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Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

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Daniel Hall


secondé par :

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Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser,
 
Niklas,
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 Jag1366, Hari3669, Maykel Stone,
Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak,
Rémi Lange
, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
BBJane Hudson...

Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
Nicolas Maille, Sullivan Le Postec, Vincy Thomas,
Jann Halexander, Tom Peeping
, Lucian Durden,
Papy Potter, Nico Bally, Marie Fritsch,
Sir Francisco, Laurent Fialaix
et Hugo Rozenberg.

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Un grand merci à Francis Moury,
Olivier Nicklaus et à
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Mercredi 8 novembre 3 08 /11 /Nov 10:03

Pour plus d'infos : cliquez ici.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mercredi 8 novembre 3 08 /11 /Nov 08:41

Fiche technique :
Avec Philippe Léotard, Anne Roussel, Serge Dupire, Dominique Gould, Ines de Medeiros, Paula Guedes, Filomène Concoives, Fernando José Oliveira, Estrela Novais, Filipe Ferrer, Antonio Fonseca et Rogerio Surnom. Réalisation : David Delrieux. Scénario : Pascale Memery et David Delrieux.
Durée : 90 mn. Disponible en VF.
Résumé :
À Lisbonne, la vedette d'un insipide spectacle érotique abandonne son partenaire pour deux Américains, qu'elle va suivre dans leur dérive. L'attachement qu'elle portera à l'un d'entre eux provoquera la tension dans leur trio qui conduira à leur séparation.
L’avis de Jean Yves :
Allan et Willy s'aiment. Amour entre hommes et solitude. Une femme apparaît : idylle, naufrage, impasse... La liaison des deux amants sortira victorieuse de cette « épreuve ».
Un téléfilm provocateur, diffusé en septembre 1990 sur La Sept.

Deux hommes s'aiment, vivent et travaillent ensemble. Allan (Dominic Gould) et Willy (Serge Dupire) partagent ensemble les échafaudages, dans la salle désaffectée d'un cinéma de Lisbonne : « You're Lonely », show d'enfer où les corps se bousculent, s'évitent et recherchent les frottements violents dus aux mots. Un vrai ballet homo-érotique où la sueur sous les projos et leurs cris communiquent un message à la fois plein de provocations et d'interrogations.
Au commencement était le verbe : le personnage principal est sans doute le langage. L'amour, ce sont des mots : « Laisse-moi déboutonner ta braguette et te sucer comme une bête qui cherche une proie [...] Tu veux seulement toucher quelqu'un et tu comprends que ça ne va jamais changer en ce monde et tu es baisé par une queue de vingt centimètres. »
Le public hurle, vocifère, siffle, sait-on vraiment ce qu'il ressent, ce qu'il reçoit, qui le touche et l'atteint au plus profond de lui-même ?
À l'autre bout de la ville, il y a Karl, quinquagénaire déglingué en vieil amoureux farouche jamais résigné (Philippe Léotard) et Lise (Anne Roussel). Lise, trop jeune, trop fragile, cherchant la syntaxe de son existence à corps perdu.
Entre Lise et Karl, qu'est-ce qui marche ? Tout semble au point mort : leur vie à deux, leur projet de spectacle (eux aussi sont des comédiens vagabonds), la seule force du désir de l'un qui ne peut les rassembler.
Lise décide pourtant de s'échapper de l'enlisement : « J'ai la permission de quelle heure ? »

— Le temps de bien te faire foutre », lui rétorque Karl prémonitoire !
C'est alors que se croisent cette noyée vivante, incapable de remonter le courant de ses désirs, d'en lire les signes éparpillés, et le couple Allan-Willy.
Ainsi Lise tente-t-elle de se glisser dans l'histoire de ces deux mecs. Au jeu violent, si naturel pourtant, des deux beaux Américains, elle répond par son propre jeu de séduction. Femme-enfant, éperdue, rescapée d'un naufrage intime qui réclame des bras musclés et tendres. Séduire ceux pour qui l'enjeu des attirances ne passe pas, en principe, par la femme.
Pourtant cela marche : une idylle se noue entre Lise et Allan. Que fait Willy ? Il accompagne en silence, il suit, loin, du regard, manifeste son impatience. C'est tout, presque.
On oublierait presque Karl, l'amant fatigué s'il ne poursuivait le film personnel de son désastre amoureux au fil des rues de Lisbonne.

Les mots anglais, français, portugais s'ajoutent, se côtoient, métaphore de la Tour de Babel : musicalité des mots de l'autre incompris, qui disent aussi l'incommunicabilité du désir pour chacun.
Pendant tout le film, il n'y aucun langage amoureux entre les deux homos : seul leur regard révèle la puissance secrète de leur liaison.
Cette absence d'un dialogue amoureux entre eux fait signe : la liaison perturbée Allan-Willy sortira victorieuse de cette « épreuve » avec Lise car ce qui révèle la tranquille force de ce couple homosexuel, au regard des autres, c'est ce non-besoin d'un discours amoureux exhibé. Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 8 novembre 3 08 /11 /Nov 07:15

Fiche technique :
Avec Christophe Malavoy, Michel Aumont, Naël Marandin, Pierre-Arnaud Juin, Pierre-Alexis Hollenbe
ck et Clément Van Den Bergh. Réalisé par Christophe Malavoy. Scénario : Didier Decoin, d’après la pièce d’henri de Montherlant.
Durée : 95 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Des châtiments corporels aux amours platoniques adolescentes, la vie quotidienne d'un collège religieux de l'entre-deux-guerres où grondent les passions souterraines. D'après la pièce d'Henry de Montherlant. Sevrais, brillant élève de 17 ans, se lie d'une amitié passionnée pour son benjamin, le jeune Souplier, élève turbulent et rebelle à toute autorité. Cette complicité insolite ravit le reste des élèves. Mais elle n'est pas du goût de l'abbé de Pradts. L'amitié entre deux élèves de sections différentes étant absolument proscrite, l'abbé tente de s'interposer entre les deux adolescents. Mais sa stratégie manipulatrice, loin d'être désintéressée, dévoile peu à peu un attachement disproportionné pour le petit Souplier. Les deux adolescents ne cessent pourtant de se rapprocher, échangent leur sang et font le serment d'une amitié éternelle. Jaloux et possessif, l'abbé manigance alors le renvoi de son jeune rival pour lui soustraire Souplier, devenu l'objet de toutes les passions...

