyer près de moi (nous, à plusieurs ce serait plus drôle) et qu’une complainte s’élève, qui pourrait être le chant des spectres ou celui du vent dans les frondaisons.

Fi d’Halloween, mais il faut sauver les citrouilles. Vive les cucurbitacées !


Pour lire le précedent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 09:44
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Jeudi 2 novembre 4 02 /11 /Nov 08:24

Et voilà que s’achèvent les dix jours consacrés à Salim. Dix jours pendant lesquels vous avez été nombreux à venir nous lire et à nous découvrir, je vous en remercie chaleureusement. Et pourtant d’autres posts sont prévus et paraîtront dans les jours à venir (consacrés notamment aux films À toute vitesse, Premières neiges, Gigolo et aux rôles dans les téléfilms) car des problèmes de serveurs de notre hébergeur m’ont bloqué pratiquement trois journées, ce qui explique ce retard. En fait, nous continuerons à observer la carrière de Salim Kechiouche et à l’encourager.

Je tiens donc à remercier toutes celles et ceux qui m’ont grandement aidé à réaliser ce projet qui me tenait à cœur : Salim Kechiouche (of course ! Pour tout ce que tu as fait et tes compliments), Pascal Faure (toujours disponible et charmant), Michel Giliberti, Youssef Nabil, Abdellah Taïa, Samuel Ganes, Philippe Quaisse, Philippe Leroux, Michel Derville, Gérard Courant, Zanzi, Pierre & Gilles, Bernard Alapetite et Cyril Legann pour Eklipse, Samuel Coraux pour AntiProd, Loïc Rio pour One plus One (et l’épisode du Grand Patron !), Rémi Lange, Thomas Desmond (pour les bannières), Gloria Films, Christian (webmestre du site de Stéphane Rideau), David de Media-G et tou(te)s le rédacteurs(trices) des critiques online. Je vous transmets aussi les remerciements de Salim pour tout ce travail qui l’a vraiment touché.

Salam chaleureux à vous tous,

Daniel C. Hall

Et je vous rappelle que vous pouvez aller voir Salim dans sa nouvelle pièce (cliquez sur l'affiche pour plus d'infos) en ce moment à Paris :

Par Daniel C. Hall - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mercredi 1 novembre 3 01 /11 /Nov 21:29
 

 

 

Les photographies sont (c) Philippe Leroux.
Tous droits réservés. Reproduction interdite.
Publiées avec l'autorisation de Pascal et Salim.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mercredi 1 novembre 3 01 /11 /Nov 19:29
Pour vous aider à y voir plus clair, voici l'index des films analysés sur le blog Les Toiles Roses avec les liens directs vers les articles.

L


Lan Yu : Histoire d’hommes à Pékin
(Lan Yu) – Chine : 2002,
Last Days USA : 2005, Latin Boys (Latin Boys Go to Hell) – USA : 1997, Leçons de ténèbres – France, Belgique : 2000, Léon (La), (El Léon) - Argentine, France : 2006, L.I.E. Long Island Expressway – USA : 2001, Lilies Canada : 1996, Loi du désir (La), (La ley del deseo) Espagne : 1986, Loin de Sunset Boulevard (Far From Sunset Boulevard) France, Russie : 2007, Loin du Brésil – France : 1991, Loin du paradis (Far From Heaven) – USA, France : 2002, Loin du paradis (Far From Heaven) – USA, France : 2002 (Fiche n°2), Lois de l’attraction (Les), (The Rules of Attraction) – USA : 2003, Lonely Child Canada : 2005, Lonesome Cowboys – USA : 1968, Looking for Langston – USA : 1989, Loulou, la boîte de Pandore (Die Buchse der Pandora) Allemagne : 1929, Loups de Kromer (Les), (The Wolves of Kromer) Grande-Bretagne : 1998, Love/Juice – Japon : 2000, Love (et ses petits désastres), (Love and Other Disasters) USA : 2007, Love ! Valour ! Compassion ! USA : 1997, Lunettes d’or (Les), (Gli Occhiali D’oro) – Italie, France, Yougoslavie : 1987

M


Macadam Cowboy (Midnight Cowboy) USA : 1969, Macho Dancer – Philippines : 1988, Madame Sata – Brésil, France : 2001, Maison du bout du monde (La), (A Home At The End Of The World) – USA : 2003, Mala noche USA : 1985, Maman que man – France : 1982
Mambo Italiano – Canada : 2003, Ma saison super 8
France : 2005, Matiouette ou l'Arrière-Pays (La) France : 1982, Maurice – Grande-Bretagne : 1987, Mauvaise éducation (La), (La Mala Educacion) – Espagne : 2003, Mauvaise éducation (La), (La Mala Educacion) – Espagne : 2003 (Fiche n°2), Mauvaise éducation (La), (La Mala Educacion) – Espagne : 2003 (Fiche n°3), Ma vie en rose – France : 1997, Ma vraie vie à Rouen – France : 2002, Memento Mori – Corée du Sud : 2002, Memento Mori – Corée du Sud : 2002 (Fiche n°2), Mery pour toujours (Mery Per Sempre) – Italie : 1990, Mes meilleurs copains – France : 1989, Messe est finie (La), (La Messa e finita) Italie : 1986, Metrosexuality Grande-Bretagne : 1999, Minuit dans le jardin du bien et du mal (Midnight in The Garden Of Good And Evil) – USA : 1997, Minute de soleil en moins (Une) France : 2002, Miss Mona – France : 1986, Mon Capitaine, un homme d'honneur (Marciando Nel Buio) Italie : 1996, Monsieur Max France : 2006, Mon voyage d’hiver – France : 2003, Mort à Venise (Morte A Venezia) – Italie : 1971, Mulholland Drive USA, France : 2001, Muscle (Kurutta Butokai) – Japon : 1989, My Beautiful Laundrette – Grande-Bretagne : 1985, My Own Private Idaho – USA : 1991, My Own Private Idaho USA : 1991 (Fiche n°2), Mysterious Skin – USA : 2004, My Summer Of Love – Grande-Bretagne : 2005


N


Naissance des pieuvres
France : 2006, Nés en 68 France : 2008, New-York Masala (Kal Ho Naa Ho) – Inde : 2004, Nijinsky USA : 1980, Nighthawks Grande-Bretagne : 1978, Night Scene Chine : 2005, No Night is Too Long Canada, Grande-Bretagne : 2003, No Ordinary Love USA : 1995, Nous étions un seul homme – France : 1978, Nowhere France, USA : 1997, Nuit docile France : 1987

O


Odete
– Portugal : 2005, Oeuvre au noir (L')
France, Belgique : 1987, Omelette France : 1998, Outrageous ! Canada : 1977, Oz (Saison 1) USA : 1997/1998

P


Paragraphe 175
(Paragraph 175)
USA : 2001, Parfum d'absinthe (Was nutzt die Liebe in Gedanken) Allemagne : 2004, Parking France : 1985, Partners – USA : 1982, Pas de repos pour les braves France, Autriche : 2003, Passé sous silence, (River Made to Drown In) USA : 1999, Pédale dure – France : 2004, Perm (La), (Time Off) – Israël : 1990, Peter Berlin : Une légende gay, (That Man : Peter Berlin) USA : 2005, Petits fils (Les) – France : 2004, Philadelphia USA : 1993, Pink Narcissus – USA : 1971, Pirate (La) France : 1983, Pixote, la loi du plus faible (Pixote, la lei do mais fraco) Brésil : 1980, Placard (Le) – France : 2000, Plus beau pays du monde (Le) – France, Suisse : 1998, Plus beau pays du monde (Le) – France, Suisse : 1998 (Fiche n°2), Poison USA : 1991, Poltergay France : 2006, Poupées russes (Les) – France : 2005, Pourquoi pas moi ? France : 1999, Pour un soldat perdu, (For a Lost Soldier) Pays-Bas : 1992, Prends-moi (FAQs) USA : 2005, Presque rien – France, Belgique : 1999, Preuve (La), (Proof) – Australie : 1991, Prick Up Your ears – Grande-Bretagne : 1987, Printemps de glace (Un), (An Early Frost) USA : 1985, Priscilla, Folle du désert (The Adventures Of Priscilla, Queen Of The Desert) – Australie, USA : 1994, Prom Queen : La reine du bal – Canada : 2003, Protégé de Madame Qing (Le), (Nan Nan Nu Nu) Chine : 1999

Par Daniel C. Hall
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Mardi 31 octobre 2 31 /10 /Oct 10:58


Le parcours de Michel Derville est étroitement associé au « Théâtre du Verseau » qu’il a créé avec le comédien et metteur en scène Jean Menaud en 1984.
Avec cette compagnie, Michel Derville a créé Vie et mort de Pier Paolo Pasolini de Michel Azama, Jacques le fataliste, son maître et les autres d’après Diderot, les caprices de Marianne d’Alfred de Musset, Antigone de Jean Anouilh, Bérénice de Jean Racine, le Neveu de Rameau de Denis Diderot en 1999 qui, comme beaucoup des spectacles cités précédemment, a dépassé les 100 représentations mais a aussi été joué en Pologne, Hongrie, Roumanie, Ukraine… pour les instituts français et les alliances Françaises.
Dans ce parcours, Nous, Théo et Vincent Van Gogh de Jean Menaud apparaît comme un remarquable succès avec près de 700 représentations à Paris, une tournée en France, Belgique, Hollande, Espagne, Portugal, Etats-Unis, Canada. Une pièce jouée dans 12 pays et traduite en 8 langues.

