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secondé par :

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Mais aussi, depuis, Cyril Legann,
Gérard Coudougnan (Livres), Voisin Blogueur,
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Un grand merci à Francis Moury,
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Jeudi 21 décembre 4 21 /12 /Déc 09:04
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Jeudi 21 décembre 4 21 /12 /Déc 08:24

Fiche technique :
Avec Ronnie Kerr, Jack Sway et Jason Van Eman. Réalisé par Jeff London. Scénario de Jeff London.
Durée : 80 mn. Disponible en en VO et VOST.


Résumé :
Après le décès accidentel de ses parents, Billy (Ronnie Kerr) revient dans sa ville natale, un petit port de pêche, s’occuper de son jeune frère attardé, Johnny (Jack Sway). Billy retrouve alors son ami d’enfance, Dean, qui revient de la guerre d’Irak blessé et traumatisé. Les sentiments de Billy pour Dean (Jason Van Eman) réapparaissent et avec eux, une attirance qui pourrait bien signifier la fin de leur amitié si Dean s’en apercevait...
L'avis de Bernard Alapetite (Eklipse) :
Billy est le troisième long métrage réalisé par Jeff London après Et quand vient l’été (... And then came summer) (2000) et  The last year (2002), tout deux édités en DVD chez Eklipse. Il a également tourné un moyen métrage, Judgement road (1997).
Les deux grandes qualités de Billy sont d’abord d’ancrer une histoire d’amour gay dans l’actualité, en l’occurrence la guerre américaine en Irak, et d’oser endosser sans fausse pudeur l’étiquette de mélo. Malheureusement, Jeff London possède une grammaire cinématographique étique où n’existe guère que le plan fixe sous forme de ”pano” général dans les trops rares scènes d’extérieur et sous forme de champ contre-champ dans les multiples scènes de dialogues et pire encore, quelques zooms saccadés qui ne dépareraient pas dans un film de famille amateur. La pauvreté visuelle du film n’est pas seulement due à la pauvreté des moyens, qui est ici évidente, mais comment expliquer qu’il n’y a à l’écran que les seuls trois acteurs à l’exclusion de tout autre être humain sinon par l’incapacité du cinéaste à inscrire et faire vivre dans son cadre de nombreux protagonistes. Jeff London illustre à merveille la difficulté d’être cinéaste : ce métier qui mêle des talents bien différents et peut-être contradictoires. Celui de directeur d’acteurs et il n’est pas contestable que Jeff London en est un exellent, les trois acteurs sont remarquables, avec toujours une grande générosité envers tous ses personnages, et celui de technicien de l’image et là son savoir me semble bien piètre. London aggrave son cas en étant en plus le scénariste de son film. Que les cinéastes soient plus modestes et le cinéma s’en portera mieux ! Ils ne peuvent pas tous être compétents dans des domaines aussi différents. Il n’en reste pas moins que London est un scénariste honorable et surtout un remarquable dialoguiste. Suggérons-lui pour son prochain opus de s’adjoindre un chef opérateur de talent.
Il est à craindre que bien des spectateurs français auront un sourire narquois devant Billy et son lacrimalisme revendiqué. Et cela serait dommage, le mélo a ses titres de noblesse : hier Douglas Sirk, Vicente Minelli et aujourd’hui. Et puis ce serait imaginer que l’Amérique se résume à New York et aux trottoirs de Castro Street alors que London nous parle de l’Amérique majoritaire, celle qui a élu W. Bush, un pays où il toujours difficile de dire et de vivre un amour gay : ne l’oublions pas. En outre, Billy laisse bien transparaître l’imprégnation de la société par la religion. Là encore, Jeff London nous parle de l’intérieur puisqu’il est fils de prêcheur. À ce sujet, laissons lui la parole: « Il faut savoir que les États-Unis sont un pays très conservateur. Nous sommes perçus comme un pays libéral mais cela ne concerne pas la religion qui est très prégnante. La politique et la religion sont les deux grands sujets. D’ailleurs maintenant nous avons un président à la fois religieux et républicain... »
Malgré les maladresses et les naïvetés, les films de London sont attachants car ils répondent à une véritable nécessité, pour lui, de les tourner : ce qui n’est pas si fréquent.

Pour plus d’informations :

Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 20 décembre 3 20 /12 /Déc 09:32
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mercredi 20 décembre 3 20 /12 /Déc 00:31
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mercredi 20 décembre 3 20 /12 /Déc 00:09

Fiche technique :
Avec Nanni Moretti, Margarita Lozano, Ferruccio de Ceresa, Enrica Maria Modugno, Marco Messeri, Roberto Vezzosi, Dario Cantarelli, Vincenzo Salemme et Eugenio Masciari. Réalisation : Nanni Moretti. Scénario : Nanni Moretti et Sandro Petraglia. Directeur de la photographie : Franco Di Giacomo. Compositeur : Nicola Piovani.
Durée : 94 mn. Disponible en VO et VF.
Résumé :
Nommé dans une paroisse de Rome, un jeune prêtre quitte la petite île où il vit depuis dix ans et retourne dans sa ville natale. Là, il trouve une église vide et abandonnée, même de Dieu. Aux prises avec une famille à problèmes et trop intransigeant et moralisateur, il est rejeté de tous et connaît l'échec. Il part comme missionnaire.
L’avis de Jean Yves :
Est-ce que la foi chrétienne battrait de l'aile de l'autre côté des Alpes ? Il suffit de suivre à Rome la soutane de Don Giulio (Nanni Moretti lui-même) pour s'en convaincre.
Le bon prêtre vient de quitter sa paroisse, dans une petite île du Sud où tout se passe encore comme autrefois, pour Rome, sa ville natale où il n'est plus revenu depuis de nombreuses années.
On l'affecte aux destinées d'une église de faubourgs, vide et désertée par les fidèles depuis que le prêtre a pris ses cliques et ses claques pour savourer les joies du concubinage. Choquant !
Don Giulio retrouve aussi sa famille et ses vieux amis : le couple de ses parents est menacé par le démon de midi qui démange son père, Gianni le libraire va draguer les beaux garçons dans les cinémas, Andréa est en prison pour terrorisme. Choquant encore !
Tout allait tellement mieux avant, lorsque Dieu régentait les faits et gestes de ce petit monde. Aujourd'hui, le curé d'autrefois est un homme perdu, déboussolé, c'est un martien dont on refuse l'aide spirituelle.
Don Giulio a beau prêcher, sermonner, faire la morale autour de lui : les oreilles se bouchent, on ne veut plus entendre sa bonne parole.
Car le processus s'est inversé. On le sait bien, de nos jours ce n'est plus en écoutant conseils et paroles de réconfort qu'on affronte la vie avec les meilleures armes, c'est au contraire en parlant, en trouvant un interlocuteur qui vous en dit le moins possible : Don Giulio ne savait pas que le domaine « psy », jusque dans Rome, avait remplacé l'Evangile.