L'avis de Francis Lamberg (La Lucarne) :
Dans un collège catholique, l'amitié passionnée de deux élèves, Servais et Souplier, respectivement l'as et le voyou du collège, éveille la jalousie de l'Abbé de Pradts, secrètement fasciné par le jeune Souplier. Pour évincer son rival, il lui tend un piège dans lequel il finira par être broyé lui-même. Une tragédie humaine se jouera autour de cette relation de collégien que le langage du collège appelle pudiquement « association » mais qui est un véritable amour enfantin.
D'abord interprété par lui au théâtre, Christophe Malavoy réalisa ce téléfilm et y conserva le rôle du Père de Pradts. Si c'est Guillaume Canet qui interprétait le rôle de Servais au théâtre, c'est Noël Maradin, qui y jouait celui de Souplier, qui sera le Servais du film.
Si la mise en scène est académique et céleste, l'interprétation manque cependant de foi chez les adultes. Leur jeu est par trop théâtral. Tandis que celui des enfants plus naturel et vibrant sert mieux le texte du chef d'œuvre de Montherlant. Il est difficile de ne pas faire le parallèle, voire la comparaison, entre ce film et Les Amitiés Particulières que Jean Delannoy adapta d'après le roman éponyme de Roger Peyrefitte. Les Amitiés Particulières atteint une grâce sensuelle qu'apparemment Malavoy n'a pas cherché à mettre ou n'a pas su atteindre dans La Ville dont le prince est un enfant. Il est vrai que si chez Montherlant l'âme est toujours derrière le texte, chez Peyrefitte la chair n'est jamais loin.
« Une mouche qui meurt dans le parfum en gâche toute la bonne odeur. »
Monsieur le Supérieur (Michel Aumont)

Pour plus d’informations :

Par Francis Lamberg (la Lucarne) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 11:31
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 09:55
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 09:49
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 09:45
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 09:44

Fiche technique :
Avec Pierre Chatagny, Natacha Koutchoumov et Rui Pedro Alves. Réalisé par Lionel Baier. Scénario de Lionel Baier. Directeur de la photographie : Séverine Barde et Lionel Baier.
Durée : 94 mn. Disponible en dvd.

Résumé :
Entre le travail dans une usine de chocolat la journée et le sexe consommé à la chaîne le soir, la vie de Loïc est réglée comme du papier à musique. Mais un jour, il fera quelque chose d'exceptionnel, "de nouveau". Le jeune homme ne sait pas encore quoi, mais économise déjà sur la nourriture en se coupant l'appétit à coup de cachet contre le mal d'estomac.
Il y a Marie également, l'amie d'enfance, celle chez qui Loïc va dormir après avoir été rodé sur internet, puis dans les rues de la ville. Celle dont Loïc est peut-être amoureux.
Mais tout cela va changer, parce que Loïc va faire des rencontres : le type étrange du Mac Donald d'abord, mais surtout Rui, le footballeur star de l'équipe régionale. Le jeune homme va changer, parce que Marie le forcera à aller plus haut. Parce que Loïc n'est pas un garçon stupide...
L'avis de Clément Graminiès (Critikat) :
Avec ce premier long-métrage aussi hésitant qu’attachant, le jeune réalisateur suisse Lionel Baier esquisse le délicat portrait d’un jeune homosexuel de vingt ans, Loïc (Pierre Chatagny), qui partage sa vie entre le travail à l’usine et les rencontres d’un soir conclues sur Internet. Avec cette approche quasi sociologique du milieu gay, Garçon stupide rend compte, sans aucune complaisance, d’une misère affective où la sexualité, exploitée mécaniquement, vient contrebalancer l’absence totale d’attaches.

Mais l’entrevue sur laquelle s’ouvre le film va progressivement venir bouleverser ce rapport aux autres. Jeune garçon égoïste qui ne s’interroge pas sur le monde qui l’entoure - il ne sait même pas qui est Hitler -, Loïc est stupéfait de voir qu’un homme, Lionel, s’intéresse si soudainement à lui, à sa personne, en lui posant toutes sortes de questions non relatives à ses performances sexuelles. D’abord déconcerté par les intentions louables de cet homme qui restera continuellement en hors-champ, le jeune homme se laisse peu à peu prendre au jeu de la confession et multiplie les rendez-vous comme on décide d’entrer en psychanalyse. Lui qui n’envisageait son rapport avec l’autre qu’autour d’un plaisir immédiat va peu à peu s’éveiller à la complexité du monde qui l’entoure, à des désirs dont il ne soupçonnait même pas l’existence.

Car sous ce comportement futile et insouciant, Loïc cache des trésors que la mise en scène soignée de Lionel Baier fait éclore par fulgurance. En contrepoint des nombreuses scènes crues et terriblement réalistes où l’acte sexuel est surreprésenté sans jamais appeler à quelque voyeurisme, le jeune homme aux grands yeux noirs et mélancoliques surnage puis s’accroche, grâce notamment à la bonne copine, Marie (touchante Natacha Koutchoumov), qui l’héberge très régulièrement dans son petit deux pièces de Lausanne. Affectueuse, la jeune femme offre à Loïc un amour, une écoute et un réconfort que ses histoires d’un soir ne sont pas à même de lui donner. A la fois substitut maternel et amoureuse transie, elle subit les sautes d’humeur de ce jeune immature, lui explique patiemment les termes qu’il ne comprend pas tout en essayant de lui faire prendre conscience de la vacuité de son existence. Mais l’égocentrisme du jeune homme, dont la caméra épouse le point de vue, ne lui permet pas de comprendre que cette amie est autant, sinon davantage, rongée par la solitude et la peur de l’échec. La soudaine scène du suicide, quasi onirique, vient alors contredire toutes les certitudes de Loïc. Il suffit de le voir terrassé de peur, animal devenu vulnérable, lorsque son amie disparaît momentanément dans la pénombre d’une grotte pour comprendre que Garçon stupide, sous ses aspects de comédie sociale, revêt des accents tragiques qui pousseront son personnage principal à dépasser ses propres limites, à aller jusqu’au bout de ce parcours que la réalisation travaille avec une patience admirable.

Et si le film semble s’égarer par intermittence dans des possibles scénaristiques aussitôt avortés, c’est que Lionel Baier suit au plus près les balbutiements de Loïc dans sa nouvelle prise de conscience. Revenu d’une mort symbolique, il repart de zéro, renaît depuis la chambre de son enfance où chaque objet se veut l’évocation de souvenirs refoulés, puis s’émancipe, part à la découverte du monde à l’aide d’une caméra. L’objet, preuve d’un éveil et d’une volonté de comprendre, devient une arme à part entière, un possible tangible qui lui permettra de comprendre de lui-même ce que son amie n’est plus là pour lui expliquer.

Pour plus d’informations  :

 
Par Clément Graminiès - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 09:08


Peux-tu nous présenter ton blog, sa genèse, son contenu, ce qu’il t’apporte et ce que tu penses qu’il apporte à tes lecteurs(trices) ?

Mon blog est né d’autres blogs grâce aussi à TRYPTAN (Mme Marcadet) qui m’en a montré l’usage et la liberté que cela procurait. Journaliste pigiste, c’était aussi pour moi, la possibilité d’écrire sans contrainte et de créer une ligne éditoriale propre me permettant tous les sérieux et toutes les fantaisies. D’abord installé chez U-Blog, je suis rapidement passé à DotClear qui m’a permis de mettre du son, de la vidéo, des photos et du texte bien sûr sans les contraintes normatives de U-Blog. Quant au contenu de mon blog, il est éclectique. Je dis souvent que c’est une auberge espagnole mais chic et gay, qu’on y trouve ce qu’on y apporte. Cependant, le personnage de Grey Mondain me permet d’aborder les sujets du moment à travers le prisme de la futilité et de la mondanité. Mais pas toujours, juste pour dérouter ce qu’il faut, pour brouiller les pistes. Qui tire les ficelles : Grey Mondain ou son créateur ?

Tu écris le premier paragraphe d’un roman ou d’une nouvelle dont le héros n’est autre que toi-même. Quel serait ce paragraphe ?