Images (c) Eklipse. 


Il y a des acteurs « évidents » ! Salim est de ceux-là ! Lorsque nous l’avons auditionné avec Jean Menaud, nous avons su immédiatement que nous avions notre assassin pour Vie et mort de Pier Paolo Pasolini. Non que Salim soit un tueur, mais il porte en lui une animalité et un instinct dont il sait se servir pour nourrir un personnage. Il est à l’écoute de son metteur en scène et répond dans l’instant aux propositions, et c’est juste et vrai. Et spontané. Pas de trucage, ni de tics : la vérité. Et il ne se prend pas la tête, tout dans la bonne humeur ! ce qui ne l’empêche pas de « payer comptant » tous les soirs en scène, avec générosité. J’espère avoir le plaisir de retravailler avec lui, pour nous refaire de beaux souvenirs...

Bien à vous,
Michel Derville


Note de Daniel C. Hall : Un grand merci à Michel pour sa gentillesse au téléphone et pour avoir tenu à écrire ces quelques lignes malgré sa phobie de l’informatique et son départ imminent hors de Paris.

Par Michel Derville - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mardi 31 octobre 2 31 /10 /Oct 10:31


Photographie (c) Pierre & Gilles.
Tous droits réservés. Reproduction interdite.
Publiée avec l'accord d'Eklipse.
Merci à Cyril Legann et Bernard Alapetite.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mardi 31 octobre 2 31 /10 /Oct 09:56

Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche), Photo (c) Eklipse.


Le commentaire de Salim Kechiouche :

Un metteur en scène, Jean Menaud, m'a contacté par le biais de l'ANPE du spectacle, ce qui montre que l'ANPE ça peut servir. J'avais fait déjà un peu de théâtre à La-Scène-Sur-Saône avant que je vienne vivre à Paris. Il m'a contacté pour jouer le rôle de l'assassin de Pasolini, il m'a fait passer une audition. Je me suis donné avec l'énergie que j'avais. Il m'a recontacté une deuxième fois, une troisième fois, il m'a expliqué qu'il avait vu beaucoup d'autres comédiens. Il m'a dit que c'était moi.

Je pense que Jean, c'est un metteur en scène d'instinct, qui sent les gens, ça a accroché vis-à-vis de ça, il voulait quelqu'un qui ait une sorte d'instinct du jeu, il a senti ça chez moi. J'ai joué avec mes vrais sentiments, si je dois pleurer sur scène, je pleure pour de vrai, ce n'est pas que je joue que je pleure.

Jean m'a appris beaucoup de choses, de voir ce qu'il y a derrière un texte, de voir entre les lignes ce que l'on veut vraiment dire. Jean c'est un mec engagé, il est entraînant, avec lui tu vas au charbon. Il me disait " sur scène, tu payes comptant, Salim ". C'est vraiment un grand monsieur. On s'est tous très bien entendus, avec Michel Derville et Cyril Romoli, jeune comédien. Bien que la pièce ne fût pas très joyeuse, on rigolait pas mal avant, quand on avait le trac, et après, Michel disait " elle n'est pas gaie cette opérette ! ".

J'ai appris que Nicolas Cazalé, un des acteurs qui a tourné avec Gaël Morel, trois ans auparavant avait joué le rôle de l'assassin de Pasolini. Cela m'avait déconcerté, cette coïncidence. Jean ne connaissait pas Gaël mais ce n'est pas un pur hasard, tous les deux sont dans l'univers pasolinien, un univers parfois assez dur, avec des ragazzi di vita, des garçons de vie. Nicolas ou moi, on joue d'instinct, et on dégage une sorte d'aura qui correspond à cet univers-là.

Pasolini c'est un univers formidable. Il n'a pas eu une vie facile, il a porté le flambeau à une époque où il ne fallait pas tenir le flambeau, il était seul contre tous, il a tenu bon, c'était quelqu'un de super courageux, de vivant, un grand bonhomme. Ça m'a fait plaisir de pouvoir toucher à cet univers. Même si sa vie n'était pas facile, souvent dans ses films on retrouve un univers assez joyeux, assez beau. Le message qu'il nous a laissé, c'est la paix, la dénonciation du fascisme.

Je pense qu'on a tous fait ça avec nos tripes. Le théâtre c'est vraiment une expérience autre que le cinéma. Pendant plus d'un mois, se dire tous les matins " à dix-huit heures, je suis au théâtre, à vingt heures, on lève le rideau ", c'est une sensation que je n'avais jamais ressentie avant. Au théâtre, c'est direct, tu es jeté dans l'arène, tu dois gérer ton personnage, tu dois gérer tes émotions, tu dois gérer ton espace, tu as une sensation de saut dans le vide, et à la fin, tu arrives à atterrir, bien. C'est une expérience personnelle plus grande que le cinéma. Ces deux approches sont différentes. Contrairement à ce qu'on dit, là où on répète le plus, c'est au cinéma, parce que tu fais vingt fois la prise, tu répètes la même chose. Au théâtre, quand tu joues, tu ne répètes plus, parce que le théâtre, justement, c'est jouer. J'ai vraiment hâte de refaire du théâtre.

© Pascal Faure pour salimkechiouche.com

 

Fiche technique :
Réalisation de la captation : Cyril Legann et Antoine Soltys. Avec... Michel Derville, Salim Kerchiouche, Jean Menaud et Cyrille Romoli. Texte : Michel Azama. Mise en scène : Jean Menaud.
Durée : 105 minutes. Bonus : 55 minutes. Disponible en VF.

Résumé :
La pièce de Michel Azama ne raconte pas la vie et la mort de Pasolini : elle est l'évocation, par le théâtre, d'un destin exceptionnel. Elle est aussi un roman policier où l'assassin serait non pas le jeune homme armé d'un couteau, mais la société bien pensante toute entière, et la victime, promise à l'immortalité des poètes, invulnérable.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pasolini, poète, romancier, cinéaste, meurt assassiné, par un prostitué de passage, sur une plage non loin de Rome. Du Frioul de sa jeunesse à la plage d'Ostie, la pièce de Michel Azama explore les rapports d'un individu avec le monde, avec la société dans laquelle il vit en éternel rebelle. Elle montre son exclusion du Parti Communiste, ses combats, ses bonheurs, ses amours. Loin d'une hagiographie, dans une langue claire, subtile, poétique et contemporaine, sans pudeur, dans une construction cinématographique au-delà du psychologique, Azama nous découvre un homme combattant, un homme déchiré, personne publique, personne privée. Un homme au plus intime. Un homme, bouc émissaire d'un monde qui tue. Un homme-poète qui rejoint Sade, Baudelaire, Copernic, Rimbaud, Giordano Bruno, Villon. Un de ceux qui disent « NON ».

Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche) et Pasolini (Jean Menaud), Photo (c) Eklipse.