La Messe est finie illustre ce constat, dans un style aigre-doux, cocasse et tragique, au-delà d'un comique au premier degré.
Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 18 décembre 1 18 /12 /Déc 08:05

L'audience devant la Cour administrative d'appel de Bordeaux (17 cours de Verdun) est fixée à 9h00 ce mardi 19 décembre.

Karim est particulièrement reconnaissant de la mobilisation locale, nationale et européenne en sa faveur. Il tient à remercier du fond du coeur pour leur investissement tous les signataires de la pétition, les associations, les élus, son avocat Pierre Landète et bien entendu sa marraine Josiane Balasko.

Si vous en avez la possibilité, n'hésitez pas à venir à l'audience. L'accès est libre et nul doute que votre présence réconfortera Karim dans ce moment difficile.

Il y a, à ce jour, environ 1300 signataires, n'hésitez pas à sensibiliser vos amis pour augmenter ce chiffre.

Merci encore pour votre soutien.

www.pourkarim.net

 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 18 décembre 1 18 /12 /Déc 07:28
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Dimanche 17 décembre 7 17 /12 /Déc 11:13
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 17 décembre 7 17 /12 /Déc 06:25

Daniel, Zanzi et Les Toiles Roses se mobilisent
et vous demandent de vous mobiliser :


* VOUS, lectrices et lecteurs de ce blog, nous n'avons que quelques jours pour agir !

* VOUS, blogueuses et blogueurs en reprenant cette info, en la diffusant, en agissant, le temps est compté pour Karim !
www.pourkarim.net

 Mobilisez-vous et aidez Karim ! Signez la pétition ! Médiatisez sur vos blogs cette information ! C’est urgent ! C’est vital !

Ne condamnez pas comme la justice française et Nicolas Sarkozy, Karim à la peine de mort !



La cour administrative d'Appel de Bordeaux doit se pencher mardi prochain sur le cas d’un lycéen de 18 ans, algérien, sans papiers et homosexuel, dont l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière a été renvoyé en appel par la préfecture de la Gironde. L’actrice Josiane Balasko vient de parrainer le jeune « Karim » (prénom d’emprunt), qui risque au minimum 3 ans de prison en raison de son orientation sexuelle s’il est renvoyé en Algérie. Le plus vraisemblable est qu’il y serait assassiné…

Signons tous la pétition pour que Karim reste en France !

Face aux expulsions, organisons une résistance citoyenne !
www.pourkarim.net
Les vidéos pour vos blogs sont téléchargeables et libres de droit à l'adresse suivante :
Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Samedi 16 décembre 6 16 /12 /Déc 11:01

Fiche technique :
Avec Leslie Cheung, Zhang Fengyi, Gong Li, Qi Lu, Ge You, Ying Da, Li Chun, Lei Han, Mingwei Ma, Yang Fei, Zhi Yin, Dan Li et Jiang Wenli. Réalisé par Chen Kaige. Scénario : Lu Wei et Lilian Lee (d’après son roman).  Directeur de la photographie : Gu Changwei. Compositeur : Zhao Jiping.
Durée : 165 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Le film ouvre sur le retour de deux anciens et très célèbres chanteurs de l'Opéra de Pékin, en 1977, dans une salle aujourd'hui vide... Retour en arrière...
1924 : le jeune Douzi (prononcer... Toutsi) est conduit par sa mère, une prostituée, à la fameuse Académie d'Opéra de Maître Guan. Celui-ci le refuse en raison de son petit doigt supplémentaire à la
main gauche, qui « ne pourra que faire peur au public ». La mère de Douzi n'hésite pas et tranche le doigt de son fils qui intègre alors l'école. Enfant fin et sensible, il y entame un apprentissage d'une dureté impitoyable où la moindre petite erreur est sanctionnée de châtiments corporels, véritables séances de tortures. Mais même lorsque l'élève a « bien fait », il lui arrive d'être puni afin « de penser à faire aussi bien la prochaine fois ». Douzi se lie d'amitié avec Shitou, dévergondé et rigolard. Après une tentative de fuite auto-avortée et la découverte, émerveillée, d'une représentation d'Opéra, Douzi décide de résister à la douleur et de devenir une vedette. Formé à interpréter les rôles de femmes, il réussit enfin à chanter correctement la phrase « Je suis, par nature, une fille... », qu'il se refusait jusque là, ce qui lui ouvre les portes de la gloire... mais l'amène aussi à se faire violé par un vieil homme.
Dix ans plus tard, à la veille de la guerre avec le Japon, Douzi (devenu Dieyi, prononcer Tieyi, Leslie Cheung) et Shitou (maintenant Xiaolou, prononcer Siaolou, Zhang Fengyi) sont devenus des stars de l'opéra. Ils jouent partout Adieu ma concubine Xiaolou dans le rôle du Roi Chu et Dieyi dans celui de sa concubine, Yu.
Mais un jour, Xiaolou s'éprend et épouse une prostituée, la belle Juxian (prononcer Tiusian, Gong Li). La réaction de Dieyi, fou de jalousie, révèle son amour jusque là caché pour son ami...
Les Japonais occupent Pékin et arrêtent Xiaolou qui a osé les défier. Afin d'obtenir sa libération, Dieyi accepte de chanter pour l'occupant. Il devient aussi le protégé de Maître Yuan... Les deux amis retrouvent ensuite un enfant qu'ils avaient recueilli, bébé abandonné, alors qu'eux-mêmes étaient encore à l'Académie... Les Japonais sont vaincus et, à la suite d'une émeute lors d'une
représentation, Dieyi est arrêté pour collaboration avec l'ennemi. Dans la bagarre qui se produit sur scène, Juxian est blessée et perd l'enfant qu'elle portait, voyant dans ce drame le « châtiment karmique de l'association » des deux amis...
La Chine fait sa révolution communiste et les procès se multiplient. Maître Yuan est condamné à mort, tandis que Dieyi sombre dans les tréfonds de l'opium, se faisant supplanter dans le rôle de Yu par Xiao Si, l'enfant trouvé...

