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Blog LGBT du rédac' chef :
Daniel Conrad

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Daniel Hall


secondé par :

Gérard Coudougnan


L'équipe des "piliers" en exclusivité
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Isabelle B. Price, Psykokwak,
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, Henry Victoire, Didier Roth-Bettoni
et
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Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
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, Lucian Durden,
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Un grand merci à Francis Moury,
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et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

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Les Toiles Roses  est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (cliquer ici pour le télécharger)

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Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 16:20

Un homosexuel est pris en stop par un routier. L'homo se met à draguer le routier, lequel se dit qu'après tout... pourquoi pas.
Il arrête le camion et ils s'installent tous les deux sur la couchette à l'arrière. Le gay se déshabille,et se passe de l'huile partout sur le corps. Le routier médusé demande :
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Oh moi je mets toujours de l'huile comme ça, tu vas voir c'est très excitant !
Sur ce, le routier, imperturbable, prend sa gourmette et se l'enroule autour du sexe. Le gay, médusé, demande à son tour :
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Et bien chez nous les routiers, quand ça glisse, on met les chaînes...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 15:55
Les photos manquantes dans un grand nombre d'articles sont le fait d'un des innombrables et réguliers bugs de la plateforme Over-blog (et oui, encore et toujours ! et cela devient franchement insupportable de bloguer chez eux !)... Nous vous prions de nous en excuser. Ce problème devrait être réglé dans un futur proche.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 14:53


Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

SPÉCIAL FRANÇOIS REYNAERT

& BASILE POLSON

François Reynaert est chroniqueur au Nouvel Observateur et dans l'émission Le Fou du roi de Stéphane Bern sur France Inter et il est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Nos amis les journalistes où le lecteur fait la connaissance du journaliste Basile Polson, qu'il retrouvera dans le roman Nos amis les hétéros et dans Rappelle-toi... François est l'invité du blog "Les Toiles Roses"...


       

       François REYNAERT, Nos amis les journalistes : Roman comique, Nil, 2001, 263 p. ; (poche) Pocket, 2004, 256 p.

        Vous hésitez encore sur votre destination de vacances estivales ? Vous voulez fuir les lieux recommandés par Têtu Voyages mais ne refuseriez pas de viriles étreintes avec de jeunes soldats peu farouches ? Le Tourdistan est LA destination qu'il vous faut ! À cheval (ou plus exactement, à chameau) entre les zones d'influence iranienne, turque et ex-soviétique, ce pays offre une palette d'émotions aussi diverses que variées à celui qui saura faire l'effort de fuir les clichés et les idées reçues sur des univers à l'exotisme... exotiquement exotique.

        Pour le découvrir, foncez chez un bouquiniste, à la bibliothèque la plus proche (si elle a une « bonne » politique d'achats !) ou sur une librairie en ligne (l'édition originale semble plus disponible que celle de poche) et avec Nos amis les journalistes, vous aurez un aperçu vivant et assez détaillé des « mille et un visages de Tourdistan ». Avec un trio de reporters de choc, dont le jeune pigiste gay Basile Polson, impossible de s'ennuyer dans ce pays qui a raté de peu la une des médias.... mais qui pourrait bientôt s'y installer (1).

        François Reynaert est là-dessous, oui celui que vous filez directement retrouver dans sa chronique du Nouvel Obs, que « Le classement des hôpitaux », «Le salaire des cadres », « La vérité sur les Franc-maçons » ou « Les derniers prix de l'immobilier » soient ou non en couverture ! Et même si vous ne lisez pas ce journal, si chez le dentiste ou le coiffeur vous sautez sur L'Auto-journal, Femme Actuelle ou Ici Paris... cela n'est pas vraiment important...

        Le bougre n'est pas que chroniqueur, il sait aussi nous tenir, souvent hilares, en haleine au long d'un récit qui est plus et mieux qu'une satire du milieu de la presse. Un véritable amant de la langue française déploie ici ses talents, que ce soit dans la pratique du moliérien idiome par d'étranges étrangers plus subtils que d'hispaniques bovins ou dans une autodérision qui pourrait valoir à Basile Polson des sanctions !

 

(1) on murmure au Quai qu'un jeune et influent diplomate français, actuellement en poste au Caribouland, devrait y être « promu » ...

POUR EN SAVOIR PLUS :

Sur l'auteur, sa biographie (officielle ??) : http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Reynaert

Chez son éditeur : http://www.laffont.fr/livre.asp?code=2-84111-224-1

Sur le Tourdistan :

Le site de l'Office de Tourisme du Tourdistan (non disponible en français) :

http://www.kase.kz/ru/page/normative_base

 


       François REYNAERT, Nos amis les hétéros : (Roman de genres), Nil, 2004, 273 p. ; (poche) Pocket, 2005, 273 p.

        Basile Polson, héros de cette enquête ethnologique, a l'impression désagréable d'être le « pédé de service » dans son hebdomadaire quand on lui demande de préparer un dossier spécial sur les homos…

        Qu'a cela ne tienne, le jeune homme a du répondant et l'enquête pour ce numéro « être gai, ça n'est pas triste » va le conduire dans un monde étrange et pénétrant, celui des hétéros !

        Basile n'aime pas les simplifications, c'est un esprit libre qui agit avec une vraie empathie. Ses amis, ses collègues, son Victor en font ici l'expérience à un degré étonnant.

        Les livres américains du style Retrouver le mâle qui est en soi, Elevez vos garçons comme des garçons ou le terrible Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus (adapté en pièce de théâtre !) provoquent chez lui un urticaire intellectuel partagé par toute la section littéraire des Toiles Roses… C'est avec un altruisme sincère, désintéressé et aux conséquences parfois cocasses qu'il va mener sa barque dans des remous de jalousie, d’adultère, et d’autres crises conjugales. Les altérophiles (1) sont parfois des êtres déroutants (2) en comparaison avec le couple que forment Basile et Victor dans le contexte où les récentes années sida sont évoquées (p.105 à 107) avec maestria.

        Que l'on ait ou non partagé les aventures de Basile Polson, pigiste envoyé spécial au Tourdistan (3) importe peu. L'heure est au coming out familial, à la tendresse avec ce beau philosophe qu'est Victor, au pacs flottant… tout un contexte où l'amour s'affiche sur cinq colonnes à la une pour Basile, qui doit suivre ses amis (dont quelques vrais ours !) dans un quotidien de faits divers aux conséquences moins brèves que prévu.

        Un cocktail de réflexions existentielles plus que pertinentes, d'interrogations fondamentales mais jamais pédantes au milieu d'une aventure humaine : l'insolite déclaration d'amour de Basile à Victor sur près de trois cents pages.

 

(1) cf. Pascal Fioretto, Gay Vinci code, Chiflet&Cie, 2006, p.87 « Par opposition à l'homophilie, l'altérophilie est la tendance à éprouver des pulsions amoureuses pour un sexe opposé au sien »

(2) Voir à ce sujet les brillantes chroniques de Monsieur Durden, notre « hétéro de service » :

http://www.lestoilesroses.net/categorie-10924403.html

(3) Dans Nos amis les journalistes déjà évoqué dans cette rubrique.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Chronique de François Reynaert sur « la confusion des genres » …

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2083/articles/a250756.html

 


       François REYNAERT, Rappelle-toi, Nil, 2009, 228 p.

        Internet a fait de notre vie un Perdu de vue potentiel… on peut retrouver ses copains d'avant pour en faire, éventuellement ses coquins d'aujourd'hui ! Voilà comment le héros de François Reynaert reçoit un mystérieux courriel d'un certain Patrick Legoff, compagnon de vacances adolescentes au camping des Tournesols dans la Manche. Patrick Legoff ????

        Quadragénaire épanoui dans sa relation de couple avec Victor, professionnellement serein et reconnu dans son hebdomadaire et à la télévision, Basile Polson vit ici son aventure la plus intime dans une plongée vers un passé incertain où les ombres ont un charme envoûtant qui donne au présent un relief nouveau.

        Roman sur la maturité où l'humour et une lucidité décapante ne font jamais défaut, Rappelle-toi est écrit comme une enquête policière : en cherchant à résoudre l'énigme de base, Basile va faire le point sur son bonheur actuel tout en goûtant à de délicieux flashbacks dont fait partie le beau Tony, son « premier mec ». Roman d'apprentissage du quadragénaire de ce début de XXIe siècle, ce livre nous touche encore plus que les précédentes aventures de son protagoniste : il est un tout qui peut être lu sans être passé par les étapes antérieures.

        Serons-nous nombreux à faire savoir à son auteur que nous en voulons encore et que nous n'aimons pas l'idée que le point imprimé page 229 soit le point final des aventures de Basile Polson ?

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Très belle interview de François Reynaert par nos amis de Polychromes avec une bonne analyse de Rappelle-toi :

http://www.polychromes.fr/spip.php?article219

 

 

Fragile, Basile ?

Une chronique hommage de Gérard Coudougnan

 

        Avez-vous déjà entendu parler du Tourdistan ? Avez-vous lu un dossier spécial « Être gay ça n'est pas triste » dans un célèbre hebdo français ? Étiez-vous juilletiste au camping des Tournesols à Juniac au début des années 80 ? Si vous avez répondu oui à une de ces questions, vous connaissez donc Baz, Babaz, Basou : Basile Polson. Ce nom ne vous dit rien ? Veinards : une belle rencontre vous attend.

        Lisez-vous Le Nouvel Obs ? Lûtes-vous 20 ans ? Écoutez-vous Le Fou du Roi sur France Inter ?

        Vous connaissez donc François Reynaert, l'un de Nos amis les journalistes, auteur des trois romans qui nous ont fait découvrir son collègue Basile avec qui il a quelques points communs.

        Baz a fait irruption sur la scène littéraire en 2002 : jeune pigiste au Journal, il a brillé dans un reportage à hauts risques à Moulighour, capitale du pays mentionné dans la phrase d'accroche de ce papier. Gay assumé mais pas encore vraiment sorti du placard, c'est en 2004 qu'il a fait son coming out dans une brillante enquête sur un monde étrange et pénétrant, celui de Nos amis les hétéros. Nous voilà à peine en 2009 que Basile revient en quadra tourmenté dans Rappelle-toi dont on apprend avec un effarement doublé d'une irrépressible (irréfrénable, incommensurable, insondable) tristesse doublée d'une égale (à vous de voir, donc) indignation qu'il clôt une trilogie (quatrième de couverture) !!!

        Basile, vous ne pouvez pas nous faire ça !!! Reprenez avec moi tous en chœur : Basou c'est pas chou, Babaz t'es trop naze !

        On vient à peine de faire ta connaissance que tu nous lâches : tu as pris vingt ans entre 2002 et 2009, d'accord. C'est le droit de ton papa, une « licence littéraire », on la lui concède. Mais nous laisser en plan au bout de 767 pages, c'est petit, c'est mesquin. Et puis ta quarantaine avec Victor, ton compagnon prof de philo, même si tu restes un gars fragile, elle nous a encore plus émus que tes précédentes aventures.

        Ta sensibilité et ta culture, ton sens de l'autre, cette empathie qui te conduit à te comporter en aoûtien pour ne pas blesser un fracassé de la vie, ton relativisme par rapport aux divers engagements qui te tentent sans jamais t'aveugler touchent beaucoup de lecteurs.

        T'avoir comme pote était un plaisir régulier : là tu avais su nous faire attendre. Cinq ans entre le numéro deux et le trois, le Polson était mollasson. Mais on pouvait te retrouver avec tes amis journalistes ou hétéros en attendant. Ta prose était légère, ton humour caustique et tu restais disponible même à une deuxième ou troisième lecture, on se délectait encore en découvrant un quatrième degré à certaines de tes réflexions.