Les coussins sont moelleux pensa-t-il en s’asseyant dans ce fauteuil princier. La posture qu’il avait adoptée était à la hauteur du fauteuil. Une arrogance légère presque insouciante s’en dégageait. Elle convenait au lieu. Décontracté et chez lui, il passa commande. Alors que le barman lui apportait son champagne, il soupira d’aise et s’entendit dire : « Ah ! je me sens revivre ! » Il était au Fontainebleau, le bar du Meurice. La terre s’arrêtait de tourner. Déjà, il était hors du temps.

Si tu étais les premières images d’un film, quelles seraient-elles et pourquoi ?

Le choix est difficile ! Mes classiques préférés se bousculent dans ma tête. En citer un plutôt qu’un autre serait assez réducteur. Aussi ma réponse sera presque la même que celle que j’ai faite à Clarence Dutilleul : Ce serait un film auto-promo conceptuel, un plan fixe sur le dos d'un fauteuil d'un grand bar d'hôtel parisien avec un cocktail sophistiqué et onéreux sur une petite table à hauteur de ma main. D’ailleurs on la voit prendre le verre et goûter au cocktail. Off et en boucle, des répliques cultes de films « How do I look ? Very good I must say I’m amazed ! », « I am a very stylish girl », « À la Cour monsieur ! À la Cour dont je suis », « Les pauvres bêtes qui veulent prouver leur amour ne savent que se coucher par terre et mourir. », « It’s beyond my control », « Lights Models Guest lists ust do your best darling »… D’autres répliques se perdent en murmures.

Quel est ton roman préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Les Chroniques de San Francisco. À cause de l’humour et du tableau brossé d’une époque déjà révolue. J’attends toujours le Armistead Maupin français qui réaliserait le même tour de force. En vain pour l’instant.

Quel est ton film préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

La Belle et la Bête de Cocteau. Je l’ai vu pour la première fois à 6 ou 7 ans et je tombais amoureux de Jean Marais. J’avais déjà conscience d’être gay, de ma normalité sans savoir encore que ce n’était pas la normalité de tout le monde.

Quelle est ta série TV préférée (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Indubitablement Queer as Folk version US. J’avoue que le personnage de Michael me tape sur le système avec son côté américain moyen cheap. Quant à Justin, il est blond et les blonds, je les laisse aux autres. Cette série montre assez crûment l’univers gay. Elle me rappelle mes années « Marais » lorsque je commençais mes sorties le mercredi soir pour faire la tournée des bars et des boîtes de Paris ou de Londres. Je me retrouve dans chacun des personnages.

Quelle phrase tirée d’un livre ou film ou encore d’une chanson semblerait te définir à la perfection ?

Facile, c’est une des devises de mon blog ! « How do I look so young ? Quite simple ! A complete vegetable diet, 12 hours sleep a night and lots and lots of make up.  » La réplique culte de Truman Capote dans le film Death by murder, en référence très certainement au « How do I look ? » non moins fameux dit par Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. La boucle était bouclée.

Quelle photographie (perso ou non), image, tableau (etc.) pourrait te définir le mieux ou donner des pistes sur ta personnalité ?

Le Royal Picardy un somptueux hôtel construit en 1929 au Touquet. Né sous une mauvaise étoile, le crash boursier, cet hôtel a été détruit au début des années 70 pour y construire une tour de 11 étages et un lycée hôtelier… Le comble non ?

Question piège : Penses-tu qu’il existe une culture gay ?

Débat important. Pour certains c’est une hérésie de parler d’une culture gay, que ça renforce le communautarisme et provoque l’exclusion. Pour ce qui me concerne, je pense que la culture gay existe et qu’elle a toujours existé. Selon les époques et les cultures, elle a été plus ou moins codée, mais toujours identifiable par les rares élus ! Il est à noter ce livre que m’a offert une amie, Un goût exquis, essai de pédesthétique d’Antoine Pickels, collection ah ! éditions cercle d’art. À lire absolument. Il répond très bien à la question en 126 pages.

Quel dialogue pourrais-tu imaginer entre ton moi profond et ton moi blogueur ?

Le créateur : Tu ne crains pas qu’on te catalogue uniquement comme langue de pute ?
Grey Mondain : Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage.
Le créateur : Mais tu es impossible !
Grey Mondain : Et encore tu ne sais pas ce que je fais dès que tu as le dos tourné.
Le créateur : Je n’aurais jamais du te créer.
Grey Mondain : La créature échappe toujours à son créateur.

Quel est le blog que tu voudrais réellement faire connaître et pourquoi ?

Le mien. On n’est jamais assez lu.

Quelle question ne voudrais-tu pas que l’on te pose ?

Celle là justement ! Je plaisante. En fait, je ne supporte pas qu’on me demande mon âge. Entre 25 et 85 ans la question ne pose pas.

Dernière question. Pour passer (ou non) à la postérité, il faut préparer ses derniers mots ou dernières phrases à dire sur son lit de mort : quel(le)s seraient-ils(elles) ?

Va chier connasse ou Witches never puke.

Toutes les photos sont (c) D. R. Sans autorisation,
elles seront retirées sur simple demande ou munies d'un lien actif.




TO BE CONTINUED...
Le prochain épisode de cette saga mettra en vedette :
KRISS DU SITE HOMOSEXUALITE ET SCIENCE-FICTION
Par Daniel C. Hall - Publié dans : WEB : Les Blogs Roses
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 08:36
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 7 novembre 2 07 /11 /Nov 07:51

