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Lundi 17 août 1 17 /08 /Août 09:12


Alors que l'incendie fait rage dans cet immeuble de plusieurs étages, le chef des pompiers fait le compte de ses hommes avant de s'éloigner car le bâtiment menace de s'écrouler. Après les avoir comptés et recomptés, il s'aperçoit qu'il en manque deux. Alors courageusement, il décide d'aller les chercher en affrontant l'incendie.

Au bout d'une minute, il les voit enfin dans une des pièces encore un peu protégée de la fumée et des flammes, et ils sont en train de faire l'amour !

Le chef des pompiers leur crie :

— Qu'est-ce que vous faites Nom de Dieu ? L'immeuble va bientôt s'écrouler. Il faut partir !

Le gars actif se retourne vers son chef et lui dit :

— Il fallait que je fasse quelque chose, il s'était évanoui à cause de la fumée !

Et le chef lui rétorque :

— T'es con ou quoi ? Dans ces cas-là, c'est du bouche-à-bouche qu'il faut faire !

Alors le pompier répond :

— C'est ce que j'ai fait. Comment croyez-vous que tout ça a commencé ?

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Lundi 17 août 1 17 /08 /Août 08:35

 

Fils adoptif de Tarzan et Jane sur le retour, Sir Francisco a hérité de son père, outre son corps de rêve, sa légendaire aisance à se balader de liane en liane en poussant de grands cris, et de sa mère une grande créativité dans la conception de pagnes en peau de singe et une recette de pastilla de bonobo absolument inimitable – la difficulté étant de trouver des bonobos frais. Anobli à l'âge de dix-huit mois par sa Majesté des Mouches, il eut pour parrains David Leavitt et Armistead Maupin, qui furent les compagnons indéfectibles de sa jeunesse tourmentée. Devenu désormais un adulte respectable, il passe ses journées entre son bureau en haut d'une tour, le lounge Air France de CDG et les avions qui vont avec, et ses quartiers généraux situés d'une manière générale entre la rue des Archives et la rue du Temple. Il a pour unique ambition dans ses chroniques de vous faire partager son regard sur l'art, la vie, les gens, et accessoirement de jouir d'une reconnaissance mondiale.

 

I. Material Gestures – Une heure à la Tate


[À défaut d’aller à Londres, vous pouvez retrouver la plupart des œuvres dépeintes dans cette chronique sur http://www.tate.org.uk/collection]


       

        Je ne vais jamais à la Tate Modern sans m’adonner à mon rituel initiatique. Je sors du Tube à Saint Paul’s, contourne la cathédrale, descends Peter’s Hill et m’engage sur Millenium Bridge. Les mauvaises langues diront que ce n’est pas un rituel mais un itinéraire touristique, moi j’aime la symbolique de quitter cette vieille rive siège d’institutions décrépies, bancaires, politiques ou ecclésiastiques, pour rejoindre une rive faite de force brute, de puissance et d’un art où la fonte, le cambouis et l’électricité ont remplacé l’or, l’encens et la myrrhe. Mon iPod chevillé au corps, aujourd’hui c’est Arielle – Dombasle, bien sûr – qui m’accompagne dans cette traversée du Rubicon, parce qu’un peu de légèreté ça fait aussi du bien. Le vent dans les cheveux que je n’ai plus, mon look faussement négligé, je marche à son rythme et comme elle je suis Glamour à Mort. Devant moi, du fouillis londonien la masse de la Tate émerge, comme le reste de la ville laide à en mourir, et pourtant si attrayante.

 

        L’entrée secondaire côté fleuve est probablement une faute de goût. Vous êtes englouti par une espèce de trou noir, sans vraiment comprendre où est l’entrée, vous traversez le magasin – là oui, c’est l’itinéraire touristique – vous vous trouvez à un niveau bâtard, il faut prendre un petit escalier mal foutu pour rejoindre le niveau principal et quand vous arrivez enfin aux guichets, la salle des machines a un peu perdu de sa superbe. Cette entrée devrait être définitivement condamnée, au profit de l’entrée principale. Arriver directement dans l’immense atrium vide, totalement dépourvu de repères visuels, au point qu’il est impossible d’en appréhender les dimensions exactes, est une de ces expériences bouleversantes, et qui vous transportent justement dans une autre dimension. Que suis-je, moi petit être humain, dans cette immensité ? Et pourtant, ce sont d’autres petits êtres humains comme moi qui ont dessiné, construit, redessiné, rénové cette centrale. Donc moi, petit être humain, je ne suis rien, et à la fois je suis cette immensité.

 

        Arielle a beau être Extra, Extralucide, Extra, Extraterrestre, Extra etc. je ne suis pas sûr qu’elle soit la meilleure compagnie pour les galeries UBS que Nico m’a absolument conseillé d’aller voir. Le choix n’est pas facile. Comment choisir une musique pour qu’elle m’accompagne, sans toutefois bouleverser complètement la perception que je pourrais avoir des œuvres ? Dois-je rester en cohérence avec l’époque ? avec le style ? avec l’esprit ? il faudrait une playlist complexe et encore je ne suis pas sûr que cela suffise. Certes je pourrais aussi faire la visite en silence, mais le silence n’existe pas et je préfère franchement ma musique plutôt que les cris de hordes d’italiens pré-pubères en sacs à dos invicta, hurlant à qui veut l’entendre – ma cazzo, ma questo qua fa schiffo ! – le « truc qui fout la gerbe » en question n’étant rien autre que Jackson Pollock… Y’a encore du boulot pour apporter la culture aux masses… Mon choix se porte finalement sur René Aubry et son Playtime, juste assez décalé pour apporter une légère touche de structure aux œuvres que je m’apprête à voir, sans toutefois conditionner complètement ma vision.

 

        Les premières notes de Sirtaki à Helsinki me confortent dans mon choix. Pinceau de lumière subtil, elles viennent éclairer ma perception du bâtiment, mettant en exergue des détails oubliés pour mieux montrer la cohérence du tout. Car tout il y a. L’immense monolithe de briques brunes, et maintenant de verre, à la fois lisse et structuré, impénétrable, immuable, solide. Et dans son intérieur creux, la vie donnée par les œuvres d’art et ceux qui les regardent. Finalement tout est question d’extérieur et d’intérieur, de peau et de sentiment, de structure et de vie. L’escalier qui me mène au troisième étage est justement enchâssé dans une boîte en verre, je suis mis en exposition au même titre que les œuvres du musée – et là ça n’a rien à voir avec le fait d’être Glamour à Mort.

 

        Première galerie, Material Gestures, galerie de l’adolescence, de la connaissance de soi en tant qu’être social, de la définition de son rapport au monde. Dans la première pièce, deux œuvres se font face, d’une évidence si forte qu’elle est en devient gênante. Ishi’s Light, d’Anish Kapoor, et Seated Figure de Francis Bacon. Ishi’s light est œuf colossal, ou melon géant, posé sur la pointe, et dont une tranche a été enlevée de manière à montrer, à l’intérieur d’une peau presque trop fine en résine striée, un intérieur parfaitement lisse en laque lie-de-vin. Comme toujours chez Kapoor, je suis englobé dans l’œuvre. Je me vois à travers l’ouverture, réfléchi à l’intérieur de l’œuf, dans une tranche de lumière. Il y a là évidemment toute la genèse de la vie, le giron où je ne suis plus, le rapport à la mère, mère qui conçoit, porte et structure. Voici d’où je viens.

 

        En face, sur un fond extrêmement oppressant de rouge et de bleu entremêlés, un homme assis, au centre d’une figure géométrique comme tracée à la craie, cadre, cube, cage. Je m’y vois dans une solitude extrême, prisonnier des structures, d’abord celles que l’on m’a imposées, que j’ai explosées, puis celles que je me suis moi-même créées. Et si ce besoin d’aller vers l’autre était aussi ça, cette nécessité de sortir de sa structure, de la réinventer, la seule possibilité d’être à la fois rigide et en mouvement, de se tenir debout et de marcher ? La réponse n’est pas si claire, ce tableau est aussi celui de l’hésitation. L’homme réfléchit, doute, et je suis comme lui. Je peux rester dans ma structure, dans mon œuf, mon cocon, ou en sortir. Assumer ou me cacher. Vivre en société, ou vivre certes, mais seul. En le disant, je me rends compte que je n’ai déjà plus le choix. Tout est là, il faut savoir le lire.

 

        Salle suivante, je suis écrasé par l’évidence, par l’impossibilité d’en être autrement, par la beauté des œuvres et par la pertinence de leur choix, le dialogue qu’elles instaurent entre elles, que ce soit la richesse de Northwest Drift de Mark Tobey, étude sur le paysage de Seattle où en clin d’œil St Paul’s vient se réfléchir à travers une des rares fenêtres du musée, la puissance hypnotique absorbante de la Peinture Verte et Grise de Tapiès, où je me surprends à fermer les yeux et à sentir, à inspirer la toile, la souffrance des têtes sans visage de Jean Fautier, les déformations des corps de Giacometti. Il s’en dégage une forme de vérité absolue, trop floue encore pour que je puisse la comprendre, mais terrifiante de puissance.

 

        J’avance encore. Je me trouve pris entre trois œuvres apparemment gribouillées et pourtant dans le chaos surgissent la forme, les traits, dans la foule les visages, dans une multitude de corps les esprits. Dans La Vie Affairée de Dubuffet, je vois la rue des Archives un soir de Gay Pride ou de Fête de la Musique, la nuit étoilée, les corps qui passent, se touchent, se frôlent, les esprits qui s’accrochent, se parlent, et peu à peu des motifs se dégagent, comme si tous ensemble nous constituions des corps d’une échelle complètement différente, mais toujours humains. Plus que les moitiés retrouvées d’Aristophane, on frise l’hybris, ce n’est pas à deux mais à cinquante que l’on redevient un. Or les dieux punissent la démesure, et la noirceur de la nuit nous rappelle que tôt ou tard il faudra rentrer chez soi et affronter sa solitude.

 

        En contrepoint de cet univers masculin, des gribouillis suivants émergent deux femmes. L’une de Dubuffet toujours, L’Ombre des Fluides, l’autre de Magda Cordell, Figure (Woman). Deux femmes qui se regardent, se parlent, se jalousent, amies et rivales. Debout entre ces deux femmes, je retrouve l’intimité de l’enfance, des longs après-midi d’été où le seul refuge à la chaleur étouffante est la petite pièce aux persiennes fermées où les femmes cousent, jasent, froufrous des jupons, parfums lourds, regards de velours. À genoux, en faisant bien attention aux aiguilles tombées par mégarde, je prépare une dînette, sers le thé, m’abreuve de ces histoires où d’autres rivales, invisibles, ne pensent qu’au paraître, il fait doux, je suis protégé, rien ne peut m’arriver et je ne veux pas grandir. Néanmoins ces femmes ne sont pas que sein, de leurs traits se dégage peu à peu une violence insoutenable, leurs rondeurs protègent peut-être l’intérieur, mais surtout elles excluent l’extérieur, elles m’excluent. Le ventre d’une mère n’est accueillant que jusqu’à la naissance.

 

        Exilé de mon enfance, je trouve un refuge de sérénité et d’harmonie dans la Composition, 1950, de Nicolas de Staël. Chaque élément, fragment de la réalité perçue par l’artiste, est à sa place naturelle, évidente. Mais moi, de quoi suis-je composé ? Surtout, par qui ? Suis-je composé par d’autres, par un autre, par l’autre ? Ou bien puis-je me composer moi-même ? Et si je me compose, est-ce que je reste moi-même ? Ces questions ne m’angoissent pas, comme si je pouvais en lire les réponses distinctement dans le tableau, dans son rapport parfait entre libre arbitre et image. Je peux me croire libre de composer mon image, en fait je la façonne en réponse à un contexte dans laquelle elle vient s’intégrer. Mon image n’est rien s’il n’y a personne pour la voir. Et si je change, mon image change aussi. J’y vois mes écailles, mes cicatrices, là où l’intérieur rencontre l’extérieur, et de cette rencontre naît une beauté fragile, comme à fleur de peau.