        Rappelle-toi, Basou, comme il fut doux de te suivre roue dans roue sur les routes aux multiples trous des I love you des années Scooby-Doo... Hou le voyou !!!

        Tu te barres, nous ne voulons pas y croire.

        Ton public est là, Babaz ! Tou les entends dans le noir, ils sont tous là : les zomos, les zétéros, les journaleux, les filles à pédés, les mamans qui se demandent si leur fiston ne serait pas « comme ça », les lecteurs de tout poil, les potaches, les amateurs de bonnes histoires comme les quadras sensibles qui se sont un peu identifiés à toi.

        Qu'est-ce que tou croyais ? Devenir comme ça Babaz le Prix Renaudot ? Eh bien, non, tou es Basile Polson, de Mer (Département de la Manche), ancien voisin de madame Leguen et neveu du Général Roger Lefranc !

Alors voilà, tu nous fais sans doute le coup des « adieux au music-hall ». Cela ne marche pas : nous avons tous tout compris. Nous bissons de joie, à l'idée de te retrouver dans quelques années.

        Une trilogie ? C'est pagnolesque, Basile. Sois au moins wagnerien et essaie donc la tétralogie, on verra bien plus tard.

        Nous avons les moyens de nous faire entendre via ton Journal. Nous sommes une majorité à l'ouvrir fébrilement à la recherche de « la » chronique de F. R. Et si nous nous abstenions d'observer ? Et si nous cessions de l'acheter ?

        Cela pourrait commencer dès vendredi, si Basîle déserte.

 


Basile Polson

Interviewé par Gérard Coudougnan

(Merci à l’ami François Reynaert d’avoir transmis

nos questions à son collègue)

 

        Bonjour Monsieur Polson, c'est un immense honneur que vous faites aux Toiles Roses de nous offrir votre première interviouve, en exclusivité interplanétaire. Si je vous présente comme un self-made journaliste quadragénaire, travaillant depuis une vingtaine d'années pour un grand hebdo national, pacsé avec Victor, qu'avez-vous envie d'ajouter à cette première ébauche de portrait ?

        B. P. : Comme vous l'avez remarqué avec finesse, les livres dans lesquels on me fait le plaisir de parler de moi sont assez flous en termes de chronobiologie. Une fois je suis un perdreau de l'année, dans le roman suivant, j'ai déjà 40 ans. En clair, il serait bien d'arrêter de parler d'âge, ce qui, de toute façon, est inconvenant. Disons que, comme tous les gens raisonnables, je pratique le célèbre adage que Sacha Guitry appliquait au beau sexe : « c'est entre 30 et 31 ans que les femmes passent les dix plus belles années de leur vie ».

Pour le reste, vous avez tout dit, et Victor se porte comme un charme. Il a pris le soleil, son teint est de pêche, la douceur de sa peau d'un abricot. Je ne me lasse pas de la caresser de toutes les façons possibles, des yeux et des mains.

 

        Vous avez, Basile, un vrai sens de l'autre, une ouverture qui déteste enfermer les personnes dans des cases les résumant à un statut social, un métier, une origine, une orientation sexuelle : ne vous fait-on pas parfois grief de ce « grand angle » ?

        Votre question est trop gentille pour que j'aie l'immodestie d'y répondre. Ça me fait trop penser à une vieille interview à la radio de Bernard-Henri Lévy – tout au moins ai-je quelques amis qui prétendent l'avoir entendue, mais je ne saurais y croire, tout ça est trop beau. En tout cas, selon eux, l'interviewer avait commencé par : « Bernard-Henri, vous êtes jeune, vous êtes beau, vous êtes intelligent... » Et BHL, sans se démonter, de répondre : « Bien, reprenons point par point ».

Sans blague, disons que je n'aime pas enfermer les gens dans des stéréotypes, parce que si souvent, j'ai juste envie de les enfermer dans mes bras.

 

        Parmi les débats actuels de la planète gay française (lutte contre la transphobie, mariage gay, homoparentalité, etc.) y a-t-il des sujets qui interpellent plus personnellement François et Vincent, oh pardon : Basile et Victor ?

        Je suis très admiratif du travail militant en général. On vit dans une société dominée par le fric et la gagne. Penser que des tas de gars et de filles donnent de leur temps et de leur énergie pour faire avancer leur lutte, c'est magnifique.

        Je dois vous avouer, par ailleurs, qu'à titre personnel, j'ai un peu de mal à m'intéresser aux débats trop français, parce que j'ai trop mal au cœur en pensant à la situation de tant d'homos hors de France. Bien sûr, je serais content que l'on obtienne un mariage de plein droit, et la garantie que mon petit Victor sera aussi bien protégé par ce statut que le sont nos amis les hétéros. Mais après, je vois ce qui se passe au Sénégal, au Cameroun, en Russie, en Irak, en Iran, je pense aux gays qui sont persécutés, martyrisés, juste parce qu'ils sont ce qu'ils sont, et je me dis qu'il est peut-être raisonnable de penser en priorité à les aider eux, non ?

 

        Nous sommes bien d'accord sur ce point : nous savons que notre blog est consulté depuis de nombreux pays où nos revendications peuvent passer pour des caprices d’enfants gâtés en comparaison avec la répression, la négation dont les homosexuels sont les victimes permanentes.

Ma question suivante est un exemple type de ce contraste entre nos démocraties et ces pays où nous serions traités comme des parias : Basile, avez-vous une opinion sur un sujet qui a récemment déchiré Les Toiles Roses, à savoir Mylène Farmer ?

        Carton rose. Non, carton jaune ! Enfin le carton qu'on sort quand on ne sait pas répondre, c'est quoi déjà ? Ah oui, un joker.

 

        Entre Ziegmens, la honteuse du Journal, et Tony, votre premier garçon au temps des vacances à Juniac, pourriez-vous détailler ce qui vous fait hurler chez le premier et craquer chez le second, en sachant que l'on pourrait, trop rapidement, les faire entrer tous les deux dans une case que vous n'utilisez jamais, celle des bisexuels ?

        Je ne crois pas que Ziegmens soit bisexuel. Ziegmens est un type d'un autre temps comme il y en a encore beaucoup, qui est un homosexuel planqué, et tellement obsédé à l'idée de cacher ce « terrible secret », qu'il parle de femmes tout le temps, ou, pire encore, d'homosexualité sur un ton faussement détaché. Ziegmens, c'est le garçon qui passe 98 % à parler des gays avec un air très libéral en précisant : « Attention, moi personnellement ça ne me dérange pas du tout », et passe le reste de l'après-midi à mater dans son bureau le calendrier des rugbymen. J'en connais plein, des comme ça. En général, personne n'est dupe, c'est ce qui est amusant avec ce genre de types. Tout l'entourage fait semblant de rentrer dans son jeu, de croire à ses conquêtes féminines imaginaires, tout en disant après : « Tu comprends, ça le gêne tellement son homosexualité... »

        Tony c'est autre chose, Tony il est plus qu'homo ou hétéro, il est sexuel tout court. Quand je pense à lui, je pense à ses jambes, à son torse. Il faisait beaucoup de football, à l'époque. Le foot, ça cambre les reins, ça muscle les fesses, et ça fait des jambes très légèrement arquées. Si vous saviez comme c'est beau, des reins qui chutent sur des fesses rondes et musclées portées par deux jambes de cow-boy.

Passons à la question suivante, je sens que je m'égare.

 

        Parmi les personnages de Rappelle-toi, vous avez cité, page 170, Laurence, une mère docu « à la mémoire d'éléphant ». Avez-vous pensé à des documentalistes de presse ou à de vraies enseignantes, collègues du Père Docu qui vous interroge actuellement ?

        Dans le journal pour lequel je travaille, qui s'appelle donc Le Journal, j'ai les meilleures relations avec mes copines de la doc. Je passe mon temps dans leur bureau. C'est ma petite thébaïde, mon aire de doux repos, j'aime y passer parfois, à piapiater de tout et de rien avec des filles rieuses, intelligentes, et cultivées.

 

        Vous faites rougir votre interlocuteur : c'est donc vous qui aviez interviewé BHL (rires)...

Que savez-vous de votre public : avez-vous une idée de sa composition ? Pourriez-vous nous confier quelques réactions à certaines de vos trois aventures ?

        C'est difficile à dire parce que le public a été très différent à chaque fois. En général, le premier, Nos amis les journalistes, a plutôt fait rire la profession, et le deuxième, Nos amis les hétéros, a plutôt fait rire les homos. Quant au troisième, Rappelle-toi, il me semble qu'il a touché quelques lecteurs, des petits cœurs sensibles, comme le mien. Je me souviens d'un garçon – un beau garçon – qui m'a arrêté dans la rue pas loin de là où j'habite, qui a commencé à dire « Je me suis beaucoup retrouvé dans... » et qui n'a pas réussi à finir parce qu'un sanglot montait dans sa gorge. Avant de s'enfuir, il a juste dit : « Je suis trop ému ». Je n'ai même pas pu lui répondre : « Et moi donc ! »

 

        Vous savez que cette interviouve est destinée à un site de cinéphiles. Nous sommes donc contraints, vous et moi, à un minimum de réflexions à caractère cinématographique : si vous avez envie de vous lancer, allez-y, vous qui savez placer en tête des gaffes les plus terribles « défendre Lelouch devant le directeur des Cahiers du cinéma » (Nos amis les hétéros, p.155). Si vous souhaitez conclure là-dessus, vous avez les moyens et toute la liberté de vous faire aimer d'un public exigeant mais ô combien sympathique (bonjour public !) et de le rassurer sur la pérennité de votre œuvre littéraire, rayon grâce auquel on essaie de détourner un peu ces obsédés de l'image, maniaques de l'écran...(Aïe ! C'est pô vrai, il y en a qui lisent !)

        Alors soyons simples. J'adorerais que mes aventures deviennent un film, un jour. Ça a été en cours à un moment, et puis, problème de producteurs, problème de tous genres comme il en arrive cent fois par semaine dans ce milieu compliqué, c'est tombé un peu à l'eau. Mais puisque des amis cinéphiles nous lisent, qu'ils se lancent, nom d'une pipe ! Regarder c'est bien les amis, mais faire c'est mieux !

 

        Parmi tous les richissimes producteurs qui forment l'essentiel du lectorat des Toiles Roses, il est impossible que ce discret appel reste sans réponse !

        Et je confirme : Basile est une perle rare. Merci Basile et à bientôt pour le tome quatre...

 

Les photographies et les réponses de Basile sont © François Reynaert.

Un grand merci à vous, François, pour votre disponibilité, votre talent et votre gentillesse.


Note de Daniel C. Hall : Si les éditeurs ou les auteurs (auto-édités ou non) souhaitent envoyer un service de presse à Gérard en vue d’une critique sur ce blog, merci de prendre contact avec le chef Daniel C. Hall qui vous communiquera ses coordonnées : lestoilesroses@hotmail.fr.


TO BE CONTINUED…

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Dimanche 23 août 7 23 /08 /Août 12:01

Un homme se confie à un ami :
— Ça y est, j'ai rompu avec Alice... Hier soir elle a fondu en larmes et elle m'a avoué qu'elle était bisexuelle ! Tu te rends compte, bisexuelle... On croit rêver ! Quel homme sur Terre se contenterait de baiser juste deux fois par an ?

