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Vendredi 17 novembre 5 17 /11 /Nov 10:40



J’étais partant pour faire, à l’instar de mes estimés collègues, une critique de film. Il s’agissait de The Queen de Stephen Frears. Tout bien considéré, cette toile n’étant pas rose, dès lors que The Queen n’est pas « The Queer », il m’a soudain semblé vain d’en parler sur ces pages [Daniel pourra me dire si je me trompe]. Je me bornerai donc à souligner que, ce qui m’a sauté aux yeux dans ce film, c’est la triple analogie entre Diana pourchassée à mort par une meute de paparazzi, Elisabeth II harcelée par Tony Blair et un peuple qui a perdu son flegme légendaire, et le cerf majestueux traqué par les chasseurs, que la reine rencontre dans un grand moment de solitude et avec lequel elle échange des regards chargés d’émotion (sans doute la plus belle scène du film), qu’elle sauve à cet instant mais qui finit par périr sous les coups de fusil un peu plus tard.
Voilà, en gros, ce que je voulais en dire. À défaut, donc, de m’étendre sur la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, je vais donc délirer sur la nouvelle « Reine de France », des sondages et du Parti socialiste : Ségolène Royal.

À cette heure, ce n’est plus un secret que pour les comateux que la Madone au sourire de Mona Lisa a été royalement désignée par les militants du PS candidate à l’élection présidentielle de 2007. Imaginons la suite…

22 avril 2007 : nouveau séisme politique en France. Les leçons de 2002 n’ayant servi à rien et la multiplicité des candidatures ayant provoqué l’émiettement des suffrages, Jean-Marie Le Pen arrive en tête au premier tour, avec 20 % des voix, suivi de Ségolène Royal à 19,2 % et de Nicolas Sarkozy à 18,5. Cachant son abattement, Sarkozy, dans un sursaut qualifié de républicain mais n’est qu’un calcul machiavélique, appelle à voter pour Ségolène au deuxième tour. Il sait que la victoire de Le Pen provoquerait l’anarchie et la guerre civile, l’effondrement du régime et la restauration de la monarchie, dernier recours suite à ce désastre. Il sait qu’il n’aurait alors plus aucune chance d’accéder au pouvoir face à un beau mec de 33 ans d’1m90 propulsé sur le trône de ses ancêtres par la grâce de Dieu et un soubresaut de l’histoire digne des meilleurs cliffhangers ! Aussi préfère-t-il attendre cinq ans de plus, en misant sur l’échec d’une présidence Royal.

6 mai 2007 : Ségolène Royal est élue Présidente de la République française. À la tête de ce pays qu’on réduit vulgairement à une figure de géométrie (ci-devant « l’Hexagone »), se trouve dorénavant un curieux attelage, le Royal-Hollande, dont le nom n’est pas sans évoquer un régiment de chevau-légers qui fleure l’Ancien Régime. Que de symboles ! Mme Royal nomme Dominique Strauss-Kahn Premier ministre, petite consolation pour ceux qui rêvaient d’Anne Sinclair en Première Dame de France. François Hollande, de son côté, vit son premier drame de France, il est complètement déboussolé, ne sait plus où il en est ni quel est son titre et sa place dans la nouvelle hiérarchie des normes. Est-il le premier prince consort de cette monarchie républicaine qui n’a jamais tant mérité ce surnom ?

Ségolène 1ère, d’ailleurs, entend bien perpétuer la tradition. Si, d’un côté, elle décide de se faire mouler le visage et la gorge pour devenir le nouveau buste de Marianne, d’un autre côté, elle n’oublie pas les privilèges honorifiques associés à sa nouvelle fonction. Grande-Maîtresse de l’Ordre de la Légion d’Honneur, dont elle fait son conjoint Commandeur, mais aussi co-Princesse d’Andorre (c’est royal) et… Chanoinesse de Saint-Jean de Latran. C’est à ce titre que, conformément à l’usage, elle rend sa première visite d’État au Saint-Siège. Vêtue d’une mantille blanche (le noir lui irait mal), Madame la Présidente se prosterne devant Benoît XVI et baise l’anneau du pêcheur, avant d’entendre le sermon papal dans un confessionnal.

À son retour à Paris, complètement transfigurée, Ségolène décide de s’amender. Elle conduit de force François Hollande à Notre-Dame de Paris où Mgr XXIII procède à leur mariage religieux en mondiovision devant toutes les télés du monde. Après cela, tombent les premières mesures : abandon du droit au mariage et à l’adoption pour les homosexuels. Le « peuple de gauche » hurle au scandale, la Gay Pride de juin 2007 tourne à l’émeute, et Nicolas Sarkozy se frotte les mains après son rasage matinal. Ségolène Royal n’en a cure : en voyage de noces aux Antilles néerlandaises, elle se réjouit déjà à l’idée de rencontrer la Reine de Hollande en villégiature…


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 17 novembre 5 17 /11 /Nov 10:29


Fiche technique :
Avec Jesse Bradford, Jordan Brower, Daryl Hannah, Jonathan Taylor Thomas, Patsy Kensit et Tiffani-Amber Thiessen. Réalisé par Ni
ckolas Perry. Scénario : Nickolas Perry.
Durée : 94 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


L'avis de ACTE :
Passionné de bolides, Johnny rêve de participer au fameux rallye de Caroline du Nord. Sur la route, il fait la connaissance à Las Vegas de jeunes marginaux comme Eric et Steven dont le seul but est de gagner facilement de l'argent, aussi vite dépensé en fêtes mémorables. Fasciné, Johnny va se laisser entraîner dans un monde de sexe, de drogue et de violence dont il ne soupçonnait pas l'existence...
Archétype même du film de marginaux, Speedway Junky, film indépendant de Las Vegas, est une sorte de long trip sur la décadence d'une adolescence en péril.
Mélange de Drugstore Cowboys et de Requiem for a Dream, ce film produit par Gus Van Sant est une remarquable étude de la jeunesse américaine.
Mais derrière ce simple film sur la drogue, se cache bien plus de subtilité et de recherche, que cela n'y paraît. Van Sant, le peintre des marginaux, a fait des petits, et Ni
ckolas Perry, jeune cinéaste indépendant, suit la trace de son maître grâce à une mise en scène propre, discrète et dont le sens de l'esthétique fascine. En effet, la photographie est soignée, les couleurs s'assemblent, entre froides et chaudes, comme pour définir les différentes étapes de la descente aux enfers.
Le message principal qui se cache derrière ce film, est que pour atteindre un objectif, l'être humain est prêt à tout, au péril de sa vie. Johnny dans le film est quelqu'un de déterminé, il sait qu'il veut devenir pilote, et fera un long voyage initiatique, dans le Vegas de l'argent et du sexe pour parvenir à ses fins.
Le métrage parle également de l'amitié, de l'amour, de l'homosexualité. Eric, recueille Johnny chez lui, l'aide à s'installer dans cette ville inconnue mais au détour d'une simple amitié, ses sentiments évoluent, il aime Johnny, mais cela n'est pas réciproque. On devine la souffrance d'un adolescent homo d'un côté, et la volonté de réussir de l'autre. Cette amitié sincère se transforme en un lien fraternel, en une longue symphonie sur la différence sociale. Dans l'univers enchanteur de la ville du jeu, ce petit groupe d'ados déchus, va trouver une motivation à la vie. Chacun rêve du pouvoir, de la puissance, de l'évasion. Tous rêvent d'une vie meilleure, autre part... Pourtant seul Johnny est assez déterminé pour réussir, et n'hésite pas à se prostituer pour gagner de l'argent, cet argent du bonheur, signe d'une vie nouvelle.
Au départ, il ne prête pas trop attention à l'amitié d'Eric. Mais lors d'une ultime quête vers l'inconnu, une fusillade éclate. Eric est touché, trop tard pour faire marche arrière, les portes vers l'au-delà s'ouvrent, et laissent passer le jeune homosexuel, qui dans un dernier souffle, remet son porte bonheur à Johnny.
C'est cette même pièce d'un dollar, objet porte-bonheur de son meilleur ami Eric, qui aidera Johnny à gagner de l'argent dans une machine à sous. Finalement, tout est résumé dans ces deux dernières lignes.
L'argent, le sexe, la drogue, rien n'a suffit à offrir à cet adolescent plein d'espoir, son rêve de devenir pilote. Et en définitive c'est une pièce d'un dollar, donnée par un ami soudain, qui changera sa vie.
Qu'est-ce que cela signifie ? Sans doute que l'amitié est le sentiment le plus pur, celui qui dans le doute, dans la déchéance et dans la tristesse, saura changer l'avis et la vie d'un homme empli de rêves...
Un film fort, poignant, plus axé sur les relations humaines, que sur l'univers de la drogue, qui bien que moins percutant qu'un Trainspotting ou un Requiem, saura vous faire réfléchir sur les actes, et les conséquences...

Pour plus d’informations :

Site consacré au film

Par ACTE - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 16 novembre 4 16 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Monica Cervera, Pablo Puyol, Geli Albaladejo, Pilar Bardem, Fany de castro, Lola Duenas, Concha Galan, Najwa Nimri, Rossy de Palma et Miguel O’Dogherty. Réalisé par Ramon Salazar. Scénario de Ramon Salazar.
Durée : 109 mn. À voir en salles en VO, VOST et VF.


Résumé :
Dans ses rêves, Marietta est une star en technicolor dont la vie ressemble à une comédie musicale. Dans la réalité, Marietta est un travesti qui adorerait se débarrasser des 20 cm qui la sépare de la femme glamour qu'elle désire devenir. Mais peut-on mesurer le bonheur ?
L'avis de Matoo :
Lorsqu’on vend un film dont la filiation à un réalisateur ou à un style est aussi forte et évidente, on peut facilement tomber dans une impasse. Soit on trouve que le film est un pâle succédané de son illustre modèle et on est déçu, soit on peut même être choqué d’avoir été berné par un tel rapprochement, ou bien on peut être conquis par une œuvre qui prend le meilleur de ses prédécesseurs tout en y ajoutant sa propre originalité.
J’avais entendu et lu le rapprochement manifeste entre ce film et les anciennes œuvres d’Almodovar, ce qui n’est pas une mince assertion. Et quand on parle des premières œuvres, il s’agit donc des plus choquantes et jubilatoires, celles sous le signe de la movida et des ambiguïtés sexuelles hautes en couleurs. En effet, j’ai retrouvé dans 20 centimètres une partie des qualités d’Almodovar, avec une énergie passionnée, le mélange et la confusion des genres et des rôles sexuels, un humour aussi décapant que potache, une tendresse absolue envers ses personnages et des dialogues incisifs. Mais Ramon Salazar n’a pas non plus la maîtrise d’Almodovar, son film distille quelques maladresses qui finissent un peu par grever le récit, et même si la forme est sympathique, le fond manque un peu de substance. L’épaisseur psychologique des personnages n’est pas autant travaillée et révélée par la mise en scène.
Mais il faut avouer que c’est un joli coup. Le film est résolument drôle et ses comédiens ont l’air de s’en donner à cœur joie. Et puis l’idée de base est parfaite. Marieta est une transsexuelle (narcoleptique !) qui se prostitue afin de payer l’opération qui la privera enfin de son sexe d’homme. Or le titre du film qui est aussi la taille de son sexe est un des facteurs qui la rendent particulièrement attractive auprès de ses clients, mais qui, elle, la traumatise encore plus. On suit quelques étapes de la vie de Marieta avant qu’elle ne subisse son opération : ses derniers doutes, quelques rencontres et picaresques aventures au « pays des trans madrilènes ».
Le film s’attaque aux difficiles et complexes conditions de vie des trans, mais en profite aussi pour évoquer d’autres différences telles que celle du colocataire de Marieta qui est un nain (charmant !) qu’elle a pris sous son aile, et avec qui elle a une relation assez passionnelle. Il y a les autres trans du coin, celles du trottoir, celles de son immeuble, et c’est l’occasion de joutes verbales dont les insultes sont toujours très imagées. Il y a aussi la grosse voisine qui est une amie, et dont Marieta garde souvent le fils. L’auteur insiste beaucoup sur la fascination qu’exerce la transsexualité, et encore plus le gigantesque engin de Marieta. D’ailleurs, la rencontre amoureuse d’un livreur de fruits et légumes du marché, à côté le livreur de la pub Coca est un petit joueur, donne lieu à quelques retournements de situation ironiques.
L’ennui est qu’une fois que les bases de l’histoire sont posées, on n’est pas surpris de ce qui arrive du début à la fin. Et du coup, cela donne une narration assez convenue. Agréable mais pas aussi ébouriffante que le sujet pouvait le laisser présager. Le réalisateur a pourtant rajouté à son film un élément original : les nombreuses crises de narcolepsie de Marieta sont l’occasion de rentrer dans son subconscient. On a alors droit à des mini-clips de comédie musicale où elle chante des tubes tout en jouant à West Side Story avec les autres comédien(ne)s. Ces moments sont plutôt réussis et entraînants, mais un peu longs ou alors trop nombreux (5 ou 6 fois, je crois). Le film s’étire alors en longueur assez inutilement et s’essouffle malgré toute sa bonne volonté.
À noter : une Rossi de Palma toujours aussi fabuleuse. Je suis totalement fan de cette actrice à la gueule extraordinaire, à la classe unique et dont le jeu me convainc toujours.
Il s’agit clairement d’un film queer, et qui plaira donc à un public pédé. Il y manque un truc pour moi, un truc qui aurait pu l’élever un peu et lui donner plus de teneur et de consistance. Mais j’ai tout de même passé un très bon moment, j’ai retrouvé avec bonheur des vues familières de Madrid et j’ai aimé l’histoire de cette femme en devenir avec son problème tragi-comique de taille de bite démesurée, ainsi que ces personnages truculents et l’univers almodovarien.