 

        Soucieux de voir toute les œuvres de cette pièce avant de passer à la suivante, je reviens sur mes pas, en direction d’Adam et Eve, de Barnett Newman. Œuvres immenses, enveloppantes, couleurs chaudes, en dialogue avec les curieuses sculptures de David Smith, Agricola VIII et Agricola IX. Je vois dans ces machines imaginaires, girouettes immobiles, une nature forcée, cultivée, torturée, une balance imaginaire pour peser le pour et le contre, le bien et le mal, l’homme et la femme. Et devant moi la femme de Newman se présente nette, franche, sans surprises, uniquement composée d’une large bande d’orange païen que vient relever un galon de violet ecclésiastique. Quel contraste par rapport à la richesse de l’homme, qui se laisse découvrir peu à peu, où les traits divergent, les couleurs sont indéfinissables, les contours flous, jamais découverts, jamais saisis, où tout est toujours à réinventer… Comment ça je ne suis pas objectif ?

 

        Dans une petite pièce attenante, un écran diffuse Meat Joy, de Carole Schneemann. Mais mon regard est surtout attiré par une vue plongeante sur la salle des turbines. À nouveau, je me sens à la fois mis en vitrine et spectateur de la vie. Aucun repère, aucun détail, ne me permet de comprendre l’échelle du vide immense devant moi. Dix mètres plus bas, ou peut-être vingt, des enfants jouent en silence sur d’immenses dalles en béton et il y a dans ce moment une poésie infinie. Je suis dans Gattaca, Blade Runner et Brasil, démiurge observateur d’une chorégraphie magique et improvisée, je regarde ces humains traverser, voir, sentir, photographier le vide, tandis que sur l’écran derrière moi des poissons argentés s’ébattent puis agonisent entre les jambes d’une femme.

 

        Retour aux salles d’exposition. Picasso, Crâne de Chèvre, Bouteille et Bougie. Remplir le vide par du vide, le structurer par quelques traits, composer, arranger. Où sont l’information, l’émotion ? Dans les pleins ou les vides, dans les traits, dans les ombres ? Et de quoi ma vie est-elle faite ? Des noirs, des blancs ? Des frontières ? Je vois des chemins dans un dessein, je vois l’urbanisme chaotique de Londres, et soudain je vois cette chèvre, ce crâne sans esprit qui n’est plus défini que par le vide qu’il crée – tout ce qu’il reste de lui c’est ce qu’il y a autour.

 

        En face, le jeu du plein et du vide se libère du plan pour conquérir l’espace. Avec Orpheus Maquette 2, Barbara Hepworth a mis en cage une part d’univers, dans une forme de prime abord légère, équilibrée, rationnelle, mais en fait constituée de tensions, de fragilité, d’un intérieur qui n’est que squelette, d’une peau pas si lisse, écaillée, oxydée par le temps. La forme se dévoile progressivement dans toute sa complexité, ouverte et fermée, comme une déformation de l’espace des phases, un attracteur étrange faisant naître l’ordre au sein du chaos. Le lien entre intérieur et extérieur est fascinant. On pourrait les croire antagoniques et pourtant ils sont cohérents. Pire, chacun ne peut vivre que par l’autre. Le squelette fragile ne tient que parce que la peau est épaisse. La peau en équilibre instable ne tient que par la tension que lui inflige le squelette. Alors la vraie nature, est-ce le squelette ou la peau ? Suis-je mon intérieur, ou ce que je montre de moi ? Ce que je suis, ou ce que j’en ai fait ? Les deux, mon Général… voire les quatre : je suis à la fois mon intérieur, mon extérieur, leurs oppositions et leurs coïncidences. C’est ça qui fait ma richesse, et mon immensité.

 

        Les autres œuvres exposées dans cette pièce sont évidemment magnifiques, Matisse, Miro, mais je zappe, le regard et l’esprit attirés par une sorte de vibration dans la pièce suivante, entièrement occupée par les six panneaux Cage (1) – (6) de Gerhard Richter. Ce sont tout d’abord comme les images brouillées d’un téléviseur, qui vous enveloppent entièrement. Les motifs se détachent progressivement de ce travail de peinture par strates, d’autant plus impressionnants qu’ils semblent à la limite du compréhensible, sans toutefois rien évoquer de connu, comme si l’on se trouvait à la frontière fractale de la perception. Puis les différences entre les panneaux commencent à apparaître : des dominantes de couleur, rouge, jaune, bleu, surgissent du gris, l’impression de plus en plus forte qu’il y a une forme de vie cachée derrière ces couches de peinture, une vie qui ne pourrait s’exprimer qu’à travers le hasard des couches superposées. Cage ou miroir ? De quelle côté se trouve la réalité ? De quel côté est-on emprisonné ? L’envie d’appeler Alice au secours, il y a forcément quelque chose de l’autre côté. Ou quelqu’un. Je le sens derrière le dernier panneau, le seul à être entièrement flou. Les lignes ont disparu et l’image estompée n’en devient que plus parlante, plus inquiétante. La question se fait oppressante : et si cette forme c’était moi ? Par quel élément de hasard me suis-je retrouvé de l’autre côté de ces strates de peinture ? Et quel est ce message que j’essaye de transmettre, à moi, à l’autre, aux autres ?

 

        Une dernière œuvre m’interpelle. Il s’agit d’un tableau long de 5m50 sur 85 cm, de Jackson Pollock. J’y vois des chemins qui se croisent à l’infini, emplissant l’espace en parfait équilibre, j’y vois des cheminements, des boucles, des arrêts, la trajectoire d’une particule élémentaire dans un milieu fluide, j’y vois des groupes aux couleurs différentes, des rencontres, des collisions. J’y vois, nouvelle Carte du Tendre, le pèlerinage du flirt, la recherche, l’errance, les rencontres, les séparations, les instants de communion, les plages de solitude, l’acceptation du vide, la place de l’autre. Le titre de l’œuvre, Summertime Number 9A, apporte la pièce finale au puzzle. Ce n’est plus un tableau, c’est la ballade sur la plage, ou plutôt dans les dunes, chaotique, au rythme de la nature, chargée de l’érotisme de tous les possibles, la chaleur étouffante des corps travaillés, le silence étouffé des pas sur le sable. Instant jouissif, je m’aperçois que le tableau a été peint à Long Island, je pense immédiatement à Fire Island, au Meat Rack, à Boys in The Sand, aux Garçons de la Plage, ce n’est peut-être pas la réalité de Pollock, ce n’est que la mienne, mais Dieu qu’elle est cohérente ! Elle est cohérente, et elle est moi. Je comprends alors que je veux retrouver ma part dans l’autre, je veux l’autre parce qu’il est moi, je veux les autres parce qu’ils sont moi, parce que sans eux je ne le suis pas.

 

        Je n’ai pas toutes les réponses à mes questions. Mais je finis cette visite avec l’étrange impression d’un itinéraire tortueux dans le temps et l’espace, d’une traversée répétée du miroir de ma peau, de l’intérieur vers l’extérieur vers l’intérieur et ainsi de suite, de moi vers l’autre vers les autres qui deviennent moi dans une invariance d’échelle répétée à l’infini. L’impression d’un ordre derrière mes mouvements chaotiques, de règles, de tensions, d’attractions, que les œuvres exposées ici m’ont montrées comme dans un miroir, chacune à sa façon, en douceur ou violemment, avec une évidence lumineuse ou au contraire comme une vérité cachée. L’impression d’avoir continué à avancer sur un chemin, à me construire de ce chemin. L’impression enfin que ce n‘est qu’en écrivant, en révélant mes pensées à l’autre, aux autres, que je parviens à les rendre miennes.

 

[Ajout] : Vous pouvez retrouver la plupart de ces œuvres sur

1 : http://www.tate.org.uk/modern/explore/room.do?show=1259&code=01&action=1

2 : http://www.tate.org.uk/modern/explore/room.do?show=1259&code=02&action=1

5 : http://www.tate.org.uk/modern/explore/room.do?show=1259&code=05&action=1

6 : http://www.tate.org.uk/modern/explore/room.do?show=1259&code=06&action=1

7 : http://www.tate.org.uk/modern/explore/room.do?show=1259&code=07&action=1

 

To be continued...

Par Sir Francisco
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Dimanche 16 août 7 16 /08 /Août 12:13


Deux gars sont en train de discuter et l’un d’entre eux demande :
— Si la fin du monde arrive dans 15 minutes, qu’est-ce que tu fais ?
— Moi ? Je baise tout ce qui bouge ! Et toi ?
— Moi ? Bah... Je ne bouge pas...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Dimanche 16 août 7 16 /08 /Août 12:07
  
Visuel : (c) GayClic

Luke renie ses origines italiennes, tandis que Noah semble avoir les portugayses ensablées...
[ATWT appartient à PGP ; Daily recaps à CBS]


Par Jag1366 - Publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Samedi 15 août 6 15 /08 /Août 11:15


Un aveugle entre dans un bar lesbien par erreur. Il trouve son chemin vers le comptoir et commande un verre. Au bout d'un moment, il crie à la serveuse :
 — Eh, tu veux que je te raconte une blague sur les blondes ?
Le bar devient silencieux, et avec une profonde voix rauque, la lesbienne à sa gauche lui dit :
— Avant que tu racontes ton histoire, tu dois savoir des choses : la serveuse est blonde, la fille à l'entrée est blonde, la fille à ma gauche est une blonde et elle soulève des poids, la fille à votre droite est une blonde qui est catcheuse professionnelle et moi, je suis une blonde d'1m80 et de 100 kg avec une ceinture noire de karaté. Alors pensez-y sérieusement monsieur... Vous voulez toujours raconter votre blague ?
— Non non merci, répond l'aveugle, sinon je vais devoir l'expliquer cinq fois !