Par Isabelle B. Price - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Dimanche 23 août 7 23 /08 /Août 11:39

Un médecin voit arriver dans son cabinet une jeune fille pour un check-up de routine. Elle retire sa chemise et le praticien remarque un Y sur sa poitrine. Surpris, il lui demande d'où cela provient.
La jeune fille répond : « Mon copain est à Yale, et il en est tellement fier que même quand on fait l'amour, il garde son sweat-shirt. »
Plus tard, une autre jeune fille vient également le voir pour un check-up et elle à une marque en forme de H sur la poitrine.
À la demande du médecin, elle explique : « Mon copain est à Harvard, et il en est tellement fier que même quand nous faisons l'amour, il garde son sweat-shirt. »
Enfin, une troisième jeune fille arrive pour un examen de routine et le médecin découvre une marque en forme de M sur sa poitrine. Il lui demande alors : «  Aaah, vous avez un copain qui est à l'université du Michigan, non ? »
La jeune fille, surprise, rétorque : « Non, mais j'ai une excellente amie à l'université du Wisconsin... »

Par Isabelle B. Price - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Dimanche 23 août 7 23 /08 /Août 11:28
  
Visuel : (c) GayClic

Luke renie ses origines italiennes, tandis que Noah semble avoir les portugayses ensablées... Part 2.

[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS].


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 22 août 6 22 /08 /Août 10:42

Un jour, un vieil homme entre dans un bar et commande cinq bouteilles de whisky.
Le barman demande : « Qu’est-ce qui vous arrive ? »
Le vieil homme répond : « Je viens d’apprendre que mon frère est gay et qu’il va épouser mon meilleur ami ».
Le lendemain, le même vieil homme revient dans le même bar et commande dix bouteilles de whisky.
Le barman demande : « Qu’est-ce qui vous arrive cette fois ? »
Le vieil homme répond : « Je viens d’apprendre que mon fils est gay ».
Le jour suivant, le même vieil homme revient à nouveau et commande quinze bouteilles de whisky.
Le barman demande alors : « Est-ce qu’il y a quelqu’un dans votre famille qui aime les femmes ? »
Le vieil homme cherche et réplique : « Apparemment, ma sœur et ma femme ! »

Par Isabelle B. Price - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Samedi 22 août 6 22 /08 /Août 02:55
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
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Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 22 août 6 22 /08 /Août 02:53
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Vendredi 21 août 5 21 /08 /Août 10:43

 


(5.20)




        Lille, juillet 2009. Tandis que je trompe mon ennui sur Facebook, Scarlett O’Hara se met à me raconter son weekend en Suisse. Elle a de la chance de pouvoir faire du ski nautique sur le Léman, de siroter des whiskys le soir à Cologny, et de respirer le bon air frais de Genève. De mon côté, je savoure du mieux que je peux le caractère primesautier du climat qui, en ce début de mois, semble contredire les promesses estivales de la fin de juin.

        Scarlett est Irlandaise et fière de l’être. Les cheveux bruns presque noirs, les yeux verts, le caractère bien trempé et indomptable de son clan d’extraction immémoriale, la libido insatiable, c’est une femme aussi déterminée que l’héroïne homonyme du roman de Margaret Mitchell. Elle sait ce qu’elle veut. Aujourd’hui, je découvre qu’elle me veut…

        San Francisco, mars 2009. Ma collègue Laurence de Miami m’emmène au Westin St. Francis, hôtel fabuleux qui offre, au dernier étage de son ascenseur extérieur, une vue imprenable sur la ville et la baie. C’est la nuit, tout scintille comme dans la vitrine d’une bijouterie. En bas, les lumières ne sont plus que diamants, rubis, émeraudes, saphirs, ors jaune et blanc. Je m’enivre de beauté et de luxe. De retour dans le lobby, encore éblouis par les feux de la nuit, nous manquons nous cogner à une lady en robe de cocktail. Je viens de rencontrer Scarlett. Elle nous invite au bar lounge et nous faisons connaissance autour d’une bouteille de Cardhu.

        Moncton, juillet 2009. Je suis épuisé par le voyage de retour. Six heures d’attente à Montréal ont puisé ce qui me restait d’énergie pour retourner au travail dès le lundi 13. Mardi 14, il faudra assurer pour la réception de la fête nationale. J’assure, et vais me coucher de très bonne heure. Je m’effondre comme une masse sur le lit, après avoir pris la peine d’ôter ma veste. Au réveil, mon pantalon est froissé. En fin de journée il faut que je sois à Halifax pour la réception à bord des voiliers de l’Ecole Navale. Les obligations se succèdent les unes aux autres, je n’ai pas le temps de souffler, de m’arrêter et de penser. Penser… mais à quoi ? Mon téléphone carillonne. J’ai un message.

        De Scarlett, le 15 juillet à 8h18 : « Arrive ce soir à Las Vegas pour trip Nevada jusqu’à dimanche. Envie de te voir. Rejoins-moi dès que tu peux. SO’H. »

        Las Vegas, jeudi 16 juillet 2009. C’est la onzième fois que je prends l’avion depuis le début de l’année, et le cinquième vol en moins d’un mois. J’adore m’envoyer en l’air à 10.000 pieds. Scarlett est descendue au Tuscany. Le style est chic et sans prétention, il respire un parfum d’Italie et je soupçonne l’endroit d’appartenir à un parrain de la mafia, mais n’en dis rien. Je découvrirai le Bellagio et le Caesars Palace une autre fois. Il y a des casinos partout et nous décidons d’aller tenter notre chance au Venetian, histoire de rester dans le trip italien. Je perds 600 dollars au bandit manchot et commence à grogner.

        — Changeons de spot, me dit-elle.

        Comme elle me sait fou de cinéma hollywoodien, elle m’emmène au MGM Grand. Mais je suis dans une déveine complète : je perds 500 dollars de plus. Les machines mangent mes pièces et n’en recrachent aucune, et je ne me sens pas encore assez confiant pour passer du poker virtuel au poker réel. Ce n’est pas mon soir et si je me laisse tenter par les sirènes du tapis vert, je vais y laisser ma chemise. Scarlett me prend par la main et m’entraîne au Rouge Bar.

        — Malheureux au jeu, heureux en amour. A la nôtre !

        En bonne Irlandaise, elle a commandé un double whisky sec ; de mon côté, j’ai choisi un mojito. Tout est rouge dans ce bar, on se croirait dans un appartement psychédélique des années 60. Le décor est propice à l’étourdissement, je risque d’y perdre l’esprit. Ma raison commence déjà à chanceler et je laisse Scarlett m’entraîner dans les rues de Vegas, la reine du désert, comme si je ne m’appartenais plus. L’aurore est magnifique, quasi irréelle, autant que l’anneau d’or que je porte à l’annulaire gauche. Ai-je rêvé, ou est-ce qu’une heure avant l’aube, j’ai prononcé des vœux devant le sosie d’Elvis Presley ?

        Scarlett m’embrasse tendrement et me caresse les cheveux de sa main gauche où brille une alliance flambant neuve. Le vent du désert nous enveloppe de son souffle chaud et sauvage. La journée s’annonce torride, caniculaire. De retour à l’hôtel, nous changeons de décor. Nos valises ont été déplacées sur un simple coup de fil. Vendredi 17 juillet, en pénétrant dans la suite nuptiale au bras de mon épouse, je n’ai pas l’impression de vivre la vie normale des gens normaux, mais plutôt la vie extraordinaire des gens extravagants.

 

Ainsi s'achève la saison 5 de Zanzi and the City

To be continued… or not.


Lire le précédent épisode,
cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 21 août 5 21 /08 /Août 10:32


Pendant la guerre, deux homos décident de rentrer dans le maquis.
Les maquisards n'en veulent pas : « Ça va pas non, on n'a jamais été aidés par les invertis, il ne manquerait plus que ça... »
Après maintes discussions, les homos réussissent à faire partie du maquis contre les allemands.
Ils partent en mission et au bout d'un moment l'un dit à l'autre :
— Eh ! T'aurais pas une petite envie ?
— Oh si ! Oh si !
Ils se déshabillent, foncent derrière un buisson et hop, l'un derrière l'autre ils font tagada boum boum.
Un copain maquisard arrive et crie :
— Les chleuhs !!! Les chleuhs !!!
Celui qui est devant répond alors :
— Je veux bien, mais là où il est ça va être difficile....

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Jeudi 20 août 4 20 /08 /Août 11:12

 


(5.19)




        Lille, juin 2009. Bien qu’il fasse encore jour, les bougies d’ambiance sont allumées, ainsi qu’à l’accoutumée, pour créer l’atmosphère propice à la divination. Jouxtées aux chats miniatures, les figurines d’anges disposées aux quatre coins de la pièce me sourient et me rassurent. Elle me sourie aussi, ma vieille amie qui, depuis déjà onze ans, observe mes péripéties et, pour la plupart, les anticipe. Un an après ma dernière consultation, je suis de retour chez elle pour tenter de déchirer le voile des ténèbres et d’entrevoir les moissons futures.

        Un matin à Paris, quelques jours plus tard. Je me réveille et allume mon ordinateur. Un message m’attend. J’ouvre ma boîte et en un instant, mon esprit vacille sous le choc des mots qui me déchirent l’aorte. L’abîme crépusculaire se fait plus béant qu’une plaie ouverte ruisselant un mascaret de sang. Pourtant si proche, il est si loin… éloigné par la peur de me faire du mal, éloigné par l’envie de me protéger… Derrière la reculade, se profile le désir d’aller de l’avant et de s’abandonner dans mes bras. Mais il est encore trop tôt. À moins qu’il ne soit déjà trop tard…

        Lille, juin 2009. Je coupe les cartes de la main gauche, vers moi, en pensant à moi. Le rituel est le même depuis la première fois, en juillet 1998. Je la regarde. S’est-elle déjà trompée ? Ce qu’elle me dit n’a rien à voir avec l’horoscope niaiseux qu’on lit dans le journal. Je porte en moi les images de ma destinée, mon propre fluide les communique aux cartes qui ouvrent des fenêtres sur demain. Pratiquement tout ce qu’elle m’a dit depuis plus de dix ans s’est réalisé, certes pas du jour au lendemain, et pas toujours de façon limpide. Il faut savoir analyser les événements a postériori, et c’est alors que les prédictions prennent tout leur sens.

        Elle dispose une première série de cartes selon le schéma habituel et me demande de retourner les autres sur le jeu. Le rideau s’ouvre sur le futur. L’oracle va parler.

        — Les choses vont bouger au niveau sentimental. Il y a une femme près de toi.

        Ce n’est pas la première fois qu’elle m’annonce que je vais finir avec une femme. C’est comme si elle s’obstinait à vouloir me faire reprendre le droit chemin, celui qui mène à la vie normale des gens normaux. Je lui souris et la laisse me raconter la suite. Une grossesse, un décès, un mariage, rien que de très habituel, ce sont là les événements qui rythment la vie des humains. Mon frère va se marier l’année prochaine, peut-être aura-t-il un autre enfant ? Il y a des gens plus ou moins âgés dans mon entourage familial, il se peut que quelqu’un meure. Un couple d’amis va se séparer… Ah ? Inutile de jouer aux devinettes, je le saurai une fois que cela se sera produit. Il y aura du changement dans mon travail et je vais déménager. Oui, j’y compte bien.