Pour plus d’informations :
Site officiel

Par Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 15 novembre 3 15 /11 /Nov 14:00
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Mercredi 15 novembre 3 15 /11 /Nov 08:31
    

Fiche technique :
Avec Charlton Heston, Stephen Boyd, Jack Hawkins, Haya Harareet, Hugh Griffith, Martha Scott, Sam Jaffes, Cathy O’Donnell, Frank Thring et Finlay Currie. Réalisé par William Wyler. Scénario de Karl Tunberg, Maxwell Anderson, Christopher Fry et Gore Vidal. Directeur de la photographie : Robert Surtees. Compositeur : Miklos Rozsa.
Durée : 202 mn. Disponible en en VO, VOST et VF.


Résumé :
Judas Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Mais leur amitié ne peut résister à leurs caractères différents.
Alors qu'une pierre tombe du balcon de la maison familiale de Ben-Hur, manquant de tuer le gouverneur qui paradait plus bas, Messala trahit son ami qu'il sait innocent en l'envoyant aux galères et en jetant en prison sa mère et sa soeur. Ben-Hur jure alors de reconquérir sa liberté et prépare sa vengeance.

L'avis de Jean Yves :
Le célèbre roman du général Lewis Wallace, d'abord gros succès de librairie, puis de théâtre sur les scènes américaines, apporta à Ramon Novarro l'un de ses rôles les plus populaires dans le
Ben-Hur muet de Fred Niblo en 1925.
Le remake de William Wyler considéré à sa sortie en 1959 comme « le plus grand film de l'histoire du cinéma » obtint plusieurs Oscars, parmi lesquels l'interprétation masculine pour Charlton Heston, superstar hollywoodienne des années 50 et 60.
La version de William Wyler, sous l'impulsion de l'écrivain Gore Vidal qui participa au scénario de Karl Tunberg, fait de Ben-Hur l'un des plus beaux drames de l'amour homosexuel au cinéma (1), avec une telle subtilité que seuls les plus avertis peuvent lire à livre ouvert dans le cœur de Messala (Stephen Boyd) et de Ben-Hur (Charlton Heston), dans celui aussi du consul Quintus Arrius (Jack Hawkins) dont le regard est empli de désir pour le ténébreux galérien juif.
Deux scènes donc montrent le désir homosexuel comme élément évident du rebondissement dramatique et comme moteur essentiel infléchissant, pour le meilleur ou pour le pire, le destin de Judas Ben-Hur.
La première a lieu avec les retrouvailles du prince juif et de son ami d'enfance le tribun Messala : celui-ci, qui a vécu à Jérusalem jusqu'à l'adolescence, revient, après plusieurs années passées à Rome, pour assurer le commandement des troupes romaines de Judée.
La seconde est présente dans le regard plein de désir de Quintus Arrius, même si l'alibi est de voir en Ben-Hur un aurige potentiel : sauvé par le galérien lors de la bataille navale, Quintus n'hésite pas à l'associer à la victoire de sa flotte lors du triomphe devant Tibère, puis à faire du Juif son fils adoptif.
Sur fond de montée au calvaire, Ben-Hur reste un chef-d'œuvre du péplum à grand spectacle, épopée antique émouvante et grandiose.

(1) Dans un entretien avec Bruno Villien (Revue Cinématographe n° 96, 1984), Gore Vidal expliquait que les seules divergences politiques entre le Romain et le Juif ne suffisaient pas à nourrir la haine du premier envers le second au point de l'envoyer aux galères. Il fallait qu'adolescents, ils aient été amants et que, par sous-entendus, on puisse comprendre que Ben-Hur adulte repoussait les avances de Messala. Celui-ci était d'abord motivé par un « chagrin d'amour », et tout devait passer par le regard de Stephen Boyd sur Charlton Heston.
Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 15 novembre 3 15 /11 /Nov 00:00

Ceci est le post ou billet n° 1 000 du blog Les Toiles Roses !

Merci à vous toutes et à vous tous, d'où que vous veniez (et vous venez de loin pour beaucoup !) de nous donner la force de continuer, chaque jour, à faire évoluer les mentalités...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Mardi 14 novembre 2 14 /11 /Nov 21:16

Fiche technique :
Avec Jessica Harper, Cliff De Young, Richard O’Brien, Patricia Quinn, Charles Gray, Ruby Wax, Nell Campbell, Rik Mayall, Barry Humphries, Darlene Johnson et Manning Redwood.. Réalisé par Jim Sharmann. Scénario : Richard O’Brien et Jim Shraman.
Durée : 94 mn. Disponible ( ?) en VO.


Résumé :
Sélectionné pour participer à un jeu télévisé dans une petite ville étrange, un jeune couple en crise se retrouve prisonnier du dit-jeu, dont il va chercher à s'échapper.
L’avis de mérovingien02 :
Le Rocky Horror Picture Show a beau avoir été un plantage monumental lors de sa sortie en salles, le culte qui s'est construit autour de ce cauchemar rock érotique a finit par exploser rapidement. Triomphe à chaque séance de minuit, groupe de fans se travestissant en chantant « Time Warp », sortie imminente d'un disque « Audience Participation » enregistré dans une salle de New York... Nous sommes en 1981 et le docteur Frank N. Furter est devenu l'icône d'une troupe de fanatiques si importante que la Twentieth Century Fox commence à faire les yeux doux à Richard O'Brien et Jim Sharman, les deux responsables du premier chef d'œuvre Z, pour leur proposer une suite.
Et oui, on a tendance à l'oublier mais le Rocky Horror a connu une suite officieuse tombée hélas dans l'oubli : Shock Treatment. Inédit en France, diffusé uniquement sur le câble et introuvable en DVD (il n'existe qu'une VHS commercialisée en 1985 aux États-Unis et liquidée depuis), l'étrange objet est devenu une rareté un rien dénigrée qui possède malgré tout une petite base de fans. On comprend aisément les raison de ce rejet : non, Shock Treatment n'embraye pas sur le Rocky Horror. Pas le moindre travesti, pas de château hanté, pas d'extra-terrestres à la Ed Wood, pas de sexe débridé ou de slips kangourous... Et plus frustrant encore : pas la moindre allusion au premier film. Brad et Janet sont toujours là mais il n'y a pas véritablement de continuité avec leurs précédentes aventures face aux transylvaniens. Ô bien sûr, la présence de la quasi totalité des interprètes de second rôle dans les deux films laissent penser qu'il existe des liens subtils (Rif Raf et Magenta ne se feraient-ils pas passer cette fois-ci pour des docteurs, comme en témoignent leurs rapports toujours aussi incestueux et la présence du tableau « American Gothic » de Grant Wood) et Denton est toujours « the home of hapiness ». Mais on peine franchement à retrouver le délire total et décomplexé qui animait le Rocky Horror Picture Show, avec cette représentation si festive et hilarante de l'homosexualité et ses futures stars en collant noirs ! D'un autre côté, peut-on vraiment en vouloir à Richard O'Brien d'avoir refusé de se confronter à son chef d'œuvre pour livrer une œuvre indépendante afin d’explorer une nouvelle voie ?
Ainsi, après l'hommage aux séries B et Z ringardes des années 30 et 50, voici la satire de jeux télé américains des 60's. Forcément, difficile pour tout spectateur non anglophone de saisir parfaitement les références obscures qui émaillent le récit, renforçant le sentiment d'être exclu du délire. Les maladresses du scénario n'arrangent pas les choses. Bien sûr, on n’espérait pas assister à un truc aussi fou qu'un travesti créant un monstre sexuel parfait avant de débaucher un couple coincé du cul mais quand même. Jugez plutôt : Brad et Janet assistent à une émission et sont sectionnés pour le jeu Mariage Maze. Brad est jugé mentalement déficient et est envoyé chez le médecin du jeu, Cosmo McKinley, qui lui administre un traitement de choc. Janet commence à être séduite par le monde de la télé et se dévergonde, ignorant qu'elle est en fait manipulée par Farly Flavors, un type étrange qui n'est autre que le frère jumeau de Brad !
Une trame pour le moins rachitique qui n'exploite jamais son potentiel, reléguant Brad au rang de figurant (3 répliques en 1h20 !) et ne dévoilant l'identité de Farly que dans les dernières minutes. Résultat : il ne semble pas se passer grand chose de particulier si ce n'est une assemblage de saynètes bordéliques entrecoupé de morceaux musicaux décoiffant. Des infirmiers s'éclatent, un sosie du Joker fait des trucs bizarres, Janet s'habille en veuve noir... Le délire paraît un rien calculé et surtout trop sage, O'Brien ne se lâchant jamais totalement dans ses extravagances. Il n'est pas franchement aidé non plus par le couple vedette, Cliff de Young et Jessica Harper, qui ne tient pas une seule seconde la comparaison avec le duo Barry Bostwick et Susan Sarandon. Il suffit de voir la Janet de Shock Treatment se trémousser mollement sur « Little Black Dress » pour prendre la mesure du fossé entre les deux interprètes.
Alors que reste-t-il vraiment à savourer dans ce Shock Treatment qui permette d'entretenir le niveau avec son illustre prédécesseur ? Et bien la même équipe que celle du Rocky Horror pardi ! Oui, c'est toujours un plaisir de revoir Patricia Quinn, Charles Gray ou Laura Campbell même s'ils s'éclatent dans des rôles différents. Oui, on ne peut s'empêcher de sourire avec bonheur en reconnaissant les figurants transylvaniens parmi les membres du public de Denton Télévision ainsi que leurs costumes dans la réserve des infirmiers.
Mais surtout, il y a la fabuleuse bande originale toujours composée par Richard O'Brien dont tous les titres sont aussi bons si ce n'est meilleurs que ceux du Rocky Horror Picture Show : « Denton USA » est extrêmement entraînante, le refrain « Hooooooooooo Shock Treatment » trotte longtemps dans la tête et le Duet Duet final est joyeusement déjanté comme il faut. Bref, le rock kitsch tourne à plein régime et chaque clip musical est un vrai bol d'air frais revigorant (et en plus, il y en a beaucoup !). Le plaisir est d'autant plus grand qu'à la mise en scène, Jim Sherman a des idées plein la tête qui permettent d'éviter la redite du précédent épisode. Outre des décors plus épurés, lorgnant vers un blanc maladif propice à des filtres hallucinogènes (du rose qui pète, du vert agressif) et des costumes toujours aussi déjantés, le film recèle de nombreuses trouvailles visuelles qui permettent de le revoir avec un certain plaisir : un élégant plan séquence d'ouverture à la grue, un autre plan séquence latéral filmant tout un numéro musical par des fenêtres, des vues en hauteur permettant de multiplier les figurants dans les chorégraphie, une utilisation amusante des écrans de télévision permettant de suivre l'action sur un moniteur, une danse dans un entrepôt de costumes audacieuse...
S'il est certain que ce qui faisait le charme immortel du Rocky Horror Picture Show a largement disparu dans ce cocktail psychédélique trop limité dans ses effusions ‘nawak, Shock Treatment demeure cependant un complément indispensable pour tous les fans de l'opéra rock queer. Dynamique et entraînant, l'objet ne mérite pas la réputation de film médiocre (même les séances de minuit lui font la moue) ni pour autant de film culte mais plutôt d'agréable curiosité. Reste quand même qu'en dépit de ce semi-échec, on ne peut s'empêcher de rêver à un troisième épisode The Revenge of the Old Queen, que Richard O'Brien a bien rédigé, dans lequel Riff Raff et Magenta rentraient sur Transylvania et affrontaient la colère de la souveraine et mère du défunt Frank N Furter. Un jour, peut-être...