Fiche technique :
Réalisé par Rob Epstein et Jeffrey Friedman. Directeur de la photographie : Bernd Meiners. Montage : Dawn Logsdon. Musique : Tibor Szemsö. Narrateur : Rupert Everett.
Durée : 81 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Les homosexuels ont été victimes du régime hitlérien. Ils étaient persécutés en vertu d'une loi inique, le PARAGRAPHE 175.
Paragraphe 175 donne la parole à des survivants qui nous décrivent leurs expériences personnelles et les conséquences durables de ce chapitre caché de l'Histoire de Troisième Reich.
Il a fallu attendre 1994 pour que ces hommes qui portaient l'infâme triangle rose dans les camps de concentration nazis soient les derniers à révéler leur terrible histoire.
L'avis de Matoo :
Ce documentaire m’a complètement retourné. Il faut absolument le voir.
Il s’agit d’une œuvre qui évoque la déportation des homosexuels durant la seconde guerre mondiale. En effet, il existait dans le code pénal allemand un paragraphe connu, le 175, qui interdisait les relations homosexuelles. En 1935, les nazis y ajoutèrent un arsenal de répression qui conduira à la déportation de gays dans les camps de concentration, avec l’issue fatale que l’on connaît
Ce documentaire est extraordinaire de par sa sobriété et sa forme. Il s’agit d’interviews de rescapés (il y en a très peu de connus) qui racontent, parfois pour la première fois, leur expérience, mais aussi nous éclairent sur la manière dont a pu arriver une pareille horreur. En effet, les récits se déroulent de manière chronologique, et en quelques déclarations et photographies nous plongent dans une époque et une atmosphère incroyable. Le montage est extrêmement délicat et ciselé, il se concentre sur ces personnages, rescapés de la barbarie humaine, qui dégagent une émotion extraordinaire. En fait, cette manière de raconter, sobre et digne, est encore plus poignante pour le spectateur que des images chocs ou des reconstitutions historiques précises.
La chronologie est importante car on comprend facilement que le Berlin des années 20 était un havre de paix pour les homos. Les années opportunément qualifiées de « folles » furent une période d’émancipation et de liberté pour les homos et lesbiennes d’Allemagne qui avaient des endroits où se retrouver, et qui jouissaient d’une grande licence de la part des autorités. L’arrivée d’Hitler au pouvoir ne les avait pas tant effrayés car son bras droit Röhm (le chef des SA) avait la réputation d’être une folle perdue. Mais l’arsenal pénal a été modifié pour lutter clairement contre l’homosexualité, et l’assassinat de Röhm (la nuit des Longs Couteaux) a déclanché une répression fatale contre les gays.
Il faut vraiment écouter ces personnes, ces hommes et cette femme, qui racontent avec des souvenirs qui leur redonnent le sourire, à quel point les années 20 et 30 furent douces et insouciantes. Ils se remémorent leurs amours, leurs sorties, leurs endroits de prédilection dans le gay Berlin, ils montrent des photographies où on les découvre jeunes et fringants avec leurs ami(e)s et leurs amant(e)s. Et puis, vinrent les premières arrestations, les premières humiliations, puis les tortures et les déportations. Alors les regards se vident d’expression, leurs traits se tordent aux souvenirs des douleurs. Douleurs physiques de la torture, douleur morale de la mort de leurs compagnons,dans des conditions inhumaines. Ils ont plus de mal à s’exprimer, utilisent des ellipses ou simplement se taisent, et jettent une œillade à la caméra qui parlent plus encore que les mots ne pourraient le faire.
Il y a celui qui a vu son ami se faire manger vivant par des chiens dans un camp. Un autre qui raconte que des différences de traitement existent dans ces lieux de la mort, et qu’être homo était bien le pire des statuts. Il évoque les tortures sexuelles qu’il a subi, et dont il souffre toujours le martyr. Et cet autre rescapé, un homo juif, qui raconte comment il s’est fait passé pour un jeune aryen pour entrer dans une école, où son ami était enfermé suite à une rafle avec ses parents. Il repense au visage de son copain, son amoureux, quand il est venu le libérer, et que ce dernier l’a regardé en lui disant qu’il ne pouvait pas se séparer de ses parents, qu’il devait les aider et les soutenir jusqu’au bout, en le conjurant de s’en aller et de le laisser là.
Et ces gens ne sont même pas reconnus comme des victimes des nazis. Ce sont des oubliés de la guerre malgré les atrocités qui ont été commises à leur encontre. Heureusement que ce documentaire existe, heureusement que la mémoire de ces événements est à jamais figée et fixée. Je me dis que rien n’est jamais acquis dans le progrès social, et surtout nous concernant.

Pour plus d’informations :

Par Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 6 novembre 1 06 /11 /Nov 08:22
Merci à GayClic.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Dimanche 5 novembre 7 05 /11 /Nov 09:52

Fiche technique :
Avec Tom Hanks, Denzel Washington, Mary Steenburgen, Jason Robards, Antonio Banderas, Ron Water, Daniel Chapman, Charles Glenn, Joanne Woodward et David Drake. Réalisé par Jonathan Demme. Scénario : Ron Nyswaner. Directeur de la photographie : Tak Fujimoto. Compositeur : Howard Shore, Bruce Springsteen et Neil Young.
Durée : 119 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carrière fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Mais, le jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du sida, ils n'hésitent pas à prétexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.
L'avis de Figo (site) :
Andrew Beckett est un brillant avocat, appelé à suivre une carrière d'exception. Si bien que ses associés décident de lui confier un dossier éminemment important pour leur agence. Seulement, le jour où ceux-ci apprennent qu'Andrew est atteint du virus du sida, ils ne tergiversent pas bien longtemps et le renvoient. Ils justifient leur acte par une prétendue faute professionnelle. Bientôt, Andrew s'adresse à plusieurs avocats de Philadelphie, parmi lesquels le très médiatisé Joe Miller, afin de présenter à la Cour les responsables de cette sordide affaire de licenciement abusif.
Depuis l'apparition des toutes premières réalisations cinématographiques, le but inavoué de tous les cinéastes a toujours été d'émouvoir, de tout mettre en oeuvre pour prendre chaque spectateur par la main et le sortir de sa torpeur quotidienne en le rendant psychiquement actif d'une façon ou d'une autre. À partir de là, plusieurs styles sont apparus tour à tour, si bien que le cinéma ne s'est jamais véritablement laisser embourber par une complaisance quelconque. Le septième Art a toujours su se renouveler tout au long de son histoire à travers le génie de plusieurs de ses illuminés. Si bien que le cinéma a toujours été une activité, une pratique particulièrement appréciée du grand public, puisque éternellement variée, régulièrement intéressante et finalement assez abordable pour Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Philadelphia n'est ni une comédie dramatique ni un drame plutôt amusant mais bien une œuvre purement et simplement dramatique. Elle met en scène un jeune homme, qui sombre tous les jours un peu plus vers sa propre disparition. Ce jeune homme est un éblouissant homme de Loi, que ses proches adorent, que ses employés adulent et que ses confrères ont appris à respecter à sa juste valeur. Ses honorables associés n'entendent cependant pas garder auprès d'eux bien longtemps un homme aussi peu recommandable, puisque malade, physiquement affaibli, moralement instable... et homosexuel, par-dessus le marché. Son licenciement le renvoie auprès d'un avocat qu'il a déjà dû affronter et dont il n'apprécie pas tellement les manières. Dès lors s'engage un véritable combat et la descente aux enfers du héros laisse place à une bataille juridique pour la reconnaissance de ses droits, de son formidable talent mais aussi de sa condition d'homme et de l'honneur qu'il est en droit d'attendre d'une société qui se dit civilisée.
Il serait totalement inadapté de reprocher aujourd'hui au film les nombreux clichés qui le parcourent de bout en bout. Les temps changent, voilà tout. Et Philadelphia était un film à faire, puisque aucune autre tentative n'avait été entreprise jusque là pour que le sida soit un jour sous le feu des projecteurs. Certes, la musique, la mise en scène et le jeu de certains acteurs accentuent parfois assez péniblement l'aspect dramatique du film. On devine aussi assez aisément la quasi-totalité de l'intrigue dès les quelques premières prises de vue. Mais l'émotion qui se dégage de cette œuvre parfaitement achevée est intacte. Philadelphia est une incroyable prouesse, terriblement sincère, aussi merveilleuse que bouleversante sans être pour autant une expérience totalement désespérante. Philadelphia est plutôt une ode à la tolérance, à l'amour et à la magnificence de la vie dans sa globalité. La scène au cours de laquelle les deux principaux protagonistes se laissent emporter par les quelques notes d'un opéra de Umberto Giordano et par cette formidable interprétation de Maria Callas est en tout point admirable : parfaitement orchestrée, cette scène est un invraisemblable dialogue de sentiments qui laisse entrevoir tout cet amour qu'Andrew porte à la vie. Ce bref passage parle de lui-même : Philadelphia n'est en aucun cas une initiative cinématographique désespérément traumatisante, puisque Jonathan Demme met en scène la mort d'Andrew comme il porte à l'écran la renaissance de Joe. En somme, Ron Nyswaner a opté pour la plus abominable des maladies pour faire de son Philadelphia une formidable initiation à la vie.
Au-delà de cette folle interprétation scénaristique, Philadelphia ne serait certainement pas aussi convaincant sans son célèbre duo d'interprètes : Tom Hanks et Denzel Washington, plusieurs fois encensés pour leurs performances cinématographiques. Quant à la jolie contribution musicale de Bruce Springsteen pour ce film, elle est mondialement reconnue. Et encore une fois, au-delà de tout ce bla-bla sans véritable intérêt, Philadelphia est un récital d'une grande pureté, une œuvre à revisiter de temps à autres pour satisfaire ses sens et titiller cette forme d'angoisse profonde que chacun affronte un jour ou l'autre ou bien ne cesse de refouler à sa manière : la peur de l'inconnu.