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Samedi 15 août 6 15 /08 /Août 02:49
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Samedi 15 août 6 15 /08 /Août 02:01
http://www.neomanox.com/manoxfilms/images/1hombrespaco.jpg

Les vidéos sont (c)
Univers-L.com
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de
Isabelle B. Price et son équipe.
Par Isabelle B. Price - Publié dans : SERIE : LOS HOMBRES DE PACO
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Vendredi 14 août 5 14 /08 /Août 11:01
« C'est merveilleux. J'ai grandi autour de gays toute ma vie, au fond, ça explique peut-être pourquoi je suis de parti pris et que certaines personnes pensent que je suis homo lorsque je les rencontre... ce que je trouve génial. C'est toujours bien de les laisser se demander [rires]. Je ne vais pas sur les blogs ou les chats ou quoi que ce soit, mais mes amis adorent ça et, apparemment, quelqu'un a dit : "Daniel Radcliffe est homo. Il a une tête d'homo !" [Rires] Je ne sais vraiment pas ce qu'est une tête d'homo. Mais je trouve super que Dumbledore s'avère être gay... Une partie de moi pense que J.K. Rowling a fait ça pour voir si elle pouvait énerver la droite, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour ça. Je crois qu'elle l'avait prévu, je crois qu'elle a toujours su qu'il était gay. »
« Je suis très content de commencer à soutenir le Trevor Project qui sauve des vies tous les jours. [Daniel vient de faire une grosse donation dont le montant est tenu secret par l'association. Note de Daniel C. Hall] C'est très triste de savoir qu'en 2009 le suicide est une des trois causes principales de décès chez les jeunes, et c'est vraiment dramatique d'apprendre que les jeunes homosexuels (LGBTQ) sont jusqu'à quatre fois plus susceptibles de tenter de se suicider que les jeunes hétérosexuels. J'espère profondément que mon soutien donnera plus de visibilité à l'organisation pour que plus de jeunes découragés apprennent l'existence des conseillers expérimentés de la Trevor Helpline et de ses nombreuses autres ressources. Il est extrêmement important que les jeunes comprennent qu'ils ne sont pas seuls, et peut-être encore plus important, que leurs jeunes vies ont une vraie valeur. »
Daniel Radcliffe, acteur incarnant Harry Potter, interviews 2009.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Vendredi 14 août 5 14 /08 /Août 10:00


C’est un gay qui rend visite à un médecin. Le médecin prend son stéthoscope, écoute le cœur et demande au gay de dire : « 33 ».
Le gay dit : « 33 ».
Le médecin utilise de nouveau son stéthoscope pour écouter les poumons et
demande au gay de dire « 33 ».
Le gay répète : « 33 ».
Le médecin fait installer le gay pour un toucher rectal,
introduit un doigt dans son anus et lui demande à nouveau de dire : « 33 ».
Et le gay d'obéir : « 0... 1... 2... 3... 4... 5... 6… »

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Vendredi 14 août 5 14 /08 /Août 06:41

 

Fiche technique :

Avec Jonah Blechman, Jake Mosser, Aaron Michael Davies, Jimmy Clabots, Euriamis Losada, Mario Lavandeira, RuPaul, Scott Thompson, The Lady Bunny, Will Wikle, Brandon Lim, Isaac Webster, Brent Corrigan, John Epperson et Amanda Lepore. Réalisation : Todd Stephens. Scénario : Todd Stephens, d’après une histoire d’Eric Eisenbrey. Directeur de la photographie : Carl Bartels. Compositeur : Marty Beller.

Durée : 99 mn. Disponible en VO et VOST et VF.



Résumé :

Andy, Nico, Jarod et Griff sont de retour ! En vacances à Fort Lauderdale pour les vacances mythiques du Spring Break, ils participent au concours Gays Gone Wild, qui doit déterminer lequel d'entre eux peut avoir le plus de partenaires sexuels possibles...



L’avis de Frédéric Mignard :

La suite de la parodie gay d’American Pie est un délire trash nettement supérieur au segment originel.

Chose singulière dans la production gay indépendante américaine, Another gay sequel, comme son titre l’indique, est une suite. L’évidence commerciale imposait ce nouvel opus après le carton communautaire du premier titre, d’autant plus qu’il s’agissait d’une parodie camp d’American Pie, un genre de teen movie fécond en conneries crasses déclinées sur plusieurs numéros.



Le réalisateur Todd Stephens, qui vient pourtant de passer la quarantaine, revient aux pitreries décérébrées et dénudées pour finalement installer sa franchise dans une escalade (de moyens, de gags et de caméos) qui lui sied bien. Si l’on pouvait avoir d’énormes réserves vis-à-vis du premier segment (trop fauché pour nous faire avaler ses godes et couleuvres), le second est un vrai feu d’artifices de gags, certes complètement cons, mais d’une efficacité imparable. Osant à peu près tout, y compris de se débarrasser du casting originel (trois des quatre acteurs principaux ont été éjectés), le cinéaste parodie les Porky’s des années 80, les films de zombies sanglants, avec par moment des scènes ultra gore, et détourne les comédies musicales pour permettre à des morpions suceurs d’entonner la chansonnette ou pour vanter les mérites des golden showers.



De plus, il affiche la nudité à tous les coins de plan avec une jovialité qui, malgré l’extrême mauvais goût du récit et sa grossièreté patente, ne transforme jamais son film en monstre de vulgarité. Le côté arty(ficiel) de la réalisation, qui fait des allers-retours constants entre le réel, le fantasme, le rêve et le fantastique et s’installe au croisement des couleurs les plus improbables, fait de cette drôle de petite production un objet soigné, bien plus esthétique que le cinéma de John Waters, qui reste pourtant le maître étalon du réalisateur.



Dans le clin d’œil permanent, Todd Stephens s’est acoquiné des vedettes les plus gays de la planète pour des seconds rôles et des apparitions toujours savoureuses. Perez Hilton, la plus grande commère du net, est de toutes les imbécilités ; Rupaul, méconnaissable, se la joue bourgeoise avec délectation ; Amanda Lepore, transsexuel iconique, interprète une hôtesse de l’air et en profite pour déballer une fois de plus ses gros lolos, et pour les spécialistes du hard, l’on note bon nombre d’apparitions de hardeurs, jeunes (Brent Corrigan) ou plus âgés (Matthew Rush). Bref, un film somme qui marque l’avènement du trash gay contemporain dont on se félicite qu’il ne soit pas du goût de tout le monde.



L’avis de Voisin Blogueur :

Comme son titre l’indique, Another Gay Sequel n’est autre que la suite de la comédie Another Gay Movie qui prenait un malin plaisir à détourner American Pie en version queer et trash. J’avais trouvé le premier volet « sympa sans plus » et ne m’attendais donc pas à grand-chose. Agréable surprise, l’humour de ce nouvel opus m’ayant nettement plus fait marrer de bon cœur.



L’intrigue est assez simpliste : nous retrouvons les mêmes personnages (mais pas les même acteurs, excepté le personnage de la folle : Nico) et nous suivons leurs nouvelles aventures, dans un camp d’été où est organisé le concours de celui qui couchera avec le plus de monde. Le grand prix ? Une nuit coquine avec un apollon. Très vite des rivalités s’instaurent entre les amis d’Another Gay Movie et les Jasper, une bande de gays particulièrement cruels. Qui finira par gagner ? Est-ce qu’au final l’amour ou l’amitié prendront le dessus face au sexe ?



Another Gay Sequel n’a peur de rien, joue avec tous les clichés et les poussent à l’extrême. Si les vingt premières minutes laissent un peu perplexe en ressemblant à une sitcom fauchée, la suite est plus réjouissante. La tentation quand on est en couple, le choix entre plan cul et romance naissante, les relations père-fils, la galère de ne pas être un gay musclé et sexy…



Tous ces tracas sont abordés avec une certaine folie douce et colorée. Et ô surprise, le personnage de Nico (qui m’avait un poil insupporté dans le premier film) se révèle ici être le personnage le plus attachant de par sa condition de garçon très efféminé qui ne plait à personne. Complètement décalé, le film aborde aussi le sujet des MST et des pratiques extrêmes (fist, uro). Cela donne lieu à des scènes improbables et complètement jouissives tel un hymne aux « Golden Showers », une chanson avec passages animés sur les morpions ou une parodie du clip Thriller avec des zombies adeptes du Fist…



Un très bon moment de détente en dépit d’un casting, il faut bien l’admettre, un peu moins sympathique que le précédent.

Pour plus d’informations :

Site officiel : http://www.anothergaymovie.com/

Par Frédéric Mignard et Voisin Blogueur - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Vendredi 14 août 5 14 /08 /Août 03:59
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Fiche technique :
Avec  Michael Carbonaro, Jonathan Chase, Jonah Blechman, Mitch Morris, Scott Thompson, Graham Norton, Ashlie Atkinson, Stephanie McVay, John Epperson, Megan Saraceni, Darryl Stephens, Matthew Rush, Richard Hatch, Angela Oh, Alyshia Ochse, George Macy… Réalisation : Todd Stephens. Scénario : Todd Stephens & Tim Kaltenecker. Directeur de la photographie : Carl Bartels. Compositeur : Marty Beller.

Durée : 92 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Andy Wilson (Michael Carbonnaro) a tout du jeune gay américain type. Il a 17 ans, mais il est encore vierge. Et comme tout le monde, il compte bien remédier à ce problème. Totalement décomplexé, et chaud comme la braise, ce jeune et naïf lycéen est pris dans ce curieux vortex entre l’enfance et l’âge adulte. Au grand désarroi de sa mère, Mme Wilson (Lypsinka) – qui se demande pourquoi ses carottes et concombres disparaissent – Andy passe son temps libre à se préparer au grand moment quand, enfin, il fera le grand saut. Andy n’est pas seul. Il est flanqué de ses trois meilleurs amis, tous plein de testostérone : Jarod (Mitch Morris) qui est un fana de blagues de potaches, Griff (Jonathan Chase) qui lui est le romantique musclé et Nico (Jonah Blechman) qui est l’expert en cinéma gay. Ils ont tous une chose en commun, ils sont tous parfaitement vierges. Muffler, (Ashlie Atkinson) leur « virile » copine lesbienne, une vraie Casanova, s’amuse à titiller les garçons. C’est un véritable aimant à pom-pom girl qui accumule les sauteries. La goutte d’eau qui fait déborder le vase vient lors de la fête de fin d’année de Muffler, qui se transforme en partie de jambes en l’air... sauf pour eux. Cette nuit-là, ils se promettent de se faire dépuceler d’ici à la fin de l’été. Ce qui suit va n’être qu’une longue route parsemée d’embûches vers le dépucelage. Le film est une satire non seulement d’American Pie, mais aussi de films gays comme The Broken Hearts Club ou Edge of seventeen.


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L’avis de Bernard Alapetite :

On peut considérer que tourner la parodie d’un film navrant, American Pie, est au choix (du point de vue artistique) suicidaire ou au contraire courageux. En l’espèce, je pencherais pour la deuxième solution. Il faut immédiatement préciser qu’Another Gay Movie est le summum du mauvais goût (assumé), à placer à côté des opus de John Waters ou des films autobiographiques de Kitano.

Le tout est de supporter la première demi heure ; ensuite on commence à rire des fines plaisanteries, parfois scatologiques, de la troupe. Les spécimens qui apparaissent à l’écran sont tellement grotesques que l’on pourrait même y voir une charge homophobe ! Tous les sous genres de la « gaytitude » sont ridiculisés. On y voit des bears style méchant grizzli roulant des yeux comme au temps du muet, un prêtre suçant un scout (rassurez-vous le scout doit avoir au moins quarante ans) dans des toilettes, un professeur sado maso uro scato draguant via Internet : la réalisation n'évite aucun lieu commun.


Another Gay Movie est une avalanche de gags mais malheureusement beaucoup ne sont pas efficaces en raison du manque de rythme du film. Si Todd Stephen s’est avéré un bon cinéaste de films sérieux (ses deux autres réalisations, Edge of Seventeen et Gypsie 83, l’ont prouvé), il ne possède pas le tempo des réalisateurs de comédie. Il passe trop vite sur un gag ou alors l’étire plus que de raison. L’autre défaut est que certaines idées et certains personnages sont abandonnés en cours de route.

C'est suite à plusieurs refus de distributeurs de diffuser son magnifique second film Gypsy 83, que Todd Stephens décide d'écrire un « Scary Movie gay ». En effet, les distributeurs trouvaient que Gypsy 83 n'était pas assez gay ! C'est ainsi qu'il commence à écrire le film qu’il veut le plus gay jamais réalisé ; un film qui serait la parodie du cinéma d'adolescents tel que American Pie mais aussi des longs-métrages gays tels que Le Club des cœurs brisés ou encore son propre film Edge of Seventeen. Les clins d’œil à ses deux premiers films seront nombreux, à commencer par leur affiche que l’on voit bien dans Another Gay Movie.