Pour plus d’informations :

Par Mérovingien02 - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 14 novembre 2 14 /11 /Nov 20:21



Fiche technique :
Avec Tim Curry, Susan Sarandon, Barry Botswi
ck, Richard O’Brien, Patricia Quinn, Nell Campbell, Peter Hinwood, Meat Loaf et Charles Gray. Réalisé par Jim Sharman. Scénario de Jim Sharman et Richard O’Brien, d’après l’œuvre de Richard O’Brien. Directeur de la photographie : Peter Suschitzky. Compositeur : Richard Hartley.
Durée : 100 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


L’avis de Mérovingien02 :
Il est des films incontournables qu'il FAUT avoir VU. Des films tellement généreux qu'ils convoquent notre esprit à tout un pan de l'Histoire du Cinéma. Des films si barrés qu'ils défient toute logique au point d'en devenir fiévreux. Des films si uniques que le terme « culte » semble avoir été inventé exclusivement pour eux. Des films qu'il est indispensable d'aimer, sous peine de voir remis en question tous nos goûts cinématographiques et d'être radié de l'ordre des Spectateurs ayant de bon goût. The Rocky Horror Picture Show est de ceux-là.
Tout commence avec un Néo-zélandais du nom de Richard O'Brien qui quitte son pays après une grosse déception sentimentale pour aller s'installer à Londres et mener une carrière d'acteur. Sans grand succès. Quelques apparitions par-ci par-là mais l'acteur décide de faire tourner la chance en écrivant lui-même sa propre pièce. Il n'y pas vraiment de trame cohérente mais beaucoup de chansons et de références aux classiques de la série B. Il enregistre lui-même la chanson « Science-fiction/Double Feature » et décide de présenter son projet à Jim Sherman, metteur en scène qu'il a rencontré sur la pièce La Main Invisible. O'Brien reçoit le feu vert et se lance dans le casting : il tiendra le rôle de Rif-Raf, Meat Loaf, chanteur ro
ck en vogue, tiendra le rôle du rockeur Eddie et Tim Curry sera Frank N. Furter. Le 16 juin 1973 a lieu la Première du Rocky Horror Show sur les planches du Royal Court Upstairs de Londres. Succès d'estime. Mais peu à peu, le bouche à oreille se répand. La pièce trash voit sa cote de popularité grimper en flèche au point de déménager jusque de l'autre côté de l'Atlantique, dans le théâtre Roxy de Los Angeles. Durant neuf mois, la pièce bat fait le plein et les échos atteignent vite les oreilles de la 20th Fox qui décide de lancer une adaptation cinématographique. À la réalisation, on retrouvera Jim Sherman (qui connaît bien la pièce vu que je l'ai déjà cité deux fois dans les lignes au-dessus : vous suivez ?!!???). Au casting, en dépit du parachutage de comédiens américains (dont Susan Sarandon), on retrouve quasiment l'intégralité du casting de la pièce. L'assure d'une fidélité au modèle et une certitude pour les fans de ne pas être trahis. En septembre 1975, c'est le grand Jour ! Le Rocky Horror Picture Show débarque sur les écrans...
... et se paye un bide monumental ! Pensez donc ! Un film prenant pour vedette un travesti asexué se baladant en collants, dépucelant un couple de jeunes fiancés et créant un homme pour assouvir ses fantasmes sexuels !! Sho
cking !! Lorsque l'avocat découvrit le générique du film et ses lèvres pulpeuses, il hurla pour qu'on enlève cette image obscène !
Pourtant, chemin faisant, le film se crée sa petite aura auprès des marginaux adorant les films de minuit. Programmé de multiples fois, déclenchant une véritable hystérie délirante chez les fans, le Ro
cky Horror a fini par acquérir une immense notoriété : chaque spectateur adorant le film le montre à ses amis qui le montrent à leurs amis qui le montrent... et ainsi de suite. La popularité est telle que chaque samedi soir à Paris, au Studio Galande du Quartier latin, le film est projeté dans une ambiance EXPLOSIVE (chaque spectateur doit venir avec des accessoires et des comédiens jouent le film en même temps que l'écran : une expérience que je vous recommande fortement !!).
Mais au-delà de cet immense cote, il y a le film. Comment un tel film encensant le mauvais goût a-t-il pu à ce point toucher tant de monde ? La réponse est finalement assez simple : le Ro
cky Horror Picture Show est une œuvre dont le message est encore intact aujourd'hui : moquez-vous du regard des autres et vivez votre vie ! « Don't Dream It, Be It ! ». Ça n'a l'air de rien comme ça, mais le film prône tout simplement une sexualité sans tabou, où hétéros et homos sont égaux et se mélangent, où il n'y a plus aucune barrière entre l'homme et la femme et où la bonne morale n'a aucun droit. Invitation à la partouze ? Peut être. Message anti-conventionnel ? Sans aucun doute ! La pilule a dû être bien difficile à avaler pour les spectateurs il y a 30 ans !
Le message du film passe à l'écran par une succession de répliques crues (mais subtiles) mais surtout par un scénario totalement débridé. Jugez plutôt : Brad et sa fiancée Janet sont fraîchement fiancés et décident d'aller annoncer la nouvelle à leur ancien professeur, un handicapé nommé Scott. En route, un pneu éclate. Il pleut, la route est barrée, il n'y a pas de roue de secours. Le jeune couple trouve de l'aide dans un château où une fête mystérieuse, le Congrès des Transylvaniens a lieu. Une réception donnée par le maître des lieux, Frank N. Furter pour fêter la naissance de sa créature, une sorte de monstre de Frankenstein, mais la beauté en plus, et créée dans le seul but d'assouvir les fantasmes de son créateur. Si vous vous demandez ce que c'est que ce film de tarés, vous êtes des looses. Si vous avez reconnu là un hommage vibrant à Ed Wood, vous êtes formidables (si, si, vous l'êtes !) Le film est en effet truffé d'images ringardes et de gadgets absurdes, d'images criardes, de travestis (Ed Wood adorait se travestir) et d'extraterrestres. La grande classe !
En véritable cinéphile nostalgique, Richard O'Brien a truffé sa création d'allusions au génie du nul (accessoirement plus mauvais réalisateur du Monde) tout en prenant soin de convoquer toute la clique du cinéma fantastique et d'horreur rétro. Ça commence dès le générique avec des clins d'œil à Tarentula, Flash Gordon, King Kong ou encore Docteur X. Pas sûr que tout ces films parlent à un public adepte de la Nouvelle Vague mais ces citations ne manqueront pas de titiller les fans de films de monstres et de Zéderies en tous genres. Derrière le grand n'importe quoi de façade se cache tout simplement une vraie déclaration d'amour à un Cinéma de freaks et une apologie du mauvais goût susceptible de toucher tous les marginaux. Il y a fort à parier que seule une petite partie du public sera émue par la fin du film délicieusement ringarde avec le héros qui meurt, tué par un laser faisant un bruit ridicule tandis que sa créature le porte dans ses bras.
Soyons clair, Ro
cky Horror est un film qui se contrefout de plaire à son public. Toute l'équipe se laisse aller à leurs plus gros délires sans s'inquiéter de choquer, sans jamais faire dans le vulgaire. Ainsi, Tim Curry nous livre tout simplement une des interprétations les plus fulgurantes et hypnotiques du Cinéma, en parvenant à gommer toute sexualité définie (est-ce un homme ? Une femme ? Un homo ? Un hétéro ? Un bi ? Un Humain ? Un alien ?) et en alignant les mimiques cultissimes. Susan Sarandon explose littéralement l'écran en passant de petite potiche à une grosse chaudasse en petite culotte (il faut le voir pour le croire !). Tout le reste est au diapason. Un vrai défilé de barjots comme on aimerait en voir plus souvent.
Il y a ensuite le look du film, volontairement « moche ». Non pas que la réalisation ne soit pas soignée mais l'élégance de certaines images (l'arrivée au château hanté, le tourbillon final, le show du fin) contraste avec des décors épurés aux murs fluo, dans la mouvance des pires délires kitsches du Cinéma. Comme pour se moquer définitivement du bon goût et de la bienséance, quantité d'œuvres d'art sont détournées et placées dans un contexte pour le moins déviant : le tableau Withler's Mother voit sa vieille femme remplacée par le ro
ckeur MeatLoaf déguisé en grand-mère, celui appelé American Gothic resurgit dans le hall du château à côté d'un cercueil et se retrouve carrément mis en scène dans l'introduction à la chapelle et la plus célèbre œuvre de Michel-Ange se retrouve en symbole gay au fond d'une piscine ! Ajoutons à cela nombre de références à quelques grands chefs-d'œuvre du cinéma, tel le « Love/Hate » sur les doigts repris à la Nuit du Chasseur de Charles Laughton on bien le chapeau d'une Transylvanienne qui n'est autre que les oreilles de Mickey puis une pincée de référence crypto-gay (le chiffre tatoué sur la cuisse de Frank était une marque de parfum adoré par les homos) et vous obtenez un film au look pour le moins surprenant, unique et qui ne ressemble qu'à lui-même.
Finissons enfin par signaler LE point fort du Ro
cky Horror (ou plutôt l'élément le plus attractif) : sa musique. Étourdissante, faite de morceaux rock très 70's et qui donnent immédiatement envie de danser, la comédie musicale se mue en véritable cabaret explosif avec des morceaux tels que Time Warp ou Touch Me alternés avec des chansons plus volontairement cucul plus en phase.
Plus de 30 ans après sa sortie, le Ro
cky Horror demeure donc un film culte indispensable. Un joyau taillé dans un bâton de rouge à lèvres et qui ne cesse d'entretenir sa légende tant sa force satirique n'a rien perdu de son mordant. La preuve qu'il s'agit d'un classique immortel du cinéma et du théâtre ? Russel Crowe a débuté dedans, de même qu'Anthony Steward Head (Giles dans Buffy) ! Le Rocky Horror Picture Show, la référence absolue en matière de comédie musicale et de mauvais goût rétro !!! Si vous ne l'avez pas vu, vous DEVEZ le voir ! Ach (comme dirait le Docteur Von Scott) ÉXECUTION !!!
Pour plus d’informations :
Le site officiel français
Le site officiel américain