L’avis de Joseph Agostini (La Théâtrothèque) :
Pasolini est ici vu comme un véritable kaléïdoscope de souffrances et d'extases, de folies et de vérité. 
« Pasolini est un psychopathe des instincts ». Voilà la sentence lapidaire d'une Italie sociale démocrate réactionnaire et corrompue jusqu'à l'os. Chez les censeurs, pas de place pour le génie. Il faut psychologiser, rationaliser, ordonner, sélectionner, bref, il faut lyncher le bouc émissaire. Pier Paolo Pasolini meurt en novembre 1975, assassiné par un prostitué sur une plage. Il laisse une œuvre considérable, faite de romans, de films, de pamphlets visant une société de masse aliénante, qui n'autorise pas « le dérèglement de tous les sens », la recherche du poète infatigable. Communiste et exclu du parti, primé par l'Office catholique du cinéma et dénoncé pour obscénité, accusé de pervertir une Cité normosée, ravagée par ses tabous, hantée par ses propres fantasmes... Pasolini est le Diable, incarnation des excès les plus proscrits par la morale bien pensante.
Vie et mort de Pier Paolo Pasolini n'encense pas le maître. Elle ne fait que constater le fossé entre l'acte artistique, débridé, et les codes socio-culturels enfermants, par lesquels une minorité domine. Michel Derville est le juge, le député, tous les accusateurs offusqués, pointant du doigt les oeuvres de Pasolini comme autant d'immondices. Jean Menaud, lui, incarne l'écrivain cinéaste, en proie aux procès, à l'humiliation, qui ira, malgré tout, aux limites de l'homosexualité, de la prostitution et de sa propre « vision » artistique, toujours scandaleuse. La vie et la mort de Pasolini arrivent à nos yeux et à nos oreilles. Le texte de Michel Azama éclaire, sobre et touchant. Il mélange l'extrême froideur de la justice et la sensualité des tapins tristes, les crachats des bourgeois et le sens du sacré... Pasolini est ici vu comme un véritable kaléidoscope de souffrances et d'extases, de folies et de vérité. Son mystère reste intact, son calvaire nous est décrit.
L’avis d’Arnaud (Adventice) :
Ode à la marge
Deux corps nus étendus dans l’obscurité. L’un des deux hommes bouge, se redresse : c’est Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche), la petite frappe, que l’on traîne devant le juge d’instruction pour l’accuser du meurtre de Pasolini – meurtre qu’il reconnaît, mais en affirmant son caractère fortuit.
Le juge pointe les incohérences du dossier, démontrant que le poète, romancier et cinéaste du scandale n’a pu être tué par un homme seul – mais, contre toute évidence, et pressé par son avocat, Pelosi endosse l’entière responsabilité du meurtre.
Il va s’asseoir dans un coin de la scène, où il restera prostré pendant toute la durée du spectacle, comme un rappel de l’ignominie finale réservée par l’Italie à l’un de ses plus grands auteurs : un assassinat, méthodique, monstrueux, grossièrement maquillé en virée nocturne avec un petit tapin qui aurait mal tourné…
Dans une mise en scène intense et captivante, la pièce revient alors, par fragments, sur la vie de Pier Paolo Pasolini – l’acharnement des tribunaux contre sa personne et ses œuvres ; le drame de la perte de son frère ; son amour pour sa mère ; la rencontre avec Ninetto Davoli (Cyril Romoli, merveilleux de candeur), égérie de ses films, incarnation de la vie, de la gaieté, formant un contraste saisissant avec le poète hanté par son désir de mort.
Jean Menaud est un Pasolini railleur, exténué, souffrant et jouissant à la fois de l’excommunication permanente dans laquelle le place la société italienne en raison de la critique virulente qu’il en fait à coups de livres et de films, de sa fascination pour les quartiers déshérités, les voyous, et de ses préférences sexuelles. "Cette différence", dit-il, "ce n’est pas une maladie : c’est une force de connaissance".
Tout l’amour de sa mère, tout l’amour de Ninetto n’y pourront rien : au cours d’une scène déchirante, le poète écrit le récit du début d’une soirée qui devait se révéler sanglante – l'annonce de sa propre mort. Et face à ses assassins, face à l’inéluctabilité, en partie désirée, de son destin, il s’exclame : "Tout pue la merde. Tout pue la mort. Maman ! Je ne veux pas mourir…"

Salut de la pièce, Photo (c) Pascal Faure.

Pour plus d’informations :
Superbe édition DVD chez Eklipse, avec des bonus haut de gamme :
Filmographies. Interviews des comédiens et de l'auteur. Making of : En coulisse. Clip de la séance photo avec Pierre & Gilles.


Par Joseph Agostini et Arnaud - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Lundi 30 octobre 1 30 /10 /Oct 09:26

Publié avec l'accord de Pascal et Salim pour salimkechiouche.com

Par Daniel C. Hall - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Lundi 30 octobre 1 30 /10 /Oct 08:17


Je dois l’avouer humblement : je ne connais pas Salim Kechiouche. Je ne veux pas seulement dire que je ne le connais pas personnellement, mais en outre, que je n’ai jamais vu un seul des films ou pièces dans lesquels il a joué. De plus, je n’ai jamais vu non plus un match de boxe… C’est donc avec les yeux du néophyte que j’ai pris connaissance des différents billets qui ont été publiés sur le blog depuis le début de la semaine. D’emblée, une évidence s’est imposée à moi.

On avait coutume de dire de Grace Kelly qu’elle était « du feu sous la glace ». Dans le même ordre d’idée, à sa manière Salim Kechiouche est, lui aussi, le somptueux produit d’une alliance de contraires. En effet, ce qui m’a frappé en visionnant la vidéo, puis les photos et enfin les peintures, ce sont ces jeux d’ombre et de lumière qui reviennent sans cesse autour de lui. Ce garçon ténébreux brille d’un éclat éblouissant. Plus qu’à la rencontre du jour et de la nuit en une seule et même personne, je songe à une clairière ombragée et baignée de soleil d’un après-midi d’été, ou encore aux reflets d’or et d’ébène d’une ville du sud de l’Ibérie.

À mesure que je progresse dans ma découverte, certes superficielle, de Salim Kechiouche, j’ai l’impression de glisser dans une autre dimension, un univers aux frontières de l’irréel et de la fantasmagorie, où les arts sont déclinés en noir et or. Cette esthétique du clair-obscur imprègne ses portraits réalisés par Michel Giliberti, Youssef Nabil, Pierre & Gilles, de même que les mises en scène du Clan et de Vie et mort de Pier Paolo Pasolini. Elle m’attire confusément, me donne envie d’en savoir plus sur lui. Si l’on entendait parler de Salim Kechiouche sans l’avoir jamais vu, il serait comme les Indes au XVe siècle : un pays lointain qui exerce à distance un pouvoir de fascination sur ceux dont il frappe l’imaginaire. Mais il est bien là, chair et sang, verbe et voix, intensément présent et magnifié par des œuvres qui le rapprochent davantage d’une figure mythologique dont l’humanité confine au divin.


Pour lire le précedent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.

Photo (c) Michel Giliberti.
Tous droits réservés. Reproduite interdite.

Publiée avec l'autorisation de Salim et Michel.

Par Zanzi - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Samedi 28 octobre 6 28 /10 /Oct 10:59
Par Daniel C. Hall - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Samedi 28 octobre 6 28 /10 /Oct 09:49


UNE CAPTATION
Par Bernard Alapetite

 

Ingénieur, critique, photographe, éditeur et producteur, Bernard Alapetite a exploré différentes passions, devenues, par le succès rencontré, des professions. Son goût pour l'art et sa curiosité naturelle l’a donc poussé à co-réaliser, avec Cyril Legann, sa première œuvre cinématographique : Comme un frère. Il a aussi co-réalisé les captations des pièces Vie et mort de Pier Paolo Pasolini et Vincent River.


Pourquoi réaliser une captation ? C’est-à-dire transformer en film une pièce de théâtre. Réponse : pérenniser l’éphémère.

UNE MISE EN SCÈNE NE DOIT PAS EN CACHER UNE AUTRE

Le réalisateur de la captation (je reviendrai plus loin sur son rôle) doit être au service du travail du metteur en scène de la pièce. Il doit le servir et non le trahir. Une complicité entre les deux est plus que souhaitable. Dans ce cas, lors du filmage, le metteur en scène de la pièce aura un peu la même fonction que le manager d’un boxeur quand son poulain est sur le ring.