Another Gay Movie est un film volontairement provoquant et à contre-courant, défiant la censure. Todd Stephens cite G. W. Bush et Jerry Falwell (un télévangéliste américain homophobe) dans ses sources d'inspiration : « Je dois remercier George W. Bush pour l'inspiration qu'il m'a procurée. J'étais parfaitement écœuré par le programme politique de son parti, j'ai alors décidé que j'allais secouer tout ça (...) J'ai enfin réussi à faire le film que je voulais faire étant adolescent, le film que Jerry Falwell voudrait absolument bannir. »

Le cinéaste a été très influencé à l'adolescence par Mae West, qui lui apparut comme sa première icône gay. Il affirme s'être inspiré d'elle pour son film Another Gay Movie : « J'ai toujours apprécié la façon dont elle a révélé sa sexualité. J'ai voulu faire un film dans l'esprit de Mae où l'homosexualité pouvait être à la fois mise en valeur et drôle, et comme Mae mon but principal était de faire rire. »


Todd Stephens ne voulait pas faire jouer que des comédiens gays. Il a finalement choisi Michael Carbonaro, Mitch Morris, Jonathan Chase et Jonah Blechman. « Ma plus grande joie fut de travailler avec des comédiens aussi talentueux et intrépides. J'ai pris un temps fou à trouver les quatre acteurs principaux, mais une fois le tournage commencé, je n'ai eu qu'à m'asseoir et les regarder improviser et améliorer mon scénario. » Au vu du film, on peut tout de même penser qu’il aurait dû se lever et diriger un peu plus ses comédiens. D’autant qu’il n’avait pas affaire à des débutants. À l’instar de Jonah Blechman, la folle hystérique de la bande, un habitué des films gay, déjà vu en particulier dans le bon Luster, ou encore du binoclard du groupe, Mitch Morris, qui a tenu un rôle secondaire dans quatre épisode de Queer as Folk US, ou enfin du beau black Darryl Stephens que l’on avait déjà vu dans Boy Culture et vedette de la série gay et black Noah’s Arc. Comme on le voit, la distribution n’est peut-être pas si hétéro que cela. Todd Stephens aurait mieux fait, au lieu de se focaliser sur la sexualité de ses comédiens, de prendre l’âge comme critère de sélection car engager des acteurs dont l’âge tourne autour de 25 ans pour interpréter des rôles de garçons de 17 ans n’est ni particulièrement judicieux ni courageux !


Leur jeu outré, certes voulu, se situe entre le jeu de boulevard de seconde zone, style Jacques Balutin, et un festival de grimaces dans la droite ligne du jeu « subtil » d’un Eddy Murphy…

La très bonne idée du casting a été de choisir un homme pour jouer la mère du héros. Malheureusement, comme beaucoup d’autres, cette idée (et ce personnage) n’est pas exploitée.

La bande originale du film Another Gay Sunshine Day écrite par Marty Beller et Todd Stephens est interprétée par une de ses idoles, Nancy Sinatra. Ce fut, selon les mots du réalisateur, « la cerise sur le gâteau ».



Il faut saluer le remarquable travail réalisé par le costumier et le maquilleur sur le personnage interprété par Jonah Blechman. Les décors et les accessoires sont très soignés et participent au comique du film.

Sous leurs accoutrements se cachent de bien jolis garçons dont on ne nous cache rien des postérieurs (sans malheureusement nous montrer beaucoup d’autres choses…)

Todd Stephens a déjà tourné une suite, Another Gay Sequel: Gays Gone Wild, qui commence là où le premier film s’arrêtait.


L’avis de Frédéric Mignard :
Todd Stephens avait su se montrer juste de sensibilité avec Edge of seventeen, petite production gay indépendante, qu’il avait écrite en 98, sur un ado assumant ses penchants homosexuels dans l’Amérique des années 80. Le retrouver aux commandes de Another gay movie surprend donc. Cette comédie outrancière, véritable hymne au politiquement incorrect, qui se complaît dans les gags les plus excessifs, est à des années-lumière de son premier script. Un virage dans l’humour trash scato-anal d’un mauvais goût absolu, réalisé cependant avec des moyens dérisoires qui le réduisent à un film amateur bancal qui s’aliènera tout autre public que celui de la communauté homosexuelle.

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Le jeu improbable des comédiens que l’on croirait tous échappés de Foon et l’absence de toute mise en scène rendent l’accumulation de gags énormes d’une lourdeur indigeste. Certes Stephens met un grand coup de pied dans les conventions morales hollywoodiennes en s’acharnant à décrire les pratiques sexuelles les plus insolites pour ce type de production. Another gay movie va loin, très loin même, affichant kikis à gogo, gadgets sexuels de toutes tailles et de toutes formes, multipliant les scènes de masturbation à base de quiche lorraine et de légumes incongrus, et se permettant même de s’achever sur une double pénétration. Alors oui, c’est osé et avec un minimum de talent l’entreprise aurait pu être hilarante, mais ici tout est tellement mal ficelé et intrinsèquement laid qu’il est bien difficile de se prendre au jeu de cette parodie rose du teen movie à la American pie et autre Sex academy, un peu trop fière de sa vulgarité et de son immaturité crasse.

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L’avis de Lucile :
Loin, très loin même, des parodies faciles et autres caricatures, Another Gay Movie offre plutôt une relecture du teen movie à la sauce gay. La recette d'American Pie traîne dans un coin et certaines scènes où personnages lui sont même carrément empruntés, mais le résultat est tellement original, déjanté et hilarant qu'on en oublierait presque les quelques vulgarités ici et là. 
Car au niveau de l'humour, ils ne se refusent rien, repoussant toujours plus les limites du trash, au plus grand plaisir du spectateur qui apprécie grandement d'être enfin étonné par ce genre de film. Et du hamster au SM scato, il y en a vraiment pour tous les goûts. À titre d'exemple, le Stiffler de la bande est ici une lesbienne hypra masculine et vulgaire qui dévergonde tout le voisinage et qui porte le doux nom de Muffler.

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Derrière les blagues grasses, aussi bonnes soient-elles, le film qui se veut léger soulève tout même le problème du dépucelage des homosexuels en province. Comme l'avait déjà évoqué à sa manière Dorian Blues, il paraît encore très compliqué de s'épanouir en tant que gay sans prendre des risques : celui de la réaction de l'autre ou d'autres plus graves comme les rencontres par Internet et les clubs louches.
Mais il ne faut pas faire preuve de trop de sérieux : Another gay movie est une comédie. Tout finit bien pour les quatre amis et on attend avec impatience la suite de leurs aventures hautes en couleurs, pour l'instant sous la forme de projet au titre alléchant : Another gay movie 2 : Gays gone wild !!

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L’avis de Psykokwak :
À quelques jours de la nécessaire Marche des fiertés, le cinéma propose une parodie des films pour ados version gay. Another gay
movie, du scénariste de Edge of seventeen, met en scène quatre potaches – plus queer tu meurs – désireux de perdre leur virginité avant d'entrer à l'université. Cette unique obsession tient lieu de scénario ! Tout est bon pour qu'ils réalisent leur souhait. Todd Stephens prend le parti du burlesque le plus grotesque pour mieux dézinguer ce genre de films pour ados. Il suffit pour le réalisateur de convertir la drague hétéro en baizouillage gay pour donner une caricature. Donc quatre « choupinous » (pour au moins deux d'entre eux) s'escriment à essayer des stratégies pour réussir leur défi. L'occasion est trop belle pour déballer des exemples d'approches propres au monde gay et tenter de nous faire rire. On aura compris que la finesse du propos se situe au niveau rectal.
À ne consommer qu'avec des copines pour rigoler gayement.

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L’avis de Pitch22 :
Très bon moment de détente devant ce film très « série déjantée ». Avec ses multiples situations cocasses hautes en couleur, c'est vraiment plus marrant et piquant que les American Pie, malgré quelques baisses de rythme (dans l'ensemble soutenu) et surtout plus sexe (on en voit, du cul et de la bi..)! Plus loufoque aussi. Tout y passe (enfin presque), des clichés à la pelle bien sûr mais sur un mode très fun (et foune...). Une scène avec Mr Puckov aka Gode-zilla (Graham Norton), grotesquissime, a quand même fait fuir de la salle un couple de gays (c'est dire !..) Donc nous avons nos quatre « puceaux » gays (18 ans) qui cherchent désespérément à connaître leur première vraie relation sex en bonne et due forme : en gros, un qui fait hétéro (et ne se croit qu'actif), une caricature fardée de la tapiole modasse (affublé d'une sœur non-voyante), une crevette timide (pas tant que ça) et un minet sexy (joué par Michael Carbonaro aka Andy, une révélation !)

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Tout ça sous les encouragements (et l'excitation ad libidum) de la « grosse touffe » ou Muffler (actrice apparue dans Inside Man), gouine partouzeuse ultravertie entourée de mini-touffes (mini-muffs) cheerleaders ce qui vaut son poids de mordant. Les parents sont bien sûr plus que gay-friendly (génial Scott Thompson, le père Wilson, entre autres one man shower hors pair)... Quelques beaux spéci…mens, tel Darryl Stephen (Angel), qu'on a pu voir dans Boy Culture (et Noah's Arc pour les abos à Pink TV). Pour les bears, apparition de Richard Hatch en personne, naturiste patenté et vainqueur de Survivor saison 1 (en outre condamné pour ne pas avoir payé ses impôts là-dessus). Les acteurs sont pour beaucoup issus de séries US : Queer as Folk (quelques références narguantes), Dawson, Veronica Mars, DOS, Providence, Rescue Me, etc. Gayissime et très kitch, beaux décors, beaux culs... Belle réussite pour Todd Stephen, le réalisateur.

Pour plus d’informations :

anotherplanche.jpg Pour agrandir, cliquez sur l'image.
Par Bernard Alapetite, Frédéric Mignard, Lucile, Psykokwak et Pitch22 - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 13 août 4 13 /08 /Août 11:58


Un jeune gars entre dans un bar et remarque tout de suite deux très jolies blondes assises au bout du bar. Le gars demande au barman :
— J’aimerais offrir à boire à ces deux jeunes filles.
Le barman lui répond :
— C’est votre argent, vous faites ce que vous voulez avec, mais ces deux jeunes filles sont des lesbiennes...
— Qu’est-ce que c’est une lesbienne ?
— Pourquoi n’iriez-vous pas les voir et leur demander ?
Alors le jeune gars va aborder les deux jeunes filles blondes :
— Le barman vient de me dire que vous étiez des lesbiennes. Qu’est-ce que c’est ?
Une des deux filles lui répond alors poliment :
— Eh bien, ça veut dire que l’on aime s’embrasser et se caresser la poitrine l’une l’autre...
Le jeune gars s’adresse alors au barman et lui crie :
— Hep barman, s’il vous plaît, trois whiskies ici pour nous les lesbiennes !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Jeudi 13 août 4 13 /08 /Août 11:02

par  BBJane Hudson

 

 

COMMENT J'AI DÉCOUVERT LE MAUVAIS CINÉMA

SANS JAMAIS OSER LE DEMANDER...

 


Tout a commencé un jour que je m'étais trompée.

Ce jour-là, il pleuvait. J'avais douze ans. J'étais sur le marché aux puces de Bourg-en-Bled (la ville où j'habitais quand j'avais douze ans), et j'ai voulu acheter une cassette vidéo d'un bon film. C'était pas cher (15 francs – je parle en anciens nouveaux francs, hein ?...) et c'était Autant en emporte le vent. Alors, vu combien le film avait coûté à faire à la production, et vu comme il était long à regarder, c'était vraiment pas cher 15 francs pour un film aussi riche au départ et aussi long à l'arrivée. C'était presque quasiment donné. En plus, comme j'avais que 15 francs sur moi, ça tombait bien et je l'ai acheté. Sauf que c'était pas une vraie cassette de vidéoclub, c'était un film enregistré chez lui par un particulier quelconque – ah, oui ! quel con, c'est le cas de le dire !... Il avait pas enregistré le bon film, ou alors il l'avait effacé pour mettre un mauvais film dessus, ou alors il avait enregistré le mauvais film au départ, et il avait pas collé la bonne étiquette, ou alors il avait pensé enregistrer le bon film et il s'était trompé de chaîne, ou alors il l'avait fait exprès pour me rouler, ou alors.
Enfimbref, c'était pas Autant en emporte le vent (le bon film) qu'il y avait sur la cassette quand je l'ai regardée, c'était Orloff et l'homme invisible (un mauvais film), avec un mauvais acteur intitulé Francis Valladares qui remplaçait (mal) Clark Gable + une très mauvaise actrice intitulée Isabelle Del Rio qui prenait (mal) la place de Vivien Leigh + un acteur peut-être bon qui jouait l'homme invisible, mais on pouvait pas dire, parce qu'on le voyait pas...