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Par Figo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 5 novembre 7 05 /11 /Nov 09:49

Fiche technique :
Avec Stéphane Giusti, Jean-Michel Portal, Marcial Di Fonzo Bo, Mathilde Seigner, Vittoria Scognamiglio et Jacques Hansen. Réalisé par Stéphane Giusti.
Durée : 87 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Martin rencontre Lucas, maître-nageur de la piscine où il vient d'être engagé. Martin tombe aussitôt fou amoureux de lui, mais Lucas vie avec une jeune fille, Lise. Pourtant, ses sentiments pour Martin bousculent sa nature, ses désirs, ses habitudes et se transforment peu à peu en amour véritable.
L'avis de Francis Lamberg (La Lucarne) :
L'homme que Martin aime est maître-nageur dans la piscine où il travaille. De surcroît, l'objet de son désir est hétérosexuel et vit en couple ! « Des mecs comme toi, y en a plein la piscine et moi je tombe juste sur le mauvais. » Mais Martin est obstiné. Lui, le charmeur à qui personne ne résiste sauf Lucas, va mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins. Le froid et distant Lucas saura-t-il rester insensible à la cour assidue que lui fait le fantasque, infantile et franc Martin ? Martin qui vit dans l'urgence à cause de sa séropositivité, va briser le ménage de Lucas et va révéler ce dernier à lui-même.. Cette fiction, Stéphane Giusti l'avait conçue comme un film de cinéma. Faisant le constat que personne ne veut le produire, il le proposera à Arte qui acceptera d'emblée et sans aucune censure de le produire comme téléfilm. C'était avant le succès de l'hilarant Pourquoi pas moi ?
Ce film où Lucas et Martin ont, finalement, tout pour être heureux si ce n'est la maladie de Martin, est également un brillant manifeste Act-Upien. C'est une œuvre résolument optimiste qui traite de la dignité dans la maladie voire de la dignité de la maladie. Pour le personnage de Martin, Giusti s'est inspiré de Clews Valley, figure historique, emblématique et charismatique d'Act Up Paris. Tout cela est expliqué par Giusti dans l'interview-bonus. Marcial Di Fonzo Bo donne beaucoup de force et de nuance dans son interprétation de Martin. Tandis que Jean-Michel Portal traduit très bien le cheminement d'un Lucas glacial et bourru qui fini par fondre imperceptiblement devant la fougue, l'insistance et l'amour de Martin. Mathilde Seigner campe une Lise également tout en subtilité et justesse.

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Par Francis Lamberg (La Lucarne) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 5 novembre 7 05 /11 /Nov 08:49

Fiche technique :
Avec Pascal Greggory, Nathalie Richard, Cyrille Thouvenin, Vincent Martinez, Julie Gayet, Alain Bashung et Bulle Ogier. Réalisé par Ilan Duran Cohen. Scénario : Ilan Duran Cohen et Philippe Lasry. Directeur de la photographie : Jeanne Lapoirie. Compositeur : Jay Jay Johanson.
Durée : 94 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Les désirs d'Alain (Pascal Greggory ; Zonzon), avocat de quarante ans, sont confus. Il balance entre la sécurité des relations stables et l'ivresse de rencontres fantasmées. Que doit-il faire ?
Épouser sans amour Laurence (Nathalie Richard), avocate elle aussi, vivre avec Christophe (Cyrille Thouvenin), un jeune garçon, laisser libre cours à ses fantasmes avec Marc (Vincent Martinez) détenu dont il assure la défense, ou céder à la tentation de Babette (Julie Gayet), la fiancée de ce dernier.
Ces personnages en pleine confusion, en quête d'absolu, entrent dans une ronde désenchantée, tendre et cruelle.

L'avis de Traveling avant :
Second long métrage d'Ilan Duran-Cohen, davantage connu comme écrivain – son premier long, Lola Zipper, n'a guère laissé de traces dans l'imaginaire des cinéphiles – La Confusion des genres aborde de façon à la fois franche et comique le désarroi existentiel, amoureux et sexuel de notre époque incertaine. Dans ce film aux dialogues incisifs, porté par une qualité d'écriture, une acidité du ton et une acuité du regard qui ne se démentent pas, il est question d'absence ou de redéfinition des repères amoureux et du nouveau discours qui en résulte, qui remet en question, du moins en crise, les notions de monogamie, de fidélité, de relation stable et de confiance. Avec primauté du sexe et du désir sur le sentiment amoureux, qui en prend pour son rhume. L'originalité et la qualité du regard de Duran-Cohen se situent dans sa volonté d'explorer autre chose que la détresse et l'auto-destruction qui sont habituellement associées à ce constat de crise généralisée des sentiments amoureux. Car ici, l'indécision et la confusion ne sont pas synonymes de misérabilisme moral : point de jugement, plutôt un constat et son illustration, souvent même amusée, de la nature à la fois vaine et nécessaire d'une telle circulation non linéaire des élans de passion.
Sorte de variation-version trash et sexuelle du Goût des autres – ici, le goût est à prendre au sens propre de l'élan physique – le film de Duran-Cohen s'épuise, et nous avec, en un incessant mouvement du désir d'un homme, avocat quadragénaire (excellent Pascal Greggory) marqué par l'indécision et la multiplication des partenaires amoureux - quoique le terme, ici, ne soit plus tellement approprié. Bisexuel, à la fois insatiable et saturé par ses rencontres et expériences, résolument et irrésistiblement anticonformiste au niveau de ses relations personnelles, Alain ne peut se satisfaire d'un lien unique : refusant la stabilité émotionnelle, il s'étourdit en une série ininterrompue et cahotique de va-et-vient entre sa collègue et amie (Nathalie Richard, délicieuse de froide ironie) avec qui il entretien le fantasme désabusé et cynique d'un mariage « de raison », son très jeune amant jovial et à l'emportement juvénile qui l'irrite (Cyrille Thouvenin), une jeune coiffeuse (Julie Gayet) et son amant obsessif emprisonné (Vincent Martinez) dont Alain a la charge. Tous ces amant(e)s-partenaires voient Alain jouer à partir-revenir à en donner le tournis : eux-mêmes, il faut dire, se complaisent et participent de plein gré à cette dynamique du sexe et du hasard dont le personnage de Pascal Greggory alimente sans cesse les lignes de rupture et de continuité.
Il en résulte un jeu de cha-cha sexuel et émotif, tango des corps et yoyo des désirs continuel et étourdissant, sorte d'éternel retour de l'incertitude et de la valse hésitation qui marque dans l'ensemble la dynamique du film. Le portrait qu'en dresse Duran-Cohen pourrait lasser, tant il est un peu exagéré et redondant dans son déploiement scénaristique. Mais le film est sauvé par son écriture et ses interprètes. Si La Confusion des genres ne casse rien au niveau de la réalisation, il repose en entier sur ces bases solides : un scénario, plutôt des dialogues et des personnages remplis d'une verve étincelante qui multiplie les morceaux de bravoure et les répliques assassines ; une interprétation convaincante de personnages qui évitent la caricature ou l'excessive typification grâce à des acteurs qui ne surjouent jamais. Outre les excellentes interprétations de Pascal Greggory et Nathalie Richard, très inspirés, soulignons aussi le jeu d'un Alain Bashung surprenant dans un petit contre-emploi amusant. À la manière de Pascal Bonitzer - La Confusion des genres est à placer tout près de films comme Encore ou Rien sur Robert - Duran-Cohen parvient à trouver le ton qui convient à une comédie intellectuelle héritière, d'une certaine manière, des marivaudages d'Eric Rohmer, ici transformés en confusion amoureuse chronique et inguérissable marquée au fer rouge du sexe. À ce titre même, cette approche satisfait davantage que celle du Goût des autres, au sens où les personnages sont moins théâtraux et ne sont pas employés comme des symboles ou des archétypes sociaux comme c'est le cas chez Bacri-Jaoui. Dans la confusion, une certitude : un bon moment de cinéma.