LA BEAUTÉ DE L’ÉPHÉMÈRE

Il y a encore peu bien, des hommes de théâtre et des plus estimables refusaient l’idée que l’on puisse filmer leur mise en scène car cela à leurs yeux s’apparentait à un sacrilège. La beauté du théâtre résidait selon eux en partie dans l’éphémère.
J’ai encore en mémoire l’âpre discussion que j’eus avec Jorge Lavelli, alors directeur du théâtre de la colline et auteur d’une superbe mise en scène de La visite inopportune de Copi (c’était la création de la pièce), pour essayer de le convaincre de me laisser filmer son travail, hélas rien n’y fit et l’inénarrable prestation de Michel Duchaussoy ne restera imprimée que dans nos mémoires...

PUBLIC OR NOT PUBLIC

La première question que l’on se pose lorsque l’on envisage une captation, est : filme-t-on la pièce en public ou sans celui-ci ? Parfois la réponse est donnée par la production du théâtre et il n’y a plus qu’à se plier à cette injonction. Si dans le cas du tournage d’un film, le seul maître est le cinéaste, il n’en est pas de même pour une captation où le pouvoir est partagé.
Lorsque le choix est permis, la première chose à observer est si le public est, pour ainsi dire, un personnage de la pièce. Si tous les comédiens réagissent peu ou prou au public devant lequel ils évoluent, dans certaines formes théâtrales les spectateurs ont plus d’importance que dans d’autres. Pour faire simple, les spectateurs influent plus lors de la représentation d’une comédie que durant celle d’une tragédie. Il est impossible de faire une bonne captation d’une pièce de boulevard sans ses spectateurs.
Une autre question doit d’emblée être abordée : veut-on faire théâtre ou cinéma, comme si la pièce était un film tourné en huis clos ? C’est l’option que nous avons prise pour la captation de Vincent River. Cette option n’est envisageable que si le décor est naturaliste. Car plus il est naturaliste plus il donnera au spectateur l’impression qu’il est devant un film de cinéma. Dans ce cas bien sûr la présence du public est inutile et même fortement déconseillée. Ce choix aurait été impossible par exemple pour Gilles Bondi, le réalisateur de la belle captation d’Un cœur sauvage (dvd Antiprod) en raison de la pauvreté du décor et aussi du symbolisme de la mise en scène.
Il faut être conscient que si vous supprimez le public, vous contenterez grandement votre ingénieur du son mais vous mécontenterez tout aussi grandement les comédiens. Ceux-ci s’appuient toujours sur le « retour » des spectateurs, véritable béquille à leur ego. Les faire jouer sans leur cher public, à qui ils dédient chaque soir secrètement leur prestation, c’est les frustrer et surtout augmenter le stress qu’ils ont d’abord de jouer devant ces plus gros animaux que sont les caméras et que parfois même des comédiens chevronnés n’ont pas encore apprivoisés. Ce stress s’empile sur celui qu’ils ont déjà, conscient de jouer pour « l’éternité » puisque la captation restera la seule trace de leur travail.

THÉÂTRE À L’ITALIENNE ???

Ce que je viens d’écrire ne s’applique que pour un spectacle se déroulant dans un théâtre à l’italienne, la forme de salle la plus courante. Elle est composée d’une scène, généralement surélevée par rapport au parterre (l’orchestre). Les spectateurs ne sont placés que face à la scène. Le décor est composé de trois murs, le quatrième étant, en quelque sorte, le regard des spectateurs.
Toutes autres dispositions scéniques, comme par exemple celle de la Phèdre (dvd Arte, réalisé par Stéphane Metge) montée par Chéreau l’an passée ou bien encore les représentations d’Orange mécanique données au printemps dernier au cirque d’hiver de Paris ne pouvaient induire que des captations en présence du public.

TONTON POURQUOI TU TOUSSES ?

L’ingénieur du son, lui, sera toujours un chaud partisan d’une captation sans public. La raison en est bien simple. Son rôle est de faire que le futur spectateur du film entende le mieux possible les dialogues de la pièce et les bruits signifiants de celle-ci. Il devra pour cela débarrasser la bande son de tous les bruits parasites. Vous n’êtes pas sans avoir remarqué combien les amoureux de la chose théâtrale se recrutent parmi les catarrheux intempestifs et autres quinteux chroniques sans parler des racleurs de gorge compulsifs, autant de citoyens haïs par notre amoureux des paroles audibles.

LE DISPOSITIF

Dans une captation, vous l’avez déjà compris, il y a deux postes bien distincts, le son et l’image.
Commençons par ce que tout réalisateur (sauf bien entendu ceux de radio) considère comme capital, au grand désespoir de cette secte étrange pour tous les non initiés, ces messieurs du son : l’image.

COMBIEN ET OÙ ?

Immédiatement on se pose cette question : combien de caméras ? Ce qui en détermine la quantité, c’est d’abord le nombre de comédiens, ensuite la largeur du plateau et les déplacements des acteurs sur celui-ci et enfin, la diversité des valeurs de plan que l’on veut obtenir.
Il est bien connu que pour rompre la monotonie dans un film, on coupe deux dialogues en intérieur par une scène d’extérieur. On « aère » le film, vieux truc de scénariste. Dans une captation, pas question de tromper l’ennui par un petit tour sur le boulevard. Un des seuls moyens pour vaincre la somnolence reste celui d’alterner la valeur des plans : plans serrés, plans larges, plans américains, inserts... toute la gamme quoi, mais pour cela il faut plus d’une caméra. Il est néanmoins conseillé de privilégier, sans systématisme, les gros plans sur les visages des acteurs. Car aujourd’hui, sur un écran, le spectateur est habitué, sans en avoir conscience, à la grammaire du cinéma qui, le plus souvent fait passer les émotions par le truchement des regards des acteurs. C’est encore beaucoup plus vrai pour les réalisations télévisuelles. N’oublions jamais qu’une captation est vue sur une télévision. Si l’on multiplie les gros plans, c’est tout simplement en raison de la petite taille de l’image perçue par le téléspectateur (souvenez-vous de vos cours d’optique !).
Je préconise d’attribuer une caméra par acteur se trouvant en même temps sur la scène. Elle devra suivre tous les déplacements du comédien auquel elle est dévolue. Cet a priori est un vrai choix de mise en scène qui comme tout choix peut en appeler d’autres. Il induit que nous serons toujours au plus près de l’acteur et donne une priorité au jeu individuel par rapport à la mise en scène de la pièce ou du décor par exemple. C’est ce choix que nous avons fait pour Vie et mort de Pier Paolo Pasolini (dvd Eklipse) ainsi que pour Vincent River (dvd Eklipse) Prenons ce dernier exemple où il n’y a que deux comédiens : nous avons réalisé la captation à l’aide de trois caméras. En plus des caméras poursuivant les acteurs, il faut toujours en prévoir une supplémentaire qui filme la scène dans toute sa largeur. Son rôle est de donner, d’une part une vue d’ensemble de la mise en scène et d’autre part, d’offrir au monteur une image toujours exploitable lorsque les autres caméras n’auront pas réussi à capter une image satisfaisante, d’où son surnom de parachute.
Quel que soit le nombre d’acteurs en scène, je déconseille d’aller au delà de cinq caméras mobiles pour des raisons pratiques de tournage et de montage.
À ce dispositif minimum, on peut ajouter une caméra destinée à musarder, de détails en détails, pour fournir des plans de coupe, pour souligner l’importance d’un objet, pour rompre la monotonie du champ, contre champ ou celui du gros plan visage, plan large.
Il va sans le dire que toutes les caméras sont fixées sur de solides pieds. En revanche, surtout lors d’une captation avec le public et/ou en vue d’un dvd, il est judicieux d’avoir dans le public une personne munie d’une petite caméra portée pour faire des images des spectateurs dans le théâtre et aux abords.

LES OPÉRATEURS

Chaque opérateur est relié au réalisateur par une oreillette par laquelle il reçoit ses instructions. Chaque opérateur ne s’occupe que de sa caméra et de rien d’autre et c’est déjà beaucoup. Si le servant de la caméra filmant en plan large la représentation ne devrait pas sortir trop épuisé de la captation, il ne fait, de temps à autre, que quelques papotages d’ajustement (il faut bien que le réalisateur lui donne quelques ordres pour éviter son assoupissement). Il devra, surtout en cas de filage, veiller à recharger à toute vitesse sa caméra lorsque la cassette de celle-ci arrivera en fin de bande.
Il en va tout autrement pour ses camarades qui doivent suivre ou plutôt le plus souvent précéder, chaque geste, chaque expression de LEUR comédien. Il est donc indispensable que ces opérateurs aient vu plusieurs fois la pièce avant de la filmer. Les qualités qui leur sont demandées sont plus proches de celles utiles à la retransmission d’un événement sportif que celles nécessaires au cadrage d’un long métrage de cinéma. Un sens aigu du cadre est pourtant indispensable ; plus que dans d’autres postes de travail dans le cinéma l’opérateur, lors d’une captation, bénéficie d’une grande liberté de création.