        Paris, juillet 2009. Une fois de plus il me faut partir, sans me retourner, et laisser des morceaux de mon cœur sur les toits et les pavés. Ces quelques jours sont passés comme un rêve ensoleillé, sous la chaleur d’un beau début d’été. Mais au matin dernier, mon téléphone reste muet. Il ne m’appellera pas, ne m’écrira pas. J’attends en vain, reprends le train. Après tout, le soleil brillera demain.

        Lille, juillet 2009. La dernière semaine de mes vacances est maussade. Le relatif mauvais temps s’est mis de la partie pour baigner le quotidien avec les larmes du ciel. Partie dans le sud avec ses parents, ma nièce n’est même plus là pour me distraire de ses facéties et de sa mine rieuse qui me ressemble tant au même âge. J’ai le cœur en déshérence. Pour tromper mon ennui, je me connecte sur Facebook et fais des quiz tous plus débiles les uns que les autres. Je joue au poker avec l’application Zynga. Si ce n’était virtuel, je serais riche : j’ai plus de 4 millions de dollars dans mon portefeuille.

        J’allume la fenêtre de conversation. Elle est internationale. Un ami écossais, joueur de cornemuse à Moncton, prend de mes nouvelles et s’enquiert de la date de mon retour. Un ami espagnol me raconte ses aventures avec une comtesse aux pieds nus et aux seins de glace. Une amie irlandaise veut me passer la bague au doigt. Elle se nomme Scarlett O’Hara…

 

To be continued…


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Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Jeudi 20 août 4 20 /08 /Août 11:03


Que se disent deux lesbiennes vampires en se quittant ?
— À dans vingt-huit jours, ma chérie !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Jeudi 20 août 4 20 /08 /Août 02:29
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Fiche technique :
Avec Michel Blanc, Emmanuelle Béart, Sami Bouajila, Julie Depardieu, Johan Libéreau, Constance Dollé, Lorenzo Balducci, Alain Cauchi, Raphaëline Goupilleau, Jacques Nolot, Xavier Beauvois et Maïa Simon. Réalisation : André Téchiné. Scénario : Laurent Guyot, André Téchiné et Viviane Zingg, d’après le roman de Jamil Rahmani et Michel Canesi. Directeur de la photographie : Julien Hirsch. Musique : Philippe Sarde. Montage : Martine Giordano. Décor : Michèle Abbe. Costumes : Radija Zeggai.
Durée : 115 mn. Disponible en VF.


Résumé :

Été 1984, Manu (Johan Libéreau), un jeune homosexuel insouciant de vingt ans débarque à Paris de son Ariège natale. Il vient chercher du travail. Le garçon squatte provisoirement la chambre d’hôtel borgne de sa sœur Julie (Julie Depardieu), une fondue de chant. Elle suit une formation de chanteuse lyrique. La cohabitation est difficile ; Julie s'efforce de maintenir une distance avec son frère envahissant. Manu sort beaucoup la nuit... Un soir de drague dans les jardins du Trocadéro où les mecs tournent, se frôlent, se sucent dans une noria incessante, il rencontre Adrien (Michel Blanc), un médecin gay quinquagénaire, extraverti et cultivé qui s’éprend de lui et avec lequel il sympathise. Il ne se passera rien de sexuel entre eux mais Adrien fait  découvrir au garçon le style de vie de son milieu.
Invité par un couple d’amis dans une belle villa au bord de la Méditerranée, Adrien emmène Manu avec lui et le présente à ce couple atypique de jeunes mariés, composé de Mehdi (Sami Bouajila), inspecteur principal de la Mondaine, et de Sarah (Emmanuelle Béart) qui écrit des livres pour enfants.
Ils vivent une grande liberté sexuelle, mais l’équilibre du couple est perturbé par la récente naissance de leur enfant. Manu et Mehdi vont être irrésistiblement attirés l’un par l’autre et vivre clandestinement leur liaison. Le jeune homme s’éloigne d’Adrien...

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Dans le même temps, Sarah refuse une maternité qui, croit-elle, menace sa féminité. Elle ne parvient pas à aimer son enfant, « livré sans mode d’emploi » dit-elle, et traverse une panne d’inspiration littéraire.
L’irruption de Manu dans la vie des autres protagonistes est un tremblement de terre qui va bouleverser leur paysage relationnel. Sans le vouloir, sans le savoir, Manu révèle les désirs de chacun.
Puis un jour, il chope une drôle de maladie, pour laquelle la médecine va bientôt confesser son impuissance. « Les gens ne le savent pas, mais c'est la guerre » affirme Adrien. Médecin des Hôpitaux de Paris, il est en première ligne pour savoir qu'une nouvelle maladie est apparue et se répand, notamment chez les homosexuels. Il va récupérer Manu ; le soigner et l’aider à combattre le mal.
L'arrivée de l'épidémie du sida, maladie perçue alors dans les médias et l'imaginaire collectif comme une peste moderne et honteuse, puisqu’elle n’atteindrait que les homosexuels, va chambouler ces tranquilles destins particuliers. Chacun va devenir acteur et témoin d'un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas en ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas marqués pour le reste de leur vie.
Toute l’histoire est racontée par Sarah, qui fait de Manu le sujet de son premier roman pour adultes qui se déroule entre l’été 1984 et l’été 1985 à Paris et sur les rives de la Méditerranée.

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L’avis de Bernard Alapetite :
On sort de la salle remué et, pour les rescapés de cette époque, avec tout un tas de mauvais souvenirs qui remontent à la surface du gouffre de la mémoire dans lequel on les avait cru ensevelis pour toujours. Mais surtout on est en colère contre le cinéaste qui par manque de rigueur et, osons le dire, de travail est passé à côté du grand film sur le sida, mot jamais prononcé durant tout le métrage, que l’on attendait et qu’il nous laisse parfois entrevoir.
Manque de travail d’abord sur le scénario qui nous apparaît presque comme un premier jet avant l’indispensable émondage du superfétatoire. Pourtant, non seulement il est inspiré d’un roman de Jamil Rahmani et Michel Canesi, Le Syndrome de Lazare, aux éditions du Rocher, mais ils se sont mis à trois, Laurent Guyot, André Téchiné et Viviane Zingg pour le concocter. Ce qui n’empêche pas nombre de scènes inutiles comme celles attachées au folklore désuet de l’hôtel de passe et du bar à putes, pas toujours les plus mal réalisées, à l’instar de celle de la danse de l’inévitable prostitué au grand cœur sur un tube des Rita Mitsouko de l'époque : Marcia Baïla, un titre sans doute pas choisi au hasard car ce morceau évoque une autre maladie grave, le cancer, qui emporta la jeune chorégraphe Marcia Moretto dont il est question dans cette chanson. Ce sous texte est typique de la méthode Téchiné qui consiste à toujours plus alourdir la barque de détails, parfois incongrus, si bien qu’à la fin son film prend l’eau de toutes parts. Autre fâcheux exemple, le procédé éculé qui consiste à faire raconter une partie de l’intrigue par un auteur qui écrit l’histoire de ce que l’on voit sur l’écran et dont la lourdeur est aggravée par la platitude du texte, lu en voix off par celle bien peu mélodieuse d’Emmanuelle Béart.

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Alors qu’il faut au contraire resserrer un scénario pour le concentrer sur l’intrigue principale et sur quelques personnages que l’on aura soin de faire intervenir tout au long du récit, Téchiné fait tout l’inverse en multipliant des apparitions anecdotiques qui n’ont pas le temps de s’imposer, comme le patron du camping (Alain Cauchi) dont on ne comprend pas la nature de la relation qu’il entretient avec Manu, ou celui de la mère de Sarah (Maia Simon) qui parait n’être amenée que pour énoncer sa phrase définitive sur l’existence.
Certaines séquences frôlent le ridicule, en particulier celle du sauvetage de Manu de la noyade par Medhi (grosse ficelle scénaristique) ; ceci malgré les belles images sous-marines de Julien Hirsch, excellent chef opérateur du Lady Chatterley de Pascale Ferran, que Téchiné retrouve après Les Temps qui changent. Hirsch propose souvent des décadrages audacieux dans des images où l’orange est la couleur dominante, couleur solaire omniprésente dans la première partie, « Les jours heureux », qui malheureusement, « bénéficie » d’un montage haletant, si bien que le regard n’a pas le temps de se poser (heureusement, cela évite que l’on s’attarde sur les nombreux anachronismes, j’y reviendrai). Le spectateur est submergé par la masse d’informations qu’assène cette suite de scénettes hétérogènes d’une qualité très inégale, montées bout à bout sans aucune fluidité, à la hache comme s’il fallait dévorer la vie à toute vitesse, puis le film s’installe progressivement, se pose, dans un climat et une construction rappelant Les Innocents et Les Voleurs. On a connu Martine Giordano, pourtant monteuse habituelle du cinéaste, mieux inspirée.

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Manque de travail aussi sur les personnages, les adversaires du naturalisme vont être ravis, car Téchiné ne s’est pas embarrassé de psychologie, pas plus que de vérité sociologique, ni même parfois géographique. Si bien que l’on a beaucoup de mal à croire à certains caractères, trop romanesques, au mauvais sens du terme. Il faut admettre, pour adhérer un minimum au film, que nous sommes devant un conte, habité par des êtres dont beaucoup n’ont ni épaisseur, ni vérité. Ils n’existent pas hors la temporalité du film. On ne sait pas par exemple si Medhi a couché avec d’autres garçons que Manu... On ne peut pas savoir s’il en connaîtra d’autres après lui, tant sa personnalité est floue. Toutefois Téchiné est cohérent avec lui-même puisqu’il déclare à Têtu : « Je ne voulais pas que le projet prenne la forme classique d’un documentaire objectif, réaliste. Je voulais que le film puisse s’apparenter à un conte, un conte pour adulte averti avec des moments d’enchantement mais aussi de violence... J'ai fait le film par devoir de mémoire envers des amis qui ont disparu dans ces années-là, et parce que comme beaucoup de gens de ma génération j’ai eu le sentiment, en passant entre les mailles du filet, en échappant au sida, qui apparaissait dans ces années-là, d’avoir en quelque sorte échappé à mon destin. Cela a fondé la nécessité d’en parler et de raconter cette histoire. C’est peut-être disproportionné de comparer ce drame au sort des hommes et des femmes qui ont pu éviter la déportation, mais il y avait à ce moment-là, également, une question de vie ou de mort en jeu, un effet de destin partagé... » Ces mots font immédiatement naître en moi deux questions : A-t-on envie de voir un conte sur la shoah ou sur le sida et a-t-on même le droit de traiter ces tragédies par ce biais ? Ma réponse, qui me semble nourrie par une éthique élémentaire, à ces deux questions est non. Il n’en reste pas moins qu’il était courageux et noble de s’embarquer dans l’aventure des Témoins.

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Il n’est pas nécessaire d’être un grand scénariste pour savoir que l’exceptionnel est à introduire dans une histoire à dose homéopathique si l’on veut qu’elle reste crédible. Et que voit-on dans Les Témoins ? Que des personnages sortant du commun : en 1984, un inspecteur de police d’origine maghrébine, de surcroît bisexuel, est bien improbable. Il faut tout l’immense talent de Bouajila pour que l’on puisse y croire un peu. Que cet homme épouse une écrivaine, voilà qui est encore plus problématique ; que cette dernière, alors qu’elle écrit pour les enfants, ne parvienne pas à aimer son nourrisson est un cas bien extraordinaire, sujet qui aurait à lui seul mérité tout un film. Autant d’extravagances que Téchiné introduit dans son scénario comme autant de faux-semblants qui lui évitent de se colleter d’emblée avec son vrai sujet : l’émergence du sida, trop douloureux pour lui comme il l’explique (voir ci-dessus sa déclaration à Têtu).
Le cinéaste, en reprenant son personnage récurrent de jeune paumé monté du sud-ouest à Paris dont on ne voit pas à quel brillant avenir il pourrait prétendre, affaiblit la charge émotionnelle de son film, laissant penser que seuls les marginaux étaient touchés par le fléau, alors que la plupart des victimes étaient des garçons bien intégrés dans la société dont on pouvait espérer qu’un fécond demain les attendait.