Y avait quand même aussi dedans quelqu'un de visible qui jouait plutôt bien et qui s'intitulait Howard Vernon, et un gros moustachu avec des grosses moustaches que son nom c'était Fernando Sancho (il devait pas sentir bon dans le film, parce qu'il était toujours en sueur.)
L'histoire, c'était un docteur fou qui fabrique un homme invisible, et alors le mauvais acteur (qui joue "le bon") le combat, et puis c'était la fin.
Dans le film, il y avait aussi une femme qui se faisait violer par l'homme transparent (je mets "transparent" pour pas répéter le mot "invisible", même si "transparent" ça fait moins invisible qu'"invisible", parce qu'on doit quand même voir une forme...), et cette femme (qui se faisait violer) c'est devenu je crois un écrivain qu'elle s'appelle Evane Hanska, et qu'elle écrit des romans policiers. Bon.



Le film, alors, il était mauvais comme la gale ! Mais le truc bizarre, malgré tout, c'est qu'il m'a bien botté (surtout quand elle se fait violer) (la femme) (on voit bien ses zones érogènes, et elle crie et se débat contre l'homme invisible) (si tous les violeurs étaient invisibles dans les films, ça serait bien, parce qu'on verrait mieux les zones érogènes de leurs victimes) (et en plus, c'est moins pénible à voir, parce qu'on a l'impression que les victimes elles ont pas mal, vu qu'elles ont pas d'agresseur -- visible) (Enfimbref...)
Donc, ça ressemblait pas trop, comme film, à l'histoire de la fille du Sud des Etages-Uniques qui tombe amoureuse d'un mec qui veut pas d'elle, mais qui en veut quand même après et qu'ils se marient et qu'ils se séparent, et qu'elle reste toute seule à chialer sous son arbre à la fin, en disant : « Ça ira mieux demain » (là, je voulais parler d'Autant en emporte le vent...)



Sur la cassette que j'avais achetée, le vent avait tout emporté ! et Vivien Leigh, et Clark Gable, et Atlanta, et les Gros Nègres (je mets des majuscules pour pas être insultée de racisme), et tout le bastringue !... Il restait plus qu'un homme translucide (je mets ça pour pas répéter "transparent") et une femme qui criait parce que quelqu'un la ramonait mais qu'elle voyait personne...
Je me suis dit que, merde ! j'avais quand même perdu 15 francs !...
Je suis retournée au marché aux puces. J'ai rouspété le mec qui m'avait vendu la cassette, en lui disant (en gros) que c'était pas bien de vendre Orloff au prix de Rhett Butler. Il m'a dit : « T'en fais pas, gamine. Je vais réparer ça... »

Il a repris sa cassette avec le mauvais film, et en échange, il m'a donné Ben Hur.
Quand je suis rentrée chez moi, j'ai mis la cassette dans mon magnétoscope, et j'ai regardé Des Filles pour le bloc 9. J'ai reconnu le même acteur que dans Orloff, c'était Howard Vernon. Y avait encore des femmes qui passaient des mauvais quarts d'heures pendant 90 minutes. Et y avait plein de vraies mauvaises actrices qui s'avéraient être de fausses blondes.



J'ai commencé à me dire que c'était pas si mal, les mauvais films...
Mais ma maman est arrivée, et elle a commencé à me dire que c'était vraiment pas bien de regarder des films comme ça. Elle m'a un peu donné une claque. Je me suis défendue en lui disant qu'elle se trompait – que c'était un bon film, vu que c'était Ben Hur. Je lui ai montré le boîtier comme preuve. Elle a regardé la télé, et elle a dit : « Et il est où, Charlton Heston ?... » Je lui ai montré un acteur, et je lui ai dit : « C'est lui !... » Elle m'a dit : « C'est pas vrai !... Il lui ressemble même pas !... » Je lui ai répondu : « Mais si !... On le reconnaît pas, à cause qu'il a un pseudonyme : il s'appelle Howard Vernon !... » Alors, du coup, ça lui a rivé le clapet ! Elle m'a tellement bien cru que quand elle voit Le Silence de la mer à la télé, elle dit : « Tiens ! Y a un film avec le pseudonyme de Charlton Heston !... » Elle est marrante, ma mère...



Howard Vernon dans Le Silence de la mer


Moi, depuis ce jour-là, j'aime bien les mauvais films.
J'ai même fini par retrouver, des années après, une vidéocassette d'Orloff et l'homme invisible. Mais j'ai été roulée : dessus, y avait Autant en emporte le vent... La cassette m'a coûté 40 anciens nouveaux francs. C'est des voleurs, sur les marchés aux puces...
BONUS : J'ai fini par tellement bien aimer Dr Forloff et la femme limpide (je mets ça pour éviter les répétitions), que j'ai téléphoné un jour au réalisateur, Pierre Chevalier, pour lui demander la question : « Comment vous avez pu faire ça ??? »... Il était bien gentil ; il m'a raconté des histoires sur le tournage du film. Il m'a dit que le squelette qu'on voyait dedans, c'était pas un vrai. Et que les acteurs qu'on voyait dedans, c'étaient pas des vrais non plus. Mais que l'homme invisible – qu'on voyait pas –, eh bien, c'était un authentique, et même qu'il avait coûté cher aux producteurs, vu qu'il fallait le nourrir avec du manger invisible, le loger dans un hôtel invisible, et l'abreuver avec du whisky invisible qui se trouve pas partout... Du coup, les producteurs l'ont payé avec du fric invisible. Et ça l'a tellement mis en colère qu'il a décidé d'arrêter sa carrière. On l'a jamais revu dans aucun film... Je donne quand même son nom, au cas où quelqu'un l'aurait revu ailleurs... Il s'appelle :
J'ai aussi fini par rencontrer Howard Vernon. Quand je lui ai parlé du film, il m'a dit : « Dommage que la pellicule n'était pas invisible, elle aussi !... »

Il avait tort... Je l'aimais bien, Howard, mais il avait tort. Je trouve que c'est un très bon mauvais film – surtout quand l'homme invisible fait son viol.


PHOTO INVISIBLE

J'ai tellement bien aimé ce film que j'ai téléphoné aux autres acteurs qui sont dedans. J'ai téléphoné au cocher qu'on voit au début – celui qui conduit le carrosse. J'avais bien aimé son interprétation, parce que je trouve que ça fait réaliste, pour un cocher, de conduire un carrosse. J'ai pas eu de bol ce jour-là, parce que le pauvre acteur, il venait de perdre son fils dans un accident de voiture. Quand je lui ai dit : « Monsieur Untel, j'aimerais vous parler de Orloff et l'homme invisible », il a été un peu consterné. Il m'a dit gentiment : « On verra ça plus tard, si ça ne vous dérange pas... Mon fils vient de mourir... » J'étais gênée, mais c'était pas ma faute ! (moi, je sais pas conduire...) Ceci dit, il a été aimable. C'est même lui qui s'est excusé de ne pas trouver quoi me dire... J'aimerais lui rendre hommage, tellement il a été aimable, mais j'ai oublié son nom... Pourtant, c'était un bon acteur... Il conduisait bien le carrosse...
Pour finir, j'ai appelé un autre comédien, même qu'il s'appelle Eugène Berthier. Je lui ai demandé ses souvenirs sur le film. Il m'a dit : « Vous savez, j'ai aussi tourné dans Diva de Jean-Jacques Beineix !... » Mais moi, j'en avais rien à foutre de Diva – et encore moins de J.-J. Beineix !... Y a pas longtemps, j'ai vu qu'Eugène Berthier avait réussi à tourner dans un autre film qui s'appelle Amélie Poulain... C'est triste de voir que des vrais mauvais acteurs finissent leur carrière dans des faux bons films...
Enfimbref... C'est la vie !...

Par BBJane Hudson - Publié dans : LA CRYPTE AUX GAYS
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Mercredi 12 août 3 12 /08 /Août 10:46


Deux homosexuels qui ne se sont pas vus depuis des mois se retrouvent. Ils sont tellement contents de se revoir qu'à peine la porte de l'appartement fermée, ils n'en peuvent plus, se déshabillent à moitié et commencent leurs ébats. Celui du dessus ne comprend pas car à chaque va-et-vient, il voit la tête de son ami suivre le même mouvement. Il lui demande ce qu'il a et son partenaire lui répond :
— Si tu m'avais laissé le temps d'enlever mon tee-shirt, il ne serait pas coincé !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Mercredi 12 août 3 12 /08 /Août 10:00


Fiche technique :
Avec Paul Franklin Dano, Bruce Altman, Billy Kay, James Costa et Brian Cox. Réalisé par Michael Cuesta. Scénario de Michael Cuesta, Gerald Cuesta et Stephen M. Ryder. Directeur de la photographie : Romeo Tirone. Compositeur : Pierre Foldes.
Durée : 97 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
À quinze ans, Howie est bien seul. Sa mère vient de mourir d’un accident de voiture sur la Long Island Expressway, son père est un architecte véreux sans égards pour lui. Howie n’a pas d’autres distractions à Long Island que de cambrioler des maisons avec sa bande de copains, tous aussi désabusés que lui. Lors d’un vol avec son meilleur ami Gary, sa route va croiser celle de Big John, un homme étrange d’une cinquantaine d’années, qui semble entretenir avec Gary une relation des plus intimes. Howie, intrigué, va développer des rapports complexes et dérangeants avec Big John.


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L'avis de Jean Yves :

Un film cerné au départ par l’idée de mort mais qui développe rapidement un autre thème, l’initiation à la vie. Portraits d’adolescences à la dérive, sans lois ni marques, L.I.E. est finalement un bouleversant récit initiatique qui nous dit aussi que rien n’est jamais perdu. La force du film tient en cette relation ambiguë, jamais foncièrement malsaine, entre Big John (Brian Cox aussi subtil qu’émouvant, et la chose ne s’avérait pas aisée) et son « élève ». Tous deux sont conscients réciproquement de leurs propres faiblesses et l’on a la sensation de voir évoluer un duo intelligent et sensible qui joue cependant avec le feu. Le spectateur est aussi tendu que l’atmosphère faussement calme qui règne dans le film. Touchés par ces destins fragiles, on a en tous cas la sensation d’avoir affaire à un réalisateur réellement indépendant et réellement intelligent.


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Libre à chacun d’interpréter la relation entre le pédophile et le jeune adolescent. Vu la tournure onirique que prennent les dernières scènes, on est singulièrement tenté de comparer Big John à un ogre moderne. Alors qu’en société, l’homme est aimable et semble accordé avec le monde, il se révèle être en fait une personne différente dans le privé. Certains pourront voir en cet homme une image parfaite de ce que prétend dénoncer Michael Cuesta : une Amérique a priori policée, sage en apparence, mais qui cache en profondeur des secrets immondes. Or le cinéaste ne semble pas condamner la pédophilie, de la même manière qu’il ne juge pas ses personnages. Au contraire, il essaye de les comprendre et de rendre les choses moins simples qu’elles ne le sont.


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Père de substitution pour Howie, Big John offrira autant au jeune homme la vérité sur la vie (acte pédophile auquel il le confronte via une cassette vidéo) que celle sur l’âme (vers poétiques qu’ils déclament ensemble).