OÙ METTRE LES CAMÉRAS ?

Tout d’abord lorsque l’on peut choisir, ce qui est bien rare, il faut opter pour filmer dans une salle ayant la forme d’un amphithéâtre. Cette géographie permet de positionner les caméras soit à la hauteur des comédiens, soit légèrement en plongée. Dans ce cas généralement, le troisième rang en partant du plateau est confortable. Malheureusement, la plupart du temps, l’équipe œuvrera dans une salle classique dans laquelle la scène est surélevée par rapport aux fauteuils d’orchestre. Il faut le plus possible limiter l’effet de contre-plongée qui est rarement valorisante. La solution est d’éloigner les caméras en augmentant la focale. Si des balcons existent, ils offrent souvent des éventualités intéressantes.

ZOOM

Au cinéma, l’utilisation du zoom est bien passée de mode et parait aujourd’hui autant obsolète qu’un peu vulgaire. Bien qu’il ne faille pas en abuser, manié avec fluidité et à bon escient le zoom devrait, via les captations, retrouver une nouvelle jeunesse car c’est un autre moyen pour dynamiser une scène statique. La réalisation de Vitold Krysinsky pour L’évangile selon Pilate (dvd COPAT) d’Éric-Emmanuel Schmitt en est une belle illustration.

LE POSITIONNEMENT LATÉRAL DES CAMÉRAS

Il est souvent plus pratique d’installer les caméras au centre plutôt que de les répartir sur toute la largeur de la salle. Cette dernière disposition doit réservée que lorsque la scène est très large et la salle peu profonde, interdisant de reculer les caméras et les obligeant donc, en position centrale, à des angles de prise de vues trop aigus. On attribue alors une zone géographique de la scène à chaque caméra. La caméra à droite filmera ce qui se passe à droite et la caméra à gauche ce qui se déroule à gauche... Il est indispensable d’avoir en plus une ou deux caméras « volantes » dévolues aux déplacements des acteurs quels qu’ils soient. Si la captation a lieu sans le public, on peut même envisager un travelling parallèle à la scène. Vous avez compris que plus la scène est large, plus la captation est difficile.
Revenons à notre agréable disposition centrale où il faut tout de même être vigilant aux problèmes de raccord qu’elle peut occasionner lorsque deux comédiens dialoguent aux extrémités de la scène. N’oublions pas cette règle d’or du montage : le jardin doit parler à la cour, et vice versa, jamais le jardin au jardin ni la cour à la cour (coté cour, partie de la scène située à droite des spectateurs, coté jardin... à gauche). Le champ/contre-champ sera alors délicat ; un des deux acteurs étant de dos, ce qui n’est pas rédhibitoire puisqu’une partie de la salle voit l’échange ainsi. À ce propos, lors des représentations auxquelles le réalisateur assistera avant la captation, il est bon qu’il change à chaque fois de place pour aborder la mise en scène par des angles différents. Et puis c’est peut-être le moment de réveiller le gardien du plan large et lui demander d’à la fois diriger sa caméra (panoter) et de zoomer vers les deux compères.

L’ŒIL ET L’OBJECTIF

Trop de personnes pensent encore, sans doute en raison de vieilles réminiscences des soirées télévisuelles mythiques de l’émission Au théâtre ce soir que le plan qui embrasse la totalité de la scène est l’image la plus naturelle, celle que l’on perçoit lorsque nous sommes assis bien inconfortablement au centre du deuxième rang de l’orchestre. Rien n’est plus faux. Le spectateur d’une pièce réagit comme celui qui assiste à un match de tennis. Il ne suit pas la balle, mais la parole. Il fixe celui qui parle, tantôt l’un, tantôt l’autre. Ainsi dès la première représentation d’une œuvre théâtrale, le spectateur inventa le montage du champ/contre-champ. Lorsqu’un comédien traverse la scène en courant, votre regard le suit et vous voilà transformé en poursuite (la poursuite est la caméra ou le faisceau de lumière qui accompagne le comédien d’un point à un autre) ! Parfois votre œil s’égare sur un détail du décor. Qu’est-ce sinon un insert de montage ? À un autre moment, vous observez un comédien pendant que son partenaire lance sa tirade et ainsi vous avez découvert inopinément le hors champ.
En captation, comme ailleurs, méfions-nous des dogmes. Il arrive que le plan large soit la meilleure façon de rendre justice à une œuvre, en particulier dans une pièce chorale comme L’atelier de Grumberg (dvd COPAT), c’est ce que démontre avec brio le vétéran de la captation qu’est Alexandre Tarta.
Chaque spectateur réalise son propre montage. Une captation ne fait que proposer celui d’un spectateur qui a le privilège de pouvoir le rendre tangible.
Ces dernières petites réflexions m’ont amené à m’imposer une contrainte pour la captation de Vincent River : ne filmer que ce que le spectateur assis à sa place lors d’une représentation peut voir. Par exemple, je me suis interdit de placer une caméra dans les coulisses, ce qui permet pourtant de voir la mise en scène d’un point de vue inhabituel, mais d’un angle pour laquelle elle n’a pas été pensée ou de demander à un opérateur muni d’une caméra d’arpenter la scène pour y réaliser des gros plans de détails du décor. Ces choix de mise en scène ont été fait par Vitold Krysinsky à la demande du metteur en scène de la pièce de théâtre, Roman Polanski, pour la captation d’Hedda Gabler (dvd COPAT), le résultat est excellent...
Il n’y a pas de vérité dans le domaine de la mise en scène, seulement la nécessité de faire des choix cohérents.

LA LUMIÈRE

L’œil a la faculté de s’adapter, en outre notre cerveau imagine, complète, rectifie ce qu’il ne voit pas ou mal. Il n’en va pas de même pour la caméra qui ne restitue que ce qu’elle « voit ». Elle est souvent beaucoup moins sensible que l’œil humain, en particulier en ce qui concerne les séquences peu éclairées ou celles en clair-obscur. Ce qui amène le réalisateur à demander à ce que l’on élève un peu l’intensité de la lumière pour les moments les plus sombres et aussi parfois de diminuer les contrastes lumineux par rapport à l’éclairage habituel de la pièce.

LE SON

Deux possibilités existent pour rendre audible dialogues, bruits et rumeurs.
On peut répartir les micros sur toute la largeur et la profondeur de la scène, si possible en les laissant pendre du plafond, il ne reste plus qu’à espérer que les cintres ne sont pas à une altitude vertigineuse. Il est toujours préférable de situer les prises de son en hauteur. D’abord parce que le son « monte » et qu’ensuite, les acteurs disent rarement leur texte au ras du sol mais debout (quoique il suffit de voir Vie et mort de Pier Paolo Pasolini pour s’apercevoir que ce n’est pas une vérité intangible). Plus les micros seront près du sol, plus on entendra le bruit des pas sur les planches, ce qui peut avoir la fâcheuse conséquence de couvrir le texte. Il faut en plus bien sûr les dissimuler. Le fameux micro dans un bouquet reste un grand classique !
L’autre solution est d’équiper chaque acteur d’un micro « embarqué » dissimulé dans ses vêtements. Elle permet en général un meilleur rendu des dialogues et de diminuer le nombre des micros. Son inconvénient est que ce dispositif peut entraver le jeu de l’acteur. Il faut aussi ajouter que certains comédiens répugnent à jouer avec un micro fixé sur eux. Cette réticence diminue au fil des années mais persiste encore.
Pour une captation avec le public, des micros d’ambiance répartis dans le parterre aideront à donner une profondeur au son.
Ai-je besoin d’ajouter que tous les micros sont reliés à l’ingénieur du son par l’entremise d’une sorte, pour faire simple, de table de mixage.