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Si Les Témoins ne parvient pas à imposer ses héros, en revanche le film montre bien la liberté des mœurs d’alors qui permettait d’expérimenter plusieurs relations, d’une façon harmonieuse, sans honte et sans mise au point. Cette diversité des expériences affectives et sexuelles pouvait se vivre sans culpabilité. On est loin de ce qui se passe aujourd’hui avec le règne du puritanisme et de la pornographie qui sont les deux faces de la même médaille. Pour les jeunes spectateurs, la scène de drague au Trocadéro, avec ses grappes d’hommes copulant dans les buissons, tout de même bien surpeuplés, dans la vision proposée par Téchiné, paraîtra surréaliste, et pourtant... Le film décrit avec justesse comment le virus du sida provoque, d’abord aux États-Unis, puis en France, un rejet de la communauté homosexuelle et combien le dépistage et la prévention auront du mal à se mettre en place face à la panique stigmatisante ambiante par des documents filmés d’époque qui, malheureusement s’intègrent mal à la trame romanesque du récit. Il illustre aussi ce qu’était l’état d’esprit du grand public face à l’épidémie à cette période, quand le jeune Américain venu à Paris pour faire la connaissance des parents de son ami décédé du sida, dit son désarroi à Adrien devant leur refus de le rencontrer. État d’esprit que résume bien Michel Blanc en une anecdote confiée au Nouvel observateur : « Je me rappelle avoir été bouleversé, au début de l'épidémie, par la réaction d'une femme de 45 ans qui faisait le ménage dans un club de sport où j'allais : cette femme, qui passait son temps à nettoyer les douches au milieu de mecs à poil, me disait qu'elle était malade, qu'elle devait se faire opérer, et que le sida, après tout, c'était bien fait pour ceux qui l'avaient. Les victimes de la société condamnant d'autres victimes, c'est quelque chose d'épouvantable. »
Téchiné n’a pas fait l’économie d’une réflexion sur l’histoire et la société comme le prouve cette déclaration : « Le film est comme tous les films, il pose des questions sur le bien et le mal. Et le bien et le mal, aujourd’hui, qui le décide ? La médecine et la justice. Je crois qu’à partir du sida justement, la médecine a capitulé par rapport à la morale, donc il ne reste que la justice, et son bras exécutif qu’est la police. C’est peut-être pour cela que les personnages du médecin et du policier se sont imposés avec évidence dans cette histoire. » Et sur la situation actuelle du cinéma : « Le sujet fait peur, il n'est pas commercial. C'est une des grandes différences entre Hollywood et la France : là-bas, les grands traumatismes nourrissent le cinéma, alors qu'ici la tendance est à les enfermer. C'est ainsi par exemple que je n'ai jamais réussi à monter mon film sur l'Algérie. » Malheureusement cette peinture juste d’une époque est mise à mal par le constant anachronisme sociologique des personnages. Le réalisateur a donné à ses créatures de 1984 la mentalité des bobos de 2006 d’où le hiatus permanent entre leurs agissements et le paysage social dans lequel ils évoluent.
Et puis comme souvent chez Téchiné, des erreurs de détail gênent la concentration du spectateur, erreurs imputables plus à l’équipe de tournage, assistants, scripte qu’au metteur en scène quoique bien s’entourer est aussi un grand talent... Par exemple, juste après le premier panneau « 1984 », on a un plan de rue, avec le gros logo bleu LCL... ou encore ces innombrables automobiles dans des paysages, censés être de 1984, de modèles sortis bien après cette date comme ces Twingos arrivées qu’en 1993 ! Autant d’impairs qui sont difficilement pardonnables de la part d’un cinéaste aussi chevronné. Bourdes qu’il était possible de corriger à la post-production. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? Faut-il rappeler qu’un film ne se termine pas au dernier jour de tournage ?

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La clé du titre est donnée par Sarah, jouée par Emmanuelle Béart, qui est la narratrice de cette histoire, lorsqu'elle affirme qu'ils sont « tous des témoins du passage de Manu », atteint du sida, parmi eux.
En ce qui concerne les comédiens disons, pour être gentil, qu’ils font des prestations inégales. On ne comprend pas bien pourquoi Emmanuelle Béart, horripilante comme souvent, avec un jeu se résumant à la crispation des maxillaires, se trimbale à poil durant la plupart de ses scènes, sinon pour que l’on constate que le temps a été plus aimable pour son cul et ses seins que pour son visage...
Je ne sais plus pour quel film un journaliste (je revendique le droit du chroniqueur à l’imprécision) constatait, à propos d’une saga mettant en scène les membre d’une famille juive, qu’aucun des acteurs les incarnant n’étaient juif ; il ajoutait que pourtant la profession ne manquait pas d’acteurs juifs talentueux. Je précise que le-dit journaliste était juif lui-même. Je me dis, mais peut-être que je rêve un peu, qu’il doit bien y avoir des jeunes acteurs gays qui auraient été fiers de jouer le rôle de Manu. Je sais bien qu’être acteur c’est justement interpréter ce que l’on n’est pas. Mais je suis exaspéré par ces jeunes acteurs qui jouent le rôle d’un gay et dont les premiers mots à toute interview sont : « Je ne suis pas gay ! » Ce que je peux confirmer à propos de Libéreau, pour être passé sur un tournage où il sévissait et où il semblait filer le parfait amour avec la scripte (pourquoi ne pourrais-je pas faire mon Voici, zut alors ! Il n’y a pas que Zanzi sur ce blog pour être mauvaise fille !). L’interview en question est insérée dans un article laudateur de Ciné live dans lequel Johan Libérau est qualifié d’inoubliable par Xavier Leherpeur qui ajoute que : « subitement l’écran est devenu bien étroit pour accueillir son élégance féline et son sourire lumineux. » Encore une pauvre fille qui se rend malheureuse et qui doit avoir un chien pour faire une comparaison entre Libéreau et un chat ! Je me souviens aussi, pour avoir discuté avec des directeurs de casting, dont celui de Téchiné, pour avoir assisté à plusieurs castings et enfin pour en avoir fait moi-même, que le regard chez un acteur est prépondérant et à voir celui de Johan Libéreau, on se doute bien que ce dernier n’a pas inventé la pelle à charbon...
Au-delà du choix de Johan Libéreau que j’estime malheureux, tout de même moins que celui naguère de Manuel Blanc dans J’embrasse pas, un détail a frappé mon tympan, plusieurs fois : au détour d’une réplique j’ai entendu l’accent « d’jeune » bien connu aujourd’hui mais inaudible en 1984, je ne dirais donc rien du fait que Manu débarque de l’Ariège... Je suis conscient ici de soulever un tabou, l’irruption dans la société française d’un accent qui n’est plus régional mais social, un accent de classe qui stigmatise les locuteurs d’un français qui le colore de cet accent. Triste nouveauté dans notre république de ce qui était une particularité peu enviable de la Grande-Bretagne.
Bouajila réussit le tour de force de faire croire à ce flic complètement improbable, à être juste, sauf dans les premières scènes avec Emmanuelle Béart, mais qui le pourrait tant elles sont mal écrites, dans des situations aussi variées qu’incongrues. On savait depuis longtemps qu’il était un des tout meilleurs acteurs de sa génération, il le confirme une fois de plus.
Adrien, joué par Michel Blanc, est le seul rôle vraiment crédible et fouillé du film, peut-être parce qu’il est en grande partie l’alter ego de Téchiné. L’acteur est parfait, faisant bien ressortir les contradictions de l’homme, comme les dénonce Medhi dans la très bonne scène de dispute dans la voiture.
Mais la vraie révélation des Témoins c’est Julie Depardieu qui en quelques apparitions fait que la sœur de Manu, pourtant bien artificielle, existe.

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Le plus extravagant à propos de ces personnages dont la véracité est des plus problématique, est que Téchiné en donne les clefs : Manu serait inspiré par Michel Béna qui fut son assistant et surtout réalisa un très beau film, Le Ciel de Paris ; quant à Adrien, il serait nourri par Daniel Defert. J’ai eu (encore ! excusez-moi de mon parisianisme) l’occasion de croiser, il y a quelques années, ces deux personnes et je ne vois absolument pas le rapport entre elles et les êtres que l’on voit à l’écran, ce qui n’a aucune importance en soi, mais alors pourquoi donner des clés qui n’ouvrent aucune porte ?
Si vous êtes attentifs, vous repérerez quelques guest stars dans de petits rôles, le patron de l'hôtel : Jacques Nolot, l'éditeur : Xavier Beauvois, quelques plans leur suffisent à donner de l’épaisseur à ces silhouettes. On aperçoit aussi Jean-Marie Besset en  régisseur de théâtre.
Pendant longtemps la figure de l’homosexuel a hanté le cinéma de Téchiné sans pouvoir s’avancer dans la lumière, ce fut une drague sur un quai dans Hôtel des Amériques, la confession à demi-mot de l’homosexualité du héros à son frère dans La Matiouette, la passion d’un père de famille pour un bel arabe dans Les Innocents, la prostitution du héros de J’embrasse pas et son amitié avec un vieil animateur de télé gay... Puis en 1994, à la surprise générale, le timoré Téchiné fit son coming-out cinématographique avec Les Roseaux sauvages. Ensuite, on continuera de croiser des homos dans son œuvre : Catherine Deneuve et Laurence Côte dans Les Voleurs, Mathieu Amalric dans Alice et Martin, Gaël Morel dans Loin, Malek Zidi dans Les Temps qui changent. Dans Les Témoins comme dans Les Roseaux sauvages, les gays sont le sujet même du film mais alors qu’auparavant ils étaient relégués aux rôles d’accessoires décoratifs, ils semblent cette fois entravés par le romanesque.
On comprend bien qu’il était difficile à Téchiné d’aborder l’irruption du sida, lui-même comme tous les gays de sa génération se sentant comme injustes survivants. C’est un sentiment, ayant connu également cette période, que je partage et ressens presque chaque jour.
La gestation d’une telle œuvre est moralement compliquée et douloureuse. Quant à son financement, il est périlleux car il faut de la témérité pour entreprendre aujourd’hui un film sur ce sujet et cette époque à un moment où le cinéma est formaté en raison de son financement à 80 % par les télévisions qui sont toutes (plus ou moins) les parangons de la France moisie. Peut-être que le vrai scandale de ce film est qu’il soit courageux de le faire.
On attend toujours le grand film sur le sida, Les Témoins n’est pas celui-là. Mais malgré ses défauts, il est urgent que ceux qui ont aujourd’hui 16, 20 mais aussi 25 voire 30 ans et qui n'ont pas connu cette période (que nous, les rescapés, nommons les années enchantées) voient Les Témoins, témoignage sincère mais parfois maladroit d’une tragédie. À la fin du film, la mère de Sarah dit à sa fille : « c'est un miracle d'être vivant », ne l’oublions jamais.