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Indiscutablement, Michael Cuesta déteste le politiquement correct et semble aimer court-circuiter les conventions du genre. Il annihile les archétypes et met l’accent sur la complexité des rapports humains. En sortant de là, de cet univers sombre et glauque, l’expérience peut indisposer les âmes les plus sensibles. De la même manière qu’on peut se demander où le cinéaste veut en venir. Mais cela fait partie de l’ambiguïté de ce film qui ne révèle pas sa richesse immédiatement. Dépourvu de racolage, L.I.E. sait être impressionnant en évitant constamment les pièges du concentré voyeuriste.


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L’avis de Yannick Vély :

À quinze ans, Howie traîne son mal-être au bord de l'autoroute qui mène de Manhattan à Long Island. Avec son ami Gary, il cambriole la maison d'un mystérieux retraité de l'armée américaine surnommé Big John.


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Michael Cuesta, l’un des réalisateurs de la série culte Six Feet Under, s’attaque à un sujet difficile pour son premier film, la pédophilie. Il suit les pas hésitants d’un ado au sein de la middle class américaine. Sa mère est morte, son père ne lui adresse plus la parole et baise une bimbo californienne. Sentimentalement au bord du gouffre, Howie cherche un peu d’affection. Il sèche les cours, leur préfère l’école buissonnière et fait les quatre cents coups avec Gary, petite frappe irrésistible qui vend son corps contre une poignée de dollars le long de la fameuse autoroute, menant de Manhattan à Long Island. Attirés l’un vers l’autre, les deux ados se rapprochent peu à peu.


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Malgré les allégations des autres jeunes qui composent la bande, Howie n’ose cependant franchir le pas. Filmée avec pudeur, cette première partie est très réussie. Michael Cuesta perçoit les doutes de l’adolescence, accompagne le désarroi de son personnage principal, joué avec un naturel confondant par Paul Franklin Dano.


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Hélas, l’arrivée du troisième homme, Big John le vieux pédophile pervers, incarné avec force par l’excellent Brian Cox, brise la magie. Le récit s’essouffle et s’embourbe dans les clichés habituels: l’ex-Marines homosexuel, le jeune poète mal dans sa peau et le père absent mais qui aime son fils plus que tout. La tension retombe et le film perd de sa puissance dramatique. Le premier plan, magnifique au demeurant, annonçait une lente descente aux enfers. Par manque d’ambition, Michael Cuesta évite soigneusement de choquer, à l’exception d’une ou deux allusions graveleuses. Big John s’autoproclame roi de la pipe, Brian Cox joue de l’œillade prononcée pour séduire le gosse mais le réalisateur s’abstient de filmer la relation amoureuse qui devait logiquement se nouer. Il explique l’attirance réciproque entre Howie, quinze ans et Big John, soixante ans par le besoin de l’ado de se trouver un père de substitution.


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Au final, le film s’avère donc très politiquement correct. Michael Cuesta possède un vrai talent d’écriture mais passe à côté du grand film dérangeant que promettait son sujet.

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves & Yannick Vély - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 11 août 2 11 /08 /Août 10:42


C'est un gars qui est assis à la terrasse d'un café. Soudain il se tourne vers son voisin de la table à côté et lui dit :
— Vous voyez la voiture rouge arrêtée au feu ? Quand le feu passera au vert, elle démarrera en trombe et percutera une voiture bleue en plein milieu du carrefour. Regardez bien ce qui va se passer !
Alors le voisin incrédule attend que le feu passe au vert... Et tout se passe comme l'avait prédit le gars. Du coup le voisin de table est époustouflé et il se demande comment tout ça est possible. Il s'entend répondre :
— Je suis devin. Pour moi, c'est extrêmement facile de voir dans l'avenir. Et d'ailleurs, pour vous aussi, ça peut devenir très facile, parce que être devin, ça s'apprend !
— Ah bon ?
— Oui, si vous êtes intéressé, venez chez moi demain à 22 heures.
Rendez-vous est pris, et le jour dit, le gars se pointe chez le devin :
— Bonsoir monsieur, pour la leçon, c'est 100 euros, payables d'avance.
— Ah bon ? Finalement ça me semble raisonnable pour apprendre à être devin, les voilà.
— Bien, commençons. Déshabillez-vous complétement !
— Quoi !?
La stupeur passée, le gars s'exécute malgré tout.
— Bien, maintenant, vous allez vous approcher de la table, puis vous vous penchez, et vous fléchissez légèrement les genoux !
— Mais, mais, mais, vous allez m'enculer !!!
Et le devin de répondre :
— Ah, vous voyez, ça c'est le métier qui commence à rentrer !

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Mardi 11 août 2 11 /08 /Août 10:10


par Gérard Coudougnan

       

La situation évolue par à-coups, répétition de teasers et introduction de grosses ficelles.

Un trailer de près de six minutes avec des flashs (départ du père de Christopher, « mariés » en costumes blancs, alliances posées sur le coussin rouge) laisse croire que l'on va vraiment en apprendre beaucoup en ce troisième volet.



Le bilan est pourtant moyen. L'empathie si bien décrite par Micka (commentateur n°7) entre l'équipe de réalisation et Christopher devient suspecte, tellement ses moindres larmes en sont traquées et diffusées, rediffusées sous divers angles... à comparer avec les scènes d'autres giclées filmées sous tous les angles dans des films destinés à un public majeur.

Les comédiens, les « amis » d'Emeric, jouent une dose de beaufitude qui retient l'attention : le coup de la boisson au goulot ou du banana split avec deux boules dépasse volontairement (c'est au moins à espérer) les limites de la bêtise. Les amis de Christopher sont sincèrement troublés et pas entièrement convaincus mais ils n'ont pas d'autre gêne que celle d'une non-conformité avec l'image de leur ami. Cette recherche d'un passé est pertinente : pas besoin de savoir si Christopher jouait à la poupée ou avait eu des « expériences » avec l'un deux : il ne rentre pas dans le moule du pédé refoulé qui découvre et affiche sa voie.



C'est le profil qui a été décidé pour Emeric-le-Boulet. Soirée à Torremolinos avec Piensa en mi par Benjamin, docteur ès-gaytitude qui massacre la chanson de Luz Casal à coups de Talons aiguilles (1).

Emeric vire sa cuti au contact d'un danseur bodybuildé enduit d'une huile envoûtante. Clin d'œil volontaire ou non, le sous-titre de son propos en ce moment où « la bête commençait à monter » est :J'étais scotchée (minute 33 seconde 51 !). Elle parle déjà au féminin, la copine Emeric ? En tous cas la part de féminité des gays reste un argument solidement ancré dans ces esprits-là !

Christopher n'est pas au bout de ses peines : ce naïf ne fait pas de cadeau à son prétendant qui roucoule dans son coin. Il le provoque même avec un tee-shirt CCCP (CouCourouCoucouPaloma).

Emeric homo refoulé ? Christopher va prendre des arguments proches de son physique d'entraîneur sportif pour le motiver... en gardant une distance prudente. Pas vraiment crédible dans ce contexte, mais les 100 000 € sont toujours un objectif.



L'invitation téléphonique (téléphonée ?) des parents est orchestrée comme un grand moment : comédie de boulevard pour les acteurs qui jouent Emeric et son père. Véritable tempête intime pour Christopher : ce grand gaillard ne veut pas peiner sa môman et a peur de son papa. Scène de larmes n°3.

La bande annonce du prochain numéro laisse penser que maman, au moins, comprendra...

Bilan pour la « cause » : plus que mitigé. Les drames du coming-out passent après les affres du mensonge douloureux. On a répété en début d'émission les difficultés des personnes ayant une vérité à énoncer avec un enjeu vital et non financier. On est allé trop loin dans la stupidité.

Une émission un peu écœurante comme un banana split commandé à la fin d'un repas dont la carte paraissait plus novatrice, plus audacieuse.

L'audimat est en berne... avec de sérieux motifs de flaccidité !

http://www.purepeople.com/article/mon-incroyable-fiance-2-la-mayonnaise-ne-prend-pas_a37130/1

 

(1) http://www.youtube.com/watch?v=tqJ9263FA-Y dans Piensa en mi, France & Espagne, Pedro Almodovar, 1992.

 

 

Mon Incroyable Fiancé 2, tout s’accélère, tout va trop vite.

Par Lucie Ashley J., 26 ans

 

Mardi dernier fut diffusé le troisième épisode de notre blague cathodique du moment, où bien sûr Christopher et son acteur de faux petit ami, doivent encore et toujours, prouver à leur famille qu’ils sont « devenus » gays. D’ailleurs l’usage répétitif dans l’émission du verbe ‘‘devenir’’ est assez agaçant. Ne savent-ils pas qu’on ne devient pas gay mais qu’on l’est simplement ? Apparemment non.

Au programme des deux premiers jours cette semaine, boîte de nuit, massage, les pauvres chéris, et hôtel de luxe, pour changer. Faut bien les occuper ces petits. Ensuite, soirée avec les amis de Christopher, puis déjeuner avec ceux d’Emeric et de nouveau ceux de Christopher.

Donc, une fois arrivés dans leur luxueuse demeure, à peine sorti de leur jolie petite limousine toute rose, si gay et si fashion, le fameux « couple » a dû se rendre dans une boîte gay, pour accomplir la mission du soir : se fondre dans la masse. Évidemment TF1 leur réservait quelques petites surprises. Quel suspense !

Premièrement, mais qui est cette magnifique drag queen ? Mais c’est Benjamin, mon cher Christopher. Sublime, Christopher est tout content, mais il déchante ensuite bien vite quand Emeric se frotte ensuite contre un bel apollon en string. Christopher en reste bouche bée.

Conséquence dramatique de cette séance de frottements, qui aurait provoqué une semi-érection chez celui-ci, le lendemain, Emeric s’éprend subitement de Christopher. Il lui avoue d’ailleurs son amour lors de leur séance de massage. Christopher, surpris, se planque sous sa serviette.

Puis Emeric désire quitter l’aventure. Trop de pression. Pauvre Christopher ! Emeric en plus d’être un boulet est maintenant un amoureux transi... Christopher va devoir alors essayer d’être moins sexy.

Fait marquant tout de même, la petite leçon de morale à Emeric, où il lui fait comprendre qu’il doit être un gagnant et non un perdant. Mais non, il ne lui fait pas la morale uniquement pour gagner les 100 000 euros !!!!

Espérons cependant que les adolescents regardant l’émission, auront eux aussi retenu la leçon. Du moins TF1 l’espère. Il faut quand même faire plaisir à la ménagère de moins de 50 ans !



Après ce déchirant moment où Emeric lutte contre ses sentiments, Christopher accueille ses deux meilleurs amis pour le dîner. Donc bien sûr, Christopher énonce sa phrase fétiche : « Emeric et moi sommes plus que des amis ». Un second coming-out donc pour Christopher, mais un coming-out un peu laborieux. On n’y croit pas trop et on se demande comment ses deux amis aux regards médusés, eux y croient. Mais comme ils sont tolérants et gentils, ils l’acceptent bien que ne comprenant pas ce revirement de situation. Il est tout de même drôle de voir Emeric défendre leur histoire d’amour. S’il n’était pas acteur, on croirait presque qu’il y croit vraiment à cette farce.

Personnellement, je me demande tout de même, comment les amis de Christopher n’ont pas senti le coup fourré, vu qu’ils ont été conduits dans la villa où flottent des rainbow flag à bord d'une limousine (noire, celle-ci : la rose était en révision ou il fallait faire augmenter le fabuleux suspense ?) et que des tapis roses sont disséminés un peu partout. Ben oui, le gay aime le rose. Vous en doutiez ?