En 1966, survient la Révolution Culturelle. Tout ce qui représente l'ordre ancien doit être détruit, brûlé. Adieu ma Concubine et ses interprètes n'échappent pas à la curie, Xiao Si en étant l'un des premiers accusateurs... Xiaolou et Dieyi sont arrêtés et doivent faire leur auto-critique publique, maquillés et costumés dans leurs rôles. Xiaolou trahit son ami en le chargeant de toutes les traîtrises, avant que Dieyi ne se retourne contre Juxian...
Les deux chanteurs échappent à la mort, mais pas Juxian qui se pend...
La dernière scène revient au temps présent, à la scène initiale du film. Dieyi et Xiaolou chantent à nouveau Adieu ma Concubine, dans le théâtre vide, les visages apparemment inchangés sous les maquillages. Dieyi prend le sabre du Roi Chu-Xiaolou...
Le dernier plan se fait sur le visage de Xiaolou, les yeux fixés sur Dieyi dont on peut penser qu'il vient de partager le sort de la concubine Yu, et sur ce nom, remontant à l'enfance et au début de leur amitié: « Douzi »...


L'avis de Philippe Serve :
Il y a des Palmes d'Or dont on ne se souvient plus ou que l'on a simplement préféré oublier. Adieu ma Concubine n'appartiendra jamais à cette catégorie. Rarement, Palme d'Or aura été aussi méritée qu'en cette année 1993 (où la récompense cannoise suprême fut attribuée conjointement, et justement, au film de Chen Kaige et à La Leçon de Piano de Jane Campion). Oui, Adieu ma Concubine est un pur chef d'œuvre qui vous saisit dans son flot tumultueux et ne vous lâche plus pendant les 2h45 du film.
On peut prendre ce film sous plusieurs angles : une tumultueuse histoire d'amitié (et d'amour) ; la vision d'un demi-siècle d'histoire de la Chine, ballottée de soubresaut en soubresaut ; une réflexion sur l'opposition (irréconciliable) entre la permanence du théâtre, figée dans l'imaginaire, et la fugacité de la vie « réelle »...
L'une des plus sages décisions que le spectateur avisé puisse prendre est sans doute de voir et revoir encore le film ! Mais le génie de Chen Kaige est de fondre ces trois lectures si parfaitement que nulle « couture » n'est plus visible. Les trois personnages principaux sont-ils des jouets de l'Histoire ou SONT-ILS 
eux-mêmes l'Histoire ?
Les événements politiques nous sont montrés comme des représentations théâtrales, mis en scène avec drapeaux et costumes. Et, tel l'Opéra de Pékin traditionnel que la Révolution Culturelle condamne pour appartenance à « l'ancienne société », les idées politiques elles-mêmes se démodent et sont appelés à être foulées aux pieds et remplacées par de nouvelles...
Les quarante premières minutes, d'une beauté et d'une brutalité stupéfiantes, entièrement consacrées (à l'exception d'un bref prologue) à l'apprentissage des enfants futurs chanteurs d'opéra, est une des plus fortes expériences que l'on puisse connaître devant un écran.
La violence, la cruauté, le sadisme infligés à ces enfants ne peut que choquer le spectateur, surtout s'il est occidental et peu habitué à une certaine philosophie. Chacun a un don et il doit le faire fructifier, peu importe le chemin de douleur pour y parvenir...
Puis Chen Kaige nous entraîne dans le grand tourbillon de l'Histoire. Et le moins qu'on puisse dire est que la Chine du XXème siècle n'est pas un long fleuve tranquille ! Ballottés de guerre en révolution, les deux amis que sont Dieyi et Xiaolou évoluent de façon différente. Au contact de son épouse Juxian, Xiaolou garde les yeux ouverts à la réalité qui passe devant sa porte tandis queDieyi, lui, s'obstine à vivre sa vie comme il joue et chante son rôle de concubine sur scène. Il rêve d'un temps suspendu, à l'image de son visage qui, figé sous son maquillage de la concubine Yu, ne prend (apparemment) pas une ride en 50 ans. Il est ici important de savoir que l'Opéra de Pékin est un Art totalement codifié, costumes,
maquillages, gestes, chants, rien, jamais, ne change dans ses représentations.
La manière dont Chen Kaige dirige ses acteurs relève de la perfection, des premiers aux derniers rôles. Profitons-en d'ailleurs pour souligner l'excellence (habituellement oubliée par les critiques) des trois jeunes acteurs interprétant Douzi (Mingwei Ma) et Shitou (Yang Fei puis Zhi Yin) enfants. Le visage fin, fragile et fier de Mingwei Ma est particulièrement inoubliable.
Saluons aussi la performance de Ge You, pleine d'ambiguïté et de tension retenue (l'acteur remportera le Prix d'interprétation masculine à Cannes l'année suivante pour son rôle dans Vivre de Zhang Yimou)...
Fengyi Zhang
(Xiaolou) mérite aussi les suffrages pour avoir su faire évoluer avec grand talent son personnage d'une apparente simplicité à une tragique complexité.
Mais, bien sûr, la distribution est dominée par les deux stars de ce film: Leslie Cheung et Gong Li.
Leslie Cheung est remarquable. Il aurait mérité le Prix d'interprétation (qui ira à l'Anglais David Thewlis pour Naked de Mike Leigh), tant son jeu est subtil.
Lui (enfin, son personnage) qui a appris, par la violence, à chanter « Je suis, par nature, une fille... » montre une personnalité instable, incertaine, à l'homosexualité elle-même assez floue. Sa véritable « nature » est comme dissoute par l'identité de la concubine Yu dont il ne peut se détacher des traits, du costume, des
gestes, de la voix. Douzi-Dieyi est-il vampirisé malgré lui par ce rôle, ou l'endosse-t-il consciemment, à la recherche frénétique d'un refuge intemporel ? Tout l'immense talent de Leslie Cheung est de maintenir cette ambiguïté. Jouer le rôle d'un homosexuel et plus encore d'un travesti au cinéma présente toujours les dangers d'en « faire trop ».
Gloire soit donc rendue à Leslie Cheung pour la finesse et l'intelligence de son interprétation.
Dire que Gong Li est magnifique paraît tout à fait inutile, tant elle est TOUJOURS magnifique !
Non seulement elle est la plus belle star vivante, mais aussi une authentique et merveilleuse actrice.
La manière dont elle maîtrise son rôle dans ce film est tout bonnement sidérante. Elle alterne les manifestations de rage, de séduction, d'inattendue tendresse et de total désespoir avec une maestria sans égal. Rivale de Dieyi, elle va, au contraire de ce dernier, évoluer dans ses sentiments et ses attitudes envers lui. Il faut la voir, dans un des plus beaux moments du film, « materner » celui qui lui voue une haine farouche et n'est plus en cet instant qu'un enfant ravagé par l'opium et pleurant après sa mère...
Juxian, l'ancienne courtisane, est aussi comme un faux reflet de Dieyi, jouant et surjouant sans cesse jusqu'à donner une véritable leçon en la matière au vieux Maître Guan... Mais lorsqu'elle tombe le masque, elle devient alors bouleversante. Qui pourra oublier son visage lors de sa dernière scène, alors que Dieyi la dénonce publiquement comme une ancienne prostituée et que Xiaolou renie son amour pour elle ? Toute son humanité, si souvent refoulée et combattue, toute sa peur et sa totale incompréhension devant cette haine meurtrière, surgissent là, sans fard, sans semblant...
Gong Li, à l'instar du film tout entier, est un immense cadeau dont on serait bien fou de se priver ! 