Par Mérovingien02 - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 14 novembre 2 14 /11 /Nov 20:00



Fiche technique :
Avec Tim Curry, Susan Sarandon, Barry Botswi
ck, Richard O’Brien, Patricia Quinn, Nell Campbell, Peter Hinwood, Meat Loaf et Charles Gray. Réalisé par Jim Sharman. Scénario de Jim Sharman et Richard O’Brien, d’après l’œuvre de Richard O’Brien. Directeur de la photographie : Peter Suschitzky. Compositeur : Richard Hartley.
Durée : 100 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


L’avis d’Anthony Sitruk (filmdeculte) :
Il y a plus de vingt-cinq ans sortait dans les salles à grand renfort de publicité ce qui est devenu depuis l'un des gros échecs de l'année 1975, mais aussi l'un des plus grands phénomènes cinématographiques de l'Histoire. Réalisé pour un million de dollars, Le film The Rocky Horror Picture Show rapporte en un an la somme ridicule – même pour l'époque – de 450 000 dollars. Aujourd'hui, le film a rapporté rien que dans les salles américaines près de cent cinquante millions de dollars. Évidemment, il est toujours un peu lourd, voire même vulgaire, de commencer par les chiffres du box office – même si ces chiffres sont significatifs dans ce cas-là. Alors commençons par le commencement.
IT WAS GREAT WHEN IT ALL BEGINS
En 1973, Richard O'Brien, acteur au chômage, estimant qu'on n’est jamais mieux servi que par soi-même, écrit en quelques jours une comédie musicale intitulée They Came from Denton High. Faisant le tour des producteurs, le jeune scénariste trouve rapidement preneur en la personne de l'Anglais Lou Adler. La pièce se monte, change plusieurs fois de titre (The Rocky Hor-roar Show, puis le définitif Rocky Horror Show), et fait un carton dans les petites salles de théâtre anglaises. Bardée de prix en Angleterre (meilleure comédie musicale, meilleur scénario...), la pièce débarque triomphalement aux États-Unis, fait un tabac à Los Angeles... Et un four à Broadway – qu'on attribue généralement à une mauvaise publicité et au choix malheureux de la salle.
La pièce raconte l'histoire de deux jeunes amoureux, Brad et Janet, qui partent de nuit retrouver leur ancien professeur pour lui annoncer leur futur mariage. Sur la route, sous un orage, un pneu crève. Les deux tourtereaux n'ont d'autre solution que d'aller chercher de l'aide auprès des occupants du château voisin. À l'intérieur, ils découvrent un monde fait de débauche, dirigé par le Dr. Frank N'Furter, scientifique extra-terrestre, travaillant à la construction de la créature parfaite : un beau blond musclé répondant au doux nom de Ro
cky. Brad et Janet ne pourront résister à l'attrait de la chair et seront débauchés avant la fin de la nuit... Évidemment, Hollywood ne tarde pas à faire les yeux doux à la petite troupe. Richard O'Brien accepte d'adapter son bébé pour le grand écran, et s'y attelle avec Jim Sharman, australien metteur en scène de la pièce originale. Le texte est retravaillé, les chansons aussi. Les rôles sont redistribués – au casting de la pièce s'ajoutent Susan Sarandon, Meatloaf... Le tournage du Rocky Horror Picture Show débute en 1974 dans un château anglais, Oakley Court, dans lequel De Gaulle a résidé durant la seconde guerre mondiale.
HOW STRANGE WAS IT ? SO STRANGE THAT THEY MADE A MOVIE ABOUT IT !
Septembre 1975, le film, très attendu, est projeté à la presse. Le désastre est total. La moitié des spectateurs quittent la salle avant la fin du film. En résumé, on reproche au film de ne pas retrouver l'ambiance délirante de la pièce. On lui reproche également ses trop grandes approximations, ses mauvais effets spéciaux, sa mise en scène inexistante... Les producteurs prennent peur et balancent le film n'importe comment un mois plus tard au public américain. À l'échec critique succède l'échec public. Petit cours d'histoire : 1970 était une période fabuleuse durant laquelle une mode a éclos, celle des midnight movies. Le principe est simple : rentabiliser un petit film sur plusieurs mois ou années, en ne le projetant qu'une fois par semaine (le samedi à minuit) dans quelques salles du pays. C'est ainsi que quelques films difficiles d'accès ont pu devenir de très grands succès (El Topo, Eraserhead, Pink Flamingos...). Les producteurs du Rocky Horror Picture Show accordent donc à Lou Adler une dernière chance et sortent le film en avril 1976 dans une salle de Greenwich Village à New York.
C'est à ce moment que le phénomène commence. Le directeur de la salle où est projeté le film fait état d'un fait bizarre : chaque semaine, il n'y a que vingt spectateurs dans la salle... Mais ces spectateurs sont toujours les mêmes ! La Fox flairant le bon coup décide de ressortir le film dans un plus grand parc de salles, mais toujours selon le même principe des séances de minuit. C'est ainsi que la deuxième vie du film démarre. Le bouche à oreille aidant, les exploitants affichent tous au fur et à mesure complet tous les samedis soir. Ceci pour la première étape. Le deuxième temps fort commence quelques mois après la re-sortie du film, quand un jeune étudiant, Louis Faresse lance une blague pendant la projection du film. Le culte tel qu'on le connaît actuellement démarre. Quelques semaines plus tard, une jeune femme du nom de Dori Hartley (devenue chanteuse depuis) vient à la séance déguisée en Frank N'Furter. Dans la salle, les blagues fusent, le riz et l'eau volent pendant les scènes de mariage ou d'orage, les costumes sont de plus en plus nombreux...
Le succès est total. Et s'étend au reste du pays et du monde. Des spectateurs se lèvent durant la séance pour jouer devant l'écran leur rôle préféré, s'organisent en castes, créent des fans-clubs... Tout cela aboutissant à une gigantesque convention pour le dixième anniversaire du film, en 1985, à laquelle participent les acteurs du film et plusieurs centaines de fans en délire. Depuis, le culte va bon train, des conventions sont organisées chaque année, le fan-club compte plus de 40 000 membres, plusieurs milliers de sites sont consacrés au film, et les articles sur le Rhps se négocient contre des fortunes. Le film est projeté dans plus de 200 salles aux États Unis, trois salles en Angleterre, en Italie, une salle en France, une dizaine au Japon...

POURQUOI C'EST CULTE ?
Alors pourquoi un tel culte, plus de vingt cinq ans plus tard ? Pourquoi ce film reste t-il toujours à l'affiche, renouvelant ses spectateurs chaque année ? Pourquoi certains l'ont vu au cinéma plusieurs centaines de fois (le record étant détenu par Sal Piro, entré dans le Guiness Book en 1987 au moment de sa 750e séance – il a aujourd'hui dépassé les 1 500 visions) ? À cela plusieurs réponses. La première étant le sexe, la drogue, le rock n'roll... Le film constitue une sorte de révolte contre la bonne morale qui condamne ces trois éléments. Tout comme Tommy (de Ken Russel, il faudra qu'on y revienne un de ces jours), The Rocky Horror Picture Show montre que les homosexuels étaient à l'époque considérés comme des extra-terrestres. Richard O'Brien s'insurge contre la morale de la société anglaise et tente de retrouver l'ambiance woodstockienne de la décennie précédente. Par le biais de chansons et d'images extrêmement osées pour l'époque, le scénariste choque et se pose en parfait successeur des délires de Russ Meyer – par exemple, l'emblème du film, les bas résilles, y étant pour beaucoup.
La musique a fait beaucoup pour le succès du film. La première chanson du film Science Fiction Double Feature est à elle seule un coup de génie – sur laquelle nous reviendrons. Les autres, bien que moins brillantes, sont tout de même excellentes. Et sont reprises en cœur par les dizaines de fans qui assistent chaque semaine à la projection du film. Et les pas du fameux Time Warp (un saut sur la gauche, quelques pas sur la droite...), LA danse du film, encouragent les spectateurs à se lever durant la chanson. Pour qu'un film soit défendu par une poignée d'admirateurs et surtout pas considéré comme un chef-d'oeuvre, il faut qu'il ait ses défauts. Le Ro
cky Horror n'est pas épargné de ce côté-là. Les puristes diront que « c'est fait exprès ». Probablement. Mais ce sont ces défauts qui font que l'on a envie de défendre ce film contre vents et marées : des effets spéciaux calamiteux, de nombreuses fautes de raccord, un scénario quasi incompréhensible... Il est inutile de dire que le film est absolument parfait puisque ses qualités viennent justement de ses défauts. Vous imaginez le Rocky Horror avec des effets numériques à la Matrix ?
Il est évident que ces défauts ont un sens, une raison. Et cette raison est également celle du phénomène Ro
cky Horror. Les mauvais effets spéciaux sont là pour parodier les anciens films de science-fiction des années 1930 à 1950. Rien que la superbe chanson du générique fait référence à plus de vingt films de série B de science-fiction (Flash Gordon, Tarantula, Le Météore de la nuit, Planète interdite...). Le reste du film est du même tonneau. Le film reprend la trame des vieux Frankenstein (sauf que cette fois la créature est un objet de plaisir et non de terreur), et y ajoute des détails repris à Dracula (les occupants du château viennent de la planète Transsexuel de la galaxie... Transsylvanie), La Nuit du chasseur (les mots « hate » et « love » tatoués sur les mains de Meatloaf), King Kong (la mort de la créature)... En faisant référence à des icônes de la culture cinématographique américaine, en les assimilant à ce point, les créateurs du film ne pouvaient que lancer un véritable objet de culte. Bien que plus réussi, le sublime Phantom of the Paradise de De Palma par exemple ne pouvait récolter le même succès car faisant référence à des oeuvres littéraires et non cinématographiques (il est d'ailleurs amusant de constater que le seul pays où le film de De Palma a eu du succès à l'époque reste la France).
Aujourd'hui, The Ro
cky Horror Picture Show est au top de sa popularité. Les 13 et 14 octobre 2000 a eu lieu une convention en l'honneur des vingt cinq ans du film. Des figurines à l'image des personnages sont également sorties. Des tas de livres sont réédités chaque année, la pièce continue de tourner dans le monde entier, les disques tirés du film ou de la pièce se comptent par dizaines... Et le film continue d'être projeté toutes les semaines un peu partout dans le monde (à Paris c'est au Studio Galande dans le 5e), pour le plus grand plaisir des spectateurs et de Richard O'Brien qui, à cinquante ans, reste le plus charmant des hommes – il vient par ailleurs de sortir un album absolument splendide Absolute O'Brien.
Pour plus d’informations :

Le site officiel français
Le site officiel américain

Par Anthony Sitruk (filmdeculte) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 14 novembre 2 14 /11 /Nov 06:40
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 14 novembre 2 14 /11 /Nov 00:00

Distribution :
Auteur : Harvey Fierstein.
Mise en scène : Christian Bordeleau.
Avec Éric Guého, Frédéric Chevaux, Rosine Cadoret, Brigitte Guedj, Firmin David, Thomas Maurion, Jean-Philippe Maran, Étienne Lemoine.