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L’avis de Matoo :
Un film de Téchiné qui évoque les premières années Sida, avec un casting de rêve et une affiche closerienne assez mal venue, forcément ça donne envie d’aller se faire son idée. Histoire de se rendre compte du jeu des comédiens, mais aussi du traitement des événements, de la manière dont Téchiné rend cela avec sa sensibilité et son regard. Je ne suis pas déçu du résultat, j’ai bien aimé, même si je n’en ressors pas complètement convaincu et conquis.
Déjà, une chose est à saluer, le film n’est pas un docu-fiction sur le Sida en 1984. Il s’agit avant tout d’une histoire originale et à l’intrigue bien goupillée, et dont la maladie vient donner le prétexte à des « ruptures » intéressantes dans la narration. Je ne diminue pas non plus l’importance du film dans son rôle « témoin » (justement !), car il a aussi ce mérité de nous resituer en 1984-1985, et de rappeler cette période très étrange, entre chien et loup, où l’on commençait tout juste à réaliser ce qu’était le virus. Ensuite, j’ai vraiment trouvé les comédiens excellents et bien dirigés, avec un plus pour Michel Blanc et Emmanuelle Béart. Cette dernière est excellente, et très belle, malgré son bec de canard (nan mais vraiment elle ressemble à Daffy Duck avec ses lèvres collagènées) qui ne l’empêche presque pas de s’exprimer normalement.
Nous sommes en 1984, Sarah (Emmanuelle Béart) et Mehdi (Sami Bouajila) viennent d’avoir un bébé, et forment un beau couple libéré. Chacun peut aller voir ailleurs sans que l’autre n’en soit gêné. Le meilleur ami de Sarah, Adrien (Michel Blanc), un médecin d’une cinquantaine d’années, rencontre un jeune homme, Manu (Johan Libéreau, très charmant sans être d’une beauté fatale ou parfaite) dans un lieu de drague et s’en amourache. Manu vient de débarquer de province, et squatte la chambre d’hôtel (de putes), où sa sœur (excellente Julie Depardieu) vivote en attendant de gagner sa vie comme chanteuse lyrique. Adrien présente Manu à ses amis…

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Le film est en trois parties qui sont clairement intitulées, et sont trois périodes distinctes. Ainsi la toute première, qui dure un certain temps, n’évoque absolument pas la maladie. Il s’agit plus d’une préparation au drame, une mise en scène délicate et joliment orchestrée, aussi parcimonieuse que la rupture sera tranchante. Car le film démarre comme une histoire d’aujourd’hui, et sans l’intervention du Sida, on aurait une suite qui ne serait pas du tout la même. Ensuite c’est la maladie qui se déclare, et les relations qui volent en éclats, les personnalités qui se révèlent ou s’affirment, et des paradigmes qui changent, des morts prématurées à accepter. Étrangement, le film se passe plutôt en frange de l’épidémie, et il ne fait qu’évoquer cela dans l’engagement militant d’Adrien, le médecin pédé qui lutte tout de suite contre le fléau.
J’ai beaucoup aimé le personnage d’Adrien dans ce qu’il a de plus ambigu et réaliste. Car on devine sa personnalité en quelques traits et quelques minutes, lorsqu’il s’éprend ainsi du jeune Manu et se jette à corps perdu dans une relation vaine. Il s’investit pleinement dans la lutte, autant pour combattre la maladie, que pour y gagner une certaine reconnaissance, et oublier sa misère sexuelle et sentimentale (même si un retournement de situation change cela à la fin). Le film est très homo dans ses intrigues, et il ne manquera pas de toucher la communauté pédé.
Le film est plutôt bien ficelé, mais tout de même il manque quelque chose pour en faire une vraie réussite. J’ai été sans cesse gêné par des maladresses ou des petits agacements que je ne pensais pas avoir pour un réalisateur avec une telle expérience. Ok c’est un film français, et on peut du coup plus se concentrer sur un ressenti plutôt que sur un jugement totalement formel. Mais là, il y a aussi quelques moments qui battent de l’aile, et, comme le blogueur Orphéus le notait, faisaient penser à un premier (bon) film.
Ces points formels que j’évoque et qui m’ont un peu déçu, c’est sur l’évocation des années 80. À part quelques éléments vestimentaires ou de look, comme une coiffure, un blouson, ou la bagnole du héros, tout le reste n’est absolument pas dans le même ton. Alors je sais bien que ce n’est pas un blockbuster, et que l’objectif n’était pas de rendre l’époque à la perfection. Mais tout de même, les twingos garées dans les rues, les vues sur la tour Saint-Jacques avec ses échafaudages, ou les draps de l’hôpital avec « 2006 » inscrit, je pense que ça aurait pu facilement être évité. J’aurais été beaucoup plus « dans le truc » avec un film qui se donne beaucoup plus les moyens pour nous mettre dans l’époque (à part le clip des Rita qui déchire, évidemment !).
Le thème musical est extrêmement redondant, et j’en ai reconnu les premières notes (évidemment) puisqu’il s’agit d’un morceau de Philip Glass. J’ai été assez gêné comme je l’avais été dans The Hours puisque c’est encore une fois une reprise d’une œuvre existante (« Metamorphosis » pour The Hours), remaniée pour le film. Là, clairement c’était un extrait de Satyagraha : « The Protest », dont on entend que le début et avec des instruments différents. Cette réutilisation a été assez parasite pour moi car j’ai du mal à en entendre une version pareille, même si ce n’est pas mauvais, et mon oreille s’attend toujours à autre chose.
Donc vous voyez, j’ai aimé, mais ce n’est pas non plus l’extase…
Pour plus d’informations :

 

Par Bernard Alapetite et Matoo - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 19 août 3 19 /08 /Août 11:04

 


(5.18)




        Paris, juin 2009. Jour pour jour, un an après notre rencontre fortuite au cours d’un dîner en ville, j’ai revu Andrea. Notre histoire courte et intense avait connu la magie des romances non préméditées. Nous avions fait des projets, imaginé notre vie ensemble, notre maison en Suisse sur les hauteurs du Léman, et nous avions notre chanson, notre parfum. Nous avons nos souvenirs. Il fallait que je sache si notre rupture à l’automne avait du sens, et au final, découvrir si elle n’était que temporaire ou définitive. Allions-nous renouer à l’occasion de nos retrouvailles ? Dans le décor somptueux d’un restaurant oriental, j’ai découvert sans tristesse que nos chemins ne se rejoindraient plus jamais.

        Le cœur et l’esprit tournés vers l’avenir, j’ai repris ma route toujours aussi sinueuse, ondoyante, escarpée, truffée de dangers mais semée d’étoiles et de paysages magnifiques. Une route sans retour, comme la rivière torrentielle de mes amours. J’ai fait des rencontres merveilleuses, caressé la poussière des étoiles filantes, allongé mon corps sur un sable d’aurore, et je me souviens de tout ce que l’oubli n’a pas effacé. Je ne me demande plus pourquoi cela n’a jamais marché avec qui que ce soit. Ils sont un petit nombre, qui auraient pu étancher ma soif d’absolu et me donner ce sentiment de plénitude que l’on éprouve lorsque l’on est avec l’être aimé. Esteban, Vincy, Kamil, Javi et l’an dernier, Andrea. Des êtres d’exception qui m’ont fait toucher du doigt le bonheur auquel j’aspirais, auquel j’aspire encore.

        Paris, juin 2009. J’envie quelqu’un que je ne connais pas de connaître ce bonheur simple, fait de hauts et de bas et parfumé à la Chantilly, avec quelqu’un que je ne connais pas davantage mais qui a tout de l’ami idéal. Normal, sérieux, fidèle, honnête. Il me téléphone, prend de mes nouvelles. Son ami est jaloux. Sans raison. Il ne le trahira jamais. De mon côté, je ne ferai rien qui puisse l’inciter à tromper sa confiance. Mon miroir ne s’en remettrait pas. Mais je rêve… un tel accomplissement est-il possible ? Y a-t-il, sur cette terre, quelqu’un pour moi ? Une solitude à deux, un tour du monde express, une peau de mouton étendue sur le parquet, une bouteille de champagne, un appartement avec vue sur la Tour Eiffel et l’univers entier comme maison. Songe… mensonge ?

        Paris de mes amours, cité des amoureux, comme la Seine a coulé sous le pont Alexandre III depuis l’émoi des premières fois ! Je te sillonne, te redécouvre, m’aventure dans des rues que je n’avais jamais arpentées… C’est une promesse de renouveau. L’avenir existe encore. Je suis ivre de liberté, laissant mes pieds me guider au hasard, à l’intuition. Des bribes de souvenirs me reviennent en mémoire, des flashes, des échos du passé. Ce sont des lieux, des visages, des couleurs, des sonorités, des senteurs… Je ne veux pas me retourner.

        Sur Facebook, un troubadour d’amour offre son cœur. Il donne l’aubade comme Bernard de Ventadour à la cour d’Aliénor d’Aquitaine. Et ça marche. On lui fait les yeux doux. Peut-être devrais-je l’imiter… Mais j’ai déjà le cœur qui palpite au bord du jour déclinant et de l’abîme crépusculaire qui s’ouvre devant moi. Le vertige me saisit et la tête me tourne. Je contemple la beauté et la souffrance réunies. Il n’y a aucune disharmonie dans cette union. Un sourire succède aux larmes, et l’inquiétude s’efface devant la joie. Le ciel peut attendre. Le ciel attendra. Laissez-moi goûter à cette promesse de paradis sur terre, laissez-moi savourer ces heures trop courtes, laissez-moi croire que je les revivrai pour mille et une nuits.

        Paris, juin 2009. Le solstice d’été a déjà une semaine mais les nuits sont encore courtes. Le soleil qui se lève de bonne heure dissipe lentement les brumes de mon sommeil. Si ce n’était qu’un rêve, je voudrais me rendormir et ne plus jamais me réveiller. Et si c’était vrai ?

        J’allume mon ordinateur. Un message m’attend…

 

To be continued…


Lire le précédent épisode,
cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mercredi 19 août 3 19 /08 /Août 10:49


Un paysan arrive tout affolé chez son médecin.
— Docteur, docteur, je suis très malade !
— Ah bon ? Et qu'est-ce qui vous faire penser cela ?
Et le fermier avoue :
— Docteur, je fais l'amour avec mes cochons !!!
— Les mâles ou les femelles ?
Le paysan, rouge de colère, rétorque :
— Les femelles, bien sûr ! Vous ne voudriez pas que je sois pédé en plus !!!

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Mercredi 19 août 3 19 /08 /Août 10:10

 

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Je serais un Ginkgo Biloba.

Papy Potter


Pour la vingtième livraison de cette série de textes basée sur les hypothèses "Si j'étais homosexuel(le)" pour nos ami(e)s hétéros gay-friendly et "Si j'étais hétérosexuel(le)" pour nos ami(e)s gay hétéro-friendly, j'ouvre mes branches à notre collaborateur et ami belge Papy Potter, l'auteur de la chronique "Le Chaudron Rose" sur notre blog. Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.


        Si j’étais hétérosexuel, je serais un Ginkgo Biloba. Pourquoi ? Parce que cet arbre appartient à une minorité sexuelle et que ses amours sont, comment dire, contrariées…

        J’appartiendrais donc à la plus ancienne espèce sylvestre vivante. Elle existait déjà avant les dinosaures. Je ne pense pas que cela soit une perspective très excitante pour l’homo standard de moins de cinquante ans. À cette idée, il fourrerait plutôt dans sa trousse de survie un flacon familial d’anti-rides, vendu par caisses au rayon « toujours gay, toujours jeune » de sa parapharmacie préférée. À moins que je ne précise qu’en tant que ginkgo, je suis le père de tous les spermes du monde floral. Sperme, hmmm ? Vous avez dit sperme ? Wouw ! Oui, très chers. Gymnospermes, angiospermes, toutes ces classes végétales qui sentent le foutre comme un châtaigner au printemps descendent en fait du Ginkgo Biloba. Enfin, je crois. Je me suis laissé dire.