JUSTE AVANT LES TROIS COUPS…

Cette rubrique vaut essentiellement pour une captation sans public. Dans le cas du filmage d’une représentation habituelle, le réalisateur n’a pas à donner d’indications aux comédiens. Il doit laisser ce soin au metteur en scène de la pièce.
Mais lorsque la troupe joue uniquement pour la captation, il est important d’imposer que (théoriquement) le filmage se fera sans interruption dans les mêmes conditions qu’une représentation normale.
Sans leur cher public, les comédiens auront tendance à vouloir s’interrompre pour refaire un passage où il estimeront qu’ils auront été moins bons par rapport à ce qu’il croiront pouvoir être. Il est impératif d’imposer un filage (jeu sans interruption) quel que soit les événements extérieurs. Dire et redire aux interprètes qu’ils doivent aller jusqu’à la fin du texte, pour garder la dynamique qui est le propre du jeu théâtral, qui n’a pas le même rythme que le jeu au cinéma. Leur insinuer avec délicatesse, cette gent étant quelque peu susceptible, qu’aujourd’hui les caméras se tapissant au troisième rang, il n’est pas utile de jouer pour le fond de la salle. Ce qui a pour corollaire la possibilité de modérer leurs effets, qu’ils vont pouvoir interpréter leur rôle tout en nuances, ce qui rendra justice à leur immense talent. Après cette déclaration aussi hypocrite qu’intéressée, le réalisateur a le devoir de s’éclipser au plus vite pour rejoindre son poste de pilotage où nous allons le retrouver.

LE POSTE DE PILOTAGE

Il est maintenant dans les starting-blocks, prêt pour le sprint presque final. Il peut, s’il a la chance d’être dans une salle moderne, à travers une vitre, voir là-bas la scène où déjà « bouge le rideau rouge ». Mais le plus souvent, son Q.G. sera installé dans un coin de loge (parfois aussi pour les productions luxueuses dans un car régie). Une petite boîte coupée du monde ? Pas tout à fait, dans cet espace exigu, il y a la table de son à laquelle sont reliés tous les micros. Devant est déjà installé l’ingénieur du son, le casque sur les oreilles, les yeux mi-clos, tendu comme un coucou suisse avant de jeter son cri. De l’autre coté sont disposés à touche-touche quatre écrans, chacun étiqueté d’un gros numéro, de un à quatre, suivi d’un nom correspondant au numéro de la caméra et au nom de son opérateur dont il retransmet les images. Devant chaque combo (nom exotique pour écran de contrôle), un micro portant le même numéro que celui apposé sur l’écran. C’est par ce micro que le réalisateur et son assistant enverront les indications.
L’assistant, je n’en avais pas encore parlé. Pourtant il était là depuis le début de l’aventure. Car il ne faut jamais oublier que si vous ne voyez le plus souvent qu’un nom signer un travail cinématographique, c’est pourtant toujours une œuvre collective. Dans le cas précis de la captation, il me parait difficile pour un homme de surveiller plus de deux écrans à la fois, d’où l’indispensable assistant. Au préalable, il faut bien sûr que le réalisateur et son assistant aient le même regard sur la pièce, qu’ils aient confronté leurs impressions, qu’ils aient discuté au sortir d’une représentation de telle ou telle manière de filmer un passage précis... en un mot qu’ils soient entrés en osmose.
Pendant toute la durée de la pièce, il n’y aura que ces trois hommes isolés dans leur cagibi, chacun rivé à sa tâche. C’est une expérience aussi intense qu’épuisante. Si le tournage d’un long métrage s’apparente à l’effort produit lors d’un marathon ou mieux encore à celui exigé pour une course à étapes, la captation c’est un sprint long. C’est un peu la douleur qu’éprouve le coureur de 400 m, les habitués des cendrées me comprendront... Il faut tout donner, en peu de temps, avec bien peu d’espoir de rattraper ses erreurs (quoique voir épisode suivant).

QUOIQUE…

J’ai considéré les conditions extrêmes pour une captation : représentation unique, sans interruption... Ce n’est heureusement pas la règle (mais attention, tout ce que je vais dire maintenant coûte cher : le budget, obsession de chaque instant). Dans le cas d’une représentation avec public, il est le plus souvent possible de revenir avec une caméra pour filmer quelques minutes disséminées tout au long de la représentation, utiles pour remplacer de très courts moments qui ne sont pas satisfaisants du fait de la captation du jeu des acteurs ou encore d’un problème inhérent à la régie du théâtre. Souvent les soucis viennent plus du son que de l’image. Pendant la représentation, l’ingénieur du son aura noté tous les passages avec les heures exactes où le dialogue aura été oblitéré par un bruit parasite ; pour ensuite, si possible, remédier à ces inconvénients. Dans une captation sans public, on peut demander aux comédiens de rejouer un passage parce que par exemple un bruit extérieur incongru a perturbé le dialogue. On peut aussi les postsynchroniser. Les acteurs rejouent les parties défectueuses de leur rôle devant les micros d’un studio son. Autant de solutions délicates, contraignantes et surtout coûteuses d’où la nécessité de faire « tout bien du premier coup ».

MONTAGE

Après la dernière coupe de champagne bue avec la troupe, voilà notre réalisateur retourné à la solitude mais le sac lesté par les cassettes de la captation. Prochaine étape : le montage. Il n’aura pas attendu la fin de la captation pour s’enquérir d’un monteur idoine. L’idéal est que ce dernier, tout comme l’assistant soit présent dès le début du périple, qu’il soit allé voir le plus possible la pièce, pour déjà effectuer son montage virtuel, dans l’esprit de ce que lui aura demandé le réalisateur avec plus ou moins de verve. Il ne lui reste plus qu’à espérer que les opérateurs auront mis en boîte les images dont il a rêvées.
En prenant l’hypothèse d’une pièce d’une heure trente, le monteur est donc maintenant devant quatre fois une heure trente, chaque opérateur ayant filmé la totalité de la représentation de son point de vue; soit six heures de rushes. Ce qui peut paraître modeste si l’on compare cette durée avec celle des rushes d’un film classique de même longueur dans lequel on aurait fait, en moyenne cinq prises par scène et filmé quatre valeurs ou angles de plan à chaque prise. On arrive à vingt fois le temps de projection, soit trente heures de rushes. Et encore, je n’envisage qu’une modeste réalisation avec un cinéaste particulièrement efficace ou peu exigeant. Mais le monteur d’une captation, à la différence de son collègue d’un film classique, ne pourra pas s’appuyer sur le précieux document qu’est le journal de tournage sur lequel la scripte aura noté, en accord avec le réalisateur, quelle est la prise qu’il faut retenir (en général la dernière tournée mais pas toujours) et celles sur lesquelles il serait bon néanmoins de jeter un œil. Le monteur d’une captation aura à considérer d’une manière égale tout le matériel tourné.

MIXAGE ET PEAUFINAGE

De son coté, l’ingénieur du son aura confié les cassettes audios au monteur son qui, en bonne intelligence avec le monteur image, se sera évertué à faire coïncider paroles et images. La synchronisation est au dixième de seconde.
Nous avons maintenant un produit presque diffusable. Il reste à lui adjoindre un générique de début et un de fin. Ceux-ci  avec fond musical (à mixer) peuvent apparaître sur les images mobiles ou fixes de la captation, sur des fonds neutres ou bien encore sur les images qu’aura pris la caméra « volante », que vous n’aviez pas oubliée j’espère, des abords du théâtre, de l’installation des spectateurs, du salut des comédiens...
Enfin si l’option « faire comme si on était au cinéma » a été choisie, on peut aussi ajouter et mixer avec les dialogues des bruits d’ambiance se rapportant à la pièce, comme nous l’avons fait discrètement avec des bruits de ville pour Vincent River.

CODICILLE EN FORME DE SUPPLIQUE…

Je souhaite que mon humble texte vous aide après sa lecture à mieux apprécier les captations de pièces de théâtre. Mais surtout, cher lecteur, qu’il vous donne l’envie de vous précipiter dans le théâtre le plus près de chez vous, où ne vous attend que du bonheur. Comme moi, vous vous transformerez bien vite en chaud prosélyte des planches.
Quant à vous, théâtreux de tout poil (ne voyez rien de péjoratif en ce vocable. Vous avez compris combien je vous aimais, et il faut vous aimer, quand on sait combien, une captation représente de souffrances) n’hésitez pas à me confier vos ébats gays ou pas, entre cour et jardin, pour que je les transmute en images pour grands et petits écrans.