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Par Travelling avant - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 5 novembre 7 05 /11 /Nov 08:37

Fiche technique :
Avec : Edith Meeks, Larry Maxwell, Scott Renderer, Susan Gayle Norman et James Lyons. Réalisation : Todd Haynes. Scénario : Todd Haynes, d’après l’œuvre de Jean Genet. Musique : James Bennett. Image : Maryse Alberti.
Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Un essai en forme d'hommage à Jean Genet, contant en trois volets, trois petites histoires sur la déviance sous toutes ses formes.
L’avis de Jean Yves :
Poison sent-il le soufre ? Les Américains, en tout cas, s'étaient si mal accommodés du film, à sa sortie, qu'ils l'avaient classé X.
Qu'est-ce donc qui a pu épouvanter les chastes yeux yankees, dans ce triptyque inspiré par l'œuvre de Jean Genet ? Est-ce la scène où les lèvres tout ouvertes d'un adolescent recueillent le crachat collectif des garçons qui lui font cercle ? Ou l'érotisme si doux de ces paluches de forçats qui se passent la dope ?
Ou une scène de viol qui, si l'on y tient, peut passer pour perversement homophobe.
Le réalisateur a mêlé trois histoires de style différent qui donnent au film une construction éclatée, composite. Trois parties, mais imbriquées les unes dans les autres.

— «  Horror », en noir et blanc, est un pastiche des horror films américains des années 50 : un certain "docteur Graves" a découvert le secret scientifique des pulsions sexuelles, mais il avale le breuvage magique, et devient un monstre sexuel, de surcroît contagieux. Tout ça finit très mal pour lui et sa laborantine qui l'aime d'amour fou.
— « Héros » répond plutôt à l'esthétique vidéo du téléreportage, mais ici, l'enquête porte sur un miracle : un enfant tue son père, et s'envole par la fenêtre. Pourquoi ? Comment ? La caméra se plante, six ans plus tard, devant les témoins. La mère, les voisins, les petits camarades du dangereux parricide. Et on commence à comprendre.
— « Homo », enfin, fait passer dans le monde des prisons et des maisons de correction : John Broom adulte retrouvera, en tôle, Jack Bolton, son ancien bourreau adolescent de la prison de Fontenal. L'appellation est transparente pour tout lecteur de Genet, qui connaît par cœur les noms de Mettray ou de Fontevreau. Son passé s'incruste, en abyme, dans le récit de ces retrouvailles entre mâles, dans l'ambiance confinée des cellules. Jack (le prisonnier incarné par James Lyons) fait le dur et nie l'existence de son attirance pour John. Mais en fait il bande pour lui.
Le spectateur habitué aux narrations linéaires, est certes déconcerté mais il y a, aussi, quelque chose de stimulant à passer d'un sujet à l'autre à travers trois styles différents.

Ces trois histoires ont en commun le sujet de la déviance, de la transgression, du rejet. À Genet, le réalisateur a emprunté, plus que des passages, mais des thématiques et un certain regard de rebelle sur le monde. Inspirées de Notre-Dame des fleurs et du Miracle de la rose, elles composent trois variations autour d'un même personnage : le hors-la-loi.
Pourquoi ce titre, Poison ? Le poison, c'est peut-être la souffrance, l'oppression sociale. C'est aussi ce qui est en soi, et qui vous dévore. Ou au contraire ce qu'on rejette loin de soi.
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Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 5 novembre 7 05 /11 /Nov 07:57