Actuellement jouée au :


L’avis de Matoo :
Je suis un gros fan du film Torch Song Trilogy de 1989 avec Matthew Broderick, la sublimissime Anne Brancroft (quels sont les hérétiques qui n’ont pas vu le film Miracle en Alabama hein ???) et Harvey Fierstein dans le rôle qu’il avait écrit pour lui au théâtre. À la base, il s’agit de trois pièces de théâtre qui ont été regroupées sous ce nom, et qui a eu un succès dingue à Broadway.
J’y allais avec pas mal de réticences parce qu’en tant que fan du film, de sa brillante VO et ses époustouflants interprètes, il fallait que la VF tienne la route pour le fond, que les comédiens puissent à la fois reprendre et se réapproprier cette histoire, et enfin que la mise en scène puisse relever le challenge de ces deux heures de jeu. J’ai été encore plus désappointé et méfiant quand j’ai vu tous les logos qui ornaient le bas de l’affiche (je ne les avais pas vu)… Oh putain, sponsorisé par Têtu, PinkTV, Illico, Citegay et consorts… Et manifestement, 99 % de l’assistance était gay, ce qui laissait présager du pire. Je n’avais pas envie de voir une comédie gay, pour des gays, avec des gays, par des gays. Et pas non plus une pièce avec des mecs à poil pour satisfaire la lubricité de certains et s’afficher comme pièce pédé. Mais de toute façon, j’imaginais bien que le public intéressé et au courant serait particulièrement homo vu le sujet. D’ailleurs le film est culte principalement pour les homos.
J’ai rapidement pu mettre toutes mes interrogations de côté et tous mes doutes à la poubelle. Malgré quelques petits défauts, j’ai été absolument comblé par cette interprétation de la pièce de Fierstein. Il s’agit là d’un spectacle de grande qualité, qui transcende vraiment les genres et les orientations sexuelles, aux comédiens et comédiennes remarquables et à la mise en scène très efficace malgré quelques longueurs (mais inhérentes au texte je pense). Les trois tableaux se déroulent pendant deux heures, et le plaisir va crescendo, tandis que le comédien principal prend de plus en plus de substance et s’affirme au-delà de ses problèmes et de son manque de confiance.
Je trouvais Eric Guého plutôt moyen (pour être gentil) sur PinkTV, mais force est de constater qu’il est brillant et impeccable dans cette pièce. Il incarne un merveilleux Arnold Be
ckoff avec tout ce qui faisait la fibre irrésistible du personnage : ironique, grinçant, coléreux, diva, excessif, dépressif et au magistral humour feuje new-yorkais. J’aime beaucoup ce personnage qui est une Zaza Napoli qui cherche l’amour et qui souffre de son physique tout en ironisant dessus pour mieux s’en détacher.
Nous avons donc trois tableaux qui racontent et exposent trois moments de la vie d’Arnold Be
ckoff, un drag qui se produit dans un cabaret. Le premier dépeint le quotidien d’Arnold et sa rencontre avec un type de qui il s’entiche. Ce type, Ed, est bi et ne veut surtout pas s’engager. Cette partie est certainement celle qui souffre le plus de longueurs, d’un texte qui a un peu vieilli et au final d’une certaine platitude. On peut avoir un peu peur de cette classique histoire du pédé qui tombe amoureux d’un hétéro pour qui il n’est qu’une simple passade. Classique, classique. Heureusement, Arnold fait déjà montre de ses cinglantes et hilarantes réparties, entre humour queer et désarmantes désillusions.
La seconde partie se déroule quelques mois plus tard. Arnold a bien souffert de sa relation, mais en a finalement fait le deuil dans les bras du magnifique Alan, un jeune top-model. Ils sont invités à la campagne chez Ed et sa nouvelle compagne : Laurel. Les chassés-croisés entre les personnages sont assez bien sentis, et il y a un jeu scénique dans les dialogues « deux à deux » alternés qui m’a énormément plu, et qui donne une dynamique énorme à la scène. On sent toujours poindre en Arnold des sentiments pour Ed, et en ce dernier une flamme maladroitement étouffée pour Arnold. On est alors complètement dans la narration, et dans les dialogues qui fusent avec toujours beaucoup de justesse et d’humour sur les relations de couple.
L’ultime moment de la vie d’Arnold est le plus passionnel et réussi. Cinq ans plus tard. Alan est mort, battu à mort par des homophobes dans la rue. Arnold a du mal à dépasser cette perte, il prend sous son aile un môme de 15 ans, qui est gay et qui passe de familles d’adoption en familles d’adoption. Les services sociaux finissent par le lui confier, et le gamin prend peu à peu ses marques. Ed revient sur le devant de la scène, ça ne va plus avec Laurel, il demande à Arnold de l’héberger quelques jours. Sur ce, débarque la mère d’Arnold, mère juive new-yorkaise par excellence (surtout interprétée par Anne Bancroft), à qui il n’a rien dit… ni sur la nature de la mort d’Alan, son « fils » ou Ed.
Les scènes d’anthologie avec la mère d’Arnold sont le pilier de cet « acte », et ne laissent vraiment pas indifférents. En effet, on y voit à quel point les deux êtres sont liés par l’amour qu’ils se portent, mais aussi séparés par un mur d’incompréhension et de dissension. Leurs caractères si semblables et explosifs donnent lieu à des échanges aussi croustillants, tragiques qu’émouvants, et sont portés par les deux comédiens avec énormément de talent. Rosine Cadoret (que j’ai déjà vu à la téloche dans des petits rôles, c’est certain) ne copie pas le rôle d’Anne Bancroft et compose une excellente mère.
Évidemment, nous n’avons pas échappé au bellâtre d’Alan en boxer CK très seyant… mais au moins, il l’a gardé sur les fesses. Ils ont en tout cas choisi un très beau mec, et surtout qui a bien assuré son rôle (il n’est pas extraordinaire, mais tient la route).
Il s’agit vraiment d’une pièce aux problématiques encore très actuelles et on ne peut s’empêcher de s’identifier. Outre cela, ces personnages si touchants et authentiques ont une portée bien plus universelle que ce qu’on pourrait penser au premier abord. Je suis vraiment enchanté par cette bonne traduction, et du passage si « smooth » de la VO à la VF. Mais surtout, quel bonheur de passer deux heures en compagnie de comédiens et comédiennes inspirés et portés par leur texte. Aucune réplique ne sonne faux dans cette pièce dont le texte n’est pourtant pas toujours très facile et plutôt verbeux, et aux échanges intenses, tour à tour émouvants, drôles, tragiques ou pathétiques.

L’avis d’Alex et Greg :
Hier soir, nous sommes allés avec Matoo voir Torch Song Trilogy au Vingtième Théâtre. Greg et moi n'en avions jamais entendu parler, pas plus que du film qui en a été tiré, ce fut donc pour nous une découverte, plutôt bonne d'ailleurs.
La pièce retrace au travers de trois tableaux, les moments forts de la vie d'Arnold qui vit ouvertement sa vie de gay tout en refusant toute forme d'hypocrisie, de déni ou de mensonges quitte à en payer les conséquences.
Le premier tableau nous montre la rencontre d'Arnold et d'Ed qui ne s'assume pas et préfère s'enfermer dans le mensonge pour vivre une vie « normale » et connaître le mariage. Cette première époque de la vie d'Arnold est probablement la moins réussie, la faute à un rythme un peu bancal (avait-on véritablement besoin des chansons ?) qui a eu du mal à nous accrocher. Heureusement cela s'améliore après.
Le deuxième tableau nous montre Arnold en couple avec Alan. Une relation passionnée et un peu mise à mal par un week-end passé chez Ed et sa femme. Là, le rythme s'accélère, on se laisse vraiment prendre par les petites répliques qui fusent et qui font rire. Et quelques idées de mise en scène nous ont vraiment séduites (le petit passage des dialogues croisés où l'on suit plusieurs conversations en même temps était plutôt sympa). Petit bémol, Greg et moi avons ont un peu de mal à accrocher à la situation qui nous a semblé un peu fausse. Mais ce tableau se regarde tout de même avec plaisir.
Survient alors le tableau trois, quelques temps après la mort d'Alan. Arnold a recueilli chez lui Ed qui s'est séparé de sa femme et a adopté le jeune David. Quand surgit la mère d'Arnold... Ce tableau-çi est de loin le plus réussi, la mère et le fils adoptifs sont excellents et les dialogues font vraiment mouche. De francs fous rires laissent soudain la place à de beaux moments d'émotion...
Au final nous avons passé un très bon moment en dépit d'un début qui ne nous convainquait pas. Rares sont les pièces dites « homos » qui sonnent aussi vrai et ne versent pas dans la caricature. Le tout était emmené par des acteurs excellents et par une mise en scène assez vigoureuse et intéressante. Bon, dans la salle, on avait un petit peu l'impression d'être dans une annexe du Marais et après avoir vu la pièce, je le regrette un peu car je pense qu'elle pourrait vraiment s'adresser à un public plus élargi.

Par Matoo, Alex et Greg - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 13 novembre 1 13 /11 /Nov 12:23

Fiche technique :
Avec John Cameron Mitchell, Miriam Shor, Stephen Trask, Rob Campbell, Theodore Liscinski, Michael Aronov, Ben Mayer-Goodman, Alberta Watson, Gene Pyrz, Karen Hines, Maurice Dean Wint et Sook-Yin Lee. Réalisation : John Cameron Mitchell. Scénario : John Cameron Mitchell et Stephen Trask. Directeur de la photographie : Frank DeMarco. Compositeur : Stephen Trask.
Durée : 90 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Hedwig Schmidt, un transsexuel allemand, est la star du rock la plus étonnante et la plus méconnue du monde. Avec son groupe, elle sillonne les États-Unis de restaurants miteux en halls de centres commerciaux. Pourtant, chacune de ses chansons révèle son incroyable destin et sa vision du monde. Hedwig raconte, en chansons, son enfance est-allemande, sa solitude, son opération de changement de sexe et ses passions. Elle poursuit également le célébrissime Tommy Gnosis, le jeune homme qu'elle a tant aimé et pour qui elle a composé certaines musiques.
L’avis de Matoo (aidé par Niklas) :
Cette œuvre est dans la liste de mes films cultes, je le regarde régulièrement et il me plait toujours autant. Il s’agit d’un opéra-rock déjanté et queer qui raconte l’histoire d’un transsexuel « raté » qui est aussi auteur-compositeur-interprète rock : Hedwig.
Un film produit, réalisé et joué par John Cameron Mitchell (Hedwig en personne) qui avait eu un grand succès avec sa comédie musicale du même nom. En effet, il porte le film sur ses épaules, et s’en tire merveilleusement bien tant du point de vue vocal, que de l’histoire ou de son jeu. Hedwig est un chanteur de rock inconnu et frustré, qui suit la tournée d’un ex-amant à lui, devenue star de rock internationale après avoir été coaché par Hedwig et lui avoir volé ses titres phares. La genèse de cette intrigue est racontée pendant tout le film qui, par flash-back ou chansons biographiques, débute par l’enfance d’Hedwig en Allemagne de l’est, et qui explique les circonstances de sa transsexualité biaisée.
Hedwig est le personnage queer par excellence, il est diva, drôle, « mauvaise » et transcende dans ses chansons des épisodes funestes de sa vie. Du genre, il décide de changer de sexe pour épouser un GI et fuir la RDA. Il arrive au US et se fait lamentablement larguer. Tout ça six mois avant que le mur ne tombe. Et la télévision qui scande : « Le peuple allemand est un peu peuple patient. Et la patience est toujours récompensée ». En plus son changement de sexe est foiré, il lui reste un petit bout de rien du tout : « an angry inch ». Ni fille, ni garçon. C’est à ce moment là d’ailleurs que la chanson « Wig in a box » est jouée.