Par Philippe Serve - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Samedi 16 décembre 6 16 /12 /Déc 09:15
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Vendredi 15 décembre 5 15 /12 /Déc 11:54

Zanzi nous fait un petit coucou depuis sa résidence secondaire...




La rumeur de la city prétend que Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, a décidé de s’exiler en Suisse pour y bénéficier du forfait fiscal. Obligation légale : y résider 6 mois et un jour par an. L’idole de ceux qui étaient jeunes dans les années 60 (et 70, soyons gentil) n’a pas choisi le plus mauvais endroit pour fixer sa résidence, puisqu’il s’établirait à Gstaad, luxueuse station de ski où, tous les hivers, milliardaires, princes et jet-setters se retrouvent joyeusement pour jouer aux Bronzés. La rumeur de la city ne précise pas si, pour arrondir ses fins de mois difficiles, Johnny envisage d’y lancer un spectacle intitulé « Hallyday on Ice ». Ce qui est certain, en revanche, c’est que le buzz entourant l’affaire ne fait guère plaisir à ces sangsues qui nous gouvernent, et qui n’ont pas encore compris que, plutôt que d’entretenir la pauvreté, il vaut mieux créer de la richesse. Raison pour laquelle j’envie le monde anglosaxophone où il n’est pas honteux d’être riche. Je n’ose pas vous révéler que les mêmes aigrefins ont dans l’idée de transformer, pour les Français vivant à l’étranger, les paradis fiscaux en enfers, dans le but d’éviter les « évasions fiscales » à la Johnny. Ah ben si, je viens de le dire. Sans regarder bien loin, c’est le cas avec la Principauté de Monaco depuis 1963, à cause d’une convention qui stipule que les Français résidant sur le Rocher paient quand même leurs impôts en France. Et voilà pourquoi Johnny, dont la précédente rumeur annonçait qu’il voulait s’établir sur ce joli coin de la Côte d’Azur, aurait demandé la nationalité belge. En vertu d’une convention du Conseil de l’Europe, depuis 1991 tout Français qui acquiert volontairement la nationalité belge perd la nationalité française. Et à partir de là, le chanteur abandonné ne serait plus soumis à la pénalisante convention de 63 et pourrait se dorer tranquillement la pilule sur la Riviera. Mais en attendant, il lui reste la Suisse pour ne pas être dessaisi d’une partie substantielle de son patrimoine par les rapaces de Bercy…



Prédiction : Marina gagnera ce soir la deuxième demi-finale dames de Star Ac’ 6, avant de triompher la semaine prochaine face à Cyril. Céline Dion se serait refusée à tout commentaire et Gloria Gaynor serait soulagée. [J’appelle tout le monde à voter pour Dominique ! Cette Marina, pouark, on dirait Zanzi avec une serpillière sur la tête ! (Note de Daniel)]

 

 

Christian Vanneste, le député de Tourcoing qui s’est illustré pour ses propos « philosophiques » sur l’homosexualité, est dans l’attente du jugement en appel de son procès (mis en délibéré au 25 janvier 2007). Trois mille euros d’amende, soit la même peine qu’en première instance, ont été requis par l’avocat général. Le récit du feuilleton, pour ceux qui en auraient l’envie, le temps et la patience, figure sur son blog : http://vanneste.over-blog.org/ Vous noterez au passage que le monsieur est, dans la blogosphère, un docteur ès mégaloposts puisque ses billets traitant de son affaire avec la justice et/ou de l’homosexualité génèrent habituellement des centaines de commentaires. Partisans et adversaires du personnage s’y livrent à des joutent verbales dans un style souvent policé, et les prises de position des uns et des autres sont à lire pour comprendre à quel point notre combat (pas le sien) pour la Liberté est semé d’embûches… et de bûchers sur lesquels des citoyens lambdas aimeraient nous voir rôtir. A suivre l’année prochaine : les élections législatives dans la 10e circonscription du Nord, puisque Christian Vanneste a été réinvesti candidat par l’UMP.