 

 

Par Bernard Alapetite - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Vendredi 27 octobre 5 27 /10 /Oct 16:48
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Olivier (Thomas Dumerchez) et Hicham (Salim Kechiouche). Photo d'exploitation. (c) D. R.


Le commentaire de Salim Kechiouche :

Les retrouvailles avec Gaël Morel. Cela fait quasiment une dizaine d'années que je le connais. De retravailler ensemble et que chacun voit l'évolution de l'autre, c'est jouissif. Il m'a découvert, j'ai fait son premier film et maintenant, son quatrième film. Il était très content de voir que j'avais pris beaucoup de maturité, que j'avais évolué dans ma façon de travailler. Moi aussi j'ai vu qu'il avait grandi, qu'il a acquis une espèce de liberté dans le mouvement de caméra. De l'extérieur, c'était beau de voir la mise en place sur le tournage, c'était de l'art. Cela m'a fait plaisir de lui montrer que j'avais fait mon chemin, je n'étais plus le gamin de À toute Vitesse.

Retrouvailles aussi avec Stéphane Rideau, c'est une personne que j'aime beaucoup, que je connais dans la vie, c'est quelqu'un de vrai. Nicolas Cazalé, c'était des retrouvailles dans le sens où on a fait le même rôle de Pelosi au théâtre, on a un destin lié et cela m'a fait plaisir de travailler avec lui. C'est quelqu'un d'aplomb, de terrien. Thomas Dumerchez, il avait un rôle important, c'était difficile pour lui, il s'en est bien tiré. C'est une chance d'avoir un rôle dans un film de Gaël, c'est une bonne occasion de commencer dans le métier.

Retrouvailles avec d'autres gens de l'équipe, il y a eu pas mal de retrouvailles, c'était le film des retrouvailles ! Malgré cela, j'avais envie de travailler carré, on était sérieux, on dormait la veille, on a fait les choses comme il le faut. Je pense que Gaël est très content.

Le fait de se retrouver à Annecy, avec un esprit de troupe, d'être comme cela, ensemble pendant un mois et demi, cela donnait une bonne ambiance de clan. J'aime bien tourner en province, rester dans un petit hôtel. Quand tu es sur Paris, tu retrouves ton train-train, tes habitudes, tu ressors vite de l'ambiance, du personnage. Quand tu restes un mois et demi dans une ville comme cela, tu n'as pas le temps de prendre des habitudes, toute l'équipe reste ensemble, ça crée des liens avec les partenaires de jeu, tu es super concentré, c'est tout bénéfice pour le film.

© Pascal Faure pour salimkechiouche.com

Fiche technique :
Avec Stéphane Rideau, Nicolas Cazalé, Thomas Dumerchez, Salim Kechiouche, Bruno Lochet, Aure Atika, Jackie Berroyer et Vincent Martinez. Réalisation : Gaël Morel. Scénario : Gaël Morel et Christophe Honoré. Directeur de la photographie : Jean-Max Bernard. Compositeur : Camille Rocailleux.
Durée : 90 mn. Disponible en VF.
Résumé :
Le portrait de trois frères en trois chapitres : La première partie s'ouvre sur Marc, 22 ans, le cadet ; le frère ennemi, celui qui vit dans l'adulation de Christophe, son aîné, et le mépris d'Olivier, le benjamin. La seconde partie se poursuit avec Christophe, 26 ans, de retour de prison, en phase de réinsertion, prêt à tout, même à trahir ses idéaux de jeunesse pour rentrer dans les rangs de la société. Un frère qui ne correspond plus à l'image qu'idolâtrait Marc. Et pour finir, il y a Olivier, 17 ans, le benjamin, celui qui ira encore voir ailleurs avec un autre frère, un frère de substitution ; Hicham, 21 ans. Avec en filigrane une vengeance qui, d'abord bénigne, prendra des proportions tragiques, se dessinent trois portraits contrastés, l'histoire de trois frères que les circonstances obligeront à se positionner définitivement l'un par rapport à l'autre...

 