On jongle vraiment entre le rire et une situation qui concrètement relèverait plutôt du drame, si elle n’était pas servie avec cette ironie, à la fois acide et drolatique, et cette foi en la vie. Et puis, les morceaux de rock sont d’une grande qualité, et dans les paroles et dans la musique. Ils s’intègrent merveilleusement bien à l’histoire et apportent des pointes d’émotions fabuleuses. Notamment « The origin of love » qui est celui qui m’avait le plus ému à l’époque, et qui reste une chanson dont les paroles sont superbes.

Un petit bijou d’originalité et de folie, musiques qui déchirent, émotions sans mièvrerie et confusion des genres aussi gênante que délectable.
L’avis de Diego Maratumba :
Très souvent les chefs-d'œuvre flirtent avec le ridicule. Le génie se situant dans l'exagération qui voisine avec le grotesque pour mieux toucher au sublime. A priori tout pouvait transformer Hedwig and The Angry Inch en un monument kitsch pour amateurs de plaisirs cinématographiques très déviants. L'histoire d'un transsexuel tout droit venu de Berlin Est, qui tente d'exprimer ses tourments en devenant une diva rock'n'roll. Il faut avouer que sur le papier, on se situe plus du côté du Rocky Horror Picture Show que de Amadeus.
Et pourtant, pourtant on se souvient avoir été bouleversé par les tribulations de travestis australiens ou par les peines et les rêves d'une fan complexée de Abba. Alors on se plonge avec candeur dans ce conte moderne. Car Hedwig, derrière son apparence de grande œuvre rock, voire punk, est avant tout le bouleversant récit d'une quête identitaire douloureuse. Et le personnage principal de me toucher immédiatement, dans sa fragilité provocante, avec ses poses entre Bowie et Lou Reed. Cette théâtralité baroque qui ne parvient jamais à apaiser totalement la souffrance d'être un « misfit », un « freak ». Et peu à peu, passé les premiers abords entre comique et pathétique, Hedwig révèle des blessures attendrissantes, en se sentant trahi par le monde entier, en cherchant une unité physique, psychologique et amoureuse à jamais perdue. Ce personnage, incarné par l'incroyable John Cameron Mitchell, épidermique, à vif, aussi électrique que la musique qu'il déclame ou murmure, toujours dans la grande veine du hard-rock le plus glam, est une véritable icône. Et pas seulement dans le sens spectaculaire de l'expression, non, c'est une icône existentielle. Dont les questions, aussi uniques, aussi particulières soient-elles, font instantanément échos à nos propres expériences, nos propres croyances, nos propres doutes.

Hedwig and The Angry Inch est une fable, où les histoires d'amour transcendent les genres pour acquérir une pureté surprenante. Une délicatesse infinie se dessine derrière la trivialité apparente des thèmes abordés, et cette délicatesse nous affecte d'autant plus qu'elle surgit de manière totalement inattendue. Et quand on pensait ne trouver qu'un divertissement plaisant, c'est un récit extrêmement personnel qui nous accueille. Une œuvre introspective, follement pudique dans son exhibitionnisme, un mélodrame musical dans la grande lignée des Chaussons Rouges ou de Phantom of the Paradise. Et les errances d'Hedwig de résonner avec les nôtres. Ses colères, ses peines, sa tendresse, sa personnalité brisée, d'atteindre une universalité qui noue la gorge. Un crescendo émotionnel qui culmine sur un final qui laisse entre larmes et émerveillement, empli d'une joie inexplicable, heureux jusqu'à l'enthousiasme, transporté par l'intelligence, la justesse, la puissance vitale de ce chef-d'œuvre inestimable.
Et d'avoir soudainement envie de faire partager ce bonheur singulier, de parler, de rire, de charmer, de fonder un groupe de rock, de faire du cinéma, de chanter en chœur : « I put on some make up, and turn on the tape deck and pull the wig down on my head... ». De s'accomplir en se retrouvant, d'une manière ou d'une autre.

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Par Matoo & Niklas, Diego Maratumba - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 13 novembre 1 13 /11 /Nov 11:32
 



 

Ici Zanzi qui vous écrit en direct différé de nulle part. Je ne suis pas à la Plaine Saint-Denis, ni au Château de Dammarie-les-Lys. Je suis rentré chez moi. Mon exil a pris fin hier soir.

Épuisé par ces six semaines, c’est d’un geste machinal que j’ai allumé le téléviseur sur la première chaîne (que vouâla une phrase qui fait très « O.R.T.F. »). Je ne suis pas vraiment en mesure de faire un compte-rendu détaillé de ce qui s’est passé, ayant écouté le programme d’une oreille distraite. Je vais donc laisser à la lumineuse Cathy le soin de nous livrer le compte-rendu de cette soirée qui vit passer ce vieux routier d’Eddie Mitchell et cette jeune routière de Nelly Furtado. Deux artistes que, au demeurant, j’aime beaucoup.

Les prestations des élèves me sont un peu passées au-dessus de la tête. Je n’étais déjà pas dans mon état normal. À l’heure où j’écris ces lignes, je fais une sorte de crise de foie, cadeau ultime et empoisonné que m’ont laissé mes camarades nantais avec leurs plats faits maison. Ce n’est pas une crise de foi sans E, celle pour laquelle Rome recommande la vitamine B16… Ce sont de véritables troubles de la digestion qui m’empêchent de déjeuner et de dîner en famille ce soir (il est 19h51 ce samedi 11 novembre 2006 – NDZ).

Pour en revenir au sujet que je ne peux, malheureusement, qu’évoquer brièvement, et pour faire court et sans détour, Gaël est consacré « chouchou du public », sauvé par icelui pour le plus grand plaisir de Daniel qui, du fond de sa boule de cristal, le voit affronter Cyril Dion en demi-finale garçons.

Sans véritable surprise, les autres ont donc accordé un sursis à Jean-Charles. C’est un choix stratégique efficace et évident, ce dernier étant le moins à même de menacer les leaders du classement, nonobstant la sympathie que j’ai pour lui. Il n’y a pas que les savons dans la vie, j’aime aussi Jean-Charles. Et Ludovic, qui fait donc les frais de cette sélection impitoyable. Lui aussi rentre chez lui, mais contrairement à moi, ce retour marque peut-être le début de son exil. À moins que Pascal Nègre… (to be continued)


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Lundi 13 novembre 1 13 /11 /Nov 10:40
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 12 novembre 7 12 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Yoshinori Okada, Kota Kusano, Ayumi Hamazaki, Koji Yamaguchi et Kumi Takada. Réalisé par Ryosuke Hashiguchi.
Durée : 129 mn. Disponible en VOST.


Résumé :
Ito, collégien, est amoureux de son meilleur ami Yoshida, qui ne se doute de rien et est lui-même attiré par Aihara, la jeune rebelle de la classe. Aihara perce le secret d'Ito et celui-ci découvre qu'elle a subi un viol. Ils deviennent amis et forment bientôt un trio romantique des plus étranges.
L'avis de Jean Yves :
Grains de sable rappelle Les Roseaux sauvages d'André Téchiné. On retrouve en effet la même histoire d'amours de lycée. Une fille est attirée par un jeune homosexuel parce qu'elle a peur des garçons ; le jeune homosexuel aime son meilleur ami hétéro ; l'hétéro en question étant, bien entendu, amoureux de la fille. Et, comme dans Les roseaux sauvages, tout se termine près de l'eau, ici une plage au sud du Japon.
La différence principale avec le film de Téchiné, c'est ici la frustration et le refoulement qui règnent sans partage. La question qui travaille tous ces jeunes adolescents semble la même pour tout le monde, homos et hétéros, filles et garçons : quoi faire avec la sexualité ? Que faire avec ces désirs qu'on découvre et qu'on ne maîtrise pas ?

Grains de sable est un beau film sur la puberté, ce moment d'affolement incontrôlé de tous les sens, où les filles se mettent à rire sans raison, où les garçons hétéros « détournent » collectivement les séances de gym de façon sadique et où les jeunes pédés affrontent la naissance de leur désir inavouable.
Cette difficulté à prendre en compte cette énergie nouvelle qui s'empare de leurs corps est accrue par une organisation sociale rigide et normative où le corps semble l'ennemi numéro un. Autant dire que les adolescents ne peuvent y trouver aucun repère. Le seul adulte du film est le père du jeune homo, figure patriarcale défaillante, larguée, un homme moderne absorbé par son travail.
Cette peur du corps de l'autre, la mise en scène l'exprime avec beaucoup de force lors de longs plans-séquences, où les personnages circulent sans jamais se regarder.
Le plus beau plan est celui où les deux garçons s'embrassent. Cadrés en plans larges, les deux garçons mettent cinq minutes à s'approcher l'un de l'autre pour s'étreindre trois secondes. La lenteur de ce plan, son poids de durée, la fixité carcérale du cadre, disent à quel point le chemin est long pour arriver jusqu'au corps de l'Autre.

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Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 12 novembre 7 12 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Julien Baumgartner, Jérémie Elkaïm, Julia Maraval, François Comar, Christiane Millet et Patri
ck Bonnel. Réalisé par Fabrice Cazeneuve. Scénario de Fabrice Cazeneuve et Vincent Molina.
Durée : 94 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Vincent a 17 ans. C'est un garçon sans problèmes : bon élève, discret, sportif et mignon. Il a même une petite amie que tout le monde lui envie et qu'il aime… mais pas d'amour ! Car il est attiré par les garçons et particulièrement par Benjamin, un nouveau venu au lycée et sur lequel plane le mystère. Vincent ne se décide pas à choisir, encore moins à faire son coming out… pourtant ce ne sont pas des choses qui se jouent à pile ou face ! Il hésite à se reconnaître dans le miroir où il s'observe sans narcissisme. Un jour, Benjamin tente de l'embrasser. Le lendemain, Vincent découvre sur un mur du lycée une inscription le traitant de « pédé ». Son homosexualité est dévoilée. Dès lors, sa vie va en être profondément bouleversée.
L'avis de Francis Lamberg (La lucarne) :
C'est en mai 2001 qui M6 inaugura une nouvelle collection de téléfilms intitulée « Carnets d'ado ». L'objectif était de montrer le monde à travers le regard et l'expérience d'un adolescent. Pour rester au plus près de la psychologie pré-adulte tout en évitant sentimentalisme ou clichés associés traditionnellement à l'adolescence, chaque téléfilm était confié à de jeunes scénaristes et réalisateurs afin qu'ils donnent à chaque épisode une touche de réalisme quant aux personnages et aux situations vécues. De même, parce que l'adolescence est une période de la vie troublée et pleine de doutes, le ton de chaque téléfilm était plus sombre que ce qu'on avait l'habitude de voir sur le petit écran.
Produit en collaboration avec Capa Drama, le défi d'À cause d'un garçon était de traiter de l'homosexualité chez les adolescents avec pudeur et sensibilité. Choisissant un autre chemin que celui emprunté par Juste une question d'amour, le téléfilm cultissime diffusé deux ans auparavant sur France 2, le réalisateur Fabrice Cazeneuve et son scénariste Vincent Molina (pseudonyme derrière lequel se cacherait en fait le jeune écrivain Guillaume Le Touze), décrivent le parcours d'un jeune lycéen qui vit dans le mensonge et doit faire face à l'adversité une fois que son homosexualité est dévoilée. Le but des auteurs est avant tout de traiter la question de l'identité au moment de l'adolescence, une période où tout compte démesurément, la quête de soi, de l'amour, la difficulté d'être soi-même. Le téléfilm a été tourné en 22 jours dans une ville de la banlieue parisienne. Julien Baumgartner (Vincent), qui porte le film sur ses épaules, a auparavant passé trois ans au Cours Florent avant d'intégrer le Conservatoire et d'être viré au bout d'un an pour avoir tourné dans Sexy Boys ! Quant à Jérémie Elkaïm (Benjamin), le garçon par qui le scandale arrive, il était l'un des deux amants de cet autre film gay de référence : Presque rien.
Étude sensible sur les révélations de l'adolescence, ce film illustre également l'universalité de l'amitié et l'agressivité de l'outing. Un coming out « volé » est encore plus dur à assumer. Certains moments de l'histoire sont vraiment filmés avec magie (le coup de foudre entre Vincent et Benjamin, Benjamin qui drague Vincent, la nuit d'ivresse des trois compères ainsi que les scènes de douche et de lit). Il est dommage que les scènes de natation échappent à cette magie. Elles qui auraient dû être moment de grâce et de plénitude (quand Vincent est seul face à lui-même, dans l'eau : son élément) ou de tension et d'affrontement (l'agression homophobe par les compagnons de sport) « coulent » un peu chaotiquement comme une eau qui n'ose pas mouiller. L'image véhiculée par la virée dans le Marais gêne. Ce qu'elle donne à voir de l'endroit est digne du manichéisme d'Ardisson : un quartier gay tentaculaire et tentateur où règne perversion et consumérisme sexuel. Sodome et gonorhée ! À part ce petit bémol, ce film sans maniérisme et soigné (jusque dans le détail de la prévention) est d'un réalisme qui parle à tous et touche particulièrement tous ceux qui sont passé par ces affres là. Julien Baumgartner est habité par le personnage de Vincent : il maîtrise avec finesse la composition de son rôle. Jérémie Elkaïm, quant à lui, est superbe de retenue et de justesse dans son rôle d'ange noir vecteur de la révélation.