 

 

Au chapitre des bonnes nouvelles, le Parlement Canadien (c’est-à-dire le Parlement fédéral d’Ottawa) a décidé la semaine dernière de ne pas remettre en cause la loi sur le mariage homosexuel. La motion du Premier ministre conservateur Stephen Harper, qui souhaitait rouvrir le débat, a été rejetée par 175 voix contre 123, y compris par des membres de son propre camp. Dont acte et l’occasion de sabler le champagne. En Suède, à partir du mois prochain, les couples gays unis civilement pourront recevoir la bénédiction spirituelle de l’Eglise luthérienne (religion d’Etat en Suède). Les pasteurs qui ne voudront pas bénir ces unions n'y seront pas obligés, mais l'Eglise luthérienne sera tenue de trouver un autre représentant de cette confession disposé à bénir les couples qui en feront la demande. Le bouchon de champagne vient de sauter. En Afrique du Sud, la loi autorisant l’union entre personnes de même sexe, soit par mariage, soit par « partenariat civil », est entrée en vigueur. Les bulles pétillent dans la flûte. En Italie, le gouvernement de Romano Prodi et sa majorité au Sénat sont tombés d'accord pour présenter avant le 31 janvier 2007 un projet de loi sur la reconnaissance juridique des « unions de fait », hétérosexuelles et homosexuelles. En clair, l’instauration d’un PACS à l’italienne. Après la Pax Romana, le Pacs Romano ? À votre santé !


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.
Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 15 décembre 5 15 /12 /Déc 11:00

Fiche technique :
France, 2006, 92 mn
Réalisation : Patrick Czaplinski, captation de la pièce Les grecs de Jean-Marie Besset. Mise en scène : Gilbert Désveaux. Décor : Serge Coiffard. Lumières : Franck Thévenon. Costume : Juliette Chanaud. Directeur de la photo : Cécile Trelluyer. Son : Raphael Dufour. Montage : Dominique Durand.
Avec Xavier Gallais, Marianne Basler, Laurent d’Olce et Salim Kechiouche.

Résumé :
Léna (Marianne Basler) mère de deux enfants, que l’on ne verra pas, mariée à Henri (Laurent d’Olce), a invité, un samedi soir, Alain (Xavier Gallais), son amour d'adolescence dans leur  villa cossue de la belle banlieue parisienne. Apparemment, elle règne, en ce début de soirée, entre un mari à ses petits soins et un ami, ancien amant, intellectuellement son complice. Alain et Léna se sont connus en Grèce. Ils avaient dix-huit ans. Ils ont eu alors une brève liaison, avant qu'Alain préfère les garçons. La vie les a séparés. Ils se revoient depuis quelques mois, grâce à la rencontre fortuite d'Henri avec Alain, et du désir souterrain qui existe entre les deux hommes. Léna se complaît à l’évocation de leur voyage en Grèce. Mais l'ancien amant, devenu homosexuel, est celui qui apporte la discorde dans ce couple bourgeois modèle, à la façon des Grecs ravageant la belle ville de Troie. L’Illiade est le sujet de la conversation écran du dîner. Alain est, à la façon d'Achille, le guerrier qui entre en conflit avec l'ordre établi, la famille, le couple... Insensiblement, par touches légères, par degrés progressifs, l’ordre apparent se désagrège. La façade sociale, l’illusoire amitié se révèlent factice. À l’acmé de ce dévoilement brutal des corps et des cœurs débarque Osman (Salim Kechiouche), le petit ami algérien d’Alain. Peu importe qu’il soit l’amant d’Alain, guidé par la jalousie, son intrusion épure le jeu : il enlève les masques, force chacun à avouer, devant les autres, ce qu’il désire. Osman rend manifeste l’ultime défaite de Léna. Elle se donne à lui, complice. Au petit matin, on pansera les blessures par des échanges jubilatoires autour de la table du petit déjeuner...

 