Fiche technique :
Avec Tony Leung Chiu Wai, Leslie Cheung et Chang Chen. Réalisé par Wong Kar-Wai. Scénario de Wong Kar-Wai. Compositeur : Danny Chung.
Durée : 96 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Deux amants, Lai et Ho, quittent Hong Kong pour l'Argentine. Leur aventure tourne mal et ils se quittent. Lai retourne à Buenos Aires et travaille comme aboyeur dans un bar de tango pour économiser l'argent de son retour à Hong Kong. Ho réapparait et s'intalle chez Lai. Il trouve du travail dans un restaurant chinois où il rencontre Chang, qui vient de Taiwan.
L'avis de Philippe Serve :
Réalisé entre Les Anges déchus (1995) et In the Mood for Love (2000) qui consacrera définitivement dans le monde entier son réalisateur, Happy together frappe fort en 1997, remportant le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes.
Certains critiques ont parlé, à juste titre me semble-t-il, de « film de chambre ». Tout en conservant sa patte très personnelle s'exprimant notamment en quelques vues accélérées (le trafic en ville avec une horloge géante dont les chiffres des minutes défilent à toute allure), quelques ralentis annonçant ceux, plus sublimes encore de In the Mood for Love, les éternelles fumées de cigarettes, la photo dont la brillance est amplifiée par l'usage de pellicule à haut contraste, des images 16-mm filtrées, des séquences coloriées et aussi de subtiles arrêts sur images, si brefs qu'ils en sont presque subliminaux, Wong Kar-Wai réussissait une avancée importante dans une œuvre remarquablement cohérente. On retrouve en effet ses thèmes de prédilection: la solitude, l'amour désiré et impossible, la perte, la mélancolie, la nostalgie, le Temps... Pas très gai, tout ça ? Non, c'est vrai et pourtant les films de WKW ne sont jamais déprimants. Par quel miracle ? Sans doute car il sait, en dernière minute et mieux que personne, laisser une fenêtre (même minuscule) ouverte à l'espoir… Ici, l'espérance apparaît à la toute dernière séquence, brillantissime: Fai, dont le retour à Hong-Kong est filmé en accéléré, esquisse sur son visage un sourire de renaissance, le dernier plan du train arrivant en gare se figeant en arrêt sur l'image… Une gare, symbole d'arrivée (et ici de retour) mais aussi promesse de nouveaux départs…
Comme dans tous ses autres films, WKW filme la ville où se débattent ses personnages, surtout la nuit. La surprise vient de le voir filmer Buenos Aires exactement comme il le fait de Hong-Kong, ce qui tend bien sûr à abolir les distances aussi bien géographiques, spatiales, qu'humaines, transformant ce qui est montré sur l'écran en histoire universelle… Histoire aussi de faire sentir qu'ici ou là-bas, il n'y a pas d'échappatoire à un amour qui se meure… Autre explication à l'universalité du film: le refus (déclaré) de WKW de faire « un film gay » et donc de céder à la « gay attitude » trop souvent à la mode. Ce qu'il nous montre est juste un couple, peu importe leur sexe respectif (si j'ose dire…) : « Ce film n'est pas seulement sur deux hommes mais sur la relation humaine, la communication humaine et les moyens de la maintenir ; ce sont deux hommes mais ça pourrait être n'importe quel autre couple... » (WKW, Conférence de Presse, Cannes, 17/05/97).
Je faisais allusion à la présence, ô combien importante, de l'un des thèmes de prédilection de WKW : la solitude. Ici, à la solitude affective et sexuelle habituelle vient s'ajouter celle des immigrés que sont Fai et Po-Wing. Ni l'un ni l'autre n'ont d'amis argentins, les seuls qu'ils rencontrent étant des partenaires sexuels de passage dans des toilettes publiques ou au cinéma porno…
Si Happy together reste un magnifique exercice sur le plan formel, WKW « esthétise » moins ici (on ne trouve quasiment plus d'images déformées par des focales « œil de poisson ») qu'il ne l'avait fait dans ses trois films précédents: Les Cendres du Temps, Chungking Express et Les Anges déchus, ce dernier apparaissant comme le point d'orgue d'un style alors poussé à son extrême et qui commençait d'ailleurs à être copier ici ou là…
Ni poursuite aveugle du style, ni rupture, Happy together fut bien le chaînon qui devait mener à l'apothéose de In the Mood For Love. La bande son en est un parfait exemple: aux morceaux de Frank Zappa viennent s'ajouter les tangos d'Astor Piazzolla (« Je choisis ma musique de façon très exacte. La musique est là pour représenter la ville. Le film est un tango. » WKW, id.), pont musical menant aux irrésistibles mélodies latinos de son film suivant…
Enfin, concernant l'interprétation, je ne peux que la louer et en tout premier lieu la performance de Tony Leung Chiu-wai, justement récompensé par un trophée du Meilleur Acteur à Hong-Kong et qui semble ne l'avoir raté à Cannes que d'une voix (il se rattrapera trois ans plus tard avec… In the Mood For Love !!). Cet acteur est un vrai bonheur à voir jouer tant ses interprétations, intériorisées, dépouillées, sobres, crèvent l'écran… Face à lui, Leslie Cheung est efficace même si, peut-être, un tout petit ton en dessous. Quand à Zhang Zhen (ou Chang Chen), il prouvait après A Brighter Summer Day d'Edward Yang et avant Tigre et Dragon d'Ang Lee, qu'il faudrait désormais compter avec lui….
Et puis, bien sûr, une critique louant un film de Wong Kar-Wai ne saurait oublier d'y associer Chris Doyle, le fidèle et formidable directeur photo des films du réalisateur cantonais !
Un superbe film à ne surtout pas rater et à ne pas hésiter à revoir car, comme tous les films de WKW, il y gagne !

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Par Philippe Serve - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 4 novembre 6 04 /11 /Nov 09:34

Fiche technique :
Avec Thierry Pépin, Véronique Jenkins, Jessie Beaulieu, Daniel Lortie, Caroline Portelance et Eric Cabana. Réalisé par Denis Langlois. Scénario : Denis Langlois et Bertrand Lachance. Directeur de la photographie : Stefan Ivanov.
Durée : 88 mn. Disponible en VF.


L'avis de Patrick Lowie (La Lucarne) :
Danny, fils d'un père gay et d'une top modèle morte d'overdose lorsqu'il n'était encore qu'un enfant, est un garçon qui recherche l'amour. Son plus grand désir est d'entrer dans le monde du luxe, de la célébrité et des apparences. Il décide de devenir modèle malgré l'opposition marquée du père. Les premiers pas dans le monde de la mode vont changer dramatiquement sa vision des choses et il décide de tout abandonner. Il va dédier son temps à découvrir sa vérité profonde, et au fil des rencontres devenir un stripper. Mais c'est en jouant dans un film pornographique, grâce à Karine, une photographe voyeuse, qu'il va découvrir l'amour. C'est lorsqu'il commence enfin à aimer qu'il se fait surprendre par des skinheads dans un bus.
Le film de Denis Langlois étonne à plus d'un titre. L'histoire – malgré quelques clichés – tient la route et on peut suivre, avec parfois une certaine fascination, ce jeune homme perdu dans le monde de la mode, de la drogue et du sexe. Loin du chef-d'œuvre cinématographique, les images quelquefois trop bien léchées de la caméra de Langlois nous mènent dans un labyrinthe où l'on se demande si Danny ne serait pas pédé comme son père. Et qu'il ferait tout pour ne pas lui ressembler. Quoi de plus normal ? Danny est bien hétéro et malgré quelques bisous brutaux d'aficionados et quelques coups de poignards vengeurs, c'est bien avec Karine, la photographe voyeuse et incompréhensible qu'il va trouver son équilibre. Univers chic canadien, lumières bleues tamisées, boulevards nocturnes évocateurs, Thierry Pepin incarne le personnage à merveille : un fils de bourgeois malheureux d'avoir un père pédé qui ne l'a jamais embrassé. Chapeau pour la scène mémorable du père qui vient au night où le fils fait son strip-tease. Danny s'enfuit. Mais dans les coulisses, il est rattrapé par son coacher qui lui dit (avec l'accent québécois) : « Ici, c'est le client qui décide ». Le père demande une séance particulière avec son fils. C'est troublant et réussi.  La scène finale du cousin qui s'est rasé les cheveux et qui se trimbale avec des skinheads tout en montrant Danny du doigt est une caricature et fait penser immanquablement à My Beautiful Laundrette de Stephen Frears. C'est probablement la candeur du jeune homme qui trouble les eaux de ce monde qui en aura vu d'autres mais aussi son regard moqueur qui nous emmène dans les bas-fonds pour y remonter à bord d'une ambulance.