BONUS
PLUS DE PAUL
, un film (court-métrage) d'Alessandro Avellis (France - 2002 - 8 min) : Marc rencontre un soir un garçon de rêve, mais celui-ci disparaît. Aidé de sa copine Céleste, il décide de le retrouver…
Pour plus d’informations :


Par Francis Lamberg (La Lucarne) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 11 novembre 6 11 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Yoshinori Okada, Kota Kusano, Ayumi Hamazaki, Koji Yamaguchi et Kumi Takada. Réalisé par Ryosuke Hashiguchi.
Durée : 129 mn. Disponible en VOST.


Résumé :
Ito, collégien, est amoureux de son meilleur ami Yoshida, qui ne se doute de rien et est lui-même attiré par Aihara, la jeune rebelle de la classe. Aihara perce le secret d'Ito et celui-ci découvre qu'elle a subi un viol. Ils deviennent amis et forment bientôt un trio romantique des plus étranges.
L'avis de Bastian Meiresonne (Eiga go go !) :
Après son premier long métrage très remarqué Petite fièvre des 20 ans qui eut pour effet de relancer une vague de films indépendants au Japon, le réalisateur Ryosuke Hashiguchi revendique son coming-out homosexuel dans ce drame intimiste.
Le jeune collégien Ito est secrètement amoureux de son meilleur ami Yoshida. Des rumeurs devançant sa déclaration de flamme, il devient rapidement la risée de ses copains de classe et se distancie de Yoshida. La rebelle Aihara le soutient dans son épreuve, refoulant – elle aussi – un lourd secret. Jouant les entremetteuses, elle tente de rapprocher les deux garçons, malgré l'attirance naissante de Yoshida à son égard.
L'homosexualité est encore un sujet tabou au Japon. Tournée en dérision ou apparentée aux travestis (en grande partie dû au traditionalisme kabuki), elle n'est que difficilement tolérée, voire carrément discriminée au Pays du Soleil Levant. Hashiguchi prend donc un pari très risqué en réalisant une œuvre toute entière dédiée à ce sujet, tout en déclarant ouvertement sa propre homosexualité à une presse japonaise médusée. Réalisateur porte-parole d'une renaissance du cinéma indépendant suite à son relatif succès de son premier long Petite Fièvre des 20 ans et acteur renommé de la série télévisée Tsuge Yoshihara World 1 & 2, cette nouvelle œuvre sera un relatif échec dans son pays d'origine, mais gagne une certaine reconnaissance mondiale en remportant de nombreux prix dans divers festivals (Rotterdam, Dunkirk et Turin). Injustement cantonné depuis aux rayons « 'gays et lesbiens »' des magasins, le film mérite pourtant mieux, malgré quelques faiblesses.
Contrairement à bon nombre de productions du même genre, Hashiguchi a le mérite d'opter pour une approche distanciée et respectueuse de son sujet. Mis en scène sans dramaturgie exacerbée, ni fioritures arrangées, le réalisateur ne prend aucun parti. Au-delà de son sensible sujet, il réussit à capter parfaitement le comportement d'une adolescence pubertaire. Les potins font rage dans les cours de recréation et les collégiens sont d'une rare cruauté envers leur prochain. Une fois la rumeur de l'homosexualité d'Ito lancée, le jeune garçon se retrouve irrémédiablement écarté par ses congénères et la risée de tous. Deux jeunes adolescentes récoltent de l'argent pour une amie dite enceinte, alors qu'elles ne cherchent à se faire de l'argent que pour organiser une soirée. D'autres rumeurs affirment avoir vu une collégienne sortant d'un hôtel en compagnie d'un vieil homme… Au milieu du tourbillon, le jeune Ito n'a d'yeux que pour son ami Yoshida. Ce dernier ne rejette pas son ami, allant même jusqu'à se faire embrasser pour – sans doute – expérimenter ce que cela pourrait bien lui faire. N'y trouvant pas de goût, il ne rejette pas pour autant son ami, mais s'écarte progressivement de lui, embourbé dans ses propres premiers émois sexuels. Maladroit dans l'approche des filles, il sort sans grande conviction avec une première fille, avant d'éprouver une irrévocable attirance pour Aihara. De banales histoires en somme, mais tellement difficiles à capter comme en témoignent de nombreux films réalisés sur le même sujet. En même temps, cette distanciation par rapport au sujet principal manque quelque peu de profondeur. En choisissant de cadrer en longs plans larges, Hashiguchi perd en intensité émotionnelle. Les doutes et le désœuvrement d'Ito ne sont esquissés qu'à de rares moments ; la révélation du lourd secret d'Aihara semble un brin caricatural par ce procédé.
Reste l'audace du projet très personnel au réalisateur, quelques scènes de toute beauté par leur apparente simplicité (la scène du baiser échangé entre les deux garçons, les séances chez le docteur, la « méprise » finale sur la plage) et la parfaite retranscription d'une jeunesse désœuvrée pour en faire un rare témoignage sur une « différence », qui ne devrait pas être… Et au réalisateur d'éviter tous les clichés et poncifs du genre, qui plomberont son long métrage – autrement plus commercial – suivant : Hush!.

Pour plus d’informations :
Voir la fiche n°1, l'avis de Jean Yves

Par Bastian Meiresonne (Eiga go go !) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 10 novembre 5 10 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Ginette Reno, Sophie Lorain, Paul Sorvino, Luke Kirby, Peter Miller, Mary Walsh, Claudia Ferri et Pierette Robitaille. Réalisé par Emile Gaudreault. Scénario de Emile Gaudreault et Steve Gallucio, d’après la pièce de Steve Gallucio. Directeur de la photographie : Serge Ladouceur. Compositeur : FM Le Sieur.
Durée : 90 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé (dos du dvd) :
Un Italien ne quitte ses parents que marié ou mort. Tremblement de terre chez les Berberini. Quand Angelo décide de quitter le domicile de ses parents pour emménager avec son copain d’enfance, Nino, qui se révèlera plus qu’un ami, c’est le séisme dans la communauté italienne.
L'avis de Daniel C. Hall :
Voilà le genre de comédie formatée que l’on hésite à complimenter ou à éreinter. C’est un film pop-corn, agréable, léger, sucré, mais un peu fade, oublié aussi vite que vu. Spaghettis et sirop d’érable font bon ménage, mais inutile de prendre son cerveau sur soi pour visionner cette comédie. D’accord les acteurs sont plutôt bons, la réalisation est dynamique, les répliques font mouche de temps en temps. D’accord on ne dénigre pas les homos, on évite même la plupart des poncifs (excepté la fin sur l’air de I Will Survive de Gloria Gaynor). Finalement, seuls les Italiens peuvent se montrer vexés par la caricature outrancière. Si le film s’était déroulé dans la communauté pied-noir, tout le monde dirait à longueur de tirades « Hou ma mère purée » plutôt que « Mama mia ». Enfin ne soyons pas mesquin, ce petit film agréable fait passer le temps et se regarde avec plaisir. Le propos est léger : aucune réflexion, aucun drame, aucun doute. Tabernacle ! On peut même en ressortir guilleret. Que l’on soit gay ou pas, caribou ! Pour le reste, oh mama mia, ce n’est pas ici qu’il faut le chercher.
L'avis de Jean Yves :
Dans Mambo Italiano, il y a quelque chose de plaisant : c'est cette forme d'humour créée par de très nombreuses exagérations, tant dans les paroles (on peut le regarder pour apprendre l'art d'en faire des « tonnes »), que dans les comportements, les deux étant liés à la fierté, à l'honneur, à la respectabilité, principes auxquels presque tous les personnages sont attachés.
Côté atmosphère visuelle, j'ai bien aimé les couleurs éclatantes et saturées situant l'action, grâce à elles, en dehors du réel. Le décor « architectural » est kitsch à souhait et renforce cette distance d'avec le réel. Je me demande même si tout n'a pas été pensé pour que le spectateur contemple d'abord un décor. Assez proche d'ailleurs de ceux des sitcom, les couleurs criardes en plus.
L'histoire est certes mince : il s'agit plus de facéties autour d'un coming-out qu'une interrogation en profondeur des bouleversements que celui-ci crée chez chacun des personnages. La mama affolée et la sœur dépressive, au demeurant bien vues et bien jouées, permettent d'une certaine façon au réalisateur de ne pas trop s'appesantir sur les questions d'identité, notamment pour le personnage de Nino. Dommage.
J'ai ressenti de la tendresse dans ce film avec quelques belles images des deux amants ; de la sensibilité aussi, entre Angelo et sa sœur Anna.
Que dire de plus de ce film à la fois gentiment gay mais aussi un peu facile en ne jouant que la carte de l'humour ? Il a quand même le mérite de ne pas proposer un « happy end ». Ouf ! Il serait tombé alors dans la niaiserie.
L'avis d'Oli :
Angelo est le fils d'un couple d'Italiens émigrés en Amérique, enfin, au Canada, enfin, au Québec, et qui vivent depuis lors toujours comme des Italiens. Lui-même, ça lui pèse. Surtout qu'il est gay. Alors, après un appel à la Gay Help-line, il décide de sortir du placard auprès de ses parents. Et de leur avouer que Nino, son coloc’, est un peu plus que son coloc’. C'est là que démarre vraiment le film, le choc « culturel » et le rejet de parents qui se demandent ce qu'ils ont fait au Ciel pour avoir un fils homosessuale. En plus, ils décident d'en informer la mère de Nino, qui, elle, va tout faire pour « convertir » ces dépravés.
Mambo Italiano est un film qui s'amuse avec tous les préjugés et poncifs sur les Italiens et les gays, mais qui le fait avec un humour léger, sans jamais d'ironie méchante, ça reste drôle. Tout y passe: la famiglia, la religion, la nourriture, les enfants qui restent chez leurs parents, et le Village (quartier gay de Montréal), les mecs hyperlookés, les gymqueens, l'homophobie ordinaire des enfants... Un film dynamique, rythmé, avec quelques blagues potaches et d'autres plus fines. Une vraie comédie, quoi. Même si parfois, ça vole vraiment pas bien haut et où il vaut alors mieux être dans une salle bon public que dans une salle un peu trop exigeante, pour être entraîné par les rires des autres spectateurs. Certains passages sont lourds, mais le film reste léger, c'est l'essentiel.
Un point plus particulièrement intéressant, c'est l'absence de jugement clair porté sur le personnage qui quitte son mec pour se marier avec une femme et pour retourner ainsi dans la « normalité ». Difficile de dire si ce personnage est moins heureux que s'il retournait vivre avec son mec. Difficile aussi de dire si, une fois marié, il finira toutes les fins de semaines dans les saunas du Village. Non, le film ne montre que son intégration dans une vie normale, avec amis hétéros conviés au barbecue dans le jardin de la maison, femme enceinte et bonheur apparent. Au spectateur de croire qu'il en est mieux ainsi quand on est Italien et homo, ou bien que la souffrance intérieure n'en est que plus grande. Ce n'est pas de la cinématographie introspective et philosophique, mais c'est quand même bien de voir qu'aucun cliché de ce film ne tombe dans le jugement de valeur.
Pour plus d'informations :
Site du film
Par Daniel C. Hall, Jean Yves et Oli - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 9 novembre 4 09 /11 /Nov 15:44

[Ajout du 16/11/06, après un barrage pour la première vidéo : cliquez sur le logo YouTube pour voir la vidéo] CE N'EST PAS PARODIQUE... CE N'EST PAS DRÔLE ! C'EST DE LA HAINE !