L’avis de Bernard Alapetite (Eklipse) :
La première qualité de la pièce de Jean-Marie Besset, comme de tout son théâtre, est de ne pas se vouloir naturaliste. Le théâtre n’est pas la vie. Il est une autre vie, consolante dans la mesure où il nous rend maître de quelques lois et donne l’illusion de fixer le temps parce qu’il crée un temps qui lui est propre. Besset renoue avec le grand théâtre de l’entre deux guerres. Sa référence la plus immédiate est Bernstein, mais on peut y voir aussi des réminiscences de Giraudoux et de Bourdet.
Les Grecs se placent dans la droite ligne d’une de ses premières pièces, Ce qui arrive et ce qu'on attend, qui a révélé cet auteur brillant. On y suivait l'itinéraire chaotique d'un jeune architecte qui rencontre un ami d'enfance, dans l'antichambre du pouvoir. Tous les thèmes de Jean-Marie Besset étaient déjà réunis, les jeux de l'ambition, de la séduction, de l'amour à géométrie variable que l’on retrouve dans Les Grecs et que l’ on peut aussi rapprocher de Rue Babylone (dvd COPAT), son opus précédent, où également un étranger miséreux servait de révélateur à un homme nanti. Le dramaturge ne fait pas mystère de ses maîtres : « André Téchiné au cinéma par exemple, Houellebecq et ses écrits témoignent sans fard d'une réalité amoureuse et sexuelle. J'aimerais réussir ce travail dans mes pièces et tenter d'intéresser les trentenaires à l'art théâtral et qu'ils retrouvent le chemin des salles. »
Encore une fois, Besset place l’homosexualité au centre de son propos, ce qu’il confirme sans fausse pudeur : « Il y a des formes d’homosexualité qui sont aujourd’hui marginalisées, négligées. Ici, je parle de ce rapport à l’homosexualité très complexe qui est celui des Maghrébins, de la sexualité furtive et secrète du mari, et je présente avec l’ami un type d’homosexuel que je définis comme très parisien, à la Chéreau, Navarre, Foucault… très intellectuel, très dur, dominant l’autre... On m’accuse parfois de faire du prosélytisme : mais je n’ai jamais cherché à convaincre quelqu’un de devenir homo ! Je témoigne, je parle de ce que je connais, de la société comme elle est. Il y a beaucoup d’homos autour de moi, à commencer par moi : j’écris aussi à travers mon prisme. Ce n’est pas du militantisme, c’est une façon de rétablir une réalité souvent occultée même dans cette longue tradition française d’auteurs homos qui n’en ont pas parlé ! Ce n’est pas militant non plus dans la mesure où je ne fais pas des essais sociologiques. Et en même temps, l’homosexualité est aujourd’hui un des thèmes très importants du débat. »
Il est incontestable que les intellos-bourgeois (de gauche bien sûr, le bourgeois de droite ne peut être qu’inculte selon la doxa parisienne) se reconnaîtront dans les personnages de la pièce. Où est le mal à cela ? Je reconnais sans aucune honte que je suis plus près de ce groupe abhorré par ses propres sectateurs, qui constituent la grande majorité du public du théâtre, que des paumés du Gardien de Pinter, des actants loqueteux d’En attendant Godot ou bien encore des folles carnassières du grand Copi... Pourquoi cette timidité sur scène comme ailleurs, depuis la déshérence du marxisme, à dire le fait social ? On voit bien qu’autant Besset est brillant dans sa peinture du désir autant il est timoré en ce qui concerne le constat social. On apprend subrepticement que Léna est une brillante normalienne. On nous glisse qu’Alain est médecin, fonctions ou qualités qui d’ailleurs n’ont pas d’incidences sur le déroulement de l’intrigue; mais le mari n’a pas droit à une quelconque qualification. On sait juste qu’il était en séminaire à New York le 11 septembre 2001. Il faut dire que l’on a un peu de mal à s’en persuader, car aussi bien Laurent d’Olce que Jean-Michel Portal, leur talent indéniable n’est pas en cause, n’ont pas le profil idéal pour le rôle. Quant à Osman – personnage si archétypal que l’on sent bien que dans l’esprit de l’auteur, il ne peut être que chômeur ! – Salim Kechiouche, qui ne rentre qu’à la 46e minute du spectacle, reprend peu ou prou son personnage du film Grande école, qui n’existait pas dans la pièce de Besset dont est tiré le film, et qui y a été ajouté par Salis pour le grand écran.
Il est amusant de lire dans le dossier de presse que Gilbert Desveaux, le metteur en scène, qualifie Les Grecs de pièce optimiste et que l’accommodement du couple aux diverses entorses à la fidélité est bien préférable au divorce, sous entendu pour les enfants. Avec cette intronisation de l’homosexualité dans le couple bourgeois, on ne peut être qu’ébahi par la faculté de récupération par la bourgeoisie des revendications soixante-huitardes pour les libertés sexuelles. C’est à la fois effrayant et consolant...
La captation, probablement réalisée à l’aide de quatre caméras, est fidèle à l’efficace mise en scène de Gilbert Desveaux, tout en prenant de vraies partis pris dans la mise en image ; comme celui de privilégier les plans moyens par rapport aux gros plans et aux plans larges. Ainsi souvent on a le sentiment que les acteurs jouent sur un fond de toiles de l’abstraction géométrique à la Mondrian ou à la Magnelli, ce qui est du meilleur effet esthétique et nous recentre sur le jeu et le texte, nous évitant d’être par trop accaparé par le splendide décor de Serge Coiffard.
Ce décor est un atout essentiel pour la pièce, tant il est beau. Les producteurs de spectacles devraient toujours avoir à l’esprit, que c’est d’abord, le décor que l’on voit durant toute une représentation. Dans Les Grecs, il n’est pas seulement magnifique, il est informatif, beaucoup plus que le texte, sur la situation sociale et le goût des habitants du lieu.
Son importance était validé par la communication du Théâtre du Petit Montparnasse, dans lequel la pièce fut créée au printemps 2006, qui choisit, avec beaucoup d’audace, comme affiche, l’extérieur supposé de la villa où se déroule l’intrigue. La furtive mention du RER et de l’ouest parisien, me fait subodorer que cette belle maison d’architecte doit se situer du coté de Chatou et du Vézinet. Elle est curieuse cette répugnance des auteurs de théâtre français à ne pas vouloir situer géographiquement avec exactitude leurs pièces, alors que leurs confrères anglais se régalent des énumérations de lieux, rues et autres gares dont ils parsèment leurs œuvres. Ce qui a aussitôt pour effet de faire naître, pour bon nombre de spectateurs, bien des réminiscences qui enrichissent de leurs sous-textes les pièces. 
Le parti pris du plan moyen a pour conséquence que nous contemplons assez rarement la totalité du décor. Lorsque cela se produit, celui qui a vu la pièce, lors de sa création au Petit Montparnasse, s’aperçoit que la caméra n’a pas été positionnée comme le serait un spectateur situé au centre d’une rangée, face à l’action, mais de biais, tel un voyeur, situé à l’extrême du côté jardin. Choix curieux puisqu’un décor de théâtre est d’abord étudié pour être vu du centre, donc avec un regard perpendiculaire à la scène. Le résultat est que nous percevons le plateau plus grand qu’il n’est dans la réalité. Cette vue a pour corollaire de rendre plus froid et moins intime ce lieu de vie où déjà dominent les couleurs froides et le béton brut.
Il aurait été préférable que la captation s’effectue sans public, celui-ci reste toujours hors champ. Ses rares interventions sonores sont plus gênantes qu’efficaces pour la recréation de l’ambiance de la représentation théâtrale.
Le montage va bien au delà du sempiternel champ contrechamp. Il soutient bien le rythme de la pièce. On lui pardonnera quelques images presque subliminales et qui sont surtout intempestives.
La première surprise en découvrant la captation est de constater que Jean-Michel Portal, créateur du rôle d’Henri, a été remplacé par Laurent d’Olce qui était depuis dix ans pensionnaire de la comédie Française. Les Grecs est son premier spectacle depuis qu’il a quitté la maison de Molière. Même si Laurent d’Olce ne démérite en rien, on ne gagne pas au change. Tout comme Portal, il me parait un peu trop prolétarien pour incarner le personnage d’Henri. Il joue plus frontal et apporte moins de mystère à ce mari ambivalent qu’en apportait Portal. Marianne Basler est remarquable. Elle est merveilleuse dans la première partie de la pièce dans cette époustouflante conversation mondaine, proprement homérique, dans laquelle elle « dombaslise » avec gourmandise. Nous sommes soudain transporté dans un Rhomer un peu trop chic. Salim Kechiouche est impeccable, juste comme toujours, dans un emploi qu’il connaît bien, celui du beur tentateur mais méritant. C’est surtout Xavier Gallais, en tête à claques de charme, qui nous enchante de son jeu tout en finesse fait de petits riens qui construisent de minute en minute son personnage. En 2004, il a remporté le Molière de la Meilleure Révélation Masculine pour la pièce de Koltes, Roberto Zucco, mise en scène par Philippe Calvario.