Fait émouvant, après leur départ, Christopher fond en larmes et ressent le besoin de s’isoler. Mais lui et ses amis ont à peine le temps de se remettre de leurs émotions, qu’ils doivent affronter les beaufs plein de préjugés qui font office d’amis à Emeric. Donc, bien sûr, sachez tous que si vous aimez les banana split, vous êtes un gay refoulé. No comment.

Puis, une fois qu’ils s’en sont allés, Christopher s’effondre une seconde fois, lorsque lui et Emeric doivent appeler leurs parents pour les inviter à les rejoindre. Au moment de joindre son père au téléphone, il éclate en sanglots, tout en souhaitant se montrer fort, puisqu’il refuse l’étreinte d’Emeric. Nous voyons ici à nouveau à quel point il est sensible et a horreur du mensonge.



Je disais donc au départ que tout s’accélérait et allait trop vite. Pourquoi donc ? Simplement parce qu’en seulement environ une heure d’émission, Emeric est passé de l’état de Monsieur Je-ne-peux-pas-jouer-les-gays à Monsieur Je-suis-fou-de-toi-Christopher ! Puis, parce qu’à peine arrivés à leur résidence, nos deux compères sont déjà de retour, fin prêts à accueillir les amis de Christopher et dans la foulée, de les revoir en compagnie de deux amis/acteurs lourds de préjugés d’Emeric. Lors du déjeuner, on parle déjà du mariage, déjà, comme le fait remarquer un ami de Christopher.

Comme au début de l’émission, les événements s’enchaînent trop vite, jusqu’à s’accélérer sans qu’aucune transition logique ne soit vraiment visible. À vouloir trop tout enchaîner si rapidement, TF1 ne risque-t-elle pas de perdre aussi vite ses téléspectateurs ? Peut-être un effet de la crise. Il faut éviter les frais et raccourcir le tournage. Cependant Christopher a beau être un homme apparemment adorable, saura-t-il à lui seul donner envie au téléspectateur de le suivre jusqu’au bout de cette « aventure » ? Nous verrons bien lors du quatrième épisode.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site de l'émission : http://www.tf1.fr/mon-incroyable-fiance-2/

 

 

Ce soir, quatrième partie sur TF1 à 22h10.

Réagissez dès maintenant et demain en commentaires sur ce billet !

Par Gérard Coudougnan et Lucie Ashley J. - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Lundi 10 août 1 10 /08 /Août 10:19


Un homme condamné pour meurtre s'enfuit après 15 ans de prison. Il pénètre dans une maison isolée où un jeune couple dort paisiblement. Il attache l'homme sur une chaise à un bout de la chambre et la femme sur le lit à l'autre bout. Ensuite, il s'approche d'elle et se penche dans son cou... puis fonce à la salle de bains. Le mari approche péniblement sa chaise et murmure :
— Chérie, ce type sort de prison, je l'ai vu t'embrasser dans le cou, il n'a probablement pas vu de femme depuis des années : quoi qu'il demande, obéis et fais comme si ça te plaisait, c'est une question de survie : sois forte, je t'aime...
Sa femme, à moitié nue, écarte son baîllon et répond :
— Chéri, je suis heureuse que tu le prennes comme ça, il ne m'embrassait pas dans le cou : il me disait que tu es mignon et il me demandait si on a de la vaseline dans la salle de bains : sois fort, je t'aime...

Par Daniel C. Hall - Publié dans : LA BLAGUE POURRIE DU JOUR
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Lundi 10 août 1 10 /08 /Août 08:51

chaudronpotter

 

03.

LES DESCENDANTS

DES GARDIENS DES ARBRES

Papy Potter



Papy Potter est né en pleine folie hippie de parents qui ne l'étaient pas. Depuis lors, il vit au milieu de ses arbres avec son adorable pirate des trains, tout au bord d'un marais nommé « du ru d'amour ». À quelques kilomètres de là, s'étend une vaste forêt où il travaille. Dans le chaudron rose, comme il est devenu vieux (il a presque 40 ans) et que Moudulard a fermé ses portes depuis longtemps, il glose sur le lien sulfureux et amoureux liant les gays aux diverses spiritualités du monde.


 

        Chères lectrices, chers lecteurs, je profite tout d’abord de ce billet pour vous souhaiter de bonnes vacances, y compris à celles et ceux qui les ont déjà eues. Et pour mieux profiter des senteurs estivales, ce mois-ci, le chaudron se met au vert.

        Le cliché de l’homo fleuriste, vous connaissez ? Vous savez bien, ce jeune homme qui compose ses bouquets avec art, coupant une rose ici, ajoutant là une touche de verdure, le poignet ferme mais voletant comme un papillon. Toutes les villes ont le leur. À tel point que l’on s’étonne parfois de trouver des fleuristes masculins hétéros.

        Qu’on le veuille ou non, Francis, votre fleuriste préféré dont le compagnon est paysagiste (je n’hésite pas un seul instant à vous asséner ce cliché supplémentaire), fait partie d’une très grande famille. Un groupe ethnique auquel peu d’entre nous échappent en fait. Andrew Ramer les appelle « les gardiens des arbres ». Et c’est vrai qu’on a tous quelque chose en nous d’herbacé, de feuillu. Une empreinte d’humus qui nous colle à la peau.

        Quoi, vous n’avez jamais dragué dans un parc, vous ? Vous ne vous êtes jamais enfoui dans les broussailles avec une proie sortie de l’ombre pour y goûter un moment de plaisir ? Combien de buissons et d’arbres ont abrité nos relations furtives dans leur feuillage complice ? Et cela, depuis la nuit des temps. Et pourquoi le dit-on plus souvent des homos que des hétéros ? Nous pouvons difficilement le nier, nos univers s’interpénètrent volontiers avec celui de nos frères végétaux. Lors d’une promenade contée spéciale « gay » que j’ai récemment suivie, l’animateur a d’ailleurs présenté le parc comme « le principal lieu gay de la ville ». Il est vrai que le soir, un étrange spectacle se joue dans ses ramures. Inutile de le nier, il arrive fréquemment que les rapports homosexuels aient un goût de verdure. Ou, pour le dire autrement, que les rapports sexuels qui ont lieu dans les parcs soient homos. Et ce n’est peut-être pas un hasard.

        D’abord, les arbres sont vraiment très queer, il suffit de se pencher doucement sur leur biologie pour s’en convaincre. Les plantes sont l’exemple même d’un règne vivant qui a fait l’expérience de toutes les sexualités. Chez elles, il est rare par exemple que les sexes soient séparés sur deux troncs différents. L’hétérosexualité pure et dure n’y est pas très fréquente. D’abord parce que le même arbre peut porter des fleurs mâles et d’autres, femelles. Les deux sexes sont alors sur un même individu. Pendant qu’ils éjaculent leur pollen dans l’air chaud, ils recueillent la semence de leur partenaire, c’est aussi simple que cela. De vraies tapettes, vous dis-je. On y pense rarement, mais en fait, ils baisent au dessus de nous quand nous flânons dans leur ombrage. Ils échangent avec grâce leur sperme doré et odorant dans un immense ballet. Une danse tellement semblable, quand on y réfléchit, à celui des homos qui se frôlent à leurs pieds. « Ce qui est en haut est en tout point semblable à ce qui est en bas », a dit le sage.

        Il y aussi pléthore de fleurs qui se livrent, elles, aux joies de l’onanisme. On appelle cela l’autofécondation. Car, dans la nature, une fleur peut aussi être à la fois mâle et femelle. Et dans ce cas, elle se féconde comme une grande de son propre sperme. Enfin, quand je dis comme une grande… il arrive parfois que le concours d’une abeille soit nécessaire pour cela, mais bon. Nous n’allons pas l’en blâmer si elle se fait branler par quelqu’un d’autre, n’est-ce pas ?

        Dans le règne végétal, on est donc hermaphrodite, bisexuel, voire autosexuel. Tous les possibles existent dans une immense célébration fleurie de la diversité des sexes et de la sexualité. Allez, lecteur, admets-le, ils sont plus proches de nous que des hétéros, non ? Quand je vous dis que les arbres sont queer.

        D’ailleurs, les plantes nous sont liées jusque dans le langage. Le fenouil, par exemple, concerne à ce point les homos qu’il les désigne en italien (finochio). On dit que sur ces terres du sud, le fenouil pousse avec une telle facilité que même si on le fait disparaître, il s’en revient toujours. Un peu comme nous… Nul n’est besoin d’avoir recours à la reproduction, nous avons toujours été là, de tous temps et en tous lieux et cela sera toujours ainsi. En anglais également, une fleur nous désigne, c’est la pensée (pansy). L’expression « pansy without a stem » (pensée sans queue) désignait d’ailleurs les lesbiennes dans les années 60. Certains des vocables dont on nous affuble sont, on le voit, très fleuris.

        Dans son livre Gay Witchcraft, Christopher Penczak nous apprend en outre que plusieurs plantes sont associées, en sorcellerie, aux homosexuels. Les pommes sont par exemple liées aux amours lesbiens. L’abricot, lui, est mis en rapport avec l’androgynie, tout comme le lilas. La jacinthe et le narcisse sont utilisés, quant à eux, par les gays dans la confection de charmes amoureux. Au Chili, la papaye symbolise l’amour entre hommes. En Chine, il s’agit de la pêche. Dans la Grèce Antique, les homos amoureux s’offraient des roses, paraît-il. Par ailleurs, cette fleur était associée également aux prêtresses d’Aphrodite sur l’île de Lesbos. Elle représente l’amour inconditionnel. Et quand on parle d’amour inconditionnel, cela veut dire aussi qu’il n’est pas nécessaire d’être un homme pour aimer une femme. Pas plus qu’il n’est obligatoire d’être une femme pour aimer un homme. On le voit, beaucoup de plantes touchent en fait aux amours homosexuels.

 

 

        Dans son bouquin Two Flutes Playing, Andrew Ramer va beaucoup plus loin. Il affirme, lui, qu’« être gardien des arbres » fait partie des fonctions sacrées que les homos assument depuis la nuit des temps.

        Expliquons son point de vue. Et pour cela, remontons à la Préhistoire. Déjà à l’époque, deux symboles différents désignaient l’homme et la femme. Le trait vertical était mâle. Le cercle était femelle. De ces deux signes découlaient trois symboles. D’abord, la spirale. C’est le cercle auquel le trait vertical donne une impulsion. La spirale est un symbole d’évolution et en même temps d’éternel retour. Elle repasse toujours par des points semblables sans être jamais les mêmes. Comme les cycles des saisons et de la vie en général. Tout est cycle. Et pourtant tout évolue. C’est le symbole de la reproduction, l’hétérosexualité.

        Par contre, deux cercles concentriques désigneraient les lesbiennes. Et deux traits verticaux représenteraient les gays. Ils forment un cylindre, un tronc. Selon Andrew Ramer, les couples homosexuels pouvaient (et peuvent sans doute encore) communiquer avec les arbres, les soigner, les comprendre, recevoir leur enseignement, bref, interagir avec eux. De cette manière, ils se chargeaient de leur médecine. J’ai moi-même constaté l’intérêt de nombreux sorciers gays pour les plantes magiques. C’est le cas de Penczak qui leur consacre une part de ses recherches actuelles. C’est également celui de Scott Cunningham qui a d’ailleurs écrit une des plus grandes encyclopédies existant sur les plantes magiques.

        Cela dit, je prends certaines distances par rapport aux théories exposées par Andrew Ramer dans son livre. D’abord, parce qu’elles ne me semblent pas étayées par des recherches scientifiques. Elles me semblent plutôt argumentées sur base de contacts de types médiumniques. À ma connaissance, aucun préhistorien n’a pu démontrer le rôle de « gardiens des arbres » chez les homos de la Préhistoire. L’idée est séduisante, certes. Mais je dirais qu’elle reste à prouver.