        Mais laissez-moi plutôt me plaindre. J’ai quelques jérémiades à vous confier. Car, voyez-vous, l’évolution a eu l’outrecuidance de favoriser d’étranges modalités en matière de reproduction. Je suis, en conséquence, un des rares arbres hétérosexuels sur cette terre. Les essences plus jeunes sont presque toutes bisexuelles, je le déplore. À plus de quatre-vingt dix pourcents, rendez-vous compte. Toutes monoïques. Donc, toutes bi. Ou à peu près. J’en ai le cœur au bord des lèvres quand j’y songe. Ils reniflent le pollen du voisin comme on hume une petite culotte, ces salopiauds. Ils ouvrent béant le cul de leur pistil et attendent les abeilles en frétillant. Vous le croyez, ça, vous ? Cela va ainsi de nos jours. Ces saloperies d’hyménoptères s’en vont branler joyeusement un voisin. Elles se remplissent les pattes de foutre. Je veux dire, de pollen. Puis elles s’en viennent vous en badigeonner les orifices en vous secouant à votre tour les antennes. J’en suis puissamment dégoûté. Je préfère décharger au hasard et on n’en parle plus. Où va le monde, Seigneur ?

        J’ignore si cela justifie un témoignage chez Delarue. Mais je suis fier de dire que je suis, moi, un des rares spécimens arborés restés hétéros dans le monde. Un presque fossile, je vous l’accorde. Un vieillard acariâtre, à ce qu’il parait. Mais chacun a son caractère. Je vote à droite, bien sûr, car la gauche est pleine de pédés, tout le monde sait ça. Et surtout, ça me gonfle de savoir qu’être hétéro est totalement « has been » dans la gent végétale depuis des millénaires. Ils avalent le sperme de leurs congénères tout en se paluchant les étamines, comme dans un vieux porno des années d’avant sida. Cela m’écœure, tout bonnement. Du coup, dans ce monde joyeusement plurisexuel, je fais office d’emmerdeur de service, de bourgeois près de ses bourses, si vous me pardonnez l’expression. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’on m’a surnommé « l’arbre aux mille écus ». Parce que moi, ma bonne dame, j’ai encore la notion du patrimoine, de l’héritage et du terroir à partager. Heureusement. Qui l’aurait sinon ? Avec tous ces jeunots qui se laissent abattre à la moindre débroussailleuse. J’ai survécu, moi. Je me suis battu. Oui, monsieur. J’ai fait la guerre des arbres et je m’en vante. C’était à une époque où les chamans asiatiques nous parlaient avec révérence. Comme je vous le dis. Maintenant, les hommes ont même oublié que nous avons une âme. Les cuistres.



        Je rêve parfois d’une réunion de tous les hétéros végétaux du monde. Il y en a peu, mais il y en a. L’ortie par exemple. On défilerait dans une marche des fiertés en hurlant des chansons datant de la Belle Époque. Car dans ces folles années, ma chère, on chantonnait encore le lilas ou le cerisier. Les deux sont monoïques, je pense, mais on s’en moque. Je vous parle d’un temps où les gramophones chevrotaient des chansons ruisselantes d’amour et poisseuses de guimauve. Et on y parlait de nous. À cette époque, les arbres fleuraient le romantisme. Même les rares qui restent hétéros. C’était tellement bandant. J’en suis si nostalgique. J’en pleurerais.

        Je suis donc un ginkgo biloba. Et je suis hétéro. En le disant de cette manière, j’ai l’impression d’être dans une réunion des alcooliques anonymes mais passons. Je n’ai pas eu l’extravagance de pousser près d’un temple bouddhiste, ne vous déplaise. La zénitude des jardins de rocaille ne m’inspire guère. J’aime le bruit, l’aventure. Mes gènes jurassiques conservent le goût du hurlement des prédateurs au crépuscule. J’ai donc préféré déployer mes racines en plein cœur de ce qui a fini par devenir une ville. Je suis face à la gare. Tout au bord de la route. Et un de mes plus grands bonheurs est de sentir la pluie tomber sur moi. J’aime toutes les pluies. De la plus grasse à la plus légère. Toutes me sont bonnes. Sentir l’eau ruisseler sur mes feuilles m’est plus goûteux qu’une tige de cannabis pour vous. Ça me rend l’âme poète et déjantée. Vous ne l’imaginez même pas.



        Voilà, d’ailleurs, qui me rappelle un événement. Car nous aussi, nous avons nos histoires. Pourquoi croyez-vous que nos feuilles font du bruit quand le vent s’y déverse ? C’est notre manière à nous de bavarder. Il n’y a pas si longtemps, un peuplier nous a conté un fait étrange. Le houx, qui écoutait avec moi, ça lui a troué le cul. Je crois que depuis lors, il fait très gaffe à son feuillage. Bref, donc, l’histoire ! Dans un jardin, un jeune Ginkgo avait perdu ses feuilles. Le pauvre. Un des deux hommes qui vivaient là a bien tenté de le sauver mais rien n’y fit. Vous remarquerez qu’il s’agit de deux mecs. Des tapettes, bien sûr. On se demande comment ils font pour être si nombreux, ils n’ont même pas la chance d’être des arbres. Mais passons. Nous étions donc au printemps et son écorce se flétrissait. Je parle du Ginkgo, of course, pas de la folle qui gémissait en caressant son tronc comme si c’était un gode. Les éventails de son feuillage se mirent d’abord à sécher, puis ils roussirent. Et enfin, ils tombèrent. Alors que l’arbre voisin, lui, était encore vert, le fumier. Le ginkgo déplumé fut abattu sans autre forme de procès. C’est une sale manie chez les hommes. Pour autant, on lui laissa ses racines. L’homme emporta le tronc et enleva les branches. Non, il ne s’en est pas servi pour se polir un gode. Enfin, soyez réalistes. Un gode en bois, ça doit finir par être plein d’échardes. Ah, je vous jure, les humains manquent d’esprit pratique parfois. Donc, il ramena le tronc chez lui, ôta l’écorce et mit le cœur de l’arbre à nu. À ce passage de l’histoire, je tourne souvent de l’œil, je vous l’avoue. J’ai tendance à m’identifier, voyez-vous ? Et rien qu’à imaginer que l’on m’écorche de la sorte, j’en ai des coulées de sève. Mais bon, l’arbre était mort. Je suppose qu’il ne sentait plus rien. L’homme prit ensuite un pinceau, vous savez, ces branches amputées pleines de poils, ainsi qu’un pot de peinture noire. Et là, il se mit à tatouer le pauvre arbre défunt. Il le couvrit littéralement de symboles et de décorations. Il ne voulait pas que son ginkgo soit mort. Il désirait le conserver. Le brave chéri. Vous imaginez ça, qu’il y ait encore sur cette terre, des humains qui espèrent garder les arbres le plus longtemps possible. Quel snobisme ! De nos jours, la mode est plutôt à l’abattage intensif ! Les jours passèrent. Et l’été arriva. Le jeune homme retourna à la souche restée là, au milieu du jardin. Il eut ainsi une incroyable surprise. Des feuilles poussaient sur le reste de la souche. Le ginkgo abattu vivait encore. Le gars avait simplement oublié que les arbres ont le pouvoir de renaître. Pour accomplir la même performance, les hommes, eux, ont dû s’inventer des dieux.



        J’aime bien cette histoire. C’est mon côté mystique. Elle me garde en mémoire que je peux être millénaire quand la plupart des animaux, eux, ne font que passer. J’en suis fort aise, notez. Les gens qui traînent dans mon ombrage regardent parfois mon tronc tortueux avec envie. Ils voient en lui une sorte de phallus noueux géant alors qu’en fait mes organes sexuels n’ont rien à voir avec mon tronc. On en a plus que vous et je suis sûr que ça vous rend jaloux, en fait. Normal, vous ne pensez qu’au sexe et à l’argent. Pauvresses ! J’en vois aussi qui caressent mon écorce en frissonnant. Il est vrai qu’il est plus rugueux qu’une barbe. La faute aux chats qui viennent y faire leur griffe. J’imagine que certains humains s’en excitent. De mon écorce rugueuse, pas des chats qui me lacèrent ! Ils doivent bien compter la sylvophilie (c’est le fait de baiser avec des arbres) parmi leurs nombreuses perversions, ces cloportes-là. Après tout, il y a bien des zoophiles, non ? L’homme est un étrange animal, vous devez bien me l’accorder. Tout lui est bon pour prendre du plaisir. Sauf la pluie. Ça, je l’ai remarqué. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de grogner sous la douche mais bon. S’il était une plante, l’homme serait un liseron. Toujours à prendre, incapable de donner. Il est futile et inutile. Je l’ai toujours pensé.

        Il est des fois, pourtant, où les humains m’apportent du plaisir, je le confesse. C’est quand ils vomissent à mes pieds. J’adore cela. L’odeur fabuleuse du vomi excite mes sens et me chatouille l’écorce. Il y a une raison très logique à cela. La senteur de vos vomissures m’évoque le fort parfum des fruits de ma femelle, quand ils sont déjà vieux et avides d’être fécondés. L’ovule bien mûr se lézarde tout du long et appelle la dorure bienfaisante de mon foutre. Quand un homme gerbe à mes racines, je ne fais pas la différence. Pour moi, ça sent la femme, c’est tout. Cela me rend les bourses chatouilleuses et je décharge mon pollen en couinant. Ah, le doux spectacle enivrant de mes flocons vainqueurs ! Oh, les voir s’étaler dans la grasse chevelure d’un humain hoquetant ! J’en déborde d’émotion.



        Il faut dire que les hommes ont été assez vaches avec nous. Sous prétexte que les femelles ginkgo puent du con, ils les ont décimées. Il paraît que l’odeur de leurs fruits, celle-là même qui me porte vers des abîmes d’extase, leur est purement insupportable. D’abord, cela leur évoque le beurre rance, ce qui est doux à mes narines. Quand je perçois au loin cette senteur affolante, j’en ai les étamines qui turgescent et poudroient de bonheur. Au fur et à mesure que la saison s’écoule, le parfum évolue et se transforme en jus de poubelle. Un peu semblable à l’élixir joyeux craché en jets d’acides d’un estomac gavé de bière. Moi, ça me rend dingue. Je suis un ginkgo mâle. Il est normal que j’apprécie les effluves d’une femelle en rut. Mais les humains ne partagent hélas pas mon opinion. Ils ont donc écarté les femelles ginkgo de leurs plantations. De sorte que, vous l’avez compris, il ne reste plus que des mâles partout. Non mais, vous vous rendez compte ? Ces salauds-là nous privent de nos bonnes femmes. Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Ils méritent bien que j’éjacule dans leurs cheveux quand ils gerbent à mes pieds, moi, je vous le dis.

        Être ginkgo n’est pas une sinécure. Les hommes cherchent à nous dévier. Ils veulent nous transformer en pédales. Je refuse. Je résiste. Déjà que mes feuilles ont une forme d’éventail. Vous connaissez beaucoup de mecs hétéros qui se baladent en s’éventant ? Moi pas. Des femmes, oui. Des tapettes, peut-être. Mais pas des hétéros. Ils préfèrent amplement dégouliner à la Johnny. Je n’en connais pas un qui se munirait d’un quelconque éventail. Mais nous, ginkgos, nous n’avons pas le choix. Notre feuillage est ainsi fait. C’est ridicule, je vous l’accorde, mais c’est comme ça.