L’habile construction de la pièce avec ses multiples relances, l’excellence de la captation aux cadrages soignés offrent un constant plaisir malgré les petites réserves que je développe ci-dessus.
La captation de la pièce sortira prochainement en DVD chez COPAT.fr

Par Bernard Alapetite - Publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Jeudi 14 décembre 4 14 /12 /Déc 16:41
Des images de la Gay Pride Israélienne envoyées par un de nos lecteurs marocains (chokrane !).

Par Daniel C. Hall - Publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 13 décembre 3 13 /12 /Déc 11:05
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Mercredi 13 décembre 3 13 /12 /Déc 00:00


Fiche technique :
Avec Leonardo DiCaprio, David Thewlis, Dominique Blanc, Nita Klein, Romane Bohringer et Felicie Pasotti Cabarraye. Réalisé par Agnieszka Holland. Scénario de Christopher Hampton. Directeur de la photographie : Yorgos Arvanitis.
Durée : 102 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
1871. Sur le quai d’une petite gare des Ardennes, Arthur Rimbaud, 17 ans, attend le train pour Paris, où il doit retrouver Paul Verlaine. Mais à la gare de l’Est, les deux hommes se ratent et Rimbaud gagne seul le domicile de son hôte. Il y fait la connaissance de l’épouse de Verlaine, enceinte de huit mois, et de sa belle-mère. Son manque de savoir-vivre et sa mise négligée effarouchent les deux femmes, qui s’étonnent que Verlaine, le reçoive avec tant d’égards. Ce dernier voit en effet en Rimbaud un poète de génie et ne tarde pas, malgré les réticences de sa femme, à partager sa vie de bohème.
L'avis de Jean Yves :
La cinéaste d'origine polonaise, pour son film produit par les Américains, a choisi de ne s'intéresser qu'à la relation (sexuelle, physique, fantasmatique, irrationnelle) des deux poètes. C'est de cette quasi absence de hors champ sur la création littéraire, sur la famille de l'un et de l'autre, que naît l'intérêt de son film : montrer à nu un lien qui fut tout sauf purement intellectuel, entre un jeune homme exigeant, rebelle, provocateur, sûr de son pouvoir et de son génie, et son aîné, suicidaire et masochiste.
Et c'est de leur confrontation au sordide partout présent (sexe et manque d'argent mêlés) que naît la force d'une mise en scène par ailleurs assez lourde.

Pour plus d’informations :

Par Jean Yves - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 11 décembre 1 11 /12 /Déc 11:01
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Lundi 11 décembre 1 11 /12 /Déc 08:55

Fiche technique :
Avec Adel Imam, Nour El-Sherif, Youssra, Essad Youniss, Ahmed Bedir, Hend Sabri, Khaled El Sawy, Khaled Saleh, Ahmed Rateb, Somaya El Khashab, Abd Raboh, Mohamed Imam et Youssef Daoud. Réalisation : Marwan Hamed. Scénario : Waheed Hamed, d’après l’œuvre d’Alaa’ Al-Aswany. Directeur de la photographie : Sameh Selim. Compositeur : Khaled Hammad.
Durée : 172 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
L'Immeuble Yacoubian, tiré d'un roman homonyme à succès, raconte l'histoire d'un immeuble mythique du Caire et l'évolution politique de la société égyptienne de ces cinquante dernières années, entre la fin du règne du roi Farouk et l'arrivée des Frères Musulmans au pouvoir. Il fustige certains travers de la société égyptienne. En toile de fond, la question du « comment est-on passé d'une société dite moderne et ouverte d'esprit à une société souvent décrite comme intolérante ? ».
L’avis de Matoo :
Trois heures de film dans un immeuble du Caire, dans les années 50, un immeuble où se croisent des personnalités très différentes, des hommes et des femmes qui figurent une société égyptienne en pleine mutation. Drôles de changements : du règne des pachas au régime de Nasser, d’un simple passage de pouvoir à l’autre ou de réformes en profondeur, des riches nababs aux pauvres gens qui vivent dans des baraques sommaires sur les toits d’immeubles cossus, de la montée de l’islamisme…
J’ai été plus que conquis par ce film, c’est vraiment mon coup de cœur de ces dernières semaines. Je le trouve en tous points parfaitement filmé, joué et avec un dosage extrêmement habile entre faits historiques et sociaux, entre mélodrame et comédie. On voit là dans ce microcosme, tout un univers qui raconte le passé, explique le présent et préfigure les années à venir pour toute une nation. Et puis évidemment il y a cette langue merveilleuse, ce mélange exotique extraordinaire dans un Caire encore imprégné des cultures occidentales qui commence à (re)trouver les marques de sa propre identité. On y trouve les nouveaux leaders, mais aussi les apparatchiks déchus qui vivent difficilement dans leur splendeur passée.
Le tout début du film explique brièvement (ce qui doit être certainement plus long dans le bouquin) l’origine de l’immeuble, et les changements politiques des années 30 à 50. Et nous nous retrouvons à une époque, où Zaki El Dessouki est un vieux Casanova, un rentier fils de pacha mais aussi un francophile aux mœurs bien occidentales, qui vit et se dispute avec sa sœur tout en draguant la moindre minette. Il y a aussi Hatem Rachid, le rédacteur en chef d’un journal francophone, Le Caire, un homosexuel notoire qui fomente de curieux et efficaces stratagèmes pour emmener de jeunes paysans dans son lit. Haj Assam est un homme d’affaires qui veut entrer en politique, alors qu’il a modestement commencé sa vie en tant que cireur de chaussures. Sur le toit, là où habitent des gens modestes qui vivent dans des baraquements, un jeune garçon et une jeune fille sont amoureux. Il est frustré de ne pas pouvoir entrer dans la police à cause de son statut social (il est le fils du concierge), tandis qu’elle vit mal les abus quotidiens des hommes, et aspire à une vie meilleure.
Tous ces gens se croisent et se côtoient, et on les voit évoluer pendant tout le film. Il y a aussi une kyrielle de seconds rôles très attachants, ou au contraire particulièrement repoussants. Le rythme n’est pas très soutenu, mais le charme est absolument continu, et chacune des intrigues se termine « correctement » (on ne reste pas sur sa faim). Je ne critique même pas la partie du rédacteur homosexuel, car je la trouve plutôt bien ficelée, malgré le manifeste poncif. Mais aujourd’hui, on a droit à assez de représentations « polymorphes » de l’homosexualité au cinéma pour voir avec un peu moins de réticence des personnages aussi clichés. J’ai été par contre ému par ce personnage, alors qu’à constater les rires des gens dans la salle, leur réaction était toute autre. Et pourtant je vous garantis que c’était bien triste…
J’ai aimé le fait que le film ne tentait pas non plus de prendre parti. Il est toujours difficile de dire que « c’était mieux avant », car les périodes de transition sont toujours extraordinairement complexes. Mais force est de constater dans le film la nostalgie des uns, les extrémismes qui avancent et un pouvoir politique vérolé qui n’arrange rien. Donc c’était en effet différent avant, mais le futur brillant et équitable tant escompté et fabulé par les utopistes (?) a l’air de moins en moins crédible. Et dans ces cas-là, on ne voit que le positif du passé qui n’est plus, tandis que les conditions de vie des plus pauvres n’ont pas vraiment changé, et que les nantis sont finalement toujours à leur place.
J’ai été étonné de la francophilie permanente qui nourrit l’ensemble du film… On entend du Piaf, on évoque Paris, je ne savais pas ce lien aussi fort entre nos pays à l’époque. Le personnage principal se targue d’avoir fait ses études en France et se demande pourquoi il n’y est pas resté. Mais finalement, il avoue à la jeune fille du toit qu’il avait menti sur ce sujet. Il lui explique qu’il est revenu au Caire et en Égypte, car c’est là qu’on est vraiment le plus heureux malgré tout.