 

 

        Un autre point de vue intéressant est abordé par Ross Heaven dans son livre Plant Spirit Wisdom. Selon lui, les anciens chamans voyaient les arbres comme des portes vers l’autre monde. Je ne peux m’empêcher de songer que dans de nombreuses cultures, les homosexuels sont appelés justement « marcheurs d’entre les mondes ». Souvenez-vous du Winkta sioux à qui sa condition homosexuelle ouvre à la fois le cercle des hommes et celui des femmes. Si l’arbre, symboliquement, est une porte ouverte entre les univers, n’est-il pas normal qu’il symbolise celui qui voyage d’un monde à l’autre ? On a vu souvent l’arbre comme la porte entre la terre et le ciel. Mais il est plus encore, il est aussi le passage entre le masculin et le féminin. Cela dit, Ross Heaven parle du chamanisme celte. Et il ne discourt jamais des homos ni des trans dans son livre. Dans l’état de mes connaissances, rien ne me permet d’affirmer un rôle précis des homos dans le chamanisme celte. Si l’existence d’une culture homosexuelle est bien étayée chez les amérindiens, je n’ai encore rien rencontré de pareil chez nos ancêtres les plus directs. Si un lecteur s’y connaît en chamanisme celtique et a sa propre idée sur la question, qu’il me le fasse savoir, ça m’intéresse.

        Les chamans ont cependant cette particularité étonnante, que l’on rencontre partout dans le monde. Que cela soie en Europe ou en Amérique. Ils communiquent avec les esprits des plantes et comprennent ainsi en quoi elles peuvent soigner. Ramer prétend que les premiers herboristes que la planète a portés étaient ses chers homosexuels gardiens des arbres. En tant que dépositaires du savoir des plantes, ils soignaient leurs congénères. Mais là encore, je n’ai trouvé nulle part de preuve de ce qu’il avance chez les européens. Chez les amérindiens, oui, mais pas chez nous.

        Pour terminer cette excursion dans le monde des arbres, écrivons donc ce mot : Faeries. Les fées. C’est par lui que les anglais désignent à la fois les homosexuels et ces petits protecteurs du monde végétal. Un simple mot qui veut dire beaucoup. Fées et homos. Tous deux gardiens des arbres. Peut-être. Mais nous verrons dans quelques mois que ce parallélisme entre les homos et les fées est beaucoup plus riche de sens qu’on peut le supposer à première vue.

        Alors ? Que conclure ? Serait-il étonnant que les homos aient été, comme le prétend Ramer, « frères des arbres » dans la Préhistoire ? Je n’en sais rien. J’accueille l’idée et la trouve séduisante, c’est tout. Jusqu’à ce qu’on me l’ait démontré ou infirmé.

        Néanmoins, lorsque je vois mon compagnon penché sur son jardin de plantes qu’il aime tant, les nourrissant, les soignant, les chérissant ; quand je me vois marcher, rêveur, entre les fleurs, m’allonger au pied de mon orme, soigner ce pommier affaibli, je me dis que, à notre manière, notre couple est peut-être, en effet, « gardien des arbres ». Et parce que nous les aimons, passons du temps pour les connaître et surtout pour les protéger, nous avons allumé en nous une étincelle inattendue de l’identité gay. Une de ces belles couleurs de l’arc-en-ciel. Le vert ! Exactement comme Francis, ce charmant fleuriste homo de province, flanqué de son ami paysagiste.

 

Lectures conseillées :

Gay Witchcraft, empowering the tribe, de Christopher Penczak aux éditions Red Wheel, Weiser.

Two Flutes Playing, a spiritual journeybook for gay men, d’Andrew Ramer aux éditions Lethe Press.

Plant spirit wisdom, sin eaters and shamans, the power of nature in celtic healing for the soul, de Ross Heaven aux éditions O books.

Encyclopédie des plantes magiques, de Scott Cunningham, aux éditions Ada.


Lire le précédent billet


À suivre le mois prochain :

Le chêne et le houx, couple royal pour l'éternité ?
Par Papy Potter - Publié dans : LE CHAUDRON ROSE
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Lundi 10 août 1 10 /08 /Août 08:00


Le festival d'Avignon est terminé. La ville est depuis nettoyée des tonnes d'affiches qui l'ont recouverte, des milliers de flyers qui l'ont envahie. Les Théâtres redeviennent des lieux quelconques : garages, ateliers, dépôts en tous genres.

Les Toiles Roses remercient toutes les troupes qui leur ont fait l'honneur d'une invitation.

En 2010, si l'opération se renouvelle, nous publierons la liste de celles qui n'ont pas daigné nous répondre, mais en attendant voici les derniers spectacles vus et appréciés pour vous.

Les cinq troupes ici commentées ne doivent pas hésiter à nous communiquer leur calendrier 2009/2010 que nous reproduirons ici le moment venu.

Avignon va passer à son statut estival n°2 : halte dans une cité papale pour les pèlerins italiens sur la route de Lourdes.

Dieu lui-même a fait une escale étincelante remarquée :


 

L'Opération du Saint-Esprit

 


Comité de crise au sommet du christianisme.

L'heure est grave : Père et Fils se rasent et le Saint-Esprit a pris du plomb dans l'aile. Il va passer sur le billard... à l'Hôtel Dieu.

Marie rêve d'un vrai retour sur Terre, discret mais complet, à la différence de ces apparitions brèves mais frustrantes qu'elle trouve vraiment trop Lourdes. Jésus songe à un véritable come-back sur Broadway pour damer le pion à ce Saint Sébastien qui attire tant de regards concupiscents en jouant les mijaurées, pénétré de toutes parts.

Saint Pierre, alcoolique repenti à la mode George W. Bush, tente de gérer les revendications hormonales des anges dont les voix de faussets exaspèrent tout le monde, public compris.

Lucifer est bougon : pas de clients pour lui non plus. La libéralisation générale des mœurs le prive de tous ces égarés : plus personne ne culpabilise !

Avec un peu de testostérone angéliquement répartie, les castrats passent au grégorien... libidineux !

Une blague d'hôpital : « Quelle différence y a-t-il entre Dieu et un chirurgien ? » Dieu sait qu'il n'est pas chirurgien. Il va ici le prouver dans cette Opération du Saint-Esprit.

Depuis que cette pièce tourne (fin 2006), son texte s'est affiné au point de devenir un échange de mots tellement subtils que l'on voudrait en ralentir le rythme pour mieux jouir en même temps de la gestuelle des acteurs. Dans la ville qui fut de 1309 à 1367, siège social de l'Eglise ici réunie les Caramels Fous devenus Les Emplumés enflamment l'ancienne fabrique d'allumettes qu'est le Théâtre de l'Etincelle. Face au siège avignonnais de l'UMP, les secours devraient être au moins aussi véloces qu'en cas de malaise vagal présidentiel.

Marie est gentiment gourdasse : Vincent Baillet lui instille toute la candeur de la mère juive qui n'a jamais vu le loup. Xavier Sibuet donne à Saint Pierre la carrure du manager qui sait répartir la parole entre le staff managérial et la chorale militant pour l'obtention de gonades à dégoupiller rapidement. Laury André, alias Gaby, en est le représentant idéal avec des yeux d'ange et une pomme d'Adam à performances variables. Jésus est un beau garçon en petite tenue : son pagne dissimule un service complet, on sent bien que celui-là a envie de plaire à tout le monde, filles et garçons. Mais il est clair qu'il a depuis longtemps fait une croix sur le passage à l'acte. Jean-François Dewulf est un Lucifer au charme infernal : ses yeux injectés de sang, son manteau de cuir (dix kilos !) et son missel auto-autodafé en font un diabolique partenaire, le plus sexy de la bande ?

Et Dieu dans tout ça ? Serein, conscient de ses devoirs, de ses limites, de ses échecs (ah, la Réforme !) de son personnel (ah, ces papes, cet Allemand !), de la concurrence (ah ces barbus !). Michel Heim, auteur du texte, coordonne divinement ce délicatéchisme décapant qu'il sera important (c'est un conseil plus qu'un onzième commandement !) de ne pas rater lorsqu'il passera près de votre paroisse.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le site divin : http://www.le-theatre-de-michel-heim.fr/

Bande annonce de la pièce : http://www.youtube.com/watch?v=t6fU-kzMtI0

Scène finale : http://www.youtube.com/watch?v=gXf7T3GLg9M

Pour se procurer le texte intégral de l'œuvre :

http://boutique.lescaramelsfous.com/product_info.php?products_id=40&osCsid=b3ae617f84a250b1072d84d1a2cc4f91


 

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Les Lascars gays


 

Deux djeun's : Ryan (bronzé) et Steeve (pââle). Pleins de peps, d'énergie, de gouaille. Dans leur zone du 9-3, ils zonent et discutent, se disputent, confrontent leurs idées, leurs expériences et... leurs fantasmes. Les filles ? Ben, ce n'est tout simplement pas leur truc : ils préfèrent les mecs. Ils n'en font ni un drame, ni une gloire. C'est comme ça.

Ces deux-là ne sont pas des tafioles : on frémit à l'idée de les voir rencontrer les « coachs gays » de la télé- « réalité » été 2009 de TF1, Mon incroyable fiancé !

Pendant plus d'une heure, Majid Berhila et Hugues Duquesne enchaînent sous la houlette de Luc Sonzogni une série de sketches délirants, en contact très proche avec un public qui jubile et en redemande.

Au programme :

De la musique et de la danse : Ryan est le clone de Madonna, Like A Virgin, sur le banc de la téci et Steeve a un abdomen de danseuse du ventre.

De la mode : les boxers s'exhibent puisque les jeans ont une liberté de chute assez importante (en données corrigées des variations des ondulations de hanches).

Du cinéma : analyse comparée de la part de suspense de deux films récemment primés : La Graine et le mulet et Entre les murs.

De la religion : Islam, Benoît XVI et signes ostentatoires.

De la politique : Ségo ou Sarko ?

De la culture : un Big Bisou à Françoise Dolto, via feu son fils.

De l'amûûûûr : des rivalités, des joies, des larmes.

Du racisme : en costard, un certain Jean-Claude trouble Steeve.

De la verve tout le temps, des mots qui cognent, des idées qui frappent.

Et la vulgarité, les grossièretés ? Elles sont dans la tête de ceux qui ne supportent pas les différences. Des racistes et homophobes de tout poil.

Le pari était extrêmement risqué. Les vidéos des Lascars que l'on trouve sur le net ne peuvent donner l'idée de leur présence, du lien que le public, de tous les âges, entretient avec l'un, l'autre ou les deux. Le naturel avec lequel le plus « ordinaire » des spectateurs devient le prétendant de Majid, le rire de celle sur laquelle il jette son dévolu pour une acrobatique exploration en zone féminine inconnue en sont un modeste échantillon.

Les sketches sont variés, enchaînés à bonne cadence. Leur écriture a réussi le défi annoncé : « le mariage étrange de deux univers distincts, Lascars et Gays, tout en évitant astucieusement les clichés véhiculés par ces deux... ghettos »

Visière à l'arrière ou à l'avant, on se découvre devant ces Lascars... à courir applaudir s'ils passent dans le quartier !

POUR EN SAVOIR PLUS :

Leur site : http://www.leslascarsgays.fr/memo/index.html

Dossier de presse : http://www.leslascarsgays.fr/memo/images/presse.pdf


[Remerciements] : Daniel C. Hall, Big Boss des Toiles Roses, remercie les responsables des différences compagnies et tous les acteurs des spectacles présentés ici d’avoir invité nos collaborateurs et les avoir si bien reçu, comme tout représentant de la presse « officielle ». Merci à vous toutes et tous, et bravo pour votre passion et votre talent.

Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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