Voilà une vidéo qui traîne sur le Net, sur tous les sites vidéos. Selon les différents avis, c’est une parodie ou un groupe tout à fait sérieux. Même en cas de « parodie », l’appel à la haine et au meurtre fait-il partie de la liberté d’expression ? Surtout visible par tous, des plus jeunes aux plus âgés, des plus influençables aux vrais fachos ? Bonne question. Personnellement, et pour rompre ma « neutralité » légendaire, je suis écœuré. Mais je crois qu’il fallait que je publie cette vidéo sur mon blog, malgré ma répulsion, puis les paroles (que je ne vais pas me faire ch**r à corriger !) et quelques articles pour situer ce « groupe ». À vous de juger… Mais quand je vous dis que le retour à la haine est effectif en France depuis quelques années et que cela ne s’améliorera pas… J’en suis MALADE !

Daniel C. Hall

LES "PAROLES"
(Les fautes sont d'origine ! On ne peut pas être chanteurs et écrivains !)


Au bois de boulogne tu te fais enfiler
Pas d'ambiguites t'es vraiment un pd
Pas de supositoires quand tu es constipe
Juste une grosse bite dans ton cul de pd !!!!


Tous les samedis soir tu vas te faire enculer
Nous on t'attends pour te bastonner
Battes de baseball et croix gammees
On ira tous a la chasse aux pd


Sale tapette efeminee
Cheveux longs = pd
Sale dragQueen emasculee
Moi je vais te faire passer l'envie d'en sucer !


Tous les samedis soir tu vas te faire enculer
Nous on t'attends pour te bastonner
Battes de baseball et croix gammees
On ira tous a la chasse aux pd


Serre les fesses sale tantouze
Car ce soir c'est la grande partouze
C'est pas une bite que t'aura dans le cul
C'est ma batte sale fils de pute


Homos de merde !!!!!


Article de Wikipedia :
Suprême MRAP est un groupe de musique RAC ("Rock Against Communism"), qui serait parodique. Les initiales signifient : Mouvement Raciste Antisemite et Patriote.
Souvent confondu avec Legion 88, Suprême MRAP est un groupe controversé. Jouant principalement du style RAC des boneheads, il varie aussi parfois ses accords pour parodier les styles des groupes ethniques qu'il "attaque". Les paroles de Suprême MRAP sont de la pure agression et peuvent facilement être prises comme l'extrême de l'incitation à la haine raciale. Tous les groupes minoritaires sont visés : les homosexuels, les immigrés, les noirs, les gitans, les handicapés... La musique est jouée à 200 kmh, les paroles sont hurlées, les insultes fusent même après la fin du morceau. Mais dans la trentaine de chansons sorties par le groupe se glissent des titres plutôt loufoques comme "Le Pen" ou "Les Femmes" qui tendent à révéler une nature effectivement parodique de l'ensemble, le but étant dans ce cas d'imiter les boneheads pour les ridiculiser. Néanmoins, une sélection de titres écartant les plus lourdauds peut faire croire qu'il s'agit de véritable "hate-core". Les auditeurs sont très souvent persuadés qu'il s'agit de véritable musique "skinhead" raciste. La diffusion de ce groupe s'est principalement réalisée par le biais du P2P, augmentant cette suspicion, les titres les plus diffusés étant les plus violents. Mais, P2P oblige, ils sont souvent confondus avec des groupes actuels du genre de Légion 88, Capitaine FAF, Les Braques (qui ont nottament fait le "Blues du Policeman"), ou encore Front 1889, ceci est dû à l'échange de fichiers via le P2P, le nom du groupe étant souvent utilisé comme mot clé pour indexer les fichiers.
On pourrait classer Supreme MRAP dans ce que nous pourrions appeller du "Fun RAC", c'est à dire du RAC où les musiciens ne se prennent pas au sérieux, comme c'est le cas des groupes cités ci-dessus. L'auto-dérision est très forte dans Supreme MRAP. On pourrait ajouter aussi, à la liste, tous les sketches MP3 de "Mémé 88" très diffusés aussi sur les P2P, même s'il ne s'agit pas de musique ici, car il y a là un humour assez similaire.
L'œuvre de Suprême MRAP est donc finalement assez méconnue. Ainsi fait-elle un très large consensus contre elle, y compris chez des personnes d'extrême-droite. Le jugement tombe d'autant plus facilement qu'il s'accompagne difficilement d'une réflexion. Quant au sigle MRAP, il fait le plus souvent penser au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, ce qui peut être sujet à diverses interprétations...

Article de La Horde Noire :
Au titre des produits musicaux comme le NS BM ou la Oï skinhead qui n'ont d'autres choix que de circuler sous le manteau car en désaccord avec la vision de la Liberté d'expression de l'Etat français, voici un CD-r aussi impromptu que le canal par lequel il m'est arrivé (sous le manteau, je vous l'ai déjà dis !) : Suprême M.R.A.P. et ses vingt titres inqualifiables ; inqualifiables à plusieurs chefs : le support, d'abord : ce CD-r est probablement un amas à géométrie variable de MP3 circulant sur le web, avec une prod pourrie (voix trop en avant), sans informations précises à son sujet. Inqualifiable aussi par la musique : oï comique, thrash aux relents parfois folk ou indus ? On a droit à des remix, des samples (la Marseillaise, un "happy birthday", du bal musette...), et des plagiats de flamenco, de ballade, de oï... Enfin, les paroles: loin de moi l'idée de faire de la morale ou au contraire, d'approuver ces propos, je suis là que pour vous les décrire: 20 titres de crachats, de haine et de blasphème envers toutes la valeurs que souhaitent pourtant incarner l'Etat depuis notre plus tendre enfance; toutes les minorités dites opprimées en prennent plein la gueule : les Arabes ("Latter du bougnoule"), les Juifs ("Indian'Adolf"), les Noirs ("Negrolokaust") surtout, puis aussi les Asiatiques, les gitans ("Tuer du manouche"), les homos ("Chasse aux pédés"), les handicapés ("Légume handicapé"), les nains ("Sale nain") et même les skinheads !!! La gauche, le romantisme ("Te souviens-tu ?", une chanson d'amûûûr !), le christianisme ("Le fruit défendu") et les intellos passent aussi au scalpel à la fois lourdingue et incisif de suprême MRAP ! Mais qui aiment-ils alors ? Hitler, beaucoup, mais aussi Le Pen et Maurice Papon, la langue allemande et le public de la Tribune Boulogne !!! Mais comment prendre cela, alors ? Comme un CD jubilatoire et défouloir, sans tabou ni morale, maniant habilement l'humour, la vulgarité extrême mieux que le grind (extrait : "Pas de suppositoire quand t'es constipé, juste une grosse bite dans ton cul de pédé !"), les clichés ridicules ("Cheveux longs=pédés", "un juif à la montre sertie de diamants") et même l'auto-dérision pour mieux faire mouche ! En effet, les chanteurs ont un réel talent pour faire passer leurs paroles : ils prennent des voix d'abrutis finis même lorsqu'ils crachent sur les handicapés, s'expriment comme des charretiers, font des bruitages, des parodies…. Comme si les Bidochons ou Raoul-le-dégueulasse jouaient dans le groupe de oï NS Legion 88 ! Fachos réels ou textes au 15° degré d'un humour très vaseux … Mystère ! En tout cas, à ne pas mettre entre toutes les oreilles !

Et en bonus car il n'y a pas de degrés dans l'horreur et l'abjection, cet autre titre, Latter du bougnoule, (pour lequel je demande pardon à mon amoureux de le mettre en ligne) très explicite :


Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 8 novembre 3 08 /11 /Nov 10:07



Mercredi 8 novembre 2006 – 00h24

J’ai du mal à trouver le sommeil. La lecture de nouvelles (des histoires, pas des news) qui me parlent me renvoie, par leurs sujets, à la vacuité de mon existence. Qu’ai-je fait de ma vie jusqu’à présent ? Pas grand chose qui vaille la peine qu’on s’en souvienne. Si je disparaissais demain, je sombrerais dans l’oubli le plus complet en moins d’un an.
Que vais-je faire du reste de ma vie ? Continuer à la regarder défiler avec passivité, et à dire oui à des choix qui ne sont pas les miens ? Ou oser, enfin, devenir et être MOI.

J’ai peur de m’endormir. Je voudrais que le sommeil me quitte pour toujours. Je voudrais arrêter de rêver, mais vivre mes rêves.

Je n’ai pas envie de dormir seul. J’ai envie de poser ma tête contre ton épaule, de sentir la chaleur de ton corps contre le mien. Je veux sentir ta chevelure noire caresser mon front et mes tempes. J’ai envie de m’évanouir dans tes bras comme la nuit s’évapore lorsque point l’aurore.
Je ne veux pas vivre sans toi.

J’ai beau être fatigué et las, je sais que je ne dormirai pas. Pas tout de suite.

Il me tarde de quitter ce lit inconfortable qui est mon pré rectangulaire depuis cinq semaines. L’exil prendra fin dans trois jours.
— Et nous reprendrons une vie normale.
Toi, peut-être, Irène, si tu le dis.
Moi, je n’ai pas une vie normale.
C’est une survie, ou plutôt une sous-vie, une non existence, et une longue absence. C’est une errance que je traverse en solitaire, dans laquelle je me sens, souvent, comme étranger à moi-même.

— Qui es-tu, Zanzi ? Qui est ce petit garçon qui pleure derrière toi ?
Il n’est pas derrière moi. Il est en moi. Quelle étrange captivité que la sienne. Petit garçon, je te sens pleurer et soudain tes larmes sont miennes. Il y a si longtemps que je t’ai laissé derrière moi, mais tu ne m’as jamais quitté. Pourrons-nous un jour nous retrouver ? Si seulement quelqu’un venait te libérer…

Cet après-midi-là, tu m’as regardé avec tes beaux yeux verts et tu m’as dit que j’avais un beau sourire. Et dans la pénombre de cette pièce, j’ai cru voir le ciel s’entrouvrir. J’ai tant envie de te revoir, toi qui, à travers les brumes de mon spleen, a pu distinguer les yeux rieurs et le sourire enfantin du petit Damien…


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Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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