L’avis de Niklas :
Dans un immeuble mythique du Caire vivent des hommes et des femmes en fonction de leurs moyens. Les plus riches occupent de grands appartements tandis que sur le toits, avec les années, se sont installées des familles beaucoup plus modestes. Les habitants se croisent, vivent les uns avec ou contre les autres...
Les derniers Nababs par Marwan Hamed
À part Youssef Chahine et son Destin, le cinéma égyptien reste pour moi une énigme pareille à celle du Masque de fer (encore que là-dessus j'ai une théorie, mais je ne suis pas sûr que les historiens la valide alors je la garde pour moi). De plus, je ne connaissais pas du tout, le bouquin, publié en 2002 et qui est devenu un classique, dont est tiré le film.
L'immeuble Yacoubian porte le nom d'un riche arménien qui l'a fait construire selon son désir et où ont logé de nombreuses personnalités égyptiennes. C'est ce que nous explique le générique constitué d'image d'archives et qui sert à nous présenter un peu les choses (bien pratique quand la culture égyptienne nous est aussi connu que le sens des hiéroglyphes). Ensuite on rentre dans les histoires des différents personnages qui vont être les piliers de cette histoire. On y croise donc Zaki El Dessouki, un vieux rentier en mal d'amour qui vient habiter dans son bureau, qui lui servait jusque là de garçonnière, après s'être fait chasser de l'appartement qu'il partageait avec sa sœur ; Haj Assam est un ancien cireur de chaussures qui a fait fortune et qui peine à satisfaire ses désirs sexuels avec sa femme ; Hatem Rachid, rédacteur en chef d'un journal, est homosexuel et tombe sous le charme d'un militaire ; un jeune couple d'amoureux, un tailleur peu scrupuleux, une chanteuse et quelques seconds rôles en plus, et vous avez tous les personnages d'une histoire riche en évènements.
Les diverses prestations des comédiens provoquent systématiquement l'empathie (moi j'ai quand même une préférence pour Zaki El Dessouki, interprété par Adel Imam), ils sont vraiment remarquables et donnent de l'élan au scénario. Je n'ai vraiment pas senti les 3h00 passer, tant j'ai pris du plaisir à vivre leurs bonheurs et leurs drames. La vision des musulmans est parfois peut être légèrement clichée, mais elle est empreinte d'ironie que ce soit sur leurs coutumes ou sur la religion. Le simple fait de tourner un film, où l'un des personnages est homosexuel, aujourd'hui en Égypte est assez épatant quand on se rappelle qu'il n'y a pas si longtemps une quarantaine de jeunes homos avaient été condamnés à la prison à perpétuité suite à une descente de flics dans une boîte. Bien sûr le film ne fait pas l'impasse sur l'hypocrisie qui règne sur ce sujet comme sur d'autres, mais vraiment sans aucun ressentiment, une légère amertume plutôt.
Ce film est surtout l'occasion de montrer l'évolution ou plutôt la régression du pays après avoir été le berceau du modernisme des pays arabes pour devenir ce qu'il est aujourd'hui.
La petite salle où le film était projeté était pleine, beaucoup de personnes d'origine arabe bien entendu, et les voir rire de leurs travers fustigés par le réalisateur était vraiment signe que ce dernier avait réussi son pari. Et lorsque le personnage homo s'est mis à pleurer parce que son amant venait de le quitter, la majorité des spectateurs s'est esclaffée. Il est vrai que ce personnage est présenté avec beaucoup d'humour dans un premier temps, mais à ce moment-là je ne suis pas sûr que l'intention du réalisateur était de provoquer le rire. En sortant de la séance, Thierry à qui je faisais part de mon dégoût face à ce genre de comportement, m'a judicieusement fait remarquer qu'il y a quelques mois dans la grande salle de l'UGC pleine d'homos, devant Brokeback Mountain trois quarts de la salle ont explosé de rire lorsque la femme d'un des deux cow-boys les surprend l'un dans les bras de l'autre. Et c'est vrai, que finalement les gens quels qu'ils soient, ne sont vraiment pas près à accepter certaines choses et en rient plutôt que de faire l'effort de comprendre, et ainsi de faire évoluer la société. Car finalement les rires d'hier soir et les rires du mois de janvier sont les mêmes, ceux de la connerie et de l'étroitesse d'esprit.
En tout cas, le film vaut vraiment le coup, et même si je n'allais le voir que parce que je n’en avais eu que quelques échos, je ne le regrette en rien.

Pour plus d’informations :

Par Matoo & Niklas - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 10 décembre 7 10 /12 /Déc 12:15
Par Daniel C. Hall - Publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Samedi 9 décembre 6 09 /12 /Déc 10:35
Cette nuit, la
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Merci à vous toutes et à vous tous.
Par Daniel C. Hall - Publié dans : LES NEWS ROSES
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