        Et moi ? Suis-je condamné à me branler en regardant des hommes vomir ? Je dis « des hommes » car des femmes qui dégueulent, c’est plus rare, on doit leur reconnaître cette finesse. N’ai-je pas le droit d’aspirer aux transports amoureux que tout mâle est en droit d’éprouver pour une femelle de son espèce ? Hein, dites-moi ? Je suis sûr que vous, vous me comprenez.

        Je vous en supplie, humains, faites quelque chose. Lancez des pétitions, je ne sais pas, moi. Je ne peux pas finir ma vie ainsi. Vous devez bien me comprendre. Après tout, nous vivons un peu la même chose, non ? Ce n’est pas toujours facile non plus pour vous de vous trouver un partenaire. Alors, pensez à nous à qui VOUS avez volé nos femmes. Ami, fais-le pour moi.

        Sauve mon hétérosexualité.

        Plante un ginkgo femelle dans ton jardin.

        Et achète un diffuseur d’huiles essentielles, ça masquera le goût.

       Homos et Ginkgos, même combat ! Protégeons les minorités sexuelles. Croyez-moi, c’est une lutte importante. Ne l’abandonnez jamais.

Par Papy Potter - Publié dans : SI J'ÉTAIS... HOMO (ou) HÉTÉRO
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Mardi 18 août 2 18 /08 /Août 12:49


Deux homosexuels se promènent dans la rue. Ils passent devant un chien en train de se lécher le sexe et les roubignoles. Le premier s'exclame :
— Oh, dis donc, qu’est-ce que j’aimerais pouvoir faire pareil !
Et l'autre de répondre :
— D'accord, mais attention, caresse-le avant, il est peut-être méchant...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Mardi 18 août 2 18 /08 /Août 12:23


par Gérard Coudougnan

       

Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) utilise un terme peu courant (1) pour qualifier la cérémonie qui va l'unir à son partenaire de télé-réalité : construit à partir de pacs et de mariage, ce terme assez lourd est la seule vraie nouveauté du dernier épisode... qui a autant découragé téléspectateurs que commentateurs.

Les différents trailers, résumés et bandes-annonces démotivent totalement puisque l'on sait quasiment tout ce qui va se passer. On savait donc que le coming out d'Emeric serait agité. On a simplement appris que cette comédie lourdingue avait été le fruit de longues répétitions. Papa a évoqué « Sodome et Gomorrhe » et maman, après une fugue grotesque, trouve que son futur gendre est bien.



Il a fallu passer par un rituel « repas de coming out » assez effrayant. On est aux antipodes de la remarque de Bernard Alapetite à propos du héros du film J'ai tué ma mère (2) « Cette déculpabilisation nous évite l’obligée scène de coming out qui devrait, heureusement, bientôt être rangée au rayon des antiquités scénaristiques.

Nous sommes bien au rayon des antiquités scénaristiques, et cela devrait être encore pire ce soir, puisque c'est Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) qui va organiser sa soirée de coming out. Et l'on sait déjà que Maman le prendra mieux que Papa. Si la famille d'Emeric est composée de comédiens professionnels, comment qualifier le naturel des parents de Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) lorsqu'ils répondent, filmés, aux demandes du fiston ?



Ne reculant devant aucun sens du ridicule, les scénaristes ont même organisé un « enterrement de vie d'hétéro » jumelé avec l'anniversaire (une semaine = hebdoversaire ?) de la rencontre. Cela se passe dans une boîte où de sculpturales danseuses en tenues minimalistes se contorsionnent le long de barres métalliques avant d'aller agiter leurs appâts sous les yeux des spectateurs. Dans ce contexte, Emeric réussit un petit discours sensible et plutôt touchant en l'honneur de Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien).

En fonction de ce qui a déjà été montré, ce soir le père de Chistopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) va quitter la table et sans doute la villa tandis que sa mère va se rapprocher de son fils. On ne sait pour l'instant (et le suspense est quasiment insoutenable) si elle agit par amour pour Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) ou par opposition à son mari avec qui elle est en instance de divorce depuis six ans.

Il y aura une cérémonie à la villa mais reste à savoir si les conditions seront toutes réunies pour que ce brave Christopher (qui ignore qu'Emeric est un comédien) puisse empocher les 100 000 € qu'il a déjà bien mérités. C'est l'unique et bien faible motivation pour rester fidèle à une émission qui n'a même pas énoncé la règle complète du jeu ...

Et la fête va continuer jusqu'au mardi 25 août où l'on aura même droit à deux épisodes consécutifs... TF1 nous gâte vraiment.

 

(1) À titre de comparaison la recherche des mots suivants sur Google donne pour pacsage 1580 réponses, pacs 7 580 000, mariage 31 600 000.

(2) http://www.lestoilesroses.net/article-34195788.html



Mon Incroyable Fiancé 2, de plus en plus ennuyeux,

de plus en plus drôle.

Par Lucie Ashley J., 26 ans

 

Mardi dernier fut diffusé le quatrième épisode des aventures de notre pseudo couple gay favori, où la tension générée par les coming out en série devait arriver à son paroxysme. Oh mon Dieu, comment vont réagir les parents, acteurs, d’Emeric face à la nouvelle de l’homosexualité de leur cher bambin ? Un suspense insoutenable.

Pour cet épisode, précédé de ces interminables flash-back en série insipides et barbants, Emeric et son chéri d’amour ont dû fêter leur premier anniversaire ensemble. Chouette, c’est Emeric qui est content de s’afficher avec son petit Christopher.

Donc, petite soirée dans un club de striptease tout ce qu’il y a de plus classique, où tenté par les courbes rebondies de ces jeunes filles, Christopher en aurait presque oublié ce qu’il faisait là. Mais attention, Emeric veille au grain. Après lui avoir reproché qu’ils ne faisaient pas assez gay – mais oui Christopher, il faut que tu tripotes Emeric enfin ! – le bellâtre fut ramené à la réalité par l’arrivée du fameux gâteau d’anniversaire, énorme bien sûr, comme leur « amour ». No comment !

Après avoir résisté à l’assaut des stripteaseuses, Christopher doit subir l’horrible, que dis-je la terrible épreuve, qu’est d’écouter Emeric lui déclarer sa flamme : « Tu as fait de moi l’homme que je suis ». Bla bla bla. Christopher en reste sans voix. Si bien qu’à son réveil, il ressent le besoin de se confier à la caméra : « Emeric me regarde avec des yeux de biche et a besoin de me toucher. » Au secours !



S’en suivent de longs et rébarbatifs flash-back, avec des gros plans sur les yeux énamourés d’Emeric et de ses mains baladeuses. Pauvre Christopher harcelé par Emeric toute la sainte journée. Sortez les mouchoirs mesdames, messieurs.

Toujours pas remis de la déclaration de celui-ci, Christopher ne sait plus où se mettre. Mais TF1 ne va pas s’arrêter en si bon chemin et au travers de leur potiche d’animatrice surpayée, elle annonce à nos deux compagnons qu’ils devront annoncer aux parents d’Emeric qu’ils sont gays, ce soir-là. Les pauvres, que de pressions sur leurs frêles épaules !

Notez cela dit, le changement de verbe : « être » gay et non plus « devenir » gay. Quelqu’un leur aurait-il appris qu’on ne devenait pas gay ?! Sûrement un coup de notre chère Benjamin.

La chaîne a donc prévu de pimenter la soirée d’Emeric et Christopher, mais avant… déjeuner avec les amis respectifs qui – Surprise ! – se connaissent déjà. Et là, convaincu de sa sagesse et fier comme un paon, Aymeric qui sort à Emeric – Vous suivez toujours ? – que s’il est gay, c’est parce qu’il aime le banana split, sous les yeux ahuris de son ami, de Christopher et d’Emeric, outrés par son attitude. Et voilà, Christopher et Emeric qui défendent leur pacs, oui pacs, pas mariage, avec vergogne. Puis Aymeric et Emeric, qui se battent pour savoir lequel des deux connait le mieux Christopher. Une fois de plus : No comment.



Durant ce déjeuner, le spectateur s’ennuie comme un rat mort et n’a qu’une « hâte », voir la réaction des parents d’Emeric. Et là, toute fière d’elle, la chaîne nous offre une vision des coulisses, du making of de la scène du dîner. Waouh, quelle chance nous avons… Ça promet.

Le moment fatidique arrive. Le suspense est à son comble… Enfin, il paraît… Emeric « est » paniqué. Christopher, lui, s’efforce de rester confiant, comme tout bon « winneur » qui se respecte. Le diner est long et barbant, tout tourne en rond, jusqu’à ce qu’Emeric revenu de la cuisine où il a évidemment cassé les belles assiettes de porcelaine toutes neuves – Mince alors ! – se décide et dit haut et fort : « J’aime Christopher. »

Le père d’Emeric choqué par cette dramatique nouvelle, hurle de rage et ose dire « Ta gueule ! » à Christopher. Emeric, en homme fort, fait face. Christopher, en homme sage, raisonne son beau-père. Tout va bien. Tout le monde il est content dans le meilleur des mondes. Mais, où est passée la maman d’Emeric ? Oh mon Dieu, se serait-elle suicidée ? Oh non, quel drame ! Ressortez vos mouchoirs mesdames. Tout le monde panique, se dispute. Le spectateur se marre bien à voir Christopher courir partout. Pas sûr que TF1 ait atteint son but avec cette scène longuement répétée.



Dix minutes de stress émotionnel intense et – Ouf ! – on l’a retrouvée. Chouette ! Elle ne nous avait pas beaucoup manqué à nous. Et qui c’est qui chante sur un bateau avec deux messieurs ?! Je vous le donne en mille, c’est la môman d’Emeric. Comme toute maman, elle savait déjà que sont fils était gay. Évidemment. Mais attendez, vous ne savez pas tout. Coup de théâtre, la mère d’Emeric donne la main de son fils à Christopher. Ah Christopher, que tu le veuilles ou pas, Emeric est devenu ton boulet personnel.

Tout est bien qui finit mieux que cela n’avait commencé. La famille de trublions se transforme en anges adorables et plein de tolérance et de bonté. C’est magnifique, la vie est belle. On s’embrasse et c’est fini. La suite la semaine prochaine.

Donc, en gros, l’épisode qui devait être centré sur le moment où la tension devait être à son paroxysme et où le téléspectateur devait s’arracher les cheveux sous l’effet de l’angoisse de la disparition de la mère d’Emeric, se transforme en un vieux gag, assez drôle d’ailleurs où le ridicule frôle l’invraisemblance. Toute cette attente pour ça. TF1 a raté le coche sur ce coup-là.



TF1 se fiche bien de nous, en nous prenant pour des abruti(e)s fini(e)s, à qui il faut rappeler la présence d’acteurs toutes les dix secondes – Merci, on l’avait encore compris – en nous assénant des flash-back à répétitions et des déjeuners d’un ennui mortel, dans le but de combler le manque de substance et d’intérêt d’un programme qui pourtant s’avérait prometteur.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l'émission : http://www.tf1.fr/mon-incroyable-fiance-2/

 

 

Ce soir, cinquième partie sur TF1 à 22h10.

Réagissez dès maintenant et demain en commentaires sur ce billet !

Par Gérard Coudougnan et Lucie Ashley J. - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mardi 18 août 2 18 /08 /Août 11:30
Par Daniel C. Hall - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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