Pour plus d’informations :
Site officiel du film

Par Patrick Lowie (La Lucarne) - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 4 novembre 6 04 /11 /Nov 00:00


Fiche technique :
Avec Tony Leung Chiu Wai, Leslie Cheung et Chang Chen. Réalisé par Wong Kar-Wai. Scénario de Wong Kar-Wai. Compositeur : Danny Chung.
Durée : 96 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Deux amants, Lai et Ho, quittent Hong Kong pour l'Argentine. Leur aventure tourne mal et ils se quittent. Lai retourne à Buenos Aires et travaille comme aboyeur dans un bar de tango pour économiser l'argent de son retour à Hong Kong. Ho réapparait et s'intalle chez Lai. Il trouve du travail dans un restaurant chinois où il rencontre Chang, qui vient de Taiwan.
L'avis de Jean Yves :
Le récit de Happy together est à la fois très ténu, un peu malingre, mais absolument bouleversant parce que touchant à l'essentiel : ce qui fait la rencontre entre deux êtres, ce qui fait leur séparation, ce qui fait naître leurs désirs et ce qui les éteint.
Au centre de ces interrogations, trois garçons dont deux stars du cinéma asiatique : Leslie Cheung, ici dans le rôle de Ho et qui a déjà participé à Adieu ma concubine, et Tony Leung, ici dans le rôle de Lai et qui a joué dans Cyclo.
Le film s'ouvre sur le couple d'amants, Lai et Ho, dans une scène de sodomie superbement filmée. Les deux garçons vivent en couple et décident de quitter Hong Kong pour l'Argentine dans le seul but de voir les chutes d'eau d'Iguaçu. Arrivés là-bas, ils se déchirent dans de nombreuses scènes de ménage plutôt violentes. Ils voudraient se séparer, et en même temps, ils sont poussés constamment l'un vers l'autre. Quand ils rompent, Lai tente désespérément de recoller les morceaux. Quand ils se réconcilient, c'est dans de torrides étreintes, mais le désir se lasse vite. En voulant se retrouver, Lai et Ho se perdent. Lai rencontre alors dans le restaurant où il travaille, un jeune garçon hétéro, Chang, dont il s'éprend à la folie, tout en sachant que cette histoire ne dépassera jamais le stade d'une amitié - même pas particulière. Une histoire n'arrive pas à finir tandis que l'autre désespère de commencer.
A quel moment faut-il cesser de revenir vers l'autre ? Il y a une terrible mélancolie dans ce film où, même les moments de bonheur sont assiégés par le sentiment que tout ça ne peut durer, que le présent est déjà caduque.
Pour plus d’informations :
Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 4 novembre 6 04 /11 /Nov 00:00

Fiche technique :
Avec Pierre Chatagny, Natacha Koutchoumov et Rui Pedro Alves. Réalisé par Lionel Baier. Scénario de Lionel Baier. Directeur de la photographie : Séverine Barde et Lionel Baier.
Durée : 94 mn. Disponible en dvd.

Résumé :
Entre le travail dans une usine de chocolat la journée et le sexe consommé à la chaîne le soir, la vie de Loïc est réglée comme du papier à musique. Mais un jour, il fera quelque chose d'exceptionnel, "de nouveau". Le jeune homme ne sait pas encore quoi, mais économise déjà sur la nourriture en se coupant l'appétit à coup de cachet contre le mal d'estomac.
Il y a Marie également, l'amie d'enfance, celle chez qui Loïc va dormir après avoir été rodé sur internet, puis dans les rues de la ville. Celle dont Loïc est peut-être amoureux.
Mais tout cela va changer, parce que Loïc va faire des rencontres : le type étrange du Mac Donald d'abord, mais surtout Rui, le footballeur star de l'équipe régionale. Le jeune homme va changer, parce que Marie le forcera à aller plus haut. Parce que Loïc n'est pas un garçon stupide...
L'avis de Matoo :
Il est toujours un peu délicat d’évoquer des films tellement étiquetés gay. On peut se retrouver à y voir des choses bien uniquement parce que l’homosexualité y est présente. Or, la pédésexualité n’est pas la pierre philosophale du cinéma. La plupart du temps, je considère que si un même film transposé dans un univers hétéro est nul, alors ce n’est pas en en faisant un film pédé qu’on le transmute en chef d’œuvre. Dans ce cas précis, on est dans un film où le personnage central est bien un homo, mais dont son orientation sexuelle n’est qu’un trait supplémentaire à un caractère singulier et à une histoire plus globale.
Je n’ai pas trouvé que le film était une réussite complète, mais il commence plutôt mal, et s’améliore petit à petit en découvrant quelques pépites qui méritent qu’on s’y attarde. On peut rapidement passer sur les scènes qui justifient que ce soit un film « homo », c’est-à-dire les scènes de plan cul un peu trashy, le joli corps et la belle gueule du héros, les séances de tchat’ sur les réseaux, les rencontres impromptues, etc. Alors, on évolue dans l’univers de Loïc, qui est un jeune garçon paumé, qui bosse dans une usine de chocolat, et dont les loisirs tournent autour de ses plans cul, et de son amie Marie avec qui il entretient une relation ambiguë. Le héros porte bien le titre du film puisqu’il justifie à plusieurs reprises quelques faiblesses culturelles qui ont bien fait rire la majorité de la salle (il ne sait pas qui est Hitler ou ce qu’est l’Impressionnisme).
Il ne sait vraiment pas quoi faire de sa vie. Il prend des photos avec son mobile, et c’est à peu près la seule activité intellectuelle ou artistique qu’il développe. Avec son amie, il est vraiment space. Il lui raconte ses plans avec moult détails pour la choquer ou la dégoûter, en même temps qu’il lui voue un amour étrange, avec beaucoup de jalousie et de possessivité.
Dans le film, l’intrigue se nourrit de trois événements majeurs. Il rencontre un type et démarre une sorte de relation amicale étrange. On ne voit le mec qu’en caméra subjective qui regarde Loïc et qui discute avec, presque sous la forme d’un documentaire. Le mec cherche à s’intéresser à Loïc, ce qui trouble énormément ce dernier, puisque cela ne fait pas du tout partie du processus de rencontre habituel (de la baise chirurgicale et anonyme), et remet en question ses credo en la matière. Ensuite, il se prend d’une passion singulière et obsessionnelle pour un joueur de foot, une « star » locale du ballon rond qui s’appelle Rui Pedro Alves qu’il suit et photographie. Loïc fantasme simplement sur ce mec, son job, son statut, sa popularité, sa famille, son physique… Enfin, un truc un peu plus étrange (et maladroit en terme de narration) est le suicide de Marie qui bouleverse complètement Loïc.
Donc le film prend un peu plus de substance à mesure que le personnage évolue et se découvre. Mais ça ne va pas bien loin, et ce n’est pas non plus superbement joué.
L'avis de ExCalin :
Poussé par de bonnes critiques, je suis allé voir Garçon stupide ; et comme à chaque fois que je vais voir un de ces films gays un peu sombres dont le Festival Gay et Lesbien de Paris semble raffoler (il était au programme du festival 2004), je rentre déçu.
La vie de Loïc est réglée : travail à la chaîne en journée, baise sur Lausanne le soir avec des garçons rencontrés sur Internet. Il dort chez une amie, Marie, à qui il raconte tout ; elle ne veut pas tout entendre, mais joue le rôle de la mère. Malgré le titre, Loïc n’est pas stupide ; mais il manque (cruellement) d’éducation et n’arrive pas à exprimer, voire même concevoir, des sentiments. Ses plans cul ne sont pas plus que ça : de la baise. Mais le jour où l’une de ses rencontres d’un soir mentionne l’existence du désir, Loïc est déconcerté. Plus tard, lorsque Marie rencontre quelqu’un, il devient jaloux.
Tous ces éléments sont prometteurs, les acteurs sont bons, mais la mayonnaise ne prend pas. Loïc est naïf et attachant, mais l’histoire trop tirée par les cheveux. Quand il tombe amoureux d’un footballeur dont il a vu la photo dans un magazine, on se dit que son évolution va un peu trop vite. Et la fin, trop « chabadabada » pour reprendre l’expression employée Télérama, ne convainc pas.
Un bel essai, mais pas transformé.
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Par Matoo et ExCalin - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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