L’avis de Romain Le Vern :
Avec François Ozon (première période) et Sébastien Lifshitz, Gaël Morel fait partie de ce jeune cinéma français gay qui parle le mieux de la sexualité ambiguë des jeunes mâles. Disciple émérite de Téchiné (esthétique, thématique), Morel a souvent signé des films prometteurs mais approximatifs (À toute vitesse, Premières neiges...). Or, dans Le Clan, les scories ne sont plus. On est d’emblée séduit par la rigueur d’un scénario épuré (coécrit avec Christophe Honoré), qui sait être grave sans surligner les scènes, poignant sans faire du chantage à l’émotion, dense sans faire d’esbroufe.
Le sujet ici n’est pas tant l’homosexualité que la vengeance sous toutes ses formes. Les personnages doivent se battre pour exister, sinon ils se font écraser par la société. Accessoirement, c’est une histoire de deuil où un père de famille est confronté seul à la détresse de ses fils et ne sait pas comment y répondre. On suit trois destins, trois itinéraires tortueux de trois frères fâchés avec la vie. Il est certain que le spectateur goûtera les personnages et les situations selon sa sensibilité. Mais il y a un fait qu’on ne peut pas enlever à Gaël Morel : c’est probablement le cinéaste actuel qui filme le mieux la féminité des hommes ; des gestes affectifs, des mots, des attitudes qui trahissent un mal-être, une fragilité sous un corps brut et insensible.
À la manière d’une série de courts métrages différents mais intrinsèquement liés, le film navigue dans tous les genres (la première histoire s’apparente au thriller ; la seconde à la chronique sociale ; la troisième est un hymne à la vie et à l’amour). Dans ses meilleurs moments, Morel parvient à faire de son récit un triptyque à la Amours chiennes, avec ce brio pour fureter dans divers registres sans s’éparpiller. Constituant la bande du cinéaste depuis ses débuts (Stéphane Rideau, Nicolas Cazalé...), les acteurs sont tous au diapason ; la mention spéciale allant à l’excellent Salim Kechiouche qui, des Amants criminels à Grande école, n’a cessé d’incarner un fantasme. A chaque fois, cet acteur subtil a su transcender le caractère tristement archétypal de ses personnages, en leur apportant une émotion réelle, palpable. Le feu intérieur qui scintille en lui illumine cette chronique noire et sensuelle, âpre et désenchantée sur le malheur du monde.
L’avis de Mat :
Le film de la maturité.
Après À toute vitesse et Les Chemins de l’Oued, Le Clan clôt une trilogie… Ce troisième film consacre son auteur de par la maturité prise et la direction artistique acquise.
Racontant le parcours de trois frères en l’espace d’une année dans les Alpes françaises, à Annecy, Morel a choisi de scinder son film en trois : trois personnalités, trois chapitres, trois styles narratifs propres à chaque histoires.
Pour Marc, le côté teen-age movie domine : sexe, drogue et rock’n’roll ! Nicolas Cazalé rasé à blanc s’imprègne d’un personnage en marge de la famille ne respectant ni le père ni le frère aîné qu’il ne reconnaît plus à sa sortie de prison. . Sa soif de vengeance envers ses ennemis le conduira au drame... Sous ses aspects de dur se cache un tendre qui souffre : la violence vient-elle de la souffrance ? Certainement si l’on en croit les scénaristes : il ne s’est jamais remis de la mort de sa mère... et cherche à venger la mort de son bébé chien...
Pour le personnage de Christophe, Morel nous plonge dans le film social. La réinsertion d’un ancien détenu, le changement de son comportement, le rapport à sa famille, à ses collègues... Stéphane Rideau prête son tempéramment qu’on lui connaît à un personnage en pleine reconstruction. Père de famille dans la vie privée, on sent qu’il cherche aussi à changer son image de jeune vaurien en homme de la stabilité et de la maturité.
La dernière partie est une lettre ouverte à l’amour façon mélo. Le jeune Olivier, timide, gentil, non-violent, réservé semble être le double de Gaël Morel, celui des Roseaux sauvages par exemple. Ce dernier couplet révèle l’histoire d’amour qui planait durant le film mais révèle aussi sa fin. Thomas Dumerchez campe un personnage fragile en quête de liberté. Et pour son premier rôle au cinéma, il se montre aussi doué que pour son premier vol en ULM !
Gravitant autour des ces trois personnages, Hicham, apporte beaucoup de fraîcheur. Danseur de Capoeïra, il est le trait d’union des trois frères. Le charisme de Salim Kechiouche, qui l’interprête, opère dès les premières images...
C’est un monde très masculin qui évolue dans le film, dévoilant l’homme dans pratiquement tous ses états. Les corps bruts, bronzés, mouillés, tatoués feront fantasmer les femmes comme les homos ! Le choix d’une musique jeune, rock, entraînante et originale est des plus réussis.
C’est donc un plaisir que de retrouver ce clan autour de Morel. Stéphane Rideau en est à sa 4e participation en tant que comédien sous la direction de Morel, Salilm Kechiouche 3e et Nicolas Cazalé 2e. Une équipe qui gagne. À suivre…
L’avis de Jonathan :
Bienvenue à Annecy où l'eau et les montagnes encerclent la ville. Dans ce décor propice au rêve et à l'évasion, la vie ne fait souvent pas de cadeaux aux gens qui y habitent. C'est le cas de la famille du film composée de trois garçons aux destins différents et croisés.
Il y a d'abord Marc(Nicolas Cazalé, tout rasé). Impulsif, toujours fourré dans les mauvais coups, ce garçon au sang chaud a du mal à composer avec la mort de sa mère. Alors il oublie en prenant de la drogue,en dealant, en passant du temps avec ses potes. Mais depuis quelques temps ses affaires de drogues lui posent problème et son vendeur a comme une envie de lui faire la peau.
Ensuite, il y a Christophe (Stéphane Rideau). L'aîné. Jadis il traînait et était lui aussi plongé dans de sales affaires. À un tel point qu'il a fini en prison. Il a purgé sa peine et a décidé que maintenant, il allait s'en sortir. En pleine recherche de stabilité il va tenter de reconstruire sa vie sur un meilleur modèle et essayer par la même occason de panser les blessures familiales qui l'entourent.
Enfin, il y a Olivier (Thomas Dumerchez). Le cadet. Lunaire, timide, il semble avoir du mal à devenir un homme. Il se cache dans les vestiaires, a peur de la façon dont les autres peuvent le percevoir. Cacherait-il un secret ? Olivier est le cœur fragile de la fratrie , celui dont le malaise se lit directement à travers un regard. 
À cette famille de sang, se rajoute Hicham (Salim Kechiouche). L'ami de Marc et de Christophe mais aussi celui qui tient un rôle à part dans la vie d'Olivier. Ce garçon qui fait de la Capoeira va subir son statut d'être rapporté.
Des destins tragiques dont on se relève, un désir d'évolution. Telle est l'histoire du clan de Gaël Morel.
Le Clan est un film très stylisé où la caméra se balade à la rencontre de l'homme. La masculinité y est montrée sous bien des formes et la sensualité est palpable dans bien des plans. Gaël Morel semble troublé face à tous ces corps qui suent et s'exhibent et nous fait partager cet érotisme au masculin. Le réalisateur se défend d'avoir voulu faire un film gay et préfèrerait désigner son œuvre comme « une fiction homophile ». D'accord avec lui. Car Le Clan ne se limite pas qu'à un casting de belles gueules talentueuses sublimement mises en lumière. C'est un film triple qui véhicule beaucoup d'émotions. En effet , Morel parvient à être à l'aise dans tous les différents registres que propose son long métrage scindé en trois (chaque segment correspond à un personnage et à un moment saisonnier). Avec Marc, il explore le teen movie et le drame familial pur. Cette première partie est la plus violente de toute et agit comme une claque, portée par la rage et le talent de Nicolas Cazalé. La deuxième partie qui met en avant le personnage de Stéphane Rideau relève du film social. Le désir de réinsertion d'un mec bien et l'espoir qu'à force de bosser, on finit par être récompensé. Une deuxième partie très réaliste (les seconds rôles sonnent plus vrais que vrai) et joliment optimiste. Enfin, la dernière partie est celle où les coeurs s'envolent. Il s'agit de celle du spleen adolescent, du premier amour qui n'a pas marché. Thomas Dumerchez y bouffe l'écran et la voix off de Salim Kechiouche nous promène vers une fin douce amère assez inoubliable.
Gaël Morel et Christophe Honoré sont de charmants conteurs d'histoire, Morel montre qu'il sait diablement bien réaliser. Comme l'eau , très présente durant tout le film (symbole de vie et de mort), son œuvre est tout en mouvements et nuances. Réflexion sur les liens de sang et de cœur, sur la place d'individus dans la société d'aujourd'hui, Le Clan nous fait chavirer et rend joyeusement mélancolique.
L’avis de Nathalie Bel Merabet :
Le Clan, ce sont trois frères, touchés par le décès de leur mère, trois frères qui s’aiment, se déchirent et tentent de trouver leur chemin. Sensuel et révolté.
Le film est découpé en trois parties ; chacune suit la trajectoire d’un des trois garçons.
Tout d’abord Marc (Nicolas Cazalé), jeune adulte d’une vingtaine d’années, tente de remplacer l’aîné de la famille, en prison au moment du décès de la mère, auprès de son jeune frère. C’est un révolté, un écorché vif. En rupture avec tout système, il traîne avec sa bande toute la journée, se drogue et entretient une sorte de culte de son corps.
Christophe (Stéphane Rideau), l’aîné, sort de sa période de détention avide de normalité et entreprend une réinsertion expresse, travail, compagne, tentatives pour retrouver une vie familiale plus stable.
Enfin Olivier (Thomas Dumerchez), l’adolescent, rongé par le chagrin, tente tant bien que mal de s’en sortir.
Le père, débordé, apparaît dans chaque séquence ; il n’a plus aucune autorité sur ses enfants et la famille part en vrille.
Gaël Morel réalise une sorte de « Fureur de vivre » à la française : vitesse, désœuvrement, exacerbation des sensations et des sentiments, la grâce et la sensualité en plus, beaucoup de sensualité.
Comme d’habitude, il use et abuse de longs plans sur les torses nus, bronzés et musclés de tous ces jeunes garçons ; sa caméra enveloppe ces corps en ébullition, de la crudité à la beauté, de la force brute (séances de musculation) à la légèreté (scènes de deltaplane et de capoeira). Aucune présence féminine dans le film, sinon l’image de la mère, avec un petit clin d’œil à l’Algérie, autre sujet récurrent dans le parcours de Morel, et l’apparition furtive de Aure Atika dans le rôle de la copine du frère aîné.
C’est, en quelque sorte, un « film de banlieue » transposé sur les rives du lac d’Annecy : profonde misère affective, règlements de compte, galères, noirceur qui contraste avec les paysages de montagne ensoleillés.
Ce n’est pas une œuvre qui marquera les annales du cinéma mais on y retrouve tous les thèmes chers au cœur du jeune réalisateur : apprentissage de la vie, de l’amour, les ruptures, l’homosexualité. À voir pour les interprètes et pour cette sensualité trouble qui émane du film.
Pour plus d’informations :
Par Romain Le Vern, Mat, Jonathan et Nathalie Bel Merabet - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Vendredi 27 octobre 5 27 /10 /Oct 15:40

 

 

Salim Kechiouche : Kick-Bocking (Champion de France en 1998), boxe Thaï (Vice-champion de France en 1999-2002)

Commentaire de Salim Kechiouche :

J'ai fait cinq ans de natation, de sept à douze ans. J'en ai eu marre de l'eau, d'être toujours dans l'eau. J'ai fait un peu de tennis et puis après j'ai fait du foot. J'étais le plus jeune, on me tapait dessus. J'avais un pote qui faisait de la boxe, je suis allé voir, le premier jour je me suis dit que c'était l'enfer, ça puait la sueur, il y avait des sacs de frappe accrochés aux panneaux de basket. Une fois, deux fois, puis je m'y suis plu, je m'y suis mis à fond. C'était la boxe américaine, avec les jambes et les mains. Au début j'étais mauvais et puis après je me suis bien débrouillé. Je me suis battu avec les gars de l'équipe de foot avec qui je m'étais embrouillé. J'ai pris ma revanche de gamin, ce n'était pas méchant.

© Pascal Faure pour salimkechiouche.com

 

Toutes les photos sont (c) Michel Giliberti.
Tous droits réservés. Reproduite interdite.

Publiées avec l'autorisation de Salim et Michel.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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